Le devoir, 7 avril 1943, mercredi 7 avril 1943
I "Le Canada eat une nation sauve* raine et ne peut avec docilité accepter de la Grande-Bretagne, ou des Etats* Unis, ou de qui que ce soit d'autre l’attitude qu’il lui faut prendre envers le monde.Le premier devoir de loyalisme d’un Canadien n’est pas envers le Commonwealth britannique des nations, mais en ver le Canada et son roi, et ceur qu< contestent ceci rendent, à mon avis, un mauvais service au Commonwealth.” (lî-x-sr) Lord TWEEDSMUIR Directeur > Ceerfee SILLITIIR DEVOIR Montrée!, mercredi 7 avril 1945 RtDACTION (T ADMINISTRATION 4)0 1ST, NOTRI-DAMI MONTREAL.TOUS LIS SERVICES TILEPHONI Bltelr SSS1* SOIRS.DIMANCHES ET FITES FAIS CE QUE .DOIS RHactcur en ehel : Orner HIROUX Adminiitretieu t RéétcNen t Cirant t «Clair 1)61 «liait 2914 ¦Eleir S)«l M.Churchill annonce une nouvelle victoire en Tunisie ££ Cette solution de bon sens On finira bien par s'y rallier — A propos des débats d'hier, à Québec et à Ottawa, du discours de M.McTague,etc.——Toujours les grèves et l'arbitrage obligatoire La question des grèves est toujours, malheureusement, à Tondre du jour.On n'ouvre pas un journal sans y trouver la menace d'un conflit quelconque.L’on n’a pas fini —-tout au contraire! — de débattre les origines et le* conséquences de notre grève des tramways.Elles ont même suscité hier, à Québec et à Ottawa, de longues discussions, tandis que le dernier discours de M.le juge McTague sur Ifs grèves illégales faisait encore grand bruit dans la presse.Est-il un homme de bon sens qui puisse, pour peu qu'il s’arrête à réfléchir sur le sujet, ne pas se demander: Mais, enfin, tout cela est-il nécessaire?Sommes-nous, vraiment, ainsi accules à d’inexorables querelles?Nous savons très bien que des conflits d’intérêt existent, mais est*il indispensable qu’ils se règlent par la force, — au détriment, cela est inévitable, de tout un lot de gens, de milliers et de milliers de gens qui sont complètement étrangers au débat?On a trouvé le moyen de résoudre par l’arbitrage les conflits entre particuliers, pourquoi pas les conflits entre groupes, entre patrons et ouvriers?Ÿ * * Actuellement, dès que s’annonce une grève, on s’empresse de crier: Mais vous allez nuire à l'effort de guerre! Et nous ne contestons pas que le cri a de la valeur: mais il ne faudrait pas tout de même oublier que ce dommage n’est que la forme la plus voyante, accidentelle, d’une conséquence qui se produit dans toutes les grèves, que ce soit ou non en temps le guerre.Toujours les tiers souffrent du heurt des combattants.Dans la grève qui vient de se terminer, par exemple, ce ne sont évidemment pas que les usines de guerre qui ont durement subi les contrecoups de l’interruption du service des tramways.Combien d’autres industries, combien de commerces, combien de services publics ont été plus ou moins désorganisés par la grève?Combien de milliers de gens en ont souffert?S’il n’y a pas eu plus de protestations populaires, c’est que la Compagnie n'est guère aimée et que, sans bien connaître le fond du débat (combien savaient qu’il s’agissait d'abord d’une querelle entre unions?), la foule était d'ins-! tinct sympathique aux employés.C'est quelque peu aussi parce qu’il a fait très beau le premier jour et que la querelle n’a pas duré longtemps.S il avait fallu marcher quatre, cinq ou six jours, et se transporter par des moyens de fortune, qu’aurait-on fini par dire?S * * * En tout cas, le seul résultat immédiat et concret de cette interruption de travail, qui coûte, paraît-il, quelque $40,000 de salaires aux employés et $150,000 de manque à gagner à la Compagnie, ç’a été de substituer les gens de la Fraternité à ceux de l’/nfernafiontf/e comme négociateurs et représentants des employés, d'installer au premier poste, avec l'agrément du représentant du gouvernement, ceux-là mêmes qu'on