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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1998-03-28, Collections de BAnQ.

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L K I) K V 0 I R , L K S S A M K I) I 2 8 K T 1) I M A X (' Il K 2 !» M A II S I !» il 8 LE DEVOIR ?Lettres québécoises Page D 3 Le feuilleton Page D 5 La grille télé du week-end Page D 8 Evergon Page D 11 Formes Page D 12 Arlette Cousture Pauvre William! Arlette Cousture délaisse, l’espace de quelques pages, la saga historique, des québécoises Filles de Caleb aux polonais Enfants d’ailleurs, et déverse son plaisir dans une drôle d’histoire sombre avec, à l’avant-plan, une romancière un peu fêlée, un aveugle délaissé et un mort malaimé.Leur dénominateur commun?La solitude.Celui de l’écrivaine?Le plaisir d’écrire, encore et encore.MARIE-ANDRÉE C H O U I N A R I) LE DEVOIR Arlette Cousture est bien calée dans un fauteuil de l’autobus, regardant distraitement par la fenêtre.Ses prunelles captent soudain ce quidam approchant à grandes enjambées du véhicule, lequel commence pourtant à avancer.Ix' chauffeur, volontairement ou non, ferme la porte au nez du pauvre homme et démarre.Désemparée, touchée par le malheur de l’autre, fâchée de n’avoir pas eu l’audace d’intervenir, l’écrivaine laisse couler ses larmes.Il fallait sans doute raconter cette anecdote pour comprendre que l’au-teure québécoise, que des millions de lecteurs connaissent pour quatre tomes très courus ces dernières années — Les Filles de Caleb I et II, Ces enfants d’ailleurs I et II — a les émotions à fleur de peau.Ixi détresse, les êtres insipides auxquels la très vaste majorité ne manifeste que de l’indifférence, tout ça la bouleverse, lui arrachant parfois des pleurs.Avec son tout dernier roman — mais le tout premier du genre —, J'aurais voulu vous dire William, l’au-teure a enfermé tous les méprisés, délaissés, mal-aimés de la terre en un seul personnage, mort de surcroît, William.De ce total inconnu au vécu en apparence terne, on apprendra quelques parcelles de vie grâce à l’obsession d’une romancière, soudainement persuadée que cet être insipide cache des secrets bouillonnants.«Chaque fois qu’on me parlait de William, j’avais envie de le prendre dans mes bras pour le consoler d'une chose que j’ignorais, raconte la narratrice.En fait, je pense qu’il m’aurait fallu le consoler de la vie, pour laquelle, je commençais à le comprendre, il n’avait eu aucun talent.» Le scénario, à des lieues de ce qu’Arlette Cousture nous a déjà dévoilé de sa plume, pourrait laisser pantois: une romancière souffre au cimetière de la perte d’un ex-amant.S’y recueille aussi Michael, aveugle, en deuil de son ami William.Curieuse, attirée par ce bellâtre au regard fuyant, l’écrivaine voudra tout savoir de ce William intriguant, grand photographe nous dit-on, mais dont l’objectif n’a croqué semble-t-il que 592 photos d'édifices et 1448 autres de labradors! A partir de ces quelques centaines de photos noir et blanc, la narratrice remontera le courant de sa propre folie et celui de la vie de ce «pauvre William», désireuse d’écrire un «roman-biographie-reportage» sur ce type qui avait peut-être quitté la vie incognito mais avait certainement connu de flamboyants moments de vivacité et caché un mystère derrière ses clichés de chiens et de bâtiments.«Affamée des souvenirs de William», la narratrice pousse la folie jusqu’à s’enduire de Old Spice, le parfum de son spectre, chaque fois quelle écrit — Arlette Cousture a elle-même adopté cette manie, quelques toutes petites fois: «Je ne me rappelais plus l’odeur: c'est dégueulasse!» —, jusqu’à tapisser ses murs de photos de cabots et d’édifices, les scrutant des jours, des semaines durant à la recherche du plus petit indice révélateur des habitudes de William, refaisant le chemin de sa vie, de l’hôpital où il séjourna petit jusqu’à l’école primaire, à son lieu de travail et à la résidence de personnes âgées où s'éteignit sa mère.VOIR PAGE D 2: COUSTURE jJ j I L {J*** L* 4 Ce que l’œil n’a pas vu, intelligence peut imaginer mt&i rassssSi JACQUES NADEAU LE DEVOIR Abla Farhoud célèbre ses quinze ans d’écriture.Pourtant, Le bonheur a la queue glissante est son tout premier roman.La voix de DOUNIA MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR « “WT % ai voulu saisir la vérité d'une Ê S étrangère qui ne sait ni lire, ni Ê écrire, ni parler.J'ai voulu connaître Æ Ê sa solitude, ce que je pense être une \ Ê solitude absolue.Je me suis faite peti-Ê te, petite, pour entrer dans ce corps de femme, écouter les battements de son cœur, son rythme, ses silences, parler comme elle, inventer sa parole.Trouver une langue à sa mesure, une langue juste pour Dounia, ni arabe, ni français, une langue généreuse qui ne se comprend qu’avec le cœur.» Pour écrire Le bonheur a la queue glissante, Abla Farhoud a tendu l'oreille.A une voix familière qui chuchotait en elle et lui a dicté les mots à écrire; et aussi ceux à i L^jLj i ^ La.****.J I taire.Le livre, auquel elle a travaillé cinq ans durant, constitue un tout premier pas dans l’univers du roman pour cette Libanaise débarquée au Québec sur le coup de ses six ans, et que l’on connaît essentiellement pour son volumineux travail de dramaturge.Dounia, vieille femme de 75 qns, ne sait ni lire ni écrire et parle très peu.A la fois dans sa propre langue, l’arabe, que peu de ses proches maîtrisent, et dans sa langue d’adoption, le français, que ses enfants ont appris dès leur arrivée, alors qu’ils étaient petiots.«Il y a des jours où je suis heureuse.Je suis dans le bonheur, confie Dounia.Souvent, cela n’a rien à voir avec ce qui arrive ou n’arrive pas.Je n’ai pas plus de raison d'être heureuse que de ne pas l'être.Je suis heureuse, c'est tout.J’ai appris à savourer ces instants comme je bois de l'eau fraîche quand j'ai soif.Je sais qu’ils ne sont pas étemels et que le temps peut tourner.Le bonheur a la queue glissante.Savourerais-je cette eau si je n'avais pas eu soif?» VOIR PAGE D 2: FARHOUD L I.K I) Y V 0 I H .I.K S S A M Y I) I 2 8 Y T I) I M A X ( Il Y 2 !» M A II S I II II 8 I) 2 «- Livres FARHOUD «Arriver à la vérité du temps qui passe» "''Ht COUSTURE Aux William de ce monde SUITE DE LA PAGE 1) 1 Dans ce roman-confidences qu’on lit sur la pointe des pieds, un peu comme si on tournait les pages d’un journal intime, Dounia raconte ses migrations, d’un village libanais à l’autre, puis du Liban à Montréal.A l’approche de la mort.Dounia réfléchit et puise dans ses souvenirs, exhume les secrets les plus douloureux et déroule les confidences.«Si jeunesse revenait un jour, je lui raconterais ce que vieillesse a fait de moi.» L'univers de Dounia, auquel elle est viscéralement attachée et duquel elle se sent en revanche parfois complètement coupée, se résume à Salim, son époux, à ses six enfants et cinq petits-enfants.Un repas familial en guise de scène première du roman: laissant son regard vaquer d’un à l’autre, Dounia pressent qu’il s’agit du dernier.«La vieillesse a quand même la délicatesse de venir pas à pas, jour après jour, sinon on ne saurait l'accepter et apprendre à se dire que tant qu’on est vivant, tant que nos enfants et petits-enfants sont vivants, le reste est sans importance.A mesure que le corps vieillit, la valeur des choses change dans la tête.Et c'est bien ainsi.» Défilant sa vie, partageant ses réflexions, Dounia est parfois forcée de regarder des vérités qu’elle avait volontairement mises de côté.Mais l'une de ses filles, Myriam l'écrivaine, souhaite écrire un livre sur sa vie et la bouscule un peu de ses questions intimes.Mère libanaise ayant quitté ses premières racines, s’en étant forgées de nouvelles; fille québécoise, moderne, décontenancée parfois devant le silence de sa mère.Le roman de ma mère Plongeant de la dramaturgie au roman, Abla Farhoud célèbre avec ce livre ses quinze ans d’écriture.Après avoir lu Le nonheur a la queue glissante, la mère de l’auteure — qui a fortement inspiré le personnage et le roman en entier —, visiblement émue, lui a souhaité qu'Allah lui envoie encore plus de mots que ne contient ce livre.«J’ai tout de suite couru vers mon ordinateur pour apprendre que le roman contenait 39 326 mots!», raconte Abla Farhoud, un sourire dans les prunelles.Pour se libérer de cette histoire, à laquelle elle travaille depuis cinq ans, l'écrivaine a farfouillé dans sa mémoire, y puisant images et souvenirs, le tout orchestré autour du thème de la solitude.Il y avait bien sûr sa propre mère, qui ne sait véritablement ni lire ni écrire, mais il y avait aussi une petite Abla, arrivée au Québec à l’âge de six ans, toujours un peu «étrangère» à cause de son origine mais aussi de ses élans artistiques, perçus comme marginaux.«Si je veux écrire aujourd’hui, c’est parce que ma mère n ’écrit pas et parle peu; je l'ai toujours un peu senti comme un fardeau pour elle, et si je veux prendre la parole, c’est parce que ma mère ne l’a pas fait», explique l’auteure, qui avait d’abord choisi comme titre Ij> Roman de ma mère.La sagesse du proverbe Dounia, toujours perchée entre la résignation et la sagesse, cache la honte et la douleur de ne pas avoir protesté lorsque les hommes de sa vie l’ont humiliée.Sous des proverbes quelle expédie habilement à ses enfants au bon moment, la vieille dame dissimule parfois la vérité.«Je réponds par dicton, un proverbe ou une phrase toute faite quand mes enfants me posent une question sur mon passé, c’est plus facile que d’avoir à chercher la vérité, à la dire, à la revivre.», confie Dounia.Cette façon de parler par proverbes fait partie du quotidien d’Abla Farhoud parce que sa propre mère la pratique, sorte de croisade du roman et de la vie.Dans la version papier, Myriam note les dictons arabes prononcés par sa mère.Abla Farhoud le fait aussi.«J’ai décidé de me faire une banque de ses proverbes, explique-t-elle.À ce jour, j’en ai 300.Et elle continue de m'en sortir des nouveaux, la petite mozusse!» Celui qui a mal s’accroche même aux cordes du vent.Ce que l’œil n’a pas vu, l’intelligence peut l’imaginer.Si ton ami est de miel ne le lèche pas complètement.Laisse ton mal dans ton cœur et souffre en silence; le mal dévoilé n’est que scandale et déshonneur.Le chameau a une intention; le chamelier une autre.Et bien sûr: le bonheur a la queue glissante.Du théâtre au roman Habituée au théâtre (elle a écrit notamment Quand j'étais grande, Les Filles du 5-10-15, Apatride, Quand le vautour danse, Les Rues de l'Alligator), Abla Farhoud a dû Laurent LApl ::55» ÏWSSÎ1 n regard lie la pè è immediate: | K ¦ fes citoyens, æi^eurs yjrrellectuels lie des ai essai 22,95 S trois cercles Lu ncrsoum imiticdidlc l’HEXAGONE VI AK II _ /u /)u.s,s'(o/t (/c /(/ /if féru tn/ /*’ apprendre, avec ce premier roman, à écrire sans avoir à partager sa création avec un metteur en scène, des acteurs, un public.«Quand on écrit pour le théâtre, il y a des règles, une codification à respecter, et puis ces multiples petites fêtes une fois que la pièce est jouée et qu’on peut voir la réaction — bonne ou mauvaise — des spectateurs, affirme Mme Farhoud.Avec le roman, c'est la liberté totale mais aussi l'angoisse de ne pas connaître la réaction des gens.C’est comme si le livre n'était pas légitime.» L’auteure elle-même arrive encore difficilement à expliquer le processus d’écriture qui a mené au savoureux petit volume, histoire d'émigration, d’étranger, de femme seule avec ses joies et ses douleurs.Four arriver à laisser parler Dounia, elle a dû se concentrer suffisamment pour habiter le corps de la vieille dame et entendre sa voix, recherchant pour cela un contexte de calme propice à la concentration extrême.