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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
mardi 24 novembre 1925
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1925-11-24, Collections de BAnQ.

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Volume XVI — No 275.Abonnements pat la poste : Edition quotidienne :avada.Buts-Unia et Empire Britannique .S.00 UNION POSTALE .Edition hebdomadaire JANADA.>*.00 ETATS-UNIS ET UNION POSTALE DEVOIR Montréal, mardi 24 nov.1925.TROIS SOÜS LE NUMERO Rédaction et administration*.336-340 NOTRE-DAME EST MONT MAL nirA^uri HRMRI ROTIR ASS A FAIS CE QUE DOIS! TELEPHONE * - - Main 7460 Service de nuit : Rédaction, Main 5121 Adminietration, Main 615S Un incident révélateur Un mariage a lieu.Les cadeaux Encore des Uatrocités sont chez le marié, apparemment, fait anormal.Ils sont en si grand nombre et si précieux que l'on dépêche deux hommes de police, voire deux officiers pour les garder.Con- Depuis quelque temps les histoires a’atrocités pendant la guerre PASCAL Ce dont il faut parler, même en temps de campagne j tre qui?électorale - Au congrès pédagogique d’Edmuns- et lesPcitoyens non protégés la nuit ton - Deux témoignages importants - Pour plus large enseignement du français .7 TT .j»___________un,.,,I moins qu’on n'ait à garder les joyaux Nous voulons bien donner ici aux événements politiques ja couronnei ,7 est fort possible toute la place qu’ils méritent: on en pourra une fois de plus ^rouyer un i>on lascar honnête iucer nar l’esoace consacré aux réunions d’hier; mais nous n’en- qui consente à dormir au milieu des tendons pas^ que la politique elle-même jette dans l’ombreU^ors d deuxdollarsparmut.d’autresfSts, d^utres pïobSte,d’un ordre *rts élevé.EU’ou ‘ en pourra juger, une fois de plus aussi, par 1 importance, mal I qUgte de la police, nous ne doutons heureusement inférieure encore à ce que nous aurions souhaite, pa* qu'il eût désapprouvé la prati-oue nous attribuons aux comptes remius de la Semaine d’His-\ que de placer des agenis dans les } .[domiciles particuliers pour garder taire du Canada.• \ des cadeaux de noce Pour la même raison, on ne trouvera pas mauvais que nous ^ ^ a d.traitions aujourdhui, en premier-^Montreal, d un incident réye |écrire, offrir des remerciements et lateur qui s’est récemment produit à Edmunston et dont notre sa lettre lui est revenue inopportu-confrère le Madawa.ka nous apporte le récit.foi C’est à un congrès pédagogique des instituteurs du comté de rô^ponfïé’ô/fm're sait) que l’incident s’est produit.\ la lettre et M.Brode , , .Deux professeurs de langue anglaise du lycée d’Edmunstqn, |kw «err/.A^pré» MM.Anderson et Gilmore, y ont réclamé pour le français a l Jon ^ peut c£mpter qu’ti 'aura l’école primaire fréquentée par les petits enfants de langue fran-1 deux gradés de la police pour veil-çaise une place plus grande.Ils ont tous les deux réclamé cette /Cr *ur/« trésors de verre coupé place au nom de leur expérience et des principes de la saine ^^eroîd^n^sa 'maison.'111113 ^ pédagogie." , M.Anderson, qui dirige l’une des hautes classes du lycee, s’est plaint du défaut de préparation de ses élèves et en a attribué la cause probable au fait qu’on ne s’était pas suffisamment ¦ — servi pour leur formation première de leur langue maternelle, LJ Êfî §"0 Ç — de celle où tous les mots ont pour eux un sens précis, évo-1 U lUL» Ê 1^0 quent des images familières et qui les éclairent.Il a carrément déclaré que, dans les premières classes, l’enseignement devrait se donner en français.Bagot M.Gilmore a, de son côté, proclamé que l’expérience lui a 4 appris que cest la plus grande erreur ec quelque effort et mielque patience le médecin réussit A diagnostiquer et A prescrire.Il envoie sa note et celtès des aides qui l’ont assisté pendant qn'il visitait la malade récalcitrante.Sons prétexte que cette note est salée, voilà la malade qui regimbe.• D’abord, je ne suis pas malade, na! gnée”.Les amis lut disent: "Tout doux ma vieille, il faudra payer quand même.Le mieux n'est-il pas de suivre les prescriptions du médecin?Vous dites qu’elles sont chères, mats seront-elles meilleur marché si vous les payez quand même sans les suivre?Alors ce sera perte complète et sans profit pour personne.Beau gaspillage indigne d’une personne qui se prétend inlelligen-te: Mais vollA cependant la soltlse que la ville a faite.Et M.Brodeur, qui est le tufeur de Concordia, a cru, dans la botte, aux témoins qu’il allait rouler le médecin, fl a eu un sourire fin."Monsieur le Juge.mats non seulement U n’a pas demandé la tête du chef, mais depuis l enquête il lut a écrit pour le fill citer.C’était un peu fort de café.On de mande des précisions.M.Brodeur se dérobe, suivant son usage.On insiste.Il est prit.C’est la vieille aventure: tel est pris que croyait prendre.Il doit produire les textes.On vo-ft que le Juge s’est contenté de féliciter deux agents an sujet d’un cas fort particulier.Et U fèllt chef, dit-d, "de pouvoir compter sur de tels auxiliaires." Cependant en ces affaires.Il faut toujours se souvenir du conseil: "Nierivez pas”, ou évitez de vous ___ip_________ quelques mois et que le caitdidat oppositionniste d’aujourd’hui, M.Saint-Jacques, faillit battre én 1923.I^es conservateurs prétendent garder Jacques-Cartier et prendre Ar-genteuil; et les libéraux ne sont pas du tout certains qu’ils réussiront à barrer de nouveau la route à M.Saint-Jacques, s’ils espèrent profiter de la défaite de M.Pate-naude le 29 octobre dernier, dans le comté de Jacques-Cartier.La lutte, du côté des conservateurs, a d’abord paru difficile dans cette circonscription; mais le gouvernement y a manoeuvré de telle sorte qu’il est en train de perdre toutes ses chances de remporter une victoire, en même temps que Ja position dans le comté d’Argenteull est de moins en moins rassurante pour le candidat Rodger, à cause d’un différend marqué dans les ranas libéraux et d’une scission qui a bien l’air d’être sérieuse et profonde.Le gouvernement libéral de Québec, qui a voulu brusquer les élections, a été trop habile, il s’est mis " 1 '*¦ ,!