Le devoir, 25 août 1944, vendredi 25 août 1944
% "L« Canada est use nation aouvo* raine et ne peut avec docilité accepter de la Grande-Bretagne, ou de» Etats-Unis, ou de qui que ce soit d’autre l’attitude qu’il lui faut prendre envers le monde.Le premier devoir de loyalisme d’un Canadien n'est pas envers le Commonwealth britannique des nations, mais envers le Canada et son roi, et ceux qui contestent ceci rendent, à mon avis, un mauvais service au Commonwealth.” (U-x-sn Lord TWEEDSMUIR LE DEVOIR Montréal, vendredi 26 aoât 1944 -jt REDACTION IT ADMINISTRATION L 430 EST.NOTRi-DAMI MONTREAL TOUS LIS SERVICES TELEPHONE i SEialr Sl«l 4 SOIRS, DIMANCHES ET PETES Diractear i Ceoraas PELLETIER FAIS CS QUE .DOIS RMactavr an chat i Omar HEROUX Admlnlstratio» I RMactioa .Gérant i BEIair 3161 ¦Clair 2984 •liait i 1361 Les troupes alliées sont dans Paris où la bataille se continue les forces qui montenf A propos de la J.LC.et de ses sessions intensives Prise de Cannes, de Honfleur et de Montargis Un grand motif d'espérance Aojonrd’hui même s’ouvre à U Villa La Broquerie, à Boucherville, la session intensive de la J.I.C.{la Jeu-mue indépendante catholique), section masculine.Elle se clora dimanche l’après-midi.La section féminine du mouvement tiendra ses propres assises à Dorval, du 1er au 4 leptembre.Rappelons, pour ceux qui ne seraient pas très au courant, que la J.I.C.est un mouvement de jeunesse spécialisée qui fait pendant à la J.E.C.(la Jeuneue étudiante catholique), à la J.A.C.(la Jeuneue agricole catholique) et à la J.O.C.(la Jeunesse ouvrière catholique), Le seul nom de la J.E.C., de la J.A.C.et de la J, O.C.précise le milieu où elles travaillent.Le nom de la J.7.C.est moins spécifique et nous doutons même qu’il satisfasse tous ses membres ou leurs amis: mais l’on n’a encore pu trouver mieux.Tous les autres noms qu’on a suggérés suscitaient de pareilles objections.Du reste, la chose que couvre ce terme un peu vague de Jeunesse indépendante finira par prendre figure très nette au regard des observateurs.On n’ignorera pas plus demain ce qu’est un jicate qn’on n’ignore présentement ce qu’est un jociste, un ;éwe ou un jaciste.* * ¥ La J.L C., c’est donc l’association qui veut grouper tous'les jeunes qui n’appartiennent pas au milieu proprement ouvrier, agricole ou étudiant.Sa besogne, du dehors, apparaît, par certains côtés, singulièrement plus difficile que celle, disons, de la J.O.C.Elle travaille en effet sur un milieu beaucoup moins homogène, où les possibilités et les facilités de contact sont bien moins nombreuses.Mais, dans ce domaine comme ailleurs, la besogne s’imposait, et Ton s’y est mis avec une admirable ardeur.Le mérite des ouvriers est d’autant plus grand que la tâche était plus difficile.Leurs efforts paraissent avoir été jusqu’ici largement récompensée.On ne mesurera naturellement que beaucoup plus tard, lorsques les jicistes seront en pleine vie active, la réelle étendue de leurs succès.Ceux qui ont quelque mémoire peuvent aujourd’hui retracer, dans combien de domaines! l’action des membres de l’ancienne A.C.J.C.Tous ont été plus ou moins mar-rucs par leur séjour dans les rangs de VAssociation, et l’cn s’en aperçoit autour d’eux.Il en sera de même des fidèles des mouvements spécialisés d'aujourd'hui, * * * ¥ Si elles diffèrent par le milieu où s’exerce leur activité, la J.1.C., la J.O.C., la J.A.C.et la J.E.C.se ressemblent, non seulement par l'esprit et l’idéal qui les inspirent, mais par leurs méthodes d’action.Elles sont capables, à l’occasion, de retentissantes manifestations (on l’a vu, particulièrement, dans le cas de la J.O.C.), mais ce n’est là qu’un accidentel moyen j d’action, une façon de frapper l’opinion publique, de la j familiariser avec leur oeuvre.Le travail habituel, celui qui va du commencement à la fin de l’année, se mène dans des conditions très différentes.On travaille sans tapage et d’après des plans méthodiquement suivis.Les sessions intensives, comme celles qui se tiendront ces jours-ci à Boucherville et à Dorval, n'ont