Le devoir, 21 octobre 1925, mercredi 21 octobre 1925
Volume XVI - No 246.Abonnements pat la poste : Edition quotidienne CANADA.W.W EUU-Unfa et Empire Britannique .SAU UNION PPSTALE.10.M Edition hebdomadaire CANADA.2.00 ETATS-UNIS ET UNION POSTALE .8.00 Montréal, mercredi 21 oct.1925.TROIS SOUS LE NUMERO Rédaction et administration: 336-340 NOTRE-DAME EST «OVTMAL Directeur: HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOISl TELEPHONE : - - Main 74M Service de nuit : Rédaction, Main 5111 Adminiatration, Main 5151 Une question qu’il faudrait poser Le Canada adhérera-t-il au pacte de Locarno?- Graves possibilités - En cas de guerre entre la France et l’Allemagne, les signataires prendront parti contre l’agresseur — Ce que l’on dit à Londres de l’attitude des Dominions — 31.Ewart interroge les candidats d’Ottawa - Pourquoi ne ferait-on pas de même partout?- La réponse du candidat indépendant de Labelle ¦ ii in i Nous voudrions que tous les Canadiens puissent lire la dépêche que le Montreal Star coiffait hier des titres et sous-titres suivants: MINISTERS HOPE CANADA TO SHARE PACT OBLIGA- GATIONS British Believe Ottawa Signature Will Break Down Opposition l—.Trust Dominion Confident Canadians Will Fight if Great Britain Does C’est-4-dire : LES MINISTRES ESPERENT QUE LE CANADA PARTICIPERA AUX OBLIGATIONS DU PACTE Les Britanniques croient que la signature d’Ottawa rompra Topposition Ont conf iance au Dominion Confiants que les Canadiens se battront si la Grande-Bretagne se bat Une pareille lecture, avec ses évocations de responsabilités et de bataille, leur rappellerait qu’il est tout de.même autre chose, dans la politique canadienne, que la question du tarif et les débats de personnes.* * * Le pacte dont il s’agit, c’est celui de Locarno.Il a pour objet de limiter en Europe les risques de guerre, et c’est à titre de conquérant pacifique qu’on acclame, aujourd’hui en Angleterre M.Austen Chamberlain, qui l’a négocié pour son pays; mais, en même temps qu’il prétend viser à la paix, le pacte prévoit de nouvelles éventualités de guerre, et c est par là qu il a chance de nous intéresser très vivement d’ici quelque temps.L’essentiel de ce pacte pourrait tenir en quelques mots.La France et l’Allemagne s’engagent à ne point se quereller.La Grande-Bretagne et l’Italie s’engagent, s'il y a querelle, à intervenir contre l’agresseur.On discutera sûrement en Europe sur l’exacte portée du pacte, sur la façon dont il pourra jouer, advenant les tragiques éventualités qu’il est destiné à prévenir.Ce n’est pas le point qui nous intéresse surtout à l'heure actuelle.Ce point, c’est cedui-ci : Quelle situation nous fait ce nouvel instrument diplomatique?Quelles conséquences peut-il avoir sur nos propres affaires?De prime abord, la situation semble assez claire, puisque l’article 0 du traité dit (nous traduisons de l’anglais) : Le présent traité n'imposera aucune obligation à aucun des Dominions britanniques ni aux Indes, à moins que le gouvernement de ce Dominion ou des Indes n’en signifie son acceptation.Il semblerait donc que nous n’eussions qu’à nous tenir coi pour rester en dehors de toutes les aventures que peut réceler le pacte.Mais la dépêche du Star vient heureusement nous rappeler que la question est loin d’être aussi simple * * * Nous prions vants, dont la tr nal anglais : Londres, 20 octobre (B.U.P.(Agence de la British United Press).— Le Canada et les autres Dominions accepteront-ils de participer aux obligations du pacte de sécurité?Ainsi, d’une part, on prétend que les ministres britanniques, pour rompre l’opposition de leurs adversaires, chercheront à obtenir notre adhésion formelle à un pacte qui peut, demain, nous obliger à faire la guerre à l’Allemagne ou à la France; de l’autre, on soutient qu’avec ou sans signature, nous nous engagerons dans l’aventure (contre l’Allemagne ou contre la France), comme nous le fîmes en 1914.Voilà qui, tout de même, devrait faire songer aux électeurs canadiens qu’il y a autre chose dans la politique canadienne que le relèvement ou l’abaissement du tarif.Car nous savons maintenant ce que c’est que la guerre, ce qu’elle peut coûter en sang et en argent.