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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
jeudi 14 octobre 1943
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1943-10-14, Collections de BAnQ.

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Canada *sk une nation tduvo^ raine et ne peut avec dociHt* a :cvpter de la Grande-Bretagne, nu de; Etats-Unis, ou de qui que ce soit d'autre l’attitude qu'il lui laut prendre envers le monde.Le premier devoir de loyalisme d’un Canadien n’est pas envers le Commonwealth britannique des nations, mfis envers e Canada et ion roi, et ceux qui contestent ceci rendent, à mon avis, un mauvais service au Ccmmonwealth." (ta-x-ar) Lord TWEEDSMUIR Diractaar i CaargM PELLETIER FAIS Ci QUE DOIS Radactuai an cbaf t Ornai HEROUX Montréal, jeudi 14 octobre 1443 REDACTION ET ADMINISTRATION 430 EST.NOTRE-DAME MONTREAL TOUS LES SERVICES TELEPHONE i Ifilait 3361* SOIRS.DIMANCHES ET AdmfniatratiM I Rédaction t Gérant t FETES •Elair 3331 lElair 2984 BEIair 3361 i jt |f i i Les troupes alliées ont forcé le passage de la Volturno Américains et Chinois Les premiers veulent se gagner Tamitié des seconds — L'abrogation de la loi d'immigration chinoise — Mouvement de rapprochement en vue de l'après-guerre — Aspects utilitaires et politiques Un mouvement est »ur pied aux Etats-Unis — le magazine Collier’» nous en apporte l'écho — pour faire abroger la loi excluant les immigrants chinois, loi en vigueur depuis une soixantaine d’années.Avant 1882, les bâtisseurs de chemins de fer avaient utilisé la main-d'oeuvre coolie pour leurs constructions (et la même chose s’est produite au Canada); on employait ces jaunes aux terrassements et à la pose des rails, à cause de leur endurance infatigable et du bas prix de leurs salaires; pour quelques sous, ils pouvaient pelleter, boulonner, travailler, du petit jour à la brunante.Les entrées américaines du côté du Pacifique furent donc largement ouvertes à cette main-d’oeuvre ardue au travail et de gages minimes.Mais cet afflux oriental dont profitaient les grands entrepreneurs créa une concurrence inquiétante aux travailleurs blancs à cause des faibles salaires que ne pouvaient accepter les ouvriers occidentaux.En face de cette situation, dès 1882, le Congrès interdit l'immigration des ouvriers manuels chinois; ce décret fut très tôt suivi d’une semblable mesure contre le» Japonais.Cette loi d’exclusion contre les Chinois est encore en vigueur de l’autre côté de notre frontière; mais des motifs de sympathie et d’intérêt commercial incitent des personnages américains à presser le rappel de cette législation.Toutefois, l’abrogation de la loi de 1882 n’ouvrirait pas trop largement les ports d’arrivée aux jeunes de la Chine; l’admission des Chinois aux Etats-Unis se bornerait à un chiffre de 105 nouveaux venus par année, soit le même contingentement qu’à l’égard des Anglais, des Français et des autres nationalités.Les protagonistes américains de cette brèche dans les lois d’immigration orientale de la République jouent sur un double tableau: ils voudraient « concilier la bienveillance des Chinois et profiter en retour des immenses possibilités commerciales et industrielles que la Chine peut offrir aux négociants et aux industriels étatsuniens au lendemain de la paix.Les contrées arrosées par les fleuves Jaune et Bleu sont sur la voie d’une intense industrialisation; ce pays de 450 millions, très supérieur en nombre aux effectifs numériques des deux Amériques réunis, aurait besoin de 60,000 milles de votes ferrées, au coût d’au moins $50,000 le mille.Les Chinois auront aussi besoin d'autos (ils ne possèdent présentement qu’une voiture à essence par 5,000 de population, contre une auto par 5 personnes aux Etats-Unis) ; ils devront étendre leurs réseaux téléphoniques (on recense 1 appareil par 9 Américains, à comparer à 1 pour 1,500 Chinois).Les hommes d’affaires américains