rien du concours d'éloquence.Il n’y a point de galerie du reste pour encourager ou ap plaudir les orateurs.La session ne réunit que l’état-major de l’association et les dirigeants des divers diocèses.Ceux-ci, par petits groupes souvent, puis en réunion générale, étudient les sujets qui ont été d’avance fixés.Cette fois-ci.la J./.C.a mis 1 l’ordre du jour la formation des chefs, l’examen des études qu’il leur faut poursuivre, de la forme que doit prendre leur action.On ne s’occupe point que de formuler des principes généraux.On fait des enquêtes, on se demande comment les principes doivent être appliqués dans telle ou telle situations données, celles qui existent cher nous, et non pas à Bruxelles ou à Paris, Les connaissances ainsi acquises, les déterminations prises sont ensuite portées par les chefs dans les sessions diocésaines, et de là dans les réunions locales.D'échelon en échelon, elles atteignent les simples membres.Chez les jeunes filles comme chez les jeunes gens.¥ ¥ ¥ Nous aurons l’occasion, les sessions finies, de revenir sur l’oeuvre d’ensemble de la J.J.C.(Ces sessions permettront à ses chefs de faire une sorte d’inventaire du travail réalisé pendant les derniers douze mois, de prendre une vue plus nette de la situation actuelle.Nous comptons bien qu’on nous permettra de faire profiter nos lecteurs de cette information de premier ordre).Mais nous voudrions tout de suite mettre en relief deux ou trois points particuliers.* Certains ont pu croire que la spécialisation des mouvements d’action catholique conduirait à.une sorte de division, sinon d'opposition des classes.L’expérience démontre clairement qu’il est loin d’en être ainsi.La communauté d’inspiration, de méthodes, etc., tend à rapprocher les groupes qui cultivent tel ou tel domaine.Leurs relations, particulièrement chez les chefs dont les contacts sont, cela va de soi, plus faciles et plus nombreux, sont très cordiales.On rencontre dans les bureaux des uns et des autres des membres des divers groupes: ils s’y sentent visiblement en famille.Le même esprit règne un peu partout.Et j’ai rarement vu un accueil aussi enthousiaste que celui qui fut fait un soir, dans une réunion de la J.E.C.aux représentants de la J.O.C.En fait, la spécialisation n’a fait qu’étendre le rayon d’action des groupes de jeunesse.Car, à la vérité et quelque désir que l’on entretienne de vouloir élargir les cadres, d’y faire place à tous, quelle est l’association, si elle fait du travail continu et détaillé, qui ne finisse par se restreindre à un milieu donné?Car pareil travail exige une certaine communauté de formation, de goûts, etc.¥ ¥ ¥ La formule nouvelle respecte ce besoin de la nature.Eîle permet, en les groupant suivant leur milieu propre, d’utiliser toutes les bonnes volontés jeunes.Elle maintient, d'autre part, entre elles les plus fraternelles relations.Ces bonnes volontés, si elles s’exercent en dei domaines spéciaux, se sentent unies dans les sphères supérieures de l’esprit et du coeur.Non seulement, elles vont dans le même sens, mais elles savent à l’occasion se prêter une aide directe.Et l’heure n’est pas éloignée où nous 4es verrons s’associer formellement dans telle campagne qui intéresse tous les jeunes.Autre point, qu’il faut tout’de suite marquer.La jeunesse, hélasî est chose qui passe, et rapidement.Des groupements nouveaux, des groupements d’adultes sont tout prêts à recevoir les jeunes qui.achèvent de l’être.De même que, derrière la J.O.C., il y a la L.O.C.( la Ligue ouvrière catholique), de même, derrière la J.1.C., il y a, les bras tout grands ouverts pour un paternel et fraternel accueil, la L.7.C.(la Ligue indépendante catholique).De celle-ci nous avons déjà parlé.Nous n’avons pas le temps d’y revenir aujourd’hui.Rappelons seulement qu’elle nous surprir, quand nous eûmes l’occasion de la voir d’un peu près, par la puissance et l’étendue de son action.Dans le silence presque, elle fait évidemment beaucoup de besogne.