«C’est très bizarre, j’en conviens, dit-elle mi-rieuse, mi-sérieuse.Ça ne m'était jamais arrivé.J'ai écouté cette voix me parler et j’ai inventé une langue, sa langue.J'ai voulu comprendre tous les proverbes qu ’elle dit pour se cacher et se révéler, dans une langue que je comprends si peu.J'ai voulu comprendre pourquoi elle se tait.Elaguer, arriver à l’essence, à la vérité du temps qui passe, la vérité du bonheur, du malheur, de la culpabilité et de la honte.» Dounia cache un secret terrible, quelle a enfoui sous les années et l’avalanche de souvenirs.Qu’elle ne veut pas déterrer, autour duquel elle tourne.Le faire ressurgir l'allègera-t-elle d’un fardeau, l’éloignera-t-elle de sa solitude?Chose certaine, Abla Farhoud s’éloigne de la sienne propre en recueillant là un sourire, ici une poignée de main, là encore un mot réconfortant.«J'écris pour toucher les gens.Ce doit être une déformation de mon passage au théâtre mais j’ai terriblement besoin de savoir comment les gens reçoivent ce que je dis.Four avoir la brève certitude que ce que j'ai senti, quelqu'un peut l’avoir ressenti aussi.Pour me rassurer et savoir que je ne suis pas folle d’avoir vécu une telle émotion.» LE BONHEUR À LA QUEUE GLISSANTE Abla Farhoud L’Hexagone, Montréal, 1998 175 pages Commandez vos livres chez Renaud-Bray Nous expédions partout au Québec .poste ou messagerie.Montréal : 342 - 2815 I Extérieur : 1-888-746-2283 E-mail : sad@rcnaud-bray.com AND RK PANNETON SUITE DE LA PAGE I) 1 Dans J'aurais voulu vous dire William, pas de date, ni de lieu précis, à peine un nom de rue (Meadow Street) qui pourrait être ici, ou encore là-bas.Aucun dialogue.Une narratrice sans nom.Et trois styles d’écriture à l’intérieur du même petit volume, qu’Arlette Cousture a pris un malin plaisir à rédiger: à côté du récit de la narratrice, la genèse du roman que celle-ci écrit sur William, roman que l'on voit évoluer, avec ses ratures et ses éternels recommencements; et puis aussi le monologue secret qu’entretient l’écrivaine avec l’âme de William.«Ce livre m’est très cher, explique Arlette Cousture, qui parle de Michael, de William et de la romancière, le triangle de la solitude, comme si elle les avait véritablement côtoyés .Je l'aime par sa structure, parson contenu, par la catharsis qu’il m’a fait faire, et à cause de la liberté d’écriture qu'il m’a permise, après les sagas qui m’obligent à faire du slalom autour de balises très claires.» C’est son «chouchou», essentiellement parce qu’il révèle au grand jour toute l’affection qu’elle porte aux William de ce monde, un personnage multiple qui la hante et quelle traînait depuis dix ans.«Les William, ce sont toutes ces personnes qui ont de la difficulté à entrer en relation avec les autres, ceux qu’on oublie, qui passent inaperçus, solitaires, sans charisme.Ces William me font fondre, craquer.J’ai toujours été très sensible à ces êtres de chagrin, depuis la petite école où je demandais à la maîtresse d’asseoir les enfants délaissés à côté de moi.» Mais ces oubliés de la société portent souvent un autre poids, non moins lourd: celui d’être en apparence — et pour vrai dans certains cas — des individus insipides, ternes sous toutes les coutures, de ces pauvres types qu’on voudrait secouer pour en tirer une quelconque étincelle de vie.«A la base, ce William m’énerve, parce que les êtres éteints ne m’allument pas, c’est le cas de le dire.Il n’avait aucune émotivité en lui et, puisque je suis moi-même une personne hypersensible, il fallait que je trouve un moteur pour évoquer un être nul avec de l’émotion.» La douleur Ce véhicule, elle l’a trouvé au cours d’une des toutes dernières versions — nombreuses — du roman.En Arlette Cousture l’écrivaine qui vient de perdre un être cher et qui transfère toute sa douleur sur William lors d’une rencontre au cimetière.«C’est tellement irrationnel, la douleur.Elle est dans un cimetière, probablement dans un état de grâce, et elle transforme toute sa peine en acharnement sur la vie de William.» Ce personnage qui a vécu «au superlatif négatif, [toujours] trop peu rien et pas assez tout», la narratrice s’y colle, dormant dans son lit, promenant un chien imaginaire, refusant de croire à la platitude de William.«Aide-moi William, implore la narratrice à son mort.Soit que je t’ai terriblement idéalisé, soit que je suis incapable de reconnaître que tu diffères de mon fantasme.» Cette quête insensée autour d’un individu morne a emporté Arlette Cousture, et puis cette autre romancière née de l’imagination de la romancière.Emportera-t-elle les lecteurs ou s’arrêteront-ils en cours de route, exaspérés par cette course à l’absurde, sans aller jusqu’au bout des secrets de William?Arlette Cousture fait confiance à ses fidèles, qui la sui- vront s’ils le veulent dans cette aventure qui l'a, elle, littéralement enflammée.«Il faut accepter d’être ce qu'on est et aussi d’aller au bout de ce qu’on souhaite faire, explique Arlette Cousture.C’est ce que j'ai fait!» Dans quelques années — peut-être deux?—, un tome III des Filles de Caleb viendra rejoindre les deux premiers dans les collections des libraires.Aux côtés de ces quelques volumineuses sagas historiques racontant ici la Pologne, là le Québec, il y aura ce petit bouquin, mince, discret, même tout à fait banal d’apparence avec sa couver-ture brune et ses caractères effacés.«A l’image de William», tel que l’a voulu l’écrivaine.J’AURAIS VOULU VOUS DIRE WILLIAM Arlette Cousture Libre Expression, Montréal, 1998,262 pages Pauline Julien IL FUT UN TEMPS OÙ L'ON SE VOYAIT BEAUCOUP Pauline Julien nous ouvre son grand cahier.Des «contes vécus», comme elle dit, des récits de vie, finement ciselés, qui nous font découvrir des épisodes drôles, tendres ou dramatiques de la carrière mouvementée de la chanteuse, comédienne militante et amante.LANCTOT .- -.- ÉDITEUR PLAISIRS LECTURE! AUX PLACE Claude Jasmin ALBINA ET ANGELA mm M m Wmm WUmlr"* La mort, l'amour, la vie dans la Petite Patrie La découverte d'un nouveau poète! Un Claude Jasmin lyrique - du jamais vu! - qui dit les premiers émois de l'adolescence, alors que la mort de sa grand-mère tant aimée, Albina, côtoie le premier amour, Angela, une jeune Italienne de la Petite Patrie Pauitnk'.Ju mm Le Cercle Gérald-Godin TANT QUE L'INDÉPENDANCE N'EST PAS FAITE, ELLE RESTE À FAIRE Six auteurs, Guy Bouthillier, Maurice Champagne, Pierre de Beliefeuille, Gaston Miron, Denis Monière et Hélène Pelletier-Baillargeon, nous invitent à une réflexion pour penser la souveraineté et convaincre les indécis de la nécessité de faire l'indépendance, puisqu'elle n'est pas encore faite! La mémoire RENCONTRER NOS AUTEURS on du livre de l'Outaouais d de Lanctôt éditeur : Jean-Sébastien Larouche et > LE DEVOIR, LES S A M EDI 28 E T D I M A N C II E 2 !> M A R S I !» !» 8 I) 3 -» Livres ~- LETTRES QUÉBÉCOISES Audaces secrètes d’un jeune Québécois d’antan LE CARNET DU CYNIQUE .Philippe Panneton (Ringuet) Edité par Jean Panneton et Francis Parmentier Guérin, Montréal, 1998,85 pages En avant-propos, les auteurs retracent la genèse de ce texte inattendu de Philippe Panneton, mieux connu du grand public sous son nom de plume — Ringuet, c’était le nom de sa mère —.auteur de Trente arpents, ce roman paru en 1938, devenu depuis un classique de nos lettres.En 1920, Panneton, qui vient d’être reçu médecin, entreprend de rédiger un journal personnel où, note-t-il, «j'ose dire et écrire ce que je pense» et qu’il entend bien garder pour lui-même, ne fut-ce que pour ne pas offusquer son entourage.I\iis, en 1926, il décide de tirer de ce journal des extraits qu’il classe sous diverses rubriques; ce sera Le Carnet d'un cynique, plus secret encore que le journal, que Jean Panneton — sans doute le neveu de l’écrivain — découvrira trente ans plus tard, en faisant l’inventaire des documents du médecin-romancier.On trouve dans ce petit livre le ton excessif d’un jeune homme qui jette sa gourme, pratiquant ce qu’il a lui-même appelé le «contrisme» — ce qui comptait, c’était de s’opposer à tout et à tous — comme il avait dû le faire, quelques années plus tôt, avec des ca- marades: Victor Barbeau, avec qui il va fonder plus tard l’Académie cana-dienne-française, Marcel Dugas, et d’autres encore, au sein de ce groupe de l’Arche qui se réunissait dans un grenier de la rue Notre-Dame pour refaire le monde avec des mots.Comme eux.Panneton fut très tôt un lecteur vorace.Voilà sans doute pourquoi le cynisme du Carnet est d’abord celui d’un lettré: Panneton se réclame de ces philosophes cyniques de la Grèce antique qui affichaient leur mépris de toutes les conventions et tenaient pardessus tout à affirmer leur indépendance intellectuelle et morale.Soirée mondaine Le début du Carnet du cynique est trompeur.Dans un récit intitulé Liminaire, il relate, non sans quelque préciosité, sa rencontre avec un ami qui s’ennuie, comme lui, lors d’une soirée mondaine et qui aime s’adonner à l’art délicat de la «discussion oiseuse»; ce personnage insaisissable, ami d’un instant, il ne le reverra plus, de crainte de détruire l’image séduisante, idéale, qu’il s’en était faite.Le reste du livre, plus heureux, est fait de notations, parfois très brèves, où Panneton prend le contre-pied de certaines idées reçues, de proverbes connus, de vérités réputées éternelles.Dans le doute, on ferait bien d’agir plutôt que de s’abstenir; contre Socrate, il affirme qu’il ne fait pas bon trop se connaître; et selon lui, «il n’est pas sûr que les enfants soient plus heureux que nous».Le ton se fait parfois virulent, notamment à propos de Dieu, «ce supposé Créateur», ce «fieffé imbécile» qui, contrairement à ce qu’il a fait, aurait dû «donner à l'homme la raison, dès sa naissance, quitte à le gratifier de l’insouciance sur le tard, une fois fortune et situation faites»', quant aux somptueux vêtements sacerdotaux des prêtres, étrangement semblables aux costumes de certains rites païens, il les trouve laids.Et ceci, sur la foi: «La croyance en un ou plusieurs dieux est une maladie de l'esprit dont le catholicisme est une forme particulière.» Panneton savait fort bien que la publication de tels propos, quasi impensable à l’époque, lui aurait valu de graves ennuis.Ses vues sur l’art sont plus légères et souvent amusantes.De certains peintres, il dit plaisamment que ce sont des «gens extraordinaires.Ils trouvent moyen de placer partout des personnes à poil, ce qui dans la vie courante n'existe à peu près pas»; l’opéra lui paraît inadmissible, car «il n'est ni normal ni vraisemblable que des gens s'interpellent sur des airs de polka ou de contredanse».Misogynie Malheureusement, le jeune homme en colère se fait cynique au sens le plus platement moderne lorsqu’il affiche une misogynie féroce; comme certain juge de récente et triste mémoire, il prétend que la femme «viole constamment l’homme par son vête- PHILIPPE PANNETON (RINGUET) LE CARNET DU CYNIQUE rdite fKir lean Panneton cl Francis Parmentier GUÉRlN Lttrrutur* ment qu'elle fait provocant».Elle serait un «mélange d'instincts brutaux et de fantaisies enfantines» qui a «à la fois trop d'âme et pas assez».Mieux: «Si elle est aujourd’hui si haut cotée, c’est qu’elle subit la commune loi de l’offre et de la demande.Elle partage cet honneur avec les asperges et le hareng saur.» Enfin, selon lui, le corps humain est laid, mais celui de la femme l'est particulièrement: «Im rondeur de la croupe, cette saillie disgracieuse du sacrum et des vertèbres n’est qu’une preuve accablante des liens de famille qui nous attachent à l’animalité.» On ose espérer que le jeune médecin ne jouait là qu’à se scandaliser lui-même.En revanche, de nombreux passages du Carnet nous offrent des maximes bien tournées: «Il y a entre les grosses bêtises et les bonnes actions ceci de commun qu on ne les accomplit jamais si, au préalable, Ton s'arrête à y réfléchir sérieusement»', ou encore: «Le repos du sage est dans la folie momentanée.» Plus rarement, une certaine sensibilité affleure: un soir de brouillard, à Paris, il entrevoit tous ceux qu’il a aimés «et la triste théorie ne laisse plus derrière elle que le brouillard, uniformément, mélancoliquement gris, qui fait se voûter encore plus les épaules».Ringuet a-t-il consigné dans ce Carnet la meilleure part de son journal encore inédit?Nous le saurons bientôt, puis qu’en fin de volume, on annonce la parution prochaine de ce dernier, ou de ce qu’il en reste, puisque des quelque 2500 pages manuscrites qu’il comptait, les trois quarts seraient disparus.Y trouvera-t-on ce que Jean Éthier-Blais avait cherché en vain dans les Confidences, que Ringuet avait fait paraître en 1965 chez Fides?Truffé de faits et d’idées, le livre manquait, selon Éthier-Blais, de personnes: «J'aime qu ’un mémorialiste soit un peu méchant, qu'il porte de temps à autre un jugement sévère, qu'il décrive les gens tels qu’ils sont.(.) J’espère que, dans les papiers de l'écrivain, il y a des Mémoires cachés, pleins de secrets.Voilà ce qu’il faut livrer au public.L'intelligence de Ringuet est trop lumineuse pour qu’on la glisse sous le boisseau.» Que soient exaucés les vœux de l’illustre critique du Devojri Jean-Éthier avait vu juste: Philippe Panneton fut en effet un esprit supérieur.Médecin spécialisé en oto-rhino-laryngologie, lecteur boulimique et grand voyageur — il fut, à la fin de sa vie, ambassadeur au Portugal —, il a beaucoup écrit, mais la plupart de ses livres, devenus presque introuvables, lui étaient inférieurs.On pourrait certes rééditer ce délicieux recueil de pastiches, Littératures à la manière de., écrit en collaboration avec le journaliste Jean Francœur en 1924.Mais au regard de la postérité, Panneton-Ringuet demeure l’écrivain d’un seul livre, Trente arpents, ce roman de la terre qui est aussi grand roman, tout simplement.En attendant la publication du Journal qui fera peut-être réviser ce jugement on peut lire avec intérêt ce Carnet d’un cynique qui est bien plus qu’une bluette dont la hardiesse des propos ne fera guère sourciller aujourd’hui; on y trouvera, quoiqu’en pointillé, les traces d'un esprit brillant, d’une maturité intellectuelle étonnamment précoce.La chose n’est pas si fréquente.Robert Chartran d Les traces d’un esprit brillant, d’une maturité intellectuelle précoce LA VIE LITTÉRAIRE Bibliothèque pour et par tous Saint-Hyacinthe n’avait pas attendu le dépôt, la semaine dernière, de La Politique du livre et de la lecture pour lancer un projet original: la mise en commun, par un catalogue unique, des ressources de trois bibliothèques.LE DEVOIR La bibliothèque T.A.-Saint-Ger-main, le Cégep de Saint-Hyacinthe et la Polyvalente Hyacinthe-Delorme se sont entendus pour mettre en commun les 187 000 documents dont, ensemble, ils disposent.Le lieu du dépôt: un site Internet.Pour y parvenir, les organismes avaient bénéficié d’une subvention provenant du Fonds de l’autoroute de l'information leur accordant 44 500 des 62 616 $ nécessaires à la réalisation du projet.Toutefois, chaque institution n’y perd point son autonomie.Chacune possède un serveur et c’est une adresse commune qui les rejoint.Iæs recherches sont effectuées dans une base de données regroupant les notices des trois bibliothèques qu’une adresse commune rejoint.C’est Ergonet, une entreprise privée, qui a mis au point le Weblio-thèque, engin de recherches spécifi- quement adapté aux besoins des bibliothèques.A moyen terme, il est même souhaité que les autres bibliothèques de la ville intégreront leur catalogue au site existant pour arriver à créer un guichet unique à Saint-Hyacinthe.Pour expérimenter et se renseigner sur ce nouvel outil, deux adresses électroniques: www.biblios.saint-hyacinthe.qc.ca et www.ergonet.com.Hommage à deux grands disparus Le philosophe Marc Sautet est décédé à Paris le 2 mars dernier des suites d’une tumeur au cerveau.11 n’était âgé que de 51 ans.Marc Sautet, inventeur du concept des «cafés philosophiques», s’est fait connaître du public québécois à l’automne dernier, lors de la défunte formule du Salon du livre de Québec, où il a animé un café philosophique.«Je suis le premier philosophe à m’installer avec un statut de libéral en France, écrivait Marc Sautet de lui-même en novembre dernier.J’ai fondé le Cabinet de philosophie en 1992, où je reçois des particuliers en consultation.J’assure ainsi l’animation de séminaires à la demande des entreprises et des institutions.(.) De cette intention de redonner à la philosophie sa place dans la cité est née la formule de débat philosophique ouvert à tous.» Dans la catégorie des disparus, le Jacques Poulin CHAT SAUVAGE Chat sauvage LEMÉAC / ACTES SUD «Jacques Poulin a créé une fois encore un univers très dense, où les passions l'emportent sur tout le reste, ambitions ou rivalités.» Réginald Martel, La Presse 192 pages • 22,50 $ « La poésie comme si de rien n'était.Ce pourrait être une définition de l'art de Poulin.» Chrisian Rioux, Le Devoir « On entre dans ce roman à pas feutrés, comme ses félins adorés.[.] Jacques Poulin semble [y] avoir mis le meilleur de tous ses livres.» Raymond Bertin, Voir poète, romancier, essayiste, critique littéraire (Le Monde et Le Magazine littéraire) Alain Bosquet est décédé la semaine dernière à Paris, à l’âge de 79 ans.Il était membre honoraire de l’Académie québécoise.L’Académie des lettres du Québec écrivait à son sujet: «Alain Bosquet s’est beaucoup intéressé au Québec où il comp- tait plusieurs amis.Au cours des années 50, il avait fait paraître des textes dans les revues québécoises La Nouvelle Relève et Gant du ciel.Il avait publié (.) la première anthologie en France de la poésie du Québec, travail accompli avec la collaboration de Jean-Guy Pilon, Jacques Godbout et Gaston Miron.» \[ Mlltl.lll sont EMMANUEIE BERNHEIM sera chez nous du 25 au 31 mars 1998.Venez la rencontrer : au Salon du livre de l’Outaouais.(Huit) le samedi 28 mars de 16h00 à 17h00 et le dimanche 29 mars de 12h00 à 13h00 Un drôle d'oiseau journal satirique en kiosques chaque mois Dans le numéro d’avril : Victor-Lévy Beaulieu rêve de raser la Perse et nous attendons le p’tit Jésus Charest.«C’était vendredi et elle allait dîner chez des amis.Et demain, pour la première fois de sa vie.elle vivrait avec quelqu'un.» tmmanuèle Bernheim Une causerie La librairie Olivieri, de Côte-des-Neiges, poursuit son programme de causeries.Mercredi soir prochain, le 1" avril, à 18h, Charles Taylor sera l’invité et le seul conférencier de la soirée.L’occasion: le lancement de son livre en début de semaine prochaine par les éditions du Boréal.Les Sources du moi, sous-titré Im Fondation de l’identité moderne, est la traduction de son ouvrage magistral déjà paru en anglais en 1989.Philosophe, Charles Taylor enseigne à McGill et a longtemps occupé la chaire Chichele de l’université d’Oxford.Pour cette soirée, la réservation est obligatoire (tél.: 739-3639).Hubcil Aquin Blocs erratiques Paul-Émilo Borduas Relut global •t entras écrto BU/SŸ ôécoÀs Blocs erratiques essais Refus global et autres récits L essais Paul-Emile Borduas TYPO / M A U S I II II K I) \ La Chine de Mao au quotidien Vivre les derniers jours de la Révolution culturelle LE VENDEUR DE SANG Yu Hua Traduction du chinois par Nadine Perront Actes Sud Arles, 1997,286 pages N Aï M KATTAN Né en 1960, le romancier Yu Hua ne connaît que la Chine de Mao, celle de la Révolution culturelle et de sa dénonciation.Son précédant roman, Vivre, fut porté à l’écran et primé au Festival de Cannes en 1994.U Vendeur de sang retrace la vie de Xu Sanguan, ouvrier dans une filature.11 se marie, a trois fds, et sa vie n'est qu’une suite de malheurs, de coups d’un destin auquel il se résigne sans chercher à le comprendre.Chaque fois qu’il est frappé par une catastrophe, il se rend à l'hôpital et vend deux bols de son sang.Les catastrophes se succèdent.Son aîné, qui porte le nom de Premier Plaisir, ne lui ressemble pas.Avant de l’épouser, sa femme a eu une aventure d’un soir avec un autre et, par conséquent, son fils ne serait pas de lui.11 l’élève, et quand il l’envoie chez son présumé vrai père, celui-ci le chasse.Dans une bagarre, l'adolescent assomme un voisin, lui fracasse la tête.Ce dernier est amené à l’hôpital et Xu Sanguan doit payer pour les soins qu’il reçoit.Pour ce faire, il n’a d’autre choix que de vendre son sang.Les bouleversements politiques accablent son personnage mais Yu Hua ne les évoque qu'indirectement, en filigrane.La femme de Xu Sanguan est dénoncée anonymement comme prostituée et les adolescents qui mènent la Révolution culturelle viennent la chercher.Ils l’obligent à se tenir debout, pendant des semaines, sur une estrade au centre du village, portant un écriteau qui la désigne comme une prostituée repentante.Son mari lui porte à manger et, à son retour le soir, frotte ses pieds endoloris.Un jour, un militant zélé ordonne à Xu Sanguan de tenir des séances d'autocritique à la maison, en famille.Celui-ci réunit ses trois fils, de jeunes adolescents, en séance formelle, afin de condamner leur mère.Mais dès que, pressés par lui, ils consentent à le faire, il les fait taire en leur rappelant le respect qu’ils lui doivent, La famille traverse péniblement les années de famine et, ensuite, celles où les jeunes gens sont envoyés à la campagne pour fins de rééducation.Telle une fable L’auteur raconte les événements tragiques, sans commentaire, avec une grande économie de moyens.Telle une fable.Le résultat n’en est que plus puissant.les villageois de la Chine profonde traversent les soubresauts de la politique comme s'il s’agissait de calamités naturelles, inexplicables et face auxquelles ils n’ont d’autre choix que la résignation.L’écriture de Yu Hua est tellement dépouillée qu’on se croit plongé dans un univers kafkaïen.Au delà de l’absurde, l’amour perce, celui que se vouent l’homme, la femme et les enfants, qu’ils n'expriment que par des gestes, au delà des mots qui sont, de toute façon, dévalorisés par les slogans.Ainsi, pour rejoindre Premier Plaisir, le fils qui n’est pas de lui mais qui est son préféré, qui se trouve en traitement dans un hôpital à Shanghaï, Xu Sanguan entreprend un voyage de 15 jours, s’arrêtant plusieurs fois en chemin pour vendre son sang afin de payer les soins que reçoit ce fils.Evitant en même temps le misérabilisme et la sentimentalité, Yu Hua atteint une puissance de dénonciation d’un passé dont on commence à mesurer la tragique absurdité.Il ne mentionne la fin de cette Révolution culturelle, encore une fois, qu’en filigrane.Les enfants ont grandi, et le père, qui voudrait vendre son sang pour lui-même, pour avoir les moyens d’aller au restaurant et de manger à sa faim, est, à nouveau, humilié.Le nouveau préposé à l’hôpital le traite de vieux dont le sang ne peut plus servir.Or, pour la première fois de sa vie, sa femme et ses enfants lui offrent un repas au restaurant pour lequel il n’aura pas à payer de son sang.C’est ainsi qu’on devine que la situation a changé et aussi que la vieillesse, cette inexorable dégradation, commande aussi le respect.YU HUA Le vendeur de sang Collection Les grandes entrevues Pierre Maisonneuve A l'abri du cadre rigide d'une émission de télévision, Pierre Maisonneuve rencontre des hommes et des femmes d'action et de réflexion Avec lui.nous découvrons leurs valeurs profondes, leur inspiration, la source de leur engagement.