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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1998-03-07, Collections de BAnQ.

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?FONDÉ EN 1910 ?— LE DEVOIR V O i.1.\ X XIX N " 1 !» M O N T II K A I., 1.K S S A M K 1) 1 7 K T D 1 M A X < Il E S M A 11 S 1 !l !) N 5 (AIM K 11 S 1 .!)“>$ + i \ x k s = 2.2 ô S ARTS 50 ans après le Refus global, j| les enfants des signataires ^ racontent, page B 1 ÉCONOMIE r Agriculture: 15 000 * emplois à créer d’ici 2005, page C 1 IDÉES Le théâtre montréalais est dans un cul-de-sac, page Ail ?WM ' I LIVRES \ La malle du romancier 1 Alexandre Jardin, page D 1 PERSPECTIVES Qui se lèvera pour Montréal ?Détrompez-vous.Les finances sclérosées de Montréal ne sont qu’un écran.I.a métropole n’a qu’un seul véritable problème: Québec, avec ses intrusions dans l’administration de la municipalité et son mépris pour ses dirigeants.Les Montréalais devraient peut-être s’inspirer du petit guerrier au casque ailé qui, avec ses irréductibles compagnons gaulois, résiste encore et toujours à l’envahisseur.Mercredi prochain, le ministre des Affaires municipales Rémy Trudel présentera à ses collègues du conseil des ministres un plan de redressement des finances de Montréal, qui fait face à une impasse budgétaire de 53 millions.Escamotant toute bienséance, le ministre n’a pas cru bon de mettre au parfum le maire Pierre Bourque, non plus que ses fonctionnaires.Québec et Montréal devaient pourtant collaborer pour trouver des solutions d’ordre structurel au gouffre au bord duquel chancelle la Ville.Faut-il s’en scandaliser?Québec n’en est pas à une ingérence près dans la gestion de la plus importante municipalité de la province.Il est peu probable en tout cas que cette étroite surveillance pour les uns ou cette tutelle de fait pour les autres ait été enclenchée pour ménager Montréal, que Québec a inondée de factures (transfert de 46 millions, hausse fulgurante des taxes scolaires).Au delà de l’ironie, force est de constater que tous les faits condamnent Québec.Mais peut-être ne connaît-on pas tous les faits.Chose certaine, le gouvernement profite vraisemblablement du manque de panache de l’administration en place pour agir comme s’il y avait incompétence politique à Montréal.Et même si c’était le cas.Pierre Bourque a été élu légitimement par 135 678 électeurs en 1994.Que les dernières trois années et demie aient démontré une orientation politique parfois défaillante à l’hôtel de ville, éclairant ainsi bon nombre de citoyens pour le prochain scrutin — enfin, on peut le supposer —, ne justifie en rien quelque prise de contrôle que ce soit.C’est à la limite de l’entorse démocratique.Quand Ottawa s’immisce dans un champ de compétence provincial, la population a droit au sempiternel discours de Lucien Bouchard sur l'humiliation de tout un peuple.Mais, bien sûr, Montréal n’a pas le droit de se draper de la même fierté — il est vrai que les fédéralistes y sont fort nombreux! —, ni de réclamer de pouvoir décider à quelle fréquence il faut tondre le gazon.Il ne s’agit même pas ici d’obtenir une plus grande autonomie, mais seulement le respect.Même une toute petite dose.Est-ce de cette façon que le premier ministre entend faire le ménage à Montréal comme il l’a annoncé en décembre dernier?Là aussi, il y a des relents de dirigisme sous le couvert d’un sommet montréalais à venir.Oh! bien sûr, d’un point de vue économique, Québec n’a guère le choix de regarder au-dessus de l’épaule de sa créature.En s’enlisant plus avant dans les difficultés financières, Montréal risque d’entraîner la province.Par contre, le gouvernement a le choix d’intervenir ailleurs.la fiscalité est le nœud du problème, martèle-t-on autant sur la colline parlementaire que dans la métropole.On se contente simplement de saupoudrer, çà et là, une aide qui ressemble de plus en plus à des expédients.Envolé, le pacte fiscal promis.De toute façon, le pacte n’a de pacte que le nom: Québec choisit, décide, impose.On en vient à croire que par-delà certaines divergences d’orientations — Montréal est un humus propice à toutes les politicailleries —, il y a une méconnaissance crasse de Montréal dans la capitale.Qui se lèvera pour Montréal?La mollesse de Pierre Bourque n’y peut rien (ne s’est-on pas contenté de dire au bureau du maire que face aux intentions du ministre Trudel, «on est outrés»?).Les aspirants maires sont ou bien trop occupés à planifier la future circulation des Tonka sur les ponts, ou bien tout simplement silencieux.Il est vrai que lorsqu’on a servi de paillasson au ministre Jean Rochon pour qu'il coupe les services de santé des Montréalais, comme Conrad Sauvé, il est par la suite difficile de prétendre défendre les intérêts de ces mêmes citoyens.Il en va de même pour le député Jean-Claude Gobé, qui lorgne aussi vers l’hôtel de ville mais qui fut un ardent défenseur du déménagement de l’Hôtel-Dieu.Quant aux élus de l’opposition, ils ont plus que jamais les deux pieds dans la même bottine.Trop heureux de voir les interventions de Québec gruger la crédibilité de Pierre Bourque, ils ne voient pas que la leur chute au même rythme.La cour de récréation est fort animée, mais seul l'adversaire l’occupe.klevesquefa ledevoir.com Kathleen Lève s r/ a e ?M K T É 0 Montréal Ciel variable.Ennuagement dimanche.Max: 5 Min: -7 Québec Nuageux.Ciel variable dimanche.Max: 2 Min: -8 Détails, page C 12 Agenda INDEX .B 9 Livres .1) 1 Annonces.C 10 le monde.A8 les Arls .B 1 les sports.C 12 Avis publics .C 9 Montréal .A3 Économie.C 1 Mots croisés C 11 Éditorial .A 10 Politique .A 7 www.ledevoir.com Mouvement de résistance à l’opération Charest Des députés libéraux réclament la neutralité du chef et du parti MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Plusieurs députés libéraux souhaitent que la direction du Parti libéral du Québec et le chef démissionnaire restent neutres dans la course au leadership qui s’annonce.Cette tradition libérale sera défendue lundi au caucus du PLQ par le doyen de l’Assemblée nationale, John Ciaccia.«Cette tradition de neutralité, explique le député de Mont-Royal, assure la crédibilité et l’autorité nécessaires au chef du parti.lœ leadership doit se décider par les militants dans un congrès.C’est comme lors d'élections, c’est la base même de la démocratie.» En outre, devant le tollé provoqué par cette idée chez les députés libéraux, la résolution d’appui à la candidature de Jean Charest à la chefferie du Parti libéral du Québec ne sera pas présentée lundi au caucus de Saint-Hyacinthe.Si tant est qu'une telle résolution ait réellement existé, elle a vite pris le chemin des oubliettes devant le malaise quelle a suscité au sein des troupes libérales.Parmi les parlementaires qui disent s’y opposer, le député de Laurier-Dorion, Christos Sirros, a pour sa part indiqué que le fait de dire qu’il était à l’origine de cette idée constituait un «ragot» et une «hypothèse farfelue».«Jamais, a-t-il fait savoir par voie de communiqué, n'ai-je un instant songé à amener quelque motion que ce soit devant mes collègues du caucus des députés libéraux à l’Assemblée nationale en rapport avec une course à la direction du Fard libéral du Québec.» VOIR PAGE A 12: RÉSISTANCE ' Mort et renaissance PASCALE MONTPETIT dans le rôle de Louise, une femme en rupture qui offre une heure de sa vie aux passants.Le film de Charles Binarné, Le Cœur au poing, dans la foulée urbaine de son précédent Eldorado, sortira vendredi prochain dans nos salles.Une porte ouverte sur l’intimité Dans Le Cœur au poing, le cinéaste Charles Binamé dresse le témoignage d'une solitude collective Son film Le Cœur au poing, qui donne la vedette à Pascale Montpetit, sort vendredi prochain dans nos salles.À travers lui, Charles Binamé cherchait à approfondir la veine de son Eldorado: brosser une aventure urbaine, témoigner d’une solitude collective.Il s’y est laissé fasciner par des profils féminins, grande source d’inspiration du cinéma québécois.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Aux yeux du réalisateur Charles Binamé, il est plus intéressant de faire des portraits de femmes que des portraits d’hommes au Québec.Opinion manifestement partagée par plusieurs: en témoignent les films phares tels La Mort d’un bûcheron, Iss Bons Débarras, qui montrent comme d’autres après eux et jusqu'à plus soif des personnages féminins forts et des hommes faibles, souvent dépossédés, une kyrielle de pères absents et de femmes piliers en mal de vis-à-vis à épine dorsale.«lœs personnages féminins s'imposent d'eux-mêmes dans notre réalité québécoise, avoue le cinéaste.On est dans une société matriarcale, un pays co- lonisé.Tous les rapports hommes-femmes en portent la marque.» Thématique récurrente, lancinante, donc, que ces portraits de femmes qui jalonnent notre cinématographie.Et fait de société dont nous ne ferons pas le tour en ces lignes.Tout ça pour vous dire qu’après l’expérience de groupe d’Eldorado, Charles Binamé a eu envie de creuser à son tour la psyché féminine en travaillant plus profondément avec une de ses actrices: Pascale Montpetit.C’est elle qui tient la vedette dans Le Cœur au poing aux côtés d’Anne-Marie Ca-dieux.Le film sort en salles vendredi prochain et suscite beaucoup d’attentes.Plaira-t-il au public?Atterrira-t-il à VOIR PAGE A 12: CŒUR Sondage Les bourses du millénaire, une manœuvre politique Les Québécois ne sont pas dupes des discours officiels ¦ Lire en page A 7 : 1 ¦ - 1 1 1 " ¦ ' " ~ ¦¦¦¦¦¦"—¦-.9 Quatre millions et des excuses pour + les sœurs Dionne PRESSE CANADIENNE Toronto — Plus de 60 ans après avoir été exploitées comme attraction touristique par le gouvernement ontarien, les trois survivantes des quintuplées Dionne ont eu droit, hier, à des excuses et à un chèque de quatre millions de dollars.Les trois jumelles âgées de 63 8 A t -* LE DEVOIR ?-1 POLITIQUE Les bourses fédérales du millénaire Le renvoi fédéral devant la Cour suprême Les Projets mmPhaselII Unique à OUTREMONT l'Architecture U distinction d'une architecture originale, moderne cl audacieuse.L'Espace Le luxe d'intérieurs spacieux, des hauteurs libres de 12'.Jardins intérieurs, solariums et terrasse l'EXCllSiVité Le confort d'espaces souples À construits selon vos specifications.f Mario Funes*(iroti|X* Sutton Immobilia (Sean^^^H Le citoyen n’est pas dupe I’ I E K R K O’NEILL LE DEVOIR Les Québécois ne sont pas dupes des véritables motifs qui ont inspiré le projet de Fondation des bourses du millénaire du gouvernement fédéral.Percevant en cela une manœuvre politique, ils sont d’avis que la gestion de ce fonds de 2,5 milliards de dollars devrait être confiée aux provinces.Ce sont là les données les plus significatives de l’enquête d’opinion publique que la maison Sondagem a effectuée du 27 février au 3 mars auprès de 1010 personnes.Selon ce sondage, réalisé pour le compte du Devoir et du quotidien Le Soleil, 42,4 % des Québécois sont d’opinion que le gouvernement fédéral a voulu se faire du capital politique auprès des étudiants, 22,8 % sont prêts à croire que l’initiative d’Ottawa ne vise qu’à aider les étudiants, 20,6 % pensent qu’il mise sur ce projet pour faire la promotion du fédéralisme au Québec et 2,6 % sont d’avis qu’il est guidé uniquement par le souci de satisfaire les attentes des Canadiens.Alors que 2,6 % y voient d’autres motifs, 9 % préfèrent ne pas se prononcer sur le sujet.Par-delà les prétentions des politiciens fédéraux, non seulement les gens sont intéressés aux relations fédé-rales-provinciales mais ils ont une connaissance respectable de la portée des politiques gouvernementales et des enjeux du débat.Ainsi, 48,5 % estiment que la gestion des bourses du millénaire devrait être confiée aux gouvernements provinciaux, 23,8 % préféreraient que le secteur privé les prenne en charge et 16,3 % persistent à croire que l’administration de ce nouveau programme devrait être assumée par le gouvernement fédéral.Le consensus le plus large qui se dégage de ce sondage porte sur la question de savoir s’il est nécessaire et souhaitable d’aider financièrement les jeunes à parfaire leurs études.Les Québécois affirment massivement (83,5 %) que non seulement les étudiants ont besoin d’aide mais qu’elle doit venir des gouvernements.Seulement 6,6 % estiment que les étudiants devraient se débrouiller seuls, alors que 7,5 % optent pour un mariage des deux formules: l’aide gouvernementale et l’autosuffisance.L’idée voulant que le gouvernement soit surtout intéressé à se faire du capital politique auprès des étudiants est partagée par un plus grand nombre de Québécois d’âge mûr que de jeunes.Cette perception est également davantage celle des détenteurs d’un diplôme collégial.Enfin, les francophones sont deux fois plus nombreux (50 % contre 20 %) à partager ce point de vue.Le taux de réponse de ce sondage est de 61,3 % et la marge d’erreur statistique maximale se situe à 3,1 % dans 19 cas sur 20.La Fondation des bourses du millénaire, grâce à une mise de fonds de 2,5 milliards, permettra d’octroyer 100 000 bourses par année pendant dix ans, et cela, à partir de l’évaluation des besoins financiers et du mérite des étudiants qui en feront la demande.Dévoilées par le ministre Paul Martin, les intentions du gouvernement ont été illico dénoncées par les premiers ministres provinciaux Lucien Bouchard et Mike Harris, accusant Ottawa de s’immiscer dans un champ de compétence provinciale.Bernard Landry a qualifié le projet d’intrusion massive.A la Chambre des communes, le Bloc québécois n’a cessé de mitrailler Jean Chrétien, le forçant finalement à reconnaître qu’Ottawa voulait s’assurer de plus de visibilité au Québec et faire comprendre aux étudiants que l’argent viendra du fédéral.La répartition des pouvoirs fédéraux et provinciaux, inscrite dans la Constitution de 1867, stipule que l’éducation relève exclusivement des provinces.En 1964, quand le gouvernement libéral de Lester B.Pearson avait décidé de créer le Régime canadien de prêts aux étudiants, le gouvernement québécois de Jean Lesage s’y était opposé, exprimant sa détermination de concevoir et de gérer son propre régime, conformément à sa compétence constitutionnelle.M.Pearson avait donc accepté que le Québec se retire du Régime canadien de prêts et qu'il reçoive chaque année les sommes qui correspondent à sa part du programme.Iœ principe du droit de retrait, dit «opting out», est inscrit dans la loi fédérale qui gouverne le régime de prêts aux étudiants.Mais dans le cas des bourses du millénaire, le Québec ne pourra s’en prévaloir parce que le gouvernement fédéral a conçu une astuce de contournement par la création d’une fondation indépendante, ce qui enlève au programme son caractère gouvernemental.L’autre voie d’évitement d’Ottawa réside dans le fait que la loi fédérale porte sur les prêts et non sur les bourses aux étudiants.Les étudiants proposent des solutions pour dénouer l’impasse Très peu de chemin a été accompli entre Québec et Ottawa depuis que le ministre Paul Martin a annoncé la mise sur pied de la Fondation canadienne des bourses du millénaire pour aider les étudiants.Ces derniers veillent au grain, bien décidés à ne pas faire les frais d’une autre querelle entre les deux niveaux de gouvernement.PAULK DES RIVIÈRES LE DEVOIR Indifférente aux querelles de drapeaux entourant la Fondation des bourses du millénaire, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) demande au gouvernement fédéral de mettre sur pied un groupe de travail formé d'étudiants et des deux paliers de gouvernement qui serait chargé de trouver des solutions à ••l’impasse du millénaire».Par cette expression, la FEUQ fait référence à la «nouvelle querelle Ottawa-Québec» entourant l’utilisation des sommes (2,5 milliards) de cette fondation.Ottawa veut attribuer lui-même les bourses aux étudiants, selon ses critères, et Québec revendique plutôt sa part afin de la dépenser comme il l’entend dans un domaine qui relève de sa compétence.Mais loin de se contenter d’être un écho au «chignage» de Québec, la FEUQ a sa petite idée sur la manière dont les sommes devant revenir au Québec, soit environ 25 %, devraient être dépensées.Selon le président de la fédération étudiante, Nikolas Duchar-me, il est évident que les sommes disponibles doivent être dépensées pour alléger le fardeau de la dette étudiante bien plus qu’en versements de bourses.lit Fédération étudiante universitaire et celle représentant les étudiants de cégep souhaitent que les fonds servent à abaisser le plafond des prêts, actuellement de 3200 $, de manière à ce que le plafond des bourses puisse, lui, être haussé.Les étudiants souhaitent également une remise de dettes qui pourrait prendre la forme d’un chèque à l’étudiant endetté qui a obtenu son diplôme dans des délais raisonnables.Le gouvernement du Québec vient d’annoncer des assouplissements dans ce domaine mais ceux-ci se limitent à donner plus de temps à l’étudiant pour rembourser son prêt.«l£ chèque peut être rouge, bleu ou mauve, cela ne fait pas de différence», a résumé M.Ducharme hier en conférence de presse.En bref, la couleur du drapeau qui ornerait le chèque ne l’empêche pas de dormir.Les représentants de la FEUQ seront à Ottawa lundi malin afin de rencontrer, à ce sujet, le ministre du Développement des ressources humaines, Pierre Pettigrew.Ce dernier entend aussi rencontrer la ministre de l’Education, Pauline Marois, au cours des prochains jours, même si la date n’a pas encore été fixée (Mme Marois a proposé le 12 mars).Jusqu’à maintenant, M.Pettigrew n’a pris aucun engagement envers le Québec, se contentant de répéter que la Fondation canadienne du millénaire n’entraînerait aucun dédoublement de structures.Rappelons que contrairement aux autres provinces, le gouvernement du Québec possède un régime d’aide financière comprenant non seulement des prêts mais des bourses.Rappelons aussi que dès la mise sur pied, en 1964, du programme canadien de prêts étudiants, Québec avait exercé son droit de retrait avec pleine compensation.La moyenne d’endettement étudiant est de 25 (XX) $ au Canada et de 11 (XX) $ au Québec.Cependant, pour Nikolas Ducharme, qui a deux enfants et une dette de 30 000 $, cette situation «moins pire» ne doit pas se traduire par un laisser-aller.D’ailleurs, dans les propositions qu’elle a rendues publiques hier, la FEUQ dit bien clairement qu’adve-nant le cas où Ottawa verserait au Québec sa part de la Fondation canadienne des bourses du millénaire, il serait impérieux que le gouvernement du Québec s’engage à dépenser cet argent pour diminuer le niveau d’endettement, et non pas pour alléger d’autres pans du domaine de l’éducation, eux aussi mal en point.D’ailleurs, quelque 10 000 étudiants et employés des collèges entendent manifester devant le Parlement mercredi pour signifier leur opposition aux compressions attendues dans le prochain budget provincial.LE DEVOIR csl ;i la rn litTclit'do candidats pour dos postes do JS SURNUMÉRAIRES- Los candidats qui postuleront ces postes scmnl des journalistes polyvalents capables d'ciïccl.iicr des / ' s secteurs.Ils auront une formation en journalisme ou une formation de niveau universitaire de premier rvcle en sciences humaines, lettres, droit ou sciences, délicndronl au moins deux années d'expérience ou l’équivaleiil.posséderont une excellente maîtrise du français écrit.La connaissance (faillies langues sera un nie candidature comportant un curriculum vil;c el u ' ‘s sera adressé d'ici le !/() mars a Mme Danielle Nantel Le Devoir 2000.rue De Bleurv.!)' étage Montréal (Quebec) IB)A AM!) Des centaines de pages en réponse aux juges Arguments fédéraux Quant à l’avocat fédéral Yves For-fier, il reprend l'essentiel de ses arguments présentés oralement de- La Galerie ART SELECT^ maintenant déménagée au 100, avenue Laurier Ouest Montréal, Québec H2T 2N7 TéL 273-7088 • Fax: 273-6656 PROMOTION D’OUVERTURE la galerie Profitez des spéciaux sur plusieurs meubles sélectionnés HEURES D’ACCUEIL: Mar.& mere.: lOh à 17H30 Jeu.& vend.: lOh à 21 h Samedi: lOh à 17h Dim.& lun.Fermée PRESSE CANADIENNE Ottawa — U>s avocats Yves Fortier et André Joli-Cœur ont remis, hier, leurs réponses écrites aux questions des juges de la Cour suprême concernant le renvoi de la légalité d’une sécession unilatérale du Québec.En feuilletant le volumineux document de l’ami de la cour, M' André Joli-Cœur, il est facile d’imaginer que ces mêmes réponses aux questions des juges en suscitent d’autres auxquelles les parties devront effectivement répondre.Quant au gouvernement fédéral, ébranlé par des commentaires embarrassants de sa ministre de la Justice, Anne McLellan, il a fortement invité la Cour suprême à ne pas en tenir compte et à ramener le débat sur le terrain juridique.Dans ses réponses, M1 André Joli-Cœur, représentant les intérêts du Québec, remet directement en cause le pouvoir de la législature du Québec et celui de toutes les provinces d’effectuer des renvois à la Cour d’appel.«Le renvoi à la Cour d’appel, note-t-il, se situe en marge de la Constitution canadienne puisque, d’une part, il ne relève aucunement de la fonction judiciaire essentielle d’un tribunal de justice et que, d'autre part, il va à l’encontre du principe fondamental de la séparation des pouvoirs qui doit prévaloir entre le pouvoir judiciaire, le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif.» Cette façon d’interpréter la Loi sur les renvois à la Cour d’appel remet en cause, dans un même souffle, la capacité de la Cour suprême du Canada d’entendre un renvoi comme celui qui lui a été proposé récemment.Dans une autre réponse, M' Joli-Cœur soutient que le peuple canadien, contrairement à celui du Québec, n’existe pas «puisque la notion de peuple canadien ne fait pas partie des règles écrites de la Constitution du Canada».Il n’existe même pas, selon lui, de consensus chez les experts cana-diens-anglais sur l’existence du peuple canadien.L’analyse des différentes opinions l’ont amené à conclure que «le peuple canadien-anglais, le peuple québécois, le peuple acadien et les peuples autochtones détiennent tous, en parallèle, la légitimité qui est inhérente à leur statut de peuples et sont tous titulaires du droit à l’autodétermination».Ce même droit de décider de son avenir peut aussi conduire à une remise en question de l’intégrité territoriale d’un Etat.Par contre, «le droit à l’autodétermination peut s’exercer de manière à choisir librement la sécession».«Ce choix, selon M' Joli-Cœur, constitue un moyen pour un peuple d'affirmer son identité.L'exercice du droit à l’autodétermination peut ainsi être le catalyseur des événements politiques qui pourraient conduire à l’application d’une autre norme juridique, le principe d’effectivité, au moment où une sécession serait réalisée.» vant le tribunal.D’entrée de jeu, il demande à la Cour suprême du Canada de bien soupeser les enjeux du renvoi sur la légalité d’une sécession unilatérale du Québec dont elle a été saisi.«Ne pas apporter une réponse à ces questions juridiques de premier ordre laisserait non seulement les gouvernements mais également les citoyens et les communautés du Canada sans balise aucune pour faire face à toutes les autres questions importantes ayant trait à la sécession d’une province du Canada», insiste M' Fortier.Pour bien situer le débat sur le terrain juridique, l’avocat fédéral veut également dissiper tout doute quant à la position fédérale.Selon lui, et contrairement à ce qu’a laissé entendre Mme McLellan au Toronto Star avant qu’elle ne rectifie le tir dans un communiqué de presse, la présence d’une impasse constitutionnelle sur la sécession du Québec ne justifierait pas en soi le recours à des moyens extraordinaires hors du cadre juridique.La sécession d’une province doit être accomplie en vertu de la Constitution canadienne, écrit M.Fortier.Et les «retombées de l’environnement politique» ne peuvent en suspendre ou en écarter i’applieation, fait-il voir.Mme McLellan avait causé tout un émoi au sein du gouvernement Chrétien en indiquant que des procédures extraordinaires hors du cadre constitutionnel pourraient faciliter la sécession du Québec si les négociations entre la province, Otta- wa et ses partenaires aboutissaient à un cul-de-sac.