Le devoir, 13 janvier 1998, Cahier A
v n i.i.x x xix • i\T - M 0 N T R É A I.I.K M A RDI I A .1 A N V I K II I !) !) ,X 8 7 c t t a \ i: s = I $ / T 0 ii i) x t n I $ PERSPECTIVES Zola, es-tu là ?La France fête aujourd’hui le centenaire de «J’accuse», le pamphlet d’Émile Zola.Comme si le pays s’ennuyait de l’auteur de Germinal.Le touriste qui se promène ce matin sur les quais de la Seine, devant l’assemblée nationale française, aura la surprise de découvrir la façade du palais Bourbon recouverte d’une immense page imprimée.Une gigantesque une de journal en noir et blanc de plusieurs mètres de haut et autant de large.N’ayez crainte, il ne s’agit pas de la dernière pub de Paris Match ou de L’Equipe, mais de la première page de L’Aurore, datée du 13 janvier 1898, Voilà un siècle exactement qu’Emile Zola publiait son célèbre pamphlet à la une de L’Aurore.Dans «J'accuse», l’auteur des Kougon-Macquart montrait du doigt l’armée française et l’élite politique de l’époque, qui avaient envoyé au bagne un innocent: le capitaine Alfred Dreyfus.Du coup, Zola se rendait coupable de diffamation.Il se livrait volontairement à la justice française à la seule fin de forcer la réévaluation d’un procès qui, quelques années après la défaite de 1870, avait fait de Dreyfus, juif et Alsacien, un bouc émissaire de l’antisémitisme ambiant.Pas un journal, une télévision ou une radio française qui ne donne dims le rappel exhaustif de cet épisode.Pas un éditorialiste qui n’y aille de son «J’accuse» et de sa propre tirade en forme de pamphlet.Une douzaine d’ouvrages et de rééditions sortent tout juste des presses.Jusqu’à l’Assemblée nationale qui a décidé de souligner l'événement.Certains voient dans cette affaire l’acte d’accession de la France à la vie politique moderne.D’autres y discernent la naissance de la polarisation entre la droite et la gauche.Certains encore y décèlent 'a na*ssance de l’extrême droite mo-dénie: le slogan de Jean-Marie Le y 1B| Pen, «Im France aux Français», ne B 4* mW date-t-il pas de cette époque?\ M Quelques-uns font remonter à 1898 \ .Hv/JT l’apparition de l’opinion publique.• «?' j D’autres enfin y voient un premier mk wBL.et fantast'clue coup médiatique, mM.avant même que le mot existe.Ch ri s t i a 11 Zola ne fut pas le premier écrivain R io u x engagé.Il y avait eu Victor Hugo s’exilant sur son île après avoir dé-* * * noncé Napoléon III.Il y avait eu Voltaire et l’affaire Callas.Mais Zola fut le premier à utiliser, pour ainsi dire, les médias de masse.ceux de l’époque, bien sûr.Le 13 janvier 1898, l’édition de L’Aurore fut tirée à 300 (KH) exemplaires fie journal tirait à 30 000 normalement).A elle seule, elle changea le cours de l’histoire.Ix‘ procès, où défilèrent 200 témoins, se déroula en bonne partie dans les journaux.Dès le lendemain de sa parution, l’article de Zola suscita le ralliement de nombreux intellectuels, comme Anatole France et Marcel Proust.Depuis, l’engagement des intellectuels est devenu une tradition que réveille le moindre mouvement contestataire.Tradition bien hexagonale comme l’ont rappelé cet automne une poignée de cinéastes à la défense des sans-papiers.De Zola aux plus récentes manifestations d’immigrés illégaux en passant p;ir la guerre d’Algérie et les combats pour le droit à l’avortement, toute l’histoire de ce pays est caractérisée par le rythme que les intellectuels pensent devoir imprimer au débat politique.En 1980, Gilles Deleuze, Cavanna et Pierre Bourdieu soutiendront même la candidature de l’humoriste Coluche à la présidence de la République.Comme chez nous l'écrivain Jacques Perron avait, longtemps avant, prêté son nom au Parti Rhinocéros.Combien sont-ils à avoir repris les mots de Zola: «Qu’on ose donc me traduire en cour d'assises [.]/J’attends»?Cette forme de désobéissance civile fait aujourd’hui partie de la tradition.En 1971, ce sont 343 «salopes» (dont Simone de Beauvoir, Catherine Deneuve et Marguerite Duras) qui réclamaient le droit à l’avortement.Elles déclaraient avoir elles-mêmes avorté et donc enfreint la loi.L’Etat n’osa pas lever le petit doigt.L’an dernier, ce sont 30 cinéastes qui déclaraient avoir hébergé chez eux des étrangers en situation irrégulière.Ce tour particulier du débat politique à la française s'explique probablement par l'humeur autochtone, mais aussi par la faiblesse des institutions démocratiques.Ix; Parlement et le Sénat sont largement sous-utilisés, quand ils ne sont pas désertés.A défaut, la rue, le pamphlet et la désobéissance restent une des principales façons de se faire entendre.On semble attribuer à l’intellectuel un pouvoir presque surnaturel, expliquait hier l’historien Jean-François Sirinelli dans le quotidien Libération.«L’intellectuel, privilège extraordinaire, va se considérer habilité à dire le vrai et le juste, et il sera écouté parce qu’il est censé être intelligent.Il est le gardien et le dépositaire des mots.» Alors qu’ailleurs, le poids des pétitions se mesure au nombre de signatures, en France, il se mesure souvent à la qualité de leurs signataires.Que 30 000 chômeurs défilent sur les Champs-Elysées, ils risquent de passer inaperçus.Mais que l’abbé Pierre se pointe dans des locaux occupés par quelques-uns, il a des chances d’être reçu par le président de la République.Un petit malin a d’ailleurs calculé que le philosophe Jean-Paul Sartre fut le champion toutes catégories du jet-set pétitionnaire.On calcule qu’il a apposé son nom sur pas moins de 91 des 488 ix-titions publiées par le journal U’ Monde entre 1958 et 1969.Il est suivi de près par sa compagne Simone de Beauvoir (72) et bat à plates coutures Louis Aragon (45) et Marguerite Duras (37).Reste que cette soudaine mélancolie pour un pamphlet centenaire a de quoi surprendre.Tout se passe en effet comme si la France s’ennuyait de Zola.Peut-être parce qu’en cette fin de siècle, les choix sont moins faciles, les clans moins tranchés et les idées un peu plus incertaines.M É T É 0 Montréal Québec Neige fondante.Neige.Dégagement Max: -3 Min: -15 * $ 4 en soirée.Max: 1 Min:-12 Détails, page A 4 -4 I N Agenda.B 5 Annonces.B 5 Avis publics.B 4 Culture.B 7 Economie.B 2 www.led ) E X Editorial.A 6 Le monde.A 5 Les sports.B 4 Mots croisés.B 5 Télévision.B (i •voir.com ÉCONOMIE Les Bourses asiatiques croulent, l’Occident tient le coup, page B 2 AVENIRS Comment fabrique-t-on des francophones au Vietnam?page B 1 LE MONDE Une tuerie fait 103 victimes au sud d’Alger, page A 5 320 000 abonnés rebranchés ü Hydro demande aux entreprises du centre-ville de suspendre leurs activités ® Une centaine de municipalités n'auront pas de courant avant une semaine MARIE-ANDRÉE CHOUINARD JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR Une semaine après le début de la tempête de verglas, l’état du réseau d’électricité a finalement commencé de s’améliorer et le Québec en entier s’est mobilisé pour venir en aide aux sinistrés.Mais le système d’Hydro-Qué-bec reste toujours extrêmement fragile et la société d’Etat a réitéré son appel à l’utilisation au strict minimum de l’énergie pour les résidants de la région montréalaise.Hydro-Québec a de nouveau demandé aux entreprises du centre-ville montréalais de suspendre leurs activités au- Pour trouver un refuge 1 800 636-AIDE 1 800 636-2433 jourd’hui.La plupart des écoles et universités ont d'ailleurs annoncé leur fermeture pour aujourd’hui.En l’espace de 24 heures, Hydro-Québec a réussi à réduire de 3(X) (XX) le nombre de ses abonnés privés de courant.Des gains importants ont été réalisés sur l’île de Montréal alors que 86 % des clients ont retrouvé l'électricité.Il restait donc 94 2(X) abonnés qui devraient être rebranchés aujourd’hui, mais d’autres, principalement dans VOIR PAGE A 8: HYDRO I V • ' .¦' A / J ¦ \ i \ i % , H /mMm JULIEN SAUCIER LE DEVOIR À quelques heures de son transfert vers le campus du fort Saint-Jean, à Saint-Jean-sur-Richelieu, ce jeune sinistré, visiblement épuisé, tentait de refaire ses forces, couché sur des sacs verts contenant des effets personnels et des sacs de couchage.Une bonne partie des sinistrés «de longue date» logés à la polyvalente de Saint-Jean devaient être transférés à l’ancien collège militaire peu après l’heure du souper.«Toute la ville est ici» V A la polyvalente de Saint-Hyacinthe, la vie est irréelle JEAN DION LE DEVOIR Au restaurant Ti-Père, rue Lafram-boise, à l’entrée de la ville, on croirait que les choses sont tout ce qu’il y a de plus normales.Les clients et les serveuses sont souriants, personne ne manifeste le moindre signe d’impatience.Dehors, des gouttes s’écoulent du toit avec en fond de toile un soleil radieux.C’est quasiment le printemps.Seuls indices particuliers: la queue à l’entrée ne diminue jamais.Et tout le monde n’a qu’un sujet de conversation: la vie quand elle ne tient qu’à un fil qui s’est écroulé sous le poids de la glace.Pourvu d'une génératrice, Ti-Père est l’un des (très) rares établissements qui soient ouverts à Saint-Hyacinthe.Saint-Hyacinthe, bien sûr, l’une de ces trois pointes du désormais célèbre triangle noir de la Rive-Sud, dont on peut parier qu’on en entendra encore parler dans des années.Saint-Hyacinthe vit un black-out total depuis 22h mardi dernier.Cela fait une semaine.A la Ville, on espère que le courant électrique sera rétabli d’ici trois jours dans les sites dits prioritaires: les hôpitaux et les deux écoles qu’on a transformées en centres d’hébergement d’urgence.Pour le reste, comme dans une centaine d'autres municipalités de la région, il faudra attendre une semaine au moins, peut-être deux.Hier matin, le maire Claude Bernier a lancé un appel à ses commettants.Il n’est même pas question, évidemment, de demander aux gens qui ont de l’électricité de pousser à la roue: personne n’a d’électricité.Il a donc incité ceux qui peuvent maintenir un chauffage décent à l'aide d’une génératrice ou d’un poêle à combustion lente à inviter chez eux leurs parents, leurs amis, leurs connaissances qui sont sans recours.La Ville fournit aussi le bois pour les foyers — 150 cordes se sont envolées en quelques minutes dimanche et on en attendait un nouvel arrivage hier.Au poste de police transformé en quartier général de fortune, on tente tant bien que mal de gérer les dégâts.L’édifice est bondé: un enquêteur souligne à la blague qu’il est pratiquement obligé de rédiger ses rapports dans les toilettes, et le directeur général de la Ville et coordonnateur des mesures d’urgence, Alain Rivard, accorde une entrevue au Devoir dans la salle d'identification et de prise des empreintes digitales limitrophe des cellules! Il raconte qu’après une première phase d’opérations de secours, on vit depuis jeudi une deuxième étape beaucoup plus sérieuse, proche de la crise.La planification à la journée a fait place à l’organisation à long terme.Mais malgré tout, on garde le moral.Les sinistrés ont d’abord été logés à la polyvalente Hyacinthe-Delorme, où on avait aménagé 1700 places.Mais dimanche, alors qu’on avait atteint le chiffre de 1800 «pensionnaires», la situation était devenue intenable, promiscuité et tout.