Le devoir, 21 octobre 1938, vendredi 21 octobre 1938
Montréal, vendredi 21 octobre 1938 REDACTION ET ADMINISTRATION 430 EST.NOTRE-DAME MONTREAL.TOUS LES SERVICES TELEPHONE : BEIair 3361* SOIRS, DIMANCHES ET FETES Administration j BEIair 3366 Rédaction BEIair 2984 Gérant : BEIair 2239 LE DEVOIR Diracteur-gérant ; Georges PELLETIER Rédacteur «a chat s Omar HEROUX VOLUME XXIX — Ho 245 TROIS SOUS LE NUMERO ABONNEMENTS PAR LA POSTI EDITION QUOTIDIENNE CANADA $ 6.00 (Sauf Montréal et la banlieue) E.-Unis et Empire britannique 8.00 UNION POSTALE ,10.00 EDITION HEBDOMADAIRE CANADA 2.00 E.-UNIS et UNION POSTALE 3.00 Vers l’émancipation nationale Le comte de Paris entre en France par avion La naissance d'une oeuvre importante à Montréal — L'Institut de microbiologie -La générosité éclairée du ministre de la santé L'Institut de microbiologie et d’hygiène de Montréal est fondé.Il possède déjà sa charte modelée sur celle de rinstitnt Pasteur.Il a de l’intelligente générosité du gouvernement provincial les fonds nécessaires.Il a un guide sûr et désintéressé, dans la personne du Dr Léopold Nègre, l’un des collaborateurs du maître Calmette, l’un des microbiologistes les plus éminents de l’Institut Pasteur.Il a son conseil d’administration, présidé par un homme d’affaires averti, un professionnel cultivé et un philanthrope, M.Armand Dupuis.Il a son directeur technique, le Dr Armand Frappier, professeur à l’Université de Montréal, ancien élève de divers instituts américains, disciple du Dr Nègre et resté lié avec lui par une fructueuse amitié.Il a, enfin, une clientèle toute trouvée, puisque la province devait, jusqu’à présent, s’adresser à l’étranger pour la plupart des vaccins et des anatoxines et que gouvernements provincial et’ municipaux, de même que les institutions hospitalières et les médecins, pourront trouver ces produits chez nous.Du reste, le plus simple pour faire connaître la situation est de résumer l’allocution du Dr Armand Frappier, qui l’a décrite excellemment, hier soir, à la conférence que le Dr Nègre donnait sur l’oeuvre de l’Institut Pasteur à l’Université de Montréal.* * # L’Institut montréalais obtint sa charte au mois d’avril dernier et entra, tout de suite, en contact avec le ministère de la Santé de Québec.Celui-ci et ses collègues se montrèrent généreux.Ils comprirent l’importance de cette fondation et, en s’employant à l’établir sur une base solide, ils fournirent un exemple frappant des résultats pratiques que peut donner la collaboration désintéressée entre hommes publics, hommes d’affaires et universitaires.Médecin, parfaitement au courant de la situation comme tel, le Dr Albiny Paquette regrettait que la province de Québec fût pour les produits biologiques (sérums et vaccins) tributaire de l’étranger.Il savait que chaque année des sommes de l’ordre de $250.000 quittent la province pour s’en aller le plus souvent aux Etats-Unis; il savait, en outre, que la province est aussi totalement dépendante de l’étranger pour ce qui est de l’entrainement de son personnel supérieur d’hygiénistes et de microbiologistes.L’argent qui sort ainsi de la province favorise les travailleurs du dehors tandis que les nôtres se débattent dans les affres d’une humiliante pénurie et que nos jeunes gens de talent se trouvent tenus à l’écart de carrières scientifiques, honorables et rémunératrices.Les sommes versées pour les produits biologiques ne font pas qu’en défrayer le coût, mais elles ravitaillent les travaux de recherches et font vivre des savants.Or, les microbiologistes peuvent se compter chez nous sur les doigts de la main et personne n’oserait prétendre qu’une grande province comme la nôtre puisse se passer d’eux.Un peuple n’a jamais trop de savants.Il doit protéger cette partie de son élite, l’acctoître en nombre, lui fournir des moyens de travail.Ailleurs, des mécènes