‘1 pou- utile dans la quasi-impossibilité de pou lui en temps i “* u’il s’est aliénés en voir ramener à des partisans leur imposant d Et puis, le jette les potions par la ., .fenêtre.Je ne veux pas être sof-'mettre dans ta nécessité d’écrire.ni en tem al ____ es candidats de son choix et dont la valeur, en regard de celle de leurs adversaires, est tout à fait quelconque, si braves gens soient-ils par ailleurs.La machine électorale d’un gouvernement n’est pas toujours conduite par des hommes de discernement comme on le voit par le temps présent, dans les comté* où il y a ries élections partielles.Voilà donc que nous commençons un peu à nous reconnaître dans la situation politique.M.Mackenzie King a gardé Je.pouvoir parce qu’il peut présumer que son parti aura J’appui des progressistes, parce que M.Meighen n’a pas de majorité effective en Chambre, parce qu’il ne pouvait ordonner lui-même d’autres élections, et qu’enfin le conflit entre -les partis ne pouvait se trancher que par Je vote des députés.En attendant que cela se fasse, le gouvernement que M.King dirige n’a que très peu de pouvoirs.Il ne .peut faire de nominations, il ne peut poser aucun acte administratif important; il traite les affaires de routine et c’est tout.Si Je parlement qui se réunira le 10 décembre prochain lui donne un vote de confiance, alors le gouvernement d’aujourd’hui deviendra un véritable gouvernement, avec les pouvoirs ordinaires de nommer aux emplois publics, de tenir des élections complémentaires, d’inaugurer une nouvelle politique, etc.Si ‘ce sont les conservateurs qui obtiennent ce vote de confia-nce, M.Mci-ghen formera un gouvernement qui sera un gouvernement réel possédant -les pouvoirs ordinairevS.Le vote de confiance se prendn le plus tôt possible et conservateurs comme libéraux ont hâte d’en arriver à cette formalité.Il y a besoin d’un gouvernement le plus tôt possible.D’ailleurs, même si l’opposition conservatrice voulait attendre plus tard, elle ne le peut facilement, car le gouvernement a aussi son initiative en cette affaire.Si les conservateurs ne s’opposent pas à la nomination du président des Communes choisi par le cabinet, celui-ci reçoit par le fait même lib vote de confiance.S’ils ne s’opposent pas â une motion d’ajournement du débat sur l’adresse, le gouvernement reçoit un vote de confiance, et ainsi de suite.Mais on croit qu’il serait préférable que les conservateur provoquent un vo te pour forcer les députés à prc.i dre parti et pour éclairer encore mieux la situation.Nous saurions à quoi nous en tenir alors sur le chiffre de majorité et la tendance des députés progressistes et travaillistes.Une fois que le gouvernement sera en selle, M.Mackenzie King, si c’est lui qui reçoit le vote le vote de confiance, demandera l’ajournement des Chambres.Il sc fera élire, réorganisera son cabinet.Ce sera pour lui-même 1* période critl que.S’il réussissait à se faire élire, à replâtrer convenablement son ca binet, il pourrait entrer dans la deuxième partie de la «ession avec nlus de confiance.S’il se faisait battre, ou s’il faiaatl battre l’un de probablement à M.Meighen dans la seconde partie de la session.Car il se peut que les progressistes et les travaillistes donnent une autre chance, un autre répit à M.Mackenzie King et qu’ils lui accordent un vote de confiance en décembre.Ce «-ra alors â M.King à se tirer d’affaires dans les élections complémentaires.S’il échoue en tout ou en partie, progressistes et travaillistes se rejetteront du côté des conservateurs et enlèveront à M.Mackenzie King dans la deuxième partie de la session ce qu’ils lui auraient donné dans la première.Ainsi nous aurons des élections complémentaires en janvier ou en février, dans lesquelles conservateurs et libéraux s'engageront avec toutes leurs forces jusqu'au dernier homme et jusqu’au dernier sou.Ce sera une guerre à mort où l’on emploiera tous les moyens.* * * On ne compte pas que les progressistes s’alignent avec les conservateurs, dès le début de la session, ou qu’un nombre quelconque de députés du tiers parti donnent assez de voix à M.Meighen pour lui permettre de renverser M.Mackenzie King.Ajoutons que la deuxième partie de la session verra des manoeuvres et des tactiques nombreuses.Si les libéraux sont au pouvoir, ils tenteront de s’assurer 3’appui des in dépendants et des progressistes par la législation qu’ils soumettront aux Chambres, afin d’avoir tout de suite une majorité parlementaire, et aussi pour tenter de reconquérir certaines parties électorales de notre îays.Les conservateurs tenteront .a même chose en présentant des résolutions destinées à engluer des provinces ou des classes de la nation.Si, au contraire, les conservateurs sont au pouvoir et les libéraux dans l’opposition, nous aurons absolument les mêmes manoeuvres, mais faites par les partis opposés.D’ailleurs, il n’est pas facile de prévoir avec exactitude ce qui va se passée.Nous vivrons probablement au jour le jour en politique, comme dans les temps troublés, incapables de savoir de quoi demain sera fait.Le pays aurait plus de stabilité si le parti progressiste se décidait à appuyer fortement et fermement, quoi qu'il advienne, le parti libéral.Mais nifesté Je désir d’entendre, de voir le chef conservateur, de causer avec M.Meighen et même de lui serrer la main.Voulez-vous le voir et J’en-tendro, cet homme?” “Oui, oui”, crièrent plusieurs voix.