Le devoir, 7 mars 1998, Cahier E
I.E I) E V (MK.I.E S S A M E I) I E T I) I NI A X C 11 E 8 XI A U S I !» !» S FEMMES PHOTOTHÈQUE LE DEVOIR (/) Refusant Femmes- , précise-t-elle.Louise Miller, conseillère syndicale au service de la recherche de la FTQ, mentionne également les métiers liés à l’environnement, au recyclage, à l’aménagement •des forêts, etc.Le tourisme et la fabrication de produits •dérivés de l’agriculture constituent d'autres champs d'action potentiels.Dans son document L’économie sociale et les femmes: garder l’œil ouvert, le Conseil du statut de la femme parle carrément de «découverte de nouveaux gisements d’emplois de qualité, à caractère permanent, liés à la production de biens et de services non étatiques, capables de répondre aux besoins des populations locales, entre autres dans ces domaines que les femmes ont depuis longtemps à cœur: santé, éducation, soin aux enfants, culture, justice, l'aide aux démunis, le respect de l’environnement, la paix.C'est là qu'elle prend tout son sens, comme expression de façons de voir et de faire différentes.» Mais attention, prévient Françoise David.Si l’économie sociale apparaît comme une alternative à l’exclusion marquée de beaucoup de femmes de l’économie de marché, elle ne doit pas les enfermer dans de nouveaux ghettos de pauvreté.«Il s’agit de leur donner les moyens décents de gagner leur vie, en valorisant des occupations dans lesquelles elles sont passées maîtresses depuis longtemps, sans avoir eu accès au salariat ou à la reconnaissance.» Et en leur donnant accès à des métiers dont elles étaient tout aussi tradi- tionnellement absentes, renchérit Louise Miller.Rêve ou utopie?Josée Belleau, agente de liaison pour l’R des Centres de femmes du Québec, ne voit pas l’économie sociale comme une panacée, mais bien comme un outil de développement parmi d’autres.«Plusieurs femmes demeurent foncièrement réticentes, étant donné le contexte de désengagement de l’État.Elles voient là une stratégie du gouvernement pour se justifier, d’autant plus qu’il a refusé de signer le rapport Entre l’espoir et le doute.» Produit par le Comité d’orientation et de concertation de l’économie sociale et devenu un outil de travail pour les groupes de femmes, ce rapport a été presque ignoré par les médias et l’ensemble des acteurs en économie sociale, avant d’être rangé sur une tablette.Le rapport Osons la solidarité, publié par le Chantier sur l’économie sociale et publié à la suite du Sommet de l’économie et de l’emploi de 1996, a quant à lui été mieux reçu.mais pas par tout le monde.La création d’entreprises communautaires et coopératives qu’il prône laisse craindre un «détournement» de la mission des organismes communautaires: venir en aide aux plus démunis.«À l’heure actuelle, confirme Josée Belleau, le gouvernement brandit une forme de financement mur à mur qui ne respecte pas l’identité des groupes communautaires.Et les fonds promis semblent davantage orientés vers la création de nouveatcx organismes, au lieu de servir, comme on s’y attendait, à consolider les emplois dans ceux qui existent déjà.» L’obligation d’autofinancement partiel, à court ou à moyen terme, en faisant payer les usagers pour des services qui seront peut-être hors de portée pour la majorité d’entre eux, est elle aussi loin de faire l’unanimité.«Comment tarifer l’entraide?demande Josée Belleau.C’est une chose de réclamer parfois une contribution minimale ou volontaire, c’en est une autre d’en faire un principe permanent.» Cette crainte du dérapage n’est pas nouvelle.Dans Garder l’œil ouvert, le CSF rappelle que l’expression économie sociale, apparue au début du XIX' siècle pour désigner une solution de rechange globale et sociale au capitalisme et au libéralisme économique, a maintes fois été galvaudée et récupérée.Malgré les risques et les inconvénients de cette approche, et malgré le fait que le secteur communautaire n’échappe pas aux inégalités salariales et à la division du travail qui prévalent en général sur le marché du travail, le CSF penche quand même en faveur d’une économie basée sur la solidarité, qui favorise la cohésion sociale.Il en va de même pour Louise Miller, qui souhaite donner à cette «troisième économie» le temps de faire ses preuves.D’autant plus qu’en région, certains projets semblent sur la bonne voie.Représentante de la FTQ a la table du Chantier de l’économie sociale, elle estime cependant que les syndicats doivent demeurer vigilants pour éviter un trop grand désengagement de l’Etat susceptible de favoriser le «cheap labor».«Il faut protéger les emplois de qualité et en créer d’autres, soutient-elle.Dans l’actuel contexte de coupures dans des domaines tels que la santé et les services sociaux, où les femmes sont majoritaires, la montée de l'économie sociale demeure controversée.» «Rien n’est encore coulé dans le ciment, précise Josée Belleau.Je suppose que l’économie sociale pourra se mettre en place en même temps que le rapport deforces qui permettra d’initier les changements sociaux qui respecteront les principes d’équité et de justice.Même si la flamme paraît très vacillante, elle n 'est certes pas éteinte: il y a, de par le monde, quantité de gens engagés qui travaillent, sur le terrain, à cette nouvelle vision du monde économique.» Femmes ou hommes, du Nord comme du Sud, ils souhaitent la globalisation de la solidarité, pour faire contrepoids à la mondialisation des marchés et au néolibéralisme.Mais ce sera fort probablement une entreprise de longue haleine.Une lutte de 150 ans pour l’autonomie financière » CLAIRE HARVEY COLLABORATION SPÉCIALE Les femmes ont toujours travaillé.Mais leur véritable lutte pour qu’on reconnaisse leur rôle à part entière en tant que