Le devoir, 29 juillet 1942, mercredi 29 juillet 1942
"Le Canada eat une nation aouve> raine et ne peut avec docilité accepter de lu Grande-Bretagne, ou des Etats* Unis, ou de qui que ce soit d’autre l’attitude qu’il lui faut prendre envers le monde.Le premier devoir de loyalisme d’un Canadien n’est pas envers le Commonwealth britannique des nations, mais envers le Canada et son roi, et ceux qui contestent ceci rendent, à mon avis, un mauvais service au Commonwealth.” (12-Z-37) Lord TWEEDSMUIR LE DEVOIR Montréal, mercredi 29 juillet 1942 1 RIDACTION IT ADMINISTRATION^ 430 EST, NOTRE-DAME Ifr MONTREAL TOUS LES SERVICES TELEPHONE i BEIair 3361P SOIRS, DIMANCHES ET FITES Directeur t Georges PELLETIER FAIS CE QUE DOIS RMectee chef i Orner HEROUX Administration t Rédaction I Gérant t BEIair 3361 BEIair 2984 BEIair 3361 Les Russes ralentissent l’avance allemande au sud du Don Situation tragique—Necessaire enquête Nouveau bombardement massif contre Hambourg Sur un article du "Toronto Daily Star"-"Ce n'est pas seulement l'industrie, ce sont les générations futures qui paieront le prix de toute négligence en ce qui concerne les travailleuses" Situation tragique.La formule paraît haute en couleur.Paraîtra-t-elle excessive à qui lira simplement cet extrait d un article du Toronto Daily Star, numéro du 25 juillet: Un grand nombre de femmes travaillent maintenant dans les industries lourdes, accomplissant des besognes auxquelles elles ne sont pas habituées, soulevant des poids lourds et respirant des émanations chimiques délétères.A moins que l'on ne prenne des mesures de protection, l'effet de ces conditions de travail sera dommageable pour les femmes non seulement aujourd’hui mais spécialement dans l’avenir quand le temps viendra pour elles d'accomplir la fonction de la maternité.Le Dr C.-F.Blackler, chef du service fédéral de l’hygiène industrielle, a fait observer que le plomb dont on se sert dans les peintures industrielles et dans la soudure peut troubler la santé des mères expectantes.Les femmes sont plus sujettes aux dangers de l'empoisonnement industriel.Le fait de soulever constamment des poids, heure après heure, peut causer à une femme des troubles internes.Le moyen de parer à de tels dangers est d'instituer des périodes de repos périodiques, une surveillance médicale continue et l'éducation de la santé.Bien que des milliers de femmes travaillent aujourd’hui dans des industries de guerre et qu'on doive en appeler des milliers d’autres, la majorité des fabriques sont dépourvues des précautions hygiéniques fondamentales nécessaires aux travailleuses.Il n’existe même point encore de placards gouvernementaux spéciaux pour dite aux travailleuses comment protéger leur santé.Les statistiques démontrent que presque deux fois autant de femmes que d’hommes doivent s'absenter de l’ouvrage pour cause de maladie, que les femmes commencent a souffrir de maux de tête, de tension nerveuse, de perte d'appétit.On dit que certaines j manifestent des symptômes d'empoisonnement chimi-\ que: saignement du nez et des gencives, corrosion des \ dents, toux chronique, jaunissement de la figure et des mains.* * * Le Star constate que ce “n'est pas seulement l'industrie, mais que ce sont les générations futures qui paieront le prix de toute négligence en ce qui concerne les travailleuses’’.Abordant un autre aspect de la question, il ajoute: Une alimentation convenable est particuliérement \ importante pour la femme.Les enquêtes ont démontré qu’elles en ont besoin, non seulement pour maintenir leur santé actuelle, mais pour combattre la fatigue et les risques de Venfantement.Cependant, ainsi que l’a constaté le service fédéral de l’alimentation, la plupart des industries de guerre ne possèdent point de cantines où les femmes puissent choisir de bons repas.Une récente étude des lunches mangés pat les femmes dans les usines de guerre indique que la majorité di celles-ci mangent du pain et de la marmelade.Le Dr L.B.Pctt, chef du service fédéral de l’alimentation, déclare: “Les femmes qui travaillent dans les usines de guerre ne mangent pas assez pour se soutenir elles-mêmes et leur travail.