accusait de violer la loi.Tout le reste, ce qui constituait le fond des réclamations ouvrières, reste à régler entre la Compagnie et les nouveaux négociateurs.On prévoit même que, si les négociateurs et les patrons ne s'entendent point, on aura recours à un arbitrage et I qu'il ne sera question de grève qu'en tout dernier ressort.Rappelez-vous plutôt le paragraphe 4 de l’accord (que Inous traduisons, car ce texte, qui intéresse une population ouvrière presque exclusivement canadienne-française.a été rédigé en anglais) : 4o II doit être convenu entre la compagnie et le comité de négociation qu’ils discuteront tout changement au contrat actuel entre la compagnie et ses employés, comme pourraient le suggérer le comité de négociation ou la compagnie, et si l’on ne peut arriver i un accord satisfaisant pour la majorité du comité et la compagnie, il est entendu que toutes les questions qui ne se trouveront pas ainsi réglées et déterminées seront soumises pour décision i la commission nationale de la main-d’œuvre de guerre ou toute autre agence que le gouvernement fédéral pourrait établir i cette fin.Il est admis par la fraternité qu’il n’y aura pas de grèves tant qu’on n’aurc pas tu recours eux bons offices de toutes les agsnces gouvsrnementalss s'occupant du règlement des conflits industriels.M.Mosher, chef de la Fraternité de* cheminots, président du Congrès canadien du Travail, qui a signé au nom des employés de Montréal, a déclaré, dès la fin de la grève, qu’il a horreur des grèves, que la grève, c’est la guerre et que la guerre (il faisait allusion au mot fameux du général Sherman), c’est l’enfer.Alors, pourquoi ne pas la supprimer, cette guerre?Pourquoi ne pas contraindre les parties à l’arbitrage obligatoire?¥ * ¥ .Nous en étions là de ce griffonnage quand on nous a remis le texte où M.Mosher prétend que, dans le cas par ticulier du Tramway, la grève était inévitable, que ce n'est pas à lui et à ses amis qu’en incombe la responsabilité.Nous n’avons pas le moindre goût de faire le procès de la Fraternité des Employés, ni même celui de M.Mosher C’est une besogne dont se chargeront d’ailleurs volontiers ses adversaires syndiqués et antres.Et nous laisserons, en simple specuteur, le débat se poursuivre.Ce qui nous intéresse, nous, c’est la question générale; ce que nous réclamons, c’est un régime qni, quels que soient le* çriefs réels ou présumés des antagonistes, les empêche de recourir à la force, les contraigne à s’incliner devant l'arbitrage.Un texte clair et, derrière et texte, «ne volonté ferme.Patrons et ouvriers, car fl ne pent être question de mettre ceux-ci à la merci de ceux-là, ou inversement, seraient par là assurés du maximum de justice possible, d'énormes richesses ne seraient point gaspillées sans avantage pour qui que ce aoit et les tiers ne subiraient pas les déplorables contrecoups de 1a bataille.On éviterait autre chose aussi, qne les derniers événements ont permis d’entrevoir.En tout pays lea luttes de classes sont grosses de dangers; elles le sont particulièrement où elles risquent de se doubler de luttes de races, où patrons et employés appartiennent à de* groupes ethniques différents.Nous sommes personnellement enclin k croire que le Star et la Gazette n’auraient pas pris nn ton notablement différent si les employés avaient été de langue anglaise; mais à combien de gens le fera-t-on croire?Et voilà une raison nouvelle d'en appeler à l'arbitrage, — à l’arbitrage obligatoire.On finira bien par se rallier à cette solution de bon sens.7-IV-43 Omar HEROUX Ottawa .es Communes reparlent de la grève du “Tramway7' (Des députés de la “C.C.F.” trouvent à redire contre le discours tenu au “Canadian Club" de Montréal par le président du Conseil national du travail, le juge McTague — Bon discours du député Brooke Claxton à propos de la grève illégale Par Leopold Richer | Ottawa, 7-III-43 — Les membres le la C.C.F.ne sont pas toujours hgiques.Avant-hier leur chef, M.Il.