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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Références

Le devoir, 1998-04-16, Collections de BAnQ.

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LE DEVOI V (i i.I.X X XIX N " S 2 ?M O X T II K A I.I.K .1 K 11 I) I I (i A V I?I I.I !) !l S (S 7 c + I A X K S = I $ / T (I R O X T (1 1 $ PERSPECTIVES Que reste-t-il de mai 68 ?ÉCONOMIE Sprint offre 1,6 milliard pour Fonorola, page B 2 LE MONDE Pol Pot aurait succombé à une crise cardiaque, page B 5 4ki MONTRÉAL CUM: vote de confiance sans équivoque pour Danyluk, page A 3 Rodolphe et Julien sont des enfants de 68.Ces fils et filles des insurgés de mai, nés après les événements et sur lesquels on oublie la plupart du temps de mettre des visages.Le premier est trapu, a le teint sombre, les cheveux frisés et étudie la traduction.Le second est plutôt du genre littéraire, grand et mince, il travaille depuis peu dans une chaîne d’épiceries.Tous deux n’ont rien des contestataires d’alors, sauf qu’ils ont l’âge des insurgés de l’époque, qui étaient en fait leurs parents.Au moment de fêter les 30 ans d’un événement qui a paralysé la France et ébranlé une génération, l’avalanche de livres commémoratifs s’est déjà abattue sur les librairies: rééditions, bilans, recueils de photos sont au rendez-vous.Les magazines publient les archives secrètes du mouvement — qui ne révèlent pas grand-chose — pendant qu’à la télévision les émissions-souvenirs ont déjà commencé.A chacun sa guerre de 14! Rodolphe et Julien y ont déjà appris que l’action a débuté un 22 mars à Nanterre, alors que des étudiants d’extrême gauche occupaient la tour de la faculté.Leurs demandes disaient déjà presque tout du mouvement qui allait naître: ils réclamaient la fin de «l’agression impérialiste au Vietnam» et le libre accès.aux dortoirs des filles! Comment imaginer meilleures revendications pour mobiliser la jeunesse de France et de Navarre?Rodolphe et Julien n’auraient pas besoin de beaucoup d’encouragements pour les reprendre à leurs comptes.«Mai 68 était une révolte anti-esta-C h r i s i i a n blishment pas homogène du tout et qui R i o n x réunissait tous les jeunes, dit Rodolphe.Quand je vois les pavés et les étudiants ?grimpés sur les statues, ça donne le goût de faire mieux, mais pas aussi radical.En 68, les revendications n'avaient pas de sens.» «Bourgeois, vous n’avez rien compris» et autres «Nous sommes tous indésirables», qui tapissaient les murs de la ville, n’ont plus le même pouvoir d’attraction.Plus question de se laisser impressionner par cette affiche réalisée par des étudiants de l’époque reproduisant un énorme pavé surmonté du texte suivant: «Moins de 21 ans, voici votre bulletin de vote.» Car l’héritage politique de mai 68 est peut-être ce qui a le plus vieilli.«Mai 68 était surtout une conséquence de ce qui se passait à l’époque aux États-Unis, dit Julien.C'était l’arrivée en France du message des beatniks.Malheureusement, en France, c’était trop politisé.C’était des étudiants qui voulaient jouer à la politique.L’héritage de 68 est plutôt dans les changements de mœurs et d’attitudes.même s’il y a toujours une BMW pas loin.» Car voilà ce qu’ils reprochent aux anciens leaders du peace and love: d’être confortablement assis sur leurs privilèges sans penser à ceux qui suivent «Avant, on méprisait l’esprit bourgeois, aujourd’hui on s'assied dessus», dit d’ailleurs sans pudeur le slogan d’un marchand de canapés.«C'est sûr qu’on jouit de certaines libertés grâce à mai 68, dit Rodolphe.Mais on ne le sait pas toujours.» lorsqu’il tente de se représenter la société de l’époque, il voit la photo de famille traditionnelle où chacun est bien à sa place: papa, maman et la ribambelle d’enfants sages.Il imagine, la France d’avant les radios libres, à une époque où l’Etat avait le monopole des ondes.Pour lui, l'arrivée de François Mitterrand au pouvoir, en 1981, a en partie incarné ces revendications.En partie seulement.Car «ilfaudrait un nouveau mai 68, mais c'est inimaginable», dit Rodolphe.«Ce serait la guerre civile.La jeunesse est plus morcelée qu'avant, les revendications sont plus sectorialisées.Si un tel mouvement éclatait, il y aurait des morts dans les rues.» Les étudiants sont trop divisés.«Il n’y a plus de mouvement d'ensemble de la jeunesse, confirme Julien.[.] D’ailleurs, il faut jouir d’un certain confort pour faire mai 68 et tout mettre enjeu.» Pas sûr, dit-il, que, si les idéalistes d’hier avaient eu à subir le chômage et l'insécurité d'aujourd’hui, ils auraient posé les mêmes gestes et eu la même insouciance.Et au tableau des échecs?«Les gars de 68 ont revendiqué une certaine honnêteté dans la vie politique, qui s’est effacée par la suite, dit Rodolphe.Là-dessus, peu de choses ont changé en France.» Drôle de coïncidence.Au moment où le pays s’apprête à fêter le 30e anniversaire de la révolte de 68, c’est le Front national d’extrême droite qui défraie la manchette après avoir contribué à l’élection de plusieurs présidents de régions aux élections régionales.Pas besoin de préciser que les vieux soixante-huitards n’ont plus le cœur à la fête et que plusieurs mijotent dans leur coin en maugréant: «Tout ça pour ça?» Qu’importe, pour Rodolphe et Julien, la plage est toujours cachée là quelque part sous les pavés.«Mai 68 n’est peut-être pas allé assez loin, dit Julien.Mais heureusement que ça a eu lieu!» L’héritage s’est-il transmis?«Moi, chose certaine, j’ai récupéré les disques de Pink Floyd!» «Avant, on méprisait l’esprit bourgeois, aujourd’hui on s’assied dessus» M É Montréal Ennuagement le matin.Averses en soirée.Max: 17 Min: 4 T É 0 Québec Ensoleillé.Max: 15 Min:l Détails, page B 5 INDEX Agenda.B 7 Le monde.B 5 Annonces.B 6 Avis publics.B 4 Culture.B 8 Economie.B 2 Les sports.B 6 Montréal.A 3 Mots croisés.B 4 Politique.A 5 Éditorial.A 6 Télévision.B 7 www.ledevoir.com Un «Tel-aide» pour les médecins L’association médicale du Québec veut traquer les ratés du réseau ISABELLE PARÉ LE DEVOIR L> Association médicale du Québec (AMQ) a décidé ' hier de se faire le chien de garde du système de santé en créant un réseau de surveillance dont la ligne téléphonique permettra aux médecins exaspérés de dénoncer les histoires d’horreur et autres ratés du réseau vécus dans leur pratique quotidienne.Cette initiative, pour le moins inusitée, de la section québécoise de l’Association médicale canadienne veut par ce moyen répondre aux besoins et frustrations quotidiennes vécus par les médecins, a expliqué hier le Dr Michelle Ga- gné, directrice générale de l’AMQ.«Les médecins en ont assez de porter la qualité des soins à bout de bras.Nous pensons que le système craque de toutes parts et qu'il a atteint un point de rupture.Nous voulons aujourd’hui porter la voix des médecins», a-t-elle fait valoir.Ce genre de «Tel-aide» ou «S.O.S.médecin» de la profession médicale servira à relever les anomalies observées par des médecins dans l’accès et la qualité des soins de santé, les injustices ou les ratés engendrés par la réforme ou l’état actuel du réseau.L’Association médicale du Québec n'avait pas hier de cas précis à dénoncer mais soutient que l’incertitude vécue par les médecins les pousse à effectuer des choix dé- chirants.