Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
samedi 8 avril 1944
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Le devoir, 1944-04-08, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
Le Canada eat une nation souveraine et ne peut avec docilité accepter de la Grande-Bretagne, ou des Etats-Unis, ou de qu que ce soit d’autre l’attitude qu’il lu faut prendre envers le monde.Le premier devoir de loyalisme d’un Canadien n’est pas envers le Commonwealth britannique des nations, mais envers le Canada et son roi, et ceux qui contestent ceci rendant, à mon avis, un mauvais service au Commonwealth." Ü3-X-S7) Lord TWEEDSMUIR LE DEVOIR Dirsctsur : Caorges PELLETIER Montréal, samedi 8 avril 1944 REDACTION ET ADMINISTRATION 430 EST.NOTRE-DAME MONTREAL TOUS LES SERVICES TELEPHONE i BEUir 33tl« SOIRS, DIMANCHES ET FETES AEministrjHon : BEItir 3361 RédsctUn j BEUii 29 S4 Gérant I BEIiir : 3361 Victoire navale alliée dans le Pacifique Le message de Pâques “Unt immense espérance a traversé la terre”, le matin du premier jour de Pâques et c’est Marie-Madeleine, une pauvre femme, une ancienne possédée, qui fut choisie par Dieu pour en être la messagère privilégiée.La scène où Jésus lui apparait, dans le jardin de Joseph d'Arimatbie, est pleine de délicatesse et de fraîcheur, d’un charme infini.% Touché de la douleur, de la constance et de l’amour de Marie, tout en larmes à l’entrée du tombeau vide, où elle est déjà venue deux fois depuis l’aurore, Jésus l’appelle par son nom.“Marie”, lui dit-il simplement.Au son de cette voix familière, “qui évoque à sa mémoire de si douces choses”, elle se retourne précipitamment et, ivre de joie, reconnaît le Sauveur.“Mon Maître!” s’écrie-t-elle: Rabboni.N’en pouvant croire ses yeux, elle n’a pas d’autre parole; elle se précipite aux pledge Jésus et les étreint, comme pour l’empêcher de lui ccnapper de nouveau.C’est un peu du bonheur du ciel qu’elle ressent dans son coeur et le monde n’existe plus pour elle.“Noli me tangire”, lui dit cependant Jésus: “ne t'attache pas ainsi à moi”, car je ne suis pas encore remonté vers mon Père: nondum enim ascendi ad Pattern meum.Le temps n’est pas venu pour toi des joies du ciel, car, sur la terre, vivre d’amour, c’est gravir le Calvaire, à ma suite, au service des hommes.Lève-toi donc, quitte moi, "va trouver mes frères “qui sont dans la désolation et potte-leur ce message de ma part: “Je monte vers mon Père, qui est aussi votre Père, vers mon Dieu, qui est aussi votre Dieu”.Tel est le grand message que le Rédempteur ressuscité fit transmettre, à ses disciples et à nous tous, par Madeleine, dès le matin de la Résurrection.C’est son cadeau de Pâques, Le temps du triomphe est arrivé et le Christ, est déjà sur le chemin du ciel.“Je monte vers mon Pète qui est aussi votre Père”.J’y monte comme chef de l'humanité; vous êtes morts avec moi et vous êtes ressuscités avec moi; je vais aussi vous faire monter au ciel avec moi: tout est désormais commun entre nous: mon Père est devenu votre Père, mon Dieu est aussi votre Dieu.Et parce que vous êtes fils de Dieu comme moi, quoique d’une autre manière, vous êtes mes frères et par conséquent mes cohéritiers; mon royaume céleste est à vous et le même trône vous attend: un avenir éternel de gloire et de bonheur sans nom est devant vous.Certes, un tel message exige de notre part une vive reconnaissance et un alleluia sans fin.Quelle belle occasion aussi d’élever de nouveau nos regards et nos coeurs vers les joies et le bonheur du ciel.