«Ça risquait de devenir non pas dangereux, mais bordé-lique», dit Alain Rivard.On a donc diminué la capacité à 1400 places et redirigé des gens vers le cégep de Saint-Hyacinthe, où on pourra accueillir aussi jusqu’à 1400 personnes.Si ça empire, on verra.Mais les choses peuvent-elle encore empirer?A la polyvalente, la vie est irréelle.Surtout quand on s’adonne à passer pendant l’heure où on procède à l’entretien des génératrices et où, donc, il n’y a pas d’éclairage.11 y a du monde partout.Partout La plupart tentent de se constituer une existence à peu près ordinaire, certains ont l’air sidéré.Les corridors sont obscurs, on se croirait dans un quelconque labyrinthe de «C'est exténuant, mais au plan humain, c'est une formidable expérience.Je n'ai jamais vu une telle solidarité, une telle collaboration, une telle entraide, une telle chaleur.» VOIR RAGE A 8: POLYVALENTE ¦À Saint-Jean, les conditions s’améliorent, page A 3 Opération Solidarité Hébergement Beaucoup d’offres, peu de demandes On presse les citoyens de cesser d'appeler pour offrir le bercail aux sinistrés ISABELLE PARÉ LE DEVOIR La ligne téléphonique 1-800-636-AIDE mise en place hier matin pour trouver un toit aux sinisü'és a été inondée d’appels de personnes voulant offrir refuge.Un déluge de générosité, qui a toutefois trouvé peu de preneurs et qui a rapidement noyé la centrale téléphonique.En effet, en fin de journée hier, la centrale téléphonique de l'opération Solidarité Hébergement, mise en place à la suite des mesures annoncées par le premier ministre Lucien Bouchard, a pressé les citoyens de cesser d’appeler pour offrir le bercail aux sinistrés.C’est que la générosité du public n’a pas eu de réponse équivalente de la part des sinistrés.Si bien que pour 15 offres d’hébergement, on a recensé seulement une demande pour obtenir un toit de la part de personnes coincées dans leurs maisons privées de chauffage et de lumière.Au moment de mettre sous presse, aucun jumelage n’avait encore été fait entre deux familles.Mise sur pied pour jumeler des familles sinistrées et des familles d’accueil, la centrale téléphonique de secours doit servir à limiter le recours aux centres de refuge pour les sinisü'és de la Montérégie ou d’ailleurs qui ne pourront ravoir l’électricité avant plusieurs semaines.On sait que les conditions de vie dans les centres de refuge mis sur pied par les municipalités sont de plus en plus difficiles après plusieurs jours, notamment sur le moral et la santé de Jeurs occupants.A 16h hier, on avait reçu plus de 5600 appels.«Le problème pour l'instant, c’est qu’il y a beaucoup plus d’offres que de demandes.On voit que les gens ne semblent pas encore prêts à quitter leur maison ou leur région.Il reste encore beaucoup de travail à faire», a expliqué hier Marie-Claude Lanoue, responsable des communications pour l’opération Solidarité Hébergement.Les appels proviennent de toutes les régions du Québec sans exception.Même si les responsables du programme de jumelage ont l’intention de loger le plus près possible de leur région les familles sinistrées, Mme Lanoue affirme que toutes les offres d’hébergement sont prises en considération.Comme quoi la distance n’a pas d’importance, des appels de familles proposant le gîte sont parvenues d’aussi loin que de la Côte-Nord.VOIR PAGE A 8: OFFRES T Tl I.E QLKliKC l).h\S Q ù a Des médicaments gratuits pour les sinistrés de la Rive-Sud a Haro sur les commerçants abusifs a Nette amélioration dans les transports ® 150 infirmières du Saguenay arrivent en renfort ¦ Julien promet de l’aide aux agriculteurs ® Les médias en première ligne lire nos reportages, pages A 2, A 3, A 4, B 2 et B 7 LES A C T II A L I T É: S La Canadienne Louise Fréchette, n° 2 deTONU ®À lire, page A 2 — À i 778313000658 I.K I) K V U I lî .I.K M A It I) I I ;t .1 A N V I E It I !» il S • LI! S ACT D A LIT B S • La Canadienne Louise Fréchette, n° 2 de l’ONU L’actuelle sous-ministre de la Défense est une diplomate discrète et efficace gttS*-; l Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a annoncé hier à New York la nomination de la Canadienne Louise Fréchette comme vice-secrétaire général.Actuellement sous-ministre de la Défense nationale, Mme Fréchette a une longue expérience diplomatique.JOCELYN COULON I.E DEVOIR Louise Fréchette est une diplomate de carrière tout en discrétion et en efficacité.Elle n’a pas le côté flamboyant d’un Yves Fortier, d’un Stephen Lewis ou d’un Gérard Pelletier, mais sa force réside dans une connaissance méticuleuse des dossiers, tant économiques, diplomatiques que militaires.Depuis le début des années quatre-vingt-dix, elle s'est illustrée dans plusieurs affaires délicates de la diplomatie et de la politique canadiennes.Sa nomination comme vice-secrétaire général des Nations unies la propulse maintenant sur la scène internationale et pourrait lui permettre de succéder à Kofi Annan lorsque celui-ci terminera son mandat à la fin de 2001.Mme Fréchette est née à Montréal en 1946.Après des études en histoire et en économie au Canada et en Belgique, elle entre au ministère des Affaires étrangères en 1972 où elle occupe des fonctions à caractère économique.En 1985, elle est nommée ambassadrice en Argentine (avec responsabilités en Uruguay et au Paraguay).De 1988 à 1991, elle accède au poste de sous-ministre adjointe chargée de l'Amérique latine.En janvier 1992, elle est nommée ambassadrice aux Nations unies, poste qu'elle quittera en 1995 pour devenir sous-ministre aux Finances puis à la Défense nationale.Mme Fréchette assumera ses nouvelles fonctions aux Nations unies à la mi-février.Mission secrète En novembre 1990, Mme Fréchette s’est illustrée au cours de la guerre du Golfe lors d’une délicate,mission à Cuba.A cette époque, les États-Unis et leurs partenaires de la coalition multinationale cherchaient à faire adopter par tous les membres du Conseil de sécurité des Nations unies une résolution autorisant la coalition à expulser l’armée irakienne du Koweït à partir du 15 janvier 1991.Le Yémen et Cuba, deux des quinze membres, étaient réticents à se joindre au consensus recherché par la coalition.Les États-Unis n’entretenant pas de relations diplomatiques avec Cuba, il fut demandé au Canada de tenter une intervention auprès du président Éi-del Castro.Le 25 novembre, Mme Fréchette fut secrètement dépêchée à Cuba pour rencontrer le leader cubain.Pendant deux jours, elle tenta de le persuader de se joindre aux autres membres du Conseil de sécurité.Castro refusa, et la résolution fut adoptée le 29 novembre sans les voue du Yémen et de Cuba.PETER MORGAN REUTERS Mme Louise Fréchette en compagnie du secrétaire général de l’ONU, Koffi Annan, au cours de la conférence de presse tenue hier à New York au siège de l’organisation.Mme Fréchette entrera en fonction comme vice-secrétaire général le mois prochain.Lors de son passage à New York, entre 1992 et 1995, Mme Fréchette a travaillé en étroite collaboration avec M.Annan, alors resjxmsable des opérations de maintien de la paix de l’ONU, et le général Maurice Baril, actuel chef d'état-major des Forces armées, qui occupait alors le poste de conseiller militaire du secrétaire général.Lorsqu’elle accède au poste de sous-ministre de la Défense nationale, en juin 1995, Mme Fréchette est plongée d;uis la pire crise de toute l’histoire de l’institution militaire, le scandale de Somalie.C’est elle qui assumera pratiquement la direction du ministère, alors que chefs d’état-major et mi- Aff.f OV* ' y DIPLÔMÉ ^ BORD pl 216 $ par mois/ location 48 mois1 transport et préparation inclus ou financement à l'achat de jusqu'à 60 mois Votre concessionnaire ® TOYOTA GOD BOUCHERVILLE CHÀTEAUGUAY J0LIETTE LAVAL MONTRÉAL MONTRfAL ST-HYACINTHE STE-AGATHE S0REL TROIS-RIVIÈRES Toyota Duval Châteauguay Toyota Johette Toyota Vimont Lexus Toyota Chassé Tcr/ota Toyota Pie IX Angers Toyota Toyota A Automobile Trois-Rivières Toyota 655-2350 692-1200 759-3449 668-2710 527-3411 329-0909 774-9191 Ste-Agathe Pierre Lelebvre 374-5323 BR0SSAR0 GATINEAU LACHINE L0NGUEUIL MONTRÉAL POINTE-CLAIRE ST-JEAN 326-1044 742-4596 VALLEYFIELD Brossard Toyota Toyota Gatineau Soneft Le/us Tcr/ota Longueuil Toyota Houle Tcr/ota Fairview Toyota Oéry Tcr/ota STE-THÉRÉSE TERREBONNE G Couillard 445-0577 568-0066 634-7171 674-7474 351-5010 694-1510 359 9000 Blamville Tcr/ota Automobiles Automobiles CANDIAC HULL LACHUTE MONT-LAURIER MONTRÉAL REPENTIGNY ST JÉRÔME 435-3685 L G Léveillé 373-0850 Candiac Toyota '/«fia Tcr/ota Lachute Tcr/ota Claude Auto Lexus Toyota Gabriel Repentigny Toyota Tcr/ota St-Jérôme SHAWINIGAN 471-4117 VERDUN 659-6511 776-0077 562-6662 623-3511 748-7777 581-3540 438-1255 Mauricie Toyota THURSO Woodland Toyota CHAMBLY Chambty Toyota 658-4334 Ile perrôt île Perrôt Toyota 453-2510 LAVAL Chomedey Tcr/ota 687-2634 MONTRÉAL Alix Tcr/ota 376-9191 MONTRÉAL Tcr/ota Centre-Ville 9356354 STEUSTACHE Toyota St-Eustache 473-1872 ST LÉONARD St-Léonard Toyota 252-1373 539-8393 Auger & Frères 985-2218 761 3444 CRÉDIT Pr°9rammes (Je location et de Imancement au détail de Toyota Canada Inc.sur approbation de crédit par Toyota Crédit Canada Inc.Immatriculation, assurance et taxes en sus.‘Offre valable sur les modèles Tercel TOYOTA i CE p,us BC83LM'BA1998 neufs, loués et livrés au plus lard le 31 janvier 1998.Premier versement de 247,80$ et dépôt de garantie de 250$ exigibles au moment de la livraison.Franchise de 96 000 km ; (rais de 7c/km nummP excédentaire.fFinancement à l’achat de 48% valable sur tous les modèles Tercel 1998.Photo pour lin d’illustration seulement.Détails chez votre concessionnaire Toyota participant.Incluant 687$ en valeur ajoutée: • Radiocassette AM-FM stéréo • Enjoliveurs complets • Banquette arrière rabattable (60/40) • Montre numérique • Réservoir, coffre et rétroviseurs télécommandés • Essuie-glaces intermittents • Tapis et garniture du coffre • Moulures latérales • 4 portes nistres ne faisaient que passer.Un poste stratégique La nomination de la diplomate canadienne a été le fruit d’un laborieux processus de consultations entre les groupes régionaux au sein des Nations unies.Il y a quelques semaines, tout indiquait que la Japonaise Sadato Ogata, Haut-Commissaire des Nations unies aux réfugiés, était la candidate idéale pour occuper ce poste compte tenu de ses longues années de travail au service de l’ONU et du poids considérable du Japon dans le système onusien.Elle a toutefois décliné l’invitation de Kofi Annan.Le bureau du secrétaire général s’est alors tourné vers d’autres candidatures, dont celle de Louise Fréchette, candidature qui semblait incontournable.En effet, dans le choix qu’elle devait faire, l’ONU devait exclure les candidatures des groupes régionaux du Tiers-Monde — Kofi Annan les représente — et des grandes puissances qui ne peuvent espérer accéder, pour des raisons politiques, au poste de secrétaire général et à celui qui vient d’être créé.Il ne restait plus que les suggestions provenant des pays occidentaux classés comme puissance moyenne et dont les candidatures peuvent être acceptables ixnir tous les grou|jes régionaux.üt création du poste stratégique de vice-secrétaire général de l’ONU a été suggéré par Kofi Annan dtuis son ambitieux programme de réformes publié en juillet dernier.Selon le secrétaire général, cette nouvelle fonction était rendue nécessaire par la multiplicité des rôles dont s’acquitte le secrétariat général.S’exprimant parfaitement en fran-çais, en anglais et en espagnol, Mme Fréchette aura pour tâche de dégager le secrétaire général de certaines responsabilités pour que celui-ci «puisse peser de tout son poids sur la réalisation de la cohérence intersectorielle et interinstitutionnelle», écrivait M.Annan dans son projet de réforme.Ainsi, la diplomate canadienne «remplacera le secrétaire général en son absence et portera une attention particulière au rôle directeur de l’ONU dans les domaines économique et social, notamment en menant une action résolue afin de faire de l'organisation un chef de file en matière de politique de développement et d'aide au développement».Mme Fréchette devra travailler avec une quarantaine de sous-secré-taires généraux et autant d’assistants secrétaires généraux.Son mandat expirera en même temps que celui du secrétaire général, le 31 décembre 2001.A moins d’être appelée à de hautes fonctions au Canada, Mme Fréchette pourrait être une candidate toute désignée au poste de secrétaire général de l’ONU à la fin de son mandat actuel.En 2001, le Conseil de sécurité pourrait innover en nommant pour la première fois une femme à ce poste prestigieux.Du même coup, elle deviendrait la première Canadienne à y accéder.Petite taille, gros problème PRESSE CANADIENNE Québec — Monter dans un autobus, utiliser un téléphone public ou effectuer un retrait à un guichet automatique sont autant de gestes courants très ardus à poser pour plus de 3500 Québécois qui souffrent de nanisme.