Le devoir, 2 mai 1998, Cahier D
I.K I) K V (IIH, I.K S S A M K I) I 2 K T I) I M A N < Il K A M Al I il il X ?LE DEVOIR ?Littérature québécoise Page D 3 Le feuilleton Page D 5 Andy Goldworthy Page D 7 Formes Page D 10 Hubert et Françoise Nyssen Le plaisir comme nécessité Actes Sud a 20 ans C’est pour souligner le vingtième anniversaire de sa maison d’édition, Actes Sud, de même que la parution de son dernier roman, qu’Hubert Nyssen était de passage à Montréal avec sa fille Françoise.L’homme suscite l’admiration, voire l’envie, sans nullement s’en préoccuper.Rêveur mais aucunement songe-creux, réaliste sans être terre-à-terre, il a fait en sorte d’avoir les moyens de ses ambitions, sachant doser l’audace et la prudence dans ce qu’il a entrepris.ROBERT CHARTRAND Belge d’origine qui, très tôt, a rêvé de vivre au soleil, Hubert Nyssen a d’abord été publicitaire en Belgique, puis cartographe: son entreprise, il l’avait baptisée ACTES — c’est-à-dire l’Atelier de cartographie thématique et statistique — qui annonçait Actes Sud, la maison d’édition qu’il a lancée à Arles, avec sa femme, Christine Lebœuf, il y a tout juste vingt ans.Actes Sud a été et demeure une affaire de famille.Dès 1979, la fille de Nyssen, Françoise, en a fait partie; elle est devenue, depuis peu, la directrice de l’entreprise.Loin de Paris, où se trouve concentré l’essentiel du monde de l’édition française, Actes Sud a grandi peu à peu dans un climat d’indépendance et de ferveur dont Françoise Nyssen est très fière.«Nous tenons beaucoup à notre singularité, et particulièrement à cette alchimie où la gestion est au service des choix éditoriaux.Il y a chez Actes Sud une atmosphère de compagnonnage, une histoire de fidélité entre nous, avec nos auteurs et avec ces livres déjà publiés que nous continuons à défendre et ceux qui sont devant nous.Notre objectif, c'était d'éditer des livres, sans chercher forcément à nous démarquer.C’est vrai qu’au début, nous refusions l’étiquette d’artisans.Maintenant, je crois que nous pourrions presque la revendiquer.Dans le climat de concentration actuel, et même si nous sommes une des plus grosses moyennes maisons, avec nos cent millions de chiffre d’affaires et notre centaine d’employés, nous essayons de faire ce travail de façon artisanale.» Il n’empêche qu’à Paris, on les prend encore, à l’occasion, pour des provinciaux.«On nous trouve toujours courageux de travailler au loin.Avant, on nous demandait: est-ce que vous publiez des auteurs de votre région?Maintenant, par contre, on nous demande pourquoi nous n’en publions pas! À quoi je réponds qu’on ne demande pas à Antoine Gallimard s’il publie des auteurs parisiens.» VOIR PAGE I) 2: NYSSEN eaucoup rec qui emm tout l'a ment imi d'affinités, j éprouvais pays.» PHOTO JACQUES GRENIER LE DEVOIR MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR v A table, chez les Lachance-Godin, il n’y a pas que d,eux personnes en chair et en os mais bien quatre âmes.A un bout de la table, il y a les journalistes et écrivains Micheline Lachance et Pierre Godin, compagnons de vie, tous deux attirés par la biographie; et à l’autre, les sujets de leurs écrits respectifs, René Lévesque et Julie Bruneau Papineau.«On a longtemps fait des blagues avec cela, raconte Micheline Lachance», dont le second tome du Roman de Julie Papineau parait ces jours-ci.«Ils ont d’ailleurs des affinités tous les deux, ils ne feraient pas mauvais ménage!» Pendant que Julie et Micheline sont devenues comparses, Pierre Godin explore la vie de René Lévesque pour les différents tomes de sa biographie.Julie Bruneau, la flamboyante conjointe du Patriote Louis Joseph Papineau, n’a droit, dans le Dictionnaire biographique du Canada, qu’à quelques références plutôt qu’à sa propre notice biographique.Micheline Lachance y a pourtant vu un sujet d’écrit en or.Mille pages après avoir entrepris ses travaux, elle en parle avec une franche admiration.Femme politisée, n’hésitant pas à contredire LouisHippolyte LaFontaine ou GeorgesÉtienne Cartier pour des divergences d’opinion, la Julie n’avait pas froid aux yeux «et avait ce petit côté bagarreur qu’on a peu relevé chez les femmes de cette époque, explique Mme Lachance.Pourtant, des Julie Papineau, j’aurais pu en ressusciter bien d’autres.» Après le succès fulgurant du premier tome du Roman de Julie Papineau — paru en 1995, il a fait au moins 60 000 heureux —, Micheline Lachance a entamé la suite le cœur léger.