“Si viîus êtes ressuscités avec le Christ, nous dit saint Paul, recherchez les choses d’en haut.; affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles de la terre”.Tenir nos regards fixés vers les récompenses célestes, travailler pour le ciel et pour Dieu, n’est-ce pas le devoir le p’ui urgent de tous ceux qui veulent sincèrement restaurer autour d'eux le bon sens et la foi et sauver la société?C est ainsi que le message de Pâques, confié à Madeleine par Jésus, revêt, pour tous les catholiques de notre temps, une importance toute particulière.Nous sommes à une des époques les plus tragiques de l'Histoire.On a dit de la guerre qu’elle est aussi “une liquidation et une révolution générales”.“Pour le bien comme pour le mal, dit Jacques Maritain, l’Histoire aujourd'hui roule en avalanche.Les choses bonnes ou mauvaises dont nous aurons le spectacle dépasseront sans doute ce que nous pouvons prévoir et imaginer”.Et pourquoi en est-il ainsi?On peut dire que c’est surtout la faute des ennemis de l’Eglise.Par leur guerre acharnée, depuis plusieurs siècles, ils ont paralysé à H fois son ensejgnement et son activité.“Mais je crois que c’est aussi la faute, écrit le R.P.Gillet, de beaucoup de catholiques qui ont ignoré et ignorent encore la doctrine sociale de l’Eglise.En sorte qu’il est permis de penser et de dire que si les catholiques veulent désormais hâter le règne de la justice sociale et rendre le monde humainement plus habitable à tous, ils ont à l’heure actuelle une magnifique occasion de le faire”.L’unique moyen, c’est de renoncer résolument à “l'égoïsme sans frein qui est la honte et le grand péché de notre siècle”, c’est de nous affectionner aux choses d’en haut, comme le conseille saint Paul, de pratiquer et de répandre autour de nous la justice et la charité du Christ.Qu’il s’agisse de la démocratie, dont on parle tant, du communisme ou de tout autre problème social, la vraie solution est dans le message de Pâques, confié par Jésus à Madeleine et transmis depuis deux mille ans à toutes les générations.Les apôtres n’ont pas conquis le monde autrement.“Ils allaient partout, rendant témoignage à la résurrection de leur Maître, et partout faisaient briller aux yeux des peuples émerveillés les splendeur* de l'éternité”.11 en va de même encore aujourd'hui.“Vous convertirez ceux qui sont séduits par les doctrines communistes, disait Pie XI, dans la mesure où vous leur montrerez que la foi au Christ et l’amour du Christ sont inspirateurs de dévouement et de bienfaisance, dans la mesure où vous leur montrerez que nulle part ailleurs on ne trouvera pareille source de charité”.Sans doute, il se fait déjà beaucoup, chez nous, pour la diffusion des bons principes.Noûs avon* des oeuvres nombreuses et admirables et l’Action catholique s’organise peu à peu, mais qui d'entre nous ne pourrait faire davantage?En ce temps de Pâques, où la nature elle-même nous invite à un renouveau de vie, le Sauveur ressuscité nous envoie, comme autrefois Madeleine, à tous ceux qui souffrent ou qui hésitent à le suivre.“Va, dit-il à chacun de nous, va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu ”, Transmettre ainsi, à notre tour, le message de Pâques, n'est-ce pas le meilleur moyen d’en profiter nous-mêmes et d’améliorer nos propres vies?C'est la grâce que demande pour nous l’Eglise, en ce grand jour: “Que Dieu, qui nous a ouvert les portes de l'éternité par la mort et la résurrection de son Fils unique, daigne élever nos désirs vers le ciel, les soutenir de sa grâce et les empêcher de retomber vers la terre! ' Jean-Baptisf« VINET, P.S.S.ce geste, il se donne.La ville débordée perdra un citoyen.L’eau de Pâques, sans qu'il s'en doute, a rendu ce marin à la mer austère, hérissée de périls, faite de solitude.La solitude et la mer, les deux