«L'ignorance en matière de nanisme porte préjudice aux personnes de petite taille, tant dans l'enfance qu'à l'âge adulte», a expliqué, en entrevue à la Presse Canadienne, Mme Louiselle Saint-Pierre, coordonnatrice à l’Association québécoise des personnes de petite taille.Il faut désormais parler de «personnes de petites taille» et non de -nains».Ix?s «nains» ont souvent dans l’histoire été associés à des objets de dérision qu’on retrouvait au cirque, dans l’arène ou même comme bouffons dans les cours royales.I-es individus de petite taille aspirent aux mêmes idéaux que les autres: respect, estime de soi et dignité, a expliqué Mme Saint-Pierre.L’association, conjointement avec l’Office des personnes handicapées, estime que 3500 personnes sont de petite taille au Québec, parce qu’elles mesurent moins de quatre pieds huit pouces (1,4 m).Ut plupart doivent leur petite taille à une maladie osseuse ou autre.Leurs déplacements sont plus difficiles que ceux d’une personne normale, la force musculaire est inférieure à la moyenne et ils ont des difficultés permanentes à atteindre des objets placés à l’intention de personnes de taille normale, comme les interrupteurs, les téléphones publics ou les comptoirs de services publics.«On veut poser des gestes normaux mais notre corps est là pour nous rappeler à l'ordre», a raconté Mme Saint-Pierre.I I.K I) K V (III!.I.K M A It I) I I 3 ,1 A X V I K I! I !» !» S A DA'WS t) - LE DEVOIR * Notre-Dame-de-Grâce et Côte-des-Neiges Montréal évacue deux quartiers Rien ne laisse entrevoir un rétablissement rapide du service électrique JACQUES GRENIER l.E DEVOIR Déjà, vendredi dernier, on s’affairait à remettre en marche le quartier Notre-I)ame-de-Grâce, mais en vain.Les autorités ont décidé d’évacuer le quartier pour assurer la sécurité des citoyens.«Toujours en état d’urgence» Les forces policières demeuren t sur le pied de guerre KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR La Ville de Montréal procède depuis hier à l’évacuation des citoyens des quartiers Notre-Dame-de-Grâce et Côte-des-Neiges, qui demeurent privés d’électricité.Cette opération exceptionnelle vise principalement à assurer la sécurité notamment des personnes âgées puisque rien ne laisse croire à un rétablissement rapide du service électrique.L’évacuation est coordonnée par le Centre des mesures d’urgence de Montréal.Pompiers et policiers font du porte-à-porte pour vérifier les conditions dans lesquelles les citoyens de ces deux quartiers se retrouvent.«S'il n’y a personne, on va défoncer.C'est une mesure exceptionnelle.Toutes les portes vont être ouvertes.Partout où il y aura entrée par effraction, on va sécuriser les lieux.On barricade, et après, on assure la patrouille du secteur», a expliqué en conférence de presse Alain Michaud, coordonnateur des mesures d’urgence à la Ville de Montréal.Une première évacuation majeure a eu lieu dans la nuit de dimanche à hier, touchant 75 personnes sur la rue Benny.Un homme s’était endormi dans sa voiture garée dans le stationnement de l’immeuble avec le risque d’une intoxication au monoxyde de carbone.Depuis une semaine, 142 cas d’intoxication, dont dix très graves, ont été dénombrés.C’est le conseiller municipal indépendant Michael Applebaum qui avait alerté les autorités sur la situation qui prévalait dans ce secteur de Montréal.«Des résidants ne s’étaient pas rendus dans les centres d’hébergement, croyant ne pas être admissibles.Dans certains cas, ils ne parlent ni français ni anglais et n'ont pu saisir les conseils et les consignes diffusés par les médias», a indiqué le maire Pierre Bourque qui s’est rendu sur les lieux lors de l’évacuation.M.Michaud constate que de façon générale, beaucoup de gens se placent dans des situation périlleuses.«Beaucoup ont utilisé du chauffage d'appoint.Ce sont des équipements sournois parce que les carburants ne sont pas détectables.Les gens s'endorment et s'empoisonnent», dit-il.Les policiers de la Communauté urbaine de Montréal ont relocalisé jusqu’à maintenant 150 personnes à la suite de problèmes de sécurité ou de santé.Le maire Bourque assure que tous les gens évacués peuvent être hébergés sans problème.Actuellement, la Ville a 7000 places disponibles et se prépare à élargir encore son aide d’hébergement.Selon Alain Michaud, Montréal pourra répondre à 20 000 demandes dès aujourd’hui.«Jusqu’à maintenant, on a planifié en fonction d’une aggravation de la situation.C’est notre rôle d’anticiper le pire.On ne peut attendre d'être placé devant un problème pour réagir.[.] On est toujours en mode d’alerte, bien qu’Hydro-Québec nous dise que la situation s’améliore», a souligné M.Michaud.Le Stade olympique ainsi que l’Hippodrome du boulevard Décarie pourraient devenir des centres d’hébergement.«Quand on va nous le demander, on sera prêts.Tous les lits sont arrivés hier soir [dimanche].On peut répondre aux besoins des Montréalais et on pourra le faire également pour les gens de la rive sud», a confirmé M.Bourque.Ce dernier a par ailleurs rappelé que les fonctionnaires municipaux poussent à la roue.«Ça signifie que chaque directeur, chaque cadre, réquisitionne ses employés et alimente les besoins supervisés par M.Michaud.Ils quittent leurs activités régulières et sont dirigés vers le service aux sinistrés, au service technique, aux communications, à l'Urgence-Santé ou au transport de personnes», a-t-il expliqué.La situation sera révisée au jour le jour.Quant au déneigement du territoire montréalais, le maire Bourque s’est dit satisfait de l’allure des travaux en cours.Le centre-ville a été complètement nettoyé.Toutefois, les trottoirs demeurent très encombrés.Selon les informations recueillies mais non vérifiées, les petites che-nillettes qui déblaient normalement les trottoirs auraient subi des bris importants à cause du verglas.SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Le Service de police de la Communauté urbaine de Montréal (SP-CUM) estime qu’en l’état actuel des choses «nous sommes toujours en situation d'urgence».En conséquence, les forces policières vont demeurer sur le pied de guerre jusqu’à nouvel ordre.Dans les faits, cela signifie que le SPCUM a recourt et exerce «des pouvoirs exceptionnels».Des pouvoirs qui se traduisent notamment par la relocalisation forcée des personnes qui ne veulent pas déménager de leur logement et qui sont en danger.Ainsi, des dizaines de personnes, selon Alain Lefrançois, porte-parole de la SPCUM, ont été orientées vers les hôpitaux ou les centres d’hébergement disséminés ici et là en ville lors des opérations de ixjrte-à-porte.Ces visites ont permis notamment de sauver des vies.Par exemple, à Roxboro, deux personnes s’étaient endormies devant un poêle à combustion lente.«Le tuyau d’évacuation ayant été mal installé, la filmée avait complètement envahi la maison.» En tout, la jxilice estime avoir sauvé la vie de 70 |XTSonnes.Pour ce qui est des cas plus graves, toujours lors de cette opération porte-à-porte, des policiers ont trouvé une personne gelée dans son appartement de la Petite Bourgogne.Cela porte à 12 le nombre de personnes décédées depuis le début de la tempête, le 6 janvier dernier.Ces décès ont été causés: par intoxication à l’oxyde de carbone, surchauf-fement de foyer, une chute devant une souffleuse à neige, utilisation malheureuse d’une chandelle, utilisation d'un poêle à gaz propane, la chute d'un technicien du haut d’un pylône, des morceaux de glace et hypothermie.En ce qui concerne les morts pour cause d’hypothermie, il faut souligner que, selon les données fournies par la direction de la santé publique de Montréal, au moment de mettre sous presse, il y aurait eu six décès.Autrement dit, 18 personnes seraient mortes depuis le début de la tempête.Cela dit, à Verdun, la façade d'un edifice s’étant effondrée, les deux immeubles situés à la périphérie ont été évacués d'urgence.Toujours à Verdun, «deux personnes âgées ont été transportées au centre hospitalier pour intoxication, car elles se chauffaient avec un poêle à, gaz.» A la faveur de ce porte-à-porte, la police a constaté que des personnes avaient failli provoquer un incendie en remplissant une canette de papier de toilette imbibé de combustible.Un autre a failli mourir jxiur s'être réfugié dans son automobile, en marche évidemment, située dans le sous-sol d’un édifice de plusieurs étages En ce qui a trait à la criminalité, «une vingtaine d’événements ont été rapportés, tels que des vols de voitures» et des, tentatives de vols par effraction.Mais selon les maigres renseignements fournis, la police n’a pas noté une augmentation de la criminalité vu les circonstances.Cela dit, la police a bien évidemment concentré ses forces clans les quartiers de Montréal qui sont encore dans le noir.C’est plus particulièrement dans les quartiers de Notre-Damede-Grâce, de Verdun, de Pierrefonds et de Roxboro que la présence [xilicière s’est faite plus vive.Tant et aussi longtemps que l’électricité ne sera pas revenue, les forces policières continueront d’avoir recours aux pouvoirs exceptionnels dont elles disposent depuis plusieurs jours maintenant.L’effectif policier demeure à son maximum.Ainsi, on compte un peu plus de 1300 policiers et 524 véhicules.Fermeture des ecoles Congé de devoirs LE DEVOIR Les commissions scolaires suivantes ont suspendu les cours pour toute la semaine: des Trois Lacs, Jacques-Cartier, Taillon, Eau-Vive, Goéland, Iberville, Château-guay Valley, Greenfield Park, District de Bedford, Brassard, Argile Bleue, Saint-Jean-sur-Richelieu, Château-guay.Provençal, Marieville, Des Rivières, Mont-Fort, South Shore, des Moissons, Saint-Hyacinthe, des Cantons, Davignon et Huntingdon.Par ailleurs, les écoles de la région montréalaise sont encore fermées aujourd’hui.Ix's élèves de la CECM, du Bureau des écoles protestantes du Grand Montréal, de la commission scolaire de Baldwin-Cartier, du Like shore, de la commission scolaire de Verdun et de Sault-Saint-Louis doivent donc rester à la maison ce matin.Ix's quatre universités montréalaises et leurs écoles affiliées restent également fermées aujourd’hui.En entrevue, hier, sur les ondes de la radio de Radio-Canada, le président de la Commission des écoles catholiques de Montréal, Michel Pal-lascio, a déclaré que les commissions scolaires et, les responsables du ministère de l’Education auraient des discussions prochainement sur un plan de récupération des heures de classe perdues.«Tôt ou tard, nous devrons nous pencher là-dessus», a-t-il dit.Le problème se posera cependant avec beaucoup plus d’acuité dans les écoles des commissions scolaires des municipalités qui seront privées d’électricité pendant plusieurs jours encore.Li ministre de l’Education, Pauline Marais, a rencontré les dirigeants du réseau scolaire de la Mon-térégie hier matin.L-s représentants des vingt-trois commissions scolaires qui suspendent leurs activités pour toute la semaine feront à nouveau le point vendredi.Plusieurs de ces commissions scolaires ayant des écoles dotées d’électricité offriront des services de garde aux enfants dont les parents doivent aller travailler.Pour en savoir plus long, il faut communiquer avec les municipalités.Dans les commissions scolaires de Valleyfield, Sorel et Tracy, certaines écoles pourraient reprendre du service au cours de la semaine.Par contre, les commissions scolaires des régions de Laval, des Lau-rentides et de l’Outaouais devraient accueillir les élèves ce matin.Le centre-ville au ralenti Les commercants ont entendu l'appel du premier ministre JEAN PICHETTE LE DEVOIR Les commerçants et établissements du centre-ville de Montréal ont bien entendu l'appel à la solidarité lancé dimanche par le premier ministre du Québec afin de faciliter les travaux de raccordement sur 111e de Montréal.L'activité était réduite de façon très importante au cœur de la métropole, hier après-midi, où de nombreuses rues étaient d'ailleurs fermées en tout ou en partie poùr permettre de déglacer des édifices menaçants ou de déneiger les voies carrossables.Si la police était très visible, hier au centre-ville de Montréal, les consommateurs l’étaient beaucoup moins.Et pour cause.Les grands magasins, comme Eaton et Li Baie, avaient tous fermé leurs portes, et seuls de petits commerces, notamment plusieurs res-taurants, étaient ouverts, çà et là.L’activité était au plus bas dans les centres commerciaux du secteur, les boutiques qui avaient décidé d’accueillir la clientèle comptant le plus souvent davantage de vendeurs que de clients.Li Place Ville-Marie, ainsi que l’immense sapin qui l’orne, était fermée, tout comme le 2020 University et l’édifice.Dominion Square, entre autres.