Le devoir, 12 mars 1998, Cahier A
V o i.I.X -X X I X x ¦ r> :i I $ Tor O N T o I $ LE DEVOIR PERSPECTIVES Sus au sac à dos ! Les sacs à dos! Parce que notre époque est dominée, à certains égards il va sans dire, par la recherche ou le goût du pratique combiné au tout propre plutôt que par celui du beau, les fabricants les font gros, leurs sacs à dos.Mieux ou pire, c’est selon, leurs engins se conjuguent davantage avec l’extrêmement gros qu’avec le moyennement gros.Bref, ils en imposent.Tellement que, lorsqu’on s’en prend un sur le bout du nez, qui est également le bout du pif.arfois ils sont bleu marine, parfois rouge vin ou vert forêt.Parfois, ils sont jaune flash and cash.La plupart du temps, ils sont noirs.Pour des raisons, voire des obligations économiques, la grande majorité des sacs en bandoulière, tous profilés sur l’antique modèle du sac boy-scout, sont en nylon.Plus rares sont les sacs en cuir.Mais cela est tout à fait secondaire.Ce qui l’est beaucoup moins, c’est qu’ils sont partout.Ils ont colonisé l’espace public.Et notamment celui dit des transports publics.La, en ces endroits, le sac à dos est synonyme du sempiternel «bonjour les dégâts!» Prenons, au hasard naturellement, la ligne d’autobus 24.Ce quelle a de chic, ce qui lui est propre comme inhérent, c’est qu’elle propose la totale.Entre la rue Papineau et le boulevard Décarie, elle longe une dizaine d’institutions d’enseignement, sauf celle évidemment de la politesse.Qu’on y songe, entre Papineau et Décarie, on récolte — façon de parler! — les élèves et étudiantes de l’UQÀM, avec l’accent grave qu’on a récemment imprimé pour faire l’équilibre avec la queue du Q, du cé-Serge gep du Vieux-Montréal, d’une école Truffaut graphique dont on ne sait pas le nom, de l'université McGill, du Col-?lège de Montréal, du cégep Dawson, d’une école internationale baptisée Saint-Léon de Westmount qui voisine avec un collège privé.Le tout se terminant avec le collège Villa-Maria.Qu’on y aille dans un sens ou dans l’autre, c’est du pareil au même.C’est toujours le même topo.Des sacs montent et des sacs descendent.Entre ces deux pôles de 1 aller-venue, jumeau du va-et-vient, ils s’installent.Pour ce faire, ils tournent souvent.En fait, ils tournent toujours.Et au passage, il n’est pas rare, il est de moins en moins rare, que les sacs noirs en nylon dessinés sur le modèle du sac boy-scout caressent de leur poids extrêmement lourd la nuque du quidam ou le nez de celui-ci.Dans un cas, celui de la nuque, ça peut aller.Dans l’autre, celui de l’odorat, c’est plus délicat.Ce dernier est en effet un sens, le premier ne l’est pas.Chose certaine, dans un cas comme chins l’autre, il ne s’excuse jamais.Ou presque jamais.Ou si peu.Remarquez, il ne faut peut-être pas s’en étonner et encore moins s’en offusquer.Après tout, la tendance du pre-nons-les-pieds-d’autrui-pour-des-boulevards étant bien entrée dans les mœurs, pourquoi s’excuser d’une mise en relief du nez par le baladeur camouflé dans le sac censé contenir bien des savoirs sauf celui du savoir-vivre?Pourquoi?Hein?Peut-être cela tient-il de la volonté ou pulsion inhérente au casser-du-sucre-sur-le-dos de quelqu’un.Le hic, c’est que le quelqu’un n’est jamais la bonne personne op le sujet sur le dos duquel on souhaite casser du sucre.A preuve, chaque fois que cela arrive, interpellez l’autre, si cela vous dit évidemment, comme suit: «C'est à quel sujet?» Vous verrez, il n’y en a jamais de sujet.In chose est d’autant plus étrange qu’avec tous les savoirs qui se transportent dans ces sacs à dos copiés sur les sacs à dos des boy-scouts.On ne peut s’empêcher de se dire: on n’apprend plus qu’avant d’être un être politisé il faut être un être policé?Autrement dit que la politesse est le préalable ou l’antichambre de la politique?C’est couillon?OK, d’abord! Si ce n’est pas ce qui précède, c’est qu’assurément cette absence d’excuses est l’illustration du caractère totalement asexué de l’objet en question.In sac machin est unisexe.Il est eunuque.Il est impersonnel.Il n’a plus de genre sauf celui de l’indéterminé.Tout un chacun comme toute une chacune le portent.Et comme il n’a plus de genre sauf celui de l’indéterminé, il n’a aucun style.A l’exception de celui du sans-gêne si celui-ci en a un, de style.Mais il y a pire.Depuis peu, le sac à dos, qui rappelle le sac des scouts chers à Baden Powell, dont la devise était «toujours prêts» à rétamer le nez ou la nuque d’un tiers, s’accompagne du sac à portable.De que c’est?Ben voyons! Le sac du PC compatible ou du Apple.Le sac qui renferme le cliquez deux fois ici et vous pourrez surfer dans la zone du dialogue.Celui-là, si on l’attrape, il va l’avoir sa paire de baffes.Zone de dialogue.Pfff! Toujours est-il que, lorsqu'on est heurté par une zone de dialogue ambulante, c’est à nous de nous excuser.Qu’on y pense: le jeune cadre dynamique qui transporte son boulot dans sa chaumière, eh bien il porte en fait, en bandoulière il est vrai, l’avenir de son entreprise.Et comme c’est fragile les disquettes et tout le bazar qui va avec.Comme il est le symbole de ce qui domine notre modernité, soit le couple informatique-convivialité, vaut mieux employer les excuses qui avait cours dans les temps anciens: faire une génuflexion! Allez, va: le sac à dos confirme que nous sommes des nomadistes urbains.MÉTÉO Montréal Québec Ensoleillé avec Ensoleillé avec passages nuageux, passages nuageux.Max:-9 Min:-19 Max:-10 Min:-20 Détails, page B 6 Agenda INDEX .B 6 L-monde .B 5 Annonces .B 6 Les sports .B 4 Avis publics.B 4 Montréal .A3 Culture .B 8 Mots croisés.B 4 Économie .B 2 Politique .A 5 Éditorial .A6 Télévision .B 7 www.ledevoir.com ÉCONOMIE Front commun contre Téléglobe, page B 2 POLITIQUE Richard Le Hir tourne le dos à la souveraineté, page A 5 ÉCONOMIE Yves Michaud remporte une nouvelle victoire, page B 2 Non aux compressions! RENÉ MATHIEU LE DEVOIR PLUS DE 2000 ETUDIANTS , professeurs et employés de soutien des cégeps se sont réunis hier devant l'Assemblée nationale à Québec, pour contester les compressions prévues dans le réseau collégial.Ixt ministre de l’Éducation, Pauline Marois, a voulu rassurer les manifestants en annonçant que les compressions seront en deçà des 80 millions prévus.Mais la coalition se prépare déjà à entreprendre d'autres moyens de pression.«Le réseau collégial n’est plus capable d’en prendre», a déclaré le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Philippe Leclerc.Lire nos informations en page A 5.Scandale à Modène Des enfants marocains réduits en esclavage ERIC JOZSEF LIBÉRATION Modène — Matin et soir, via Giardini, les bus font la navette entre Modène et Maranello pour y conduire les employés de la prestigieuse usine Ferrari, symbole de l’opulence de la région et orgueil de tout un pays.Matin et soir, pendant plusieurs mois, un an peut-être, une voiture a emprunté cette même route départementale, tournant à droite à la sortie de la ville, dans la ruelle du Loup, pour s’arrêter dqns une porcherie abandonnée et délabrée.A l’intérieur, entassés dans deux gros bâtiments de briques rouges, une cinquantaine d’enfants marocains ont vécu au milieu d’ordures, dans la promiscuité et la pénombre, dormant sur quelques sommiers jetés à même le sol ou posés sur des vieux barils d’essence.Sans eau, sans électricité.La plupart du temps reclus.Âgés de douze à seize ans, les enfants et adolescents étaient emmenés chaque matin pour être déposés en voiture à tous les carrefours des grandes routes cernant Modène afin d’y récolter quelques milliers de lires en faisant l’aumône ou en lavant les vitres des véhicules.Ije soir, la même voiture les ramassait un par un pour les ramener dans la porcherie où ils étaient retenus jusqu'à l’aube du lendemain.11 y a quelques semaines, après une longue enquête, la police a finalement décidé d’intervenir, faisant sauter les verrous des portes.La semaine dernière, un homme, un Marocain de 40 ans en situation irrégulière, a été incarcéré.Un de ses complices est en fuite.Ils sont tous deux accusés d'«instigation à l'esclavage», «un chef d’inculpation moyenâgeta que l'on ne pensait plus devoir utiliser en Europe», s’indigne Giuseppe Tibis, le procureur de Modène qui dirige l'enquête.«Au total, précise-t-il, on estime qu 'environ VOIR PAGE A 8 : MODÈNE Libé dans Le Devoir L’information internationale que Le Devoir présente à ses lecteurs s’enrichit à compter d’aujourd’hui des articles du quotidien français Libération.Une entente conclue avec Libé comme l’appellent familièrement ses fans nous permet de repro- duire le jour même de leur parution un certain nombre d’articles de ce quotidien qui s’ajouteront aux reportages et analyses que nous puisons au journal Le Monde.Ces deux journaux disposent chacun d’un vaste réseau de correspondants à l’étranger dont les reportages et analyses seront publiés dans nos pages.Pénurie de médecins à Montréal Les généralistes réclament la levée de la pénalité salariale ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Montréal a perdu plus de 2(X) médecins en deux ans et une cinquantaine de cabinets y ont fermé, plongeant la métropole au bord de la pénurie d’effectifs médicaux.Les médecins de famille réclament donc que la pénalité salariale tombe pour les jeunes recrues qui iront travailler là où les besoins sont pressants, que ce soit en CLSC, en clinique privée ou ailleurs.Au moment où le projet de loi sur la création de départements de médecine générale régionale se discute en commission parlementaire à Québec, l’Association des médecins omnipraticiens de Montréal (AMOM) a rappelé que cette loi était indispensable pour mettre fin au manque de médecins qui frappe file de Montréal et nuit à l’accès aux services de base dans différents services.La région de Montréal, qui compte l’équivalent de 800 à 900 médecins à temps complet, a perdu 212 médecins dans la foulée des programmes de retraite et une soixantaine de cabinets y ont fermé leurs portes.L’équivalent de 200 médecins travaillent à temps plein dans les CLSC.«Quand on entend qu'il faut laisser nos cabinets pour aller travailler en CLSC, on tourne en rond.On est déjà débordés.On a besoin de main-d'œuvre.