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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
lundi 9 décembre 1940
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 1940-12-09, Collections de BAnQ.

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Montréal, lundi 9 décembre 1940 REDACTION ET ADMINISTRATION 430 EST.NOTRE-DAME MONTREAL TOUS LES SERVICES TELEPHONE: BEIiir 336l* SOIRS.DIMANCHES ET FETES Adminiïtrition : BEIalr 3366 Rédaction : BEIair 2984 Gérant : BEIair 2239 DEVOIR Directcur-cérant : George* PELLETIER FAIS CE QUE DOIS Rédacteur en chai ; Omar HEROUX VOLUME XXXI - No 28fl TROIS SOUS LE NUMERO JUONNEMENTS PAR LA POSTE EDITION QUOTIDIENNE CANADA 56.00 (Sauf Montréal at la banlieue) E.-Unlj et Empire britannique 8 00 UNION POSTALE 10.00 EDITION HEBDOMADAIRE CANADA 2.00 E.-UNIS al UNION POSTALE 3.00 Les Grecs occupent le cinquième du territoire albanais Ils ne se laisseront pas faire S.S.Pie XII accueille avec cordialité l’ambassadeur de France {Lire en page 3) Les Canadiens français du nord-ouest de la province réclament du français à la radio et sont bien décidés à l'obtenir - Si la situation était renversée, traiterait-on de cette façon un auditoire aux trois quarts de langue anglaise?- Une exigence de M.Gladstone Murray Les Canadiens français du nord-ouest de la province de Québec et de la région adjacente de l'Ontario n’entendent pas, comme l’on dit, se laisser faire.Ils sont là 150,000 qui ne peuvent avoir, par la voie des airs, que des bribes de français, dont le poste local CK.RN, qui dessert une population aux quatre cinquièmes de langue française, est relié au poste de Toronto.D’où il résulte des choses fantastiques.Ainsi, le discours de M.Godbout, irradié à travers l’univers, n'a été, quant à sa partie française, connu que deux jours plus tard, et grâce à une émission spéciale, par ces Canadiens français.Ceux-ci ne voient pas comment ils pourront recevoir les causeries françaises de M.Rochette, qui les intéressent à un si haut degré.Sauf pour les quelques bribes dont nous parlons plus haut, ces 150,000 Canadiens français ne peuvent, en fait de français, capter que les communications par ondes courtes de la radio anglaise.ou de l’allemande.Et voilà pourquoi ils demandent que le poste CKRN »oit relié au poste français de Montréal.¥ Ÿ * Voici trois ans que les Canadiens français de la région s’élèvent contre ce régime.Us en ont décidément assez.Le fait qu’il a fallu sept années pour obtenir dans l’Ouest un commencement de justice n’est pas de nature, on le comprend, à ajouter à leur patience.Ils ont donc entamé une lutte qui se poursuit grand train, et dont l’allure ira, semble-t-il, s’accentuant.Déjà, un ministre fédéral, M.Pierre-F.Casgrain, l’un des gouverneurs de Radio-Canada, M.Adrien Pouliot, leur ont donné raison.Nous avons cité une lettre fort sympathique du secrétaire de M.Lapointe, écrivant au nom de son chef.La Frontière nous apporte ce nouveau texte, signé du ministre lui-même: CABINET DU MINISTRE DE LA JUSTICE .Ottaula, le 18 novembre 1940, Cher monsieur Bureau, J'ai bien reçu votre lettre du 6 novembre au sujet du poste CKRN.J’ai lu avec soin vos représentations et je ne puis que vous assurer que j'ai déjà fait des démarches dans le sens désiré par les membres de votre Société auprès des autorités de Radio-Canada.Je communique de nouveau avec elles attirant fortement leur attention sur cette question, et croyez bien que je serai très ¦heureux sç les circonstances permettent que vous obteniez satisfaction., Recevez, cher monsieur Bureau, l’assurance de mes meilleurs sentiments.Ernest LAPOINTE On serait curieux de connaître les raisons que peut invoquer, pour justifier son attitude, Radio-Canada et de savoir ce que vaudraient ces raisons si, pat hasard, la situation était renversée: on serait curieux de savoir si Radio-Canada trouverait le moyen d’imposer des textes presque exclusivement français à un auditoire aux trois quarts de langue anglaise; si on laisserait 150,000 Canadiens de langue anglaise dans l’impossibilité pratique de recevoir des nouvelles, des conférences dans leur langue.