Le devoir, 23 avril 1998, Cahier A
LE DEVOIR PERSPECTIVES Quel pouvoir ont les élus ?«Ali, la jeunesse!», de dire les uns d’un ton paternaliste.«Combine publicitaire», d’ajouter les autres avec cynisme.En quittant le Parlement avec son fauteuil, le député bloquiste Stéphan Tremblay ne s’est pas fait beaucoup d’amis.Rares étaient les dépi tés qui manifestaient de la compréhension à son endroit.Mais au delà du geste, il y a cette question, maladroitement posée, qui devra bien trouver réponse.Nos élus, surtout les députés d’arrière-banc, ont-ils le pouvoir de changer les choses?Stéphan Tremblay n’a que 24 ans.Député de Lac-Saint-Jean depuis deux ans, il n’a jamais caché sa perplexité face au pouvoir réel du député.Lors d'une tournée récente des cégeps, il s’est frotté à d’autres jeunes et constaté qu’ils s’inquiétaient, comme lui, de la mondialisation des échanges et des limites qu’elle impose à la liberté d’action des gouvernements nationaux, au point de les rendre incapables, en pleine période de croissance économique, de freiner l’élargissement du fossé entre riches et pauvres.M.Tremblay n’est pas contre la mondialisation des échanges.Il craint cependant que les élus soient de moins en moins capables de «modérer les excès d’une économie de marché», écrivait-il mardi dans un texte nettement plus clair que les explications qu’il avait fournies la veille.En effet, .Stéphan Tremblay a, dans son énervement, mal expliqué son geste théâtral et planifié.Peut-être, effectivement, qu’il recherchait l’attention.Ce ne sera pas le premier politicien à le faire.Mais les questions qu’il a soulevées concernant le pouvoir des élus méritent qu’on s’y arrête.Gilles Duceppe lui-même en convient M.Tremblay a raison.La multiplication des accords internationaux, en particulier les ententes commerciales, restreint la marge de manoeuvre des gouvernements, et donc des élus, çn matière de politique économique.La souveraineté des Etats s’en trouve limitée sans qu’on n’en ait évalué l’impact à long terme.Où Stéphan Tremblay se trompe, cependant, c’est lorsqu’il présente ce phénomène comme le principal facteur d’impuissance des élus.La complaisance des députés gouvernementaux, les règles du Parlement et l’arrogance de nos gouvernements majoritaires sont beaucoup plus souvent responsables de la frustration des parlementaires que ces accords mondiaux.Ainsi, les députés ministériels qui gaspillent leur salive à poser des questions mielleuses aux ministres ou qui refusent en comité de vraiment jouer leur rôle de chien de garde n'ont qu’eux-mêmes à blâmer pour leur manque d’influence.Ix^s règles et conventions parlementaires désavantagent aussi les députés d’arrière-banc, toutes allégeances confondues.Le problème est ancien et préoccupe les députés.Il a d’ailleurs fait l’objet d’une journée de débat aux Communes mardi — débat qu’a ironiquement manqué M.Tremblay, trop occupé à lancer sa campagne.Ainsi, les pétitions des citoyens, peu importe leur importance, se retrouvent «dans un trou noir à la Chambre», a déploré le réformiste Randy White.Le néo-démocrate Bill Blaikie a souligné la trop grande facilité du gouvernement à limiter les débats, le manque d’indépendance des comités et le peu de cas qui est fait de leurs rapports.Majoritaire, le gouvernement peut se permettre beaucoup.Ainsi, a relevé le bloquiste Michel Gauthier, les libéraux ont profité du désintérêt des réformistes pour prendre la direction du comité d’examen de la réglementation, normalement présidé par l’opposition.Et la discipline de parti, plus sévère qu’à Londres, équivaut à museler les députés ministériels et freinent tout amendement.Selon le chef réformiste Preston Manning, les votes libres devraient être plus fréquents.Un gouvernement ne devrait être défait qu’à la suite d’une motion de censure.Des députés de tous horizons présentent des motions, mais le gouvernement est libre de les ignorer.D’autres déposent des projets de loi, mais ils sont rarement adoptés.Bref, pour que ça change, il faut que le gouvernement acquiesce.Pour ça, il faut qu’il y voit son intérêt.Si la croisade de M.Tremblay est autre chose qu’un coup d’épée dans l’eau et qu’elle réussit à déclencher un débat public, elle aura eu son utilité.Mais il faut aussi que le jeune député réintègre son poste, car la démocratie demeure, comme l’a dit son chef, le meilleur système et M.Tremblay, qui a le privilège de siéger au Parlement et de s’y faire entendre, n’en a pas épuisé toutes les ressources.Cependant, en s’attardant uniquement aux méthodes du député, on risque de passer à côté du vrai débat à savoir si nos élus, Stéphan Tremblay inclus, ont les pouvoirs nécessaires pour changer les choses et si, par ricochet, ils savent et ont le courage de s’en servir.S’en prendre à Stéphan Tremblay est facile.Que le député qui n'a jamais ragé face à la lenteur du processus parlementaire lui lance la première pierre.Que celui qui n'a jamais eu à admettre les limites de son pouvoir lui lance la suivante.Prédisons que les pierres ne pleuvront pas, car M.Tremblay a dit tout haut ce que plusieurs avouent volontiers en coulisses.Aici n o n Corne11 i er ?M É T É 0 Montréal Québec Ensoleillé avec Ensoleillé avec passages nuageux, passages nuageux.Max: 19 Min: 5 Max: 15 Min: 3 Détails, page B 7 ^4 r\j Agenda.Annonces Avis publics.B 4 Culture.B 10 Economie Éditorial.Le inonde.A 7 Les sports.B 7 Montréal.A3 Mots croisés.B 4 Politique.A 6 INDEX B 8 B 8 B 2 A 8 Télévision.B 9 www.ledevoir.com MONTREAL No va Bus: les syndiqués en veulent à la STCUM, page A 4 ÉCONOMIE Bell lance son réseau national à haute vitesse, page B 2 MONTRÉAL Duchesneau connaît une rentrée politique difficile, page A 3 Nicolet ne blâmera pas Hydro La commission sur le verglas présume que l’effondrement des pylônes est le résultat d’un accident météorologique et non la conséquence d’un mauvais entretien LOUIS-GILLES F R A N C (F U R LE DEVOIR La commission Nicolet sur le grand verglas de janvier basera ses travaux sur la prémisse que l’effondrement de plus de 900 pylônes est d’abord et avant tout le fait d’un «accident» météorologique plutôt que la conséquence d’un mauvais entretien ou de la détérioration progressive d’une partie du réseau de transport d’Hydro-Québec.C’est ce qu’a expliqué hier le président de la Commis- sion scientifique et technique chargée d’analyser les événements relatifs à la tempête de verglas, Roger Nicolet.Ce dernier a présidé l’an dernier une autre commission technique portant cette fois sur le déluge du Saguenay.Dès le début des travaux de cette dernière commission, qui n’avait elle aussi aucun pouvoir juridique, le président Nicolet avait demandé à la Consolidated Bathurst de conserver les morceaux de l’évacuateur du réservoir des Ha! Ha! pour que sa commission puisse procéder aux expertises techniques permettant d’expliquer le non-fonc- tionnement des ouvrages au moment de la crue.Dans le cas du verglas, a expliqué hier M.Nicolet, ce dernier n’a pas demandé que l’on conserve les pièces névralgiques des pylônes, qui permettraient de vérifier les assertions faites sous serment et sous protection de l’immunité parlementaire par les dirigeants du syndicat des ingénieurs d’Hydro-Québec.Ces derniers avaient mis en cause les compressions budgétaires de la société d'Etat, la VOIR PAGE A 10: NICOLET •r+Srfm für-*.usine & % f *£ a Un livre, une rose JACQUES GRENIER LE DEVOIR A L’INSTIGATION de l’Union internationale des éditeurs, l’UNESCO a décrété il y a deux ans le 23 avril Journée mondiale du livre, s’inspirant ainsi d’une tradition catalane.La population est invitée à célébrer cette journée en offrant un livre et une rose à un être cher.Diverses activités marqueront aujourd'hui cette fête du livre dans toutes les régions du Québec.Sous un soleil de circonstance, hier midi, à la Librairie du square, les écrivains Sergio Kokis, Chrystine Brouillet, Stéphane Despatie, Larry Tremblay, François Jobin, David Homel et Robbert Fortin (à l'avant-plan) se préparaient à célébrer l’événement.Nos informations, page A 3.Sommet sur la lecture et le livre Le prix unique ne fait pas Tunanimité Deux éditeurs clament haut et fort leur dissidence MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Québec — Unis par la même passion des livres, le premier ministre Lucien Bouchard et la ministre Louise Beaudoin ont donné hier le coup d’envoi au Sommet sur la lecture et le livre, qui se poursuit aujourd’hui à Québec.Toutefois, alors que les appuis en faveur du prix unique du livre se multiplient et qu’on attend impatiemment les débats autour de l’épineuse question, deux importants éditeurs québécois remettent en question la viabilité de cette option.Rarement invité à se prononcer sur ses habitudes de lecture, Lucien Bouchard a d’abord expliqué qu’il n'hésiterait pas à employer le mol «lecteur» pour se décrire VOIR PAGE A 10: SOMMET SUR LE LIVRE Le génocide rwandais était imprévisible, affirme un historien JOCELYN COU LO N LE DEVOIR Quatre ans après le déclenchement au Rwanda du troisième génocide de ce siècle, la controverse est toujours vive sur l’interprétation à donner aux signaux précurseurs de cette tragédie.Pour plusieurs observateurs, le massacre de la minorité tutsie, qui s’est déroulé d’avril à juin 1994, se préparait depuis plusieurs mois et la communauté internationale aurait dû intervenir.Pour d’autres, si quelque chose se tramait, rien ne laissait croire à l’anéantissement de près d’un million de personnes.Dans un ouvrage qui ne laissera personne indifférent, l'historien militaire à la retraite Jacques Castonguay adhère à la seconde thèse et jette un nouvel éclairage sur les événements qui se sont déroulés au Rwanda et sur le rôle de l’ONU.Le chercheur est convaincu qu’avec les renseignements dont ils disposaient, les représentants onusiens de l'époque, tant militaires que civils, ne pouvaient conclure «à l’imminence de massacres au cours desquels quelque 800 000 personnes allaient perdre la vie», comme cela lut le cas après la destruction de l’avion du président rwandais le 6 avril 1994.Le livre, intitulé Les Casques bleus au Rwanda et paru aux éditions L’Harmattan, sera bientôt disponible à Montréal.VOIR PAGE A 10: GÉNOCIDE I ! i i i + t i Allégorie d’un baril de poudre L’Algérien Mohamed Chouikh ouvre le festival Vues d’Afrique i Son film L’Arche du désert ouvre ce soir le festival Vues d’Afrique avant de gagner nos salles la semaine prochaine.Allégorie du baril de poudre qu’est l’Algérie, cette fable tragique dans une oasis en déroute?Mohamed Chouikh y voit la transposition directe d’une tragédie nationale.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Interviewer Mohamed Chouikh, c’est avoir l'impression de côtoyer un survivant.Il y a cinq ans, accompagnant à Montréal son film Youcef, le cinéaste algérien évoquait déjà la grande difficulté de travailler dans un pays à feu et à sang.Son paysage national était alors rougi par les assassinats d'intellectuels, de créateurs.Depuis, se sont ajoutés les massacres collectifs dans les villages aux familles décimées, aux enfants égorgés, dans les lieux de prière également.De mal en pis, qu’elle va l’Algérie.Comment peut-on y tourner des films, y vivre?Dès qu’il sort d’Algérie, tout le monde bombarde Chouikh avec les mêmes questions sur l’intégrisme, la peur, l’impuissance.Il répond à la ronde qu’il faut être un peu inconscient ou fou pour faire du cinéma dans un pays où il n’y a pas d’aide financière, peu de salles de cinéma, avec en fond de scène la censure, le danger.