Le devoir, 1 avril 1944, samedi 1 avril 1944
-** wr.-iyw “Le Canada eat une nation souveraine et ne peut avec docilité accepter de la Grande-Bretagne, ou des Etats-Unis, ou de qui que ce soit d’autre l’attitude qu’il lui faut prendre envers le monde.Le premier devoir de loyalisme d’un Canadien n’est pas envers le Commonwealth britannique des nations, mais envers le Canada et son roi, et ceux qui contestent ceci rendent, à mon avis, un mauvais service au Commonwealth.” (12-X-37) Lord TWEEDSMUIR LE DEVOIR Y* Montréal, samedi 1er avril 1944 JliDACTION CT ADMINISTRATION 430 EST.NOTRE-DAME MONTREAL TOUS LES SERVICES TELEPHONE BEIair 3361* SOIRS, DIMANCHES ET FETES Diractear : Gaorget PELLETIER FAIS CE QUE DOIS SUdscteyr an chat : Omar HEROUX Administration : Rédaction Gérant : BEIair 3361 BEIair 2984 BEIair ; 3361 L/Assemblée législative adopte le bill de l’Hydro en 3e lecture L’administration de la Justice Pourquoi elle est trop lente et onéreuse — Notre magistrature et notre Barreau -Le berger et son troupeau Il y a quelques semaines.Me André Taschereau, bâtonnier général, lançait un grave avertissement.L’administration de la justice dans notre province est devenue, disait-il, trop lente et onéreuse, et d'immédiates réformes s’imposent dans l’intérêt des justiciables et de l'ordre public.On ne peut se dissimuler, en effet, que ce problème est devenu chez nous une cause de sérieuses inquiétudes.Il présente d’ailleurs un aspect inusité.Nous avons une magistrature au-dessus de tout reproche, dont l'intégrité et le sentiment élevé du droit sont indiscutables.De même nos avocats ont une haute conception de leur devoir.Enfin le personnel des cours de justice s’acquitte honorablement de ses fonctions.Mais avec tout cela il faut bien constater que la vaste majorité des citoyens ne considère plus guère la Justice que sous la figure redoutable d’une divinité avide qui dévore indistinctement les plaideurs, gagnants et perdants.La fable de L’Huître et les Plaideurs illustre assez bien l'impression^ du peuple à ce sujet.On répète — et on le croit — que le plus mauvais règlement est préférable au plus beau procès.On est convaincu, aussi, qu’il est impossible de plaider contre les riches, les puissants et les gouvernements, car ils ont des ressources d’appel financièrement interdites au commun des plaideurs.On pourrait aussi signaler le sentiment que les puissants de ce monde peuvent se payer d’illustres avocats, tandis que le menu fretin judiciaire doit se contenter des “savants maîtres” ordinaires, ce qui en l'espèce a très vraisemblablement des allures de préjugé.Il reste à vérifier jusqu’à quel point le sentiment populaire est erroné, ce qu'une enquête éluciderait sans doute avec un profit plus ou moins platonique.Il est juste de reconnaître que la faute n’en est pas à notre magistrature pour laquelle le public professe le plus grand respect.L’équité exige également d'affirmer que le Barreau n’en est pas responsable et qu’an contraire, il en est injustement victime.Il convient de faire la part des clients assez nombreux dont le principal souci est de tout obtenir et de payer le moins possible, ce qui est un sentiment assez généralement répandu chez les humains.Ils veulent bien recourir aux services d’un avocat, l’aburir et l'assommer de leurs interventions pendant des semaines et des mois, mais s’en tirer avec des honoraires de famine.Est-il besoin de rappeler que l’avocat, comme le médecin, le notaire, l’ingénieur et les autres professionnels, a consacré toute sa jeunesse à des études longues et pénibles, qu’il a dû payer ses frais d’instruction collégiale et universitaire, travailler durement pour se l’assimiler; ce n'est qu’à l age de la trentaine qu'il commence à gagner sa vie.et encore assez difficilement.Ce travers que l’on remarque chez certaines gens se retrouve d’ailleurs même chez nos gouvernements qui n'hésitent pas à payer parfois à des architectes, ingénieurs, médecins des salaires qu'un ouvrier qualifié refuserait avec raison.Tout de même, lorsqu'un peuple est rendu à considérer l'administration de la justice comme une sorte de petite calamité pour ceux qui y recourent, c'est que l’heure est devenue mûre pour les pires désordres et qu’il faut y remédier sans retard.On peut trouver une sorte d’ironie à cette méfiance moderne de nos gens contre les procès, eux qui avaient jamais la réputation de plaideurs émérites, héritage de nos origines normandes.Heureusement, il semble facile de corriger la situation puisqu'il s'agit en somme de modifier une politique fis- cale inconsidérée et de tracer dans l’enchevêtrement de la procédure des routes plus larges et directes.En réalité, l’administration de la justicç, est devenue dispendieuse et lente par suite de la tendance qui porte le» gouvernements à taxer tout et n’importe quoi et à augmenter les formalités plus ou moins nécessaires.Sous prétexte d’une administration “d’affaires” où chaque département cherche à taxer lourdement pour équilibrer les dépenses, on en est venu, dans le département judiciaire, à multiplier les prétextes à timbres judiciaires et frais de tout genre, sans trop se demander si, par cette prétendue technique d'homme d’affaires, on n'aüait pas à l’encontre du but ultime qui doit être, non pas d'afficher un surplus annuel, mais tout simplement la bonne administration de la justice.Le gouvernement n’est pas une entreprise commerciale et exige d'autres méthodes.S’il doit en retenir les principes de sage économie, de travail et ne pas s’encombrer d’un inutile patronage, il ne peut par contre s’estimer satisfait du seul bilan financier, mais plutôt de la somme de bien public.Le plus gros ennui réside dans la longueur et la complication des procédures et surtout les ajournements.Car ils entraînent pour le justiciable les déplacements, frais de remise, journées perdues, etc.C’est ce qui explique que les unions ouvrières ont réclamé et obtenu des tribunaux spéciaux pour régler les réclamations d’ouvriers accidentés; qu'on ait remis à une commission le soin de régler les différends de bornage, et ainsi de suite.Ainsi que le déclarait Me Taschereau, les hommes d'affaires n’ont pas le temps d’attendre des mois et des mois le règlement d’une cause et ils ont recours aux agences de perception, aux estimateurs, arbitres, le tout au détriment de la profession légale qui n'en est pas responsable puisqu'elle est bien obligée de suivre les dispositions des lois faites par les gouvernements.Dans certains mémoires de frais, le justiciable pourrait s’imaginer avec raison que ce n’est pas son avocat qui a plaidé, mais le gouvernement.Or tout mouvement qui tend à entraver notre régime traditionnel des tribunaux, à l’écarter pour lui substituer des organismes administratifs du gouvernement, est contre l'intérêt public bien compris.Ce serait un véritable désastre si Ton en arrivait à compromettre gravement ifotre organisme judiciaire et légal fruit de plusieurs siècles d’expérience et de luttes pour la liberté humaine.Les classes professionnelles, et notamment celles du droit, ont toujours été à l'avant-garde de la véritable démocratie, pour la défense de la justice et des petits.Elles constituent l’élite intellectuelle militante, indispensable à tout peuple qui veut survivre et grandir, la garde vigilante et bien armée, capable à la fois de guider et de combattre.L'abandon de notre organisme judiciaire et légal actuel pour lui substituer des organismes d’Etat est le plus sûr chemin vers la dictature.Les commissaires qui dépendent directement ou indirectement d'un gouvernement particulier pour leur maintien, leur salaire, promotion, etc., les titulaires de toute fonction juridique ou quasi juridique gouvernementale ne peuvent à la longue remplacer l’indépendance et la liberté du système actuel.Tout sans doute n'y est pas parfait, mais il convient de rappeler la fable du berger qui, trouvant que ses chiens lui coûtaient un peu cher, décida de s'en défaire et à qui les loups mangèrent son troupeau.i.jv-s4 Alexis GAGNON raient vifs à sentir Qu’en plus de la jeune Lorraine "conduisant ses brigands qui couraient à confesse”, il y a là une autre armée, non moins émouvante à nos fieux, celle des syllabes françaises conduites par Péguy à l’assaut du futur, et pour nous vers la survivance, comme marchaient les grognards de l'Empire: Bt comme on peut marchi>r, le* pied* [sans ses souliers.Vers un dernier carré le soir d’une [Datallle.Laquelle s’est appdèe Waterloo mais n’a jamais mis c>'i à la mission de “l’oeuvre de s^ieu par les I Francs”, dont nous avons notre bonne part de lâche et de blessures glorieuses.Coups de clairon, ‘mots français, gouttes de la sève circulant dans l’arche açcroché, racine au fond du sol que nous avons s rni et consacre d’une étreinte peu à peu devenue continentale, et noue imposant ainsi un écusson, des armes hé raidi-, ques impérieuses, nous allions dire cornéliennes, mais c’est encore Péguy qui, toujours actuel parce que toujours chrétien, nous fournit la formule el le mot de la fin: Les armes de Jésus, ce*t la peine [de "homme, C’eet 1* chemin qui mène et qui Jr&méne à Rome.Notes outiouaises Mystère de Péguy (par Ernest Bilodeau) Ce n’est pas qu’il soit insoluble, parce qu’enfin personne ne s’est débattu plus qng lui contre l'obscurité des termes, de la pensée, personne n’a fait plus a efforts haletants pour être compris tel qu’il était et selon ce qu’il voulait dire, qu’il répétait sur tous les tons.Le ‘‘mystère ’ tient plutôt à la persistance de son prestige, à l’echo prolongé de sa voix s en allant plus min encore, soutenue par on n saurait quelle force si ton n’y reconnaissait tout le temps l'âme exprimée du vieux peuple français depuis le fond des âges.Tel en pays de montagnes un cours d’eau froide venant des lointaines névés finit par atteindre le bord des rochers et tombe en cascade avec un bruit plein de fraîcheur et de sincérité.Et les échos ne peuvent plus s’en passer, ils le cueillent et le maintiennent par on ne sait quelle magie, quel besoin secret qu'ils ont d’être complétés, justifiés par lui, accordés an reste des voix champêtres orchestrées.Péguy exprime ainsi ses instincts ataviques de droiture parce qu’il n’essaye en rien de les comprimer et soulage librement sa nécessité d'être vtai.Et c’est peut-être pour ces raisons que pous en sommes tous comme subconsciemment obsédés et que son pas soldat et paysan.continue de retentir sur la roule du siècle.C’est un Pire, je crois, de Tordre des Prêcheurs, qui donnait dans une salle, il y a quelques mois, une causerie sur l'épreuve que subit présentement la France, et lorsque vint le moment de conclure, on ne fut pas peu surpris, à défaut de l’entendre évoquer la prochaine invasion des Allies ou le "rouleau compresseur russe”, d’écouter cet homme réfléchi dire d peu pris: "L’une des plus grandes raisons d’espoir en un relèvement vigoureux de la France, c’est que Tin- fluence de Péguy y grandit de plus en plus".Il faut avouer que t on fut un peu déconcerté, à la pensée de ce simple fantassin avec son écritoire poussant, boutant hors frontières les hordes germaniques répandues sur le territoire.Mais en y repensant Ton comprenait mieux qu’il faut diviser les problèmes: militaire et spirituel.Quand le Germain sera retourné lécher ses plaies dans sa bauge, il restera aux Francs la tâche éternelle de prendre la tête du monde, et s'il y faut un Guide, un manuel de pensée forte, on n’en voit pas de plus approprié, de plus virilement "humain”, selon le cliché du moment, que Toeuvre du grognon, et verbeux, et obstiné piéton du pèlerinage de Chartres, qui s’en alla mettre "marché en mains” à la Vierge Marie à cause que son enfant était malade à Palaiseau, et qu'elle eût à y voir parce qu’elle lui devait bien cela.Et qui fut exaucé, bien entendu.On commence à saisir l’idée du Père Dominicain.Elle a cependant un autre aspect, celui qu’on peut appeler Tin-fluence montante des écrits dit polémiste.Mais c’est encore bien plus an poète, cl c’est comme tel qu’il nous fut révélé à tous, ii g a dans les trente ans et plus, par la Page littéraire du Devoir, qu’on regrettera toujours, encore qu’elle survive diversement.Je n’ai, en effet, qu’à allonger la main vers Talbum 1912 pour rejoindre une coupure où s’alignent les deux tercets qui burinent la gardienne de Paris, sainte Geneviève, ramenant ses moutons et conduisant ses Parisiens au Père éternel, lors du Jugement dernier: Et quand viendra le soir qui fermer» [le jour.C'est elle, la caduque et l’antique bergère.Qui ramassant Paris et tout «on alentour.Conduira d’un pas ferme et dune [main légère, Pour la dernière fols, dans la dernière cour.Le troupeau le plus vaste à la droite [du Père Essaye: maintenant de jamais oublier ce rythme et ces syllabes, ou encore ceux qui viennent ensuite, sur le 501e anniversaire de la nais- sance de Jeanne d’Arc: et citons encore le Devoir d'autrefois: Bien prise en sa eulrasat et droite [sur l'arçon Priant sur 1* pommeau de son [ estramaçon.Et qu’eUe vit monter de dessus l'horizon Souple sur le cheval et lo caparaçon, La plus grande beauté de tout son [parentage.Ce n'est encore là que le buccin guerrier, la trompette annonçant l'arrivée du chef de guerre, de la fille de France au clair visage et à failure auréolée de la fierté des siècles antérieurs.Et voyez pour s’empêcher de pleurer comment te poète, le penseur, le mage, on allait dire tç Druide, le trouvère de la vocation franque, Chartes Péguy, entrevoit la vierge armée et la regarde venir, en mots entrecoupés où son coeur menace d’éclater d’amour, d’orgueil et de sauteur: Sur Boulogne et Neullly, sur Puteaux [et Nanterre; Hauturièr» et docile, alerte et droi- [turlère, Et prompte è la manoeuvre et peu [procédurière, Destinée à périr comme une aventurière; Bien en selle en avant de sa cavalerie Masquant «es bombardiers et sa [bombanderle, Traînant comme un réseau sa lourde [Infante rte; Ameutant ses tambours qui battaient I pour lu messe Déférente aux trois Voix qui tenaient [leur promesse.fl faut bien arrêter quelque part et nous sacrifions ici “les soldats au pas sacramentaire” et "les curés au pas réglementaire” pour vous présenter avec plus de respect encore favant-dernier vers: "Grave.” mais auparavant: Sage comme une aïeule en sa tendre [ Jeunesse, Cadette ayant conqula le plus beau [droit d'ainesse, Grave et les veux plue clairs que d'une (chanolneese, La sainte 1s plue grande après [sainte Marie.Ernest BILODEAU l-IV-44 On devrait faire goûter cela aux enfants dans toutes nos écoles, avec ou sans laïcité "consciente et organisée'’ conduisant gentiment mi communisme.Hais les enfants se- Bloc - notes Ipar Emile Benoist) La vie d’un Anglo-Canadien La même chose dite par un Anglo-Canadien ou par un Canadien de langue française ne manque certes pas d’avoir la même signification, mais il arrive que l’expression de cette meme chose n a pas la même portée dans le cas de l’un et de l'autre.Un Canadien de langue française qui se permettrait des propos dans le genre de ceux qu’a tenus M.Watson Kirkconnell, professeur à McMaster University, Hamilton, Ont., devant les membres de l’Empire Club réunis à Toronto, ce Canadien français-là n’en finirait plus de s’entendre dénoncer dans le mon de anglo-canadien.M.Kirkconnell a pu parler, exprimer tonte sa pensée, sans soulever la moindre protestation.I! eR a pourtant dit d’assez raides, à commencer par celle-ci: “C’est comme par une dérision du sort que les Anglo-Canadiens doivent consentir jusqu’au dernier sacrifice dans cette guerre-ci à la fin d’assurer la survie immédiate de leur groupe, et alors qu’en fait ils n’ont pas le moindre souci de leur survie dans trente ans d’ici.Leur race se dessèche à la racine dans le sol de la prospérité commerciale et personne ne semble vouloir s'en occuper.” Le professeur Kirkconnell, selon le rapport que la Canadian Press a donné de son discours, a ajouté à cela une prédiction, savoir que d'ici une centaine d’années les Anglo-Saxons ne contribueront pas pour plus de 25 à la population canadienne; il ne tient pas pour vraisemblable sinon possible que les Anglo-Canadiens puissent maintenir longtemps leur natalité au taux où elle a été depuis quinze ans, c'est-à-dire 40% de toute la natalité canadienne.La conclusion à laquelle en vient M.Kirkconnell est une réponse à ceux qui préconisent l’immigration britannique à dose massive: “Ça ne serait qu’un palliatif et encore un palliatif temporaire que de vouloir pratiquer, si la chose était économiquement possible, la transfusion de sang de l’immigration britannique.La