\( /VAf l\ Livres **- LA CHRONIQUE Peindre, émouvoir, jamais déclamer ! enfonce jusqu’aux genoux dans la neige.Je voulais me rendre au petit lac, mais les arcs des arbres tombes, comme des collets surdimensionnés, m’attrapent les jambes à tout moment et je m’étale de tout mon long sur la glace.Iœ chien me devance, se faufile sous les arceaux des trembles et des bouleaux, le ventre à ras de neige, et gagne l’éclaircie entre les pins.Bientôt à bout de force, je m’assieds sur une souche et reprends tranquillement mon souffle.Un rayon de soleil traverse la nuée d’ouate des nuages et tombe sur moi, comme ces faisceaux de lumière divine qui chutent, en oblique, sur les saints des images pieuses.Ebloui, je lève la tête, mais rien d’autre ne m’est révélé que nos arbres brisés, avec leurs chicots recouverts de neige.Au même moment, le chien se met à japper et je me retourne vivement: une silhouette se détache de l’ombre d’un orme mort-debout et s’avance vers moi, le chien sur ses talons.Un chasseur égaré?Mon voisin qui cherche son chien?François Paradis qui se décide enfin à sortir du bois, après cent ans d’errance et de braconnage?— «Un œil exercé ne peut se méprendre absolument!» Gustave! J’aurais dû m’en douter.Mes découragements l’inquiètent.Il n’aime pas me laisser seul avec mes idées noires et mon désir de tout planter là pour m’endormir sur la neige.Mais où diable a-t-il déniché cette grosse pelisse de chat sauvage, qui lui donne l’air d’un lumber-jack de chantier?— «Ton texte sur tes arbres morts m a touché, tu sais.Tu as enfin compris “qu 'il faut toujours peindre, émouvoir, jamais déclamer”.— Ouais.Seulement, je ne suis pas plus avancé.Tas vu ça?» Je fais un grand geste des deux bras pour lui montrer la forêt décimée, les branches arrachées, les têtes de bouleaux enfoncées dans la glace.11 me fait alors un oui très lent, très cérémonieux, de la tête, et vient s’asseoir à côté de moi sur la bûche, qui craque sous son poids.Alors il fait mine de s’éventer le derrière et éclate de son gros rire maboule.Je ris à mon tour et le chien jappe, se tord le fessier, les oreilles dressées, la queue raide.Je n’ai jamais compris pourquoi le chien se méfie tant de Gustave.Peut-être parce qu’il sent le cigare, le vin amer et aussi quelque chose de très ancien, de méconnaissable, l’effluve rance du sa- lon de Croisset, une odeur de vieux livres et d’encre caustique.A moins que ce soit le rire excessif, violent, presque cruel de mon ami qui lui tape sur les nerfs?L’or sur le fumier — «Tu sais comme moi que “la poésie, comme le soleil, met l’or sur le fumier.Tant pis pour ceux qui ne le voient pas”.— C'est facile à dire, mon cher.Pense à toutes ces journées que j'aurai à vitre avec ce carnage! — “Quelque chose de plus subtil qu'une nuée et de plus consistant qu’une cuirasse doit envelopper ces natures qu'un rien déchire et qui vibrent de toute leur longueur au moindre frottement.” — Qu’est-ce que tu veux dire?—Je te parle de toi, de moi, de nous, de tous ceux qui “ne peuvent respirer l’existence qu’à travers la phrase."Je te parle de notre fragilité, qui est notre force.Toi et moi, qu’on le veuille ou non, on est comme tes arbres: “On porte vingt ans une passion sommeillante qui n’agit qu 'un seul jour et meurt.” — Tes encourageant sur un temps rare! — Qu’est-ce que c’est que ça, encore, un temps rare?— Un temps rare, un joli temps.Ça veut dire que t’es remontant pas pour rire!» Et il rit, comme de raison, il hennit, il s’en donne à cœur joie, se moque de mon patois désopilant et, du même coup, de ma désespérance.Curieusement, son «hénorme »joie me fait du bien, même si elle fait japper le chien à fendre l’âme.Pour tâcher de le faire taire, Gustave prend sa grosse voix pour déclarer au chien: — «Ce qui m’est naturel à moi, c’est le non-naturel pour les autres, le fantastique, la hurlade métaphysique, mythologique!.» Impressionné, le chien se ferme la trappe, penche la tête de côté et finit par se coucher à ses pieds, penaud, docile.Gustave empoigne à deux mains sa fourrure et le chien couine de plaisir.On commence par rager, puis on se laisse caresser, les quatre fers en l’air, c’est bien connu.Je profite de l’accalmie pour avouer à mon ami: — «Je suis plutôt au bout de mon rouleau, tu sais.— H y a de cruels moments où le fil casse, où la bobine semble dévidée.” —À qui le dis-tu! — Alors, il est temps que tu relises Shakespeare! — Hein?Qu’est-ce que Shakespeare vient faire dans ma forêt désenchantée, veux-tu me dire?— Ce bougre-là vous rend “plus grand, plus intelligent, plus pur.Or n’est plus homme, on est œil.Des horizons nouveaux surgissent, les perspectives se prolongent à l’infini.On ne pense pas que l’on a vécu aussi dans ces cabanes qu’on distingue à peine, que Ton a bu à tous ces fleuves qui ont l’air plus petits que des ruisseaux, que Ton s’est agité dans cette fourmilière et que Ton en fait partie." — Peut-être.Mais tu n'en as pas assez, des fois, de recommencer, toujours recommencer.?— “U.me serait parfois bien agréable de dire ce que je pense et de soulager le sieur Gustave par des phrases.Mais quelle est l’importance dudit sieur?” Sors de toi-même un peu, l’artiste!» Le perroquet Il me tape dans le dos à me décrocher les omoplates.Puis il s’arrête et me dévisage avec deux yeux infiniment tristes et miséricordieux.Je me détourne pour ne pas lui montrer qu’il me donne envie de pleurer.Je l’entends soupirer, puis doucement siffloter entre ses dents.— «Tu sais, “depuis un mois, j’ai sur ma table un perroquet empaillé, afin de peindre d’après la nature.Sa présence commence à me fatiguer.N’importe!, je le garde afin de m’emplir l’âme de perroquet!”» Je me retourne et lui souris.Il hausse les épaules et soudain se lève, repoussant le chien d’un coup de botte.Je le regarde faire les cent pas entre deux de mes arbres déchiquetés.On dirait qu’il cherche quelque chose dans la neige et le chien l’imite, son museau au ras de la glace.Et voilà que Gustave se penche, allonge le bras et attrape une patte de chevreuil gelée qui gisait sous une épaisse couche de neige.Le chien gémit et saute pour mordre dans la chair dépenaillée.Gustave fait alors un large moulinet du bras et lance la patte au fond du champ.Aussitôt le chien déguerpit en poussant un feulement de loup.Gustave s’appuie au tronc d’un pin et me grimace un drôle de sourire, mi-fier, mi désolé.— «Ton chien n’aime pas les revenants, on dirait.—Au contraire, je crois que tu l’enthousiasmes sur un temps rare! — Encore le “temps rare”! Décidément, tu y tiens!» Il rit dans sa moustache et s’éloigne en direction des bouleaux.Son grand corps, sous le pont d'un arbre plié: on dirait une statue sous un dais chétif, tout chantourné de glace, comme une parure ouvrée.— «Qui nous dit que notre jugement humain soit infaillible, que notre sentiment ne nous abuse pas?.Il faut, si Ton veut vivre, renoncer à avoir une idée nette de quoi que ce soit.•— Tu t’en vas?Déjà?— Tu as à travailler, non?— Non.Oui.Peut-être.Je ne sais pas.— Allons, allons, un peu de courage! ‘Tout cède et tout pète à la fin, devant les obstinations suivies!’’.» Il prend tout à coup son élan et saute dans l’ombre de l’orme, comme dans une crevasse béante.Je l’entends rire dans sa chute et hurler — «Envoie faire foutre tout, tout et toi-même avec!.» Le chien revient près de moi, son os dans la gueule, la queue battante.Pourquoi donc ai-je l’impression que c’est moi, à présent, qu’il dévisage comme un fantôme, les oreilles dressées et la tête penchée?PRÉFACE À LA VIE D’ÉCRIVAIN Correspondance-Gustave Haubert Le Seuil, Paris, 1963 NOROIT C.P.156, suce.De Lorimier, Montréal (Québec) H2II 2N6 Téléphone et télécopie : (514) 563-1644 Nouveautés Martine Audet.Doublures 12$ Yong Chung.I.a langue oubliée 12$ Hugues Corrlveau, Le livre du frère 12$ Bertrand Laverdure, La maison 12$ Clarisse Tremblay.Prisants 12$ Disque compact Poésie / Musique Autour du temps.Anthologie de 15 auteur-es José Acquélin, Geneviève Amyot, Paul Bélanger, Claudine Bertrand, Nicole Brossard, Paul Chamberland, François Charron, Denise Desautels, Hélène Dorion, Louise Dupré, Madeleine Gagnon, Suzanne Jacob, Fernand Ouellette, Yves Préfontaine, Jean Royer Lus par les auteur-es Musique de Violaine Corradi Livre 12,95$ - Distille compact 16,95$ - L'ensemble 25,95$ Robert Lato il il e • .jfSK ; MÉDIASPAUL NOUVEAU Nimm Aoleurtt AJtlina da Silva ftcAias dea «Mrs de rtWtvéaJ! COURAGES D’ÉVANGILE Jules Beaulac 25(5 p.- 19,95 $ Voici des portraits, des pensées, des témoignages et des réflexions qui, de cent manières, illustrent quelques facettes du courage évangélique.TÉS ÉCHOS DES MURS DE MONTRÉAL La parole esta moi! Aldina da Silva 36 p.- 9,95$ L’auteure jette un regard sur les graffitis à caractère existentiel et social qui ornent les murs de Montréal.Pourquoi écrit-on de pareilles phrases?Que nous révèlent-elles de la société et de leurs auteurs?Dieu parle sans i ÉVOLUTION ET CRÉATION - tome 1 Sens ou non-sens DE I.’HOMME DANS IA NATURE?Gustave Martelet 32Rp.-22,95$ Les rapports de la science et de la foi prennent un relief tout nouveau lorsqu’on les envisage sous l’angle de l’évolution et de la création.DIEU PARLE SANS CESSE.Jean-Jacques Gareau 104p.