“Je peux vous dire, continue M.Fauteux, que M.Meighen viendra vous visiter dans Bagot à une date qui sera fixée prochainement.Cette fois, j’espère que Ja vérité aidant, que Dieu aidant, nous sommes debout pour longtemps.” Telles sont les paroles que M.André Fauteux adressait, hier après midi, à la convention conservatrice de Bagot qui venait de ja choisir unanimement comme candidat à 'l’élection du 7 décembre, alors qu'il s’agira de donner un successeur à m7J.-E.Morciile, décédé peu de jours après le scrutin du 29 octobre.4c A A L’assemblée a eu lieu dans la salle du bureau d’enregistrement, sous la présidence conjointe de MM.Lévh Saint-Germain et Albert Vital de Grandpré, maires du village et de la paroisse de Saint-Liboire.M.Gustave Amédée Roy, l’un des organisateurs de M.Fauteux, dans Ja dernière campagne, agissait comme maître des cérémonies.Dam son discours d’ouverture, 14 « exprimé Je voeu que, cette fois, les chefs conservateurs auront plus de temps pour venir exposer aux électeurs de Bagot la .question politique.h seul nom a été proposé à la Convention, ccSui de M.André Fauteux.Ixis proposeurs ont été MM.Emery Lafontaine, de Saint-Hugues, et Euolide Poitras, maire de Sainte-Hélène.L’un et l’autre ont prononcé de brefs discours puis le Dr l-éon Gauthier.d’Acton Vale, a parlé.Il avait été question de candidature.Pour des raisons personnelles, il n’a pas voulu que son nom soit soumis a la convention.Il entrevoit le jour prochain où le parti conservateur, dirigé par M.Meighen, sera au pouvoir et pour longtemps.Dans notre nrovince, il n’y a pas un seul député conservateur canadien-français â l’heure actuelle.Il faut, de toute nécessité.élire M.Fauteux pour qu’U misse entrer dans le cabinet de M.Meighen.Nous aurons, dit-tl, non seulement un bon député mais un Jon ministre.LE DISCOURS DE M.FAUTEUX M.Fauteux est entré dans la sal- Les libéraux auraient bien mauvaise grâce de ne pas reconnaître la conséquence de ce fait, car des le 5 septembre, M.King en faisait une question de principe.Il déclarait catégoriquement qu'il ne reprendrait les rêne* de l’Etat que s’il commandait une majorité absolue en Chambre.Il a alors, à la veille de la bataille, reformé son cabinet, y faisant entrer MM.Marier et Massey, Gordon et Foster, pour faire croire sans doute que dans son cabinet il y avait des protectionnistes et des protectionnistes modéré*, de quoi satisfaire tous les appétits, tous les goûts.L'électorat n’a pas pris la chose très au sérieux car le résultat du scrutin a été clair.Cent libéraux ont été ékis contre cent dix-huit conservateurs.Si l'on considère la majorité des votes donnés, le parti conservateur a recueilli dans le pays 200.000 votes de plus que le parti liberal.M.King lui-même a été battu avec sept de ses ministres.C’est une preuve irrécusable que la majorité du pays a condamné l’administration King.“Il est alors étonnant que M.King, contrairement à ses déclarations, contrairement aux principes libéraux, contrairement aux principes constitutionnels, se cramponne au pouvoir.Ce qui est plus étonnant encore, c’est la déclaration que faisait M.Cardin, lors de la convention libérale dans ce comté.Il disait: "Ayez confiance.Le parti libéral est encore debout.” Et il concluait de Ja façon la plus enfantine: “Notre sort est entre les mains des progressiste* qui ont voté avec les libéraux depuis 1921.” “C’est, continue M.Fauteux, une position qui pèche contre ia dignité et contre T équité.C’est contraire à la justice et a l’équité qui doit présider au gouvernement de tout pays régi par une constitution.Nous, de Ragot, nou» nous devons de maintenir la volonté souveraine du peuple.” M.Fauteux fait allusion à Ja mort de M.Marelle et prie sa famille d’accepter l’cxmression de sa profonde sympathie.Par suite de cet événement, Je comté de Bagot est appelé à faire la lutte npn seulement pour lui-même mais pour tout le pays.Les sept provinces qui ont donné des majorités conservatrices posent maintenant la question aux électeurs de Bagot et en s’adressant à eux ils s’adressent 4 toute la province: Québec va-t-il consentir à envoyer un représentant pour prendre part à l'administration du pays?Sans doute on vous parlera encore du bloc solide, théorie née dans le cerveau de petits politiciens et contraire à toute la tradition politique dans ce pays.M.Fauteux cite alors Lafontaine, Cartier et Lauri-r, puis il ajoute: Quand on pt»rie de bloc, on fait appel à un s( ntiment qui est à l’encontre de la Ce nfédération.Àu lendemain des dernières élections, M.Taschereau disait qu’il était malheureux que les deux plus vieillies provinces sc soient dressées Tune contre l’autre.11 laissait en-, .