se dépouillent de leurs biens en faveur de ces institutions; ailleurs, des gouvernements dotent richement i leurs universités et leurs instituts.Le Dr Frappier croit donc, avec raison, que le Dr Pa- j quette et ceux qui de près ou de loin ont contribué à la ; fondation de l’Institut de microbiologie et d’hygiène de | Montréal ont droit à la gratitude du public.L’Institut est, en effet, une oeuvre patriotique, nationale, économique et scientifique et le dernier alinéa de sa charte établit ebire-ment le désintéressement qui l’anime.Il n’est peut-être pas sans intérêt de citer ici cet article qui se lit comme suit: “Faire servir exclusivement aux fins des recherches scientifiques en microbiologie médicale, hygiénique et industrielle, ainsi qu’en médecine préventive, toute contribution, souscription, subvention et tout profit dérivant de la vente des produits biologiques exécutés par ladite société.’’ * * * Il ne reste plus qu’à souhaiter que l’Institut de Microbiologie puisse compter sur les sympathies et les concours auxquels il a droit pour prouver, comme le dit encore le Dr Frappier, que “ce qui a été possible ailleurs, ce qui a réussi partout est ici possible et peut réussir”.L’Institut n’est pas créé de toutes pièces.Depuis plus de quatre ans, le Dr Frappier et ses dévoués collaborateurs travaillent à mettre les techniques au point.Dès que les laboratoires seront installés convenablement — et ce sera bientôt — on pourra mettre à la disposition des intéressés un certain nombre de produits.Or, il n’y aura pas de doute possible quant à la valeur de ces produits, puisque — peut-être tout le monde ne le sait-il pas — cette valeur est attestée par une “license” du ministère fédéral de la Santé.L’Institut opérera en collaboration intime avec l’Université de Montréal; il sollicite, de plus, la collaboration de toutes les institutions de santé, d’hygiène et de recherches auxquelles il offre son concours entier.Le Dr Frappier a terminé son exposé lumineux et brillant sur une note de modeste confiance qui est du meilleur augure: “Comme toute entreprise nouvelle, dit-il, je ne doute pas que la mise en marche de l’Institut ne soulève quelques critiques.Nous tiendrons compte de celles qui nous paraîtront justifiées, mais rien ne nous empêchera de continuer notre tâche avec le même courage, la même prudence, la même confiance, en nous-mêmes (qui ont marqué les débuts, avec la même volonté et certitude de réussir, n’ayant en vue que le bien à accomplir.” Au moment où la situation universitaire est chez nous quelque peu inquiétante, où l’enseignement supérieur subit pour ainsi dire une éclipse, n’est-ce pas qu’il est réconfortant d’entendre de telles paroles, surtout quand on les sait inspirées par des réalités existantes ou prochaines?Louis DUPIRE Pour l'amour du grec Hérodote ou le reporter Le “pèrè de l'Histoire" écrivait des histoires dans une belle langue, une prose d'art — Modèle parfait du journaliste, quant à la langue — Erreur de chronologie n'est pas compte Billet du soir Le Roi chez nous Il y u des yens, à Toronto, et ailleurs, pour croire que le Canada peut devenir le centre de l'Empire britannique.Dans ce cas, il va de soi, la conclusion s'imposerait: Toronto remplacerait Londres.Toronto serait le coeur de l'Empire, — on s'imagine déjà, à Toronto, que Toronto l'est devenu, mais cela reste à voir.Et Londres deviendrait graduellement une petite ville, puis une bourgade, puis tomberait en mines.El la vision de l’historien anglais du XVIlIe siècle deviendrait vraie, gui décrit un voyageur de la Nouvelle-Zélande conduit à travers des ruines poussiéreuses par un guide lui disant : “Here stood, centuries ago, what was the capital of the then British Empire: London, Ici s’élevait, il y a des siècles, une ville qui fut In capitale de l’ancien empire britannique, ville qui