seuls éléments où il pouvait vivre.Dans le malin pascal, tête nue, riant nu soleil, il contemple devant lui, belle, immense, celle qui l’a repris, et vaincu, il comprend le monde entier qui chante: Alleluia!!! Gertrude NOTEBAERT 8-XV-44 8-IV-44 L’actualité L'eau de Pâques D’après une légende hes beaux villages, aux portes de la Gaspésie.dorment; mais le pere Robin, qui s’est levé sans faire plus de bruit qu’iuie souris, malgré son pas appesanti par Vâge, sort par e bas-côté de la maison.H est quatre heures.Lp nuit est claire, la mer à peine libérée des glaces, brille tranquille, sous la lune un peu pâle! Un peu de neige ici et là, fait tache blanche sur les coteaux.Une chaudière à la main, Vhom-me vêtu de brune étoffe du pays, s’en va paisible et sûr.Ses bottes enfoncent dans la boue mêlée de glace fondante que la nuit tiède n’a pu durcir,.mais sans jurer (1), infatigablement, il traverse les champs déserts, grimpe la pente douce des collines.Et cette vigile laborieuse fait en lui un remous de tristesse, de joie anxieuse, parce qu’il est seul dans l’aube immense du printemps et que les siens dorment confiants sous son toit, alors qu'il veille! Pendant que l'eau qu'ii est venu prendre coule, lente, dans la chaudière sonore, il devine, de ces hauteurs: les Grosses-Roches, Cap-Chat, Rivière-Blanche, où d'autres hommes, peut-être, sont debout comme lui pour la même cueillette: l’eau de Pâques!! Eau claire, comme du cristal, incorruptible et curative, qu'un pied diaphane ou une robe de lumière a peut-être effleurée, comme un éclair, au sortir du tombeau, et qu'il faut prendre parmi la paix et le silence de la nuit.* * * Lesté de son précieux fardeau, l’homme redescend les coteaux au ralenti.: il ne faut rien perdra.! Et pendant que l'aube qui l'a rejoint esquisse le paysage, familier, se déroulant, magnifique, de la montagne A la mer, il se reprend à songer à sa femme, à ses enfants grandis, pour gai il a peiné tant d'années, avec joie.Les deux grands fils, (qui hélas! vont travailler au loin) sont rentrés depuis quelques heures à peine, à la petite maison grise.Depuis leur exil, ils reviennent fêter Pâques “en bas" pour goûter un peu fair du large et le printemps.Chariot, bûcheron, sur la côte Nord, est vena avec sa petite fiancée blonde qu'il est allé chercher à Montréal.C’est une petite fleur de ville presque artificielle, pâte et gracieuse, qui a su plnire à ce brun robuste au sang vif qui sait rire de tout.Le grand Bertrand, avec sa jeunesse un peu rude, et ses yeux bleu-vert, est revenu de l'usine de lu mé- tropole aussi silencieux qu'autre-fois, plus amer, plus triste infiniment.Il a plaisanté cruellement Blandine la belle, qui l'accueillait bras ouverts, en soeur aimante et expansive qu'elle est depuis que l'amour rend inquiets, ses grands yeux d’Orientale.Bertrand a dit nerveusement: — Quelle affaire! Laisse-moi! Je ne suis pas Jean-Paul! Jean-Paul.Souffrir tant pour cet homme ému par toutes les femmes qui passent.— Ils ont leurs espoirs, leurs peines, se dit le père.Mais il a oublié la torture de ces sentiments extrêmes, à côte de la femme fidèle, qu'il n’a pas quittée, lui le.forgeron sédentaire.Il pense: — Elle vieillit un peu, la pauvre! Ses yeux autrefois si noirs (il sourit au souvenir du trouble qu'ils causaient!) sont moins vifs, beaucoup moins brillants.mais on dirait qu'ils sont plus beaux.Elle, qui entendait tout, même ce qu’on ne disait pas, a vraiment l’oreille un peu dure.Elle sera contente qu'il apporte ce remède, ce porte-bonheur.Il est entré dans la maison el, attendant qu’ils s'éveillent, il a versé l'eau- dans le beau pot de porcelaine à fleurs dorées; il en reste fuste asses pour le bol de faïence bleue sur la table.Pipe au bec, il s'asseoit, et devant le poêle qu’il a bourré de bois sec, il songe à son passé à la fois si diffèrent, et si pareil à l'avenir de ses enfants.Vers sept heures les femmes descendent.La maman aux cheveux gris, an visage calme et attentif de ceux qui entendent moins bien sourit en regardant la table.Elle parle peu, el laisse sa fille expliquer à Claire (bientôt leur fille) ce reste pieux que la famille conserve fidèlement.