citoyennes économiques et politiques aura duré plus de 150 ans.Une longue marche vers l’égalité.Rappelons qu’avant 1850, les femmes participaient autant que les hommes à la production, en dépit d’une division discriminatoire des rôles et des tâches.Dans la société préindustrielle, la vie familiale et le travail se déroulaient au même endroit.Pour que la famille soit autosuffisante, tous et chacun devaient faire leur parL Selon Marie Lavigne, autrefois présidente du Conseil du statut de la femme, il n’y avait pas alors de séparation entre les activités domestiques et de production, qui contribuaient toutes deux au bien-être de la famille.Marie Lavigne, qui dirige sujour-d’hui le Conseil des arts du Québec, a également fait partie du collectif Clio avec Micheline Dumont, professeure d’histoire à l’Université de Sherbrooke, Michèle Jean, sous-ministre à Santé Canada et Jennifer Stoddart, vice-présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec.On doit à ce collectif un bon nombre d’ouvrages sur la contribution historique réelle / Le Syndicat de la fonction publique du Québec (SfPQ) est fier de se joindre en toute solidarité à l'ensemble du mouvement des femmes pour célébrer la Journée internationale des femmes et ainsi contribuer aux efforts pour REVOIR NOTRE MONDE afin d'y vivre plus égalitairement et humainement.Bon 8 mars à toutes! c SYNDICAT DE LA FONCTION PUBLIQUE DU QUÉBEC des femmes, dont L’histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles.Les femmes deviennent ménagères Dans cet ouvrage, les auteures notent que l’industrialisation de la seconde moitié du XIX' siècle a modifié en profondeur l’organisation du travail.Avec la mécanisation des activités de production, le travail a été déplacé en dehors de la cellule familiale.Les hommes ont investi la sphère publique et les femmes la sphère privée.Ces dernières ont abandonné peu à peu leurs activités de production et sont devenues ménagères.Pendant quelques décennies, l’industrie de la confection a permis aux femmes de concilier le travail domestique avec le travail rénuméré.Pour boucler le budget familial, de nombreuses femmes faisaient à domicile des travaux de couture.«Même si ce travail était mal payé, il leur permettait d’avoir un revenu tout en prenant soin de leur famille», explique Marie Lavigne.Pendant cette période, une partie de la population féminine travaillait également dans les industries.Le collectif Clio signale qu’en 1891, les femmes formaient le cinquième de la main-d’œuvre manufacturière du Québec.Dans les manufactures, on payait souvent les ouvrières à la pièce, et non à la semaine comme les hommes.Selon Micheline Dumont, on a établi que l’homme était le pourvoyeur économique et que les femmes n’avaient droit qu’à un revenu d’appoint.«C’est pourquoi les hommes gagnaient deux fois plus que les femmes.» Peu à peu, les femmes ont réclamé des augmentations de salaires et de meilleures conditions de travail.Par exemple, en 1889, quelque 500 ouvrières des moulins Hudon d’Hoche-laga ont fait la première grève importante dans les textiles.Cette grève a été suivie de nombreux autres conflits de travail.«Si les ouvrières avaient certains appuis, elles se heurtaient aux ouvriers, qui estimaient que l’entrée des femmes sur le marché du travail faisait baisser les salaires masculins», signale Micheline Dumont.Les hommes n’ont pas réservé un meilleur accueil aux femmes dans les autres secteurs d’activités.Dans les professions de bureau, on voulait notamment leur interdire l’accès à la fonction publique.Dans les magasins, les vendeuses travaillaient debout jus-qu’à douze heures par jour.Les femmes qui se destinaient à l’exercice d’une profession libérale frappaient en vain aux portes closes des facultés des universités et des corporations professionnelles.Pour de nombreuses jeunes filles instruites, l’enseignement était le seul débouché.D’autres choisissaient d’entrer au couvent, où elles pouvaient accéder à des postes de responsabilité sans s’exposer aux foudres du reste de la société.Les femmes font des gains La Première Guerre mondiale a temporairement permis à la main-d’œuvre féminine de faire de petits gains.On a alors envisagé que les femmes pouvaient travailler avant de se marier, voire effectuer certains travaux qu’on croyait au-dessus de leurs forces.À la fin de la guerre toutefois, bon nombre de femmes se sont retrouvées en chômage en raison de la diminution de la demande dans l’industrie de guerre et du retour de la main-d’œuvre masculine.De 1929 jusqu’à la fin des années 30, la Crise a un impact profond sur la vie des femmes et des hommes, ces derniers perdant leur emploi par milliers.Selon le collectif Clio, de nombreuses femmes ont cherché du travail, fait des lavages à la maison, hébergé des pensionnaires ou trouvé des logements moins dispendieux pour boucler le budget familial.Heureusement depuis déjà quelques décennies, des féministes comme Marie Gérin-Lajoie étaient arrivées sur la scène et tentaient de faire évoluer les lois.Ces féministes ont réclamé notamment la réforme du Code civil pour améliorer le statut légal de l’épouse, afin qu’elle puisse contrôler son salaire, être admise à la tutelle et au conseil de famille, et em- pêcher son mari de disposer à son gré des biens de la famille.Parallè-ment à ces revendications, les femmes ont lutté pour obtenir le droit de vote, qui leur sera finalement accordé, au provincial, le 25 avril 1940.Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le Canada a eu une fois de plus recours à la main-d’œuvre féminine.Dans les forces armées, seules les professionnelles de la santé, comme les infirmières et les physiothérapeutes, touchaient le même salaire que les hommes du même grade.En dehors de l’armée, la pénurie de main-d’œuvre était tellement importante qu’on faisait même appel aux femmes mariées.A la fin de la guerre, tous ont fait des pressions pour qu’elles rentrent chez elles et se consacrent à leur mari et à leurs enfants.Avant la Révolution tranquille, l’instruction a commencé à devenir plus accessible aux femmes, entre autres les études secondaires et le cours classique.Ce mouvement s’est [jour-suivi en 1964 avec le Rapport Parent.Ce rapport recommandait notamment une éducation identique pour les filles et les garçons, sans aller jusqu’à remettre en question les rôles traditionnels des hommes et des femmes.Il reste qu’on venait de franchir une étape essentielle à l’autono-rniç économique des femmes.A partir de 1965, le processus de libération et d’affirmation des femmes s’est accéléré et la présence des femmes sur le marché du travail s’est généralisée.Le mouvement féministe a marqué de nombreux points, par exemple en ce qui concerne les régimes matrimoniaux, la contraception, les services de garde et les congés parentaux.Iœs femmes ont enfin obtenu le droit de prendre leur place dans toutes les sphères d’activités.BILKIS VISSANDJEE codirectrice universitaire KATHERINE MACNAUGHTON-OSLER codirectrice communautaire CENTRE D'EXCELLENCE POUR LA SANTÉ DES FEMMES C.P.6128, Suce.Centre-Ville Montréal (Québec) H3C 3J7 Tél.: (514) 343-6758 Téléc.: (514) 343-7078 pi - m lobalement, les Québécoises gagnent 75 % du salaire des Québécois.La sous-évaluation de différents aspects du travail des femmes a contribué à maintenir une partie de l’écart entre leur salaire et celui des hommes.La Loi sur l’équité salariale, en vigueur depuis le 21 novembre 1997, reconnaît l’existence d’une discrimination systémique à l’égard des femmes.Elle a pour but de corriger les écarts salariaux qui en découlent.Tout employeur de dix personnes salariées ou plus est visé par la loi.Les modalités d’application diffèrent selon la taille de l’entreprise.La Commission de l’équité salariale est chargée d’assurer l’administration de la loi.Pour toute information vous pouvez nous joindre sans frais au 1 -888-528-8765 ou, pour Québec et les environs, au 528-8765.Gouvernement du Québec Commission de l’équité salariale I.K I) K V Oil!.I K S S A M K I» I K I I) I M A X ( Il K S M A li S I !» !» S E • .1 () LT I! N K K irmiJATIomE DES FBI MES- Concilier travail et famille Après avoir élevé leurs enfants sans quitter leur emploi, bien des femmes devront ensuite prendre soin de leurs parents âgés tout en continuant à travailler MARIE-CLAUDE PETIT COL LA B O RAT IO N S PÉC1A LE p * est encore aux femmes de fai-" re des démarches pour concilier leur autonomie, leur regard sur l'emploi, leur goût d'y être, et la responsabilité parentale, soutient Nicole Desèves, conseillère à la CEQ.Les mesures d’adaptabilité de la main-d'œuvre féminine sont encore à l'état embryonnaire dans les entreprises.Les femmes doivent avoir leur place au sein des organisations, et non entrer dans leur moule.» Depuis 1950, la participation des femmes au marché du travail n’a cessé d’augmenter.Pourtant, les employeurs tardent à s’adapter à leur présence.Cela est un obstacle de taille pour les travailleuses, dont une portion non négligeable sont aussi mères et épouses.D’où la mise en relief de la difficile conciliation des responsabilités familiales et professionnelles.Conséquence: les femmes accumulent du stress.De l'avis du Conseil du statut de la femme (CSF) et des représentantes des services de la condition féminine des différentes centrales syndicales .du Québec, un changement en profondeur des mentalités et des institutions s’impose.On réclame des moyens d’adaptation pour les mères travailleuses.Impacts La vie de beaucoup de mères travailleuses est dictée par leurs conditions de travail.Cette situation engendre une série d’impacts au niveau de leur qualité de vie, dans leur couple, avec leurs enfants et leurs parents.Une récente enquête de la CSN dévoilait que plus il y a de problèmes dans l’organisation du travail d’une entreprise, plus la conciliation travail et famille est difficile.Par exemple, l’absentéisme accru, les retards, la réduction du rendement, l’idée de quitter momentanément le marché du travail, seraient provoqués, entre autres, par les remaniements de postes, les surcharges de travail, l’absence d’appréciation de la part des collègues et des supérieurs.Les femmes interrogées ont aussi soulevé deux phénomènes qui se manifestent de plus en plus: le besoin de soutien ponctuel de leurs parents, et la présence des adolescents qui demeurent à la maison ou qui y reviennent.«Cela représente une source de stress très élevée pour les femmes, explique Danielle Hébert, du service de la condition féminine à la CSN.En plus du travail, elles se sentent responsables de donner davantage de leur temps aux membres de leur famille.» Solutions En marge des dispositions traditionnelles qui permettent la conciliation du travail et de la famille (congés médicaux, etc.), les centrales syndicales proposent l’application de mesures organisationnelles et législatives.Question de délester les femmes de leur stress.Rares sont les employeurs qui ont des politiques sur la conciliation.Selon les domaines, et les catégories d’emplois qui s’y trouvent, des solutions sont envisageables.Cela permettrait aux femmes — et aux hommes — de remplir un certain nombre d’obligations familiales et de mieux s’organiser.Ce peut être le réaménagement, la réduction ou la flexibilité au niveau du temps de travail; l’accès à des téléphones pendant les heures de travail; la possibilité de louer des équipements sportifs, tels les gymnases, en dehors des heures de classes, etc.Les conditions des travailleuses à temps partiel préoccupent également les représentantes syndicales.