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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
samedi 3 octobre 1942
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1942-10-03, Collections de BAnQ.

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“Le Canada aat une nation souveraine et ne peut avec docilité accepter de la Grande-Bretagne, ou des Etats-Unis, ou de qui que ce soit d’autre l’attitude qu’il lui faut prendre envers le monde.Le premier devoir de loyalisme d’un Canadien n’est pas envers le Commonwealth britannique des nations, mais envers le Canada et son roi, et ceux qui contestent ceci rendent, à mon avis, un mauvais service au Commonwealth.” (12-X-3» Lord TWEEDSMUIR LE DEVOIR Rédacteur eu chef : Orner HEROUX Montréal, samedi 3 octobre 1942 RIOACTION ET ADMINISTRATION 410 EST.N0TRE-DAM1 MONTREAL TOUS LES SERVICES TELEPHONE i lEleir ll«1* SOIRS, DIMANCHES KT FETES AdminUtrattM { BEIair 3S6I Rêdactieu < BEIair 2914 Gérant t BEIair 1361 Fabrication des liqueurs fortes interdite au Canada et aux Etats-Unis (Voir en page 3) De la paix de 1919 à celle de 19.150.000 Et de Benoît XV à Pie XII “Aucune nation n'aura, de droit divin, la faculté d'tx-ploiter d’autres nations.,.Il ne devra plus y avoir d’impé-nalisme.ni militaire, ni économique.Lès méthodes du XIXe siècle n’auront plus cours dans le siècle du peuple, qui va bientôt commencer.Linde, la Chine, l’Amérique latine auront une part considérable, au siècle du peuple.Dans la paix à venir, les cartels devront être à la fois assujettis à un contrôle international organisé dans l’intérêt des masses et à un contrôle adéquat de la part des gouvernements nationaux respectifs.Une fois que les monopoles internationaux seront sous contrôle, il sera possible enfin de placer la science et les inventions à la disposition de toute I humanité au lieu d'une petite minorité.Lorsque la paix reviendra, le citoyen aura un nouveau devoir: le devoir suprême de sacrifier l’intérêt particulier à celui, plus étendu, du bien-être général.Il ne doit plus y avoir de peuples privilégiés.Nous-mêmes, ici.aux Etats-Unis, nous ne sommes pas plus une maîtresse race que ne le sont les Nazis.Nous devrons, à la table de la conférence, employer notre puissance pour construire une paix juste, charitable et durable.” Qui parle ainsii’ Un homme en vue des Etats-Unis: le vice président de la république, M.Henry-Agard Wallace, dans un discours qu’il fit il y a quelque temps à New-York, devant la Free World Association, — discours dont l’aviation américaine a jeté des millions d’exemplaires de tout petit format, en langue française, sur le territoire de la France, en ces derniers mois.(La brochurette s intitule: Le Siècle des Humbles, publiée par le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique, et les dernières lignes se lisent ainsi: “Forts de la Force du Seigneur, nous qui combattons pour la cause du peuple, nous ne nous arrêterons pas que cette cause n’ait triomphé”.) Cela nous reporte vers la paix de 1919: elle ne fut pas durable parce qu’entre autres choses les pacificateurs du temps ne voulurent tenir aucun compte de l’influence spirituelle.bienfaisante en Europe et sur le monde, d’un souverain dont le caractère, le royaume et les intérêts, n’étant que d'ordre spirituel, eussent dû lui assurer place à l’assemblée de Versailles, puisqu’il n’avait, lui.en vue que le bien de l'humanité: le souverain du Vatican, le Pape.¥ ¥ * En 1917, alors que l’Europe entrait dans la quatrième année d’un conflit féroce, et que ni Londres ni Paris n'avaient encore révélé leurs buts de guerre, le pape Benoit XV élabora et communiqua à certains des belligérants, par le canal du nonce du temps en Allemagne, maintenant Pie XII, un programme de paix sur lequel, pensait-il, les nations en guerre eussent pu s'entendre .Qu’y suggérait Beonît XV?La substitution de la force morale du droit à la force brutale et matérielle dans le domaine international: la diminution simultanée et parallèle des armements, parmi toutes les nations: la reconnaissance de l’arbitrage comme moyen de régler les disputes internationales: la liberté des mers pour tous les pays: la renonciation d'avance à toute indemnité de guerre, sauf dans des cas particuliers d’importance secondaire; l’évacuation de tous les territoires occupés militairement au cours de la guerre; l’examen, dans un esprit de conciliation à l'amiable, de toute réclamation territoriale, compte tenu des aspirations des gens des régions ainsi disputées.1 Les belligérants ne tinrent aucun compte de cette proposition de la part de Benoit XV.On l’écarta sans plus: et dans quelques pays même des catholiques répudièrent le programme du Pape, le blâmant d’avoir eu l'idée de ce qu'un religieux français, plus nationaliste que catholique, qualifia d'intervention germanophile.Pourtant, quelques mois plus tard, le président Wilson, — on devait le désigner comme le pape laïque de Genève, quand il jeta les bases de la Société des Nations, avec siège en Suisse, — reprit à sa manière les suggestions de Benoît XV, les accommoda aux goûts de l’époque, en fit le thème fondamental de ses fameux XIV points, mis à la base de l'armistice de novembre 1918.L'on sait ce qui arriva sous l’influence de Clemenceau et de Lloyd George: il y eut les clauses extraordinaires du traité de Versailles où les deux premiers firent presque table rase des Quatorze Points, contrecarrant Wilson de telle sorte qu’il faillit quitter pour tout de bon l’Europe dès avant la signature de la paix.Peu de temps après, les Etats-Unis répudièrent certains engagements de leur président.Cela ne fut étranger ni à sa déception finale, ni à sa dernière et longue maladie, clcs' dans la solitude et le quasi-abandon.Depuis, l'on a vu de façon terrible et coûteuse comme était fragile certe paix de Versailles, et comment, au lieu d’avoir soumis véritablement l'adversaire, Londres et Washington l’avaient presque tout de suite aidé, contre l’intérêt de leur alliée, la France, à se relever matériellement: et comme quoi, avant ensemble gagné la guerre, les Alliés, selon la dure mais réaliste formule, se divisèrent pour “perdre la paix”.Cela eut ^ la longue les conséquences que nous voyons, «n partie à cause de l’esprit trop pratique d’un certain «ombre d'hommes qui ne surent pas profiter des leçons du passé pour édifier la paix de l'avenir et, se confinant dans le présent, entre la Bourse et la Prospérité — deux déesses trompeuses dont presque tout le monde pratiqua le culte aveugle, de 1900 à 1939, — ne vécurent que pour faire de 1'argent.Si grande fut cette préoccupation qu'à l'avant-veille même de la nouvelle guerre où nous vivons depuis trente-sept mois aujourd'hui, Londres et New-York prêtaient encore de l’argent ou vendaient du matériel de guerre soit à Berlin, soit à Tokio.“Si nous ne le faisons, d'autres le feront et y trouveront d'importants profits", disaient Wall Street et la City.Comme quoi les financiers ne virent pas plus clair et n'usèrent pas de meilleur jugement que la gent élégante des diplomates internationaux.L’aveuglement fut général, à cause de l'influence universelle du matérialisme dans presque tous les cercles, — et d’abord dans ceux de la diplomatie.?¥ ¥ Un prélat américain, prédicateur en vue dans son pavs, Mgr Sheen, vient, dans une conférence récente, d'imputer en partie la responsabilité de cette guerre-ci à l'influence des fausses doctrines philosophiques qui ont détruit presque partout la conception raisonnable de la justice: en particulier la doctrine d'un matérialisme qui enseigne que le but de l'homme et des nations, c’est d'abord de s'enrichir afin de dominer: dominer par la puissance de l’argent, puisque la fortune est l'un des éléments essentiels de la puissance contemporaine, sinon l’une de ses principalse fins.Les empires, tant ceux du passé que les contemporains, ne se sont-ils pas bâtis sur la pierre d’angle du matérialisme poussé à fond, dans le domaine, soit de la politique, soit de l’économique ou du commerce?Le commerce, la domination politique ont accompàgné ou suivi le drapeau 1 Diplomacy and God, George Glasgow, Londres, 1941.partout où le plantaient telles nations, tels pays, telles combinaisons d'intérêts.Il y a une mystique de l'impérialisme, il y a des impérialistes mystiques, il y a un culte de l’impérialisme: tout cela se fonde sur l’illusion que le matérialisme est infiniment durable et que rien ne peut le jeter à bas.Tout cela est périssable, tout cela tourne en poussière.C’est qu’on a oublié Dieu dans la diplomatie; celle-ci est devenue l une des forces du mensonge, abritée, protégée, crut-elle un temps, par l’ombre et le secret dont elle s'entourait.Woodrow Wilson, qui ne fut pas toute sa vie le visionnaire de 1918-1919, s'il le devint à des heures très graves pour l’humanité, voulut un jour d'une diplomatie ouverte et ouvertement conduite.C’était la condamnation d'un état de choses jusque-lî désastreux pour la société: et la proclamation d’un nouvel ordre qui ne devait pas tenir longtemps debout, parce que la diplomatie avait été si longtemps la pratique à peine déguisée du mensonge international qu’elle devait fatalement retourner à sa pente quasi naturelle.Wilson avait voulu la faire passer soudain de l’ombre à la lumière.Celle-ci est aveuglante.La diplomatie retourna tôt à l’obscurité, aux équivoques dont on avait voulu la sortit.Depuis des siècles la duplicité était devenue son fait, le matérialisme, son idole.Elle ne les abandonna point pour aller s'humilier devant ! la vérité.Et il s’est préparé ce que nous voyons, par suite de l'esprit de vengeance d’une nation brutale, humiliée en 1 918.remise imprudemment debout, de 1919 à 1939, par une finance imprévoyante n’avant vu et adoré que le Profit, le Dividende et le Rendement, néfaste trinité, tri-| pie élément du dieu Argent.Cette nation a révélé dès avant 1937-1938 à un monde effaré, désaxé, affaibli par | son imprévoyance stupide, l’étendue de sa cupidité brutale, englobant l’univers entier.Place, a-t-elle signifié, place au plus fort, au plus cruel, au mieux armé.Elle s’est cru, et se croit encore invincible, tant elle est ivre de domination et, il faut bien le dire, tant elle a bu depuis trois ans l’alcool puissant de victoires incèssantcs.Ÿ * * Les Nations-Unies préparent de longue main des armes qui abattront, il faut le croire, le monstre déchaîné.Jusqu'ici, elles n’ont pas encore réussi à le faire buter.La paix?Elles pensent d'abord, et cela s’explique, à la victoire.La paix?Elle viendra plus tard.Sur quelles bases?M.Wallace, dont on a cité, au début de cet article, les prévisions optimistes de réformes mondiales, — primauté de l’intérêt général, effacement du racisme, qu'il soit anglo-saxon, allemand, latin même, peu importe, contrôle des monopoles internationaux, disparition de l’impé-rialisme dans quelque domaine que ce soit, réhabilitation des races jusqu'ici tenues en servage, hypocritement ou de façon manifeste, — M.Wallace a bien indiqué qu'il la veut, cette paix, que son pays la veut “juste, charitable et durable”.Vers la fin de 1940, à Londres, le Times publiait une communication signée d’un petit groupe de dignitaires ecclésiastiques du Royaume-Uni: les archevêques anglicans de Cantorbéry et de York, le chef des églises libres du Royaume-Uni (Moderator Free Church Federal Council) et l’archevêque catholique de Westminster, le cardinal Hinsley.Ensemble, dans un texte établi d'accord entre eux, ils commençaient par reconnaître que “les maux présents de l’univers découlent du fait que les notions et les peuples ont manqué d’obéir aux lois de Dieu.Aucune paix permanente n’est possible en Europe à moins que les principes de la religion chrétienne ne soient à la base de toute politique nationale, de toute vie sociale.Cela signifie qu’il faut considérer toutes les nations comme membres d’une seule famille, sous l’autorité paternelle de Dieu”.Ce principe pose, les principaux dignitaires des églises du Royaume-Uni déclaraient s’accorder sur la politique de paix que le Pape Pie XII avait déjà lui-même formulée en cinq points, politique-de paix durable, chrétienne et charitable, assise sur les bases suivantes: reconnaissance à toutes les nations du droit à la vie et à l’indépendance: nécessité d’un désarmement général par étapes; libération des peuples de l’esclavage, dans la course aux armements: institution par les nations d'un tribunal qui garantît la juste exécution de tout accord entre elles, revisible et remanié selon les circonstances nouvelles qui se présenteraient: établissement de la confiance mutuelle entre 1s nations, les groupes de population et les minorités de races dont l'on devra reconnaître les véritables besoins et les justes demandes: pratique parmi les peuples et leurs gouvernants responsables des lois de Dieu, sacrées et inviolables: abolition de l'inégalité extrême dans la distribution de la richesse et les biens: droit pour les enfants de recevoir une juste mesure d’instruction en regard de leurs qualités et de leur talent: protection de la famille en tant que cellule sociale: reconnaissance, pour toutes les races de l’univers, de leurs besoins présent* et à venir.“Nous avons confiance que ces principes, les chefs et les hommes d’Etat de tous les pays de la société des nations britanni-l ques les accepteront en tant qu'assises véritables et solides * d’une paix durable”, concluaient les auteurs de la lettre ; au Times de Londres (21 décembre 1940'!.