* * * M.John-S.Ewart, qui est en dehors des partis, mais suit de très près les choses canadiennes et internationales, vient d’adresser aux quatre candidats d’Ottawa la question suivante: En ma qualité de Yun de ces électeurs d’Ottawa dont vous sollicitez les suffrages, je désirerais savoir si vous êtes d’avis que le Canada devrait se joindre au "pacte de sécurité” de Locarno.C’est là, à mon avis, la question impor tante qui est aujourd’hui devant le Canada.Tout le reste, à mon avis, est du pur bavardage électoral.Veuillez ne pas me dire qiie vous riavez pas encore vu les documents auxquels je feus allusion.Nous en connaissons tous, avec une suffisante précision, la portée, et la phraséologie particulière qu’on a employée n’a pas d’importance.Le Royaume-Uni et VItalie promettent qu’en cas de guerre entre VAllemagne et la France, ils participeront aux hostilités contre la nation coupable d’agression.Est-ce votre avis que le Canada devrait faire une semblable promesse?La dépêche que nous avons citée plus haut illustrerait, s’il en était besoin, l’opportunité de cette question et en soulignerait la gravité.Et cette question, ne conviendrait-il pas, d’un bout à l’autre du Canada, de la poser à tous ceux, à quelque race qu’ils appar-1 tiennent, qui sollicitent les suffrages de leurs concitoyens?Ÿ- * $ Nous connaissons d’avance la réponse de l’un au moins des candidats.Les électeurs de Labelle savent que, dès le 28 septembre, alors qu’il acceptait la candidature, aans son vieux comté, M.Bourassa écrivait: Aujourd’hui comme autrefois, mais fortifié par les douloureuses expériences de la grande guerre, je m’oppose résolument à toute politique, à toute manoeuvre propre à entraîner de nouveau le Canada dans un conflit où son territoire ne serait pas directement menacé.Le suprême devoir de tous les vrais Canadiens, à l’heure actuelle et pour des années à venir, c’est de vivre en paix et de travailler pour la paix; de panser les plaies de la guerre, d’assainir le budget, de diminuer les charges publiques, de repeupler les campagnes, de rétablir l’unité nationale, fortement menacée par nos aventures impériales et mondiales.Ils savent aussi que cette attitude, leur, ancien et futur députe saura 1 exposer et la défendre envers et contre tous.Orner HEROUX.Les dernières grandes assemblées politiques fl y en aura plusieurs un peu partout, demain — Celle de M.Bourassa à Papineau ville — Sera-t-elle contradictoire?— M.Patenaude et sa grande tournée provinciale — L’assemblée de samedi à 1’Arena — M.Meighen reste loin de Québec — Il envahit l’Ontario avec M.King — Les chances du groupe progressiste et la balance du pouvoir à Ottawa — Combien de députés aura M.Forke?— La composition de la prochaine Chambre des Communes ______________ M.BOURASSA PREPARE SES PROCHAINES REUNIONS Uactualité Le problème résolu u’on lise attentivement les paragraphes sui-luction serre d’aussi près que possible l’origi- dorsale de Vopposition au pacte et réfuteront Y accusation de mettre en peril Y unité de Y Empire.On n’attend aucune décision précise sur ce point du Canada ou de l’Australie, d ce moment précis, à cause des élections, mais on a confiance que la Nouvelle-Zélande signera le pacte, tandis que l’on considère comme très douteuse l’attitude de Y Afrique-Sud.IjCs adversaires du pacte insistent Notre génération est pessimiste, triste, morose, amère.Tout cela 'est attristant.On n’ose plus penser du bien d’autrnt, par crainte de se tromper.Tout être qui a teinture d'intelligence se croit, en ces jours de tourmente électorale, obligé de déplorer en termes solennels la corruption du siècle, la perversité des moeurs, l’aveulissement des caractères.Les insensés! Ils ne voient pas que les élections ce sont les grands événements qui mettent tous les hommes en communion plus intime, qui développent la sociabilité humaine."Les élections sont fondées sur les tractations honteuses de l’électeur et du candidat’’, dit-on.Mais ne vptt-on pas que c'est le plus ma- tendais pas à être candidat ’' •title- 1 -’ mplit pas souvent de ces prodt-s.Et Quel désintéressement, au elle COi .