«Malheureusement, les mêmes avantages n ont pas été négociés pour elles, souligne Danielle Hébert de la CSN.Nous devrons nous assurer quelles aient les mêmes droits et avantages que les autres, au prorata des heures travaillées.Surtout que ces travailleuses sont souvent les plus jeunes, donc en mesure d'avoir des enfants.» Moyens externes Le gouvernement devrait aussi, dit-on, user de moyens pour faciliter la conciliation du travail et de la famille.C’est d’abord la nécessité d’avoir une politique familiale «cohérente» qui représente l’enjeu majeur.«Actuellement, à la FTQ, le dossier crucial est celui des services de garde, dit Sylvie Lépine, du service de la condition féminine de la FTQ.Les femmes désirent une politique familiale plus souple qui leur permettrait de composer avec des horaires de travail de nuit ou sur appel.Il existe un réseau d’aide, mais il est informel (membre de la famille, amie, petite voisine).Elles veulent des services adéquats: une garderie à proximité de leur lieu de travail, dans les écoles ou dans une garderie certifiée à la maison.» Le congé parental est un autre élément qui facilite la conciliation.En ce moment, les prestations, régies par les règles de l’assurance-chôma-ge, sont un obstacle économique.Les parents qui se prévalent du congé ne reçoivent que 55 % de leur salaire assurable pendant les dix semaines de congé.Une étude menée en 1995 par le Conseil du statut de la femme a démontré que seulement 4,2 % des pères avaient recours à cette mesure.S’ils s’abstiennent c’est, entre autres, qu’elle représente une perte de revenus plus élevée (s’ils gagnent plus que leur femme), qu’ils font face à une résistance de la part de leur milieu de travail, moins habitué à leur absence qu’à celle des femmes.«Il faut que le monde du travail s’adapte à la famille, qu’il permette aux pères de ne pas perdre leur emploi afin qu’ils puissent être près de leur enfant, explique Marie Moisan, agente de recherche au CSE Le congé parental doit être vu comme un élément de politique sociale qui favorise l’égalité entre les sexes, sans quoi on assisterait à la perpétuation de l'utilisation quasi exclusive du congé par les femmes.«Les femmes doivent avoir leur place au sein des organisations et non entrer dans leur moule» Aussi, il est essentiel que le gouvernement du Québec le rapatrie afin de le dissocier de l'assurance-chômage.» Enfin, la promotion du congé pa- rental dans l'ensemble des entreprises, une attitude positive de la part des collègues et des supérieurs des hommes, la possibilité d’échan- ger avec d’autres hommes qui ont utilisé le congé parental sans conséquences négatives sur leur carrière, sont également des moyens idéaux qui, en bout de ligne, amélioreraient la qualité de vie des travailleuses-mères-épouses.«Mais les préjugés sont tenaces», conclut Marie Moisan.%, • % ' » JACQUES ('.RENIER I.K DEVOIR La politique de maintien à domicile des personnes âgées repose en grande partie sur les épaules des filles et des belles-filles.Cumuler un emploi avec les soins que demande une personne âgée souffrante est une cause majeure de stress pour les femmes.ARCHIVES I E DEVOIR wM Une portion non négligeable de travailleuses sont aussi mères et épouses.ARCHIVES LE DEVOIR Depuis 1950, la participation des femmes au marché du travail n'a cessé d'augmenter.Pourtant, les employeurs tardent à s'adapter à leur présence.‘-mmum .1 (1 r is X É E i x T i: is X ,\ 1 1 1) X A 1.E 1) E S F E M M E S C K < A II 1 1 Il S 1 K LIAI K S T i> r ii 1.1 k *.t n 1.K I) K V (1 1 II (’ (1 1 i (1 i n a 1 i il il LOUIS E M A 1! n: n m i t Col a li n i a i i D n ri.Al ni: n A 1! V K Y DK.WS T P E ! Il K Al LT M A 1! 1 K l 1 Al de mn ISA II K L1 K N.A M 0 X DO X l( v v i s i n n 1» E X1S Il K S 1 A 1! 1» 1 X S ,\ ii i| n i 11 c MK iiei 1 X K TU IU1E0 X Mis V c II pam PA U i in: XX ET T Il i l C r 1 n n ;i r 1 i s 1 i 19,95 $ EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE ou aux Presses de l’Université Laval Tél.(418)656-7381 Téléc.(418) 656-3305 fS&üüPâi livre de ouais Tombée publicitaire : le vendredi 13 mars 1998 1 I.K I) K V 0 I li .I.K S SA M K I) I K T l> I M A X ( Il K S M A lî S I !l !l S .11) III! N lî II IN T F II N A T10 N A L II II lî S F F M ,\l F S Salaire égal pour un travail équivalent La nouvelle loi sur l’équité salariale a été le fruit de longues revendications MARIE-CLAUDE PETIT COLLABORATION SPÉCIALE Ly écart salarial entre les hommes r et les femmes, décrié depuis longtemps au Québec, est sur la voie d'être rétréci.En vigueur depuis le 21 novembre dernier, la Loi sur l’équité salariale, bien accueillie par les organismes de femmes et les centrales syndicales, permettra aux femmes une meilleure reconnaissance de leur travail et une juste rémunération pour celpi-ci.A l’intérieur d’un délai de huit ans, les entreprises — autant des milieux syndiqués, que non-syndiqués — de dix employés et plus doivent se conformer à la loi en se soumettant à un exercice d’équité interne.C’est-à-dire faire une évaluation interne (quatre ans) des salaires gagnés dans les emplois occupés majoritairement pas des femmes, versus ceux occupés majoritairement par des hommes et jugés équivalents.Puis, après avoir identifié les écarts salariaux qui peuvent exister, et identifier comment ils seront corrigés, effectuer un réajustement salarial (quatre ans).L’équivalence des emplois est basée sur quatre critères: l'environnement dans lequel l’emploi est occupé, les qualifications requises, les responsabilités assumées, et les efforts — physiques et/ou mentaux — que demande le travail.C'est la Commission de l’équité salariale qui a pour mandats d’assurer la mise en œuvre, le respect et le maintien de cette loi, et d’informer et soutenir les entreprises visées par la loi.