Jimitation des naissances est un mnl qui a fai! encore plus de progrès en Grande-Bretagne qu’elle n’en a fait au Canada.” Les considérations de ce professeur de McMaster quant à l’avenir démographique du Canada ne paraissent pas être de simples pronostics risqués à tout hasard; elles se présentent comme une interprétation très raisonnable de faits dûment constatés.M.Kirkconnell aurait pu tout ausi bien dire qu’après cette guerre-ci et après les terribles saignées qu’elle aura occasionnées à presque toutes les nations du monde.l’avenir appartiendra aux populations qui s’en seront tenues nu respect de la loi naturelle et de la morale chrétienne.Comme c'est là loul de même, ce professeur ontarien en a dit assez pour ouvrir les yeux de ceux de ses compatriotes qui sont susceptibles de voir clair.Les lettres aux journaux Nous recevons, a propos de la visile dans notre ville et dans plusieurs autres villes de la province el du pays d’un propagandiste etranger et d’origine assez douteuse, une lettre fort intéressante; par malheur, elle est anonyme et nous lui devons faire le traitement que nous accordons, que nous devons accorder toujours à toules les communication* de celle sorte quand elles ne sont pas signées ou encore qu'elles ne portent pas, en plus de la signature, l'adresse du signataire: lui faire prendre, bien à regret, le chemin du panier.On voudra nous permettre de signaler par la même occasion qu'une lettre adressée à un journal, pour être admise à la publication doit être signée a la main et non pas à la machine à écrire, comme le cas se présente très souvent; une lettre de ce genre doit de plus être bien au point, de forme à la fois correcte, précise et concise.On comprendra que dans les circonstances pré- Par un vote de 37 à 10 L'Union nationale et M.Chaloult sa prononcent contre cette mesure — L'établissement du prix pour les expropriations prévues — Electrification rurale — Les concessions à T'Aluminum Corporation" — L'expropriation du gaz (Par Louis ROBILLARD1 Québec, 1er — L’Assemblée législative a mis le point final — les journalistes écriraient le 30 — à l’étude du bill 17 destiné à créer une Hydro provinciale, à exproprier la Montreal Light et la lieau-harnois et à activer l’électrification rurale.Le débat commencé mardi s’est clos hier soir vers 11 h.30.Les deux oppositions, par la bouche de MM.Duplessis, Beaulieu et Chaloult ent poursuivi leur critique du projet de loi jusqu'à la dernière minute.La loi est mal faite, mal mûrie, le budget ne prévoit aucun montant pour en assurer l’application, la Chambre ne possède d'ailleurs pas les documents suffisants pour se prononcer en toute connaissance de cause, le gouvernement n’est pas en possession du mandat suffisant pour transiger une telle affaire, dit M.Duplessis.Quant à l'électrification rurale, l'Union Nationale s’est prononcée en faveur de cette initiative par un voeu présenté à la Chambre, mais exécutée par l’entremise de coopératives rurales indépendantes du gouvernement, M.Paul Beaulieu motive son opposition au bill Hamel par un excellent discours prononcé dans la soirée.Il estime que l'expropriation représentera une somme qui dépassera $200 millions, ce qui idteint presque la dette totale de la province estimée à $312 mi'lions.El l'acquittement de ces $200 mil- sentes, vu le rationnement du papier, un journal ne puisse se permettre d'accueillir à propos de tout et' à prop ¦.> dé rien des lettres tellement longues qu’elles couvriraient l’espace d'une colonne, l'espace parfois de deux ou trois colonnes.11 arrive d’ailleurs généralement que les lettres les plus longues sont de la propagande ou de la publicité déguisée.En pareil cas, le journal a doublement raison d'être chiche de son espace.Dans l'Etal du Rhodes-Island, aux Etats-Unis, la Chambre des représentants vient d’être saisie d’un projet de loi à la fin d’obliger les éditeurs de journaux à publier les noms véritables des journalistes qui écrivent leurs articles éditoriaux et pareillement les noms véritables des personnes qui leur adressent des lettres dont ils donnent publication.La Législature du Rhodes-Island a déjà, l’an dernier, rejeté un projet de ce genre et il est fort possible que le projet de cette année connaisse le même sort.H y a tout de même quelque chose dans cette idée d’obliger ceux qui écrivent dans les journaux à faire connaître leur nom.On en viendra peut-être à cela, qui sait?même chez nous.tmil« BENOIST carnet du gtinefteux Le ministre des Finances, M.H&ley, dans son prochain budget, nous proposera peut-être de nous charger du faix entier, total, intégral, de la dette de |ohn Bull.Pourquoi pas?* ?* On dit que les petits cadeaux entretiennent l'amitié; à plus forte raison, cela devrait être vrai des bons procédés.* ?* Un fort en chiffres a calculé qu'un homme qui atteint ses soixante-dix ans en a passé cinq à manger.Avec les rationnements du temps présent, on va sûrement venir i bout de réduire cela pour la peine.Ne suffit-il pas d'un petit quart d'heure pour consommer un dîner complet de restaurant à table d'hôte?* * * La Commission des prix et du commerce en temps de guerre, ses tsars et tsarevitchs, ont enfin élucidé une très grande et troublante question.I! est maintenant décidé par décret que la noix de coco est une noix et non pas un fruit.Enfin! le monde civilisé aura une inquiétude de moins.* * * Les conserveries de Chicago ne savent plus comment s'y prendre pour maintenir, au rythme qu'elle a pris, l’industrie des oeufs en poudre.La population avicole du pays s'est augmentée de 30,000,000 de poules depuis l’an dernier et l’on ne trouve plus la main-d’oeuvre qu'il faut pour briser les coquilles de leurs i oeufs.Pourquoi n'entreprendre pas l'é-1 ducation des poules, leur apprendre par exemple à pondre des oeufs sans la coquille, ou mieux encore à pondre sous la forme pulvérisée?Le Crnicheux ï-IV-44 , im*- ——— Citation d actualité “Uniformiser la vie, c'est en rendre le mouvement étale.Que ce soit ta terre, la mer ou les Jmes populaires, rien ne peut être égalisé si ce n’est au niveau de la médiocrité et de la banalité.” FRANÇOR CHARMOT, S.j.("La teste bien taicte'ï.lions exigera une; période de quarante ans.Et on ne pourra réussir à faire baisser les taux.M.Duplessis cite le rapport de la commission Lapointe qui .se prononce contre l'étatisation de l'électricité mais préconise plutôt l’électricité surveillée par l’Etat ou par un organisme.Dans son esprit, le rapport conduit à la nationalisation, dit M.Hamel.M.Chaloult ne peut accepter l'article 5 qui établit le critérium pour le paiement de l’indemnité à verser aux compagnies expropriées.11 propose un amendement qui apportera ce correctif: "Moins ies dépréciations prises par la compagnie à même les bénéfices annuels jusqu'au là avril IS'i t ”, cette dépréciation représente environ $fifi millions pour les services du gaz et de T électricité.Le député de Lotbinière s’oppose à cet article qui définit les conditions de l’expropriation.11 craint que la nationalisation n’en souffre, Il sc déclare encore une fois en principe très favorable à la nationalisation, M.Godbout se demande comment un homme qui a fait toute sa carrière politique en demandant la nationalisation puisse s opposer à cette loi.Cette loi doit tenir compte de l'évaluation et de la dépréciation.Le premier ministre offre à M.Chaloult un amendement à l’article 5 qui se lit à peu près comme suit: ‘Dans la determination de ladite somme capitale, une réduction appropriée sera faite pour toute dépréciation ou désuétude”.Nous ne voulons pas faire payer à la province ce qu’elîe ne doit pas payer, nous ne voulons pas non plus enlever aux actionnaires de la compagnie ce qui leur appartient.Nous ne voulons pas tenir compte des franchises, car si nous en lit nions compte, comme le veut I* chef de l’opposition par sa loi de 1040, nous pourrions payer peut-être un milliard.M.Chaloult dit qu’il ne peul accepter l’amendement du premier ministre: c’est un progrès, mais 11 le croit insuffisant.D’ailleurs il ne | représente pas que lui-même dans cette Chambre, il est le mandataire d’autres personnes.11 iui faudra consulter ses amis.Le bill est un recul et aura des conséquences désastreuses pour la province, pour le pays et pour les Canadiens français, déclare M.Duplessis.M.Chaloult demande que la majorité des commissaires de la nouvelle Hydro soient des Canadiens français.Sur l'agrément des résolutions du bill Hamel MM, Bégin et Lorrain présentent un amendement qui propose le renvoi de la mesure à quatre mois “car dans quatre mois nous serons au pouvoir”, dit M.Duplessis.L'amendement oppositionniste est repoussé par un vote de 10 contre 37.M.Chaloult se range avec l’Union nationale pour exprimer sa dissidence contre le texte lui-même du projet Hamel.Au cours de la discussion M.Hamel a appris que les cinq directeurs de la Héauharnois prévus par le bill seront probablement les futurs membres de l’Hydro.Amendement Beaulieu A la phase de l'agrément du bill lui-même MM.Paul Beaulieu et Labbé proposent l'amendement qui suit résumé de la dissidence de l'opposition: “Que tous les mots après "Que'’ dans la motion en discussion soient retranches et remplacés par les suivants: “le bill ne 17 intitulé "Loi établissant la commission Hydro-électrique de Québec” soit renvoyé au comité plénier de la Chambre avec instructions: “1) d'obtenir que le gouvernement de la province produise: “a) Une copie des actes de fiducie mentionnés à l’article 3 page 11 dudit projet de loi: “b) Une copie des contrats intervenus entre la Montreal Light, Heat and Power Consolidated au sujet, soit de la production, soit de la distribution de l'énergie électrique; “c) Une copie de tous les contrats intervenus entre la Montreal Light, Heat and Power Consolidated et la Beauharnais Light, Heat and Power Company, relativement à la vente de l’énergie devant être utilisée, soit dans la province d’Ontario, soit aux Etats-Unis; “2) — D’obtenir que le gouvernement de la province fournisse à la Chambre les informations et les renseignements qui sont nécessaires afin de pouvoir apprécier toutes les conséquences dudit bill no 17 et les dépenses qui seront occasionnées à la province à ce sujet’’.L’amendement est rejeté par 37 contre 10.Pour la troisième lecture, étape finale le désormais bill 17 appelé le projet le plus considérable présenté à la Législature depuis la Confédération, reçoit la ratification de la majorité de la Chambre des députés: 37 approbations à l'encontre de 10 dissidentes, dont celle de M.Chaloult.La Chambre entre ensuite en congé jusqu'au mardi, le H avril.L'électrification rurale La discussion d'hier après-midi a porté sur l’électrification mrale, la question de Taluminum ou des pou voies accordés à VAluminium Corporation dans la région du Lac-Saint-Jean et sur l’achat de l’entreprise du gaz en même temps que de celle de l'électricité de la Montreal Light.MM.Duplessis, Godbout, Chaloult, Talbot, Hamel et ünésime Gagnon ont principalement participé à ces débals d'un haul intérêt.En vertu de l’article 43 du projet de loi Hamel, le gouvernement est (suite à la page trois) L’encycliifiie “Divino afflante Spiritu” de Sa Sainteté Pie XII sur les Saintes Ecritures L’oeuvre de Léon XIII, de Pie X, de Pie XI — Le recours aux textes primitifs—La critique textuelle—Les commentaires patristiques — Les genres littéraires — L’usage de la Bible dans le ministère sacré — Lecture et méditation des Livres Saints — Récompense et bénédiction (par le R.P.Louis-Arthème TETRAULT, S.J.) La présente encyclique date de septembre 1943.Les “Acta Apo.stoli-cac Sedis”, dernière livraison (2f) oct.1943, vol.35, no 10), nous en donne le texte latin (pp.297-326), suivi d'une traduction en langue italienne (pn.327-3511.Tl «’agit des Saintes Ecritures, comme dans les deux grandes encycliques que nous connaissons déjà: “Spiritus Paraclitus" et “Providentissimus Deus”, l’une de Benoît XV (15 sept.1920).l'autre de Léon XIII (IR nov, 1893).Pic XII confirme de son autorité suprême les doctrines énoncées par «es prédécesseurs, développe certains points d’ordre pratique, particulièrement en ce qui concerne la façon d’interpréter l’Ecriture, met en garde les exégètes contre certains dangers propres n notre temps, exhorte vivement les prêtres et les fidèles à lire et à méditer ces pages divines où se trouve consignée la parole du salut.Rien de plus opportun, car l’Ecriture est source de sainteté."Toute Ecriture inspirée de Dieu est utile pour enseigner, pour reprendre, pour redresser, pour éduquer en la justice, pour former des hommes parfaits, aptes à toute bonne oeuvre”.(2 Tini.3, 16-17).I—L'histoire Dans la première partie de l’encyclique, — entièrement consacrée à l’histoire, Pie XII relève les principaux actes de ses devanciers dans le domaine scripturaire.Tout d’abord Léon XIII.C’est dans des circonstances particulièrement graves que Léon XIII publie "Providentissimus Deus".Désarçonnés par les difficultés qui surgissent de! 1 sciences naturelles et de l’histoire profane, les catholiques cherchent des solutions, mais dans dei voies différentes.Les uns se cris tallisent dans un conservatism! sans lumière et ne veulent rien céder, d’autres plus hardis dépas «ent les limites des concession! légitimes et sacrifient une partir de rinemince biblique.Au *or- (Suite à la page 3) 2 LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 1er AVRIL 1944 VOLUME XXXV — No 77 L’encyclique "Divino afflante Spiritu”.(Suite de la 1ère page) du magistère vivant institué par Jésus-Christ pour conserver et propager la vérité de la révélation, en vertu des pouvoirs infaillibles qu’il détient comme Vicaire du Christ sur terre, Léon XIII rappelle avec sagesse et fermeté les principes de l’exégèse traditionnelle: l’extension universelle de l’inspiration, l’immunité d’erreur en todtes les affirmations de la Bible, quel qu’en soit l’objet: dogme, morale, sciences naturelles, histoire religieuse ou profane.De l’ordre des principes Léon XIII passe à l'action pratique.Afin de maintenir les interprètes catholiques dans le chemin de la lumière, il crée par sa lettre “Vigilan-tiae”, le 30 octobre 1902, la ‘Commission biblique”, tribunal composé de savants de tous les pays du monde, de toutes les nuances d’idées, chargé d’examiner les problèmes en discussion et de prononcer au nom du Saint-Siège des jugements dont la valeur égale les déclarations du Saint-Office.(“Molli proprio”, “Praestanüa”, 18 nov.1907).Depuis sa fondation à nos jours la Commission biblique a émis de nombreuses “Réponses”, qui sont tontes, par leur vsagesse et leur opportunité, un guide précieux pour nos travailleurs de la pensée biblique.Après Léon XIII, Pie X.Sans exagération, nous pouvons dire que ce grand pape a Les petits Robinsons.Lee avions de Mars.Fils de trappeur.Lee fils des étoiles.Le dernier des Moberley.La forêt de la mort.Beaux volumes illustrés.couvartura an coulturt PRIX : $0.25 chacun, par poste $0.50., Série complète $4.00 franco.SERVICE DE LIBRAIRIE DU "DEVOIR" 430, rue Notre-Dame est, Montréal demanda Mme Pawell qui rentrait.— Mlle de Kerhir ne vous en a-t-elle rien dit, ma chère?— Non, expliqua Ghislaine; je ne voulais pas déflorer pour Mme Pawell l'heureuse surprise.— Et puis, vous comptiez peu sur ma persévérance, n'est-ce pas?Ma lionne Jessie, demandez a Mlle de Kerhir des renseignements; cependant si elle essaye de vous persuader que je suis en l’affaire pour lu moindre chose, n’en croyez rien.Mon rôle se borne à l’office de banquier.— En l’espèce, c’est le principal, dit Ghislaine en riant.— Et surtout ue m’assurez pas de vos félicitations; je vous tiens quitte de tout éloge.Avec son ordinaire simplicité, Ghislaine raconta à Mme Pawell tout ce que la bonne dame désirait savoir.Elle dit les choses telles qu’elles s’étalent passées: sa promenade à l’aventure avec les enfants, lu rencontre du docteur Faroll, les réflexions que lui avaient suggérées l’abandon et la misère de la chaumière paysanne, ri la resolution qui s’en était suivie.“Mais le hasard propice, conclut-tlle, conduisit lord O’Brian ehe* !e père Humphrey, juste ce jour-là, et sa générosité adopta l’oeuvre." Quand la jeune fille parla du hasard complaisant, lord Philippe laissa échapper un singulier sourire que ne virent pas les deux dames.Tourné vers la fenêtre, il paraissait suivre avec intérêt le mouvement du port, les va-et-vient sur la digue qu’un vent assez fort inondait de poussière d’eau.Mais, malgré son air détaché de la conversation, il y prêtait une oreille avide.Il épiait les intonations qui donnaient aux mots un sens spécial et leur ajoutaient pour lui seul une valeur.Sans défiance, Ghislaine ouvrait son âme.Ainsi que d’une source profonde jaillit une eau fraîche et pure, l’ardente compassion de la jeune fille pour toutes les misères lui faisait trouver sans effort des mots de douceur et de pitié.Quand elle prononçait le nom de Faroll, lé visage détourné de Philippe se tendait, un pli inquiet abaissait les commissure» de ses lèvres, mais il ne bougeait p»s.