___ ges.Et quel désintéressement, quelle bonne volonté à rendre service! je n’en finirais plus d’énumérer les bienfaits des élections et je termine en citant un exemple.En 1921, un brave homme de docteur revenait des courses d’un endroit éloigné de la ville.Il rencontra des connaissances et les ramena à Montréal où, à la grande surprise de ses amis, il exigea d’eux un dollar par tête.Les amis payèrent en songeant que le citoyen était un pingre, tes événements marchèrent et par la force des choses te docteur se trouwi un jour, sans le savoir, candidat.Il s’en fut voir les amis qu’il avait ramenés.On le reçut en grignant et avec des paroles de profonde amertume.Le pauvre candidat essuya tout sans broncher, puis, l’averse passée, s’excusa."Dans ce temps-là, dit-il, je m'at- Dans une semaine exactement eo soir, la campagne électorale se clora.Les orateurs auront lancé leurs dernières bombes politiques et les électeurs sc prépareront & aller aux urnes le lendemain.Ils auront assisté à une campagne électorale assez courte, peu mouvementée d’abord, mais qui a pris depuis une couple de semaines de l’ampleur et qui, si elle n’a fourni jus-qu’ici qu’un très petit nombre d’épisodes un tant soit peu remarquables, pourrait bien en fournir de plus sensationnels d’ici le 28 au soir.Car, le Jour même du scrutin, il sera trop tard pour que n’importe quel scandale, réel ou imaginaire, n’importe quelle manoeuvre électorale de dernière heure, de celles qu’on appelle roorback, en jargon politique anglo-américain, puisse émouvoir un tant soit peu les électeurs.L’opinion de ceux-ci achève de sc faire; et d’ici l’avant-veiîle du scrutin elle sera tout à fait fixée.Après M.King, M.Patenaude Les grands chefs politiques tirent ces Jours-ci leurs dernières salves.M.King est dans l’Ontario, qu’il dispute pïed à pied à M.Meighen, qui vient, lui aussi, d’y entrer.L’un et l’autre chefs tâchent, monsieur King d’y prendre le plus de terrain possible, monsieur Meighen, d’y réduire le plus qu’il pourra le nombre de comtés favorables au premier ministre présent.M.King a fait sa dernière apparition dans notre province è sa grande assemblée de lundi dernier; il y a eu une telle réussite que les organisateurs de l’assemblée de M.Patenaude à Montréal auront fort à faire pour réussir mieux que ceux de la réunion du Forum lundi dernier.M.Meighen, c’est de plus en plus dair, ne mettra pas du tout le pied dans notre province, d’ici le 29 octobre, s’étant abstenu soigneusement Jusqu’ici d’y paraître, d’après ' i et ront beaucoup à dire.Ils affirment aussi que le Canada ne peut échapper au pacte, même s’il le désire.Si Y Angleterre, par exemple, entre en guerre à cause d’une soudaine violation du pacte, le Canada, en sa qualité de membre du Commonweaith britannique sera automatiquement en guerre, qu’il signe ou non le pacte, puisque, du point de vue international, U ne peut se jeter en dehors de la guerre [contract out of war] sans quitter YEmpire.Ces adversaires disent que sans doute le Canada aidera l’Angleterre dans le.même esprit qu’il Fa fait en 1914, mais ils insistent sur le fait que le Canada devrait se rendre compte de Fêtcndue ae ses obligations en vertu du pacte [the extent of her obligations under the Pact].Puis, si, dans Faventr, la Société [des Nations] approuve la guerre, le Canada, en sa qualité de membre de la Société, est obligé de fournir sa part, de sorte que, d’une façon ou de l'autre, le Canada, tout aussi bien que les autres Dominions, sera engagé et ils disent que ceci est périlleux pour Vanité de YEmpire.Dans toute guerre europénne, Y origine [du conflit] n’est jamais complètement claire, et l’idée que le fait qn’on ne demande j>as aux Dominions de signer ne.les rend point jparticipants au pacte est de la pure poudre aux yeux diplomatique.Les adversaires du pacte se moquent aussi de Fidêe qu’une fois que l’Angleterre sera en guerre, à cause d’une agression soudaine, le conseil de la Société pourra s'asseoir et décider qui est l'agresseur.Une fois aue la guerre sera commencée, il sera impossible pour la Société d’arbitrer la question.gmflque système de répartition des richesses jamais réries, ce système i que les révolutionnaires cherchent ! ?vainement depuis des siècles quand est à leur portée, sous leur main?’est une disposition providentielle qui pousse tes hommes de rapine et aargent à se couvrir du manteau de gloire.Et pour se couvrir de ce manteau problématique, Us restituent à leurs victimes une part de l’argent qu'tls ont acquis Dieu sait comment.Par une profonde ironie, ils donnent pour un peu de fumée, de gloriole, des capitaux qui sont te prix du sang de tant de pauvres êtres et ces derniers rentrent en partie dans tes capitaux de leurs oppresseurs, pour quelques momeries dérisoires.O élections! grand poème social! manifestations de la justice Immanente des choses! vous