s’appelait Londres”._ i Sans doute, si le roi et la reine viennent visiter l’an prochain le Canada, et si le roi eut la précaution de se faire sacrer roi du Canada, Tan dernier, c’est parce qu'ils sc préparent à immigrer l’un de ccs jours de Londres à Toronto.1/.Hepburn n'est pus M.Chamberlain, et Ton trouverait difficilement Tab-baye de Westminster à Toronto, même si celte ville affiche un loyalisme auprès duquel ttelui de Londres, c'est à vrai dire une pâle contrefaçon; le Royal York ne saurait remplacer, même pour trois jours, Buckingham Palace: mais enfin.tout a un commencement.El la visite de nâs altesses royales A Toronto pourrait bien être le début de la fin, — de la fin de Londres en tant que grande cité royale et impériale.Les Flavelle, les Gundy, dix autres millionnaires torontois pourraient, avec guère plus de fonds, remplacer /q City, avancer à la Tchécoslovaquie nouvelle de quoi mettre un peu de baume sur les blessures que t>ient de lui faire le charcutier Hitler.Pour ce gui est de la grande presse de Londres, on sait déjà que le Ci lobe & Mail est bien plus impérial one le Times, que Joe Atkinson du Star peut sans nn très grand effort faire la nique à lord Bothermerc on à Beaver-brook, el que te Telegram en remontrerai! facilement à John Bull ou and News of the Week.En bref, Toronto a tout ce qu'il faut pour remplacer Londres, — du moins si Ton en croit Toronto.Et Ton suit que Toronto est modeste, an point 4e croire que la vertu civique a panr refuge Toronto, en attendant que la vertu impériale se réfugie à Toronto.Tout ne vient-il point à qui sait attendre ?Toronto attend.La giiosi-paniane qui s’est emparée de la population de Londres, en fin de septembre dernier, quand nn pensa que les avions allemands iraient en pleine nuit la bombarder, tenter d’asphyxier la foule réfugiée dans le so ns-sol de Hyde Park ou dans les gares souterraines du chemin dé fer métropolitain, a fait réfléchir et facilite les choses.A quoi bon laisser le centre de l’Empire exposé aux bombes et aux ga: fabriqués en terre du lieich, quand Toronto est là, qui attend, patiente, s'impatiente et, sans doute, voudra, le printemps prochain, retenir captifs le roi et ta reine, dans l’intérêt de l’Empire et du Canada ?Car enfin, si le roi est le roi du Canada, que ne reste-t-il au Canada ?Que deviendrait après cela T Angleterre, le Royaumc-Uni ?fine île sans imparlance, comme Jersey ou Guernesey, au large des côtes européennes; une île au-dessus de laquelle passeraient orgueilleusement les grands paquebots volant de l’Europe à l'Amérique, tandis qu’à bord, aux voyageurs d’Amérique ou d’Asie s'apprêtant à franchir T Atlantique, un guide dirait d’un air détaché : ‘‘Vous voyez, là-bas, dans un commencement de brouillard, cette petite tache noire sur l'eau ?Ça s’appelle l'Angleterre.Dans dix heures, nous descendrons à l’aérodrome de la capitale de l'Empire, à Toronto; et, en vous rendant à votre hôtel, vous passerez devant le palais illuminé de Mitch Park, où vivent le roi et la reine du Canada.” » Toronto en rêve t Pierre KiROUL Bloc-notes L U.C.C.L’Union catholique des Cultiva-'’ leurs se déclare satisfaite de sa dernière année et des progrès qui l’ont marquée.Elle paraît avoir raison de se louer du succès de son dernier congrès, celui qui vient de sc lenniner à Québec.De tout cela, nous nous réjouissons de tout coeur, et nos vieux lecteurs particulièrement n’en seront pas surpris.Non seulement, nous avons toujours, et de façon très ac-live, manifesté notre sympathie envers les mouvements d’organisation professionnelle d’inspiration ca-iholique, mais, dans le cas de VUnion catholique des Cultivateurs, nous avons pu, dans une certaine mesure, et dès ses premières heures, collaborer directement avec elle.11 y eut même un temps où son secréiaire occupait un coin de nos modestes