ne perdent pas de vue ces perspectives qui feraient tomber une manne abondante dans la caisse des entrepreneurs yankees en installations ferroviaires et téléphoniques et en fabrication d’automobi- les.Pour obtenir ces contrats, il leur faudrait préalablement s’être attiré les bonnes grâces du peuple chinois et que les Etats-Unis le traitent d’égal à égal.L’abrogation de la loi américaine d’exclusion envers les émigrés chinois serait un bon moyen d'attirer la bienveillance des populations de l’ancien empire des Tsing.D’autre part, les Occidentaux d’Amérique prennent garde au sentiment de solidarité asiatique grandissant qui menace de coaliser les sujets de Tchiang Kai-chek, du Mikado et peut-être de ceux de Staline contre les Américains et les Européens.Le Japon manoeuvrera en vue de canaliser ce sentiment — ou ce ressentiment — pour l'utiliser,,» son avantage mercantile et politique.Les Nippons ne manqueront pas de profiter des possibilités de trafic de la Chine pour y établir leurs comptoirs et leur emprise et, par là, s’en constituer un outil pour dominer d’abord l’Extrême-Orient et, ensuite, le reste de l’univers, écrit le rédacteur de Collier’».Les Chinois, pour leur compte, ressentent, comme une insulte à leur pays l’exclusion de leurs compatriotes sur le territoire américain tout comme s'ils étaient de la vermine (et les règlements contre l’immigration chinoise sont également sévères au Canada).Le rappel de la loi de 1882 contribuerait à établir un mouvement de sympathie sino-américaine, ce qui aurait la double conséquence de pallier le danger de solidarité orientale et de profiter aux industriels de New-York, de Philadelphie et de Chicago.“Nous avons l’avantage de naviguer avec ce courant, écrit Collier’», et, conséquemment, de rendre service à l'Orient et à l’Occident; mais dans le cas contraire, nous aiderions à mettre en branle des forces qui finiraient par déclencher la prochaine guerre universelle.“Il suffirait d’abroger la loi antichinoise d’immigration — ce qui équivaudrait à mettre simplement les Chinois sur le même pied de contingentement que les autres races — pour réussir à contrecarrer la marée asiatique montante”.Cet aspect améticain, à la fois commercial et politique, du problème chinois, qui se relie à la menace de coalition asiatique exposée récemment par le directeur du Devorr, M.Georges Pelletier (article du 25 septembre dernier), ne manquera pas de faire réfléchir les hommes d’affaires et les politiques de la République voisine.Du reste, M.Wendell Willkie, qui se portera vraisemblablement candidat à la présidence de son pays pour le compte du parti républicain, s’est constitué le protagoniste d’une doctrine américaine proariatique.Il déclarait encore l’autre jour: "Je mis d’avis que les Américains devront orienter leurs regards plus du côté de l'Asie et moins en direction de l’Europe”» u.x.u Louis ROBILLARD Politique M.King et la consultation du Canada Le premier ministre dit que, pour ce qui est de Dtalie, le Canada a été tenu au courant La nuance entre eraomies qui désirent se renseigner sur le comité des taux des chambres, organisé 11 y a quelque temps par l'administration des loyers, pourront .poser des questions auxquelles répondra Mme H.-R.Laplerre, présidente de ce comité.Mme Brunelle, directrice des agents de liaison, recueillera l'opinion des consommateurs.