• ., _ tendre que l’Ontario faisait bloc le juste au moment où le docteur, contrc nQUS- Gauthier achevait de parler.L’as- Que l'Ontario ait voulu faire bloc semblée lui a fait un accueil en- C{.serait mal.Qu’il ait voulu faire tbousiaste.Après qu'on l’eut mis ‘ * •” au courant de ce qui s’était passé depuis le commencement de l’assemblée, M.Fauteux a commencé son discours de circonstance.Après les compliments d’usage aux électeurs, il dit pourquoi il accepte de recommencer la lutte.Une des raisons principales c’est que tout parti qui a des principes ne doit Jamais manquer une occasion de les faire triompher.Il doit tou mettre en oeuvre pour y arriver Il y a d’autres raisons encore.De puis le 29 octobre, il s’est passé de: événements dans le pays et dans le comté qui justifient le parti conservateur de reprendre la lutte.L’administration du Canada, dès le 29 octobre, a changé quoique les apparences soient contraires.Le gouvernement King a été défait et le gouvernement conservateur est à la tète du plus fort groupe de députés.bloc par evprit de représailles,, ça ne serait pas mieux, mais ça serait explicable.Mais tel ne semble pas être le cas.Les journaux ontariens ont fait la lutte sut le* questions politiques, les étudiant à leur fond, au lieu de faire wppel aux passions populaires.On peut dire que l’électorat d’Ontario, des Provinces Man-iines, de la Colombie britannique t voté sur la vafleur même des pro-tramraes.Pourquoi alors M.Taschereau et ms acolytes voulaient-ils faire croi-o que les autres provinces faisaient bloc contre nou* et que Québec devait continuer de son côté à rester tout seul, contre ses meilleurs intérêts?, , .Je vous le demande, le parti conservateur n’a-4-il pas le droit de vivre en oe pays.N’a-t-41 pas rendu de* services?N’a-441 pas largement (Suite à la page 2) Il vise à la tête! Un actif propagandiste — Cest le temps de faire connaître le journal - L’abonnement fractionné qu _____________ cela n’est pas certain d’avance et l’on croit que les progressistes vont se montrer prudents, se réserver des portes de sortie pour appuyer le parti conservateur si, à un moment donne, ils le jugent nécessaire, flotter enfin, entre conservateurs et libéraux.selon que la chance semblera se poser sur les uns ou sur les autres.4e 4e >|c On ajoute Ici, mais ce n’est qu’une rumeur, que les conservateurs ont l’intention de laisser les libéraux au pouvoir jusqu’à la fin de la session, avec la conviction qu’ils ne peuvent que se cou cr de plus en plus, et qu’à la fin de la session, ils réussiront à arracher à M.King le pouvoir pour tenir une élection générale sans s’ètrc compromis eux-mêmes avec les progressistes et les travaillistes._____.Léo-Paür DESROSIERS' M.Henri Bourassa à Mont-Laurier M, Henri Bourassa rencontrera ses électeurs de Labellc à Mont* Ijiurier, le dimanche 29 novembre, ses m’inlstres, le pouvoir passerait II y prononcera un discours.i» L’un de nos amis, en nous envoyant un paquet d’abonnements nouveaux, nous écrit: Ce sont tous des organisateurs, rouges ou bleu* de la paroisse.Je n’ai ru qu’à leur proposer Vabonnemenl.Ils veulent tous savoir ce que fera et dira Bourassa.Combien d'autres attendent ainsi, tout simplement, qu’on leur propose le journal?Rarement le.temps aura été aussi favorable pour le leur présenter.La situation polüiaue sollicite tes plus vives curiosités, la rentrée au Parlement de notre Directeur ajoute à Tintérêt du journal.Que Von profite donc de l’occasion pour faire connaître le plus possible le Devoir.Pour faciliter la propagande sous toutes ses formes, nous fractionnons Tabonnement: UN mois pour 60 sotisf DEUX mois pour $1.00; TROIS mois pour $1.50.Payable d'avance, par mandat postal ou chique accepte et payable à Montréal.(Ces abonnements ne valent que pour te Canada,, et en dehors de Montréal et de sa banlieue).* » LE DEVOIR, MONTREAL, MARDI, 24 NOVEMBRE 1925 VOLUME XVI — No 275 La Semaine d’Histoire du Canada Grande séance du soir, à la salle Saint-Sulpice — M« Chapais parle de Carneau et de son oeuvre — Une page d’histoire COURS DE MM.LES ABBES LAFERRIERE ET MAURAULT La première séance >du soir de la Semaine d’Histoire du Canada a réuni hier soir, saJle Saint-Sulpice, un auditoire de tout premier ordre, — un auditoire qui emplissait à la faire déborder la belle salle de conférences et où se pressait un auditoire très distingue.C’est M.le sénateur Dandurand qui, en termes fort aimables, a présenté le conférencier de la soirée.M.CHAPAIS M.Chapais, en bon historien qui, pour pratiquer les larges synthèses, n’a pas perdu le goût de la chasse au fait curieux et à l’inédit, débute par le rappel des débuts iloétiques, apparemment ignorés de tous ses biographes, de François-Xavier Carneau: une pièce consacrée à la mission en Angleterre de Denis-Benjamin Viger et publiée dans le Canadien d’Etienne Parent, le 31 août 1831 (Clameau avait alors vingt-deux ans à peine); puis, il retrace à grands traits les origines de l’historien et sa formation.Formation d’autodidacte, privé de l’enseignement cCassique.M.Chapais rappelle l’assez long séjour en Angle-terre'du jeune Carneau, ou il fut le secrétaire de Denis-Benjamin Viger et vit de près l’une de nos plus vives luttes politiques, nuis son retour à Québec où, pendant de longues années, il parut surtout, à part ta besogne quotidienne qui le faisait vivre, s’occuper de poésie.U montre "brièvement comment, secoué par les douloureux spectacles de 1837-38, il se jeta dans l’nistoirè: