Le devoir, 18 avril 1998, Cahier D
L K I) E Y 0 I li .L E S S A M EDI IS E T D I M A X < Il E I il A V It I I.I !» !» S ?LE DEVOIR ?lettre québécoise Page D 3 Essais québécois Page D 7 Francine Savard Page I) 13 Formes Page D 14 Le jour de la rose Pour rendre hommage au livre, dont c’est la fête jeudi prochain, les critiques du Devoir énumèrent les auteurs qui les ont marqués.Prélude à ce 23 avril qui est la Journée mondiale du livre.Il est de ces discussions qui se mènent sur la relation entre le livre et la critique, où il est question du fait de devoir, ou de ne pas devoir, aimer le livre, à tout le moins un livre.Comme si le livre ne pouvait pas être abordé à l’extérieur d’une approche amoureuse.A lire le présent cahier, il semblerait que cela soit vrai.Pour souligner la Journée mondiale du livre, les collaborateurs réguliers ont été invités à soumettre un court texte où ils feraient état des oeuvres ou des auteurs les plus marquants dans leur domaine de couverture.Chacun a écrit et, à la lecture de ces textes, on comprendra vite qu’aucun de ces «critiques» ne parle de ce qui doit être lu, mais qu’ils parlent plutôt des livres qui les ont marqués.Car souvent ce ne sont pas les auteurs qu’ils retiennent, mais les livres que ceux-ci ont écrits, un seul titre pour certains.On comprendra donc, lorsqu’on nomme un auteur, qu’il faudra toujours lire le texte pour connaître l'objet d’écriture et de lecture dont il est question.Le résultat surprendra et, s’il donne prétexte à des discussions où les interventions auront pour nature de signaler les oubliés des divers choix, l’entreprise n'aura pas été vaine.Élues et élus Sans qu’il soit question d’établir un palmarès, ce dont s’est défendu chacun des collaborateurs, il est bon d’indiquer en rafale la nomenclature des auteurs.Littérature québécoise d’abord.Pour le roman: Réjean Ducharine, Pauline Harvey, Jacques Brault, Christian Mistral, Eugène Achard (Robert Chartrand), Jovette Bernier, Suzanne Lamy, Louise Dupré, André Major, Jean Charlebois, Louis Gauthier, Yves Thériault et Gilles Archambault (Blandine Campion).Pour la poésie: Pierre Ouellet, Yves Préfontaine, ü)uise Bouchard, Gilles Cyr et Martine Audet (David Cantin).Pour l’essai: Jules Fournier, Fernand Dumont, François Ricard, Charles Taylor et Ginette Pelland (Robert Saletti).Littérature étrangère.Pour le roman: Michel de Montaigne, Marcel Proust, Charles Baudelaire, Franz Kafka, Robert Musil (Jean-Pierre Denis), Stendhal, Diderot, Marcel Proust (eh oui!), Samuel Beckett et Bernard-Marie Koltès (Guylaine Massoutre).Pour l’essai: Alain Fin-kielkraut, Francis Fukuyama, Bernard Manin, Jacqueline de Romilly et Jean-François Revel (Antoine Robi-taille).Pour le policier: Georges Simenon, Raymond Chandler, Dashiell Hammett, Lawrence Bloch, Tony Hillerman et Robin Cook (Serge Truffaut).Il faut voir, de ces choix, les raisons qui les ont amenés et, s’il fallait insister sur la relation entre un auteur et un lecteur, qu’on aborde avec Robert Lalonde son lien avec ce dieu-poète que le texte ne nomme jamais.Comme s’il fallait insister sur la relation d’amour enù'e un lecteur et un texte.Jour de fête Si le livre se raconte comme une histoire d’amour, les libraires veulent que leur relation avec le public s’établisse en démontrant la qualité de cette relation.Le 23 avril, jeudi prochain, tout acheteur d’un livre dans une librairie québécoise recevra, en retour, une rose.Journée mondiale du livre, cette fête est à la fois celle de son auteur, des artisans qui le produisent ou le font connaître.Jour de fête, donc.Jour d’échange.Il ne reste qu’à souhaiter que cet esprit de générosité marquera la fin des débats, ce même 23 avril, à Québec, où se conclura la deuxième et dernière journée des audiences menées sur la Politique du livre et de l’édition, document déposé le mois dernier par la ministre de la Culture et des Communications et discuté depuis lors.Faut-il le rappeler?Ix* livre est aussi affaire de quotidien et, donc, de réglementation.Normand Thériault «Le monde est fait pour aboutir à un beau livre.» - Stéphane Mallarmé U CS aaü ses c»v ;a que toutes les claquerne aussi des aboie gfc •v'4-^ Les ’a Le livre, entre l’auteur et le lecteur.Source de grand plaisir et de profondes angoisses pour l’un, objet de détente, lieu de savoir pour l’autre.De l’écriture à la lecture, le livre suit un tracé bien dessiné, franchit plus de nombreuses étapes qui le conduisent à ce produit qu’on emprunte ou qu’on achète, qu’on dévorera ou délaissera vite avec déception.Où va le livre?MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR u Québec, l’Union des écrivains compte quelque 1000 de ces écrivailleurs qu’on admire pour leur plume, le courage d’avoir couché sur papier une parcelle de leur imagination, au plus grand bonheur de plusieurs ou de quelques lecteurs ravis.Même si la lecture régulière ne fait pas partie des habitudes du plus grand nombre — 43 % des Québécois ne lisent jamais, révèle une étude récente effectuée par le ministère de la Culture et des Communications —, le besoin d’écrire, celui feuille d’être lu, et le désir de lire, celui de communiquer le plaisir qui y est lié, demeurent.Tout premier maillon de la chaîne du livre, celui sans lequel rien de tout cela ne revêtirait de sens: l’auteur.Facile de l’imaginer peinant des mois, des années durant, sur ce manuscrit qui a occupé l’essentiel de ses pensées longtemps avant qu’il n’ose prendre la plume.Aisé de concevoir également l’angoisse liée au moment où est entrepris le processus qui mènera — peut-être — le livre d’un objet personnel à un objet public.Il est sans doute difficile de quantifier le nombre de manuscrits publiés par rapport à la mer de manuscrits écrits, dormant dans un tiroir ou tout simplement refusés par l’équipe éditoriale des maisons auxquelles on l’a soumis.Dans la majorité des maisons d’édition — on en dénombre près de 130 agréées au Québec —, lorsqu’un manuscrit est retenu pour fins de publication, il entreprend un parcours dont la sinuosité et la longueur varient d’une maison à l’autre et dont l’objectif est de le dépouiller le plus complètement possible de toute imperfection, tant sur le plan linguistique et rédactionnel que graphique.Chez Leméac éditeur, par exemple, une maison qui fonctionne depuis le milieu des années 50 et qui nourrit les lecteurs des écrits de Michel Tremblay, notamment, Jacques Poulin, et plus récemment Élise Turcotte et Ying Chen, plusieurs paires de prunelles attentives, outre celles de l’auteur et du directeur littéraire, doivent passer sur le manuscrit, histoire d’en faire l’objet le plus parfait possible.VOIR PAGE I) 2: ROUTE Petit parcours du livre s la page blanche de l'auteur jusqu'à la tablette du libraire I.K I) E V OIK, I.E S S A M EDI IK E T I) I M A X ( Il E I !» A V KM.I !» !» 