«La formule avait plu aux gens et je n’hésitais plus entre l'envie de faire une biographie et un roman historique.Alors que le premier genre oblige à une description plus froide, très factuelle, le roman historique permet de jouer dans le registre des émotions, ce qui me convient tout à fait.» VOIR PAGE D 2: LACHANCE + Cahier spécial de prestige publié le 9 mai 1998 LE DEVOIR I.K I) !•: V OIK, I, K S S A M K I) I 2 K T I) I M A N C II H 3 M Al I 11!) K Livres 'AMI NYSSEN Le format 10/19 SUITE DE LA PAGE D 1 On a dit et redit à Hubert Nyssen que ses livres, en plus d’être immédiatement reconnaissables avec leur format 10/19 et ce papier tramé, blanc-cassé, étaient beaux.Il en est ravi, certes, mais toujours surpris.«Je ne comprends pas pourquoi un livre est mis à la vente s'il fait obstacle au texte qu’il contient.Donc, dès le début, nous nous sommes efforcés de faire des livres qui, par l’agrément de leur format, de leur typographie, ce choix d’un papier écru qui évite la réverbération de la lumière, permettent de faire une lecture complice du texte.» Ce souci de l’agrément et de l’esthétique, l’éditeur ne s’en cache pas, av;iit aussi un but de marketing.«Chez nous, il n’y a pas d’antagonisme entre la culture et l’économie.Nous voulions faire en sorte que les libraires, et les lecteurs après eux, aient envie de garder nos livres ensemble.Ç’a été notre grande chance, qui continue depuis le début: effectivement, nos livres avaient un caractère tel que les libraires avaient envie de les regrouper.Et c’est ainsi qu’on a, très tôt, remarqué et reconnu Actes Sud.Pour moi, le marketing est noble, dans la mesure où il ne défend pas des causes perdues ou perverses.» Actes Sud, au départ, s’est surtout fait connaître pour ses véritables découvertes de romanciers américains, suédois, allemands.Comment faisait-on?Quelqu’un chez Actes Sud — peut-être Hubert Nyssen lui-même — serait-il un peu sorcier?«Cela s’est fait progressivement, voilà tout.Une chose a entraîné l’autre.Au début, je suis allé dans les pays où je savais qu’il y avait une effervescence romanesque importante: la Scandina- Hubert Nyssen JOHN roi.K Y vie, et particulièrement la Suède; le monde anglo-saxon, avec les Etats-Unis en tête, et l’Europe centrale avec, surtout, les deux Allemagnes.Je me suis promené et j’ai demandé aux gens: est-ce qu’à l’ombre des grands arbres que sont vos écrivains consacrés, il y en a de plus jeunes qui sont en train de pousser?Et ainsi, nous avons publié des auteurs, que nous avons mis en rapport avec des traducteurs, qui ont été depuis le début des collaborateurs de toute première importance.» Le fou des mots Hubert Nyssen, s’il est devenu éditeur, a toujours été un homme de lettres, un «fou des mots», et un lecteur passionné.C’est aussi un écrivain estimé, auteur d’une vingtaine d’ouvrages: de la poésie, des récits, des essais et des romans, dont les premiers ont paru chez Grasset.Dans le dernier, Le Bonheur de l’imposture, le narrateur, qui est cartographe de métier — on se gardera cependant d’y voir une autobiographie déguisée —, tente de comprendre la place qu’a eue sa mère dans sa vie.N’est-ce pas un véritable roman des origines, pour reprendre la formule de Marthe Robert dans Roman des origines, origines du roman?«Vous ne pouviez pas me faire plus grand plaisir — vous êtes le premier à le faire — que de me parler de Marthe Robert, parce que son livre, pour moi, est très important.En effet, mon livre pose la question du rapport de la fiction avec la réalité: je le montre dans les états réels, quoique transposés, où il se présente dans la vie.Dans mon roman, ce fils s'interroge sur l’influence de sa mère en étant confronté aux trois grandes sources de la connaissance: la mémoire, le témoignage et la lecture.Il se trouve plongé dans une incertitude qui peut entraîner beaucoup de bonheur ou, à l’inverse, beaucoup de dépit.» Tout au long, il s’imagine en train de se confier à un psychanalyste imaginaire, surnommé le «paysagiste de l’âme».Ce voyage dans le passé, très curieusement, est figuré par des images spatiales: le narrateur, lui-même cartographe, s’adresse à.un paysagiste! Comme si le temps était exploré par la dimension spatiale.C’est quasi einsteinien.