¥ ¥ ¥ Il faut essayer de voir tout ce qui se fait cher nous.Certains spectacles incitent forcément au pessimisme.Mais, si l’on prend contact avec les forcces qui montent, et qui sont encore trop peu connues du grand publie, on se sent soulevé, enlevé par une grande espérance.Et c’est une joie de le confesser i haute vohr.25-VOT-44 Omar HEROUX U sera très intéressant de suivre de près et d’étudier l’évolution qui : a eu lieu cher les écrivains fran-Içais durant cette période et c’est joui de suite à Paris que l’on son-I fe lorsqu’on tente de s^en faire une idée.Paris est le centre, le pivot vers lecpiel convergent toutes les forces intellectuelles du monde, sans compter les nombreux savants de toutes sortes qui y vont poursuivre leurs recherches ou leurs études.La libération de Paris signifie pour nous la reprise des relations intellectuelles.Nous pourrons de nouveau puiser dans le trésor du génie français à la source des grands maîtres contempotrains; cela signifie également la reprise des relations diplomatiques avec t^ut ce qu’elles comportent; la possibilité pour nos étudiants d’y aller poursuivre leurs études avancées, où ils pourront, dans leur langue, recevoir une formation suivant le génie et les traditions de la race française.La situation esT encore confuse dans Paris dont la libération complète semble cependant imminente — La 2e division blindée du général Leclerc est partout à la fois — Violente bataille à Elbeuf sur la Seine L’actualité Les quatre laideurs de Montréal f .Le Journal des architectes canadiens publiait dernièrement ces observations à propos de l’aménagement de Montréal: “Montréal, comme toutes les villes qui ont grandi pendant le développement de l’industrie et du commerce au XIXe et au XXe siècles, souffre de quatre défauts caractéristiques: lo—Il n’existe aucun programme d« communication facile entre les quartiers ouvriers et les quartiers d’habitation.Le réseau de transport est conséquemment beaucoup trop vaste et trop compliqué; 2o—On n’a pas tenu compte du rent dominant, qui souffle de l’ouest, lorsqu’il s'est agi d’établir les quarters industriels et les quartiers d’habitation.Aussi la fumée des usines rend-elle l’air impur sur la plus grande partie de la ville.La santé de la population s’en ressent.De plus, .c’est une situation franchement indésirable au point de vue esthétique.3o—Les maisons des quartiers d’habitation sont construites trop près les unes des autres et sans tenir compte du soleil et de l’air, de sorte qu’elles sont appelées à devenir des taudis; 4o—On manque de terrains de récréation là où on en aurait le plus grand besoin; Afin de remédier à ces défauts, il faut commencer par séparer la ville suivant la fonction de chaque quartier, et en relier les divers quartiers par un réseau de transport convena-ole.” Charles Mourras s'ètail plu à compter les beautés de Martigues, en Provence.U en avait retenu trente; 'chiffre littéraire.Les architectes totalisent les laideurs montréalaises à quatre.Ils sont peu sévères.On pourrait aisément multiplier ce Quatre par dix et arriver à quarante laideurs, heureusement compensées par une dizaine de joliesses.Parmi les quatre disgrâces métropolitaines observées par les architectes, retenons la deuxième: la fumée, répandue en nuages rampants ou, montante, sous forme de denses bouffées.Elle émane de milliers d’issues.comme d’autant de cratères qui vomissent la suie; un océan de cheminées et de tuyaux fument de concert, à coeur d’année.Un écran noir voile constamment certains quartiers.Camouflage utile pour la défense militaire, mais éminemment déplaisant à l’oeil et insalubre.Les locomotives jouent leur grosse partie dans cette triste symphonie de la Cité enfumée.On rêve au jour où l'électrification totale promise par les pères de l’Hydro québécoise atteindra la traction ferroviaire des grandes villes.Et des appareils fumivores installés à tous les foyers de combustion respireraient fa suie, a la place des poumons.Le ciel montréalais retrouverait sa pureté ancienne.Louis RGB ILLARD 2a-vni-« Notre feuilleton "La Fée des grèves" "Le Devoir" commence