Le devoir, 29 décembre 1926, mercredi 29 décembre 1926
Volume XVtI.— No 301.Abonnements par la poste: Edition quotidienne i CANADA.$«.»© Etate-UnU et Empire Britannique .8.00 UNION POSTALE .10.00 Edition hebdomadaire CANADA.2.00 ETATS-UNIS ET UNION POSTALE 3.00 DEVOIR Directeur: HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS! Montréal mercredi 29 déc.1920.TROTS SOUS LE NUMERO Rédaction et administration: 336-340 NOTRE-DAME EST MONTREAL TELEPHONE Main Î460 Service 4e nnit: Rédaction, Main 5121 Administration.Main 5IÔ3 Les descentes du pont Montréal-Longueuil f II faut savoir prévoir et savoir partir à point — Initiative opportune du ministre de la voirie — L’élargissement de la rue Notre-Dame est fonction de la construction du pont - Une idée saugrenue qu’il faut abandonner L’actualité L’âme — ou l’âne Un comité formé des représentants des municipalités intéressées a siégé hier et doit se réunir de nouveau aujourd’hui pour léfudier la localisation des descentes du Pont de Ixmgueuil.On sait que le nouveau pont doit en avoir deux du côté de «Montrés, l’une au nord de la rue de Montigny et l’autre entre (•les rues Notre-Dame et Craig, C’est la ville de Montréal qui, l’an dernier, lors de la session du parlement de Québec, a subordonné à cette condition le paiement de sa quote-part dans les frais de construction du pont.En retour, la ville s'est d'ailleurs engagée à fournir le droit de passage, à ses frais.Le comité a été formé et convoqué par le ministre de la voirie qui n’a pas le défaut de manquer de prévoyance.Il veut, en effet, — et c’est le bon sens même — que la localisation exacte de la rampe entre Craig et Notre-Dame soit déterminée afin que dès l'achèvement du pont les cultivateurs de la rive sud, qui seront, par la nature même des choses, les plus forts usagère du marché Bonsecours, bénéficient d’une descente qui leur évitera lin long détour.* * * Cette proposition remet en actualité la question du marché ‘Bonsecours.Le grand nombre des maraîchers de la rive, sud, auxquels se joignent pour des motifs d’ordre moral leurs pasteurs, réclament avec opiniâtreté l’agrandissement du marché Bonsecours.Déjà impérieuse, celle-ci deviendra d’autant plus urgente et plus indispensable quand le pont vers 1930 ou 1931 sera ouvert au trafic On sait, en effet, que la plupart des objections soulevées con-ire l'agrandissement de ce marché, le seul dont l’exploitation soit ’vraiment payante à l’heure actuelle, tombent dès lors qu’on consent à l’envisager sans préjugé.Le marché Bonsecours existe.C’est un fait.11 est la propriété de la ville.11 est le plus achalandé et le plus payant de tous.Il ne peut être fermé sans que la ville y perde une somme de plus d’un million sans compter le revenu annuel.Il ne peut continuer cependant à exister s’il doit être sans cesse débordé; si l'encombrement doit y être tel que les maraîchers et leurs clienls ont peine à y circuler, que la circulation de la rue Notre-Dame doit rester telle que le révélait une enquête du Star il v a quelques mois, c’est-à-dire constamment embouteillée les jours de marché, ce qui y rend non seulement tout commerce, mais encore toute circulation impossible.* * * La situation est même devenue telle quon a deux problèmes indépendants à résoudre, mais qui peuvent être liés avec avantage.Il faut de toute nécessité agrandir le marché Bonsecours, et dût-on pour des raisons d’économie ou parce que Ion se laisse tenter par l’idée de créer des marchés régionaux renoncer a l'agrandissement du marché Bonsecours, il faut de toute nécessité procéder à l’élargissement de la me Notre-Dame, entre Bon-secours et Gosford, ou Claude, puisque c’est ainsi que cette rue est désignée au sud de la rue Notre-Dame.L’élargissement de la rue Notre-Dame est dès maintenant urgente et elle devra être faite, si nos administrateurs municipaux ne manquent pas, comme cela leur arrive trop souvent, do.prévoyance dès que le nouveau pont viendra compliquer en l< décuplant l’encombrement du trafic.Entre Bonsecours et Claude, la chaussée se rétrécit a teî ire a l’aiguiUage.plus, la rue Notre-Dame n’est qu un simple tronçon de e Montréal-Québec.Avec le nouveau pont elle recevra, 1 Hrs facilités de circulation ou elle offre dans certaines plaindre s’attendre à l’aiguillage.De -la route .