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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
vendredi 7 octobre 1938
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1938-10-07, Collections de BAnQ.

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Montréal, vendredi 7 octobre 1938 REDACTION ET ADMINISTRATION 430 EST, NOTRE-DAME MONTREAL TOUS LES SERVICES TELEPHONE : BEIair 336l* SOIRS.DIMANCHES ET FETES Administration : BEIair 3366 Rédaction ; BEIair 2984 Gérant : BEIair 2239 LE DEVOIR Diracteur-cérant : Georges PELLETIER .VOLUME XXIX — Mo 233 TROIS SOUS LE NUMERO ABONNEMENTS PAR LA POSTP EDITION QUOTIDIENNE CANADA $ 6.00 (Sauf Montréal ri la banlieue! E.-Unis et Empire britannique 8.00 UNION POSTALE 10.00 EDITION HEBDOMADAIRE CANADA 2.00 E.-UNIS et UNION POSTALE 3.00 Le marché Bonsecours a pour lui la raison et les experts .mois cela n'a pas suffi jusqu'ici Une revue de la situation à l'usage des gens de bonne foi La question de l’agrandissement du marché Bonsecours n est pas encore réglée.On y met de la mauvaise volonté.Et celle-ci s'accroche à ce qu elle peut.On feint de prétendre que les réfections à ce qu’on appelle les vieilles halles ou la construction principale pressent plus que le dégagement de la place même du marché et que cela aurait dû passer avant ceci.En réalité, l’activité commerciale serait du double autour du marché sans l’embouteillage qui y sévit depuis des années.Celui-ci a ruiné injustement les propriétaires du périmètre.Par la faute de la ville, ils étaient privés du libre accès à leurs immeubles, dans l'impossibilité matérielle de les exploiter eux-mêmes ou de les louer.Deux jours par semaine, en effet, soit le tiers du temps, pendant une grande partie de l’année, ils étaient enclos dans une barricade de voitures — les voitures des maraîchers débordant de la place du marché.Petit à petit, partie de ce commerce a émigré.Il reviendra sûrement à son point de départ quand il pourra jouir des facilités de mouvement.L’encombrement de Bonsecours a eu également pour effet de chasser une partie des marchands qui s'approvisionnaient au vieux marché.Celui-ci a, en effet, cette particularité, qui lui vaut une utilisation maximum, et, conséqucment, idéale, d’être, selon les heures du jour, marché de gros, de demi-gros, puis de détail.C'est là que s’établit la mercuriale, que se détermine le prix des légumes.Le succès du marché, à raison de ces particularités auxquelles il faut ajouter la centralité, la proximité des facilités ferroviaires et maritimes, était donc énorme et est resté énorme.Les recettes le prouvent, les enquêtes le proclament et l’expérience des autres villes le confirme.Vient un moment, cependant, où trop est trop, comme on dit.Ce point culminant fut atteint à compter de l’époque où les épiciers et les bouchers devaient faire stationner leurs voitures à mille pieds du marché et faire la navette entre celles-ci et celui-là à chaque acquisition différente, tout en risquant de se faire piller.L'heuce H, comme disent les militaires, avait sonné, l'heure où l’agrandissement s’imposait.Mais il faut toujours compter, dans le domaine de la politique, avec les impondérables: l’électoralisme, le jeu des intérêts et des rivalités diverses.Bref, ce qui est blanc, par exemple, pour qui détient le pouvoir, devient automatiquement noir quand on l’a perdu.Même quand on est dans l’opposition, en minorité conséquemment, si l'on n’a plus la force de mettre en mouvement les rouages administratif, il reste celle d’y mettre des bâtons, la nuisance value.II est curieux de constater l’inaction des dix, voire des trente dernières années, à l’égard de Bonsecours, tandis que les gens désintéressés, les gens compétents, les experts comme les principaux usagers n’ont cessé de soutenir cette thèse simpliste: Bonsecours est le marché le plus achalandé et, à tout prendre, le seul payant, c’est donc celui-là qu’on doit développer.On compte même nombre de politiciens municipaux qui, à de certains moments au moins, ont tenu ce langage raisonnable — et, pour cela, assez mal sonnant — sous la voûte du palais municipal.Est-il besoin de dire que le Conseil, malgré ces avertissements, a tiré à hue et à dia, a englouti des centaines de mille dollars dans le développement de vieux marchés déficitaires et dans la création de nouveaux non moins déficitaires, mais n’a rien fait pour Bonsecours (dont le nom est véritablement une antiphrase, puisqu’il a été régulièrement privé de tout secours, des bons comme des médiocres) ?Cependant, la liste des sages et experts avertissements au Conseil au sujet de Bonsecours est imposante (nous ne parlons pas ici des articles de journaux).Un mémoire, qui vient de nous passer sous les yeux, n’en cite qu’une partie, que nous ne pouvons encore que résumer ici.Mais parmi ces témoignages, il y en a au moins un de saisissant.C’est d’abord — pour nous borner aux temps récents— le témoignage désintéressé et motivé