étudiera les problèmes les plus Importants et y apportera une solution.Chez les Sourdes-Muetfes Souper aux huîtres “Si ma présence peut être un encouragement au dévouement des Dames bienfaitrices, j’accepte, en cette année centenaire, de présider votre souper aux huîtres du 3 novembre.” Ainsi s’exprime Son Excellence Mgr J.Gharbonneau, répondant à l’invitation pressante du comité exécutif.Ces paroles de notre archevêque ont réchauffé notre enthousiasme et les Soupers aux huîtres à l'Institution des Sourdes-Muettes s'annoncent plus brillants que jamais.On s'inquiétait un peu: la guerre.les restrictions.les oeuvres multiples.et quoi donc encore?.Mais rien à craindre.Quand une oeuvre a résiste cent ans à tow- les vents de l’épreuve et de la souffrance, ses organisations sont devenues traditionnelles et bravent aussi tou- tes les tempêtes afin d'atteindre Ti-déal poursuivi, idéal qui embrasse l’éducation de la sourde-muette.Pour parfaire cette éducation, pour prouver à ces souffrantes de la vie les douceurs d'un foyer et la possibilité d’en créer un elles-mêmes, nous nous tournons vers vous, chers collaborateurs de chaque année et tout spécialement vers les spectateurs de la séance pédagogique d< juin dernier qui ont vu c« qu’on appelle avec raison le miracle des Soeurs de la Providence.Que votre générosité égale l’ardeur de ceux et celles qui veulent vous rendre ces soirées familiale: aussi gaies, aussi attirantes que '.oujoui s! Cent ans! Quel long chemin parcouru! Jamais nous ne l’avons si bien compris que lorsqu’il nous a été donné, à l’occasion d’une visite à l’Asile de la Providence, de voir celle grand’maman centenaire, alitée mais souriante encore, grâce aux bons soins dont l’entourent les Filles de la Charité.Cent ans! Il faut aller d'e l’avant pour que nos enfants, nos petits-enfants soient encore au poste de la charité quand la fête des Soupers , aux huîtres aura cent ans.Aidez-nous, cher public de Montréal.Je vous lance le premier appel au g'and ralliemt nt de la chaulé, les 3 et 5 novembre prochains, dans les salles de l’Institution des Sourdes-Muettes.Mariana-B.Jodoin, prés.Les dollars ont plus de valeur ici Des centaines de femmes, mariées eu célibataires, ont constaté que 'ce magasin est le meilleur endroit où faire un choix de fourrure.Ici, vos dollars ont plus de valeur, et vous n'avez pas be soin d’être une acheteuse experte pour vous en rendre compte.Comparez ce que nous vous offrons.Une heure passée ici vous sera toute une révélation.—Manteaux en seal français— (Lapin teint).Teints fourrure noire épaisse, neront longue durée seal d’Hudson, belle Vous don- ’225.Autres à aussi bas prix que *150.[IIMMINGS FURS LTD FURS LTD 284 Notre-Dame ouest PL.8901 MME LEBLANC AVAIT RAISON.LE MÉLANGE DE SOUPE AUX NOUILLES LfPTON DONNE, EN PEU DE TEMPS, UNE SOUPE VÉRITABLE f Æ “cuit **• 7 «UHUtS» ._tu, délicieuse, • L* so°PÉ que vous apprêtée f*P1'1 :e.Elle «si d* eyiex *iflCileetsir*Pld* préparation s ‘ dtW toujours que vous en v jimple* une provisio°- ! paquet à 4 '•“2 tasse* «** y minutes.M cuir» P^f^up* dorée.^ résultat: «"• •°"Pnné< et d’un* La mitant» ,, fcono- nouilles paqutl nuQUt ¦ • ¦ .lus it sout> donne un i ,wuf«» ^es-le * AAltr UN PRODUIT DE LIPTON Les emballeurs du THE LIPTON PLEIN DE SAVEUR (à fines feuilles) Feuilleton du Devoir eau eâot Un RO BE RT-LO U IS STEVENSON, 20.(Suite) — IJ navigue au plus près, nieux qu’on n'est en droit de l'attendre de sa propre épouse, mon-lieur.Mais, ajoutait-ii, tout ce ïue je puis dire est que nous ne somme pas encore rentrés chez nous, et que je n’aime pas cette croisière.Le chevalier, là-dessus, se détournait et arpentait le tillac d’un bout à l’autre, le menton relevé.— Cet homme m’exaspère, disait-il; pour un rien j’éclaterais.Nous rencontrâmes un peu de gros temps, et YHispaniola n’en montra que ^mleux ses qualités.Tout le monde à bord paraissait enchanté, et il n’en pouvait guère aller autrement, car jamais équipage ne fut plus gâté, je crois, depuis que Noé mit son arche à la mer.Le double grog circulait sous le moindre prétexte; on servait de la tarte aux prunes en dehors des fêtes, par exemple si le chevalier apprenait que c’était l'anniversaire de quelqu’un de l’équipage; et il y avait en permanence sur le pont une barrique de pommes où puisait qui voulait.