-J.Coldwell, demandait au pre-hier ministre de faire au plus tôt [•ne déclaration sur les événements ternationaux relatifs à la euerre sur la politique étrangère du uvernement.M.Coldwell n’avait is complètement tort de s’inquié-r de certains événements qui hüs-nt entendre que l’on relègue le mada au second plan et que les andes puissances prennent seules i decisions importantes.Le pre-iiier ministre a prétendu que l’on adopté un programme dès le ébut de la session, qu’il est im-cssible de tout discuter en méir.c [•mps et que le plus sûr est enco-fe de procéder d’une façon ordonne.M.Mackenzie King a aussi fait kmarquer que les députés de l op-iosition, en proposant amcndc-fients et sous-amendements ainsi fu’en soulevant des débats divers à [)ut propos, retardent le jour où [> gouvernement pourra exposer fa politique étrangère.L Comme pour donner raison au [remier ministre, les membres de [i C.C.F, ont provoqué hier un [ébat sur le problème ouvrier, en large de la rérente grève des employés des tramways de Montréal H du discours plus récent encore [•nu par le président du Conseil rational du Travail, le luge McTa-¦je, sur le même sujet.Le sujet Fiait important.Mais si l’on veut procéder rapidement, si la Cham-[re désire faire le plus de travsjl [rns le moins de temps possible, il 'mt de toute nécessité procéder mé- thodiquement.De la façon dont des députes se comportent, la session se prolongera jusqu’en juillet.D’ailleurs le débat d’hier a manqué d’intérêt.Certes, on a soulevé ici et là de bons points.Le ministre du Travail et le ministre des Munitions ont tous deux pris la parole.Plusieurs députés sont intervenus dans la discussion.Mais dans l’ensemble on aurait pu faire beaucoup mieux en beaucoup moins de temps.L’un dès meilleurs discours de la journée a été prononcé par M.Brooke Claxton, de Montréal, discours sur lequel il faudra revenir dès la première occasion favorable.Le projet Morgenthou Le premier député à soulever une question intéressante a été M.John Blackmore, leader des crédi-tistes.Il a demandé au gouvernement de faire une déclaration sur le projet mis de l’avant par le gouvernement des Etats-Unis et annoncé par le secrétaire du Trésor, M.Morgenthau.Le Canada est-il au nombre des 34 nations auxquelles M.Morgenthau a adressé son projet monétaire basé sur l’or?Voilà un problème qui intéresse les cré-ditiites au premier chef.En fait, tous les Canadiens qui accordent un peu d’attention aux questions monétaires et financières veulent savoir ce que pente le gouvernement du Canada du projet Morgenthau.Comme le premier ministre n’était pas à la Chambre hier après-midi, le ministre de la Défense nationale, M.J.L.Ralston, a déclaré qu’on ferait une déclaration plus lard.(suite R la dernière page) L’actualité La courtoisie canadienne A quelque chose malheur est bon.La prive du tramway n’aura pas laissé aux Montréalais que des souvenirs.courbaturants.Quand la distance du domicile au bureau ou à l’aielier n'était pas interminable, la marche obligatoire ne put qu'être bienfaisante, surtout aux sédentaires impénitents.S’il y avait, par contre, trois ou quatre milles d parcourir, ce n’était plus aussi drôle.Les gens de la périphérie s’en souviendront longtemps, ceux du moins qui n’eurent la chance de profiter d’aucune facilité de transport.Mais furent-ils, toutes proportions gardées, tellement nombreux?Vous avez vu filer de par les rues de la ville ces innombrables voitures découvertes remplies à déborder de travailleurs de tous âges et de toutes conditions, confondus dans une aimable camaraderie, tout heureux de la bonne aubaine qui leur permettait de ne point perdre une heure de travail.Mais ce qui a sûrement échappé â vos regards, c’est ta masse des gens entassés dans