À la Place Montréal Trust, seules de rarissimes boutiques accueillaient la clientèle.Au Centre Eaton, où quelques boutiques étaient ouvertes aux niveaux inférieurs, les dommages subis par l’immense verrière, à cause du poids de la glace, rendaient de toute façon inaccessibles, pour des raisons de sécurité, Pourquoi acheter en France ce qu’on fait si bien au Québec?Le» Edition; LOGIQUES kt\di® Dug®5 0 1500 verbes de plus que les autres guides 130 modèles faciles à utiliser usage des prépositions grammaire des verbes fréquence d’emploi des verbes aucune exception Les verbes logiques André Dugas et Hubert Manseau 248 pages Les Éditions LOGIQUES Distribution exclusive : LOGIDISQUE 1225, rue de Condé Montréal (Québec) H3K 2E4 Tél.: 933-2225 Fax : 933-2182 logique@cam.org http://www.logique.com de nombreux commerces.Alors que la Place Bonaventure était pratiquement déserte, les tours à bureaux du secteur restaient largement dans le noir.L’édifice de la Sun Life, qui accueille habituellement quelque 3500 travailleurs, n'en comptait hier qu’une centaine, de la firme Lévesque Beaubien, à l’œuvre parce que la Bourse de Montréal demeurait en activité.La tour Téléglobe, au 1000, rue de La Gauchetière, était de son côté entièrement fermée.Si les banques étaient également fermées, la caisse populaire du Complexe Desjardins accueillait sa clientèle.Environ la moitié des commerces du Complexe Desjardins étaient d’ailleurs ouverts, hier matin, avant de fermer peu à peu leurs portes, faute d’affluence.Les tours à bureaux étaient cependant fermées afin de respecter la limite de consommation d’énergie dictée par Hydro-Québec.A compter de 15h30, tout l’ensemble devait cependant se retrouver dans le noir, à l’exception de l’hôtel et des restaurants de la place.Alors qu'on estimait en fin d’après-midi que le quart des abonnés du centre-ville étaient toujours privés de courant, les gens pouvaient toujours se réchauffer au cinéma Parisien, ouvert toute la journée, on regardant notamment le Titanic entrer en collision avec un iceberg.LE PRESIDENT BELAND 356 pages, 25 $ Jacques Lamarche Auteur de nombreuses biographies historiques, laissant tout de même percer ses rêves de romancier.Jacques Lamarche signe une recherche personnelle exhaustive sur l’œuvre et la vie de l’actuel président du Mouvement Desjardins.M' Claude Béland: la toute première parue au pays.Seul héritier, dans toute l’histoire séculaire du Mouvement Desjardins, formé à l’école des caisses d’économie autant qu’à celle des caisses populaires.Claude Béland a suscité cl réussi l’unification.Toutes les forces vives des coopératives «industrielles ou paroissiales», autochtone, chinoise ou portugaise, à la grandeur du Québec, associées à celles des francophones d’Ontario, du Manitoba et de l’Acadie, œuvrent désormais en harmonie au sein de ce vaste empire social et financier.Dans le sillage de ses dynamiques prédécesseurs, tels Émile Girardin ou Cyrille Vaillancourt.Raymond Blais ou Alfred Rouleau, le président Béland entraîne, inspire et guide les 1470 caisses et les 33 institutions Desjardins sur les grandes routes électroniques, à l’aube du XXI siècle.Siège social : GUÉRIN, éditeur Itée 4501.rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Téléphone : (514)842-3481 Télécopieur : (514) 842-4923 Adresse Internet : http://www.guerin-cditeur.qc.ca I.E I) K V nil!.I, K M A I! I) I I ;i ,1 A X V I K I! I !) it 8 A I La Sécurité civile déménage à Montréal PAU LE DES RIVIÈRES LE DEVOIR La Sécurité civile, qui coordonne les secours aux Québécois privés d’électricité, a quitté son quartier général de Sainte-Foy, hier matin, pour s’installer à Montréal, près du village olympique.Ce déménagement s’est accompagné d’un important changement de personnel, question de permettre aux gens en poste depuis le début d’aller dormir un peu.Nouvelle phase, donc, pour l’organisme.La Sécurité civile reçoit les demandes des municipalités et gère la centrale téléphonique d'assistance, mise sur pied hier matin et visant à trouver des gîtes aux réfugiés.L’organisme relève du ministère de la Sécurité publique et possède sa structure permanente de gestion de crise, mise sur pied peu après la tragédie de Saint-Basile-Le-Grand, qui avait pris les autorités de court.Le gouvernement avait, peu après l’incendie de l’entrepôt de BPC, commandé une étude sur la gestion des crises.Hélène Denis, professeure à l’École polytechnique de Montréal, attachée à l’Université de Montréal, avait proposé la mise sur pied d’une structure de gestion des crises.Rien de systématique n’existait jusqu’alors et la situation fut corrigée.Mme Denis, dont l’ouvrage La Gestion des catastrophes s’attarde aux différents aspects de «la complexité de la réponse en temps de crise», donne une bonne note aux gestionnaires de la crise actuelle malgré, dit-elle, quelques ratés.On pense entre autres à la question des 40 (XX) lits en provenance des États-Unis, qui semblaient perdus quelque part et qui, depuis que le gouvernement a annoncé son intention de les acheter, ont enfin atterri au Québec.Hier après-midi cependant, ils n’avaient toujours pas rejoint leurs destinataires.Mme Denis, qui habite le fameux triangle noir mais qui est une des rares privilégiées du secteur à avoir de l’électricité, estime qu’après sept jours, la crise entre dans une nouvelle phase.«Le ravitaillement doit être organisé de manière plus systématique, dit Mme Denis, une sociologue.Chandelles, huile à lampe, bois, il faut travailler très fort sur la distribution de ces biens et d'autres choses.» «Nous entrons, poursuit-elle, dans la phase d'une catastrophe de longue durée.Les problèmes de pénurie se posent mais il ne faut pas non plus minimiser le stress qui accompagne de telles catastrophes», commentait-elle, hier, au cours d’un entretien téléphonique.11 y a un an, Mme Denis et ses étudiants se livraient à un exercice de simulation: ils imaginaient la gestion d’une crise qui priverait Montréal d’électricité pendant une semaine, à la suite d’une tempête de verglas.Ils avaient pu compter, dans leur crise inventée, sur l'aide des résidants de la rive sud.Personne n’a même songé un instant que la crise pouvait aussi bloquer les ponts, causer des problèmes de consommation de l’eau et affecter non seulement Montréal mais un grand nombre de municipalités de la rive sud.En d’autres termes, personne n’avait imaginé une catastrophe d’une ampleur de celle qui vient de frapper la métropole et les régions environnantes.Ramassage des ordures Le ramassage des ordures sur le territoire de Montréal est suspendu jusqu’à nouvel ordre.Tous les camions-tas-seurs sont réquisitionnés pour le ramassage des branches, facilitant ainsi le déneigement A Longueuil, le ramassage s’effectue selon l’horaire habituel.QUEBEC DANS E V E II G L A S Les conditions d’hébergement des sinistrés de Saint-Jean s’améliorent 1000 d’entre eux sont transférés au fort Saint-Jean FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR C* était le branle-bas de combat hier à Saint-Jean-sur-Richelieu en prévision du transfert des sinistrés de «longue date» en direction de centres d'hébergement de longue durée.Hier en tin d’après-midi, les préparatifs allaient bon train à la polyvalente de Saint-Jean-sur-Riche-lieu, où sont logés quelque l(XX) sinistrés, en prévision du transfert d’une partie d'entre eux vers le campus du fort Saint-Jean, l’ancien collège militaire.Ils avaient été avisés plus tôt dans la journée de se préparer, pour être transférés peu après l’heure du souper.A notre arrivée, plusieurs familles faisaient d’ailleurs leurs bagages.Bien que les conditions sanitaires se soient améliorées à la polyvalente de Saint-Jean — l'armée a d’ailleurs procédé hier à la stérilisation d’un dortoir —, l’exaspération et la fatigue se lisaient sur le visage de plusieurs personnes.En général, les jeunes tiennent bien le coup, faisant même des blagues sur les conditions dans lesquelles ils vivent depuis une semaine.Four les personnes âgées, la situation était tout autre.Une jeune femme de 21 ans, dont la mère n’était pas en mesure de nous accorder une entrevue, a accepté de nous livrer ses impressions à quelques heures de son transfert.«Vous savez, la situation ne me dérange pas plus qu ’il ne faut, raconte Martine Potvin.Im bouffe est bonne, beaucoup mieux qu'en début de semaine.» Mais pour dormir, la situation était loin d’être rose.«Depuis mardi, je dormais par terre sur un mince matelas.J’ai enfin eu un lit de camp dimanche», a-t-elle ajouté en précisant que les conditions sanitaires avaient été à un certain moment exécrables.La situation devrait s'améliorer au campus du fort Saint-Jean, où les autorités s’affairaient aux derniers préparatifs, hier en fin d’après-midi, pour accueillir ces nouveaux sinistrés.Sur les lieux, un responsable du comité de coordination, Stéphane Deslauriers, a expliqué que les nouveaux venus seront logés à la cafétéria, au grand salon et dans les anciennes résidences des étudiants, qui seront réservées aux personnes âgées.«Nous ne savons pas au juste combien et d’où vien- dront ces sinistrés, a-t-il confié, mais nous ferons tout pour les accueillir dans les meilleures conditions.» Des personnes âgées en manque d’autonomie, logées depuis quelques jours au centre Gertrude-LaFrance, devaient également être transférées au campus du fort Saint-Jean.Il était temps! Aux dires de la directrice des services gériatriques, Flore Barrière, les conditions sanitaires étaient devenues insalubres.«A certains moments, c'était devenu l'enfer», a-t-elle dit.JULIEN SAUCIER LE DEVOIR Un préposé a l’entretien du centre Gertrude-LaFrance s’affairait hier à nettoyer le plancher tandis qu’un sinistré faisait une sieste bien méritée.EN H K E I Le site du Devoir ne répond plus Les habitués du site Internet du Devoir auront sans doute remarqué que lcdevoir.com ne répond plus depuis vendredi, une panne de courant ayant paralysé l’édifice du centre-ville où il se trouve.Aux dernières nouvelles, il semble bien que cette situation durera encore quelques jours.Pour les mêmes raisons, il est pour l’instant impossible d’acheminer du courrier électronique au Devoir.En attendant que les choses reviennent à la normale, vous pouvez utiliser le télécopieur (985-3360) ou simplement contacter par téléphone la salle de rédaction (985-3363).Avec nos excuses.