* * * Il ne s’agit pas ici — ce qui serait déjà fort important | — du sort des seuls Canadiens français du nord-ouest de la province et de la partie adjacente de l'Ontario: il s’agit I du respect des droits de notre langue à travers tout le pays, de la concorde entre les races.Ce qui blesse les 150,000 Canadiens français de cette région est ressenti, vivement ressenti, par les Canadiens français de tout le pays: il devrait l’être par tous les Canadiens, quelle que soit leur langue, qui ont le souci de l’ordre et de la justice.On a vu de quelle façon un député de la Saskatchewan, M.Tucker, avait réagi contre l’injustice perpétrée dans sa région.M.Tucker ne doit pas être le seul de son espèce.Nous nous joignons à nos compatriotes du Nord-Ouest pour réclamer justice; nous faisons appel en leur faveur à tous les hommes de bonne volonté, 9-xit-4o Orner HEROUX POURQUOI CELA?—- Nous détachons du compte rendu d’une réunion tenue par la Saint-Jean-Baptiste de Rouyn-Noranda le texte ci-joint: "Le Dr Rioux ajoute, et son témoignage est corroboré par Me Léo Bureau, qu’avant d’accorder un permis de poste émetteur i Val d’Or, le directeur général de Radio-Canada, M.Gladstone Murray, avait posé comme condition essenti'lle que ce poste ne demanderait jamais te secteur français." Pourquoi cela?—O.H.A Ottawa M.Hanson oublie les “péchés77 de M.Lapointe Le dernier discours de celui-ci "avive mon admiration", dit M.Hanson à M.Lapointe — A quoi bon la session d'automne?— A des discours et rien de plus On n'a légiféré que pour là forme et par accident L’actualité (Par Léonold RICHER) Ottawa, 9 X11-40.— La session larlementaire s’est ajournée dans a soirée de vendredi, après avoir iiégé pendant un mois.La céré-nonie de l’ajournement a été sim->le et les derniers moments de la ession plutôt affligeants.Qui a été émoin de ees levées de séanecs, ,ans ordre, sans décorum, sans mot l’ordre inspirateur, en a conservé in souvenir pénible, décevant, /est «lu débraillé de grand style, .es dernières heures se passent tans une attente nerveuse.Lu ninistre — vendredi soir c’était le ninistre des Finances, M.,L-L.1 sioy — répond aux questions des lénuîés.La Chambre est à moitié mie.Ron nombre de députés ont léia quitté Ottawa.D’autres vaquent i toutes sortes d’occunations, sauf i leurs devoirs parlementaires, t’ont le monde est ennuyé, fatigué, lésoûté.Ouand la dernière ques-ion reçoit une réponse plus ou noins satisfaisante, on pousse un munir de soulagement, on lève la séance, oft dit bonsoir à ses collè-çues.ou s’en va mécontent.Le Sénat », peut-être plus que la Hhambre îles communes, le souci d’une ecrtnine dignité.Certes, mm me à la Chambre des communes, l’assistanco est réduite, au Sénat, à sa plus siqiple expression.Les sénateurs savent bien que ce pi’ils disent n’a guère de répercussion.non plus que de conséquence.Mais ils tiennent, malgré lotit, à dire quelque chose, à soulever des points intéressants.C’est i M.Arthur Moighen que revient l’honneur d’entretenir la flamme jusqu’au dernier moment.La semaine dernière un eoltègue rencontrai! M Melshen et lui posait la question banale: "How nrr you.Senator?” —» "Never in so much obscurity”, de répondre M Mciahen ivec un sourire hermétique.Tout île même, le leader conservateur persiste à aborder de grandes questions.M.Raoul Dandurand hd donne la réplique.El.ebose remarquable.e’esl lorsque M.Dandurand donne les réponses les moins satisfaisantes nue Al.Meiglirn arbore son sourire le nlus doux, qui veut dire, à l’adresse de son vis-à-vis: “Good old man!" Une concession o la gauche La session est finie.C’est autant de gagné.Si on nous permet-I fait de faire cette réflexion person-| nelle, nous dirions que nous n’avons | jamais goûté l’idée d’une session ! d’automne, croyant, à bon droit, 1 que c’était une concession de la part du gouvernement aux forces oppositionnistes, qui ne cessent de réclamer, à temps et à contretemps, un effort de guerre de plus en plus considérable.Le gouvernement a démontré sa faiblesse en