Ça fait 16 ans qu'il n’y a plus de médecins VOIR PAGE A 8: MÉDECINS Chrétien maintient le cap Même si Jean Charest prenait la direction du PLQ, Ottawa n'assouplirait pas sa stratégie en matière d'unité canadienne MANON CORNE L LIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Candidat ou pas à la direction du Parti libéral du Québec, Jean Charest ne pourra pas compter sur un assouplissement de la stratégie fédérale en matière d’unité canadienne.Le premier ministre Jean Chrétien et le ministre des Affaires intergouvemementales, Stéphane Dion, n’ont montré aucune volonté de changer de cap et ce, malgré les critiques directes que leur a adressées M.Charest mardi.«Nous avons notre programme.Selon moi, beaucoup des soi-disant revendications ont trouvé réponse», a déclaré M.Chrétien, hier matin.Mais la stratégie fédérale pourrait-elle changer?«Pas du tout.Pourquoi?», a rétorqué M.Dion quelques heures plus tard, à sa sortie du caucus.Bien que les deux hommes aient parlé de souplesse et de coopération, aucun n’était prêt à remettre en question l’approche étapiste du fédéral ou encore son plan B auquel on associe le renvoi devant la Cour suprême du Canada et la politique de réplique systématique aux souverainistes de M.Dion.Si concessions il y a, elles seront faites plus tard, a-t-on pu déduire.M.Dion a même laissé entendre que le gouvernement VOIR PAGE A 8: CHRÉTIEN Rapport sur la réforme de l’immigration Robillard prend ses distances PRESSE CANADIENNE Ottawa — Les participants aux audiences publiques sur l’immigration dans plusieurs villes du pays, qui se sont achevées hier à Ottawa, ont fait crever plusieurs des ballons d'essai lancés par les trois auteurs d’un rapport commandé par le gouvernement fédéral en vue d’une éventuelle réforme des lois de l’immigration.Au total, 116 groupes ont fait valoir leur point de vue à la ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, Lucienne Robillard, au cours de ces 10 jours d’audiences.La ministre a ainsi pu se rendre compte que quelques-unes des 172 recommandations formulées par les trois auteurs du rapport suscitaient une vive controverse.Au départ, Mme Robillard avait accueilli favorablement ce document, affirmant, lors d’une conférence de presse en compagnie de ses trois auteurs, le 6 janvier, qu’il «mérite toute notre attention».Mais devant le tollé qu’il a suscité lors des audiences publiques, de Vancouver à Halifax, la ministre a rapidement pris ses distances.«Ce rapport n 'exprime pas la position du gouvernement», a-t-elle répété à maintes reprises au cours des audiences.VOIR PAGE A 8: ROBILLARD + 778313000672 I ; Xlus que 3 mois pour mettre le 450 devant vos numéros.450 Le compte à rebours est commencé.Le 13 juin prochain, le nouvel indicatif 450 remplacera le 514 dans les régions de Laval, des Laurentides, de la Rive-Nord, de Lanaudière, de la Montérégie, de l'Estrie, de la Rive-Sud, du Haut-Richelieu et de la Haute-Yamaska.N'attendez pas la dernière minute.Si votre entreprise se trouve dans cette nouvelle zone, vous pouvez dès aujourd'hui penser à changer votre papeterie et vos communications pour y indiquer votre nouvel indicatif régional.Votre système téléphonique va devoir s'adapter.À partir du 13 juin, que vous vous trouviez dans la nouvelle zone du 450 ou dans celle du 514, il vous faudra reprogrammer votre système téléphonique pour qu'il puisse « reconnaître » ce nouvel indicatif.Sachez qu'après le 13 juin, une période de transition de six mois suivra pour vous permettre d'effectuer les changements nécessaires.D'ici là, nous continuerons de vous informer régulièrement.www.bell450.com 1 888 450-3450 wmmmmmmmm 1.K I) K V (MR, L K .1 K UDI I 2 M A H S I !) il S A 3 ?LE DEVOIR ?MONTREAL La Ville va de l’avant -^- : L’hippodrome sera bientôt vendu i Le montant de la transaction reste fixé à 35 millions Le dossier qui aura fait perdre à Pierre Bourque la majorité des voix au conseil municipal, la vente de l’Hippodrome de Montréal, refait surface.Démarré dans l’embrouille, le dossier continue sur la même voie en donnant l’impression que le maire de Montréal cède pour activer cette transaction commerciale.KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR L* administration du maire Pierre ' Bourque va de l’avant dans le délicat dossier de vente de l’Hippodrome de Montréal, même si la condition qu’elle considérait incontournable n’est pas remplie.Devant le tollé qu’avait soulevé le projet l’année dernière, M.Bourque ai/ait lié la vente de l’hippodrome du boulevard Décarie au désenclavement du secteur pour y développer une cité scientifique.Or, la construction du lien routier Cavendish n’est toujours pas réglée, Côte Saint-Luc maintenant son opposition au projet.Mais une lettre du ministre des Transports, Jacques Brassard, donne tous les espoirs, estime-t-on à l’hôtel de ville.S’appuyant sur cette lettre adressée hier au maire, qui se limite à indiquer que les municipalités concernées par le projet seront convoquées à une rencontre d’ici la mi-avril, le comité exécutif de la Ville a entériné hier la vente de l’hippodrome à la Société de promotion de l’industrie des chevaux de course (SPICC).; Le responsable du dossier au sein du comité exécutif, Saulie Zajdel, se montre confiant que tout se réglera selon les conditions posées par Montréal.Seul un décret, que le ministre Brassard n’est pas enclin à adopter, pourrait obliger la municipalité de 6ôte Saint-Luc à changer son fusil d’épaule.Et le maire de Côte Saint-Luc, Bernard Lang, n’a toujours pas l'intention de plier l’échine.«Ma position n 'a jamais changé.Ce n’est pas l’endroit i pour faire une autoroute.C’est un rêve.Il y a une trop grande circulation de gens et il n 'est pas question que nous payons pour ça», a laissé tomber M.Lang.Malgré tout, la vente devrait rapidement prendre forme, indique M.Zajdel.La nouvelle contre-proposition finale de la Ville comporte trois nouvelles modifications.La Ville devient intervenante à l’offre d’achat, la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM), qui est propriétaire au nom de la Ville, a un droit de premier refus en cas d’aliénation totale ou partielle de la propriété, et la compensation de 20 millions pour le rachat du bail portera intérêts à compter du l,r janvier dernier.Outre ce dernier élément, les modalités financières demeurent inchangées: 35 millions, dont 15,1 millions déboursés par la SPICC et 20 millions par le gouvernement.Di SPICC entend faire de l’hippodrome un centre international équestre.Des travaux de réfection de fond en comble devaient débuter l’automne dernier.Mais le dossier a connu de nombreux rebondissements, principalement d’ordre politique.Les critiques quant au prix demandé ont retardé la vente et ont provoqué cinq démissions parmi lequi|x?du maire Bourque.Même si la vente n’a pas besoin d’être entérinée par le conseil municipal, le dossier y atterrira de toute façon.La Ville devra verser 17 millions a la SHDM afin d’absorber les pertes provoquées par la vente.Cette somme devra être empruntée.De plus, le programme triennal d’immobilisations devra être modifié en fonction des travaux d’infrastructures prévus.| La Ville voudrait vendre i 60 % de ses immeubles au gouvernement KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR » La Ville de Montréal négocierait actuellement la vente de près de 60 % de ses immeubles au gouvernement du Québec pour renflouer son manque à gagner budgétaire pour 1998, soutient la chef de l’opposition officielle, Thérèse Daviau.: Parmi ces actifs se retrouveraient Certains édifices appartenant aux trois sociétés paramunicipales dont le Refinancement fait l’objet de discussions avec Québec.«Sous prétexte if'aider Montréal, le gouvernement y trouverait son compte.[.] En plus, C’est clair que l’on pourrait devenir locataire, ce qui ajouterait de la pression sur le budget de fonctionnement», a affirmé Mme Daviau.Ces éventuelles ventes d’immeubles sont négociées dans le cadre du trou budgétaire de 125 millions inscrit de l’actuel budget.Comme le confirme le conseiller municipal Saulie Zajdel, responsable des sociétés paramunicipales au comité exécutif, cet éventuel transfert pourrait totaliser quelque 50 millions, soit la portion restante de l’impasse réduite par la récupération de 6 % de la masse salariale.Sans préciser de quels immeubles il s’agit, M.Zajdel précise que cela pourrait être ceux représentant un problème financier.Dans ce dossier, beaucoup d’informations contradictoires circulent.Le ministre des Affaires municipales, Rémy Trudel, a présenté hier un plan de redressement des finances de Montréal au Conseil des ministres.Parmi les mesures envisagées, on compte le refinancement des sociétés paramunicipales pour une valeur de quelque 10 millions.Chose certaine, Montréal et Québec s’entendent pour dire que les sociétés paramunicipales constituent un problème structurel pour la Ville.La dette engendrée par ces sociétés, soit l’hypothèque payée sur les immeubles de 1986 jusqu’en 2015, totalise 538 millions.La valeur des édifices s’établit à 430 millions.Parallèlement les trois sociétés paramunicipales concernées, la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM), la Société de développement industriel de Montréal (SODIM) et la Société immobilière du patrimoine architectural de Montréal (S1MPA), ont un déficit d’exploitation de quatre millions par année pour les dix dernières années et qui grimpe à 17,3 millions pour 1998.Le maire Pierre Bourque utilise abondamment ces chiffres dans sa tournée hebdomadaire des quartiers pour se scandaliser de cet héritage laissé par la précédente administration.Thérèse Daviau s'inquiète de ce que le gouvernement profite «de la faiblesse de l’administration Bourque» pour mettre la main sur un patrimoine important pour Montréal.