Le devoir, 10 mars 1927, jeudi 10 mars 1927
Volume XVm.- No 57.Abonnements par la poste: Edition quotidienne CANADA.|6.M n>ta(«-Unfa et Empire Britannique .ft.lW UNION POSTALE.1000 Edition hebdomadaire CANADA.•.2.00 ETATS-UNIS ET UNION POSTALE 3.00 LE DEVOIR Montréal, jeudi 10 mars 1927.TROIS SOUS LE NUMERO* Rédaction et administration: 336-340 NOTRE-DAME EST MONTREAL TELEPHONE Main 74flA Directeur: HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS! Service de nnlt: Rédaction, Main 5121 Administration, Main 5153 L’affaire de là Montreal Water and Power Plus l'obscurité s'approfondit et plus l’aurore est proche — Nous aurons tôt ou tard la lumière complète — Farceurs # Notre conseil a sauté une fois dans l’affaire de la Montreal Water and Powerses yeux fermés.Grâce à MM.Morgan et ^athewson, qui leur ont tendu la perche de l’arbitrage, tous les eehevins qui filaient à la dérive en sont sortis.N’est-il pas juste qu’on s’attende à ce que ces échevins examinent l’affaire attentivement avant d’y plonger à nouveau demain?Si l’expérience ne leur a pas profité, ils se noieront.On ne voit pas qui pourra les repêcher cette fois, s’ils suivent le conseil de M.le maire quf, lui, a une soif et une fièvre terribles et veut impatiemment se baigner dans cette onde impure.Les corps public» prennent l’attitude convenable.Il faut une expertise financière.11 faut une expertise technique sur le matériel de la compagnie.Ces deux expertises doivent être faites par des compétenoes absolument indépendantes de l'hotel de ville.Pour que cette garantie de compétence indépendante soit remplie, il faut qu’ils soient désignés par les corps publics.11 est incontestable, à l’heure présente, que nous ne sommes pas renseignés sur la valeur réelle du matériel de la compagnie, voire sur les divers item qui constituent l’actif que nous achetons et celui que nous n’uehetons pas.Nous ne savons ni ce que nous achetons, ni ce que vaut ce que nous achetons.Kt les conseillers, comme les oies du Capitole 'à la veille d’une agression, crient, effrayés: “Il ne faut pas manquer cela! Il ne faut pas manquer cela!" Mais qu’cst-ce que cela! Aucun de ces messieurs ne voudrait pour son compte personnel acheter le moindre fonds de commerce pour $1,400 sans avoir fait un inventaire complet, sans être renseigné jusque dans les moindre détails sur la valeur de l’assortiment, sur l’état des fixtures, sur la durée du bail, etc.Et il s'agit cette fois d’une affaire de $14,000,000! Il s’agit cette fois de l’opération commerciale la plus considérable qui ait jamais été faite par un conseil quelconque depuis que la ville exisle! La compagnie joue au bluff.Elle craint ]a lumière comme les gens aux projets ténébreux.Dès lors qu’il est question de voir au fond de sa transaction, elle bat en retraite et elle tente de faire chanter les échevins.“Nous vous donnons bien quinze jours encore pour éviter tout malentendu, mais nous vous prévenons que nous préférons garder notre propriété.” La ligne de conduite du conseil est très claire.D’abord, s’il n'a aucun respect pour lui-même, il ne doit pas oublier qu’il représente les citoyens de Montréal et qu’il ne devrait pas se laisser bousculer par une compagnie qui sollicite des faveurs.H ne faut pas laisser renverser les roles.Elle joue au bluff, au vrai; et les échevins sont bien naïfs ou bien liés envers elle s’ils ne laissent pas voir qu’ils s’en aperçoivent.Comme disent les Anglais, il n’y a pour eux qu’une chose à faire: Call the bluff.Qu'ils la relancent.Qu'ils lui disent: “Il nous faut trois mois au moins, le temps de faire faire une expertise sérieuse par des gens sérieux.Si cela ne vous convient pas, comme vous manifestez vous-même le désir de garder votre attirail, gprdez-le.” F’ersonne n’est contre le principe de Rachat la Montreal Water and Power, mais personne ne veut non plus que la ville se fasse piller.Que l’expertise soit faite.Si elle révèle que la valeur de la compagnie est de douze ou treize millions, ou moins, il n’y aura qu’à aller à Québec pour obtenir le droit de l’exproprier à ce prix.Sans cela, elle gardera son antique système d aqueduc.Il n’en coûtera pas $14,000,000 pour le suppléer.Et l'arbitrage, auquel nous avons droit, selon le rapport Laurendeau, rétablira en attendant l’égalité entre tous les contribuables.M.Martin et M.Brodeur versent des larmes de crocodile farceur sur les belles affaires que nous avons ratées dans le passé, sur la M.L.H.