«Les médecins doivent composer chaque jour avec des incertitudes, de dire le Dr Gagné.Est-ce que le traitement sera disponible?Est-ce que les ressources vont le permettre?Ce sont des choix difficiles.» L'AMQ n'entend pas seulement écouter les doléances des médecins mais veut ensuite mener ses propres en- VOIR PAGE A 8: MÉDECINS Lire aussi en page A 4 ¦ Médicaments: un patient sur deux ne respecte pas la posologie Faut-il cacher la pauvreté?JACQUES NADEAU LE DEVOIR DES JEUNES marginaux sont venus faire part de leur exaspération hier soir lors de la séance mensuelle du conseil de la Communauté urbaine de Montréal.Policiers qui les harcèlent, élus qui songent à interdire le squeegee: voilà autant de raisons qui les ont incités à questionner leurs représentants.Ils ont été reçus par des conseillers maniant bien la langue de bois.C II L T II R E 23 nouveaux millions pour le Conseil des arts ¦à lire en page B 8 La gauche propose la souveraineté populaire Il faut ramener le déficit démocratique à zéro, dit le manifeste du RAP PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Pour ramener le déficit démocratique à zéro, le Rassemblement pour une alternative politique, parti politique de gauche en devenir, entend créer un nouvel espace politique où la souveraineté populaire redeviendra la pierre d’assise de la démocratie québécoise.Lors de son assemblée de fondation de la fin mai à Saint-Augustin, la direction intérimaire et les théoriciens du RAI’ soumettront aux participants un projet de manifeste dont Le Devoir a obtenu copie et où il est écrit: «Nous sommes résolus à fonder un mouvement d’action politique qui prendra position, questionnera les décisions des dirigeants, interpellera le pouvoir, réconfortera les citoyens désabusés, leur redonnera la parole et leur permettra de se solidariser, affichera ses couleurs en se mobilisant pour les pauvres et les exclus et en participant aux luttes populaires pour la justice sociale; un mouvement d’action politique, en somme, VOIR PAGE A 8: SOUVERAINETÉ Raymond Cloutier frappe encore Le 7 mars dernier, l’acteur Raymond Cloutier signait en page Idées du Devoir un texte incendiaire sur la situation du théâtre montréalais.Aujourd’hui, l’acteur persiste et signe: il faut se «creuser les méninges pour sortir du carcan qui nous a bien servis pour nous faire croire à l'illusion de “Montréal métropole culturelle"».¦ À lire en page A 7 Enfants recherchés Très jeunes, les enfants sont avisés de se méfier des étrangers.Pourtant, selon le Centre d’information de la police canadienne, 409 enfants canadiens ont été enlevés en 1996 par leur père ou par leur mère comparativement à 45 cas de rapts d’enfants par un étranger.Depuis novembre, en comité parlementaire à Ottawa, des avocats, des parents à la recherche de leurs enfants disparus, des policiers, des députés et des représentants d’organismes d’aide tentent de trouver des solutions.Au Canada, 409 enfants ont été LOUISE LEDUC LE DEVOIR Votre enfant est enlevé par sa mère et emmené en Jordanie.Votre emploi de pharmacien, que vous quittez sur-le-champ, ne vous prédisposait pas particulièrement à jouer les détectives.Vous voilà pourtant en train de remuer ciel et terre en Jordanie.Vous y rencontrez le chef de la Cour suprême, le chef de la Cour islamique, plusieurs membres du Parlement un membre de l’armée, pour vous rendre à l’évidence: seul un décret du roi Hussein lui-même, avec l’intercession du premier ministre Jean Chrétien, saurait vous rendre votre enfant Ce père désemparé a accepté de témoigner devant le sous-comité des droits de la personne et du développement international du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international.Non, ces drames n’arrivent pas qu’aux autres et ils n’arrivent pas qu’au grand écran.Ils ne se déroulent pas non plus dans les seuls pays islamiques.Même dans la quarantaine de pays signataires de la réputée Convention de la Haye sur les aspects civils de l’enlèvement international d’enfants, tout ne tourne pas toujours très rond.«Après s’être fait dire pendant des jours que personne ne pouvait rien faire, un parent est parti au Mexique [signataire de la Convention de La Haye] avec une caisse de whisky canadien.Vingt-quatre heures plus tard, il revenait avec l’enfant», a relaté devant le comité Barbara Snider, directrice pour l’est du Canada de la Société des enfants disparus du Canada.«Le tribunal de La Haye pourrait faire mieux, accélérer les procédures, renchérit l’avocate to-rontoise Heather Ritchie, spécialisée dans le enlevés en 1996 par leur père ou par leur mère, contre seulement 45 cas de rapts par un étranger VOIR PAGE A 8: ENFANTS JACQUES NADEAU LE DEVOIR dLiUk Ht i i -H- 778313000672 I.K 1) K V OIK.I.K .1 E lT l> I I ti A V It I I.I il il S A :» -?LE DEVOIR ?—- MONTREAL Présidence de la Communauté urbaine Vote de confiance à Danyluk OKI AN MYLES LE DEVOIR Coup de théâtre à la Communauté urbaine de Montréal (CUM): le mandat à la présidence de Vera Danyluk a été renouvelé pour quatre années fermes après des mois de tergiversations.Dans une séance du conseil compliquée et complexe dont les élus municipaux semblent avoir le secret, Mme Danyluk a été confirmée dans ses fonctions par une majorité de 78 % des voix pondérées.Mme Danyluk, dont le leadership a fait l’objet de nombreuses remises en question au cours des derniers mois, pourra poursuivre son travail jusqu’en 2002.«On va se donner une formule, un mécanisme pour lancer le débat sur l'avenir de la CUM», a promis hier une Vera Danyluk visiblement émue.Ce renouvellement de mandat prend des allures de victoire pour Mme Danyluk, une femme généralement réservée qui n’a pu s’empêcher de lever son pouce bien haut, tout sourire quelle était après le vote.Seuls onze élus de la banlieue se sont prononcés contre le renouvellement de son mandat, dont les maires Frank Zampino, Yves Ryan, Georges Bossé et Peter K Trent.Les élus de Montréal (au pouvoir ou dans l’opposition) ont tous appuyé Mme Danyluk.Qui dit victoire dit également défaite: dès que les résultats du vote furent connus, MM.Trent et Bossé ont quitté l’assemblée.La Conférence des maires de la banlieue de Montréal, présidée par M.Bossé, s’opposait au renouvellement du mandat de Mme Danyluk à la présidence de la CUM pour quatre années.Fait à souligner, des membres bien en vue de la Conférence, comme les maires Jérôme Un-terberg (Outremont), Michel Leduc (LaSalle) et Bernard Paquet (Saint-Laurent) ont appuyé Vera Danyluk.Dans les faits, le premier mandat de Mme Danyluk a pris fin le 12 janvier dernier.Elle aurait dû être fixée sur son avenir dans un délai de 30 jours.Di Conférence des maires de la banlieue voulait reporter la nomination à la présidence jusqu’à l’an 2000 et laisser Mme Danyluk en fonction de ma- nière temporaire.L’organisme voulait entreprendre une réforme de la CUM qui aurait fait de la présidence un poste à temps partiel.Conformément à la loi sur la CUM, Mme Danyluk a abandonné la mairie de Mont-Royal, en 1994, pour jouer le rôle de présidente de la CUM.Au fil des ans, elle a développé une réflexion sur la CUM, qui doit devenir selon elle un forum pour discuter entre élus locaux de l’avenir de la région métropolitaine.La Conférence des maires de la banlieue croit pour sa part que la CUM devrait se contenter de dispenser des services.Ces deux visions diamétralement opposées sont à l’origine de la tourmente des derniers mois.Lors de la dernière assemblée du conseil, la motion de la Conférence des maires de la banlieue a été battue.En début de séance, des jeunes marginaux sont venus faire part de leur exaspération.Ils se disent harcelés par les policiers de la CUM.Les récentes déclarations du maire de Montréal, Pierre Bourque, qui voudrait interdire le squeegee, activité de subsistance de ces jeunes, n’ont fait qu’accentuer leurs craintes.«Je fais du squeegee pour me nourrir et pour payer mon loyer, a dit en substance une jeune fille de 17 ans dans un témoignage empreint de détresse.Je me sens comme une criminelle et je n'en suis pas une.Arrêtez de nous traiter tous comme des criminels, nous n’en sommes pas.» L’art du squeegee consiste à laver le pare-brise des voitures arrêtées aux feux rouges et demander quelques pièces de monnaie en retour.Un autre jeune, Philippe «Wate-rhead» a demandé pourquoi les policiers chassaient les marginaux de la place Pasteur en prétendant qu’il s’agit d’un lieu privé appartenant à l’UQAM.Il s’est fait répondre que le «problème est complexe» par Claire Saint-Arnaud, conseillère de Vision Montréal.