les aulocamtons fermés, propriété de commerçants ou d'industriels et que ceux-ci, généreusement, charitablement, mettaient à ta disposition d’un peu tout le monde, sans autre rétribution que le, plaisir de rendre service.,4 ne pas oublier, non plus, l'hospitalité accordée par d'excellents compagnons de travail, dans leur auto particulière.Comme tout cela est beau! X’est-ce pas rtllus-tration saisissante de la proverbiale courtoisie des nôtres, la même qui faisait dire à l'un de nos gouverneurs: ‘‘Les Canadiens français sont un peuple de gentilshommes"?Le soir qui précéda la fin de la grève, un brave homme, descendant d’un autocamton qui l’avait véhiculé jusque dans le nord de la ville, dit à votx forte au chauffeur: "Je vous remercie Infiniment", C’est des milliers et des milliers de fois qu’eût di.être répétée cette franche et loyale expression de reconnaissance.Souhaitons qu’on n'y ait pas trop manqué.Elle était amplement due.Churchill en plein accord avec Eisenhower Dire ainsi te bien que l'on pense des siens, quand il y a lieu de le faire, ce nest pas nécessairement pratiquer l'encensement à outrance: c’est rendre justice d qui elle est due.H y o des êtres sordides que ces conceptions dépassent infiniment.DÜmgreurs obstinés de leurs compatriotes, délateurs par tempérament, ils n’ont que l'instinct de cracher leur venin, d distance, naturellement, et de siffler leur dépit dès qu’ils entendent un mot de sympathie d l’adresse des leurs.N’en ayons cure: ils se font connaître davantage à chaque occasion, et c’est leur pire châtiment.Il s'accomplit, Dieu merci, assez de bien parmi nous pour compenser l’action perfide d’un groupe infime et méprisable.Edouard BIRON 7-IV-4S - — a «wi- Bloc - notes (gar Piarra Vigaant at Ragar Duhamah Les pêcheries maritimes du Québec Le ministre de la chasse et des pêcheries, M.Valmore Bienvenue, a annoncé en fin de semaine que te gouvernement provincial avait, par un arrêté ministériel, assumé l'administration des pêcheries des He?-de-la-Madeleine.C’est le règlement d’un conflit de juridiction entre le gouvernement fédéral et la province de Québec, le ternie de toute une série de litiges et de négociations, et la province en sort cette fois avec des pouvoirs augmentés.Au cours des premières années qui suivirent la Confédération, c’est le gouvernement fédéral qui Le premier ministre britannique a toujours été de l’avis du général américain pour empêcher le généra! de Gaulle de visit er l’Afrique du Nord au moment où se livre la bataille de Tunisie — Le coup des Bri tanniques devance le coup des Américaine contre Rommel — Les Etats-Unis et le s petits pays autour de la Russie — Un consul américain écrit ce qu’il sait de Dakar — Le “Un” contre le “Bankor” administra en vertu de l’interprétation que l’on donnait alors à l’Acte de l’Amérique britannique du Nord toutes les pêcheries du Cana da.Les provinces contestèrent plus tard cette juridiction du gouvernement fédéral et toute une série de jugements du Conseil privé — en 1882, 1898, 1913 et 1920, — vinrent modifier les pouvoirs du gouvernement central qui dut cé der une partie de- sa juridiction aux provinces.Le dernier de ces jugements — celui de 1920 — partageait la juridiction sur les pêcheries de l’estuaire du Saint-Laurent entre les deux gouvernements, ce qui était assez embarrassant, et le gouvernement fédéral se résigna en 1922 — feu M.Lapointe était alors ministre fédéral de la marine et des pêcheries — à céder les pêcheries maritimes à Québec, sauf celles des Iles-de-la-Madeleine.M.Bienvenue nous apprend maintenant que les négociations engagées par son prédécesseur, M.Rochette, pour obtenir la cession des pêcheries des lles-de-la-Madeleine, et reprises plus activement depuis la nomination de M.Ernest Bertrand comme ministre fédéral des pêcheries, ont abouti à un accord par laque! le