& P.que nous eussions pu avoir pour quelques millions de dollars, disent-ils.Ils opposent l’oeuvre néfaste des agitateurs de l'opinion à l’oeuvre bienfaisante des agitateurs de l'anse du panier.Est-ce que ]a ville n'a pas le droit de développer des forces hydrauliques de par sa charte?M.Brodeur le sait et M.Martin le sait aussi.Doit-on voir dans leurs regrets poindre une intention: l'intention de lancer une offensive contre la Montreal Light, Heat and Power! Pourquoi alors laissent-ils tomber de l’actif de la Montreal Water and Power Comjmmj, au moment où nous l’achetons, un pouvoir hydraulique précieux et qui vaut, disent certains après une entrevue avec M.Brodeur, des centaines de milliers de dollars?M.Mercure, échrvin de de Lorimier.n'est pas de cet avis cependant.11 estime ce lopin de terre à $25.000.Mais nous savons assez que tout ce que nous achetons vaut plus que l’esti-mutioh des livres de la compagnie elle-même, en fait.M.Mer-' cure ne eroit-il pas que ce lopin de terre (drôle de façon de désigner un pouvoir hydraulique!), si nous rachetions, a jouterait un bon petit million au total des quatorze qu’il est si empressé de payer?Nous le saurons un jour comme nous saurons beaucoup d’au-Ires choses; car nous voulons la lumière comme tous les citoyens honnêtes et nous l’aurons, tôt ou tard.11 y a encore bien des étapes avant la conclusion de ce marché funambulesque.Ne dit-on pas que l’intervention du procureur général sera nécessaire, voire celle du parlement?- • Attendons.C’est maintenant la nuit complète, mais plus la nuit s'approfondit et plus aussi l’aurore approche.Louis DUPIRE L'affaire du Lac Saint-Jean La constitution canadienne M.Mercier expose la versionjM.Bourassa expose des vues sur du gouvernement I la revision de notre constitution lin discours de trois heures suivi d’un débat sur les résolutions — Le choix des arbitres - Ce qu’ont fait les compagnies — L’attitude des gens dont on a noyé les terres — MM.Sauvé, Saint-Jacques et Duranleau sur la brèch e — M.Taschereau et la presse oppositionniste (.Par Emile Benoist) Québec, 10.— La Chambre ne s’est ajournée que ce matin, un peu après minuit et demi.Depuis 4 heures 30 hier après-midi, à part le répit du souper, elle entendait parler du Lac Saint-Jean.> D’abord un discours de trois heures du ministre des terres et forêts, M.Honoré Mercier, puis un débat à n’en plus finir sur les résolutions afférant au bill du gouvernement pour la création de sa commission d’arbitrage.Ce débat a menacé souvent de dégénérer en chicane de hustings, en tait, c’est ce qui s’est produit une fois.Et l’on a entendu un député, le Dr Lemieux, (Wolfe), comparer les oppositionnistes h des “taureaux hurlants”.Cette trouvaille mérite d’être ajoutée aux bateaux piétinant de M.Té-treau, aux cadavres exubérants de M.Hamel et aux moutons libres et fiers de M.Fortier.Le gouvernement a parlé d’obstruction, l’opposition s’est vigoureusement défendue de vouloir en faire.Ce qui n’a pas empêché que de 11 heures jusqu’à passé minuit et demi, les deux partis ayant pris position, ni l’un ni l’autre n’a voulu en démordre.M.Sauvé ne voulait pas voter la première des résolutions prévoyant la nomination de trois ou cinq arbitres selon que le lieutenant-gouverneur en conseil le jugera à propos, M.Taschereau tenait au vote.Le premier ministre a fini par l’emporter après avoir solennellement engagé sa parole que si, à la reprise du débat, l’opposition veut reconsidérer cette même résolution elle pourra le faire tout à son aise.En somme, c’est une étrange victoire que celle de M.Taschereau, il fait voter une résolution mais Si l’opposition y tient, ça sera exactement comme si la résolution n’était pas adoptée.Le premier ministre a expliqué que la presse opposition-mste avait prétendu faussement qu’il dit, ces jours derniers, que le gouvernement avait reculé devant l'opposition.Il ne faut pas que de telles faussetés se répandent dans le public.(Surtout quand “de telles faussetés” sont vraies).Mais il s’est dit tant de choses au cours de ce débat, qu’il serait im- possible de vouloir, dans une lettre écrite forcément à la vapeur, en présenter une synthèse acceptable.Il vaut mieux recourir au procès-verbal, quitte à risquer, l’occasion s’offrant, quelques notes marginales.M.Mercier a prononcé un bon et long discours, que nous résumons.Le chef de l’opposition a remarqué que c’était un discours-dossier.C’est assez juste.Discours-dossier ou plutôt discours-factum.Dans le factum qu’il soumet au tribunal, un avocat ne met pas précisément toutes les pièces qui se trouvent au dossier qu’il garde par-dc-vers lui.M.Mercier a donné l’impression de prononcer une habite plaidoirie, un peu beaucoup, celte de la compagnie Duke-Price-Alnmi-nium, etc.Cette dernière partie on se l’explique moins bien.Dans tout cela, pas un mot de blâme à l’endroit de la compagnie.M.Mercier n’a même pas répété le mot du premier miniatre au sujet de l’illégalité commise par la compagnie.Bien plus, il met cette illégalité en doute; “si la compagnie a commis des inégalités”, M.Mercier