«Se départir d'actifs par une vente en vrac peut avoir des impacts sur la cote de Montréal», soutient-elle.EN BREF La grève de la faim se poursuit toujours (Le Devoir) — Seize Chiliens entameront ce matin leur 23e journée de grève de la faim, sans la participation de l'un des leurs, transporté à l'hôpital mardi à cause d'une déshydratation.C'est le deuxième gréviste à être forcé d'abandonner depuis le début du jeûne, le 18 février.Hier, ils ont célébré plutôt cyniquement le général Augusto Pinochet, qui s'est nommé sénateur à vie grâce à un amendement à la Constitution.Ijes Chiliens estiment qu'il s'agit là d'un exemple de la «démocratie» qui règne dans leur pays.Les grévistes disent représenter quelque 350 de leurs compatriotes qui veulent éviter l'expulsion du pays en demandant un statut de réfugié.Les négociations en ce sens se poursuivent avec le ministère de l'Immigration, mais seraient plutôt ardues.Selon l'avocat du groupe, Me William Sloan, le ministère n'aurait rien offert encore aux Chiliens qu'ils n'auraient pu obtenir sans faire de grève de la faim.****** JACQUES GRENIER I.E DEVOIR PHILOS semblait si triste que le petit Félix Émery n’a pas pu résister.Spontanément, il s’est approché du petit chien pour le consoler.«T’en fais pas, mon vieux, lui a-t-il sûrement soufflé, l’hiver achève.Dans deux semaines, ce sera le printemps!» Rencontre Un médicament prometteur pour lutter contre le cancer du pancréas LIA LEVESQUE PRESSE CANADIENNE Un médicament déjà utilisé dans le traitement du cancer du poumon donne des résultats prometteurs dans le traitement du cancer du pancréas, un cancer des plus difficiles à traiter.Le Gemzar, ou gemcitabine, vient d’être approuvé par Santé Canada pour le traitement du cancer du pancréas.Le cancer du pancréas touche relativement peu de gens, soit environ 3000 Canadiens ou 750 Québécois par an.Toutefois, ce cancer foudroie rapidement la personne qui en est atteinte.Le patient meurt habituellement moins de quatre mois après le diagnostic.Ce type de cancer est difficile à diagnostiquer puisqu’il ressemble à d’autres troubles digestifs comme l’ulcère gastro-duodénal ou les calculs biliaires.Il n’est souvent diagnostiqué qu’au stade avancé.En conférence de presse hier à Montréal, le Dr Joseph Ayoub, oncologue au Centre hospitalier universitaire de Montréal, notait que la chimiothérapie, jusqu’ici, était décevante pour les patients atteints du cancer du pancréas.Gemzar, toutefois, apporte des résultats intéressants en prolongeant légèrement la vie du patient.Le taux de survie après un an a été de 18 % chez les patients traités avec Gemzar comparativement à 2 % pour les patients traités par le traitement usuel, le 5-fluoro-uracile.Le Gemzar est cependant coûteux: de 1000 à 1200 $ par cycle d’un mois.Il se présente sous forme de poudre blanche qui doit être reconstituée dans une solution saline.Il est administré par perfusion intraveineuse, en suivant des cycles.Il peut causer des effets secondaires, comme des nausées, des vomissements, de la fièvre, de la rétention d’eau, des éruptions cutanées et des symptômes pseudogrippaux.Aussi, une chute de cheveux, habituellement légère, se produit chez 15 % des patients.Il entraîne également une baisse du nombre de globules blancs, ceux qui combattent les infections, chez 63 % des patients.Cet effet sur le sang a été la raison la plus fréquemment évoquée pour réduire la dose de Gemzar.Parmi les cancers, celui du pancréas se classe au cinquième rang comme cause de décès au Canada.Il est devancé par le cancer du poumon, du sein, de l’intestin et de la prostate.Il frappe autant les hommes que les femmes.Le tabagisme est responsable de 30 à 40 % des cas.«Déluge d’insatisfaction» La STCUM reporte l’achat de 110 autobus à plancher bas BRIAN MYLES LE DEVOIR Le mécontentement populaire a temporairement eu raison des autobus à plancher bas.La STCUM a en effet reporté à une date indéterminée l’achat de 110 de ces véhicules fort méprisés des clients, hier soir en séance du conseil d’administration.Yves Ryan, président du conseil de la Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal (STCUM), a justifié ce report par le «déluge d’insatisfaction».«On a pris une plonge», a-t-il lancé.Les autobus à plancher bas, fabriqués par Nova Bus, ont reçu un accueil glacial des clients, qui s’y sentent généralement trop à l’étroit.En outre, ces véhicules au coût unitaire de 350 000 $ accélèrent et freinent trop brutalement.Dans certains cas, la porte arrière pouvait même s’ouvrir alors que le véhicule était encore en marche.«Nous n ’achèterons pas d’autobus à plancher bas aujourd’hui, a dit M.Ryan.Mais rien n'indique que nous ne le ferons pas à une date prochaine.» La STCUM comptait acquérir 110 nouveaux autobus à plancher bas, pour un investissement total de 38,5 millions de dollars.M.Ryan s’est plaint de la lenteur de Nova Bus à corriger les erreurs sur les quelque 350 autobus déjà en service.A ce jour, seulement une dizaine d’autobus à plancher bas sont retournés dans les qteliers pour subir des modifications.A titre d’exemple, le nombre de places assises a été ramené de 39 à 33 ou 32.Le conseil d’administration de la STCUM n’achètera pas de nouveaux véhicules tant et aussi longtemps que les réparations n’auront pas été effectuées sur «au moins une centaine» des autobus déjà en circulation.M.Ryan a dit qu’il serait «gêné» d’acheter de Nova Bus dans les circonstances actuelles.La priorité est maintenant de regagner la confiance de la clientèle, a-t-il fait savoir.La STCUM a par ailleurs envoyé sa facture à la CUM pour les coûts reliés à la tempête de verglas.Au total, cette tempête de glace a occasionné un débours de 3,03 millions à la société de transport dont 61 000 $ en salaires.L’essentiel des dépenses provient du nettoyage (889 144 $ en matériel).La CUM refilera à son tour la facture au gouvernement du Québec.J awp&s ta i.ri\ COLLABORATEURS 832 pages •39 $ PANORAMA DELA LITTÉRATURE CONTEMPORAINE 1967-1997 Sous la direction de REGINALD HAMEL Andrés, Bernard, Université du Québec à Montréal Bellemare, Madeleine, CÉGEP de Saint-Laurent Itérant, Sylvie, Université de Toronto lllonin, ionise.Collège de Rosemont Itoivin.Auréllen, Université Laval Dion.Robert, Université du Québec à Rimouski Dorlon, (lilies.Université Laval Fortin, Nicole, Collèges de Limoilou et François-Xavier Garneau Fournier.Marcel, Université de Montréal Gagnon.Serge, Université du Québec à Trois-Rivières Godin, Jean Cléo, Université de Montréal Hamel, Réglnald, Coordonnateur de cet t Université de Montréal Laroche.Maximilien.Université Laval Le Blanc, Benoît, Radio CIBL-FM Legrls.Renée, Université du Québec à Montréal Lemire, Maurice, Université Laval GUÉRIN Es?4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Canada Téléphone: (514) 842-3481 Télécopieur (514) 842-4923 Adresse Inrernet: http://vN-ww.guerin-editeur.qc.ca Courrier électronique: francel@guerin-cditeur.qc.ca GlIEKIN till cnil lire Leroux, Georges, Université du Québec à Montréal Lever, Yves, CÉGEP Ahuntslc Lord, Michel, Université de Toronto Molsan, Clément, Université Laval Nadeau, Vincent.Université Laval Paillé.Michel, Démographe au Conseil de la langue française Péan, Stanley.Université Laval Riendeau.Pascal, Université de Montréal Robert, Lucie, Université du Québec à Montréal Salnt-Gelais.Richard, Université Laval Samson, Jacques, CÉGEP Maisonneuve Têtu.Michel, Université Laval I.K I) K V (MK.I.K .1 K IPI I 2 M A I! S I !» !» K A I L E S A Cl'l! A L11’E S Régions éloignées Les trains routiers menacent le rail Le trafic ferroviaire risque de diminuer de 15 % au Saguenay-Lac-Saint-Jean, de 12,5 % en Haute-Mauricie et de 13,6 % du côté de VAbitibi, conclut une étude Institutions démocratiques Des mesures de soutien à l’Algérie HUGUETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE Ottawa — ministre des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, a annoncé hier un train de mesures destinées à appuyer le développement d’institutions démocratiques en Algérie.L’un des premiers gestes sera d’accueillir au Canada une délégation de parlementaires algériens, a précisé hier le ministre au cours d’une conférence de presse.Cette décision fait suite aux recommandations d’une délégation parlementaire canadienne en Algérie dirigée par le leader du gouvernement en Chambre, Don Boudria.«L’une des recommandations importantes, c'est d'appuyer l’évolution et le développement des institutions démocratiques en Algérie», a expliqué M.Axworthy.Le Canada organisera également à Ottawa une réunion de la Commission bilatérale Canada-Algérie.Une mission commerciale en Algérie dirigée par l’Alliance des manufacturiers et des exportateurs du Canada aura lieu vers la fin de mars.L'gouvernement canadien encouragera les organisations non gouvernementales à créer des partenariats avec des organismes algériens qui œuvent auprès des femmes et des enfants.De plus, le Canada cherchera à aider l’Algérie à passer d’une économie planifiée à une économie de marché.De retour à Ottawa, M.Boudria a déclaré que les Canadiens étaient «solidaires du peuple algérien face aux massacres».Selon lui, les rencontres en Algérie ont été des plus utiles.La délégation a rencontré le premier ministre algérien, cinq de ses ministres, 50 députés, 12 sénateurs, six partis d’opposition, de nombreuses victimes des attentats terroristes et des journalistes algériens.S’il ne blanchit pas l’armée ou le gouvernement algérien, M.Boudria a indiqué que le rôle de la mission n’était pas «d’être un tribunal ambulant» et de juger des actions du gouvernement.Personne n’a cependant montré celui-ci du doigt, s’est-il empressé d’ajouter.«Concernant la situation sécuritaire et le rôle de l'armée, nous n’avons rencontré personne qui accuse les forces de l'ordre dans l'implication des massacres.Je le répète, personne», a-t-il insisté au cours d’une conférence de presse.