aujourd'hui 1a publication de La Fée des grèves, un dramatique et pittoresque, fejiil-leton de Paul FévoL Bloc-notes Les relations avec la France Paris, capitale de la France, est libéré, du moins partiellement et ne tardera pas sans doute à être entièr&ment entre les mains des Français, comme d’ailleurs la France entière, ce qui dépend de la bonne ou de la mauvaise fortune de nos armées qui sont actuellement en très bonne voie.Quant à la situation politique du pays de Richelieu, il ne nous appartient pas de la régler et il faut souhaiter que les différentes factions, tant politiques que partisanes, sachent discuter leurs difficultés intérieures et liquider leurs différends sans que le monde entier y soit convié.Lorsque le monde a appris la libération de la capitale française, différentes manifestations de joie ont eu lieu dans de nombreux pays pour célébrer le retour à la liberté de la Ville-Lumière, mais l’événement présente pour nous, Canadiens français, une particulière importance.Le retour à la vie ou plutôt la reprise des communications extérieures de ce grand centre littéraire, scientifique et artistique avec les autres capitales, après quatre longues années -de réclusion forcée, marque une étape dans la vie universelle.Nous sommes privés depuis 1939 des ouvrages littéraires des plas grands écrivains français (c’est probablement dans ce domaine qu’il s’est fait le plus de travail), sauf de quelques-uns qui sont réfugiés en terre d’Amérique ou ailleurs* Jacques GUAY Le manuel d’histoire canadienne Parmi les difficultés inhérentes au projet d’unique manuel 3’histoi-re du Canada, l’une des principales serait d’obtenir le consensus général des vénérables.historiens appelés à la préparation de cet instrument de bonne entente.La chose ne sera pas facile si l’on en croit M.John-B.O’Reilly, qui écrit à ce sujet, dans le Canadian Messenger of the Sacred Heart, de Toronto, des réflexions qui ne manquent pas d’intérêt.Il estime que la rédaction d’un nouveau manuel d’histoire canadienne soulève des problèmes “qui sont presque insolubles’’.On conçoit, dit-il, qu’un groupe d’universitaires pourrait prépanpr un manuel satisfaisant pour les étudiants des collèges et des universités.Mais il en est autrement lorsqu’il s’agit d’enseignement historique dans les écoles élémentaires, où il faut résumer à larges traits, et alors que la science pédagogique prend une plus grande importance.Mais il n’entretient guère plus d’illusions sur le manuel universitaire.“Après avoir lu les commentaires faits par les sénateurs, les éducateurs et les articles, de fond des journaux, on reste sous l’impression qu’un groupe choisi de professeurs d’histoire, tant universitaires que collégiaux, pourront présenter une histoire objective et impartiale.On se.fonde sur la présomption que les universités et les collèges sont des centres de liberté académique.Mais pareil jugement est loin de la vérité, Une université contrôlée par un bureau de gouverneurs composé de banquiers, de manufacturiers, d’industriels et de professionnels, est trop souvent un placement (vested interest).Dans la controverse qui s’agite présentement un certain nombre de Canadiens ont nettement déclaré qu’ils veulent de l’histoire'partiale et non pas de l’histoire impartiale.La façon de concevoir d’un historien colore singulièrement ce qu’il croit important en histoire.U y a des historiens au Canada qui admirent les oeuvres de la Compagnie du Nord-OuesR or cela équivaut à louer et excuser le meurtre.D’autres historiens au Canada n’ont aucune croyance religieuse, et à cause de ce manque de foi font le silence sur la mission et le travail social de TEglise catholique au Canada, comme un fait d’aucune importance.II est d’autres historiens qui apprécient les oeuvres des Canadiens, en fonction de l’argent et des succès financiers, et conséquemment ignorent le véritable progrès culturel du pays, 11 est possible de trouver dans la même Faculté universitaire des notions contradictoires sur ce qu’est l’histqire du Canada et ce qu’elle devrait être”.