8 I) 2 LA VIE LITTÉRAIRE Fêtes des livres Livres ROUTE 10 % du prix de détail du livre revient à l'auteur, sous forme de redevances t Bruno XYZ éditeur \\ fui i"1 XYZ éditeur 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 5Z1 Téléphone: 125.21.70 • Télécopieur: 525.75.37 PRIX QUEBEC-PARIS 1997 OPERA Jean-Jacques Nattiez LE DEVOIR La troisième édition de la Quinzaine du livre bat son plein en Mon-térégie.Jusqu’au 1er mai prochain, cette fête régionale favorise le déroulement de dizaines d’activités par l’entremise des bibliothèques, des librairies, des maisons d’édition et autres amoureux du livre.Marcelyne Clau-dais, porte-parole de l’événement, convie les intéressés à des rencontres avec des auteurs, illustrateurs, des lectures publiques et autres activités orchestrées autour de la passion de la littérature.Renseignements: Conseil culturel de la Montérégie, (514) 651-0694.Salon du livre de Trois-Rivières Dernière chance cette fin de semaine de fureter au Salon du livre de Trois-Rivières, qui ferme ses portes demain.Pour souligner ses dix ans, des auteurs de renom et nombre d’activités spéciales.Arlette Coustu-re, Sergio Kokis, Albert Jacquard, Dany Laferrière, Claude Jasmin, Mi- chel Chartrand et Sylvain Rivière rencontrent le public.Soulignons la remise du prix Illustration jeunesse lîL&V à Stéphane Poulin pour son savoureux livre Petit Zizi.Stéphane Poulin a été décoré en 1997 du prix du Gouverneur général pour l’illustration de Poil de serpent, dent d'urai-guée.Le Salon est ouvert aujourd’hui (de lOh à 22h) et demain (de lüh à 17h) et accueille les gens au Centre des congrès de l’hôtel Delta, au 1620, rue Notre-Dame, à Trois-Rivières bien sûr.On se renseigne en composant le (819) 376-5308.Salon du livre religieux Un petit nouveau dans l’univers des salons du livre: le Salon du livre religieux de Montréal, du 24 au 26 avril prochain, au Sanctuaire Marie-Reine-des-Cœurs.Rencontres d’auteurs, tables rondes, conférences autour de thèmes religieux divers («Le Dieu des murs de Montréal», «Apprivoiser son ombre», «Vieillir en douce», «Dire Dieu aujourd’hui») occuperont ces trois journées.L’entrée est libre.On se renseigne au 254-5376.SUITE DE LA PAGE D 1 Entre le moment ou l’auteur remet son manusc rit, celui où il est accepte, et la parution triomphale en librairie, un an, parfois dix-huit mois et même plus peuvent s’écouler, le temps que tous les «artisans» du livre s’activent.Lorsque la décision est arrêtée de propulser un ouvrage dans la jungle des livres — en 1996, les éditeurs commerciaux ont produit près de 4000 nouveaux livres, et on évalue le tirage de ces titres à plus de dix millions d’exemplaires pour la même année —, c’est parce qu’on en a évalue sommairement les coûts et jugé qu’il était possible de l’insérer dans le budget et la planification d’une année éditoriale.«Il faut absolument préserver l'équilibre entre les titres moins accessibles ou les auteurs débutants, et puis les romans et ouvrages qui concernent un plus grand public et qui, justement, vont nous permettre d’amortir les coûts de la première catégorie, explique Marie-Andrée Lamontagne, directrice éditoriale chez Leméac.C’est une jonglerie indispensable pour conserver notre marge de manœuvre.» Sur une version manuscrite, un réviseur linguistique s’affaire d’abord à repérer la moindre faille dans la langue employée par l'auteur.«Ces ré- viseurs, souvent pigistes, sont des personnes tatillonnes, en général détestées parce qu’elles font un travail très ingrat», poursuit Mme Lamontagne.L’auteur est consulté sur les corrections imposées par le réviseur mais aussi sur les suggestions qu’on a pu noter en cours de route.Les corrections sont effectuées, et le manuscrit, devenu un «bon à composer», quitte la maison pour se rendre jusqu’à l’atelier qui se chargera de sa mise en pages.Dans le jargon du métier, c’est désormais sur la première épreuve qu’un correcteur se penchera pour déceler les erreurs oubliées — «À l’impossible nul n’est tenu, il ne faut pas l'oublier», affirme Marie-Andrée Lamontagne — mais surtout s’assurer que les césures de mots soient bien effectuées, tout en scrutant les espacements, la présentation typographique, la grammaire, l’orthographe.L’auteur jette à nouveau un œil sur son œuvre, peut y faire encore quelques corrections que l’on espère mineures.Un nouvel aller-retour entre la maison d’édition et l’atelier permet la production d’une deuxième épreuve.Que l’on soumet à l’attention d’un nouveau correcteur d’épreuves, «un regard complètement neuf qui détectera sans doute les oublis des deux précédents».Épluché de la sorte, le manuscrit est désormais devenu un «prèt-à-pho-to», ce qui signifie qu’il est prêt a passer sous l’objectif de l’imprimeur, lequel en fera le produit fini.Parallèlement au fin travail de contenu, on aura conçu le travail de couverture, grâce aux bons soins d’un graphiste et à ceux de l’éditeur qui rédige le texte de quatrième de couverture, ce résumé accrocheur au verso du livre qui déterminera le sort du livre que vous tenez entre vos mains.Moment d’émotion Moment de grande émotion, à la fois pour l’auteur et l’éditeur: le livre est frais sorti des presses.Odeur de papier neuf et de colle encore fraîche, toute nouvelle nervosité parce que du confort d’un cercle restreint, il passe au brouhaha de la vie publique.Le nombre d’exemplaires imprimés aura été déterminé non pas à l’aveuglette mais à partir des comptes rendus effectués par les représentants en librairie.«Nous avions une hypothèse de vente au départ, mais il faut la préciser, et c’est le travail des représentants, fondamental, qui nous permet de le faire», explique Mme Lamontagne.Pendant qu’on s’activait à peaufiner le contenu et la forme du livre, le représentant a fait la tournée des libraires — il existe près de 5000 points de vente différents au Québec où retrouver le livre, dont 350 librairies — pour lui annoncer les ouvrages à venir.A partir des renseignements qu’on lui fournit — résumé, notes sur l’auteur, prix provisoire, etc.—, le commerçant décide de la quantité d’exemplaires qui pourraient l’intéresser.