«Est-ce qu’il faut se décourager?», demande-t-il.«On fait du cinéma pour l’amour, pour le témoignage.» Le danger, les menaces sourdes, il précise vivre avec eux, comme tout un chacun, à Alger, à Oran ou ailleurs.En entrant dans une salle de cinéma, le réalisateur se dit que cinq personnes sont peut-être des terroristes, mais allez savoir lesquelles?Il n’y a pas si longtemps, seuls les intellectuels étaient en danger.Désormais, c’est tout le monde et le voisin VOIR PAGE A 10: ALLÉGORIE JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le cinéaste Mohamed Chouikh voit dans son film la transposition directe de la tragédie algérienne.» 778313000672 mmm EROERON Siou Song BHÜi OU VONT LES SIZERINS FLAMMÉS EN ÉTÉ?I LE MONDE SUR LE FLANC DE LA TRUITE mm iÜMiÜiii Une mission difficile TU NE MOURRAS PAS müHmmm Louis H a ml lin] | LE SOLEIL DES GOUFFRES LKANCINF 12'AMoUK PRESQUE RIEN Prix Québec - Paris 1997 * v/*-*\k i» Pttni Gloire Boréal m., —.v ¦ fctaiHiiMtfifeMM M ( ) N j'q II i:B|*l«< > U LX LES AURORES MONTRÉALES n M •mmammatk L'HOMME DE PAILLE ¦sç f Pierre Mor^rÿcy ie entière Boréal Gilles Archambault UN HOMME PLEIN D'ENFANCE Boréal ITtiîni: Moni-.t it; PLAISIRS ET PAYSAGES KITSCH mvf»' Gabriclle Roy LE TEMPS' QUI M'A MANQUÉ ÎHorEnl GAÊTi SOUCY L’ACQUITTEMENT ans de littérature Michel Bergeron Siou Son?ROMAN • 168 PAGES • 18.70 $ Gilles* ¦ ¦ I | • d’enfance ' ROMAN - 128 PAGES - 17,95$ Francine D’Amour Presque rien ROMAN • 276 PAGES • 19.95 $ Joseph Jean R.Dllbé Gloire ROMAN - 132 PAGES - 18.70$ Neii Bissoondath Arracher les montagnes TRADUCTION: MARIE JOSÉ THERIAULT NOUVELLES • 306 PAGES-24,95 $ • DANIELLE CHAPERON Je rétiprocité 4^* Boréal use Bissonnette Quittes ( NOUVELLES • 168 PAGES • 17.95 $ Neil Bissoondath ARRACHER LES MONTAGNES Prix littéraire du Gouverneur général traduction • 1997 H h u n o Hébert.ifl « \ b» Hébert C’est pas moi, je le jure! ROMAN • 198 PAGES ¦ 19.95 $ Boreal Danielle Chaperon Emma et le dieu-qui-rit NOUVELLES • 160 PAGES • 17,95 $ Christiane ikeneti».- Christiane Frenette La Terre ferme ROMAN - 152 PAGES - 18,50$ Esther Croît Tu ne mourras pas NOUVELLES -112 PAGES • 16.95 $ Louis Hamelin Le Soleil des gouffres ROMAN • 384 PAGES • 24.95 $ Suzanne jacob PARLEZ-MOI D’AMOUR ^ÉÊÈÈjÊL MarieLaberge Annabelle ROMAN • 486 PAGES • 27.95 $ MARIK I.A MK RC.K Annabelle Prix des libraires 1997 ïanMuckle Le Bout de la terre ROMAN • 288 PAGES • 24.95 $ YAN MUCKI.H LE BOUT DE LA TERRE aux Éditions du Boréal La suite inédite de La Détresse et V Enchantement Gabrielle Roy Le temps qui m’a manqué AUTOBIOGRAPHIE -112 PAGES • 16.95 $ Robert LâlondO Le Monde sur le flanc de la truite 198 PAGES • 19,95 $ Hélène MonettC Plaisirs et Paysages kitsch PROSE ET POÉSIE • 204 PAGES • 19.95 $ Robert LâlOflde Ou vont les sizerins flammés en été?HISTOIRES • 168 PAGES • 18,65 $ Monique PfOülX Les Aurores montréales NOUVELLES • 248 PAGES • 19.95 $ Gaétan SOUCY L’Acquittement ROMAN • 128 PAGES • 16,95 $ Daniel PoliOUin L’Homme de paille ROMAN- 256 PAGES - 19.95$ Suzanne JaCOb Parlez-moi d’amour NOUVELLES • 120 PAGES • 17,95 $ Pierre Morency La Vie entière HISTOIRES NATURELLES DU NOUVEAU MONDE 256 PAGES • 29.95 $ Giiies Marcotte Une mission difficile ROMAN - 104 PAGES - 16.95$ 437800 ^++//A 5^06 EN BREF -?LE ~ —^- MONTREAL Pas encore officiellement candidat Duchesneau a déjà des brèches à colmater L’ex-chef de police a dû s’expliquer hier sur trois problèmes délicats Trois semaines après avoir quitté son uniforme de chef de police de la Communauté urbaine de Montréal, le confort et l’autorité que lui conféraient ses fonctions, Jacques Duchesneau qualifie lui-même son entrée en politique de «spéciale».JACQUES NADEAU LE DEVOIR , -W- mm Jacques Duchesneau a déploré hier d’avoir à rencontrer la presse pour s’expliquer alors qu’il n’est pas encore officiellement candidat à la mairie de Montréal.KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Jacques Duchesneau n’est pas encore officiellement clans la course a la mairie de Montréal mais déjà il est forcé d’y patauger, tentant de colmater des brèches dans son organisation et d’appuyer ses décisions passées.Celui qui se qualifie de chef de guerre se dit toujours intéressé à la politique malgré trois éléments qui viennent embrouiller l’image de rigueur qu’il souhaite projeter.«On peut perdre des batailles mais on ne perdra pas la guerre», a affirmé M.Duchesneau, qui a prévu se lancer mercredi prochain.Entre-temps, il a réitéré son appui au responsable du financement au sein de son organisation, Yves Ra-jotte, qui a été condamné en 1995 pour évasion fiscale.M.Rajotte a payé une amende de près de 19 000 $ pour des revenus non déclarés de 100 000 $.Jacques Duchesneau n'est pas embarrassé par cette situation, tentant ainsi de démontrer qu’il est un homme tolérant malgré ses trente années de service policier.«La tolérance doit exister.Quelqu ’un peut commettre une erreur.On peut lui pardonner et continuer.Et c’est ce que j’ai fait», a-t-il indiqué.Quant au délicat dossier des deux agents de police réintégrés au travail bien que la sanction déontologique qui leur était imposée ne soit pas terminée, Jacques Duchesneau n’en démord pas: il a été trop sévère envers ces policiers impliqués dans l’affaire où Richard Barnabé a été tabassé par des policiers.«On va se tenir debout pour les valeurs auxquelles on croit.Et mes valeurs sont des valeurs de justice.J’ai pris des décisions qui ont été difficiles et je ne les renie pas», a-t-il tranché.M.Duchesneau s’interroge sur les origines de cette information qui remonte à la surface.Le ministre de la Sécurité publique, Pierre Bélanger, a fortement dénoncé la décision de M.Duchesneau, indiquant toutefois hier qu’il n’avait jamais cherché à nuire à la carrière politique de ce dernier.S’agirait-il d’acharnement de la part du gouvernement péquiste face à Jacques Duchesneau dont les accointances fédéralistes sont notoires?«Il y a une conjoncture un peu étrange.On sort toutes sortes de choses et je suis obligé de vous rencontrer alors que je ne suis même pas encore un candidat.[.] Je ne vois pas de complot de la part du gouvernement du Québec.Je trouve juste curieux que, tout d’un coup, on remette en question des déci- sions qui sont appuyées par une pratique vieille de dix ans», a soutenu M.Duchesneau.Ce dernier a également dû se défendre hier de la double allégeance de son organisateur en chef, Francis Hooper.M.Hooper est égale- ment le bras droit de Louise Roy, la coordonnatrice de la campagne électorale de Thérèse Daviau au sein du Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM).M.Duchesneau élude la question d’éthique que pose le problème et jus- tifie plutôt la situation en soulignant que les personnes d’expérience en politique municipale sont peu nombreuses.«Oui, très honnêtement, je fais des démarches pour recruter M.Hooper dans mon équipe.M.Hooper n’a pas pris encore de décision.[.] Je lui ai demandé de se décider rapidement.Vous devriez entendre parler de M.Hooper dans les prochains jours; on ne peut pas jouer sur les deux tableaux», a-t-il laissé tomber.Et Daviau ?Le comité exécutif du RCM se réunit aujourd’hui notamment pour éclaircir la situation qui est d’autant plus difficile qu’elle implique d’autres personnes que Francis Hooper.Ainsi, les conseillers municipaux Louise Roy et Robert Laramée seraient prêts à faire le saut dans le clan Duchesneau, avec M.Hooper et Torn Czer-niecki.Plus grave encore, la chef et candidate à la mairie, Thérèse Daviau, élue le mois dernier, aurait également fait son nid en faveur de son adversaire.Jointe chez elle hier, Mme Daviau a refusé de parler tant et aussi longtemps qu’elle n’aura pas discuter avec Francis Hooper.Toutes ces acrobaties politiques n’étonnent guère le président du RCM, Abe Limonchik, informé des rumeurs.«Il y a beaucoup de trafic entre les partis.Le maraudage, c’est normal.Mais Francis Hooper est toujours chez nous», a-t-il indiqué hier.Quant à la loyauté de Mme Daviau envers son propre parti, M.Limonchik se montre cinglant: «Le RCM n’est pas bâti autour de Thérèse Daviau.On oublie que Michel Prescott [adversaire pour la chefferie] est allé chercher 40 % des votes contre une machine qui devait être toute puissante.Le RCM ne s’effondrera pas pour ça.» Jacques Duchesneau n’en démord pas: il a été trop sévère envers deux policiers impliqués dans l’affaire Barnabé Procès des Matticks Les policiers ont menti délibérément, croit le responsable de Carcajou ; HOLLANDE PARENT PRESSE CANADIENNE Le responsable de l’escouade Carcajou, Mario Laprise, croit que les policiers de la SQ ont délibérément menti devant la juge Micheline Corbeil-Laramée pour ne pas courir le risque d’être accusés d’avoir «planté» chez un membre du clan Matticks des documents permettant de relier ce groupe à l’importation de plus de 26 tonnes de haschisch.L’officier Laprise a émis l’hypothèse que les policiers qui ont témoigné au procès des Matticks n’ont pas voulu se souvenir avoir eu en main les documents en question quand ils sont partis pour mener les perquisitions, de peur que les avocats des Matticks réussissent à démontrer qu’ils avaient été «plantés» par des policiers.Selon M.Laprise, les policiers témoins ont pensé: «Si je me mets les documents dans les mains, on va dire que c’est moi.» «Ça a l’air surprenant ici, mais quand tu vis dans ce milieu-là [.] Ça ne me surprendrait pas qu ’ils se soient abriés en arrière du système en se disant que “si je dis que j’avais les document dans les mains, ils peuvent aussi bien dire que c’est moi qui les ai mis là”», a déclaré le témoin Laprise.La commissaire Louise Viau a demandé au témoin de qualifier un tel comportement «Ils ne disent pas la vérité», a-t-il répliqué.«C’est une des explications que je peux donner», a-t-il ajouté.Auparavant, le procureur de la commission, Richard Masson, avait demandé à l’officier Laprise comment il expliquait qu’aucun policier ayant fait une déclaration écrite pour la cour n’avait mentionné la présence des documents litigieux parmi ceux que leurs supérieurs leur avaient fournis pour mener les perquisitions.«Est-ce qu’on avait donné une tangente?Est-ce qu’on a décidé qu’on avait identifié où Terreur avait été commise?Je ne sais pas», a-t-il dit.M.Laprise estime qu’«»M a mal réagi quand on a voulu expliquer Terreur de bonne foi.U y a des documents litigieux qui se ramassent dans de la preuve et l’explication qu’on fournit en est une d’erreur de bonne foi au moment des photocopies», a-t-il commenté, avant d’ajouter qu’il y avait beau- coup de pression dans ce dossier.