«On ferait face à un ensemble de circonstances extraordinaires qui, à notre avis, ne s'inscriraient pas dans le cadre constitutionnel actuel, disait-elle au quotidien torontois.Il faudrait probablement reconnaître la nature extraordinaire de la situation et déterminer, dès lors, la démarche qu’il convient de suivre.» Ces commentaires ne sont pas passés inaperçus.Ix* juge en chef de ia Cour suprême, Antonio Lamer, s’était demandé si ceux-ci pouvaient «indiquer qu 'il n'y a pas de réponse juridique à la question /» et que les formules de modification ne s’appliquaient pas.«En aucune circonstance l’article publié dans ce journal ne doit-il être interprété comme signifiant que la cour ne devrait pas répondre à la question 1», a cependant repris M1 Fortier hier.Quant au sort des peuples autochtones en cas de sécession, une question que le fédéral aurait préféré occulter, Ottawa reconnaît qu’il a un rôle de fiduciaire et qu’il devrait faire respecter leurs droits et leurs revendications territoriales.Mais il ne dit pas comment.«Nous ne savons pas vraiment ce que cela signifie», a admis hier tout de go une responsable près du dossier.Là encore, il invite la cour à la prudence et lui propose de ne pas «aller au-delà d’un énoncé de principe général sur les questions qui touchent les peuples autochtones».i'ëëïïë l*S ëi POTERIE^* CÉRAMIQUE SCULPTURE PEINTURE, ¦ DESSIN |L ** ' MODÈLE VIVANT CLAUDIO RICIGNUOLO gJLfc.• de l’Orchestre Métropolitain Y 1 M) www.colba.net/~claudior N À LA MÉLOMANIE Une série de huit cours d’initiation à la grande musique.Approche dynamique basée sur l’écoute.rmation gratuites) Coût: $210 o> O c=> Ô oo = Cü* û> o 2.s æ ° >=** m rso 00 I M A N (' Il E K M A II S 19 9 8 LE LE MONDE REVUE DE PRESSE De la nécessité des gratte-ciel Dans un monde où la nouvelle économie fondée sur le développement rapide de l’informatique permet à de plus en plus de travailleurs d’oeuvrer à partir de chez eux et, ainsi, de ne plus encombrer les centre-villes et leurs tours à bureaux, on peut se demander pourquoi la construction de gratte-ciel se poursuit.Cela n’aurait plus rien à voir avec l’économie mais bien avec l’image de puissance et le prestige politique et culturel d’un pays sur le plan international.Jocelyn C o u l o n Le Devoir La presse i*.4> du monde epuis la construction des pyramides égyptiennes, les hommes ont toujours rêvé d’immortaliser leur passage dans ce monde par l’érection d’impressionnants bâtiments en hauteur.Au début, il s’agissait, selon le magazine scientifique Pour la Science, «de construire une tour jusqu’au ciel, refuge de Dieu.» Au fil des temps la croissance des villes et l’industrialisation de l’économie, particulièrement au XIX' siècle, ont accéléré la construction d’édifices pour des raisons utilitaires.Selon le mensuel, «ces inventions architecturales répondaient à un besoin du capitalisme, parce que l’installation en un même lieu d'armées d’employés de bureau permettait de les faire travailler ensemble, utiliser les mêmes fichiers et les mêmes outils de travail et facilitait leur contrôle par fa hiérarchie.» De 1870 à 1930, les Jr fi9B- grandes villes américaines commen- > cent à 8e couvrir d'édifices de plus en ?v 4P plus haut.Rien ne semble arrêter les architectes les plus intrépides.La hauteur des gratte-ciel passe de 43 mètres, pour le Equitable Building, à 381 mètres, pour l’Empire State Building, tous deux à New York.Après quelques décennies de répit, la compétition reprend dans les années 1960 et 1970 entre les tours jumelles du World Trade Center (417 mètres), à New York, et la gigantesque Tour Sears (443 mètres), à Chicago.Mais les plus hautes tours, celles de Petronas (452 mètres) seront finalement construites à Kuala Lumpur, en Malaysia, en 1997.Malgré ce sursaut, reste que l’engouement pour les gratte-ciel semblent s’estomper, du moins en Occident.Des contraintes techniques limites l’extension verticale des gratte-ciel: «le poids des étages et la prise au vent, le transport des personnes, de l’eau et des équipements, écrit le magazine.Plus on monte, plus il faut de structures; de soutien au sol, d’ascenseurs et de gaines de service.À partir d'une certaine hauteur, le surcoût des étages supplémentaires n’est plus compensé par le gain de surface, de plus en plus faible.» Mais la véritable raison du déclin des gratte-ciel est peut-être à trouver du côté de la nouvelle économie qui transforme le monde depuis une dizaine d’années.«La révolution informatique [sape] le concept de gratte-ciel: le regroupement des employés de bureau dans un même lieu coûteux, en centre-ville, [devient] progressivement inutile, écrit le magazine.Grâce aux progrès des télécommunications, les sociétés ont plus intérêt à s’installer dans des banlieues, où l'espace est meilleur marché et dont l’accès est simplifié.» Les grandes entreprises occupent des bureaux discrets en , banlieue.À Détroit, par exemple, forci et Chrysler se sont : ainsi établies dans la verdure.Microsoft s’est installée dans un long édifice de 20 mètres de haut en plein coeur de l’État de Washington.Ces sociétés sont connues par «leurs logos, leurs programmes de navigation sur le réseau Internet et leurs sites virtuels» et non par les bâtiments qu’elles occupent Le temps des gratte-ciel est-il révolu pour autant?Il semble bien que non.S’ils ne sont plus nécessaires techniquement, leur fonction symbolique demeure entière, écrit Pour la Science.D’où, leur nécessité.Présentement, les gratte-ciel poussent comme des : champignons en Asie.Ainsi, en 1991, lorsque la compagnie pétrolière nationale malaise Petronas lance un appel d’offres pour la construction d'un nouveau siège social dans la capitale, elle spécifie que le complexe devra comporter deux tours qui distingueront «un lieu que tous reconnaîtront comme unique à Kuala Lumpur et à la Malaysia».Construites en moins de cinq ans, ces deux tours les plus hautes du monde, sont plus qu’un ensemble de bureaux, écrit le magazine.Elles sont le symbole visible «de la croissance économique de la Malaysia» et elles «s’inscrivent dans la tradition islamique originale de ce pays».Leur importance pour le pays est telle que le premier ministre malais en personne a tenu à examiner les plans et à surveiller les travaux.Reste que même en Malaysia, le politique ne peut tout imposer.L’hebdomadaire Far Easter ne Economie Review rappelle que la crise économique qui secoue l’Asie remet en question la construction de nouvelles : tours à Kuala Lumpur.Des projets sont annulés alors que ; plusieurs tours cherchent des locataires.Heureusement pour l’honneur national, les tours Petronas affichent presque complet.Pour la Science affirme que les gratte-ciel ne sont pas morts.«Une visite du bar situé au sommet du prestigieux hôtel Peninsula, à Hong-Kong, montre que les tours ne sont pas des dinosaures en voie d’extinction: les urinoirs sont adossés aux baies vitrées, de sorte que les hommes peuvent contempler la ville à leurs pieds tout en se soulageant; ils n’auraient pas ce sentiment de puissance au rez-de-chaus-sêe.Au XXI' siècle comme à l’époque de Chéops, les hommes édifieront des immeubles de plus en plus hauts, difficiles et coûteux à construire, simplement parce qu'ils voudront proclamer leur puissance.» ?Une des caractéristiques de certains gratte-ciel est le soin apporté par les architectes à leur décoration extérieure.Aujourd’hui, les édifices des grandes villes nord- • américaines attirent l’attention par leurs formes en retrait ou fuselées ou par l’effet que produisent les matériaux utilisés dans leur construction.Au siècle dernier et au • début du XX" siècle, c’est la conception des façades qui i fascinent les citadins.! Les édifices ne dépassant pas quelques dizaines ’ d’étages, leurs concepteurs s'attachent à en rehausser l’at- • trait en sculptant littéralement les matériaux ou en ornant : les corniches.Le dernier numéro du mensuel American Heritage retrace, à travers la vie de l’architecte : Iuuis Sullivan, l’histoire mouvementée de ceux qui voulu- • rent intégrer l’art à la technologie sans cesse changeante de la construction des gratte-ciel.Le bilan s’alourdit au Kosovo Moscou met les Occidentaux en garde contre toute ingérence REUTERS WJ?D’importants combats ont été signalés hier dans les montagnes du centre du Kosovo.Les forces serbes ont annoncé qu’elles avaient «détruit le noyau dur» de l’Armée de libération du Kosovo et abattu le chef des nationalistes, Adem Jasari.Face à la gravité de la situation, le ministre allemand des Affaires étrangères s’est prononcé pour une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies REUTERS Pristina — De nouveaux affrontements ont opposé hier les forces serbes aux nationalistes albanais du Kosovo, conduisant à une multiplication des mises en garde occidentales devant l’éventualité d’une propagation du conflit au reste des Balkans.La Russie a estimé pour sa part que la question kosovar relevait strictement de la politique intérieure de la République fédérale de Yougoslavie (RFY).«Nous cotisidérons comme inacceptables les déclarations de représentants de plusieurs pays occidentaux sur une possible ingérence directe de l’étranger et un changement de cap vers diverses sanctions pour influencer la Yougoslavie», a fait savoir le ministère russe des Affaires étrangères, dans un communiqué.Alliée de toujours de la Serbie, majoritairement orthodoxe, la Russie a exhorté ses partenaires européens à rechercher une solution diplomatique au conflit du Kosovo, dont la population est à 90 % musulmane.Colonne de réfugiés du village de Prekaz D’importants combats ont été signalés hier dans les montagnes du centre du Kosovo.Les forces serbes ont annoncé qu’elles avaient «détruit le noyau dur» de l’Armée de libération du Kosovo (ALK) et abattu le chef des nationalistes, Adem Jasari.Ce dernier figurerait au nombre des victimes tuées pendant les attaques de ces deux derniers jours, affirme un communiqué de la police.Les combats se sont concentrés vendredi autour des villages de Prekaz et de Lausha, où une cinquantaine de nationalistes alba- nais auraient été tués jeudi lors d’attaques similaires, a-t-on déclaré de source albanaise.Ce bilan est deux fois plus élevé que celui annoncé jeudi par les force serbes.S’il est confirmé, il portera à 75 le nombre de civils albanophones tués en une semaine.La police serbe a ouvert un corridor pour laisser passer les femmes et les enfants qui souhaitaient quitter la région de Drenica.«Tous ceux qui resteront sont considérés comme des terroristes», a-t-on appris de source serbe non-officielle.Selon le Centre d’informations sur le Kosovo, de nombreuses femmes sont restés à Prekaz d’où se sont enfuis les hommes pendant la nuit de jeudi à hier.Face à la gravité de la situation, le ministre allemand des Affaires étrangères, Klaus Kinkel, s’est prononcé pour une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies pour faire cesser les «affrontements sanglants» dans la province serbe du Kosovo.Le chef de la diplomatie allemande, dans un communiqué, précise qu’il a écrit au secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, pour demander que le Conseil de sécurité se saisisse immédiatement de la question, qu’il a qualifiée de «très explosive».Les grandes puissances chercheront à relancer le dialogue entre Serbes et Albanais de souche plutôt qu’à renforcer les sanctions économiques pesant déjà sur la RFY, a-t-on appris de source diplomatique à Londres, où se réuniront lundi les six pays du Groupe de contact.