Le devoir, 22 juin 1944, jeudi 22 juin 1944
"Le Canada eat une nation aouve* faine et ne peut avec docilité accepter de la Grande-Bretagne, ou des Etata-Unia, ou de qu que ce aoit d'autre l’attitude qu’il lu faut prendre envera le monde.Le premier devoir de loyaiiame d'un Canadien n’eat paa envera e Commonwealth britannique dea nation», maia envers le Canada et aon roi, et ceux qu< contestent cec rendent, i mon ?vis, un mauvais service au Commonwealth.” (U-x-m Lord TWEEDSMUIR LE DEVOIR DîmcNsm C*org*t PELLETIER Rétfaetcar m ck«f i Orner HEROUX Montréal, jeudi 22 juin 1944 REDACTION ET ADMINISTRATION 440 EST, NOTRE-DAME MONTREAL TOUS LES SERVICES TELEPHONE i BEleir ÎSSI*» SOIRS.DIMANCHES ET FETES Adminiftratioe i BEleir 3361 Rédectioa * BEleir Z9B4 Gèrent t BEleir : 336! Succès aéro-navals étatsuniens dans le Pacifique Quelques remarques en marge des incidents de Valley field Comment il arrive que Ton pose la question de race — Où M.McConnell, propriétaire du "Star" et du "Herald", veut-il en venir ?La Gazette d’hier matin publiait dans l’une de ses principales pages d’information une dépêche qui lui était adressée de Valleyfield par un correspondant particulier.Elle la faisait précéder en tout cas de la mention: Special to the Gazette, en la coiffant d’une manchette large de deux colonnes, sur deux branches, et fort significative: RACE FEELING TENSE IN VALLEYFIELD; AIRMEN LOOSE MATE FROM CELLS (Le sentiment de race est vif à Valleyfield: Des aviateurs sortent l’un des leurs du cachot) La dépêche même se présentait comme la première version d’incidents qui se sont produits au cours de la nuit de lundi à mardi dans 'a petite ville québécoise qui se trouve à l’embouchure du lac Saint-François.Version exacte quant aux faits?Cela reste à voir.La dépêche à la Gazette relate qu’une altercation entre un civil et un aviateur militaire venu d’un camp du voisinage a été Yoccaeion — c’est la Gazette elle-même qui souligne le mot occasion — à “des développaments plus graves par la suite”.Les deux turbulents, le civil et l’aviateur, ayant été conduits au poste de police, deux cents aviateurs seraient intervenus, ils auraient manifesté violemment, ils auraient pris le poste d’assaut, libéré leur camarade et, au hasard d’une rencontre subséquente, ils auraient assailli un agent de police.La relation du correspondant de la Gazette se corse toutefois d’un commentaire qui explique — s’il ne justifie pas — la partie de la manchette qui se rapporte au “sentiment de race”.Nous traduisons: Des gens de Valleyfield qui ont pu se tendre compte des mauvais sentiments entre aviateurs, la plupart de langue anglaise, et les gens de la ville, qui sont de langue française dans une proportion de 90 à 95 pour cent, et la police locale de langue française, prétendent cependant qu’une explosion était attendue depuis quelque temps et que l’incident de ce matin entre un aviateur et un civil a été /’occasion.L’une des choses qui caractérisent le troubla, apprend-on, c’est qu’un grand nombre, peut-être des centaines, des aviateurs qui se trouvent au camp situé à deux milles d’ici attendent d’être envoyés ailleurs et ce fait peut avoir influé sur leur comportement.Des autorités de l’aviation militaire, aux quartiers généraux de Montréal, nous affirment qu’il n’y a pas, en tout et partout, deux cents aviateurs au camp voisin de Valleyfield et que le sentiment de race n’a rien à voir ou à faire dans ce qui vient de se passer à Valleyfield: le civil conduit au poste à la suite d’une altercation avec un aviateur était bien de langue française, mais l’aviateur aussi était de langue française.Le condiment racial de la dépêche à la Gazette survient donc assez mal à propos.Pour être juste envers le journal de la rue Saint-Antoine.il convient de dire qu’un commentaire éditorial dans le même sens n’accompagnait pas sa dépêche de Valleyfield.Celle-ci a pu passer, sans mauvaise intention de la part du journal, dans la précipitation de dernière heure.Il faut tenir compte des conditions dans lesquelles les journaux sont faits.Le fait de la dépêche est quand même malheureux et nous avons lieu de croire que la Gazette, après la mise au point des autorités de l’aviation, le reconnaîtra.Son attitude récente, à l’occasion des échauffourées entre des gars de la marine et de prétendus zoot-suiters, qui dans bien des cas n’étaient que de vulgaires civils, et par opposition à l’attitude des deux autres journaux montréalais de langue anglaise, le Sfar et le Herald, nous permettent de le croire.Le Sfar et le Herald, sous le prétexte zoot-suiters, ont publié force lettres qui faisaient appel au sentiment de race, qui le provoquaient, lettres plus odieuses et plus ignobles les unes que les autres.Nous avons reproduit dans le Devoir, en demandant au Sfor où il voulait en venir, 1a traduction d'une lettre typique à laquelle ce^ journal de M.McConnell avait accordé la triste hospitalité.Le Herald — sauf erreur propriété du même M.McConnell, cessionnaire des entreprises journalistiques de lord Atholsun, ci-devant Hugh Graham, — s'est permis en plus un