«La Couronne a eu de la pression.Les enquêteurs ont eu de la pression», a-t-il ajouté.Aux yeux de M.Laprise, il n’y a pas eu de «plantage de preuve», ni d’erreur au moment des photocopies des documents saisis, mais «une erreur de manutention» qui a fait que les documents reliant la drogue aux Matticks se sont retrouvés dans la preuve, ce qui a fait conclure à la juge Micheline Corbeil-Laramée qu’il y avait eu «plantage» de preuves.Affirmation erronée Par ailleurs, le témoin Laprise a été interrogé sur le fait qu’il a erronément affirmé à deux reprises, dans le cadre de l’enquête interne sur les bavures commises dans le dossier Matticks, qu’il était responsable des interrogatoires le 25 mai 1994, jour de l’arrestation des Matticks et de la trentaine de perquisitions, alors qu’il était responsable des perquisitions.Il a reproché à l'enquêteur Bernard Arsenault de ne pas l'avoir aiguillonné, de ne pas l’avoir remis sur la bonne piste.M.Laprise a expliqué qu’il s’était trompé parce que dans les jours précédant le 25 mai il s’était occupé majoritairement de préparer les enquêteurs à mener les interrogatoires.Finalement, malgré un interrogatoire serré d’une trentaine de minutes du témoin Laprise, M' Masson n’a jamais pu établir clairement qui était le supérieur de Lucien I^andry au printemps 1995, alors que les policiers tentaient de trouver à qui étaient destinés des conteneurs de drogues arrivés dans le port de Montréal.M.Landry est le chef d’équipe des enquêteurs de la SQ dans ce dossier.Avec Dany Fafard, Pierre Duclos et Michel Patry, il a été accusé de fabrication de preuves, de faux témoignages et d’entraves à la justice relativement à la perquisition menée rue Prince, chez un des membres du clan Matticks.Ils ont été acquittés à l’issue d’un procès devant jury où ils n’ont pas témoigné.Le témoignage de M.Laprise se poursuit aujourd’hui, 156' journée d’audiences publiques de la commission Poitras.Une Journée mondiale du livre aux couleurs catalanes ¦ 15 000 roses distribuées dans des lieux de lecture ¦ Une journée chargée à Montréal et ailleurs LE DEVOIR Aujourd’hui, à Barcelone, ce sera la 72' année que le livre sera marié à la rose en ce 23 avril.Mais nul besoin de traverser l’océan pour retrouver la tradition catalane de la Journée mondiale du livre.Pour la troisième année au Québec, plus de 15 000 roses seront distribuées aujourd’hui dans les librairies, bibliothèques, écoles, centres culturels, centres d’accueil, hôpitaux et même prisons qui participent à l’événement Petit aperçu de la grosse journée qui s’annonce à Montréal.En matinée, la bibliothèque Frontenac (rue Ontario Est) reçoit l’auteure Chrystine Brouillet, qui offrira des livres à des personnes en processus d’alphabétisation.A la Maison de la culture Villeray (rue Christophe-Colomb), il y aura une table ronde sur la biographie et l’autobiographie animée par Robert Blondin avec René Berthiaume, Jean-Louis Roux et Micheline Lachance.A la Magnétothèque (boul.René-Lévesque), les auteurs Georges Dor, Marcelle Ferron, Pauline Harvey, Claude Jasmin, André Major, Francine Noël et Antonine Maillet enregistrent les premières pages de leur œuvre.Et, à l’heure du lunch, l’émission Midi-Culture de la SRC sera enregistrée en direct de la librairie Archambault (rue Berri) avec le porte-parole de la Journée du livre, l’humoriste Daniel Lemire.L’écrivaine Arlette Cousture, quant à elle, sera à la librairie Chapter’s (angle des rues Sainte-Catherine et Stanley).En après-midi, l’émission Souverains anonymes diffusée à partir de la prison de Bordeaux, reçoit l’auteur Marc Chabot.A l’hôpital Sainte-Justine (rpe Côte Sainte-Catherine), Marie-France Hébert, des Editions de la Courte échelle, rencontre les enfants.Ceux qui auront raté Chrystine Brouillet en avant-midi pourront se reprendre à la Librairie du square (rue Saint-Denis), où elle sera en compa- gnie de Stéphane Despatie, Larry Tremblay et Madeleine Gagnon.Enfin, l’écrivain Dany Laferrière est à la librairie Raffin (rue Saint-Hubert).En fin de journée, la librairie Olivieri (rue Gatineau) présente les premières pages inédites des prochaines œuvres de neuf auteurs, soit Gilles Archambault, Jacques Brault, Hélène Dorion, David Homel, Marie-Andrée Lamontagne, Jean Larose, Gilles Marcotte, Gaétan Soucy et Suzanne Jacob.Cette dernière sera aussi à la librairie Gallimard (boul.Saint-Laurent), pour une lecture de poésie en compagnie de Nicole Brassard, Geneviève Letarte et Normand de Bel-lefeuille.Chez Renaud-Bray (avenue du Parc), on reçoit Monique Proulx, Ginette Anfousse et Arlette Cousture et, finalement, à la librairie du square, le récipiendaire du prix Georges-Brassens, François Vigne, sera présent.D’autres activités se poursuivent en soirée, dont le «jar-dibrairie» de la librairie Hermès, où l’on discutera fleurs et bouquins avec Danielle Dagenais, Benoît Prieur et Marie Vermette.Les quatre librairies Champigny recevront, de 19h à 20h30, Michelle Tisseyre (Angrignon), Guy Parent (Laurier), Dany Laferrière (Côte-des-Neiges) et Martine Desjardins (Saint-Denis).La librairie Chapter’s finit la journée avec Trevor Fergusson et la librairie Garneau (rue Fleury) avec Jean Montbourquette.La Journée mondiale du livre est également célébrée dans toutes les régions de la province et chez plusieurs francophones hors Québec.Ainsi, à Sainte-Foy, à Moncton, à Alma, à Sherbrooke, à Sudbury, à Saint-Boniface, à Rimouski, à Vancouver, à Sorel et à Shippagan, comme dans plusieurs pays du monde, le livre et la rose seront à l’honneur pour souligner que, chaque année, environ 6,5 milliards de livres sont publiés, soit un pour chaque habitant de la planète.L o N \ O N DE[ EtlivAiwEt ET Et / * A (Nf E t E t l) i f PlEtENTE £ 1 c IN/PO-FESTIVAL (çiq.) 653-236 P/cÈf DE If0 ECIQvAiN/f, ACCOMPAGN/Ef DE M^f/C/EN/f, DE COMED/Eb/f, DE PE/N/TILEf, DE CiN/EAfTEf, i DAk/f DEf fAUEf DE fPECTACLEf, DEf Li&AAHUEf, DEf MOfEEf, m T - as I ?— § ^ MS - y.NEQ .ffîjtæ DEf C/N/EMAf ET DEf CAPEf.© ®scs.*lsx.LE DEVOIR assis Agression à la machette: deux adolescents blessés (PC) — Deux adolescents ont été blessés et six autres jeunes ont été arrêtés hier matin à la suite d’une agression à coups de machettes survenue dans le quartier Saint-Michel, au nord de Montréal.Selon la police de la Communauté urbaine de Montréal, les deux jeunes auraient été agressés par des membres d’un gang de rue.Its deux victimes souffrent de diverses lacérations.L’un d’eux a été blessé au bras, alors que l’autre a subi des blessures au cou et au dos.On ne craint cependant pas pour leur vie.La section anti-gang du Service de police de la CUM a arrête six suspects, dont deux jeunes adultes.De deux à quatre autres suspects sont parvenus à prendre la fuite.LES SAISONS LITTERAIRES TOMK 14 semestre printemps/été 1098 Guérin littérature 240 pages, 8,95 $ ESSAIS Georges Robert Albert Camus, l'Algérien 9 Anne Peyrouse Manigances du petit matin 9 Yvon Boucher Se mettre ait propre Toutes solitudes confondues FICTIONS Mare Mamias Salem! 9 Patrick Poucet Homère, un fœtus! Nise de la Bombarde interviewe Martin Beauvais 9 Paul-André Bibeau La tunique de peau 9 Monique G.Bédard Pêche diaphane Imbroglio Cordon Rouge 9 Serge Gauthier L'enfant de l’horrible quotidien Claude Forand À la mémoire de Georges 9 Sylvain Turner Im muse et la dédicace 9 Michel Langlois Le jugement Le cercle vicié Ut prédiction 9 Gérald Galarneau Le panier de Noël 9 Clo Morin Le guide de lecture 9 Nadia Bergeron Sentiment Michel l’erdrial Le téléphonage à son amoureux Confusément • Marguerite Paulin Car la diva Caria divague 9 Andrée Dion L'automne des silences Chacun son prix Paul et moi • Linda Amyot Im zone des tempêtes POÉSIES Robert Mailhot L'Orient-Express Les nocturnes de Freud Michel Roberge Femme 9 Gabriel Phaneuf Souvenirs glacés Désir Fantasme Faire épuiser la nuit Salomé L'étreinte Rédemption De porcelaine et d'alcool Ne t'en fais pas Hôtel de Venise GUÉRIN, éditeur Itée 4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Téléphone: (514) 842-3481 Télécopieur: (514) 842-4923 3 Adresse Internet : § http://www.guerin-editeur.qc.ca D1A I.K I) K V OIK, I.V.J E U I) I 2 3 A V K I I.I !» il S A 4 * M 0 N T R E A ?Fermeture de NovaBus et de Nova Fabteq Les TCA blâment la STCUM BRIAN MYLES LE DEVOIR Des employés de NovaBus et de Nova Fabteq, qui se retrouvent temporairement au chômage, ont manifesté hier devant le siège social de la STCUM.Les syndiqués, affiliés aux Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA), refusent de blâmer leur employeur, le géant Volvo, pour la fermeture des usines de Saint-Eustache et de Pierreville.Ils en ont plutôt contre la Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal (STCUM), qui a reporté en mars dernier l’achat de 110 véhicules à plancher bas.Il s’agit d’un contrat de 38,5 millions de dollars qui échappe pour l’instant à Nova.La STCUM est responsable de la fermeture des deux usines, estime Luc Desnoyers, le directeur québécois des TCA «Les bureaucrates insensibles de la STCUM devraient savoir qu 'il est normal qu ’une société publique québécoise achète des produits fabriqués au Québec», a Eliminé M.Desnoyers.La direction de NovaBus a pris la décision de fermer temporairement ses deux usines mardi parce que la STCUM a reEisé d'acheter des véhicules supplémentaires.Fait à souligner, la STCUM était en droit d’agir de la sorte.C’est en mars dernier que le conseil d’administration de la société de transport avait décidé de ne pas se prévaloir de son option d’achat sur 110 autobus à plancher bas.Le président du conseil, Yves Ryan, avait justifié la décision en invoquant le «déluge d’insatisfaction» ayant entouré la mise en service des planchers bas.Ces autobus ont reçu un accueil glacial des clients, qui s’y sentent généralement trop à l’étroit.Seule une poignée des 350 véhicules en service sur 111e de Montréal ont été corrigés par NovaBus à la satisfaction de la STCUM, d’où la décision de ne pas exercer l’option d’achat La STCUM ne compte pas acquérir de nouveaux véhicules tant et aussi longtemps que les réparations n’auront pas été effectuées sur «au moins une centaine» des autobus déjà en circulation.Luc Desnoyers a donné une tout autre explication au mécontentement de la clientèle hier.L’insatisfaction serait due «en grande partie à la fréquence des passages des autobus, à la réduction des services et au fait que les autobus sont toujours pleins à craquer».EN BREF Table ronde syndicale (Le Devoir) — Trois anciens présidents de centrales syndicales, Fernand Daoust (FTQ), Marcel Pépin (CSN) et Raymond Laliberté (CEQ), participent vendredi, avec l’historien Jacques Rouillard (Université de Montréal), à une table ronde sur le mouvement syndical et l’action politique dans les années Ç0 et 70.La table ronde se déroule à compter de 15h30, à l’Écomusée du fier monde (2020, rue Amherst), au terme d’une journée consacrée à un colloque sur le mouvement ouvrier et l’action politique.On y traitera entre autres de «la culture communiste au sein du mouvement ouvrier» dans les années 30, des Chevaliers du travail et du libéralisme progressiste.33-4 La Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal (STCUM) a modifié récemment les règles du jeu en matière de transport adapté par taxi.Le but?Obtenir un meilleur service de la part des chauffeurs de taxi, qui essuient de nombreuses critiques.BRIAN MYLES LE DEVOIR Gabrielle Huard prend le taxi deux fois par jour pour le travail.Un luxe?Au contraire, il s’agit plutôt d’un cauchemar pour la jeune femme atteinte de paralysie cérébrale.Elle peut attendre au coin de la rue des heures et des heures.Elle, comme des centaines d’usagers du transport adapté par taxi de la STCUM.Mme Huard est documentaliste à l’Association des regroupements des usagers du transport adapté du Québec (ARUTAQ).Elle a recours au transport adapté en raison de sa «démarche hésitante» et de son «équilibre précaire».Par un vendredi soir du mois de janvier, elle a attendu pendant plus de cinq heures un taxi qui n’est jamais venu.Il s’agissait d’une situation exceptionnelle, attribuable à la désormais célèbre crise du verglas.Mais un fait demeure: l'attente fait partie de son quotidien.Le sien et celui de centaines d’autres usagers.