* Ÿ * Cela vaut toutes les chartes de l’Atlantique, en 1941.comme tous les points de Wilson, en 1917.Les propo-sùions de Benoît XV, pendant la dernière guerre, furent injustement écartée ou dédaignées, voire ridiculisées.Cette fois-ci, à la suite de la guerre la plus cruelle, la plus monstrueuse dont ait souffert l'humanité, — des millions de ses membres y auront péri, — croit-on écarter pareillement les vues de Pic XII, qui voit au delà des frontières et des nations, et cherche avant tout leurs véritables intérêts, les spirituels comme les matériels?Il prie Dieu que l'on donne au monde, non pas une “pax teutonica”, non pas une paix : anglo-saxonne, non pas une paix uniquement matérielle: la vraie paix.Il a le magnifique souci, traduit dans main- ! tes de ses lettres, de ses encycliques, dans ses nombreux discours publics, que 1 on accorde enfin à l'univers la paix juste, charitable et durable à laquelle a fait allusion1 M.Wallace, collègue et adjoint de M.Roosevelt.Protestant ou catholiques, chrétiens ou païens, souhaitons tous que Pie XII soit, sinon l'arbitre unique, du moins l'un des maîtres arbitres de la paix à venir.Qu'il en soit ainsi et nous connaîtrons la paix voulue et ordon née par Dieu, sur des bases qui la feront pitoyable à l’hom me.durable dans le temps et l’univers.3-x-ia Georges PELLETIER 9» ••• “Ce n’est pas tout de faire de l’argent Voir en page 2 le second et dernier arficle de Mgr r.-C.Kelley sur l’attitude du Canada français au sujet de la guerre d'Europe.Billet1 Fin de septembre Les vacances sont terminées.La vie reprend dans le sérieux el la répétition quotidienne des responsabilités.Pourtant il fait si beau! Le soleil encore chaud donne, à de brefs moments, l'illusion du plein été.L’on sent que la beauté des choses est fragile et fugitive.Les arbres gardent leur attitude familière mais leurs feuilles acquièrent peu à peu.par petites touches, une teinte rouilleuse.L’horizon se rapproche.Tout prend une forme nouvelle dans la nature, tout s’intensifie du fait certain que tout cela s’achève et va bientôt finir.Le soir, parce qu'il fait souvent frais, la maison a l'intimité des premiers jours d’automne.La lumière tamisée, un livre agréable, une conversation lente, coupée de silences, et voilà que Je goût revient de la vie à l'intérieur.Le goût de l’étude aussi, avec d'immenses projets.La nuit tombe vite et elle n'a plus t'accueillante tiédeur des mois chauds d’hier.L’esprit qui, durant l’été, a vécu de nonchalance, renaît tout à coup plus vigoureux el plus enthousiaste.Mais dès que le jour réapparaît, qu’il fait encore une fois soleil, V e ne hante ment des soirs laborieux s'évanouit.La route fuit là-bas, pleine d’imprévu, d’air pur, de fantaisie.Les programmes d’études élaborés quelques heures auparavant deviennent, dans le jour clair, des projets moins pressants, remis au lendemain.Septembre, si beau cette année, porte aux sentiments contradictoires.Il incite, au travail, stimule à l'action bienfaisante, mais en même temps il incline l'espril à un relâchement momentané, aiguise en nous un besoin de mouvement inutile et de distractions extérieures.t Par ses sauts brusques de température et l’imperceptible et graduelle désagrégation de la nature vouée à sa fin, septembre est le symbole, dans l'homme, du combat quotidien du meilleur et de f.’re.Julia RICHER 3-X-4Ï Bloc- notes La journée des vendeurs de journaux La coutume s’csl établie, en terre d’Amérique, de consacrer annuellement telle et telle semaines, tel et tel jours à telle telle propagandes.C'est ainsi que nous connaissons la Semaine du grand nettoyage, la Semaine de prévention des incendies, et combien d’autres Semaines de meme ordre; le Jour des mères, le Jour des pères, le Jour du coquelicot, et ainsi de suite.Un autre jour ainsi consacré par la coutume s’ajoute maintenant à la série.Fixé au 3 octobre, c’est le jour des vendeurs de journaux, le Xcivspapcrboy Day, comme on dit aux Etats-Unis et dans le Canada anglais.Il‘sied, il est même de liante convenance que dans les colonnes de journaux l’on signale l’occurrence de pareil jour.Ce qu'ici même, au Devoir, nous nous empressons de faire, avec grand plaisir.Le vendeur de journaux, qu’il s’agisse du camelot, son paquet de feuilles sous le bras, s’affairant auprès des passants et leur offrant, pour quelques sous, sa machandise de valeur fugitive, ou du vendeur de journaux qui a pour ainsi dire pignon sur rue — c’est là parler assez métaphoriquement, car les kiosques sont d'ordinaire dépourvus de pignons, mais négligeons ce détail — ou encore du marchand qui vend des journaux en plus de bien d’autres marchandises, tous ces braves gens ont droit à la gratitude et à l’estime du journaliste.Ils sont pour lui des collaborateurs précieux.A quoi servirait au plus savant, au plus brillant des journalistes, d’écrire des articles remarquables, au plus pittoresque des chroniqueurs d’écrire sa colonne quotidienne.si tout cela ne devait en définitive rencontrer le lecteur, lui tomber sous les yeux?Le public aussi doit tenir compte du service que lui rend le marchand de journaux, qu’il soit camelot volant, livreur à domicile ou vendeur sous son propre toit.Pour quelques sous par jour, ce modeste travailleur lui dispense l’information écrite, le commentaire imprimé du fait qui passe.L’institution du .lour des vendeurs de journaux est certes l’une des plus heureuses qui Voient dans le genre.Nous profitons donc de la dale d’aujourd’hui pour, au nom du Devoir et de ceux de ses lecteurs qui bénéficient de leurs services, dire aux vendeurs de journaux tout le bien, le très grand { bien, que nous pensons d’eux.Conscription et travail Un lecteur nous écrit: 3/on cas] est celui de plusieurs antres, j'en suis certain.Fiant célibataire et d'âge militaire, je ne parviens pas à trouver du travail, personne ne se soucie de m'embaucher, bien que .j'aie multiplié el multiplie encore i Le gouvernement Laval doit recourir à une sorte de réquisition de la main-d'œuvre pour fournir aux demandes de Berlin — Les arrestations d’Américains VICHY, 3 (A.P.)—Le gouvernement de Peirre Laval a décidé aujourd'hui d'acceder à la demande de l'Allemagne pour obtenir 150,000 ouvriers spécialisés, en conscrivant virtuellement les équipes entières de fabriques françaises.Le ministre du Tra»ail, M.Hubert de Lagardelle, et le ministre des Industries, M.Bichelonne, ont annoncé cette décision aptès avoir conféré avec le maréchal Pétain.On dit que depuis l'appel de Laval aux ouvrieis français d'aller en Allemagne, seulement 17,000 ont répondu.Au cours de la réunion on a discuté aussi la défense de Dakar ou il semble que les Allemands veulent envoyer des troupes pour “aider a le défendre".Le ministre des Affaires étrangères de France a déclaré que la police française n'avait rien eu à voir avec les arrestations d'Améiicains dans la zone occupée et il a chargé M.Henri-Haye, ambassadeur de Fronce à Washington, d'en informer le gouvernement des Etats-Unis.Voici la déclaration sur la conscription des travailleurs fronçais: "L'accord franco-allemand présuppose que le gouvernement français prendra les mesures nécessaires pour fournir la main-d'oeuvie requise par l'Allemagne.Dans ce but le gouvernement a été ooligé de recourir n une méthode de désignation qui permette de grouper ensemble avec toute l'équité possible, les membres d'une entreprise qui comprend les ouvriers, les contremaîtres et les ingénieurs suivant leur âge et leur état familial".Le gouvernement s'engage à veiller au soin de ces travailleurs et de leur famille.On a promis également de bien payer et traiter les ouvriers en question.les démarches pour cela.Ceux qui pourraient me procurer du travail mais s'en abstiennent ont une raison qui a bien sa valeur.Ils ne savent pas si je serai appelé en service dans six mois ou dans un an el ils ne tiennent pas à me prendre passagèrement à leur service.Il est bien beau, dans mon cùs, d'avoir les permis du service sélectif mais cela ne sert de rien, n’arrange rien, ne facilite rien.Je reçois partout la même réponse: "Vous êtes d’âge militaire, il n’y a rien à faire”.Ce qui est d'autant plus vexant, quand l'on voit nombre d’étrangers, même des aubains ennemis, qui se placent avec on ne peut plus de facilité et à bon salaire.' Les aubains ennemis n’ont qu’une simple formalité à remplir, se présenter mensuellement à la police fédérale.N’est-ce pas là une anomalie?Et en ce temps, où l'on dit, où Von répète partout, nue la main-d’oeuvre manque, mon cas el tous les autres cas du même genre, qui sont nombreux, ne vous paraissent-ils pas étrangers?Pour ma part, en attendant d’être appelé au service militaire, dans six mois ou dans un an, mon effort de guerre totale doit forcément se résumer à l’attitude des bras croisés”.Que répondre à ce pauvre correspondant de lecteur?Que le monde d’aujourd’hui, au Canada comme, en bien d’autre pays, est un drôle de monde! Emile BENOIST En Allemagne Le Devoir, qui fut, si nous ne faisons erreur, le premier à publier intégralement le célèbre discours de S.Km.le cardinal Faulhaber et la récente lettre collective des évêques allemands, donne aujourd’hui une nouvelle pièce d’importance considérable: le résumé, communiqué sous forme de letlre lue dans toutes les églises d’Allemagne, d’un mémoire des évêques aux autorités du Reich.Il parait convenable -— on n’y pense pas toujours —¦ de noter que si de pareils documents projettent une douloureuse lumière .sur la situation religieuse en Allemagne, ils attestent en même temps le magnifique courage des évêques allemands.O.H.3-X-42 Affaires municipales Manuel d'estimation des biens-fonds L’hiver passé, l’Université de Toronto chargeait de quelques cours l’un de nos concitoyens, M.Honoré.Parent, directeur des services de la ville de Montréal.L’invitation s’accompagnait d’éloges que les journaux ont reproduits dans le temps, mais qui, pour le grand ! public, furent une révélation.M.i Parent est aujourd’hui,en effet, l’un i des rares spécialistes chez nous du problème difficile de l'estimation des biens-fonds et des théories diverses préconisées par les économistes en cette matière.Quelques semaines après avoir obtenu les honneurs de l'Université de Toronto, M.Parent surveillait l’édition définitive d'un volume intitulé: “Manuel d’estimation des biens-fonds”, auquel il avait fourni un texte considérable et qui était bourré en plus, pour l'éclairer, de statistiques, de tableaux, de formules, de photographies, etc.("était une oeuvre de spécialiste, mais écrite dans la langue juste el sobre qui convient au sujet.M.Parent connaît bien les ressources du fiançais et il les utilise au mieux dans cet écrit qui exige aussi bien la précision de la pensée 1 que l'exactitude de l’expression.Le livre possède son importance.I! atteint et il doit atteindre des centaines de municipalités dans notre province.Toutes, elles possèdent un régime de taxes fondées sur l’évaluation des propriétés immobilières; et, toutes, elles doivent pratiquer cette évaluation selon de bons nrincipes et de saines méthodes, "Le revenu municipal, comme le dit M.Parent, doit se régler par l< taux des taxes et non par une évaluation artificielle ou fantaisiste des immeubles ”.Tout récemment encore, un grand statisticien de notre province mettait les corps municipaux en garde contre les évaluations sans justesse ou délibérément fausses.Afin d’en arriver à une doctrine saine, M.Parent étudie les facteurs qui doivent concourir au résultat final.Il examine les doctrines qui ont cours et qui, pratiquées et prê-chécs ici et là, bouleversent parfois la bonne économie des villes.II expose enfin l’originalité du système établi tout récemment à Montréal pour régir une estimation nouvelle de tous les biens-fonds.L’originalité de ce système consiste dans le fait que des techniciens, et non plus l’estimateur, exécutent tous les travaux préparatoires.Ils se rendent sur le terrain pour faire tes mesurages en volume ou en superficie, évaluer les quantités de matériaux, trouver les prix unitaires des bâtiments ou des terrains.Ce sont donc des experts qui recueillent toutes les données; sur les lieux mêmes, ils composent le dossier d’une propriété.L’estimateur reçoit ensuite toutes ces pièces.comme un juge, et il peut ainsi établir sur des bases solides l’estimation de.chaque bien-fonds.De cette façon, les chances d’erreur sont réduites au minimum, car on sait bien que l’estimateur ne peut être à la fois arpenteur, architecte, constructeur, agent d’immeuble, etc.Une seconde originalité du système est la feuille d’estimation qui doit contenir, le cas échéant, "un résumé clair et logique, dépouillé de détails trop techniques, du contenu des fiches et du dossier do chaque propriété.Elle présente un résumé des données et des éléments que l’estimateur doit prendre en considération pour fixer la valeur d’un immeuble”.I.e manuel d’estimation des biens-fonds renferme des conclusions qui paraissent justes et une doctrine prudente, Kn plus, il offre un intérêt particulier pour toute la population de Montréal.Notre municipalité a décidé en 1941 de refondre son système d’évaluation d’après des principes plus modernes; elle a accepté d’urgentes réformes.L’entreprise était vaste, car il s’agissait de réévaluer des propriétés qui valent des millions, soit 75,000 bâtiments el 186.000 terrains.Tous les propriétaires de Montréal sont intéressés à connaître ou à consulter le Manuel qui les éclairera sur les principes que l'on suit dans des opérations qui les concernent au premier chef.11 importe donc de souligner la publication de ce volume qui prouve une fois de plus que l’un des nôtres a abordé une matière ardue, difficile; et qu’il l’a si bien maîtrisé qu’aujourd'hui ses vues reçoivent l'attention des spécialistes du Canada.Léo-Paul DESROSIERS Le carnet du grincheux Un bulletin du ministère fédéral de l'Agriculture nous prévient que "la bête mexicaine des fèves vient d'arriver au Canada" et qu’il s'agit là d’un insecte qui a causé beaucoup de ravages déjà dans son pays d’origine ainsi qu’aux Etats-Unis, sans que les entomologistes aient pu en venir à bout.Pourvu que la bête mexicaine ne s'avise pas de nous venir ôter de la bouche nos fèves eu lard, ce dernier mets que le contrôleur de TalimentatiOn s'aviserait sans doute de nous supprimer pour en nourrir la Grande-Bretagne et ses alliés.