du Comité d'urbanisme et de la Commission technique, formés, pour la circonstance, en Comité des marchés.Tous deux se composaient de techniciens, c'est-à-dire de gens entendus en la matière.Créés par l'administration Houdc-Bray pour l'aviser, ces comités firent d’excellentes suggestions dont on eut tort de ne point tenir compte.Le comité exécutif de Montréal les priait formellement le 6 février 1931 — comme c’est déjà loin tout ça! — d’étudier la question de “l'agrandissement du marché Bonsecours ainsi que la question de l’établissement d’un grand marché public à un autre endroit que le marché Bonsecours”.Quelle fut la réponse?Le 25 mars 1931 les deux corps susnommés rendaient leur decision.Ils avaient siégé avec un expert en la matière, mais un modeste, M.Joseph Sénécal, surintendant des marches municipaux, qui, dit le texte du rapport, “a aussi assisté à toutes les assemblées, a répondu à toutes les questions qui lui ont été posées par les membres du comité et leur a fourni des renseignements appréciables et justes”.Les enquêteurs avaient entendu les représentants de quarante-deux associations publiques.Leur décision fut la suivante: ‘'Après avoir prit en si-rieuse considération toutes les raisons apportées par les différents corps public et les citoyens, le Comité des marchés en arrive à la conclusion que le marché Bonsecours doit être maintenue et il recommande que la Cité prenne toutes les mesures nécessaires pour son agrandissement et pour rendre son accès plus facile.” De plus, le Comité des marchés condamnait unanimement l’emplacement du nouveau marché (qui est cause aujourd'hui que l'on bloque Bonsecours) pour cette raison péremptoire qu’il est dans un district (localité) industriel où tes produits offerts en vente seraient exposés d'une manière extraordinaire à la fumée et à la poussière.Le 17 mars 1931, ce ne sont pas les experts qui parlent, mais, cependant, des intéressés (à tout prendre, experts eux aussi formés à l’école de l’expérience).L’Association drs épiciers se déclarait "en faveur d'un marché centralement situé, bien outillé, moderne, pouvant accommoder non seulement les cultivateurs, mais encore les marchands de fruits et légumes en gros”.C’est, du reste, de l’intérêt de tous les épiciers et bouchers de trouver au même endroit toutes les sources de leur approvisionnement.Le 29 juin, 1925, unfeomité central formé de représentants de tous les corps publics avait adopté un rapport signé par D.Coutchesne, président, et par — vous lisez bien! — J.-M.Savignac, secrétaire, dont nous ne pouvons, si intéressant qu'il soit, que résumer la conclusion: — conserver le marché Bonsecours comme marché central parce qu’il peut mieux remplir ce rôle à raison de son emplacement; réclamer son agrandissement et son aménagement pour qu’il réponde aux besoins du commerce de gros.Des experts, parfaitement désintéressés ceux-là, au-dessus de la mêlée et du méli-mélo édilitaire, puisqu’ils énoncent des principes généraux ou qu’ils s'intéressent à des centres qui ne sont pas le nôtre, versent, sans le savoir, dans le débat, le fruit de leur précieuse expérience.M.W-C.Hooper, chef du service des marchés pour le gouvernement fédéral (Ottawa), disait dans un rapport, publié dans un bulletin du ministère de l’Agriculture d’Ottawa: “Il a été démontré que, même pour des villes aussi grandes que Buffalo, le marché-terminus ne peut réussir qu’à condition d’être seul (unique).Si l’on construit deux marchés dans une même ville, l'un d’entre eux est voué presque infailliblement à l'insuccès.Il s’est perdu des millions de dollars dans la construction irréfléchie des marchés publics (municipaux) dans les villes des Etats-Unis et du Canada.On a constaté que les acheteurs Vont au marché qui offre le plus gros approvisionnement et l’étalage le plus varié”.Appelé à se prononcer sur l’opportunité du déménagement des halles centrales de Parts, le Préfet de la Seine se déclarait dans un mémoire fortement motivé (nous n’avons pas l’espace voulu poura le citer, hélas!) sur la nécessité de maintenir les halles de Paris sur l’emplacement actuel.Mais il faut conclure après avoir résumé et surrésumé (mais ces pièces paraîtront dans le mémoire de M.J.-A.Paulbus que publie demain notre journal).Quelle meilleure conclusion pour montrer l'illogisme des administrations passées à l’hôtel de ville et.l’illogisme de certains conseillers municipaux actuels, que ce dilemme en acier chromé dans lequel M.Léon Trépanier, un vétéran du conseil municipal, enfermait l’administration du temps (l’administration Houde-Savignac).Cela se passait le 30 octobre 1931 (la terre a tourné autour du soleil sept fois depuis — autant de fois que le sage tourne sa langue dans sa bouche) au conseil municipal.M.Léon Trépanier parlait en ces termes sur la motion de l’échevin Fortin, proposant le vote de diverses sommes pour de nouveaux marchés et un million de dollars pour l’agrandissement du marché Bonsecours: "(.) Aujourd'hui, on met de côté le rapport de la Commission technique sur les marchés.Pourquoi cet illogisme.'’ Car, enfin, ou la commission est compétente ou elle ne l’est pas.Si elle est compétente, qu’on tienne compte de ses décisions, si elle ne l’est pas, alors il est inutile de la payer.” La compétence de la Commission technique et le bien-fondé de son rapport sur les marchés n’ont jamais été con-tcstés.On a vu, au contraire, que son rapport s’accorde avec l’avis des experts de l’extérieur comme M.Hooper et le préfet de la Seine (et nous en pourrions citer d’autres).Mais, hélas! le Conseil n’a pas changé.Il a jusqu’ici versé dans le même illogisme qu’en 1931.La seule différence, c’est que quelques-uns de ceux qui se scandalisaient alors de l’illogisme de la majorité paraissent la rejoindre par des chemins, à la vérité, raboteux et tottueux.,Du reste, l’on veut, dit-on, proposer du même coup, à la prochaine séance du Conseil, et les expropriations et la réfection des vieilles halles, jetant ainsi un pont sur ce qui divisait l’édilité en deux parties sensiblement égales.Louis DUPIRE Billef du soir M.le professeur Benès Prague mande que d’ici peu de lemps M.Penès réintégrera son ancienne chaire de professeur à iuniverstti Icffèquc de Prague, — car il g avait aussi à Prague une université allemande dont on ne sait ce qu’elle va devenir.Les Allemands du pays des Sudètes voudront maintenant fréquenter les universités du Reich annuel Hitler vient de les annexer.Et Von ne voil pas Hen M.Renés enseigner dans une université de langue allemande, fton pas parce qu’il n’y pourrait enseigner.— il sait l’allemand, le français et l’anglais, outre le tchèque; et ce fut un professeur en vedette, an temps où la vie politique ne l'absorba pas lout entier.M.Benès, professeur.Quel cours d’hisloire lout inédit II pourra faire, sur la période de 1918 à 1938, cl qui porterait sur les origines, les progrès, les traverses de la Tchécoslovaquie qu’il vil naître, grandir, être morcelée, lout cela pendant sa courte vie d’homme publie ! El quels mémoires intéressants, quoi- que partiaux, M.le professeur Benès devra pouvoir écrire, entre les heures de ses leçons aux jeunes Tchèques, dans les salles de l'université de Prague! Combien de chefs internationaux n’a-t-il pas connus et fréquentés, depuis 1918 surtout; d commencer par Masaryk, son vieux mnilre, dont il fut le disciple préféré, le successeur immédiat et avec lequel il aura formé Ionie la lignée des présidents de la Tchécoslovaquie telle qu’elle sorlit des délibérations consécutives à l’armistice de 1918.Fils de paysan bohémien, forte lète douée pour les éludes, la politique et la diplomatie, habile manoeuvrier, — trop habile, parfois, serait-on tenté de dire, — M.Benès tomba dans ce travers commun à tan! et tant de politiciens; la prodigalité des promesses, A Versailles, à Paris, un peu partout, de 1914 à 1918 et aussi plus tard, M.Benès multiplia les promesses, voulant gagner de faire élabtir snr la carte de l’ancien empire des Habsbourg les nouvelles frontières de la Tchécoslovaquie autonome.H multiplia 1rs engagements rl ne les tint pas tous.Il avait promit "une Suis- se perfectionnée”, il donna à ses concitoyens d’autres races que la bohémienne une simili-Suisse qui ne trompa personne, à commencer par lui-même.C’est qu’il était habile, trop habile.Eût-il pratiqué dès 1920 la politique de l’union sincère, de l’égalité complète des races qu’il préconise — sincèrement celle fois, — dans son discours d’adieu à ses administrés, avant-hier, la crise ne fût pas sitôt venue, peut-on penser En tout cas, elle l'aurait trouvé en meilleure posture, et aussi, avec lui, la Tchécoslovaquie.Elle aurait été unie, non divisée.Il manoeuvra, attendit, temporisa, retarda.Et passa le Loup, le grand méchant Loup, affublé du pelage d’un libérateur, loup qui a les dents si longues, les griffes si aigués, la tangue si rouge qu’on se demande si, tout ce qsnl (ibère, ce ne sont pas ses instincts de domination, sa faim vorace de tout ce qui sent l’Allemand.M.te professeur Bénis, à Prague, dans ses leçons, pourra commenter la fable de La Fontaine n'écrivit pas: Le Loup et le Henard.Lut, M.Renés, il vient de la vivre tragiquement.Paul POIRIER La politique étrangère de la Slovaquie sera dirigée contre le communisme Bloc-notes Au tour de l’Irlande Les dépêches de ce matin disent que M.de Valera aurait fait entendre à M, Chamberlain que le temps serait opportun pour la tenue d'un plébiscite dans ce qu'on appelle l’Irlande du Nord.Même si les ternies de cette dépêche ne sont pas rigoureusement exacts, on peut être sûr que la question de l unité de l’Irlande se posera un jour ou l’autre, et plus tôt que tard.La réunion des deux Irlandes, séparées par une loi du parlement de Londres, c’est l’objectif avoué, hautement proclamé de M.de Valera.Il ne laisse guère passer une occasion de le répéter.Dans une circonstance particulièrement solennelle, quand