«On a une demi-heure de jeu», dit-elle.A titre d’exemple, si elle demande un transport pour 4h30, elle attendra au bas de l’édifice abritant les bureaux de l’ARUTAQ dès 4h20.«Mais c'est rare que le chauffeur est là avant 5h, parfois même 5h20.» En d’autres occasions, Gabrielle Huard s’est heurtée au manque de courtoisie des chauffeurs de taxi.Elle a besoin d’aide pour descendre un escalier et monter à bord d’un véhicule.Par un jour de pluie, un chauffeur a déjà refusé de lui prêter main-forte parce qu’il ne voulait pas se faire mouiller.L’année dernière, à la STCUM, 968 des 1380 récriminations formulées par des usagers du transport adapté concernaient l'industrie du taxi.En d’autres mots, le taxi fut la cible de sept plaintes sur dix.«On peut questionner l'éthique de certains chauffeurs de taxi», avance Marcel Latendresse, agent de soutien à l’Office des personnes handicapées du Québec.«Certains chauffeurs n'aiment pas faire du transport adapté, poursuit M.Latendresse.Ils vont s'arranger pour ne pas le faire ou bâcler.» Ces propos sont corroborés par Dominic Roy, p.-d.g.de la compagnie de taxi Diamond.«Un chauffeur va parfois s’arranger pour faire le sourd et le muet s'il reçoit un appel pour un transport adapté.Ça rend le service plus difficile.» Le blâme ne revient pas aux chauffeurs de taxi, mais plutôt à la STCUM, croit M.Roy.L’organisme public accordait jusqu’à récemment les différents contrats pour le transport adapté par taxi selon la règle du plus bas soumissionnaire.«Les compagnies ont coupé les prix» afin de mettre la main sur ces contrats, explique M.Roy.Cela signifie qu’un simple chauffeur touche de «10 à 20 % en moins» lorsqu’il fait du transport adapté.Pourquoi s’embêter quand les clients réguliers paient le plein tarif?«Tu ne peux pas, tout en coupant le prix au maximum, avoir un service de qualité raisonnable, dit M.Roy.La STCUM a récolté ce qu’elle a semé.» «Le problème, c’est que ce n’est pas rentable pour les chauffeurs», avoue Jacqueline Roosens, adjointe administrative à l’ARUTAQ.L’importance du prix Histoire d’atténuer les effets pervers de sa politique du plus bas soumissionnaire, la STCUM vie,nt d’introduire des critères de pondération.À l’avenir, un système de points déterminera l’adjudication des contrats.Ainsi, un maximum de 25 points seront alloués pour la qualité du service et un maximum de 75 points seront attribués pour le prix.Chez Diamond, Dominic Roy se montre plutôt froid à l’idée.«On sait très bien que le plus important pour la STCUM, c'est le prix.» A preuve, dans le nouveau système de pondération, le prix est trois fois plus important que la qualité, fait-il remarquer.Le directeur général de la STCUM, Jacques Fortin, veut donc rencontrer au cours des prochaines semaines les dirigeants des 11 compagnies de taxi engagées dans le transport adapté.«Il faut commencer à mettre de la pression», dit-il.Chez Diamond, Dominic Roy dit qu’il n’a toujours pas été contacté par la direction de la STCUM, à qui il reproche de ne pas consulter régulièrement ses partenaires.«Si on acceptait l’aide des compagnies de taxi pour diminuer les coûts, on ne serait pas obligé de demander aux chauffeurs des rabais au compteur», croit M.Roy.A l’Office des personnes handicapées, Ginette Desmarais, responsable du bureau régional de Montréal, insiste pour dire que le transport adapté n’est pas seulement une affaire de sous.«Il y a une dimension sociale, rappel-le-t-elle.Il ne s’agit pas seulement de faire des déplacements et de dire: “bye!"».Les taxis sont indispensables au bon fonctionnement du service de transport adapté de la STCUM, croit Mme Desmarais.En 1997,59 % des déplacements pour handicapés étaient effectués par taxi, un véhicule qui offre souplesse et rapidité.dans les conditions idéales.L’an dernier, 968 des 1380 récriminations formulées par des usagers du transport adapté concernaient l’industrie du taxi JACQUES NADEAU I.E DEVOIR En raison de sa démarche hésitante, Gabrielle Huard doit utiliser chaque jour le taxi dans le cadre de son travail.Pour cette raison, attendre fait partie de son quotidien.Du transport mal adapté Les personnes handicapées ont de bonnes raisons de se plaindre des taxis.De nouvelles règles d’attribution des contrats y changeront-elles quelque chose ?AVIS PUBLIC Commission scientifique et technique chargée d’analyser les événements relatifs à la tempête de verglas survenue du 5 au 9 janvier 1998, ainsi que l’action des divers intervenants La gravité et l’ampleur de la tempête de verglas qui a frappé plusieurs régions du Québec en janvier dernier, ont amené le gouvernement du Québec à créer une Commission scientifique et technique.Celle-ci a le mandat d’analyser les événements relatifs à ce sinistre ainsi que l’action des différents intervenants et de formuler à cet égard toute recommandation utile pour l’avenir.Le processus mis de l’avant par la Commission comporte deux volets : un d’étude et l’autre d’audiences publiques.Pour son volet étude, la Commission scientifique et technique a créé des groupes de spécialistes pour mener diverses recherches et analyses.Pour son volet audiences publiques qui comporte des écrits et des échanges avec la Commission, celle-ci recueillera tout avis de la population et d’organismes qui pourraient choisir de participer au processus.Vous désirez faire connaître vos perceptions, vos analyses ou vos recommandations à la Commission?Voici trois façons de le faire : Par avis Écrits : Vous pouvez exprimer vos commentaires par écrit à la Commission.Celle-ci considérera tous les avis écrits reçus avant le 10 septembre prochain.Par audiences publiques : Vous pouvez être entendu par la Commission au cours de rencontres publiques prévues à cette fin.Pour cela, vous devez soumettre un mémoire à la Commission.Ce mémoire doit être reçu au Secrétariat de la Commission au plus tard les 11 et 19 mai, 24 juillet et 14 août selon le calendrier des audiences publiques ci-dessous.Spécification du mémoire : Le mémoire doit être transmis en 25 exemplaires de format lettre (21,5cm x 25cm) relié de préférence avec boudin s’il a plus de 30 pages, avec interligne de 1 1/2 et imprimé d’un seul côté de la page.Il doit être accompagné d’autant d’exemplaires d’un bref résumé d’au plus deux pages.Par des forums de citoyens : Vous pouvez échanger de façon informelle avec la Commission dans le cadre de rencontres type « forum » qui se dérouleront pour une première fois le 27 mai à Montréal et subséquemment dans les localités où siège la Commission entre les 2 juin et 17 septembre.Calendrier des audiences publiques et inscriptions Mai-juin-août-septembre 1998 L- La Commission ouvre ses audiences avec les organisations qui ont joué un rôle majeur en relation avec les événements étudiés.Elles seront entendues entre les 5 et 21 mai à Montréal.DATE SECTEUR VISÉ LIEU DES AUDIENCES 05 mai national Montréal 06 mai national Montréal 07 mai national Montréal 08 mai national Montréal 13 mai national Montréal 14 mai national Montréal 15 mai national Montréal 21 mai national Montréal 2.- La Commission entend les organismes de la région de Montréal les 26,27 et 29 mai à Montréal.La date limite d'inscription avec le dennt du mémoire est le II mai à I7h00.DATE SECTEUR VISÉ LIEU DES AUDIENCES 26 mai île de Montréal Montréal 27 mai île de Montréal Montréal 29 mai île de Montréal Montréal 3.- La Commission reçoit des personnes et des organismes provenant des régions et MRC touchées par le sinistre entre les 2 et 18 juin.La date limite d'iascription avec le dépôt du mémoire est le 19 mai à I7h00.DATE SECTEUR VISÉ LIEU DES AUDIENCES 02 juin MRC Champlain Longueuil 03 juin La banlieue ouest de l’île de Montréal Dorval 04 juin MRC Beauharnois-Salaberry St-Urbain-Premier 09 juin MRC Vaudreuil-Soulanges Les Coteaux 10 juin MRC Lajemmerais Boucherville Il juin MRC Champlain Brossard 16 juin MRC Roussillon Delson 17 juin MRC Les-Jardins-de-Napierville Napierville 18 juin MRC Le Haut-Saint-Laurent Huntingdon 4.- La Commission reçoit des personnes et des organismes provenant des régions touchées par le sinistre entre les 11 août et 3 septembre.La date limite d’inscription avec le dépôt du mémoire est le 24 juillet a I7h00.DATE SECTEUR VISÉ LIEU DES AUDIENCES 11 août MRC Les Collines de l’Outaouais Chelsea 12 août Communauté urbaine de l’Outaouais Hull 13 août MRC Rouville Marieville 18 août MRC Le-Haut-Richelieu Iberville 19 août MRC La Haute-Yamaska Canton Granby 20 août MRC La Vallée-du-Richelieu Beloeil 25 août MRC Les Maskoutains St-Hyacinthe 26 août MRC Acton Acton Vale 27 août MRC Drummond Drummondville 01 sept Estrie Sherbrooke 02 sept MRC Brome-Missisquoi Cowansville 03 sept MRC de l’Amiante Thetford 5.- La Commission reçoit les organismes nationaux, les organismes des régions où la Commission n’a pas siégé ainsi que des experts de diverses disciplines entre les 9 et 17 septembre à Montréal.La date limite de l’inscription avec le dépôt du mémoire est le 14 août à I7h(ll) DATE SECTEUR VISÉ LIEU DES AUDIENCES 09 sept national Montréal 10 sept national Montréal 15 sept national Montréal 16 sept national Montréal 17 sept national Montréal Veuillez adresser les textes, les mémoires, la correspondance et les demandes de renseignement à: Monsieur Jean-Claude Lavcrgnc, ADM.A.Secrétaire général de la Commission 1200, Avenue McGill College, Bureau 2020, 20 étage Montréal, (Québec) H3B 4G7 Téléphone: (514) 864-2735 télécopieur: (514) 864-1665 Téléphone: sans frais: 1-800-550-5597 I.K I) K V (il li .I.K .1 K T II I A V I! I I.I !» !» S Sirros applaudit au rapport d’experts sur Hydro Les parlementaires québécois ont proposé au gouvernement plusieurs modifications au Flan stratégique d’Hydro-Québec.Ils constatent aujourd'hui que le Comité consultatif d’Hydro-Québec partage plusieurs de leurs priorités et leur a fait découvrir le problème du «blanchiment» de mégawatts.LOUIS-GILLES F R A N C (E U K LE DEVOIR Les experts regroupés par Hydro-Québec au sein du Comité consultatif en environnement et collectivités «disent sensiblement la même chose qu ont dit récemment et unanimement les députés des deux côtés de la Chambre, c’est-à-dire qu’il faut démontrer la rentabilité des exportations d’électricité, plutôt que de la postuler, et faire de l'efficacité énergétique la priorité du Plan stratégique d'Hydro-Québec».C’est en ces termes qu’a réagi, à l’Assemblée nationale, le député libéral de Laurier, Christos Sirros, aux deux «avis» de ce comité consultatif que publiait Le Devoir dans son edition d’hier.Le député Sirros préside la Commission parlementaire de l’économie et du travail, qui vient de déposer son rapport sur le Plan stratégique d’Hydro-Québec.M.Sirros a confirmé que sa commission avait reçu la semaine dernière les deux avis du comité d’Hydro-Québec et qu’il en avait pris personnellement connaissance au début de la semaine.Hydro-Québec avait commencé par consentir au dépôt des deux avis auprès de la commission pour ensuite refuser de le faire.la commission parlementaire a recommandé au gouvernement d’amender le Plan stratégique d'Hydro de façon à faire réaliser — avant d’investir à fond dans cette stratégie — «des études approfimdies sur les risques financiers que comporterait la construction d’équipements de production d’électricité destinée au marché d'exportation pour la société d'Etat et pour les consommateurs québécois, d'après différents scénarios».M.Sirros admet que le comité va un cran plus loin en demandant à Hydro de démontrer non seulement le «bien-fondé environnemental, social et économique» des exportations mais aussi de vérifier si cette rentabilité globale justi- fie «d’exploiter des ressources hydrauliques patrimoniales à des fins d'exportation».Cependant, précise le président de la commission, «c’est implicite dans la position des députés car ce qu'ils disent fondamentalement, c'est: est-ce que le jeu en vaut la chandelle, c'est-à-dire sur les plans économique et environnemental, bien sûr».Globalement, ce rapport d’experts d’Hydro-Québec «augmente le fardeau de la preuve du gouvernement et en particulier de la politique suivie par le ministre des Ressources naturelles, Guy Chevrette», ajoute M.Sirros.Mais ce dernier a surtout été impressionné par la recommandation du comité visant à redonner la priorité aux économies d’énergie.Ces économies semblent avoir été passées aux profits et pertes depuis la politique du trois cents du président André Caillé.A ce prix-frontière, très peu de projets d’économies d’énergie ont pu survivre.Mais les députés de la commission, indique M.Sirros, pensent qu’il faut, au contraire, faire le plein de mégawatts du côté de l’efficacité énergétique et les vendre aux Américains pour payer, grâce à cet argent, la modernisation du plus grand nombre possible de résidences, de commerces et d’entreprises québécoises, dont la valeur serait ainsi augmentée en plus de rapporter des dividendes à long terme au gouvernement par l’entremise de la vente de l'énergie économisée.