«Au contraire, plusieurs représentants d’associations de victimes et les victimes elles-mêmes se sont offusqués vigoureusement de telles allégations.Tous les Algériens que nous avons rencontrés ont été catégoriques: les auteurs des massacres sont les terroristes, disent-ils.» Le gouvernement algérien avait accepté de rencontrer un émissaire canadien, Claude Laverdure.Sous-ministre adjoint pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, M.Laverdure a présenté en janvier dernier une lettre du premier ministre Jean Chrétien aux autorités algériennes.M.Chrétien y exprimait ses vives préoccupations face «à la persistance de la violence en Algérie».Par la suite, le gouvernement algérien décidait d’accueillir une mission parlementaire canadienne et de faciliter la visite de journalistes canadiens.Les autres membres de la délégation canadienne étaient les sénateurs Gérald Comeau et Pierre de Bané, la députée libérale Raymonde Folco et la bloquiste Hélène Alarie.EN BREF Gabrielle Léger meurt à 82 ans Ottawa (PC) — Gabrielle Léger, épouse de l’ex-gouverneur général Jules Léger et belle-sœur du cardinal Paul-Emile Léger, s’est éteinte mardi des suites d’une longue maladie, à deux semaines de son 82' anniversaire.«Gaby» Léger a assumé plusieurs des responsabilités incombant à son mari après la crise cardiaque qui l’a laissé aphasique en 1974.Les apparitions de Mme Léger aux côtés de son mari lors des discours officiels ont rompu la tradition.Elle l’a aidé à livrer le message du Nouvel An en 1975 et a lu certains passages du discours du trône lors de l’ouverture des travaux parlementaires en 1976.Jules Léger est mort après une seconde crise cardiaque en 1980.«La mort de madame Gabrielle Léger attriste les Canadiens, a déclaré hier, par voie de communiqué, le gouverneur général Roméo Le-Blanc.Ils n’ont pas oublié avec quel courage et quel dévouement elle a soutenu son mari au cours de sa longue convalescence.Les gens garderont le souvenir d’une femme remarquable qui s’est acquittée de ses nombreuses tâches avec grâce et dignité.» Les physiothérapeutes sont inquiets (PC) — L’Ordre des physiothérapeutes dénonce le peu d’accessibilité aux services de physiothérapie dans les établissements publics de santé et croit qu’un système a deux vitesses s’est instauré au Québec.En entrevue, la présidente de l’Ordre des physiothérapeutes du Québec, Mariette Lanthier, commentait: l’accessibilité au service des physiothérapeutes «est réduite et n 'est pas la même pour tout le monde au Québec».Selon Mme Lanthier, les listes d’attente varient de trois jours à deux ans, selon le centre hospitalier au Québec.Dans les CLSC (Centres locaux de services communautaires), ces services sont également peu accessibles, aux dires de Mme lanthier.Pour l’ensemble du Québec, sur 151 CLSC, 76 ont des physiothérapeutes à leur emploi, relève-t-elle.Les clientèles les plus touchées par ce manque d’accessibilité sont celles qui n’ont pas d’assurance privée ou celles dont le traitement n’est pas remboursé par la CSST.Le pilote américain devrait être sanctionné Washington (AP) — L’armée américaine devrait prendre des sanctions disciplinaires a l’encontre du pilote de l’avion qui avait rompu un câble de téléphérique dans la station de ski de Cavalese, dans les Dolomites (nord de l’Italie), faisant 20 morts le 3 février dernier.Iœs enquêteurs du corps des Marines ont mis fin hier a leurs investigations, qui devraient être officiellement rendues publiques aujourd'hui sur la base aérienne américaine d’Aviano, en Italie.L’enquête mettrait en cause la responsabilité du pilote de l’avion de reconnaissance EA-6B Prowler, a l’origine de la catastrophe, selon deux responsables s’exprimant sous couvert de l’anonymat.«Ils ont découvert une erreur du pilote: l’avion volait trop bas», a déclaré l'un d’eux, soulignant que l'appareil volait a seulement 90 mètres d’altitude au lieu de 300.Outre le pilote, d’autres militaires américains pourraient faire l’objet de mesures disciplinaires, précisait-on.Sont notamment visés plusieurs hommes responsables de l'appareil a l’origine de la catastrophe, qui font déjà l'objet d’une enquête civile des autorités italiennes.En décembre 1996, le ministre des Transports, Jacques Brassard, annonçait que Québec allait autoriser une augmentation de la longueur des trains routiers (de 23 à 25 m) et une hausse de leur charge légale (de 59 à 62,5 tonnes).Devant l’opposition de plusieurs régions, le ministère a autorisé l’allongement des trains mais pas l’augmentation de charge sur les routes desservant les régions éloignées et participait avec les acteurs régionaux à une étude sur les conséquences de l’allégement normatif envisagé.LOUIS-GILLES FR A N C (E U R LE DEVOIR Si Québec augmente la charge des trains routiers — ces convois formés de deux remorques jumelées —, il risque de mettre en péril par effet d’entraînement le transport ferroviaire qui dessert actuellement trois régions du Québec, soit la Haute-Mauricie, l’Abitibi-Témiscamingue et le Saguenay-Lac-Saint-Jean.C’est ce que confirme une étude économique commandée en septembre 1997 à la firme Raymond Chabot Muni-Consult par le Conseil régional de concertation et de développement du Saguenay-Lac-Saint-Jean, une étude à laquelle a participé notamment le ministère des Transports (MT) du Québec après avoir accepté le moratoire réclamé par les trois régions, fort inquiètes de la possibilité de perdre leurs lignes de chemin de fer.Cette étude a été rendue publique au début de la semaine après avoir été divul- ROLLANDE PARENT PRESSE CANADIENNE La qualité du travail d’enquête du policier Francis Pelletier de la Sûreté du Québec chargé de vérifier si des policiers avaient fabriqué de la preuve a l’occasion d’une perquisition menée rue Quévillon, chez un membre du clan Matticks, n’a pas du tout eu l’air d’impressionner les membres de la commission Poitras.Désigné pour prêter main-forte aux policiers Hilaire Isabelle, Ixiuis Boudreault et Bernard Arsenault qui enquêtaient sur la perquisition de la rue Prince, toujours dans le cadre de l’enquête Matticks, finspecteur-chef Francis Pelletier avait pourtant d’intéressantes hypothèses de départ, peu après son arrivée au dossier en février 1996, sur ce qui s’était passé relativement aux documents saisis rue Quévillon.Par exemple, il soupçonnait le responsable de cette perquisition, Mario Morissette, de l’escouade du crime organisé, de s’être parjuré au procès des Matticks et d’avoir participé à la fabrication de preuves visant à relier les membres du clan Matticks à l’importation de plus de 26 tonnes de haschisch.«Morissette n'était pas nécessairement le cerveau du plantage, mais il était forcément impliqué.Ça ne veut pas dire qu’il a planifié et décidé de le faire», a déclaré hier M.Pelletier.«Je comprendrais très mal que le plantage ait pu se faire sans que Morissette ne soit au courant», a-t-il ajouté.Ces déclarations de M.Pelletier ont amené le commissaire André Perreault a lui poser la question suivante: «Si votre conclusion est qu’il faut que Mario Morissette soit im-\ pliqué, que.vous manquait-il pour l’accuser?» guçe par le député fédéral d’Abitibi, Guy St-Julien.A Québec, où on se prépare à annoncer une décision définitive dans ce dossier, on laisse entendre à mots couverts que le problème principal de ce dossier, «c'est l’attitude du CN», le propriétaire du Chemin de fer d’intérêt local (CEIL) qui dessert les trois régions productrices de minerai, de copeaux et d’aggloméré ainsi que de métal comme l'aluminium.Le CEIL hésiterait souvent à desservir des entreprises qui ne veulent pas s’engager à long terme, ce qui pourrait menacer la santé financière de plusieurs d’entre elles.Au ministère des Transports, on serait même enclins, selon une source digne de foi, à créer une sorte d'exclusivité pour tous les types de matières dangereuses afin d'augmenter la sécurité du transport routier, mais cela en échange d’une libéralisation des normes générales au profit des fameux trains routiers, que les automobilistes craignent comme la peste, en particulier sur les routes dangereuses que sont souvent les dessertes régionales.Si le rail perdait effectivement du terrain au profit des routiers, certaines routes en subiraient un contre-coup majeur.la route 169 (Saguenay-Lac-Saint-Jean) accuserait une augmentation à court terme de 13 (XX) poids lourds de type train routier par année, soit une augmentation globale de 17 %, alors que la 117, qui dessert l’Abitibi, écoperait de 11 6(X) nouveaux passages de poids lourds annuellement.Globalement, le transfert de marchandises vers le réseau routier provoquerait une diminution du trafic ferroviaire de 15 % au Saguenay-Lac-Saint-Jean, de 12,5 % en Haute-Mauricie et de 13,6 % du côté de l’Abitibi.Les sections du réseau ferroviaire «fortement menacées» par le penchant de Québec pour les monstres routiers seraient celles de Chibouganiau et de La Sarre «Je ne suis pas convaincu qu’on aurait pu prouver ça à la cour, hors de tout doute raisonnable», a répondu M.Pelletier.La commissaire Louise Viau a alors demandé au témoin Pelletier s’il avait vu certaines similitudes dans les perquisitions de la rue Prince et de la rue Quévillon.Iœ témoin a reconnu que le policier Mario Simard avait été utilisé pour «le cover up» de la fabrication de preuves, preuves qui avaient été ajoutées après la perquisition faite rue Prince.Un peu plus tôt, il avait indiqué qu’il croyait que les preuves ajoutées dans les documents saisis rue Quévillon l’avaient également été après la perquisition.Devant l’insistance de la commissaire Viau, le témoin Pelletier a finalement admis la similitude du modus operan-di.«Ça se ressemble», a-t-il concédé.Le procureur de la commission, Richard Masson, a pour sa part souligné que, «tant dans le dossier du 90, Prince que dans celui de la rue Quévillon, les agents saisissants disaient ne pas se souvenir de façon spécifique d’avoir saisi les documents incriminants mais d’avoir saisi une liasse de documents».