— Vous n’avez pas répondu à ma question, a relancé le punk Waterhead.Mme Saint-Arnaud a par ailleurs indiqué aux jeunes qu’il existait une «table de concertation» sur l’itinérance.Le dialogue de sourd s’est ainsi poursuivi pendant une quinzaine de minutes.Vera Danyluk Course à la mairie Conrad Sauvé table sur le vide actuel pour se faire connaître KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Conrad Sauvé, le président de la Régie régionale de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre, ambitionne de mettre de l’ordre dans les affaires de Montréal sans pour autant entreprendre un «chainsaw massacre» dans les services ou parmi les employés.Celui qui a présidé à une vaste réforme du réseau de la santé à Montréal, qui a pris l’allure principalement de compressions draconiennes, annonce ce midi sa candidature à la mairie de Montréal.M.Sauvé se présente seul pour l’instant, préférant convier les Montréalais à mettre sur pied avec lui un nouveau parti politique et à conquérir l'hôtel de ville.«Nous sommes déterminés à articuler un projet crédible et ambitieux, avec des priorités claires.Notre campagne sera axée sur l’avenir de Montréal et non sur la notoriété des uns et sur le passé des autres», peut-on lire dans le manifeste politique que M.Sauvé lance comme point de ralliement et dont Le Devoir a obtenu copie.Dans les plus récents sondages, M.Sauvé récolte une part minuscule des intentions de vote exprimées, soit moins de un pour cent.Malgré ces chiffres dévastateurs, M.Sauvé a refusé l’offre de Jean Doré de se joindre a son équipe, soulignant que l’ancien maire de Montréal ne semblait pas avoir «de projets nouveaux».Ironiquement, M.Sauvé adopte une stratégie semblable à celle de M.Doré au moment où celui-ci se disait intéressé à un retour, en décembre dernier, soit celle d’inviter la communauté montréalaise à participer à l’élaboration d’un projet commun.M.Doré a changé de stratégie, récoltant peu de réponses.Ce dernier a également reporté son lancement, préférant que ses adversaires éventuels se dévoilent d’abord.Le chef de police démissionnaire, Jacques Duchesneau, se jette vraisemblablement dans l’arène politique lundi prochain, ce qu’il avait d’abord prévu faire avant Pâques.Conrad Sauvé choisit pour sa part l'offensive, tablant sur l’actuel vide pour faire connaître ses idées.Dans son manifeste politique, qui tient en trois pages, Conrad Sauvé en appelle d'ailleurs à l’ambition, à Rengagement et à l’optimisme de la population.«Les Montréalais exigent plus qu’une équipe de concierges à l’hôtel de ville.Ils s’attendent à plus qu’un plan de coupures, de compressions et de mises à pied.Nous n’avons pas l’intention d'entreprendre un “chainsaw massacre" dans les services ou parmi les employés.|.] Il est inacceptable que la prochaine administration municipale soit réduite à ne faire que de l’intendance», souligne-t-il.Conrad Sauvé lance également quelques engagements qui susciteront de nombreuses questions sur les moyens à employer.Ainsi, il soutient que la Ville doit étendre et moderniser son réseau de bibliothèques, qu’elle doit mettre en place un programme substantiel d’investissements au cours des cinq à dix prochaines années et qu’elle doit «pouvoir accroître ses revenus sans hausser les taxes».EN B K E F / Lueur à l’Ecole Polytechnique (I/î Devoir) — Ix-s professeurs de l’Ecole Polytechnique de l’Université de Montréal ont annulé la grève qu'ils devaient déclencher hier, après que la direction de l’institution eut déposé une nouvelle offre en vue du renouvellement de leur convention collective.Réunis hier soir en assemblée générale, ils ont noté des ouvertures intéressantes mais ont aussi estimé que la durée proposée pour le contrat, soit trois ans, était trop longue.U*s discussions pourraient reprendre.•«y-*,.-st-:.» ~ K '¦ olARUEl Pops s’agrandit JACQUES NADEAU LE DEVOIR AU PREMIER rang pour écouter le père Emmett Johns, dit «Pops», il y avait entre autres les représentants du Canadien Pacifique, dont la fondation a versé 100 000 $ pour permettre à l’organisme Dans la rue d'acquérir une nouvelle roulotte fabriquée sur mesure.Au second rang, installés confortablement sur la pelouse, quelques-uns des 40 000 jeunes qui profiteront de l’acquisition de Pops cette année.L’organisme Dans la rue a également profité de l’événement pour lancer un appel à la générosité du public pour la campagne annuelle de l'organisme, dont le déroulement a été perturbé par la tempête de verglas de janvier.Commission d’enquête sur la Sûreté du Québec L’inspecteur Landry se sentait mal à l’aise de collaborer à une enquête interne ROLLANDE PARENT PRESSE CANADIENNE L> inspecteur Gaston Iandry, res-i ponsable du bureau des enquêtes criminelles au bureau de la Sûreté du Québec depuis mars 1998, tenait à dire à la commission Poitras qu’il n’avait subi aucune pression de l’ex-di-recteur général aux enquêtes criminelles André Dupré et de l’inspecteur Jean-Pierre Duchesne pour couper court à sa participation à l’enquête interne sur les bavures policières commises dans le dossier des Matticks.C’est pour en convaincre la commission qu’il avait demandé à être entendu et c’est ce à quoi il s’est employé, hier, au cours de son témoignage.Le 19 septembre 1995, Gaston Landry reçoit un appel à Québec de son supérieur hiérarchique Hilaire Isabelle qui désirait son aide pour deux ou trois jours afin de rencontrer trois ou quatre policiers suspectés d’avoir comploté pour fabriquer des preuves incriminantes pour les Matticks.Parmi ces suspects se trouvait le policier Lucien Landry avec qui il avait travaillé pendant cinq ans au poste de la SQ à Drummondville.11 avait été convenu qu’il n’assisterait pas à l’interrogatoire de M.Landry.Au cours de son trajet vers Montréal, malgré la recommandation de M.Isabelle de ne parler de son mandat à personne, M.Landry dit avoir téléphoné à Jean-Pierre Duchesne, des enquêtes criminelles.Il lui a dit, entre autres, le but de son déplacement.Quelques minutes après cette conversation, M.Landry recevait un appel de André Dupré.Selon M.Ian-dry, M.Dupré voulait savoir qui assumerait la direction du groupe technique d’intervention, la responsabilité de M.Landry, durant son absence.«J’ai été surpris parce que la question que je me posais était pourquoi il avait coupé la conversation vite comme ça en me disant: ‘Tu n'as pas d’affaire là”ou bien “Si tu vas là.”, «J’ai été surpris de l’appel de M.Dupré.J’ai déduit que c’était suite à la conversation que j’avais eue avec Jean-Pierre Duchesne parce que Bill Dupré n’était pas au courant du dossier», a expliqué le témoin.«M.Dupré vous téléphonait-il souvent?», a demandé la commissaire Louise Viau.«C’est peut-être arrivé deux ou trois fois», a répondu M.Landry.Ce même jour, alors que M.Iandry venait de finir de souper avec Hilaire Isabelle, notamment, vers 19h30, son téléavertisseur a enregistré un appel provenant de Jean-Pierre Duchesne.M.Landry en a informé M.Isabelle, qui a décidé de téléphoner à M.Duchesne lui-même en faisant valoir qu’il devait vouloir poser des questions à M.Landry sur l’enquête interne en cours, ce qu’il voyait d’un mauvais œil.Finalement, M.Landry a rappelé M.Duchesne qui lui a dit qu’il voulait lui parler de certains changements opérationnels à effectuer au groupe technique d’intervention mais qu’il n’avait plus le cœur à ça.Deux jours plus tard, M.Duchesne rappelle M.Landry pour lui parler d’un autre dossier, a relaté le témoin Landry.Le 22, M.Iandry se rend au bureau de M.Duchesne.Celui-ci est en congé.Il raconte alors ses réticences à poursuivre le travail avec Hilaire Isabelle, Umis Boudreault et Bernard Arsenault au |X)Iicier Despres qui fait un rapport de cette conversation.M.Landry a dit à ce dernier qu’il s’interrogeait sur les motivations des trois enquêteurs.Il a mentionné que Bernard Arsenault disait que, quand l’enquête serait terminée, l’escouade de la répression du banditisme n’existerait plus à la Sûreté du Québec et que la direction des enquêtes en au- rait pour dix ans à s’en remettre.«Etait-ce son objectif ou était A V R I L I !l !l 8 A 8 -* LE DEVOIR —-—- ACTUALITES Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys L’un pleure, l’autre rit JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR Les quelque deux cent parents qui sont sortis de la réunion du conseil provisoire de la commission Margue-rite-Bourgeoys, hier soir, étaient soit aux anges, soit totalement déprimés, tout dépendant de l’école que fréquentent leurs enfants.Ceux de l’école Le Grand Héron de LaSalle ont obtenu ce qu’ils voulaient, soit l’assurance que les élèves y demeureraient en septembre.Ceux de l’école Vic-tor-Thérien à Lachine ont été moins chanceux, ils ont vu leur école être séparée en deux.Les commissaires ont également annoncé un genre de statu quo pour d’autres écoles où les élèves francophones cohabitent avec des anglophones, dont l’école secondaire de Pointe-Claire.Le sort de ces écoles sera décidé plus tard, après consultation des parents.A la sortie de l’assemblée, le dépit ou la joie se lisait sur les visages des parents.