bureaux.Aujourd'hui, PL7, C.C.a pignbn sur rue, si Ton peut dire, et un journal ü elle.Depuis quatorze ans, elle a fait du chemin.11 lui en reste encore à faire cependant et elle est la première à le reconnaître.Il lui en reste à faire, parce que d'abord elle n’atteint pas encore toutes les paroisses rurales de U province; parce que ses cercles n’ont pas toujours, dans les paroisses où ils sont installés, le nom- bre de membres qu’ils devraient avoir; parce qu’ils n’ont pas encore partout atteint toute la bienfaisance et l’efficacité dont ils sont capables; parce que, surtout, ils ont devant eux une tâche immense.Cette tâche Cette tâche, les chiffres que Mgr Boulet a donnés au congrès (et que nous avons reproduits hier), suffiraient à en marquer l’étendue.Des milliers et des milliers de jeunes gens cherchent actuellement à s’établir.On peut demander beaucoup aux gouvernements, quels qu’ils soient, on ne peut leur demander tout, pour la très simple raison qu’ils ne peuvent tout faire.Rien ne peut remplacer l’action de l’organisation professionnelle, même pour éclairer et stimuler les gouvernants; rien ne peut remplacer, et rien ne pourrait égaler, l’action de cercles de T17.C.C., installés dans chaque paroisse, y groupant les bonnes volontés et les connaissances locales, stimulant et multipliant les initiatives rigoureusement conformes aux intérêts professionnels et régionaux.Dès qu’un certain nombre d’hommes qui ont des intérêts communs se rencontrent et décident de travailler ensemble, ils découvrent toute une série de choses qui leur seront utiles, qu’ils peu vent faire ou faire faire.Mais encore faut-il qu'ils se rencontrent, qu’ils échangent leurs idées et leurs projets, qu’ils associent leurs efforts.D'où la nécessité des cercles.Ceux-ci groupés à leur tour, et reliés à un centre commun, peuvent agir avec une puissance que la plupart de leurs membres ne soupçonnent même pas.Ils pourraient même, et cela ne tardera pas, espérons-nous, donner la main aux associations professionnelles de la ville et, grâce à cetje alliance, améliorer leurs conditions de vente, tout en facililan* les conditions d’achat de leurs camarades de la ville.Cela s’est fait ailleurs.Pourquoi pas chez nous?Chez les Franco-Américains Nos amis de la Société historique franco-américaine préparent pour In semaine prochaine ae très grandes fêtes.Ils recevront un non moindre personnage que S.E.l'ambassadeur de France aux Etats-Unis, le comte de Saint-Quentin.On sait ?[ue leur dernier invité d’honneur ut S.E.le cardinal Villeneuve, qui prononça à cette occasion une remarquable et retentissante conférence sur le Fait français en Amérique.P1 voir M.de Saint-i ser h ces choses.Trop de Français de l’autre côté paraissent ignorer encore ’’existence du fait français en Amériaue et son importance.On se réjouira particulièrement de nt-Quentin s’intéres- s.T O.H.Hérodote (Ve siècle avant Jésus-Christ) passe pour le père de l’Histoire.Il n'a pourtant écrit que des histoires, qui lui avaient été rapportées, des histoires souvent mal fondées, parfois controuvées et péchant gravement par anachronisme.C’est par exemple une erreur chronologique d’importance, de 150 années, que l’on relève dans le texte, tiré des chapitres 30 et 31 du premier livre des oeuvres d’Hérodote, que M Dain, professeur de grec, expliquait hier, à ses élèves de l’Université de Montréal.Dans ce texle, Hérodote raconte une conversation entre Solon, le législateur exilé d’Athènes, et Crésus, dernier roi de Lydie, Tliômme le plus riche de son temps.Or Solon, à ce qu’on sait, vivait au Vile siècle av.J.