-H,95$ Chaque événement, chaque personne est une «parabole» de l'amour de Dieu.Ce livre fourmille d’exemples qui devraient nous aider a reconnaître Dieu partout.Evolution et création «M 1 Sen» ov ron-tent de I’Kowmm dont to nature 1 .En vente chez votre libraire Salon du livre de l’Outaouais Moments de paroles Tables rondes, rencontres et renseignements pour les derniers jours de la 19 édition LE DEVOIR Le Salon du livre de l’Outaouais se poursuit cette fin de semaine au Palais des congrès de Hull, 200, promenade du Portage, samedi, de lOh à 22h, et dimanche, de lOh à 17h.Les droits d’entrée sont toujours de 6 $ pour les adultes et de 3 $ pour les enfants, et permettent d’obtenir des coupons-rabais d’une valeur équivalente, valides chez les libraires participants.Sur les scènes installées, la Place Yves-Thériault (PYT) et le Salon des lettres (SDL), l’animation se poursuit.Rencontres d’écrivains, d’une durée de 15 minutes, et tables rondes s’y poursuivent tout le week-end.Samedi 28 mars Tables rondes 12h: (SDL) La préparation au travail d’écriture et la recherche approfondie.Unirent Laplante et Bernard Assiniwi (Vents d’Ouest) Arlette Cousture (Libre Expression) Madeleine Gagnon (VLB éditeur) Jacques Gauthier (Anne Sigier) Élisabeth Vonarburg (Alire) 14h: (Salle La Désert B) Religion et médias Solange Lefebvre et Pierre Bergeron (Journal Le Droit) Pierre Maisonneuve (Novalis) Guy Marchessault (N.ovalis) Monseigneur Roger Ebacher 18h: (PYT) L’homosexualité dans la littérature québécoise Jean Fugère et Germaine Beaulieu (Écrits des Forges) Marie Gagnon (VLB éditeur) Pierre Samson (Les Herbes rouges) Paul-François Sylvestre (L’Interligne) Les rencontres 11 h: (SDL) Marie Cadieux ef Marisol Sarrazin (Ui Courte Échelle) Michel Lavoie (Vents d’Ouest) Jean-Louis Grosmaire (Vermillon) Roger Levac (Prise de parole) 13h: (PYT) Dessins en direct Jacques Laurin et Line Arsenault (Mille-îlps) Dany (Lombard et PT Éditeur) Raymond Parent (Mille-Îles) Christian Quesnej (Vermillon) Paul Roux (Mille-Îles) 15h: (SDL) Jean Fugère et Suzanne Jacob (Boréal) Bernard Assiniwi (Leméac) Emmanuèle Bernheim (Gallimard) Arlette Cousture (Libre Expression) 16h: (SDL) Jean fugère et Pierre Bernier (Ecrits des Hautes- Terres) Michel Brûlé (Les Intouchables) Unirent Laplante (Médiaspaul) Madeleine Gagnon (VLB éditeur) 20h30: (SDL) Laurent Laplante et Katherine Pancol (Fayard) Suzanne Jacob (Boréal) Andrée Lacelle (Vermillon) Yves Berger (Grasset) Dimanche 29 mars Table ronde 15h: (SDL) Les nouvelles technologies Manon Raiche et Pierre Bélanger, Université d’Ottawa François Desjardins, Université d’Ottawa Thierry Pauchant, Hautes Études commerciales Les rencontres lOh: (PYT) Françoise Guénetteet Marie-Josée L’Hérault (Prix littéraire Jacques-Poirier - Outaouais) Michel-Rémi Uifond (Vents d’Ouest) Madeleine Oueîlette-Michalska (Québec/Amérique) Daniel Poliquin (Boréal) 11 h: (PYT) Françoise Guénette et Serge Bouchard (Boréal) Laurent Laplante (L’Hexagone) Denis Monette (Logiques) Katherine Pancol (Fayard) 12h: (SDL) Marie Cadieux et Henri Bergeron (des Plaines) Claudine Bertrand (revue Arcade) Claude Jasmin (Lanctôt éditeur) 13h: (SDL) Laurent Laplante et Daniel Poliquin (Boréal) Henri Lamoureux (VLB éditeur) Alain Beaulieu (Québec/Amérique) Abla Farhoud (L’Hexagone) 14h: (PYT) Laurent Laplante et Jean Charlebois (L’Hexagone) Raoul Duguay (Trois-Pistoles) Raymond Lévesque (Lanctôt éditeur) Michel Chartrand (Lanctôt éditeur) 19.95$ NOVALIS Bon salon! L E I) E V (MK.L E S S A M EDI 28 E T I) I M A X CUE 2 !» M A I! S I !» !» X I) 5 -«- Livres ** LE FEUILLETON Mouvements infinis LA CONVERSATION Lorette Nobécourt Grasset, Paris, 1998,210 pages Se taire Anna, ne pourrions-nous aussi nous taire?Longtemps, se taire dans la nuit et rouler vitres remontées en glissant dans le noir.Avec Bach peut-être, oui ce serait juste et bien, les suites pour violoncelle.Sans pleurer.» Ce silence tant souhaité en traversant la nuit, sa propre nuit, n’est qu’horizon sans cesse repoussé de ce que nous propose Lorette Nobécourt dans ce roman haletant, désarticulé, mauve, bruissant et fantasmatique, Im Conversation.(A Bach j’aurai pour ma part préféré How Fortunate the Man with None de Dead Can Dance, joué et rejoué; car si Bach dans ses suites pour violoncelle peut évoquer les pouvoirs de la solitude à travers une sorte de grandiose soliloque, c’est surtout la clarté du matin, la puissance du jour qui aurait vaincu la nuit à travers les formes parfaitement maîtrisées de l’intelligence et de l’affect qui m’apparaît).Mais il fait nuit dans le roman de Nobécourt.Nuit, et whiskys, et souvenirs affolés, et paroles impromptues, et coups de canifs dans le tissu noir de la vie-songe, avec le «visage comme un bas filé».C’est une purge, un grand coup de couteau dans la nuit des corps enveloppés de silence, comme seules peut-être peuvent le rendre celles-là qui, ficelées à leur corps, n’ont pas cette «légèreté des hommes qu’aucun cordon ne relie à aucun corps, et qui dans cette possibilité de mouvements infinis, ont une liberté vertigineuse, et peut-être terrifiante.» Les femmes.11 y a en effet du corps chez Nobécourt.Ça croule de corps, de fibres, de sang, de souffle, de désir et, parfois aussi de cette lucidité des mélancoliques.«D'où me vient que je vois si précisément ce que l’on ne devrait jamais voir, ce qui est en train de m’ôter à tout jamais toute légèreté insouciante, toute disponibilité aux simples événements de la vie [.] d’où me vient que les choses les plus simples, le sourire de mon enfant, la beauté du ciel sont désormais empreintes d'une tristesse inconsolable.Cette tristesse inconsolable (ou cette mélancolie), on la voit poindre sous d’autres phrases, plus éloquentes encore, qui disent l’impossibilité absolue de jouir du présent ou de le concevoir autrement que comme une sorte de futur antérieur, par l’effet d’une anticipation qui annihile toute durée, tout repère temporel.«Vous me manquerez un jour, je m’en souviens déjà», «toutes ces fois où j'ai fait l'amour en souvenir du temps où je serai vieille», dit-elle à son interlocutrice, Anna, dont nous n’entendrons jamais une seule parole prononcée.Conversation ou soliloque?Anna, c’est un peu la chambre vide de la séance analytique, ce corps en creux où l’analysant se moule et se démoule au fil des jours pour y trouver son sens et sa voix.Changer la vie «On se trompe de vie à vouloir être quelqu’un, je vous le dis.» Irène, la narratrice, en sait quelque chose, elle qui a eu un enfant parce qu’on n’existe pas socialement si l’on n’en a pas, qu’il faut bien s’occuper d’autre chose que de sa peau.«La mère en moi deviendra folle, cette mère qui est la fille de l’enfant que j’étais, comprenez-vous?» Elle déteste les «ventres autoritaires» de ces femmes qu’elle croise certains jours au square.Elle n’aime pas leur assurance hautaine, ni leur vie rangée et sûre de soi, encore moins qu’elles aient tué l’enfant en elles.En fait, elle qui est obsédée par la vie, le vivant, n’aime pas la société.N’est-elle pas née, comme l’auteure, en 1968, année de la grande révolution étudiante {«Mais qu'est-elle devenue?»)?N’a-t-elle pas cru, elle aussi, à ces si jolies phrases qu’on scandait alors dans la rue, ces phrases si pleines d’espoir sur l’avenir de la société et de l’Homme, ces phrases qui ne peuvent malheureusement plus rien aujourd’hui qu’il faut «dire les choses toutes nues»?Ce n’est plus le monde que les gens veulent changer, c’est leur propre vie.Certes.mais la vie est-elle autre chose qu’un chaos, ne produit-elle autre chose qu’une sorte de confusion mentale quand elle est sa propre fin?Raconter sa vie, raconter la vie hors de toute règle, de toute société, de tout horizon commun (et donc normatif), cela peut-il conduire à d’autre chose qu’à reproduire le flux incessant de ce qui nous traverse, nous environne?Comme pour illustrer cette thèse, Nobécourt reproduit souvent les bribes de conversation glanées ici et là dans les lieux publics (dans le texte, elles sont aussi en italiques).« — Vous voyez, moi je ne pourrais pas vivre dans un intérieur comme le vôtre, il y a trop de meubles, j’ai besoin d’espace.— D'argent, vous avez besoin d'argent, de toujours plus d'argent.» Si cela appuie l’idée selon laquelle c’est dans ces restes, ces éclats de voix, ces échanges impromptus que se définissent les êtres et que ressort leur singularité ou leur désir, cela nous conduit aussi à concevoir le monde comme une vaste chambre à échos où tout bruit équivaut à tout bruit Ce qui sauve heureusement ce récit, c’est le talent de cette écrivaine, l’extrême singularité de sa voix, la formidable énergie quelle met à poursuivre jusqu’au bout sa propre nuit, son chant solitaire, à la limite de l’éclatement définitif.Juste pour cette raison, elle mérite notre attention et notre respect.Les femmes de la trentaine Dans un article paru récemment dans l'hebdomadaire Le Point, l’écrivain Jacques-Pierre Amette s’est interrogé sur cette soudaine recrudescence en littérature des femmes autour de la trentaine qui se racontent de la tête aux pieds pour dire leur chair, leur corps, leurs tripes, leurs sécrétions, etc.Il parle ici des Marie Darrieussecq, Nina Bou- raoui, Régine Detambel ou Lorette Nobécourt, pour conclure qu’elles offrent moins des œuvres à lire que, justement, leur corps, le catalogue de leurs sensations, sans souci réel de charpenter leur récit.En bon littéraire, il se demande même si tout cela n’avait pas déjà été anticipé par Rimbaud ou encore le Jean-Marie Le Clézio du Procès-verbal ou de L’Extase matérielle.Amette pose là une question très sérieuse que la plupart des critiques littéraires préfèrent généralement éviter parce quelle les sort de l'actualité (et des impératifs économiques) pour les projeter dans l’avenir de la littérature, dans le véritable jugement esthétique que l’histoire finit toujours par porter sur les œuvres qui l’ont marquée, après que soient retombées les poussières du temps.Nous sommes en effet tellement convaincus qu'il n’y a plus d’histoire, plus de modèles, plus de jugement critique que nous n’osons nous prononcer, surtout dans le domaine des «formes» et des productions symboliques, comme si tout cela devait de toute façon rejoindre le grand marché libre et y trouver sa «niche» (comme on dit en publicité ou en marketing), quoi qu’on fasse et quoi qu’on veuille.Et puis.notre civilisation est devenue tellement sentimentale — elle qui couronne Titanic comme si c’était le chef-d’œuvre de tous les temps! Non, je n’irai pas voir ce film qui joue la virtualité et les bons sentiments contre la réalité et la cruauté aveugle de notre temps.denisjpÇqmlink.net Je a n- Pie r re De n is PUCCINI André Gauthier Le Seuil, coll.«Solfèges» Paris, 1961 et 1998,187 pages VERDI Pierre Petit Le Seuil, coll.