- .à cause des facilités de circulation qu de ses parties —- le mouvement des piétons y est très peu dense l’afflux des voitures venant de la rive sud ou s’y rendant.Or comme pour élargir la rue Notre-Dame, il faudra procéder à l’achat des propriétés les plus coûteuses, il s'ensuit que pour une mise rie fonds additionnelle relativement minime on pourra réaliser, par le même coup, l’agrandissement du marché Bonsecours.Les seules objections soulevées jusqu'ici venaient, nous l avons dit, de ceux qui réclament la décentralisation des marchés et particulièrement la construction d’un marché dans le nord.Il va de soi que ce dernier marché est nécessaire.Il serait aussi sot de soutenir le contraire que de prétendre que les magasins de détails sont inutiles et que toute» les affaires devraient «e transiger dans les magasins de gros de ta rue Saint-Paul et des environs.L'incommodité serait grande pour les clients habitant aux extrémités nord-est et ouest de la ville et, de plus, ces magasins ne pourraient suffire au débordement de commandes; mais il n'est pas plus sensé de conclure à l'abolition du marché Bonsecours qu'à l’abolition des magasins de gros.Pour ta plupart des bouchers et des épiciers, le.marche Bon-secours est le marché de gros des légumes, des fruits et autres denrées.* * * Nous croyons que le ministre de ta voirie fait bien de préparer les voies afin qu’il n'y ait pas de retard dans l’exécution du projet.Nous sommes pareillement d’avis que les autorités miinicipa'les devraient dès maintenant pourvoir à l'élargissement de la rue Notre-Oaane ou à l’agrandissement du marché Bonsecours.si elles veulent lier les deux problèmes, afin de.se trouver prêtes dés que le pont sera ouvert au roulage à faire face à l’augmentation de trafic.Il faut savoir prévoir.Il faut savoir partir a point.Quant à la proposition de détourner la tète du pont vers l'ouest pour éviter une expropriation qu’on dit coûteuse, elle nous semble tout .simplement saugrenue.Si l’achat de gré à gré est impraticable, il est loisible de recourir à l’expropriation.Or l’expropriation, qui se fait devant des arbitres devant la Commission des chemins de fer ou devant la Commission des services publics, est censée pouvoir établir le juste prix.Il serait ridicule, en effet, de faire faire un ricochet aussi inesthétique qu’incommode à la tète du pont.11 est déjà assez deplorable qu'on n’ait pas voulu, pour une raison d’économie (les gouvernements s’arrêtent parfois à de telles considérations!) revêtir les piles de pierre de taille, ce qui n’ajouterait peut-être pas à leur solidité réelle mais ce qui.sans le moindre doute, les rendrait plus ornementales, supprimerait un enlaidissement.Nous avons suffisamment de laideurs à Montréal pour qu’on n’y ajoute pas délibérément.Louis DUPIRE du métier?H tien jallait pas moins pour opérer une découverte additionnelle dans le vaste champ du journalisme à tapage, c'est le cas de.le dire.Sous les efforts et les contorsions d une plume en mal de légendes baroques, et grâce aux élucubrations désordonnées d’un cerivau en mal de revenants, de plaintes i pins émouvantes qu’un sanglot, de gémissements douloureux qui montent des repaires et des gouffres affreux où Von heurte du pied le fond de la misère humaine, dans les souterrains et les caves où se mène la vie horrible des grinches et des râ-leux, où se passent de terribles choses, d’effragants mgstères, de lamentables histoires, où des lames luisent sous les haillons, on l'on voit les pauvres gueux gui pleurent, d’où monte à la gorge l'odeur d'àcre misère humaine.etc.