— Oui.tu sais, il faut de l'eau mouvante.C'est encore mieux de l’eau de source el avant le lever du soleil, surtoull Et je ne sais pas ce que c’est, mais dans celte eau là, il y a quelque chose, qui est si bon, si pur, qu’elle soulage, guérit, transforme.mais, tu comprends, il faut absolument y croire, car autrement.SI tu veux, je l'offre de qette eau-là comme je l’offrirais du vin?•— Mais oui, je veux.Es!-ce mieux de boire tout d'un coup, les yeux fermés, peut-êlre?— Alors, fais un voeu dans son coeur, ferme les yeux et bois! Paupières baissées sur l'espoir et la crainte qui noircissent ses yeux myosotis, Claire en elle-même soupire: — Qu’il m'aime, que je sois forte et belle, et qu’il m'aime toujours! — il faudra garder de l’eau pour la maison, dit le père Robin, n’oublie pas Blandine.Mais les gars ne sont pas descendus?— Ils viennent, je les entends papa.— Il ne faudrait pourtant pas être en retard à la messe en pareil jour.Ah! bon.tu es là.Chariot?Viens m’aider à sortir la carriole pendant que les femmes mettent la table.Chariot, qui a rejoint sa blonde, prend le temps de sourire, de murmurer quelques mots doux, très doux, puis met un baiser sur la joue lisse et sort en sifflotant.—Bonjour Bertrand, dit la mère à ce grand fils taciturne qu’elle préfère.Tu viens à la messe avec nous?Il fait non de la tête et dit: — J’ai déjeuné.Il irait peul-êlre û cause de la vieille maman si bonne.Mais non! pour lui ce serait un geste sans foi.En quittant le pays, en quittant son rêve, il a balancé tous les grands mots qui enchantent les naïfs, les “poires’’: idéal, credo patrie, etc.Mais ce qu'il a laissé ne lui a fait la vie que plus lourde.Les coudes sur la table, la tête dans les mains, étranger chez les siens, étranger à la joie du jour, il attend que tout ce monde soit parti, pour commencer son repas solitaire.Bientôt, la maison silencieuse berce sa rêverie.Le bol bleu, au milieu de la table, sur sa surface lumineuse, mire deux yeux désenchantés.Cet être jeune que la joie n'habite plus depuis son départ du “pays’’.,, songe.Il voit à travers cette eau la source an flanc de la dure montagne, et la rivière qu’elle devient en creusant son lil de pierres polies, el le lac où elle se repose en reflétant les arbres et les maisons, el la nier où elle retourne et l'océan où elle se perd, parmi les récifs de coreil, 1rs sables chauds, les glaces aiguës, le pays des érables, et celui des cocotiers qu'il baise sans se lasser Sur Tenu verte, il voit danser ijne goélette légère, et sur le pont, c’est lui, ee marin solitaire, qui rit au tôle il, el qui chante.Son vieux désir le reprend, violent, impétueux, plus semblable à une tentation qu’à un rêve.C'est comme un appel à vivre! Plus de ville étouffante, plus de maisons en rangs serrés, plus d'horizons fermés, et de plaisirs qui brûlent.Celle qu’il aimait et qu'il a trahie, sans aucune joie, pour des gains faciles et des promiscuités intolérables.la “grande bleue’’ va le reprendre! Une heure passe, deux heures ’entes passent, f.'hommc n’a pas longé; pendant que les Robin prient à l'église, son roeur fait le tour du monde.Sans y penser, sa main effleure l’eau