«En plus de faire payer en grande partie par les Américains l’amélioration des résidences et commerces sur le plan énergétique, poursuit-il, on obtiendrait trois avantages économiques qui compenseraient avantageusement pour la légère perte comptable qui pourrait en résulter.Im recherche d’efficacité énergétique crée plus d'emplois, disperse les retombées dans toutes les régions et alimente un plus grand nombre de secteurs industriels que la construction de gros projets localisés, loin des centres urbains.» Le critique de l’opposition dit avoir été par ailleurs fort intéressé par le jugement porte par le groupe d’experts sur le «blanchiment» de mégawatts achetés aux États-Unis, ce à quoi personne n’avait songé jusqu’ici.«Effectivement,.si on revend de l'énergie malpropre sous étiquette d'énergie propre quelques mois plus tard, ça diminue l'intérêt de ces ventes», conclut Christos Sirros.Déportation expéditive d’un Dominicain Les avocats réclament une enquête publique CAROLINE MONT PETIT LE DEVOIR Ly association québécoise des avocats en droit de l’immi-1 gration réclame une enquête publique sur les circonstances entourant la déportation de Ramon Mercedes.M.Mercedes est ce Dominicain venu au Canada caché à l’intérieur d’un conteneur, sur le cargo Eccliper, et dont les deux pieds ont dû être amputés à la suite d’engelures.Quelques jours à peine après ses opérations aux pieds, M.Mercedes a été renvoyé dans son pays par l’immigration canadienne.Et selon ses avocats, il aurait été laissé à l’aéroport de Las Americas sans soins, sans médicaments, et sans même qu’on prenne la peine de téléphoner à ses parents.Cette enquête publique, qui devrait jeter la lumière sur les personnes étant intervenues dans cette affaire, pourrait permettre d’entamer des poursuites criminelles contre la compagnie d’assurances et le capitaine du bateau, que l’on sait appartenir à une compagnie panaméenne, mais dont on ignore toujours l’identité.Rappelons que Ramon Mercedes, 23 ans, s’est embarqué clandestinement le 9 mars 1998 à bord d'un cargo qui quittait Saint-Domingue pour le Canada.Le 14 mars, il a commencé à sentir que ses pieds étaient gelés et a appelé au secours.Les autorités du cargo l’auraient alors mis dans une cellule, et auraient placé ses pieds dans de l’eau très chaude pour les dégeler.En plus de ses engelures, M.Mercedes a donc eu les chevilles brûlées au deuxième degré, selon son avocate au Canada, M' Gisèle Saint-Pierre, Cette dernière affirme que le capitaine du bateau a failli à son devoir de «porter assistance à une personne en danger» en n’émettant pas de signal d’urgence réclamant l’as- sistance d’un autre bateau.Une fois arrivé au port de Ixi Baie, au Saguenay, M.Mercedes a rencontré des agents de l’immigration durant toute une journée avant d’être admis à l’hôpital.Ceux-ci, toujours selon M' Saint-Pierre, lui auraient d’ailleurs signifié, à ce moment-là, qu’il n’était pas admissible au statut de réfugié.«Les agents de l’immigration ont jeté un discrédit et une honte terrible sur la société canadienne», a soulevé M' Saint-Pierre, qui croit que la hâte avec laquelle a été traité le cas de M.Mercedes est «tout à fait anormale».Il aurait ensuite été transféré à l’hôpital Hôtel-Dieu, à Montréal, où il a subi trois opérations en neuf jours.Dès le 28 mars 1998, les autorités du ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration entreprenaient des démarches pour obtenir sa déportation, et le 4 avril il montait à bord d’un avion accompagné de deux agents de l’immigration, menottes aux poings, pour être abandonné à l’aéroport six heures plus tard.Or une dizaine de «réfugiés», provenant d’un peu partout dans le monde, arrivent tous les mois dans le port de Montréal seulement.Ces visiteurs, qui arrivent généralement en bonne santé, sont également admis au Canada, et le traitement de leurs demandes de statut de réfugiés peut prendre de quatre mois à deux mis.En conférence de presse hier, M' Saint-Pierre a laissé entendre que les agents de l’immigration pourraient avoir disposé rapidement du cas de M.Mercedes pour éviter que celui-ci ne devienne la charge du système de santé canadien.«Les coûts» liés à son traitement pourraient avoir justifié leur attitude, dit-elle.Pour sa part, le ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration n’a pas rappelé le Devoir hier concernant le cas Mercedes.Explosion dans une usine JACQI’I-S GREN1KK I I DEVOIR Urynnnuh x gpp DEUX employés discutent à la suite de l'explosion qui a fait une trentaine de blessés hier, dont trois grièvement, dans une usine de fabrication de sabots de frein, à Saint-Laurent, près de Montréal.Parmi les blessés, 22 ont dû être hospitalisés, souffrant de problèmes respiratoires, de brûlures ou de choc nerveux.Trois d'entre eux ont été sévèrement brûlés.C’est un four électrique de l'entreprise Laboratoires Fasa Friction qui a explosé peu après 13h, pour une raison encore indéterminée.L’usine a été évacuée après l’explosion.Les pompiers ont rapidement maîtrisé l'incendie, tandis que les policiers et les responsables d’Urgence Santé examinaient les personnes blessées afin de déterminer la gravité de leur cas.Ce n’est pas la première fois qu’un incident du genre survient à cette usine, située dans un secteur industriel de Saint-Laurent, au centre-ouest de file de Montréal.Marc Parent, porte-parole de la police de la Communauté urbaine de Montréal, a confirmé qu’un problème semblable était survenu à cet endroit l'année dernière.Des représentants de la Commission de la santé et de la sécurité au travail se sont rendus sur les lieux hier pour faire enquête.2 3 AVRIL 19 9 8 JOURNÉE MONDIALE DU LIVRE ACHETEZ UN LIVRE, RECEVEZ UNE ROSE En cette journée mondiale du livre, tous les acheteurs de livres recevront des librairies participantes une rose, symbole de la journée mondiale du livre.Rencontres d’auteurs, lancements, conférences, promotions, colloques, se dérouleront à travers les librairies et divers lieux culturels M > • -ÿ;/ .ensa que «ou«*« - .tendit les claqUen£ * aussi des aboies lÉÈÈkïuÂ','Les ¦-* v-, M Informez-vous auprès de votre libraire bu de l’Association nationale des éditeurs de livres.¦k «if V, '( //^ O'"-* CONSE II UESy^üls IJNEO cy Quttxx s: DES EDITEURS Df LIVRÉS ASSt H a AT K NATIONAL! I.L DEVOIR 1*1 Patrimoine Canadian canadien Heritage Bibliothoqa* national* du Quabac r L E I) K V OIK, I.K .1 E T I) I 2 » A V KM.I !» !» X A 6 —- LE DEVOIR ?- POLITIQUE Le manque à gagner de 53 millions à Montréal Conseil de la langue française La solution Perreault ne fait pas l’unanimité au Conseil des ministres MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le ministre d’État à la métropole, Robert Perreault, n’a pas réussi à convaincre ses collègues au gouvernement que l’idée d’une société en commandite est la meilleure solution pour combler le manque à gagner de 53 millions au sein du budget 1998 de la Ville de Montréal.M.Perreault souhaite que Québec contribue, par cette société, au financement d’équipements régionaux comme le Biodôme et le Jardin botanique, mais l’unanimité ne règne pas à ce sujet au Conseil des ministres.«Ce que tout le monde souhaite, c'est de trouver une vraie solution, a déchiré hier le ministre de la Métropole, une solution qui fonctionne, qui rejoint tant les préoccupations budgétaires du gouvernement que de la Ville, qui répond à divers objectifs.Alors, il est un peu trop tôt à ce moment-ci pour enfermer tout ça dans une formule définitive et précise.Je pense qu’on a encore besoin de quelque temps.» M.Perreault a précisé qu'il pourrait s'agir en fait de quelques semaines afin de poursuivre les discussions au sein du gouvernement Bouchard.Avant Pâques, le ministre Perreault prévoyait pourtant une décision imminence, mais il semble que c’est encore loin d’être le cas.la question n’a pas été abordée hier lors de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres.Le ministre Perreault comptait y défendre son idée de société en commandite devant certains ministres qui suggèrent plutôt l’achat de sociétés paramunicipales.«Ily en a d'autres [solutions].Moi, c’est la mienne, a ajouté M.Perreault.Je pense que celle-là est facilement atteignable.On verra.» En fait, tous les fils ne sont pas encore attachés, laisse-t-on savoir du côté du ministère des Finances.L’absence du directeur général du gouvernement, Michel Carpentier, victime d’un grave accident de voiture, compliquerait la bonne marche de plusieurs dossiers, mais pour ce qui est du manque à gagner de 53 millions à Montréal, le gouvernement n’est vraiment pas prêt à faire une annonce malgré les pressions effectuées par le ministre Perreault sur ses collègues pour faire accepter sa proposition de société de commandite.M.Perreault dit avoir l’appui de la Ville.«Nous convenons qu’il y aurait là des éléments de solution.Certains de mes collègues ont réfléchi à d'autres hypothèses.On en discute, on les jauge les unes les autres et, dès que le Conseil des ministres aura pris ses décisions, on les annoncera.» Le problème financier de 125 millions de la Ville de Montréal a été réglé temporairement par une loi de l’Assemblée nationale l’autorisant à boucler son budget.Québec s’est engagé à aider ensuite Montréal à colmater cette brèche.Déjà, 72 millions seront récupérés par des ententes signées avec les syndicats sur une récupération des coûts de main-d’œuvre de l’ordre de 6 %.Il reste donc un dernier 53 millions à trouver.Le ministre de la Métropole dit souhaiter en finir avec cette question le plus rapidement possible pour pouvoir passer à autre chose.