Ce fut encore tout frémissant de ces émotions douloureuses qu’il commença, en 1840, à écrire son histoire du Canada.Il y songeait depuis longtemps, et il s’était promis naguère, en présence de certains mépris et de certaines provocations, de remettre en lumière les glorieuses annales du petit peuple canadien-françate.Désormais ce travail devait être la grande couvre de sa vie.Il y consacra ses veilles, ses énergies, son effort intellectuel, toutes les facultés de son être.Et.comme compensation de son dur labeur et de ses pénibles sacrifices, outre la satisfaction d’une noble tâche accomplie vaillamment, il devait y trouver la gloire.NOS VIEUX HISTORIENS Mais, avant d'étudier l’oeuvre même de Garneau, M.Chapais, nour bien justifier le titre de sa conférence, brosse à traits rapides la figure de nos principaux historiens anciens: Lescarbot et Sagard, puis Charlevoix et, sous le régime britannique, l’initiateur incomplet mais tout de même méritant Michel Blbaud.“Après lui, l’histoire du Canada restait cependant à faire”, conclut M.Chapais, et il aborde alors de front Garneau et son oeuvre.Nous le citons textuellement : VERS LE PASSE Au lendemain des douloureux événements de 1837 et de 1838, les Canadiens français avaient besoin de se réfugier dans leur passé pour y retremper leurs énergies, et pour y puiser des leçons d’endurance et de constance nationale.Possédé par la noble ambition de servir ses compatriotes, M.Garneau se mit à l’oeuvre, Il commença son travail de recherches et de composition en 1840.Et en 1845 il publia son premier volume, qui comprenait une introduction et quatre livres, formant en tout quatorze chapitres.L'introduction était consacrée à la découverte de l’Amérique, à la découverte du Canada,'et à la période intermédiaire, Jacques-Cartier â l’entrenrive désastreuse du marquis de la Roche en 1598.Les quatre livres suivants contenaient l'histoire de la colonie française jusqu'au SERVICE ANNIVERSAIRE service annuel He l’Atsoctation des ancienne» eièves de» religieuses de Salntc-Crn'T, courent de S ilnt-I-surcnt, sera chmi- U- Jeudi, te "i* à 9 heure», dans la chapelle de l'Stma Mater.Resnenttruse Invitation h lotîtes les élèves qui sont passées rnr la maison.Auras!» Rfugrnala, secrétaire dr i’A V r».H.La Société Cooperative DE FRAIS Pt.’MERAIRES Entrepreneur» de Pomp»» Fttnébrt» el Atsurane»- Punéralr»» I«, KtiE SAINTE-CATHERIVE EST La Compagnie d’Assurancc Funéraire UBGEL BOURG1E LIMITEE Entrepreneur» de Pompe* funèbres et A»»ur»nee lunortire YORK 1411 Sympathie» Servie* 1420, Notre-Dame Ouest massacre de Lachine en 1689.Le succès de l’ouvrage fut immédiat et complet.Tout le Canada intellectuel salua avec joie l’apparition parmi nous d’un véritable historien, Ce livre était l’oeuvre la plus considérable et la plus forte qu’un Canadien eût jamais écrite.Et les concitoyens de l’auteur en ressentaient une légitime fierté.On peut en juger par cette phrase d’une lettre que l’honorable Augustin-Norbert Morin lui écrivait: “Continuez, et vous ne pouvez manquer de faire un ouvrage digne du nom canadien, et de passer avec lui à la postérité”.Le succès s’accentua avec les volumes suivants.Le second parut en 1846.Il comprenait quatre nouveaux livres et onze chapitres.Après avoir jeté un coup d’oeil d’ensemble sur les colonies anglaises, nos voisines dont l’histoire intervenait si fréquemment dans la nôtre par les relations et les conflits l’auteur étudiait les administrations de Frontenac, Callières, Vaudreuil, Beauharnois, la Galis-sonnière, la Jonquière et Duquesne.Des chapitres entiers étaient consacrés à certains sujets, tels que rétablissement de la Louisiane, la colonisation du Cap-Breton, les découvertes vers l’Ouest, les finances et le commerce et l’industrie de la Nouvelle-France.Le troisième volume parut en 1848.Il se composait de cinq livres formant neuf chapitres.M.Garneau y retraçait, en des pages értiouvantes, les diverses phases de.la guerre de Sept ans, les victoires j stériles, les malversations criminelles de l’administration Bigot, puis l’agonie de la Nouvelle-France et la chute de la colonie.11 abordait ensuite la domination anglaise, étudiait le réghne militaire, la première période du gouvernement civil, l’Acte de Québec, la révolution américaine et l’invasion du Canada en 1775, enfin le mouvement politique qui aboutit à la constitution de 1791.C’était là que se terminait la première édition de cette oeuvre si considérable.LA DEUXIEME EDITION i “Un écrivain plus prévenu de son mérite,” a écrit M.Chauveau, “aurait été disposé à s’écrier: Exegi nmmunentum aere perennius, et s’en serait tenu là.Bien au contraire, quoique M.Garneau n’igno-rat point la valeur de «on travail, à peine eût-il terminé ces trois yto-lumes qu’il se remit à l’oeuvre non seulement pour poursuivre son histoire jusqu’à l’année 1840, date de l’union législative des deux provinces, mais encore pour revoir tout ce qu’il avait écrit et en préparer unp seconde édition,” Pour cette seconde édition, pu-hliée en 1852, M.Garneau put pro-ffter de documents tout nouvellement rendus accessibles, ce qui lui permit de rendre plus complètes certaines parties de son premier travail, et de se corriger lui-même sur certains points.Et il y ajouta quatre livres divisés en dix chapitres, dont les principaux étaient consacrés au fonctionnement de la constitution octroyée, en 1791, à l’administration môuvementée