«C'est le pire scénario», a laissé tombé le vice-président du comité d’orientation de l’école Victor-Thérien, Jean-François Chapleau.Cette école primaire de Lachine est pleine à craquer et sera trop petite dès septembre.Les parents et professeurs tiennent mordicus à ce que l’école ne soit pas divisée.C’est pour cette raison qu’ils ont proposé que les élèves soient tous transférés soit à l’école Bishop-Whelan (et que les élèves anglophones de cette dernière soient transférés dans l’une des quatre écoles anglophones avoisinantes) ou à l’école Sum-merlea (très faiblement occupée mais en mauvais état).Les commissaires ont tranché: des rénovations seront effectuées à Summerlea pour accueillir une partie seulement des élèves de Victor-Thérien en septembre.Le conseil provisoire n’a pas précisé combien d’élèves iront à Summerlea, ni quels niveaux scolaires.Les parents entrevoient déjà la bataille qui s’annonce.L’école Victor-Thérien, à cause de travaux d’agrandissements effectués l’an dernier, n’a plus qu’une minuscule cour d’asphalte et un seul petit gymnase pour ses 600 élèves.Le parc et les rénovations qui seront faites à Summerlea rendront l’école beaucoup plus attrayante.Les enfants, craint le comité d’orientation, fréquenteront soit une école moderne avec un grand terrain, soit une plus désuète.En plus de la division de l’école, les parents ont appris que le transport scolaire sera annulé le midi et que la distance pour y avoir droit sera augmentée à 1,6 kilomètre.Ce qui veut dire que certains parents qui auront un enfant à l’école Victor-Thérien et un autre à Summerlea, devront en plus s’occuper eux-même du transport.«Les administrateurs s’en lavent les mains», a dénoncé Jean-François Chapleau.Le comité d’orientation compte bien faire venir les commissaires devant les parents de Victor-Thérien pour qu’ils expliquent eux-même ce qu’ils pré-fvoient faire.«Les parents ne baisseront pas les bras, a averti Diane Girard, une mère dont les trois enfants fréquentent l’école surpeuplée.Nous considérons que nos enfants ont droit à des services équivalents à ceux offerts aux autres enfants.» Après des heures de négociations entre les conseils provisoires de Marguerite-Bourgeoys et Lester B.Pearson, cette dernière a finalement accepté de léguer l’école Le Grand Héron de I^aSalle à sa voisine.Les parents de cette école étaient pris en sandwich entre deux propriétaires.Avec le redécoupage des commissions scolaires, Le Grand Héron se retrouvait avec une clientèle qui appartenait à Marguerite-Bourgeoys, hébergée dans un immeuble appartenant à Lester B.Pearson.L’annonce du président du conseil provisoire de Marguerite-Bourgeoys a suscité des cris de joie dans l’assistance.Il ne restait que la question du transport scolaire à régler, un aspect délicat sur lequel les parents resteront vigilants puisque la majorité des élèves voyage en autobus.Le conseil provisoire n’a toutefois pas pu dissiper leurs craintes hier, expliquant qu’il était encore trop tôt pour y apporter des réponses.S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 91 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique Pour l’agenda culturel (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3551 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Is Devoir est publié du lundi au samedi par I.e Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue de Bleury, 9* étage, Montréal, (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest.laval.Envoi de publication — Enregistrement n" 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.f MEDECINS « Ce ne sont plus des cas isolés» SUITE DE LA PAGE 1 quêtes et faire régulièrement rapport de ces situations au grand public.Plus encore, l’association, qui compte 6000 médecins membres au Québec, entend trouver des solutions aux problèmes soulevés et les porter ensuite à l’attention du gouvernement.«Il ne s’agit pas d'alarmer la population mais de lui faire connaître notre lecture des faits», a invoqué hier le directrice de l'AMQ.De l’avis du Dr Gagné, les problèmes récurrents de l’engorgement des urgences, du manque de lits de soins de longue durée, des milliers de patients en attente de chirurgie, de la pénurie de médecins en CLSC, de la fusion des hôpitaux universitaires sont des symptômes flagrants que le système déraille.Autant de signes qui traduisent une même réalité: l’érosion de la relation entre le médecin et son patient.A cet égard, l’AMQ n’est pas tendre à l’égard de la réforme entreprise par le ministre de la Santé, Jean Rochon.Sceptiques au départ, les médecins, qui se sont sentis par la suite impuissants, se disent maintenant exaspérés par les changements que subit le système.«Les décisions prises par des bureaucrates placent le médecin devant des choix impossibles allant carrément à l’encontre de l'éthique médicale.Ce torpillage systématique des moyens compromet gravement la relation patient-médecin», fait valoir l’AMQ dans son communiqué émis hier.Faut-il y voir une déclaration de guerre à l'endroit du ministre Rochon?Selon le Dr Gagné, l’élan de l’AMQ vise seulement à canaliser les informations transmises par les médecins et à briser le discours gouvernemental voulant que tous les cas relevés par les médias ne soient que des anecdotes.«Quand les anecdotes se multiplient, ce ne sont plus des cas isolés.Le message du gouvernement est: “Ça ne va pas si mal.” Nous, nous disons: “Ça ne va pas si bien.“», tranche le D' Gagné.Cet élan soudain de l’AMQ pour l'information publique et la protection de l’éthique médicale peut étonner quand on sait que la défense des intérêts du public revient au Collège des médecins.Mais l’institution est fort peu loquace sur les problèmes que vit actuellement le réseau de la santé.Malgré tout, l’Association médicale du Québec, dont le membership est volontaire, affirme ne pas vouloir usurper le rôle de la corporation médicale en agissant ainsi, mais plaide avoir pour seul intérêt le «créneau professionnel» de la pratique médicale.La Fille aux nouilles DAVID GRAY REUTERS LES VISITEURS du Musée d’art contemporain de Sydney, en Australie, peuvent admirer ces jours-ci une œuvre intitulée La Fille aux nouilles.Le matériel utilisé pour créer l’œuvre comprend de l’argile, de la résine, de l’acrylique, de l’émail et.un téléviseur.L’objet fait partie d’une exposition appelée Manger, qui regroupe une centaine d'œuvres réalisées par une trentaine d’artistes australiens et d’ailleurs qui se servent de la nourriture pour créer une forme d’art contemporain.ENFANTS «La frontière canadienne est poreuse» SUITE DE LA PAGE 1 droit des enfants et de la famille et appelée à la rescousse dans deux dossiers d’enlèvements d’enfants.Parfois, les choses sont tellement lentes qu'il s’établit un certain statu quo dans l’autre pays.» Pistes de solution Puisqu’il est toujours délicat et parfois difficile de résoudre un cas d’enlèvement d’enfant, les experts ont exploré ces derniers mois à Ottawa quantité d’avenues pour prévenir les coups.Comment mieux contrôler les frontières?Pourrait-on inclure l’enlèvement d’enfant au chapitre des délits passibles d’extradition?Serait-il possible de constituer un registre central des ordonnances de garde pour éviter qu’un ex-conjoint fuie à l’étranger avec un enfant?Chaque enfant devrait-il nécessairement posséder son propre passeport avant de partir en voyage plutôt que d’être inscrit sur celui d’un de ses parents?Le fruit de toutes ces réflexions est attendu la semaine prochaine alors que devrait être déposé à la Chambre des communes le rapport du sous-comité des droits de la personne et du développement international.Pour mener à bien leurs démarches, des parents doivent hypothéquer leur maison ou se ruinent carrément.Comme le souligne le député du Reform Party Bob Mills, la possibilité de fournir une aide juridique directe ou sous forme de crédit d'impôt aux parents en pleines recherches à l’étranger a aussi été étudiée.