«Ily avait cette similitude», a-t-il fait valoir.A la suite d’une réserve émise par l’avocat d’un des policiers accusés d’avoir fabriqué de la preuve, la commissaire Viau a reconnu que, lors du procès criminel des policiers Pierre Duclos, Licien Landry, Dany Eafard et Michel Pa-Iry, la preuve d’actes similaires n’avait pas été examinée.Aux yeux de Mme Viau, cela ne diminue cependant en rien l’intérêt pour la commission Poitras «de s'interroger sur l’enquête interne qui a été menée et quelles étaient les pistes de recherche des enquêteurs qui ont travaillé au dossier».Selon l'étude en question, la possibilité de transporter jusqu’à 62,5 tonnes de marchandises par train routier ferait perdre globalement 14 % du volume transporté par train dans ces trois régions, soit 950 (XX) tonnes de marchandises.La rentabilité de cet important réseau de 17(X) km en région éloignée étant à la marge, ce transfert vers le réseau routier ferait chuter le bénéfice d’exploitation de CFIL de 53%.Cette baisse île revenus se répercuterait sur les autres utilisateurs du train, surtout dans des régions comme Ja Haute-Mauricie où il n’y a pas de solutions de remplacement au transport routier, de sorte que cela pourrait, par effet d’entraînement, compromettre la rentabilité globale de ce moyen de transport qui fut et demeure essentiel à ces régions, soutiennent leurs porte-parole économiques.Le transfert en tout ou en partie du volume ferroviaire au profit du transport routier aurait aussi pour conséquence — ce que n’analyse pas le rapport Raymond Chabot MuniConsult — d’augmenter sensiblement les émissions de gaz à effet de serre au moment où le Québec se fait le champion d’une réduction à l’échelle canadienne.En effet, selon une comparaison de l’efficacité énergétique du train et des camions-remorques effectuée en 1991 par les Syndicats du rail, le transport ferroviaire utilise trois fois moins d’énergie que le transport routier commercial pour chaque tonne de marchandises transportées.Hier, au ministère des Transport du Québec, on affirmait que cette dimension peu discutée jusqu’ici sera considérée très sérieusement par le ministre Jacques Brassard dans son analyse du dossier.Jacques Brassard était ministre de l'Environnement et de la Faune avant d’accéder à ses fonctions actuelles.Les faux coups et leurs contrecoups Une enquête publique sur les fausses allégations de violence conjugale est réclamée CAROLINE MO N T PET IT LE DEVOIR Les fausses allégations de violence conjugale devraient être punies avec autant de sévérité que la violence elle-même.C’est du moins ce que soutient le Groupe d’entraide aux pères et de soutien à l’enfant, qui réclame d’ailleurs une enquête publique sur les fausses allégations de violence.Selon Yves Ménard, président de ce regroupement, une enquête permettrait d’étudier les conséquences des fausses allégations sur les enfants du couple, les conséquences pour l'homme faussement accusé, l’absence de conséquences pour l’initiatrice, le comportement dit sexiste envers les hommes de différents intervenants sociaux.Le groupe dénonce également l’attitude du gouvernement qui encourage les groupes de femmes au détriment des groupes d’hommes victimes, et met en doute la façon de calculer les statistiques au sujet de la violence conjugale.Pour sa part, l’ancien animateur sportif Gordon Sawyer, qui a déjà été l’objet d’accusations de violence conjugale, a exposé son cas à la presse.M.Sawyer affirme avoir été récemment congédié de Radio-Canada, où il travaillait depuis 12 ans, à cause de ces accusations de violence conjugale qui ont par la suite été, retirées par son ex-conjointe.Officiellement, la société d’Etat affirme cependant que cette mise à pied est plutôt le résultat de compressions budgétaires.«Tout le monde sait que c'est à cause de [ces allégations]», soutient-il.S’il est vrai que le Code criminel condamne les fausses accusations de violence conjugale, qui prennent alors la forme de parjure, et que les peines d’emprisonnement peuvent dépasser les 14 ans, ces recours sont rarement utilisés dans les cas de fausses allégations de violence conjugale.Hier, les représentants du groupe d’entraide dénonçaient également la procédure qui veut que les policiers expulsent immédiatement de son domicile un homme accusé de violence conjugale, et l’emmènent au poste de pp-lice.«Im plupart des hommes n ’ont pas beaucoup de moyens, reconnaît M' Chantal Maisonneuve, avocate spécialisée en droit de la famille, ils signent un engagement à ne pas troubler l'ordre public.Souvent, il n'y a pas de procès au mérite, parce qu 'ils n ’ont pas les moyens de se défendre.» Par ailleurs, en matière de garde d’enfants, l’avocate estime qu'il devrait y avoir une présomption dans la loi en faveur d’une garde partagée.Or, à l'heure actuelle, la mère obtient dans 75 % des cas la garde des enfants, les pères dans 15 % des cas, alors que 10 % des enfants vivent en garde partagée.«En vertu de ce qu'on appelait la théorie de l’âge tendre, on avait tendance à confier la garde des jeunes enfants à la mère, ajoute Me Maisonneuve.Cela tend à changer à cause des changements de société.Aujourd’hui, dans bien des cas, les deux parents travaillent, et les enfants sont souvent en garderie.» L‘s cas de demande de garde partagée disposent de peu de jurisprudence en faveur des pères.«Dans les cas où la partie adverse allègue qu’il n’y a pas de communication entre les parties, la garde partagée n’est pas accordée, poursuit M' Maisonneuve.Il peut arriver que la dame allègue qu’il n’y a pas de communication entre les parties, alors qu’elle ne fait aucun effort pour qu’il y en ait, ou encore qu’elle souhaite exclure monsieur.Il faut vraiment que le gars se défende.» L’animateur sportif Sawyer se plaint également du fait qu’il n’existe au Québec aucune maison pour hommes en difficulté, alors qu’on compte 200 maisons d’hébergement pour femmes en difficulté.Au moment où il s’apprêtait à ouvrir un centre pour hommes, M.Sawyer se serait fait répondre par des représentants du gouvernement qu’on n’offrait de subventions qu’aux maisons destinées aux hommes violents.Une prime aux pilotes militaires Ottawa (PC) — Ix*s salaires des pilotes de ligne sont si alléchants que l’armée de l'air entend investir 50 millions en primes pour retenir les siens.Les pilotes ayant à leur actif entre quatre et neuf années de service pourraient recevoir une prime variant entre 35 000 $ et 75 (XX) $ s’ils acceptent de prolonger de cinq ans leur contrat avec les forces.I-e programme, qui doit encore être approuvé par le Conseil du trésor, s’adresse aux capitaines et majors âgés entre 25 et 35 ans et qui constituent l'épine dorsale de l’armée de l’air.Pyramides fermées ALADIN ABDEL NABY REUTERS ;lM & ' andry, pour avoir annoncé la création d’un fonds de remplacement de la commandite à partir de la nouvelle hausse des taxes sur les cigarettes, le 13 février dernier.Cette solution mérite d’être fortement applaudie: elle favorise la santé publique tout en protégeant les événements qui pourraient être affectés par la perte des commandites du tabac.I.a commandite du tabac associe un produit qui crée une dépendance mortelle aux beaux arts, à la performance physique, à l’aventure et à l’indépendance.Chaque année, plus de 12 000 Québécois meurent d’une maladie causée par le tabac, et j’en ai assez de ce fléau.Le tabac tue plus de gens que ne le font le sida, l’alcool, les accidents de la route, le suicide, les homicides et les drogues mis ensemble.En réglant la controverse entourant le financement des événements culturels et sportifs, le gouvernement peut enfin s’attaquer à la cause de décès évitables la plus importante au Québec.Philippe R.Beaudry, m.d.Hull, 2 mars 1998 Les sceptiques seront confondus Si Jean Charest accepte de devenir le prochain leader du PU), nous aurons le choix lors de la prochaine élection provinciale entre deux partis dirigés par d’ex-membres du Parti conservateur du Canada.L’un, ex-conservateur à Ottawa, devenu chef d’un parti indépendantiste, traditionnellement social-démocrate, mais que plusieurs accusent d’appliquer des politiques néolibérales, faisant la lutte a un ex-chef du Parti conservateur du Canada devenu leader du Parti libéral du Québec.Et dire que certains nous accusent, nous, Québécois, de prendre la politique trop au sérieux, de manquer d’humour.Les sceptiques seront confondus! Christian Lefebvre Montréal, 6 mars 1998 FausE - Ü V M ai IE mi*oTTe La quête de symboles nationaux J G r ah a ni F r a s e r ohn Ralston Saul doit être fier de lui ces jours-ci.En plus d’avoir été admis comme chevalier des arts et des lettres lors d’une cérémonie à l’ambassade de France la semaine dernière, il a réussi à faire commémorer un anniversaire historique.Hier à Ottawa, le premier ministre Jean Chrétien a souligné, à sa suggestion, le 150' anniversaire de la démocratie canadienne.Le 11 mars 1848 fut formé le premier gouvernement responsable des deux Canadas unis, la coalition des deux réformistes Robert Baldwin et Louis-Hippolyte LaFontaine.M.Saul avait ?lancé l’idée de cet anniversaire récemment, dans un texte de The Globe and Mail.Avec la nouvelle passion suscitée par le drapeau canadien et l’excitation au pays devant la perspective d’une candidature de Jean Charest à la direction du Parti libéral du Québec, ce n’est là qu’un autre exemple de la quête de symboles nationaux canadiens.Depuis la publication de son best-seller, Reflections of a Siamese Twin, Canada at the End of the Twentieth Century (qui sortira en français au Québec à l’automne — j’y reviendrai), M.Saul présente une argumentation complexe et inusitée sur l’évolution de l’histoire canadienne, à savoir qu'il y a une tradition de partenariat et de coopération entre francophones, anglophones et autochtones, sciemment oubliée ou supprimée par ceux qui rejettent cette approche.Suivant cette thèse, il a identifié la collaboration entre les deux réformistes modérés, Baldwin et LaFontaine, comme un modèle.Ces derniers avaient accepté l’union comme étant la meilleure chose pour la démocratie et la survivance du Canada français, rejetant du même coup l’annexion avec les Étas-Unis, un projet appuyé par une étrange alliance entre les tories et les rouges.La modération du nouveau gouvernement, et du gouverneur général, Lord Elgin, fut vite testée.Un an plus tard, lorsque Lord Elgin indiqua qu’il accepterait la décision du gouvernement démocratique et non pas la volonté de l’élite conservatrice, le Parlement fut détruit par les flammes.Malgré une telle provocation, Baldwin et