gouvernement provincial obtient ce qu’il désirait.Se trouve de ce fait corrigée l’anomalie qui faisait du territoire québécois du golfe une région à part.A l’heure actuelle, le Nouveau-Brunswick.ITIe-du-Prince-Edouard, l’Ontario, les trois provinces des Prairies et la Colombie_ canadienne administrent leurs pêcheries en eau douce, mais la province de Québec est lu seule province qui soit maîtresse de ses pêcheries maritimes comme de ses pêcheries en eau douce.C’est un gain dans le sens de l’autonomie provinciale et il convient d’en féljeiter le gouvernement Godbout, même s’il n’a pas toujours affiché la même sollicitude pour les droits de la province.Il reste maintenant à M.Bienvenue et à son ministère «le savoir se prévaloir à l’occasion des services de recherche et des octrois «iu ministère fédéral des pêcheries puisque les contribuables du Québec sont taxés comme ceux des autres provinces pour défrayer les dépenses de ce ministère.Pierr* VIGEANT Otages et représailles Une nouvelle nous apprenait ces jrurs derniers le transfert dans des prisons allemandes des anciens presidents du Conseil français Paul (suite à la dernière page) cJ^e catnet du yiincheux Le Csnad» est de mauvaise humeur.Ses chefs onr-ils ou n'ont-ils pas tenu les propos isolationnistes que le Devoir a cités, de MM.Lapointe.Cerdin et King, en 1937-1938-1939?Tout est là.Toutes les paroles citées sont authentiques.Qu’Il y ait eu coquille dans une date, qu'on ait mis par inadvertance un neuf à la place d'un huit (1939 au lieu de 1938) que tel discours ait été fait à Québec plutôt qu'à Ottawa, le fait reste: les paroles sont authentiques et isolationnistes.La meilleure preuve, c'est que le Canada parle de "petits bouts de phrases tronquées extraits de discours de ministres".Donc il admet les propos, s’il r’admet point toutes les dates.Et il n’y a rien eu de tronqué.Et même pour un discou'i de M.Lapointe en 1938, on a déjà donné ici le date exacte."Radio-Berlin" laissait prévoir, hier, l'appréhension des Allemands d'Afrique, à propos d'un coup qu'ils prévoyaient de la part du général Eisenhower.Appréhension qui est devenue certitude, ovec toutefois cette petite modification dans le fait que ce sont les Britanniques, l'armée de Montgomery, qui ont porté le coup, un coup dur et d'importance.La nouvelle ligne de défense que Rommel avait dressée à quelque vingt milles au nord de Gobés est enfoncée.La huitièma armée britannique a fait 6,000 prisonniers et poursuit le reste de l'armée allemande.Les Britanniques espèrent opérer bientôt une jonction ovec les forces américaines qui attaquent à l'ouest.Le premier ministre Churchill s'est présenté aujourd'hui même aux Communes de Londres pour annoncer la victoire britannique.Par contre les Britanniques ont subi un léger revers en Birmanie, où les Japonais se sont infiltrés dans la péninsule de Moyeu, retardant ainsi des opérations de leurs ennemis en di ection du port d'Àkyab.Le haut commandement allemand prétend dans un communiqué que des sous-marins ont coulé, ces jours derniers, quatorze navires alliés, au total de 102,000 tonnes, plus un contre-torpilleur.Aux Communes de Londres, M.Winston Churchill a ancore déclaré qu'il était en plein accord avec le Jlénéral américain Eisenhower, quant à la demande aite par ce dernier au général de Gaulle de retarder indéfiniment son voyage projeté en Afrique du Nord, en vue de conversations avec le général Henri Giraud.Précédemment, M.Churchill avait donné, de lû Downing Street, le communiqué suivant à propos de la même chose: "En ce qui concerne la déclaration publiée par le Comité national français, lundi demie-, relativement au retard obligatoire de la visite du général de Gaulle en Afrique du Nord, le premier ministre tient à faire savoir qu'il a été depuis le début en complet accord avec le général Eisenhower pour déconseiller