«La Loi de l'équité salariale représente une avancée assez importante au chapitre du partage de la richesse et de la pauvreté, laquelle frappe plus durement les femmes dans notre société», déclare Claudette Carbonneau, première vice-présidente de la CSN.Biais sexistes Dans l'évaluation des emplois occupés par des femmes, les entreprises devront éliminer les biais sexistes, lesquels font en sorte de contribuer au maintien d’une basse rémunération pour les femmes.Comme pour les emplois faisant appel à des caractéristiques dites féminines: garde des en- de représentants syndicaux dans les comités de chacune des entreprises.Surtout parce que rien, dans la Loi, n’indique qu’un représentant des travailleurs est nécessairement un représentant syndical.la disposition de la D)i qui permet à un employeur d im tiquer le fait qu’il a, par le passé, fait un processus de relativité salariale inquiète.L’existence de cette mesure d’exception permet aux centrales syndicales de penser que pour se soustraire à leurs obligations, des employeurs tenteront peut-être de la présenter comme un programme qui a été établi et réussi.Membre de la coalition en laveur de l’équité salariale depuis sa laudation en 1989, la CEQ compte être \ i-lante quant à l’application de la 1 i | ar le Conseil du trésor — employeur de la très grande majorité de ses membres.«Des évaluations d'emplois et des correctifs salariaux ont déjà r té apportés pour certaines catégories de nos professionnels, explique (îisele Bourret, responsable du comile de la condition féminine à la CEQ.Mais nous ne voulons pas que le Conseil du trésor se défile devant l'exercice d\ valuation.Tel que la loi le demande aux entreprises qui ont commencé la relati-' vité salariale, il doit déposer un rapport détaillé de l’évaluation des emplois et du calcul des ajustements salariaux en fonction des postes à prédominance féminine.» En fait, les détails de ce rapport sont importants pour les associations syndicales de la CEQ.C’est en sachant quels emplois ont été retenus, selon quels comparatifs et quels fadeurs le Conseil du trésor a réalisé son evaluation qu’elles pourront revendiquer et contester s’il y a lieu.Une fois le salaire des emplois traditionnellement féminins corrigé, K' travail des femmes sera mieux reconnu.Mais d'autres répercussions sont a envisager.«Les femmes seront peut être encouragées à aller vers des emplois qu'elles ne trouvaient pas assez bien rémunérés avant l’application de la loi, croit Maude Rochette du CSE l>c la même façon, peut-être que des hommes seront attirés par les emplois traditionnellement féminins comme en secrétariat ou en services de garde.» ARCHIVES I.K DEVOIE Si un homme est responsable d’équipements qui coûtent des millions, son travail n’est pas pour autant plus important, donc d’une plus grande valeur monétaire que celui d’une travailleuse sociale.fants, soin des malades, service à la clientèle.Ces emplois pourraient bien être sous-évalués par rapport à d’autres, par exemple si l’accent est mis sur la force physique des manœuvres, ou les difficiles conditions de travail des hommes en usine avec la saleté et la ]xiussière.C’est bien mal connaître les conditions de travail des femmes, remarque Maude Rochette, agente de recherche au Conseil du statut de la femme (CSF).«Même si elles sont dans des bureaux très propres et insonorisés, elles peuvent par exemple être victimes du syndrome de l’air vicié du aux édifices hermétiques.Idem pour les responsabilités: si un homme est responsable d'équipements qui coûtent des millions, son travail n’est pas pour autant plus important, donc d’une plus grande valeur monétaire que celui d’une travailleuse sociale.» Consensus social Après avoir mené de longues revendications pour obtenir une loi sur l’équité salariale, les centrales syndicales se réjouissent.Cette loi reflète l’aboutissement d’un consensus social.Mais à leur avis, elle n’est pas par- faite.C’est pourquoi le déroulement du processus sera scruté avec beaucoup d’attention.La CSN désirait davantage une loi de portée universelle, alors qu’elle impose des niveaux d’obligations aux employeurs modulées selon la taille de leur entreprise.«Par te biais de la négociation, il y aura moyen d’adapter à la réalité de ces entreprises une méthodologie qui permettra une concrétisation du principe d’équité salariale, explique Claudette Carbonneau.Aussi, nous souhaitons que la Commission joue son rôle avec beaucoup de visibilité pour expliquer l’existence de la loi et tenter d'apporter le soutien nécessaire à chacune des parties qui y feront appel.» «Dans l’application de la Loi, nous nous attendons à ce que les employeurs s'assoient véritablement avec les syndicats pour s'entendre sur les démarches à suivre, dit Marie Bergeron, de la FTQ.Ce ne sera pas évident, il y aura de ta résistance.Mais nous sommes préparées à tout faire pour que le processus se déroule dans les milieux de travail, et non devant les tribunaux.» Pour cela, la I*TQ prône la présence VISIBLE INVISIBLE Lumière sur le travail des femmes ! SELON VOUS, DEPUIS 25 ANS, QU’EST-CE QUI A LE PLUS CHANGÉ AVEC L’ARRIVÉE DES FEMMES SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL?Un versft *ltu e9alité 2S Ne sait pas 12% Vie personnelle Cette question, le Conseil du statut de la femme (CSF) l’a posée à l’ensemble de la population du Québec alors .qu'on souligne cette année le 25e anniversaire de sa création.