LaFontaine ne firent pas d’appel aux troupes.C’est là un exemple, selon M.Saul, d’une véritable tradition canadienne de modération face à la violence, une tradition brisée toutefois pendant la Crise de la conscription et la Crise d’octobre.11 est clair que la période sous Bald-win-LaFontaine est riche d’exemples et de parallèles pour la suite de l’histoire canadienne.On y décèle la vigueur du débat public, le rôle de l’Église, l’attraction des États-Unis et des discussions de fond sur l’intérêt véritable de ce qu’on appelait le Canada français.Ainsi, ceux qui pensent que les attaques personnelles ont été inventées avec la télévision et peaufinées par des stratèges politiques modernes devraient analyser la politique de cette époque.L’historien Jacques Monet raconte comment, pour faire face à la menace d’annexion américaine, les supporteurs de LaFontaine s’étaient lancés dans une campagne organisée et structurée pour ternir la réputation et dénigrer l’influence d’un des héros de 1837, Louis-Joseph Papineau, qui favorisait cette annexion, plutôt que l’union des deux Canadas, comme moyen de libérer le Canada français du joug du colonialisme.La campagne fut réussie: l’annexion fut rejetée.Le succès du livre de M.Saul et la vitesse avec laquelle le gouvernement Chrétien a sauté sur sa suggestion de commémorer cet anniversaire, traduisent l’absence de symboles dans le débat actuel.L’intérêt marqué pour les Olympiques au Canada anglais, l’enthousiasme suscité par le drapeau canadien et l’extraordinaire pression populaire sur Jean Charest, représentent différentes facettes d’une soif de symboles d’ouverture et de tolérance envers le Québec.Cette avidité s’articule mal et, en conséquence, elle est souvent incomprise.La controverse autour du drapeau, au Parlement et aux Olympiques, a été mal lancée, provoquant des haussements d’épaules et des «Bojs!» exaspérés, par rapport à la réaction québécoise, il y a huit ans, devant des extrémistes qui avaient piétiné le drapeau québécois à Brockville.D’autre part, comme l’a dit l’ancien premier ministre ontarien Bob Rae il y a deux semaines, «aucune déclaration n’a autant enragé ses concitoyens canadiens que le commentaire de Lucien Bouchard selon lequel “le Canada n’est pas un vrai pays”».Ce n’est pas la première fois qu’un politicien fédéral fait allusion à l’alliance entre Baldwin et LaFontaine pour essayer de proposer un modèle aux Canadiens.Joe Clark le faisait fréquemment dans ses discours en 1992, évoquant souvent ce partenariat politique.Dans l’engouement actuel, à travers le pays, pour la candidature de Jean Charest au Québec, qui doit réfléchir de nouveau à sa décision de rester à Ottawa, on peut déceler une volonté généralisée pour un nouveau LaFontaine: un Québécois prêt à tendre la main au reste du Canada en même temps qu’à battre son adversaire nationaliste.Ce qui est beaucoup moins clair dans ce désir qui surgit d’un peu partout au Canada, c’est de savoir qui jouera le rôle de Robert Baldwin?A P R.0 P 0 S .de cannabis, de cocaïne et d’héroïne Le décompte des infractions aux lois fédérales sur les drogues prohibées est de 13 353 pour 1996: 147 pour le marché d’héroïne, 3229 pour celui de la cocaïne, 1788 pour les marchés d’autres drogues (chimiques) et 7849 pour celui du cannabis.Si les stratégies d’enquête accordaient autant d’importance à la répression de la demande qu’à celle de l’offre, on devrait s’attendre à ce que les enquêtes pour motif de possession soient au moins 20 fois plus nombreuses.On doit en effet compter en moyenne plus d’une vingtaine de consommateurs ou de clients par revendeur.Comme les statistiques criminelles de 1996 indiquent 6758 infractions de possession pour 6595 infractions de trafic, il est clair, fort heureusement, que les autorités policières ciblent davantage l’offre que la demande.Par ailleurs, plus la drogue est dangereuse, plus cette tendance est prononcée: la proportion d’enquêtes pour motif de simple possession et usage de stupéfiants est de 29 % pour le marché de l’héroïne, 38 % pour celui de la co- caïne et 56 % pour le marché de la marijuana (ou du cannabis).On doit également prendre en considération le sondage de consommation de drogues psychoactives illicites réalisé par Santé Québec et qui montre qu’en 1992-1993, 8,2 % environ de la population québécoise de 15 ans et plus avait admis (lors d’entrevues face-à-face dotées de questionnaires auto-administrés et entourées de garanties importantes de confidentialité) avoir fumé de la marijuana durant l’année précédente (un bassin de 456 401 consommateurs).La demande de cocaïne se limiterait à 103 422 personnes, c’est-à-dire 1,9 % de la population de plus de 15 ans.En matière d’héroïne, la prévalence annuelle est estimée à moins de 0,3 % (1168 consommateurs).On peut en conclure que le marché du cannabis est 4,4 fois plus étendu que celui de la cocaine et qu’il rejoint une clientèle 400 fois plus nombreuse que celui de l’héroïne.Pierre Tremblay, dans Québec 1998, éditions Fides — Le Devoir.LE DEVOIR 0 A N V i E R 19 10 FONDÉ PAR HENRI B 0 ü R A S S A LE Directrice LISE BISS0NNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAIJX Vice président, finances et administration FRANÇOIS THOIIIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU.PIERRE CAY0UETTE, NORMAND THERIAULT Rédacteurs en chef adjoints JEAN-ROBERT SANSFAÇ0N, ROLAND YVES CARI0NAN Directrice, ventes et marketing MARTINE DURÉ 2050, rue de BI e n ry, 9" étage, Montréal (Québec) Il S A 3M 9.Tel.: (51 4 ) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS ¦¦H L K I) K V O I l< , I.K .1 K 11)1 I 2 M A K S I !) !» S A 7 IDÉES Les primes d’assurance payées par les obstétriciens ont quadruplé depuis 1986 Réplique à Maurice Tardif Sachons désamorcer les crises avant qu’elles n’éclatent Pourquoi une personne infirme serait-elle traitée différemment selon que la cause en soit un accident à la naissance ou un accident de voiture H O K T E N S K M IC H A U D- LA LA N NE Ingénieure et titulaire d'une maîtrise en administration des affaires e 13 janvier 1986, à titre de membre de la commission sur la Santé et les Services Sociaux présidée par Jean Rochon, j’envoyais à ce dernier et à Roger Bertrand, également membre de la commission, une note soulignant l’urgence d’accorder une attention spéciale au problème du coût des assurances.J’écrivais alors ceci : «Les primes d'assurances sont en train de prendre une “allure américaine"qui va: ¦ coûter cher; ¦ transformer les relations patients-bénéfi- ciaires [par rapport aux] professionnels [et aux] institutions; ¦ rendre incohérentes les compensations [de la] CSST [et du] KAAQ; ¦ engorger les tribunaux.«Je suggère donc que la commission [Rochon] s'allie aux groupe qui réfléchissent sur le sujet, aide à cristalliser des recommandations pratiques et fasse mourir dans l’œuf une tendance inquiétante.» Peu après, l’Association des consommateurs du Québec soumettait à la même commission un mémoire où il était écrit: «L'histoire encore récente de l'assurance automobile nous permet d'affirmer sans trop craindre de nous tromper que les procès, les réclamations spectaculaires et toute la mise en scène qui les accompagne, cela fait l’affaire des compagnies, cela fait l’affaire des avocats, Un bon diagnostic suivi d’un bon plan de traitement, c’est la clé cela engorge les tribunaux, et ça peut être très inéquitable pour les victimes.«Les dédommagements maximums appliqués au domaine de la santé et des services sociaux ne devraient pas dépasser ceux octroyés dans le cas d'un accident d'automobile.Cela nous apparaît comme un moyen efficace pour empêcher qu’encore une fois des millions soient dépensés sans obtenir de bénéfices mesurables dans le bien-être et la santé du public.L'ACQ prie donc la commission de faire pression pour que la tendance récente de hausses vertigineuses des primes et réclamations d’assurances, qui a pour effet encore une fois de nier le droit des contribuables d’en avoir pour leur argent, soit rapidement neutralisée.» Dans les douze ans écoulés depuis l’envoi de ces deux textes, les primes d’assurance des obstétriciens ont quadruplé.Les obstétriciens payent plus qu’avant, même si le ministère absorbe le plus gros de la facture — 20 000 $ par an — avec l’argent des contribuables.Le ministère a fait preuve d’une habileté de gestion déficiente face à un problème dont l’évolution était hautement prévisible dès 1986.Un bon diagnostic suivi d’un bon plan de traitement, c’est la clé, en gestion comme en santé.Socialement, il n’y a aucune raison pour qu’un enfant infirme soit traité différemment selon que son infirmité résulte d’un accident à la naissance ou d’un accident d’automobile.Si les législateurs faisaient en sorte que les tables de l’assurance automobile servent à établir la rente versée à un infirme à la suite d’un accident survenu en milieu hospitalier, nous pourrions faire de grandes économies de temps et d’argent.Cela crevait les yeux en 1986, du temps où Thérèse Lavoie-Roux était ministre, et cela me semble encore évident.Qu’est-ce qu’on attend pour bouger?Les leçons du clonage et de la maladie de la vache folle Le complexe de Dieu, ou la désinformation planétaire La nature veille et n’attend qu’un moment d’inattention de notre part, une petite faille, pour nous remettre à notre place ESTHER SI N FI EU) ADN-Vie —Actions directes non violentes A u cours de la Deuxième Guerre mondiale, un homme, posté en Angleterre, témoignait à sa famille que lorsqu’on annonçait à la radio la perte de deux avions de la flotte des Alliés, on pouvait être certain que le double des engins s’étaient fait anéantir ce jour-là.Les gens vivant en régions isolées virent pendant des années de curieux ballons volants avant que les milieux concernés rendent publique l’invention des premiers dirigeables.On nous apprend en 1997 que les chercheurs sont actuellement capables de doner un mouton.On prépare tranquillement les gens à des réalités que l’on n’aurait jamais imaginées possibles il y a une centaine d’années, à une époque oii la majorité des individus croyaient