«La solution n'est pas de débarquer avec armes et bagages mais de trouver des moyetis de persuasion», a dit un haut responsable britannique.Le Groupe de contact, composé des ministres des Affaires éùangères de Russie, de France, d’Italie, d’Allemagne, des États-Unis et de Grande-Bretagne, évoquera l’hypothèse d’un renforcement des sanctions.Cependant, toute décision nécessitera l’aval du Conseil de sécurité des Nations unies où elle se heurtera à l’opposition de la Russie et de la Chine.Moscou a fait savoir par ailleurs qu’Ev-gueni Primakov, ministre des Affaires étrangères, n’assisterait pas à la réunion du Groupe de contact mais dépêcherait un de ses adjoints à Londres.«Une fleur pour les femmes de Kaboul» Mort de la princessse Diana L’ONU et l’Europe lancent un appel pour supprimer la discrimination AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — Une bonne partie des manifestations et initiatives organisées le 8 mars dans le monde pour célébrer la «Journée internationale des droits des femmes- de l’ONU sont cette année placées sous le signe d’un hommage aux femmes afghanes.Cette journée revêt en 1998 un intérêt particulier car la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui affirme solennellement le principe de l’égalité des droits des hommes et des femmes, a tout juste 50 ans.C’est le 2 mars à Paris que le coup d’envoi de la campagne de sensibilisation au sort des Afghanes, intitulée «Une fleur pour les femmes de Kaboul», a été donné par l’association France Libertés, Médecins du Monde, et la Fédération internationale des droits de l’homme (F1DH).Emma Bonino, Commissaire européen, s’est engagée personnellement dans cette campagne, soutenue par l’ECHO (Office humanitaire de la Communauté européenne) et le parlement européen.Un «Appel pour les femmes de Kaboul» a été rédigé par ces associations, les Afghanes «symbolisant à l’extrême toutes celles qui sont maltraitées et dont les droits sont bafoués dans le monde».Le texte appelle à «ne reconnaître aucun régime en Afghanistan» tant que s’y maintiendront «des discriminations basées sur le sexe», et à «exercer toute pression» pour assurer le respect de la Déclaration universelle de§ droits de l’homme.A Rome, Bruxelles et Moscou, trois manifestations simultanées sont prévues demain à llhlocales en faveur des Un «Appel pour les femmes de Kaboul» a été rédigé femmes afghanes, organisées par le parti radical transnational devant les bureaux des Nations unies.Demain à 12h à Madrid, l’Instituto de la Mujer (Institut de la femme) a préparé un lâcher de ballons multicolores, suivi de la lecture de l’Appel en faveur des femmes afghanes.Une initiative semblable est prévue hier à llh au Trocadé-ro à Paris.Une soirée de soutien aux femmes algériennes a également lieu, à l’initiative du parti socialiste.De son côté, la présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Leni Fischer, qui «veut être à l'écoute» des quelque 400 millions de femmes qu’elle représente, a demandé aux femmes de lui communiquer leurs principales préoccupations sur Internet (adresse e-mail: equality (at) coe.fr) pour «mieux cibler ses actions en matière d’égalité».En Allemagne, un rassemblement est prévu à Cologne tandis qu’à Bonn, les femmes viendront déposer des milliers de fleurs dans la zone piétonnière de la ville, à l’appel de plusieurs associations dont Amnesty International.En Grande-Bretagne, actions symboliques et spontanées ont été préférées par les associations à une manifestation nationale.À Londres, par exemple, une élue locale va planter le premier des 121 arbres qui seront mis en terre cette année dans son quartier afin de célébrer le nombre record de femmes siégeant actuellement au Parlement (121).Amnesty International a enfin estimé cette semaine que l’expression «droits de l'homme» est sexiste: elle s’apprête à demander aux pays francophones de la remplacer par «droits humains», pour que le langage reflète enfin «la spécificité des sexes».La glace sous les poles lunaires L’annonce de la NASA n’implique pas une colonisation prochaine de la Lune ALAIN RAYMOND AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — lu découverte, par la sonde américaine Lunar Prospector, de la présence de glace dans les cratères, à l’ombre, des pôles lunaires, confirme que l’eau est bien un composant de l’univers et que la Lune a été, elle aussi, soumise au bombardement des comètes, grandes pourvoyeuses d’H20 depuis le nuage d’Oort Après la Terre, Mars, Saturne, Jupiter et Europe, l’un de ses satellites, la Lune recèle donc cet élément indispensable à toute vie aussi élémentaire soit-elle.Alors, la vie peut-elle exister ailleurs que sur Terre ?Et sous quelle forme ?Pour répondre, il faudra poursuivre l’exploration par des sondes automatiques plus qu’à l’aide de vols habités.Reste que 40 ans après les premiers survols américains et russes par les Pioneer et les Luna, 30 ans après les vols Apollo, la Lune, abandonnée depuis, revient à la «une».«En 1995, les Européens avaient proposé aux Russes et aux Américains à Beatenberg [Suisse], l’idée d'une exploration poussée de la Lune comme avant-poste.Im NASA a très vite réagi», rappelle M.Roger-Pierre Bonnet, directeur scientifique de l’ESA «Je les appprouve et les admire d'avoir réussi en quelques années à monter l’opération Lunar Prospector avec une petite sonde et des instruments et objectifs simples.» Avant de relancer le vieux rêve de l’homme sur Mars, au départ de la lune, il faudra en sonder le sol gelé à l’aide de missions scientifiques du même genre que le projet Euromoon-2000, annoncé hier avec beaucoup d’à propos par l’Agence spatiale européenne (ESA).Apres une cartographie détaillée par le mini-satellite lunarsat, il posera un module scientifique de 40 kilogrammes sur le Pic de la lumière éternelle, non loin du pôle Sud.Pour M.Bonnet, l’annonce «très intéressante de la NASA n’implique pas que l’on pourra lancer à partir de là une colonisation de la Lune».«Il n’y a pas d’eau en tant que telle, sous forme d’un lac, sur la Lune, mais de la glace intimement mêlée au régolithe [roche lunaire]», souligne pour sa part M.Jacques-Emile Blamont, spécialiste des planètes.Académicien, conseiller du président du CNES (France), il avait réussi à faire publier, en 1996, les premières indications de présence de glace sur la Lune obtenues par Clémentine, la sonde franco-américaine.Prudent, il refuse cependant «d’aller trop vite dans l’interprétation des dernières données» et tempère l’enthousiasme des Américains.Au fond, cette glace polaire lunaire n’est rien d’autre que l’équivalent du permafrost — sol gelé — sibérien ou canadien, ou de ces poches de terre et de neige qui, en montagne, à l’ubac, ne dégèlent jamais.«S'il y a confirmation de la présence d’eau sur la Dîne, la démonstration sera faite que l’eau est universelle, comme l'ont montré le satellite astronomique européen ISO sur Jupiter, Saturne et les autres observations sur Mars, note M.Bonnet Cette eau vient des comètes.Il n’y avait pas de raison que la Lune n’ait pas été bombardée elle aussi.Im densité de cette eau lunaire est très faible mais elle confirme ce bombardement et l’origine de l’eau sur Terre».«L’estimation américaine de la quantité d’eau serait suffisante pour installer une base scientifique, comme en Antarctique, voire une base de départ pour Mars», ajoute M.Bonnet.Ajoutée à l’oxygène présent à 40 % dans les roches lunaires, cette eau, une fois extraite, serait une ressource essentielle à des «lunautes» et permettrait de produire de l’hydrogène, second ergol connu des lanceurs d’engins spatiaux.Rees-Jones se souvient devant le juge PIERRE AUSSEILL AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — Le garde du corps britannique Trevor Rees-Jones, seul survivant de l’accident dans lequel Diana, son ami Dodi-Al Fayed, et leur chauffeur ont trouvé la mort, a confirmé hier au juge parisien chargé de l’enquête que les circonstances du drame lui reviennent peu à peu en mémoire.Interrogé pendant plus d’une heure par le juge Hervé Stéphan, le garde du corps se serait toutefois borné a répéter ce qu’il a déclaré au quotidien britannique The Mirror, dans une interview publiée lundi, selon son avocat, M' Christian Curtil.C’est d’ailleurs en raison de cette interview que cette quatrième audition, fixée de longue date au 16 mars, a été avancée de quelques jours.Cette audition ne semble toutefois pas susceptible d’avoir éclairé les enquêteurs.M.Rees-Jones, 29 ans, a dit au Mirror se souvenir que la Mercedes de Diana était suivie de près à sa sortie de l’hôtel Ritz par deux voitures et une moto, ce qu’il avait déjà déclaré aux enquêteurs français.Il a ajouté qu’après le choc, dont il ne se souviendrait toujours pas, ni d’ailleurs des moments qui l’ont précédé, il avait entendu Diana prononcer le nom de Dodi.«Mon client accepte le contenu de cet entretien, même si ce n’est pas lui qui l'a recherché», a déclaré M' Curtil à sa sortie du cabinet du juge.Interrogé par la presse, l’avocat a qualifié d’«excellentes» les relations de M.Rees-Jones avec son employeur Mohamed Al-Fayed, le père de Dodi.L’ancien garde du corps de Dodi, grièvement blessé lors de l’accident et frappé depuis d’amnésie partielle, a recommencé à travailler après sa convalescence comme agent de sécurité au grand magasin londonien Harrod’s, propriété de M.Al-Fayed, tout comme l’hôtel Ritz à Paris.C’est d’ailleurs dans les bureaux londoniens d’Harrod’s qu’il a accepté de répondre aux questions du Mirror, en l’absence de M.al-Fayed, a indiqué le quotidien.M" Curtil a assuré hier que son client «agit en toute indépendance, sans aucune influence d’aucune sorte», et qu’il ne dira au juge «que ce dont il est sûr».Il a souligné qu’il ne donnerait plus aucune interview à la presse, et qu’il réserverait désormais la primeur de ses déclarations au juge Stéphan.