la visite de de Gaulle au moment où la crise de la bataille de Tunisie réclame l'attention entière du commandement allié".Cette déclaration très nette de M.Churchill contraste ovec l'attitude du président des Etats-Unis.M.Roosevelt déclarait, hier, q Washington, n'avoir pas encore eu le loisir de prendre connaissance, autrement que par les dépêches des journaux, du message d'Eisen-hower à de Gaulle.M.Roosevelt n'a pas toutefois été jusqu'à dire qu'il n'avait pas parlé de cela à M.Anthony Eden lors de la visite de celui-ci à Washington Un propos tenu, dimanche dernier, à l'occasion d'une émission radiophonique, par le sous-secrétaire d'Etat à Washington, M.Adolf-A.Berle, est en train de causer quelque émoi dans les cercles diplomatiques.M.Berle a dit alors qu'il ne sera pas question, après la guerre, d'établir un cordon d'Etats-tampons autour de la Russie parce que l'idée d'Etat-tampon est aujourd'hui aussi morte que l'est cet oiseau imaginaire qui s'appelle le dodo, que l'idée d'Etat-tampon n'est plus qu'une relique de ces temps anciens qui connurent la diplomate secrète.M.Berle a-t-il voubi dire par là que les Etats-Un'1», pour autant qu’ils sont concernés, n'insisteront pas pour la restauration de l'Estonie, de la Lettonie, de la Lituanie (tous Etats baltes annexés par la Russie en 1940), pour a restauration aussi de la Pologne, dont la partie arien i fut occupée par la Russie dès 1939?C'est l'interprétation pourtant que des représentants des petits Etats cor,cernés donnent aux paroles de M.Berle et leur alarme est grande.Par ailleurs, dans les cercles communistes de Washington, on trouve que la déclaration de M Berle n'était pas assez large pour couvrir tous les besoins de garantie de la Russie d'après-guerre.Le "Daily Worker", que l'on tient pour organe communste, écrit en éditorial que M.Berle a parlé aussi de l'ouverture d'un nouveau front dans les Balkans au lieu d'un deuxième front en Europe occidentale.L'article laisse entendre que le front balkanique pourrait n'être pat autre chose qu'une ligne hostile à la Russie et confiée à des éléments Je sentiment fasciste sous le commandement d'hommes du type Dorian.LE MYSTERE DE DAKAR La décision qus les autorités anglo-américaines, par le truchement diplomatico-militaire du général Eisenhower, ont prise à l'endroit du général de Gaulle et quant à sa visite projetée, en Afrique du Nord, s'explique très vraisemblablement par la connaissance qut le département d'Etat à Washington a toujours eu* des choses qui sc sont passées à Dakar, ville principale et port du Sénégal français, depuis la capitulation de la France -usqu'à la date de lu descente des forces américaines de ce côté.L'ancien consul des Etats-Unis à Dakar, M.Thomas-C.Wesson, dans un iumineux article qu'i1 a écrit pour ('"American Foreign Service Journal", sous le titre: "Le mystère de Dakar’’, expose comment les pétainistes de Dakar, y compris le gouverneur dont certains ont pourtant dit tant de mal, M.Pierre Boisson, se sont comportés pendant le temps qu'il a été là, du 15 septembre 1940 ou 10 février 1942.Jamais un navire allemand, au cours de ces deux années, n'a paru dans le port de Dakar et, s1 le fait s'étoit produit, les Français pétainistes n* lui auraient pas fait bon accueil.M.Wesson affirme qu'il a toujours circulé librement en Afrique occidentale française, y a rencontré les fonctionnaires qu'il voulait, quand il voulait, conféré librement avec eux; il a pu de même communiquer par câble, tant qu il a voulu, avec le secrétariat des Affaires étrangères de son propre pays."L'on me transmettait régulièrement, écrit-il, les rapports qui circulaient en Amérique et ailleurs à propos de supposée., activités allemandes en Afrique occidentale française; il est inutile de dire que j'ai employé tous les moyens à ma disposition pour retracer jusqu'aux vestiges