le Dr Douglas Hyde prit son poste de président de l’Irlande, M.de Valera déclara à peu près ceci; Vous êtes le légitime héritier de nos princes.La chaîne est renouée.Une partie du pays échap pe encore à votre autorité.Mais ce n’est pas pour toujours.Nous reprendrons ce territoire.Depuis quelque temps, il est évident que M.de Valera se propose de mobiliser en faveur de l’unité irlandaise, non seulement les forces dont il dispose dans les deux Irlandes, mais tout ce qu’il «pourra déclencher dans le monde enlicr.A la dernière réunion de la conference interparlementaire, en Hollande, te président du Hail, M.Frank Fahy, a posé la question poliment, mais carrément, devant des parlementaires de tous les pays.A la réunion internationale des étudiants dite Pnx Roinana, les délégués irlandais ont, si nous ne nous trompons, posé un acte analogue.Il n’était pas besoin d’être très clairvoyant pour deviner qu’un plan de campagne avait été soigneusement établi, qui se déroulerait méthodiquement et partout,— avec insistance particulière en Irlande, en Angleterre, aux Etats-Unis et dans les pays du Commonwealth où vivent d’importantes populations d’origine irlandaise.Tout dernière ment, on a vu les députés nationalistes au parlement de Belfast protester de nouveau contre la division.Et tous ceux qui oBt suivi d’un peu près ces choses se sont tôt dit que M.de Valera ne laisserait pas passer le débat sur les Allemands des Sudètes, la situation des groupes minoritaires, etc., sans essayer d’en tirer parti pour les siens.Inexorablement, depuis des années, l’homme poursuit son dessein.Il sait graduer son effort, il sait attendre et compter avec le temps, mais toutes les occasions favorables sont guettées et saisies.Il serait étonnant qu’il ne finit point par emporter le nouveau, le plein morceau.Le fond d’un débat On a prétendu, et précisément pour justifier l'attitude de M.Chamberlain en Tchécoslovaquie, assimiler le cas de l'Ulster à celui des Allemands des Sudètes.La comparaison est fausse.Il ne s’agit pas, en Irlande, d’éléments proprement étrangers.C’est sir Edward Carson lui-même, l’ancie.i chef des loyalistes du Nord, qui disait à M.Bourassa: After all, you know, I am an Irishman.,.—Après lout, je suis un Irlandais.— Tous ces gens-là sont et se disent des Irlandais.Ils habitent un pays qui est un et dont les frontières sont faites par la mer.La division actuelle du pays est purement artificielle.Elle ne correspond à aucune réalité géographique, historique ou même politique.Si l’on avait constitué en Etat distinct l’ancienne province de l’Ulster, on risquait que ta majorité se prononçât en faveur de la réunion.Et c’est pourquoi on a rejeté dans ce qu’on appelait l’Irlande du Sud trois des comtés de l’Ulster, y compris le plus septentrional de tous, Donegal.Par contre, si on avait concédé à celte Irlande du Sud tous les comtés de l’Ulster à majorité nationaliste, Belfast (qui contient elle-même une population nationaliste considérable) se serait trouvée à la tête d’un Etat pour ainsi dire sans corps.On a donc gardé dans le Nord des comtés qui, à chaque élection, protestent contre l’état de choses actuel en élisant des députés nationalistes, c’est-à-dire de.» partisans de la réunion.Un plébiscite dans tout le territoire régi par Belfast donnerait vraisemblablement une majorité pour le maintien de l’état de choses actuel; mais, si l’on procède par comtés, un certain nombre de ceux-ci se déclaieront sûrement en faveur de l’union avec Dublin.Et, si on se rend à leur désir, la situation du gouvernement de Belfast deviendra pratiquement impossible.D’ailleurs, pour assurer la réunion, les gens de Dublin se disent prêts, sous l’autorité du gouvernement central siégeant chez eux.à concéder une sorte d autonomic locale à ceux du Nord qui redouteraient l’influence de f Dublin.Ils sont convaincus que l’on s’apercevrait bientôt de la superfluité du cette sauvegarde.Et, qui sait?On verra peut-être transporter à Armagh, la ville sainte de l’Irlande, le siège épiscopal de saint Patrice, qui est actuellement sous la juridiction de Belfast, la capitale de l’Irlande unie?Cela donnerait aux gens du nord une satisfaction sentimentale, tout en remuant jusqu’au fond du coeur ceux du Sud.Cela départagerait les Déclaration de Mgr Tiszo, premier ministre de la Slovaquie autonome La sauvegarde de l'intégrité territoriale du nouvel Etat-Gratitude aux Slovaques de l'Amérique du Nord — Les Slovaques ont promis de collaborer avec les Tchèques Le gouvernement de Prague ne se réserve que les affaires étrangères, la défense nationale, l'administration de la dette nationale et des emprunts Le parlement anglais ajourné, M.Chamberlain est tout de suite parti pour continuer ses vacances Interrompues; il ajourne sa réponse à M.de Valera qui, se fondant sur le précédent posé ces semaines-ci à propos des districts mixtes de la Tchécoslovaquie, demande un plébiscite en Irlande du Nord afin de tâcher de réunir