«Mon client souhaite surtout que l’on respecte sa vie privée», a encore ajouté l’avocat.A l’occasion de ce nouveau déplacement, le transport et la protection de Trevor Rees-Jones étaient assurés par l’ambassade britannique à Paris, a-t-on indiqué dans son entourage.Mohamed Al-Fayed, également partie civile dans la procédure, doit à son tour être entendu jeudi, pour la première fois depuis le début de l’enquête, par le juge Stéphan.lu milliardaire égyptien a récemment déclaré à la presse britannique qu’il était presque sûr que la princesse et son fils avaient été victimes d’un complot.Ritter est de retour à Bagdad REUTERS Bagdad — lu capitaine des «marines» Scott Ritter, considéré par Bagdad comme un espion américain, a repris hier les inspections de sites irakiens suspects d’abriter des armes interdites, moins de 24 heures après son retour à Bagdad.lu retour d’une des deux «bêtes noires» de Bagdad (avec le président de l’UNSCOM, l’Australien Richard Butler) met à l’épreuve la viabilité de l’arrangement conclu entre Kofi Annan et Saddam Hussein pour une inspection sans entraves ni délais des sites irakiens litigieux.Selon un porte-parole de l’UNSCOM, Ritter est revenu dans le cadre des inspections «normales» des sites irakiens, et non pour tenter d’accéder aux huit sites dits présidentiels jusqu’à présent interdits à l’ONU.Selon le journal arabophone international AI Hayat, non seulement Butler a décidé de renvoyer Ritter sans en avoir préalablement informé Kofi Annan, mais encore il lui aurait demandé de «tester» l’Irak en cherchant à inspecter des sites présidentiels.D1C ¦MHMMMtfnawHMHaMaMBnMHMitiHaiMMaaHHii I.K I) K V (Il lî .I.K S S A M K I) I 7 K T l> I M A X < Il K X M A I! S I II !l N , E M 0 N I) E Des observateurs reviennent de mission au Chiapas Ottawa aurait hâtivement donné sa bénédiction à Mexico CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR La situation des droits humains est alarmante et justifie pleinement la présence d’observation internationale•• au Chiapas, estiment les six Québécois et le Canadien qui ont fait partie, du 16 au 28 février, d’une Commission civile internationale chargée de recueillir des témoignages dans cet Etat, le plus pauvre de la République.La déclaration lue hier en conférence de presse, à Montréal, par Isabelle Gauthier au nom de ce groupe parle de «conditions inhumaines» dans lesquelles vivent les personnes déplacées en fonction de 'd’occupation militaire» f50 000 soldats y sont stationnés et des témoignages nombreux dénoncent des cas de pillage et d’exactions par des soldats) et de la «violence paramilitaire» de groupes que l’on dit reliés aux caciques du PRI (Parti révolutionnaire institutionnel), détenteur du pouvoir depuis 69 ans.Au Chiapas, le 1" janvier 1994, un soulèvement de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) a donné lieu à 12 jours d’affrontements, puis à une trêve qui, au fil des ans, devient de plus en plus tendue, en raison notamment de divergences sur une entente de principe intervenue (accords dits de San Andrés) puis mise en veilleuse.Fortement médiatisée, la présence de quelque 200 observateurs en provenance de dix pays a coïncidé, disent Isabelle Gauthier et Claude Rioux, avec l’intensification d’une campagne xénophobe mais «en général, nous avons été accueillis avec empressement», sauf le 23 février à proximitié de Paraiso (nord du Chiapas) où l’autocar transportant ces observateurs a été forcé de rebrousser chemin devant une foule d’environ 200 personnes armées de pierres et de bâtons.Un détachement de la police judiciaire, tout près de là, n’a pas daigné intervenir pour faciliter le contact entre ces étrangers et la famille de José Tila Lopez Garcia, Indien assassiné presque immédiatement après avoir rendu témoignage sur les exactions déplorées dans ce secteur.Le rapport officiel de la mission, parrainée par diverses organisations non gouvernementales — tel le Comité chrétien pour les droits humains en Amérique latine — ne sera complété qu’à la fin de mars.Déjà, les délégués en provenance du Canada ont demandé par lettre une rencontre au ministre canadien des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, pour lui exposer le contenu de ce document «sans y joindre de recommendations», ce qui relèverait des organisations ayant parrainé la mission.Le rapport contredira sur plusieurs points les énoncés officiels canadiens («satisfaction trop vite exprimée», note Claude Rioux, à propos de la réaction de l’ambassade canadienne face à l’attitude des hauts dirigeants mexicains après le massacre de 45 Indiens à Acteal, en décembre dernier).Même attitude critique envers les autorités mexicaines qui ont tendance à justifier l’ampleur du dispositif militaire par la présence «d’étrangers armés» dans les villages gagnés à la cause zapatiste.Notre ambassade, selon Rioux, est allée jusqu’à demander à Mexico d’enquêter sur la présence possible, au Chiapas, de «Canadiens armés» et elle se dit satisfaite de l’action de la Croix-Rouge mexicaine — qui a reçu d’Ottawa une aide de 60 (XX) $ — alors que la Commission a pu déceler plusieurs lacunes tant sur laqualité des médicaments fournis que sur la nourriture en- 50 000 militaires sont stationnés dans cette province du Mexique voyée à ces réfugiés de l'intérieur.Le lundi 9 mars, le dossier du Chiapas sera abordé au consulat mexicain à Montréal par l’ambassadrice mexicaine Sandra Fuentes qui a demandé cette rencontre avec des membres de la délégation canadienne au sein de la Commission civile internationale d’observation des droits humains au Chiapas.L’agence France-Presse rapportait hier que le jésuite français Michel Chanteau, expulsé le 26 février après avoir passé 32 ans au Chiapas, estime avoir été kidnappé sans qu’il lui fût possible de recourir à un avocat, le tout ressemblant à une «farce» en vue de justifier son expulsion.L’écrivain portugais José Saramago a, selon la même agence, déclaré hier son intention de séjourner au Chiapas pour connaître directement la réalité d’un peuple «qui souffre depuis cinq siècles de crimes et de tortures qui ont ressurgi face à ses justes protestations».Rigoberta Menchu, Indienne guatémaltèque Prix Nobel de la paix 1992, sera au Mexique le 14 mars pour y organiser une campagne A’«accompagnement au processus de paix» au Chiapas, processus sur lequel continuent de croiser le fer les porte-parole du gouvernement et ceux du Parti révolutionnaire démocratique (PRD).Manifestation à I-a Realidad en 1995.ARCHIVES REUTERS Élections législatives en Colombie L’ombre des narcos PAUL RUTLER A G E N C E FRANCE-PRES S E Bogota — Le spectre de la «narco-corruption» a étendu son ombre sur la campagne électorale pour les législatives colombiennes de dimanche prochain tandis que s’est formé un «club de candidats visibles» qui s’efforcent de prouver qu’ils sont vraiment «propres».Plutôt que des débats idéologiques, ce sont en effet fréquemment des accusations de corruption, même sans preuve, que se sont lancées nombre des 7732 candidats de 88 partis, chiffre record, qui se disputeront 102 sièges au Sénat et 161 à la chambre des représentants.«On ne sait pas encore qui, ni comment, mais on sait que l’argent sale a dû, une fois de plus couler à flot», a estimé un diplomate étranger qui souhaite garder l’anonymat Comme pour y faire écho, un récent sondage publié par le quotidien «Tiem-po» de Bogota a révélé que 56 % des .électeurs étaient convaincus que le miarco-trafic avait étendu sa poigne sur te Congrès» et une part non négligeable des futurs élus.13 pc des 50 pc d’abstentionnistes prévus ont déjà affirmé qu’ils ne voteraient pas «justement à cause de la corruption».Il est vrai que le Congrès sortant n’a pas hùssé une image «d’incorruptibilité» dans l’opinion: 20 de ses membres, huit libéraux au pouvoir que de l’opposition conservatrice, ont été condamnés à des peines de 5 à 9 ans de prison pour enrichissement avec des fonds de la mafia de la cocaine.Même le chef de l’état Ernesto Samper, accusé d’être arrivé au pouvoir avec un apport d’au moins 6 millions de narco-dollars, s’était soumis à un «procès» devant le Congrès, duquel il est totalement sorti blanchi.I^es États-Unis avaient été très peu impressionnés par le verdict des congressistes et avaient déclaré M.Samper «persona non grata» sur leur territoire.Face à ce scepticisme quasi généralisé de l’électorat, une fondation privée, formée d’universitaires, de journaux, d’entreprises diverses ou de religieux, a lancé une campagne dénommée «Candidat Visible» et dont le thème est: «Démontrez que vous êtes digne que l'on votç pour vous».A deux jours du scrutin, seuls 217 des 1010 têtes de listes pour le Congrès, ont adhéré à ce «club» en envoyant leur «feuille de vie», a indiqué un porte-parole de l’association.Ces documents précisent non seulement le «curriculum» du candidat, mais aussi sa position sur la lutte anti-drogue, l’extradition des narco-trafiquants, l’augmentation des peines de prison pour les crimes liés à la drogue, comment il a vqté dans le procès contre le chef de l’Etat, ce qu’il pense de la privatisation de la télévision et, surtout, d’où provient le financement de sa campagne électorale, c’est-à-dire en moyenne 250 (XX) dollars par candidat.En glissant leur bulletin dans l'urne demain, les électeurs sauront pour ce qui est de ces 217 candidats du moins, qui est vraiment la personne qu’ils auront choisie pour les représenter au Congrès.C’est dans ce climat de suspicion 'que la guérilla colombienne a décidé une semaine avant les élections d'accroître ses opérations à travers tout le pays.Elle menace notamment d’exécuter 21 maires de petites communes rurales s’ils ne renoncent pas à leur candidature et retient neuf autres en otages.Les combats les plus durs ont lieu dans la jungle de Cayan, département de Caqueta (sud) où quelque 400 guérilleros des Éorces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes) ' encerclent un détachement de 120 soldats soutenu par des hélicoptères et des bombardements de l'aviation.O*" PBKi îf&V-* ¦ ’ ¦'* ' * raps®** ¦ ¦ .- Regardez où va la santé.I Ce sont les 9, 10, 11 et 12 mars prochains ^ * I que les intervenants intéressés par la santé et les services sociaux exprimeront, sous vos yeux, leurs réactions au projet d'amélioration des services sur l'île de Montréal pour les trois prochaines années.La Régie régionale de Montréal-Centre a déjà proposé des choix visant à réduire l'attente dans des secteurs névralgiques tels la chirurgie cardiaque, la neurochirurgie, les urgences et les services aux personnes ayant une déficience intellectuelle.Représentants des établissements, organismes communautaires, syndicats, associations de médecins, comités d’usagers et administrateurs partagent-ils ces choix l Voyez-le vous-même au canal 51 de Vidéotron à compter de 8 heures tous Us jours.Et si vous voulez non seulement regarder, mais participer, la Régie met à votre disposition un document informatif accompagné d’un questionnaire d'appréciation.Vous n’avez simplement qu'à nous appeler ou à consulter notre site Internet.Le défi de l’accès, nous voulons le partager avec vous. A K) I.K I) K V 0 I H , I.K S S A M K I) I K T I) I M A N (' Il E S M A It S I !) !» .S ÉDITORIAL Avant les élections Michel Venue I-a course au leadership au Parti libéral provoquée par le départ de Daniel Johnson force peut-être le premier ministre Lucien Bouchard à reporter ses projets d’élections, si tant est qu’il eût jamais envisagé de les tenir au printemps.Ce report est peut-être une chance: celle de lui laisser le temps de préciser la démarche référendaire et le contenu de son option.A u terme de la réunion du caucus des députés du Parti québécois, mercredi, M.Bouchard a fait valoir que les prochaines élections porteront sur le choix d’un gouvernement et non sur le choix d’un pays.Personne ne voudra chicaner là-dessus.Mais dans la phrase suivante, le premier ministre rappelait que son parti n’al-ait jamais renoncer à son objectif et à son engagement de tenir un référendum sur la souveraineté au cours du prochain mandat.C’est ce qui a amené The Gazette à mettre ce titre railleur à la une: «Réélisez-moi et vous aurez un référendum».Il n’y a aucun doute que ce référendum sera l’enjeu principal des prochaines élections.Les libéraux feront porter l’essentiel de leur campagne sur cette question.Le choix de leur nouveau chef sera influencé par la capacité de celui-ci à susciter plus d’enthousiasme de la part des francophones autour du programme constitutionnel libéral.De leur côté, les militants péquistes feront valoir auprès de tous ceux qui resteront insatisfaits du gouvernement, dont certains alliés des milieux syndicaux et communautaires déçus des politiques sociales du gouvernement pé-quiste, qu’ils doivent remiser leurs rancœurs et leurs désaccords pour donner préséance à la cause et assurer au PQ une victoire, nécessaire à la tenue d’un référendum.En 1994, le chef du PQ Jacques Parizeau était parvenu à traverser la campagne électorale sans avoir à fournir trop d’explications sur ses plans référendaires.A l’époque, il répétait que les élections servaient à se choisir un gouvernement, que le référendum qui viendrait, huit à dix mois plus tard, servirait à se choisir un pays.Mais il y a quatre ans, peu de gens croyaient en une victoire du OUI.Depuis, le résultat serré de 1995 a provoqué des débats passionnés sur plusieurs dimensions du projet souverainiste.Cette fois-ci, M.Bouchard ne pourrait pas faire le tour du Québec, 30 jours de campagne, en esquivant les