de ces rumeurs.A l'exception de quatre ou cinq réfugiés juifs, il n'y eut pas d'Allemands à Dakar pendant que j'y étais.A part certains fonctionnaires allemands bien spécifiés qui passèrent en transit par l'Afrique occidentale française, venant d* la Guinée portugaise neutre, de l'Etat souverain de Libéria et de colonies plus au sud, ou se rendant dans ces mêmes territoires, il n'y eut pas d'Allemands du tout en Afrique occidentale française.Il n'y eut pas de sous-marins allemands à faire escale à Dakar ou dans d'autres ports de l'Afrique occidentale française, et aucun navire de guerre ayant sa base en Afrique accidentale française ne prit la mer pour ravitailler des sous-marins ou d'autres raiders allemands.A l'exception, peut-être, de quelques individus, tous les Blancs de l'Afrique occidentale française abhorraient Iles Allemands.Le gouverneur général partageait leur sentiment.Il y o lieu de croire que les Allemands cherchèrent à obtenir la permission d'envoye* des experts, des observateurs, etc., à Dakar, en échange de certaines faveurs, mais le gouverneur général Boisson s'opposa avec succès à foutes les tractations de ce genre.Le gouverneur général Boisson était un pétainiste et un anticollaborationniste.Inévitablement j'ai beaucoup fréquenté le gouverneur général Boisson, à titre officiel, et je crois que nous en sommes venus à nous bien connaître l'un et l'autre.Nous avons été, lui et moi, en désaccord parfois et je n'ai pas obtenu de lui tout c* qu* je désirais.Mais je !'oi toujours trouvé franc ("a square shooter").Il na m'a jamais trompé ('double-crossed me").Etant donné la connaissatic* personnelle que j'ai de l'homrfie, j'entends avec scepticisme les histoires qui courent sur s avril, au sujet de ma conférence sur la République ^Argentine, d V a une mauvaise traduction de mon texte.Je n’ai pas dit: "que si plusieurs pays sont soumis ou devront se sou- nar tout membre du conseil, ou par ; mauvaise foi, des dommages tmpor-m officier municipal, de tout arti- tant*, peuvent éIra commis a 1 en-de offert en vente, vendu ou livré, «‘roll «les contribuables qui se ver-I h u pou ne de contribuables a ront, sans formalite de justice, at-conlrslé cette disposition du règle- teints ex cathedra et sans moyens mcnl devant la Cour supérieure.; de défense devant leurs pairs, pn-¦’ar jugement «lu 4 mars 1942, M.le j vés «le la confirmé la validité juge Salvas n confirme la ou règlement et a rejeté Faction.Les «lemandeiirs ont porté ce iuge-m, nt en appel * t la cause a etc on-t.ndue par MM.les juges G«li-peault, Saint-Jacques, Barclay, Ri*; sonnette et Lrrol M McDougall, qui ont accueilli l’appel et déclaré que rct nrticle lt du règlement est nul et illegal, a retranché l’article du Hglemcnt et accueilli Faction.Voici «les extraits des notes de M.le juge Gallpeault: "1.intimée nous «ht que I art.•>««« «, M.permet pareille disposition.( et article se lit: , .VU Tonie corporation locale ne,il faire, amender ou abroger des reglement» pour autoriser la confiscation de tout, article offert en renie, vendu ou Hure en contravention avec les réglements fait» en vérin îles dispositions dit present ' °"L’arl.394, sûrement générique, permet à une corporation locale de soumettre ceriums «je ses contribuables à «les dispositions très sévères, cl doit être, e est bien certain, interprété très strictement sinon restrirtivement et ce, en « la réouverture des sentiers et portages fameux d'autrefois; c) l’établissement de parcs historiques; d) la reconstruction des postes de traite les plus importants; c) l’attribution à d’anciennes rues ainsi qu’a toutes les nouvelles des noms «les explorateurs et des trafiquants de l’histoire primitive régionale ; f) la collaboration avec les membres de la Commission scolaire et avec le personnel enseignant de façon à stimuler l’étude de l’histoire régionale; g) la coopération avec les offices de tourisme des villes de Fort-William et de Port-Arthur en vue de les aider à préparer leurs brochures et autres publications de p.opa- - à.Montréal’ énorme production de viande et ce qui est encore plus incomprehensible que d’autres pays que nous pourrions approvisionner avec des viandes de hautes qualités se voient, pour des raisons diverses, dans l’obligation de s’imposer des rationnements, etc.’’ Je vous prie, Monsieur le directeur, de publier dans la même page où a paru le compte rendu de ma conférence cette rectification que je considère essentielle.Je vous prie «l’agréer, monsieur le directeur, l'expression «le ma considération distinguée.Saul AGUILAR, consul général.¥ ¥ * "PARA RAZONKS DE ORDEN POLITICO" .V.de la R.— Comment se traduisent ces quelques mots espagnols en bon français?Selon Senor Saul Aguilar, consul ces mots n’y étaisnt pas, j’aurais fait! photographier le manuscrit.).Après la traduction orale donnée! par l’avocat susmentionné, et faite en présence d’un autre avocat montréalais, qui a fait un voyage par avion en Amérique du Sud il y a quelques années et qui avait accordé à son retour une entrevue au Devoir.j’ai demandé, pour être sûr de ne I pas faire tie contresens dans la tra-i duction française, à un professeur j attitré d’espagnol a Montréal, de me i donner la traduction du passage > controversé que J’ai transcrit sous* sa ilictée.D’autres personnes ont vu] le texte de M.Aguilar et ont elles' aussi la mémoire des mots "para ra-| zones de orden politico".Si M.Aguilar est ennuyé de celte ] déclaration, cela est regrettable.Mais il est dans la carrière consulaire depuis une vingtaine d'années et il a l’habitude «le la parole en public.Peut-on douter qu’un homme de sa qualité ne mesure pas ses mots, surtout dans un texte écrit?S'il a écrit que c’est "pour des raisons d'ordre politique’’ que le rationnement de la viande est imposé, on peut en déduire qu’il tient que cela soit connu et soit rappiïrté.Là était la nouvelle dans son discours, j Le reste était matière d’encyclopédie.On sail que l'Argentine n'a pas déclaré la guerre à l’Axe et qu'en retour les pays alliés lui achètenl peu de ses viandes.Seraient-ce là les “raisons d’ordre politique", comme a dit M.Aguilar samedi soir, ou les raisons diverses", comme il dit ce matin, «le la mévente de la viande argentine sur les marchés des pays alliés?Dans sa lettre, M.le Consul général argentin ne cite pas le passage que nous avons guillemeté de sa traduction, mais les quelques mots de déduction de sa déclaration rapportés dans le préambule de l’article.Pourquoi n'a-t-il pas pris le passage guillemeté?Une chose reste: les mots "para i CMMisits \ miiu mmwm f} AWIÏU& ftûplcu SERVICE JOUR el NUIT PUQRITlflŒ moniREPL «H MRS mnrwc pkamraciC 01 au OM" HR .7251 fOUVCRT joufumur Pour persévérer intéresses les garantie?^cessai es ; gande ct d’accronre, la guerre vie- f^rtVaduise^Tles mois-;’pmi'r ! raiones de orden politico" en vue «le la protection de kur» pieusement terminée, par un.«lJ-| Hes'Isonsdivems^cW «lu moins | étaient bel et bien dans le texte espa-"r?.\is- riéfrndrreur dans son rè-1 „,,ou" les, ; ce qu’iî dit et ce mt’il déclare dans gnol que j’ai eu en ma possession , “ , , n.i.ie m,,], s'êt,T rendue ,jasé.*ur j attraction historique, J-1 ja ]e(tr(.i eproduite ci-dessus qu’il a samedi soir et que M.Aguilar venait com ité qufH fallait lè «ecou "à des i "?n.>brc touristes a vls,ler lu aussi adressée au Canada.«le lire devant plus de 500 person- urix-èdiires judiciaires, à la déci- rcB}on* .De» personnes de langue espagno- nés Fm tribunal puisque aux Le programme est vraiment ie- Jp oepVn(]ant.ou d’autres qui ont Décidément, "para razonet de or-q ( j io d’iceliii’ lorsqu'il s'agit cond.Il trace à.t’.1îa^un|
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