-C., était mort depuis cent cinquante ans, quand naquit Crésus, au Vie siècle.Hérodote éaconte une histoire qui n’est pas de lui, qui lui vient des prêtres du temple de Delphes, mais il la raconte admirablement, dans une langue littéraire, la prose d’art ionienne, qu’après 2,500 ans les lettrés ne cessent d’admirer.M.Dain tient Hérodote pour l’ancêtre, le père, le patron des journalistes, le premier des grands reporters.Il avait beaucoup voyagé, beaucoup vu, beaucoup écouté.Il avait fait de grandes enquêtes partout, dans le monde connu de son temps, en Asie, en Afrique, en Europe jusqu’en Grande Grèce, c’est-à-dire en Sicile et dans le sud de Tl-talie.C’est ce qu’il rapporte dans ses manuscrits, dont il ne reste malheureusement que des copies, des transcriptions.M.Dain, qui est bien situé pour le savoir puisqu’il se rattache à l’école des hellénistes alexandrins (du Ille au Vie siècles après J.-C.), dit qu’Hérodote est un écrivain sympathique qui mérite qu’on lui prête attention.Certains en ont voulu faire un colporteur de racontars.C’est manifestement injuste, c’est faux.Hérodote fut un artiste très habile, conscient de son art.Tant pis.s’il lui arrive de rapporter des choses inexactes.C’est qu’on l’a trompé.Hérodote est le modèle parfait du bon journaliste, du grand reporter.Ses enquêtes faites, il a voulu, avec raison, les communiquer au public.De cette tâche, il s’est acquitté dans un style, dans une langue d’art qu’on ne saurait trop louer.Au surplus, Hérodote n’est jamais un conteur bonasse.Natif d’Halicarnasse, en pays do-rien, c’est toutefois la litléral'ure at-tique et ionienne qui l’attire.Contemporain de Sophocle, il est comme subjugué par lui, le jalouse même, cherche à l’imiter.Pour bien qualifier l’histoire d’Hérodote, on peut dire qu’elle est dramatisée.Les chapitres qui se rapportent à Crésus pourraient être portés au théâtre, sous la forme d’une tragédie en cinq actes, avec (suite à la page 2) (Voir en page 3) Nouvelle offre de Prague à Budapest Pour le règlement du problème des minorités hongroises de la Tchécoslovaquie Une frontière commune entre la Hongrie et l'Italie BUDAPEST, 21.(À.P.) — Le gouvernement tchécoslovaque a soumis aujourd'hui à la Hongrie un nouveau projet de règlement du problème des minorités hongroises de Tchécoslovaquie.Dan> les milieux officiels hongrois, on dit que cette nouvelle offre est sensiblement plu.avantageuse que les précédentes, mais qu'elle n'est pas encore satisfaisante et qu'elle sera rejetée.C'est le quatrième projet de règlement formulé par le gouvernement tchécoslovaque; il comporterait la cession de 2,818 milles carrés, mais sons inclure plusieurs villes que réclame la Hongrie, notamment Bratislava.La Hongrie revendique 5,091 milles carrés de territoire habité par une population de 1,100,000 âmes et la tenue d'un plébiscite dans le reste de la Slovaquie.On s'attend à ce que cette quatrième proposition sort promptement rejetée par le gouvernement hongrois qui demanderait alors à l'Allemagne, à l'Italie et à la Pologne de forcer la Tchécoslovaquie à se rendre aux demandes premières de la Hongrie d'ici la fin du mois.On assure dans les milieux diplomatiques et révisionnistes hongrois que le gouvernement exigera maintenant l'établissement d'une frontière commune entre la Hongrie et l'Italie.La Hongrie serait assurée de l'entier appui de l'Italie et de la Pologne et l'on croit que la Roumanie et la Yougoslavie ne soulèveraient pas d'objections insurmontables.Le détournement de nos budgets militaires de 1937 et de 1938 S'il n’y a eu supercherie de la part d’officiers supérieurs, il y a eu détournement de fonds au profit de la défense impériale — On a surtout préparé des troupes qui iraient se battre hors du Canada — Autrement, pourquoi calquer leur équipement sur celui de l’armée anglaise?