obligez le riche à restituer: non seulement te riche qui veut des honneurs mais même le riche qui veut écorcher ses semblables et qui doit verser par avance les montants que subséquemment il espère rècujrérer.Voilà le grand secret de la répartition des richesses.Les véritables doctrinaires du socialisme devraient prêcher les élections à hante fréquence afin de maintenir en circulation permanente des capitaux qut, parait-U, donnent la richesse, le oanheur et la prospérité.tes élections non seylement jouent un rêie social, mais accomplissent une oeuvre humanitaire immense.tes élections c'est remplissage mutuel avec arguments sonnants et réjouissants; et c’est aussi te temps où les hommes montrent te plus d’urbanité.N’est-ce pas alors que le député, mi) par une amabilité évangélique, se colle au nez de fous les mioches, distille le miel des compliments aux grosses mèmères, aux vieilles ffîtes sèches et anguleuses, qu’tl subit apparemment avec plaisir et durant de longues semaines indt MARGELLES les ennuyeux, les cheux, qu't! liante monde?La religion __ _ _ itscrets, les fâ- cheux, qu'il vante l’esprit de fout le elle-même n’ac- lu enaude.pour sa part, rcu-Montréal aujourd’hui mê- Bloc-notes La loi Lacombe Plusieurs personnes, peu familières avec la loi électorale fédérale, nous demandent s’il est vrai qu’un candidat se prévalant du bénéfice de l’article 1143 du Code de procédure civile est inéligible au parlement.Il n’en est rien.Cette confusion provient vraisemblablement du fait que l’article 25 de la Charte de Montréal dit que nui ne peut être mis en nomination pour la charge de maire ou d’échevin, ni être élu à cette charge, ni l’exercer s’il se prévaut du bénéfice de l’article 1143 du Code de procédure civile.On sait que cet article est communément connu sous le nom de “loi Lacombe’’.Cette confusion, de la part des électeurs, est assez naturelle et très excusable.Car si la lé- Sislature provinciale a trouvé bon ’insérer dans la Charte de Montreal une clause de cette sorte, qui écarte des fonctions publiques municipales des gens insolvables, il serait bien plus opportun encore qu’elle existât dans la loi électorale fédérale.Les écbevins montréalais n’administrent en effet qu’un budget annuel d’une vingtaine de millions, tandis que les députés d’Ottawa administrent un budget de dix à quinze fois plus élevé, et sont évidemment exposés à des pressions, à des entreprises et à des tentatives de corruption bien plus considérables que celles qui attendent un conseiller municipal en détresse, du point de vue financier.Mais 11 faut, pour l’heure, prendre la loi électorale fédérale telle qu’elle est.Aux électeur* de choisir leurs représentants et de ne pas aller donner leurs voix A des candidats qui ne leur offrent pas toutes les garanties possibles.entente entre québécois.M.Patenaude trant à Montréal aujour me, finit une tournée très bien organisée, qui a coûté cher à la caisse électorale du groupe conservateur montréalais, a eu du retentissement dans les quotidiens de ta province, et & laquelle le Star et la Gazette ont donné les allures d’une promenade triomphale aux lendemains inquiétant* et aux conséquences foudroyantes pour les candidats «libéraux.L’effort du chef lui-même, M.Patenaude, a été extraordinaire, car, depuis une semaine, il a prononcé toute une série de discours entremêlés de trajets longs et fatigant* qui ont exigé de lui une dépense de vitalité considérable.Il est certain qu’au lendemain du scrutin, les trois chefs politiques, MM.King, Meighen et Patenaude, quel que soit le résultat définitif qui les attend, pousseront un grand soupir i de soulagement et devront prendre quelques semaines de repos.M.Patenaude, qui veut donner la réplique à M.King et à ses ministres, se prépare à sa grande assemblé* de Arena, A Montréal, pour samedi soir, le 24.Ses partisans e» ses amis affirment qu’il y fera des déclarations et un discours retentissants et qu’il jettera dans la balance politique de quoi la faire pencher nettement de son côté, le soir du 29 octobre.Assemblées de M.Bourassa M.Bourassa, quant à lui, a clos hier une série d’assemblée* locales ‘dans le comté de LabeJle; U prononcera demain à Paplncaiiville, lieu de sa mise en nomination, un 5rand discours politique, au cours ’une assemblée qui pourra bien être contradictoire, si le candidat adversaire, M.Jodoin, est présent h Papineau vil le et veut affronter la discussion.Il y aura lé des électeurs de toutes les parties du comté de Labelle ainsi que du district de Montréal et la journée promet d'être mémorable.On peut se rendre très facilement à Papineauville, et en revenir le jour même de toute la région de Montréal.