«Il s’agissait surtout pour nous de trouver des solutions et des moyens très concrets, que ce soit des modifications aux passeports ou par une meilleure formation de policiers et de douaniers.» Chaque minute compte A toute heure du jour, la coordonnatrice du programme des enfants disparus de la Gendarmerie royale du Canada pour la province de Québec, Linda Brosseau, peut être jointe sur son téléavertisseur ou par cellulaire.Trop occupée sur le terrain, elle a laissé à ses collègues le soin de livrer leur témoignage à Ottawa.Jointe au téléphone, elle en a tout de même long à raconter.«Un enfant ne se fait pas nécessairement enlever entre 9h et 17h.Et pour ces dossiers, chaque minute compte, notamment pour l'émission de guet aux frontières.Par exemple, nous avons pu intercepter un père qui faisait escale à Paris avant de fuir avec son enfant vers un pays non-signataire de la Convention de La Haye.» Souvent, les parents canadiens qui partent avec leur enfant «ne sont même pas conscients qu’ils posent un geste passible de dix ans de prison», fait-elle remarquer.Le Canada est l’un des pays les plus réputés dans la prévention et la résolution d’enlèvements d’enfants.La Gendarmerie royale du Canada dispose de données précises sur chaque cas et même d’un logiciel de vieillissement des photographies pour mieux imaginer le visage d’enfants qui ont grandi et changé depuis la dernière fois où ils ont été aperçus.L’efficacité du Réseau Enfants Retour, ressource de premier ordre de la GRC, est telle que des parents d’une fillette belge enlevée par le pédophile Marc Dutroux s’en servent comme modèle pour la mise sur pied d’un système si- milaire dans leur pays.«Nous ne recevons pourtant aucune subvention», précise la directrice générale du Réseau Enfants Retour, Susan Armstrong.L’heure n’était tout de même pas aux réjouissances et aux tapes dans le dos en comité parlementaire, mais à la recherche de solutions pour faire mieux encore.Dans les dossiers d’enlèvement d’enfant, les différents corps de police affichent des performances très variables.Encore aujourd’hui, dénonce Mme Armstrong d’Enfants Retour, des policiers renvoient des parents venus rapporter l’enlèvement de leur enfant par leur exconjoint «en leur disant qu’il s’agit d’une question de droit civil».A la base, a relevé le porte-parole de l’Association des chefs de police de l’Ontario, Julian Fantino, «la frontière canadienne est poreuse.A l’heure actuelle, il n'y a pas de contrôle au départ.Il est temps que le gouvernement fédéral songe à légiférer pour resserrer les contrôles à la sortie du pays».Une frontière poreuse Le député du NPD Svend Robinson abonde dans le même sens.«A Cuba, un adulte ne peut absolument pas s’approcher d'un avion en compagnie d’un enfant, sauf s'il est en mesure de prouver hors de tout doute qu’il a le droit de quitter le pays avec lui.J'estime que les choses sont beaucoup trop relâchées au Canada.» Seulement, la frontière canado-américaine est longue, les passages transfrontaliers nombreux et les parents ravisseurs souvent détenteurs de toutes manières d'un deuxième passeport d’un autre pays.Peut-on prévenir les drames?«Quand les parents se séparent et que l’un des deux a déjà menacé de quitter le pays avec l'enfant, l’autre conjoint devrait le signifier au juge.Il peut alors être spécifié dans l’ordonnance de garde qu’il ne sera pas permis à l'ex-conjoint de quitter le pays avec l’enfant.Un juge peut même exiger que le passeport soit déposé», explique l’agent Brosseau de la GRC.C’est dans ce sens que travaille Jean-Marc Neault, avocat à la direction du droit administratif et privé du ministère de la Justice.«Quand l’un des deux parents provient de l’extérieur du Québec, il faut multiplier les précautions et mieux préciser les règles d’exercice du droit de garde.Les avocats doivent développer de tels réflexes.» Quand vient le moment de réparer les pots cassés, le ministère de la Justice québécois rapplique.«Nous prêtons assistance ata avocats des deux parties.Notre objectif premier: convaincre les gens d’un retour volontaire.» L’avocate torontoise Heather Ritchie soutient cependant que plus de sévérité s’impose.«Lorsqu'une infraction a été commise par un parent, que l’enfant a été récupéré mais que le parent revient pour reprendre une fois de plus l'enfant — et je peux vous dire que ça se produit souvent —, il faut prévoir de plus lourdes sanctions.» Devant l’importance du sujet traité, relève le député du Reform Bob Mills, les discussions du sous-comité des droits de la personne et du développement international se sont déroulées hors de toute partisannerie.Le résultat?À suivre dans le rapport du sous-comité des droits de la personne et du développement international.SOUVERAINETE «L’absence d’une opposition structurée au discours néolibéral laisse le champ libre au gouvernement péquiste» SUITE DE LA PAGE 1 qui proposera et organisera l’alternative afin de forcer le changement qui s'impose dans la société québécoise.» Les congressistes de Saint-Augustin devront aussi dessiner le modèle de véhicule qui diffusera le message et coordonnera l’action.Ils auront le choix entre trois options: participer à la prochaine campagne électorale sans présenter de candidats; se transformer immédiatement en parti politique et présenter des candidats dès les prochaines élections; ou entreprendre la formation d’un nouveau parti politique en vue des premières élections générales du XXI' siècle.Le projet de statuts propose que le logo du nouveau mouvement politique demeure ce qu’il est depuis novembre dernier.Sur le thème de «l’espoir renaît au Québec», le logo fort bien réussi du RAP reproduit un soleil stylisé de couleur bleue (représentant la lettre Q symbolisant le Québec), qui se lève derrière une colline de couleur verte après une longue nuit de morosité politique.Le rayon de soleil, qui représente la barre de la lettre Q, est aussi de couleur verte pour symboliser l’espoir qui renaît grâce à l’émergence du mouvement.L’idée de regrouper les forces progressistes a pris naissance au printemps 1997, à l’issue d’un exercice de réflexion mis de l’avant par les collaborateurs du périodique l’autjournal, qui a initié auprès de ses lecteur^ un débat sur l’avenir de la gauche.A la première assemblée générale de l’automne dernier, au cégep Maisonneuve, les rappeurs ont accueilli le double des 300 personnes qu’ils attendaient.Par-delà le scepticisme, ils ont persisté et préparé l’assemblée de fondation qui s’annonce comme un succès de participation.Qui est à l’origine de cet ambitieux projet d’action politique?De progressistes qui émanent notamment d’organismes communautaires, des centrales syndicales, des associations écologistes et de regroupements de solidarité rurale.On y trouve aujourd’hui de très nombreux péquistes déçus.Le comité d’organisation est pour l’instant composé de Nicole Frascadore, Roméo Bouchard, Guillaume Vaillan-court, Caroline Perron, Jacqueline Hekpazo et Sandrine Tarjon.Le coordonnateur du projet, Paul Cliche, a été pendant 12 ans conseiller permanent auprès de la CSN.De 1974 à 1978, il a été membre du conseil municipal de Montréal sous la bannière du RCM, après avoir occupé au début des années 70 la présidence du FRAP, le Front d’action politique, un parti politique municipal qu’un ministre du gouvernement Trudeau avait dénoncé comme étant le «front» du FLQ.De 1964 à 1969, il a été journaliste au Devoir où il a successivement occupé les postes de chef de pupitre et de correspondant parlementaire à l’Assemblée nationale.Objectifs et orientations politiques Mouvement à membership individuel, le RAP se veut en rupture avec les partis traditionnels comme le PQ, le PLQ et l’ADQ.Son action politique est notamment axée sur les objectifs fondamentaux suivants: ¦ préconiser et travailler à l’instauration, comme base de notre système démocratique, d’un régime de