À l’occasion de la Journée internationale des femmes, il a donc mené un sondage, en collaboration avec la firme Léger&Léger, auprès de 1 000 répondants1.Selon les Québécois et les Québécoises, c’est la vie Rjen personnelle et familiale et non pas la sphère du travail, n'a changé qui a été la plus transformée par l'arrivée massive des a % femmes sur le marché du travail depuis 25 ans.En effet, 49 % des répondants ont identifié des changements dans la vie privée comme étant les plus marquants tandis que 26 % des répondants nommaient des changements relatifs à la vie professionnelle et au marché du travail.Ce qui est frappant, c’est qu'en ce qui concerne le profil des répondants qui ont identifié des changements relatifs à la vie privée, il n'y a pas de différence significative selon l’âge, le sexe, la profession, le revenu ou la langue.QUESTION OUVERTE Le CSF avait proposé cinq choix de réponses en plus d'ajouter la possibilité de réponse ouverte, solution quia d’ailleurs été privilégiée par la majorité des répondants.Les réponses spontanées des gens, quoique diversifiées, sont tout de même très convergentes.Les éléments qui ont été le plus souvent mentionnés comme étant ceux où on voyait le plus de changements sont : Vie au travail 26% Autres VIE PERSONNELLE • le statut des femmes dans la société (20 %) • les effets sur les enfants et la vie familiale (13 %) • les relations de couple (7 %) • le partage des responsabilités parentales (7 %) • le partage des tâches domestiques (2 %) VIE AU TRAVAIL la situation de l’emploi (10 %) l'organisation du travail lui-même (10 %) les relations professionnelles et l’humanisation du travail (6 %) ¦U o °*®' rien n'a L’arrivée des femmes sur le marché du travail a finalement beaucoup marqué la société mais, surtout, les familles.Cette perception des Québécoises et des Québécois rejoint les différentes études qui démontrent comment les ajustements pour concilier travail et famille sont apportés par les individus, parfois au détriment de leur vie privée et familiale.Cependant, l'amélioration du statut des femmes dans la société est certainement vue comme un élément positif.Le CSF espère que le prochain quart de siècle apportera un équilibre plus harmonieux entre la vie privée et la vie au travail, pour les femmes comme pour les hommes.Faites-nous part de vos réactions ou de vos commentaires sur les résultats de ce sondage en composant le : 1-888-666-3387 1 Le sondage a été réalisé au moyen d'entrevues léléplroniques auprès d'un échantillon représentatil de 1 000 Québécoises et Québécois âgés de 18 ans ou plus el pouvant s'exprimer en Irangais ou en anglais.Les entrevues ont été réalisées à partir des centraux téléphoniques de Léger&Léger de Montréal et Québec du 12 lévrier au 17 lévrier 1998 À l'aide des statistiques du recensement, l'ensemble des résultats ont été pondérés par le sexe, l'âge el la langue parlée â la maison.Le taux d'erreur maximal est de plus ou moins 3.1 % et ce.19 fois sur 20.Québec LES FEMMES ____EMPLOI Une force grandissante! Une Québécoise sur trois est syndiquée.La FTQ représente plus de 150 000 travailleuses au Québec, soit le tiers des syndiquées.Ces femmes se retrouvent un peu partout: dans les bureaux et les usines, sur les chantiers et dans les manufactures, dans le transport et les communications, dans les institutions financières, la restauration et l'hôtellerie, ou encore dans la santé et l'éducation.Un salut spécial à toutes les travailleuses du Québec 3 ?1 L K I) E V Ollt, L K S S A M E I) I E T I) I M A N (' Il E 8 M A It S I *1 0 8 E (> JOURNEE INTERNATIONALE DES FEMMES JACQUES GRENIER LE DEVOIR En 1975, 20 % des travailleurs à temps partiel avaient eux-mêmes choisi ce type de travail, pour des raisons personnelles ou familiales.En 1995, ce n'était plus que 7 %.La retraite à cinquante ans L'exemple des femmes de 50 ans et plus qui sont actives socialement va aider les plus jeunes à dédramatiser la retraite MARIE-CLAUDE PETIT COLLABORATION SPÉCIALE Au cours des deux dernières années, un vent de jeunesse a balayé le paysage des retraités québécois.La récente vague de départs anticipés dans le secteur public est là pour en témoigner: l’âge des employés de l’Etat qui ont pris leur retraite oscille autour de 55 ans.Parmi ces «jeunes» retraités, issus des milieux de l’éducation et de la santé, se retrouve une majorité de femmes.Par rapport à leurs aïeules, ces retraitées dans la cinquantaine vivent une situation plutôt nouvelle.Leurs préoccupations, leurs points de vue et leurs types d'activités sont et seront, à plusieurs égards, dissemblables.«Dans la génération de ma mère les femmes étaient mères, grand-mères et puis se laissaient vieillir tout doucement», explique Luce Proulx-Sammut, 60 ans, auteure, conférencière, et rédactrice de la publication Une Véritable amie, de l’organisme du même nom.«Aujourd’hui, beaucoup de femmes de plus de 50 ans continuent à jouer un rôle actif dans la société.Elles sont politiciennes, journalistes, artistes.Leur exemple va aider les jeunes retraitées à dédramatiser la retraite.» Un drame, la retraite?Pas si les femmes considèrent dès le départ que cette transition ne signifie pas, et de loin, la perte de l’expérience et deg connaissances qu'elles ont acquises.A ce propos, afin qu'elles puissent apprécier leur juste valeur et leurs capacités, toutes devraient dresser un bilan personnel.En fait, ces femmes ne doivent pas perdre de vue qu’elles ont encore près d’un quart de siècle à vivre.L’étape du bilan peut s’avérer difficile pour certaines.Surtout pour celles qui, au cours de leurs années sur le marché du travail, ont toujours été plus ouvertes aux besoins des autres plutôt qu’à leurs propres besoins.Mais une fois réalisé, ce bilan leur permet de mieux savoir qui elles sont, ce quelles veulent et peuvent faire, ainsi que l’inverse.Ce sera leur guide pour les mener vers ce qu’elles ont toujours rêvé de faire.