«Vous êtes aussi le premier à m’en parler! Il est vrai que Freud et Einstein m’ont hanté dans la préparation de ce roman, mais j’ai essayé de les gommer, sauf à la fin, pour Freud.Le temps, ici, est un élément capital, au même titre que l’appel de sirène qu’est l'analyse.Mon personnage est agité parles notions d’espace et du temps, qui se trouvent pour lui, comme pour nous tous aujourd'hui, en conflit permanent.» Sagesse chinoise et philosophie L’œuvre d'Hubert Nyssen, l’éditeur et l’écrivain, s’appuie fermement sur deux principes apparemment antago- Voici Self, le roman de Yann Martel, l'auteur qui « sera, après Michel Tremblay et Mordecai Richler, l'écrivain montréalais le plus connu au monde» (Cil Courtemanche, L'actualité).Yann Martel SELF éditeur nistes, qu’il exprime par deux mots, pour lui fondateurs: plaisir et nécessité.«J’essaie de ne rien faire qui ne soit inspiré par le plaisir, sans perdre de vue les contraintes de la vie réelle.Je termine un livre paru au Seuil, de Françoise Julien, Le sage est sans idées, où elle confronte merveilleusement la sagesse chinoise et la philosophie, qui est un pur produit de l’Occident.Je m’y retrouve tout à fait.Dans les décisions que nous avions à prendre chez Actes Sud, il y avait une logique, que nous aurions dû inéluctablement suivre, parce que c’est comme ça, parce qu ’une chose ne peut pas à la fois être et ne pas être; or, dans notre équipe, il y avait plutôt cette attitude qui consistait à concevoir l’ensemble des données, sans vouloir que l’une ait tout de suite raison contre l’autre.C’est ainsi que nous avons racheté une petite maison d’édition, Rapiers, qui nous avait appelés au secours.Ils publiaient des pièces de théâtre.Mais la "logique” nous suggérait de laisser tomber puisque, disait-on, la lecture était en perdition, et le théâtre, en voie de disparaître.Nous l’avons reprise, cette maison, et cela a fort bien été.C’est par cela que je me guide le plus possible, par cette confrontation entre une sagesse — orientale, si l’on veut — qui consiste à observer, à s’imprégner du réel, et une philosophie qui, elle, construit un raisonnement.Je cite souvent cette illustration des archétypes masculin et féminin: un homme qui regarde l’horizon le rapporte à ce qu’il sait et supprime tout ce qu’il ne peut y raccorder; la femme, elle, a plutôt tendance à laisser monter l’horizon en elle.» Hubert Nyssen, qui a de multiples talents, aurait aussi, au besoin, l’âme féminine.LE BONHEUR DE L’IMPOSTURE Hubert Nyssen, Actes Sud/Leméac Collection «Un endroit où aller» Arles-Montréal, 1998,315 pages les leçons de l’amour Père manquant: Fils et filles du silence Les hommes et leur mère Le drame des bons gars et des bonnes filles L'amour en guerre: Le couple est-il possible?Conférences sur audiocassettês En vente dans toutes les bonnes librairies.Durée approximative: 90 minutes chaque cassette.XYZ éditeur 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L iZt Téléphone: (514) 525:21 70 • Télécopieur.(514) 525.75.57 Les Editions LOGIQUES Distribution exclusive: LOGIDISQUE 1225.de Condé, Montréal (Quebec) H3K 2E4 Tel.: 933-2225 • Fax: 933-2182 • logique@cam.org • www.logique.com LACHANCE Destin tragique SUITE DE LA PAGE D 1 Après la Rébellion et la sanglante bataille de Saint-Denis, Julie Papineau erre d'un continent à l'autre, s'établit le temps de quelques mois dans une ville, dans l'espoir toujours d'y attirer tous ses rejetons semés aux quatre vents, et part pour une autre terre d'adoption, au gré des humeurs politiques.Destin tragique, quotidien empreint d'une grande tristesse, parce que les malheurs et la maladie frappent, mais surtout à cause du vague à l'âme perpétuel de Louis-Joseph, sorte de mélancolie liée à la rancune soudaine de certains de ses fidèles.«Sur le plan de la vie intime des deux époux, c’est sans doute la plus grande découverte», estime Mme La-chance, que la fin de la rédaction de L'Exil a rendue elle-même un brin mélancolique, l'écrivaine perdant tout à coup cette sœur à laquelle elle a consacré près de dix années de son temps.«Après la Rébellion, Louis-Joseph décroche presque complètement, et n’eût été de Julie, il ne serait jamais retourné en politique.Elle était sans doute beaucoup plus influente qu’aucun historien ne l’aura jamais admis.» En épluchant la correspondance de Julie, de Louis-Joseph, d'autres membres de la famille, Micheline Li-chcmce a conçu la trame historique de son ouvrage, y ajoutant toute la sensibilité permise par le roman.Heureuse formule qui, sous la plume habile de l'auteure, offre la rigueur des ouvrages historiques bien fouillés de même que la souplesse confortable de la romance.Au moment où elle entamait la recherche colossale qui a mené au parcours de dame Papineau, la journaliste-écrivaine (elle vogue d'une occupation à l'autre depuis des années) venait tout juste de déménager à Saint-Marc-sur-le-Richelieu, en plein dans la vallée des Patriotes.