(On voit ce que signifie l’expression anglaise que nous traduisons mot à mot: les femmes ne mangent pas assez pour suffire à leurs besoins essentiels et aux besoins supplémentaires qui résultent de la qualité de leur travail.) Elles ne mangent pas assez pour se supporter elles-mêmes, pour supporter leur besogne et un nouveau bébé.Dans la région de Montréal, onze pour cent seulement des boites de lunch apportées aux usines pat les travailleuses industrielles pouvaient être qualifiées de bonnes.” Ÿ * * .Le Star parle surtout des jeunes filles.Cela tient à l’incident qui a provoqué son article: l’attribution d’un prix de beauté à une jeune travailleuse qualifiée de Miss War Worker.Il a voulu rappeler que Miss War Worker évoquait à la fois l’effort de guerre actuel et la mère future.Et c'est à ce double titre qu'il a demandé qu’on la protège.Mais tout ce que le Star dit de la jeune fille ne peut-il se répéter, en y ajoutant, de la femme mariée, de la mère de famille?Tous les dangers que court la première sont pareillement ceux de la deuxième.Et il faut compter avec les répercussions du travail de l'épouse et de la mère sur la vie familiale.Il faut y ajouter, pour l’une et pour l'autre, les périls qui résultent des conditions de travail, particulièrement la nuit.Ce n'est pas pour rien que les évêques, toujours soucieux de ne pas se mêler sans cause aux querelles publiques.de ne point forcer inutilement les termes, ont cru devoir dire dans leur lettre collective l'inquiétude “que leur inspirent les mesures destinées à attirer les femmes, et les mères surtout, hors du foyer, pour les appliquer à un travail d’usine ou à d'autres occupations peu séantes à leur sexe’’.On ne peut ouvrir un journal sans y trouver, et venant des milieux les plus divers, l’écho de pareils soucis.L’augmentation du nombre des jeunes délinquants, due dans une large mesure à la désorganisation des foyers, effraie aujourd’hui tout le inonde.?¥ 4F Il ne peut être question de supprimer le travail féminin à Lusine.Pour désirable que cela puisse paraître, ce n'est pas possible.Mais on peut limiter ce travail, on peut le soumettre à des conditions qui en réduisent le danger.Et c’est à quoi il importe tout de suite d'aviser.Il y a là des réformes dont la nécessité est évidente et s'impose.Pour le r*ue.l’article du Star apporte à ceux qui réclament sur toute cette question une enquête approfondie un formidable appoint.m Qu'on aille donc jusqu’au fond du problème.Qu’on fasse entendre les médecins, les témoins de la vie ouvrière, les experts dont le Star cite les noms.Travailler à gagner la guerre, c’est la besogne du gouvernement; mais sauvegarder la santé des générations actuelles et futures, c’est aussi — et personne ne le contestera — sa besogne, son urgente et pressante besogne.Qui nous reprochera de le lui rappeler?29.vn.43 Omet HEROUX dire adieu de bon coeur à vos bas de soie jusqu’à ce que des temps meilleurs vous permettent de les exhiber de nouveau triomphalement.Lucien DESBIENS 29-VII-4J Bloc-notes La main-d’oeuvre agricole Le premier ministre de ia province, M.Adélard Godbout, a négligé depuis quelque temps lès grands discours auxquels il avait accoutumé le public et dans lesquels il n’hésite pas, ainsi que l'on sait, à aborder les problèmes les plus vastes, par exemple ceux du sort du monde et de la civilisation, ceux aussi de la participation et des modes de la participation du Canada à la guerre.Il juge sans doute que le temps chaud ne se prête^ guère à pareille pratique et peut-être aussi que dans les présentes