(Consulter à ce sujet les détails paraissant aujourd’hui dans notre troisième page).La mise en nomination faite, il établira le programme de ses autres assemblées.Le groupe progressiste tient bon On a peu parlé jusqu’ici dans notre province des candidats progressistes de l’Ontario et de l’Ouest, sauf, du côté conservateur, pour les désigner comme ayant été les véritables maîtres de M.King et de son ministère, de janvier 1922 à septembre 1925, et comme devant dominer encore M.King, s’il reste premier ministre, les élections du 29 une fois faites.Mais on ne peut négliger d’examiner les chances d’un parti qui, soit qu’il reste sta de son élan et parait même en décroissance.Mais, A tout prendre, les deux partis de MM.King et Meighen devront encore compter cette année avec les progressistes; car il n’est pas du tout improbable que cette fois-ci encore, dans le parlement à élire la semaine prochaine, les progressistes ne détiennent pas la balance du pouvoir, comme ils font fait de 1922 A 1925.Au moins 45 députés A l’heure présente, les progressistes ont dans l’Ontario à peu près 24 candidats, dont ils sont assurés de faire élire au moins une quinzaine; car dix-sept ou dlx-hutt de ces candidats ont l’appui concerte des progressistes et des libéraux qui ne leur feront pas d’opposition, mais voteront pour eux contre les candidat* de M.Meighen.Dans les provinces des prairies, les progressistes n’auront pas le grand succès qu’ils y ont eu en 1921, quand ils y balayèrent tous les conservateurs et tous les libéraux, moins trois.Us ont là cependant une cinquantaine de candidats dont trente paraissent assurés de la victoire; cela, avec les 16 députés qui leur viendront de l’Ontario, formera un bloc de 46, au moins, de députés progressistes dans le prochain parlement, sinon d’une cinquantaine.Or il est certain qu’à moins que M.Meighen ou M.King ne prenne le pouvoir avec une majorité absolue, — cela est de moins en moins probable, encore que possible, — un groupe de 40 à 50 députés aux Communes, sous un chef véritablement distinct des deux premiers, sera en bonne posture pour influencer la politique canadienne, même s’il n’est pas aussi fort qu’après les élections de 1921.Quatre ou cinq groupes fédéraux ses partisans j tionnatre soit qu’il faiblisse même, à ces élections-ci, fit élire 65 députés aux élections de 1921, fut le second groupe en importance numérique aux Communes, pendant le dernier parlement, comptant 15 bu 16 députés de plus que le groupe conservateur pendant toute la même période, et sera un groupe encore influent après le 29 octobre.Il n’y a pas de candidats pro- Îiressistes dans les provinces de ’Est.Il n’y en a pas autant dans l’Ontario cette année qu’en 1921, alors qu’il y avait au pouvoir à Toronto un gouvernement progressiste, celui de M.Drury, qui eut des mésaventures politiques et une fin ont b A tout prendre, il lansle pr telles qu’elles ont beaucoup nui ^________ par la suite au développement des1 putés,— et une p idées progressistes dans cette pro- j dants qui supplée vince.Il n’y en a même pas autant qu’en 1921 dans les provinces de rOuesl, où le mouvement a perdu ^ est év‘ 'eut qu’il y aura dans le prochain mrlenient trois grands groupes distincts, — les libéraux, les conservateurs et les progressistes, vraisemblable ment dans cet ordre même, du point de vue numérique.Et s’il y a un groupe quelconque de députés québécois conservateurs, élus avec ou sans M.Patenaude, mais avec son concours actif et celui de «on organisation.U y aura donc sur le papier quatre groupes distincts à Ottawa; deux, les libéraux et les progressistes, feront bloc contre les conservateurs metg-hentstes et les conservateurs pate-naudtstes, qui, eux, s’entendront sur maints points importants, s’ils ne s’accordent pas sur tous et tout le temp*.Il y aura enfin un cinquième groupe, celui des travaillistes, très peu nombreux, — deux ou trois dé-.oignée d’indépendants qui suppléeront au nombre par la valeur et la curiosité que le public attache d’avance à leur attitude.31, Patenaude Les lecteurs de journaux quotidien* confondent