questions précises sur son option.Cela ne dispense pas le gouvernement de faire son bilan et de formuler ses engagements pour l’avenir dans le domaine de la santé, de l’éducation, de la sécurité du revenu ou de l’emploi.Les électeurs s’attendront sans doute aussi à ce que, aux prochaines élections, les partis annoncent leurs couleurs quant à l’usage à faire des surplus budgétaires qui pourraient se réaliser au lendemain de l’atteinte, en l’an 2000, du déficit zéro.Mais le PQ a une responsabilité supplémentaire.C’est celle d’étoffer, de préciser l’option qu’il veut soumettre à un référendum, de décrire la démarche qui précéderait ce référendum ainsi que le processus d’accession à la souveraineté lui-mème.Pourquoi définir ces choses maintenant?Par souci démocratique.Le PQ proposera d’entraîner la population québécoise dans une nouvelle démarche existentielle s’il est choisi pour former le prochain gouvernement.En fait, ce sera son principal engagement puisque sa réalisation modifierait à ce point la situation que cela pourrait rendre caducs plusieurs autres engagements qu’il prendrait durant la campagne.Sans compter que, comme l’a démontré l’expérience de 1994, les préparatifs référendaires occuperont l’essentiel de l’agenda gouvernemental.Bouchard ne peut aller en élections sans avoir précisé l’option et la démarche souverainistes.Avant de décider s’ils acceptent de s’engager dans cette démarche, les Québécois doivent pouvoir en connaître tous les tenants et aboutissants.Cette fois-ci, les astuces, personne ne les acceptera.On ne mène pas un pays à l’indépendance par surprise.Certes, des stratèges péquistes pourront craindre que, en révélant à l’avance la démarche et en précisant tout de suite le contenu de l’option, ils donneront aux fédéralistes, qui disposent de ressources importantes grâce au gouvernement fédéral, l’occasion de démolir leurs propositions avant même que la bataille référendaire n’ait commencé.A ceux-là, il faudrait répondre que, si tel est le cas, c’est que les Québécois ne sont pas prêts à faire la souveraineté.D’ailleurs, il n’est pas question de demander aux péquistes de révéler leurs stratégies partisanes, leur argumentaire détaillé ni même le libellé exact de la question.Mais les Québécois sont en droit de savoir sur quoi portera la consultation populaire.Pour l’instant, le programme du PQ prévoit une question portant sur la souveraineté assortie d’un partenariat économique et politique.À la veille de Noël, M.Bouchard a longuement expliqué la nécessité d’avoir une vision plus claire du partenariat économique tout en mettant une sourdine au partenariat politique, de préciser ses intentions sur la monnaie.Ces précisions, elles ne doivent pas venir quelques semaines avant le vote.Elles doivent venir maintenant.Cette question du partenariat est déterminante.La façon de le formuler et de l’intégrer à la question référendaire aura un impact sur la légitimité d’une éventuelle déclaration unilatérale de souveraineté.La légitimité, ça se gagne.L’option souverainiste est légitime, si elle reçoit un appui populaire.Encore faut-il que la démarche qui mènerait au référendum soit sans taches et reconnue comme telle par tous.Personne ne voudra s’engager dans une démarche parsemée de cages à homards.Et comme l’élection d’un gouvernement péquiste enclenchera la démarche référendaire, c’est avant les élections qu’il faut en connaître la teneur.Certains articles de la Loi sur la consultation populaire ont été invalidés.Les Québécois doivent connaître avant les élections les nouvelles règles du jeu.La formulation de la question relèvera-t-elle uniquement du gouvernement?Y aurait-il un deuxième référendum si la question comporte un volet sur le partenariat?Ces questions-là doivent être réglées aujourd’hui et non pas lorsque la fièvre référendaire se sera emparée du Québec.Enfin, le PQ doit clarifier les choses quant au processus qui mènerait à la souveraineté après un vote positif au référendum.La polémique autour du grand jeu parisien de Jacques Parizeau et autour des 19 milliards de dollars qui auraient été mis de côté pour prévenir les coups, a amené bien des Québécois à se demander ce qui se produirait si le OUI l’emportait.Y aurait-il des négociations avant ou après la déclaration de souveraineté?Ces négociations porteraient sur quoi au juste?A quel moment le Québec se tournerait-il vers la communauté internationale?On ne veut pas des dates.Mais une idée assez précise du processus.Le plus ironique, c’est que le PQ a déjà annulé son congrès prévu à l’automne prochain et qui aurait pu, justement, servir à discuter et préparer ce genre de choses.Prix citron au fédéral Dans Le Devoir du 24 février dernier, l’analyse de Claude Péclet pue la partialité, le militantisme obtus.M.Péclet casse du sucre sur le dos des souverainistes qui seraient de mauvais administrateurs.Qu’on me permette de lui rappeler que les libéraux provinciaux ont fait trop peu pour combattre le déficit.Le PQ a hérité de lourds déficits, en 1994.Selon M.Péclet, les libéraux fédéraux, eux, seraient de bons administrateurs.Il a sans doute oublié que ce sont eux qui ont conduit le Canada au bord de la faillite.En chiffres actualisés, le pire déficit de l’histoire du Canada fut le dernier budget du gouvernement Trudeau.Si ma mémoire est fidèle, c’était un déficit de l’ordre de 35 milliards, en 1984, soit l’équivalent d’environ 70 milliards aujourd’hui.La mémoire sélective de M.Péclet lui fait oublier que les conservateurs ont commencé à assainir les finances publicities avant les libéraux fédéraux.C’est d’ailleurs en partie pourquoi ils ont perdu les élections, en 1993.Pendant ce temps-là, à Québec, les libéraux provinciaux continuaient d’avoir de lourds déficits.Le fédéral — avec une dette de l’ordre de 600 milliards — a endetté les Canadiens deux fois plus que toutes les provinces èt toutes les villes canadiennes mises ensemble.Autrement dit, le fédéral a été deux fois plus incompétent que tous les autres niveaux de gouvernement canadiens réunis.Aujourd’hui, ce qui n’aide pas le Québec, c’est que le gouvernement LETT RES -?- Chrétien nous balance dans la gueule près de deux milliards de son déficit chaque année en compressions budgétaires.Le Québec est pris avec ça.En comparaison, le PQ n’a «balancé dans la gueule des villes» qu’environ 400 millions.Si l’on remettait un prix citron pour la mauvaise administration de notre argent, le gouvernement fédéral l’emporterait haut la main pour l’ensemble de son «oeuvre».Melissa Ricard Cap-de-la-Madeleine, mars 1998 Médecins en otage Dans le récent conflit opposant le ministre Rochon aux obstétriciens, il faut souligner que ces derniers doivent pratiquer 115 accouchements à 252 $ pour payer les 29 000 $ d’assurance-responsabilité que requiert leur pratique.Ils font chacun 125 accouchements en moyenne par année.Bien sûr, une bonne partie de cette prime est payée par le gouvernement, mais en tenant compte du fait que les tarifs n’ont pas bougé depuis 15 ans; que le gouvernement en juillet a coupé de 6 % la masse salariale des médecins jusqu’en 2002; que les obstétriciens ne commencent à gagner leur vie qu’après l’âge de 30 ans au terme de longues études; qu’ils sont responsables de leur retraite, de leur assurance-salaire, de leurs vacances et des coûts du bureau qui ne cessent de grimper, il devient évident que leur pouvoir d’achat se rétrécit comme une |x-au de chagrin.Jusqu’où, parce qu’il a un gros bâton, le ministre pourra-t-il toujours s’assurer de sa Rolls-Royce au prix d’une Ixida?Iœs médecins du Qué- bec, pris en otage entre la population et le ministre, sont les plus mais payés au Canada.Chose certaine, les obstétriciens ont droit à une juste rémunération et ils n’ont pas à travailler quasi gratuitement.Le message actuel laissé aux plus jeunes d’entre eux est qu’il serait dans leur intérêt d’oublier leur français et d’aller pratiquer ailleurs.Rien de très rassurant pour l’avenir de l’obstétrique au Québec.Pierre Leroux Saint-lMmbert, 11 février 1998 Un citoyen dévoué On a dit du juge Bernard Gratton, décédé le 22 février, qu’il a été un magistrat remarquable."Un excellent juge» même, dit M' F.Aquin.Il a été également un citoyen dévoué, même si on n’a pas beaucoup souligné son engagement social.Je l’ai connu pendant de nombreuses apnées alors que je dirigeais le Cégep Edouard-Montpetit.Sa participation à la vie collégiale, comme membre et président du conseil d’administration et autres comités, a contribué à tenir à flot cette institution pendant les années brouillonnes de sa prime jeunesse et à la lancer par la suite sur la voie d’un développement remarquable.Avec entrain et doigté, que d’heures il a consacrées bénévolement à la grande cause de l’éducation, toujours ardue et jamais achevée.Fuisse ce modeste témoignage s’inscrire dans la mémoire d’une institution qui lui doit beaucoup.François Caron St-Rédempteur-de-IJvis, mars 1998 i :t\i cmr ta®u£ tir UStMlt PcuR VN AmÛ fci fATRos! « -I (ffk^yojrt Une solution confédérale pour le Canada E st-il pensable, au moment où le Canada met le grappin sur un nouveau sauveur instantané, de terminer la semaine en évoquant un sujet moins spectaculaire et médiatique?Est-il possible, au delà de quelque magicien charismatique, d’imaginer et de mettre en œuvre une solution confédérale qui prenne en compte la dualité canadienne fondamentale et lui permette de s’épanouir en toute liberté?Ce vieux rêve, que plusieurs qualifient de chimérique, des politologues et philosophes politiques le reprennent à leur compte dans un important ouvrage collectif de 484ipages, ré- ?cemment publie par l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP) en anglais et en français, sous le titre Sortir de l'impasse: les voies de la réconciliation.Sous la direction des professeurs Guy Laforest, directeur du département de science politique à l’Université Laval, et Roger Gibbins, de l’Université de Calgary et nouveau directeur de la Canada West Foundation (notamment protagoniste du Sénat triple «E»), 14 penseurs sortent des sentiers cent fois battus et proposent une démarche commune, carrément révolutionnaire.