«Far un concours de circonstances, l’électricité manquait souvent à ce moment-là et je me retrouvais devant ma lampe à l’huile et mon feu de cheminée.» Comme au temps de Julie-Curieuse coïncidence, c'est en pleine crise du verglas que l'auteure a mis la dernière main à son volume, dans des conditions similaires à celles du XIX' siècle.«J'ai même pensé sortir ma plume d'oie pour terminer le livre.» Les années sur fiches Devenue quasi obsédée par ce personnage mais aussi par l'époque et les gens qu'elle décrit et dont elle parle, Micheline Lachance emmagasine sur des fiches classées par année, mois, journée, toute l'information rendue par la correspondance qu'elle épluche, les livres qu'elle dévore, les films qu'elle écoute, à la recherche du moindre détail susceptible d'ajouter à sa fresque historique.«C'est curieux, avec une entreprise comme celle-là, comment on finit par ne plus supporter de ne pas avoir en sa possession quelque information qui se trouve.» Un bref séjour à Saratoga, dans l'État de New York, où Julie entreprend son exil à l'été de 1838, a occasionné des modifications à un chapitre entier.Furetant parmi une pile de dépliants publicitaires, Micheiine Lachance fut intriguée par la promotion d'un certain musée Walworth.Le nom la fait sourire puisque c'est chez le juge Walworth, protecteur de son aîné Amédée, que Julie est d'abord hébergée.«Ce musée était une reconstitution de la maison du juge Walworth!Je n'en croyais pas mes yeux.» Surprise, ravie, l'auteur modifie donc entièrement la description du décor.Après l'euphorie du premier tome, l’vniûN DEf EClUVAiNEr FT ECMVAiNt dvEIECÜlf PtFfFWTF pù éT c LES 6-7-8-10 MAI 1998 5 À 7 LITTÉRAIRES À l'heure de l’apéro, des lectures au Cabaret des Terrasses Saint-Sulpice.MERCREDI 6 MAI 1998 17 h DES SOIRÉES LITTÉRAIRES PARTOUT AU QUÉBEC ! Rencontres littéraires à Montréal, Val d'Or, Rimouski, Sherbrooke, Trois-Rivières, Hull, Québec, Joliette et Vaudreuil.19 h LE CÉGEP EN FÊTE ! Lancement suivi d’un spectacle littéraire.En collaboration avec le CANIF - Centre d'animation de français du Cégep du Vieux Montréal.20h30 SUR LES MOTS DF.YING CHEN Événement multidisciplinaire autour du film Le Voyage Illusoire de Georges Dufaux.En collaboration avec /’Office national du film du Canada et la Cinémathèque québécoise.JEUDI 7 MAI 1998 20 h 30 HOMMAGE À ROLAND G1GUÈRE Soirée de lectures avec de nombreux amis écrivains du poète.En collaboration avec le Mai de la poésie.VENDREDI 8 MAI 1998 19 h SUR LES MOTS DE JEAN-PAUL DAOUST Vernissage d’une exposition de douze artistes.Une présentation du Centre d’Exposition Charlemagne.20 h LE MARCHÉ DES MOTS DITS Happening mettant en scène une quarantaine d’écrivains, comédiens et musiciens.En collaboration avec le Marché Bonsecours.SAMEDI 9 MAI 1998 17h LA RONDE DE LA CRÉATION Table ronde suivie d’improvisations littéraires et musicales au Saguenay-Lac-Saint-Jean.En collaboration avec TAPES.19 h 30 MARC LABERGE, CONTEUR Spectacle de conte oral au Cégep Montmorency.Une présentation de la Société littéraire de Laval.DIMANCHE 10 MAI 1998 12 h LITTÉRATURE AU CARRÉ Fête littéraire populaire au Carré Saint-Louis.TTlOlÇ-fuVlèflEï DGB’AUQjfG À MONTRA L U idintelb s mat, 11 h NOUS SOMMES TOUS DES ÉMIGRÉS DE L’INTÉRIEUR Brunch littéraire (réservation obligatoire).En collaboration avec la Société des écrivains de la Mauricie et le café-bistro I.es Gâteries.14 h RAVE LITTÉRAIRE Littérature et danse pour les 8 à 11 ans.En collaboration avec Communication-Jeunesse et la librairie Champigny.14 h V1ES-À-V1ES Joute poésie/arts visuels sur le thème Le Refus global.En collaboration avec la revue Le Sabord et le Musée d’art contemporain de Montréal.17 h LE PRINTEMPS DES ÉCRITS DES FORGES Lancement suivi tJe lectures.En collaboration avec Les Écrits des Forges et les Terrasses Saint-Sulpice.20 h 30 PAROLES ÉM1GRÉES DE L’INTÉRIEUR Spectacle littéraire.En collaboration avec la Société des écrivains de la Mauricie et les Terrasses Saint-Sulpice.23 h QUÉBEC, TERRE D’AMÉRIQUE Lecture-concert.Une présentation de la Maison des écrivains.15 h LITTERATURE VOYAGEUSE Table ronde avec des « écrivains voyageurs ».En collaboration avec la Librairie Gallimard.i/vro-FemvAt.Cçi+) 6$3~z3é COHSJIl V 1*1 ?: IJN MO r^i: le Devoir Villa (lu Montréal Sorvrco da la cuRura M I C H E I.I N E l.A C II A N C E Ijc Rtftvan (h avineau m où l'on suivait l'évolution du mouvement de la Rébellion, le deuxième tome raconte les difficultés de l'exil.Montré du doigt parce qu'il a fui avant les premiers temps de la bataille de Saint-Denis, Louis-Joseph Papineau est ensuite accusé de ne rien mettre en œuvre pour orches-; trer la revanche.