«Le cumul de ces prénotés nous permet d'ajuster le premier tirage en conséquence», explique Mme Lamontagne.Le livre passe ensuite aux mains d’autres professionnels cjui lui assureront une diffusion et une distri- bution les plus élargies possible.La diffusion: faire connaître le livre, s’assurer qu’on en parle, ce qui fait penser aux opérations de marketing par exemple — publicité, promotion auprès des journalistes — mais aussi aux salons du livre, qui constituent des vitrines importantes pour la diffusion du livre.La distribution: déplacement physique du livre, du distributeur au libraire, par exemple.Une dizaine d’entreprises de distribution (qui cumulent parfois la fonction de diffuseur à ce premier rôle) s’accaparent de 80 à 90 % du marché québécois et s’occupent non seulement de la diffusion des titres québécois mais aussi de ceux de l’étranger.Plus le livre franchit d’étapes, plus nombreux sont les participants à sa création à réclamer une part de la cagnotte.D’emblée, en vertu des contrats d’édition signés par l’auteur et l’éditeur, 10 % du prix de détail du livre revient à l’auteur, sous forme de redevances.La loi oblige ensuite à une remise de 40 % au libraire, et de 10 à 15 % au distributeur.L’éditeur conserve les 30 % qui restent pour la production du livre et la promotion qui y est liée.Voilà le livre en librairie.Combien de temps y restera-t-il?Les plus sombres lui prédiront un séjour de trois mois, après quoi, hop!, s’il n’a pas trouvé preneur, il prendra le chemin de l’entrepôt.D’autres, plus colorés, étireront sa durée de vie de six mois, ce qui, en comparaison avec des mois, des années de travail, demeure bien peu.«Sur la fiction, l'effet nouveauté joue de façon plus impitoyable, c’est vrai, et ça raccourcit sa durée de vie, explique Marie-Andrée Lamontagne.Mais il y a la vie de surface du livre, et puis sa vie profonde.Et parfois, les deux coïncident: on appelle ça un classique.» éditeur Cet ouvrage est aussi disponible en braille grâce a M.Jacques D’Aragon (Institut Nazareth et Louis-Braille).«Opéraest un livre intelligent, écrit (et lu) en un élan, oii se miroitent personnages et personnes masques et visages, eaux et œuvres, l'éternel et l’instant, l’auteur dans les entrelacs.» J.J.van Vlasselaer, Te Deuil « (.) tin résumé ne saurait aucunement rendre justice à \'Opera de Nattiez.On doit lire ce roman comme on écoute une œuvre musicale.» Pierre Mouette, Voir «' lotit en étant profondément imprégné de la remarquable érudition musicale de Jean-Jacques Nattiez., Opera demeure un ouvrage d un abord aisé: c’est rare, et d'autant plus admirable.» Pierre Mouette, Voir LEMÉAC Bruno Roy Les calepins de Julien Vous avez adoré la série télévisée Les orphelins de Duplessis?Voici la version romancée.Un document-choc.Un récit émouvant.Muckîe Le Bout de la terre «Un premier roman spectaculaire.C’est une voix qui apparaît dans le paysage littéraire québécois.» Robert LÉVESQUE, Midi-culture, SRC «yan Muckle signe ici un premier roman éblouissant, de toute évidence longuement mûri et superbement abouti.» Stanley PÉAN, Ici PAULINE JULIEN IL FUT UN TEMPS OU L’ON SE VOYAIT BEAUCOUP Pauline Julien nous ouvre son grand cahier.Des «contes vécus», comme elle dit, des récits de vie, finement ciselés, qui nous font découvrir des épisodes drôles, tendres ou dramatiques de la carrière mouvementée de la chanteuse, comédienne, militante et amante.Ali II! ClAIRf PO IR « f R .ANCTÔT EDI ftUR « Une jéune femme est morte étranglée dans un appartement t env.ahi par le désordre, elle faisait de la prostitution, elle était héroïnomane, elle était belle, elle était ma fille.» I ANC TOI ?- S* I DI M UR VAN Nui IE DOUT OC IA TERRE ROMAN • 288 PAGES • 24,95 $ Boréal Qui maime me lise •4 % t I.K I) K V (MR.I.E S S A M EDI IS E T I) I M A X < Il E I !» A V II I I I !» !» S I) »> ') Livres LETTRES QUÉBÉCOISES VIE L I T T É R A I R E Oh! Canadas.U GROUPE VIIII -MARIE ffiîÉRAÎlRE est ici un vilain fumeur! — va devoir s’en mêler.Catastrophe (s), on le voit, est une farce délirante, truffée d’allusions à l’actualité.La contagion du partition-nisme, par exemple, gagne tout le monde: les Ukrainiens, eux aussi, veulent leur territoire bien à eux; et le libre-échange, autre contagion à la mode, se fait ici entre des partenaires inattendus: les gais et les machos, les intellos et les rockers, etc.Personne n’est épargné dans ce récit fou, mené tambour battant, où on croise un travesti qui zézaie et des motards qui se font appeler «dill pickles», où la langue elle-même se retrouve dans tous ses états, joyeusement bardassée: tous les registres y passent, du vulgaire au précieux.Il s’y trouve même des citations en latin ou en grec, des dialogues en anglais, du français prononcé à l’anglaise et.bien d’autres choses encore dans ce récit qui s’en donne à cœur joie.C’est souvent drôle, toujours hénaurme, parfois facile: c’est la rançon de la farce.La verve de Rino Morin Rossignol, qui est à prendre ou à laisser, ne se dément en tout cas jamais.Ces deux Canadas romanesques, fort différents l’un de l’autre mais tous deux signifiants à leur manière, sont peut-être parents, au fond.Celui du Franco-Ontarien Poliquin, pays des origines arbitraires, raconté sur le mode d’une fantaisie inquiète, un peu grise — et, pour tout dire, outaouaise —, semble confirmer les propos de Jean Marcel, dans Fractions 1 (parus en 1996 aux éditions de l’Hexagone): «Puissance moyenne, moyennement peuplé, n'ayant pas même les moyens de sa médiocrité mais croyant les avoir [.], tout concourt à établir le Canada au beau milieu, glacé et propret, se trouvant à égale distance entre l'histoire et le néant.» Quant au Canada de l’Acadien Morin Rossignol, actuel et burlesque, il illustre admirablement cette autre réflexion de l’admirable Jean Marcel: «Le Canada est si près d’être un pays imaginaire — mais d’un imaginaire assez plat — qu’il suffirait seulement d'en nier l’existence pour qu’il n’existe plus.Voilà à quoi l’auront conduit son outrecuidance et la bêtise légendaire de ses habitants.» R o b e r t C h a r ! r a n et ?Le pays des origines arbitraires et imaginaires L’HOMME DE PAILLE Daniel Poliquin Boréal, Montréal, 1998,255 pages Pour un romancier, l’Histoire est un sujet — ou un objet — comme les autres, qu’il a toute liberté d’apprêter à la sauce qui lui plaît.11 peut lui être fidèle ou la réécrire selon sa fantaisie, s’en servir comme simple décor ou en faire un véritable personnage.Tout est dans l’exécution, c'est-à-dire dans le résultat, pour nous, lecteurs.Daniel Poliquin, pour L'Homme de paille, s'est manifestement bien documenté, même s’il n’entendait pas écrire un roman «historique».Nous sommes au Canada, à la fin du XVIII' siècle — le récit démarre au moment de la Conquête —, plongés dans la vie quotidienne de l’époque.Dans Québec assiégée, les boulets des canons anglais tombent çà et là dans la ville, et on fait pour