* ¥ * Aux Etats-Unis, comme au Canada, la viande de porc et la viande de boeuf sont à la veille de manquer.Il parait qu’on y pourra amplement suppléer par le hot-dog.La civilisation américaine n’est donc pas près de faillir.* * * Un chroniqueur new-yorkais, qui réussit bien l'épigramme.Dave BoOne, du Sun, écrit que Wendéll Willkie a grand tort de demander l’ouverture immédiate d'un deuxième front, quand il sait bien que les Etats-Unis doivent d'abord décider du championnat mondial du baseball.* * * L'un des jeunes Vanderbilt, conscrit de la manne des Etats-Unis, vient de toucher un héritage de cinq millions.En voilà un qui n'aura pas à s’en faire à propos de la modicité de la solde.* * * Lady Astor dit que ça ne lui ferait rien de paraître à côté d'un communiste de Russie; mais que, même morte, elle ne voudrait pas être vue avec un communiste britannique.Ils en ont donc, en Angleterre, du même type que les nôtres?Quelque part au Connecticutt.un homme a préféré quitter son emploi, sans bénéfice aucun d’indemnité de chômage, plutôt que de prendre, ainsi que l’exigeait son patron, un bain quotidien.Ce qui s'appelle avoir des principes! Le Grincheux 3-X-42 .! Citation d’actualité “On entend parler constamment de l’existence d’une cinquième colonne parmi les Indiens qui seraient désireux d’amener l’invasion japonaise de l’Inde, je n’ai jamai* vu ni connu aucune véritable preuve de (’existence de cette cinquième colonne.Il est évident que dans un pays mécontent, peuplé par quatre cents million* d’habitants, il peut y avoir des gens à la solde du lapon ou de l’Axe, et assez mal inspirés pour croire que le Japonais est préférable à l’Anglais.Tout ce que l’on peut dire avec une certitude raisonnable, c’est que de tels groupes doivent être faibles et craignent de travailler en public; cela est le meilleur indice que le pays en bloc ne les appuie pas et qu'il est même contre eux.Il n’y a aucun lien entre l'agression japonaise et l’aspiration des Indes à la liberté politique.De chaque côté l'on essaie de se servir de l'autre pour en arriver à ses propres buts, mais ces buts sont tout à fait différents.Les Indiens ne veulent pas que les Japonais viennent aux Indes; et les Japonais ne se préoccupent pas de la liberté de l'Inde.Tout cela semble laisser les Britanniques en face du point d’interrogation suivant: Lequel est le plus grand danger, du Japonais ou de l’agitation politique de l'Inde?Pour le présent, les Britanniques ne cherchent pes de réponse à l’énigme.Ils essaient de disposer d’abord de l’ennemi intérieur.Des Américains demandent: “Pourquoi les Indiens ne pourraient-ils attendre un ou deux ans avant d’obtenir leur indépendance?Les Britanniques ont promis solennellement l’indépendance de l'Inde après la guerre et ils ne peuvent violer leur engagement, surtout vu que les Etats-Unis joueront un rôle important dans le règlement d’après-guerre”.A cela les Indiens répondent: “Nous n’en croyons rien.Les Britanniques ont fait dans le passé bien d’autres promesses et ne les ont jamais tenues.Tout ce qu'ils disent et ce qu’ils font, à commencer par le dernier discours de Churchill, indique qu ils n’ont aucune intention de jamais renoncer à l'Inde; et pourquoi aurion*-nous confiance à des déclarations américaines?Washington n’a jamais affirmé catégoriquement de façon officielle, quu'il garantirait ou appuierait la liberté de l'Inde".(Signé) Herbert L MATTHEWS Extrait rt un article au New York Tl-mes.supplément de politique étrange-re, 27 septembre 1942.4ême page) Restrictions sur la construction Ottawa, 3 (C.P.) — Ke contrôleur de la construction, M.C.Blake Johnson, a émis hier une ordonnance qui prohibe tous travaux de construction dans les régions populeuses, autres que les maisons à bon marché et les constructions essentielles a la guerre.Kn vertu de celte ordonnance on ne pourra plus installer deux salles de bain ou plus dans un logement ou des escaliers de sauvetage en acier, couvrir les édifices de ferme avec de la tôle.Les constructeurs devront utiliser lo minimum de fils pour les installations électriques, limiter la tuyauterie de chauffage au strict minimum, éviter l’emploi du béton armé sauf dans les cas très spéciaux, elc.Le ministère des munitions a aussi annoncé de nouvelles restrictions sur le métal utilisé pour fabriquer lits et meubles.Le quota du métal permis pour leur fabrication a été de nouveau réduit et l'ordonnance spécifie les dimensions maximums que doivent avoir ces articles.^— LE DEVOIR, MONTREAL SAMEDI 3 OCTOBRE 1942 VOLUME XXXIII — No 230 Gazette D£$ Tribunaux par Paul SAURIOL Sur une poursuite pour libelle — Polémique entre producteurs et marchands de tabac — Condamnation de $400 réduite à $25 allusions ironiques par trop per sonnelles à l'égard de celui qui dans le journal avait soutenu la thèse opposée, s’était fait le champion de la partie adverse.“Le demandeur intimé.— le , , premier à écrire — avait ouvert la Il s’agit d'uneiaction en donunaj I porje ^ t.e ^pm-p (jp littérature et Arrêt de U Cour d'appel 26 juin 1942.Dossier no 2127 tC.S.loliette no 6788) Edouard Lagacé et Hormiadas Marsolais.défendeur» appelants, v.Char-cs-Bruno Marcotte, demandeur intime.Appel accueilli.Mgr F.C.Kelley dit.Ce n’est pas tout de faire de l’argent L'apport du Canada français au Canada anglais — Le Canadien de langue française a-t-il si tort de ne pas vouloir de la conscription?— De la guerre injuste contre les Boërs à la juste guerre contre Hitler — Que ne reproche-t-on à l’Australie, à l’Irlande du nord, à l’Afrique du sud de n’avoir pas le service militaire obligatoire pour outre-mer ?Le prix de l’apport du Canada français à l'anglais c'est le "fair play" et l’égalité en tout et partout rc a la suite de la publication d un article dans VEtoile du Nord du -a avril 1940.La Coopérative des producteurs de tabac de Saint-Jacques faisait une propagande pour grouper tous les producteurs afin que ces derniers puissent établir «les prix raisonnables pour leurs produits, et que les commerçants soient forcés d’acheter d’eux, D'autre part, l'Association des commerçants de tabac de Joliette combattait la coopérative, prétendait que celle-ci était l'instrument de la firme Imperial Tobacco qu’elle désignait comme le trust du tabac, et disait aux producteurs qu’ils avaient intérêt à conserver des commerçants indépendants.M.Marcotte, président de l’Association des commerçants, avait publié sous sa signature, dans \ Etoile du Nord, un communiqué où il exposait la thèse de 1 Association.Le H avril, MM.Lagacé et Marsolais répondirent dan^ le même i journal, nu nom de la Coopérative.1 Puis le 18 avril M.Marcotte revint 1 à la charge.MM.Lagacé et Marsolais ont intenté une poursuite à la suite de cet article, prétendant qu’il était libelleux, et réclamant des défendeurs $2,500 de dommages-intérêts.M.le juge Forest, «le la Cour supérieure, a accueilli l'action, et par jugement du 5 juin 1941, a condamné les défendeurs à payer au demandeur la somme de $400, avec contrainte par corps a défaut de paiement.Les défendeurs ont porté ce jugement en appel et la cause a été entendue par M.le juge Letourneau.juge en chef de la province, et MM.les juges Bernier.Barclay, Marchand et Archambault (ad hoc) qui ont accueilli l’appel.La majorité de la Cour a réduit la condamnation à $25.M.le juge Letourneau était d’avis de la réduire à $100.Voici des extraits des notes de MM.les juges Letourneau et Archambault.M.le juge Letourneau : “Il résulte nettement de la preuve que c’est entre deux collectivités, toutes deux inti^ressées à la production du tabac dans la région, que se sérail au fond établie cette discussion ou polémique; de part et d’autre, on y a été mû par un bon motif, sauf qu’il devait arriver ce qui s’est produit; certaines MONUMENTS tout eût pu se ramener à une dis- Voici te deuxième article de Mgr Kelley sur Sa "liberté au Canada fran- eussion inoffensive bien qu assez |çajs- pari> djni )e ¦ New York Time»'’ piquante, sans ces deux paragra-> du 21 septembre.(Traduction du plies de 1 article incrimine, celui 'Devoir”), qu’a publié VEtoile du Nord le 25 | avril 1940 et dont les défendeurs | Un nationaliste ranadien-fran- blesser notre proche voisine: la République américaine.nada.Le prix de notre apport c’est le fair-play et l égalité qu’on nous a promis”.Pas d'ennemi à surveiller Si le Canada avait un ennemi à surveiller, les deux grands peuples qu’il y a chez lui pourraient se rapprocher et s'entendre; mais le Canada n’a pas d’ennemi.Les Ktats-L'nis sont les seuls qui pourraient; l'être et les Etats-Unis sont des, amis du Canada.Ils s'enorgueillissent de nos frontières communes ; qui traversent le continent sans qu’il y ait, nulle part tout le long, «le fortification.Nous ne pouvons, pas concevoir de devenir des en- j nemis du Canada.Il y eut autrefois ; le Japon; mais nous nous occupons du Japon.Si le Canada avait un ennemi A surveiller, cela serait au fond une: bénédiction.A défaut de cela, il nous faudra trouver le moyen de I vivre en paix, afin de vivre avec le; Canada en association égale et en ! appelants ont admis la paternité.“Dans cet article préfacé comme suit: “Quant au mouvement coopératif en faveur de la coopérative de tabac à pipe, j'en suis pionnier dans Saint-Liçfuori et pour cette année seulement.Si certains concitoyens qui ont peur de dire deux mots de suite et qui sont bien meilleurs pour aller se cacher que pour défendre leur cause sont heureux de vous faire écrire des niaiseries comme celles-là, n'aller pas croire, que vous en devenez plus inlelli-gent.Pour noire part, nous aidons ; cru qu'il était plus sage de ne pas | écrire de niaiseries et pour vous i prouver que nous étions d même de le faire, en voici deux preuves:'’, “Nous trouvons les deux paragraphes que voici: “a) Certains cultivateurs pouvaient nous assermenter que M.Marcotte avait acheté un million de livres de tabac pour ïlmperial cette année était simplement pins pressant de s'unir.“b) l'n commerçant de Joliette, un de vos grands amis, nous a garanti ouvertement que dans deux ; ans, M.Marcotte serait complètement sous le contrôle de Vlmperidl, ! c'est-à-dire avec salaire, commission et gros bonus, pas pire, hein! \ Nous avons pas parlé, croyant que ! c'était un cancan,” “Ceci, d’après la preuve, était de j nature à nuire au demandeur inti-1 mé; cela tendait — que ce fût ou non la conséquence d'une rumeur Ne croyons pas que ont voulu nous imiter, glais ou Français n’ont pensé à trancher le lien de leur pays ca- les Canadiens ' appréciant cordialement les vertus Jamais An- de ses deux ptHipIes PRESCRIPTIONS i CMMISIIS I VIIIRI SERVICE JOUR et NUIT PMRfMIE (DOIITREQL %A fLU» oftftnot ’MAHnAOC 01 oS7u AU m< Ufl .7251 OUVERT JOUR & HUIT ?»sra;t moncBüUUï j ça is convaincu m’a dit: "Il y eut la J nadien avec la Grande-Bretagne.! guerre des Boers et le Canada en | s’ils firent la Confédération, ce fut | fut.Nous soupçonnions dès le dé- entre autres cho'-es pour garder au Canada le Nord-Ouest de PAméri- buf que c’était une guerre injuste livrée à un peuple libre, une guerre ! menée exclusivement pour des fins! d’agrandissement de l’influence anglaise.C’est cela qui était la vérité: \ la plupart «les Anglais le savent maintenant.Nous allâmes ensuite! en guerre contre le Kaiser, mais; avec beaucoup plus d’empresse- j ment, parce que c'était pour l’Em- J pire.Maintenant on nous deman-i de de recommencer; mais remar- : quez bien, quoique la cause soit juste et que nous le sachions, cela ! veut dire qu'on est à forger une, chaîne que le Canada portera tant qu’il restera dans l’Empire.Est-ce que nous devons être de toutes i «lue du Nord.Nous, Américains, nous étions en train de construire nos chemins de fer transcontinentaux.Le Canada devait nous surveiller; il ne pouvait le faire de façon effective en tant que simple colonie.Intérêts commerciaux Le Canada dut s’unir pour construire; il ne sauvait pas ainsi simplement le présent; il assurait son avenir et protégeait ses intérêts commerciaux dans les territoires de l’Ouest.11 ne pouvait pas trouver de marché à son gré dans la les guerres, grandes ou petites, que Grande-Bretagne libre-échangiste.fera la Grande-Bretagne?S’il en est1 Earn Laivs avaient tue ce mai- ché; et la question du transport était trop considérable pour que le Canada pût entrer en concurrence heureuse avec les producteurs croyons que le Canada es?paysli-) plus rapprorhés’ Des Ansl°-pas d’autre1 ainsi, adieu à nos rêves de nation libre.nous en avons conclu ?«7f ] cravons voté contre la cons‘' pour montrer bre.Nous n avions moyen d’exprimer notre volonté a ce sujet, ni d'autre façon de protéger nos libertés de nation canadienne.Et quelque bon jour, nos concitoyens de langue anglaise, s’en apercevant, peut-être nous en sauront-ils un tant soit peu gré.Ceux qui ont compris “Déjà une minorité d'Anglo-Ca-nadiens l’a compris.Ils sont d'accord.en toute loyauté envers le à déprécier le demandeur in-! Dominion, avec le professeur Scott, 4’a,s.e,,e ne aevait P“s .i i tl.rr, ^rnir» ««•ii IM-,.; ' uv »t„rM11 .__ j ;, dominer les Laurentides m les Ro- nadiens suggérèrent l’annexion aux Etats-Unis et signèrent une pétition à ce sujet; or Us ne purent trouver qu’une poignée de Canadiens français (quatre) pour s’unir à eux.Pendant la guerre de 1812, les Canadiens français défendirent le Canada contre nous.Ils ne voulurent accepter ni annexion ni état colonial.La Grande-Bretagne pouvait dominer les mers aussi longtemps qu’elle le voudrait, quand à ce qui regarde le Canada français; mais elle ne devait pas essayer de timé, à faire croire qu’il n’était pas j de TUniversité McGill, quand il sincère, qu’il était hypocrite, qu’à (écrit: “Les Canadiens français sa-l’égard des vendeurs de tabac, il ! vent ce qu’ils disent et ils disent jouait double jeu, leur faisant croi-j qu’ils feront tout ce qu’il faut re qu'il les aidait à se soustraire à j pour la défense du Canada.Us ont l’empire du trust qu’était ITmperial j déjà accepté la conscription des Tobacco, quand en réalité il en au-! hommes à cette fin.Us sont prêts fond ce Manufacturier» de monuments WE.2640 L±1 ).Brunet Ltée 4485.Côte-des-Ncigcs Montréal rait été la créature ou éventuellement l’agent.