conjonctures, le budget des milliards étant voté et l’adoption de la loi de conscription étant en très bonne voie, il suffit du Parlement d’Ottawa pour s’en occuper.Quoi qu’il en soit, de passage à Montréal, hier, M.Godbout, a simplement accordé aux journalistes une brève entrevue, au cours de laquelle il leur a fait part des inquiétudes qu’il a et qu’il entretient à propos de la main-d'œuvre agricole dans la province de Québec.Voilà qui entre de plain-pied dans les attributions de M.Godbout, qui est, en même temps que premier ministre, ministre provincial de l’Agriculture.L insuffisance de la main-d’œuvre agricole, a-t-il dit aux journalistes, devient quotidiennement plus sérieuse dans la province de (suite à la dernière page) Les Allemands auraient- averti les défenseurs de Leningrad qu'ils vont prendre la ville d’assaut —- Avertissement du maréchal de l’air Harris aux populations allemandes —Les préparatifs de défense du maréchal von Rundstedt en Europe occidentale 953,681 tonnes de cales allemandes ou italiennes détruites ou avariées en 1942 A Ottawa Le Parlement a liquidé l’affaire de Hong-Kong 1 r ~ ——».L’amendement Green défait par un vote de 134 à 30 — Les Cardinistes votent avec le gouvernement — Les derniers discours et notamment ceux de MM.j.-S.Roy et Jean-François Pouliot — Le député de Témiscouata propose M.Hepburn à la place du colonel Ralston — Le bill de la conscription au Sénat — L’avenir de M.Meighen L’actualité Bas de soie (par Léopold RICHER) Ottawa, 29-VII-42.— Le gouvernement a obtenu ce que le premier ministre, M.Mackenzie King, a appelé une marque de confiance, hier soir, lors du vote qui a marqué la fin du débat sur le rapport de la commission royale qui a fait enquête sur l’expédition canadienne de Hong-Kong.I,’amendement proposé par M, Howard Green, député conservateur de Vancouver-Sud, a été battu par 130 à 34.Au cours du débat do deux jours, le gouvernement a perdu quelques plumes de son chapeau.Le ministre de la Défense nationale, M.,1,-L.Ralston, dans son discours de la veille, avait fai, des aveux tout en défendant les officiers militaires relevant de son ministère.Des choses ont été dites pendant la discussion qui devraient rendre le gouvernement plus cir-conspec* lorsqu’il s’agira d’organiser une nouvelle expédition militaire à la demande du gouvernement britannique.Notons qu’à l’exception de certaines interventions isolées, les chefs des groupes parlementaires n’ont pas par-, ticipé au débat.MM.Mackenzie King, R-R.Hanson, John Rlackmo-rr et M.-J.Coldwell n’ont pas jugé à propos de faire des discours.Intéressant débat au Sénat Au Sénat, le débat a été plus intéressant qu’à la Chambre des communes.Les sénateurs ont continué d’étudier le hill amendant la loi île mobilisation de façon à per-, mettre eu gouvernement d’imposer la conscription pour outre-mer par ; arrêté ministériel.“Pas nécessai-i rement la conscription, mais la’ conscription si nécessaire", avait j dit M.Mackenzie King aux Commu-j nés.Le débat sur le bill, commencé lundi au Sénat, se terminera aujourd’hui.Plusieurs sénateurs de langue française, tant libéraux que conservateurs, se sont prononcés contre la mesure.Le gouvernement aurait préféré qu’il n’y eût pas de débat à la Chambre haute sur cette question.Mais les sénateurs, dont la plupart ont pris part aux luttes politiques depuis la dernière guerre, oui jugé de leur devoir de dire ce qu’ils pensent de la politique ministérielle.Cela est beaucoup mieux ainsi.En 1917, le débat sur la conscription avait été presque aussi importante au Sénat qu’à la Chambre des communes.Cette année, il en sera de même, grâce aux interventions vigoureuses de quelques hommes convaincus.M.Macdonald s'en prend à M.Drew La Chambre des communes, sans autre préambule qu’une seule phrase du premier ministre expliquant le travail de la journée, s'est remise à l’étude du rapport de la commission qui a fait enquête sur l’expédition de Hong-Kong, Plusieurs orateurs ont pris par* au débat au cours de la séance du matin: MM.G.