frg’che.ieau rlaire.l'eau dangereuse) l’eau des risque», et dan» Bloc - notes Rationnement et production Le ministre fédéral de l’Agriculture, M.Gardiner, ne laisse pas passer une oceasion de demander aux cultivateurs de toutes les provinces d’augmenter et d’intensifier leurs productions de toutes sortes, notamment celles de viandes et de produits laitiers.Les producteurs ainsi mis en cause ne demanderaient pas mieux que de répondre tous aux pressantes invitations du ministre; seulement, ils doivent aussi non pas se rendre aux invitations mais cette fois obtempérer aux ordres exprès d’autres autorités fédérales, en l’oc-currence les contrôleurs, les maîtres des rationnements de tous genres qui se sont établis sous les rigoureux auspices de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre, présidée et régentée par M, Donald Gordon, sous les auspices pareillement du ministère des Munitions et Approvisionnements, placé sous la responsabilité de M.C.-D.Howe.Des agriculteurs se sont vus dans la circonstance assez déconcertante de labourer sans charrue, de herser sans herse.de semer sans semoir, d’élever des poules sans treillis à leurs poulaillers, de dresser des clôtures sans la broche qu’il faut pour cela; de même, il s’est trouvé des bûcherons à qui l’on demandait d’ébattre des arbres et de faire du bois de chauffage, sans qu’ils eussent à cette fin les instruments qui paraissent nécessaires, voire essentiels, des haches et des scies.L’été dernier, U ne^ a été à maintes reprises donné de faire écho à des plaintes de producteurs-laitiers qui ne pouvaient, par suite du rationnement de l’essence, faire la livraison du lait et de la crème.Le ras, dans un certain nombre de paroisses Ai Nord de l’Ontario, dans la région du Nipissing, était typique.Le rationnement de l’essence était tel dans ces parages que la cueillette en commun de la crème chez les producteurs ne pouvait plus s’organiser normalement, que des quantités de crème se perdaient, que des fabriques de beurre et de fromage ne pouvaient plus fonctionner que par intermittence.Le cas de la crémerie de Verner Des nouvelles que nous recevons de l’une de ces paroisses, celle de Verner, indiquent que la situation ne s’est pas améliorée avec le printemps de 1944 et qu’elle menace de rester tout au long de l’été qui vient ce qu’elle est présentement.La crémerie de Verner avertit ses clients en conséquence, elle leur fait savoir qu’elle considère de son devoir d’agir ainsi.Pour les camions qui lui servent à la cueillette de la creme, on lui reconnaît _ tout juste un peu plus de la moitié de l’essence dont elle disposait l’année dernière.Les camions ne pourront faire qu’une seule tournée par semaine jusqu'au premier mai et ensuite, du premier mai au premier septembre, deux tournées hebdomadaires seulement.Au régime de la tournée unique par semaine, chaque camion devait prendre une charge équivalente à trois fois ce qui est possible.Gon-séquence, la crémerie de Verner se verra dans la nécessité de limiter la cueillette chez chacun des producteurs et ceux-ci ne pourront empêcher que de la crème se perde.Les producteurs eux-mêmes ne possèdent pas généralement eux-numes tes moyens de transporter leur creme à la fabrique.De plus, la crémerie de Verner, par suite de la limitation de ses cueillettes, ne pourra fonctionner tous les jours et ses douze employés, chefs de famille, subiront de ee fait une diminution de salaire.Pareil changemeent de régime pour le personnel se traduira.