“Etant donné Todieux qui,' à tort ou à raison, s’attachait à ce.moment à l’idée du trust (puisque c’est ainsi qu’on qualifiait l'impérial Tobacco), c’était nuire à l'inti- à aller en Alaska, au Groenland ou à Panama.Québec est bien plus loin de l'Alaska que cie Londres.Pourquoi donc les Canadiens français distinguent-ils entre le service obligatoire pour l’Alaska et celui cheuses “Pourquoi donc nous qualifier de gens déloyaux, alors que nous prétendons que dans le principe la conscription tuerait la nation cana-«lienne''?me dit un nationaliste.“Pourquoi ne pas faire pareil reproche à l’Afrique du Sud, à l'Australie, à l’Irlande du Nord?Aucun de ces pays n'a la conscription pour service militaire à l’étranger”.Quand il parla de l’Irlande du Nord, mon interlocuteur sourit de Il serait fort bien pour l’intelligentsia française d’apprendre plus d'anglais et pour l’intelligentsia anglaise d’apprendre plus de français.Qn commence à employer ce ! remède.Laval et Montréal, deux s grandes universités françaises, ont; entrepris des cours d’été en fran-i çais.Nombre d’Anglo-Canadiens j les fréquentent et, de plus en plus, des étudiants de langue française sortent de leur province pour apprendre l'anglais.J’ai rencontré des professeurs de Laval et de ses collèges affiliés qui sont d’anciens diplômés «le 1-Université catholique de Washington ou de l’Université Harvard.Il n'en était pas ainsi il y a 50 ans, lorsque j’étudiais à Québec.Le Dr Scott, cité plus haut, est fils d’un pasteur anglican distingué, l’Archdeacon Scott, de Québec.Le Dr Bovey, cle M< GUI, main-temant membre du Conseil législatif de Québec, a écrit deux ouvrages excellents, fort sympathiques au Canada français.Son Canadien, \ contribution de prix a la paix du j Canada, m’a particulièrement intéressé.Le Dr Bovey est un protestant de langue anglaise.L’abbé Ma-heux, de Laval, a un excellent livre sur le Canada français et la Grande-Bretagne, et qui se vend tout aussi bien en anglais qu’en français.Je ne crois pas qu’aucune nation puisse être heureuse si elle se contente de faire de l’argent.Il faut avoir du cœur tout aussi bien que de la tête.Le vieux Québec romantique est le cœur du Canada.Et le cœur ne jalouse pas la tête.La tête doit comprendre, voilà ce qu’il faut au Canada.Centenaire de l'auteur d"'0 Canada ' Offices de l'Eglise , P°ur Londres?Simplement parce façon significative.Je me rappelai nié que a insinuer de la sorte qu II i que le service obligatoire outre * At-1 qu’il m’avait fait cadeau d’un npus- était déjà ou allait bientôt devenir ! (antique représente pour eux le lien sa créature.! impérialiste.Cela paraît être la “En cela, les défendeurs appe-j défense de l’Empire britannique lants seraient à mon sens allés plutôt que la défense du Canada et trop loin; ils auraient été pour le j des intérêts canadiens.Tout ce moins imprudents, et à coup sûr que le Québec a vouTü dire quand il il en est résulté pour le demandeur a voté non, c’est qu’il n’entend pas intimé des dommages.' M.le juge Archambault: “Lorsque l’on s’expose en alla quant, on doit évidemment s’atten- que ses fils aillent mourir pour quelque autre pays que le leur.11! n’y a là rien de surprenant”.Pourtant, de nombreux Cana- eule démontrant que Guillaume d'Orânge parlait mal anglais, mais qu'il parlait et écrivait un excellent français et qu’il avait subventionné le missionnaire et explorateur catholique, le Père Hennepin.Il est assez difficile de trouver des anecdotes plaisantes, au Canada français; mais l’humour n'y manque point.Il y en a tout plein.Ainsi mon ami nationaliste cita «ire à recevoir des coups.Il ne diens français sont déjà morts Horcl Tweedsmuir, ancien gouver-faut pas être trop chatouilleux; ( pour l’Empire pendant cette guerre-' neur «énéraux du Canada, qui a l’on peut s'attendre à ce que l’on ; ci.| dit.en 1937: “Le Canada est dise sur son compte des choses qui ; Il n'y a pas de doute que l'idéal ne sont pas toujours agréables.C’est ; des Pères de la Confédération s’ae-Tintimé qui a commencé la contre- j corde tout à fait avec celui du Dr verse; il pouvait s'attendre à une ; Scott.H a cité abondamment tous réplique.Je crois que l’intimé, qui j les chefs: Macdonald, Tupper, Ha-est un citoyen honnête, jouissant | vijand, tout aussi bien que Lange- vin et Cartier.C’est lord Monk qui j a écrit à Macdonald: “Vous et vos! collègues vous avez eu véritable- j ment l’honneur de fonder une j grande nation”.Cartier a dit, lui, ! aux Anglais: “Nous sommes de ra-' ces différentes, non pas pour nous) battre les uns contre les autres; «lu respect de ses concitoyens, a eu tort de recourir aux tribunaux.11 aurait dû se borner, s’il avait pu le faire, à une déclaration solennelle dans l’édition suivante de VEtoile du Nord, dans laquelle il aurait nié catégoriquement: tn qu’il avait acheté du tabac de ITmperial To- nne nation souveraine et ne peut avec docilité accepter de la Grande-Bretagne, ou des Etats-Unis, ou de qui que ce soit d’autre l’attitude qu’il lui faut prendre envers le monde.Le premier devoir de loyalisme d’un Canadien n’est pas envers le Commonwealth britannique des nations, mais envers le Canada et son roi, et ceux qui contestent ceci rendent, à mon avis, un mauvais service au Commonwealth.” Il aurait même pu dire à l’Em-pire, Pourquoi n'avons nous pas un MONUMENT ?ECRIVEZ N0U5 POUR PHCTOi ,DESS 1N5 ,PfUX.NOUS IR (GEONS DES MONUMENTS DANS TOUT LE CANADA hacco; 2o qu'il avait acheté 1,000,-1 mais afin de tâcher de nous dépas «tOO de livres de tabac en dehors de j ser les uns les autres dans le souci la Coopérative; 3«>, qu’il ne serait ja- j du bien public".On suggère de la générosité MmuCrwiVcrmCo.10 Saint-Jacques Ouest, Montréal.mais sous le contrôle de ITmperial | Tobacco.I “On a voulu faire une montagne j d’une peccadille, on a voulu faire ! un grand procès d’une affaire de .j peu d’importance, faisant perdre le'fût le r°i du Canada: ce qui les fit temps précieux du tribunal et oc- ; accepter un t itre moindre pour le casionnant «les frais injustifiables | Canada, c’était le souci de ne pas aux plaideurs et un a réussi; il v a!______________________________ 200 Comment empêcher les gens des doux races du Canada de se quereller?Un évêque m’a répondu: “Par la générosité.Tous tant que Aux conférences de Charlottetown et de Québec, Il y en eut qui ; ________ _______|(L> parlèrent «iu Royaume du Canada nous sommes.Canadiens français et voulurent que le roi d’Angleterre comme Anglo-Canadiens, nous sommes des enfants.Les enfants aiment les friandises.Les Anglais voudraient tout prendre.Qu’ils commencent par partager un peu avec nous.Les Canadiens français donneront alors assez de sucre d’é- LE DIMANCHE, 4 OCTOBRE XIXe dim.après la Pent.Semid., (vert) ; messe: Salus, avec G.et Cr.; 2e or de saint François, commandée; préface de la Trinité.Aux vêpres du dim., mém, des Ss, Placide et comp.mm.(I vp.) et de saint François d’Assise, (II Vp.).Od bien: Solennité extérieure anticipée de N'.-D.du saint Rosaire.Double 2e cl.blanc); messe: Gaudéamus, avec (il.et Cr.; au 7; 2e or .du dim, 3e de saint François d’Assise seulement: (cependant 4e or.commandée pro re gravi); préface de la Sainte Vierge; dernier Ev.du dim.Aux II Vêpres chantées mém.seulement du dim.et de saint E’rançois d’Assise.C (II Vp.).AU PRONE On annonce: Mercredi, fête de Notre-Dame du Saint-Rosaire; Dimanche, fête de la Maternité de Marie; Solennité de saint Michel, archange.(Aujourd’hui, on fera la collecte, dans le diocèse de Montréal, pour l’oeuvre de saint François de Sales.Dim.prochain, on fera la collecte, dans le dioc.de Sherbrooke, pour l’oeuvre des missions et paroisses pauvres; dans le dioc.de Joliette, pour les hôpitaux).L’année 1942 marque le centième anniversaire de naissance de Calixa Lavallée, l’auteur de l'hymne national O Canada.Lavallée naquit à Verchères le 28 décembre 1842.il montra très jeune ( des dispositions pour la musique et apprit le piano d’un artiste aveugle de Montréal, M.Letondal.En 1859, il partit pour les Etats-Unis, d'où il alla donner des concerts aux Indes occidentales et au Brésil.De retour aux Etats-Unis, il participa à la guerre de Sécession puis occupa le poste de directeur du Grand Opera House de New-York jusqu'en 1872.Il passa alors quelques années à Paris et prit des leçons de Marmontel et de Boieldieu.En 1875, il donna des concerts au Canada et aux'Etats-Unis.De 1879 à 1881, il fut professeur de piano à Québec, puis il retourna aux Etats-Unis, où il mourut à Boston, le 21 février 1891, à l’âge de 48 ans.C’est pendant son séjour à Québec et à l’occasion du grand congrès national canadien-français de 1880, que Lavallée composa et fit exécuter pour la première fois le chant intitulé O Canada, paroles du luge sir Adolphe Routhier, qui devint rapidement l’hymne national du Canada français.Un peu partout dans la province, des célébrations s'organisent pour rappeler le centenaire de naissance de ce grand musicien.Dans des chapitres habilement conçus1 Talleyrand et les femmes, VHomme des réalités, VHomme d’esprit et de conversation, l’auteur fait renaîtra tout le XIXe siècle avec ses pe,sonnages célèbres, ses agitations résolutionnaires, ses moeurs évoluées.L’auteur de ce livre, le comte Serge Fleurv, appartient à une famille de terriens qui a donné des soldats, des écrivains et des diplomates à ia F’r «nce 11 est le descendant du général comte F’ieury, qui fut grand écuyer de l’empereur Napoléon, ar-rière-petjl-fils de l’illustre Gay-Lus-sai.membre de l’Académie et pair de France.Volume de 2R2 pages, au comp* toir.$125.Par la poste, $1.35, Service de Librairie du Devoir.CETTE CARTE IDENTIFIE SÛREMENT LES NÔTRES Talleyrand, prince des diplomates fpar Serge FLEURY) NOTES DE L’AUTEUR: Talleyrand, figure puissante de l’histoire de France! Son souvenir éveille aujourd’hui la curiosité ! du public.Inquiet du destin de la France, chacun interroge l’histoire; et découvre dans l’oeuvre de Talleyrand une nouvelle et attachante raison d’espérer dans le génie français.Dans un beau livre, dont la lectu- ! re est des plus captivantes, dans un livre animé, plein de faits, de ta-! blcaux colorés et de traits psycho-'cgiques.on voit évoluer l’homme d’Etat et l’on fait connaissance avec l’aristocrate dont la vie intime a fait couler tellement d’encre.Talleyrand ne fut pas un homme exemplaire.Souvent dans ses traités, il se montrait vénal, cupide; par ailieury il déserta les partis politiques, “comme le rat quitte le bateau qui va faire naufrage".Mais on a écrit avec raison que s’il fit ses affaires, il fit aussi celles de la j France Ses défauts furent en quelque sorle providentiels.Si la mo-, raie le' réprouve, la diplomatie les couronne.IA LIGUE Di L'ACHAT CHU NOUS i6'6 616> M« 'V.-raes- 16) 'i' s^oigc*;_____ COUPE MAISONS D'ENSEIGNEMENT^ ET HAUTE COUTURE Institut Madeleine de Verchères Cours privé complet.Système breveté.Dessin des croquis.Création de Modes pour dames et messieurs.Cours Jour et soir.— Diplômes décernés.Mme A.de LAMIRAND 1038 est.MONT-ROYAL.AM.«91 pages de preuve; le procès aj duré (rois jours, il y a $203 de frais ! hésité avant d’accueillir l’appel, car de sténographie seulement.i je considère que les actes des ap- ( rable pour qu’il y ait plus de frian “La Cour «l’appel n’intervient pelants dans les circonstances ne ! .«lises pour tous.Asseyons-nous à pas généralement dans l’apprécia- ! sont pas très répréhensiblesâ.Il j l’ombre de l’érable, dans l’érabliè-| ____________ Hon des dommages ou de la preuve s’agissait d’une question d’intérêt, re, ouvrons des oeufs pour les jeter ; ; qui a été faite par le tribunal de i public.les articles ont été écrits ! «ans 10 sirop frais et nous en joui- première instance, à moins de eir-jnu cours d’une polémique.rons ensemble.” A**.«IjbMfl ! constances qui ne permettent pas à ; “Dans les circonstances, j’accueil-; Voila parler en diplomate, imprimes OS oeuuilla Cour d’appel d’approuver les lerais l’appel avec dépens; je mo- « un homme d affaires de sens ocuaoi-i-ueiuTc ! montants de la condamnation.i difierais le jugement a quo et je j p”is pr,a,1 © PL.23 1 2 3 l 4 5 6 7 8 9 10 11 12 n 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 ! 25 26 27 28 29 30 31 tion est grande.Pensent-ils aux trente et quelque millions rie dollars par année que le Canada reçoit des touristes?L’aimant (pii les attire ici, c’est le Québec.Croyez-vous que les Américains viennent au Uanada voir «les fabriques dans l’Ontario, quand ils en ont de beaucoup plus belles et beaucoup plus grandes chez eux?Le Québec peut paraître démodé aux yeux modernes; mais l’Américain qui vient ici ! veut voir des choses de l’ancien temps.Or le Québec, pour lui, ren-I renne la beauté, la romance, l’his-i foire et la religion.“Ontario peut garder scs comp-i loirs, le Québec se satisfera du res-| te.Le touriste veut voir quelque I chose de différent par comparai-i son avec ce qu’il voit chez lui.! Nous sommes fiers d'être diffé-I rents et le fait que nous le sommes : enrichit le Canada.