«C'est l'échec, la déroute et les règlements de comptes, raconte Micheline Lachance.Les per- ' dants ont besoin d'un coupable et c'est! Papineau qui incarne le responsable de l'échec.Papineau est un homme brisé.» Troublé par les récriminations qu'on lui adresse, Papineau s'éloigne de Julie, qui a peine à voir faiblir son ardeur patriotique.Julie quitte la France, qu'ils habitent depuis quelques mois, avec ses enfants sous le bras.Le ton de ses' lettres de l'époque, plus agressif à ! l'endroit de Papineau, et surtout le; fait que l'époux ne suive pas la dulcir née, intriguent Micheline Lachance!: En farfouillant dans les lettres de> l'époque, elle découvre une corres- ; pondance pour le moins amicale —.et peut-être davantage — entre Pa- ’ pineau et Marcella Dowling, Irlandaise qui le guide à travers ses mon: danités parisiennes.«Aujourd'hui, depuis cinq heures' ce matin jusqu'à minuit, je vous ai' donné tout mon temps et mes pensées, écrit Louis-Joseph à la jeune Marcella.Mon sommeil ne peut que s'en ressentir.Je vous verrai en songe, soit au paradis, soit sur les Champs-Elysées, et toujours me ten:.dant la main.» Comment savoir si ces échanges en apparence enflammés laissaient soupçonner plus qu'une profonde amitié?«Je suis retournée aux archives trois fois lire les lettres de Mar-' cella, écrites en anglais, sur du papier 1 vieilli, pour être absolument certaine de ce que je disais.Ma loupe est usée à force de les lire, mais tout ce que j'ai• écrit sur cette prétendue liaison est' vrai.Certains croiront que c'est une partie de romance que j'ai inventée1 de toutes pièces, mais tout est là, auX' arc,hives.» A la lecture de certaines lettres de Julie, d'autres de Ixtuis-Joseph, Micheline Lachance s'est étonnée de retrouver des coups de ciseaux ici et' là.Pour éviter que quelques rensei-’ gnements ne tombent sur la place ; publique, les descendants de Julie; avaient tout simplement «effacé» des j phrases prétendument compromettantes.«Mais en coupant une phrasej d'un côté de la page, on a aussi effacé ! l'autre côté de la page, raconte Miche- j line Lachance.C'est très frustrant ; pour un chercheur, parce qu'on a l'impression qu'il y avait là ce qu'on voit-, lait savoir.» L'auteur a parcouru le XIX1 siècle \ de long en large grâce aux péripéties ; de la famille Papineau.Micheline La-j chance retournera sans doute frayer ’ du côté du journalisme, où elle œuvre depuis des années, pour mieux s'ennuyer de sa peau d'écrivain.Les projets et les rêves, dont celui de retrouver sa Julie sur le petit écran — qui sait?— ne manquent pas.En attendant de s'attaquer à une autre époque, un autre personnage, elle savoure ce que Julie lui a laissé en héritage.«Elle m'a fait comprendre une page d'histoire que je n'avais jamais vue dans toutes ses ambiguïtés.Et j'ai vu à travers cette femme, avec qui j'ai beaucoup d'affinités, tout l'attachement que j'éprouvais pour ce pays.» LE ROMAN DE JULIE PAPINEAU L’exil Micheline Lachance, Québec/ Amérique Montré.al, 1998,638 pages I Commandez vos livres chez Renaud-Bray Nous expédions partout au Québec poste ou messagerie .Montréal : 342 - 2815 I « mtmamÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊmÊÊÊmtÊm François Gravel et un tableaux pitz, spécialiste des arts décoratifs anciens, l’exposition dans sa version montréalaise a été confiée à Robert Little, le conservateur maison des arts décoratifs au MBAM.Iconographie et utilisation Étonnamment, vous serez à même de le remarquer, l’exposition ne donne que très peu d’information factuelle.Alors que le texte du catalogue est tourné vers les migrations de styles et de techniques qu’a connues cette région du globe dans l’histoire, les cartels d’exposition s’attardent davantage à expliciter l’iconographie des bijoux et leur utilisation spécifique.Ainsi, on aura privilégié une approche voulant que l’objet s’impose de lui-même, dans sa grâce dorée, immanente, sans qu’aucun autre support informatif (outre les habituelles fiches techniques) ne viennent briser le charme (sauf pour quelques reproductions d’œuvres picturales qui montrent l’utilisation