«Beaucoup de femmes ont mis en veilleuse leurs talents pendant qu'elles allaient gagner leur vie, souligne Luce Proulx-Sammut.Un bilan leur montrera que, désormais, il leur est possible d’envisager une seconde carrière.Cela peut être du côté de la musique, de la peinture, des voyages, des langues, de la vente immobilière.» Quelques années avant de transiter vers leur «deuxième vie», les femmes devraient penser à préparer leur retraite, et s’inscrire à des cours de préretraite.Un tel service est dispensé par les comités de condition féminine des centrales syndicales, par certains CLSC, par des institutions scolaires ou des organismes voués aux aînés.Ces cours ont pour mission d’expliquer les multiples facettes de la retraite: la déstructuration du temps, la planification financière, la santé psychologique et physique, la vie conjugale, etc.Aussi, parce qu’à la retraite les liens avec les collègues de travail se distendent, les femmes y sont sensibilisées à l’importance de fréquenter un réseau d’amis.«Traditionnellement, les femmes savent moins se regrouper que les hommes», dit Suzanne Graham, 53 ans et retraitée depuis un an.Responsable du comité de vie des femmes à la retraite à l'intérieur du Regroupement des syndicalistes à la retraite (FTQ), elle déplore le fait que les femmes ne vont pas vers les ressources qui leur sont destinées.Trop souvent, elles se retrouvent dans des activités individuelles, lesquelles les mènent, un jour ou l’autre, vers la solitude.«Si elles veulent éviter de sombrer dans la détresse psychologique, elles doivent fréquenter un milieu sur lequel elles pourront compter, auprès duquel elles iront se ressourcer, chercher de l’encouragement, poursuit Suzanne Graham.L’idéal serait qu’elles commencent à se faire des amis qui partagent les mêmes intérêts à l'extérieur du travail, environ cinq ans avant la retraite.» Pour ce qui est de s’adapter au nouveau rythme qu’impose la retraite, les femmes auraient sensiblement moins de difficultés que les hommes.Du moins, c’est ce que prétend Jeani- ne Lallement, conseillère à l’information et au développement à l’Association des retraitées et retraités de l’enseignement du Québec, un organisme réparti dans dix régions de la province.«Les femmes ne sont pas mieux préparées à la retraite, mais elles sont plus habituées à demeurer à la maison et à ne pas s’y ennuyer, dit-elle.Im plupart ont déjà fait des démarches pour savoir ce qu’elles aiment dans la vie.Tandis que les hommes n ’ont pas planifié leur retraite pour avoir des projets de développement personnel et des activités qui leur conviennent à eux.S’ils ne savent pas trop quoi faire de leur temps une fois retraités, ils vont compter sur leur femme.» Un bilan personnel, de nouveaux objectifs de carrière, une préparation adéquate et l’entretien d’un réseau d’amitiés ne suffisent pas à garantir une retraite reposante et à l’abri des soucis.Malheureusement, il y a quelques ombres au tableau.En quittant le marché du travail dans la cinquantaine, les femmes deviennent plus rapidement des aidantes naturelles — dans le jargon du virage ambulatoire.Il n'y a donc plus seulement leurs petits-enfants qui vont leur demander temps et énergie.Désormais, les membres de leurs familles (parents, beaux-parents) qui sont malades ou âgés, solliciteront leur attention et leurs interventions.la ménopause est également un facteur qui peut rendre les premiers temps de la retraite moins agréables.Si cette période, qui arrive en moyenne autour de 51 ans, est mal vécue, les femmes risquent de se remettre en question plus vivement.Aucun secret de réussite de la retraite n’existe encore.S’il en existait un, il ne serait sûrement pas universel.Mais enfin, pour vivre une retraite équilibrée, les bilans personnels semblent être tout indiqués.«Il faut constamment se remettre en question, soutient Suzanne Graham.Quand on a tout investi dans le travail, prendre sa retraite entraîne un profond déséquilibre.Aucune femme ne pourra prévoir ses réactions, surtout si elle a été encadrée toute sa vie.Farce qu’à la retraite, on a une très grande liberté.Four savoir l’utiliser, il faut avoir beaucoup d’autonomie.» Autrefois les femmes étaient mères, puis grand-mères, puis elles se laissaient vieillir tout doucement Lorsqu’elles prennent leur retraite, il reste aux femmes encore près d’un quart de siècle à vivre Le travail atypique Tout ce qui n'est pas travail salarié, effectué entre 8 et 18 heures, est classé dans cette catégorie fourre-tout DENYSE PERREAULT COLLABORATION SPÉCIALE Librement choisi, le travail atypique est fréquemment perçu comme un privilège.Il se fera par contre préjudice aux yeux de ceux et celles à qui on l’a imposé.Tout ce qui n’est pas travail salarié, effectué entre 8 et 18 heures, est classé dans cette catégorie fourre-tout.Carole Gingras, directrice du service de la condition féminine à la FTQ, la résume ainsi: embauche à temps partiel, emploi occasionnel, contractuel, sur appel, à durée limitée, intermittent (avec horaires brisés ou irréguliers), travail autonome, à la pige, multiple (plus d’un emploi), à domicile ou à distance (télétravail).«Le travail atypique touche principalement les femmes, surtout dans le secteur des services, fait remarquer Mme Gingras.Et les conditions de travail qui en découlent sont elles aussi des plus disparates.» Il y a d’un côté la personne qui concentre toute sa fougue sur le démarrage d’une petite entreprise, celle qui choisit ses contrats, contrôle ses horaires, en profite pour réaliser des projets personnels.Le travail atypique peut s’avérer idéal pour une personne qui a du mal à se déplacer.Il y a la salariée qui «télétravaille», confortablement installée à domicile grâce à un lien électronique avec son bureau.Mais à l’autre extrême, il y a aussi celles qui voguent d’un contrat à l’autre sur une mer d’insécurité, ou qui vivent à côté du téléphone, suspendues à des horaires aussi imprévisibles que les humeurs de la température.