souveraineté populaire fondé sur la participation réelle des citoyens; ¦ préconiser et œuvrer en faveur d’une réforme des institutions politiques dans le sens d’une plus grande démocratisation ¦ développer et proposer des solutions de rechange aux politiques sociales, économiques et culturelles néolibérales des gouvernements issus des partis traditionnels et aux diktats des forces économiques dominantes, en vue de l’élaboration d’un projet de société progressiste menant à la définition d’un nouveau contrat social fondé sur les principes d’égalité et de justice; ¦ participer activement aux luttes populaires pour la justice sociale; développer des liens de solidarité avec les groupes et associations progressistes du Québec et de l’extérieur; ¦ regrouper les opposants au néolibéralisme; «l’absence d’une opposition structurée au discours néolibéral laisse le champ libre au gouvernement péquiste, qui récupère les revendications populaires pour les réinterpréter dans une perspective néolibérale; c’est le cas du projet de souveraineté du Québec que le gouvernement Bouchard pervertit en le vidant des revendications et des aspirations réelles du peuple québécois»-, ¦ favoriser l’expression directe des citoyens par une politique de référendum sur demande, de forums formels de consultation publique et une assemblée constituante; ¦ améliorer la représentation politique en instaurant un mode de scrutin proportionnel, en donnant plus de pouvoirs aux députés et moins à l’exécutif et aux partis, en dotant les régions de structures électives responsables et imputables et en prévoyant un mécanisme de rappel des élus; ¦ développer un «marché national» qui favorise et soutient l’appropriation collective de l’ensemble de l’économie; ¦ établir un régime fiscal équitable sur la base des éléments suivants: abolition des taxes TPS et TVQ; imposition d’une taxe spéciale sur les profits des institutions financières; imposition des successions familiales; rétablissement d’une fiscalité progressive (en lien avec le revenu); rétablissement de l’équilibre entre l’impôt des entreprises et des particuliers; développement de mesures et de programmes sociaux financés à même les profits des institutions financières, afin d’assurer leur participation à la redistribution sociale; ¦ se doter d’une politique de redistribution des revenus qui repose sur la justice sociale par la création d’emplois, une fiscalité progressive et la garantie de services publics et de programmes sociaux accessibles, universels et de qualité; une politique qui assure un revenu minimum et des mesures d’intégration sociale saps ingérence ou harcèlement de l’État; ¦ faire en sorte que l’État joue son rôle, c’est-à-dire qu’il agisse comme régulateur social puisque son pouvoir de contrainte universelle demeure le seul instrument qui puisse limiter les lois du libre marché; ¦ mettre fin aux privatisations, à la sous-traitançe des fonctions stratégiques de l’État, afin de,renforcer la présence de sociétés d’État dans les secteurs économiques d’importance; ¦ promouvoir une politique d’intégration sociale qui permet à tous les citoyens d’avoir un emploi stable et rémunéré équitablement, une politique de recherche de nouveaux mécanismes de redistribution sociale; une politique qui utilise la redistribution du temps de travail, en évitant de redistribuer la pauvreté; ¦ stimuler la création d’emplois par la mise en œuvre d’un programme de mesures complémentaires telles la diminution significative du temps de travail applicable par voie législative; l’abolition ou la réduction substantielle des heures supplémentaires; des programmes de retraite progressive; l’augmentation du salaire minimum; l’établissement d’une allocation universelle de citoyenneté ou d’un revenu minimum garanti; le développement d’emplois permanents dans le secteur communautaire; l’obligation faite aux entreprises qui exploitent nos ressources naturelles de procéder à leurs activités de transformation dans la région où a lieu l’exploitation; ¦ l’établissement, pour les moins de 30 ans, d’un service civil volontaire compensé par une allocation, organisé et contrôlé par les jeunes, dans des emplois collectifs et utiles. I.K I) K V 0 I U .I.K .1 K |T I) I I (i A V li I I.I !) !) « \\ .1; -?Le devoir ?-11 LE MONDE La paix en Irlande du Nord Il faudra vaincre le scepticisme «Notre communauté a une mémoire historique profonde», rappelle un porte-parole du Sinn Fein La fin de semaine prochaine, les quelque 1000 membres de la Conférence nationale du Sinn Fein se réunissent pour établir leur plateforme en vue du référendum du 22 mai.Un représentant du mouvement, de passage hier à Montréal, met en garde contre un optimisme exagéré.CLÉMENT T RII DEL LE DEVOIR ,, T >une des tâches les plus ardues L/ pour le Sinn Fein — parti nationaliste catholique d’Irlande du Nord — sera sans doute de vaincre le scepticisme» que suscite, tant dans la République d'Irlande (Eire) qu’en Ulster, l’entente intervenue le 10 avril au Stormont après de longs et tortueux pourparlers de paix.Le conseiller municipal du Sinn Fein pour Lower Falls à Belfast, Sean McKnight, en tournée d’une semaine au Québec où il rencontre des chefs politiques et syndicaux, rendait hier hommage en entrevue aux principaux artisans de ce qu’il considère comme une énorme avancée historique au terme d’un travail harassant: les Clinton, Mitchell (ex-sénateur du Maine), Ahern, Blair et Mansergh; ce dernier est conseiller du premier ministre irlandais, à Dublin.McKnight se garde d’un optimisme prématuré, car «notre communauté a une mémoire historique profonde».D'autant qu’un journal (Sunday Telegraph), a publié le 29 mars un accablant dossier sur les services secrets de l’armée britannique qui ont maintenu, jusqu’en 1990, un groupe spécial maintenant dissous (Force Research Unit) qui servait à désigner les principales cibles nationalistes abattues par un groupe paramilitaire unioniste (assassination by proxy, écrit un éditorialiste) et qu'à Genève, un document circulait le mois dernier, suggérant la tenue d’une enquête sur les agissements de la Royal Ulster Constabulary (RUC), police tant décriée par la minorité catholique de l’Ulster pour sa partialité (Londres a rejeté rapidement toute idée d’enquête sur la RUC).Les obstacles à la paix ne se retrouvent pas que dans le camp favorable au maintien du lien avec la Grande-Bretagne, convient ce conseiller.Chez les nationalistes, ou républicains, subsiste toujours la trêve décrétée par l’IRA, dont le Sinn Fein est couramment présenté comme le bras politique, et des groupes encore plus radicaux, telle l’INLA, pendant du LVF protestant, peuvent venir chambouler les ententes de principe concoctées par les états-majors politiques.L’IRA peut recevoir des avis du Sinn Fein tout en «décidant par elle-même» sa stratégie.Gerry Adams, chef du Sinn Fein, parle d’un embryon de solution possible, dans la voie d’une Irlande «exempte de divisions et de conflits», mais l’entente élimine-t-elle les causes du conflit, se demande-t-il.McKnight retient que le désarmement des forces paramilitaires peut faire trébucher les accords, mais il fait confiance à la troika (dont fait partie le général John de Chastelain) pour mener à bien la tâche.Attentes non satisfaites La fin de semaine prochaine, les quelque 1000 membres de la Conférence nationale du Sinn Fein se réunissent; ils ont à pondérer les attentes non satisfaites par cette entente et établir leur plateforme en vue du référendum qui se tient simultanément en Eire et en Ulster, le 22 mai, sur ces accords dont le texte parviendra par la poste à chaque citoyen.L’Irlande renoncerait en principe à inclure dans sa constitution une revendication sur les six com- tés de l’Ulster.Londres accepterait que ses anciens sujets se considèrent ou Irlandais ou Britanniques, ou les deux, tandis que l’on mettrait en place des institutions de nature transitoire ressemblant en miniature à l’Union européenne.Pour chaque étape, rien ne progresserait sans l’accord des unionistes.Il faut, à ce compte, présumer une forte de dose de confiance mutuelle, ce que l’histoire n’a pas favorisé.Certains