À vrai dire, face au cynisme et au désabusement qui font rage au Canada, avec ses deux blocs figés pour l’éternité dans leur realpolitik, cette fraîcheur, cette candeur, a peu de chance de succès.Comme en fait foi, d’ailleurs, le peu d’échos favorables suscités par cette démarche impressionnante, ce recueil d’essais — dans les deux sens du terme — universitaires.Ce qui ne signifie pas, au contraire, qu’il faut dès lors les reléguer aux tablettes de l'oubli habituel et de l’indifférence politicienne.Cette chronique ne peut rendre compte comme il le mériterait d’un ouvrage aussi déconcertant, à l’heure du plan B fédéral et des appels du pied à la Cour suprême; à l’heure aussi des grandes manœuvres électorales québécoises, freinées momentanément par l’émergence ahurissante du messie tory de Sherbrooke.Mais si quelques lecteurs sont disposés à Cille s Les a ge remettre en question leurs certitudes implacables, à constater qu’il faudra bien un jour tenter de s’extirper du cul-de-sac où le «mal canadien» nous enlise tous, ils trouveront ample matière à réfléchir avec ces textes réconfortants: au lieu de dresser les barrières en barricades, ils prennent de l’env e la perspective pour proposer un partenariat inédit et souple.Solution séduisante mais irréaliste, objecte-t-on, comme si la lassitude ambiante était indécrottable, comme si le renouveau que chacun dit pourtant souhaiter logeait au royaume idéal et éthéré de l’utopie.Car les concessions que les deux codirecteurs proposent ' ?dans leurs textes respectifs et en conclusion commune ne ressortent pas de quelque plan A B ou C malaxé ad nauseam, mais de réaménagements profonds, significatifs et réciproques.D’autres avant eux, bien sûr, ont épilogué sur un nouveau partenariat, qu’il soit de nature fédérale ou confédérale; mais peu, comme MM.Gibbins, laforest et leurs 12 collègues, se sont donné la peine de gloser sur les balises d’une restauration et d'une réconciliation binationales, sur des bases nouvelles et en profondeur.Politique-fiction, raille-t-on encore, tout en sachant que les «alternatives» habituelles au pourrissement actuel sont de plus en plus malsaines.Ne faut-il pas, au plus tôt, crever l’abcès qui suppure et rend irrespirable l’atmosphère collective?Tous en conviennent, mais qui, outre les forts en gueule qui éclaboussent le paysage, manie avec aisance et discernement scalpel et bistouri?Présenté comme un contrepoids rafraîchissant à l’approche judiciaire, cet imposant recueil ose explorer les modalités d’un nouveau pacte canadien qui soit acceptable à toutes les parties.En particulier, en plus de présenter des textes différents et même divergents, MM.laforest et Gibbins cosignent une conclusion commune et proposent quatre recommandations aptes à redéfinir le partenariat canadien.Selon le projet mis au point par l’IRPP au lendemain du référendum d’octobre 1995, toutes les options étaient envisageables, à l’exception du statu quo et de la séparation com- plète du Québec et du Canada en Etats souverains.En d’autres termes, au lieu du rafistolage habituel du statu quo, vermoulu et lézardé, qui domine à Ottawa et au Canada anglais; au lieu de la sempiternelle quête sécessionniste, sans cesse contrecarrée par l’inéluctable interdépendance, pourquoi pas un nouveau partenariat?Il y a de multiples variétés, hybrides, à ce Commonwealth confédéral.Mais aucune n’a fait à ce jour l’objet d’un examen, encore moins d’un essai, honnête et sérieux.S’extirper du ressentiment mutuel ou de l’illusoire égalité des provinces, ça demande une élévation et une volonté politique hors du commun.Souplesse et accommodement, pour l’heure imprévisibles, sont la double clé du dénouement de l’impasse.Le partenariat pourrait être acceptable aux anglophones s’il est conçu pour «garantir au Canada la même autonomie vis-à-vis du Québec qu'au Québec vis-à-vis du Canada».«Il faut procurer de l’espace aux différentes visions de la communauté politique qui s’affrontent dans le débat, lit-on en effet dans Sortir de l’impasse.Aucune vision ne saurait devenir hégémonique» sur la voie de la réconciliation, que nul ne voit poindre a mari usque ad mare.A la recherche du «Québec indépendant dans un Canada fort», le professeur Gibbins favorise le partenariat confédératif, qu’il présente d’ailleurs dans les termes mêmes de l’humoriste Deschamps.Mais, aussi bien le fondateur du Mouvement Souveraineté-Association (MSA), René Lévesque, que le réformateur de la fédération canadienne, Claude Ryan et son livre beige, n’ont-ils pas jonglé, à leur manière, avec l’inévitable dualité, qui s’apparente au mythe confédératif?Au Québec en tout cas, la réflexion est fort avancée sur cette voie étroite et porteuse d’avenir: les Québécois cherchent depuis longtemps à accroître l’autonomie législative de leur Assemblée nationale et à exprimer clairement la dualité canadienne dans les institutions partenariales, sans encourir les coûts économiques traditionnellement associés à la souveraineté.Que des penseurs anglophones partagent cette aspiration à la souveraineté-association, pour eux et pour nous, c’est un message puissant: il est enfin imaginable de sortir de l’impasse.A P R 0 P 0 S -?- .des dépenses sociales du Québec la mission sociale du gouvernement du Québec regroupe les domaines du régime de sécurité du revenu, de la santé et des services sociaux, des services de garde à l’enfance et de l’habitation.À l’intérieur de cette mission, le quart des dépenses est affecté à la sécurité du revenu et presque les trois quarts à la santé, la part réservée aux autres postes étant proportionnellement beaucoup moindre.Pour l’ensemble des dépenses étatiques, la sécurité du revenu repré- sentait, en 1996, autour de 10 % des dépenses, la santé et les services sociaux, plus de 30 %, les services de garde, 2,5 %, et l’habitation, moins de 1 %.Dans le cas de l’aide sociale (sécurité du revenu), il est connu que de fortes compressions ont été imposées, notamment avec un processus de sélection des clientèles beaucoup plus accentué.Guy Fréchet, dans Québec 1998, éditions Fides — Le Devoir.LE DEVOIR PONDE I' A R HENRI 0 U R A S S A LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSON NETTE Rédacteur en chef R E H NARD DESCÔTEAÜX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS T H OU IN Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, PIERRE CAY0IIETTE, NORMAND THERIAULT Rédacteurs en chef adjoints JEAN-ROBERT SANSFAÇON, ROLAND-YVES CARIGNAN Directrice, ventes et marketing MARTINE I) IIB F, 20 50, rue de Blcnry, 9* étage, Montréal (Québec) II3A 3MO.TéI.: (5 I -1 ) 08 5-333 3 FAIS CE QUE DOIS VV L K I) E V OIK, L K S S A M EDI 7 E T I) I M A X f II K 8 M A K S I !» !t 8 A 1 1 fDEES ma « .1 fw y ;£ütv Le théâtre montréalais est dans un cul-de-sac ¦ Le bon peuple paie pour des salles vides six mois par année Il faut redonner le théâtre aux travailleurs, aux enfants et aux laissés-pour-compte et soir) et les jeudis, vendredis après-midi et vendredis soirs; Dom Quichotte, enfin, les samedis, dimanches après-midi et dimanches soirs.Les Sorcières de Salem.Environ 300 représentations par année.Des acteurs reposés, assurés d’un salaire annuel décent, et.pour certains d’entre eux, la possibilité de tenir plusieurs rôles dans différentes productions.L’introduction de doublures rémunérées, soit des élèves du Conservatoire ou de l’Ecole nationale de théâtre ou autres membres de l’UDA dûment auditionnés et qui auraient la chance d’une vie de tenir des rôles importants autrement inaccessibles (je n’invente rien, c’est la règle à New York, Londres, Paris, Stratford, Cracovie.).Des acteurs et des actrices à qui l’on permettra enfin d’atteindre des sommets parce qu’ils auront dépassé le seuil des représentations s’appuyant sur la mémoire.Avant une quarantaine de représentations, impossible d’arriver à ce «deuxième souffle» où l’inconscient peut commencer à nourrir et modifier les contraintes originales imposées par la mémoire.Obliger les acteurs à se limiter à 24 représentations, c’est les condamner à ne jouer que des clichés, utiliser leurs tics, les forcer à développer une personnalité théâtrale, un personnage passe-partout.Voilà pourquoi notre théâtre et principalement celui qu’on exporte (hormis notre théâtre jeunesse) fait appel aux images et aux idées plutôt qu’au jeu et aux émotions.La conséquence la plus importante de ce bouleversement des politiques de diffusion sera évidemment l’augmentation substantielle du public.Montréal deviendrait un festival permanent de théâtre.Si l’Espace Go, le Quat’sous, le Théâtre d’Aujourd’hui, la Nouvelle Compagnie théâtrale, La Compagnie Jean-Duceppe, le TNM et le Rideau Vert, La Veillée et l’Usine C se ralliaient à cette formule, nous aurions dans la même semaine le choix entre une vingtaine de spectacles différents, tout au long de l’année.Quoi de plus facile, alors, pour le public, de planifier une sortie, pour les grossistes en voyages de proposer des Que forfaits spectacles, pour les amateurs des régions éloi- chaque gnées de recevoir la rumeur et d’avoir le goût de compagnie descendre à Montréal, le mois suivant, pour une peti- trace ses te virée?Les succès se- rhpmins raient des triomphes et les cnemins, échecs pourraient se retirer sans honte et sans étirer le malaise.Raymond Cloutier nistère de l’Education pourrait obliger tous les étudiants, du préscolaire au collégial, à assister à deux représentations théâtrales de leur choix chaque année.Arrêtons d’avoir peur, de sous-évaluer notre société, de la croire incapable d’embarquer dans un projet semblable.Sortons de nos vieilles habitudes, de nos chicanes de clans, de nos droits acquis, et trouvons des solutions rapidement.Notre théâtre est à l’urgence, encombré, inefficace, en perte de sens, déconnecté de sa société.suive ses Repenser la vente des billets Les différents subven-tionneurs pourraient se mettre d’accord pour financer la diffusion plutôt que la production.Au lieu d’une prime à la quantité de productions, il devrait y avoir une prime au nombre de représentations.Récompenser du même coup la vente de billets à rabais, aux étudiants, aux aînés, aux assistés sociaux.L’argent épargné en décors, costumes, répétitions et surtout en marketing, placements médias, relations publiques, pourra être réinvesti en cachets décents pour les concepteurs, interprètes, auteurs et compositeurs.Il faudra reprendre le bâton du pèlerin et aller, dans la tradition de Jean Villar, remettre le théâtre à ceux à qui il est destiné, les travailleurs, les enfants, les laissés-pour-compte.Le mi- întuiùons.Toutes affichent a peu près les mêmes couleurs.Limiter la production Lorsque nous limiterons la production institutionnelle montréalaise à une vingtaine de spectacles au lieu de la soixantaine actuelle, nous permettrons enfin à la relève, au théâtre expérimental, aux aventures de toutes sortes, d’avoir la chance d’atteindre un public autrement sur-sollicité et incapable de soutenir un art qu’il voudrait bien fréquenter.Lorsque nous atteindrons ce seuil critique, en deçà duquel le théâtre montréalais n’a pas de sens, et ses millions de subventions non plus, ce seuil de 100 000 spectateurs dans les théâtres de la métropole, nous saurons que notre génération a fait son devoir au lieu.de surfer sur les décombres de l’État-providence en se moquant des conséquences de son manque flagrant de vision.La seule façon de passer de 15 000 à 100 000 spectateurs fidélisés (ce l.YNIi CHAR!.!*.IiOIS Luc Picard dans Le Misanthrope de Molière.Il était impossible d’obtenir des billets après la première semaine.Diffusion en répertoire La solution: la mise en place, le plus tôt possible, d’un système de diffusion en répertoire dans tous les théâtres institutionnels.Deux ou trois productions par année, dans les grandes compagnies, jouées continuellement en alternance.D’autres salles plus petites pourraient prendre le risque de ne présenter qu’un seul spectacle à chaque saison.Imaginez Le Misanthrope disponible, au Théâtre du Nouveau Monde, les mardis, mercredis (après-midi fauteuils, souvent inconfortables, sont occupés par des amateurs de théâtre qui boudaient ou se sentaient exclus des salles du centre-ville de Montréal.Pourquoi?Impossible d’obtenir des billets pour Le Misanthrope au TNM après la première semaine.Malgré cela, on retire le spectacle de l’affiche après quelques supplémentaires.Il y aura peut-être une reprise dans plusieurs mois, lorsque la force d’attraction aura disparu.Pourquoi?Les Muses orphelines auraient pu jouer durant un an à guichets fermés au Théâtre d’Aujourd’hui, Les Années, une saison entière au Quat’sous, mais on arrête tout après un mois et on tente une reprise des mois plus tard.Pourquoi?Malgré une centaine de premières clans nos théâtres montréalais, on ne retrouve que trois spectacles disponibles la fin de semaine du 19 au 22 février 1998, mois au cours duquel notre clientèle privilégiée semble vouloir fréquenter le plus assidûment nos salles de spectacles.Pourquoi?Notre seul théâtre d’exportation est basé sur les images, les concepts, l’élitisme, le raisonnement, le corps.Rarement sur l’acteur, le jeu, l’émotion, la performance dramatique, la re-présentation populaire.Pourquoi?Le jeune théâtre, la relève, les théâtres expérimentaux sont encouragés par des clientèles étanches, monolithiques et forcément restreintes.Pourquoi?Qu’on ait 15 000 abonnés à la Compagnie Jean-Duceppe ou dix fois moins dans d’autres compagnies, toutes justifient l’abandon des succès par l’obligation de fournir le siège promis à ceux qui ont des revenus suffisants pour payer à l’avance et à rabais pour des spectacles que le reste du public ne pourra p;is voir, même à gros prix.Pourquoi?