n’a pas été plus loin.Non plus, pas un mot de sympathie pour les inondés.Le gouvernement veut mettre à leur disposition, sans toucher à leur recours en vertu de la loi commune, une commission d’arbitrage.En profitera qui voudra.Le cas Fortin Le cas Fortin a été examiné de près par le ministre.Patrick Fortin, dit-il, n’a pas été pris au piège.Il savait qu’une clause restrictive était ajoutée à ses lettres patentes de 1923.Il les a acceptées quand même.D’après le ministre une correspondance établit clairement que Fortin a accepté ses lettres patentes en pleine connaissance de cause.Il aurait subséquemment revendu une partie de son île en .ajoutant la même clause restrictive au contrat qu’il passait avec son acheteur.Le ministre ne croit pas que Fortin ait jamais payé 817,000.00 pour son île.Il ne le croira pas tant que la preuve ne lui en aura pas été fourme.M.Mercier avait parlé sur la motion, inscrite à son nom, pour que (Suite à la page 2) Les provinces et le pacte fédéral — Le sénat et les partis — L’Ouest et l’Acte de l’Amérique Britannique — Le gouvernement central et les droits provinciaux — L’esprit colonial et la préparation à l’avenir — Les risques à prendre — L’Angleterre et les minorités — Un comité parlementaire qui serait utile Billet du soir S3 ‘‘What’s in a naine! I.e nom a-l-it twr influence sur le caractère rie l'individu qu'il identifie?L'individu est-il obligé, fatalement.de vivre son nom?Problème angoissant qui demande une solution et gui, s'il était résolu dans t affirmative, pourrait expliquer bien de* choses et, par sa connais-tance, empêcher tes électeurs, ang /ours de scrutin, de commettre d'irréparables bévues.Vous inclinons à penser que le nom.c'est l'homme et nous vous ' tnissons luges.Il g a trois noms que nous entendons tous 1rs fours: Pro-denr.Taschereau.Perron.Voyons un peu si tes personnages qui tes portent ne seraient pas un exempte frappant dr l'obligation pres- que fataliste de vivre son nom.Et, d'abord, Brodeur.C'est le brodeur municipal.Il brode des chiffres sur toutes sortes de choses et le nombre des zéros ne lui fall pas peur: Les 814,000,000 brodés dans la trame de la trouble affaire de la Montreal Water and Power.Il carde les échevins, les file comme du coton pour les faire passer par le chas de la navette du comité exécutif.Le conseil municipal est le métier de bois lisse sur lequel il travail en virtuose.Ce métier mobile.il l'agrandit ou le rapetisse à volonté suivant la surface de la pièce à broder.Taschereau.Dans le nom du premier ministre, il g a cher et eau.C’est le nom du dictateur du régime qui est sous le signe de l'eau.L'eau est son élément, peut-être sa substance.S'est-tl pas flntdtqne?Dans sa sollicitude pour ses admi- nistrés qu’il voudrait voir aimer l’eau autant que lui, il la voit détailler, distillée, très cher, sous l’étiquette: “Scotch de la Commission”.Il nage dans les pouvoirs hydrauliques.Certaines régions plus reculées de la province sont l’objet de sa particulière, bienveillance.U les laisse mettre sous l’eau.Même les Etats-Unis-Unis profitent de ses largesses.Il leur vendrait, s’ils voulaient, toutes hos eaux provinciales.Perron: Le siècle du riment a succédé aux âges de pierre.Les beaux perrons en pierre sculptée sont passés de mode.Il n’y a plus que des perrons en cirpcnt bordant des routes d'amièsite.M.Perron suit son siècle qui est entreprenant.U est le Perron ou la porte d'entrée de toute entreprise qui sc respecte, on se fait souvent illusion.On pourrait inscrire au frontispice de chacune d’elles: “Vous qui entrez ici (quittez toute espérance si vous te voulez, mais qnol qu'il en soif) passez par le Perron"."What’s in n name?” .7.4 NO* Bloc-notes La menace M.Ferguson ne parait pas encore avoir pris de décision sur la ques-tlno scolaire, mais les Qrangistes veillent — et menacent.Hier, à Guelph, un pasteur protestant du Sautt-Snintc-Marie, le Révérend W.-L.-L.Lawrence, grand 'maître sortant de charge de la grande loge orangiste de l’Ontario occidental (Loyal Orange Lodge of Ontario déclarait: “Depuis plus d’un an, une commission gouvernementale a étudié ces questions [celles de renseignement bilingue] dans et pour lu province.d’Ontario.D’apres certaines rumeurs, des concessions seraient faites au sujet du Règlement XVII.Le temps-seul dira si la rumeur a quelque, fondement réel.Mais ce que nous désirons dire est ceci: La Ixivai Orange Association appuie en bloc (is a unit) le Règlement XVII et ne se soumettra point de façon passive A des changements ou d des concessions de fond.Cette province est une province dr langue anglaise (This Is an English-speaking province).Qu'on emploie stiffisaunment de la langue maternelle
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