éditorial que nous avons également reproduit et qui s’intitulait: Mob Rule.La Mob Rate, l’émeute, c’est i se demander si les journaux de M.McConnell — Herald et Star — n’ont pas cherché et ne cherchent pas encore à la provoquer.Pour ce qui est des incidents de ces jours derniers, à Valleyfield, le Star a été d’une réserve extrême.Dans un bref entrefilet de sa troisième page, page d’information, hier, il laisse entendre que ce qui s’est publié ù ce sujet est fort exagéré.Et il donne la version des autorités de l’aviation militaire.Par contre, l’autre journal de M.McConnell, le Herald, y va sans retenue aucune.Cette fois encore, ce qu’il publie, tant dans sa page éditoriale que dans ses pages d’information, semble prendre l’allure de provocation.Dans ses colonnes d’information, hier, i! .eprenait en substance la relation de la Gazette quant aux incidents de Valleyfield.Dans sa page éditoriale par ailleurs, il commentait des résolutions qui ont été adoptée» à une récente réunion du conseil du district de Montréal de la Légion canadienne, et parlait, non pas seulement de troubles passés mais aussi de troubles à venir.Le deuxième journal de M.McConnell, doublure à nuisance value du Star, a tout à fait l’air de préparer, sinon de provoquer de nouvelles bagarres auxquelles seraient encore partie des hommes de la force armée.Deux phrases, dans l’article de tête de la page éditoriale du Herald d’hier sont particulièrement sypmtômatiques.Il n’est pas mauvais de les citer avant d’en donner une traduction: While oat so-called “zoot-suit” riots have subsided— for the time being at least—they are by no means forgotten.Even if there are no further demonstrations of this sort —and We ate pessimistic on this point—it is clear that what has occurred has left a regrettable impression with our veterans of the last Wat and those now returning from the present conflict., ^ t (Maintenant que les soi-disant emeutes ' zoot-suits se sont apaisées, — pour un temps du moins, — cela ne veut pas dire qu’on les oublie.Même s’il n’y a pas d’autres manifestations de cette sorte—et nous sommes très pessimistes sur ce point—il est clair que ce qui est arrivé a laissé une regrettable impression chez nos vétérans de la Grande Guerre et aussi chez ceux qui reviennent maintenant du présent conflit).L’on admettra que les incidentes dans les citations qui précèdent: pour un temps du moins et nous sommes très pessimistes sur ce point, parlent assez nettement par elles-mêmes.Il n’est même pas nécessaire de les interpréter à la lumière—si l’on peut dire—des lettres provocatrices parues dans l’un et l’autre des journaux de M.McConnell, toutes signées de pseudonymes, sans indication d’adresse.La plupart de ces lettres faisaient intervenir la question de race à propos des bagaires auxquelles des marins furent partie.Cela ressortait nettement de textes publiés par le Star et par le Herald.Subséquemment, le commandant des effectifs de la marine canadienne de guerre à Montréal, le capitaine J.E.W.Oland, directement intéressé en l’affaire, a cru bon de déclarer que les bagarres n’avasent eu rien de relatif i la question de religion, de politique ou de race.A propos de ce qui vient de se passer 3 Valleyfield, les autorités de l’aviation se prononcent dans le même sens.Ce qui n'empêche pas l’un des journaux de M.McConnell de continuer dans la même voie qu’auparavant, voire de s’avancer plus avant dans cette voie, jusqu’à laisser entendre que de nouvelles bagarres, que de nouvelles échauffourées peuvent se produire.Les textes du Herald sont nets sur ce point.Nous les recitons, pour le moment du moins et nous sommet tris pessimistes sur ce point.Après avoir cité des textes de l’un et de l’autre, nous avions déjà demandé au Star et au Herald où ils voulaient en venir.Comme l’un et l’autre appartiennent 1 M.J.W.McConnell, il semble assez à propos dt poser maintenant la même question à ce dernier: Où M.McConnell veut-il en venir?Si les choses se gâtent, ne pourra-t-on, ne devra-t-on pas lui attribuer une large part de la responsabilité?„ „T ^ Emile BENOIST Lettre d’Ottawa M.Bouchard dessert sa province et ses compatriotes .* " " ¦ — • -i- Il prononce le plus étonnant discours au Sénat que nous ayons entendu depuis plus de quinze ans — Il ne s’agit pas d’une improvisation, mais d’un discours écrit, en • anglais, s’il vous plaît — M.Bouchard a fait exactement ce qu’il fallait pour amener la défaite retentissante des forces libérales, tant provinciales que fédérales, dans la province de Québec (Par Léopold RICHER) Ottawa, 22-VI-44.— M.J.-G.Gardiner, ministre fédéral de l’Agriculture et ancien premier ministre de la Saskatchewan, est revenu de sa campagne électorale.Il a assiaté à la séance de la Chambre, hier après-midi.Il n'avait pas l’air trop déprimé.Il a même donné une explication de la défaite de aon parti.Quelques-unes des raisons qu'il a fournies de l’Insuccès libéral méritent d’ètre retenues.Dans les régions rurales on se plaindrait de la politique des graines de semence et des paiements
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