encore à la toute-puissance de Dieu.Même les philosophes incrédules comme Voltaire, sur leur lit de mort, murmurèrent des «si Dieu n’existait pas, il faudrait l'inventer.» De nos jours, la science a presque tout expliqué.Nous n’avons plus besoin de Dieu, nous pouvons tout faire à sa place.Mais soyez certains que si l’élite politique et scientifique sait, la masse ne sait que ce qui ne risque pas trop de l’apeurer.Les Anglais n’ont pu cacher que, pour des raisons d’économie, les éleveurs donnaient des restes de moutons à manger à leurs vaches.Ils ont divulgué cette information car la cacher mettait en danger la vie de milliers de personnes.On sait depuis longtemps que l’on administre des hormones et des anabolisants au bétail pour provoquer des chaleurs plus vite ou les engraisser rapidement.On sait que pour contrer les parasites et les épidémies, courantes dans les fermes industrielles, on arrose les animaux de pesticides et on les bourre d’antibiotiques pour les garder vivants jusqu’à l’abattoir.Mais ce que l’on ne vous dit pas à la télé, c’est que personne n’a retenu la leçon de la «vache folle».On continue de nourrir les porcs et les poules de carcasses d’animaux.En Suisse, des entrepreneurs expérimentent des élevages d’animaux nourris aux placentas humains récupérés en dépit des lois dans les hôpitaux.Ce que l’on vous dira encore moins publiquement, c’est que la recherche, autrefois humanitaire, est présentement abâtardie par les intérêts économiques.Au lieu de promouvoir un régime de vie sain, une bonne alimentation, du repos, des Quel droit donnera-t-on à un enfant né d’une manipulation génétique résultant d’un clonage?Aucune loi ne , /• - '' ' : w\t • ' ' l % v K‘_ .'-'JS,." m m • •: *38?^ réglemente les recherches GERARD PAILLARD REUTERS Des scientifiques français ont annoncé, le 4 mars dernier, avoir cloné cette vache, Marguerite, à partir d’une cellule fœtale.Folie ou progrès?en ce domaine, car on croit encore à tort que tout cela tient de la science- fiction.chercheurs comme Hans Selye ont reçu des subventions faramineuses pour tester cruellement des animaux afin de trouver des remèdes au stress des gens qui travaillent trop et qui se nourrissent de fast-fbod\ On commence à marchander la vie après se l’être appropriée.Iœs animaux sont considérés comme des «meubles capables de se mouvoir eux-mêmes», et non comme des êtres vivants.Quel droit donne- ra-t-on à un enfant né d’une manipulation génétique résultant d'un clonage?Aucune loi ne réglemente les recherches en ce domaine, car on croit encore à tort que tout cela tient de la science-fiction.Le clonage et les manipulations génétiques n’ont rien de mauvais en soi.Si l’on peut créer une variété de plantes résistantes à la sécheresse et dix fois plus protéinées, pourquoi pas?la* seul danger de cette voie révolutionnaire est la faiblesse de la nature humaine: son goût pour le pouvoir et l’argent.Nous avons été soumis pendant des générations à la |X‘ur d’un Dieu vengeur.Maintenant que nous avons découvert notre toute-puissance, Dieu est mort, vive les nouveaux dieux.Car il faut bien le dire, l’humanité souffre du complexe de Dieu.On vend, comme la charmante Anne Létour-neau, des capsules de cellules irrélevées sur des fœtus de bœufs (ou de bébés humains avortés) en faisant croire aux gens ciue cela ralentira leur vieillissement.Il ne s’agit plus de science-fiction ou de roman, mais d'une réalité que les gens bien nantis croient pouvoir se payer.On tente de freiner la dégénérescence physique.On essaie par tous les moyens de se rajeunir.On emploie des euphémismes pour parler des personnes «âgées» en travestissant des mots comme «aînés».On englouti des milliards de dollars dans les hôpitaux pour tenter de faire reculer la mort en réanimant, en prolongeant les souffrances des gens en phase terminale ou atteints à vie de troubles qui leur enlèvent toute autonomie.Pourquoi ce cirque, cette folie?Parce que cela rapporte de l'argent.Après avoir détruit la moitié des forêts tropicales et des centaines d’espèces végétales ou animales au potentiel insoupçonné, on n’essaie pas de se racheter.Non, on détruit l’ancien monde, celui que l’on croyait créé par Dieu, pour en recréer un nouveau, purement humain, selon notre absolue volonté.Le complexe de Dieu nous pousse à réduire la diversité de la vie et à nier les lois naturelles.On veut tout contrôler.Les uniques plantes et animaux qui auront le droit de vivre seront ceux que nous aurons nous-mêmes sélectionnés.Comme on n’accepte pas la faiblesse de notre nature, rappelée par la maladie et la mort, on tente par tous les moyens d’y échapper.C’est en niant le droit à la vie et la liberté des autres espèces, et en proclamant la supériorité humaine sur toutes les formes de vie, que nous en sommes venus à ne rien respecter et à détruire tout ce qui ne convient pas aux humains.Dieu n’existe peut-être pas pour nous châtier de notre orgueil, mais la nature subsiste.Et aucune science, même la plus puissante, ne peut empêcher la Terre d’anéantir une ville en nous inondant, en tremblant du fond de ses entrailles ou en se désertifiant.Le complexe de Dieu nous a fait devenir aussi puissants qu'une divinité ayant droit de vie et de mort et pouvant aussi bien détruire que créer.Mais qu'importe si Dieu est mort ou s’il n’a jamais existé.La nature veille et n’attend qu'un moment d’inattention de notre part, une petite faille, pour nous remettre à notre place, c’est-à-dire nous faire accepter que nous sommes des mammifères qui devront vieillir et mourir définitivement Des comparaisons justifiées MARI US I)E MERS Économiste à la Direction des statistiques et des études quantitatives du ministère de l’Éducation C e texte répond aux commentaires de Maurice Tardif parus sous le titre «Comparaison n'est pas raison.même en éducation» (Le Devoir, le 19 février 1998, page A 7).Dans un Bulletin statistique de l'éducation de la Direction des statistiques et des études quantitatives (DSEQ) du ministère de l’Education paru en novembre 1997, qui porte sur la rémunération et le temps d’enseignement des enseignants dans l’enseignement primaire et secondaire, la DSEQ a voulu situer les conditions salariales des enseignants du Québec par rapport à celles des pays de l’OCDE.lu critique de Maurice Tardif repose sur les éléments suivants: l’étude fournit une image incomplète du travail de l’enseignant, les données de l'OCDE souffrent de nombreuses lacunes et les comparaisons avec d'autres pays n’ont pas beaucoup de valeur pour juger le travail réel des enseignants québécois.Il faut tout d'abord préciser que, contrairement à ce que laisse entendre M.Tardif, le bulletin n’a pas la prétention de fournir une comparaison de la charge de travail des enseignants québécois avec celle de leurs collègues des autres pays.L’OCDE non plus ne prétendait pas comparer la charge de travail totale des enseignants.Il a été précisé dans notre document que «le calcul du temps d’enseignement est basé sur le nombre annuel d’heures qu’un enseignant consacre à donner ses cours [.,.]; on ne tient pas compte des heures consacrées par l’enseignant à d’autres tâches, telles que la préparation de cours, l’aide aux élèves, le perfectionnement et les réunions de personnel.Il ne constitue donc pas un indicateur de la charge de travail totale de l’enseignant».Cela a également été indiqué dans l’article de Paule des Rivières dans Le Devoir.Dans l’étude de la DSEQ, les données sur le temps d’enseignement sont utilisées aux fins du calcul de la rémunération par heure de cours.Il s’agit ici d’un des indicateurs retenus aux fins de la comparaison des conditions salariales des enseignants québécois par rapport à celles de leurs collègues des autres pays (cet indicateur a également été retenu par l’OCDE dans sa dernière édition de Regards sur l'éducation - Les indicateurs de l’OCDE, paru en décembre 1997).Les autres indicateurs portent sur le traitement de départ, le traitement après 15 années d’ancienneté, le traitement maximum, le traitement par rapport au PIB par habitant, etc.M.Tardif ne commente aucun de ces indicateurs.Le temps de présence en classe est utilisé dans le calcul d’un des indicateurs de rémunération en raison de son impact direct et important sur les coûts de formation des élèves.En effet, plus le temps de présence en classe est faible, plus il faut d’enseignants pour assurer le temps d’instruction des élèves.L’étude sur la rémunération des enseignants se situe dans le contexte des comparaisons internationales de l’effort financier en éducation.Elle se veut un complément aux indicateurs de l’éducation du ministère de l’Education.La DSEQ veut être en mesure d’expliquer pourquoi les coûts de l’éducation sont plus élevés pour le Québec que pour la moyenne des autres pays de l’OCDE.Dans ce contexte, la base de données de l’OCDE constitue une bonne source d’information qui couvre la plupart des aspects de l’éducation et permet de comparer la structures des ressources consacrées à l’éducation dans les pays.La publication annuelle d’indicateurs par l’OCDE est le résultat de plusieurs années de collaboration de nombreux chercheurs provenant des pays membres.En fait, il s’agit d’un exercice continue d’élaboration d’indicateurs et il faut souligner les efforts des chercheurs pour renforcer la cohérence et la comparabilité internationales des données.Grâce aux comparaisons internationales, le Québec peut évaluer les choix qu’il a faits, quant à l’allocation de ses ressources en éducation, par rapport à ceux de d’autres pays.C'est dans cette optique que l’étude sur les conditions salariales des enseignants a été faite et un prochain bulletin statistique de l'éducation permettra d’identifier et de déterminer le rôle des facteurs qui font que le Québec se situe parmi les pays dont l’effort financier en éducation est le plus élevé.L • é: tembre 1994, en se fondant aussi sur la ressemblance physique d’Aurore Drossart avec lui.Ses ayants droit — sa fille adoptive Catherine Allégret (fille de Simone Signoret et d’Yves Allégret) et Carole Amiel (sa dernière compagne et mère du petit Valentin) — avaient fait appel de cette décision, d’où l’ordre d’exhumation de l’artiste.MÉDECINS La Régie de Montréal appuie les médecins SUITE DE LA PAGE 1 qui s’installent à Montréal», a fait valoir le Dr Asselin.D’ailleurs, l’AMOM estime que la demande des CLSC — qui veulent recruter 200 médecins uniquement à Montréal — est totalement irréaliste puisque seulement 135 nouveaux médecins s’ajoutent chaque année aux effectifs de toute la province.