«Solfèges» Paris, 1958 et 1998,189 pages FRANÇOIS T O U SI G N A N T La belle collection «Solfèges» propose deux rééditions ce printemps, toutes deux concernant deux piliers italiens du répertoire lyrique: Giuseppe Verdi et Giacomo Puccini.On pense d’abord applaudir à ce que ces petits ouvrages bien iconographiés redeviennent aisément possibles.La présentation est encore léchée, la consultation est aisée et le plan des livres on ne peut plus clair, qui suit pas à pas l'évolution d’une renommée par le déploiement de ses réalisations.Oui, tout cela était bel et bien bon il y a quarante ans, avant que la musicologie ne prenne un nouvel essor, que, stimulée par les brèches que furent en leur temps ces textes sur des auteurs italiens, elle ne produise des ouvrages plus développés et documentés.Aujourd’hui, on se fait plus exigeants.del Charles Daudelin L’avenir retrouvé ou la résurrection des rêves cinquante oeuvres de l'artiste accompagnées de textes de Jacques-Bernard Roumanes, Simon Blais et Cfiristiane Duchesne 112 pages couleur, 29,95$ en vente chez votre libraire MUSIQUE Répertoire lyrique Ce qui amuse dès les premières pages est le ton complètement dépassé.Ces apologies de «compositeurs mal connus en France», sur le goût d’un public qui apparemment se délecte encore d’un répertoire maintenant oublié en grande partie (mettant Robert le Diable au rang de Carmen), ou encore d’auteurs qui se désolent de la pauvreté bibliographique (alors) accessible.Cela montre bien le chemin parcouru par la musicologie tant française que produite en d’autres langues et désormais disponible dans la langue de Molière.Sans renier la qualité in- trinsèque de ces ouvrages d’introduction ou d’initiation, il eût été nécessaire de faire précéder cette réédition par une préface critique qui orienterait mieux la perspective ou l’optique des auteurs, corrigerait certaines erreurs ou phrases aujourd’hui corrigées par l’avancée des travaux musicologiques.Ainsi, on aurait pu saluer haut et fort ces rééditions; dans l’état, ils pâlissent un peu.Pourtant, toute une somme d’informations pertinentes, d’illustrations idoines (reproductions, photographies.) et surtout d’exemples musicaux sont accessibles à quiconque a On ne trouve pas que du Gallimard, à la librairie Gallimard.3700 boul.St-Laurent.tél : 499-0072 www.gallimard-mtl.com Olivieri Charles Taylor A l’occasion de la parution du livre Les Sources du moi (traduit par Charlotte Melançon), la librairie Olivieri et les Éditions du Boréal vous invitent à une causerie au cours de laquelle Daniel Weinstock s’entretiendra avec le philosophe cana- dien de renommée internationale, Charles Taylor.LES SOURCES DU MOI La formation de l’identité moderne Éditions du Boréal Il est impossible de saisir toute la richesse et toute la complexité de l’identité moderne sans considérer comment notre conception du moi s’est développée à partir.des images anciennes de l’identité humaine.Cet ambitieux ouvrage tente donc de définir le moi contemporain en décrivant sa genèse.Les sources du moi propose une défense énergique de la modernité et oppose une brillante réplique à ses détracteurs.Réservation obligatoire 739-3639 Prix*5,00$ Les sources du moi : une interprétation de l’individualisme moderne Au cours de cette rencontre il sera question, entre autres, des principaux développements philosophiques qui ont façonné notre conception de la modernité et du sujet au cours de l’histoire.le mercredi 1 avril 1998 à 18 heures à la LIBRAIRIE Olivieri 5200 a v.Gatineau métro Côte-des-Neiges déjà un tant soit peu tâté du piano.Plus particulièrement, Pierre Petit et son Verdi restent plus généreux dans l’intérêt et l'information, dans l’évaluation des œuvres.André Gauthier, dans son Puccini, tente encore trop de faire «passer» et «comprendre» son sujet qui, trente ans depuis la première édition, se montre souvent décevant dims son ardeur défenderesse.On peut recommander cela au néophyte amoureux qui veut avoir une vue d’ensemble de ces compositeurs, à l’amateur d’opéra qui désire se préparer à une représentation ou à une écoute à la maison.Cela lui donnera de l’appétit pour en savoir plus et chercher ailleurs un complément qui lui semblera vite essentiel.SV JL roman 17,95 S Un roman réussi.|.| Un nouveau ton dans une écriture immigrante (.| Ce livre nous prend par la main dès la première page et ne nous lâche pas.Ariane Émond, Radio-Canada Le livre est plein de fraîcheur et de sagesse Lise Lachance, Le Soleil Le mérite du roman de Farhoud, c'est de donner la voix, sans prêt-à-penser |.|, à un personnage émouvant qui nous fait voir de l'intérieur ce que c'est que d'être perdu.Pascale Navarro, Voir À aucun moment, on ne se laisse distraire par la main qui écrit, comme si elle était le prolongement de Dounia, comme si elle se fondait en elle.Et c’est là que repose le génie de ce roman.Marie-Paule Villeneuve, Le Droit • l’HEXAGONE f) a-s.s'io// c/e /a fiffera fun Les Editions LOGIQUES L’enfant qui rêvait d’être un arbre Lisez aussi les trois autres ouvrages de Claude Daigneault, parus aux Éditions LOGIQUES: Les Frincekanoks Noëls, autos et cantiques | La grande encyclopédie I de la bêtise i___________________________i Découvrir les œuvres d’art France Lord et Michel Allard La magie Yannick Lacroix Distribution exclusive LOGIDISQUE 1225, rue de Condé Montréal (Québec) H3K 2E4 Tél 933-2225 Fax : 933-2182 logique@cam org http //www logique.com Les 4oo coups L K I) K V II I R, L K S S A M K I» I 2 S V.T I) I M A X ( Il H 2 !» M A II S I !» !» K ^ A.^ JL / Birthday roman PAQUIN IÿCOL» JUGE CORPS IINC» O* LTvrj l-v «I N J-Mu HH VmAUH par ceux qui la font HU rnhÿUvttf *t*r tes u»tttuthJnn 4-iuct"*: Grand Prix du livre* de Montréal Liber XYZ éditeur XYZ éditeur 178 I, rue Saint Hubert, Montréal (Québec) H2L 3ZI Téléphone : 525.2170 • Télécopieur: 525.75,37 ESSAIS ETRANGERS f Economisme iconoclaste 216 pages.26 dollars Un si beau naufrage Un récit de mer hallucinant, terrible ou encore, adresse Internet http://www.ville.montreal.qc.ca/culture/sectsout/gplmform.htm en 1954 —, relate sa «révélation».Elle lui est venue en écoutant John Sculley, l’ancien président d’Apple, qui passait à l’époque pour un visionnaire de la technologie de pointe.Dans un discours à little Rock devant un auditoire où figurait le président Bill Clinton, Sculley décrivait un monde dans lequel les Etats sont engagés dans une compétition sauvage, une compétition à somme nulle, selon les ternies du best-seller de lester Thurow, Head to Head.Cette conception de l’économie mondiale, menaçante et terrible, darwinienne en quelque sorte, on la retrouve encore aujourd’hui dans des magazines destinés à une clientèle sophistiquée comme The Atlantic Monthly.Elle est reprise par Le Monde diplomatique et le Groupe de Lisbonne.«Il m'apparaissait que Sadley ne savait pas de quoi il parlait», rappelle-t-il.Compétitivité Mais ce qui fut sa révélation, c’est de constater que l’auditoire de décideurs réunis à Little Rock buvaient ces paroles sans broncher, manifestement d’accord avec cette vision du monde.«Im rhétorique de la compétitivité, la thèse selon laquelle, pour reprendre les termes du président Clinton, chaque État est “comme une grande entreprise en compétition sur le marché mondial", est devenue dominante parmi les leaders d’opinion du monde entier», écrit-il.Il ne leur viendrait pas à l’idée que puisse être remis qn question le postulat qui dit que les Etats-Unis et le Japon sont en concurrence, exactement de la même façon que Coca-Cola l’est avec Pepsi, et que perdre «la course au XXI' siècle» aurait de graves conséquences pour les nations développées.Or, souligne Krugman, «l'idée selon laquelle l’avenir économique d’un pays dépend en grande partie de sa réussite sur les marchés mondiaux est une hypothèse et non pas une évidence: et dans la pratique, empiriquement, cette hypothèse est simplement fausse».Il y a deux ans, h la Conférence de Montréal qui portait sur la mondialisation et la compétitivité, Paul Krugman avait livré son message iconoclaste devant d’éminents dirigeants d’entreprises canadiennes, incrédules et médusés: les pays occidentaux n’ont rien à craindre de la concurrence des pays émergents d’Asie, d’Amérique du Sud ou d’ailleurs.Pourquoi?Tout d’abord, c’est une question d’ordre de grandeur le monde n’est pas si interdépendant qu’il n'y paraît.En 1990, les pays industriels avancés ne dépensaient que 1,2 % de leur PIB en importations de produits manufacturés proyenant des pays émergents.Et aux Etats-Unis, les exportations ne représentent que 10 % de l’économie.Au Canada, si on exclut les Etats-Unis en raison de l’intégration des deux économies frontalières, la situation est la même, peut-on ajouter.Les pays à bas salaires L’idée très répandue selon laquelle les pays à bas salaires peuvent aujourd’hui attirer le capital et la technologie du monde avancé et obtenir ainsi une productivité proche de celle des pays occidentaux, tout en payant des salaires moindres, semble tout à fait raisonnable.«Cela n’est-il pas très convaincant?Il n’y a qu’un problème: cette vision du monde n'a, littéralement, aucun sens», écrit Paul Krugman.Les pays asiatiques ou latino-américains ne peuvent pas afficher d’énormes excédents commerciaux si les investissements étrangers affluent: c’est une question comptable, de l’économie 101 rigoureusement irréfutable.La vérité, rappelle Krugman, c’est que les taux de salaires dans les pays émergents vont progresser en même temps que le niveau moyen de la productivité.Ces pays connaîtront en fait des déficits chroniques de leur balance des paiements et seront soumis à la pression des milieux financiers en raison de ce déséquilibre.Exemple: le Mexique.Ije miracle économique asiatique est un mythe.Les forts taux de croissance que connaissent certains pays de l’Asie — croissance considérablement ralentie depuis que Krugman a écrit ses articles — tiennent d’une mobilisation des ressources vers l’investissement productif.Ils acceptent de remettre à plus tard la satisfaction des besoins présents afin d’engranger des bénéfices futurs en construisant des usines.Les taux de croissance de 7 %, 8 % ou 10 % par année s’expliquent par l’accroissement des facteurs de production.Mais l'important pour augmenter le revenu national de façon durable, c’est d’augmenter la production par unité de ces facteurs de production.Krugman rappelle que HAmérique s’alarmait dans les années 50 et 60 des taux de croissance considérables qu’affichait l’Union soviétique.On a vu la suite: plus on ajoute d’usines, plus on produit, mais ce qui importe en définitive, c’est l’efficacité.Ce sont avant tout des facteurs internes qui influencent la richesse d’une nation: les progrès technologiques et l’éducation, souligne l’auteur.L’obsession de la compétitivité occulte les vrais problèmes.«Un gouvernement marié à l'idéologie de la compétitivité a aussi peu de chances de faire une bonne politique économique qu’un gouvernement engagé aux côtés des créationnistes n'en a de faire une bonne politique scientifique», fait valoir Paul Krugman.Règlements Nature du prix Le prix consiste en une bourse de 10 000 $ offerte par la Ville de Montréal à l'auteur ou aux coauteurs d'un ouvrage de langue française ou anglaise pour la facture exceptionnelle et l’apport original de cette publication.De plus, l’œuvre primée pourra bénéficier d'une série de lectures publiques grâce au Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal.Critères d’admissibilité Tout ouvrage (de création, d'analyse, de compilation ou de référence littéraire, artistique ou socio-historique) de langue française ou anglaise, publié pour la première fois entre le 1er octobre 1997 et le 30 septembre 1998 par un auteur ou un éditeur de la Communauté urbaine de Montréal admissible au Grand Prix du livre de Montréal.Modalités d’inscription Les ouvrages admissibles doivent être inscrits en bonne et due forme sur les formulaires appropriés, au nom des auteurs, par leur éditeur.Ils devront être déposés en sept exemplaires, au plus tard le 1er mai 1998 pour les ouvrages publiés entre le 1er octobre 1997 et le 31 mars 1998.Quant aux ouvrages publiés entre le 1er avril et le 30 septembre 1998, ils devront être reçus au plus tard le 1er octobre 1998 au Secrétariat du Grand Prix du livre de Montréal.HAPPY BIRTHDAY SARA Yann Queffélec Grasset, Paris, 1997,201 pages GlIY LAI NE MASSOUTRE La mer est un théâtre aux mille drames, hors de toute logique et sans commune mesure.Fort de l'attirance qu’il suscite, ce monde des phénomènes inexpliqués et des visions irréelles nourrit des légendes où les vaisseaux fantômes et les équipages rebelles rivalisent d’ingéniosité pour mieux tromper les témoins qui les croisent, üi mer, chatoyante sous le soleil mais sinistre aux lendemains d’un naufrage, cache toujours son jeu.Entre les forces naturelles qui la déchaînent et celles, très humaines mais non moins imprévues, qui font courir aux embarcations les pires risques, l’océan regorge de forces mauvaises et mystérieuses, dont on ne peut prétendre qu’elles résident seulement dans l’imagination des romanciers.Qui a oublié le naufrage de Y Estonia, le 28 septembre 1994, qui sombra dans les eaux froides de la Baltique, entre Tallin et Stockholm?Arvo Andresson, capitaine expérimenté de l’énorme ferry, était un habitué de la traversée.Pourtant, au cours de ce voyage de routine, plus de mille personnes trouvèrent la mort, lorsque les portes étanches cédèrent, laissant les vagues envahir la cale.Les règles de sécurité avaient-elles été respectées?L’équipage porta-t-il une responsabilité?Yann Queffélec plonge sous l’eau, par l’intermédiaire de Sara, fille fictive d’un capitaine et serveuse occasionnelle sur Y Estonia, pour faire son enquête.