le mieux dans les circonstances.Ce n’est pas le sauve-qui-peut, mais plutôt le cha-cun-pour-soi.C’est la Conquête, la fin d’un monde, mais qui s’en soucie?Les notables, qui sont ici de simples figurants, ont le réflexe des métropolitains: ils se préoccupent de pouvoir rentrer en France le plus tôt possible.Même envie de départ chez les véritables personnages du roman, qui sont de petites gens.Certains sont des saltimbanques qui présentent, selon la demande, des pièces de théâtre ou des spectacles de foire: triste troupe, formée au hasard, dont les membres, sans grand talent, sont hâbleurs, vaniteux, ou dissimulateurs.Ils ont parfois de petits succès: l’intendant Bigot n’aurait bâillé qu’une seule fois devant eux.Il y aussi un bourreau au cœur tendre, qui a bien besoin de sa femme pour s’acquitter de sa besogne.Ces personnages ont leurs manies et leurs défauts; ni étonnants ni vraiment haïssables, ils sont pittoresques, tout au plus.Puis, dans ce petit monde qui vivote, survient celui qu’on appellera «l’homme de paille», véritable Survenant du récit, qui serait né au pays des Indiens Illinois.Ce fils d’explorateur, cet étranger dont le surnom évoque l’artifice, hérite à son grand étonnement de la seigneurie de Saint-Ours, qui n’est pas celle de l’Histoire officielle.Ce châtelain malgré lui se liera d’amitié avec un marquis anglais, lui-même propriétaire d’une seigneurie.Singulier personnage que cet homme de paille: il dort des années entières, alors que l’Histoire, elle, suit son cours; d’où sa difficulté, à son réveil, à saisir la conjoncture changeante des événements.Affligé d’une non-pertinence originelle, d’une étrangeté à son entourage et à son époque, ce héros involontaire est proche, là-dessus, des personnages qu’affectionne Daniel Poliquin: on n’a qu’à penser aux antihéros de Visions de Jude et de IJÉcu-reuil noir.L’Histoire est là, dans L’Homme de paille-, les grands événements — la Conquête, l’Acte de Québec, Y,\ déclaration d’indépendance des Etats-Unis — ne sont ici que des événements dont chacun s’accommode de son mieux, et la vie au quotidien en cette fin de XVIII' siècle est rendue avec réalisme.Mais ce sont la fantaisie et l’imaginaire qui dominent dans la peinture des personnages dont le destin est aléatoire, parce que, semble-t-il, la vie et le pays sont ainsi faits.Pays étrange et capricieux, où chacun, noble ou roturier, notable ou pauvre hère, s’invente à son gré une ascendance, où on «fait toujours semblant»-, pays où personne ne veut s’établir, où «on ne fait que passer».Iœ personnage principal du roman — ou son effigie — est exemplaire à cet égard: «L’homme de paille ne regarde ni l'Anglais, ni Québec.Il a le visage tourné vers l’océan.On respire mieux tout à coup.On parle d'autre chose.» On a l’impression que Daniel Poliquin a hésité sur le parti à prendre, entre l’Histoire reconstituée ou sub-vertie, ou l’imaginaire au pouvoir.A moins qu’il n’ait choisi de n’en privilégier aucun, ce qui revient au même.Cela donne un roman subtil, complexe, dont la narration, volontairement déboussolée, est assurée par différents personnages qui se re- laient, sans prévenir; narration aléatoire, à l’image du destin des individus et du pays.Mais L’Homme de paille, dans l’ensemble, n’est ni chair ni poisson.Mi-blanc, mi-noir: c’est un roman gris.CATASTRO P H E(S) Rino Morin Rossignol Éditions d’Acadie, 1998,165 pages Rino Morin Rossignol est d’origine acadienne.Poète et dramaturge à ses heures, il a été journaliste, rédacteur de discours pour Richard Hatfield, puis pour Lucien Bouchard, lorsqu’il était chef de l’opposition à Ottawa.Cet homme, sérieux par ailleurs, n’a pas hésité, lui: Catastrophe (s) est un roman picaresque, une fantaisie irrévérencieuse sur l’actualité de cette fin de siècle, sur la «conjoncture» canadienne et certains grands de ce monde.Point de personnages incertains, ni d’identités troubles ici.Nous sommes, d’entrée de jeu, en plein burlesque avec cette «histoire du gars piteux et des effets inouïs d’icelle sur la destinée du genre humain», celle d’un pauvre laitier, qui se découvre cocu plutôt trois fois qu’une, et qui perd son emploi à cause du lait avarié des vaches anglaises, devenues folles.Tragique destin! Et comme le monde est bien fait quand on veut l’arranger un peu, les malheurs des humbles virent à la colère.L’émeute gronde dans le pays, au point de troubler la quiétude des gens importants.On s’agite donc chez les premiers ministres de la province et du pays, et même — vaches anglaises obligent — jusque chez la reine d’Angleterre, Kitty IV, «très grande et très maigre, bref, victime de verticalité vertigineuse et atteinte d’inexistence de lipidité».Nos agitations domestiques auront des échos au Vatican même, où règne tant bien que mal le pape Ego premier, dont la chorale s’appelle la «Sweet sixtine».Puis, tant qu’à y être, Dieu lui-même — qui Richard Langlois M, .iMm* Le livre que les banquiers ne _______ peuvent pas encaisser.Préface d’Yves Michaud, le «Robin des banques».Richard Lanjjlois Préface il’Yws Micliaml Requins L’insoutenable vurnriié «les baiU|nici>s vio éditeur Essai 19,95 $ vlb éditeur .(ci /ui'S'Sio/t c/c /a /ifferafune Commandez 0 vos livres chez Renaud-Bray Nous expédions partout au Québec nosïo t*ti messagerie I Montréal : 342 - 2815 1 Entretiens avec un gagnant Quelques mois avant son décès, Pierre Péladeau acceptait de se confier dans une longue entrevue au journaliste Pierre Maisonneuve, de la télévision de Radio-Canada.Dans ce qui devait devenir le tout dernier entretien accordé avant sa mort, le magnat de la presse a partagé ses confidences.MARIE-ANDRÉE t H O UI N A R I) LE DEVOIR Près de quatre mois après le décès de Pierre Péladeau, les Éditions Québécor propulsent Jouer pour gagner, un livre renfermant les toutes dernières confidences du personnage québécois, associé bien sûr au Journal de Montréal mais ayant délié ses nombreuses tentacules dans de nombreuses directions.Le journaliste Pierre Maisonneuve, que l’on connaît présentement pour son émission Maisonneuve à l’écoute, à RDI, a transposé cette formule d’entretien qu’il éprouve à la télévision vers le domaine de l’écrit.Ainsi, après des entretiens avec le musicien René Dupéré et le cardinal Jean-Claude Turcotte (Novalis), le journaliste a entendu les confidences de Pierre Péladeau, lesquelles se sont retrouvées en partie sur les ondes de RDI puisqu’il les avait enregistrées sur bobines.