(K suivre) c» tournai Mt imprtm# au no *30 rua Nntra-Dama Mt S Montreal par l'Imprt.mari» Populate* ta r**ponaaniua limitâti, Mt'rtae-pmprtêtalra.— Oaorgt* PtiiatMe, .airacMux-etrans, VOLUME XXXV — No 77 te devoir, MONTREAL, SAMEDI 1er AVRIL 1944 PAGE FEMINin !»F lA niant Directrice : Germaine BERNIER L après-guerre et ses merveilles I D après les prévisions de certains auteurs, propagandistes ou conférenciers, l’après-guerre va tout simplement être un second paradis terrestre, tjuel-ques-uns ont l’air de croire, en essayant de nous faire partager leur foi, que l’humanité va sortir de la guerre régénérée, munie de toutes les vertus et de tous les talents; d autres semblent médusés par les perspectives scientifiques que l’ire des massacres en série a permis d élargir et parlent de progrès inouïs, d'un monde de merveilles, etc.Ca ne sera pas la premier1' fois d ailleurs que la guerre aura fait avancer la science.Cette évolution scientifique va sc faire apprécier dans tous les domaines et la ménagère, comme le chercheur des laboratoires, va sans doute en bénéficier dans une certaine mesure.Mais le domaine qui parait davantage appelé à se transformer et qui attire d'autant l’attention dès maintenant, c’est celui du transport.I es hommes, et les femmes aussi, bien entendu, avaient déjà le goût de la bougeotte avant la guerre, qu'est-ce que ça va être après, avec ces facilités de transport?On nous a déjà annoncé les hélicoptères, ces petits avions que chacun va pouvoir apprendre à manoeuvrer en cinq ou dix minutes et qui ne coûteront que quelques centaines de piastres.Il parait même que des compagnies sollicitent déjà des chartes pour entreprendre le service aérien entre les villes de la province dès la fin de la guerre.Quant aux voyageurs qui s'adresseront aux grandes compagnies de transport aerien, ils pourront, s'ils le veulent, faire le tour du monde en huit jours! Cela sera possible, puisque, de Xeiv-York, on pourra aller à Paris en quinze heures, au Caire en vingt-trois heures et à Hong-Kong en quarante-quatre heures.Les nations vont donc continuer à voisiner de plus en plus.Cela va-t-il leur aider à s'entendre davantage?Qui vivra, verra.Souvent, c’est quand on reste chez soi, qu’on a le plus de chance de vivre en paix.Il serait sans doute aussi vain de bouder le progrès et de douter des bienfaits que peut apporter la science appliquée que de croire que ce même progrès et celte même science vont nous apporter l’âge ddr après la guerre.Ce n'est pas parce que les gros actionnaires, les nouveaux riches et les vedettes du cinema vont pouvoir faire le tour du monde en huit jours que les sociétés vont retrouver leur aplomb et les peuples un peu de sécurité et de bonheur.Après la dernière guerre, on a bien vu ce que la Science et le Progrès ont pu faire pour ies masses ouvrières en chômage.Rien de brillant.Est-ce qu’il n’y avait réellement rien à faire ou s'il n’g avait pas Le cerveau influen- cé/jommei, de chefs pour le faire?La première chose à demander au ciel pour Vaprès-guerre, c'est bien de nous épargner la repetition de ce désordre économique qui a eu de si tristes conséquences pour tu famille, la santé publique et la société en général.Si la prospérité s’étend sur le monde apres lu guerre et que l’or coule comme le sung a coulé, espérons que notre pays en aura sa pari, celle à laquelle il a droit, mais, quelle que soit cette part, elle ne devra pas retenir toute noire attention tant que nos problèmes sociaux ne seront pas tous résolus.On a beau être fanatique du progrès scientifique, dit le Père Sanson, on ne saurait contester qu’il y a plus de bonheur pour un peuple sans alcoolisme, sans tuberculose, sans syphilis, sans taudis que pour celui qui, gardant dans ses flancs de telles plaies, parviendra à survoler le premier les océans profonds et les pôles inaccessibles.L’alcoolisme, la tuberculose, la syphilis, les taudis, ces plaies, dont nous souffrons, hélas! assez lourdement, disparaitront-elles à mesure que s’élèveront entrepôts et aérodromes?Ce serait v souhaiter, mais ce phénomène ne pourra se produire en autant que te progrès noral marchera au même rythme que le progrès matériel.L’organisation terrestre, d'après les découvertes de la science, dit encore le Père Sa'nson, ne sera viable que si la qualité morale de l'humanité grandit dans les mêmes proportions que sa qualité scient!Tique.Autrement, toute cette science ne peut conduire qu’à la barbarie.scientifique tant qu'on veut, mais barbarie tout de même.Cette qualité morale de l'humanité, c'est la valeur morale de chaque individu qui la compose et chaque individu vaut*ce que sa famille et la société le font.Et pour aider l’individu et la famille, dans les circonstances actuelles, comme dans celles de l'après-guerre, qui ne seront peut-être pas aussi dorées que d’aucuns les entrevoient, je crois que nous devons, sans dédaigner bien sûr les innovations du progrès matériel et tes nouvelles applications de la science, avoir autant confiance, sinon davantage, dans les progrès que font et doivent continuer à faire chez nous le Service social, le Coopératisme et tous les mouvements spécialisés d’Aclion sociale catholique et d'éducation.Accordons notre attention, notre sympathie, notre appui chaque fois que c’est nécessaire à ces forces du bien au service de l’individu, de la famille.de leurs pauvres problèmes et nous connaîtrons.comme peuple, le véritable progrès, basé sur les valeurs spirituelles et morales, comme sur les valeurs économiques et sociales.Germaine BERNIER l-IV-44 Ceux qui firent notre pays Ludger Duvernay (1799-1852 .On reproche aux Canadiens leur individualisme.Aussi devons-nous une reconnaissance particulière à Ludger Duvernay qui, le premier, a voulu combattre ce penchant en fondant la Société Saint-Jean-Baptiste c! en lui donnant comme but de “rendre te peuple meilleur'’.Membre d'une famille de quinze enfants.Ludger Duvernay naquit à Verchères, te 22 janvier 1799, du mariage de Joseph-Marie Duvernay et de Marie-Anne-Julie Rocbert de La Morandière.Il ne fréquenta que la petite école.Dès l’âge de H ans.il s'engagea aux ateliers du Spectateur, à Montréal.Quatre ans plus tard, cependant, il pouvait s’émanciper de l’autorité du patron et H fonda aux Trois-Rivières son premier journal, la Gazette des Trois-Rivières, qui subsista jusqu’en 1822.L’année suivante, il fonde le Constitutionnel, puis /’Argus, qui ne subsista que d’août à novembre 1826.Pendant ce temps, il se mêlait à la vie sociale des Trois-Rivières.Il remplit même des fonctions publiques et en le voit diriger des travaux de voirie municipale.Mais la sphère trifluvienne lui semblait déjà un peu étroite.En .1827, il fonde avec Norbert Morin, à Montréal, la célèbre Minerve.4 plusieurs reprises, Duvernay séjourna en prison pour expier les attaques tancées contre les autorités civiles.En 1832, on l'arrêta pour avoir affirmé que le Conseil législatif constituait “une grande nuisance’’.Deux ans plus lard, au moment où la nation canadienne s'agilail déjà sons le coup des injustices.Duvernay fonda la Société SaJnt-,ican-Baptiste et désigna la feuille d’érable comme emblème national.En 1837, il fut élu député de La-chenaie, mais la rébellion l’obligea à se réfugier à Burlington, Vermont, où ii publia le Patriote Canadien.Revenu à Montréal en 18i2, il poursuivit la publication de la Minerve jusqu'à sa mort le 28 novembre 1852.Il avait épousé en 1827 Marie-Reine Harnois, de Loui-sevillc.M.Daniel Webster, ancien .secrétaire d'Etat américain, fut le premier à donner l'avertissement aux autres nations de ne pas se mêler aux iles Hawaï.Notes et croquis Crépuscule sur la Côte d*Aiur Le soleil, presque ou ras de l'horizon, n'envoyait plus de rayons assez chauds pour dissilèr le brouillard indistinct et glaceBn montait, engluant déjà de son suintement les cuivres et les boiseries de bateau.Le bleu de cette mer immobile s'épaisis-sait jusqu'au noir, tandis que I azur du ciel sans nuage pâlissait, fraidissait, se neutralisait.Un quart d'heure s'écoula ainsi, puis, lorsque le globe du soleil toucha i horizon, l'incendie démesuré du couchant éclata sur ce ciel et sur cette mer.Toute côte avait disparu, en sorte que les passagers du yacht, maintenant remontés sur le pont, n'avaient devant eux’ que l'eau et le ciel, le ciel et l'eau: ces deux immensités sans forme, sans contour, vierges et nues comme aux premiers jours du monde, où la lumière déployait, prodiguait ses resplendissantes féeries, — toute la lumière, ici projetée en des nappes d'un rose tendre, délicat, transparent, comme la rose de pétales sur un buisson d'égiantiers, — là répandue en des flots de pourpre, de la couleur d'un sang généreux, — ailleurs étalée comme en des grèves d'un vert d'émeraude et d'un violet d'améthyste, — plus loin solidifiée en de colossaux porches d'or ! Et cette lumière s'approfondissait avec le ciel, elle palpitait avec la mer, elle se dilatait dans l'espace infini, jusqu'à ce que, le globe ayant plongé sous les lames, cette gloire s'évanouit comme elle avait surgi, laissant de nouveau la mer toute bleue, presque noire, et le dôme du ciel presque noir aussi cette fois, avec une suprême frange à son bord, de l'orangé le plus intense.Cette large bande éclatante s'amincit, s'atténua, s'effaça etie-même.Paul BOURGET Activités Féminines, Conférences, Réunions, etc.i!aiwiiiiiiiMliiiiiiiiiii‘i;iraiiiiii»;iiiii!iiiiiiiiiiii BISCUITS • QATEAUX • TARTES ^—i tu «ntuir t lULOtet • » 235 ouest, avenue Laurier CR.2167 Montréal Mgr Léger à l'Auditorium du Plateau Sous les auspices de la Jeunesse Independents catholique, Mgr Emile Léger, V.G., donnera une conférence Intitules Coeurs unis, à laudltorlum du Plateau, mardi, 18 avril, à 8 h.15 du soir.Chez les Sourdes-Muettes La grande partie de cartas en faveur des Sourdes-Muettes aura lieu cette année le 12 avril, dans les salons de l'Institut, rue St-Denis.Peur renseignements, MA.7416.Chez les employées de mogosins L'Association nrofcsslonnellie des employées de magasin prie ses membres de prendre note que mardi soir, le 1 avril aura Heu la visite de l'exposition de peintures hollandaises à la Galerie des Arts, le ralliement aura lieu rues Orescent et Sherbrooke, coin nord-ouest, à 7 h.4o Toutes sont cordialement Invitées, Oeuvre de la soupe La réunion hebdomadaire du lundi, 3 , avril, sera tenue au Rltt-C'arlton.sous la I présidence d’honneur de Mme 4dh6mar ! Raynault et est organisée par le comité des J.A.O.S., sous la direction de Mlles Claude Beaudet, Olivette Bourassa et Jean-nette Dumont.Mme Eugène Desmarals .résidait la semaine dernière l'assemblée régulière touchant la grande partie de cartes des da- ; mes de charité qui a été fixée nu lundi , 24 avril dans la salle de ’-al du RlU-Carl- ! ton.Pour renseignements, tél.HA.5076 Aux anciennes de l'Ecole Ignace Bourget Mardi soir, 18 avril, 4 8 h., a la salle üs ^ l'Ecole Ignace-Bourget, 1214 rue de la Montagne, aura lieu une partie de cartes mixte au profit des premiers communiants.Cordiale Invitation à tous.Pour renseignements, s’adresser A Yolande Glngras, président-» de l’amicale, 615 rue Vllleray, tél.DO 6029, ou è Mariette Poupart, secrétaire, 2251 rua Hood, tél.AM.3218.L'Aiguille Française Le Cercle de laiguille française tiendra une réunion lundi soir prochain, le 3 avril, 4 8 h., 4 l’Union nationale française.429 av.Vlger, Montréal Toutes les jeunes filles françaises do Montréal sont cordialement Invitées Récollection à io Maison N.-D.du Saint-Esprit La récollection des Jeunes filles ancien- ! nés retraitantes aura Heu le dimanche de i Pâques, 9 avril, de 8 h.30 à il h.chez les I Soeurs missionnaires de Vlmmaculee-Conceptlon, 314 chemin Ste-Catberlne.' Toutes lee Jeunes filles sont cordialement Invitee» 4 y assister.1* R P Jean Lara-mée.S.J., donnera la conférence habituelle.Partie de cartes Lundi, le 3 avril, 4 I h.»ou» la présidence de Mme Primo Préaovost, au no 4312 nie Papineau, aura Heu une partie de cartes au profit de l’Oeuvre tie la réparation 4 la T.8.Pace Inc.cordiale invitation 4 toutes les dames Pour Inf., PI.9411, FR 3828.Prochoines retraites n y aura 4 Béthanie, 80 est.rue laurier, Montreal, tél DO.8026, des retraite»» aux dates suivantes: pour dames, du 3 au 5 avril préchée par le R P.Nérée, O.F.M.; r'ur Jeunes filles, du 5 au 8 avril et du au 9; pour élève» du tl au 14 avril et du 17 au 20; pour Jeunes filles, du 14 au 16 avril et du 21 au 23 H y aura le Jeudi saint 4 8 h.30 du soir une heure sainte préchée par le R.P.Racine, O.P., pour les anciennes re- traitantes.dame» eO Jeunes filles 4 120 est, rue Laurier.cé par le corps et certains agents physiques Les maladies de l'esprit et l'hygiène qui peut les prévenir M.le docteur Charles-N.Vatin, professeur à l’Université de Montréal, continue la série de ses conférences, chaque dimanche, à 3 h.de l’après-midi.Ces causeries sont organisées par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et subventionnées par le secrétariat de la province.Dimanche dernier, le Dr Valin traita de l’Influence du corps sur l’esprit.Voici un résumé de son cours: lo Le corps agit sur l’esprit parce que le cerveau est relié aux autres parties du système nerveux; 2o Ce qui est absolument nécessaire au corps, par exemple: la circulation du sang, la respiration d’air oxygéné et pur, est absolument nécessaire aussi aux manifestations de l’esprit; 3o Certains agents physiques, tels que la température, l’insolation, le froid, l’état de l’atmosphère, modifient l’état de l’esprit.Ainsi, au-dessus de 45° C il n’y a pas de consience et il en est de même sous 0“ C; 4o La loi de l’intermittence de l’activité et du repos corporel s’applique également à l’esprit.I! faut du sommeil aux deux; 5o L’âge agit aussi bien sur le système nerveux cérébral que sur le système organique corporel.En effet les fonctions mentales tout comme la sensibilité et la motilité suivent les mêmes périodes d’enfance de décadence et de vieillesse; 6o L’usure du corps fait des déchets de même le cerveau qui, quand il esl fatigué, fâit des déchets phosphatés; 7o Le cerveau, siège de l’esprit, a ses propres maladies telles que perte de la mémoire, perte de la volonté, délire, folie, inconscience, comme le corps a les siennes qui retentissent sur l’esprit; 8o Le cerveau, comme le système nerveux corporel, est sensible aux intoxications, ainsi le tabac, les maladies de l’intestin, du foie, des reins, causent des auto-intoxications qui affectent le cerveau; 9o Les infections affectent aussi plus ou moins gravement l’esprit dont le déséquilibre se manifeste par le délire et l’inconscience.La syphilis tertiaire, maladie microbienne.étouffe graduellement l’esprit par la sclérose des cellules nerveuses de la moelle épinière et du cerveau et entraîne la paralysie générale et l’inconscience complète, Un exemple le plus complet se-ra donné à la fin; lOo Les glandes adénoïdes naso-paryngiennes infectent le corps et l’esprit et empêchent le développement des deux.Leur enlèvement ; ramène l’équilibre corporel et mental; llo Les glandes endocrines, telles ' que la thyroïde, les surrénales, les testicules et les ovaires affectent i aussi le corps et l’esprit par leur j déficience; 12o II y a trois époques critiques ; pour le corps et l’esprit, ce sont: I la puberté, la grossesse, la ménopause; 13o L’hérédité quoique travaillant dans la matière purement corporelle, transmet soit des qualités, soit des défauts de l’esprit: 14o L’hérédité transmet aussi les tempéraments qui ont chacun leur modalité d’esprit; 15o Une preuve frappante de l’influence du corps sur l’esprit c’est que la culture physique améliore l’esprit par le perfectionnement de la nutrition corporelle; 16o La trépanation du crâne a fait disparaître la folie causée par un accident d’auto; 17o Evolution de la paralysie gé- nérale progressive due à la syphilis, chez un célèbre romancier français.D’abord, lacunes bizarres de l’intelligence, puis diminution et perte de la mémoire, délire des grandeurs, loquacité excessive, projets insensés.C’est la période du délire hyperbolique.Puis arrivent des troubles de la motilité.Puis ne pouvant plus marcher, il est forcé de rester au lil Troubles de la parole; d’abord lenteur, hésitation, tremblement féhrillaire de la langue et des lèvres, et bredouillement inintelligible.Enfin, attaques apo-plexiformes ou épileptiformes, démence, gâtisme et finalement l’inconscience suivie bientôt de la mort.Le conseil général de la Société invite le public à la prochaine conférence de M.le Dr Valin, qui aura lieu à la salle 11 du Monument national, dimanche 2 avril.L’enlrce est libre.Tibl!; lilli.illlliHli:illHtilllMTllt'.jfit*ltlt^-,|ltliiy Archiconfrérie N.