['.Estonia était un navire de luxe, «un immense gâteau blanc couvert de lumières», équipé de cinémas, de bars et de restaurants, d’un casino, de salles de sport et de détente.«Débauche à volonté, croisière d'alcoolos», disait-on couramment du ferry, à cause de son bordel fréquenté.Le roman se lit comme un reportage passionnant, car la réalité vaut toutes les fictions.Un an auparavant, les Estoniens ont destitué le père de Sara, alcoolique, suédois d’origine estonienne, de son poste de commandement sur ce ferry.On l’a accusé de couardise et d’incompétence lorsqu’il a pris la décision de retourner vers Tallin, au milieu d’une forte tempête.Sara veut comprendre ce qui est arrivé et, s’il y a eu injustice, comme elle le croit, rouvrir son procès.Comprendre l’inexplicable Queffélec n’a sûrement pas inventé cette réalité pénale.Quoi de plus humain qu’une erreur de jugement, dont le naufrage réel de 1 'Estonia est la preuve cruelle?Iœ personnage de Sara, placé au cœur d’un litige au départ banal, colle à merveille aux exigences d’un récit et compense intelligemment les silences d’un dossier que les journalistes n’ont pas encore complètement fermé.Sara n’est-elle pas un beau symbole de ce que la littérature peut apporter pour comprendre l’inexplicable?Le romancier, libre des rapports de force historiques, politiques et économiques, choisit ainsi ce qui, selon lui, a vraiment noyé les naufragés.Queffélec, qui obtenait en 1985 le prix Goncourt pour Les Noces barbares, excelle dans l’écriture des dialogues.Son récit est vif, animé par une sympathique jeune fille de dix-sept ans, audacieuse et libre.Sara rencontre toutes sortes de gens sur le navire.Nous ne discuterons pas s’il est vraisemblable qu’un capitaine de la Sécurité à bord se confie à une serveuse.Ni le fait que celle-ci fouille tous les recoins du bateau, avec un œil d’ingénieure nautique de surcroît.La fiction se nourrit d’irréel, et Queffélec est un expert, lui aussi, de la véracité d’une description.La mer, évidemment, est le personnage central du drame.En fait, le pire conflit se lit dans le combat des hommes et de la technique contre les éléments.Or la mer ne plaide jamais coupable.Aussi les hommes se déchirent-ils, dans leur rage et leur impuissance à la dominer.Mais Queffélec n’est pas homme à la laisser triompher, à banaliser le naufrage de ['Estonia.Il se tourne donc vers les marins pour leur demander des comptes sur leur attitude cette nuit-là.Il faut aussi compter avec le navire.Les lieux destinés aux passagers n'étaient qu’un leurre de la modernité, comparativement à l’étrave, à la coque et à la timonerie face aux vagues et aux vents.Il y a toujours des pannes et des négligences.Divers personnages ont beau le nier, on les sent tanguer sur une coquille de noix.Péripéties troubles Et il y a davantage: la conspiration et le sabotage.À ce |x>int, il faut lire le roman.Sara découvre des personnages suspects, déclenche des péripéties troubles, découvre des pots aux roses.Sa peur nous fait naviguer dans le sus-l>ense.Une excellente scène de roman policier se déroule ainsi dans le garage, là où on sait que se sont engouffrées les eaux noires.Et une non moins excellente bagarre de femmes met Sara aux prises avec ses fantasmes.Les personnages de Queffélec ont de la présence, et lui, beaucoup d’es-: prit.Sans s’en rendre compte, le lecteur entre pleinement dans l'imaginaire du romancier.C’est l’humour de son style qui vous mettra la puce à l’oreille: la fiction entraîne 1 'Estonia dans un vrai roman de mer.Mais la fête est brève.Si Sara se prend pour un agent double en mission, le pire se produit bientôt dans l’espace mal clos du ferry.Elle est prise comme un lièvre dans le collet qu’elle a elle-même posé.Inutile de penser à Titanic.Il suffit de lire, avidement, la montée de l’eau et de la panique à bord.Queffélec joue avec les mots comme d’autres avec des effets spéciaux.Sous sa plume, la Baltique lèche les murs et étreint lentement les passagers: «Ne s'arrêtant pas à la mousse antibruit des faux plafonds, l’intruse continue sa montée par les gaines de ventilation qui recrachent le gaz carbonique et les acariens dans les bourrasques du pont promenade, sous les chaloupes malmenées au cœur du vent.» Même le piano devient léger, emporté par la vague de l’écriture.Tant pis si une masse humaine disparaît sous un râle.Le bateau devient un immense labyrinthe mortel, sens dessus dessous.Le récit est hallucinant, terrible.Entre les ordres criés, la panique des passagers, les détails sordides, les bris successifs et les réactions multiples, Sara multiplie les fuites mentales.Plus qu’au danger, elle fait face à la mort, bien en vie dans la folie de la tourmente et du bateau sur le point de piquer du nez.Des secours étaient-ils pensables?«Un hélico n’est pas une oie capable d’arracher à la mer un gratte1 RDI' Le Journal FR2 Aujourd'hui Bull, jeunes Simplement.Jrnl du siècle Monde ce soir Cdn à Tokyo Grands Reportages Le Journal RDI | Ent.des artistes Téléjournal La Facture Griffe Mtl spectacle Bs® Vins.Journal suisse Montagne Thalassa Journal de FR2 Lynda Lemay en toute intimité Faites la fête J.beige Bon Week-end 1 D Biogr.(1600) Crimes et des Hommes Arpents verts .juste pour rire Les Grands Hôtels / Hollywood Biographies/Vic Vogel Au nom de tous les dieux Les FrancoFolies Cinéma/LES FÉLINS (3) B® La Vie en vrac Combat.chefs Croque la vie Solo Diagnostic / Les Poumons Tango Eros et Compagnie / Sexualité des ados Hue 1x5/ Beck SPAM Musique vidéo Fax Box-Office Perfecto Sarah McLachlan: Fumbling Toward Ecstasy Bouge! | Groove MusiMax Collection (14:00) Top 30 MusiMax Grands Concerts / P.Normand MusiMax Collection l~CF' Soeur volante Radio Enfer Chair de poule Les Jules Génération W Joy.Naufragés Premières Fois l l BüT Scooby Doo Le Diable.Les Jetson Torn et Jerry Yogi l'ours Fifi Brindacier Bêtes à craquer Splat! Ned.triton | Les Simpson | Capitaine Star Patrouille.[Highlander Les Simpson Ned.triton ¦rds Boxe (15:30) Qualifications Formule 1 Sports 30 Mag Ligue .quest.I Challenge des sapeurs-pompiers Boxe / David Tua - Jeff Wooden Les Superstars WWF Sports 30 Lutte WCW Ha Skiing/World Cup Freestyle I Bowling / 5-Pin Bowling Saturday Report Ail my Relations Hockey / Canadiens - Lightning Hockey / Capitals - Canucks H® Hockey / Maple Leafs - Islanders fl?8] 03) Figure Skating (15:00) Entertainment Now Newsline Regional.Wheel of.Dbl Exposure Dr.Quinn, Medicine Woman Diagnosis Murder [John Woo's Once a Thief CTV News Nightline |Q World Championship Wrestling Puise Habs this Week Star Trek: Voyager The Pretender Puise / Sports ¦ gbl Xena.(1600) The Simpsons Global News Jake and the Kid The Adventures of Sinbad Adventures of the 20th Century The Practice The Practice Inside Country Sat.Night Live Iœ Cinéma (15 00) Ghostwriter The Girl from Tomorrow Two Fat Ladies Wanted: Butch and Sundance Cinéma / BUTCH CASSIDY AND THE SUNDANCE KID (3) Conversations | Cinéma / CAT BALLOU (3) avec J.Fonda, L.Martin | ¦ b Dinah Shore Golf Classic News ABC World News Wheel of.Jeopardy Cinéma / COPS AND ROBBERSONS (5) avec Chevy Chase, Jack Palance ABC News News Psi Factor Q(13) Pub Roseanne ¦ 22 Pub Star Trek: Deep Space Nine America's Funniest Home Videos St.Jude's Children's Hospital Roseanne Baywatch H® Basektball / The Final Four I NCAA Basketball Championship / Kentucky - Stanford: North Carolina - Utah The Closer News Hercules ggm oiiuw (id:uü) The X- Files H® [NBC Golf (14:00) News NBC News Jeopardy N.Y.Wired TV Censored Bloopers The Pretender The Profiler Sat.Night Live gjlO Extra! Weekend Points North I Antiques Roadshow The Lawrence Welk Show Thin Blue Line .Being Served Keeping Up.No Place Like.Austin City Limits Monty Python's Flying Circus | Cinéma/ULYSSES'GAZE (2) | Mm: Week in Bus.I Decor.[Wall Street.Antiques Roadshow The Editors McLaughlin Gr.Yes Minister Keeping Up.Monthy.Faith.Future Ripping Yarns Sessions at West 54th Street | Cinéma B MM |SnowJob 98 / Se poursuit jusqu'à lundi, 11h30.(16 00) flîSN Rinkside Racing Across America NHL Cool Shots Sportsdesk Billiards Darts [Sportsdesk Classification des films: (1) Chef-d’œuvre — (2) Excellent — (3) Très bon — (4) Bon — (5) Passable — (6) Médiocre — (7) Minable CINEMA AU PETIT ÉCRAN HENRY & VERLIN (4) Can.1994.Drame de G.Ledbetter avec Gary Farmer, Keegan Macintosh et Nancy Beatty.En Ontario, durant la Dépression, un simple d’esprit de 35 ans se lie d’une profonde amitié avec son jeune neveu autistique.SRC midi LA HAINE (3) Fr.1995.Drame social de M.Kas-sovitz avec Vincent Cassel, Hubert Kounde et Said Taghmaoui.Dans des HLM en banlieue de Paris, un jeune juif agressif et deux de ses amis promènent leur désœuvrement dans les’ rues, toujours prêts à l’affrontement TQ 2 lit LES FÉLINS (3) Fr.1964.Comédie policière de R.Clément avec Alain Delon, Jane Fonda et Lola Albright.Un jeune homme fuyant les sbires d’un gangster trouve refuge chez deux Américaines.Canal D23h LES SORCIÈRES D’EASTWICK (4) (The Witches of Eastwick) É.-U.1987.Comédie fantaisiste de G.Mil- , 1er avec Jack Nicholson, Cher et Susan Sarandon.Dans un village de Nouvelle-Angleterre, trois jeunes femmes esseulées sont séduites par un étranger qui semble être le diable en personne.TVA minuit DIMANCHE NOS CHOIX Paul Cauchon DE BOUCHE À OREILLE Toujours présenté à une bien mauvaise heure, le grand magazine culturel de 90 minutes de Radio-Canada.Radio-Canada 13h30 LES TRÉSORS ENFOUIS DU TITANIC Les multiples fans du film Titanic voudront sûrement jeter un coup d’œil sur ce documentaire qui suit à la trace les équipes française et américaine qui ont exploré l’épave du Titanic dans les années 80.Quatre Saisons, 15 h BOUILLON DE CULTURE Pivot reçoit des écrivains pour le pur plaisir de l’écriture, dont Marie Dar-rieussecq et Alberto Manguel.TV5, 20h30 AU-DELÀ DES APPARENCES Denyse Bombardier parle ce soir de mode et trace un portrait de Sonya Rykiel.Aussi, le trio Louise Marleau, Claude Dubois et Robert Charlebois, qui vient de se lancer dans une expérience de théâtre musical.Radio-Canada, 22h25 ¦O 2 Pm ® a s® ni® ¦(E) L'Arche de Noé Emilie de la Nouvelle Lune Le Téléjournal a Ce soir Découverte La Vie d'artiste a Expresso Cinéma / LE SPHINX (5) avec Marc Messier, Céline Bonnier Le Téléjournal Au delà des apparences (22:27)/Sport (23:27) Cinéma/ L'ESPOIR AUX TROUSSES (4) (23:50) Ha 5 : 6 Haaæ 3(E) üD 03) B@® Cinéma / ROVER DANGERFIELD (4) Dessins animés Le TVA La vie est un sport dangereux/ Michel Courtemanche Planète en folie Cinéma / LE PREMIER CHEVALIER (5) avec Sean Connery, Richard Gere Le TVA TVA Sports (23:25) / Loteries (23:44) / Vins.