à l'Eire des comtés irlandais qui relèvent arbitrairement, dit-il, du gouvernement de Belfast.La question se reposera.Tandis que M.Chamberlain prend quelque repos, Prague vient de reconnaître l'autonomie de la Slovaquie, dont le nouveau gouvernement provincial va siéger à Bratislava (anciennement Presbourg) et dont le premier ministre sera Mgr Joseph Tiszo, ancien ministre de l'hygiène dans le cabinet tchécoslovaque à Prague, en 1928.La Slovaquie reconnaît à Prague le pouvoir exclusif de diriger les affaires étrangères, la défense nationale et la finance commune à la Tchécoslovaquie nouvelle.Les Juifs du pays des Sudètes, — une trentaine de mille, — affluent à Prague afin d'échapper au gouvernement du Reich.Prague, où il y avait déjà 35,000 Juifs, voit avec quelque inquiétude les nouveaux venus arriver et s'installer un peu partout au risque de compliquer les problèmes nationaux.De Berlin, an rapporte que Hitler, qui doit aller parler dans quelques heures dans la Ruhr et la Rhénanie, tendrait une branche d'olivier à la France.Paris mande que le chancelier Hitler aurait adressé à M.Flandin, ancien premier ministre de la République, et qui fit une campagne tenace en faveur d'un accord franco-allemand, un télégramme fort commenté dans la presse de Paris et au sujet duquel M.Flandin promet de donner sa version, d'ici quelque temps.La démobilisation continue en France et en Angleterre, tandis que les Allemands complètent leur annexion dans la région des Sudètes, Prague dénonçant certaines phases de cette annexion.Londres apprend au Canada qu'il n'aura pas à garantir l'intégrité des frontières nouvelles de la Tchécoslovaquie.ZILANA, Tchécoslovaquie, 7 (A.P.) — Mgr Joseph Tiszo, prélat catholique qui vient d'être choisi comme le premier des premiers ministres de la Slovaquie autonome, a déclaré aujourd'hui que son premier soin serait de sauvegarder l'intégrité territoriale de la Slovaquie.Il a déclaré au correspondant de I"'Associated Press" qu'il veut faire savoir aux Slovaques (la l'Amérique du Nord toute la gratitude de leurs compatriotes pour leur aide financière et morale.Au cours de la manifestation qui a marqué hier la proclamation de l'autonomie de la Slovaquie, Mgr Tiszo a déclaré que les Slovaques seront désormais en mesure de faire accepter une politique étrangère dirigée contre le communisme.Des milliers de personnes ont acclamé le chef politique de la Slovaquie en brandissant les couleurs slovaques et des lanternes.LA SLOVAQUIE AUTONOME PRAGUE, 7 (A.P.) — Les Slovaques viennent d'obtenir leur autonomie au sein de la république tchéco-slovaque.Mgr Joseph Tiszo, vice-président du parti populiste slovaque, a été nommé premier ministre de Slovaquie.Il siégera dans le cabinet fédéral de Prague avec quatre de ses collègues slovaques.Les Slovaques ont promis de collaborer avec les Tchèques pour main tenir la république: ils obtiennent leur autonomie complète, le gouvernement de Prague ne se réservant que les affaires étrangères, la défense nationale, l'administration de la dette nationale et des emprunts.L'occupation allemande inquiète fort Prague qui se demande où elle s'arrêtera.La décision de fa commission internationale de céder une cinquième zone à l'Allemagne outre les quatre zones déjà occupées er vertu de l'accord de Munich a soulevé beaucoup d'indignation chez les Tchèques.Au ministère de la pro pagande, on soutient que la commission a inclus, sons consulter la population, des régions douteuses dans la zone qui doit être occupée d'ici le 10 octobre et on croint fort qu'il ne soit plus question de plébiscites.LA FAMEUSE PORTE MORAVE Prague ressemble de plus en plus à une ville assié- gée, les troupes allemandes s'avançant de tous côtés.L'Allemagne a obtenu la cession de la plus grande partie de la fameuse Porte morave dont les fortifications ont été proclamées par une commission militaire fran çaise "plus fortes que la ligne Maginot".La Bohcm* est presque isolée du reste de la république tchécoslovaque puisque la plupart des grandes routes et des chemins de fer qui la reliaient à la Moravie passeront désormais en territoire allemand.Elle perd de plus d'importantes mines de charbon qui se trouvent englobées dans la cinquième zone d'occupation.Les journaux de Prague ne publient plus qu'à une seule feuille afin de ménager le papier.LIS REf UGHit T ^ Les réfugiés affluent sans cesse vert Prague.H en arrivait environ 300 par jour la semaine dernière, mais if en arrive maintenant plus de 800 par jour.Nombreux sont les Juifs qui ont fui les régions sudèfes, craignant une vague d'antisémitisme.On estime qu'il y avait environ 29,000 Juifs dans les régions sudèfes.M.Franz Friedmann, représentant juif au conseil municipal de Prague, a déclaré que ia population juive de Prague ne dépasse guère 34,000 âmes, mais que la concentration d'un grand nombre de Juifs dans la Tchécoslovaquie rétrécie ne peut manquer de soulever de nombreux problèmes.LA RADIO