quelquefois la législature provinefale avec la Oiam-bre des Communes, surtout quand il s’agit d’un homme politique qui a fait partie -de deux assemblées législatives.Ainsi, chaque jour, on nous téléphone pour nous demander à quelles dates M.Patenaude a été député à Ottawa et ù Québec.Selon le dernier annuaire parlementaire, M.Patenaude fut élu député con- servateur de Laprairle à Québec, en 1908 et en 1912.U n’a donc p élu député conservateur à Ottawa aux élection de 1911; et s’il a pris part à la campagne de 1911, ce fut comme orateur et organisateur de son parti.Il cessa eu 1915 d’être député à Québec, devin! ministre ft Ottawa fe 6 octobre 1915 et fut député conservateur à Ottawa d’oeto-br#.1915 jusqu’aux élections géné-ratfes de l’automne 1917, où 11 ne se représenta pas.Entre temps, du 6 octobre 1915 au 8 janvier 1917.il avait été ministre du revenu de l'Intérieur à Ottawa, sortant du cabinet un dizaine de.mois avant ks élections, mais restant député jusqu’à la dissolution du parlement fédéral, à l’automne de 11)17.De la fin de 1917 aux élection* provinciales de 1923.«M.Patenaude ne fui député ni ministre dan* aucun parlement.Le 6 février 1923, il fut député conservateur de Jac-quea-Oartler à l’assemblée législative de Québec et garda son mandat jusqu'à sa démission, la semaine dernière, car, pour être candidat aux élections fédérales.it faut préalablement, si l’on est membre d’un législature provinciale, commencer par cesser de l’être, le double mandat n’extstant plus nour les députés.En résumé.M.Patenaude a été député à Québec de 1998 é 1915, député à Ottawa de 1915 à 1917.retourna dans la vie privée de 1917 à 1923 et redevint député à Québec de 1923 à 1926.Pour nos amis Si l’on voulait bien prendre la peine, quand on nous écrit pour nous demander une information, une précision, un commentaire ou une opinion, ne signer sa lettre d’un nom responsable et d’y ajouter une adresse exacte, ce serait nous rendre service et nous faciliter la réponse.Nous le disions hier, les lettres sans signature et sans indication de provenance connue sont écartées.Ceux qui nous écrivent savent à qui ils ont affaire et ceux qui reçoivent leurs communications tiennent à en savoir autant.Qu’on ne cherche pas dan* notre manque de réponse aux lettre* sans signature de la removals* volonté, c'est l'observation d’une règle de con duite élémentaire dans toutes les rédactions de journaux.6 P.Lisieux.Les pèlerins ont présenté au Sou veraln Pontife un livre racontant la vie des huit martyrs jésuites canadien* oui furent béatifiés à St-Pierre de Rome, le 21 juin dernier et à la mémoire desquels une plaquette commémorative fut dévoilée «prêr dp Midland* Ontario, en ce même jour: les RR.Jean de Bréfceuf.Gabriel Lulemant, Antoine Daniel.Charles Garnier, Noël Chahane) el Isaac Jogues et les «frères René Goupil et Jean de Lalande.Je Pape a donné «a main à bai ser à chacun des pèlerins et leur a adressé de* paroles bienveillantes.Il a béni le Canada tout entier et spécialement «l’épiscopat et le cd«r gé.U se dit heureux d’avoir bèati né le» martyrs canadiens «t d'avoir donné ainsi de nouveaux protecteurs aux catholiques du Canada.S.S.Pie XI et leu Canadien» UNE AUDTENCjËTïONNBE AUX ZOUAVES SOUS «LA CONDUITE DE NN.SS.FORBES.«MMOGES ET O'BRIEN Rome, 21.— L» Souverain Pontife a reçu hier une centaine de pèlerins canadien* ayant à leur tête Mgr Guillaume Porbes, évêque de Jolirtte, Mgr M.J.O'Brien, evêque de Peterborough et Mgr J.-E.Limoges.évêque d* Mont-Laurier.An nombre des pèlerin» on remarque trente prêtres et 20 zouaves.Os derniers portent le vieux drapeau pontifical sous loqud semi-rent les aounves canadiens avant la chute du pouvoir temporel à Rome, ainsi que le drapeau canadien qui sera déposé dans le «sanctuaire de Assemblée* dans Labelle De* orateur» du comté de Labelle et de Montréal, favorables à la candidature de M.Bourassa, porteront la parole aux endroits suivants : Au LAC-SAGUAY, le dimanche, 25 octobre, après la grand'in esse.A FERME-NEUVE, le dimanche, 25 octobre, à 8 heures du soir.A 8TE-ANNE DU LAC, la lundi 26 octobre, à 8 heures du soir.A Papineauville M.Bourassa parlera demain, le jeudi 22 octobre, après la mise en nomination, à 2 heures de Vaprès-midi {voir détails en page 3) LE DEVOIR, MONTREAL.MERCREDI.21 OCTOBRE 1925 VOLUME XVI — No 246 99 ‘Tins forte que les journaux "Je savais que même si je n’avais pas les journaux avec moi, dit M.Patenaude, aux Trois-Rivières, j'aurais la foule pour moi, et la foule est plus puissante que les journaux.” Les Trob-JUvières, 21 (Spècial au Devoir) — Au manege militaire des Trois-Rivières M.E.