Épargner l’eau la Ville de Longueuil demande à sa population, ainsi qu’à celles de Boucherville, de Saint-Bruno et de Saint-Hubert, quelle approvisionne, de réduire la consommation d’eau.Plusieurs citoyens laissent couler un filet d’eau [jour éviter les bris en cas de gel, ce qui occasionne une demande considérable au réseau d’aqueducs.la municipalité rappelle qu’il faut couper l’eau à la valve principale, vidanger la tuyauterie et vider le réservoir d’eau chaude.Bois gratuit la Ville de Montréal a entrepris de distribuer gratuitement 300 cordes de bois aux citoyens privés d’électricité et dont l’habitation est dotée des installations nécessaires.Les points de distribution sont situés au parc Angri-gnon, au boisé de la Réparation, dans Pointe-aux-Trembles, et à l'angle de Gouin Est et de ülle, en face du parc-régional de l’île-de-la-Visitation.150 infirmières du Saguenay sont arrivées en renfort Haro sur les commerçants qui abusent CARO LIN E M O N T I» E T I T LE DEVOIR ISABELLE PARE LE DEVOIR Les renforts ont commencé à se faire sentir hier dans les hôpitaux et établissements de la Montérégie, notamment grâce à l’arrivée d'un contingent de 150 infirmières dépêchées par la région du Saguenay.Le retour du courant dans plusieurs hôpitaux de la Rive-Sud est venu apporter un peu de répit et diminuer la tension hier, notamment à l’hôpital Charles-Lemoyne.Ix?s hôpitaux de Granby, de Brome-Missis-quoi, du Haut-Richelieu à Saint-Jean-sur-Richelieu et du Réseau santé Ri-chelieu-Yamaska à Sainte-Hyacinthe demeurent toutefois tributaires de génératrices parfois minimales pour subvenir à leurs besoins.Malgré tout, le centre de coordination de la Régie régionale de la santé de la Montérégie estime que la situation se redresse, notamment grâce à l’arrivée de renfort en ressources humaines.En effet, cinq autobus transportant 150 employées de la Régie régionale de la santé du Saguenay sont arrivés hier du Saguenay pour prêter main-forte au personnel épuisé.Ces quelque 115 infirmières, 45 infirmières-auxiliaires et 190 travailleurs sociaux seront répartis dans les divers hôpitaux et centres de services aux sinistrés.La Régie maintient malgré tout son avis de rappel des employés des établissements.«Ça va permettre de pallier l’essoufflement du personnel.I^esgens de là-bas nous ont dit: “Im Montérégie nous a aidés quand il y a eu le déluge, on s’en souvient”», a dit hier Luce de Belle-feuille, porte-parole pour la Régie de la Montérégie.Par ailleurs, des cas de gastroentérite ont commencé à éclore hier au centre de services ties sinistrés de Ixmgueuil au cégep Édouard-Montpe- tit, où sont abritées 1200 personnes.En conséquence, une vingtaine de personnes ont été isolées et demeurent sous observation.Mais selon Mme de Bellefeuille, la situation est sous contrôle et les craintes d’épidémie sont écartées.Le centre de coordination de la Montérégie vient aussi de s’assurer du support du Dr Pierre Boucher, un médecin spécialisé en médecine de sinistres qui a oeuvré en Bosnie, pour mettre au point un plan d’action des soins médicaux et psychiatriques.Une dame âgée morte de froid à Longueuil Dans les hôpitaux, la situation demeurait difficile, bien que le retour du courant a l'hôpital Charles-Lemoyne de Greenfield Park ait un peu aidé à décongestionner l’hôpital Pierre-Boucher, qui a été littéralement pris d’assaut dimanche par l’arrivée de 22 ambulances entre 16h et 17h30.«Nous avons dû ouvrir une deuxième salle d’urgence dans notre clinique externe et des patients sont transférés sur les étages dans les lits de camp que nous a fournis l’armée.Nous avons triplé notre personnel et nous pouvons recevoir les malades», a dit hier Gilles Dufault, directeur de Pierre-Boucher.Le décès d’une dame âgée d’une soixantaine d’années, morte de froid dans son logement, a été constaté dimanche à cet hôpital.Les autorités de santé pressent d’ailleurs les gens à quitter leur demeure plutôt que de mettre leur vie en péril.«Les gens ne veulent pas quitter leur logement, car ils ont peur d'être volés.Mais il faut les convaincre de sortir de là pour sauver leur vie», ajoute M.Dufault.Le ministre de la Santé, Jean Rochon, qui effectuait hier une tournée en Montérégie, a par ailleurs annoncé un plan pour donner l’accès gratuit aux médicaments aux personnes sinistrées.Ix‘s gens qui résident encore chez eux en Montérégie pourront se présenter dans les pharmacies pour faire remplir ou renouveler leurs prescriptions, où les pharmaciens prendront leurs coordonnées.«Nous instaurons cette mesure en raison de la difficulté pour les gens d’avoir accès à de l’argent liquide», a expliqué Mme de Belle-feuille.Quant aux gens réfugiés dans les centres de services aux sinistrés, ils pourront avoir accès à des médicaments à des comptoirs que les pharmacies Jean Coutu ouvriront gracieusement dans la plupart des refuges municipaux.Renforts médicaux en zone sinistrée Les solutions de remplacement médicales pour donner un répit aux hôpitaux commencent aussi à s’organiser grâce à la coordination d’équipes de médecins.La clinique Pierre-Boucher à Longueuil est maintenant en mesure de recevoir les malades.Au cœur de la zone touchée, des cliniques médicales sans rendez-vous ont aussi été ouvertes au cégep de Saint-Hyacinthe, de même qu’à la clinique médicale de Saint-Denis (787-3233), à la clinique médicale d’Acton Vale (546-3245), à la clinique médicale d’Iberville, à la clinique médicale de Saint-Jean et au Médicentre de Saint-Jeaji.A Montréal, la situation demeure très congestionnée dans les urgences et certains hôpitaux, dont l’Hôpital général de Montréal, le Royal Victoria et le CHUM, et ceux-ci ont annulé leurs chirurgies électives.Au campus Hôtel-Dieu du CHUM, une personne a été hospitalisée en raison de brûlures dues à l’explosion de bonbonnes de propanes.L> Association des consommateurs ' du Québec (ACQ) a commencé hier de colliger les plaintes de consommateurs à l’endroit de commerçants qui tentent d’abuser de la panne d’électricité qui sévit actuellement Hier en après-midi, les plaintes reçues concernaient principalement le commerce de l’essence, de l’eau potable, du bois, des chambres d’hôtel, de chandelles et de matériel électrique.Dans le cas du commerce de l’eau embouteillée, on a vu des entrepreneurs de Montréal vendre leurs stocks 10 $ pour 18 litres d’eau, réclamant de plus un dépôt de 5 $, alors que le prix de vente régulier est généralement de 4,38 $ pour 18 litres.Aussi, ajoutait Marie-Claude Laroche, de l’ACQ.certains garagistes vendaient ce matin de l’essence à 69,9 C le litre alors que leur enseigne affichait le prix régulier de 61,40 C.Par ailleurs, des consommateurs ont rapporté que certains garagistes affirmaient systématiquement que les pompes des réservoirs contenant de l’essence moins chère étaient défectueuses pour vendre une essence plus coûteuse.On a également rapporté que des cordes de bois étaient vendues à un prix deux fois supérieur au prix habituel.«J’ai vu à la télévision qu'un marchand demandait 280 $ pour une corde de bois qui en valait 60», expliquait ixnir sa part Yvan Iépine, porte-parole de l’Office de protection du consommateur.En général, la loi ne force pas les marchands à vendre leurs produits à un prix donné, le marché étant soumis à l’offre et la demande.Cependant, lorsqu’un bien de consommation est vendu à un prix exorbitant, dans une situation d’exploitation et d’abus, le consommateur peut espérer trouver justice à la Cour des petites créances.Le contrat de vente entre les parties ne peut être rompu si le bien a été consommé.En général, l’Office de protection du consommateur (OPC) suggère aux gens de faire appel aux associations de détaillants pour obtenir justice.L’OPC peut également fournir du soutien aux consommateurs dans ces déip arches.A l’Association des consommateurs du Québec, on a également reçu des plaintes concernant des chandelles, vendues 3 $ pour un parquet de trois, en fonction du fait que 1,50 $ du prix de vente devait être remis aux sinistrés.Un quincaillier de Montréal aurait aussi profité de l’occasion pour faire grimper le prix des outils relatifs à l’électricité.Un hôtel affichant des rabais aurait fait grimper le prix des chambres dès hier matin.Le gonflement des prix dans un contexte de crise «n’est pas illégal, rappelle M' Laroche.Mais ce qu’on dit, c’est que les commerçants qui agissent ainsi ne font pas preuve de solidarité et qu’il faudrait essayer de ne pas nuire aux gens.» Après avoir vérifié la teneur des plaintes exprimées par les consommateurs, l'ACQ entend entreprendre des démarches auprès de l’Office de protection du consommateur et du Bureau d’éthique commerciale pour que des mécanismes préviennent à l'avenir ce genre d’abus.«Lorsqu’il y a concurrence entre les commerçants, les consommateurs sont protégés par cette concurrence, ajoute Me Laroche.Mais dans un cas comme celui-ci, où plusieurs commerces sont fermés, ceux qui restent ouverts peuvent agir abusivement.» L’ACQ souhaite donc dénoncer publiquement ces commerçants lorsque les plaintes s’avéreront fondées et réorienter ainsi les consommateurs vers des commerces ayant des pratiques «plus morales».Étude publique Vous êtes invités a participer a la prochaine assemblée de la commission.Date : Le mardi 27 janvier 1998 et, si nécessaire, le mercredi 28 janvier Lieu : 275, rue Notre-Dame Est Hôtel de ville, salle du conseil (Station de métro Champ-de-Mars) Heure : 19 h Lors de cette assemblée, vous pourrez : • obtenir des renseignements sur le projet de reglement inscrit à l'ordre du jour; • poser des questions et exprime, votre opinion sur ce projet.La commission recevra vos commentaires et formulera des recommandations au comité exécutif.L'ordre du jour comprend le projet de reglement suivant, soumis par le comité exécutif : 3.1 Modification de l'autorisation de redévelopper l'emplacement connu sous le nom de Benny MONTREAL c'est toi tnu villel Farm, situé de part et d'autre du boulevard Cavendish entre la rue Sherbrooke et l'avenue Monkland, et abrogation du règlement 94-110 prévoyant notamment : • la construction d'un ensemble de bâtiments de nature résidentielle qui comporte environ 1100 unités de logement, d'une hauteur variant de 2 a 6 étages et • la démolition de l'ensemble des constructions existantes, a l'exception des 2 bâtiments de 6 étages construits l'an dernier (S 97762100 - 97 0018555) (district électoral de Notre-Dame-de-Gràce).Renseignements sur les dossiers et sur les prochaines assemblées : Service des relations avec les citoyens 1301, rue Sherbrooke Est Édifice Lafontaine 872-8265 N.B.La documentation complète est disponible pour consultation dans tous les bureaux Accès Montréal.Le greffier, M8 Léon Laberge Les transports publics récupèrent Seul le pont Victoria est encore fermé BRIAN MYLES LE DEVOIR Pour la première fois depuis jeudi dernier, la Société de transport delà Communauté urbaine de Montréal (STCUM) a pu reprendre «normalement» ses activités hier.Ixt réalimentation de deux postes d’Hydro-Québec, Maisonneuve et Atwater, a permis à la STCUM d’offrir à sa clientèle un service aussi complet que possible dans les circonstances, en surface comme en souterrain.Hier matin, toutes les stations de métro étaient ouvertes au public.De même, toutes les lignes d’autobus sillonnaient le territoire de la CUM.Sur la ligne de métro 4-jaune, la fréquence de passage des trains était de sept minutes, comparativement à cinq minutes sur les lignes 1 verte, 2 orange et 5 bleue.En surface, 1213 autobus étaient en circulation.«Ijes gens ont respecté le mot d'ordre et sont restés à la maison, a observé Odile Paradis, porte-parole de la STCUM.Selon les estimations, l’achalandage dans le métro était de 20 à 40 % de sa capacité.Habituellement, à l’heu- re de pointe du matin, on roule à 75 % de la capacité.» la STCUM demande toutefois à sa clientèle de faire preuve de patience.En surface, des obstacles naturels comme les branches et les las de neige retardent encore les véhicules.Certains tronçons de rue ont par ailleurs été fermés pour le déglaçage des immeubles commerciaux, ce qui oblige les chauffeurs à faire des détours.Afin de faciliter les déplacements entre Laval, Pile de Montréal et la Rive-Sud, la Société de transport accepte maintenant les litres de la STL et de la STRSM sur son réseau.Fait cocasse, les élus locaux ont débattu pendant des années sur l’intégration tarifaire à l’échelle métropolitaine sans jamais arriver à s’entendre.Ix: verglas et les pannes qui en ont découlé ont en quelque sorte accéléré l’intégration.jusqu’à nouvel ordre du moins.Quelque 75 autobus sont enfin en service pour déplacer les personnes sinistrées, tandis que le transport adapté est en opération pour les urgences seulement.Ix-s ponts Jacques-Cartier, Champlain et Mercier sont maintenant ou- verts au même titre que le tunnel Louis-Hippolyte-LaFontaine.A la Société de transport de la Rive-Sud de Montréal (STRSM), 26 liaisons étaient assurées hier; aujourd’hui, ce sera 28.Normalement, la STRSM compte 67 lignes aux heures de pointe et 41 lignes en période hors-pointe.»Nous avons été affectés par les pannes, a indiqué le porte-parole de la STRSM, Raymond Allard.Notre plus grand centre d'exploitation, rue Saint-Hubert, est en black-out depuis trois jours.» Il en résulte des lenteurs dans l’entretien et la réparation des véhicules.Fait inusité, la STRSM a complètement interrompu son service de 19h vendredi dernier jusqu’à samedi matin.