accordant leur session d’automne aux oppositionnistes.M.Mackenzie King ne voulait pas que l’on pût dire que le ministère désirait empêcher la critique de la politique libérale.Nous suggérons au gouvernement qu’il y a une autre façon de procéder pour atteindre le même but.Que ne rend-il à la presse, en matière de politique de guerre, une certaine mesure de liberté d’expression?C’est de cette façon, de cette façon seulement, que le gouvernemnt connaîtrait les véritables sentiments de la population.Au cours de la session on a parlé beaucoup.Nous ne disons pas: on a bien parlé.On » parlé abondamment.On a fait des discours et des discours.Pour dire quoi?Le gouvernement s’est contenté, de bien prudente et imparfaite façon, d’ex-pliquer ce qu’il avait accompli depuis trois ou quatre mois.Quand il a osé s'aventurer sur le terrain de ses projets d’avenir, il a eu recours à des trucs cousus de fil blanc: équivoques, expressions vagues, déclarations de principe qui ne voulaient rien dire.On a dû sc contenter de cela.L’opposition a fait bloc pour soutenir que le gouvernement n’en faisait pas assez pour la guerre et que, ce qu’il faisait, il le faisait fort mal.Des députés ministériels, tons de langue française, ont conseillé la prudence et ils se sont prononrés eoatre la conscription.Bref, nous sommes exactement an même point qu’avant la session.Nous n’avons pas fait un lias en avant.Et nous n’en savons pas plus qu’auparnvant.C’est un remarquable résultat pour nue session d’un mois! Rien que de vagues discours Des discours?Rien que ça, Le (Suite à la dernière page) Une littérature antienfantine Des parents soucieux de donner à leurs enfants une éducation capable d’en faire plus tard des citoyens bienfaisants de la cité semblent vouloir s’unir dans un effort commun pour étudier les meilleures méthodes à prendre afin d’atteindre ce but.On a même fondé une école dite des parents.Cela est beau, cela est splendide.Quiconque connaît le prix d’une bonne education pour la gouverne individuelle.dans la vie ne pourra que se réjouir de celte intelligente conjugaison des efforts.Aidés des nmitres dans les maisons d’éducation, travaillant de concert avec eux, c’est-à-dire en prenant garde de détruire au sein du foyer les effets des exemples et des enseignements reçus au collège, à l’école et au couvent, les parents mis an courant de leurs responsabilités pourront donc accomplir un bien immense.Mais il faut, pour cela, une collaboration très étroite de part et d’autre et une connaissance.assez précise de scs devoirs d’éducateurs.Nous voudrions aujourd'hui signaler à ces éducateurs du foyer ou de l’école un danger, une plate qui est de nature à nuire, aux jeunes pour peu qu’on laisse cette influence les atteindre régulièrement, U s'agit de cette liilérature dclé-lére que Von nomme, en slang américain, les ‘‘comics", dont nombre de foyers sont envahis par le canal de certains journaux du dimanche.Depuis quelque temps nous avons regardé les illustrations et lu les textes de ces pages.Nous n’avons pas eu besoin de pousser bien avant notre élude pour nous rendre compte que ta majorité de ces feuilles, que l’on voit le plus souvent aux mains des enfants et dont certains adultes ne manquent pas de faire leurs beaux dimanches, ne valent rien et, dans certains cas, sont franchement nocives.Que voit-on, en effet, dans ces feuilles que d'aucuns croient rédigées pour l’enfance?D’abord une leçon de mauvais goût.Aux jeunes yeux qui ne devraient s'ouvrir que sur ta poésie et la beauté, l'on donne en pâture des dessins aux couleurs lourdes et grossières, des personnages grotesques, souvent même des êtres anormaux, accomplissant des actions folles cl parfois criminelles.Nous avons remarqué, entre autres choses, une série de ‘‘comics’’ dont les héros, deux enfants, deux petits monstres physiques, désobéissent systématiquement à leurs parents.Un autre nous fait voir une employée de bureau infidèle à ses employeurs.D’autres dessins sont plus bénins, quelques-uns sont peut-être inoffensifs du point de vue moral.Il reste que les