ALLEMANDE ET LES TCHEQUES GENEVE, 7 (A.P.) — La délégation tchécoslovaque à la Société des Nations a publié aujourd'hui une protestation contre les émissions radiophoniques allemandes qui attaquent violemment les Tchèques en exprimant la crainte que ces attaques ne soient le prélude de nouvelles réclamations.Le communiqué affirme que les postes de Vienne, de Leipzig et de Breslau ont irradié hier des nouvelles sans fondement sur les soldats tchécoslovaques qu'elles accusaient d'avoir pillé et incendie les maisons des Allemands avant d'évacuer la région des Sudètes.deux grandes villes rivais, Dublin et Belfast.Et cfela s’accorderait assez, par son double caractère sentimental et pratique, avec la vieille définition qu’on a donnée de M.de Valera: l’homme qui a la lêtc dans l’épopée et les pieds dans des souliers de boeuf.Peu de choses sont aujourd’hui invraisemblables.Le congrès des propriétaires Les propriétaires (urbains, en fail) de la province tiendront un congrès à Québec, lundi et mardi de la semaine prochaine.On y traitera, entre autres, des sujets suivants: moratoire, fixation du taux d’inlérêt, révision du régime des taxes, régime du prêt hypothécaire, vente des immeubles en justice, consolidation des arrérages de taxes, vente à tempérament, abolition des exonérations d’impôts ou autres privilèges en faveur de l’industrie.Toutes questions fort importantes et qui affectent, non seulement le sort des propriétaires, mais l’économie générale de la province, ccl le de nos villes en particulier.Nous souhaitons grand succès au congrès des propriétaires.Tout le monde v pourra trouver profit.O.H.¥ ¥ ¥ M, de Valera a félicité chaleureusement M.Chamberlain de l’accord de Munich.M.de Vaiera est pour les accords et posait un précédent.Il veut maintenant l’accord.de l’Irlande.* ¦:' * Au-dessus d’une photographie où l’on voit des politiciens attablés dans un club politique, un journal appose cette légende: "Banquet aux huîtres des libéraux”.Ces politiciens seraient des huîtres rouges?Allons donc! Les huîtres bâillent et se mangent; les chefs politiques font bâiller et dégoûtent.?A- * On annonce que M.Benès va redevenir professeur à l’université tchèque de Prague.Heureux pays, où même en temps de grande crise nationale l’université reste debout et marche I II y a loin, de Prague à Montréal, ¥ ¥ * L’un des révérends Pères Lamarche demande, dans un fort intéressant ouvrage: "A qui le pouvoir?A qui l’argent?” Et toutes les feuilles rouges de la province de répondre en choeur: "Pas à Maurice!” ¥ ¥ ¥ L’aviateur Corrigan a volé d# New- York en Irlande sans le savoir, a-t-il dit.Il croyait s’en aller en Californie.Hitler nous dira demain qu’il est allé en Roumanie ou en Ukraine en croyant s'en aller au pays des Sudètes.Lequel, de Corrigan ou de Hitler, se paie le plus le tête du monde?+ *' — Combien sommes-nous au Canada qui écrivons le français?” demandait un chroniqueur humoriste à l’un de ses amis.— “Nous sommes trois”, répondit l’autre, aussi pince-sans-rire que lui.—— "Qui est donc le troisième?” riposte le chroniqueur.Le troisième?Se-reit-ce le "crequé” qui prétend qu’eu pays de Québec seuls quelques hommes perlent le frfançais?Le Grincheux —- ! ^|I1 .1 Il EN PAGE 2: — "Le bloc économique anglo-saxon s'affermit", par Léopold Richer."Pour l'amour du grec — Le problème du vieil Homère", per Emile Benoist.“Aller à la guerre et mettre le Canada en faillite” Le carnet du grincheux A force de se faire dire qu’il y a des crises ministérielles à Québec, et de les | attendre en vain, Baptiste se dira: “La crise, ça n’est pas pour ce ministcre-ci.C’était pour l’ancien”.Il y en eut, cette fois, une crise! ¥ ¥ ¥ Londres est généreux; car Londres ne nous demande pas de garantir l’intégrité territoire de la Tchécoslovaquie, — du moins de ce qui en reste.Vraiment, quelle générositél "Question de sentiment?— Non; d'affaires, de raison" Un article de M.Georges Pelletier sur la situation actuelle — Une étude de M.Henry Laureys sur la question du pétrole — "Les réalités militaires de la situation mondiale", par M.Maurice d'Auteuil — Chroniques et articles divers Dans le “Devoir” de demain, sous cm doublM titras: “Aller è la guerre et mettre la Canada en faillite — question do sentimantl — Non: d'affaires, do raison”, un article de M.Georges Pelletier sur le Canada et la situation international*.Dans le même numéro, la première partie d’une importante étude da M.Henry Laureys sur la grave queition du pétrole.Dans le meme numéro encor*, un# étude de M.Maurice d'Auteuil, aiilte d* son article de samedi dernier, sur les réalités militairM de la situation internationale, l'article de Priaca, l'étude de M.Léo-Paul DMroaiors, la “Via musicale*’ de M.Frédéric Pelletier, la chronique des jeunet naturalistes, les “Livres Pi leurs auteurs”, des lettres d’Asie et d’Afrique, une abondante revue de la press* européenne, la graphologie, lei dernière nouvelles du pave et de l'étranger, etc., etc, PRIX: 