— Ces manières-là, disait le capitaine au docteur Livesey, n’ont jamais profité & personne, que je sache.Gâtez les matelots, vous en faites des diables.Voilà ma conviction.Mais la barrique de pommes nous profita, comme on va le lire, car sans elle rien ne nous eût avertis, et nous périssions tous par trahison.Voici comment la chose arriva.Nous avions remonté les alizés pour aller chercher le vent de File que nous voulions atteindre, — je ne suis pas autorisé à être plus précis, — et nous courrions vers elle, en faisant bonne veille jour et nuit.C’était à peu près le dernier jour de notre voyage d’aller, Dans la nuit, ou au plus lard le lendemain dans la matinée, File au Trésor serait en vue.Nous avions le cap au S.-S.-O., avec une brise bien établie par le travers et une mer belle.VHispaniola se balançait régulièrement, et son beaupré soulevait par intervalles une gerbe d’embrnn.Toutes les voiles portaient, hautes et basses; et comme la première partie de notre expédition tirait à sa fin, chacun manifestait la plus vaillante humeur.Le soleil venait de se coucher.J’avais terminé ma besogne, et je regagnais mon hamac, lorsque Je m’avisai de manger une pomme.Je courus sur le pont.Les gens de quart étaient tous à l’avant, à guetter l’apparition de File.L’homme | de barre surveillait le lof de la j voilure et sifflait tranquillement un air.A part ce son, on n’entendait que le bruissement des flots contre le taille-mer et les flancs du 1 navire.J’enlrai tout entier dans la bar-! rique de pommes, qui était presque vide, et m’y accroupis dans le noir.Le bruit des vagues et le ber-| cernent du navire étaient sur le point de m'assoupir, lorsqu’un homme., s’assit bruyamment tout contre.La barrique oscilla sous le choc de vson dos, et je m’apprêtais à sauter dehors, quand l’homme se mit à parler.Je reconnus la voix de Silver, et il n'avait pas prononcé dix mots, que je ne me serais plus montré pour tout au monde.|Je restai là, tremblant et aux écou-| tes, dévoré de peur et de curiosité: par ces dix mots je devenais désormais responsable de l’existen-Ce de tous les honnêtes gens du bord.XI CE QUE J’ENTENDIS DANS LA BARRIQUE DE POMMES •— Non pas, dit Silver.Flint était capitaine; moi, quartier-maître, à cause de ma jambe de bois.J’ai perdu ma jambe dans la meme bordée, qui a coulé la vue à ce vieux Pew.Celui qui m’amputa était docteur pn chirurgie.avec tous ses grades unh'crsitaires.du latin à revendre et.je ne sais quoi encore; mais n’empêche qu’il fut pendu comme un chien, et sécha au soleil avec les autres, à Corso Castle.C’étaient des hommes de Roberts, ceux-là, et tout leur malheur vint de ce qu’ils avaient changé les noms de leur navires.la Royal Fortune, et caetera.Or.quand un navire est baptisé d’une façon, je dis qu’il doit rester de même.C’était ainsi qu'on a fait avec la Cassandra, qui nous ramena tous sains et saufs du Malabar, après qu’England eut capturé le Vice-roi des Indes; de même pour le vieux Walrus, le navire de Flint, que j’ai vu ruisselant de car- nage et chargé d'or à couler.— Ah! s’écria une autre voix (celle du plus jeune marin du bord, évidemment plein d'admiration), c’était la fleur du troupeau que Flint! — Davis aussi était un gaillard, sous toift rapports, reprit Silver.Mais je n'ai jamais navigué avec lui: d’abord avec England, puis avec Flint, voilà tout; et celle fois-ci pour mon propre compte, en quelque sorte.Du temps d’England, j'ai mis de côté neuf cents livres, el deux mille après Flint.Ce n’est pas mal pour un homme de l’avant.Le tout déposé en banque.Gagner n’est rien; c’est conserver qui importe, croyez-moi, Que sont devenus tous les hommes d’England, à présent?Je l’ignore.Et ceux de Flint?Hé! hé! la plupart ici à bord, et bien aises d'avoir de la larte.avant cela, ils mendiaient, certains.Le vieux Pew, après avoir perdu la vue, n’eut pas honte de dépenser douze cents livres en un an, comme un grand seigneur.Où est-il maintenant?Eh bien, maintenant 11 est mort, et à fond de cale; mais les deux années précédentes, misère! il crevait de faim.Il mendiait, il volait, il