-D.des-Molades Donner au Christ Toutes nos souffrances C.H.L.T.Sherbrooke, Vendredi, 2h.15.Causerie aux malades.Chers malades, Préparons notre semaine sainte afin qu’elle soit des plus efficaces.Qu'allons-nous faire?Lundi: Evitons de nous préoccuper davantage; Notre-Seigncur nous offre son coeur; il nous montre sa blessure; entrons-y et baignons nos âmes dans la paix de son coeur.Mardi: Veillez et priez.Demeu-‘rons en méditation continuellement par le respect de la grâce en nous.Nous pouvons nous recueillir, c'cst facile, c’est-à-dire faisons tout en vue de Dieu, endurons tout pour lui.Ce sera, la prière du corps par notre travail monotone qu’est la maladie.Mercredi: Soyons victorieux.Ce sera alors le règne de Dieu.Ne nous attardons pas aux tentations.Apprenons plutôt a souffrir pour augmenter notre volonté, pour humilier notre âme.et redisons bien souvent avec la Vierge: “Fiat”.Jeudi: Disons à Jésus: “O Jésus, je vous aime au jardin des Oliviers, je vous aime mourant sur la croix, je vous aime dans vos hosties, spécialement dans le saint Viatique.Je 'eux vous aimer plus que jamais dans mes angoisses et aussi dans mes joies, dans mon impuissance autant que dans mon activité.Vendredi: Considérons les plaies de Jésus.Examinons les nôtres.Demandons à Notre-Vmie-des-Mala-des de nous aider.Recueillons ses larmes et disons: "Larmes de ma mère, brûlez mes lèvres afin que je baise les plaies de mon Dieu." Samedi: Contemplons la fa?e de Jésus.Sous ses trails défigurés, reconnaissons l’amour.Et demandons-nous si, de notre côté, nous aimons suffisamment celui qui nous a tant aimés.Dimanche: En ce beau matin, présentons nos âmes purifiées par les .sacrements.Demandons au Mai- Ayez pitié de nous, Seigneur Ayez pike de nous, Seigneur, pour l’abondanct Et la legeretè de toutes nos paroles, Et l’effroi puéril du précieux silence.Où voire voix se fait entendre au coeur frivole.Ayez pitié de nous pour notre insouciance De l'heure qui nous est comptée et qui s envoie} Notre folie à vivre en cette indifférence De l’amour qui pour nous chaque jour vous immole.Ayez pitié de nous pour la triste inconstance Qui nous fait délaisser vos bontés, et désoie Le coeur où de nouveau nous enfonçons la land Ayez pitié de nous, du peu de complaisance Que nous meltons à pénétrer la parabole, Et de l'erreur facile, et de celte démence De noire aveuglement sur votre divin rôle.Ayez pitié, ayez pitié pour la science Que nous pensons avoir! Pour notre amour qui vote De rose en rose, et toujours erre et se dépense, Et ne sait fuis venir à la seule corolle Du lis mystique et pur où votre patience L'accueillerait avec le geste qui console.Ayez pitié de nous dans l’ombre; de l’absence De pénétration de notre esprit qu’isole Le mystère profond de l’univers immense.Ayez pitié de nous, du coeur faible qu’affole La Mort, et qui près d'elle encore recommence Les rêves où le plus ardent espoir s’élance.Ayez pitié de nous, vous qui savez notre âme Ouverte à tous les vents désastreux et cachés; Ayfz pitié de nous par votre front penché.Vous qui fûtes le fils douloureux d'une femme, Qui voyez quelle pauvre et souffreteuse flamme Veille en nous dans la nuit terrible du Péché! André LAPON eau Ire d’y graver l'empreinte de l'im-morlalité.Zoel FRECHETTE, pire, Hôpital Saint-Vincenl, Sherbrooke, P.Q.Le courrier des "Amis de l'Art" —- Vendredi, le 7 avril, au the être Hts Majesty1», M.WUMd Pelletier dirigera la Passion selon S.Matthieu de J.-S.Bach.Les billets seront en vente au début de la semaine prochaine On es réserve dés maintenant par téléphone.BUlets.$1.— Le 11 avril 4 l’auditorium du Plateau, l’êrolnent planiste canadien-français Jean Dansereau.billets 60e — Mardi, 18 avril, au Gesü, la Société des tournois oratoires présente: L’amour ost aveugle oui ou non?BUlets 25c.— Mercredi, 19 avril, auditorium du Plateau, concert de l’Orchestre municipal dv Montreal composé de 60 musiciens, sou» la direction de M.Kmlie Closeey Billet» 40 et 25c — Mercredi, 19 avril, au Gesü, Amour ou folle, joute oratoire sous les auspices des Jeunes Laurentlens.Billets 30c.— Mardi, le 25 avril, a a h 30, a l’Erm'-tage, récital conjoint du Trio Pro-Arte, et Mlle Cécile Préfontalne, billets 50c —- Vendredi, 28 avril, à 8 h.30, 4 l'Ermitage,: Mademoiselle ou senoidta.1oute oratoire organise- par la Société des débat» féminins, billets 30c — Lundi, 3 avril, de 5 h, 45 4 3 h„ hom- d® Radio-Canada aux Ami» de l'Art.Artiste Invité: Pierre Dagenau-,.— A la fin de la présente annee scalaire, 1 Association offrira lljo volumes a ceux de se» membres qui lui auront fait parvenir les meilleurs commentaires sur ses émissions aux dltférents poste» ae radio Prière d'adresser vos lettres comme suit: Concours des émissions.Association des Amis de l'art, 1097 rue Bern — I«es Ami» de l'art étant chargés d'organiser les groupes pour la Jeunesse de Montréal et des environs qui vlclteront la magnifique exposition 4 la Galerie des arts, prient tous lea Jeunes de prendre note que les moins de 18 ans doivent former des groupes et communiquer avec l'Association pour qu'une heure spéciale leur soit assignée, ainsi qu'un professeur guide.En se rendant au secrétariat, 1097 rue Berrl.ou rn signalant BS 2732, lis obtiendront tous les rersel-ne.ment.s désirés.Les étudiants peuvent s» procurer en même temps que leurs carnets le catalogue complet et expliqué des toiles exposées, prix 50c.L’Association organise présentement en concours do redaction qui devra traiter sur les impressions rapportées de l’exposition.— Le Club Uttèrali-e et musical (prochaine réunion 4 avril), la Ligue Amérique française (5 avril), 1 Alliance française (Il avril', mettent un certain nombre de billets 4 la disposition des membres de l'Association Les Amis de l’art peuvent également se procurer) des laissez-passer pour le Musée historique canadien, le Musée de l'église Notre-Dame et le.Château de Ramezay, au secrétariat de l'association, 1097 rue Berrl, PL.5063, local 6 fütùïmke 'rai Notre VSNTB continue ! TANT QU’IL Y EN AURA I Parfumerie.fcijoui ’ accessolrea de toilette.Venez nous voir 256 Ste-Catlierlne e„ LA.6933 Produits de la ferme : BEURRE, OEUFS.FROMAGE H.DUBOIS & CIE PROVISIONS EN GROS HA.4274-5 - Buraau: HA.4280 273-277 EST.RUE SAINT-PAUL I! y aura bientôt sur le marché du saumon en conserves et les consommateurs pourront s’en procurer à raison d’un coupon de viande pour une boite d’un quart de livre de saumon, > g: .0 ,\+ '° G*° M.6906 16 H.PAGEAU 1793 AVENUE OE L EGLISE COTE SAINT-PAUL NOS SPICIAUX PATTFS et COTÉS de MOUTON *97 4 manteaux SEAL FRANÇAIS i lapin) 7 manteaux CHAT TEINT ALASKA 7 manteaux CHAT SAUVAGE 7 manteovx *167 MOUTON DE PERSE 15 manteaux *227 RAT MUSQUÉ 16 manteaux *257 ff quaittrté dautrti sateun mcomporoblti * CH.3181 VISON en tours de cou LA PEAU * $30 - $40.1 473 RUE AM H ER 6 LE DEVOIR, MONTREAL SAMEDI 1er AVRIL 1944 VOLUME XXXV — No 77 Ca Uie musicale Samedi, 1er avril 1944 Programmes spéciaux * RADIO-CANADA : 2 00 pm LA FLUTE ENCHANTEE -Le Metropolitan Opera a mis h l'aifiche pour l'émission de samedi dont Radio-Canada /era le relais la Flûte enchantée de Mozart.Bruno Walter dirigera.Les principaux rôles ont été confiés à Mmes Bowman, Conner.Steber.MM Klpnls, Kull-man et Moscona.Aux entr actes, M.Val-lerand expliquera l'oeuvre.3.00 p.m CBM.OEUVRES DE RAVEL ET DE SIBELIUS.— L’Orchestre S5"mphonl-que de Chicago à son concert de samedi exécutera la Suite orchestrale no 2 de Daphnis et Choc de Ravel, et la .symphonie no 2 en ré majeur opus A3 de Sibelius Désiré De/auw dirigera, I «00 p.m.SURVIVANCE FRANÇAISE — I le conférencier du comité permanent de i la Survivance française à Radio-Canada | samedi sera le R F.Antoine Bernard.C.1 S.V., docteur èa lettres, professeur d’his-! taire à l'Université de Montréal Le Frère | Bernard parlera de deux pionniers de la : vie française au Canada dont 1941 marque le double centenaire, à savoir François Perrault, pionnier de l'enseignement primaire et ménager, et Barthélemy Jc-llette, créateur d'oeuvres françaises dans la région qui a recueilli son nom.8 00 p.m LES CONFERENCES DU R P DESMARAIS.O.P.— La conference que prononcera le R P Marcel-Marie Desmarais.directeur de l’Heure dominicale, a Radio-Canada, samedi, a pour titre: Les mémoires d une religieuse.La liturgie chantée des Anglo-catholiques — Comment le Soviet honore ses grands musiciens — Un inconnu chez nous — Pour un concert d'oeuvres canadiennes — Le parc aux malpèques — Post-scriptum besoin qu’une Musique soit régi- lion d’O Canada entendue au der- nientaire pour mériter ce qualificatif.Sus à la Fanfare! Frédéric PELLETIER l-IV-44 P.S.- J’ai appris, trop lard pour en faire état dans cette chronique, que l’auteur de l’hannonisa- nier Concert Symphonique — prié re de relire ce que j’en ai dit dans mon compte rendu — est M.Albert Chamberland, sous-chef de l’orchestre.Je lui en réitère les félicitations faites alors à l’adresse d’un inconnu.F.P.Sommaire des postes locaux CBF-S9# idlocvcle* 1.00 Eh) chantant.1.15 Radio-Journal.‘.20 Orch Stopak 2 00 Le Metropolitan Ope- ra dans La Flûte enchantée, de Mozart.5 00 L'Heure du thé., 5.45 Beaux disques.1 6 00 La Survivance fran- çaise.6 15 Nouvelles 6 30 Folklore negre.6 45 Intermède 7 00 Questionnaire de la Jeunesse.7 15 Causerie.•7.30 L'ense ible Alouette.8 00 Heure lomtnlcale.8 15 le! l'on chante.8 30 Orch.Durieux, 8.45 Deux pianos.9.00 A choisir 10.00 Radio-Journal.10 30 Orgue.11.00 Musique 11.15 Musique de danse.11.28 Nouvelles CBM-910 kilocycles 3 00 Radio-Journal.1.15 Musique.3.30 A choisir.3.45 A choisir.2.00 Orchestre 2.30 Sport.3.00 Orch.Chicago.4.00 Rupert Hughes.4.15 Musique 4.30 Music-hall.5.00 Chefs-d'œuvre de la | musique.5.45 A choisir.6.00 Sérénade.6.15 Radio-Journal.6.30 Musique «45 Nouvelles de BBC.7.00 Musique.7.15 Chronique hebdomadaire 7.30 Chants religieux.7.45 Chronique des llvrea.8.00 Millar rime 8.30 Share the wealth.9.00 Radlo-lourn'*!.9.05 Hockey.10.30 Orgue.11 00 Nouvelles.11.15 Revue des événements de la semaine.11.30 Nouvelles.CKAC-13.an oc »c le» 1.00 Bulletin des termlera 1.10 Radio-Journal.1 15 Le •¦lolnt hur.grols.1.20 Les amis de la colonisation.1.30 Ecole supérieure de musique d'Outremont 2.00 Organisation libérale.2.30 Nouvelles 2.35 Musique hawaïenne.3.00 Victoire 3.30 Orch.Philadelphie.4 30 Evénement, eoclaux.4.45 Chansonnettes, 5.00 Corliss Archer 5.30 Melody Lane.5 45 En Jardinant pour la victoire.6.00 Mélodies 6.10 Julie est p ode.6 15 Causerie.6 30 Forum de.- sports.8 40 La pièce du jour.6 40 Nüuvdiew 7.00 Radlo-devlnettes mu- ] slcales 7 30 L'organisation libéra- 1 le.7.45 Salut militaire.8.00 capitaine Bravo 8.30 Venice du samedi soir j 8 55 Nouvelles 9 00 Secret du docteur.9.30 Boite à musique.10.00 Musique de danse.10.40 Causerie, u) 4.) Journal parlé.11 00 Bonsoir les eport».11.15 Dateline.11.30 Flash Qun Casey.12 00 Nouvellet CFCF-J50 kimcvcles 1 00 Nouveuee.Qui».1.05 o.p.CA Children’» i.uu Washington oiue.1.45 Words and music.2.00 Opéra.5 00 Cocktail musical.5.30 icas 6.00 Musique de concert 6.15 Nomelles-eclau fl 25 What's happening?fl.30 Lucky melodlee 8 45 City improvment.8 50 Dans» 7 00 Over here.7.30 Studio.B 00 Intermède.8.10 Analyse de 'a suerre 8.15 Yeomen on the guard 8 30 i>v« there 9 IS Studio.9.85 Petei Hayward.10.00 Thomas show.10 30 Nouvelles 10 4o Recherches sur la nu- trition.11.00 Danse.U 53 Nouvehe*.CHLP-1490 kilocycles 1 00 Rai'.o-journal 1 05 Heure féminine.2 ( ¦ Heure 2 01 Concert Master.2.30 Orchestre.2 45 Musique.3.00 Fanfare.4.00 Radio-Journal.4.15 Sérenadeurs.4.30 Chansons française» 4.55 CHLF ce soir.5.00 Heure.5 00 Thé dansant.5.25 Nouvelles 5 30 Radlo-spêclat.6 00 Radin-Journal.6.15 Méli-mélo, fi.25 Sport.6.30 Vagues musicales, 6.45 Chansons trançalses 7.00 Heure.7.00 Un peu de tout 7.30 La place du marché 8.00 Billy Bushell.8 13 Musique.8.30 Tin Pan Alley.9 00 Heure 9.00 Rhythmic Age.9.31 Musique.10 15 Nouvelles '1.00 Blue Jacket.Dimanche, 2 avril 1944 Programmes spéciaux A RADIO-CANADA : 130 p.m.ATHALIE.— Cette oeuvre de Racine, dont Radio-Collège commencera l’étude dimanche sera accompagnée des choeurs, d'après la partition même de M.J.-B Moreau, malstre de musique du Roy.La direction s'est assuré le concours d'un choeur de seize voix mixte que dirigera M.Victor Brault, directeur-fondateur du la Cantoris.3 00 p.m.8e SYMPHONIE, DE SHOSTA-KOVITCH.— L'Orchestre symphonique de New-York exécutera dimanche au concert dont Radio-Canada fera le relais, la 8e Symphonie de Dlmitrl Shostakovltcn.Relais de Columbia, Artur Rodztnskl dlri- Sera.Ce sera une première.M.Jacques llbert, chroniqueur musical, expliquera l'oeuvre 7 00 p.m.NOS COLLEGES AU MICRO — La séance de nos collèges au micro dl- j manche mettra en présence Jollette et Valleyfield.lie sujet soumis aux délégués de ees collèges se rattache au mouvement symboliste en littérature et beaux-arts: musique, peinture et sculpture.8.00 p.m.LA PASSION, DE PEROSI.—cathédrale.Radio-Canada fera entendre le dimanche Passion, sous la baguette de son directeur musical Jean Beaudet, la Passion de Notre-Selgneur, oratorio de Dom Perosi.Cette oeuvre fait partie do la trilogie que le célèbre compositeur écrivit en 1897 un an avant d'être nommé directeur du choeur de la Chapelle Sixtine.Les solistes seront: MM.Lionel Daunals, David Rochette, Paul do Meulles et François Brunet, Cet oratorio qu'ils Interpréteront avec le concours de l'orchestre et du choeur des studios de Radio-Canada a Montréal compte parmi les plus pathétique® du répertoire.Postes du réseau français.9.00 p.m.FRANCOIS ROZET — L'émission littéraire que Radio-Canada a confiée à M.Rozet, artiste dramatique, passera désormais le dimanche.A CKAC: 2.00 pm.HEURE CATHOLIQUE.— Chronique des livres catholiques, puis programme de chants religieux et causerie du R.P.Joseph Ledit, S.J., sur les mystères douloureux.Cette causerie sera suivie de la bénédiction du T.S.Sacrement à la Sommaire des postes locaux CIir-690 kilocycle» 9 00 Variétés 9 30 Concert dominical.10 00 Concerto 11.00 Rhaijsody of the Rockies 11 30 Revue musicale.Midi France combattante.i2.' Radio-journal 2.30 La Marine vous parle.2.45 Musique.12 59 Slgnai-nm-alre 100 L’Ecole des *parents.J.15 Impulsion 1.30 Théâtre de Radio-Collège; Ath&lle.2 30 Piano.2.45 Assurance-chômage.3.00 Orch.de New-York.4uo Music nal.4 30 Air* d'opéra.4.45 La bonne chanson.5.00 Heure dominicale 5 30 Musique 6.00 Chefs-d’œuvre de la musique.6.30 Radio-Journal.6.45 Intermède.7 00 Nos collèges au micro.7.30 Actualités canadiennes 8.00 La Passion du Christ.9.00 François Rozet.9 30 L album de musique familière 10 00 Radio-tournai 10.15 Chants de l'Empire, lu.45 Clavecin.1100 Programme musical 11.15 Orch de danse 11.28 "'uvelles FBM -940 kilocycles » 00 Radio-Journa,.9 05 Intermède 9.15 Valses.» 30 The way of spirit.10 ou Nouvelles 10 05 Les hebdoe anglais 10 30 Le Jardinier ontarien U uo service religieux Midi Nouvelles de BBC.12.15 Causerie 12.30 Musique.1.00 Signal-horaire.1.00 rleno children.I 15 Pour les enfants 1 30 Cornelius Yssolstyn, violoncelliste s on NouvM!** 2 04 Commentaire* de Washington.2 11 Le courrier néo-zélan- dais et australien 3 30 Service religieux 3 00 Chefs-d œuvre de la musique 3.30 A choisir.4.00 Musique, 4.30 Church of the air.5 on Nouvelles 5 03 Les chanteurs de demain.5.30 Com rads In arms 6.00 Chefs-d'œuvre de la musique.6.30 A choisir.8.45 Nouvelles de BBC.7.00 Orch Benny.7.30 Sketch de l'avlatloa.8.00 McCarthy et Bergen.8.30 Revue des événements de la semaine.8 45 Causerie.9.00 Le théâtre anglais.9 30 Album de musique.10 00 Radio-Journal.10.15 Chants de l'Empire.10 45 Récta! de clavecin.11 oc Nouvelles de BBC 11.15 Conférereler du Jour 11.3" Nouvelles.CKAC-T30 kilocycles 8 0j Nouvelle» 8 05 Orgue.8 30 Columbia ensemble.8 45 lie quart d'heur» ne l'Oratoire 9 00 News of the world.9.15 Biggs, organiste.9.45 Chansons.10 00 oospel service.10.30 Dimanche musical.10 45 Clavecin.11.00 Nouvelles.11.05 The blue Jacket choir 11.10 Nouvelles 11 30 Musique militaire.11.45 Société du bon parler français.Midi Mendie 12.15 Mode et musique.12 30 En tardlnant pour U victoire.12.45 Musique en dînant.100 Me.odles 1.15 liés concerta Willls Lançai» 1 30 Nouvelles 1 35 Fail' de musique.2 00 .