de sir James Craig, à la guerre de 1812, a la question des subsides, au premier projet d’union en 1822, aux conflits politiques et parlementaires devenus plus aigus sous lord Dalhousie et poursuivis violemment sous lord Aylmer, enfin aux 92 résolutions, à l’échec de la tentative de conciliation de lord Gosford, aux événements tragiques de 1837 et de 1838, à l’administration et au rapport de lord Durham, et à l’Acte d’union de 1840.Cette deuxième édition, supérieure à la première, ne satisfit pas encore M.Garneau.En 1859, il en publia une troisième soigneusement révisée et corrigée, et lorsque la mort vint mettre fin à ses labeurs, en 1865, il avait déjà accumulé des notes et des additions copieuses, pour une quatrième édition, qui ne parut qu’en 1883, dix-huit ans après son décès, sous les auspices de sou fils.M.Alfred Garneau.Enfin, en 1913, une cinquième édition, enrichie de notes abondantes et d’une bibliographie extrêmement précieuse, fut publiée à Paris par les soins du petit-fils de I’historien, M.Hector Garneau.w“ — "I" 1 1 ¦ mtr ri.i»-.l: .r T,i rmmn.T——r Téléphona Cal.01Î8F MAGNUS T % POIRIER 7% r.of Entrepreneur de pompe» funèbre» Expert embaumeur jRK 2903 Rue Saint-Laurent FLEURISTE T4I.BoUIr «47»-w Ouvert le dlnmnrhe et tou* le* soir* Madame Emile Brault FLEURISTE SpAciallt^* : bouquet* de noori, tribut* floraux, fleurs naturelles et artificielle*.444 PARC I.AFONTAINE.MONTREAL prié Christophe-Colomb 23-11-23 L’ACCUEIL L’Histoire du Canada de François-Xavier Garneau est incontestablement une belle et grande oeuvre.Malgré sa modestie, i! dut s’en rendre compte, et ce sentiment dut alléger les soucis et adoucir les amertumes dont sa vie ne fut pas exempte.M.Chauveau a écrit, à ce sujet, une bien belle page.Après avoir rappelé les lignes touchantes par lesquelles l’historien anglais Gibbon termine son grand ouvrage sur l’histoire romaine, il écrit: "Comme l’historien anglais, M.Garneau dut se sentir ému en songeant qu’il ne vivrait plus autant dans le passé, qu’il aurait moins l’occasion de se réfugier dans ses chères études pour échapper aux prosaïques réalités de la vie.J’aime à croire aussi que le jour où il termina son oeuvre, il trouva quelques instants pour aller contempler le magnifique paysage qui s'étend sous les murs de Québec; je me le représente volontiers appuyé, rêveur, sur la balustrade de la terrasse qui remplace l’ancien château Saint-Louis, trouvant plus de charme que jamais à ce spectacle familier, mais toujours nouveau, et repassant dans son esprit avec une mélancolique satisfaction les grands faits de notre histoire, si bleu racontés dans son livre, et dont un si grand nombre se sont passés en face de ces belles montagnes qui forment le lotwt du tableau et auxquelles 11 avait, le premier, donné le nom de “Laurentides”.” Le grand ouvrage de M.Garneau ne fut par.applaudi hu Canada seulement.Il conquit d’éminents suffrages même en Europe, La Revue des Deux Mondes et ir e Correspon dant Jin consacreront d’importants articles pax la plumo de M.Théo- dore Pavie et de M.L.Moreau.D’autres écrivains français, MM.Ampère, Marmier, Rameau, Dussieux, de Puibusque, en parièrent en termes très favorables.LE MERITE DE L’OEUVRE L'Histoire du Cmnada de M.Garneau était digne de l’admiration qu’elle provoqua.Nous voudrions indiquer aussi brièvement que possible en quoi consistait précisément son mérite et distinguer sa valeur d’inspiration, sa valeur de documentation, sa valeur de composition et sa valeur d’exécution.C’est l’inspiration patriotique qui est J’àme de cette oeuvre.Dans une lettre qu’il écrivait à lord Elgin en 1849, M.Garneau disait: “J’ai entrepris ce travail dans le but de rétablir la vérité si souvent défigurée et de repousser les attaques et les insultes dont mes compatriotes ont été et sont encore journellement l’objet de la part d’hommes qui voudraient les opprimer et les exploiter tout à la fois.J’ai pensé que le meilleur moyen d’y parvenir était d’exposer tout simplement leur histoire.” Et dans une autre lettre, adressée à l’honorable M.Lafontaine, alors premier ministre du Canada, il écrivait encore: “Je veux, si mon livre me survit, qu’il soit l’expression patente des actes, des sentiments intimes d’un peuple dont la nationalité est livrée aux hasards d’une lutte qui ne promet aucun espoir pour bien des gens.Je veux empreindre cette nationalité d’un caractère qui la fasse respecter par l’avenir.” L’amour de son pays, l’amour de sa nationalité, voilà donc ce qui inspira surtout Garneau dans la composition de son oeuvre.On a pu exprimer le regret que l’idée, la préoccupation religieuse n’y aient pas été assez accentuées; qu’il n’ait pas suffisamment mis en lumière la mission providentielle du Canada français; que l’amour de l’Eglise dont il était cependant le fils respectueux, ne se soit pas vraiment confondu chez lui avec l’amour de la patrie, dans cette fusion intime qui est l’essence même du patriotisme canadien.M.l’abbé Casgrain, au cours de la biographie si sympathique qu’il a consacrée à notre his-toirien, a signalé cette lacune.M.Moreau, dans son article du Correspondant, lui avait aussi adressé, sur ce point d’amicales critiques.Quelques-unes des opinions discutables émises par M.Garneau dans son oeuvre pouvaient être attribuées sans doute, à sa vive admiration pour l’école historique qui se réclamait des noms illustres d’Augustin Thierry, de Guizot, de