égorgeait, avec ça il crevait la faim, par tous les diables! — Ca ne vaut vraiment pas le coup, en somme, dit le jeun* mate-Ilot.Pour les imbéciles, ça ne vaut pas le coup, ni ça ni autre chose! s’écria Silver.Mais liens, écoute: lu es jeune, c'est vrai, mais tu es sage comme une image.J’ai vu cela du premier coup d'oeil, et Je te parle comme à un homme.On peut se figurer ce que j’éprou-| vai en entendant cet infâme vieux j fourbe employer avec un autre les mêmes termes flatteurs dont il i avait usé avec moi.Si j’en avais eu le pouvoir, je l’aurais volontiees I tué à travers la barrique.Gepen-! dant, il poursuivil, sans guère soupçonner que je l'écoutais: (à suivre) (Trsduit da l'anglais par Déodat Ssmal) Ct Journai eut Imprimé au no 430 rue N ._ .éclairé par la lumière incomparable qui baigne l’autre versant de la vie.Je ne vous ferai pas la biographie de M.Bourassa.Je veux simplement souligner la note dominante de sa carrière, l’unité de sta vie.C’est ainsi qu’il a exercé une influence et une action profondes.Malgré les sollicitations des bon- ce de caractère, une incapacité congénitale de dire ce que je ne pense pas et de ne pas dire ce que je pense.Est-ce qualité ou défaut?Par bonheur pour moi, et j’en remercie Dieu tous les jours, je n'ai pas subi l’influence des idées de Papineau en matière religieuse.Comme vous savez, il avait perdu la foi.Il a vécu et est mort sans pratiquer neurs et des intérêts, malgré les at- • sa religion ou plutôt avant perdu laques et les injures, il a conservé toute religion.Mais je tiens à dire.la ligne droite.Il domine tous les homines publics de l’histoire canadienne en exerçant une action durable par sa fidélité, sa persévérance et sa droiture, comme par la vigueur de sa pensée et l’éloquence de sa parole.M.le chanoine Lionel GROULX et je lui ai une dette de reconnaissance à cet égard, qu’il a pratiqué toute sa vie le plus profond respect pour la foi de sa femme, de ses enfants et de ses petits-enfants, et pour la foi du peuple qui avait confiance en lui.un en- époque où se forment les premières convictions, où le coeur commence à se dilater avant que les passions mauvaises ne viennent couvrir ce qu’il y a de vrai; vous ne savez pas à quel point ces paroles-là sont salvatrices, combien plus tard, quand viennent les orages de la vie, un souvenir, une parole prononcée 10 ans, 15 ans, 20 ans auparavant peut contribuer à sauver une âme.Le conférencier parle de ses premiers professeurs: l’abbé Saurin, qui lui a fait aimer le catéchisme; puis son passage à l’école du Plateau, et ensuite les cours privés de Frédéric André, qui lui a fait aimer les mathématiques.En 1885, M.Bourassa entra à l’Ecole polytechnique, puis en 1886, son père l’envoya au collège Holy Cross, de Worcester.C’est là que se terminèrent ses études, et il s'en alla ensuite à Monte-Bello.Ee curé de Monte-Bello était son oncle paternel, le Père Médard Bourassa, un des quatre premiers missionnaires oblats venus en 1841, et Deux exemples.Dans le cadre in- i ùuj était allé en mission au lac lime de la famille d’abord.Vers I Saint-Jean.Le conférencier signa-1850, i! perdit un fils qui donnait le.en passant les difficultés que sus-de hautes espérances, un garçon de|c^e pot*" la conversion de* sauva-M.Bourassa fut remercié par le j 20 ans à qui l’on prédisait un bnl-j8es la mauvaise conduite des Blancs lancine Lionel Groulx, historien .tant avenir et qui est venu mourir | censés chrétiens; il dit que Mgr chanoine et professeur.Il évoqua des souvenirs d’autrefois, alors que M Bourassa se rendait dans un presbytère ami et s'abandonnait aux charmes de la conversation.C'était au manoir de Monte-Bello.Et c’est son père qui l’a préparé à la mort en lui faisant chaque jour des lectures pieuses.Et quand les derniers moments furent bien près, mon vieil alors la première édition de ces i oncle paternel, curé de la paroisse, mémoires.i nui allait voir mon oncle maternel M.Groulx signale les dons ^i-es-j 'nus les jours lui dit: Gustave, je hgieux d’orateur de l’homme cl’K- jous apporterai demain le bon tat et rappelle les discours de , 1899.celui du 17 avril 1905.où il , En reconduisant le cure, Papineau lui dit: Père Bourassa, trouvez-vous se fit l’avocat du droit minoritaire au Canada, et celui de Notre-Dame, au congrès eucharistique .