-.enre catholique 3.00 Orch Philharmonique de N -Y 4.30 The pause that refreshes.3 00 The lamlly hour.5.45 Musique 6.00 Chronique parlementaire 6 30 Musique tzigane.6.45 Nouvelles de ehei nous I ot' Ceuserl» politique oit la Jeunesse de l'Union nationale 7.30 Bloc populaire I 45 Mémoires du Dr J.-O lambert.8.00 Musique.8 30 Le restaurant Tl-PR 8 45 Bédard, chanteur.8 55 Nouvelles 9.0 Causerie de M.Gouln.9.15 Orgue.9 30 Star Theatre.10.00 Brewster Boy.10.30 Musique polonaise.10.45 Journal parlé U 00 Sport.11.15 Orch.de concert Columbia.11.30 Orchestre.12.00 Nouvelle».CFCP-600 kllMTcléS 8 00 Nouvelle».8.30 Programme musical, a ou Nouvelles.9.0a Musique.9.15 Coast to coast.10.00 Message.10.15 Mélodie».10 30 Southernalr** 11 00 Nouvelles 11.05 Soldiers of production 11 30 Army speaker.12.00 Nouvelles.12.30 Stars from the blu».12.45 Morton Sisters.1 00 Nouvelles 1.05 Donald Novlo, chant.1.30 Seltz.planiste 1 35 Orgue.2.00 Ohanlaln Jim.2.30 National Vespers.3.00 Fireside Singers 3.15 Dr Smith.3.30 Hot copy.4.00 A choisir.4.30 Auditions polttan Opera Boi du Metro- nouveliee.5.00 Bonnes 5 30 Studio 5.40 Nouvelle*.6 oo Radio-Hall of feme.6.15 A choisir.H 30 Nouvelle» 8 40 Musique.7 00 Concert Hall.7.13 Dorothy Thompaon.7.3 Drame.8 00 Intermede.8 10 Analyse de la guérré (US Studio.8.30 Circle 9.30 Great music.9.15 Salon group.9 30 Salon group 9.45 Potins de Hollywood 10.00 Academy award.' '0 Nouvelle» 10.45 Concert de corde».11.00 Intermède.11 34 Nouvelle».CHLP-lifO kilocycle» 4 35 O Canad», 4 33 sommalr» 3 00 Orch Townsr.5 23 Nouvelles.S 30 Orchestre.5 45 Intermède.8 00 Variété».6 15 Pou votre foyer.6 30 “arade musicale.7.00 Leçon d'espagnol.Depuis longtemps je lisais dims un journal de New-York un article hebdomadaire donnant le détail des programmes de la musique religieuse exécuté le dimanche dans diverses églises.Revenaient presque chaque fois deux noms: celui de la cathédrale St.Patrick et celui de l’église St.Mary the Virgin.Pour la première, pas d’hésitation possible; pour la seconde, malgré le vocable, j certains détails faisaient soupçon-! ner qu’on pouvait avoir affaire à une église protestante du genre de ce que nous connaissons sous la désignation d'Anglican High-Church: par exemple, le voisinage presque constant de St.Mary avec St.John the Divine, la cathédrale de l’évêque épiscopalien Manning.Si ce voisinage est un cousinage, St.Mary the Virgin appartiendrait donc au rite épiscopalien, mais le terme High Mass y revenait toujours.Je voulus donc en avoir le coeur j net et j’écrivis au maître de chapelle ! Ernest White qui, étant malade, me I fit répondre par M.William Hawke, j maître de chapelle de St.Mark, de Philadelphie.» Fort obligeamment, M.Hawke m’informa que son église et St.Mary appartenaient à la branche dite aux Etats-Unis Anglo-Catholic et me communiqua deux programmes, l’un de son église, l’autre de celle de M.White.Je ne voudrais pas paraître “celui qui découvre l’Amérique”, mais i’a/ t tout de même trouvé bien des renseignements que les lecteurs de la Vie Musicale ne connaissent pas plus que moi.La liturgie des Anglo-Catholies est la même que celle des Roman-Catholics, la nôtre; la seule différence, c’est qu’ils se servent de l’anglais au lieu du latin.Comme nous, ils ont la basse-messe et la grand-messe.ainsi nommées en anglais; mais ils n’ont pas l’office des vè-! près; on sait d’ailléurs qu’ils prati-I quent la confession auriculaire et la I communion.Voici l’Ordo (Kalendar) du troisième dimanche du Carême à St.Mary the Virgin — en tenant compte que, si les titres sont en latin, les paroles sont chantées en anglais —: Asperges me; Introit Oculi; Kyrie eleison (Missa Orbis Factor grégorienne); Graduel Exurge Domine et Trait Ad te levavi; après l’Evangile: Credo 1: après le Sermon: Offertoire Justiliae Domini; après la Préface: Sa ne lus, Benedictus, Agnus Dei; Communion: Passer invenit; enfin l’Evangile final.Au Salut et Bénédiction du Saint Sacrement (sic), O Salutaris, Adoramus le Christe, Tantum Ergo, avec son verset et son Répons.Toujours pour la même église, l’Ordo désigne: 3e dimanche du Carême, commémoration de saint Gré-goirfc-Ie-Grand; 4 jours de fériés avec basses-messes, le 17, Saint-Patrice, la commémoration de la férié passant en second lieu, basses-messes; le 18, saint Cyrille de Jérusalem; le 19, 4e dimanche du Carême, commémoration de saint Joseph ainsi désigné: époux de la Très | Sainte Vierge et patron de l’Eglise J Catholique (sic).A St.Mark de Philadelphie, même Ordo: le 19 mars, Propre du dimanche, le Credo 1, tout le reste du Commun pris dans une messe de Rava-j nello dite Missa Sancti Josephi Ca-! lasantii; avant l’hymne finale.Tan-! turn Ergo dont voici le V.et R.dans | sa traduction anglaise: V.Thon gau-; est them bread from heaven; R.Con-' taining in itself all sweetness.Les deux églises pratiquent le Chemin de la Croix pendant le Carême et St.Mark annonce pour le dimanche 2fi mars avec messe spéciale à 9 h.30 la Fête de l’Annonciation, la grand'messe étant réservée à l’Office privilégié du Carême.Ÿ Ÿ ¥ Pour célébrer le centenaire de la naissance de Rimsky-Korsakoff (Nicolai Andréiévifeh), le Conseil des Commissaires du Peuple de la Russie a décrété: La publication d’une nouvelle édition complète de ses oeuvres; L’érection de sa statue à Leningrad ; La dédicace à son nom du Conservatoire de Leningrad; La réouverture du Musée Rimsky-Korsakoff à Tikhvin, sa ville natale; La fondation de huit bourses portant son nom pour les jeunes compositeurs soviétiques; La consécration de sa bibliothè-j que et de ses papiers comme trésors de l’Etal; Le montage d’un film sur sa vie; La création de pensions viagères de 500 roubles par mois pour ses deux fils et sa fille, de 390 roubles par mois pour sa petite-fille.Quel pays en a fait autant pour scs grands musiciens?* * * Carnegie le Te Deum d’Anton Rruk-ner, sous la direction de Bruno Walter, avec la Philharmonique et le Westminster Choir.L’auditoire l’a acclamé.Anton Bruckner fut un méconnu toute sa vie.Johannes Brahms, son génial et malappris contemporain, s’exclamait: Les oeuvres de Bruckner immortelles! Laissez-rnoi rire”.Wagner, un autre qui u’aurait pas fréquenté Emily Post si elle avait vécu de son temps, évitait de le saluer., Il écrivit neuf symphonies et dédia la dernière à Dieu.Qu’on ne rie pas: Bruckner était catholique ardent, d’une foi d’enfant.Ses compositions sont gigantesques en contrepoint, à la manière de Bach, mais son invention mélodique est claire, naïve, dans la plus pure tradition autrichienne, un peu a la manière de Schubert.11 admirait les instrumentations de Wagner et le dépassa dans le maniement des masses orchestrales.II avait été organiste au monastère des Augustins à Saint-Florian, dans la Haute-Autriche, et c’est la qu’il fut enseveli en 1896 — il était né quatre ans avant la mort de Beethoven.Son oeuvre pour le culte catholique est considerable; il I e-crivit selon la norme de son temps, mais lui donna une dignité qui n a-vait rien de théâtral m ,d émotif.A la cathédrale de Montreal, Guillaume Couture fit chanter une messe de lui, dans laquelle il dut passer un crayon réducteur, mais ce qui en subsista pour le culte en conformité avec Je Motu Propno était d’une hautaine beauté.* * * Dans ses Paroles sans musiyue de mardi dernier, M.Jean \alle-rand, après avoir constate le succès (le présence au concert des artistes canadiens du Saint-Denis, de^ mande pourquoi France Film n organiserait pas un concert d oeuvres canadiennes.Aussitôt on répond.Où y en a-t-il?Eh bien, il y en a, outre les quatre pièces données vendredi.Un y a pas de symphonie, peut-etre; néanmoins voici un programme qui peut aller de pair avec tant d’autres.Donnons-le au hasard de la mémoire.(V Rhapsodie Canadienne, concerto pour orchestre et piano de M.Auguste Descarrics.L : (2) Le Diable dans le beffroi, poème chorégraphique de M.Jean Valleranch (3) Les Petites rues du vieux Québec et (4) la Symphonie sans nom de M.Maurice Blackburn.(5) Pastiches anciens, (6) L érable effeuillé, (7) Au fit de la plume, de M.J.-J.Gagnier.(8) Petite Suite de M, Arthur Le- tondal.(9) Marche Héroïque, d Alexis Contant., „ (10) Les danses de Jean-le-Pre-curseur de Guillaume Couture et (11) sa Rêverie.(12) Les Scènes Algériennes de M.Henri Miro., (13) et (14) Deux oeuvres de M.Claude Champagne — dont les titres m’échappent—jouées par 1 Orchestre Colonne à Paris mais jamais ici.Et j'en oublie.C’est trois heures solides de musique: de quoi faire deux program-mes.France-Film, qui a lance les artistes et ne s’en repent pas, voudra peut-être continuer avec les oeuvres.11 a l’orchestre, la salle, une organisation habile à tâter le public.11 n’a plus qu’à chercher un chef, ou plutôt il l’a sous la main dans la personne de M.Wilfrid Pelletier.Les Missions des Pères Blancs en Afrique Conversion d'un chef noir: nouveau Saul Le mois de septembre est l’époque de la grande tournée des écoles dans le nord de notre mission de Gipaso (vicariat du Nyassa).Cette année i’ir/ais des reproches à adresser i i village du chef Suwira.Je réunis donc les gens penir nu procès, comme on dit ici.D’un ton sévère, je prends la parole devant l’assemblée.“Que se passe-t-il ici?demandai-je.Sur votre demande expresse j’ai ouvert une école dans votre village pour que vous puissiez, apprendre le chemin qui conduit au ciel; et j’ai entendu dire que vous avez dansé le nyao ait cours même de l’année scolaire! L’organisateur de cette danse immorale vous a fait payer la taxe du nyao, paraît-il.Il a bien fait; quand on travaille pour le diable, on reçoit le salaire du diable.” Mais eux de protester de leur innocence.“Père, il y a eu erreur.Ce n’est pas ici que la danse a eu lieu.C’est dans le village d’un autre membre de la famille Suwira qui a déménagé .ses pénates pms au nord parce qu’il ne s’entendait pas avec sa parenté.Non, non! nous n’avons pas dansé le nyao; nous voulons garder notre école et continuer d’apprendre le chemin qui mène à Dieu”.Rassuré sur les bonnes dispositions de ces braves gens, je fais tout de même mine de ne pas être convaincu afin de leur montrer toute l’aversion qu’il faut avoir pour ces danses immorales.“Tant mieux, dis-je, si vous n’êtes pas coupables.Je verrai ce Suwira, au cours de ma tournée dans le nord, et je lui demanderai ce qu’il en est.Ne l’oubliez pas, on ne peut prier chez les catholiques et danser le nyao; il faut choisir”.Et je continue ma tournée.Pendant la réunion des catéchumènes le dimanche suivant, on vient me dire; “Le chef Suwira est gravement malade et- il vous fait demander”.Je ne demande pas mieux que d’avoir une entrevue avec l'organisateur des mauvaises danses dans la région.Aussitôt, la réunion finie, je me fais conduire à sa hutte.Je le trouve étendue sur une natte.A mon arrivée, ii se dresse péniblement sur son séant, aidé d’une femme qui est à» ses côtés.Avec cet ennemi juré de notre sainte Religion, je prends le ton d'un homme qui vient traiter d’affaires indifférentes.— “Chef, on m’a dit que tu voulais me voir.Me voici! ,— C’est vrai.Père.Ayant entendu dire que tu étais dans les environs, je t’ai fait demander.Voici de quoi il s’agit.Je suis malade depuis quelque temps et tous mes remèdes ne m’ont apporté aucun sou-lagement.C’est mauvais signe; je crois bien que je vais y passer cette fois.— De fait, tu as l’air bien malade, chef.Mais que veux-tu que j’y fasse?— Père, je veux le baptême.-— Comment, tu me demandes le baptême?Et moi qui venais juste- ment te reprocher d’avoir organisé la danse du nyao encore dernièrement! Ne sais-tu pas qu’on ne peut servir deux maîtres?Ton maître à loi, c’est le diable.— C’est vrai, Père.Mais je veux changer de maître; je veux servir Dieu désormais.Est-il trop tard?-—Non, chef, il n’est jamais trop tard pour se repentir de ses mauvaises actions.Mais il s’agit d’être sincère; tu peux me tromper, mais tu ne tromperas pas Dieu qui voit le fond des coeurs.Si je te baptise et que tu ne meurs pas, il est bien à craindre que tu ne retournes à tes diableries.—Non, non.Père! Je regrette sincèrement le passé.C’est fini; je ne recommencerai plus jamais! —Consens-tu à répéter ces paroles devant témoins?—Très volontiers, Père.” Je fais donc venir deux témoins et, devant eux, j’interroge le chef de nouveau.—“Toi, l’organisateur des danses du diable, renonces-tu à tout cela et promets-tu de ne jamais plus faire danser le nyao"! —Père, que sont ces danses comparées au baptême?Oui, j’y renonce.—Dans ces danses tu trouvais ton honneur, ton plaisir, ton gagne-pain.Renonces-tu à tout cela?—Père, j’estime que le baptême vaut plus que tout cela.J’y renonce.—Tu as plusieurs femmes, chef; que vas-tu en faire?—Père, je connais la loi catholique sur ce point.De toutes mes femmes il n’y en a qu’une qui s’est occupée de moi depuis que je suis malade; c’est celle qui est ici.Eile est ma première femme, et c’est celle-là seule que je garderai.” Ravi de la tournure qu’avait pris ce petit procès, je change de ton, félicite le chef de sa bonne volonté et commence une explication sommaire des grandes vérités qu’il faut croire pour être baptisé.L’instruction fut courte; le chef connaissait très bien les grandes lignes de la doctrine chrétienne.Il ne restait plus qu’à choisir son nom de baptême.A tous les noms que je proposais, Suwira faisait signe que non.Je hasarde le nom de Paul.“Ah! voilà le nom que je choisis, s’exclame-t-il.J’ai déjà lu que Paul avait été un ennemi de l’Eglise du Christ mais que, une fois converti, il avait fait beaucoup de bien.Moi aussi j’ai été un grand pécheur; mais, comme Paul, je veux réparer tout le mal que j’ai fait.Je choisis le nom de Paul.” C’est donc sous le nom de Paul que j" baptisai Suwira, l’organisateur des danses païennes.Il semble que Dieu l’a pris au mot et qu'il veut la guérison du malade.Puisse saint Paul lui obtenir la force et le courage dr faire autant de bien dans l'Anir qu'il a fait de mal dans le Hbsé.Marius BLAIS, des Pères Blancs.Le Lézard et la Grenouille Congrès consacré aux problèmes de la colonisation ü aura lieu à Montréal les 10 et 11 avril Les 10 et 11 avril prochains les Semaines sociales du Canada tiendront à Montréal un congrès de la colonisation, auquel assisteront les personnalités les plus marquantes dans ce domaine.Plusieurs conférences occuperont les quatre séances qui auront lieu les 10 et 11 avril et elles traiteront des aspects principaux de la colonisation dans la province de Québec.S.Exc.Mgr Charbonneau, archevêque de Montréal, S.H.le maire Raynault, le premier ministre, M.Godbout, assisteront au congrès.En voici le programme: Lundi, 10 avril Première séance, sous la présidence de M.Abel Marion, président général de l’U.C.C.10h.: Allocution d’ouverture, par le R.P.Archambault, S.J., président des Semaines sociales du Canada.— Allocution de M.Godbout, premier ministre de la province de Québec et ministre de la Colonisation.lüh.30: La terre: inventaire de ce que nous avons, M.Adhémar Bcl-zile, agronome, régisseur de la Ferme expérimentale de Normandin.llh.15: Le problème humain, M.Samuel Audette, vice-président de i L .G.G.Deuxième séance, sous la présidence de Mgr Boulet, président de la Fed.des Sociétés diocésaines de colonisation.2h.: Les divers modes de colonisation, M.Esdras Minville, dir.de 1 Ecole des h.études commerciales.3h.30: La structure sociale du pays de colonisation, M.Max.Caron, prof, à l’Univ.de Montréal.4h.30: L'Eglise et la colonisation, M.l’abbé Jean Bergeron, dir.des Missionnaires-colonisateurs.Mardi, 11 avril Troisième séance, sous la présidence de M.le chan.Alary, dir.da la Voix nationale, 10h.: Etablissements de proche en proche, M.l’abbé Léon Beaulieu, missionnaire-colon.(Rimouski).llh.: Etablissements au loin, M.Clovis-Emile Couture, surin, de la colonisation canadienne-française aux Chemins de fer Nationaux.• Quatrième séance, sous la présidence de M.l’abbé Armand Ma-louin, miss.-colon.