“Les Anglo-Canadiens sont pro-priétairos de bateaux et de chemins I de fer, ils en tirent du profit.Nous' ! avons quant à nous la satisfaction ! r Matthew Huber, de Louisville, Ky.En 1896, mère Marie-Rose, qui était alors une artiste, se joignit à la mère Alphonsa Lathrop, ïille rie Nathaniel Hawthorne, nouvelliste, pour la fondation des Servantes pour l'assistance aux cancéreux qui, trois ans plus tard, devaient devenir une communauté religieuse sous les auspices des Soeurs Dominicaines.En 1913 les Servantes des cancéreux s’installèrent dans le nouvel hôpital de cinq étages de la rue Jackson, où vient de mourir mère Marie-Rose.Ce n’est pas avant 1901 qu’elles ouvrirent le Rosary Hill Home à Hawthorne, New-York, avec Mère Alphonsa en charge avec le titre rie Mère générale.Cette dernière est morte en 1926 et Mère Marie-Rose lui succéda à Hawthorne.Depuis 1926, durant les années d’office de Mère Maric-Rose comme Mère générale, quatre nouveaux hôpitaux ont été ouverts au profit des cancéreux incurables: le Sacré- XVlIle siècle, il n’y avait pas de routes en Canada, sauf ici et là quelques bonis de chemin sans liaison entre eux; le fleuve et les ri-_____ vière.s étaient les grandes voies de M*,e Mcrie-Rose, de, j OLIVER LIMITEE Tailleurs et Couturiers pour Dames AYANT DISCONTINUE LES AFFAIRES DISPOSENT ACTUELLEMENT DE LEUR STOCK Importé Exclusif de I AINAGES et SOIERIES Maintenant au Deuxième Plancher, Suite 2121 de 10 h.a.m.à 6 h.p.m.tous les jours.Les tissus de cette qualité sont pratiquement disparus du marché et ne peuvent pas être remplacés à cause des conditions de ’ * guerre.Il DERNIERE SEMAINE H j • Il y va de votre avantage de vous hâter si vous desirez profiter de ces superbes valeurs.t r «ni !.s : : : : : : : n : : : : : : : tmrrtLnxr : nu : i.! ' Les activités féminines L’Ecole d'action sociale Depuis plus de dix ans, l’Institut Pédagogique fait donner à l'adresse des Institutrices et des personnes qui s'occupent d oeuvres et d'Actlon catholique des cours ne sociologie d'une portée très pratique.Le but de l'Ecole n'est pas de former des sociologues mais des éducatrices capables de comprendre les problèmes sociaux et d'intéresser leurs élèves aux dl-ierses activités familiales, professionnelles ou sociales qui réclameront plus tard leur concours.Ces cours se donnent de 2 é 4.le samedi après-midi, d'octobre à mai & 4378 boul.Westmount.Ijes cours commenceront samedi, le 10 octobre.Demandez le prospectus en y Joignant un timbre pour l’envol.Chez les RR.PP.Franciscains La retraite annuelle — visite canonique — pour las Tertiaires de la Fraternité Sainte-Elisabeth commencera le dimanche 4 octobre, à 2 h.30, et sera prêchée par le K.P.Joseph-Alfred, O.F.M., vicaire du couvent de IiContréal.Les exercices sur semaine auront Heu le matin é 8 h., l’après-mldl, à 2 h.30, et la soir, à 7 h.45.Les Soeurs tertiaires sont priées de suivre les exercices fidèlement.L'Aide aux jeunes sourds-muets pauvres Jeudi, le 1S octobre prochain, à 8 h.du soir, les Dames patronnesses des Sourds-Muets donneront une partie de cartes à 1 Institution des Sourds-Muets, 7400, boul.S.-Laurent, au profit des Jeunes sourds-muets pauvres.Les billets sont en vente chez Mme Z.-H, Lesage, présidente,’11.rue S.-Zotlque, CRescent 1662.(Corn.) Pensionnat Se-Emeli* Les soeurs des SS.NN.de Jésus et de Marie, du Pensionnat Se-Eméîle, VlauvlUe.Invitent très cordialement leurs anciennes élèves à se rendre nombreuses à la réunion annuelle qui aura lieu samedi, le 17 octobre.à 2 h, et à laquelle assisteront les anciennes maltresses pour leur souhaiter la plus chaleureuse bienvenue.Toutes les anciennes élèves sont priées d > considérer cette Invitation comme personnelle et d’en faire part à celles que ] Alma Mater ne peut atteindre par lettre-circulaire.Aux anciennes du Sacré-Cœur L'Association des anciennes élèves du Sacré-Cœur organise une réunion d’automne pour ses membres qui n'ont pu assister a la fête annuelle du Sault.Cette réunion aura Heu le dimanche 4 octobre, à 3 h.au couvent de Montréal, rue Atwater.Toutes les anciennes sont les bienvenues.A S.-Félix-de-Valois La Supérieure et les membres du Conseil de l’Amicale Invitent bien cordialement toutes les anciennes élèves à se réunir é leur Alma Mater, dimanche le 18 octobre, à 1 h.30 de l'après-mldl Que toutes et chacune veuillent bien considérer cette Invitation comme personnelle.Cours publics à l'Ecole d'Education Familiale et Sociale Des cours publics d'art culinaire, de coupe, de couture, de raccommodage, de travaux de lantaisle à TalTUllle.de tricot e, d'arts décoratifs se donneront le tour et le soir, à l'Ecole d'Education Familiale et Sociale depuis la première semaine d'octobre lusqu'en mai.Pour tous renseignements s'adresser K 1215 est, boul.8.-Joseph, DO 8196.Le prospectus est envoyé sur réception d’un timbre pour les frais de poste.Partie de cartes Lundi le 5 octobre, à 2 h., sou» la présidence d?Mme R.de Tilly, dans la salle du no 4312 rue Papineau, aura Heu une Partie de cartes, au profit de l'Oeuvre de la Réparation & la Très Sainte Face Inc.Cordiale invitation à toutes les dames Chez les employées de magasin L’Association professionnelle des employées de magasin, invite tous ses membres anciens et nouveaux à venir assister à sa première réunion mensuelle qui aura lieu dimanche le 4 octobre, à 3 h.30 dans les salons de la Fédération nationale St-JeJan-Baptiste, 853 est, rue Sherbrooke.Une causerie sera donnée par l'aumônier de l'Association, l'abbé Gérard Hébert.Il y aura programme musical.Toutes les amies de l'Association, les dames et demoiselles employées dans les maisons de commerce sont cordialement invitées.Hôpital du Sacré-Coeur, Cartierville Les membres de l’Association des Oar-des-Malades Graduées de l'Hôpital du Sacré-Cœur, Cartierville.sont Invités à assister à une asesmbiée générale, qui aura lieu à l'hôpltai, mercredi, le 14 octobre, & 8 h.du soir.La Musique Ethel Starke aux Etats-Unis Chez les Dames hospitalières Les dames auxiliaires du Corps royal médical canadien et du Corps dentaire canadien ont tenu leur assemblée générale au cours de laquelle on a fait lecture de rapports intéressants démontrant que l’on est venu en aide à nombre de personnes nécessiteuses, au cours de l’été dernier.Des cigarettes,' des bonbons et autres douceurs ont été envoyés aux homikes en service outre-mer.La tête fui eut lieu en juin dernier, pour tes soldats de ces deux unités a remporté un franc succès; près de COü personnes y assistaient., Nombre de personnes ont aidé de leur urgent les dames auxiliaires pour apporter de plus en plus de réconfort matériel aux hommes en service actif.Voici les résultats d’un tirage de bons de la-victoire, qui s'est effectué à l’assemblée.Gagnants: docteur Georges Nadeau, avenue Church, Verdun; R.S.Mac-Bain, Saint-Hubert, P.Q.; F.Mor-rice, Lincoln Apartments, \V.Johnson, rue Bishop, A.Kelly, hôtel Windsor, Mme D.Johnson, Châ-ttauguaq, l'.Q.; T.Dickisou, avenue Western, S.Shcff, rue De Vimv, et Mme W.IL P, Hill avenue MacKay.Fabrication de 2 millions de cravates Ottawa, 3 — Le ministère des Munitions annonce qu’on a employé 31X1,000 verges de célanese et 100,000 verges de laine et de coton à doublure pour fabriquer les 2,000,000 de cravates noires, achetées jusqu’ici pour les forces armées et pour les organismes féminins des (rois services.L’achat le plus récent de crava- J tes était destiné au Corps auxiliaire f-minin de la Marine royale canadienne qui est en voie d’organisation.On a aussi acheté des cravates pour le Corps d’aviation royal canadien, pour la division féminine du Corps de l’aviation, pour l'armée, pour le Corps auxiliaire féminin de l'année et pour la marine.Echos de la mode Les sacs à mains — Le cuir d'un sac à main suffit à fabriquer une paire de gants d’aviateur.Ces argument suffira à convaincre les femmes de n’acheter qu’un sac à main de bonne qualité, et encore si elles en ont réellement besoin.Les poignées seront probablement en bois, puisque le métal est tellement nécessaire à nos industries de guerre.La laine — Si les Canadiennes font attention il y aura assez de laine pour parer aux plus pressants besoins.Mais il faut l’employer avec discernement.Ne pas acheter, par exemple, plus qu'une robe de lainage cet automne.Les tricoteuses peuvent aider à conserver la laine.Refaire -les pieds des chaussettes de laine quand la partie de la jambe est encore bonne, ou bien encore en faire des petits bas pour enfants, ou tricoter des carrés de 7 x 7 ou 10 x 10 qui, cousus les uns aux autres, font des couvertures bien chaudes, fort appréciées des populations atteintes par les coups de l’ennemi.Ârchiconrréne N.-D -des-Malades “DONNFR AV~ CHRIST TOITKS NOS SOUFFRANCES” C.H.L.T.vendredi, 2 h.lô de l’après-midi, causerie aux malades.Chers amis, Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, dont nous célébrons la fête le 3 | du présent mois, avait bien raison ^ de dire que les brebis qui sont près du pasteur sont les mieux traitées.| Et par vos souffrances, vous êtes non seulement près tie votre divin' Fasteur, mais vous êtes en quelque sorte identifiés avec lui.selon celle autre parole: “Ceux qu’il prédestine il les veut conformes à l’image de son divin Fils crucifié”.Etonnement, non: Rien d’éton- 1 liant qu'au cours de la neuvainc annuelle, vous ayez été l’objet d’attentions spéciales de la part du Maître et de Notre-Dame des Malades.Combien de malades ont eu le j bonheur de prier au pied de la statue de la Vierge?Combien d'autres ont pu suivre, à la radio, les exercices faits spécialement pour la paix de l’âme, et la paix dans le monde?Combien ont éprouvé la joie d’assister à la fête, de prendre j part au neuvième pèlerinage, d’è- ' tre bénis et consolés, par les gestes et les paroles de Son Excellence Mgr l’évêque de Sherbrooke, l’ami des malades?Guérisons : Si nos chers malades ne sont pas tous guéris corporellement, beaucoup le sont spirituellement.Tous cependant sont consolés et encouragés.La plupart retournent au foyer en disant: “Si je ne guéris pas, c’est qu’il est préférable pour moi que je reste mala- | de.La maladie, c’esl pour moi : mon salut et ma sanctification.” Cérémonie imposante : — Celle cérémonie est des plus impression- ' liantes et fécondes.Combien se ¦ sont unis à nos cérémonies et aux 1 supplications récitées par le direc- ’ leur des pèlerinages, et répétées par la foule des malades, et aux fidèles priant pour leurs aviateurs, : marins, soldats, et leurs parents?Ces invocations évangéliques, nous les donnerons dans le prochain numéro, voulant faire plaisir à quantité de malades qui nous ont fait la demande.Nous leur conseillons aussi de réciter la paraphrase des Litanies de Notre-Dame dei Malades, parue dans le Messaget du 16 août dernier.Zoêl FRECHETTE, ptre, Hôpital Général Saint-Vincent de Paul, Sherbrooke, P.Q À propos de communiqués, de billets, d'articles, etc.Tous les communiqués d’intérét Dminin doivnni être envoyés i le directrice de le page féminine du “Devoir”.Lis communiqués qui ne r ont ?a! écrit» lisiblement, sur un seul côfé du feuillet et sur une feuillt de form-t ordinaire ne seront pas Ncus ne recevrons pas les corn-—if mués nar téléphone.Nous ne nous ENGAGEONS PAS A OUBLIER PLUS DUNE fOIS LE MEME OMMUNQUE Tout communiqué doit être ligné et nous parvenir AVANT QUATRE HEURES, LA VEILLE DE SA PUBLICATION.Les bilfeis.erticKs.poèmes, envoyés au journal doivent être dactylographiés egalement sur un seul côté de la feuille.LA DIRECTION Musicienne bien connue, avant de devenir l’àme et la directrice de la Symphonie féminine de Montréal, Mlle Stark s’est fait une reputation encore plus grande depuis deux ans.Elle n’est pas seulement une des figures dirigeantes dans le monde musical au canada.Elle sera prochainement acclamée par les amateurs de musique aux Etats-Unis.Et voilà du nouveau! Ethel Stark sera la première Canadienne à diriger bientôt le Neiv York Citg Symphony Orchestra, dans une série de concerts.Elle est aussi appelée à diriger le Norfolk Symphony Orchestra.Invitée à la direction du Neiv York City Symphony Orchestra — qui comprend plus de 100 musiciens — Mlle Stark est d’emblée classée avec sir Thomas Beecham, Fritz Reiner et d’autres célébrités musicales qui furent les chefs d’or-cheslre de cette organisation musicale de la métropole américaine.Son engagement au Norfolk Symphony Orchestra est aussi une distinction rare.CHAPEAUX de FEUTRE pour ('AUTOMNE Le plus xraml assoftimrn* tn ville— A PARTIR DE w CHEZ CHARLEBOIS 12 MAGASINS a votre SERVICE Mme E.-E.DuVERGER Propriétaire KAY SENEZ Gérante ^msonduvE((G£r nio, Ave BERNARD,, CR.1752 POSTICHEURS PERRUQUIERS SPECIALISTES EN COIFFURES DE TOUS GENRES EVITEZ) J5 Ai LES REPROCHES ^ Monsieur grondera :SI vous attendes trop tard ! SI veut dedai- ' j gnex les aubaines qui vous sont offertes maintenant ! SI vous plus cher ! SI vous n’avei pas votre manteau à temps n fin de compte, vous N'ACHETEZ PAS MAINTENANT! SEAL HUDSON Ondatra (Rat musqué teint) Depuis Mouton de Perse Depuis ^225 jusqu A : 355.et 395.Jusqu'à : 425.et 595.CHAT SAUVAGE RAT MUSQUE Depuis Depuis ^ 85 Jusqu e ; 295.et 375.jusqu'à : 225.et 295.CH.3181 i y 1473, rue AMHERST y.' ***" •.* ¦ Feuilleton du "Devoir' L’erreur de Marie^Luce par GERMAINE DU VAL 9.(Suite) El Marie-Luce parla, parla, tout ’n mangeant, — ce qu'on lui avait oujours défendu de faire quand die était enfant!.Sur le point de partir pour la gare, Maric-Luce, tout d’un coup, tensa à sa valise.Elle demanda: — Et ma valise?Vous n'avez néme pas fait attention à ma valise, Bonne-Miche!.Pourtant, elle est toute neuve et elle me vient de vous, sans que vous vous en doutiez!.La précédente ne tenait vraiment plus debout.Et votre fénéreux mandat m’a permis cet achat supplémentaire, ajouta la jeune fille avec un beau sourire de reconnaissance.