-R.Boucher, député ronser-\ateur de C.arleton; T.L.Church, député conservateur de Toronto Broadview; Ross Macdonald, député libéral de Brantford; le lieu-| tenant-colonel J.A.Ross, députfi conservateur fie Souris, et J.-5.Roy, député de Gaspé.M.MacdtF- (suite à la dernière page) .Vos élégantes devront, de bon gré ou autrement, se résigner à renoncer à bien des choses, cuire autres aux bas de soie.Les autorités fédérales, en effet, entendent faire observer rigoureusement la restriction qui pèse sur cel article, comme le prouve la saisie, opérée ces jours derniers par la gendarmerie ’ royale du Canada, d’environ soixante-quinze paires de bas de soie transportées illégaiement lies Etats-Unis au Canada, par nn citoyen d’une petite municipalité de la banlieue.C'csl en cherchant des cigarettes de contrebande que la police fédérale a découvert le pot aux roses — il serait peut-être plus exact de dire le cocon.C'est la première confiscation du genre depuis que ia restriction sur les bas de soie opère, mais ce ne sera sans doute pas la dernière.Qu'on se le tienne pour dit.Le.sexe gracieux serait bien inspiré d'adopler dès maintenant un bas plus approprié au temps de guerre.A Londres, les bas de soie, ont disparu et personne ne s'en porte plus mal.Les connaisseurs affirment même que le galbe de la jambe féminine n'a rien penlu de ses charmes à être emprisonné dans un fourreau de guerre.Somme toute, U ne s’agit là que d’un sacrifice plulàl minime, si on le compare éi Ions les autres que la gravité de l’heure impose.Sacrifices de Imites sortes et dans tous les , domaines.Ainsi, l'homme, pour sa part, en plus de voir son budget considérablement obéré par les nouveaux impôts el par le emit de la vie qui va sans cesse augmentant, devra bientôt consentir, lui aussi, de petits sacrifices vestimentaires: on le forcera à sc contenter d'un habit à pantalon unique; ce pantalon lui- ! même n'aura ni revers, m pli; le filet disparaîtra; les chaussettes | masculines ne connaîtront plus au-mme fantaisie, ni dans les modèles m dans les nuances.Vos perrs, vos maris, vos frères, ! mesdames, acceptent avec philoso-ph le ces inconvénients futiles, sauf pour ce qui est du pantalon unique, tparce qu'alors un fadeur ccono- Signe vraiment sérieux, — il s'agit r fond — entre en jeu.Vous ne voudrez pas être moins héroïques qu'eux en consentant à Le carnet du grincheux Le Torontois Globe and Mail se scandalise de ce que M.Coldwell, le chef de la C.C.F., ait assisté à un congrès de son parti, dans Toronto, alors que la Chambre des Communes, dont il est l’un des ornements, tenait séance dans Ottawa et s'occupait de l'affaire de Hong-Kong.Au vrai, qu'est-ce que la présence de M.Coldwell eût ajouté au débat et au décorum de la Chambre?De plus M.Coldwell a peut-être eu bon nez, peut-être avait-il prévu que M.King allait traiter de “tourbe" ou de “canaille" —¦ mob •— tous ceux qui, à propos de Hong Kong, allaient oser un blâme contre son gouvernement.* ?¥ La Chambre des Communes n'est plus le premier club du pays, c'est le dernier salon où l'on s'en .guirlande.¥ ¥ ¥ M.Mackenzie King songerait-il à faire entrer avec pleins pouvoirs à la lois judiciaires et exécutifs, le juge Duff dans son cabinet?¥ ¥ X Pour avoir attendu si longtemps avant de définir, d'ailleurs à sa manière, la condition (jour ainsi dire juridique du chant national O Canada, M.Mackenzie King n'aura pas gagné gros auprès des vrais Canadiens et, de leur côté, tories, loyalists et imperialists lui en voudront toujours autant sinon davantage., ¥ * * Le têtard conservateur serait-il tenté i de se^suicider en gardant sa queue tory?Il est en tout cas question que M.Arthur Meighen reste à son poste de leader.