(Sherbrooke).2h.: Le recrutement, R.p, Alex.Dugré, S.J., rédacteur à Relations.3b.15: Etablissement des démobilisés, M.Stéphane Boily, surin, provincial du Service de l'Etablissement des démobilisés.4h.15: Voeux du congrès, M.Guy \ anier, c.r., sec.des Sein, sociales.Séance de clôture, sous la prés, d’bonneür de S.Exc.Mgr Charbon-neau, archevêque de Montréal.8h.30: Allocution de M.Adhémar Raynault, maire de Montréal.Conférence: La colonisation, entreprise nationale, M.Roger Duhamel, président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.Allocution de S.Exc.Mgr Char-bonneau.En ce temps-là, le lézard vert et la grenouille vivaient fort bons amis.Malheureusement, une rivière séparait leurs deux villages.Certain jour, le compère voulut faire à sa commère les honneurs de son logis chef^prindp^ est"'s'ir' Thom Is j nj>neraifs voisines‘les Régimes 1?s Beecham.un curieux et un auda- P.1”5 Planlnreux, avec tout ! art pos-cieux, aimeraient peut-être à s’y ' 'k^ lU’repara im bassin de bonne hasarder.bouillie et la table fut mise dans un La parole est aux trois.Lequel j ar|)re ^anl' répondra le premier?'] t;Uii noter, en effet, pour les ÿ êê # ! anïis d Europe et d’Amérique, que, Le parc aux malpèques.L’huître est unique et ne meurt pas.Partout, dans les journaux, dans les conversations, dans le monde, dans le demi et le quart do monde (fractions qui, ici, ne désignent pas les Messieurs-Daines à la renommée sinistre, mais uniquement des couches sociales), on a plein l'encrier et la bouche du mot FANFARE- Si l’on voulait bien consulter le dictionnaire, n’importe lequel, et se donner la peine de regarder, on verrait que, sauf les groupes de clairons, trompettes et tambours qui font du tapage À la Procession Nationale, il n’y a pas de Fanfares chez nous: il n’y a que des Must- On vient de donner à la salle ques militaires, même s’il n’est pas Mort de Mme François Lafortune Mme (veuve) François Lafortune, née Lachapelle (Rose-de-Lima), esl débédéc à l’âge de 81 ans, le 18 mars dernier, à Pointe-Gatineau.Elle était la fille de Thomas Lachapelle et de Julienne Charron.Lui survivent huit enfants: six fils dont un religieux chez les FF.de l'Instruction Chrétienne, le Hév mars à Pointe-Gatineau.Le Devoir offre l’exuression de sa profonde sympathie à la famille.Lauréats du cours de diction française Les examens du cours de diction française donné par Mlle Idohi Saint-Jean ont ru lieu hier soir au Monument national.Ce cours est organisé par la Société Saint-Joan-Baptisle de Mnotréal et subvention- Frère Amélius, directeur du Scolas j né par le scrrélarinl de la provin-ticat de Lapraine, et Daniel, prin- ce.cipal de l’Ecole Lafortune.d’Otta-1 Les lauréates ont été proclamées wa; deux filles religieuses chez les; dans l’ordre suivant: cour» de dic-Soeurs Grises de la Croix: la Rvde I tion, «cconde année: 1er prix.Mlle Soeur Sainte-Vénérande.directrice ! Agathe Saint-Louis; première *n-de l'Ecole Saint-Antoine et la Rvde nee: 1er prix, Mlle Morcelle Vinet; Soeur Cécile du .Sacré-Coeur, j 2c prix, Mlle Andrée Desjardins; 3e Les funérailles ont eu lifu le 22 ; prix, Mlle Henriette Latréniouilic.• • Ccoutez Dr A.MARC0UX (ANCIEN DEPUTE DU COMTE DE QUEBEC) DIMANCHE, 2 AVRIL, CKAC 9.00, P.M.LUNDI,3AVRIL, CHRCQuébec), 6.45P.M.-i Comité * ' -Hamel-Chaloult 750, rue ST-GABRIEL — MONTREAL Tel.: HA.0197 depuis le déluge, le lézard vert élut toujours domicile en hauts lieux.Or.quand tout fut à point, le lézard trottina héler sa mie.Celle-ci nonchalamment posée sur une plante rtquatile humait avec délices la brise matinale.Fille eut tôt fait d’identifier la chaude voix qui l’appelait.Avec empressement, elle se mit à l’eau.L’instant d’après, le lézard tout joyeux la félicitait chaleureusement de son heureuse traversée, lui souhaitait la bienvenue et «’offrait à la précéder sur le sentier qui conduisait à son domicile.iis parviennent au pied de l’arbre."— C’est là-haut que je perche, annonce l’amphitryon en montrant de la patte.Le belvédère du roi n’en approche point.— Quoi?.fait la grenouille, qui semble n'avoir pas saisi, cependant qu'elle écarquillc ses gros yeux et penche la tête pour mesurer du regard le tronc interminable dont la ramure accroche les nuages.—Je loge aux premières blanches, souligne le lézard quelque peu inquiété par l’effarement de son hôtesse.— Mais!., c'est que je ne sus jamais grimper!., risque la pécore apeurée et confuse.Comment vai*-j je faire?•— Qu'a cela ne lienne! tranche \ résolument le lézard.J'ai là-haut j une corde de raphia très longue; si ; tu le permets, mon amie, je vais te i rattacher à la queue, je monterai le S premier et de jè-haut le hisserai i bien gentiment.Craignant de désobliger son hôte, ne voulant non pliu passer pour poltronne, la pauvrette murmura i tint adhésion quelconque et., se i laissa faire.Désormais rassuré, !e lézard prit 1 le bout de la corde entre ses dents, tranquillisa la jouvencelle, et, en ! un rien de temps, escalada son haut j perchoir.i Après quoi il se mit en devoir de manoeuvrer son ascenseur.Quand elle se sentit soulevée et balancée dans le vide, la grenouille fut prise de vertige._— “Lache-moi! cria-t-elle désespérément.Le sang me descend à la tête, je vais choir!” Le lézard se prit à rire de ces transes féminines: — “Mais non!.La corde est solide, le noeud bien fait et mon poignet d’acier.N’aie pas peur!” Et il tira plus vite.La grenouille sc débatlil plus fort.Soudain le lézard tombe à la renverse sur sa branche.La queue de la grenouille s’était rompue!.Depuis lors, les grenouilles du lac Victoria et celles du Nil n’ont plus de queue.Henri LE VEUX, des Pères Blancs.N.B.— La maison des Pères Blancs à Montréal est à 1640 rue Saint-Hubert.Le vote des soldats Washington, 1er (A.P.) — Le président Roosevelt a dit au Congrès hier qu’il laisserait passer le bill de vote pour les hommes et les femmes dans les services armés, sans sa signature, quoiqu’il le juge ; inadéquat.Le président a envoyé un mes sage bu congrès annonçant qu’il a ; décidé de laisser passer la mesure.Il demandera aux Etats de coopérer afin que In loi en question soit aussi efficace que possible.D’après celte loi, les soldats qui sont oulre-mer pourront voter aux élections fédérales, mais seulement s’ils ont demandé à voter aux élections do leur Ivlat le sr septembre.Le président a demandé au congrès do prendre des montres plus adéquates afin de protègei les droits politiques des hommes et des femmes en service militaire.M.T.Beausoleil, candidat M.Théodore Beausoleil, président ' ; du Credit fiiiild Limited, demon- ; rant au no 313, chemin de la Côte I ! Sainte-Gatherlno, a nreepté d'êlre i candidat à l'échevinage dans le j j quartier aud-eat, aux prochaines! i /lections municipale! d'Outremont ( qui auront lieu le 17 avril prochain.Une délégation dé citoyens s'est oréientée chez M.RenusoleÜ, mer- j credi, et il u accepté vendredi, la j candidature qu’on lui offrait.L'inondation cause neuf morts Atlanta, 1er (A.P.) — Deux compagnies de sauveteurs du Mis-sissipi étaient à l’ouvrage hier pour aider à l'évacuation des terres inondées et un examen de dommages estime que Ton aura neuf pertes de vie dans l’Alabama, la Géorgie, la Louisiane et le Mississipi, Le gouverneur du, Mississipi, M.Thomas L.Bailey, a commandé les sauveteurs de TFitat et ia Législature du Mississipi s'est mise au travail pour que des mesures d’urgence soient prises et qu’on commence le plus tôt possible la réparation des routes et des ponts.76 ponts auraient été détruits.Caisse populaire à Noranda Noranda.1er — Plus de cent citoyens de Noranda se sont réunis récemment .au soubassement de l’église Notre-Dame de Protection, dans le but d’étudier l’opportunité de fonder une Caisse populaire.A l’unanimité, on s’accorda à dire que le projet, depuis longtemps en branle, était mûr et Ton fixa la date de fondation.49 sociétés se sont inscrits.ACHETEZ VOB FLEURS ICI La Patrie Fleuriste IM M».S.-CATHIRINI UlTtalJOn partout directement d» note» **nre-ch»ud«.PL.1786-1787 Ecoutai l» tradl C.H.L.P.» h.Il it h.M SEMENCESCZtea PERRON Catalogue de Semences ou Supplément ou Ut DeuM GRATIS Afin d’épargner le papier et aider l'effort de guerre, noua n» publions pa» un nouveau c»> ta log no pour 1944; mai» noua avons prépart un auppiément indiquant les changements de prix et articles épuisé».„ St vous possèdes déjà noire catalogue 1943-44, mais n'ave* pis reçu notre supplément, demandez-lc.SI vous n'ave» ni run ni l'autre, demandes le» deux.Ils sont envoyés gratuitement.WH PERRONx fil GRAINETIERS & PÉMIiltfRISTIS 6 vt-E XXXV — No // LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 1er AVRIL 1944 7 A TRAVERS LES LIVRES ET LES REVUES Nos bibliothèques Saint-Sulpice Nous ne saurions parler des richesses que recèle la réserve de la Bibliothèque Sainl-Sulpice, sans dire un mot de celui qui présida à sa formation.Ancien élève de Saint-Sulpice, où il poussa ses études de théologie jusqu’à la licence inclusivement, lauréat de l’Université Laval, tour à tour journaliste et correspondant -parlementaire, M.Aegidius Fauteux devait, à partir de 1911, alors que les Messieurs de Saint-Sulpice lui offrirent le poste de conservateur de leur nouvelle bibliothèque, rue Saint-Denis, consacrer le reste de sa vie au culte des livres tout en se vouant aux recherches littéraires et historiques.Afin d’accroitre la collection de livres conservée pendant cinquante ans au Cabinet de lecture paroissial, M.Fauteux fit d’importants achats en Europe.Il visita les grandes bibliothèques de France, de Belgique, d’Angleterre, d’Allemagne et d’Autriche, et revint à Montréal, en 1914, avec 60,000 volumes reliés au chiffre de Saint-Sulpice.Tous ces ouvrages avaient été triés sur le volet et furent catalogués d’après le système Dewey que le nouveau conservateur s’empressa d’adapter aux exigences d’une bibliothèque canadienne, Lorsque la Bibliothèque Saint-Sulpice ouvrit ses portes au public, à l’automne de 1915, elle possédait près de 100,000 volumes.En 1923, Fauteux retourna en Europe dans l’intérêt de la bibliothèque.Il rapporta de ce voyage, nous dit Mgr Olivier Maurault dans une intéressante biographie de Fauteux publiée dans Les Cahiers des Dix, “des ouvrages et des renseignements qui devaient faire avancer singulièrement les études historiques.Aux Archives nationales de Paris et au Séminaire de Saint-Sulpice, il fit des trouvailles.Je ne donne comme exemple que les 60 volumes de notes de M.Paillon et les 18 volumes de 700 à 800 pages contenant les lettres canadiennes de M.Tronson, supérieur de Saint-Sulpice, à la fin du XVTIe siècle”.La production littéraire de M.Fauteux a été considérable.On lui doit plusieurs volumes ou plaquettes, une dizaine d’éditions critiques d’ouvrages historiques, une demi-douzaine de bibliographies, y compris le catalogue de la Bibliothèque Saint-Sulpice, plusieurs conférences ou études, publiées dans divers recueils, une vingtaine de préfaces et bon nombre d’articles parus dans des revues canadiennes, américaines où françaises ainsi que cinquante contributions au Bulletin des recherches historiques.Tout en honorant les lettres canadiennes, Aegidius Fauteux fut un conservateur d’une érudition qui n’eut d’égale que sa générosité envers ceux qui avaient recours à ses lumières.Aussi fut-elle mise très souvent à contribution.“Sa charité intellectuelle, nous dit Mgr Maurault, était inépuisable.Il adressait parfois à ses porrespondants une telle somme de renseignements que ceux-ci n’avaient qu’à les mettre en oeuvre et leur article était fait”.Tel fut en deux mots le premier conservateur de la Bibliothèque Saint-Sulpice.dont il fut pour ainsi dire l’âme dirigeante pendant plus de quinze ans.En offrant cet hommage posthume à Aegidius Fauteux, il semble naturel d’associer à son souvenir celui de l’ancien supérieur de Saint-Sulpice, M.Lecoq, qui l’hono-ra de son amitié et de sa confiance.Quelques mois après la mort de “celui qui fut et restera un des plus éminents parmi les fils de M.Olier", Aegidius Fauteux écrivait, dans ses Souvenirs d’un ancien séminariste, que M.Lecoq “n’était pas seulement un fin lettré, mais aussi un remarquable savant”.Peu d’hommes, écrivait-il, “paraissent avoir possédé une science aussi sûre, aussi étendue et aussi variée”.Et l’auteur, tout en exprimant en des pages d’une sobre éloquence toute l'admiration qu’il éprouvait pour son ancien maître, d’ajouter*: “Je n’hésite pas à dire que, sur M chemins du livre aussi bien que sur ceux de la vie, je n’ai jamais rencontré personne qui, pour la vigueur de l’intellect, pour la sûreté du jugement, pour la spontanéité do la pensée, pour la vivacité de l’expression, pour l’ensemble en un mot des qualités de l'esprit, m’ait paru comparable à M.Lecoq.ce prêtre ignoré dont ne parleront jamais les littératures”.Quoique la modestie des Messieurs de Saint-Sulpice soit proverbiale, ce n’est pas une raison, comme le disait si bien Mgr Paul Bruchési lors de l’inauguration officielle de la Bibliothèque Saint-Sulpice en 1915, “pour fermer les yeux et ne pas leur témoigner toute sa gratitude”.En effet.Montréal ne saurait être trop reconnaissant envers cette vénérable institution dont l’oeuvre est si intimement liée à son histoire et à son développement.En évoquant le souvenir de M.Lecoq, nous avons voulu rendre hommage à l'ancien supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice qui présida à la création de notre bibliothèque.La réserve Constituée avec un sens admirable de la bibliophilie et une information bibliographique très sûre, grâce à M.Aegidius Fauteux.la réserve de la Bibliothèque Saint-Sulpice se divise en un fonds canadien et un fonds étranger dont la variété et la richesse sont uniques dans notre province.“En ce qui concerne le fonds étranger”, souligne M.René Carneau, dans un rapport d’inventaire qu'il a soumis en 1939 au gouvernement de la province' toutes les grandes disciplines intellectuelles.sciences, histoire, philosophie, littérature, sont représentées sur ces rayons, dans des exemplaires qui, soit par la rareté de l'édition.la valeur du texte, ta reliure de l’ouvrage ou quelque autre particularité bibliophilique.en font nn volume précieux.Quant au fonds canadien, pour peu qu'on s’intéresse aux premières manifestations de l'art de l’édition chez nous, ou qu’on veuille consulter les sources et ses trésors imprimées de notre histoire, il faut connaître ces collections”.Fonds canadien Quoique n’ayant pas une très grande valeur esthétique, les premiers impurimés au Canada formant la section la plus importante de ce fonds nous intéressent puisqu’ils sont après tout la manifestation de notre survivance française aux débuts du régime anglais.En effet, née en 1765 à Québec, l’imprimerie canadienne a permis de recueillir, de propager ensuite et de transmettre jusqu’à nous les manifestations de la pensée sous toutes ses formes.Les paléotypes canadiens ne constituent-ils pas des sources fécondes d’information pour nos historiens?Tel almanach de Québec ou de Montréal ne fournit-il pas un détail significatif à un historien en quête de renseignements sur les personnages, ou les moeurs d’une époque aujourd’hui révolue?La réserve de Saint-Sulpice offre donc un choix varié et précieux de ces sources d’information.Sa collection d’almanachs de Québec est la plus complète qu’il y ait au pays.Elle comprend une §érie de 59 volumes qui va de 1780 à 1812 et dont un seulement manque.Nos premiers imprimeurs sont tous représentés par quelques-uns des ouvrages qu’ils ont édités.Brown et Gilmore, Neilson et Cowan, Mesplet et Berger, Nahum Mower, J.Lane, Lane et Bowan.W.Gray, C.B.Pasteur, Van den Velden, Desbarats, Christie, Pasteur et Mezière, P.et W.Ruthven, Lemaistre, Edwards, Jones, tels sont les pionniers dont on peut voir les ouvrages sur les rayons de la B.S.S.Notons que les premiers ouvrages édités au Canada français, entre j 1765 et 1820 furent la plupart des livres de dévotion.Le premier volume imprimé dans notre province et dont on trouve plusieùrs exemplaires à Saint-Sulpice est le Catéchisme de Sens, par Mgr Joseph Languet (Québec, Brown & Gilmore, 1765 sqq.).A Montréal, Mesplet multiplie, à partir de 1776, les Neu-vaines, Offices et Règlements d’associations pieuses.A elle seule, la réserve de Saint-Sulpice possède 17 exemplaires des règlements de la Confrérie du Très Saint-Sacrement (1776) et 13 exemplaires de VOf-fice en l’honneur de Noire-Seigneur Jésus-Christ, qui est du même temps.Viennent ensuite les manuels d’éducation primaire ou spécialisée que renferme la réserve.On y remarque un Alphabet français de 1817, imprimé à Québec, une grammaire française éditée à Montréal en 1811, l’arithmétique de Bibaud, de 1816, le Cours de Chimie de Meilleur, 1833, et une Grammaire grecque, éditée par Jones à Montréal en 1837.Le fonds canadien comprend également de nombreux ouvrages de droit, tels que ceux de Perrault, Cu-gnet, et Justin McCarthy, nos trois plus anciens écrivains de droit.De Perrault, Saint-Sulpice possède le Traité de Droit parlementaire (1803) et le Juge à Paix, édité par Mesplet en 1769; de Cugnet, le Traité des Fiefs de 1775 et de Justin McCarthy, le Dictionnaire de l'Ancien Droit du Canada, édité par Neilson en 1809.Enfin, cette réserve comprend en plus 333 incunables, conservés jusqu’ici dans des enveloppes, dont 3 exemplaires du Catéchisme du Diocèse de Sens, 3 exemplaires du Formulaire de Prières en Montagnpis du Père de la Brosse, la brochure du docteur MacAdam sur le procédé du revêtement des routes qui porte son nom, Québec, 1816; plusieurs Mesplets et une collection de 19 portefeuilles renfermant plus de 500 pièces anciennes, circulaires électorales, ordonnances de police, ordres de milice, éditées de 1774 à 1874.La plupart de ces‘ouvrages complètent et très souvent doublent les Richesses du fonds d’origine canadienne.Cette nomenclature serait incomplète si nous ne tenions pas compte de plusieurs ouvrages publiés à l’étranger et qui ont trait à notre pays.Quelques-unes de ces éditions sont des originales, et presque toutes sont de l’époque.Mentionnons entre autres les éditions originales des Relations des Jésuites, dont la réserve possède 13 volumes dans l’édition Cramoisy et qui ont une valeur inestimable auprès des bibliophiles et des historiens de l’A-mériqtie.Viennent ensuite les ouvrages de Champlain, éditions de 1632 et de 1640, Hennepin, éditions de 1697 et de 1798, Lescarbot, Histoire de la Nouvelle-France, 1618; Charlevoix, üucreux, La Hontan, Chabert, Crespel, Franchè-re, de la Fargue, Kalm, Diereville, Bacqueville, de la Polherie, Pierre Boucher, Bouchette, Pierre Yiaud, John Harris, Georges Hériot, dont la réunion à Saint-Sulpice fait de cette bibliothèque le véritable centre de recherches historiques d’après les imprimés sur le Canada.Voici quelques livres précieux que Saint-Sulpice offre à la curiosité du lecteur, dans une vitrine placée au centre de la salle de lecture: “Lettre d'un Habitant de “Louisbourg—Contenant une Rela-' tion exacte & circonstanciée de 1j "Prise de l’Lsle-Boyale, par les Anglais.Insanirc quid est?