«De façon générale, à Montréal, la reprise est là.Les emplois sont là et le climat est meilleur.» Les élections scolaires se tiendront le dimanche 14 juin LE DEVOIR Les élections scolaires auront lieu le dimanche 14 juin prochain.Iœ Conseil des ministres a donc donné suite au souhait de la Fédération des commissions scolaires du Québec, tout à fait opposée à la date du lundi 22 juin.Cette dernière date avait été proposée par la ministre de l’Education, Pauline Marois, qui avait fait valoir que la participation au scrutin scolaire, désespérément basse, aurait pu être plus importante un lundi.Mais les commissions scolaires ont rejeté cet argument, disant préférer le dimanche, pour des raisons d’organisation mais aussi parce que le 22 juin leur semblait dangereusement proche du 24 juin, jour de la Saint-Jean-Baptiste, période plus propice aux vacances qu’à des élections.En annonçant hier la date du scrutin scolaire, Mme Marois a cependant reconnu que les nouveaux candidats auront, en étant élus le 14 juin, suffisamment de temps pour siéger dès le premier juillet s’ils le désirent.Enfin, pour le scrutin de 2002, Mme Marois indique qu’elle est prête à examiner la possibilité de jumeler les élections scolaires avec les élections municipales.Cette suggestion a été formulée la semaine dernière par le critique de l’opposition officielle en matière d'éducation, François Ouimet, qui a émis l’opinion qu'il aurait fallu discuter de toute cette question bien avant, de manière à assurer une participation digne de ce nom au scrutin de cette année.Le tout prem îer ivre le manuel scolaire 1 our bien des élèves, le manuel scolaire constitue le tout premier livre, celui qui permet d’accéder d’abord à la maîtrise de la lecture et de l’écriture, puis à l’apprentissage de toutes les autres matières.Le manuel scolaire constitue le principal instrument d’application des programmes d’études.Autant les parents que les enseignants le reconnaissent.Le manuel est l’auxiliaire le plus efficace de l’école pour accomplir sa mission essentielle : développer chez l’enfant toutes les compétences nécessaires à son épanouissement.En cette Journée mondiale du livre, les éditeurs de manuels scolaires de l’Association nationale des éditeurs de livres sont particulièrement fiers de se joindre à tous ceux et celles qui aujourd’hui célèbrent le livre, porte ouverte sur tous les savoirs.I.1: 2 3 AVRIL, 1998 TOURNÉE MONDIALE DU LIVRE ASSOCIATION NATIONALE DES ÉDITEURS DE LIVRES De mauvaises notes de français à l’Etat et aux médias Le Conseil de la langue française colle des mauvaises notes à la suite des examens de français qu’il a fait subir à l’État et aux médias.Selon l’organisme, la langue dans laquelle l’administration publique communique avec les citoyens manque de clarté et est parfois incompréhensible.Il égratigne également au passage l’Office de la langue française qui, selon lui, rempli mal son rôle et souligne la piètre qualité du français écrit et parlé dans les médias.PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Le Conseil de la langue française s’émeut du constat selon lequel l’État communique avec les Québécois dans une langue qui manque trop souvent de clarté, qui est parfois incompréhensible.Aussi propose-t-il un train de mesures correctrices.Préparé à l’intention de la ministre responsable de l’application de la Charte de la langue française, Louise Beaudoin, l'avis du CLF conclut que l’administration publique doit prendre les moyens nécessaires «pour s’adresser à la population non seulement dans un français correct mais aussi dans une langue claire qui puisse être comprise de l’ensemble des citoyens».Cet objectif, précise le CLF, devrait d’abord être mis en pratique dans les textes normatifs (lois, règlements, conventions collectives, contrats), dans les documents d’information destinés au grand public et dans les formulaires.Des mécanismes devraient être instaurés pour s’assurer que les documents provenant de l’administration soient soumis à une révision linguistique.Il faudrait aussi contrôler, lors du recrutement des fonctionnaires, la qualité du français des personnes susceptibles d’avoir à communiquer en français avec le public.Dans cette étude, à laquelle les médias n’ont pas encore fait écho, le Conseil de la langue française met en lumière les déficiences de son proche cousin, l’Office de la langue française.Dans un premier temps, le CLF souligne le retrait progressif des questions de langue générale dans les publications de l’OLE Or il rappelle que, conformément au mandat que lui confère la Charte de la langue française, l’OLE doit jouer un rôle essentiel pour guider l’usage linguistique des Québécois soucieux d’utiliser une langue correcte.Dans cette perspective, le CLF juge essentiel que l’OLF continue d’offrir ses services d’assistance linguistique à la population en général, aux entreprises et à la fonction publique, celle-ci étant entendue au sens large (ministères, organismes gouvernementaux, parapublics et péripublics).Le grand public continue toujours de solliciter les avis de l’OLF dans des questions de langue générale (orthographe, féminisation, grammaire, etc.), notamment en s’adressant à son service des consultations.Le CLF en conclut donc qu’il y a un besoin.Toutefois, à la suite de décisions administratives prises dans le cadre des compressions budgétaires, l'OLF a réduit l’offre de ses services, de sorte que le nombre d’appels téléphoniques, qui allait croissant jusqu’en 1991, a diminué, puis s’est stabilisé.Depuis mai 1996, il en coûte 5 $ par appel pour avoir acçès au service de consultations téléphoniques de l’OLE À la suite de l’établissement de ce tarif, les demandes de renseignement ont chuté de 94 (XX) à 20 000.Le CLF croit que l’OLF doit maintenir ses services d’assistance linguistique destinés à améliorer la qualité de la langue générale.Faisant valoir que l’OLF a, à cet égard, un rôle essentiel à jouer, le CLF considère que ce rôle ne pourra qu’être facilité si l’OLF maintient la gratuité de ses services.Sous le titre Maîtriser la langue pour assurer son avenir, les sociolinguistes du Conseil de la langue française se sont aussi penchés sur la piètre qualité du français écrit et parlé dans les médias.A leur avis, la principale cause des problèmes de qualité de la langue dans les médias réside dans l’insuffisance de la formation linguistique des communicateurs.Il leur apparaît évident que la formation professionnelle des journalistes et des agents de communication ne fait pas une place suffisante à la correction linguistique.Quand une entreprise de presse recrute un nouvel employé, tout est à fairç pour lui donner une maîtrise satisfaisante de sa langue.A leur arrivée à l’université, les étudiants en communication devraient avoir déjà acquis une bonne maîtrise du français.Mais chez plusieurs étudiants, il y a non seulement un problème de langue mais un problème d’organisation de la pensée qui se manifeste dans une mauvaise construction de phrases et une mauvaise structuration des paragraphes.A ce propos, le CLF a formulé deux recommandations à l’intention de la ministre Louise Beaudoin, du gouvernement, des entreprises de presse et des institutions d’enseignement: ¦ faire en sorte que la qualité de l’expression, écrite ou orale selon le cas, soit un critère déterminant lors du recrutement des communicateurs; ¦ que l’on améliore la formation des communicateurs et que les programmes de communications, spécialement les programmes de journalisme, assurent la maîtrise d’un niveau supérieur de français.Le Conseil de la langue française recommande enfin que l’on révise les programmes de formation des maîtres pour s’assurer que tous les professeurs qui enseignent en français, ou qui enseignent le français, auront acquis une maîtrise supérieure de la langue française.«Il faut que l’acquisition d'une langue correcte, tant à l'oral qu'à l'écrit, devienne un aspect majeur de la formation des maîtres.Cela est encore plus vrai pour les maîtres de français.» Rapport du sous-comité des Communes Mieux former policiers et douaniers en matière d’enlèvement d’enfants LOUISE LEDUC LE DEVOIR Un contrôle accru aux frontières, un meilleur partage de renseignements entre les différents corps de policiers et douaniers, une aide financière aux parents: voilà quelques-unes des quatorze recommandations consignées dans un rapport traitant de l’enlèvement international d’enfants, déposé hier à la Chambre des communes.«Les policiers doivent comprendre l’importance de ces questions», rappelle Colleen Beaumier, députée libérale dans Brampton-West et Mississauga et présidente du sous-comité des droits de la personne et du développement international.«Quand des femmes appellent pour dire qu’elles craignent que leur enfant soit enlevé par leur conjoint, trop de policiers les considèrent encore comme des mères hystériques qui partent en peur pour rien.» Policiers et douaniers doivent recevoir une meilleure formation en matière d’enlèvements d’enfants, selon le rapport.Plus encore, une politique exécutoire devrait obliger les policiers à signaler en bonne et due forme les cas présumés d’enlèvements d’enfants au Bureau d’enregistrement des enfants disparus.Le sous-comité recommande aussi que la ministre fédérale de la Justice envisage avec les ministres provinciaux l’établissement d’un fonds à coûts partagés pour défrayer ies dépenses liées aux voyages et aux services juridiques des parents dont les enfants ont été victimes d’un enlèvement par l’autre parent et emmenés dans d’autres pays.Selon je rapport, les parents à la recherche de leurs enfants déboursent pour la plupart entre 20 000 et 50 000 $ en démarches de toutes sortes, sans compter ceux qui «doivent hypothéquer trois ou quatre fois leur maison pour pouvoir ramener leur enfant».Iœ sous-comité recommande aussi que le ministre des Transports, de concert avec les gouvernements provinciaux et territoriaux et l’industrie du transport aérien, étudie «la faisabilité d’implanter un processus visant à vérifier la preuve documentaire selon laquelle les deux parents acceptent que leurs enfants de moins de 16 ans effectuent un voyage international avant que des billets d'avion soient émis».L’expansion de l’immigration, du tourisme international, des voyages d’affaires et du commerce à l’échelle planétaire a créé des conditions propices aux mariages entre gens de nationalités et de cultures différentes.Conjugués à la hausse du taux de divorce, ces facteurs ont multiplié les cas d’enlèvements d’enfants, souligne encore le rapport déposé hier.Dans ces conditions, le sous-comité recommande au Barreau du Québec et à l’Association du Barreau canadien «d'envisager d’autres procédures de divorce et de garde afin de prévenir les enlèvements internationaux d'enfants, comme de limiter, le cas échéant, les voyages et/ou d’exiger des parties qu’elles remettent tous leurs passeports au tribunal pendant qu’elles ont la garde de l’enfant».Parmi les autres recommandations d’importance, soulignons enfin le souhait d’une modification de l’article 283 du Code criminel de façon à mieux orienter les tribunaux quant au caractère criminel des enlèvements par un des parents en l’absence d’une ordonnance de garde.Selon le Centre d’information de la police canadienne, 409 enfants canadiens ont été enlevés en 1996 par leur père ou par leur mère.Jospin en visite au Québec en juillet Kouchner le précédera dans deux semaines MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le premier ministre français, Lionel Jospin, viendrait en visite officielle