-L.Patenaude a exposé hier soir son program- m On est ailé chercher M.Patenaude avec fanfares et flambeaux et un long défilé d’automobiles 1 a escorté depuis le Château déBlois jus-qu'au manège.L’assemblée a commencé à 8h.30 précises et Jes discours ont été transmis par radio.Le notaire J.-A.Trudel, président du club Conservateur, présidait ia : oirée.Le premier orateur fut M.Lucien Comeau, avocat, qui a passe en revue la situation générale et a rendu hommage aux deux vieux lutteurs de la région tnfluvienne.MM.Normand et Bureau.Le notaire Emile Ladouœur, de Shawinlgan, a parié ensuite des besoins de la region et a vanté les mentes du can: didat, M.Normand.Puis il a loue l’attitude de M.Patenaude en 1917 et lui a offert l’hommage de la foule.M.Louis Normand, candidat conservateur, réclamé par l’auditoire après M.Ladouceur, a proclame M.Patenaude comme son chef et remercié la population trifluvienne de sa sympathie et de son accueil.Puis il fait une brève exposition de son programme., ,, M.J.-A.Barrette, ancien depute et candidat conservateur dans Ber-thter-Maskinongé, se présente ensuite à l’assistance connue “l homme qui voulait tuer la conscription avant qu'elle naquit." Et il a ex-posé avec quelques details 1 histoi-re de l’amendement fameux qui porte son nom, rappelant que le premier homme qui «e leva pour tuer la conscription fut M.Patenaude.Dans le cours de 1 allocution de M.Barrette on cria: "Hour-rah pour Bettez”.C’est le maire Dufresne, de Sha-winigan, qui parle après M.Barret* te.Il exhorte les électeurs à apporter tout le sérieux possible a 1 etude des problèmes nationaux eta se dégager des préjugés.M.Louis Du-rand, des Trois-Rivières, dit aussi quelques mots.Puis M.Patenaude se lève et, d’une‘voix un peu meilleure que les jours précédents, mais tout de meme fatiguée, prononce son discours.“Je reviens dans cette cité visitée bien des fois et j’y rencontre la foule la plus vaste que j'aie vue aux Trois-Rivières, foule venue ici non pour acclamer un homme mais la cause qu’il a personnifiée depuis quelques semaines.” Ic’orateur continue en saluant les dames présentes et la foule qui écoute au radio.11 adresse un hommage particulier à deux vieillards de plus de 8ô ans, qui sont sur l’estrade: MM.J.-C.Housseau et Gilbert Massicotte, qui ont vu la Confédération et vote pour MacDonald et Cartier.M.Pa-tenaude dit que la politique qu il prêche est précisément le retour a la vieille tradition et qu'elle fait appel â l’union de toutes les énergies."Le temps est venu de fortifier Je corps, le coeur et l'esprit de la nation, et de remettre un peu d’aisance et de vie dans chaque foyer en y faisant rentéer la confiance disparue”.M.Patenaude rappelle'l’élection de 1921 et les promesses qui furent faites.“On a élu 65 députés.Mais, arrivé au pouvoir, le gouvernement n'a rien fait et le voici qui revient devant l’électorat les mains vides, en demandant un autre vote de confiance pour exécuter ce qu’il n’a pu faire depuis quatre ans".L'orateur invite ses auditeurs "à se rapporter au discours de Richmond Hill.Us y comprendront pourquoi nos gens sont allés aux Etats-Unis, pourquoi la confiance a disparu, pourquoi le malaise est général”.M.Patenaude prend à partie le projet de «réforme ou sénat et demande “où M.King a puisé le droit d'attaquer le sénat de sa seule initiative et sans consulter les provinces.Ces deux difficultés, l’emigra-tion des nôtres et la prétendue réforme du sénat, ont surgi depuis 1921, pour aggraver une situation déjà complexe.” L’orateur touche à la question des chemins de fer.blâme M.King de n’avoir pas plus de politique là-dessus que sur le reste et dit que rien ne se fera si, préalablement à toute autre chose, on ! ne sépare pas les chemins de fer de t>L MM.Léo Doyon, Yvon Laurier, Ruben Laurier et autres, qui font la pure et simple politique nationale .ifoe tous ces faits, dit M.Patenaude, "je fais un faisceau de preuves .Et il invite ses auditeurs a s élever au-dessus des hommes et des partis et de voter pour la cause meme du pays; “dans cette région cest M.Normand qui personnifie ce qu u y a de plus sain dans la politique canadienne; la