qu’on pouvait en faire).Cette approche permet de ne pas submerger le visiteur de données qu’il aura toujours le loisir de se procurer par la suite.Même s’il ne possède pas immédiatement toutes les données nécessaires pour apprécier le raffinement de ces objets précieux en fonction de l’outillage rudimentaire à la disposition de leurs artisans chevronnés, le visiteur aura tout le temps nécessaire pour en goûter la finesse arachnéenne mise en un extraordinaire relief par le dépouillement de la présentation.11 faut donc voir la délicatesse avec laquelle les points d’or sont appliqués En collaboration avec les Belles Soirées de l’Université de Montréal PAGES ET PAYSAGES DE PROVENCE en compagnie de Mme Andrée Lotey PHD en littérature 25 août au 6 septembre 1998 Sur les pas de Giono, Mayle, Daudet, Bosco, Pagnol, Picasso, Matisse, Cézanne et des sites qui les ont inspirés.ÿ $3,464.00 p.p.occ.double | s séance d'information à venir R.S.V.P.-° Cap Voyages tél.514 728-4553 I GIANGUIDO FUCITO Dans la mémoire des signes Cires récentes Jusqu’à lin échange Montréal Œ/vœeHa Sophie CAUVIN Frédéric HALBREICH Aimé MPANÉ u 9 mai Marie Danielle leblant, Autoportrait de la main gaathei 3, 1997, sérigraphie, 35 x 39rm.VIVA! Les 20 ans du Conseil québécois de restampe Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce 3755, rue Botrel (Métro: Villa-Maria) Renseignements: 872-2157 htlp://www.ville.monlreol.qt.ca/maisons/maisons.hlm O Ville de Montréal événement regroupant les oeuvres originales d'une centaine d'artistes jusqu'au 5 juin sur des surfaces qui ne font que quelques centimètres.Le procédé de granulation de l’or développé par les orfèvres étrusques permet de déposer minutieusement sur les bijoux, en fines gouttelettes, une élégante pluie d’or, par exemple sur certaines boucles d’oreilles ou sur des fibules.Du côté de la Grèce, datant du IV1 siècle av.J.-C., on ne saurait rester insensible devant la fragilité de cette Couronne d’olivier, où la feuille d’or, finement ciselée pour prendre l’apparence des feuilles de l’olivier, est rattachée à un anneau tubulaire par de fines boucles de fil métallique.Et ce ne sont que deux joyaux parmi la centaine de pièces tout aussi remarquables les unes que les autres que recèle cette présentation (traditionnelle, pour laquelle on ne s’est pas éreinté à chercher de solutions surprenantes).À voir pour la qualité d’ouvrage de ces cathédrales lilliputiennes.Difficile de ne pas fléchir.ARCHE Andy Goldsworthy.Musée d’art contemporain de Montréal 185, rue Sainte-Catherine Ouest Jusqu’au 7 juin De son côté, le Musée d’art contemporain de Montréal (MACM) présente une exposition liée à l’actualité culturelle montréalaise.Pour la première fois au Canada, une institution présente les œuvres du Britannique Andy Goldsworthy, dont la principale caractéristique est d’inscrire des interventions sur des sites naturels, en fonction de l’atmosphère particulière des lieux, des couleurs qui y régnent et parfois de leur histoire.Fait qui apparaît légèrement anachronique tant on en entend rarement parler, Goldsworthy répond aussi à des commandes particulières.Sa venue à Montréal est le fruit que lui a commandé le Cirque du Soleil pour une arche monumentale permanente de 60 tonnes pour le site de ses nouvelles installations montréalaises, près de la carrière Miron.Associé au land art, Goldsworthy a résisté le plus souvent à la monumentalité des pièces de certains autres artistes ayant préféré travailler, depuis le milieu des années 60, à l’extérieur des cadres physiques des institutions de diffusion, on pense à Richard Smithson et Michael Heizer, qui ont déplacé des tonnes de pierre et de terre pour la réalisation de leurs œuvres.Plus proche d’une architecture vernaculaire lorsqu’il s’arrête à construire ses œuvres personnelles (l'œuvre du Cirque est une commande, ne l’oublions pas), l’artiste exalte dans ses œuvres un sentiment premier de fragilité.En effet, ses œuvres proviennent de manipulations où seuls sont utilisés des éléments naturels trouvés sur les sites mêmes de ses interventions.Ses petits tumulus de pierres ou de branches édifiés dans des endroits patiemment sélectionnés tiendront par les forces de l’équilibre.Ailleurs, sur des rochers en saillie dans le lit des rivières, à l’automne, l’artiste a collé des feuilles colorées pour rendre d’étonnants effets de contraste (quelques très beaux ouvrages reliés présentent les photographies témoins de ces travaux