«Derrière son visage, aujourd’hui plus serein, cache-t-il les rides de la tristesse, des amours déçues, des amours piétinées, des pactes inavouables?, demande Pierre Maisonneuve en guise d’introduction à son livre.Et si la plus grande victoire de Pierre Péladeau était sa victoire sur lui-même?» Pierre Maisonneuve affirme avoir été impressionné par la feuille de route de M.Péladeau.«C’était un enfant humilié et il a voulu effacer les humiliations de l’enfance à travers ses réalisations, affirmait le journaliste lors d’une entrevue accordée à RDI plus tôt cette semaine.Après une dizaine d’heures passées avec lui, j’ai réalisé que c’était un homme avec beaucoup de pudeur, et qui ne souhaitait qu'être aimé.» «C’était dur de voir les autres élèves aller patiner ou jouer au hockey avec des patins neufs.alors que je n 'en avais pas.[.] C’était dur de voir les autres partir pour des fins de semaine de ski, ou à bicyclette, alors que je n'avais ni skis ni bicyclette, raconte M.Péladeau.Toutes ces expériences m’ont amené à réagir.Un jour je me suis dit: “Vous allez voir! Je vais tous vous battre; je serai meilleur que vous!» Prix Pulitzer Plus tôt cette semaine, les prix Pulitzer ont été décernés.Dans le domaine de la littérature, Philip Roth a récolté NORMAND IMCUKTTK Erik Péladeau et le journaliste Pierre Maisonneuve.lç prix Pulitzer du meilleur roman pour American Pastoral.Ecrivain prolifique et secret, hanté par le thème de la ju-daïté et de son identité, Roth est né au New Jersey en 1933 et a déjà publié 22 livres — son vingt-troisième est attendu pour l’automne.En poésie, c’est Charles Wright qui a reçu la distinction pour Black Zodiac, tandis que le prix Pulitzer de la meilleure biographie revient cette année à Katharine Graham, 80 ;uis, |xmr Personal History.Festival de la littérature Du 6 au 10 mai prochain, le quatrième Festival de la littérature orchestré par l’Union des écrivain du Québec battra son plein.«La littérature mise en scène, en images et en musique», nous dit-on.Parmi les activités hors du commun prévues au programme: une joute d’improvisation sur le thème du Refus global entre artistes en arts visuels et écrivains; un rave littéraire pour les enfants à la librairie Cham-pigny; un rassemblement littéraire aux allures de kermesse au square Saint-Louis; et un véritable happening au marché Bonsecours, auquel musiciens, écrivains, comédiens et artistes participeront; des 5 à 7 littéraires dans différentes villes participantes.Nous y reviendrons plus en détail.Info-Festival: (514) 633-2361.Anne Hébert Est-ce que je te dérange?roman i À 144 PAGES • 17,95 $ « Cest une écriture encore et toujours hantée.I.J Dérangeant?Oui, dérangeant, car ce livre nous renvoie aux limites de la compassion humaine.» Jean FUGÈRE, Samedi et rien d'autre, SRC , f « Un périple littéraire et affectif, écrit dans une langue admirablement precise et, à l'occasion, sensuelle.» ve'T "j.I j y v» * : ' .' f., T LG j f ' * » Robert Chartrand, Le Devoir .r'ho a -?vy to .pNMJlW INTERIEURS 1)1 nouveau MONDE Intérieurs du Nouveau Monde est le récit d'un parcours jt personnel et d'une suite de rencontres.Rencontres avec des œuvres des meilleurs écrivains des deux Amériques ^ V.f "N l , ' • 8 " S, à de Marie de l'Incarnation à Emily Dickinson, d’Alain Grandbois à William Carlos Williams - et rencontre, surtout, avec ce contiiiënt à la fois intime et inconnu, T.j.’,f "• L; • désiré et perdu, qui est le nôtre.f Romancier, poète et essayiste, ¦ Pierre Nepveu enseisne les lettres à l'Université de Montréal.Il est l'auteu, de L'Écologie du réel (Boréal, 1988), prix Victor-Barbeau et prix Canada-Suisse.FIDES Jean-Marc Piotte Les grands penseurs du monde occidental L ethque tt la pohtnjut Je Platon j nos jours Fides Hubert Nyssen Éloge de la lecture tu it* J* - Lecture d'Albert < n Jean Daniel Affirmation nationale et village planétaire ?l.vt ÿrcihUa oialirmikV> m mm¦¦¦ ¦¦¦¦¦ LOUIS JOSE PAPI N E AU UN DEMI SIECLE DE COMBATS Inicrvf nttoiv puMiqurx ’ 1 LJ, »«M>.» \K»S H D F S CHANTAL BOUCHARD la eW langue Histoire d’une obsession québécoise À l'occasion de la Journée mondiale du livre, nous vous offrons par l'intermédiaire de votre libraire cette édition spéciale de La chasse-galerie, un conte qui fait partie du patrimoine littéraire québécois.La chasse-galerie FIDES ONORÉ BEAUGRAND \ L K I) K V (lilt.L K S S A M Y.I> I IS K T l> I M A X I II K I !> A V K I I.I !l !» S f) « ~ L I V R, E S exposition de peinture que pré-r sente actuellement la galerie Circa n’est pas à proprement parler «de peinture».Cette exposition de peinture garde en elle le spectre de dizaines d’expositions de peinture tenues avant elle, mais sans en garder les stigmates.Cette exposition de peintures-qui-n’en-sont-pas-exactement possède le mérite de frayer dans des eaux qu’il vous semblera avoir déjà maintes fois goûtées mais qui, à moins de mal regarder, ne vous paraîtront pas sans saveur.L’exposition de Francine Savard, à travers une série de clins d’oeil à la peinture comme pratique, comme histoire, comme métier également, propose une fiction d’atelier dont la trame n’a rien de redondant.De l’installation Depuis que l’installation s’est imposée comme forme artistique majeure, on a parfois tendance à oublier quelle s’est dressée, dans les années 70, devant la mort (une autre fois) imminente de la peinture, précisément en tant qu’elle n’était pas la peinture, mais son revers et sa continuité.De temps à autre, des expositions nous rappellent cet état de fait, non seulement en jouant de la limite entre installation, sculpture et peinture, mais en explorant, justement, les paramètres sur lesquels nous basons ces critères pour classer ainsi l’art en d’aussi restreintes (et plates) catégories.C’est ce qui se produit avec les œuvres que propose actuellement, à la galerie Circa, l’artiste (peintre?) Francine Savard.Avant même de poser un regard sur les quatre pièces que l’artiste a judicieusement disposées dans l’espace de la galerie, vous aurez peut-être une légère impression de déjà vu.Une fausse impression.Un premier regard, trop rapide, détecterait un genre devenu maintenant classique: la greffe dans l’espace d’exposition de l’espace de l’atelier.Pourtant, persé- vérez! L’accrochage use de subterfuge, l’espace que les œuvres déploient semble en effet celui de l’atelier.Or c’est d’une fonction précise de l’atelier que se réclame cette mise en scène, à savoir la salle où sont déposées les toiles, où elles sont rangées, à la fois présentes et invisibles.C’est de ces deux réalités que parle spécifiquement l’exposition.Le titre de l’ensemble cible bien cette direction: La Chambre à peinture: le dépôt.Cependant, les toiles roulées au sol (de véritables tableaux, de différents formats), cet autre rouleau en attente d’etre