«On demande à ce que la pénalité soit levée dans le cadre du plan d’organisation de la région de Montréal.Le plan déterminera où on a besoin de médecins.Va-t-on empêcher un jeune médecin d’aller travailler avec des sidéens à la clinique L’Actuel au centre-ville parce que ce n’est pas en CUsC?Ça n ’a pas de sens.Im où il y a des besoins, que les gens soit payés à 1(X) %», tranche le Dr Marc-André Asselin.Iras médecins omnipraticiens espèrent que la création du département de médecine générale régionale, qui sera sous la direction du directeur de la Régie régionale, pourra se faire d’ici l’automne prochain.Accusés par les CLSC de vouloir mettre la main sur toute l’organisation des soins médicaux de la région, les médecins rétorquent que ce sera à la Régie d’évaluer les besoins et de prendre les décisions.Tout comme les CLSC, l’Association des hôpitaux s’oppose à cette structure régionale qui, à son avis, risque de court-circuiter le pouvoir décisionnel des établissements.I.ors de leur passage aux audiences sur le plan des services de santé pour 1998-2001, les médecins ont toutefois obtenu un appui unanime et sans équivoque de la Régie régionale de la santé de Montréal, qui milite elle aussi en faveur de la levée du décret punitif, non seulement dans les CLSC mais partout où les besoins se feront sentir.«On veut la levée de la pénalité.Pour nous, la question n ’est pas d'avoir des médecins en CISC ou en cliniques privées, mais là où on en a besoin, dans des endroits où les effectifs manquent», a précisé Conrad Sauvé, président du conseil d’administration de la Régie.Ira décret salarial punitif du gouvernement s’applique depuis 1982 aux jeunes médecins de moins c(e trois ans de pratique qui s’installent en zones urbaines.A la faveur de négociations en cours avec Québec, ce décret pourrait être complètement aboli.Quant aux médecins spécialistes, ils n’adhèrent tout simplement pas à la démarche entreprise par la Régie et considère que l’organisation des soins doit être moins bureaucratique et coupée de la réalité, «/ras décisions ne doivent pas seulement se prendre à la Régie et dans les organismes gouvernementaux./ra cas des urgences en est un exemple frappant», a fait valoir le Dr Michel Brazeau, porte-parole de la FMSQ.Cette fédération s’oppose elle aussi à la création de ces départements de médecine générale qui, dit-elle, créera une structure administrative additionnelle.Par ailleurs, le président du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, Jacques Girard, n’a pas manqué d’écorcher au passage la régie régionale hier, parce que cette dernière a complètement omis le CHUM dans son plan de services pour 1998-2001.Irars de la fusion des trois hôpitaux du centre-ville, en 1996, il était prévu par Québec que des investissements de l’ordre de 325 millions seraient nécessaires pour développer le CHUM.Or, le plan de la Régie n’en dit mot, pas plus qu’il n’aborde le rôle des centres universitaires dans l’échiquier des services de santé.«Si nous nous fions à ce document, c'est à peine si nous existons», a déploré M.Girard qui a exigé que la Régie s’engage à tenir ses promesses.ROBILLARD SUITE DE LA PAGE 1 «Je me dissocie de certaines des recommandations du rapport, mais pas toutes», a-t-elle déclaré hier, devant l’insistance des journalistes.«J'espère être en mesure de déposer un nouveau projet de loi d’ici la fin de cette année de sorte que l’année suivante, 1999, en soit une de consultation sur la position du gouvernement.» Iras audiences publiques des derniers jours, qui ont coûté 175 000 $ au gouvernement fédéral, ont été qualifiées par Mme Robillard de consultation préliminaire.Iras auteurs du rapport recommandent notamment que les nouveaux immigrants admis au Canada soient à l’aise financièrement, instruits et en mesure de se trouver du travail au pays, et qu’ils s’expriment dans au moins une des deux langues officielles.Ils suggèrent’ également que ces immigrants paient à l’avance pour des cours de français ou d’anglais qui seront dispensés à leurs enfants ou à d’autres membres de leur famille qu’ils parraineront.Une autre proposition ferait aussi en sorte d’éliminer la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, dont les membres font l’objet de nominations, pour confier leur tâche à des fonctionnaires du ministère.Une avocate torontoise spécialisée en immigration, Barbara Jackman, croit d’ailleurs que ce transfert des responsabilités concernant les questions d’immigration et de statut de réfugié vers les fonctionnaires du ministère est l’élément clé de ce rapport.-^ MODENE «Lexploitation des enfants immigrés concerne toute l’Europe» SUITE DE LA PAGE 1 cinquante enfants sont passés, par roulement, à la porcherie.Une vingtaine ont été placés dans des centres d’accueil, les autres se sont enfuis.Ils n’ont pas de lésions particulières, mais certains ont raconté que leurs geôliers s’amusaient à les frapper lorsqu’ils étaient saouls.» Selon les premiers éléments de l’enquête, il s’agirait en fait d’une véritable traite d’enfants partant d’un petit village du Maroc (où les parents paieraient près de 10 millions de lires, soit environ 35 000 francs, pour faire partir leurs fils à l’étranger) pour aboutir, via l’Espagne et la France, dans le très prospère nord de l’Italie et notamment dans la riche Modène, gouvernée depuis la guerre par des administrations de gauche et célébrée, comme ses voisines Bologne ou Reggio Emilia, pour son modèle social.«Nous sommes tous un peu coupables, il faut avoir le courage de dire que nous nous sommes trompés», concède M" Cocchi, l’évêque de Modène qui tente toutefois de relativiser le phénomène: «Moi aussi je les voyais tous les jours aux carrefours.Il faut s’interroger comment une société peut laisser travailler des enfants dans la rue plutôt que les envoyer à l’école.» Mais, ajoute-t-il, «on ne savait pas qu’ils étaient traités de cette façon».«Nos services qui s'occupent des mineurs ont agi depuis des mois en recueillant plusieurs enfants dans la rue.Deux centres d’accueil ont été mis en place pour eux dès octobre dernier.Cinq enfants ont été rapatriés au Maroc», se défend quant a lui Alberto Caldana, adjoint au maire chargé des questions sociales et ancien président d’une association d’accueil pour les immigrés.«Si l'intervention dans la porcherie a été tardive, c’est pour les besoins de l’enquête», affirme-t-il, même si, avec un seul individu appréhendé, le bilan de celle-ci est pour l’instant un peu maigre.Etonnement, personne n’est venu dénoncer le scandale.Ce n’est qu’après la révélation de celui-ci dans la presse qu’un habitant s’est manifesté auprès du procureur pour indiquer qu’il avait à plusieurs reprises entendu des cris et tenté de libérer les enfants prisonniers.Située à une vingtaine de mètres seulement de la grande route, à proximité de plusieurs habitations, la porcherie transformée en véritable décharge attire pourtant les regards.«Nous n’avons rien à nous reprocher, expliquent deux cultivateurs en retraite qui passent à bicyclette.On ne regarde pas ce qu’il se passe chez le voisin.» «Cette affaire est typique d’une société riche, très riche, qui ne pense qu’à produire et où les gens sont avant tout préoccupés de leur image et se désintéressent du sort des autres», indique le procureur Tibis.«L'exploitation des enfants immigrés est un phénomène qui concerne toute l’Europe», met en garde le psychiatre Ernesto Caffo, président du Telefono Azzuro, une association d’aide aux enfants maltraités, «/ra cas de Modène a été révélé parce que le magistrat a osé parler de “réduction en esclavage".Il ne faut pas croire que le travail des enfants n'existe que dans le Mezzogiomo.» «Au bout du compte, l'élément le plus préoccupant, estime Alberto Caldana, c’est que les gens vivent l'affaire comme si cela ne s’était pas produit à Modène mais dans un autre continent.» Accusée d’indifférence, la ville a ainsi tendance à mettre cette infamie exclusivement sur le compte de l’immigration clandestine estimée, à Modène, à un millier de personnes (avec 20 000 immigrés réguliers pour une population de 180 000 personnes).Une attitude que l’opposition de droite entend mettre à profit, en vue des élections municipales de l’an prochain.«Nous l'avions prédit, soutient l’avocat Enrico Aimi, responsable à Modène (l’Alliance nationale (10 % au niveau local), c’est la conséquence de l’ouverture incontrôlée des frontières à des populations étrangères à la culture occidentale et chrétienne.» L’administration communale (et en particulier le maire communiste de Modène qui, par philanthropie, et face à une pénurie de main-d’œuvre, avait, il y a dix ans, ouvert généreusement les portes aux travailleurs étrangers) est durement prise à partie pour avoir «considéré la société multiraciale comme une valeur centrale».Au contraire, estime Francesco Falcone, le responsable local du syndicat CISI., «le problème, c'est que les immigrés ont été matériellement plutôt bien accueillis, mais on n’a pas su créer une société multiculturelle.Cela ne suffit pas de donner un toit, de donner 1000 lires aux carrefours.Il faut qu’il n’y ait aucune discrimination».Une distinction de facto qu’un journaliste local résume ainsi: «Ici, quand une prostituée nigériane est assassinée, pour vendre le journal, il ne faut surtout pas titrer qu’il s'agit d'une prostituée et encore moins d’une Africaine.Juste “Une femme a été assassinée".» Et d’ajouter, résigné: «À Modène, l'affaire des enfants marocains réduits en esclavage par des Marocains, presque tout le monde s'en fout.»
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