“Mais vous n’nvez pas été seule- que mon fils est assez bien préparé pour recevoir un si grand sacrement?Le curé se retourna d’un air ment un homme éloquent.Nous ' »»rpns et Papineau reprit avec un n’avons pas manqué, dans notre pas- : ^unre triste.Nous vous étonnez de sé, et surtout dans notre monde po-! î11 e.ntendre Parler ainsi, je n ai pas litique.de ténors magnifiques.Ils ont longtemps passionné la foule Le malheur de ces ténors fut d’avoir plus de voix que de cervelle.Votre originalité fut d’avoir plus de cer la foi, mais mon fils l’a et je tiens à ce qu'il meure dans la plénitude de sa foi.Quant au peuple qui l’entourait, Papineau, pendant les longues an- v un que Breynat et Mgr Turquetil lui ont tait part des mêmes difficultés dans leur ministère, et il rappelle les luttes de Mgr de Laval contre les gouverneurs qui encourageaient l'empoisonnement moral des sauvages pour procurer des revenus au roi de France; et la Compagnie de la Baie d’Hudsom a fait de même.M.Bourassa dit qu’il croit bien que les générations actuelles expient le scandale donné pendant trois ou quatre siècles par des nations qui avaient hérité de la doctrine du Christ et qui, au lieu de la répandre, ont rendu infécond renseignement des missionnaires.Le curé de Monte-Bedfo était un vieux Castor.On appelait ainsi un groupe de catholiques laïques et ecclésiastiques absolument dévoués à Mgr Bourget, et aussi à Mgr Laflè-che, des Trois-Rivières, mais sur- partis, il y a un pays, la patrie.A ce ! .Pau’^ du il avait suivi pays, à ce jeune État, qui cherche ^ p ^0Sj’ direz-vous, toujours, sans l’avoir trouvé, son tou* le ,T’on('e savait.mais comme il disait a son curé: J ai le devoir de donner le bon exemple à votre peuple, car j’ai le malheur d avoir perdu la foi, mais je sais que la foi est un grand préservatif pour la famille et le caractère- d’un peuple.Un incrédule clérical Chose étrange, je crois même que dans un de vos cours, M.Groulx, vous l'avez signalé, Papineau a re- centre de gravité, vous avez rappelé, pour vaste qu’il soit, que ses frontières n’englobent aucune de ces petites contrées que sont l’Europe, l’Asie, l’Afrique, et que la patrie des Canadiens pourrait bien être le Canada et rien que le Canada.Pennettez-moi de vous le dire cependant.Votre influence sur votre génération, vous la devez moins à votre talent oratoire, moins à la substance solide dont s’étoffait votre éloquence, qu’à des dons tout autres proché au jeune parti rouge dès 1850 de faire de l'anticléricalisme, car, disait-il, n’oubliez pas que l'influence du clergé chez noqs est un préservatif moral et social je ne vous donne pas les mots mais l'idée.En d’autres termes, Papineau était un incrédule et un clé- et d’un ordre plus élevé.Vous la de vez d’abord, celle influence, à votre caractère, un caractère qui n’était pas du goût de tout le monde, et c’est tant mieux, un caractère, comme eût dit votre maître Veuillot, peut-être “trop imprime”, mais un caractère qui avait du caractère.Le caractère ajoute «nu talent.Le caractère norte une oeuvre.Sur votre, _ , , .oeuvre, les opinions peuvent être J Bourassa parle do ses origines pa-partagées.Elles ne le sont pas sur tel nelles, le stjoui de son grand-votre courage, sur votre loyauté, sur j pore Bourassa aux Etats-l ms, son votre conscience.El pardonnez-moi, etablissement sur dos terres, de 1 A-Monsieur Bourassa, de parler de i cadie, son election nu premier con-vous avec un {icu de sans-gêne, coin- j s
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