républicains craignent que dans la future assemblée de 108 élus, les unionistes ne s’organisent pour exercer l’équivalent d’un véto au lieu de travailler à l’édification d’une société plus tolérante et plus égalitaire.C’est pourquoi ils ne baissent pas la garde.Sean McKnight estime que le gouvernement canadien se rapproche habituellement des vues de Londres, mais que le Canada pourrait faire un effort pour aller observer, par exemple, le déroulement des marches protestantes qui, périodiquement, ressuscitent les vexations envers la minorité catholique (une délégation non gouvernementale l’a fait en juillet 1997, sous la présidence de Warren Allmand).Pour l’ensemble, l’élu du Sinn Fein se sent ici face à des publics qui saisissent facilement les revendications nationalistes irlandaises.CORSE Le coup de balai chez les fonctionnaires s’amplifie REUTERS Paris — Le «ménage» annoncé en Corse par Jean-Pierre Chevènement après l’assassinat du préfet Claude Eri-gnac s’est amplifié hier avec l’annonce des départs du préfet de Haute-Corse et du directeur régional de la police judiciaire.Bernard Pomel, en poste depuis décembre 1996 à la préfecture de Bastia, a été remplacé en conseil des ministres par Bernard Lemaire, nommé en décembre dernier préfet délégué à la sécurité sur l'île.Bernard Lemaire sera, lui, remplacé à son poste par l’actuel sous-préfet de Béziers, Francis Spitzer.Le nouveau préfet de Haute-Corse avait lui-même succédé à Gérard Bougrier, dont les rapports sont à l’origine de la plupart des enquêtes diligentées à l’initiative du préfet Bernard Bonnet, successeur de Claude Erignac.Le ministre des Relations avec le Parlement, Daniel Vaillant, a aussi confirmé le remplacement à la tête du service régional de police judiciaire (SRPJ) d’Ajaccio du commissaire divisionnaire Demetrius Dragacci, 56 ans, par Fré- déric Veaux, 41 ans, chef de la division «stupéfiants et proxénétisme» au SRPJ de Marseille.Natif de l’île de Beauté, Demetrius Dragacci a fait l’essentiel de sa carrière en Corse, où il a commencé inspecteur pour se retrouver, en 1993, chef de cabinet du préfet délégué à la sécurité.Il avait été nommé «patron» de la PJ corse le 8 juillet 1996 par le ministre de l’Intérieur de l’époque, le RPR Jean-Louis Debré.Fin connaisseur de l’île et de ses hommes, le commissaire Dragacci avait été nommé à l’époque où Paris prônait une politique résumée en la formule «dialogue et fermeté», après le défi lancé au pouvoir central par les nationalistes du FLNC-Canal historique lors d’une conférence de presse dans le maquis de Tralonca, six mois plus tôt.Plus récemment, ses services n’ont pu élucider l’affaire de la disparition d’Yveline Ben-soussan, une commerçante enlevée à son domicile en décembre dernier, et dont aucune trace n’a été retrouvée.Dragacci, selon des sources proches du dossier corse, entretenait par ailleurs des relations houleuses avec le contrôleur général Roger Marion, chef de la division antiterroriste de la direction centrale de la police judiciaire.Jean-Pierre Chevènement Le maire de Téhéran est libéré après une crise politique EN BREF Prague: un vote pour l’OTAN Prague (AFP) — Les Tchèques ont démontré hier leur détermination à rejoindre l’OTAN en approuvant largement, par la voix de leurs députés, la future adhésion de la République à l’Alliance.Par 154 voue des 192 députés présents, la Chambre basse s’est prononcée pour l’entrée dans le pacte atlantique.Le président de la chambre Milos Zeman, chef du parti social-démocrate CSSD (opposition), qui jusque là, exigeait un référendum, a finalement accepté le projet gouvernemental, avec toute sa formation.Seuls 38 députés communistes et républicains ont voté contre.La décision dees députés doit être encore confirmée par le Sénat et obtenir la signature finale du président Vaclav Havel.Botha au banc des accusés George (AFP) — L’ex-président sud-africain Pieter Botha s’est assis hier au banc des accusés du tribunal de George, prêt au combat judiciaire après avoir rejeté tout arrangement à l’amiable avec la Commission Vérité et Réconciliation (TRC).Inflexible, celui qui présida pendant onze ans aux destinées du pays, a rejeté un ultime appel au compromis que lui a lancé avant l’audience le président de la TRC, M" Desmond Tutu.II a ensuite déclaré aux journalistes qu’il n’accepterait jamais de se soumettre aux questions des enquêteurs.Mexico expulse des Norvégiens Mexico (AFP) —Trois ressortissants norvégiens, deux femmes et un homme, ont été expulsés hier du Mexique après avoir été arrêtés la veille au Chiapas, a-t-on appris auprès de l’Institut national de migration.Les trois Norvégiens ont été expulsés pour vio lation de la Constitution mexicaine, selon des sources proches de l'Institut.Ds avaient été arrêtés la veille pour avoir participé à un barrage routier organisé par des zapatistes dans le Chiapas.Leur expulsion intervient trois jours après celles dimanche dernier de douze étrangers, dont deux Québécoises accusés d’avoir «violé la Constitution» en participant aux côtés de militants zapatistes à la création au Chiapas d’une «municipalité autonome».Du nouveau sur Lockerbie Le Caire (AFP) — Les deux représentants des familles des victimes britanniques de l’attentat de Dxikerbie (1988) se rendront aujourd’hui, pour la première fois, en Libye a affirmé hier le secrétaire général de la ligue arabe, Esmat Abdel Meguid.Ixirs d’une rencontre hier au siège de la ligue, Jim Swire et Robert Black ont annoncé qu’ils allaient faire de nouvelles propositions à la IJbye, pour organiser un procès des coupables présumés.Selon Robert Black, professeur de droit à Edimbourg, qui accompagnait M.Swire, elles consistent a «affiner» la proposition qu’il avait avancée en janvier 1994 d’organiser un procès dans un endroit neutre (qui pourrait être La Haye) avec des magistrats indépendants jugeant selon la loi écossaise.REUTERS Téhéran — Le gouvernement iranien a fait libérer hier le maire modéré de Téhéran, Gholamhossein Kar-baschi, dont l’arrestation pour corruption avait suscité de nombreuses protestations et un différend entre modérés et conservateurs.«Il était en détention depuis le 4 avril.Peu après sa libération, il s’est rendu au ministère de l’Intérieur», a précisé hier l’agence officielle de presse IRNA La nouvelle de sa libération a été confirmée par Ahmad Bourghani, vice-ministre de la Culture et de l’orientation islamique.Sa détention était devenue le principal sujet de division entre les modérés alliés au président Mohammad Khatami, surprenant vainqueur des élections présidentielles en mai, et ses adversaires conservateurs.Les deux camps avaient manifesté mardi dans les rues de Téhéran, des heurts ayant alors éclaté entre la police et un groupe d’étudiants qui réclamaient la libéra- tion du maire de Téhéran.La police avait procédé à plusieurs arrestations parmi les étudiants.D’autres incidents s’étaient ensuite produits entre un groupe de partisans de Karbaschi et des militants extrémistes.Les partisans de Karbaschi avaient rejeté les accusations de corruption lancées par l’appareil judiciaire, contrôlé par les conservateurs.Selon eux, ces accusations faisaient partie d’une campagne qui visait le président Khatami lui-meme.L’appareil judiciaire a nié que les accusations aient été en quoi que ce soit de nature politique.Le quotidien de langue anglaise Iran News rapportait hier que l’ancien président iranien Akbar Hashemi Raf-sanjani, qui avait nommé Karbashi après avoir été élu président en 1989, a déployé «des efforts importants» pour obtenir sa libération.Rafsandjani dirige une puissante institution nationale qui conseille le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khomeini.