— A Qué-"bec, Chez Guillaume le Sincère, à Tlmage de la Vérité.M.DCC.XLV.” Note: Ce livre a été imprimé en France quoique parlant la mention: Québec.“Voyage en Angleterre et en France, dans les années 1831, “1832 et 1833.Par F.-X.Garneau “Québec : Des Presses-à-vapeur “d’Augustin Coté & Cie., près L’Ar-"ehevêché.1855.” Note: Ouvrage dont on ne connaît que six exemplaires.Edition supprimée.Au verso de la page de garde on peut lire une leltre autographe de Sir James Maepherson ! Lemoine à John Readc, de la Sa i ciété R opale du Canada, expliquant qu'il tenait ce livre rarissime de i «or vmi Faucher de Saint-Maurice., “L’Abatis” et la culture grecque Si plusieurs livres de lâ richesse littéraire de TAbafisj étaient publiés tous les ans, au Canada français, l'on au-j rait tôt fait de s’entendre sur l'existence de notre littéra- ! turc, et l’on expliquerait des oeuvres de chez nous, comme les classiques de France, dans nos maisons d'enseignement-L’on cesserait aussi d’écrire périodiquement des articles j pour prouver, ô ironie, que nous avons une littérature: nos oeuvres s’imposeraient d’elles-mêmes.En attendant cet heureux jour, qui n'est sans doute pas loin, à en juger du moins par la maturité de quelques oeuvres littéraires récentes, lisons VAbatis, qui marque une étape fort importante dans notre histoire littéraire.L’Abatis est une oeuvre écrite en prose d’art et, à ce titre, fait partie de la littérature, car il n’y a pas de littérature véritable sans des oeuvres d’art- Voilà pourquoi T Abatis est un événement littéraire de haute importance pour notre littérature.L’Abatis.écrit M.l'abbé F.-A.Savard lui-même, est un livre “alterné de poèmes et de souvenirs”.Entendez par là un livre que l’on doit savourer, à petites doses, comme un vin de qualité.Les divers morceaux qui le composent sont l’oeuvre d’un artiste, d’un poète, d’un patriote.L’Abatis est l'hymne le plus enthousiaste et le plus émouvant que l’on ait jamais composé à la gloire de la terre J française de Québec, ou plutôt, g la mémoire de ces héros intrépides, mais obscurs, oubliés et souvent même méconnus, que sont nos colons et nos paysans: ceux-ci, fidèles à la tradition de leurs pères, continuent d’ouvrir de nouvelles terres et de faire rayonner les noms français, la culture et la civilisation française.M.l’abbé Savard, qui sait mieux que personne de quel côté souffle un vent mauvais, a écrit! son livre pour servir la cause de la terre, des colons et des | paysans: il veut que son cri d’appel en faveur de la colo- j nisation soit entendu de nos dirigeants, avant qu’il ne soit trop tard.Aussi T Abatis est-il un livre d'action, dont le message s’adresse à la fois à nos jeunes écrivains, à nos étudiants en sciences sociales, à nos sociologues et à nos gouvernants: festons fidèles à la tradition et à la terre, rendons viable la vie de nos colons, apprenons à connaître les hommes et leurs maux en nous penchant sur eux; il y a du bon dans l’homme, tout n’est pas mauvais chez lui.Reste encore la manière de le soulever et de l’entraîner vers les sommets et les conquêtes.Ce message, M.Savard l'exprime à sa manière, qui est celle d’un artiste et d’un maître de la prose d’art.Que ce soit dans l’introduction, qui est magistrale et qui renferme tout un programme rajeuni de régionalisme littéraire, ou dans le Mort ou dans Propos paysans, ou dans les Trois chanteurs ou le Canton Paradis, c'est toujours la même idée qui est reprise et présentée sous toutes ses faces.Le colon et le paysan sont des hommes dignes de respect et d’amour, non dépourvus de finesse et de grandeur, qui méritent une large place au soleil de Dieu; la terre ne doit pas seulement les nourrir, elle doit aussi les faire vivre, eux et les leurs, comme des hommes.Que! respect pour la personnalité humaine! Que l'homme est grand et noble au contact de la naturel Cette idée revient sans cesse comme un leitmotiv dans chaque morceau, que celui-ci soit un récit, une vision, une page de journal, ou un poème ou une prière.L’auteur lui-même, sans le vouloir, s’est dépeint avec sa méthode et son art, dans les Trois chargeurs.Il y dit, en parlant du deuxième chanteur dont il vient d'analyser la chanson: — “C'est beaucoup, me diras-tu, que d'extraire ainsi de simples chansons tant et tant.— ‘‘Mais rien que n’y voit, rien que l'homme n’y ait mis lui-même, rien que n’autorise une étude patiente de sa vie.Que fais-je autre chose que de percer les alvéoles où et miel est inclus, et que de dire que j’v ai trouvé le printemps et les sucs les plus doux de la terre?Ou encore, je suis ici comme ces artistes quj illustrent récriture.Ils délivrent, font mouvoir sous nos yeux les pensées que le typographe range et rembarre entre les baguettes du composteur.” Homère et Mistral, Eschyle et Claudel, Bossuet et Valé- ; maîtres trouvent | amour profond de la culture grecque: on sent que hauteur! a longtemps pratiqué les oeuvres des poètes grecs et en a parfaitement assimilé l'esprit.Il est comme hanté par le passe et l’exemple de la Grèce antique.On le voit presque ; à chaque page, où abondent les souvenirs littéraires, les allusions à la mythologie, les noms sonores et harmonieux de la Grèce classique.“Pour moi, sa terre natale, c’est la plus haute scène agreste de mon pays.L’homme y fait son travail comme sur des tréteaux.Il ressemble à l’acteur antique.La montagne lui met sous les pieds une sorte de cothurne qui le grandit.Cette situation le provoque au chant, au dialogue, à l’échange.” Lisez Propos paysans ou le Centaure Alexis ou “cet enfer joyeux des rouges abatis”.Quel rythme endiablé dans cette ronde infernale autour de l’abatis! Admirez les flam- Propos d'éditeuiv la Bible et Péguy: tris sont les de M.Savard.Progrès et tradition se en lui réunis.VAbatis révèle aussi un mes rouges qui se tordent sur fond noir aux flancs de I urne grecque! Lisez à haute voix ces phrases rythmiques: O splendides et pareils aux démons, héros du ministère infernal, vous, Alexis.Héraclès, Méléagre, les Discours et le Divin Orphée, et tant d’autres, égaux à des labeurs qui s étendaient de 1 Hadès aux étoiles.Et que j’évoque ici les noms d’Euphronios d’Athènes, de Douris et de Brygos qui peignaient, aux ventres des coupes.les héros noirs et rouges, les demi-dieux beaux et jeunes, et comment Pcrsce tua la Gorgone, et comment Héraklès captura la biche aux pieds d’airain et les boeufs du triple Gé-ryon.” De même qu’Ulysse sort de la caverne, suspendu à la toison du bélier, lourd de son poids et de ses pensées”, de meme, dans le Canton Paradis.il y a des hommes "aux yeux bleus baignés d’eau et de désirs au long cours”.M.Savard, comme tous les poètes, ne pense, ne voit, ne sent, n’écoute, ne prie que par images.Quelle profusion de métaphores et de comparaisons dans l’Abatisl 11 v aurait une étude fort instructive à faire de T Abatis à cet égard.L'on aurait tôt fait de constater que M.Savard a mis un frein au lyrisme débordant de Menaud maître draveur.M.Savard a beaucoup réfléchi sur son art depuis la publication de Menaud.Les images, ici, sont moins nombreuses, plus claires et plus distinctes que dans Menaud.Esprit méditatif et observateur, M.Savard aime observer et décrire d’un trait les gestes des colons et des paysans, comme il aime suivre les mouvements du canot et les migrations des oies sauvages.Mais le geste, chez lui.est le point de départ de la méditation, de la rêverie, de l’image, voire de la leçon.Ce qui l’intéresse, ce n’est pas seu'ement le geste du semeur ou du laboureur ou du menuisier ou de l’arpenteur, c’est aussi sa signification, son prolongement, son interprétation, son écho, son retentissement.On ne peut être plus grec.L’important est de peindre, de faire voir, de suggérer, “de percer les alvéoles où ce miel est inclus , ou de faire comme Mas.son premier guide, qui “n s point perdu le génie de s’émerveiller du simple et de l’ordinaire”.Il faut aussi méditer longuement, trouver le mot juste, avoir un haut sentiment de la perfection.J’aimerais citer, ici, le morceau intiulé: Mon Premier Guide, Mas.qui est une méditation à la Valéry: “J’ai retrod vé dans les lois universelles la raison de tes gestes, de ton art de couper la distance.Tu m’appris la valeur du silen- i ce.des mots mesurés et des pauses où l’on interroge.Tu croyais que tout est vovant, habité au fond de soi-même par un esprit.Tu te sentais uni à tous les êtres par des liens fraternels.” Sincérité, franchise, émotion contenue, sentiment profond, discrétion, suggestion, évocation, réalisme de bon aloi, densité et plénitude de l’expression, prose d’art rythmée.poétique, souvent même métrique, à la fois lyrique et oratoire: il n’en faut pas davantage pour déconcerter les esprits superficiels, avides de sensations et incapables de réflexion.Ajoutez à cela les sages conseils d’un homme qui connaît les hommes et vous mesurerez toute la richesse de l’humanisme de M.Savard.Voici quelques pensées cueillies ici et là: “Les constructeurs de Babel étaient des spécialistes.Chacun criait qu’il pût mettre sa brique.Mais il n’est sorti de là qu’une très haute et irrémédiable confusion.Ce qui importe avant tout, c’est de ramener l’homme vers son intérieur.Tout ce qui ne place point l'amc dans le centre des choses humaines est anarchique et machine à détruire.Aller pur et fervent sur toutes les routes, même les pires.La clinique des oeuvres sociales, elle est au milieu des pan vres.des vagabonds et des méprisés de ce monde.Quand on n’aura vu la douleur que dans les livres et non dans la chair et dans le sang, on ne connaîtra pas la douleur, on n'aimera vraiment pas ceux qui souffrent.” Jeunes humanistes, qui apprenez les éléments de l'art si difficile d’écrire et qui vous initiez, non sans larmes peut-être, à découvrir et à goûter les beautés secrètes mais réelles des oeuvres grecques, lisez VAbatis, vous aimerez mieux le grec, vous aimerez mieux aussi votre pays, vous saisirez enfin par quels liens intimes la poésie antique se retrouve dans la poésie contemporaine.Relisez la leçon du grand Mistral que M.Savard vient d'appliquer si magnifiquement à notre pays.L’auteur de VAbatis est, avec Ringuet et le R.P.Gustave Lamarche.C.S.V., l'un des maîtres de la prose d’art au Canada français.Maurice LEBEL Ce qu’on dit et ce qu’on projette chez Granger La Librairie Granger, l’une de nos plus anciennes maisons d'édition, occupe dans le monde du livre une place à part.Nous avions ces jours derniers l’avantage d'interviewer ses gérants de rayons: M.E.Constantin pour la littérature française.M.L.Robert pour la littérature religieuse et Mlle A.Lindsay pour la littérature canadienne et les livres scolaires, tous trois experts en leur sphère respective, qui ont donné quelcjties détails intéressants sur la remarquable organisation de leur maison.Bien que ses activités s’étendent aussi à plusieurs autres domaines assez divers: papeterie, mobilier et fournitures scolaires, mobilier et articles de bureau, objets de piété, papier-tenture, bibelots, jeux, jouets etc., la Librairie Granger se préoccupe en premier lieu du livre, (édition, vente gros et détail, exportation.non seulement (Je ses propres ouvrages, mais aussi de tous les livres de langue française provenant d’édfteurs canadiens ou étrangers).Lancée depuis de nombreuses années dans l'édition de manuels scolaires et d'ouvrages canadiens, elle a peu à peu abordé tous les genres, de sorte qu’aujourd’hui ses éditions embrassent toutes les branches de la production intellectuelle.Depuis 1940, la maison Granger a édité ou réimprimé un nombre considérable do livres canadiens et européens, (plus de 300 titres et 3 millions de volumes).Ces livres sont expédiés à tous les points du Canada et de l’étranger (Etats-Unis, Mexique, Amérique du Sud.Haïti, Afrique, îles du Pacifique, etc).On peut compter, parmi ees heureuses réimpressions, des réussites oi'i font honneur à l’édition cana-d ne.Citons d’abord un livre que des connaisseurs classent parmi les plus beaux qu'on ait jamais produits au Canada, La Sainte Bible, en français, volume de 2,000 pages, sur papier indien, et présenté dans une superbe reliure qui se compare facilement au travail européen.Des livres tels que l’Homme cet inconnu, du Dr Alexis Carrel, Le Voyage du Centurion, d’Ernest Psi-chari, Les Chansons et les Heures, de Marie Noël, L’Ame de la femme, de Gina Lombroso, TArt de penser, d’Ernest Dimnet, Le bouquet de roses ronges, roman d’Isabelle Rivière, le Monsieur Vincent, d’Henri La-vedan, Le Rosaire, roman de Florence Barclay, VEducation selon l’esprit, de Madeleine Daniélou, Les Oeuvres de saint Jean de la Croix, L'Histoire illustrée de ta littérature française, de Calvet, la collection des Classiques pour tous, le Dictionnaire des idées suggérées par les mots, reçurent ici comme i l’étranger, le meilleur accueil, ai point que certains titres subirem quatre et même cinq tirages suc cessifs.L’expansion extraordinaire prise ici en ces dernières années par h vente du livre français est très en courageante.Il faut rendre, diseni nos interlocuteurs, hommage à nos journaux et à nos revues qui, pour la plupart, offrent à leurs lecteur!* des pages attrayantes de chronique littéraire et de bibliographie.11 serait difficile de prévoir ce que nous réserve l’après-guerre, mais chose certaine, le zèle déployé '"'mis quatre ans par le-maisons d’édition canadiennes aura au moins prouvé de façon éclatan le notre attachement à la culture française.“Quels sonl nos projets?Pour répondre à des demandes répétées, nous présenterons au cours des prochains mois un choix de livres pour la jeunesse: ha nouvelle collertior, illustrée des Oeuvres de Jules Verne, la Collection Hublct, en 13 vo lûmes illustrés, Eclaireurs, par lord Baden-Powell.Nous avons égale ment sur le métier: La Caravane humaine (le sens de l’histoire) oeuvre magistrale du comte J.du Plessis, narue chez Plon dans la célèbre collection du Roseau d’or, La Vie de Pasteur, de Valléry Radot, La Science mystérieuse des Pharaons, «lu grand savant français l’abbé Th.Moreux, Ces dames aux chapeaux verts, le gai roman de Germaine Aeremant, Vlnitiation à l'art du chant, par Jane Arger.et maints autres ouvrages: romans, biographies, enseignement, spiritualité, auteurs canadiens.Jean Augé l'intelligence, ronge toutes les valeurs intellectuelles et morales, et qui s’attaque aux choses inanimées elles-mêmes, les dessèche.les pulvérise.Heureusement, parmi tani de détresses cl de veuleries, l’auteur nous fait enfin la charité d’une espérance.L’image salvatrice d’un Christ sordide au chevet d'un grabat dans le fond d'une mansarde a produit le miracle.Et nous sommes à la fois rassurés et ravis de voir fleurir un lilas mauve, un lilas symbolique, et s’allumer, après la désolation d’une journée trouble "l'étoile annonciatrice du soir”.René CHOPIN (1) Editions Variété:.En vente au service de Librairie du Devoir, 430 Notre-Dame (est), Montréal.Prix: $1.00 (comptoir ou poste).SAMEDI PROCHAIN : L'Actualité dans saint Jean Chrysostome, par Michelle Le Normand."La fortune de la France", de Jacques Bainville, par François-Albert Angers.Propos d'éditeurs, par Jean Auge.Notes de René Chopin et autres.L« Carême avec Made : Notre-Dame dans ma vie par V.