«Même s’il n’est pas systématiquement synonyme de précarité, le travail atypique est souvent caractérisé par de faibles salaires et l’absence d’avantages sociaux, sans oublier l’insécurité d'emploi chronique, explique Carole Gingras.Les enquêtes démontrent aussi que les personnes qui travaillent à la maison ont tendance à faire plus d’heures et que les femmes, en prime, assument souvent une plus grande part des tâches domestiques.De plus, il n’est pas si facile de se consacrer sérieusement à son travail entre la lessive ou la préparation des repas.» Dans les pires des cas, il en résulte des contraintes sur la santé physique et mentale, de même que sur la vie de couple et de famille.Sans oublier les effets de l’isolement, la difficulté de garder du temps pour soi, de se perfectionner ou même d’appartenir à un syndicat, lequel percevra parfois le travail atypique comme une menace.Mondialisation des marché et néolibéralisme aidant, le travail atypique est-il en passe de devenir la norme?Chose certaine, il est en nette progression dans plusieurs domaines.Au Conseil du statut de la femme, Lucie Desrochers, de la direction de la recherche et de l’information, rassemble des données sur cet univers complexe, qui a été, pour les besoins de la cause, divisé entre travail à temps partiel, travail autonome, contrat à durée déterminée et travail à domicile, incluant le télétravail.Le mieux connu, et peut-être l’un des moins précaires du lot, le temps partiel est en augmentation constante.Entre 1975 et 1996, selon Statistique Canada, il a progressé de 219 % chez les hommes et de 233,9 % chez les femmes, qui occupent d’ailleurs 68 % de ces emplois.En 1975, 20 % des travailleurs à temps partiel avaient eux- mêmes choisi ce type de travail, pour des raisons personnelles ou familiales.Ils n’étaient plus que 7 % il y a deux ans.«Im réalité du travail autonome demeure plus difficile à cerner, précise Lucie Desrochers.Il y a la personne qui a un chiffre d’affaires, avec ou sans employés, la spécialiste qui produit un bien ou un service, la travailleuse qui dépend d’un ou deux employeurs, quasi salariée sans toujours en avoir les avantages, ou encore la pigiste sans cesse à la recherche de contrats, qui ne peut pas prévoir combien elle gagnera, ni savoir quand elle percevra son dû.» En nette régression au début des années 60, notamment à cause de la disparition des petits artisans, le travail autonome a repris du poil de la bête au cours des vingt dernières années, avec une hausse de 417,2 % chez les femmes et de 189,4 % chez les hommes.En 1975, 7 % des hommes et 3,4 % des femmes figuraient dans cette catégorie de travailleurs.En 1996, les chiffres indiquaient 18 % et 10,5 % de part et d’autre.«Certains perçoivent le recours au travail atypique comme une stratégie patronale pour embaucher à bon compte, tout en évitant le fardeau des habituelles charges sociales», rappelle Lucie Desrochers.Le fait que nombre de gens encouragent le travail autonome masque le manque d’emplois salarié.Les employeurs misent sur la concurrence entre travailleurs pour économiser sur les coûts et les gouvernements leur collent commodément l’étiquette d’entrepreneurs pour les exclure des régimes de protection sociale.«On le voit parfaitement avec le cas du travail à durée déterminée, fait remarquer Mme Desrochers.Im nouvelle loi sur l’assurance emploi pénalise les usagers fréquents, comme s'ils étaient responsables du fait que leurs patrons ont opté pour ce type de gestion du travail.» En fait, la loi ignore la majorité de ces travailleurs qui nagent dans un vide juridique.Prenons l’exemple des agences de louage et de placement temporaire: qui — de l’agence ou de l’entreprise qui a recours à ses services — peut être considéré comme le véritable employeur?Im loi a ses limites même dans le cas du télétravail.Sauf exception, comment une personne qui exerce son métier à domicile pourra-t-elle prouver qu’elle s’est effectivement blessée en travaillant?«Four le moment, dans la plupart des cas, la femme qui souhaite avoir un enfant ou qui a besoin d'un congé de maladie doit en assumer les coûts», ajoute Chantale Larouche, présidente de la Fédération nationale des communications.Affiliée à la CSN, la ENC compte 6000 membres et regroupe entre autres trois associations de travailleurs autonomes, dont deux ont réussi à négocier des ententes cadres avec des associations d’employeurs.Mme Larouche estime que la société doit prendre conscience du fait que les travailleurs et travailleuses atypiques sont là pour rester et que, si le contexte économique actuel perdure, leur nombre ira en augmentant.Il faudra selon elle graduellement amener les mondes patronal, gouvernemental et syndical à améliorer leur situation, en leur accordant au moins un minimum de protection et — surtout — de reconnaissance.«C’est la première chose qu’ils réclament, soutient Chantale Larouche.Parce qu'ils en ont assez d’être considérés comme des travailleurs de seconde zone.» Le travail atypique touche principalement les femmes, surtout dans le secteur des services S’il n’est pas librement choisi, le travail atypique est perçu comme un préjudice par celles à qui il est imposé 1 De en plus r necessaire El ceo dans la dignité c'est un DROIT FÉDÉRATION DES INFIRMIERES ET DES INFIRMIERS DU QUÉBEC «
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