à ce qu’on prévoit, par un abaissement dans la qualité du beurre fa briqué et les producteurs-laitiers se verront dans la triste nécessité d absorber de ee fait une perle de trois à quatre sous la livre de beurre: perle qui s’ajoutera au manque à gagner résultant des cueillettes insuffisantes.Les propriétaires de la crémerie de Verner exposent qu’ils n'entre-tiennent aucun sentiment de mal-veillance ù l’endroit du contrôleur ou du régisseur des carburants el des huiles dans la province d’Ontario, mais encore une fois ils considèrent de leur devoir de faire connaître à leurs clients la situation telle qu'elle est.Le consommateur Une escadre étatsunienne a coulé 28 navires japonais Dans l’archipel de Caroline 18 autres navires avariés avions L’ennemi aurait perdu 214 PEARL-HARBOR, 8 (A,P.) — Le commandant de la flotte du Pacifique, l'amiral Chester-W.Nimitz, a annoncé hier soir que l'escadre étatsunienne qui a attaqué l'archipel Palaos, Yap et d'autres petites îles dans l'archipel de Caroline à l'ouest de Trouk a coulé 28 navires japonais, avarié 18 autres navires et détruit 160 avions.On estime que 54 avions ennemis ont probablement été descendus, ce qui porterait les pertes japonaises à 214 appareils.Les pertes étatsuniennes curaient été de 18 aviateurs et de 25 appareils.On ne signale la perte d'aucun vaisseau des Etats-Unis.L'escadre étatsunienne était commandée par l'amiral Raymon-A.Spruance.Les escadrille des porte-avions étaient sous le commandement du vice-amirol Mork-A.Mitscher.L'escadre a attaqué les Palaos les 29 et 30 mars, Yap et Oulithi le 30 mars et Woleai le 31 mars.Palaos, lo grande base de l'ouest des îles Caroline se trouve à 530 milles seulement à l'est des Philippines.Yap se trouve à 250 milles au nord-est de Palaos.Palaos et Yap sont les deux centres de l'administration japonaise dans les îles Caroline.Le bulletin d'hier soir était le premier émis par l'amiral Nimitz depuis celui de jeudi dernier qui se con tentait de dire que l'attaque avait été engagée et qu'elle se poursuivait.Le bulletin d'hier donnait au contraire de nombreux détails sur les résultats obtenus à Palaos.Il précisait entre autres choses que l'on avait coulé 2 contre-torpilleurs, un autre vaisseau de guerre, 2 gros cargos, 14 petits cargos, 3 gros pétroliers, 2 petits pétroliers, un patrouilleur, que l'on avait avarié un autre contre-torpilleur, un navire affecté aux réparations, 3 petits pétroliers, 1 gros cargo, 11 petits cargos.Il signatait qu'au cours de la nuit qui avait précédé l'attaque un sous-marin étatsunien avait torpillé un cuirassé ennemi qui quittait Palaos, mais que les dommages sérieux infligés n'avaient pas empêché le vaisseau japonais de s'échapper.A terre, le bulletin réclame les résultat.- suivants: 40 constructions à Arokobouesan ainsi que 4 hangars à la base d'hydravions; plus de 20 entrepôts au port de Kalakl près d'Arakabouesan; nombre d'entrepôts et de hangars à Koror; l'usine de phosphates, les quais et les entrepôts endommagés à Angaur; un quai endommagé à Bobelthouop; un aérodrome et des casernes endommagées à Yap; un poste de radio et des quais endommagés à Oulithi; au moins sept avions détruits à Woleai.Un porte-parole du département de la marine a déclaré que l'escadre de l'amiral Spruance était la plus puissante qui eût jamais croisé dans le Pacifique central.tion l’esi encore moins pour le consommateur, c’est-à-dire tout le inonde.Ces jours derniers, une dépêche d’Ottawa laissait entendre que le ra-lionnemeent du beurre deviendrait plus sévère à cause de l’insuffisance de la production.C’est à se demander si cette insuffisance-là n’est pas le résultat de l’incompétence ou de la stupidité de certains fonctionnaires qrue le gouvernemenet d’Ottawa s’est donnés pour le temps de la guerre.Des denrées, ririncipalement alimentaires, se perdent, le rationnement empire, les rations s’amoindrissent et le coût de la vie s’en ressent.