(effarement par-dessus effarement, incohérence par-dessus incohérence, à la maniéré de l’enquêteur fantaisiste de la Presse) a pris corps la mascarade judêo-fllmo-vaudevilliste si pompeusement annoncée, comme l’on sait.C’est, enfin, une chose du passé.Elle fut infligée comme un défi à la charité chrétienne des nôtres, au sens foncièrement moral de notre brave population.Mais, tout ceci ne s’est guère passé sans la merveilleuse découverte qu’a faite un scribe de la Presse de son rôle, de son devoir, que dis-je, de son âme de journaliste.0 candeur! Ecoutez-le plutôt: “Pour le reporter ayant Pâme de “son métier, au contraire, c’est là “(à la morgue.J’enquête et le ver-"(iict) que tout commoner.C’est “pourquoi il lut arrive de faire “d’étranges promenades dans l’at-“mosphère même de ces drames “dont chacun est l’aboutissant d’une “lamentable histoire.C’est ainsi “qu’il m’arrive d’aller seul, de nuit, “errer sur les quais, rôder au pied “des entrepôts, tendre l’oreille au “soupirail d’une cave d’où monte “parfois une plainte étouffée plus “émouvante qu’un sanglot.” (La Presse du 16 novembre 1926.) Et voilàl Tels sont les devoirs du journaliste catholique, ou tout au moins du journaleux (?) dont {’"institution irrévocablement dévouée”.à bourrer ses sacs d'éens, est une fourmilière prolifique.D’ailleurs, cette charité démesurée, cette générosité soudaine, sans bornes, vient de recevoir un rude coup.C’est la Presse elle-même qui a la gaucherie d’enregistrer cette taloche gn’on tnt applique quelque part.Ce qu’un humble cercle de VÀ.C.C.fait tout bonnement ici, ce qu'une section de la Saint-Vincent de Paul fait là, en offrant un arbre de Noël aux enfants pauvres, la Presse se croit obligée de limiter, mais au son des tambours et trompettes.Or.la Phàrisiennc g réfléchit-elle?— nu dépouillement d’un arbre semblable, offert par l'Association du Bien-Etre aux orphelins de l’asile Sainte-Cunéqonde, un évêque “a attiré l’attention des in-“vités sur une grande inscription “placée au-dessus de la scène: “La “charité vous amène et la recon-“nntssance vous y reçoit.’’ Vous ne “faites pas le bien pour votre gloi-“rc, dit l’évêque, car la publicité “vous enlèverait votre mérite.Puis-i “qu’on l’accomplit ailleurs, à grand “renfort de journal, dans d’autres “organisations qui n’ont pas un si “grand mérite, il est bon, toutefois, “que l’on sache ce qui se fait dans “des maisons comme celles-ei, afin “que l’on vienne à leur aide et qu’on “leur permette de faire davantage.“La plus grande des vertus, c’est la "charité qui trouve un écho bien-“faisant et nous fait restituer.Un “petit merci dit par un de ces petits enfants nu coeur pur vaut “mieux que le pesant d’or.Tout ce “qui se passe ici étant le plus cn-"ché, il semble que votre acte en “aura un mérite plus grand.” (Extrait de la Presse du 27 décembre, pane 15.1 La commère n’a pas ajouté de commentaire.Elle a probablement déridé, mais un peu tard, de se cacher dans an pieux et humble mutisme.T.a Pharfslennr s'endort .MACHEFER.Bloc - notes En donner A la dernière élection provinciale ontarienne, M.Edmond Prouîx, ancien député du comté de Prescott à Ottawa, plus tard député du même comté à Toronto, et qui eut toujours des majorités considérables a chacune de ses élections, eut deux adversaires, un conservateur indépendant et un conservateur tout court.Le conservateur indépendant, qui est un Canadien | français, eut 2337 