¥ ¥ ¥ Ce leader n'aura bientôt plus à conduire que les Deux-Cents de Toronto, plus sans doute quelques ministres libéraux du type impérialiste, tels M, llsley et M, Angus Macdonald.x * * Le général McRae, qui vient de voter au Sénat pour le bill No 80 et la conscription, est le même qui déclarait publiquement, un peu avant 1939, que dans le cas d'une nouvelle guerre européenne, il serait le premier à lever une armée de Canadiens pour empêcher que le Canada prenne part à cette guerre-là.w * * Le temps passe, les hommes — certains hommes — changent d'avis mais l'esprit impérialiste demeure.¥ ¥ * Le Grincheux 23VII-42 - i— i — - - Citation d’actualité "Dans les sociétés et les nations | d’aujourd’hui, si l’Eglise ne se trouve plus au cœur de la citadelle, elle se tient à tout le moins sur les frontières, sur les murs d'enceinte.De là elle veille sur les vérités dont elle a reçu le dépôt, vérités d’ordre surnaturel, mais aussi sur les vérités d'ordre naturel, indispensables à la vie morale et à la conservation de là société même.Sa fonction s'exerce à l'égard de l'individu dont elle protège et garde les mœurs, de la famille qu'elle défend confrt le dissolution, rie tout le corps social qu elle incite à se régir par la double loi de justice et de charité, non pas le jeu des intérêts personnels ou l'exercice de la force brutale." Le cardinal Alfred BAUDRILLART; (extrxtt de L Institut sathOUqua UM01.J La situation ne s'est guère modifiée dons le sud de la Russie depuis vingt-quatre heures, si ce n'est que les Russes paraissent s'être ressaisis pour ralentr l’avance allemande au sud du Don.Les bulletins des deux hauts commandements se confirment et se complètent mutuellement sur ce point.Du côté de Stalingrad, les Allemands ne semblent pas encore avoir réussi à briser la résistance russe.Le haut commandement allemand annonce que ses troupes ont poursuivi leur avance vers le sud au delà de Rostov et du Don et qu'elles ont franchi les rivière» Manych et Soi, deux tributaires du Don.Il admet cependant qu'elles se sont heurtées à une résistance acharnée de la part des troupes soviétiques.Le journal de l'armée soviétique, ('"Etoile rouge", affirme que !c résistance russe s'est raffermie depuis l'évacuation de Rostov, mois il exhorte les commandants et les soldats à faire preuve de la plus grande fermeté devant l'ennemi.Les dépêches soviétiques admettent la perte de Bataisk et indiquent que les avant-gardes allemandes progresse.it en direction de Kuschevka, à 45 milles au sud de Rostov sur la grande ligne de chemin de fer qui conduit à Bakou, ainsi qu'en direction de Salsk, jonc tion ferroviaire sur la ligne de Stalingrad à 100 milles au sud-est de Rostov.Les Allemands prétendent qu'ils ont brisé la résistance russe en plusieurs points au nord-ouest de Kalach.Le bulletin n'indique cependant pas une avance considérable de la part de cette armée qui menace Stalingrad dont Kalach n'est éloigné que de 50 milles.La radio italienne a prétendu que l'artillerie allemande à longue portée est désormais en mesure de bombarder Stalingrad, mais la nouvelle n'a pas été confirmée nulle part, même pas à Berlin.Moscou rapporte que les Allemands ont jeté sur Leningrad des milliers de feuillets pour annoncer qu'ils vont prendre d'assaut sous peu l'ancienne capitale déjà assiégée depuis le mois d août dernier.On croit qu'il s'agit d'une manoeuvre pour retenir à Leningrad les troupes que l'on pourrait être tenté d'envoyer duns le sud pour renforcer l'ormée du maréchal Timochenko.LES ALLEMANDS ET LE SECOND FRONT La question de l'ouverture d'un second frent en Europe occidentale continue à faire l'objet d'innombrables commentaires et ce sera vraisemblablement le cas aussi longtemps que la situation demeurera aussi critique en Russie.Aujourd'hui, cependant, ce sont les Allemands