Ça n’est plus l’économie dirigée.on dirait parfois que c’est le gâchis organisé.Emile BENOIST L’indépendant” L'Indépendant de Fall-River, au Massachusetts, vient d’entrer dans sa cinquante-neuvième année.C’est, on le voit, l’un des doyens de la presse franco-américaine.Il publie deux éditions quotidiennes: l’une à Fall-River même, l’autre à New-Bedford.L’Indépendant, dont le rédacteur en chef est M.P.-A.Lajoie, donne des numéros courants d’une fort bonne tenue.Chaque année, il publie des numéros spéciaux d’un exceptionnel intérêt.Nous souhaitons à notre confrère de longues années encore de fécond travail.O.H.8-IV-4* .Qe caxnet du ptincheux AUX HALLES De Pâques fleuries.à la pâque rationnée Du pain a*ym« et de l’herbe imbibée de vinaigre des Hébreux i no* tartine* sans confiture et à notre sirop d’érable *oumi* aux coupons — De l’agneau pascal au bacon migrateur— Du cuissot de boeuf piqué de fleurs de papier à l’échine de veau rachitique — De la nouveauté de manger l’omelette traditionnelle EN ATTENDANT LE RETOUR DES CLOCHES.Cette situation n’est certes pas intéressante pour les producteurs laitiers de la paroisse de Verner non plus que pour aucun des producteurs laitiers d’autres régions et qui se trouvent en des circonstances identiques; intéressante, cette situa- Pâques déià et nous n’avons pas eu d’élections Ça sera peut-être pour la Trinité.* V V Quelle que soit la date pourtant, le résultat sera le même pour les ministériels tant d’Ottawa que de Québec.* * * Libéral à Québec, libéral â Ottawa, la bonne vieille formule n’aura jamais été plus lourde de sens et de conséquence.?» V M, Thomas E, Dewey est un homme fort singulier: il n’accepte pas tout de suite une candidature à la présidence, * * « il y a tant de gens qui voudraient créer, multiplier les présidences, pour se les attribuer toutes.• » v M.Dewey est dé|a gouverneur de l’Etat de New-Vork, Il entretient peut-être la conviction qu’un gouvernorat est plus imposant qu’une présidence.» * * Mais ne serait-il pas plutôt psychologue?La meilleure façon de s’assurer la possession d’une chose est souvent de laisser voir et, si possible, laisser croire, qu’on n’y tient pas.• * * Venizelos, le nouveau premier ministre de la’Grèce, se prénomme Sophocle.En Hellade, Sophocle est ou devrait être un prénom aussi courant que l’est lean-Baptiste sur les bords du Saint-Laurent I ou dans les concessions.• * * Mais il n’est pas necessaire d aller si loin qu’Athènes pour trouver un Solon; ne voilà-t-il pas que Solon Low, de l’Alberta, vient d’être élu chef national du Crédit social.* * * Solon?Nom prédestiné pour un législateur.Portera-t-il chance aux créditâtes?* * * Quand le Crédit Social, si ïamais le cas sa présente, se défera de ce chef-là, le mot d’adieu sera tout indiqué : So Ion .g.La Crincbaux par Lucien Desbiens .Au fait, reviendront-elles de Rome ces légions de cloches qu'en ce nouveau Samedi saint de guerre attendent avec impatience les beffrois qui, de par le monde, ne se sont pas encore écroulés sous les bombes?Ne préféreront-elles pas rester consoler Celui qui s’est fait de nouveau prisonnier volontaire dans l’enceinte menacée du Vatican?.Clochers silencieux.cloches en voyage ad limina.ce n’est pourtant pas là motif assez impérieux 'pour empêcher les hommes de s’agiter, pour interrompre la vie bourdonnante d’une agglomération cosmopolite telle que Montréal.Et l’on s’agite particulièrement durant cette période de l’année qui s'étend de Pâques fleuries au jour de Pâques lai-même — pas tant à cause des grands mystères qu'évoque l'Eglise, cette semaine, qu’à cause des premiers sourires du printemps, des nouvelles toilettes de la saison ou encore de la boustifaille pascale.Boustifaille qui n’est pas.heureusement, le fait de la majorité.