«C’était devenu impossible, lance M- Allard.Ijes ponts étaient fermés.Ix: réseau de métro n’était absolument pas fiable.Il y avait des retards d’une demi-heure à une heure, alors que les gens de là STCUM prétendaient que le réseau fonctionnait bien.Ix’s conditions climatiques étaient exécrables.Ix taux d’absentéisme était élevé, plusieurs de nos employés restant en Montérégie.Notre mission, c’est de servir la clientèle, mais à un moment donné, on n’était plus capables.» I )u côté des trains de banlieue, les choses vont lentement.Ainsi, la liaison entre Blainville et la gare Jean-Talon est assurée à partir de Sainte-Thérèse.Il n’y avait hier que deux départs le matin (6h54 et 8h44) et autant je soir (16h55,18h30).Mais dès aujourd’hui, le service reprend à la régulière, à raison de quatre voyages par jour.Sur la ligne Deux-Montagnes-Montréal, le train roule sans problèmes.Le train Rigaud-Montréal reste toujours paralysé.Des fils à haute tension sont tombés et des branches obstruent la voie.Entre-temps, la STCUM renforcera son service sur les lignes 211 Baie-d’Urfé et 221 métrobus Lionel-Groulx pour assurer le lien vers Montréal.A Via Rail, les trains ne roulaient toujours pas entre Montréal et Québec, Montréal et Ottawa, Montréal et Toronto ainsi que Ottawa et Toronto.I x- service a repris entre Montréal et Halifax, mais avec des délais de deux à trois heures.Toronto et Kingston sont aussi reliées par le train depuis hier matin.Pour ce qui est de la liaison Montréal-Gaspé, ça reprend aujourd’hui.1 i I.K I) K Y (III!.I.K M A It I) I I ;i .1 A X Y I K I! I !» il 8 A 5 LE DEVOIR LE MONDE Un Parlement pour PUlster?Londres et Dublin pressent le mouvement des pourparlers de paix AGENCE FRANCE-PRESSE i: n Il R E F Violence dans la région des Grands Lacs Kigali et Bujumbura (Reuter) — Des rebelles hutus ont tué neuf religieuses dans leur couvent, dans le nord-ouest du Rwanda, ont fait savoir hier les autorités locales.Les religieuses — trois Tutsies rwandaises, bois Hutues rwandaises et et trois Congolaises de la Répuboique démocratique du Congo — ont été tuées jeudi dernier par balles et à coups de machettes, ont précisé les autorités à l'agence Independent Rwanda News Agency.Au Burundi, cinquante cinq personnes ont trouvé la mort à la périphérie de Bujumbura lors d’affrontements, dimanche, entre l’armée burundaise, dominée par la minorité tutsie, et les rebelles hutus, a annoncé un porte-parole du ministère de la Défense.Les combats, qui ont éclaté dimanche, se poursuivaient hier après-midi, selon cette source.D’après des témoins et des sources militaires, l’armée a pilonné des positions rebelles à l’aide d’un hélicoptère d’attaque «à Nyam-buye, dans les collines à 10 kilomètres à l’est de la capitale.Cette petite localité a également été attaquée par des roquettes tirées par un avion.Bonn indemnisera les victimes de la Shoah en Europe de l’Est Bonn (Reuter) — Di Jewish Claims Conference UCC), une organisation américaine créée pour redistribuer les indemnités versées par l'Allemagne, a annoncé hier que le gouvernement de Bonn avait accepté de créer un fonds de 200 millions de marks (110 millions de dollars) pour indemniser les Juifs victimes de l’Holocauste qui vivent encore en Europe orientale et dans l’ex-URSS.Dans un communiqué envoyé à Bonn par télécopie, la JCC, dont le siège est à New York, précise que le fonds concernera des personnes privées des indemnités versées par l’Allemagne de l’Ouest car elles vivaient «derrière le rideau de fer».Monténégro: Bulatovic accepte sa défaite Podgorica (Reuter) — L’émissaire américain en ex-Yougoslavie, Robert Gelbard a déclaré hier que le président monténégrin sortant Momie Bulatovic avait accepté la victoire de son rival réformateur aux élections, ce qu’il refusait al> solument de faire jusque-là.«J'ai été très content d'apprendre que le président Bulatovic accepte et honore l’élection du prê-sident-élu (Milo) Djukanovic», a-t-il dit dans une conférence de presse à Podgorica.«[Bulatovic] a dit attendre avec impatience l’investiture jeudi du président Djukanovic.» Les décimations de l’émissaire américain interviennent alors que plusieurs milliers de partisans de l’ex-président monténégrin manifestaient hier dans les rues de Podgorica pout-protester contre l’entrée en fonction de Milo Djukanovic, 35 ans, soutenu par les Occidentaux.Bulatovic avait jusque là affirmé qu’il ne lui céderait lias le pouvoir, jugeant frauduleuse l’élection présidentielle d’octobre dernier.Les observateurs internationaux estiment que le scrutin s’est déroulé dans des conditions équitables.Exécutions au Xinjiang Pékin (Reuter) — Seize personnes ont été exécutées dans la province du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, rapporte le journal Xinjiang Iwgal Daily dans son édition du 2 janvier reçue hier à Pékin.Parmi elles figurent sept membres d’une bande responsable de la mort de 13 personnes.les Hi personnes ont été exécutées le 29 décembre après avoir été condamnées par un tribunal d'Urumqi, chef-lieu de cette province où les militants musulmans sont actifs.Une tuerie fait 103 victimes au sud d’Alger Cest la première fois que les forces de sécurité font état d’un bilan aussi lourd Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a déploré hier la poursuite des massacres en Algérie et demandé à leurs auteurs de mettre fin à leurs crimes.Les massacres des derniers jours portent à au moins 1100 le nombre de civils tués depuis le début du ramadan, il y a deux semaines.Belfast — Londres et Dublin ont présenté hier une formule de compromis aux négociateurs sur l’avenir de l’Irlande du Nord, dans l’espoir d’arracher un accord d’ici mai, après des mois d’impasse et en dépit des récents attentats extrémistes.La formule représente un délicat équilibre entre les aspirations des protestants unionistes et des catholiques nationalistes, propre à satisfaire au moins les grands partis modérés des deux camps: le principal parti protestant d’Ulster (Le parti unioniste d’Ulster - UUP de David Trimble) et les nationalistes du SDLP.Le Sinn Fein, l’aile politique de TIRA, a accueilli avec une extrême prudence cette nouvelle base de négociations mais a affirmé qu’il resterait au sein des négociations pour défendre la cause d’une «Irlande unie».«C’est une très bonne journée» a dit le ministre irlandais des Affaires étrangères David Andrews, «nous avons ouvert une route vers un accord».Le ministre britannique à l’Irlande du Nord Mo Mowlam a estimé que les propositions, que les négociateurs commenceront à discuter cet après-midi, étaient «équilibrées et équitables».La formule concoctée à la faveur d’intenses négociations auxquelles le premier ministre Tony Blair, en visite au Japon, a pris une part très active, prévoit la juxtaposition de trois organes: un Parlement élu à la proportionnelle «qui devra recueillir le soutien des deux communautés», un conseil ministériel et un Conseil des îles.Selon un sondage publié hier par le Belfast Telegraph, 86 % des protestants et 80 % des catholiques jugent l’idée d’une assemblée pour le moins «acceptable».Le conseil ministériel réunirait des responsables exécutifs issus de l’assemblée nord-irlandaise et des ministres ir-landais, répondant respectivement devant cette assemblée et devant le Parlement de Dublin.Il s’agit là d’un organe exécutif nord-sud ardemment souhaité par les nationalistes.I-ondres et Dublin avancent enfin l’idée d’un Conseil des îles regroupant des représentants de Londres, Dublin, et des trois futures régions autonomes du Royaume-Uni, l’Ecosse, le Pays de Galles et l’Ulster, un projet défendu par les unionistes.Ces nouvelles institutions nécessiteront un changement de la Constitution irlandaise, qui devra abandonner sa revendication territoriale sur l’Irlande du Nord.Parmi les autre sujets à débattre figurent une charte des droits de l'homme, garantissant la non-discrimination et l’égalité des droits des protestants et de la minorité catholique.AGENCE FRANCE-PRESSE ET REUTER Alger — Un «groupe terroriste» a assassiné 103 personnes et en a blessé 70 autres, dont dix grièvement, dimanche soir au village de Sidi Hamed, dans la province de Blida, au sud d’Alger, ont annoncé hier les forces de sécurité algériennes dans un communiqué.C’est la première fois en six ans de conflit que celles-ci, qui passent ixiur sous-estimer régulièrement le nombre des victimes de massacres, font état d’un bilan aussi lourd lors d’une opération attribuée à des éléments islamistes armés.Elles précisent, dans leur communiqué diffusé par l’agence officielle de presse AI’S, que deux membres du groupe d’autodéfense du village ont été tués en tentant de s’opposer au commando d’assaillants et que deux membres des forces de sécurité ont été blessées.«Le bilan aurait certainement été plus lourd sans la résistance des groupes de légitime défense de Sidi Hamed et sans l'intervention des forces de sécurité», affirment celles-ci en assurant avoir tué cinq assaillants, dont les corps ont été emportés par leurs «acolytes», et en avoir blessé plusieurs autres.Rapportant des témoignages de survivants, les quotidiens Liberté et Le Matin écrivent que l’attaque s’est déroulée en deux temps à la tombée de la nuit, au moment de l’iftar, le repas traditionnel de la rupture du jeûne du ramadan.Un jeune inconnu a d’abord lancé une bombe dans un local aménagé en vidéothèque artisanale, où d’autres jeunes regardaient un film.Selon les forces de sécurité, l'explosion a fait plusieurs morts et blessés.Lorsque les survivants se sont rués vers la sortie, le commando de tueurs qui les attendaient a entrepris de les égorger au sabre et au couteau avant de s’en prendre aux femmes et enfants.Le ministre de l’Intérieur, Moustafa Ben-mansour, s’est rendu hier sur les lieux du carnage et les forces de sécurité, qui ont bouclé le secteur, ont entrepris une vaste opération de recherches pour retrouver le commando de tueurs.Ce massacre, auquel s’ajoutent, selon Liberté et Al Khabar, neuf autres victimes assassinées dimanche à l’aube à Zouia, dans la région de Tlemcen, porte à au moins 1100 le nombre de civils tués depuis le début du ramadan, il y a deux semaines.Considéré par les islamistes armés comme propice à leur «djihad», ce mois de jeûne musulman est généralement plus sanglant que les autres, mais cette année plus encore que les précédentes.Cette recrudescence d’une violence que les autorités qualifiaient il y a |X'ii encore de «résiduelle» suscite l’indignation de la communauté internationale, de Washington à Téhéran, en passant par Londres, Bonn, Paris et Rome., ( * i wmj \ \ vv" Désolation chez les villageois dans la province de Bouira.KKUIKHS Concertation Une concertation entre les Quinze sous l’égide de la présidence britannique de l’UE a abouti à un projet de mission de la «troïka» européenne à Alger, dont le gouvernement, qui rejette toute «ingérence» étrangère, a fait savoir par avance qu’elle ne serait autorisée qu’à parler de coopération en matière de lutte antiterroriste.Les Européens auront été précédés hier à Alger par un représentant de la ügue arabe et un émissaire du Canada, chargé de faire part de la «profonde préoccupation» du gouvernement d’Ottawa.A Sidi Hamad, les attaquants ont profité de la nuit, du relâchement après la rupture du jeuûe, et de la nature du terrain, en attaquant un village certes proche d'Alger, mais adossé1 à la montagne et des zones de maquis.Plus de 150 000 gardes communaux et «patriotes» sont désormais déployés, selon des estimations officieuses.Mais de nombreux villages en sont encore dépourvus, comme dans les monts de l'Ouarsenis (250 kilomètres à l’ouest), où des douars isolés ont été décimés.Les secours ont mis parfois des heures à arriver dans ces montagnes truffées de ravins, de grottes, propices à la guérilla.L’armée souffre én outre d’effectifs de base limités (environ 130 000 hommes, la moitié de conscrits) dans un pays grand comme cinq fois la France.Elle doit puiser chez les réservistes et a relativement peu de troupes d’intervention anti-guérilla.Un des principaux partis d’opposition, le Front des forces socialistes (FFS) accuse le pouvoir d’avoir demandé à l’armée de protéger le pays «utile», les villes, les grands axes, et surtout les sites pétroliers et gaziers sans se soucier des populations de l’intérieur.A l’automne dernier, le chef d’état-major, le général Mohamed Iamari était intervenu dans les médias pour réfuter les accusations, rejetant toute idée de «passivité», voire de «complicité» des forces de sécurité dans les massacres.Il avait expliqué que certaines tueries avaient été rendues possibles par des «défauts d’alerte».Guerre sainte .