—Le budget de la “défense”, en 1939 M.King va-t-il laisser un soviet de fonctionnaires fédéraux continuer des préparatifs qui n’ont rien à voir à la défense du Canada?Le carnet du grincheux On ferme les portes à l’immigration juive, en Palestine.Et l’on ouvrirait les portes à l’immigration “allemande-sudè-te”, au Canada.Truc connu.Care aux faux chèques qu’on prétendrait nous refiler parce que le guichet est fermé ailleurs.4 * * Ces sept mille mitrailleuses Bren pour le Canada, est-ce que ce sera pour tirer sur des bonshommes de neige l'hiver prochain, ou sur des Japonais, en l'an 2938?Qui nous prend pour des imbéciles?M.Rîn Mackenzie.¥ * ?Que cela continue et un député ce sera “un monsieur qui démissionne”.Incroyable.4 ¥ ¥ “Chaque fois qu’il y aura lutte, soit à Québec, soit à Montréal, soit ailleurs dans la province, nos adversaires nous trouveront dans leurs jambes” (un orateur politiqu»).En effet, s'il y a “lutte”, il faudra bien être deux, pour pouvoir se battre.* ?Quand le corporatisme politique s’établira, il ne faudra pas oublier la grande corporation des chômeurs de métier.* ' .* A en croire un péroreur qui se surpasse d’une fois à l'autre, dans le heu commun, son parti, c’est celui de la démocratie, et l’autre, c’est celui de la dictature.Ainsi nous avions notre Chamberlain et notre Hitler et nous ne le savions pas?# ?Ces gens qui ne veulent pas toucher au cadenas, serait-ce qu’ils savent qu’il ne ferme pas si mal que cela?* Ce serait une nouvelle, que M.R.-L.Calder fera des discours pendant la prochaine élection montréalaise?Cela n’est pas une nouvelle.La nouvelle, c» serait qu'il aille ne pas parler.Le Grincheux Ottawa, 21 — Les impérialistes sont sur le sentier de La guerre.Littéralement.Dans la capitale fédérale.centre vers lequel convergent toutes les opinions, on prévoit une poussée formidable des tenants de la doctrine anticanadienne qui veut que le Canada se prépare fout de suite à participer à l’affreux règlement des compte.; entre les démocraties européennes et les dictatures, règlement que l’accord de Munich n’a fuit qu’ajourner.Déjà la propagande sonne l’appel aux armes.Pendant que le premier ministre — qu’une attaque de sciatique a retenu à sa chambre pendant toute la durée de la crise européenne — voyage à l’étranger accompagné du sous-secrétaire d’Etat aux Affaires extérieures, les impérialistes reprennent vigoureusement la campagne qu’ils n’ont modérée que pour célébrer le geste de paix de M.Chamberlain, Ils veulent bien nous avertir que le conflit sanglant éclatera fatalement et que Je Canada aura alors le devoir de mettre au service de l’Angleterre toutes ses ressources en hommes et en argent.Que fera le gouvernement canadien?Il ne fera rien, bien sûr, pour mater les adversaires de l’unité canadienne, ces brandons de discorde nationale dont les paroles et les actes seraient interprétés, sous d’autres climats, comme des provocations à la guerre civile.Le gouvernement ne soufflera mot.Il laissera dire.Au besoin il rassemblera tout son courage pour conseiller la prudence aux hommes publics et aux journalistes.Au pis aller il affirmera, pour la centième fois, que la question de notre participation à une guerre sera décidée par le Parlement.Pendant re temps on ne restera pas inactif dans le camp des impérialistes.On mettra le gouvernement en demeure d’accélérer le réarmement, d’augmenter les effectifs militaires en vue, non pas de la défense du territoire canadien, mais d’une aide efficace à la Grande-Bretagne.Il y a deux ans, c’était pour combattre les communistes de Québec, de Montréal, de Toronto et de Winnipeg nue l’on réarmait, (“était l’époque «le l’hypocrisie et des mensonges.Aujourd’hui on se montre plus franc.L'opinion d'auteurs sérieux Le gouvernement, s’il ne fait rien pour combattre le mouvement d’en-i cerclement qui se dessine de toutes : les forces impérialistes d’Angleterre jet du Canada, aura-t-il au moins i l’énergie de lui résister?Avant de i répondre à cette question, demandons-nous si le réarmement, commencé depuis 1936, était uniquement destiné —comme l’ont affirmé à maintes reprises MM.Mackenzie King, Ernest Lapointe et lan Mackenzie, en protestant avec indignation contre l’injure qu’on leur faisait de mettre leur parole en doute — à la défense du Canada et du Ga nada seulement.Il y a eu là-dessu-dc grands débats nui n’ont pas servi à grand’chose, puisque, pour mie fois, le gouvernement avait résolu de maintenir ses positions.Des gens bien renseignés et des soldats de carrière n’ont jamais admis que le programme de réarmement fût destiné à la seule défense du territoire canadien.Et des auteurs sérieux tels que MM.F.