- Notre vieil Antoine a dû la monter dans ta chambre, répondit Mme Prêcheur.Je suis bien heureu-dc t’avoir fait, sans le «avoir, ce plaisir supplémentaire.Tu me la montreras lorsque nous serons de retour.Mais si tu n'es pas pressée de l’ouvrir, il serait préférable que nous partions sans plus tarder, car nous risquerions sans cela que le train de ta cousine arrive avant nous à la gare! Elles partirent.Mais, au lieu de longer la grand'route, elles emprun- tèrent des chemins verdoyants qui abrégeaient leur trajet.De doux chants s’élevaient des haies où des oiseaux amoureux bâtissaient leurs nids.Marie-Paule était blonde comme Marie-Luce était brune.Scs yeux larges et clairs comme des émeraudes contrastaient également avec le joli regard foncé de sa cousine.Sa beauté, vraiment imposante, eût été parfaite si sa bouche, un peu trop grande, n'avait eu la manie de prendre à tout instant un pli narquois que sa famille, il est vrai, ne remarquai! plus.El, de meme, sur son front droit, blanc, bien dégagé sous les bandeaux relevés de ses beaux cheveux, ses sourcils en arc se relevaient souvent dans un mouvement hautain qui semblait un recul de l’âme trop fière blessée par un contact mesquin, â moins que ce ne fût une interrogation sans indulgence envers des inférieurs.Marie-Luce ne sc faisait point de ces réflexions.Elle aimait de tout son coeur sa cousine.Elle admirait sans réserve sa beauté, son intelligence, son énergie.Elles s’embrassèrent tendrement lorsque Marie-Paule sauta du train, juste au moment où Marie-Luce arrivait en courant près de sa jïortiè-re.Puis, ce fut Bonne-Miche qui reçut l’accolade de la nouvelle arrivante.Et toutes (rois, gaies comme des pinsons, dans ce ravissant matin printanier, reprirent ie chemin de “la Chouannerie”.Les feuilles clapotaient doucement du haul en bas des peupliers, comme pour se raconter leurs peli-tes histoires particulières; tout vestige de brume s’était dissipé; les prés éclataient de verdure et de fraîcheur, cependant que le soleil chauffait agréablement l’atmosphc-rc.Lorsqu’elles furent sur le point d’arriver à la maison, Mme Pré cheur remarqua: — Il est près de midi.Fanchou aura mis la table.Nous déjeunerons de bonne heure, enr tu dois avoir besoin de te réconfoj ter, Ma- rie-Paule?Est-ce que l'air d’ici net le donne pas déjà de l'appétit?— Je vous reconnais bien la • bonne-maman: aussitôt que vou j nous avez près de vous, vous nous ! faites manger, boire, rire, nous reposer! Ose dire, Marie-Luce, que tu n'as pas déjà mangé quelque bonne chose depuis que tu es ici! j Marie-Luce éclata de rire.— Non, non, je ne le dirai pas! j En effet, j'ai déjà été gâtée en arri-; vaut ici! Mais, ma foi, le grand air aidant, je crois que je ferai encore, autant que toi, honneur au déjeuner! Mme Prêcheur exulta.- Alors, mes petites, à table!1 dit-eile.Vous ne vous occuperc,, de vos valises qu’aprês le repas, Si | vos robes sonl un peu chiffonnées, un coup de fer sera vite donné! Après un déjeuner copieux et succulent, confectionné avec simplicité, mais selon les saines tra-j ditions rurales, par la bonne Fan chou.Mme Prêcheur dit à .ses petites-fille*: •— Mes enfants.Je vais aller faire ma siesta habituelle, nendant une heure.De votre côté, si le coeur vous en dit.allez vous promener dans le jardin.Nous nous retrouverons ensuite.Quoique vous ayez déjà abondamment bavarde j pendant le repas, je j«.is certaine , que vous n’avez pas encore épui- j sé vos réserves de causeries.“Et puis ajouta-t-elle avec malt ! ce, les jeunes filles ont quelquefois j à sc confier de petits secrets qui ne regardent pas les grand’-ma-mans!.—Oh! Bonne-Miche!.protesta avec Vlan M aric-Liice, La vieille dame insista gentiment: — Mais si, mais si.je sais ce que je dis, mes enfants! Allez bavar der.Le vieux banc sous l'épicéa, au bord de la douve, vous attend toujours.Profitez du bon air, du printemps, de vos prochains vingt ans! Bavardez! Bavardez!.Les yeux de Marie-Luce et de Marie-Paule, brillants de plaisir et d’affection, la remercièrent une fois encore de sa bonté.Puis, se tenant par la main, comme au temps où elles étaient gamines, en courant, elles s’évadèrent derrière la vieille maison, non du côté des tulipes, mais du côte ib la pelouse, au bout de laquelle un longue douve pleine d’eau som meillait à l'abri d’un grand saub et d'un rideau d’ormeaux.Un arbre de Judée tout en fleur, mettait le flamboiement de sa tein le violette parmi la verdure jcun« Marie-Luce s’arrêta extasiée.Oh! Marie-Paule, que c’es beau! s’exclama-t-elle.Tous le j printemps, j'éprouve ie niêm émerveillement pour ce saule et soi I extraordinaire feuillage: avan d'être vert, i! est jaune comme ut [arbre in automne! El cependant | on le sent vivant, pénétré de lu j mière et de chaleur! : Marie-Paule s’intéressait beau coup moins que sa cousine au I charmes de la nature.Elle répon [ dit cependant: Oui, il est splendide! Mais elle poursuivait une autr t idée.Elle ajouta donc: I (à suivre) Ce Journal est Imprimé tu no 430 ru> Notre-Dam; est.k Montréal, par i'Imprl merle»r’opulalre (à responsabilité Umltêel éaltrltv-proprlétaire, — Qeorge» PeüfMsi directeur-gérant. lE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 3 OCTOBRE 1942 VOLUME XXXIII — No 230 LES LETTRES AU CANADA FRANÇAIS Les titulaires du prix David 1942 j.Courrier des lettres par Roger DUHAMEL Problèmes de la sexualité, en collaboration Le Notaire du Havre, par Georges Duhamel Le voyage du centurion, par Ernest Psichari Nous connaissons depuis quelques jours les titulaires! l'autre, je le répète.1 n’y ont intérêt.Et si, comme je le' des prix David pour l'année 1942.Dans l'ensemble, Ici crois, le prix David doit d'abord exprimer l'encourage-choix des divers jurys paraît judicieux et conforme à l'opi-j ment de la province à un écrivain qui n'a pas encore nion générale.Il n’y a donc lieu qu’à féliciter les écrivains! atteint à la notoriété, c’est aux Courriers des Villages qu’il qui obtiennent une reconnaissance officielle et pécuniaire| appartenait incontestablement.de leurs mérites littéra.res a,ns, que les juges qui ont su Jc dois icj ]ndiqucr une préf-rence pmonnellî, qul nc prob,è j , scxua|jtc discerner les oeuvres de valeur parmi le fatras des publica- jftte aucun doutc sur Ia haute compaence du jury.Ce rr0DICmCS dc la S^XUalltC 1,0|1S , , n'est pas sans quelque regret que j’ai appris que mon ami I! v a cependant, a mon sens, un point a soulever, et, Robm Charbonncau.sans doute le plus doué de nos ro- ! gue connue, nous n’avons plus à! nous préoccuper des divers inci-j dents.Ce qui nous intéresse au-1 jourd’hui davantage, c'est l'admira- ; ble justesse de ces événements, leur présentation et leur enchaînement.| Ce qui nous permet de constater : par nous-même le grand artiste qu’est Georges Duhamel.Je ne raconterai pas la première tranche de l’histoire du clan Pas- qu.ne concerne pas spécialement les décisions de cette ; m;mciefs n.avait d;croché quc lc troisième prix pour son année.La province de Quebec, - on le répétait ,1 y a roman //s posséderont ,a [erre „ ne fallt pa$ s arrîter a ,a une quinzaine au congres dc la Canadian Authors Association tenu à Montréal—, a été la première à accorder son attention au travail de nos écrivains.Scs gouvernants ont compris que l’activité littéraire et scientifique, pour gratuite qu’elle est, méritait cependant l’encouragement des autorités civiles.C'est pourquoi ils ont institué un prix annuel qui récompense les auteurs et les met aussitôt en vedette.Excellente initiative, nullement inspirée par une excessive générosité, mais par le souci d’accorder à nos lettrés un intérêt au moins égal à celui que suscitent les autres classes de la population.Pour ma part, toutefois, j’aimerais beaucoup savoir si l'idée du législateur, comme on dit en termes savants, a été d'encourager les jeunes écrivains dans une voie semée d'embûches, surtout au Canada français, ou tout simplement de décerner un prix à l'oeuvre jugée la plus belle.Je n'ignore pas qu'il y a, jusqu'à un certain point, possibilité de concilier les deux, et jc crois que c’est exactement ce à quoi l'on tend en général.Il serait bon néanmoins de connaître avec précision les intentions du secrétariat provincial à cet égard et les directives qu’il fournit aux membres de ses jurys.Cette curiosité, on l’avouera, n’a rien de malsain et s'inspire uniquement du désir d’établir clairement une position, puisque les deux conceptions se défendent également avec d'excellents arguments.Je r hésite pas toutefois à écrire que j'estime qu'il serait préférable de faire du prix David une aide matérielle et in*e!lectuelle à des écrivains au début de leur carrière.Sans vouloir être désobligeant pour qui que ce soit, il est indispensable d'entrer dans les détails.J’ai écrit trop de fois le bien que je pense de Trente Arpents pour qu'il ( soit nécessaire de répéter longuement que le roman de ! Patc'cu^res au ^anatla- Ringuct est sûrement l'un des meilleurs parus chez nous.1 L’un de scs collègues à McGill, le professeur J.-P.Hum-II reste toutefois le fait que Ringuet a d’abord publié en i pbrey, a publié il y a quelques mois The Inter-American sécheresse linéaire de cette fiction, mais s'efforcer d’en percevoir le sens profond, les résonances intimes.C'est un livre qui gagne à être relu, car on y découvre alors une intensité unique dans nos lettres, une psychologie très sûre et une atmosphère d'une rare qualité.Charbonneau nous a appris que nous n’étions pas condamnés toute notre vie à ne lire au Canada français que des romans paysans.Il a voulu exploiter une veine neuve chez nous, il s'est efforcé, et il a partiellement réussi, à introduire dans des personnages de roman des préoccupations largement humaines.bien préférables, à mon sens, à des sentiments souvent stéréotypés et qui ne correspondent guère à la réalité.Pour une oeuvre d'un souci aussi élevé, j’aurais souhaité que le jury du prix David se fût montré plus généreux à l'endroit de Charbonneau.Je ne saurais non plus passer sous silence deux lauréats de la section des sciences morales et politiques en langue anglaise.La personnalité de ces écrivains et les sujets qu'ils ont traités avec une maîtrise consommée exigent que j’en dise un mot ici.M.Frank Scott, cet universitaire anglo-canadien qui est l'un des esprits les plus pénétrants dc sa génération et qui étudie avec objectivité et sympathie les problèmes ethniques du Canada, a publié il y a quelques années un ouvrage.Canada Today, qui fêta longtemps autorité et où l'on puise une foule de renseignements extrêmement précieux.L'édition française de ce livre a connu un succès mérité.Le professeur Scott possède l’art de scruter en profondeur toutes les questions qu'il aborde.Son étude sur notre pays constitue une synthèse fortement documentée et nous aide à comprendre les complications System où il expose avec clarté la question du panamérica- nisme.ses antécédents historiques, ses caractères politiques,! sonj’ tr°P souvent, posés en termes ., .M .a •.exclusivement biologiques et ms diplomatiques et économiques, le rôle que peut et doit jouer le Canada dans un rapprochement panaméricain qu'exigent à la fois la géographie et la pleine conscience de nos intérêts collectifs de peuples d'Amérique.C’est un travail remarquable.Je félicite donc sans restrictions le France son livre, qui lui a valu, outre de nombreux élo ges, plusieurs récompenses académiques.La traduction anglaise lui a mérité le prix du vice-roi.Tour cela est très bien et personne ne s’en réjouit plus que moi.Je me demande cependant pourquoi le jury du prix David a cru necessaire dc couronner à nouveau une oeuvre déjà consacrée.Ringuet n'en retirera aucun avantage additionnel (sauf $600!) et ses Trente Arpents n’en acquerront aucun lustre nouveau.Lc jury a dû se faire cette réflexion et, pour contenter tout le monde, il a partagé le premier prix entre Ringuet et Clément Marchand, l'auteur de ces admirables Courriers des Villages, qui demeureront l’un des plus beaux et des plus solides livres dé1 prose écrits par un Canadien fran-1 , - , , .• r-., • .que la tache d un jury est toujours ardue et que, quel que çais.C est la une demi mesure destincc a rallier toutes les 4 ., .J .4 soit le jugement qu il emette, il sera invariablement cnti- I.es rééditions canadiennes d’ouvrages français se succèdent à un rythme rapide.Nous devons nous en réjouir, car les éditeurs font dans l’ensemble preuve d’un goût très juste et nous permettent d’enrichir notre bibliothèque.De cette façon, nous regrettons moins l’interruption momentanée des arrivages de livres français.Cette semaine, je signale à l’attention des liseurs quelques volumes français d’un mérite indiscutable, qui viennent de paraître à Montréal où ils étaient depuis longtemps épuisés.Dans les années qui ont précédé la guerre, la collection Présences, publiée par la maison Plon, pré-sentait un groupe d’ouvrages dont aucun n’était indifférent.Les deux meilleurs, à mon sens, étaient ceux consacrés aux Juifs et aux Problèmes de la sexualité.C'est ce dernier que les Editions de l’Arbre lancent de nouveau sur le marché canadien.C’est un travail accompli en collaboration par des écrivains et des spécialistes éminents qui ont abordé tous les aspects de la question avec lucidité et avec franchise.Jc nc connais aucun autre livre sur le sujet qui possède une aussi incontestable valeur.Il est évidemment impossible de parler longuement des études, au nombre d’une quinzaine, qui forment la matière de ce bouquin.Toutes ne sont pas, à vrai dire, d'une valeur égale ni d’un intérêt aussi captivant, mais la plupart fournissent néanmoins d'opportunes lumières sur un sujet que beaucoup de gens ont jusqu'ici traité par prétérition.C'était une grave erreur, inspirée par une ridicule pusillanimité.Nous commençons maintenant à en revenir et ce n’est pas trop tôt.