“.On ne peut éliminer les valeurs morales dans le domaine historique.Les hommes peuvent différer quant aux croyances, mais ils doivent reconnaître le» mêmes principes directeurs quand il s’agit du meurtre, du vol, de l’exploitation, de la malhonnêteté et des attentats à la liberté, et les condamner.Lord ActOn savait bien qu’en son temps, il y avait parmi ses contemporains des historiens qui étaient étroitement liés â des intérêts acquis, qu’ils ne condamnaient pas ces crimes.La situation n’est pas différente aujourd'hui.Des historiens professionnels ont passé sous silence, quelques-uns des chapitres les plus sordides et les plus déplaisants de I’histoire canadienne, afin que la découverte de la vérité ne déplaise pas aux héritiers des spoliateurs.” Alexis GAGNON as-vnT-44 Choses d’hier et d aujourd’hui - “Les enfants ont plus besoin de modèles que de critiques.” fOUilRT La libération de Paris est imminente si elle n'est déjà réalisée au moment où le journal sera mis en vente.Un correspondant de la Nationol Broadcasting Company a même rapporté du grand quartier du général Eisenhower que la libération de Paris par les troupes françaises et étatsuniennes était "un foit accompli".Les troupes alliées sont pénétrées dan^ la capitale française par plusieurs points à la fois et elles auraient déjà atteint le coeur de la ville.Les réjouissances publiques seraient déjà commencées dans les quartiers d'où les Allemands ont été délogés et le général Charles de Gaulle attendrait à Bagneux le moment de faire son entrée triomphale dons Paris.La situation est assez confuse pour le moment dans la Ville-Lumière où les barricades ont surgi partout comme le fait s'est souvent produit dons le passé, mais elle semble devoir se préciser d'ici quelques heures.La libération de Paris ne semble pas foire de doute, mais il reste à voir quels dégâts les combats de rue auront causés aux dernières heures de l'occupation allemande La libération de Paris par les formations clandestines qui rappellent un peu les anciennes "sections" est sûrement plus sensationnelle qu'une simple évacuation imposée par les manoeuvres stratégiques des armées du général Eisenhower des deux côtés de la capitale, mais il n'est pas sûr qu'elle soit plus profitable pour les Parisiens eux-mêmes ou pour la cause alliée.Les événements qui se sont déroulés depuis 48 heures sont encore assez embrouillés.Après quatre jours de combats dans les divers quartiers de la capitale et notamment dans l'Ile de la Cité, les forces françaises de l'intérieur avaient apparemment conclu avec le commandant de la garnison allemande un armistice qui devait expirer hier midi.Les Allemands auraient apparemment amené des renforts dans la ville au cours de cet armistice et la bataille a repris hier.Les forces françaises de l'intérieur ont dû réclamer de l'aide au grand quartier général allié et les colonnes françaises et américaines que l'on a dirigées d'urgence vers la ville se sont heurtées à une résistance assez sérieuse aux abords de Paris.Les dernières dépêches reflètent très bien la confusion qui doit régner en ce moment dans la vaste agglomération parisienne.Le colonel Rolle, qui serait l'un des chefs des forces françaises de l'intérieur, a annoncé par radio qu'une grande partie de la capitale avait été libérée.D'autres dépêches disent que les patriotes sont maîtres de plus grande partie de la banlieue, do la "ceinture rouge" de Paris, ainsi que de plusieurs ponts sur la Seine.Les patriotes retranchés autour de l'hôtel de ville dans le Ile arrondissement, ont fait savoir au cours de la nuit qu'ils avaient besoin de renforts et de munitions.Les troupes étatsuniennes stationnées au Bourg-la-Reine et à Bagneux auraient commencé à entrer dans Paris à 8 h.15 ce matin.La 2e division blindée française du général Jacques Leclerc serait entrée dans Paris à 7 h.15 par la porte de Chatillon et se serait engagée sur le boulevard Brune.Les dépêches signalent d'ailleurs la présence de cette fameuse 2e division blindée en plusieurs