meilleurs "comics” valent bien peu.Si le fond, par hasard, est irréprochable, la forme extérieure demeure vulgaire et ne peut assurer aux enfants une saine récréation.Il est bon et utile de.voiüoir faire rire les enfants.Mais personne ne nrfus fera comprendre comment certains parents, possédant eux-mêmes une bonne éducation, puissent abandonner ainsi à leurs enfants pareille liilérature déformatrice.Ceux qui sc proposent d'instruire de leurs devoirs les parents pourraient peut-être signaler à leurs grands élèves le danger des "comics” américains que l'on traduit parfois en français — et quel français! — dans certains journaux du Québec.Un nettoyage s’impose de ce côté.Si nous ne pouvons éviter que les "comics” envahissent les kiosques de journaux, nous pouvons, au moins, ne pas les introduire chez nous, ni les livrer à ceux qui, dans leur inconscience, vont en recevoir des leçons de mauvais goût en même temps que, trop souvent, des leçons d’immoralité.Laissons aux abrutis de vingt ans et plus ces lectures archünsipi-des, si cela les amuse, mais ne prétendons pas en faire des passe-temps pour l’enfancè'Çt la jeunesse.Du moins, aussi longtemps que ces pages seront fabriquées par des métèques.Nous avons grand besoin que certains journaux qui veulent intéresser leurs jeunes lecteurs apprennent que ces derniers sont en pleine formation et que, pour cette raison, ils ne doivent pas se borner à leur montrer en images révoltantes les vices de leurs aînés.9-XII-40 M.H.— tm * —- Bloc notes Le discours de M.Roy Le Canada de ce matin, dans un article d’impressionnantes dimensions, s’évertue à pourfendre un adversaire que le ministre de la Justice, M.Ernest Lapointe, est supposé avoir occis, dès l’autre jour, à la Chambre des Communes: le député conservateur de Gaspé, M.J.-S.Roy.Le confrère conclut sa longue dia tribe par des mots aimables à notre endroit.Il nous reproche d’avoir, si l’on peut dire, fait un sort (Suite à la derniere page) CE SOIR En signalant ce soir, après 7 h.30, le numéro de téléphone BE.3361* nos lecteurs pourront savoir les dernières nouvelles et les résultats de la campagne municipale à Montréal.Le carnet du grmeheux On a saisi des milliers de fausses cartes d’enregistrement national et on veut lier leur impression à l'organisation d'un candidat en particulier.L’affaire ne sent-elle pas te frame-up (coup monté)?* * * C’est l'enfance de l’art de l’imprimeur d’obtenir un fac-similé, fidèle comme on l’indique, de toute matière imprimée.Or, lit-on dans ia Gaiett» de ce matin: "Le* cartes .sont facilement reconnaissables.Le caractère dan* lequel elles sont imprimée* est différent de celui employé pour ia carte oHieielle, et le “s" final dans “National Registration Regulations” a été omis.Il y a aussi des erreurs typographiques dans la version française.” * * * Le chat, comme on dit, sort du sac.Reste à savoir de quel sac.* * * M.Raynault n’a pas joué de chance en ces derniers jours.Toute la province sait qu’il a pris part à la dernière élection de l'Assomption en faveur du candidat Duplessis.Or un journal disait samedi qu'il s’est séparé de M.Duplessis sur la question de ta participation des Canadiens français la guerre dans l'élection de 1939.* * ?La fable de l'our* et do l'amateur des jardins est enseignée aux enfants.Ce sont les adultes qui devraient l'apprendre.d.* * * Tristan, de la Tribune de Sherbrooke, écrit ceci: "Il y a un mois, le soussigné écrivait ici, en parlant des Italiens: “ils courent, Ils courent à perdre.Hellène’’, * ¥ + "Au Devoir, le Grincheux écrivait, avant-hier: "Les Italiens courent à perdre.Hellènes”.“Télépathie à retardement, .