Michelet, de Sismondi.Malgré l’éclat de leur talent et l’étendue de leur érudition, ces hommes éminents n’étaient pas toujours des guides sûfs.Lorsque M.Garneau visitq la France en 1833, leur prestige était déjà très grand, et cela explique, dans une large mesure l’influence que leurs oeuvres exercèrent sur lui.A leur contact, il acquit assurément aussi quelque chose de leurs tendances rationalistes et de leurs préjugés politiques.Ces réserves nécessaires ne doivent cependant pas laisser planer une ombre fâcheuse sur les croyances de notre historien.11 vécut et mourut en eatholique sincère, et maints passages de son livre sont une attestation de sa foi.Quelle qu’ait été la source de quelques-unes des idées dont cette oeuvre porte l’empreinte, il reste Incontestable que son inspiration maltresse est la ferveur patriotique qui l’anime et lui communique la chaleur et la vie.C’est elle qui a valu à M.Garneau le beau titre d’historien national.COMMENT L’OEUVRE FUT COMPOSEE Elle n’eût pas suffi, cependant, pour faire de son histoire un livre digne de passer à la postérité.Dans une oeuvre historique l’inspiration n’est pas tout, loin de là.Il faut de la science, il faut de l’érudition.En d’autres termes l’historien doit s’appuyer sur une forte documentation.M.Garneau n’épargna rien pour que la sienne fût aussi complète que passible.• A l’époque et dans les conditions où il écrivit, c’était une entreprise ardue.Les grands dépôts «’archives n’existaient pas encore dans notre pays.Les collections contenant les correspondances de nas gouverneurs et de nos intendants, les recueils des ordres du roi, les nièces enfouies clans les cartons îles ministères de la marine, de la guerre et des affaires étrangères, en France, étaient inaccessibles à notre historien, qui n’avait pas les ressources requises pour un voyage et un long séjour en Europe.Outre eet empêchement, il lui eût été impossible d’être admis en Angleterre, à compiler les archives coloniales, ouvertes à nos investigations depuis une quarantaine d’années seulement.Le champ de ses recherches devait donc être nécessairement restreint.Quand il les commença, il n’avait à sa disposition que les ouvrages sur l’Amérique, en particulier sur le Canada, contenus dans nos bibliothèques publiques, telles que celles de notre législature provinciale et de la Société littéraire et historique de Québec, et en outre les archives à peu près inexplorées de quelques départements publics.Ce n’est qu’après l’apparition de son premier volume qu’il connut la collection de manuscrits copiés à Paris par les soins du colonel Brodhead, et édités par celui-ci avec, le concours du docteur O’Callaghan, sous les auspices de l’Etat de New-York.M.Garneau se rendit à Albany et consulta Ces documents qui formaient dix-sept volumes dans le texte français, et deux volumes dans l’édition anglaise, connue sous le nom «le Paris Documents.Subséquemment il eut l’avantage de parcourir les deux mitres séries de documents obtenus à Paris par M.Faribault en 1851 et 1852, ainsi que des pièces inipor- L’aliment idéal pour jeunes SHREDDED WHEAT (blé concassé) Dispose à l’étude et au jeu tantes tirées d’archives particulières par M.l’abbé Ferlana.Mais ces collections offraient de grandes lacunes.Les documents étaient souvent incomplets, surtout ceux qui avaient été copiés en France par M.Brodhead.On pourrait en dire autant d’une collection faite pour l’Etat du Massachusetts par M.Ben.Perléy Poore.Quant à la domination anglaise, notre indigence était plus grande encore.Les trésors documentaires que l’on trouve maintenant dans nos archives, étaient alors absolu-iroent inaccessibles.A part les ouvrages imprimés et quelques pièces officielles mises au jour par hasard, l’historien ne pouvait avoir qu’une documentation rudimentaire.Par la publication de son Histoire de la province du Bas-Canada, Robert Christie rendit un grand service.Ses accointances avec les départements exécutifs l’avaient mis à même de trouver et de copier des pièces importantes pour la période de notre histoire qui commence à 1763 et qui se termine à 1840.M.Garneau en profita et en rendit grâce à M.Christie dans la préface de sa troisième édition.Mais tout cela n’était rien comparé aux richesses mises aujourd’hui sous la main des travailleurs qui veulent étudier notre histoire.Quoi ravissement eût éprouvé M.Garneau s’il se fût vu en face des deux cent trente-deux volumes de la^ol-lection Hahlimand, des trente volumes de telle autre collection, des quatre cent trente et un volumes des Papiers d’Etat du Bas et du Haut-Canada, des manuscrits Shelburne, des lettres et dépêches du général Murray, de lord Dartmouth, de lord Durham, des lettres de Masères, des lettres d’Elliott, de la collection Xeilson, etc., etc.Toute cette masse énorme de documentation inestimable était terra incognita quand M.Garneau écrivit son histoire de la domination anglaise.Cette insuffisance absolument inévitable des sourdes d’information rendait vingt fois plus difficile et plus ingrate la tâche de notre historien.Dans ces conditions, on conçoit aisément que sur certains points il ait commis quelques erreurs de faits ou d’appréciation.Quand on considère la quasi-inexistence de nos archives en 1840, et notre pénurie de documents historiques, à cette époque, on ressent une admiration d’autant plus vive, en présence de l’oeuvre accomplie par M.Garneau.On s’étonne