“Les problèmes de la sexualité matérialistes; on croit les avoir résolus quand on a formulé quelques règles ou quelques hypothèses sur la çperète dynamique des instincts.C’est oublier qu’il existe, dans l’homme, d’autres forces que les jury d’avoir couronné les oeuvres des professeurs Scott et! forces instinctives, et que, si im- Humphrey.Même si je ne puis approuver entièrement les choix de 1942, je m'empresse de souligner le beau travail poursuivi depuis plusieurs années par les autorités provinciales en faveur des écrivains canadiens.Je n’ignore pas non plus opinions.Est-ce à dire qu elle est tout à fait juste?Il y a lieu d’en douter.Pour accorder à Clément Marchand la notoriété à laquelle il a droit, il eût mieux valu ne pas l'obliger à partager ex aequo le premier prix avec Ringuet.Ni l’un ni que.Néanmoins, j'aimerais beaucoup connaître l’opinion officielle sur la nature exacte des prix David.Il n’y aurait plus ensuite qu'à l’approuver ou à la condamner! Roger DUHAMEL En lisant les revues La jeunesse de Flaubert T es tôt, Flaubert a été possédé dc la grande passion de toute sa vie: l'art.Possession est le terme exacl, car il s'agit à n’en pas douter dune espèce d’envoûtement qui ne le quittera jamais, auquel il sacrifiera toutes les joies ordinaires de l'existence.11 se considère lui-même comme un galérien rivé à «n dur esclavage, incapable de mo-ilifier le cours de sa deslinée.Péniblement.avec une conscience scrupuleuse de sa mission d'écrivain, il écrit Madame Bovary, “le plus illustre, et le plus justement illustre, des romans français”, note Mau- prit et l’on s'étonne de sa maturité.De Rouen, il écrit à Chevalier le 14 août 1835 un mot courroucé où se découvre déjà celui qui devait honnir avec tant d'âpreté le bourgeois et le médiocre: “Je vois avec indignation que la censure dramatique va être rétablie et la liberté de la presse abolie! Oui celle loi passera car les représentants du peuple ne sont autres qu’un tas immonde de vendus.Leur but c'est l'intérêt, leur penchant la bassesse, leur honneur un orgueil stupide, leur âme un tas de boue; mais un jour, jour qui arrivera avant peu, le peuple recommencera la troisième révolution; gare aux lè- se pliera de bon coeur à tous les petits renoncements de la vie familiale.En 184(5, son père, le docteur Flaubert, meurt dans la force dc l’âge d'un phlegmon de la cuisse.Quelques semaines plus tard, une fièvre puerpérale emporte sa soeur, portant que soit le corps dans ’a personne humaine, il ne la conditionne ni ne la détermine tout entière”.C’est donc à une synthèse même chez les plus hautes, même chez les plus grandes”.Hélas! F'iaubert demandait à une femme, surtout à Louise Colet, beaucoup plus qu’elle ne peut donner.La déception rt’a nas tardé à venir.“Lézard littéraire qui se chauffe toute la journée au grand soleil du beau”, Flaubert écrit-il de lui-même.Il invente des plans de romans, il combine des péripéties, il écrit beaucoup, mais il ne songe pas à publier.Toujours insatisfait, quoique habité d’un grand orgueil qu’il rcconnait lui-même, il n’ose affronter le feu de la critique, qu'il méprise cordialement.Pourquoi publier, les lecteurs sont si médiocres! Ce refrain revient souvent sa chère Caro, qui laisse un enfant auquel Gustave s’intéressera toute j dans sa correspondance.Moins que sa vie.Pour sa mère, il nourrit ; quiconque, il n’a pas le goût de se loi'-,, L'Education, Salammbô, La1 les.gare aux ruisseaux de sang.Tenlttlion, Les trois contes.i Maintenant on retire à l’homme de De cette exigence excessive vis- 4t'lrf.s s?' conscience, sa consc.ien-à-vis soi-même et de son culte (>•' ct‘ “ iU"tistc.Gui notre siècle est.une affection filiale qui ne se démentira jamais.Durant son long voyage en Orient, il lui écrit des lettres débordantes dc tendresse.Jusqu’à la fin, il lui sacrifiera beaucoup de ses plaisirs, pour ne jamais 1 attrister.Il semble avoir éprouvé pour son frère Achille une amitié plus distante, ce qui ne l’empêche pas de conserver avec cette famille des relations suivies.Il n’est pas exagéré d’écrire que Flaubert a eu le don de l’amitié.Il n’a pas toujours été payé de retour.Ernest Chevalier fut son premier ami; malgré la diversité de leur vie, Gustave lui gardera toujours un souvenir ému.Il y eut aussi Alfred Le Poittcvin, mort très jeu- mettre en évidence; de se pousser, d’arriver.Il rabroue vertement Du-camp qui lui conseille de venir dans là capitale pour y faire son chemin dans la république des let- linguistique forme naîtraient les affres ai aitre.Il est resté fier et grand, phi*, fie: et plus grand que jadis, car il a mérite, par les souffrances de ses pères, des chefs nés sur son j:ol.nourris dans ses foyers, forlifiér à l’ombre de ses églises, for-ués sous l’inspiration d’un passé qui se renouvelle dans ses gloires les plus pures," Trois siècles de travail et d'héroïsme Quelles paroles consolantes et réconfortantes! Lorsque nous les entendîmes prononcer, de nos coeurs débordant d’émotion, montait un hymne de reconnaissance vers Notre-Dame de l’Assomption, la patronne de l’Acadie, celle qui a sauvé notre peuple du naufrage et qui a veillé sur lui pendant les jours les plus sombres et les plus malheureux de son histoire.Oui, notre joie était indicible, car le Père commun des fidèles, par la voix de son plus haut représentant au Canada, reconnaissait et proclamait de façon éclatante trois siècles de travail persévérant, d’héroïsme dans les épreuves, d’attachement indéfectible à la foi catholique des descendants des proscrits de Grand Pré.Cette double nomination, dont je viens de vous parler, es! bien une preuve éclatante que l’Acadie, non seulement s’est relevée, mais qu’elle est bien vivante et qu’elle a fait de grands progrès en ces derniers temps.Progrès assez lents, dira-t-on.Et c’est un peu vrai.Songez en effet que nous sommes séparés de Québec ecclésiastiquement parlant depuis plus d’un siècle.Notre dernier évêque québécois a été votre premier archevêque à vous, ce remarquable Mgr Plessis, qui aimait assez les Acadiens pour faire trois voyages en Acadie au début du siècle dernier: à pied, à cheval, en canot, en carriole, en traîneau.A ce moment-là nous comptions quelques rares missionnaires qui desservaient des territoires grands comme des royaumes.Nous n’avions pas d’écoles, pas de couvents,' encore moins de collèges, par conséquent peu d’hommes instruits et nuis moyens d’en former.La Nouvelle-Ecosse a son premier évêque résident en 1817: c’est Mgr Burke.Le Nouveau-Brunswick, File du Prince-Edouard et les lies de la Madeleine ont le leur en 1819: c’est le vénéré et sympathique Mgr McEa-chern.évêque de Charlottetown.Il nous faut attendre en 1912, presque un siècle, par conséquent, pour avoir notre premier évêque acadien dans la personne de Mgr Edouard LeBlanc.Longues années d’attente que nous pourrions peut-être mieux appeler longues années de préparation dont nous recueillons aujourd’hui les fruits.De 1912, année de l’élévation de Mgr LeBlanc sur le siège épiscopal de Saint-Jean, à 1942, ces Acadiens dont on croyait communément, en certains milieux, qu’ils ne pouvaient se donner de chefs et qui avaient peut-être fini par le croire eux-mêmes, ces Acadiens, dis-je, ont fourni à l’Eglise canadienne quatre évêques et deux archevêques.Ils viennent notamment de se donner au Nouveau-Brunswick deux chefs religieux, un archevêque à Monclon, et un évêque à Bathurst.En Acadie, La vie nationale gravitant de façon très rapprochée autour de la vie religieuse et paroissiale, voyons un peu quelles forces se groupent autour de ces deux nouveaux chefs.La montée d'un peuple Au recensement de 1931, les Acadiens du Nouveau-Brunswick étaient au nombre de 137,000.Us sont maintenant plus nombreux.En fait, lorsque le recensement de 1941-sera connu dans tous ses détails il est très probable que le chiffre de la population acadienne de notre province s’établira à 150,000 ou 155,000.Le gros de celte population se trouve réparti entre les deux diocèses de Bathurst et de Moncton.Le premier comprend comme territoire tous les comtés du nord: Victoria, Madawaska, Bes-tigouche, Gloucester et une partie de Northumberland, avec une population catholique totale de 110,-000 âmes.La proportion acadienne là-dessus?Elle est d’environ 90%.Ce diocèse compte 67 grandes paroisses, 55 missions, 2 collèges, quinze couvents, un sanatorium, quatre hôpitaux et une grande maison de retraites fermées.L’archidiocèse de Moncton est moins considérable.Formé en 1936, comme vous le savez, il comprend: Le comté d’Albert (comté de langue anglaise), les comtés de Kent et Westmoreland et une partie de Northumberland avec une population catholique de 54,600 âmes.L’archidiocèse compte 36 paroisses et vingt et une missions.Et la proportion acadienne?Il suffit, pour s’en faire une idée, de savoir qu’à part la paroisse irlandaise de Saint-Bernard à Moncton, la paroisse irlandaise de Riverside, comté d’Albert, et quelques rares paroisses à population mixte, ce sont toutes des paroisses et des missions acadiennes.L’archidiocèse compte une grande maison d’éducation secondaire: l’Université Saint-Joseph, une école de sciences sociales et une école d’agriculture (deux fondations de Son Ex.Mgr Melanson de regrettée mémoire) une douzaine de couvents, un hôpital, 3 hospices, un orphelinat et une maison de retraites fermées.Tels sont, de façon sommaire, les cadres religieux dans lesquels se déroule la vie acadienne au Nouveau-Brunswick.L'organisation politique Vous me permettrez de complé-ler un peu en ajoutant quelques détails au sujet de notre organisation politique.Au fédéral, nous avons la majorité dans trois circonscriptions électorales: Kent, Gloucester, Restigouche-Madawaska, et nous y élisons trois députés acadiens.Trois sur dix.c’est pour nous une bonne proportion.Et le seul ministre fédéral au Nouveau-Brunswick est un Acadien dans la personne de l’honorable J.-E.Michaud, ministre des Pêcheries.Au provincial, et c’est au provincial, remarquez-le, qu’il importerait pour nous d’être fortement représentés, car le provincial, après tout, est maître de l’école, maître de l’agriculture et maître de la colonisation, au provincial, dis-je, nous sommes moins bien partagés.Une répartition fantaisiste des sièges fixée lors de la création des comtés et modifiée depuis, surtout pour régler certains problèmes électoraux, nous donne à peine une dizaine de représentants acadiens dans une assemblée législative qui compte quarante-huit membres.Je n’ai pas le temps de vous expliquer au long le jeu de cette politique électorale, mais rien qu’un exemple suffira pour vous faire voir l’absurdité de ce système: ce petit comté d’Albert que de Moncton, vous pouvez apercevoir de l’autre côté de la rivière Pelitco-diac, a tout juste six mille habitants: il est représenté à Frédéric-ton par deux députés, ('’est exactement la représentation à laquelle ont droit les comtés acadiens de Restigouche (30,000 habitants), et Madawaska (23,000 habitants).Les dangers qui nous menacent Au dernier congrès de la langue française tenu à Québec en 1937, Son Ex.Mgr Melanson, qui venait, quelques mois auparavant, d’être nomme archevêque de Moncton, exposant devant les congressistes la situation acadienne, signalait quelques-uns des dangers qui, à son sens, risquaient d’entraver le développement de la vie catholique et française en Acadie.IJ énumérait: le cinéma, la radio, la faiblesse de notre presse et l’école neutre.Ces dangers sont toujours présents et je n’en toucherai que deux ; en passant, les deux qui, à mon ; sens, sont les plus grands: la fai-; blesse de notre presse et l’école neutre.La presse chez nous demeure toujours très faible, pitoyablement faible.Imaginez-vous que nous n’avons au Nouveau-Brunswick que 'trois hebdomadaires: le Madawaska, qui dessert le comté qui porte le même nom, la Voir d’Evangéli-ne, le plus ancien des journaux acadiens existants, publié à Monc-jton; l’Ordre Social, fondation de I Mgr Melanson, publié à Moncton, i aussi.A cela il faut ajouter un hebdomadaire de petit format publié depuis quelques années à la ;Baie Sainte-Marie.Aucun de ces journaux n’a de fort tirage.VEvan-géline, le plus considérable, tire à peine à 6,000 exemplaires, le tirage des autres oscille entre 1,500 et 3,000.Cela, remarquez bien, pour les quelque 150,000 Acadiens du Nouveau-Brunswick, les quelque 60.000 de la Nouvelle-Ecosse et les 13.000 île l’ile du Prince-Edouard, soit un total d’à peu près 225,000.C’est dire, par conséquent, qu’une proportion considérable de nos gens, par la force des choses, suit I les événements du jour dans des | journaux de langue anglaise.Ce ; n’est pas seulement un danger, ! mais un malheur.Cependant ce 1 danger n’est pas irrémédiable, et comme tous les autres problèmes qui se sont présentés chez nous, nous allons l’attaquer de front avec l’espoir qu’un jour, qui n’est 1 pas très éloigné, nous aurons notre j presse quotidienne à nous.Nous en i avons besoin et nous l’aurons.L'école neutre La question la plus brûlante et celle qui nous préoccupe le plus, c’est bien l’éducation de nos enfants.Depuis un bon nombre d’années, c’est autour de l’école que s’agitent les esprits.Cette question qui intéresse vivement notre population est sans contredit la plus importante qui soit, car nous ne sommes pas sans savoir que l’école est l’atelier national où se forge l’Acadie de demain et que notre pays sera dans les années à venir ce que nos écoles l’auront fait.Pai éducation, nous entendons non seulement cette instruction, cet enseignement qui orne l’esprit de cei-taines connaissances, mais celle qu: convient à notre race, qui répond le mieux à ses besoins, à ses aspi-1 rations, à sa survivance, en un mol ; une éducation pleinement confor-1 me à sa nature.Or notre peupie i est acadien.Il parle la langue française.C’est son idiome ancestral et ( national.Il est catholique.Son éducation doit nécessairement être française, catholique et acadienne.Sans cela, notre peuple ne peut ; remplir dans toute sa plénitude ia mission qui lui est propre et à la-| quelle il ne peut se soustraire } sans trahir son passé et grande-; ment compromettre son avenir.L’Ecole acadienne non seulement est neutre, mais la part donnée à l’enseignement du français est loin d’être suffisante.En un mot, l’école acadienne n’est ni catholique, ni française, ni nationale.Le crucifix en est banni, la langue anglaise a la place d’honneur et l’histoire de I Acadie n’a pas «a place au programme des études.C’est pour réparer ce tort que, depuis une vingtaine d’années, nous faisons la lulte et cejte lutte, nous