* * * Mais sans être des Gargantua ou des Pantagruel, les gens sains de chez nous sont-ils blâmables de continuer la tradition si chrétienne de leurs ancêtres en profitant de la fête de la Résurrection — la toute première dans la religion du Décès de la mère de M.Alexis Gagnon Nous avons le très profond regret d’apprendre le décès, survenu vendredi, à Sainte-Louise de l’Islet, de madame veuve Louis Gagnon, mère de noire camarade Alexis Gagnon, La défaille, née Bélanger (Elise), était âgée de KS ans et 7 mois.Elle était /ille d'Alfred Bélanger et de Marie Bois.Son mari lavait précédée dans la tombe en juillet 1942.Quatre fils lui survivent, MM.Joseph, Ernest et Antoine Gagnon, de Sainte-Louise de l istel, Alexis Gagnon, rédacteur au Devoir; quatre filles, Mme veuve Emile Pelletier, (Clarisse), Mme veuve David Bouchard (Marie), toutes deux, de Sainte-Louise, Mme Alfred Pelletier (Blanche), de Saint-Roch des Aul-naies, el la Révérende Soeur Louis-Marie, des Petites Franciscaines de Marie, couvent de Chicoutimi, f.es obsèques ont lieu lundi à Sainte-Louise.Nous prions noire camarade et les membres de sa famille de bien vouloir agréer, dans le deuil qui les afflige, l’expression de nos très profondes condoléances.Christ — pour réunir leur famills autour d’une table un peu plus copieuse?Ceux-là auront eu bien des petites déceptions s’ils ont fait la tournée de nos halles, de nos étals, ce« jours derniers.Ils constateront que les us et coutumes alimentaires de Pâques s« sont fort modifiés non seulement depuis l’époque où Jésus s’en allait célébrer la Pâque juive avec ses disciples, mais depuis le début de la présente guerre.D’après la loi mosaïque, on le sait, tous les membres de la famille juive devaient, la veille de la Pâque, goûter de l’herbe trempée dan* ,1e vinaigre pour se rappeler j l'amertume de leur servitude en ! Egypte.Le même soir, "les reins i ceints et un bâton à la main — comme pour un départ tou* mangeaient un agneau entier sans briser les os.avec du pain azyme" (symbole du départ précipité de leurs pères qui n'avaient pas eu le temps de faire de levain avant de suivre Moïse, leur libé-j râleur).j La lot mosaïque, on le sait, était J excessivement sévère.Elle ne ré-| glementait pas seulement les eéré-| monies du culte mais clic fixait dans les moindres détails la vie de la famille, la vie de la société.La loi chrétienne a supprimé ou modifie nombre des usages imposés par j la loi mosaïque, tout en conservant, à titre symbolique, certaines parti-; cularftés de celles-ci, tel, par exemple.l’agneau pascal.f)’autres_ cou-! tûmes, encouragées par l'Eglise, sont venues enrichir les tradition* ! pascales des chrétiens.On pourrait * en dire ainsi des oeufs de Pâques, (Suite à la page 2) Choses d hier et d aujourd hui “Des iours viennent où l’Evangil* du Royaume sera prêché per toute I* terre avec assez d'éclat et d'autorité, pour que toutes les nations aient véritablement reçu le témoignage et puissent le rendre à leur tour."Des jours viennent où l’Ftat-dieu, nouveau César, aura l’univers pour domaine, d’une façon ou d'une autre, et l’humanité â sa merci.La République américaine n’en est pa, déjà *1 loin."Mais, des jours viendront aussi où cet édihee mondicl de la Cité du monde, fléchissant comme jadisje colosse romain sûr ses pieds d'argile, s'écroulera dans l’anarchie.” Comte |.DU M.ESSIS (La caravsn» humain*, ou le aen»
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.