éphémères).Un seul motif L’exposition du MACM, conservée par Réal Lussier, a retenu, en écho avec le projet pour le Cirque du Soleil, dans le travail de Goldsworthy, le seul motif de l’arche.Photographique, essentiellement documentaire à l’exception d’une sculpture et de quelques croquis, l’exposition a ceci de réussi qu’en même temps d’être dramatiquement réductrice, elle parvient à montrer, à même cette réduction, à partir de cet unique motif, quelques-unes des avenues empruntées par l’artiste (jeu avec les couleurs, les formes creusées, l’imitation des formes de la nature, etc.).la précarité de ses constructions est présente dans cette arche fixée à flanc de rocher par de la glace.Les effets de distanciation de certaines de ses pièces jouant sur la surprise sont présents par ces photographies d’arches disposées aux abords d’un chemin (ou carrément dans son parcours).La dimension temporelle de son travail est reconduite par cette série de photographies montrant le travail destructeur de la marée qui remonte, emportant la série d’arches érigées sur une berge entre deux mouvements des eaux.Finalement, malgré le travail rigoureux effectué lors de la sélection des ^ A- ' Frozen Arch, de Andy Goldsworthy œuvres, on ne peut s’empêcher de penser que la mise en place de cette exposition aurait pu être dynamisée davantage par une utilisation plus a|> propriée de l’espace au travail de l’artiste.En effet, ses travaux en galerie ont souvent contribué à exalter, en fonction des lieux, un sentiment d’espace renouvelé, en le sculptant littéralement.Or, disposer à l’entrée de la salle mais presque en marge, sur le côté, cette arche réelle en pierre en équilibre, même tranchée par un mur qui en masque d’abord une partie, ne témoigne pas de l’audace dont l’artiste est capable.Une autre question demeure: n’aurait-il pas été intéressant, vu le travail de Goldsworthy, de mettre à contribution le jardin extérieur de sculpture que le MACM possède et dont on oublie trop souvent l’existence?Pas ouvert?Inaccessible en raison de l’exposition de Gary Hill, qui meuble les salles qui mènent à la porte donnant sur le jardin?Allez savoir.Là, on aurait pu être surpris.\A GALERIE La Galerie Dominion se souvient : 50 ans de ventes aux collections publiques canadiennes Prêteurs : Art Gallery of Hamilton • Art Gallery of Windsor • Edmonton Art Gallery • Galerie d'art Beaverbrook, Fredericton • McMichael Collection d’art canadien • Musée canadien de la guerre • Musée d’art contemporain de Montréal • Musée d’art de Joliette • Musée des beaux-arts de Montréal • Musée des beaux-arts du Canada • Musée du Québec • Musée McCord d’histoire canadienne • Université McGill, Collection des arts visuels • Université Concordia, Galerie d’art Leonard & Bina Ellen • Université de Toronto, Hart House • Winnipeg Art Gallery jusqu’au 30 mai 1998 LINDKNERGE MICHEL RIVEST VERNISSAGE le dimanche 3 mai jusqu'au 29 mai Lancement, recueil de poésie de Brigitte Biron 1049, AV DES ÉRABLES QUÉBEC (QUÉBEC) GALERIE DOMINION! p;*^ 1438, rue Sherbrooke.Ouest, Montréal Tél.: 845-7471 téléc.: 845-2*703 11 • i « rt r r~ îiiiYii f ;¦* i n e t « V « » tl« v.ï* 6 « SUMhi; ! ! %Li •ivVs MU nui DU 18 MARS AU 24 MA11998 Centre Canadien d'Architecture 1920, rue Baile, Montréal Photographie Studio S J.Hayward Archives de la Banque Royale Les programmes publics sont offerts avec le soutien de la Fondation de la famille J.W.McConnell.L'exposition est présentée avec l'appui de la Ville de Montréal.MONTRÉAL c est toi UUl villeI I Banque de Montreal BANQUE ROYALE « TELEGLOBE LIBERTE Omni En complément de l'exposition : conférences, films, visites commentées, randonnées pédestres urbaines et activités éducatives.Renseignements : 514 939.7026 ) * I) 10 I.!•: I) E V I) I I! , I.V.S S A M E I) I !•: T I) I M A X ( Il E M Al I !) !) M ?LE DEVOIR ?couleurs des étoffes viendront rappeler le lieu de résidence qu’était aussi ce château.De même a-t-il voulu rendre cgtte polarisa tion caractéristique du Moyen Âge où cohabitaient à la fois le plaisir et la guerre.«Tout était très manichéen, l’homme étant à la fois saint et démon.