du parti vraiment extraordinaire qu’il a su tirer des matériaux dont il pouvait disposer.Avec sa documentation trop restreinte il a écrit une belle et forte histoire.Par la pénétration de son intelligence vigoureuse et lucide, et par l’intuition historique dont il était doué il a compensé ce qui lui manquait du côté de l’information.Et par l’art avec lequel il a su composer son oeuvre il a suppléé aux lacunes obligées de sou érudition.LE PLAN DE CETTE HISTOIRE L'Histoire du Canada de M.Garneau est un livre bien composé.L’auteur s’était tracé un plan et i! l’a suivi sans dévier.A ce sens de la proportion, de la mesure, à ce mérite de la souplesse judicieuse dans l’exécution de son oeuvre telle qu’il l’avait conçue, M.Garneau joignit des qualités de style que la critique a justement reconnues.Sa Jangue est généralement correcte; elle brille par la clarté et la noblesse du ton.Lorsque le sujet s’y prête, elle ne manque pas de coloris.Elle traduit fidèlement les sentiments de l’auteur quand les événements qu’il retrace émeuvent son âme, et elle s’élève alors jusqu’à une éloquence sobre et contenue.Le style de notre historien est celui qui convenait au genre et à l’objet de son oeuvre.Eau Minérale :;6*.La meilleur» procurable tout en étant plue économlaue.Fraîche dè» que eau» la eouiti.Se prépara Instantanément Lithinés Alcaline la bouteille d*un litre Demande* à Totre pharmacien lea Lithinés du Dr Gustin Conviennent pour traiter che* soi la poutte, lea rhumatiimee.les maladie» du foie, dee reine, de la veMie, de la peau, de l’eitomac et de I inttatin.Produit francal* Afent* généraux su Csnsda La Cie Canadienne des agences modernes S4S rue Ontario Eat, Montréal le The_____ SEAL BRAND umcsistmiii neau l’une des plus nobles figures de notre Pantheon national.L’AMOUR DU PAYS Ah! ce Canada, fils de la France, héritier de sa langue et de son sang, comme il l’ai niait, dans ses origines et dans ses émouvantes vicissitudes.Il Je chérissait d’une tendresse ardente et profonde.Non, il,n’était pas de ceux pour qui la patrie n’est qu’un mot, pour qui le sol natal n’a pas plus de charme ni d’empire que tout autre terre du monde, et qui, volontiers, s’ils l’osaient, accepteraient cette devise: ‘‘Vbi bene, ibi patria! La où l’on jouit, là est la patrie!” Parole honteuse et blasphématoire! Parole mensongère aussi! Il y a dans le.monde autre chose que” la puissance.Il y a le dévouement, il y a le sacrifice, ü y a la fidélité, îl y a l’enthousiasme et l’amour, il y a l'idéal, il y a les nobles'souvenirs, il y a la vertu et la gloire! Dieu en soit loué, toutes ces grandes choses, tous ces éléments sacrés sont entrés dans la trame de notre vie nationale.Et voilà pourquoi, notre Canada, quoique moins populeux, moins riche, moins puissant que d’autres pays, est l’une des plus nobles, des plus doùces, des plus belles, des plus chères patries qu’il y ait au monde.Cette patrie canadienne, non seulement notre historien l’aimait passionnément dans le passé, mais son avenir était l’une de ses préoccupations les plus intenses.Son patriotisme était un patriotisme inquiet ! et douloureux.“Il avait voué à lai naticmailité franco-canadienne un ) véritable culte, un culte de tous les instants.Ses amis trouvaient que chez lui c’était presque une inée fixe: au moindre événement qui paraissait menacer notre autonomie, à .c: nril1- arintrtfnns la moindre défection, il s’alarmait ^L ph sto^ê ?t devenue une comme d’autres peuvent s’alarmer j n name»tre aussi des dangers qu’ils courent dans'Jeur scunc,t 11 n.°“,s.r^ut tfie santé ou dans leur fortune”.Un ,u,£- *rt- qu i'lt Sori de ses contemporains, M.Chauveau, 1 Ihistorien.Cet art .5 j que nous citons encore, a écrit: “Je 1 a'1.par excellente, il s appelle la sais bien que, pour ma part, lorsque i critique historique, je le voyais entrer chez moi, pâle.Dans la dermexe partie ému, l’air préoccupé, ne disant pas ! c ce i lègue pour les causes matrimoiualgs. 41 LE DEVOIR, MONTREAL, MARDI.24 NOVEMBRE 1925 VOLUME XVI — No 275 Démission de M.Greenfield LE PREMIER MINISTRE D'ALBERTA DONNE SA PLACE A M.J.-E.BROWNLEE — MEMES MINISTRES MAIS CHARGES DIFFERENTES Edmonton, Albttm*»>>nmw***mttu*ÿ**m Arpentage J.-A.-U.Beaudry, LC.Arpentage, brevete d’inventions es BUE SAINT-JACQUES MAIN 14$* MONTBEAl Dentiste' Téléphone Est 9233 Dr A.Heynemaod 1569 rue Saint-Denis »rèa Dtaimtlsar — Mtatrtel.Médecin cmmi»!» i M1 »T ¦AIKT-JACQCB8 Dentiste' Tü.Calaaaat IMI-W CaaaaMaSaa i * »-»• a • ta».Dr Roméo Beland CHIRUBGISN.DSNTMTB Traitement daa ranclvaa KM - MmjteMj Orfèvre' M.Josse, da dos jours, no compterait plus sur Molièra pwar faire savoir qu’il est orfèvre.Sa carte dana notre Bottln publierait partout aa compétence.Faites de même.Avocat Main MM-nn Ba fa» 4a Palafa 4a JaaMaa René Théberge niMETOLR "SAUVSGAttDB» tz NOTRE-DAME EST, a ait* U.MONTBBAL Dentiste TB.Lancaster 4M» Dr Joies Hector Falardean CHIRUKGIBK-DRNTISTB Extraction aana daalaar - Méthadss m MM ST-DENIS, cala Sk-rbraake, MONTBBAL 1441 J Opticien Lunetterie — Prix du gros Voyer machineri«_dan» _la_ vitrine Dentiste ¦arase i Upt SMI T41.R4a ffast UT» Dr J.-E.Chalifoux Bxtraetlaa aea.daalaar — MHhada.m ad ara» 14», BUE VINKT Anfls SAINT-JACQUES Huissier Théo.Guy Grothé Eéaldaecat ITZe Walfa Tél.BU M14-J Balaatsr 4a la Caar Eaflérleara Barsan i 1S.ST JACQUES, Chambra U Tél.Barbaar IM* Mantréa! 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