&* ife REUTERS DES RELIGIEUSES de l’Église de Saint-Josepli s'adonnaient hier à une bagarre de boules de neige près de la porte de Jaffa, dans la vieille ville de Jérusalem.Une quinzaine de centimètres de neige s’est abattue sur la région.L’Irak réalimente la crise avec l’ONU Bagdad s’oppose à la composition d’une équipe d’experts en désarmement AGENCE FRANCE-PRESSE Bagdad — L’Irak a relancé hier la crise avec les experts de l’ONU en désarmement en interdisant à une équipe dirigée par un Américain de mener des inspections et en exigeant un rééquilibrage de sa composition.«L'Irak a décidé d’interrompre à partir d'aujourd’hui les inspections de la Commission spéciale de l'ONU chargée de désarmer l’Irak [UNSCOM] dirigées par l’Américain Scott Ritter, jusqu’à que ce que la composition de son équipe soit rééquilibrée», a déclaré un porte-parole officiel, cité par l'agence INA L’Ipak avait invoqué ce qu’il estime être la domination des Etats-Unis sur l’UNSCOM pour expulser les inspecteurs américains le 13 novembre, avant d’autoriser leur retour quelques jours après, à la suite d’un accord avec la Russie.Selon Bagdad, cet accord portait sur un rééquilibrage de la composition des équipes d’experts de façon à ce qu’elles comptent moins dAméricains et de Britanniques.Le porte-parole irakien a affirmé que la composition de l’équipe de M.Ritter, arrivée dimanche à Bagdad, «qui compte neuf Américains, cinq Britanniques, un Russe et un Australien, constitue une preuve flagrante du déséquilibre au sein de l’équipe d’inspection».Il a affirmé que «la décision irakienne restera en vigueur jusqu'à ce que l’équipe de l’ONU soit modifiée, pour qu ’un équilibre soit réalisé au sein de l’UNSCOM entre les pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU».Ce nouveau bras de fer avec l’ONU intervient une semaine avant la visite à Bagdad du chef de l’UNSCOM, Richard Butler.Celui-ci, qui doit séjourner en Irak du 19 au 21 janvier, doit notamment redemander aux Irakiens d’autoriser l’inspection de leurs sites sensibles, dits présidentiels.Interrogé par l'AFP sur la nouvelle crise entre l’Irak et l’ONU, M.Alan Dacey, assistant du directeur du centre de surveillance de l’UNSCOM à Bagdad, s’est contenté de dire que «la question est actuellement discutée à New York», siège de l’ONU.M.Dacey n’a pas voulu préciser la nature des sites inspectés par l’équipe de M.Ritter hier.Des journalistes ont vu hier matin l’équipe inspecter un hôpital et un école hôtelière à Bagdad avant de se rendre sur d’autres sites.Le général Houssam Mohammad Anine, directeur de l’organisme irakien de surveillance nationale, chargé des relations avec l’UNSCOM, avait déclaré dimanche s’attendre à ce que l’équipe de M.Ritter «demande à inspecter des sites sensibles».Bagdad s’était plaint dimanche, à l'arrivée de l’équipe, qu’elle soit à prédominance américaine.Le conseiller du président américain Bill Clinton pour la sécurité nationale, Sandy Berger, avait répliqué que la composition des équipes de l’UNSCOM était du ressort de l’ONU et non de Bagdad.L’Irak a répondu hier qu’il «refuse que les Etats-Unis se posent en tuteurs de l’UNSCOM».Scott Ritter, qui avait déjà dirigé en Irak une mission d’experts en décembre, avait été accusé à plusieurs reprises par Bagdad d’être un «espion à la solde des États-Unis».L’Irak s’était plaint d’une inspection qu’il avait menée sur un site touristique sans coordination avec les autorités.Bagdad avait annoncé le 29 octobre qu’il expulserait les experts américains de l’UNSCOM à moins que l’ONU fixe une date pour la levée de l’embargo multiforme qui lui est imposé depuis l’invasion du Koweït en août 1990.Il avait mis sa menace à exécution le 13 novembre.L'UNSCOM avait alors retiré la quasi-totalité de son personnel d'Irak avant qu’il n’y retourne à la suite de l’accord avec la Russie.L’Europe se mobilise contre le clonage humain Washington condamne les projets d’un «scientifique fou» AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — L’Europe a entamé, hier à Paris, une mobilisation sans précédent contre le clonage d’êtres humains au moment où la décision d’un chercheur américain de réaliser un clonage déclenche une vive réaction de l’administration Clinton et de chercheurs en bioéthique.Dix-neuf pays européens ont signé hier soir au ministère français des Affaires étrangères un texte qui, de fait, sera le premier instrument juridique international contraignant, interdisant le clonage d'êtres humains et sanctionnant cette pratique.Il n’entrera toutefois en vigueur qu’une fois ratifié par cinq des signataires.Ce protocole complète une Convention européenne sur la biomédecine signée par 22 des 40 pays membres du Conseil de l’Europe.Il exclut toute dérogation à l’interdiction de créer des êtres humains génétiquement semblables à un autre, vivant ou mort, et quelle que soit la technique.Il prévoit de lourdes sanctions pé- nales en cas d’infraction constatée dans les pays européens.Ces sanctions s’accompagneront d’une interdiction d’exercer pour les chercheurs et praticiens et de la suppression des licences des laboratoires ou cliniques concernés.Des poursuites pourront être engagées contre des laboratoires ou des citoyens européens qui ouvriraient des cliniques en dehors de l’Europe.Le texte a été signé par le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, l’Islande, l’Italie, la Lettonie, le Luxembourg, la Moldavie, la Norvège, le Portugal, la Roumanie, Saint-Marin, la Slovénie, l’Espagne, la Suède, la Macédoine et la Turquie.Il est ouvert à la signature des autres pays membres du Conseil de l'Europe et à d’autres Etats qui ont participé à son élaboration, en particulier l’Australie, le Canada, le Japon, le Vatican et les Etats-Unis.«Le clonage d’êtres humains serait une prédermination de l’enfant à naître et la porte ouverte à un eugénisme collectif¦, a déçlaré le ministre français de la Justice, Elisabeth Guigou, après avoir signé le protocole au nom de la France.Le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Daniel Tarschys, a pour sa part mis en garde contre cette pratique, «menace pour l’identité de l'individu».«Il est dans l’intérêt des droits de la dignité de l’homme de préserver la nature fondamentalement aléatoire de la composition du patrimoine génétique des individus», a-t-il commenté.La question du clonage d’êtres humains est d’actualité depuis qu’un chercheur américain, Richard Seed, a annoncé son intention de procéder à brève échéance à une telle expérience et de mettre en place dans la région de Chicago une clinique de clonage humain destinée à créer des enfants |x>ur des couples stériles.Le secrétaire américain à la Santé Donna Shalala a qualifié Richard Seed de «scientifique fou» et assuré que «le président Clinton et ce pays sont opposés au clonage humain».«Im communauté scientifique est unanime sur ce point.Nous obtiendrons une lui.Iw Lf Seed ne clouera pas d’êtres humains dans ce pays», a-t-elle prédit.Le chef de police du Chiapas aurait armé les paramilitaires AGENCE FRANCE-PRESSE Mexico — Le chef de la police du Chiapas a été arrêté après avoir été accusé d’avoir remis des armes à des civils dont l’un est accusé d’avoir ixtrticipé au massacre, il y a près de trois semaines, de 45 Indiens près de San Cristobal.Felipe Vazquez a été accusé d’avoir autorisé l’utilisation, par des civils d’armes de la police et d’avoir ordonné que des véhicules de la police transportent des cartouches et des armes jusqu’au village Ins Chorros, près d'Acteal (à une cinquantaine de kilomètres de San Cristobal) où le massacre à eu lieu le 22 décembre dernier.Selon la justice, Felipe Vasquez a reconnu avoir participé à la distribution d’armes et a indiqué qu'il en avait remis à des civils après en avoir reçu l’ordre de ses supérieurs.Ije chef de la |X)lice est notamment accusé d’avoir remis des armes à Direnzo Gomez, actuellement détenu pour avoir participé au massacre.Des paramilitaires liés au Parti révolutionnaire institutionnel (PR1, au pouvoir depuis près de 70 ans) ont été rendu responsables du la tuerie tandis des organisations humanitaires non-gouvernementales et des représentants de l’Église catholique au Chiapas ont reproché aux autorités de n’avoir rien fait pour l’empêcher.Après le massacre, Jacinto Arias Cruz, le maire de la localité de Chenalho, dont dépend Acteal, a été arreté tandis que le gouverneur du Chiapas, Julio Cesar Ruiz Ferro, a été contraint à démissionner mercredi dernier.I I.E I) K V 0 I It .I.K M A It I) I I :t .1 A X V I E It I II II ,S A (i E I» I T 0 I! I A I.Difficile équilibre Jean-Robert Sansfaçon Vjr 1 Pendant que les milliers de travailleurs d’Hydro-Québec mettent les bouchées doubles pour reconstruire le réseau et rétablir le courant, le gouvernement, les municipalités, l’armée et les béné-vojes font des pieds et des mains pour venir en aide aux centaines de milliers de citoyens privés d’électricité.Entre la centralisation des opérations de secours et la décentralisation des problèmes, l’équilibre est très fragile.D ans l’ensemble, et compte tenu de l’ampleur de la catastrophe, il faut se féliciter de la rapidité de réaction des autorités et du déroulement général des opérations de secours sur l’ensemble du territoire sinistré.Tant les responsables politiques que civils, policiers et militaires n’ont pas ménagé leurs efforts pour répondre rapidement et efficacement aux attentes.Par contre, au fil des jours, des lacunes d’une importance relative sont apparues qu’il vaut la peine de relever.A commencer par la lenteur de la Sécurité civile à déménager son quartier général au cœur de là bête, à Montréal.Ce qui porte à nous demander pour quelle raison le gouvernement a choisi Sainte-Foy comme base permanente de la Sécurité civile, alors que la probabilité de catastrophe de toutes natures est de loin plus forte dans la grande région métropolitaine, là où habite la moitié de la population du Québec, où sont concentrés les grands aéroports, les immeubles en hauteur et des dizaines (l’entreprises de transformation de produits dangereux.Pourquoi s’entêter à tout regrouper dans la capitale politique au lieu de suivre la logique la plus élémentaire qui veut que l’efficacité des interventions dépende de la rapidité de réaction à un désastre?Au Québec, ce sont les municipalités qui, de par la loi, sont responsables de l’application des mesures d’urgence.Par contre, c’est aux fonctionnaires de la Sécurité civile qu’il revient d’assurer la coordination des opérations.Ce qui ne va pas toujours de soi.Dans un cas comme celui de Saint-Jean qù le maire a dû crier