qui viennent nous parler du second front en publiant toutes sortes d'informations touchant les dispositions qu'ils prennent pour parer à la menace Les Allemands cherchent évidemment à créer l'impression qu'ils sent en état de repousser facilement toute tentative d'invasion du continent.Une dépêché de l'agence "D.N.B." annonce que des unités de “Chemises noires" transférées du front-russe aux garnisons des pays occupées doivent défiler aujourd'hui par les rues de Paris avec leur armement qui compte parmi ce qu'il y a de plus moderne.D'autre» dépêches rapportent que les fortifications sur la côte française, face à la Manche, sont maintenant terminées et lo radio berlinoise ajoute que 200,000 ouvriers spécialisés y travaillaient depuis longtemps en coulant quelque 500,000 tonnes de béton par mois.On annonçait hier que le maréchal von Rundstedt, commandant en chef des armées allemandes de l'Ouest, avait fait l'inspection "des ouvrages de fortification considérables et échelonnés en profondeur sur les côtes du nord de la France".On rapporte aujourd'hui que le général Christiansen, commandant de l'armée d'occupation allemande en Hollande, a fait l'inspection des ouvrages de défense le long de la côte hollandaise Les dépêches de Berne rapportent des déclarations i attribuées à de hauts personnages militaires à Berlin où l'on exprime l'opinion que les Alliés tenteront : l'invasion du continent.Un correspondant américain à Moscou rapporte de son côté que les Russes sont convaincus que le premier ministre Churchill et le président Rooseveit ont pris l'engagement d'ouvrir un second front lors i du passage du commissaire Molotof à Londres et â ! Washington et que l'on s'est entendu sur une date surprise.La question qui préoccupe les Russes, dit-il, ce r'est pas de savoir pourquoi l'on n'ouvre pas un second front, mais quand il doit s'ouvrir.La population sovié tique ferait confiance à ses chefs et elle compte su' eux pour protester si Churchill et Roosevelt venaient ! à manquer à leurs promesses.LE SECOND FRONT AERIEN Pour l'instant, c'est la "Royal Air Force" qui a mission d'inquiéter les Allemands à l'Ouest.La nuit dernière, une puissante flotte aérienne a soumis le grand port de Hambourg à un second bombardement massif en trois jours.On estime que quelque 600 ! bombardiers, dont plusieurs appareils de l'aviation canadienne, ont participé à l'attaque.Vingt-neuf avions ne sont pas rentrés, mais les aviateurs anglois ont pu observer en dépit des nuages épais qui recouvraient la ville qu'ils avaient allumé de vastes conflagrations.Des escadrilles de chasse ont en outre attaqué hier soir des aérodromes, des chemins de fer et des navires le long des côtes du nord de la France et des Pays-Bas.L'assaut massif contre Hambourg est venu souligner l'avertissement servi hier soir aux populations allemandes par le maréchal de l'air A.-T.Harris, le commandant en chef de l'aviation de bombardement anglaise.C'est par le moyen de lo T.S.F.que le maréchal de l'air Harris s'est adressé aux Allemands."Tout ce qui s'est produit jusqu'ici n'est encore que peu de chose., dit-il.Vous n'avez pas la moindre chance.Nous viendrons bientôt chaque nuit, en dép't de la pluie, du vent et de la neige, nous et les Américains.C'est a vous, les Allemands, qu'il appar- ! tient de mettre fin à la guerre et aux bombardements., .Vous n'ovez qu'à renverser les nazis et à faire la paix.Rappelez-vous que vos armées peuvent avancer aussi loin quelles le voudront sans jamais atteindre l'Angleterre.Quelles que soient leur» victoires, il vous restera toujours à soutenir la guerre aérienne contre nous et les Américains., .Vous ne saurez jamais gagner cette guerre., Nous sommes d'ailleurs en train de la gagner puisque nous bombardons l'Allemagne ville par ville de façon de plus en plus terrible ofin qu'il vous soit impossible