(A cet égard, la plupart des théâtres des grandes métropoles ont transformé leur statut d’abonné en celui d’ami.Ceux-ci sont informés, de façon privilégiée, des changements de programmation et Notre seul théâtre d’exportation est basé sur les images, les concepts, l’élitisme, le corps ont le premier choix des dates et des sièges disponibles.Rien à voir avec la dictature actuelle des abonnements.) Dans notre métropole, des actrices de premier plan, des acteurs populaires et consciencieux, ne peuvent gagner leur vie, même lorsqu'ils réussissent à obtenir trois premiers rôles dans l’année.Cachet total, 8000 $ pour trois mois de répétitions et un mois de représentations.C’est le maximum qu’obtiennent les plus grandes vedettes québécoises.Pourquoi?L’été venu, les mêmes interprètes jouent entre 40 et 70 représentations d’un même spectacle pour des cachets supérieurs dans des théâtres privés non subventionnés.Pourquoi?Parce que nous sommes prisonniers d’une tradition, d’une prison dorée, qui s’est construite à notre insu et de laquelle il nous apparaît impossible de s’échapper.Le théâtre des années 50 jusqu’au milieu des années 60 s’adressait à une élite intellectuelle, éduquée, bien informée, et bataillait ferme pour sortir la province de l’obscurantisme et garder un lien affectif avec Paris tout en encourageant timidement la dramaturgie locale.Mais les 30 dernières années ont permis une explosion sans précédent de la créativité, l’arrivée de metteurs en scène, de scénographes, d’acteurs, d’actrices, de dramaturges et d’auteurs.Les subventions sont passées de presque rien à 12 millions, on a bâti des salles, consolidé les compagnies, multiplié le nombre de places disponibles par milliers.Il y a maintenant plus de premières à Montréal qu’à Paris, plus de pièces à l’affiche dans une année qu’à New York.Et pourtant, le public n’a pas beaucoup augmenté durant ces 30 ans.Et jamais les pièces ne s’inscrivent dans notre mémoire collective.Le lobby du théâtre fait tellement peur au gouvernement qu’il n’ose remettre en question la pertinence de cette surabondance stérile et déconnectée des réalités économiques.Pourquoi?La peur, le défaitisme, la croyance dans l’inculture de la clientèle et l’indifférence à la mission collective du théâtre.Parce qu’il est plus facile de faire des premières que de l’apostolat, plus excitant de produire que de diffuser.Parce qu’il semble plus moral de remettre presque toutes les subventions à la publicité et au lancement des productions alors qu’elles doivent être destinées aux créateurs.Parce qu’on impute aux abonnés nos programmations bétonnées.Parce qu’on croit que l’essoufflement des interprètes, le grand choix restreint dans le temps, le halètement d’un public captif, cacheront l’absence d’une relation réelle avec une société.Et ne touchez pas à ma liberté d’expression alors qu’il faudra très bientôt toucher à la liberté de production.VKRO BONCOMPAGNI chiffre pourrait doubler lors de gros succès), c’est d’ouvrir les salles l’année durant, de faciliter la compréhen- , sion des programmations, de donner le temps aux spectacles de prendre leur envol, de subventionner la patien- ¦ ce et la recherche de nouveaux publics et d’annoncer notre festival de ' théâtre permanent à travers le Québec, la Francophonie et l’Amérique.Que chaque compagnie trace par la + suite ses chemins, suive ses intuitions, son esthétique.Présentement, toutes affichent à peu près les mêmes couleurs.Les mêmes acteurs courent d’un théâtre à l’autre pour être dirigés par les mêmes metteurs en scène, éclairés par les mêmes scénographes.C’est comme si Montréal ne possédait qu’un seul gros théâtre à scènes multiples vivotant grâce au bénévolat de tous les concepteurs et interprètes, n’enrichissant que l’International Alliance of Technicians and Scenic Employees, le journal Ia Presse et les entrepreneurs en construction, et qui justifiait son existence par l’amour des gens de théâtre qui entrent en religion (merci au père Legault) et la fi- : délité des initiés de la secte.Désormais, avec des concepteurs bien rémunérés, des acteurs calmes et exclusifs, des metteurs en scène décidés à communiquer les œuvres plutôt qu’à les embrouiller, nous pourrions en quelques années opérer une révolution irréversible de notre pratique et laisser à la génération montante les structures nécessaires pour t la survie d’un art que nous aimons par-dessus tout autre.Les Québécois aiment leurs acteurs et leurs actrices, ils sont fous de théâtre l’été: offrons-leur donc un paysage et un accueil qui les inviteront sans gêne et sans confusion dans les temples qu’ils ont tous payés de leurs impôts.RAYMOND CLOUTIER Acteur if- ans la grande D région métro- politaine de Montréal, où vivent trois millions de personnes, on estime qu’environ 30 000 d’entre elles fréquen-tent il o s ___===_^==| théâtres, 15 000 habitués et j 15 000 qui s’ajoutent lorsqu’il y a un j gros succès, soit entre 0,5 et 1 % de la population.Il y a donc peu de monde admis à la grande fête théâtrale, mis à part les initiés et les abonnés.En effet, comment s’assurer d’être prévenu, par une source sûre, d’un succès, comparer les critiques, évaluer les projets, trouver la bonne semaine, réserver la gardienne, convaincre un ami ou la conjointe et faire tout cela en dedans des 24 représentations garanties d’une bonne ou mauvaise pièce?Après, les spectacles disparaissent dans la nuit des temps, et deux millions de dollars en coûts directs et indirects s’envolent, dont un million en subventions à chaque mois pour les besoins de 15 000 fervents spectateurs.Toutes les cinq semaines, invariablement, les théâtres ferment leurs portes pour une dizaine de jours, refont des enchaînements, des générales, de coûteuses campagnes de promotion, des premières gratuites pour le gratin et les amis qui vont consacrer ou démolir l’aventure, et recommence l’ijlusion d’une vie culturelle intense.A la mi-mai, les théâtres ferment leurs portes pour quatre mois.Le bon peuple, qui ne sait plus où donner de la tête dans ce tourbillon, paye pour la construction, l’administration et l’entretien de salles vides six mois par année.Pourquoi ?Durant les six autres mois, il n’a ni les clés ni le code pour entrer dans le temple; ou bien la programmation le rebute, ou bien les salles l’intimident.Pourtant, l’été, presque un million de Des jeunes, encore ! Étrange jeunesse capable de toutes les folies et de toutes les sagesses.Comment ne pas penser certains jours que le meilleur lui appartient ?BENOÎT LACROIX O.P.Ir=^======j| ls ne font pas tous la fête.Ils ne se suicident pas tous.Dans les grandes et petites écoles, il s’en trouve qui sans bruit sont tout à leur affaire: ils étudient.Des garçons et des filles arrivent encore à l’université avec un bon sa-|L— voir de base; ils ont lu, ils maîtrisent assez bien leur langue, ils savent déjà coordonner leurs loisirs et leurs amours sans pour autant négliger l’essentiel: ils étudient.L’autre soir au Théâtre Denise-Pelletier, il y en avait des djzaines et des dizaines venus entendre et voir Œdipe roi de Sophocle.Même soigneusement préparé par la Nouvel- le Compagnie théâtrale de Montréal, avec l’appui de quelques aînés, il demeure que le texte est joliment sérieux, complexe même.Un drame religieux en plus.Œdipe est joué par Casabone, un jeune comédien dans la trentaine; la mise en scène par Wajdi Mouawad, lui aussi du même âge.Ingénieuse mise en scène, soit dit en passant.Plus important pour nous est que de jeunes étudiants et étudiantes soient là, 90 minutes à la suite, attentifs, sans broncher.Pas un mot.Ni popcorn! Dans un autre ordre: une trentaine d’étudiants d’université viennent de publier à Montréal dans une édition maison (centre étudiant universitaire, 2765 chemin de la Côte-Sainte-Catherine) un livret.Livret plutôt que livre, tellement la présentation est modeste.Ces jeunes y soumettent chacun, chacune, pour chaque jour d’ici Pâques, une page à propos d’un texte sacré de leur tradition.Les références sont là.Le style est correct.Plusieurs viennent des facultés des sciences et de médecine.C’est à noter.Ce qui retient présentement notre attention est qu’une jeune génération soit déjà au stage de l’expérience spirituelle première.Chaque étudiant s’y exprime à sa manière.Sous le couvert d’un court commentaire transparaissent en mots, à mots couverts souvent, leur inquiétude, leurs désirs profonds.Aucune révolte verbale.Une espérance latente.Non plus la peur de dire une croyance mais l’humilité dans la manière de l’exprimer.Saijs déranger, sans fausse nostalgie non plus.A travers quelques remarques entrecroisées, il est difficile de ne pas sentir aussi l’émotion d’une recherche intérieure authentique.Il suffit de lire pour s’en rendre compte: «Est-ce que ce que je vais dire est vrai?.Un voile me couvre la vue.Pourquoi, Dieu, ne fais-tu rien?Pourquoi es-tu si absent?.Les gens qui se moquent de toi.Ma foi parfois un peu fragile.Il y a des concessions que je ne suis pas encore prêt à faire, mais patience!.Pourquoi ne pas “nous ouvrir” au mystère, faire confiance.accepter cet Amour qui nous est donné gratuitement.Si le cœur doute, s’il n’est pas habité par une flamme divine.le chevalier ne pourra pas combattre les forces qui l’entourent.» La prière?Oui, mais «rends-moi ce cœur d’enfant».Certains transforment leur méditation: ils prient! Etrange jeunesse capable de toutes les folies et de toutes les sagesses! Qui a dit que la jeunesse est le radar du monde?Comment ne pas penser certains jours que le meilleur lui appartient?L ’ f: Q II I P E DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Louis Lapierre (adjoint au directeur de l’information).Sylvain Blanchard, Jean Chartier (régions).Paule des Rivières (éducation).Jean Dion, Louis-Gilles K rancœur (environnement).Kathleen Lévesque (actualités politiques municipales), Carolinp Montnetil Brian Mvïes (Politique municipale).Isabelle Paré (santé).Jean Pichette (justice).Clément Trudel (relations de travail).Serge Truffaut (questions urbaines) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques) : Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs) * Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) : à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargeon (arts visuels et théâtre).Paul Cauchon (médias).Marie-Andrée Chouinard (livres et politiques culturelles).Louise Mue (musique).Jean-Pierre legault.Odile Tremblay (cinéma) ; à l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur J- u '* 111 politique : Pierre O'Neill, Manon Cornellier (correspondante parlementaire, daction) ; Judith Lachapelle.Marie-Claude Petit (commis).publics et appels d offres), Jaïqui lin ., ,,- -!¦ — .—,-,, ,—, .*1 IJ.'.I,,.-,I T, ,1.Ilrvnn!,,ii„ r u,,.- riirîciian Yit’f,, Olivier /ïuida.SERVICE À IA CLI ENTÉ ! ii Johanne Brien (responsable).Evelyne (contrôleur).Ghis- nault (directeur des approvisionnements, distribution I cl bonté (responsable à la promotion des abonnements) laine bifleur, Danielle Nantel (secrétaire administrative) et production).Marie-France Turgeon (responsable de la production).Claudine Bédard, Johanne Brunet.Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Christian Vien.Olivier Zuida.SERVICE A IA CLIENTELE Johanne Brien (res ts).Manon Blanchette-Turcotte, Monique L’Heureux, Lise Lachapelle, Rachelle Leclerc-Venne.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Jeanne-d’Arc Houde (secrétaire à la direction) ; Céline Furoy, Patrick Inkel live).Nathalie Perrier.Danielle Ponton, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur générât). 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