sommes bien déterminés de la continuer jusqu à ce que ce système injuste et tyrannique s’écroule sous la réprobation des consciences révoltées Nous voulons survivre et pour ce faire il nous faut devenir les maîtres de nos écoles sur les bancs desquelles se décideront les destinées de notre race.Nous savons que celui qui tient l’école tient l’âme d un peuple.Nous voulons nos écoles et nous les aurons.Lorsque nous en serons les maîtres, lorsque nos enfants pourront apprendre à connaître et à aimer Dieu et la religion sur les bancs i de nos petites écoles, lorsqu’ils pourront y apprendre à connaître et à aimer notre belle langue française, oui, lorsque à ces deux grandes amours, l’on pourra eu ajouter un troisième, l’amour de la patrie, alors l’Acadie sera sauvée.Déjà nos luttes ont eu de bons résultats, car dans nos écoles acadiennes l’enseignement des deux premières années se fait exclusivement dans la langue maternelle, et nous avons fait accepter le principe de faire usage de manuels français pour l’enseignement de l’histoire, de l’hygiène, de l’arithmétique et de la géographie.C’est déjà quelque chose.J’ai signalé quelques-uns des dangers qui menacent en Acadie notre âme catholique et française.Mais je vous demande de croire que la situation ne nous effraie aucunement et que nous avons confiance dans l’avenir.Parmi les rai sons que nous avons d’espérer plus ardemment que jamais, je signalerai brièvement les suivantes: L'oeuvre de l"'Assomption" (a) En attendant d’avoir notre école normale à nous, et nos écoles à nous, notre grande pourvoyeuse de chef religieux et laïques continue son oeuvre.J’ai mentionne La Société Mutuelle de l’Assomption.C’est elle qui a contribué le plus largement au relèvement de notre peuple et à son progrès depuis 25 ans.Au moyen de ses 250 succursales, véritables foyers de patriotisme et d’éducation, elle supplée aux manquements de nos écoles.Grâce à elle, grâce à ses nombreuses campagnes de propagande de toutes sortes, elle n’a cessé d’inculquer dans le coeur des nôtres l’amour de la langue française et l’amour de l’Acadie.C’est bien elle qui a soustrait de l’influence néfaste de nos écoles sans Dieu et sans patrie près de cinq cents petits Acadiens et petites Acadiennes pour les confier à nos maisons d’éducation catholiques et françaises.C’est elle qui a donne a l’Acadie renaissante des chefs éclairés: avocats, médecins, dentistes, professeurs, instituteurs, institutrices, agronomes, journalistes, et que sais-je encore.C’est bien elle aussi qui a donné à nos maison» d’éducation une quarantaine de religieuses et à l’Eglise 31 prêtres et un évêque.C’est elle encore qui I maintient dans nos collèges et nos couvent, cette année, au delà de cent protégé* au moyen de «es caisses écolières.Déjà elle a donné la jolie somme de f240,000 pour l’éducation de nos enfants.Cette année elle aura à débourser au delà de $20,000 à cette fin.C’est elle aussi qui a prêté pour la construction de nos églises, couvents, écoles, collèges, cathédrales, hôpitaux, sanatorium au delà de trois millions de dollars.Cette société qui depuis quelques années a fait de remarquables progrès groupe à l’heure actuelle dans les Provinces Maritimes, dans le Québec et dans les Etats de la Nouvelle-Angleterre près de 25,000 membres.Avec cet effectif de 25,000 membres et $20,000,000 d’assurance, avec son actif de près de deux millions elle constitue chez nous | une véritable puissance financière, i en somme la plus forte organisa-! tion financière que l’Acadie ait jamais connue.Motifs d'espérance (b) L’accroissement continu d« notre population acadienne, surtou au Nouveau-Brunswick.Dans cetU province, avec un tiers de la popu iation, nous fournissons depuis un* quinzaine d’années la moitié de: naissances.Je pourrais sur ce point vous citer des statistiques officielle?du département d’hygiène provin cial.Si bien que 121,000 en chiffre: ronds que nous étions en 1921, non?étions 137,00(1 en 1931 et que nou?devons être à l’heure actuelle tout près de 155,000.Ajoutez à cela le?quelque soixante mille Acadiens d* la Nouvelle-Ecosse et les 13,000 Aca (liens de File du Prince-Edouard el vous arrivez à un total, pour le?Provinces Maritimes, d’environ un quart de million.C’est une force! (c) L’ét .blissement des cours d’étf qui fonctionnent chaque année dan?les collèges de Bathurst, de Saint Joseph, de Sainte-Anne et dans l’U* du Prince-Edouard.Grâce à ce?cours, nos maîtresses religieuses el laïques approfondissent leur cultur* française et augmentent leur corn pétence professionnelle.(d) La fondation en ces dernière?années de l’Association acadienne d’éducation qui a réussi par ses interventions judicieuses auprès de?autorités provinciales à améliorci sensiblement l’école acadienne.(e) La création d’une école d’agri culture à l’Université Saint-Joseph sous l’impulsion de Mgr Melanson Chaque année une centaine de jeu nés ruraux acadiens y puisent le?connaissances agricoles élémentai res qui ont fait jusqu’ici défaut i notre jeunesse de la campagne.(f) L’essor du mouvement coopé ratif dans la province et chez U groupe acadien en particulier.Li mouvement coopératif a pris chei nous la forme de caisses populaire?^ et de coopératives de pécheurs.Lp“ caisse populaire, qui était chose in connue chez nous il y a une dizaine d’années, fonctionne et prospère maintenant dans la plupart de no: paroisses.(g) La reconnaissance par Rome de façon éclatante du fait acadien reconnaissance qui s’est manifestée en ces derniers temps par la créa tion de l’archidiocèse de Moncton par le transfert d’un évêché à Ba thurst; par les paroles si affectucu ses et si encourageantes que non: adressait récemment, au nom di Saint-Père son Délégué au milieu de nous, Mgr Antoniutti.(h) Enfin le prestige de l’épisco pat acadien auprès de la population de langue anglaise el la confiance j’oserais dire illimitée, que le peu pie acadien repose dans ses deu> évêques.Les évêques des province: ont été pour la plupart des homme: remarquables qui se sont imposés ai respect du grand public.Les évè ques acadiens que nous avons eus en ces dernières années n’ont pas sotif fert de la comparaison avec leur: devanciers.A Saint-Jean, Mgr Le Blanc s’est fait estimer et aimer d* tout le monde.A Chatham, à Mono ton.à Bathurst, NN.SS.Chiasson e Melanson.de regrettée mémoire, ou realise de grandes choses.Mgi Chiasson a doté sa région d’un grand sanatorium et d’un magnifi que hôpital; la cathédrale de Monc ton est considérée par la population de langue anglaise comme un remar quable monument d’art religieux C’est le monument de la reconnais sance du peuple acadien à sa pa (Suite à la page huit) V Ÿ& ^VOYANTS Du FONDS DE PENSION ASSURANCE SUR LA VIE c4ai Les Prévoyants du Canada ont le plaisir d’annoncer à leurs sociétaires et au public en général LE COMMENCEMENT DE LEURS OPERATIONS d’ASSURANCE SUR LA VIE 4 Au mois de mai 1942, la Législature de la province de Québec a octroyé aux Prévoyants du Canada le pouvoir de vendre l'assurance sur la vie sous toutes ses formes.L'assurance sur la vie que nous pouvons maintenant vous offrir complétera le service que nous désirons donner à tous nos sociétaires et à tous nos clients.Le Fonds de Pension reste avec les mêmes avantages A VOTRE SERVICE r |.-l.BEAUREGARD.agent, district de Hull V.I.MARTIN, agent, district de St-Hyacinthe 1 r .j L.-A.DUMAS, surintendant des agences ANDRE LESAGE.gérant, division de Montréal / > -5 P.-Y.VAILIAN-COURT.agent, district de Valleyfield Wilfrid ARCAND.agent, district de joliette r J.-I.MARCOTTE.gérant, division de Québec L.-P.COULOMBE, agent, district de Berthiervill* L.LANTHIER.agent, ville de Montréal .J J.-WALTER HOGG, gérant, division du Bas St-Laurtnf Notre compagnie sollicite respectueusement la continuation de votre encouragement LE DEVOIR, MONTREAL.SAMEDI 3 OCTOBRE 1942 VOLUME XXXIII - No 230 D Û o Un document historique La récente lettre collective de l'épiscopat allemand — Résumé des plaintes formulées par les chefs de l'Eglise dans une lettre aux autorités du Reich apaiser es Nous empruntons à la Liberté de Fribourg, Suisse, cette traduction d'une lettre de l'épiscopat allemand lue dans les églises de tous les diocèses les dimanches précédents: Chers diocésains, Depuis des années sévit dans notre pays une lutte contre le christianisme et l’Eglise, d’une virulence telle qu’on ne l’avait jamais vue.Les évêques allemands ont prié à réitérées fois le gouvernement de mettre fin à cette lutte funeste; mais nos prières et nos efforts sont restés sans effet.Cette lutte se poursuit même en temp , de guerre, où l’union sacrée est pourtant toujours de règle.Elle redouble même de vivacité et d’animosité et pèse comme un cauchemar sur le peuple allemand, dont le Of» pour cent, en Bavière même le 98 pour cent s'est déclaré chrétien, à l’occasion du dernier recensement.C'est pourquoi les évêques allemands ont considéré comme leur devoir à l’égard de l'Eglise et du peuple d’adresser, le 10 décembre 1041, un nouveau mémoire au gouvernement pour le prier de mettre fin à celte guerre intestine par une déclaration publique et par des mesures efficaces.Sachant que notre peuple croyant attend de ses évêques qu’ils fassent tout pour défendre la foi et la conscience, rétablir la paix religieuse et ecclésiastique et le libérer du poids qui l'opprime, nous nous croyons obligés de lui donner connaissance tout au moins des points ’es plus importants de notre mémoire.Les voici; 1 L'Eglise catholique a reçu du gouvernement du Reich, par le concordat du 20 juillet 1933.la garantie de la protection de l’Etat pour le libre épanouissement de son existence.En fait, ces promesses n'ont pas ete tenues.Le christianisme et l'Eglise catholique sont combattus et assujettis à d’injustes entraves par des mesures des organes du parti et de l'Etat, sans que celui-ci intervienne pour les protéger.1.On a promis et garanti "la liberté de profession et d’exercice public de la religion catholique*'.En fait, les personnes qui dépendent de l'Etat ou du parti sont très soumises à une pression En fait.les droits des familles et de l’Eglise sont de plus en plus amoindris et rendus inefficaces.Dans les organisations d'Etat, dans les colonies où la jeunesse accomplit le service agricole annuel, dans les camps du service de travail, et même dans beaucoup d'écoles et de colonies de vacances, la jeunesse est soumise à des influences anti-chrétiennes et empêchée de pren-! dre part aux offices et cérémonies I religieuses.Dans les foyers scolai-| res de l’Etat nouvellement institués (établissements d’éducation natio-nale-socialiste, écoles normales), toute influence chrétienne est ri-goureusement exclue.3.L’Eglise catholique et ses pré- ¦ très ont le droit et le devoir d'enseigner et de défendre par la parole et par l’écriture, librement et sans entraves, les vérités de foi et les lois morales de la religion chrétienne.11 a été garanti par contrat aux ecclésiastiques que l’Etat protégerait l'accomplissement îles devoirs de leur ministère.En fait, les prêtres catholiques sont soumis continuellement a une surveillance méfiante dans l’exer cice de leur office d’enseignement et de pastoration.Des prêtres on; été bannis de leur ressort pastoral et de leur pays sans qu'on ait apporté contre eux la preuve d'un manquement quelconque, voire privés de leur liberté et punis, pour avoir fidèlement et consciencieusement rempli leur devoir sacerdotal.Il est intolérable que des ecclésiastiques soient punis de bannissement ou d’internement dans des camps de concentration sans procedure judiciaire et sans qu’on ait pris ! j et qui vise a I de conscience en excitant la coin- j ! passion film en faveur du droit j j de mort sur les malades incura-1 | blés.Nous, évêques allemands, ne j pouvons pas ne pas élever une pro- * J testation contre la mise à mort de 1 I personnes innocentes.Personne n’est plus sûr de sa vie, si le coin- j mandement: ‘Tu ne lueras pas”; n’est plus obéi.3.Chaque homme possède le droit : naturel à la propriété et à l’emploi.; des biens qu’il a régulièrement acquis et à la protection de l’Etat pour sa propriété privée, contre des actes arbitraires de dépossession, j Or.il est arrivé, ces dernières; années, que des propriétés ecclé-j siastiques et particulièrement des! couvents furent enlevés par la force à leurs légitimes possesseurs et1 affectés à d'autres usages.Même i des églises ont été désaffectées et profanées.Nous, évêques allemands, j protestons au nom du peuple catholique, dont sont issus les religieux ainsi dépouillés, contre les j atteintes au droit naturel de propriété et nous réclamons la restitution des biens saisis et confisqués contrairement à la justice.Nounous élevons contre tout acte d’arbitraire et cela, dans l'intérêt même de la communauté et comme défenseurs des bases de l'ordre so- j rial voulu par Dieu.Car ce qui ar-^ rive aujourd’hui à la propriété ecclésiastique peut arriver demain à n’importe quelle autre propriété légitime.4.Chaque homme a le droit naturel d’être protégé dans son honneur contre le mensonge et la calomnie.Au front comme à l’arrière, il y a des chrétiens fidèles qui remplissent leur devoir envers la patrie aussi bien jjue n’importe quel autre citoyen.Or, îles prêtres et des laïcs sont surveillés d’une manière injurieuse, espionnés jusque dans leurs maisons et même désignés ouvertement comme des traîtres et des ennemis de la patrie et cela seulement parce qu'ils militent pour la liberté de l'Eglise et les vérités de la foi ca-tholique.Les religieux catholiques, contact à ce sujet avec l’autorité re- ! sur le front comme au pays, ont accompli héroïquement leur devoir, comme en témoignent les nombreuses distinctions de guerre qui leur sont décernées.Néanmoins, à beaucoup d’entre eux, on a pris leurs couvents.Nous, évêques, pro testons contre OC d muser mi b feoier
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