-R.Scott, R.-A.Mackay et E.-B Rogers — dont les ouvrages: Canada To-Day et Cana- ce da looks abroad, obtiennent de temps-ci un succès mérité—doutent très fort de la solidité des raisonnements des ministériels sur ce point.Ces écrivains prétendent que bien que l’on ait réduit sur Je papier le nombre d’unités d’infanterie el de cavalerie, on a réorganisé et motorisé Tarmce de terre, affectant à la modernisation de son équipement une part considérable de la somme totale des crédits du ministère de la Défense nationale.Ce qui indique, d’après eux, que l’état-major canadien tient compte de la possibilité de notre participation à une guerre extra-territoriale.Pour la défense du Canada on ne voit pas l’utilité d’une nombreuse armée de terre motorisée dont les cadres, par ailleurs, ont été refaits avec soin en vue d’un enrôlement considérable possible.Cette armée de terre sera par surcroît montée à la britannique de façon qu'elle puisse s'intégrer facilement dans Tannée anglaise: au ministère de la Défense nationale les leçons de la dernière guerre ont porté fruit.Des cadres réorganisés, un équipement de standard britahnique et un entraînement tout à l’anglaise, voilà qui permettrait une action rapide et efficace dans le cas d’une décision favorable du Parlement à une participation à une guerre impérialiste.On proteste contre pareilles affirmations?Il ne s’agit pas de protester, mais bien de démontrer, avec preuves irréfutables à l’appui, que la défense du Canada exige une armée de terre considérable: destine-t-on le 7,000 fusils-mitrailleurs Bren aux Chinois de Canton ou aux Canadiens?Du côté de l'Atlantique Il y a donc lieu de douter des intentions des officiers supérieurs qui sont chargés d’exécuter le programme de réarmement canadien.Le gouvernement affirme sans cesse le principe de la suprématie du Parlement.Mais, s’il laisse un soviet militaire organiser à sa guise la défense du Canada, il court à des déceptions désastreuses.N’est-il pas vrai, entre autres choses, que Ton vient seulement de décider des fortifications de quelques points de la côte de l’Atlantique?A quoi s’esl-on occupé depuis deux ans?On a fait des travaux de fortifications en Colombie canadienne.Or, puisque les impérialistes de Montréal et de Toronto nous avertissent que le jour approche où l'Angleterre devra régler ses comptes avec les dictatures européennes et que le Canada pourra devenir la cible d’attaques, il est clair que les avions et les sous-marins allemands ne feront pas le tour du monde pour se donner le plaisir de bombarder Vancouver.Si des puissances européennes mé ';tcnt d’attaquer le Canada, le danger viendra de TAtlan-tique.II s’ensuit qu’il faut fortifier nos côtes de ce côte.Dans ce cas, qu’a fait le gouvernement?Il a réorganisé l’armée de terre.Il a commandé 7,000 fusil.i-mitrailleurs.Il a motorisé des unités, Il a fortifié la côte du Pacifique.Quatre de nos six contre-torpilleurs seront stationnés en Colombie et deux sur la côte de l'Atlantique.Les plans de défense canadienne sur l'Atlantique tiennent compte évidemment de la flotte anglaise; sinon pourquoi n’a-t-on pas pourvu à l’achat d’un nombre suffisant d’avions de chasse?On commence à apercevoir une immense supercherie.Le gouvernement a le devoir de rassurer l’opinion publique.D’autant que la rumeur s’accrédite