3 SOUS — RITINIZ D’AVANCI VOTRI NUMIRO. LE DEVOIR, MONTREAL, VENDREDI 7 OCTOBRE 1938 VOLUME XXIX — No 233 Pour l'omour du grec Le problème du vieil Homère plus ancienne des traditions argi- I ennes que de lui attribuer, mé-1 taphoriqueraent, en faisant comuie mémoire totémique, un visage de j bovin sacré.Iæ totem d’Athènes, acropole, ni-chée sur un rocher, avait etc Ja chouette.Minerve Athena, dans Ho- ; mère, c’est Athena aux yeux de ; Texte mointes fois altéré avant chouette, glaucopis.Des romanti- | d'être fixé sous la forme que nous ques timorés, prudes, pudibonds.di- , d etre me, sous io mrme q écriront plutôt, en français, lui connaissons, par lecote a A allx yeux Pcrs, aux yeux lexondrie, c'est-à-dire par les col- g|aliqUes.Ça ne sera que pure fan-lègues de M.Dain — Une voca- ; L Athena, si majestueuse ; qu’elle reste dans VEmpyree, doit j ,,on ______ ; avoir, par mémoire totémique, des j M.Dain, helléniste et professeur de grec, a commencé sa leçon d’hier, la deuxième d’une série de seize qu’il donne à la Faculté des lettres de l’Université de Montreal, sous les auspices de 1 Institut Scientifique Franco-Canadien, par un souvenir personnel qui ne manque pas d’intérêt, qui peut meme, si l’on sait comprendre, comporter un enseignement.C’est dans Homère qu il a appris le «rce.Voici comment cela s est fait.“A l’âge de dix ans, j’étais dans un petit collège de province, où de vieux professeurs, pas savants, mais lettrés et gens de goût, avaient la passion d’Homere.Ils m’ont appris à l’aimer, à le comprendre.On dira peut-être que Xenophon offre aussi de 1 interet.Oui, pas le même intérêt pourtant.Homère est en tout cas un auteui qui se lit, avec intérêt; il n est pas plus difficile d’apprendre le grec dans Homère que dans un autre auteur.Or Homère, c’est 1 ensemble de la langue grecque.J’ai commencé à l’âge de dix ans parce que des gens qui .le comprenaient m ont fait comprendre Homère.Xinsi se dessinent, sous 1 inspiration de maîtres, les vocations hâtives.Simple confidence qu a faite M.Dain à ceux qui seront ses élevés d’ici quelques semaines.N in-vite-t-elle pas à la réflexion dans un pays, le nôtre, où les vocations, quand elles finissent par eclore, surviennent parfois sur le tard, ba recherche du temps perdu est un sport qui s’est pratiqué, qui se pratique encore au Canada français.Mais passons à Homère, c’est-à- veux de chouette.Ce sont ces yetix-là, pas d’autres, qu’Homere lui voit et lui donne.Homere hente ici d’une tradition toute faite, a laquelle il ne peut échapper.De même Homère doit s en tenir à une forme qui se rattache a la | plus haute antiquité.Il y a aussi que le milieu dialectal d’ans lequel naît la poésie d Homère est composite.Sept villes sc disputaient le berceau d Homere.L’on n’a jamais pu savoir que es étaient ces sept villes-la car elles étaienl, au vrai, bien plus que sept.Il paraît établi qu’Homère est ne dans la région de Smyrnc et de Chios, sinon dans l’île de ce dernier nom.C’est là que sa poesie a originé.Chios était, comme aujourd’hui du reste, à la frontière de deux grandes civilisations, a la rencontre de deux langues, de deux dialectes grecs, l’ionien et t’éohen.Cette dualité, on la retrouve dans la poésie homérique.Quand le poète écrit, il n y a pas en Grèce que des Eoliens et des lo- Le bloc économique anglo-saxon s’affermit La signature des traités de commerce anglo-américain et canado-américain va consolider la situation — Les démocraties en face de l'autarcie, dans le champ du commerce international — La coalition commerciale anglo-américaine et Taxe Berlin-Rome-Tokyo Inconvénients de l'union douanière Washington-Londres EAU sur du sucre ou dans une Infusion.Toutes Pharmacies CARMES •‘BOYER” dissipe tous malaises RECONFORTE Ottawa, 7 — Le bloc économique anglo-saxon, dont le Canada fera dorénavant partie par suite des traités cauado-aniéricain et anglo-américain, constitue sans contredit le plus puissant consortium commercial du monde entier.En 1937, la somme totale du commerce extérieur des dix-neuf principales nations commerciales s’élevait à environ !ji38,530,U00,000.Ces nations étaient les suivantes: l’Argentine, l’Australie, la Belgique, le Brésil, les Indes, le Canada, le Danemark, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Suède, la Suisse, le Sud-Afrique, le Royaume-Uni el les Etats-Unis.Toutes avaient bénéficié de la reprise des dire revenons à cette deuxieme le-IQn ne sait pas.Le mot n est pas “ • - d’Homère, non plus que la men- - ., _ ., .ffnires et les statistiques de 1937 niens.Il y a aussi des ^°nen* marquaient, dans presque tous les ce sont des barbares, de nouveaux ' ¦ • > - v de puissants.- - - parle jamais.Il n’y a pas un seul trait de dorisme dans tout Homere.Une interpolation dorienne s est faite subséquemment, par des Do-riens eux-mêmes, sans doute froissés d’être si totalement négliges par le grand poète du pays.Cette interpolation qualifie les Doriens: trixaixei, mais c’est un mot si peu grec que son sens échappe.1 rixai-xei peut signifier: aux trois tribus ou encore: à la longue chevelure.