- " * * * Le Pape exprime à M.Léon Bérard la sympathie du Saint-Siège à la nation tant éprouvée - Vichy rétablit l'enseignement religieux dans l'école française Bergson sort du Collège de France — L'Italie aux prises avec toutes sortes de contretemps - Londres violemment bombardé - * Franco prêt à foire des promesses à Washington M.KING REÇOIT DES EXCUSES AU SUJET DU NICKEL CANADiEN AU JAPON Remaniements sérieux de l'armée italienne, depuis quelques jours, à la suite de ses échecs au cours de ia campagne italo-grecque; nouveau bombardement à fond de Londres, d'une part, et de Dusseldorf, de l'autre; accueil, par le Vatican, du nouveau ministre de la France auprès du Souverain Pontife, M.Léon Bérard, homme politique et humaniste français bien connu; négociations de l'Espagne avec les Etats-Unis; suspension temporaire de lo session fédérale, au Canada, avec l'entente que, sauf imprévu, elle ne se continuera pas avant la mi-février 1941 : telles sont les principales i nouvelles des dernières vingt-quatre heures, qui ont ! trait à la guerre, de près ou de loin.L'ITALIE DANS DES EMBARRAS Des journaux, sur la foi de dépêches étrangères, parlent de révoltes, de soulèvements en Italie, où le régime fasciste, d'après ces informations, serait en équilibre fort instable.Il n'y a pas de doute que les événements de ces semaines-ci, surtout du côté de la Grèce et de l'Albanie, ne sont pas des plus rassurants pour le régime mussoliniste.Il traverse une mauvaise passée.D'autant que les coups de Tarente et de Sardaigne, où sa marine de guerre a eu affaire à la marine de guerre anglaise, et le fait que les armées italiennes en Egypte sont à vrai dire enlisées dans les sables du désert libyen, créent des ennuis des plus sérieux à Mussolini, dans tout le bassin méditerranéen.Sa campagne ne va pas comme il le pensait.De quoi cela dépend-il?Du manque de ressources et de réserves économiques de l'Italie?Du manque de détermination de ses soldats à la guerre?De l'indifférence de la population italienne, plus ou moins désireuse de figurer activement dans le conflit?De l'impréparation partielle de l'armée et de la marine italiennes?Un peu de tout cela; et aussi de bien d'autres choses.Il serait néanmoins prématuré de se figurer l'Italie acculée dès ces semaines-ci à la révolution, et Mussolini tôt jeté à bas.Le peuple italien sait plus ou moins ce qui se passe, — tout comme un grand nombre de gens des nations belligérantes, ces temps-ci, à cause de l'orchestration à fond de la presse, surtout en Etats totalitaires, et de l'information incomplète des agences et des journaux aux pays où il existe une censure rigoureuse.On ferait mal de s'imaginer que tout cela signifie la fin, à brève échéance, de la participation italienne à la guerre.Cela pourrait prendre des mois et des mois, à supposer que Mussolini ne pût opérer le rétablissement qu'il cherche à exécuter ces jours-ci.On sait en effet que le maréchal Badoglio, chef suprême de l'état-major italien, vient de démissionner, — formule polie pour dire qu'il o été tenu responsable des échecs d'une politique militaire imaginée par Rome même; que le général-comte de Vecchi di vol Cismon, commandant aux îles du Dodécanèse, près de la Turquie d'Asie, a été rappelé et remplacé; que l'amiral Domeneco Cavagnari, sous-secrétaire de la Marine de guerre à Rome et suppléant de Mussolini, qui est titulaire nominal de ce portefeuille, vient de se retirer, il reste à changer fa direction de l'aviation militaire italienne.Après quoi peut-être, croit Mussolini, le prestige italien se rétablira.C'est à voir.Plusieurs généraux subalternes ont perdu leur commandement ou ont dû permuter, — tout comme, après la bataille des Flandres et la retraite de Dunkerque, des chefs militaires anglais ont reçu d'autres postes, moins en vedette que ceux qu'ils avaient jusque là occupés sur le continent.Cela ne signifie pas qu'ils n'étaient pas du tout compétents.Cela peut vouloir dire que les chefs de la notion ont recherché des hommes nouveaux, pour tenter de s'adapter à des situations nouvelles et en tirer le meilleur parti possible dons des circonstances exceptionnelles.C'est l'ère du remplacement des militaires et des marins un tant soit peu âgés par des hommes plus jeunes, moins exposés à suivre des routines et des méthodes de l'autre grande guerre, et plus audacieux.Quant à voir la révolution bouillonner dons les grandes villes italiennes, cela n'arrivera pas vraiment d'ici des mois, si cela sc fait.Il reste lo