(23:51) B 05 07) (24) ¦3(30} S® SOS Croco! Mais où se cache Carmen Sandiego?Science- friction Pignon sur rue En pleine nature Hors-circuit / Le Lépidoptère L Afrique de toutes façons (20:32) Cinéma / MAZEPPA (4) avec Bartabas, Miguel Bose Québec plein écran (22:54) Lectures de fin de soirée (23:54) iC2)|4|06) BED (35) (49) Télé-quilles (16.00) Pas si bête que ça! Le Grand Journal Hercule Accès interdit Cinéma/LE MASQUE (4) avec Jim Carrey, Cameron Diaz Le Grand Journal (22:12) Pub (22:42) ¦ rdi Le Journal FR2 Aujourd'hui Bull, jeunes .Pacifique Ent.des artistes Monde ce soir La Facture Grands Reportages Le Journal RDI Scully RDI Point de presse Second Regard | Enjeux Plus ¦TV 5.SOUS.(15:30) Journal suisse Cap Aventure École des fans / Tourisme (18 45) Journal FR2 Drucker & Co Stars & Co Bouillon de culture Bons Baisers d'Amérique (21:35) Journal belge Courants d'art Viva I ° Biogr.(16:00) Les FrancoFolies Arpents verts [Effets spéciaux [Cousteau/ Australie Biographies / Sean Connery Filière D / L'HISTOIRE DES TROIS Documentaire Cinéma/CHRISTINE (5) B® La Vie en vrac Combat.chefs Croque la vie Medecine enq.Santé en.L Hôpital Chicago Hope Victoire Des Histoires de familles Guérir aut.Ailleurs sur la terre pjSB Musique vidéo (16 00) YUL Musique vidéo Fax U2 - Popmart Musique vidéo U2 - Popmart Six) MusiMax Collection (14 00) Maximax / Beethoven, Paco De Lucia MusiMax Collection ¦ CF Soeur volante Ma sorcière.Les Aventures de Sinbad Chahut Bahut Joy.Naufragés Premières Fois [ 1 TT F Scooby Doo 2 Stupid Dogs Cléo et Chico Le Diable.Yogi Cours Fifi Brindacier Bêtes à craquer [Capitaine Star Ned.triton Les Simpson Image par image Highlander Les Simpson Ned.triton Pros Hockey universitaire / Finale masculine (16 00) Sports 30 Mag Grands Prix de Formule 1 Supercross de Bercy Soccer Sports 30 Mag Génération.Ha B® Hockey (14:00) Cinéma/SAFETY PATROL avec Bug Hall, Lainie Kazen Emily of New Moon White Lies Sunday Report Undercurrents Sunday Report Nation's/ Sports S®) 031 Basketball / Grizzlies - Suns .Videos Newsline Due South Cosby Damon |Cinéma / THIS MAHER OF MARRIAGE (6) Limn 1 nrlin Unnn CTV News Nightline 3(E) [ IO.UUJ Ft Fashion TV Puise Travel, Travel Touched by an Angel aveu ucoiio 1 Puise/Sports ¦ gbl Game Daze The Simpsons Global News Sportsline Talking Heads |60 Minutes Simpsons King of the Hill The X-Files The Outer Limits Sportsline Newsweek mm Imprint.(16 00) Organ Works Margo Kane Dialogue | Cinéma / THE HAPPIEST DAYS OF YOUR LIFE (4) Unveiled: Mother-Daughter The Champagne Safari 110-7 for Life Man Overboard ¦® Nabisco Dinah Shore Golf (16 00) News ABC World News Sunday Cinéma / SAFETY PATROL avec Bug Hall, Lainie Kazen Cinéma / DANGEROUS MINDS (5) avec Michelle Pfeiffer, George Dzundza News Pub Sri 3) E.T.This Week ¦(22) World News.M'A'S'H The Entertainers S® Tennis (14:00) The Final Two Show Sunday News Seinfeld 60 Minutes Touched by an Angel Cinéma/CHANCE OF A LIFETIME avec John Ritter, Katey Sagal Mad About You Pensacola gam Snowboard 98 News Sunday News News Xena (23:35) H® Golf / Players Championship (15 00) NBC News Cinéma / ASTEROID (6) | Viper gj10 avec ivncnaei üienn, AnnaDena bciorra News NY Wired ¦es Financial.[Himalaya Eyewitness Attenborough Naturescene Birdwatch Nature / Secret Garden Moyers on Addiction: Close to Home Mystery! Inspector Morse 3 57 Mollie Katzen's [Healthweek [Travels Europe ITN Wrld Focus Religion, Ethics Ballykissangel Great Performances / Art of Singing: Golden Voices, Silver Screen Vanessa Mae: Live at the Berlin Cinéma / ONE POTATO.(23 05) ¦MM.SnowJob 98/Se poursuit jusqu'à lundi, 10h00.(12:00) Hockey universitaire / Finale masculine (16:00) Sportsdesk Curling / Finale du monde junior chez les femmes | Sportsdesk Auto Racing | Classification des films: (1) Chef-d'œuvre — (2) Excellent — (3) Très bon — (4) Bon — (5) Passable — (6) Médiocre — (7) Minable CINÉMA AU PETIT ÉCRAN ROVER DANGERFIELD (4) É.-U.1991.Dessins animés de J.George et B.Seeley.Les mésaventures d’un chien citadin qui aboutit dans une ferme où il doit s’adapter à la vie campagnarde.TVA 161/30 LE MASQUE (4) (The Mask) É.-U.1994.Comédie| fantaisiste de C.Russell avec Jim Carrey, Cameron Diaz et Peter Greene.Un masque ancien transforme un célibataire timoré en un exubérant personnage au faciès vert qui peut accomplir d’incroyables exploits.TQS 20h L’ESPOIR AUX TROUSSES (4) Pol.1989.Drame social de M.De-jczer avec Wojciech Klata, Rafal Zi-mowski et Kama Kowalewska.La fuite clandestine de deux gamins polonais vers le Danemark.SRC 231/50 MAZEPPA (4) Fr.1992.Dnime de mœurs réalisé et interprété par Bartabas avec Miguel Bose et Brigitte Mary.Afin d’étudier de plus près les chevaux, le peintre romantique Géricault séjourne parmi les membres d’un cirque spécialisé dans les spectacles équestres.TQ 21 h L K I) K V (III!.I.K S S A NI K II I 2 8 E T I) I M A \ ( Il K 2 il M A I! S I il il S I) 9 -«- Livres •* I.1 T T K K A T II K E Q U É B É C O I S E L’écriture comme catharsis BANDES DESSINÉES Le spectre de la bande Uk mmui fümun à u\j i) ^IilR'^l;X])irsSK)ll une incursion dans F imaginaire d’une romancière Cov\st^e Dans toutes les librairies mag !(i2 payes I9,95 S icie Harvey Michel de minuit BjIim-Lc Griot éditeur NOUVELLE PARUTION ! l’enfant qu’elle porte?Ije mélange des genres qui préside à ce roman, mêlant l’épistolaire, le journal intime et le récit, constitue à la fois la principale qualité et la principale faiblesse de cette première fiction romanesque de Lucie Harvey.En effet, si l’évolution du texte permet à l’auteure de rendre significative l’évolution du personnage, son retour à la vie et son ouverture à autrui, elle ne confère pas vraiment au roman la cohérence et la profondeur qui lui aurait permis de dépasser le stade du «journal d'une ado qui confie ses états dame».La peur de tout Dans la même collection, «Génération 90», Michel Lavoie, auteur de nouvelles et de romans jeunesse, publie lui aussi son premier roman pour adultes: Les Douze Coups de minuit, qui a pour sujet principal la peur.«La peur! Quel phénomène mystérieux! Dans la vie, certains n’ont peur de rien, d'autres ont peur de tout, même d’avoir peur.» Après ces quelques platitudes en guise de pro- logue, le protagoniste, qui s’exprime à la première personne, avoue faire justement partie de ces êtres craintifs dont l’existence est gâchée par toute une série d’angoisses.Four remédier à cet état de chose, le personnage fait donc appel à un «hypnothérapeute» qui détermine que la source de toutes ces frayeurs remonte à l’adolescence de son patient (ce qui ne constitue pas vraiment une surprise) et plus exactement à l’année 1963, au cours de laquelle le protagoniste et narrateur a expérimenté «douze peurs consécutives |.| à la même date de chaque mois», cette date étant celle du 13, on s’en sera douté.Pour se guérir, notre homme suit donc les conseils de son thérapeute, et accepte de se placer sous «l’immense carillon qui surplombe Isa) belle ville de province» et de revivre à chaque coup sonné une de ses peurs adolescentes.L’ouvrage de Michel Lavoie apparaît donc plus comme un recueil que comme un véritable roman: il est constitué de douze chapitres qui sont autant de nouvelles, et l’ensemble du récit n’accède jamais à la cohérence d’un roman à part entière, malgré le fil conducteur du motif de la peur et des fameux «douze coups de minuit».De plus, on a tout simplement du mal à suivre le personnage dans ses propres hantises et phobies, à adhérer à ses terreurs narrées dans un style dont le caractère hyperbolique paraît plus plaqué que véritablement nécessaire, et l’omniprésence des références à Satan, aux vendredis 13, et autres sources de superstition finissent par lasser, apparaissant plus comme des ornements que comme de véritables ressorts de la tension romanesque.Annonçant dès le prologue sa couardise et affirmant c\\x'«heureusement Satan [1] ’a épargné, probablement pour [lui] permettre d'écrire le récit le plus étrange que vous lirez de votre vie», le narrateur de ce roman fait peut-être preuve de franchise, mais ce n’est certainement pas la modestie qui l’étouffe.TREVOR FERGUSON TRAIN D'ENFER roman Aux confins de la taïga, des ouvriers construisent le chemin de fer du Grand Lac des Esclaves.C'est une véritable ruée vers l'or.Et l'occasion de s'en mettre plein les poches, pour quelques-uns.Sortis des asiles ou des prisons, coupés de la civilisation, ces esclaves de l'ère moderne peinent et suent sous la férule d'un contremaître véreux que Martin Bishop, le jeune contrôleur, osera défier au péril de sa vie.Mené à un train d'enfer, ce roman est une vertigineuse plongée dans un monde halluciné, violent et sans mesure où la crainte des lois ne balise plus la conduite des hommes.Ferguson est un maître incontesté du roman d'aventures.qui se compare sur ce plan aux plus grands de ce monde.Et je pèse mes mots.Rémy Charest, Le Devoir.éditions de la BIENTOT pleine en librairie LUNE 306 pages - 22,95 $ Deux premiers romans sans surprises PIERO Baudouin, Editions du Seuil France, 1998,128 pages Quand les frères Baudouin, Edmond et Pierre, étaient petits, ils ont vu une soucoupe volante et son Martien de conducteur atterrir en catastrophe sur la Terre.En panne.Son essence était de rêves.Momon lui en a donné, mais il a oublié; Piero a dessiné la scène, mais lui aussi, d’une autre manière, a oublié.Amorce de l’âge d’homme et de ses prosaïques déprédations, hero, c’est l’histoire de l’enfance, évaporée mais prégnante, l’histoire aussi de l’amitié entre deux frères et de leur amour partagé du dessin, objet et sujet du récit, fil conducteur et porte battante entre passé et futur.Quelque part du côté de Nice mais tout près de Ducharme, un récit pudique et lumineux, magnifiquement illustré.LES FEMMES DE LIBERATORE liberatore Albin Michel, Paris, 1997,88 pages Même si les albums de la série Ranxerox donnent une bonne idée de la virtuosité graphique de l’artiste italien Gaetano Iiberatore, on a peu eu l’occasion au Québec de voir son œuvre illustré, hormis cette pochette qu’il réalisa jadis pour le disque de Frank Zappa The Man from Utopia.Orchestré autour d’extraits du conte Le Domaine de la chair, de Bebo Moroni, Les Femmes se présente justement comme un recueil d’illustrations sur le thème que l’on devine et utilisant plusieurs médiums: fusain, plomb, encre et pastel.Exploitant à divers degrés la palette des couleurs, passant de l’esquisse à la représentation la plus léchée, Liberatore montre des «images de femmes adorées, aimées ou pas, possédées ou non, désirées, convoitées, méticuleusement inspectées ou seulement aperçues, suspendues dans le temps et qui lui échappent comme ce coucher de soleil, si beau
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