déposé dans sa caisse, ces toiles vierges accrochées perpendiculairement au mur (comme autant de livres), cette autre structure tabulaire, en bois, qui rappelle l’œuvre d’un des maîtres de l’abstraction (mais oui, vous le connaissez), exigent une activité de repérage soutenue.lœs mailles qui lient entre eux ces éléments sont finement tissées, ce qui évite l’ennui d’une exposition qui se livre au premier coup d’œil.Vous le remarquerez si vous y allez, les œuvres que Savard expose n’ont rien de brut.Tout est passablement léché.En ce sens, l’artiste montre bien que ce qui importe ici, ce n’est pas le déplacement de l’atelier vers la galerie, mais bien la constitution d’un réseau dense de significations qui n’est pas exclusif au spectateur érudit en ce qu’il se livre ouvertement comme une sorte de rébus.Le tableau L’artiste propose un tableau (au sens théâtral du terme) préoccupé par la disposition de la peinture.Chaque fois qu’il est convoqué par une autre discipline que la peinture, selon une nouvelle matérialité, le tableau n’accuse pas réception de sa mort, mais bien, pour filer jusqu’au bout la métaphore, de ses autres vies.Ce qui frappe dans cette installation de Savard, c’est que le tableau n’a pas disparu, en même temps qu’il n’est pas totalement présent.L’artiste joue des codes de la peinture et du savoir que le spectateur a pu en digérer à travers sa déambulation dans les méandres de l’histoire et des réalités physique et livresque de la peinture (qui existaient bien avant l’invention de la discipline de l’histoire de l’art).GALERIE DE BELLEFEUILLE l rruiss/U'e SUSAN G.SCOTT Chuchotements Rencontre avec l’artiste les samedi cl dimanelic"1K el l‘t avril de l.tli a I7li 1367, AVENUE GREENE, WESTMOUNT, TÉL.: (514) 933-4406 lundi au samedi lOhOO - 18h00 dimanche 12h30- 17h30 EXPOSITION Vilallonga Vernissage le 19 avril 1998 à 14 h en présence de l'artiste L'exposition se poursuit jusqu'au 17 mai CONCERT «Hommage à Vilallonga» Le Nouvel Ensemble à Cordes Renseignements : Galerie Gala 1260 Notre-Dame, Trois-Rivières (Québec) G9A 4W9 Téléphone : (819) 372-5557 Fax : (819) 372-1131 www.gala.netc.net e-mail : galerie.gala@tr.cgocable.ca Heures d'ouverture r r.rcredi au dimanche 13h30 a !7h30, jeudi et vendredi 19h à 21 h o N G A INE EXPOSITION DE LA CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE ET DE RADIO-CANADA idSki Radio-Canada '"Sf Télévision Cow'tecAi.,i lAllUNIttl canada LE DKVOIK CINEMATHEQUE Salle Norman-McLaren 335, boul.De Maisonneuve Est E)Berri-UQAM (514) 842-9766 FRANCOIS I.ICLAIK La Chambre à peinture: le dépôt, une œuvre de Francine Savard Par exemple, les toiles vierges accrochées perpendiculairement au mur n’ont que la tranche qui soit recouverte par la peinture.Ainsi disposées dans un dépôt de peinture, ses toiles laisseraient croire à la présence d’un tableau complété.Il s’agit d’un leurre.N’est-ce pas là une des vertus de la peinture?Autrement, on peut y voir un commentaire amusé sur la rhétorique du rebord telle que les peintres et les critiques l’ont forgée ces dernières vingt années.L’artiste flirte avec le prestige de l’atelier et le plie aux contraintes du décor.Elle articule des référents dans l’histoire de la peinture en différents repères qu’elle dissémine çà et là dans ses pièces, comme autant d’allusions à la peinture comme récit (celui de l’histoire, aussi celle des notes d’atelier).Ici, le blanc sur blanc est appliqué selon un traitement «painterly», en dé-goulinures.Là, le casier qui accueille les toiles non accrochées épouse la silhouette d’un Mondrian (oups!).lit encore, comme un code secret qui se révèle par contre plus universel que prévu, des cotes de livres inscrites à la surface des toiles permettent la classification de la peinture et renvoient à la bibliothèque (de l’UQAM).Far simple renvoi (croyez-nous, l’exercice d’aller à la bibliothèque pour retrouver ces ouvrages, comme le détective, est fasr cinant), ces références alphanumériques convoquent sur place des peintres qui correspondent à autant de livres sur les rayons, mais aussi retournent aux mots qui servent à parler de la peinture, à la dire.Savard ne produit pas une peinture qui constate sa propre aporie, comme certains sûrement voudraient le voir.Li peinture comme construction du langage est le matériau de travail de l'artiste.Il y a tout à se méfier — il conviendrait de le faire chaque fois, et aujourd’hui plus que jamais — d’un discours annonçant l’interruption de la peinture ou, plus insidieusement, prétendant quelle s’est déjà interrompue.Sans tomber dans les clichés qui guettent ce genre de production, Sa-vard redonne à,sa manière du souffle à la peinture.A la peinture comme métier et comme discours, comme réalité physique et comme concept.\ja petite salle: Guy Pellerin 1 jà galerie Circa poursuit sa formule qui veut qu’un jeune artiste exposé dans la galerie principale en invite un autre, un veteran, dans la petite salle.Savard a convié à l’exercice Guy Pellerin, dont on connaît le travail sur le monochrome.Un duo plus que pertinent.Ceux qui ont vu et apprécié les deux dernières expositions de Pellerin à la Galerie Yves Le Roux (qui le représente) ne manqueront pas cie savourer celle-ci.L’artiste poursuit sa série de monochromes dont les couleurs renvoient (un peu de la même manière que Savard construit ses liens avec la peinture et son histoire) a des teintes retenues dans des lieux de passage, des appartements, etc.Ainsi, les toiles petit format de Pellerin capturent par leur couleur le récit d’une succession d'impressions.Ici, l’œuvre très délicate de Pellerin s’intitule n° 236 — Pierre Grandie, Université de Montréal, pavillon Mont-Royal, bureau 113, 256, avenue du Mont-Royal Ouest, Montréal, le mercredi 24 avril 1996.Le long titre accompagne l’œuvre comme une légende, celle d’un hommage à l’artiste disparu l’an dernier.Deux tondos accrochés au mur de la galerie empruntent la couleur d’une voiture miniature (Dinky Toys Sunbeam Alpine, Angle-terre) qu'un jour Grandie avait révélé à Pellerin vouloir intégrer à une œuvre.Ce qu’il n’a jamais pu faire.Jusqu’à maintenant.MUSÉE O'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL GARYHILL JUSQU’AU 26 AVRIL 1998 185.rue Sainie-üuhenni* Ouest.Montréal - Ken>«giieiiieiiLs (514) 84”-(i22() PMct-tfn-Aitt Quebec LE DEVOIR IVmacoiu ^ /once ¦ i > ¦ ¦ • • 1 « « * « * ¦» * » ** • * é * * V* I I 4 • t iCl IL-,)' I-!' Dü 1S MARS AO 24 MAI 1998 En complément de l'exposition : conférences, films, visites commentées, randonnées pédestres urbaines et activités éducatives.Renseignements : 514 939.7026 CCA Centre Canadien d'Architecture 1920, rue Baile, Montréal L'exposition est présentée avec l'appui de la Ville de Montréal.Befl TELEGIO0E MONTREAL cejf toi ma ville\ LIBERTÉ Omni Photographie Studio S.J Hayward Archives de la Banque Royale Les programmes publics sont offerts avec le soutien de la Fondation de la famille J.W.McConnell.Banque de Montreal UAMUUE ROYALE QUÉBÉCOISE I) l-l I.E I) E V (MR, L E S S A M EDI IS K T 1) I M A N < Il E I !» A V It II.I !» !» S D ( ] 7/^v Kim aîsm» ,, «V — '-vx: ^ mm ms, bsx/mVi ns 'wT '«•id: «Nouve^confort» *?