possibilité, si les échecs italiens se suivent d'autres échecs, que l'Allemagne intervienne militairement, en Italie, comme elle le fit en Autriche, pendant fa dernière grande guerre.Mois comment l'Italien prendrait-il cela, lui qui n'aime guère l'Allemand?Et ne tenterait-il pas alors de se débarrasser du régime, de sortir de l'Axe, en bouleversant les calculs de Hitler établis avec Mus solini?Autant de points d'interrogation auxquels seuls les mois prochains apporteront une réponse sans équivoque.En tout cas, de ce temps-ci l'Italie embarrasse le Reich plus qu'elle ne l'aide.DU VATICAN A VICHY Alors qu'on entend parler, —- ce sont des rumeurs de Berne, — de la possibilité d'un remaniement ministériel à Vichy, où l'on voudrait remplacer tels et tels ministres par les anciens députés Déat et Flandin, celui-ci bien connu au Canada, où il vint aux fêtes de Jacques Cartier en 1934, représenter la France à Gaspé et à Québec, le Souverain Pontife, Pie XII, vient de recevoir au Vatican les lettres de créance de M Léon Bérard, nouveau ministre de l'Etat français auprès du Saint-Siège.Le comte Wladimir d'Ormesson, nommé auprès du Vatican aux derniers temps de ia llle République, aura pour successeur un humaniste connu dans tous les pays de culture latine.Après avoir présenté ses lettres de créance "avec émotion et tristesse", dit la dépêche du Vatican, M.Bérard entendit le Pape l'accueillir "avec sympathie, encouragement et compréhension" des difficultés de lo France, et lui témoigner sa satisfaction d'apprendre que la France s'oriente vers des jours meilleurs et plus prospères.Après une allusion aux valeurs spirituelles de la France, dont, lui, le Souverain Pontife, vit tout l'éclat, lorsqu'il se rendit comme légat du Pape Pie XI, à Lourdes, alors qu'il était cardinal Secrétaire d'Etat Pacelli, le Souverain Pontife a ajouté: "Aujourd'hui, la France est toute voilée de chagrin, frappée par une épreuve qu'elle a rarement rencontrée dans toute l'histoire tourmentée de la nation française".Il a exprimé l'espoir que tous ceux qui ont "la mission de dominer le présent et d'orienter l'avenir matériel et spirituel du pays y développeront dans l'ordre et la concorde les richesses d'énergie et de sentiment accumulées au fond de l'àme de ses citoyens".De tout coeur, a dit le Pape, Il souhaite à la France de trouver au milieu de son épreuve présente lo vigueur morale de la supporter comme il le faut.Après cette audience, le Souverain Pontife s'est longuement entretenu avec M.Léon Bérard dans ses appartements particuliers.Une dépêche signale que le philosophe français d'origine israélite, Henri Bergson, vient de démissionner du Collège de Fronce, par protestation contre la législation antisémite du ministère Pétain.Celui-ci lui avait offert de le maintenir dans sa chaire d'enseignement, vus les services d'ordre scientifique et littéraire qu'il y a déjà rendus à son pays.Deux outres informations de Vichy, rendues publiques iî y a quelques heures, annoncent d'abord la réorganisation de tout le régime agricole français sous le système corporatiste, d'après décret signé par le maréchal Pétain samedi dernier.Il y aura organisation des corporations agricoles régionales et prohibition de grèves et de lockouts; il y aura aussi des conseils locaux et régionaux qui établiront des règlements et fixeront certains prix, tant dans la production que dans l'ordre de la consommation; des Chambres régionales d'agriculture intensifieront la production agraire; il y aura liquidation des groupements ou cartels montés aux fin de contrecarrer les progrès du régime agraire corporatiste et prohibition des organismes agricoles faisant double emploi, etc.Ceci est extrêmement important, — Jacques Chevalier, grand maître de l'enseignement français, vient de déclarer que "l'école sans Dieu a fait son temps en Fronce"; que la religion va reprendre sa place dons le régime scolaire français, où l'enseignement en fut aboli il y a des années.Un nouveau décret du ministère Pétain statue que les écoles enseigneront "les devoirs envers nous-mêmes