-M.BERNADOT, O.P.Un ouvrage aussi dense, aussi simple, aussi doctrinal et pieux à la fois fera certainement aux âmes un bien profond.Prix: $1.00.SERVICE DE LIBRAIRIE DU “DEVOIR" Quelques nouveautés Pierre Le Moyne d'Iberville est considéré par plus d’un historien comme la figure la plus importan-le de toute l’histoire de l’Amérique française.On lui a consacré mi grand nombre d’ouvrages dont la plupart pèchent par de graves inexactitudes ou par défaut d’jn-formation.Les Editions Pascal publieront d’ici quelques jours une biographie complète de ce grand personnage de notre histoire.On dit que la publication A lberville le Conquérant du jeune professeur (iuy Frégault, fort volume de plus de 500 pages, sera un événement.* * * — Les Editions du Lévrier vien nent de publier une petite vie de saint Dominique, par le R.P.Jean Bousquet, O.P., 64 pages.— La Société des écrivains canadiens publie son Bulletin bibliographique pour l’année 1943.Ce bulletin, le septième de la série, a été complété par Mlle Bina Lasnier, diplômée en bibliothéconomie de l’Université de Montréal et comprend: les ouvrages canadiens publiés en 1943; les ouvrages français et étrangers réédités au Canada en 1913; les ouvrages en cours d’impression; une table alphabétique des titres.Vient de paraître aux EDITIONS BEAUCHEMIN "Catéchisme du Diocèse de Sens, “par Monseigneur Jean-Joseph Lan-“guet, Archevêque de Sens.A Qué-“bcc: Chez Brown & Gilmore, Im-"primeurs de la Province.M,DCC,-“LXV.” Note: Cet ouvrage est le premier imprime français du Canada.“Règlement de la Confrérie de “l’Adoration perpétuelle du S.Sacrement et de la Bonne Mort.Eri-“gée dans l’Eglise Paroissiale de “Ville-Marie, en ITsle de Montréal, “en Canada.A Montréal: Chez F.“Mesplet & C.Berger, Imprimeurs “& Libraires: près le Marché, “1776.” Note: Sur L200 incunables canadiens connus, Saint-Sulpice en possède plus de 800, dont plusieurs en double exemplaire.“Abbrégé de la Vie des Saints.“Chacune suivie de trois Réflex-“ions.Réimprimé sur l’Edition de “Paris, 1742.Laudate Dominum in “Sanctis efus.Saint Philippe, à “l’Imprimerie Ecclésiastique.1825”.Note: Les Editions de Saint-Philippe sont recherchées.La bibliothèque Saint-Sulpice en possède une belle collection."Le Maître François: ou Nouvelle “Méthode portr apprendre à bien “lire et à blrfl orthographier: avec “Des Remarques pour rendre la “Lecture et la Prononciation aisées “à l'Ecolier.Trois-Rivières Impri-“tné par Ludgcr Duvernay, Rue “Royale.1822”.Note: Cet ouvrage représente le premier imprimé aux Trois-Rivières.“Nouvelle Relation de la (jaspé-j “sic qui contient Les Moeurs & la j ‘Religion des Sauvages Gaspésiens ‘Porte-Croix, adorateurs du Soleil, '3: d'autres Peuples de l’Amérique j "Seplcntrionalc1, dite le Canada.Dé-“(liée à Madame la Princesse d’E-“pinoy, Par le Père Chrestien le “Clercq, Missionnaire Recollet de “la Province de Saint Antoine de “Padoue, en Artois, & Gardien du “Couvent de Lens.A Paris, Chez “Amable Auroy, rue Saint-Jacques, “à l’Image de S.Jérôme, attenant la “Fontaine S.Severin.M.DC.XCI.” Note: Ce double provient du Séminaire de Québec.Le cadre consacré à ce rapporl étant forcément limité, nous avons cru devoir conserver pour un prochain article, la nomenclature des précieuses collections que possède encore la Bibliothèque Saint-Sulpice, sous la rubrique Fonds étranger.Nous ferons connaître aussi quel- j ques dons intéressants tant à cause j du nombre important des volumes! que du choix des ouvrages que la j B.S.S.a reçus depuis que le gouver j nement en a fait l’acquisition.Par-1 mi ces dons mentionnons dès maintenant la bibliothèque particulière de feu Napoléon Bourassa, dont la B.S.S.s’est enrichie, grâce à la générosité de la Famille Bourassa.Nous tenions A souligner ce geste généreux puisqu’il représente le premier don que nous avons reçu.Philippe La FERRIERE Le premier article de cette série a paru dans te Devoir du -f mars.^Lucifer vieillissant (par Ivan Gall) (1 ) // Le Canada Ecclésiastique PRIX ; •30W FRANCO : W “La Revanche du Destin”, roman international, par Gustave Keller-Wolff, en vente à $1.20 chez Dupuis Frères, Granger Frères, Déom, Pony, Wilson Cr La-fleur, Eaton's Book Store et au "Devoir”.Confession ou simple jeu de pa-radoxes?On ne sait.Beaucoup de lyrisme, assaisonné d’un gros grain d humour.Il est difficile de faire la part du sérieux et celle du factice qui entrent dans ce livre, un roman moins qu’un poème à plusieurs sens superposés comme il sc trouve chez Paul Valéry.L’écriture en est brillante, nu goût du jour, son intérêt soutenu.La verve entraînante de l’auteur contraste singulièrement avec le tableau de notre époque qu’il nous brosse à grand traits noirs, et qui serait franchement pessimiste s’il n’y avait l’évocation consolante qui le termine.Voyez plutôt.Lucifer vieillissant, porte-lumière vanné, jadis le plus beau des archanges, représentant de la civilisation occidentale en péril de mort, personnification d’une Europe épuisée, savoure sa déchéance.L’homme moderne accablé de fatigue, de tristesse, incapable de haine ou d’amour, indifférent au mal comme au bien, porte dans son corps, >a chair avilie, dans les rides mêmes de su figure, les résidus de trop de siècles.On le voit évoluer parmi les habitués du Café des Demiurges.Démiurges lamentables qui souffrent, paraît-il, d’un mal lent et incurable.celui de n’avoir plus foi dans la vie, dans l’amour, dans la science, pas même dans la sacro-sainte liberté.Ils sont victimes, comme l’époque, d’un microbe nouveau, un microbe terrifiant, l’euroco-que, qui vide l’esprit, déséquilibre NOUVEAUTES présente QUATRE OUVRAGES du R.P.A.-D.SERTILLANGES, o.p.dans I» collection LA VIE INTERIEURE ?RECUEILLEMENT ?AFFI N I T E S ?DEVOIRS ?SPIRITUALITE Dix minutes de culture spirituelle par jour Chacune de» méditations contenues dans ces quatre volumes est courte, deux ou trois pages aeulement, mais elle est riche de substance et prête à d’abondantes et fructueuses méditations.Chaque volume : $1.25; les 4 volumes: $5.00 franco.i Ecrivez, téléphonez, passez à F I D E S - 3425, rue SAINT- DENIS MONTREAL — HA.*722» / LE DEVOIR, MONTREAL.SAMEDI 1er AVRIL 1944 VOLUME XXXV — No 77 CI QUD • • Une réunion prochoine Ce qu’est 1'U.N.R.R.A.Ôn annonce que d'ici quelques me, mais ses pouvoirs sont consi- dérablement diminués en faveur du Conseil.Le Conuté central peut encore au besoin prendre des décisions politiques, mais celles-là seu les dont la nature rendrait impossi ble l’ajournement; bien plus, ces décisions peuvent être soumises à enquête par le Conseil.L’augmen Aux Etats-Unis tation des pouvoirs des Etats adhé muniqué, en français, par le Coin-1 que l’aluminium, plus dur que l’a- piacer nos soldats de retour, nos rents a réduit egalement les pou- mon Council/ for American Unity j ciér; et l’oxyde de fer ne s’y pro- etudiants qui auront dû arrêter voirs du Comité central.Il faut ad-j des Etats-Unis: duit pas.Comme le beryllium est mettre que cette mesure est une Des géologues sont à la recherche ; cassant, il est employé dans les epee à deux tranchants: elle revêt | de métaux et de minéraux indispen-1 alliages.En alliage avec le cuivre, I organisme dune apparence plus sables à la conduite de la guerre., il sert admirablement à la fabrica-democratique, mais elle en rend j Sous la direction du Bureau des » tion des ressorts d’instruments de 1 efficacité trop subordonnée aux ; mines, ces savants ont accompli | précision et il est de longue durée.considérations dictées par la situation politique et les désirs des Etats adhérents.Le Conseil a quatre comités permanents: un important et fructueux travail ! Sous ce rapport, il est maintenant en utilisant des sources jusqu’ici ; employé à la place du bronze et inconnues ou inexploitées des ri- i de l’acier.chesses naturelles du pays, fait ob- ! Les Etats-Unis auront bientôt ., ,, .server le ministre de l’Intérieur ! une quantité suffisante de vana- (1) Un Comité européen avec siè-1 Ickes.j dium, grâce à la découverte de gi- ge a Londres et sous la présidence j Le ministre Ickes annonçait, | sements de vanadium dans le Wyo-u un Anglais.récemment, que les recherches se i ming et l’Idaho.Il sert à durcir poursuivaient dans trente Etats et i l’acier, ainsi que dans la produc-en Alaska, et, de ce fait, la quan- tion du matériel de guerre.Il n’est ' mois, l’U.N.R.R.A.tiendra une réunion au Canada, peut-être à Mont-* réal.Mais qu’est l’U.N.R.R.A.?Beaucoup de gens qui l’ignorent probablement seront heureux de trouver ici les notes que communiquait récemment à ce propos la Commission d’information en temps de guerre: La masse des rapports sur les conférences de Moscou, du Caire et de Téhéran a contribué, malheureusement, à écarter notre attention d’un événement inléressant et d’une grande importance.Les historiens politiques considéreront probablement la conférence d’At-lantic City, comme le point de départ de l’édification de la paix ! après la deuxième guerre mondiale, et les économistes y verront une des grandes tentatives pour conjurer les suites désastreuses de la première guerre sur l’économie mondiale.Quarante-quatre Etats, représentant plus des trois-quarts de l’humanité, essayent de fonder un organisme propre à faire disparaître la famine et la pauvreté des pays occupés, aussitôt après leur libération.Les Américains, qui sonl les initiateurs de ce mouvement, font, d’après le titre “l’Administration du secours et du rétablissement qm “joités y 15,000 échantillons, fait par des tourne en proverbe: “On s’en tirera Une' autre découverte très im-, agents de ce Bureau depuis Tété avec une douzaine”, portante faite par les géologues, ' de 1939, à la demande du Congres.u s’agit d’oeufs, bien entendu.Pour ce qui concerne le paie- c’est celle du béryllium dans une Les découvertes qui se font sont chemisier à la mode en sus des ment, distinction sera faite entre: montagne de la partie sud de non seulement très utiles dans la travaux de découpage pratiqués a) les Etats pouvant s’acquitter l’Etat de TOrégon.On estime que | conduite de la guerre: une fois la dans le papier rose des points tex- en or ou en devise; j le gisement de beryllium qui s’y guerre finie, le pays aura une tiles, ne déteste pas d'y ajouter les bî les Etats ne pouvant s’acquit- trouve est le plus considérable qui quantité de minéraux suffisante, ter seulement ou qu'en majeure par- * - Dans certains pays occupés d’Eu rope, l’âge moyen de la mort est d< dix ans plus jeune qu’avant h guerre.Ceci est dû à la inalnutri tion.EST Où Von t’habille bien KNR Coup* spécial* à chacun Façon soigne» Aussi "Valet Servie*' à votre disposition.ERNEST MEUNIER MARCHAND-TAILLEUR 984, Rachel est • FR.9343-9SSO tarfum Tul Noire 30 — .60 et flocon» »r , CANADA DRU6 CC montrea Foudre fine, et porfumée, qui redonne è la peau eoo velouté naturel.*0 cent» I* batte, •ver échantillon de parfum Tulipe Noir* CONSTIPATION CE SOIR AU COUCHER Une 9 deux tablettes R0B0L Résultat demain matin 25c la boite Cl» Chimique FKaNCO Américaine Lté* ISM tr> Sjtnt-Denla Montréal Veuill** nrt'envovar un échantillon d* ROBOL Nom «D> tie dans leurs propres devises; n les Etats incapables de payer.Evidemment, ceux qui ont suffisamment d’or et de devise s'acquitteront au moyen de ces ressources.Ceux qui n’en ont pas assez noueront payer en tout ou en partie clans leur propre numéraire.Mais l’assistance ne sera pas refusée â ceux qui sont incapables de payer.Us recevront gratuitement les matières premières et les marchandises dont ils ont besoin.Le directeur général, après accord avec un sous-comité spécial de cinq membres, décidera si oui ou non TEtat est en mesure de payer.Jusqu'ici, nous n’avons parlé que de la répartition de ces matières premÜTcs et marchandises qui doivent être dispensées par l'entremise de l'UNRRA, c’est-à-dire les vastes réserves de denrées très nécessaires qu'obtient eot organisme international.Mais comment TUNR-RA flcquerra-t-elle ces approvisionnements?Il a été résolu que chaque Etat devra eontribuer 1 p.100 de son revenu national annuel.L'acquisition de ces approvision-nemeiils ne signifie pas que les Etals adhérents ne peuvent acheter les matières premières et les marchandises de l’UNRRA ou de Chez les Acadiens Un grand pas de l’avant blancs et les jaunes que mêlent ou séparent artistement les livres de cuisine.Chez ce cordonnier, quatre oeufs (peut-être sont-ils postiches?) dans une terrine en évidence, semblent i inviter le chaland à compléter un j début de collecte en faveur d’un _ ! saint Crépin favorable aux resse- .iv melages hors série.De VEvanyéline, de Moncton.! tant à notre histoire, tous les livres 1 Surprenante métamorphose d’une Nouveau-Brunswick, numéro du 23 et travaux portant sur 1 Acadie, tous demi-douzaine d’oeufs en cinq fau-mars: les renseignements concernant no- leuils d-0rchestre,.au contrôle de Une question de première impor- tre vie economique et sociale.Asec ,_nce pour les Acadiens est à Té- le temps, 1 on.tude depuis quelque temps.11 s’agit un autre service qui distribuera d’un Secrétariat général pour toutes ! des livres de Re"res.a .nos.^t:' nos oeuvres nationales.Les premiè-: les ou institutions, et ai”SI ,reP®* t res demarches ont bien réussi, et j droit le goût de la lecture chez les au cours de ! jeunes, et chez les Acadiens en ge- cette salle de spectacle! Une nouvelle unité monétaire est née.Placez le coffre-fort au poulailler et n’oubliez pas de vous faire inscrire pour les oeufs.Gela vaut largement le remboursement tout laisse prévoir qu’au cours de jeunes.ei cnez les Acauieis l K'* j .dixième de loterie nationale Vannée, peut-être dans quelques néral.Probablement qu’une librai- f«u < né Montréal Vendredi dernier, le club d'escrime de la Palestre nationale a rencontré différents escrimeurs du Y.M.C.A., du McGill et autres au stade William Currie.Une poule de 10 escrimeurs fut gagnée par Alfred Horn du Central Y.M.C.A., ancien champion du Canada, qui remporta 9 combats sur 10.On lui décerna le trophée du McGill.Emile Miron, des Mousquetaires du National, se classa 2e, en remportant 8 combats.Pour la section féminine, Erua Klaus, indépendante, se classa première, et remporta le trophée du McGill, il obtint le 2e rang.L’absence de Marguerite Clément, de.Mousquetaires, handicapa grandement le National; elle se serait certainement classée, car elle remporta déjà le championnat de la province de Québec.Mercredi prochain, le 5 avril, tous les Mousquetaires du National, iront rencontrer les escrimeurs de Montréal au Central Y.M.C.A."comptable P.-A.GAGNON & CIE F.-A Oeknon OA René O «mon CA Oomntebie* (urréée Chartered Aecountani» IMMEUBLE DES TR ASfWAYS 159 OUEST.RUE CRAIG Tél.HArboei 5990 Examen de* yeux Réparation de lunetterie Service ooetal.Léo-Paul TROTTIER, o.d.OF.OMETR1STE et OPTICIEN MANUFACTURIER 1*3* eat.ay.Mont-Royal • FR.1*88 assurances ttbfûarbe MONTREAL.NARCISSE DUCHARME, PRESIDENT Cartes d’A flaires MEUBLES dactylographes nouveau Aisortiment complet Underwood.Reipnnf1011’.Royal Portatif et Stand' ard Machine» A Addition' ner.Calculateur, Prot.eC' leur* d* Chèque* Punltre*.«i/s etc Canada Dactylographe Enr.Nouvelle adre**e : 44 St-laeque* O RArt'nr «98* R.-T trmanfl.pron Achetez chez Marcotte, C’est être dans la note Du meuble en général C’est l'endroit idéal.A.-E.MARCOTTE 3906, ONTARIO EST «prêt Ortéeiu) CH.9628 Bureau : HA.6205 Résidence : TA.3137 J.-B.Bélanger, L.C.M.I.Comptable Licencié en Prix de Rs vient Comptable Public 266 ouest, rue St-Jacques, Montréal DACTYLOGRAPHES REPARATIONS MECANIQUES LEFEBVRE FRERK9 Limitée REPARATIONS MECANIQUES • ET SOUDURE • Téléphone: PL 9011 968-988 de Bullion - Montréal REMBOURREURS-MATELASSIERS Royal - Remtneton — Underwood — L C Smith - Corona Silencieux, réeuller et -’ortatlf P r o -tectcurs de chèque* duplicateur* ealcu-ateur* et machines a additionner Vente service échanae location N.MARTINEAU & PUS 1019 tue BLEURY BE 2318 Entre les rue Vllré
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