au Québec et au Canada du 9 au 11 juillet prochain, selon le consulat général de France à Québec.M.Jospin rencontrerait d’abord le premier ministre Chrétien à Ottawa, avant de se rendre à Québec pour visiter le premier ministre Bouchard.Les dates et le programme de cette visite officielle restent toutefois à confirmer.Au gouvernement du Québec, on refuse de confirmer la visite du premier ministre Jospin, soulignant qu’il revient d’abord et avant tout au gouvernement français d’en faire l’annonce.On mentionne cependant que les mois de mai et de juin sont à écarter comme périodes disponibles.Le premier ministre Bouchard se rendra aux Etats-Unis à la mi-mai et il participera au mois de juin aux travaux de la session intensive à l’Assemblée nationale.Deuxième rencontre officielle en moins d’un an, cette visite de M.Jospin au Québec ferait suite au voyage du premier ministre Bouchard en France a l’automne dernier.Après quelques années de laisser-aller dans ces rendez-vous annuels, durant le règne libéral à Québec, les gouvernements français et québécois ont renoué avec le principe de l’alternance des visites officielles avec le retour du Parti québécois au pouvoir en 1994.En janvier 1995, le premier ministre Jacques Parizeau s’est rendu en France.L’année suivante, son homologue Alain Juppé avait visité le Québec, une première visite en neuf ans pour un chef de gouvernement français.Et l’automne dernier, M.Bouchard a effectué une visite officielle en France.De son côté, le secrétaire d’État chargé de la santé en France, Bernard Kouchner, sera lui aussi en visite officielle chez nous dans deux semaines, soit les 4 et 5 mai.11 rencontrera ses homologues de la Santé canadien et québécois, notamment, pour discuter du dossier controversé de l’amiante, mais aussi des projets de carte à puce que la France, comme le Québec, veut mettre sur pied.Dans le dossier de l’amiante, M.Kouchner aura dans ses cartons, lors de sa visite, un rapport d’une mission d’experts français qui sont venus au mois de mars faire le point sur l’amiante québécois.Rattachée à la ministre de l’Emploi et de la Solidarité française, Martine Aubry, et ancien titulaire de la Santé, M.Kouchner, à titre de secrétaire d’État à la santé, est désormais responsable de la direction générale de la santé, des hôpitaux et de la sécurité sociale.Il dispose également de la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie. I.Y I> K V Il I It .I.K .1 I I I) I A V KM.I ü !» S CAMBODGE Les Khmers rouges proposent la paix REUTERS Bangkok — Les Khmers rouges ont déclaré hier avoir envoyé une proposition de paix au gouvernement cambodgien et avoir pris le nom de Parti de la Solidarité nationale.Leur offre a toutefois été promptement repoussée par le ministre cambodgien de la Défense Tea Banh.«Nous avons adressé voici quelques jours une proposition de paix en trois points au gouvernement de Phnom Penh et nous envisageons avec optimisme sa prise en considération», a déclaré par téléphone à Reuters le général Khein Ngun, chef militaire des Khmers rouges basé près d’Anlong Veng, dans le Nord du Cambodge.«Notre première condition est de parvenir à une réconciliation nationale où toutes les parties annoncent la fin d'une guerre qui n’a ni vainqueur, ni vaincu», a-t-il dit.«Un gouvernement national devra être constitué pour diriger le pays pendant une période de transition.Ensuite, des élections générales devront être organisées sous le contrôle des Nations unies», a-t-il ajouté.Des élections sont déjà prévues pour le 26 juillet.Khem Ngun a ajouté être le nouveau commandant militaire des Khmers rouges en remplacement de Ta Mok, qui a d’après lui pris sa retraite.Formulée moins d’une semaine après la mort de Pol Pot.ancien chef des Khmers rouges, sa déclaration coïncide avec des opérations intensives de l’armée cambodgienne contre les dernières poches du mouvement.Elle paraît avoir peu de chances d’être acceptée par Phnom Penh.I )ans la capitale cambodgienne, le ministre de la Défense Tea Banh l’a en effet estimée sans intérêt.«Ce ne sont que des mots, ça ne vaut rien,» a-t-il dit à Reuters en se déclarant par ailleurs très sceptique sur la «retraite» prêtée à Ta Mok.EN BREF L’ONU condamne la répression au Kosovo Genève (Reuters) — Di Commission des droits de l’homme de l’ONU a adopté hier une résolution américaine condamnant la violente répression exercée par les forces de sécurité serbes contre les Albanais du Kosovo.Le texte exhorte Belgrade à tenir des pourparlers inconditionnels avec les autorités de la province séparatiste à majorité albanaise mais ne remet pas en question l'intégrité territoriale de République fédérale de Yougoslavie.La résolution a été adoptée par 41 voix pour et 12 abstentions, dont celles de deux membres du Conseil de sécurité — la Chine et la Russie.Ce vote intervient la veille d’un référendum national organisé par le président yougoslave Slobodan Milosevic pour obtenir le soutien de la population dans son bras de fer avec les Occidentaux.Par ailleurs, des diplomates de l’OTAN ont fait savoir hier que la Yougoslavie avait envoyé des troupes à sa frontière avec l’Albanie, sans préciser l’ampleur du déploiement.Ces mouvements coïncident avec une nouvelle opération de la police serbe contre certains villages du Kosovo.États-Unis: exécution d’un Hondurien Phœnix (Reuters ) — Un ressortissant hondurien a été exécuté par injection hier aux Etats-Unis en dépit d’un appel de dernière minute lancé par le président du Honduras, Carlos Roberto Flores, a-t-on appris de source carcérale.Jose Roberto Villafuerte, condamné pour le meurtre de sa compagne en 1983, est décédé à 3hl8 dans un complexe carcéral au sud-est de Phœnix, en Arizona.Depuis son arrestation, il n’a cessé de clamer son innocence.Son exécution est intervenue dans une certaine confusion de recours légaux, parmi lesquels la réunion extraordinaire d’un comité chargé d’accorder sursis et amnisties.le Bureau des clémences de l’Arizona a cependant rejeté l’appel de Villafuerte par quatre voix contre une après avoir reçu un appel téléphonique du président hondurien, le Vatican a également tenté d’intercéder en faveur de Villafuerte, a-t-on appris de source officielle.Le Honduras faisait valoir que Villafuerte n’avait pas eu accès aux représentants consulaires de son pays, comme le prévoit la convention devienne sur les relations internationales.Les derniers recours avaient été rejetés lundi par la Cour d'appel qui a estimé que ses droits indivuels n’avaient pas été négligés.12 519 «liquidateurs» de Tchernobyl sont morts Kiev (AFP) — 12 519 personnes envoyées à Tchernobyl pour murer le réacteur nucléaire qui a explosé en 1986 et nettoyer la zone sont décédées dans les douze ans qui ont suivi cette catastrophe, a déclaré hier le ministre ukrainien de la Santé, Andry Serdiouk.C’est la première fois qu’un chiffre aussi important est reconnu par les autorités ukrainiennes.Au lendemain de la catastrophe, un bilan officiel avait fait état de 31 morts.En 1995, le ministère ukrainien de la Santé avait toutefois reconnu le chiffre de 5 722 victimes parmi le personnel envoyé dans la zone.Selon le ministère de la Santé, 350 000 personnes en Ukraine ont participé à la liquidation des conséquences de Tchernobyl, d’où ils ont tiré leur surnom de «liquidateurs».Les liquidateurs souffrent souvent de cancers de la thyroïde, de leucémie et de maladies cardiovasculaires, a indiqué M.Serdiouk lors d'une conférence de presse.«83 % des liquidateurs sont malades», avait de son côté indiqué le ministre ukrainien pour les Situations d’urgence, Valéry Kaltchenko.Un vote pour l’euro Paris (AFP) — L’Assemblée nationale française a adopté hier par 334 voix contre 49 (sur 395 votants et 383 suffrages exprimés) la proposition de résolution sur les recommandations de la commission européenne pour le passage à la monnaie unique.les libéraux et centristes de l’UDF de l’op-position de droite, le Parti socialiste et les Verts avaient annoncé leur intention de voter pour.Le Parti communiste français et le Mouvement des Citoyens du ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement faisant partie de la coalition de la gauche plurielle au pouvoir, ont voté contre.Les gaullistes du RPR avaient décidé finalement de ne pas prendre part au vote.Au dernier moment l’ancien premier ministre RPR Alain Juppé, qui était personnellement favorable à un vote ixnir, a donné l’impression d’hésiter.Il a finalement suivi ses collègues du RPR.A 7 -?LE DEVOIR ?-— LE MONDE Kigali exécutera publiquement une vingtaine de condamnés Jean-Christophe Mitterrand dément toute diplomatie secrète au Rwanda 130 000 personnes sont actuellement emprisonnées au Rwanda, en rapport avec le génocide de 1994.Les premières exécutions auront lieu demain.En France, la mission d’information parlementaire sur la politique africaine de l’Hexagone poursuit ses travaux.REUTERS ET AP Kigali et Paris — Le Rwanda procédera demain à l’exécution d’une vingtaine de personnes condamnées pour le génocide du printemps 1994, a annoncé hier le ministre de la Justice, Faustin Nteziryayo.Ces exécutions, les premières depuis le début des procès des 130 000 suspects emprisonnés, auront lieu en public, a précisé le ministre.Lors du conseil des ministres de lundi, le président Pasteur Bizimungu a rejeté une demande de grâce pour les condamnés à mort.«Les dossiers des autres condamés ayant sollicité la clémence du président n 'ont pas encore été étudiés», a ajouté Faustin Nteziryayo.Les exécutions auront lieu au stade de football Nyamiram-bo de Kigali ainsi que dans quatre autres villes de province: Nyamata (province de Kigali), Murambi (province nord-est d’Umutara), Gikongoro (sud) et Cyasemakamba (est).L’identité des suppliciés et la façon dont ils vont être exécutés n’ont pas été précisées.On s’attend toutefois à ce que les condamnés soient fusillés.«À travers ces exécutions, nous espérons faire comprendre que la vie humaine de tout Rwandais est sacrée, a expliqué le ministre de la Justice.C’est une preuve de la détermination sans borne du gouvernement rwandais de punir tous ceux qui sont derrière les atrocités de 1994 aussi bien que ceux qui souhaiteraient continuer ce génocide dans certaines régions du Rwanda.» En 1994, quelque 800 000 personnes — pour la plupart des Tutsis, plus des Hutus modérés — avaient été massacrés en trois mois par des extrémistes de la majorité hutue alors au pouvoir.D’autre part, Jean-Christophe Mitterrand, fils du président François Mitterrand et ancien conseiller aux affaires africaines de l’Elysée, a estimé hier devant la Mission parlementaire d’information sur le Rwanda que la France «n'a pas ménagé ses efforts» entre 1990 et 1992 pour éviter une détérioration de la situation en Afrique centrale, mais sans se livrer à aucune forme de diplomatie secrète.«Force est de constater que [François Mitterrand] n'a pas ménagé ses efforts pour faire évoluer le régime du président Habyarimana vers le multipartisme et la démocratie, pour |.| faire respecter les droits de l’homme quand cela était possible et enfin pour œuvrer en faveur de la paix en rapprochant — quand les circonstances le permettaient — les parties belligérantes», a-t-il déclaré en conclusion d’une longue intervention liminaire.