çon de M.Dain.Nous y trouvons, vivant encore dans l’Uliade, Andro-uiaqiie en entretien avec Hector au casque étincelant, des Troyensavec des Troyennes aux robes trainan tion.Le texte d’Homère, pas plus qu’aucun autre texte que l’on peut vraiment tenir pour ancien, ne nous est pas parvenu sous sa forme originale, comme il avait été écrit.D’où, altération de la langue d’Homère due à des altérations et à des fixations successives.L’orthogra-,v mine ans dan* ,ou,es les langues, a chan- ’n mythe qu’il faut détruire une gé avec le temps.Pour Homere, e me fois une fois pour toutes, changement a été capital.Le texte me lois, une ^ .original a été transposé de 1 eohen à l’ionien, si bien que l’on peu dire, à la moderne, qu’Homère a les.Homère, c’est toute la langue grecque, celle de l’épopée.Avec lui, on pourra comprendre tout ce qui s’est écrit en hexamètres pendant deux mille ans.I bonne - — - .c’èst Je mythe romantique, entretenu par Victor Hugo, et par Leconte de Lisle, d’Homère poète barbare blement jamais —les poèmes d’Ho mère ne sont pas des poèmes barbares.C’est du travail d’écrivain, fait en chambre, du travail de ca binet., Homère intéresse son public par deux procédés d’écriture: la recherche archaisante, la bigarrure dialectale, le mélange des dialectes.II faut donc rechercher dans quelles conditions historiques se sont formées et propagées la langue et la poésie homériques.Elles sont héritières d’une tradition ancienne et, pour le répéter, d’une tradition archaïsanle., , , La poésie d’Homère est le fruit d’une haute civilisation, d’une civilisation déjà en décadence.Elle se produit à une époque ou la Grèce connaît déjà de nouveaux riches, qui aiment le gros rire, la plaisanterie.Aussi la langue et la VlItlVllllV ICltv-vt» t' * v f— - - que Marseille eut la sienne, dont les Marseillais, qui se tiennent toujours pour Massaliotes, restent très fiers.L’Homère que nous connaissons est celui de l’école d’Alexandrie.En parlant des gens de cette école, M.Dain, helléniste qui se rattache comparaison que nous employ les chiffres de 1937, nous ne pouvons nous empêcher de noter cependant qu’ils donnent une meilleure idée de la force économique respective des nations que ceux des années antérieures, en raison des efforts que les peuples ont accomplis pour se relever de la crise.Toujours à la têto Le Royaume-Uni vient en tête avec un commerce extérieur d une valeur de $7.314,000,000 comparativement à un commerce mondial de $38,530,000,000, soit 19 p.100 du total.Mais on ne donne pas une idée exacte de la puissance commerciale du Royaume-Uni si 1 on ne fait pas entrer en ligne de compte le commerce des autres meni-bres du Commonwealth britannique.Depuis les accords de 1932 le Commonwealth britannique est en lui-même un bloc économique, les pays qui le composent étant liés entre eux par des traités rigoureux.Voici les chiffres du commerce extérieur des Dominions et des Indes: Canada $1,904,000,000, Indes $1,338,000,000, Sud-Afrique $1.102 -000,000, Australie $1,080,000,000, Nouvelle-Zélande *510,000,000 et Etat libre d’Irlande $325,000,000.Ce groupe de nations a un commerce global ($6,259.000,000) supe rieur à celui des Etats-Unis.Si 1 or En face de cette coalition commerciale, que vaudrait l’union de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon’ Car ne perdons pas de vue que les traités de commerce canado-améri-cain et anglo-américain ont été présentés au monde comme le bouclier devant protéger les nations démocratiques anglo-saxonnes contre les politiques agressives des puissances fascistes et contre les visées de l’impérialisme japonais.La propagande britannique a été jusqu’à soutenir 3ue la signature des deux accords e commerce serait peut-être la pi •» sûre garantie de paix, puisque ies nations fascistes craindraient d’entrer en guerre contre une Grande-Bretagne dont l’approvisionnement serait assuré par les Etats-Unis et le Canada.Voilà ce qu’on a écrit dans les journaux, renchérissant tantôt sur l’aspect purement économique du rapprochement anglo-américain, tantôt sur la sécurité qui en résulterait pour l’Angleterre.D’autant plus que l’Angleterre fait entrer dans ses calculs son alliance avec la France, quatrième nation commerciale du monde.• y ajoute la valeur du commerce de îa Grande-Bretagne, on obtient la somme de $13,573,000,000.Ce dernier chiffre dépassé la La forme d’Homère s’est pourtant modifiée bien des fois, par les transposition, d’un dialecte dans un autre.La graphique, la langue, la métrique même ont varié.Homere reste toujours, avec son vocabulaire extrêmement riche, qui a servi aux .niate erne Btuart Churchill, ténor.Dude « Skîl«, trompette et guitare, etc Pour l’écoute A Montréal, les postes CBF et CBM.Conservatoire de musique de Cincinnati Commençant *a
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