«Après avmr eu de longs entretiens avec le Guide suprême, [.] Rafsandjani a réussi à obtenir son accord pour la libération de Karbashi», rapporte Iran News.Khomeini, qui, en tant que Guide suprême, a le pouvoir de trancher sur toutes les questions, est intervenu la semaine dernière dans cette affaire en demandant à Khatami et au chef de la Justice, l’ayatollah Mohammed Yazdi, de coopérer pour régler ce problème et de le tenir informé.Les experts politiques avaient alors estimé que ce geste était un motif de satisfaction pour le gouvernement car il empêchait le pouvoir judiciaire d’être le seul décideur dans cette affaire.Un affrontement au sein du Parlement iranien à propos de la détention de Karbashi a été évité hier, le ministre de l’Intérieur Abdallah Nouri ne s’étant finalement pas rendu devant cette assemblée en raison, selon l’IRNA, de problèmes de santé.Nouri, qui a activement soutenu Karbashi, devait répondre à des questions au sujet de l’autorisation de manifester en faveur du maire de Téhéran délivrée aux étudiants.Kabila dans le collimateur de l’ONU AGENCE FRANCE-PRESSE Genève — Le nouveau régime au pouvoir depuis un an à Kinshasa a échoué a remplacer la dictature de Mobutu Sese Seko par plus de démocratie et le président Laurent Désiré Kabila exerce tous les pouvoirs, a déclaré hier le rapporteur spécial de l’ONU sur la République démocratique du Congo (RDC).«Le régime a fait table rase des droits à la vie, à la liberté, à l'intégrité physique, les droits à la vie politique étant suspendus», sauf pour le parti au pouvoir qui s’identifie à l’État, a déclaré le Chilien Roberto Garreton dans son rapport à la Commission des droits de l’homme de l’ONU.Ije rapporteur accuse le président Kabila d’avoir confisqué tous les pouvoirs alors que les dernières années de Mobutu avaient été marquées, selon lui, par un processus de transition vers une ouverture démocratique.«Ije président Kabila exerce les pouvoirs exécutif et législatif et les juges et magistrats dépendent de lui», dit-il.«Us promesses d’élections libres sont contradictoires et rien ne semble être fait pour qu ’elles se matérialisent», ajoute le rapporteur.Il n’existe en RDC aucune des caractéristiques de la démocratie comme le respect des droits de l’homme, un jxju- voir émanant d’élections libres, la primauté du droit la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice, la liberté d’expression des partis politiques, la liberté de l’information et une police et une armée au service de tous, ajoute-t-il dans son rapixirt.M.Garreton affirme que la logique des vainqueurs prévaut après la victoire militaire de M.Kabila en mai dernier et que rien n’a été fait pour juger ceux qui ont violé les droits de l’homme.Les troupes de l’Alliance de M.Kabila et leurs alliés sont accusés d’avoir massacré plusieurs milliers de réfugiés rwandais lors de leur marche sur Kinshasa en 1996-97.Cepndant, l’arrivée au pouvoir de l’Alliance a eu des aspects positifs: fin des exactions et pillages, plus grande sécurité dans les villes et baisse de la criminalité, ajoute le rapport Mais il cite aussi des assassinats politiques, la violence politique, des disparitions, la torture, la restriction de la liberté de réunion et d’association, d’opinion et d’expression.L’Alliance a aussi échoué dans son effort de pacification et les conflits ethniques n’ont pas été réglés, dit M.Garreton.Le secrétaire général de l’ONU doit décider aujourd’hui s’il retire une équipe de l’ONU chargée d’enquêter sur les massacres de réfugiés dans l’ex Zaïre en raison de l’obstruction des autorités.Pol Pot serait mort REUTERS Bangkok — Pol Pot, chef historique des Khmers rouges, aurait succombé à une crise cardiaque, selon des informations reprises ce matin par un officier thaïlandais à la frontière cambodgienne.L’officier, spécialiste des services de renseignements, a dit à Reuters que des éléments fidèles au dirigeant militaire khmer rouge Ta Mok avaient déclaré à des soldats thaïlandais en poste à la frontière que Pol Pot était mort hier peu avant minuit.L’officier, qui a requis l’anonymat, a ajouté que les autorités thaïlandaises tentaient de vérifier ces informations.Interrogé sur leur fiabilité, l’officier a répondu qu’à son avis, elles sont exactes «à au moins 70%».Selon un autre officier thaïlandais dans la province thaïlandaise de Surin, à la frontière cambodgienne, des Khmers rouges ont affirmé à des militaires thaïlandais que la dépouille de Pol Pot se trouvait quelque part au nord d’Anlong Veng, ancien bastion khmer rouge dans le nord du Cambodge., Les États-Unis ont annoncé la semaine dernière qu’ils consultaient d’autres pays, notamment la Thaïlande et la Chine, pour tenter de traduire Pol Pot en justice.Le département d’État s’est refusé.hier à toute précision sur des informations selon lesquelles les derniers Khmers rouges — dont les effectifs, ont fondu ces derniers mois — tenteraient de contacter les autorités amé- > ricaines pour livrer Pol Pot afin qu’il, soit jugé à l’étranger.Les Khmers rouges, alors dirigés par Pol Tôt, sont tenus responsables de la mort de plus de un million de Cambodgiens lorsqu’ils étaient au pouvoir, entre 1975 et 1979.Pol Pot, septuagénaire et en mauvaise santé, a été condamné l’an dernier à l’assignation à résidence à vie par ses anciens camarades après avoir perdu une lutte pour le pouvoir l’opposant à Ta Mok.Exécution d’un Paraguayen aux États-Unis Des juristes critiquent l’Etat de Virginie REUTERS Ascuncion et Amsterdam — Les autorités paraguayennes se sont .élevées hier contre la décision de l’État américain de Virginie d’éxécuter un de leurs ressortissants, Angel Francisco Bréard, en dépit des objections de la Cour internationale de Justice.Au même moment, on a appris que le Honduras comptait faire appel à la clémence de Washington envers Jose Roberto Villafuerte, un Hondurien çondamné à mort pour meurtre aux États-Unis.«Il vient d'être prouvé que les règles locales concernant la peine de mort pouvaient être appliquée malgré l’intervention de tribunaux internationaux», a déclaré aux journalistes la vice-ministre de La Justice paraguayenne, Leila Rachid.Bréard, condamné à mort pour le meurtre d’une voisine en 1992, a été exécuté mardi soir par injection dans une prison de Virginie.La Cour internationale de justice de Ija Haye, saisie par le Paraguay, avait demandé le 9 avril aux États-Unis de surseoir à l’exécution.Le Paraguay avait également demandé à la Cour suprême des États-Unis ainsi qu’au gouverneur de Virginie de reporter cette exécution.La décision de l’État de Virginie affaiblit les lois internationales et pourrait mettre en danger les étrangers séjournant à l’étranger, estimaient hier les ex- perts en droit.«Il n’y a pas encore de réaction officielle.Cette affaire doit être examinée par le président et le vice-président de la Cour», a expliqué le porte-parole de la C1J.«Je ne m’attendais pas à cela.Il s'agit d'un outrage à la Cour internationale.C’est une vraie gifle», estime Marcel Brus, professeur de droit international à l’université de Leyde, aux Pays-Bas.«C’est la porte ouverte pour dire que les États-Unis ne respectent pas le droit et les tribunaux internationaux », continue-t-il.Les autorités paraguayennes ont protesté contre le fait que Bréard n’avait pu bénéficier lors de son procès de l’assistance des autorités consulaires de son pays, ainsi que le prévoit la Convention de Vienne.Cette décision «affaiblit la Convention de Vienne et par là-même l’application des droits de l’homme de l’autre coté de l’Atlantique», estime dans un communiqué l’organisation non gouvernementale Fair trials abroad (Procès équitables à l’étranger), basée en Grande-Bretagne.Pour Terry Gill, professeur de droit à l’université d’IJtrecht, l’intervention du secrétaire d’État américain, Madeleine Albright, en faveur de la CU limite lp dégradation des relations entre États-Unis et CU.La semaine dernière, Madeleine Albright avait demandé au gouverneur de Virginie d'accorder un sursis pour donner à la CU davantage de temps pour étudier le dossier.LA METEO D’ENVIRONNEMENT CANADA Aujourd'hui Ce Soir Vendredi Samedi Dimanche ’IVYI'I t l'j'll Yi'l'lj 3?= "ii'i y! f & '-w VENTEUXBHOUILLAHD^PLUUE^WERSEORAOE^^ Temperatures : MAX / MIN Blanc Sablon Kuujjuarapik 10/2 10/0 La Grande IV 4/1 la Madeleine Chibougamau 14/1 Rivière-du-Loup 11/1 Chicoutimi n\ Lever 6h07 Coucher 19h44 Val d'Or 15/4 is-Riviôres 17/é ¦ 15/4 /* ____Sherbrooke Montréal Aujourd'hui Ce Soir Vendredi O 4lk mtOÊÊk WWr 1 ! 1 ; fr-H r-H Samedi i
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