«Pas de mission secrète» au Rwanda Arrivé avec trois quarts d’heure de retard pour s’exprimer devant la mission présidée par le député PS Paul Quilès, M.Mitterrand s’est d’abord emporté contre «les allégations mensongères voire diffamatoires à [son] égard qui s'étalent complaisamment dans certains médias depuis de longues années».«Non, les conseillers successifs chargés des affaires africaines du temps du président Mitterrand n’avaient que pour rôle et seul rôle d'in- firmer le président, de répondre à ses questions, de nourrir sa réflexion et d'effectuer les missions qu 'ils jugeait utiles», a expliqué celui qui occupât ces fonctions entre 1986 et juillet 1992.A l’en croire, lui-même n’a effectué «qu'une seule mission secrète» en dix ;uis de présence à l’Elysée, et «pas au Rwanda».Jean-Christophe Mitterrand a ajouté qu’il ne connaissait pas le fils du président rwandais Juvénal Habyarimana, contrairement à ceux qui avancent que les deux hommes étaient ;unis, et qu’il n’était pas «propriétaire d’hectares de haschisch au Rwanda comme il a été écrit dans un livre de Pascal Krop.Génocide franco-africain».Celui qui était surnommé «Papa-m’a-dit» dans les capitales africaines à l’époque a ensuite relaté en détail la chronologie de l’action de la France vis-à-vis de la guerre civile au Rwanda, qui a commencé le 1 ' octobre 1990 par l’offensive du Front patriotique rwandais (FPR) à majorité tutsie.Jean-Christophe Mitterrand a notamment tenté de démontrer que la France n'était jamais allée au delà du raisonnable dans son aide militaire au régime du président Habyarimana.«Je n 'ai jamais entendu dire que le Rwanda doive être traité d'une manière plus.favorable que d’autres», a-t-il souligné.lx* fils de l’ancien président a également expliqué que la France était intervenue à plusieurs reprises entre octobre 1990 et mars 1992 pour rapprocher les belligérants.Il a notamment cité deux rencontres en France entre les représentants du FPR et ceux du gouvernement rwandais, qui ont eu lieu en octobre 1991 et en janvier 1992 sous la houlette du directeur des Affaires africaines et malgaches du Quai d’Orsay, Paul Dijoud.Pour le reste, Jean-Christophe Mitterrand s’est refusé à aborder les évènements qui ont suivi son départ de l'Elysée en juillet 1992, et notamment le génocide du printemps 1994 contre les Tutsis et Hutus modérés.A forces égales MICHAEL CRABTREE REUTERS ^ t » «•» UNE RECRUE de sexe féminin exécutait hier des exercices abdominaux avec l'aide d’un collègue masculin à Pirbright, en Angleterre.L’armée britannique a décidé récemment d’imposer à toutes ses recrues les mêmes tests d'aptitude physique.L’Afrique en 1997 selon l’IISS Nouvelles puissances, mais même vieille instabilité AGENCE FRANCE-PRESSE Londres — Le continent africain, en proie à des guerres et à l’instabilité, a néanmoins connu en 1997 l’émergence de nouvelles puissances politiques et économiques, notamment l’Ouganda, le Nigeria et l’Afrique du Sud, selon le rapport annuel de l’Institut international d’études stratégiques (IISS).Mais les tendances générales restent «peu encourageantes», souligne le rapixirt publié aujourd’hui par l’institut basé à I-ondres.«En 1997, l’Afrique sub-saharienne n 'a pas dérogé à son image de continent ravagé par la violence et le désordre», écrit l’IISS, faisant référence aux guerres en République démocratique du Congo (ex-Zaïre), au Congo-Brazzaville, en Sierra-Leone, en Somalie, au Sénégal, au Soudan et au Burundi.Le rapport cite également la violence en Algérie, en Angola, au Rwanda, au Kenya, en République Centrafricaine et en Zambie.Mais l’année 1997 a aussi été marquée par l’influence grandissante de pay&clés sur le continent noir, souligne le rapport, relevant notamment «l’influence croissante de l’axe Ouganda-Rwanda-RDC, également proche allié de l’Erythrée et de l'Ethiopie».«En Afrique de l’Ouest, les troupes nigérianes [de l’ECOMOG] ont joué un rôle dynamique, en dirigeant les opérations au Liberia et en restaurant le gouvernement démocratiquement élu en Sierra Leone.L'Afrique du Sud, malgré ses difficultés internes et l’augmentation de la criminalité, continue à être le moteur économique et politique en Afrique australe, et a même étendu son influence plus au nord», ajoute l’IISS.Par ailleurs, «un certain nombre de pays enregistrent de sérieux progrès et de bons taux de croissance économique», souligne le rapport, en citant le Sénégal, dont le taux de croissance devrait être de 4 à 5 %, et la Côte d’ivoire et le Burkina-Faso, dont les programmes de privatisations commencent à avoir un impaçt positif.L’Erythrée et le Mozambique sont distingués par l'IISS pour «leurs progrès particulièrement encourageants».Il exis- te toutefois des signes alarmants, y compris dans les pays les plus dynamiques.«L’économie sud-africaine s’est améliorée et attire l’investissement international [.] mais elle reste fragile».«Im disparité entre riches et pauvres —grossièrement, entre Blancs et Noirs — est une sérieuse source de tension», met en garde l'IISS.«De plus, le taux de croissance ne devrait pas excéder 3 % en 1998, pas assez pour résoudre le problème du chômage, qui contribue sans aucun doute à l’augmentation de la criminalité» selon le rapport.Près de 40 % des Africains vivent dans la pauvreté, selon le Rapport sur le développement de l’ONU de juin 1997.Ce chiffre devrait atteindre 50 % en l'an 2000.L’Afrique attire moins de 5 % du capital mondial et l’aide internationale diminue, poursuit l’IISS.Les dépenses de santé et d’éducation ont nettement baissé en 1997, y ajoute-t-on.Mais «la principale menace sur le progrès est peut-être l’instabilité»: trois pays importants, le Kenya, la Zambie et le Zimbabwe, «ont été profondément déstabilisés par la violence» l’année dernière.ARGENTIN E Nouvelle vague d’antisémitisme CLÉM K NT T R II DEL LE DEVOIR Une vingtaine de skinheads passent à tabac le jeune Claudio Salgueiro.Ils le croient juif.On est en juillet 1995.La victime est laissée pour morte.Salgueiro survit.et porte plainte.Trois ans plus tard, trois des «têtes râpées» qui terrorisaient la Plaza Noruega, à Buenos Aires, sont condamnées à trois ans de prison.L’annonce du verdict, vendredi dernier, a provoqué un chahut.La mère de l’un des condamnés, s’emportant contre la justice et la presse, s’est mise à proférer des menaces contre les juifs «qu'on devrait tous tuer».La mère de Orlando Romero da Silva, l’un des skinheads cités à procès, affirme entre autres que «ce qui s'est passé à l’AMIA n'est rien, à ces juifs on devrait poser une autre bombe».Un attentat non encore élucidé contre la permanence des organisations juives à Buenos Aires (AMIA) avait fait 86 victimes, en 1994.Deux ans plus tard, un autre charge explosive détruisait l’ambassade israélienne en Argentine (29 morts).La justice piétine dans l’enquête sur la destruction de l’ambassade mais progresse fort lentement dans le dossier de l’AMIA.Plusieurs pistes mènent à des complicités parmi certains rangs des forces de l’ordre, mais les inculpations tardent à se concrétiser.Au début du mois d’avril, deux membres du Congrès américain, Benjanin Gilman (républicain) et Gary Ackerman (démocrate) se trouvaient à Buenos Aires pour s’entretenir avec les élus argentins qui forment la commission bicamérale chargée d’enquêter sur ces deux attentats.Les Américains réclament un «éclaircissement final» au sujet,d’attentats qui seraient dus, selon eux, à des ennemis des États-Unis désireux de punir l’Argentine de s’être alliée à Washington dans la lutte contre les terroristes.L’Argentine, qui s'est dotée récemment d’une loi contre la discrimination, réagit ces jours-ci de façon à contrer l’impunité des tenants de cette «nouvelle forme d'une haine ancienne» que sont le racisme et l’antisémitisme.On a annoncé hier que l’Etat argentin et deux groupes privés demandaient à la justice de poursuivre pour «apologie de délit» les parents des skinheads écroués.Iœs deux associations qui ont porté plainte sont l’Assemblée permanente des droits humains (APDH) et la Délégation des associations israé-lites en Argentine (DAIA).Un journal de Buenos Aires, Pagina/12, a publié cette semaine une entrevue à Salgueiro qui continue, avec la psychiâtre Elina Aguiar qui le traite, de recevoir des menaces.Ce journal a aussi attiré l’attention sur les ramifications, au Venezuéla, au Brésil et en Uruguay, de groupes semblables aux néonazis d’Argentine, dont le PNOSP (Parti du nouvel ordre social patriotique) serait l’un des foyers.Salgueiro, lui, croit que justice a été faite dans son cas; il ne regrette pas d'avoir refusé que certains de ses amis se livrent à des représailles contre les skinheads dont l’un des centres de recrutement se trouve à la Foire du livre du Parc Rivadavia, selon Pagina/12.Avec le service espagnol de P AFP et Pagina/12 L’Argentine, qui s’est dotée récemment d’une loi contre la discrimination, réagit de façon à contrer l’impunité des tenants de cette «nouvelle forme d’une haine ancienne» Des soldats guatémaltèques sont jugés pour un massacre REUTERS Coban — Pour la première fois au Guatemala, des soldats ont comparu en justice mardi pour participation présumée au massacre de onze paysans indiens dans les derniers temps d’une guerre civile de près de quarante ans qui s’est soldée par 140.000 morts environ.«C’est un fait unique dans notre histoire.Ixs personnes accusées dans toutes les tragédies et dans tous les massacres qui ont eu lieu n'avaient jamais été jugées jusqu'ici.Tout était étouffé», a déclaré Ramiro de Leon Carpio, président du pays à l'époque du massacre, à Reuters.De Leon était au nombre de 300 témoins, experts, interprètes et juristes rassemblés dans une salle municipale louée pour l’occasion à Coban, à 200 km au nord-est de Ciudad de Guatemala, parce que le tribunal de la capitale était trop petit pour ce procès.Le massacre de Xaman, du nom de l'exploitation agricole où il a été commis le 5 octobre 1995, avait entraîné la démission du ministre de la Défense de De Leon et failli faire échouer les pourparlers de paix gouvernement-guérilla qui devaient mettre fin à 36 ans de conflit intérieur.Iœs onze paysans tués appartenaient à un ensemble de 250 familles revenues au Guatemala apres plusieurs années d’exil au Mexique, où elles s’étaient réfugiées au plus fort de la guerre.Leurs membres s’étaient installés dans la province septentrionale d’Alta Verapaz et y avaient fondé une ville baptisée Aurora 8 de Octubre, d’après la date de leur retour en 1994.A l’ouverture du procès, l'accusation a déclaré qu'une violente querelle avait opposé, le jour du massacre, une patrouille militaire de 24 hommes commandée par un sous-lieutenant à des dirigeants de la communauté d’Aurora, au sujet d’une fete organisée par ces derniers.Les dirigeants d'Aurora ayant fait valoir aux soldats qu'ils ne pouvaient venir à la fete avec des armes, la discussion prit mau- vaise tournure et les soldats ouvrirent le feu sur l'ordre du lieutenant Antonio Laclan, d’après l’accusation.On s’attend que la défense accuse les villageois d’avoir encerclé les soldats en menaçant de s’emparer de leurs armes, ce qui aurait placé les militaires en état de légitime défense.Au moment des faits, le pays était en guerre mais disposait depuis dix ans d’un gouvernement civil, bien que soumis à de fortes pressions de l’armée.Les pourparlers de paix s'étaient poursuivis en dépit du massacre et la guerre devait prendre tin officiellement avec un accord de paix signé en décembre 1996. I.Y.I) K V
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