voix, et le conservateur tout court, de langue un-; glaise et candidat de M.Ferguson, eut 2830 voix.M.Proulx, pour sa pnrt.en eut 2855 soit 25 seulement de plus que le candidat conservateur.Le résultat de cette élection | est maintenant officiel.Au vrai, M.Proulx est t’élu d’une minorité, car il a 2312 voix de moins que ses! deux concurrents réunis.La façon j dont le gouvernement fédéral s esl ; comporte, depuis la formation «lu nouveau cabinet, à l’endroit des Franco-Ontariens, est à n’en pas douter un facteur dans la qunsiilé-faite de M.Proulx, qui est pour- tant un excellent député, un homme honorable, et personnellement très bien vu de tous les électeurs de Prescott.Pour peu que le cabinet persiste dans son attitude singulière envers les Franco-Ontariens, il parviendra à se les tourner complètement A dos.Ce ne doit pas être le résultat qu’il cherche, -mais il est en voie d’v atteindre.Noël tragique Plus de vingl-quatrc personnes se sont empoisonnées à New-York el sont mortes d’avoir bu du mauvais alcool, le jour de Noël.Washington a beau faire annoncer que 99 pour cent des alcools confisqués par sa police et analysés dans ses laboratoires sont dangereux, on continue d’en boire.Il est évident que l’établissement de la prohibition chez nos voisins fait l’affaire des contrebandiers et des distillateurs illicites, si cela ne fait pas l’affaire du public en général, à en juger par le grand nombre des infractions à cette loi, en train de disparaître chez nous.En progrès Nous signalions l'autre soir les progrès de la Banque Canadienne Nationale pendant son dernier exercice annuel.Les chiffres préliminaires que Ja Banque Provinciale du Canada rend publics aujourd’hui pour son dernier exercice sont aussi rassurants.La Banque Provinciale a un actif global de 48 millions, soit 3 millions et demi de plus, approximativement, que l’an dernier; elle a un actif liquide de 27 millions, et ses profits des derniers douze mois sont de $454,000 contre $407,000 pour l’exercice précédent.Elle a aussi un capital payé et des réserves accumulées de $5,776,000, soit un million de plus que l’an dernier à pareille date.lyes résultats obtenus par les deux banques canadiennes-françaises au cours de leur dernier exercice sont donc des plus satisfaisants.L’épargne et les capitaux canadiens-fran-çais y affluent dans une mesure de plus en plus grande et les mettent toutes deux en meilleure posture, les rendant plus que jamais capables d’aider au développement de nos imiustries et de notre commerce.En fortifiant notre armature économique, nous assurons notre avance «fans tout le champ des affaires.En troisième terme?M.Coolidge sero-t-ü candidat à un troisième terme, aux prochaines èle-ctioms' présidentielles américaines?On se le demande de toutes parts, chez nos voisins; et les plus expérimentés des observateurs politiques assurent que M.Coolidge voudra rester à la Maison Blanche.U faut savoir s’il «T-us.s ira d’abord à se faire choisir «le nouveau candidat républicain, et ensuite, s’il est choisi, si les électeurs voudront le réélire.Cela n’est pas du tout clair.Il est vrai qu’il a été heureux treize fois, sur les quatorze qu’il a posé sa candidature à un poste quelconque: mais quelqu’un fait remarquer qu’il a été servi par les circonstances et qu’en réalité il n’a jamais chaudement disputé le succès A personne.Ce n’est pas.dit-on, un combatif, c’est plutôt un finaud.— ce que les Américains appellent un "fixer”.Il use de toute la diplomatie pratique possible, cherchant à faire plaisir ou plus grand nombre de gens qu’il peut.Il compte, pour arriver où il veut, sur le fait que la majorité de la presse américaine lui a fait une popularité de surface, chez les él
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