-‘À y ?LE DEVOIR ?Les architectes «Nouveau confort» Croyez-le ou non, une forme carrée est plus écolo qu’une rectangulaire parce qu’elle minimise les pertes d’espace et de chaleur.C’est ce qu’explique François Brillant, architecte et prof à l’Université de Montréal, qui a gagné le premier prix du concours d’idées Nouveau Confort d’Hydro-Québec avec cette croquignolette petite maison, toute ramassée sous son joli toit et dont l’escalier se love dans un volume évocateur des cheminées d’antan.Pour elle, Brillant a inventé un système de paroi extérieure à double ossature de construction simple, en pièces usinées, qu’il songe maintenant à faire breveter.«Les architectes doivent réinvestir le marché du domiciliaire.C'est trop laid, tout ce qui se fait maintenant.Je me suis dit que ce concours serait un bon moyen de charmer.L’écologie, ça m'intéresse, tant que ça reste les deux pieds sur terre.Je viens de lire un document qui prétend que l'acier dans les murs bloque l'entrée des rayons cosmiques.Là, je décroche! C'est par de tels ésotérismes qu'on perd toute crédibilité.» Le programme Nouveau Confort lancé par Hydro-Québec en 1996 veut encourager les consommateurs à investir dans des maisons neuves individuelles dont la construction permet d’économiser 50 % sur le chauffage (grâce à des fenêtres au sud, une isolation accrue combinée au ventilateur, etc.).Le 5 avril dernier était dévoilé le résultat de son concours d’idées, ouvert aux architectes, stagiaires, technologues, qui devaient imaginer des plans de maison Nouveau Confort en poussant plus loin la démarche que ne peuvent le faire les constructeurs.Un jury technique, mais aussi un jury de très éminents architectes, évaluait les dossiers.«Quand j’ai vu qui était dans le jury, je me suis dit que les projets ne seraient pas jugés par des technocrates d’Hydro, alors j'ai plongé», dit l’architecte Paul üiurendeau, deuxième prix, qui s’est éveillé à l’écologie et à ses mystères ultra-techniques à l’occasion de ce concours.Sa maison en rangée «parce que j’aime la ville» joue sur la course du soleil, la masse thermique du béton et l’effet de cheminée du volume intérieur pour réguler sa température.Elle possède une enveloppe contemporaine spectaculaire en lattes de cèdre.«Le bois est le matériau qui gaspille le moins d’énergie dans le courant de son processus de transformation, alors.» Les 12 concepteurs primés au concours ont suivi le stage de formation d’Hydro et sont maintenant accrédités «Nouveau Confort» au même titre que les 120 constructeurs.«Mais qui construira nos modèles?Les constructeurs en voudront-ils?» On l’espère vivement! SOPHIE G IRONNAY Quand verrons-nous naître une architecture qui soit l’expression de nos climats, nous qui pourrions être des leaders mondiaux dans ce domaine?», » impatiente Brian MacKay-I.yons dans le Canadian Architect de décembre dernier, soulignant que les fermiers d’antan savaient faire preuve de plus de bon sens — placer une maison à l’abri des vents et ses fenêtres du côté sud — que les écolos à la mode bébelle d’aujourd’hui.«Nous devons cesser d’étiqueter les questions environnementales comme riches de contenu, et les questions déformé comme superficielles ou liées à la mode.» Où en est l’industrie de la construction au Québeç en matière d’écologie?A la préhistoire! A moins qu’il ne s’agisse de l’âge ingrat, moche et boutonneux?L’immense majorité des architectes, y compris les plus doués et les plus capables de séduire par un design exceptionnel, se fichent de l’environnement comme de leur première couche jetable.À l’image, d’ailleurs, de leurs clients et de la population en général.Quant aux rares architectes «verts», ils œuvrent en marge et en vase clos, malgré leur réseau d’infos et de publications (dont La Maison du XX' siècle), malgré les subventions à la recherche données par la SCHL.Pour ces milieux «conscientisés», l’esthétique est valeur futile.Ces temps-ci, on y tient plutôt un discours d’hypocondriaque, obsédé de matériaux toxiques et de «maisons saines».Pas sexy, tout ça.Dans ce contexte, elle est d’autant plus digne d’intérêt, la position originale des membres de L’Office de l’éclectisme urbain et fonctionnel, L’ŒUF pour les intimes, agence logée dans une mini ex-épicerie de NDG et fondée en 1991 par les architectes Daniel Pearl et Mark Poddubiuk.En voilà qui ont fait le serment, quoi qu’il leur en coûte, de ne jamais sacrifier, dans la pratique au quotidien de leur métier, aucune des valeurs qui leur tiennent à cœur: ni le souci de l’environnement, ni celui de la recherche formelle, ni celui de l’urbanisme social.Pour conjuguer toutes ces dimensions, il faut des conditions rarement réunies.Le seul projet terminé à ce jour, qui illustre à plein leur philosophie, est celui des Habitations Saint-Ambroise, pour lequel Daniel Pearl a dû se faire promoteur (et où il habite).Ce bloc de quatre logements d’aspect joyeux fait sourire un coin négligé de Saint-Henri, en face du marché Atwater.Matériaux en fibres recyclées, finis non toxiques, panneaux solaires combinés à un ventila- Daniel Pearl, de L'ŒUF, exposera dans le détail son projet d'Éco-résidence étudiante dans le cadre de la série des Mardis verts.Ces conférences ont lieu de 17h45 à19h45 au campus McGill du centre-ville, pavillon Macdonald-Harrington, salle 212 (entrée libre).¦ Où s'informer sur la construction écolo?Une bonne porte d'entrée pour trouver documentation et adresses est le Centre d’écologie urbaine, 3516,avenue du Parc.Tel.: 282-8378.Justement, l’organisme sans but lucratif organise aujourd'hui, samedi 18 avril, une journée portes ouvertes de 10h à 17h, avec conférences et activités.APRÈS FORM teur-récupérateur thermique, poêles à grains, etc., sont entrés dans sa construction.