sa frustration publiquement avant d’être entendu plusieurs jours après le début de la crise, qu’est-ce qui n’a pas fonctionné: est-ce la Sécurité civile qui n’a pas entendu les premiers appels à l’aide de la municipalité, ou cette dernière qui n'a pas su loger assez rapidement et précisément sa demande?Le même type de questions se pose à propos des messages contradictoires en provenance d’unités régionales de la Sécurité civile qui (lisaient ne pas avoir reçu de requêtes pour du bois de chauffage au moment même où des maires lançaient des S.O.S.: d’où vient cette contradiction?La Sécurité civile était-elle prête à faire face a un scenario de catastrophe en hiver?Devant de tels quiproquos, certains sont portés à exiger une plus forte décentralisation des opérations vers les municipalités.Vrai, ces dernières sont plus proches des gens.Par contre, cette décentralisation très poussée des responsabilités se transforme vite en inconvénient quand vient le temps de répondre à des besoins plus lourds pour les citoyens de plusieurs régions à la fois.Alors, c’est aux responsables nationaux d'intervernir et ce, de façon autoritaire si nécessaire.C’est une chose que de lancer un appel pour recueillir du bois de chauffage, c’en est une autre que de trouver des génératrices de grande puissance, de coordonner l’hébergement de longue durée pour des milliers de personnes, ou encore de lancer une opération militaire.Ce qui nous ramène à la Sécurité civile et à son rôle de coordination des opérations de secours.Ses responsables n’ont-ils pas été les premiers surpris par la nature même des demandes reçues de partout depuis une semaine?On le croirait.Le Québec étant un pays de neige et de froid, existait-il une liste de propriétaires et fournisseurs de génératrices de forte puissance, une liste des produits essentiels à distribuer aux gens en cas de panne prolongée, des codes de procédure à l’intention des familles en cas d’évacuation rapide des résidences par froid intense?Comment se fait-il que chacun soit réduit à attendre les conseils glanés ici et là par les journalistes, alors que des autorités civiles on ne reçoit que des mises en garde contre les dangers de ceci ou de cela?En d’autres mots, la Sécurité civile qui fontionne très efficacement quand il s’agit de coordonner le tranvail des grandes institutions publiques, ce qui est déjà une réussite considérable, était-elle prête à répondre aux demandes concrètes des citoyens aux prises avec une interruption de courant prolongée en cette saison de l’année?Et au plan national, est-on toujours persuadé de l’efficacité du partage des rôles et des responsabilités entre les différents ordres d’intervention?Une fois la crise passée, et malgré le merveilleux effort de solidarité démontré de façon spontanée par les travailleurs du secteur public et par les simples citoyens depuis une semaine, il faudra revenir sur ce rôle de la Sécurité civile, sur la pertinence de ses interventions au moment des crises, mais aussi entre les crises.Les voix de la paix tiennent bon en Ulster Guy Ta — es voix de la paix tiennent bon en Irlande Ldu Nord, mais la vague de violence déclenchée il y a deux semaines par l’assassinat du leader protestant Billy Wright par un ==J groupe dissident de l'IRÀ vient rappeler que ces voix peuvent à tout moment être prises en otage par le caquetage sanglant des armes.Alors que les pourparlers sur l’avenir de l’Ulster qui se déroulent au château de Stormont entrent ces jours-ci dans une phase critique, la série d’attentats qui a culminé ce week-end avec l’assassinat d’un neveu de Gerry Adams plonge l’opinion publique dans un pessimisme qui ressuscite, après quatre mois de calme relatif, la fatalité de la guerre civile.Vingt-huit ans de conflits violents ont développé chez les Nord-Irlandais des réflexes d’irascibilité intercommunautaire et d’incrédulité face aux chances de paix.Les attentats commis depuis deux semaines sont le fait de minorités influentes et brutales dans les camps catholiques et protestants.Toutes dissidentes quelles soient, leurs voix intransigeantes ne sont pas pour autant marginales dans l’opinion publique.Londres semble avoir fait le choix de composer avec elles d’une manière nouvelle, en tentant de les attirer, la où l’occasion se présente, sur le terrain du dialogue.i 11 e f e r Pour la simple raison que la paix en Ulster doit passer par le musèlement non seulement militaire, mais aussi politique des groupes extrémistes.Il y a derrière cette approche la vision toute faite de conciliation et de pragmatisme du premier ministre Tony Blair.C’est dans cette perspective que la ministre britannique à l’Irlande du Nord, Mo Mowlam, au cours d’une visite inédite à la prison du Maze, a demandé aux terroristes loyalistes qui y sont emprisonnés de donner leur bénédiction à la participation des partis protestants aux négociations de paix qui reprenaient hier à Belfast sur la base d’un plan de compromis présenté par Londres et Dublin.En obtenant cette bénédiction, quoique a l’arraché, Mme Mowlam a fait échec aux visées des tueurs de l’irréductible loyaliste Billy Wright dont l’assassinat a mis le feu aux poudres sans toutefois, pour le moment, faire capoter le processus de paix.A quatre mois du référendum qui sera tenu dans les deux friandes, les parties qui reprennent les négociations cette semaine à Stormont sont engagées dans une course contre la montre — et contre les extrémistes.Iœs armes ne sont pas, cette fois-ci, parvenues à saboter la relance des négociations.Pour la paix, la victoire est modeste, mais néanmoins cruciale.De quel droit?A propos des pavés dans la marre de la Cour suprême (D: Devoir, 8 janvier 1998), pourquoi, à ce moment-ci, ressasser des truismes réducteurs?On cherche en vain l’aspect pastoral de cette intervention.Je suis d’accord avec Gilles Ixsage lorsqu’il écrit que la sécession du Québec serait un acte politique «au sens plein du terme».Mais je me demande comment une décision de cette nature pourrait évacuer sa dimension juridique, essentielle dans une société de droit.N’en déplaise au cardinal Turcotte, c’est bien a l’instance judiciaire qu'il appartient de dire; ce qui est ou n’est pas conforme au droit, en cette matière comme en tant d’autres.Quand il affirme que «ce n’est pas a la Cour suprême de nous dire si on a le droit de décider", au mieux il s’expri- E E T T H E S me improprement, au pire il se fourvoie et induit ses ouailles en erreur.I-e fait que son discours ait été récupéré immédiatement par les sécessionnistes aura-t-il au moins éveillé quelques doutes dans son esprit?fa question demeure donc de savoir dans quel cadre juridique on se situe lorsqu’on propose la sécession d’une province du Canada: droit canadien, droit supranational, droit planétaire si la chose.* existe?Quand on le saura, cela n’empêchera pas une majorité de Québécois de vouloir ou même d’enclencher une action non conforme au droit.Mais on devra être conscient alors que le droit a cédé le pas a la force, la force du nombre.Les inévitables arbitrages finiront des lors devant le plus fort.Washington en l’occurrence.Enfin, on s'attend du titulaire de l’archevêché de Montréal, ville cos- mopolite, qu’il mette les choses en perspective, s’il croit utile de s’insérer dans un débat déjà trop marqué par la partisanerie politique.D* dernier référendum a laissé la société québécoise plus divisée que jamais, «les ethniques» ayant été maladroitement montrés du doigt comme ennemis du «peuple».Les appels incantatoires à la souveraineté du peuple deviennent suspects lorsqu’on se souvient que celle-ci s’est exprimée deux fois sur la même question depuis 15 ans.Le peuple, le peuple.Si on lui accordait dans les faits la moitié de la considération et de l'estime qu’on lui voue en paroles, on cesserait au moins de le traiter comme un écolier récalcitrant, l’obligeant à répéter sans cesse le même exercice.François Caron Saint-Rédempteur-de-IÂvis, R janvier 1998 Æ TAKK \ PEuxifMÊ H h "W % >¦ \ 1 h a g ET Des permis de filer le cancer?— Depuis quelques semaines, j’ai quelque chose en travers de la gorge qui ne passe pas.C'est juste ici docteur, là, oui, oui, vous voyez?— Ça s'appelle «permis de polluer», Baillargcon.— Ah oui, ça me revient.J'ai bouffé ça à Kyoto.On m’avait pourtant garanti que c'était bon pour ma santé.Mais non: j'arrive pas à gober.J e sais que bien des observateurs ont jugé que la conférence de Kyoto était un pas dans la bonne direction, l’amorce, timide sans doute mais réelle tout de même, d’une collective prise de conscience écologique.J’en conviens.Mais n’empêche: l’idée de mettre sur le marché des droits de [xilluer, j’arrive pas à admettre.On avait donc un problème, qui se formule comme ceci: les émissions anthropiques de gaz à effet de serre risquent de transformer la planète en four.Le risque semble bien réel, au |X)int où il faut, parait-il, faire quelque chose rapidement, de préférence avant que des poissons tropicaux ne se retrouvent dans le Saint-Laurent et le Saint-Iaurent dans ton salon.On se réunit donc et on cause.Les joueurs mettent en place leurs billes.Il y a beaucoup de gros sous et des tas de très très gros joueurs.Retenez bien ce détail.Après des jours de discussions, tout ce beau monde émerge et nous sort ceci, tout fier: on va émettre des permis de polluer, qui s’achètent et qui se vendent.C’est la Loi de Say, mon frère, aussi solide que celles de Newton.les externalités sont un problème?Rentrons les externalités dans le marché.Résultat: la pollution est une marchandise, la dépollution un marché.L’écologie entrant dans le marché, on est sauvés parce que le marché règle tout, c’est bien connu, pour autant qu’on ne l’emmerde pas et qu’on laisse jouer la grande main invisible.Rompez.On oublie un peu rapidement quelques détails, il me semble.Pas Herman Daly, en tout cas (Beyond Growth, Boston, 1996).Suivons-le: ça \o r Uni incite à un peu de scepticisme.Et invite à conclure ceci: dans ce cas comme presque tous les cas, le marché est une fiction commode au service des maîtres.La preuve.Primo, il faudra bien déterminer au départ combien on peut polluer.Ce ne sera pas le marché qui va faire ça, nom de nom.Un tel jugement doit être informé — au mieux de ce qu’on sait — et reposer sur des valeurs, des critères moraux.Lesquels?Pourquoi?Posons donc qu’on arrivera bien à un chiffre, mais qu’il sera fonction du pouvoir de négociation des partis concernés.Ça laisse songeur.Secundo, ces droits de polluer, il faudra bien ensuite les allouer.Sur quels critères, encore une fois?Op les donne?On les vend?A prix fixe ou aux enchères?Aux individus, aux firmes, aux pays?On les donne, tiens, comme ça s’est fait aux Etats-Unis pour le dioxyde sulfurique.Non, finalement: on les vend.Mais quoi qu’on fasse, ça laisse songeur, ça aussi.Tertio, enfin, ces droits de polluer s’échangeront.Bon, ici pas d’erreur: le voilà enfin, le marché.Grâce à lui, ceux qui ont les moyens |x>l-lueront.Ils pollueront là où ça rapporte le plus.Des citoyens d’un quartier pauvre de Dis Angeles sont au courant de ce que ça veut dire.Ils arguent, entre deux toussotements, que le programme de permis de polluer en place chez eux fait en sorte qu’ils reçoivent plus de pollution que les autres, plus fortunés.In cause est devant les tribunaux, qui ne sont pas encore privatisés, hélas.Dans le Tiers-Monde, ce sera pareil.On rachètera aux pauvres leur permis de polluer, dont ils n’ont que faire de toute façon.Ou alors on ira polluer chez eux carrément.Notez bien que c’est une solution tout à fait dans l’esprit du marché.Ce n’est pas la Banque Mondiale qui va me contredire: elle a déjà écrit noir sur blanc, si j’ose dire, que le Tiers-Monde est sous-pollué et qu'il est rationnel d'aller polluer là-bas puisque ces ploucs crèveront de* toute façon avant de ressentir les effets de la pollution.CQFI ).Si je n’ai pas tort, alors à Kyoto les m
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