endroits, ce qui porte à croire qu'elle s'est divisée en plusieurs colonnes.C'est ainsi qu'une colonne aurait pénétré au cours de la nuit jusqu'à l'Ile de la Cité, qu'un fort contingent se serait massé près du pont de Sèvres, qu'une colonne serait entrée par la porte d'Orléans un peu après neuf heures.Le correspondant James-F.King rapporte que les cloches de Notre-Dame et des autres églises de Paris ont déjà commencé à sonner à toute volée pour saluer l'entrée des troupes alliées dans Paris.Les drapeaux alliés feraient partout leur apparition le long des rues.On aurait entonné la "Marseillaise" dans le cour de ia préfecture de police de la Seine et les gens de toutes les rues avoisinantes auraient repris l'hymne national français dont les accents se seraient répercutés à travers la capitale.M.King dit que les combats les plus rudes en ce moment se déroulent autour de l'Ecole militaire, du palais du Luxembourg et dans Clkhy.A Marseille, la situation est plus claire.La resistance n'a pas encore été complètement supprimée^ mais lés dernières dépêches annoncent que les trouper alliées viennent de lancer de vigoureuses attaques contre les quatre derniers îlots de résistance allemandi qui se trouvent surtout dons le quartier du Vieux-Port, On a déjà fait 5,000 prisonniers dont deux généraux dans cette région au cours des 72 dernières heures.Le haut commandement allemand rapporte qu'uf mouvement de retraite général est en cours dans le vallée du Rhône en direction de Lyon.Dans la région montagneuse du Rhône, dit le bulletin, nos détachements chargés de couvrir les Hones luttent contre def unités mobiles ennemies qui tentent d'entraver nos mouvements dans la vallée du Rhône.Le bulletin ajoute que de violents combats te poursuivent à Toulon et à Marseille.Les Alliés viennent d'annoncer l'occupation de Cannes à l'extrémité orientale de 1a tête de pont sur la côte de la Méditerranée.A Toulon, les troupes françaises ont occupé l'Arsenal ainsi que le village d'OI-liouies.Les troupes étatsuniennes ne sont plus qu'à 16 milles d'Arles.On est sans nouvelles de la colonne qui c occupé Grenoble et qui aurait atteint la frontièrt suisse dons le voisinage de Saint-Julien.L'armée du générai Pntch a déjà fart quelque 20,000 prisonniers dans le midi.En Normandie, les troupes de la 1ère armée canadienne continuent d'avancer rapidement vers la Seine.Les dernières dépêches indiquent que la poche allemande au sud du fleuve n'a plus que 20 milles dt largeur et 15 miHes de profondeur.Les troupes canadiennes ont pris Broglie à 17 milles ou sud-est de Lisieux et poussé jusqu'à Brionne, sur la Rille, le dnmie» cours d'eau ovont la Seine.Sur la côte, les Belges ont pris yülerville au delà de Trouville et l'on a pu annoncer à midi la prise du vieux port de Honfleur, à l'embouchure de la Seine.Les troupes oméricomes se heurtent cependant à une vigoureuse résrstance à Elbeuf sur la Seine, à 14 milles au nord-est de Brionne.Il semble que les Allemands aient jeté des forces considérables de ce côté pour couvrir leur Ho ne.La ville d'Elbeuf n'a pas été prise comme on l'annonçait prématurément hier.Certains correspondants estiment que la poche allemande ou sud de la Seine aura été liquidée d'ici 24 heures.Les Etafsuniens auraient tenu leur tête de pont de Mantes, au nord-ouest de Paris, en dépit de violentes contre-attaques allemandes.A l'est de Paris, les troupes du général Patton ont pris Montereau, à l'est de Fontainebleau, et Montargis, plus au sud.On observe la plus grande discrétion sur les mouvements de cette colonne dont lo mission serait apparemment de bloquer la retraite des troupes allemandes du sud de la France.Elle se trouverait maintenant à moins de 150 milles de la frontière allemande.