«Basse technologie, haute intelligence, tel est mon slogan, dit Daniel Pearl.Même écologique, un système trop compliqué à comprendre ou à entretenir sera nul parce qu’abandonné parson usager.Il faut tâcher de retrouver la qualité artisanale de la construction.» Toute l’intelligence et la ruse possibles seront nécessaires pour mener à bien le projet complexe qui occupe L’ŒUF en ce moment: les Eco-résidences étudiantes de la faculté d’agriculture et des sciences de l’environnement de McGill, sur le campus Macdonald de Sainte-Anne-de-Bellevue, dans l'ouest de file.Deux bâtiments plats, de deux étages, imbriquent leur plan en T sur un coin de campus planté de conifères.Construits vers 1965, ils sont en si mauvais état que leur propriétaire, l'université McGill, voulait les raser.Mais L'ŒUF, consulté, sut convaincre que la structure en béton méritait plutôt d’être recyclée.Le mandat de L’ŒUF ne se limite pas à une simple rénovation.Car sur l’idée d’une étudiante, reprise par la doyenne, on veut profiter de l’occasion pour générer là un projet de «groupe de vie écologique», selon un concept né en 1970 dans les universités de Californie.Les 60 logements de une à deux chambres seront convertis en 16 appartements pour quatre à huit colocataires.Les étudiants de cette faculté, qui lance à l'automne une nouvelle maîtrise en environnement, seront ravis d’utiliser le jardin central comme aire d’expériences horticoles.Dans son design, L’ŒUF recycle le maximum de matériaux sur le chantier même.Quand on sait que dans nos décharges, le tiers des déchets solides sont encore issus de la démolition, on comprend l’urgence du réemploi.Ici, les fenêtres d’origine sont utilisées dans la construction d’immenses serres, sur les façades ensoleillées, qui aident à chauffer et regénérer l’air des logements.Laveries communes fournies en eau de pluie et eau chauffée par panneaux solaires font aussi partie du projet.McGill compte sur la location future, et seulement sur elle, pour rembourser le million et demi de ces travaux-là.C’est dire combien le budget est mince.L’ŒUF ne s’empêche pas pour autant de prévoir une série d'options écolos qu’une campagne de financement, actuellement en cours, financera peut-être.Si vous voulez voir, par exemple, au cœur du projet, s’élever la fantastique serre abritant une station d’épuration des eaux usées à base de plantes (et d’huile de coudes estudiantins.), envoyez vos dons à Cynthia Drummond, au 398-8747! Canadian Architecte En 1997, la revue Canadian Architect a voulu donner ses prix annuels d’excellence à des projets de bonne architecture qui répondaient à des préoccupations environnementales (résultats dans le numéro de décembre).Déception cruelle, conclut l'un des membres du jury, Brian MacKay-Lyons, architecte de Halifax de réputation internationale.Après avoir scruté les dossiers venus de tout le Canada, il constate: «Im plupart des projets “environnementaux” étaient très pauvres au plan de la forme.Pire, ils ne devaient leur caractère soi-disant environnemental, bien souvent, qu'à des aspects tout accessoires, tels des toilettes à faible débit.» Construire écolo suppose une maîtrise de l’usage de la volumétrie, de l’inscription dans le site, voire de l’urbanisme, un désir de trouver des solutions simples et des matériaux en harmonie avec le projet.Un talent d’architecte, en somme! Quand finira-t-il, cet âge ingrat, moche et boutonneux, que semble vivre l’architecture Slogique?Les membres de L’ŒUF sont parmi les seuls, au Québec, à fonder leur pratique sur l'alliage intégré de l’écologie et de l’esthétique.Cette attitude est tellement rare et pourtant tellement nécessaire que même Hydro-Québec a senti le besoin d’enrichir son programme Nouveau Confort par un concours de conception.Construire écolo exige de créer un langage architectural qui repense le design en profondeur.Il faut être vert par et non pour la forme.1998 pour les diplômé-es universitaires en design Institut de Design Montréal 390.rue Saint-Paul Est Marché Bonsecours (niveau 3| Montréal (Québec) Canada H2Y1H2 Téléphone : (514)866-2436 Télécopieur : (514) 866-0881 Courrier électronique idm@idm.qc ca Site web : http //www.idm qc.ca Rappel - Programme de stages L'Institut de Design Montréal offre depuis 1995 un pro-ramme de stages pour les diplômé-es universitaires en esign, en collaboration avec Développement des ressources humaines Canada.L'Institut offre une contribution salariale de 35% à l'employeur.L'Institut entend d'abord stimuler la création d'emplois permanents dans le secteur du design et offrir aux diplômé es universitaires des trois dernières années (1| l'opportunité d'acquérir une solide expérience de travail Un autre objectif de ce programme consiste à développer une culture du design dans tous les genres d'entreprises en leur permettant d'entrevoir les avantages importants en termes de valeur ajoutée et de compétitivité que procure le recours au design Le programme de l'Institut se révèle un succès depuis 1995 116 stages ont déjà été créés.Plus de la moitié des employeurs tendent à retenir les services de leur stagiaire par la suite En 1998, l'Institut espère créer plus de 80 stages.Ce programme favorise la mise en place de stages de tra-vailrémunérés d'une durée de six mois pour les diplômées universitaires des différentes disciplines du design architecture, architecture du paysage, design de l'environnement, design de mode, design d'intérieur, design raphique (incluant animation, infographie et multimé-iajj design industriel, urbanisme, etc.(2) Les candidat-es stagiaires doivent faire parvenir leur curriculum vitae par la poste (format lettre et papier télé-copiable) ou par courrier électronique (3) et indiquer : leurs coordonnées complètes, les diplômes pertinents, les logiciels (incluant les versions) et les plates-formes maîtrisées, la mobilité régionale (Montréal, région de Montréal, régions particulières, voiture, etc.), les langues connues et le niveau de maîtrise pour chacune, les expériences de travail pertinentes.Les employeurs peuvent contacter le coordonnateur du programme, au (514) 866-2436, poste 24.(1) Les designers plus expérimenté-es et les designers ayant complété leur formation avant 1996 peuvent faire appel à nos services de placement.(2) Les professionnel les du design peuvent aussi embaucher des diplOmé-es universitaires d'autres disciplines (des programmeurs ou des spécialistes de la mise en marché par exemple) si certaines conditions sont respectées (création d'un nouveau poste, poste en recherche et développement, candidat e ayant complété sa formation depuis 1996) (3) SVP, ne pas télécopier votre curriculum vitae.Les formats de fichiers acceptables pour les envois par courrier électronique sont les suivants : QuarkXPress 3.1 et 3.3, Word 5.1 et Word 6, WordPerfect 5.1, ainsi que tous les formats de traitement de texte Macintosh.
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