cause du Canada pour les Canadiens et des Canadiens pour le Canada”, dit M.Patenaude.Il exhorte les électeurs de Berthier à appuyer M.Barrette; ceux de M-colet à secon der M.Lamarche ; ceux de Chacmpiain à appuyer M.Bergeron.Il termine par une revue de sa tournée dans la province et plaisan-te le Soleil et Je Canada de la façon D'kj la fin de la campagne èlec- "dont ils se sont faits les échos de Je candidat libéral de Ka_ " an ‘ mouraska, M.Georges Bouchard tiendra plusieurs assemblées dans diverses paroisses de son comté pour les dames, à 3 h.p.m~.au comité central, théâtre Riaütu.Samedi, Je 24: grande assemblée à 8 heures p.m., è l’école Samt-Mi-eJ*el.Le candidat libéral, M.Marier, ri plusieurs autres .orateurs adreaseraont la parole.Dimanche, ie 25: grande assemblée pour les dames à 3 heures pan., au no 2210, boudevard St-Laurent.Nous donnerons d’autres détail sur ces assemblées d’ifci queticmes jours.Dans Gaspe Le Dr L.-P.Gauthier,’ l’un des deux candidats conservateurs qui -faisaient la lutte à M.Lemieux, s'est retiré de la lutte.Dans Kamouraska la campagne d’injures, lancée de puis quelque temps”.Mais le peuple voit clair et connaît ses vrais amis, dit M.Patenaude.Je savais qiie même si je n’avais pas les journaux avec moi, j’aurais la foule pour moi et la foule est plus puissante que les journaux.11 y a quelque chose de plus fort que le mensonge et l’appel aux préjugés, c’est* la vérité.Avez-vous entendu ce soir un mot d’amertume contre les adversaires de M.Normand ou contre aucun adversaire?Puisque je n’ai pas de journaux pour les emplir à pleines colonnes, je vous demande de vous faire les apôtres de la bonne et saine doctrine.” En voici la liste: Mercredi 21, 2 heures, Saint-Alexandre; Jeudi, 22, 2 heures, Saint-Pascal (Appel nominal); vendredi, 23, 2 heures, Sle-Hélène, 7 heures, Ste-.Manio; Samedi, 24, 10 heures a.m.Mont-Carmel, 2 heures p.m., St-Bruno, 7 heures p.m.Kamouraska; Dimanche, 25, (après la messe), St-Pacômc, 3 heures, Rivière Ouelle; Lundi; 26, 10 heures St-Philippe, 2 heures p.m.St-Denis; Mardi, 27, 10 heures a.m., St-Onésime, 2 heures p.m.Ste-Anne.La campagne électorale Le colonel Worthington est candidat conservateur dans Sherbrooke — M.Adélard Forget deuxième candidat libéral dans St-Jean-Iberville — Liste d’assemblées Sherbrooke, 21 — Le colonel E.B.Worthington a été à Tunanimité choisi candidat conservateur hier soir par une convention conservatrice, en remplacement du Dr Lynch qui a refusé la nomination.Deux libéraux dans Saint-Jean M.Adélard Forget a été choisi hier à Saint-Jean, par une convention libérale, pour faire ta lutte comme franc libéral à M.A.-J.Benoit, député sortant, qui ae présente également comme libéra!.Division Mont-Royal M.R.-L.Ca'lder, c.r., candidat indépendant dans la division Mont-Royal, adressera la paroie aux électeurs aux diverses assemblées, comme suit: Mercredi, 21 octobre.— A 4 h.(après-midi), assemblée pour les daines, salle Victoria, West mount.A 8 heures du soir, hôtel de ville à Montréal-Ouest.A 10 heures du soir, émission spéciale par radio, poste C.H.Y.C.Vendredi 23 wtobre.— A 8 h.du soir.Notre-Dame de Grâce, (en français seidement), salie des pompiers, coin Botrel et Côte St-Autoi-ne.Lundi, 26 octobre.—- A 8 heures du soir, Westraoimt: salle Victoria.Mercredi, 28 octobre.— AS heures du soir.Notre-Dame de Grâce, (en anglais), saille lies pompiers, rue Botivl, Dans Jacques-Cagtier Grandes assemblées de M.Théo-dule Bhéaumc, ce soir, à Youville, à lü sûülle de l'école Saintt-Gérard, rue Bcrri, près du boulevard Cré-mazie.Plusieurs orateurs seront présents.Jeudi soir, M.Fernand Rinfret, candidat libéral dans Saint-Jacques, pariera à l'école Salaborry, (coin des rues Robin et Beaudry).Il sera accompagné du Dr Généreux, échevio, de MM.C.-A.Bertrand, Emile Massicotte, Wilfrid Pilon, Achille Latrcille, Armand Lebeau et autres.Les dames sont tout spécialement invitées à cette assemblée.M.Marier à la salle Windsor, jeudi M.Herbert M.Marier, candidat tibérul officiel dans la division St-Laurent, tiendra une assemblée à la salle Windsor, jeudi soir.L’assemblée sera présidée par M.le sénateur Casgratn.M.James A.Robb, ministre des finances du Canada, sera présent, ainsi que plusieurs députés de Montréal.Li's discours de cette réunion seront irradiés par l'intermédiaire du poste
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