de plus en plus que les erédils militaires de 1938-39 seront pour le moins aussi considérables que ceux de Tannée couranle.il faut savoir à quelles fins on destine ces millions.Les explications officielles données depuis deux ans, il est regrettable de le dire, n’ont satisfait personne.Que Ton ait en vue la défense du Canada, et du Canada seulement, et tous les Canadiens mettront l'épaule à la roue et accompliront leur devoir.Mais aussi longtemps que subsisteront de sérieuses raisons de douter de l’emploi que Ton a fait des crédits du ministère de la Défense nationale, on ne peut s’attendre à l’harmonie au pays.Si le gouvernement ne prend pas ies moyens de lutter contre la pression impérialiste qui s’exerce à la fois de l’extérieur et de Tintérieur, vaut lout autant coucher tout de suite Tunité nationale au tombeau.A quoi la commission Rowell servira-t-elle?A Tenterrer.Léopold RICHER 226 morts et 590 blessés TOKIO, 2l/ (S.P.C.-Havos).— Un typhon a causé des ravages dans le sud et dans l'est du Japon, ce matin.Tokio et Yokohama sont au nombre des villes atteintes.(L'ogen-ce d'information Reuters apprend que le typhon a fait 226 morts et 590 blessés.Le nombre des personnes qui n'ont plus d'habitation s'élèverait à 35,000.) “Serions'iioiis des Canadiens de seconde zone?’* "Nous ne devons servir que le Canada" UNE ETUDE DE M.GEORGES PELLETIER SUR UN RECENT ARTICLE DE LA "WINNIPEG FREE PRESS" - LE R.P.LEON POULIOT, SJ., ET LES ORIGINES CANADIENNES DE L'EGLISE D'OREGON — UNE SERIE DE CHRONIQUES SUR LA BELGIQUE — ETUDES ET ARTICLES DIVERS Sous ce double titre: "Serions-nous des Canadiens de seconde zone?— Nous ne devons servir que le Canada", M.Georges Pelletier étudiera dans le "Devoir" de demain un article de la "Winnipeg Free Press", consacré au récent discours de M.Georges Héon, député d'Argenteuil.Dans le même numéro, le R.P.Léon Pouliot, S.J., évoquera les origines canadiennes de l'Eglise d'Orégon, dont l'on se prépare à célébrer le centenaire.Dans le même numéro encore, la première d'une série de chroniques sur la Belgique, la "Vie musicale", de M.Frédéric Pelletier, "Prospérité réelle et prospérité fictive", par M.Alvarez Vaillancourt, la chronique de Prisca, celle des Jeunes naturalistes, la graphologie, une chronique de la vie rurale, des lettres d'Asie et d'Afrique (où il est, en particulier, question des lépreux), une abondante revue de la presse européenne, la suite des études historiques de M.Léo-Paul Desrosiers, les Livres et leurs auteurs, les dernières nouvelles du pays et de l'étranger, etc., etc.PRIX: 3 SOUS - RETENEZ D'AVANCE VOTRE NUMERO, LE DEVOIR, MONTREAL, VENDREDI 21 OCTOBRE 1938 VOLUME XXIX — No 245 Don» Stowstood - Déclaration de M.Rouville Beaudry L* député démissionnaire se plaint de ce que M.Duplessis oblige les députés de l'Union nationale à voter, sous peine de perdre tout patronage, des lois dont ils ne connaissent pas le premier mot Megog.21 — M.Rouville Beau-drv, encien député de Stanstead à l’Assemblée législative, dont la dé-mission a rendu nécessaire l’élection du 2 novembre prochain, a donné hier soir une déclaration pour faire connaître à ses électeurs les motifs qui l’ont amené à se retirer de la vie publique.Il se plaint de ce que le nremier ministre de la province oblige les députés de l'Union nationale à voter, sous peine de perdre tout patronage, des lois dont ils ne connaissent pas le premier mot.Voici le texte de la déclaration que nous communique M.Rouville Beaudry: Magog, le 20 octobre.1938.Electeurs de Stanstead, Je me dois à moi-même et a vous tous de divulguer les raisons qui ont motivé ma démission comme membre de l’Assemblée législative de Québec.En 1935.j’entrais dans la vie publique avec la conviction sincere qu'une nouvelle administration s'imposait.J’endossais al
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