-— Pierre VIGEANT M-VIII-M *(e catnet du inch eux Una manchette de louma! signale que la fin de la guerre se rapproche chaque jour davantage.Pour de la clairvoyance, c’en est de la vraie de vraie.La Palisse n’aurait pu trouver mieux.?A New-York, on vient de mettre à jour un scandale de grande classe: le même homme cumule les (onctions de greffier à un tribunal (salaire de $3,000) et d’huissier-audiencier à un autre (salaire de $4,000).Quand les huissiers-audienciers de notre Cour de circuit entendront dire que de leurs congénères touchent de tels émo'uments, ils ne voudront pas le croire.Ils diront corn- | me le jeune homme du Missouri devant la girafe du cirque: There ain't no *ueh j animal 1 * * * Un journal anglais d’Ottawa écrit dans 1 sa page éditoriale que le monde est fa- | tigué de Gandhi.C'est peut-être très ré- j ciproque et que Gandhi est très fatigué du monde où il est obligé de vivre.* * ?La voix de Charievoix-Saguenav a par- ! lé.Elle ajoute une unité à la majorité parlementaire de l’Union nationale.* ¥ * Elle pourra compter sur un surp'us assuré de 5 députés: 48 contre 43 Ce surplus est assez mince Mais mieux vaut un petit pain que pas de pain du tout, i * * * Chaque présence comptera.Les absent* auront touiours tort.* * * Les malades diplomatiques et les foxeurs” n’auront plus d'exeufes.* ?* Les ’’whips” joueront enfin un rôle Stratégique et non plus seulement de parade.t Le Crneham La 8e armée avance en Italie Rome, 25 (A.P.).— Les troupes de la Sème armée britannique ont fait des avances considérables dans la vallée de l’Arno, dans le secteur central du front italien et ont occupé les villages de Castelnuovo, For-nich et La Montania, annonce aujourd'hui le quartier général.A l’est de Florence, dans le secteur de Pontassieve, les forces de la Sème armée ont fait de bons progrès sur la ligne gothique et sont fermement établies sur les versants du mont Fecchieta.Les patrouilles polonaises de la Sème armée ont pénétré à plus d’un mille de la rivière Metauro au cours d'une exploration des lignes ennemies du secteur de l’Adriatique, annonce le général Eisenhower.Appel aux Londoniens Londres, 25 (C.P.).— Les bom-bes robots allemandes envoyées sur l’Angleterre au taux de 100 par jour ont causé plusieurs perte set grandement endommagé la propriété anglaise, a dit aujourd’hui le gouvernement anglais dans un appel aux Londoniens, leur demandant d’envoyer leurs enfants en dehors de la capitale.Accords franco-britanniques Londres, 25 (C.P.), — Un accord franco-britannique sur l’administration civile des territoires libérés de France a été signé aujourd'hui par le secretaire anglais aux Affaires extérieures, Anthony Eden, et René Massigli, ministre des Affaires étrangères français.Ln accord similaire, sur la question militaire, sera bientôt signé par le général Eisenhower et le lieutenant-général Koenig, commandant des forces françaises de l’intérieur.Cet accord sera signé cet après-midi Quelque part en Franca, Tentative d'invasion Londres, 25 (A.P.).— La radio ne lokio a annoncé aujourd’hui que les troupes alliées ont tenté un débarquement sur les îles Mapia, près de la côte nord-ouest de Nouvelle-Guinee, mais qu’elles ont été repous-sées.e Les Alliés n’ont toutefois pas confirmé ce rapport.Le consulat français r'îy déménage à Québec Québec, 25 (D.N.C.).— Une vieille tradition, qui n’a pas été observée depuis une quarantaine d’an-neer„ sera de nouveau suivie.En effet, le capitaine Pierre Moeneclay, nouveau consul général de France au Canada, implantera le consulat à Québec.Les premiers consuls français installèrent leurs bureaux dans la cité de Champlain, mais on rapporte qu’il y a une quarantaine d’années un consul général fit autrement cp déménageant les bureaux à Montréal et, depuis, la métropole demeura l’endroit choisi pour le consulat.Audience à Churchill Rome, 25 (A.P.), — Le premier ministre Churchill a conféré aujourd’hui avec le Pape Pie XII au cours d’une audience de 48 minutes accordée par le Souverain Pontife au I premier ministre anglais, dans toute la splendeur de la cour papale.