de poursuivre cette guerre.Tel est notre objectif.Nous le poursuivrons impitoyablement, — Lubeck, Rostock, Cologne, Emden, Brême, Wiihelmshaven, Duisbourg, Hambourg, — et la liste s'allongera sans cesse.Laissez le?nazis vous conduire au désastre avec eux, si vous voulez.C'est à vous qu'incombe la décision.ACTIVITE AERIENNE EN EGYPTE Le calme s'est de nouveau rétabli sur le front égyptien ap’ès l'attaque anglaise de dimanche soir dernier près de la côte.Une dépêche du Caire à Iagence Reuters* disait hier soir que les troupes britanniques s'étaient repliées sur les positions enlevées à l'ennemi le 22 juillet, c'est-à-dire sur leurs positions des crêtes de Tel-el-Eïso, d'El-Mokh et de Meteiriya.L'aviotion par contre a déployé une gronde activité de part et d'autre.Les bombardiers lourds alliés ont attaqué hier soir l'important port de ravitaillement de la baie de la Sude, dans l'île de Crète, ainsi que des barges ennemies au large de Sidi-Barrani sur la côte égyptienne.La fréquence des attaques contre le port de la baie de la Sude peut s'expliquer par les rapports qui nous viennent de Turquie disant que l'Axe ne cesse de transporter des troupes et du matériel dans I'll* d* Crète en vue de renforcer l'ormée de Rommel sur le front égyptien.Le haut commandement allemand rapporte que des escadrilles allemandes ont attaqué des ports sur le canal de Suez où elles auraient obtenu des coups directs sur des quais et des navires ainsi qu'un aéra drome à l'ouest d'Alexandrie.L'assertion est en partie confirmée par le ministère égyptien de l'Intérieur qui annonce que des bombes allemandes ont tué une personne et en ont blessé sept autres dans la zone du canal et que I on a sonné l'alerte dans la région du delta du Nil, Les Italiens prétendent de leur côté que leur aviation a obtenu des résultats considérables en attaquant des chars à l'arrière du front d'El-Alomeïn.DU COTE DE L'AUSTRALIE Le quartier général du commandant en chef allié, le général Douglas MacArthur, annonce que les patrouilles alhées ont délogé les unités japonaises qui étaient allées s'installer aux avant-postes dans la région de Kokodo, à 55 milles à l'intérieur de la péninsule de Papouasie.On ignore encore si les Japonais ne songent qu'à faire de la reconnaissance ou s'ils sont en train d'organiser une expédition contre Port-Moresby.Un officier supérieur allié a fait observer à “ PI0P0Î ‘lu* rien n'indique que le corps japonais de 1,j00 à 2,500 hommes qui est débarqué à la mission de Gona ait reçu des renforts.Des avions japonais solitaires ont vainement tenté d attaquer les villes de Port-Darwin et de Townsville dons le»nord de I Australie.Des bombardiers alliés ont par contre exécuté un raid fructueux contre l'aérodrome japonais de Koepang, dons l'île de Timor, LA GUERRE SUR MER Les marines marchandes alliées ont subi des pertes énormes depuis le début de la guerre.La flotte sous-marine allemande a mené plusieurs offensives successives qui ont abouti à la destruction de plusieurs millions de tonnes de cales: la première qui a vu l'apparition des mines magnétiques dans les eaux anglaises oux toutes premières semaines de la guerre; une deuxième qui a pris de vastes proportions au lendemain de la chute de la France et qui a menacé à un moment donné d'affamer littéralement la Grande-Bretagne; la troisième qui se produit au large des côtes des deux Amériques depuis l'entrée en guerre des Etats-Unis.Ajoutons que les vaisseaux de guerre, les sous-marin* et les avions des divers belligérants ont été aussi actifs en Méditerranée et dans les eaux de l'Extrême-Orient.Il ne faudrait cependant pas croire que ia guerre maritime a été unilatérale et que les puissances de I Axe ont été les seules à remporter des succès sur mer.L Amirauté anglaise se charge aujourd'hui de nous
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.