et notre prochain, — envers la famille et le pays, — et envers Dieu".Le nom de Dieu figure en toutes lettres dans le décret.Cela ne s'était pas vu de longtemps, sous la llle République.Il n'y a pas de doute que des informations plus précises viendront, à ce sujet, d'ici peu.On se rappelle que l'enseignement religieux est prohibé en Allemagne.Ceux qui représentent Pétain comme menant en France le jeu de l'Allemagne auront quelque difficulté à expliquer comment il se fait que le maréchal rétablit I enseignement religieux en France inoccupée.ETATS-UNIS ET CANADA A l'Espagne franquiste qui a demandé un crédit de $100 millions à Washington, pour alimenter le peuple, les Etats-Unis répondent en autorisant la Croix Rouge américaine à dépenser quelques millions pour fournir des vivres à l'Espagne, sous la surveillance même de cette institution.Si la tentative va bien et sans intervention de I Etat, Washington avisera quant au prêt de $100 millions.Franco promet de se tenir à l'écart de la guerre et de gouverner son pays hors de toute combinaison belliqueuse.Au Canada, le Dr McClure, de la Croix Rouge internationale, qui avoit personnellement ortirme que le Canada vend du nickel au 'opon,__M.King lui avait donné un démenti formel, — vient de «.excuser auprès de M.King et de dire que lui, le Dr McClure, a ete mal informé.-GP 9-xir-« Télépathie i retardement .Que nenni! le Grincheux a tout simplement attendu, pour publier cette grinche, de manquer de verve, car elle était trop facile.Tristan s’est trouvé i court avant lui.¥ * * Une bombe allemande a atteint l’observatoire de Greenwich.L'heure qu'il est pourrait s'en trouver bouleversée par accident.Elle l'est déjà sciemment.Les gens qui se rendent au bureau pour 8 hrs 30 voient lever le soleil au-dessus du fleuve, spectacle aussi inédit pour eux que le soleil de minuit.?¥ ¥ Aujourd’hui il faut absolument voter pour trois candidats-conseillers.Ou I» vote est nul.Sans doute entraînée par cet élan, la Presse de samedi — et la Patrie de dimanche aussi — recommen-dait trois candidats à la mairie.¥ ¥ ¥ Le Grincheux a entendu dans le tramway une conversation pessimiste qui peut se résumer dans le dilemme électoral suivant: “Tels cendidats à la mairie n'ont la-mais exercé de fonctions à l’hôtel de ville.Qu'est-ce qu’ils connaissent dans les affames municipales?_— Rien.* * * — Les autres candidats ont déià été i l'hôtel de ville.Mats tous ceux qui sont passés par l’hôtel de ville, au'ett-ce qu'ils ont fait?— Rien.* * * Providence, R.l.5 (BUP) — Arthur Hampson, de Pawtucket, qui agit comme Père Noël dans un grand magasin à rayons de Providence, a raconté à la police aujourd'hui qu’un enfant à qui L tendait une oreille paternelle lui a volé sa montre.¥ ¥ ¥ Voleur?Non: le Père Noel est cens» donner aux petits enfants ce qu’ils désirent.Mal élevé?Oui! Celui-là s'est servi.La GHimImwi #-xn-4* LE DEVOIR, MONTREAL, LUNDI 9 DECEMBRE 194U VOLUME XXXI — No 286 Les chances d’un relèvement A propos de l'enseignement de l'anglais — Ce qu'a dit, à Maisonneuve, M.l'abbé Groulx — Ce qui s'est passé à la Commission scolaire de Montréal On a donnt d'une récente conference faite à Maisonneuve, devan gens, très i t un groupe de jeunes par .V.t'abt'é Groulx.un raf résumé, l e confèren-qui parlait d'abondance, cependant écrit la partie i allocution au: trail tnt tnt ni de iis.rc- \ ! ^ une uirc en plus 1er is.JVntemls sans amertu-premier mi-de la pro- ces derniers remps pratique notre ens, prendre plus d’angl aborder la question me.sans passion 1 e nistre et le serre taire since nous l’ont dccta! ment: ils n’entendent 1er à une tentative d des petits Canadiens f dessein est de pour la vie.N leur sincérité.D’autre part, jusqu’où nous mener certains esprits?Le public a le droit de savoir, par exemple.que tout récemment, le il août 1940, à la Commission scolaire Catholique de Montréal, l’un des commissaires a déposé un projet réclamant: lo — Lbie les écoles bilingues soient dorénavant la institutions sous la direction de !aj
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