“Ce fut une conversation plaisante”, a dit M.Churchill.M.Churchill était accompagne de sir Francis Os-borne, ministre britannique au Va-tican., Morf de 20,000 Japonais Kandy.Ceylan, 25 (A.P.) — Le général Stilwell, dans une récapitulation officielle de la campagne du nord de la Birmanie en 1944.a dit que plus de 10,000 milles carrés de territoire a été repris et que plus de 2ÛjOO0 Japonais ont été tués.LMuipement pris par les Japonais «"> du so i Nouvelle Lune, le 1».4 3 h Z5 du soir Premier Quartier le 26.* 6 h 39 m du soir AOUT 1944 M 4 l>O!0 NUS PO* nécessaires pour l'établissement d’un tel service coûteraient presque aussi cher que les réparations du pont et ne seraient pas terminés avant que le pont soit P'êt à être ouvert de nouveau à la circulation.M.Asselin n dit itissi que la police municipale n'aurai', peut-être pas les hommes disponibles pour assurer une surveillance suffisante si on laissait passer les automobiles, car il faudrait quand même exclure les camions et autres véhicules lourds, de même que s’assurer que les autos iraient à moins de dix milles à l'heure sur le pont.Retenez ie "Devoir" d’avance chez votre dépositaire — c*»st le SEUL MOYEN de ne jamais le manquer — 3 sous le numéro.Téléphonts au servie* du tiraga : BEIair 3361* : il voua donnara l’adrait* d'un dépoaitairtd» votrp voiiIbajul Londres, 25 (A.P.) — Les Russes ont demandé aujourd’hui aux Roumains d’envoyer leur armée contre les Allemands aux côtés de Tannée rouge pour la libération de la Roumanie et ont mis cette condition comme celle d’un armistice avec les Alliés.Dans la première réponse offi-eielle d’un gouvernement allié, la Roumanie a dit accepter cette dé eision.Le gouvernement soviétique a dit que si la Roumanie cesse de combattre les troupes russes et se tourne rontre les Allemands ou contre les Hongrois pour la libération de la Transylvanie, l’armée rouge ne les désarmera pas et leur laissera leur équipement intact, les aidant meme dans leur tâche.La Russie a dit ne pas vouloir de territoire roumain.Aucune déclaration n’a encore été faite par les gouvernements américain et britannique sur cette question.La radio de Budapest a dit que toutes les communications ont été interrompues jusqu’à avis con-1 traire avec «la Roumanie.Les Allemands, cherchant à en sauver le plus possible, ont annon- | cé hier la formation d’un gouvernement roumain s’opposent à celui du roi Michel.Les Allemands ont demandé aux Roumains de rester en guerre à leurs côtés et ils disent que des révoltes ont lieu dans ce pays des Balkans.Montvic Meg Empress, qui fait partie du troupeau de H.L.Guil-bert, de Verchères, Québec, vient d’être classée “Excellente” par M.Hermas Lajoie, secrétaire, pour la province de Québec, de l’Association Holstein-Friesian du Canada.M.Lajoie.a noté sur son rapport que cette taurè possède un pis merveilleux, une croupe et des épaules parfaites et en plus des qualités laitières exceptionnelles.“Excellente” est la plus haute marque accordée par Tenregistre-ment supérieur et pour la mériter une femelle doit être en tous points remarquable et obtenir au moins 90 points d’un maximum de 100 pour la conformation.Meg s’est distinguée en recevant 94 pointns.Les Alliés prennent le mont Foresto Rome, 25 (A.P.) — Profitant du relâchement de la résistance ennemie dans la vallée de TArno au sud-est de Florence, les troupes Indiennes et britanniques ont avancé et capturé plusieurs points importants dont le mont Foresto, annonce-t-on.Les troupes italiennes et polonaises du secteur de l’Adriatique ont fait des gains limités et ont établi leurs positions sur la rive sud de la rivière Metauro, à 12 milles de la côte de l’Adriatique.L’on rapporte que les pertes allemandes dans ce secteur sont élevées et 800 prisonniers ont été faits par les Polonais durant les dix derniers jours.Les patrouilles allemandes ont été actives dans la région immédiatement au nord de Florence et l’artillerie ennemie a lancé des obus dans les parties centrale et sud de la ville durant la journée, dit le quartier général.Avez-vous Usoin de bons livres ?Adressez-vous ou Service de Librairie du "Devoir", 430 est rue Noire-Dame, Montréal.nM.T\fA0R\l “"'{intM* cf ftVvSO s01*4 CANADIEN NATIONAL MAI SON i’ DENSE! 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