[.] Tout ce qui est horizontal est assez léger — c’est l’esprit même du donjon.En revanche, les éléments verticaux sont très lourds.» Du rouge à lèvres sur les monuments Loin de cette polémique, Decaris réalise actuelleqient un grand orgue pour la cathédrale d’Evreux, sorte d’immense cylindre moderne en bois dont les volets vont s’ouvrir et offrir une «symphonie de couleur et de lumière».Il a vu récemment un orgue qu’il croyait du XVII' siècle.avant de découvrir que c’était un faux! «Ce n’est pas parce qu'on sait faire les choses qu’il faut les faire.Même si c’est ce que le public attend.Le public ne veut pas que ça change, il veut une représentation du patrimoine qui est son image de la réalité.Il veut se raconter une histoire, un monde de conte de fées.[.] On ne peut pas mettre du rouge à lèvres à un monument pour faire plaisir au public.» À longer les couloirs tortueux du château de Falaise, on se prend tout à coup à oublier cette polémique.Et on se dit que les gentilshommes et gentes dames de l’époque ne se promenaient pas dans des ruines ou quelque bâtiment vétuste.Ils circulaient dans ce qui était pour eux l’équivalent de nos réalisations les plus modernes, les plus avant-gardistes, voire les plus osées.Là-dessus, Decaris n’a pas manqué son coup! Faire du neuf où du faux?«La restauration s’arrête là ou commence l'hypothèse.» Alors que les travaux s’achèvent, Bruno Decaris, architecte en chef des Monuments historiques, répète la même phrase qu’il citait en 1985, abordant pour la première fois la restauration du château de Falaise.«Quand on fait une hypothèse, eh! bien, il faut la marquer et bien montrer que ce n 'est pas une affirmation.Le problème de la restauration ressemble à celui de la musique.Le restaurateur est comme un musicien qui retrouve une partition déchiquetée.La première chose à faire, c’est d'essayer de recoller les morceaux.Parfois, il manque des éléments.Il y a alors plusieurs façons de faire: soit on fait “à la manière de”, dans le style, qui est un peu une tradition française.Mais on peut, au contraire, entrer plus en profondeur et essayer de comprendre les règles harmoniques.Chose certaine, on n’est pas là pour faire du faux.» En étudiant le château, il a trouvé une construction géométrique extrêmement rigoureuse.«J'ai découvert un tracé régulateur, des règles hamoniques précises.Et j’ai décliné très rigoureusement la géographie du lieu.» Construction militaire, les donjons n’étaient pas faits à la légère.Celui de Falaise est construit à partir de modules en progression géométrique de 1 mètre 10,3 mètres 30, 6 mètres 60 et 9 mètres 90.Les murs font par exemple partout 3 mètres 30 d’épaisseur.L’architecte a donc fabriqué des planchers composés d’éléments de 1 mètre 10.En verre et en plomb, ils laissent voir parfaitement les étages inférieurs et supérieurs, mettant ainsi en relief la structure d’ensemble.«Ne connaissant pas la nature des matériaux, je ne vois pas l'intérêt de construire huit siècles plus tard des planchers “à la manière de".» La couverture, une toile de téflon sur armature de métal, est faite de trois carrés de 6 mètres 60 d’arrête et de deux carrés de 9 mètres 90.Elle été réalisée par Peter Rice.À Falaise, Bruno Decaris a donc choisi de restaurer dans le respect de la tradition ce qui tenait encore debout.Mais pour le reste, pas question de sombrer dans les pastiches du siècle dernier à la Viollet-le-Duc.Il a préféré faire du neuf, tout en s’inspirant de l’esprit d’ensemble du bâtiment.La façade, par exemple, reprend la disposition des donjons anglo-normands avec son avant-corps, sorte de donjon avant le donjon.Celui-ci n’existait plus qu’à l’état de vestige.Decaris en a réinterprété les volumes de façon contemporaine.Il a d’ailleurs tenu à laisser un espace entre l’avant-corps et le château, pour «bien séparer le vieux du neuf», dit-il.L’ingénieur anglais voulait une couverture luminescente.Mais Decaris a choisi un clair-obscur obtenu grâce à une toile double et qui redonne toute leur importance aux grandes baies qui s’ouvrent sur le paysage.Ailleurs, l’architecte n’a pas hésité à trancher dans le vif.Un escalier intérieur a été littéralement creusé au centre du château.Quant à la tour Talbot, elle a été surmontée d’une ellipse en béton et en métal qui sert de point de vue.Partout, le très moderne côtoie le très ancien.Tous deux marqués par la même sobriété.Les conservateurs outrés Il n’en fallait pas plus pour réveiller les partisans de la conservation du patrimoine.Pas moins de quatre associations se sont liguées contre Bruno Decaris et ont même porté l’affaire devant les tribunaux.Toutes considèrent qu’un monument historique doit être rénové à l’identique.«Nous devons le transmettre à nos enfants sans le dénaturer», dit Solange Marret, qui a recueilli plus de 12 000 signatures contre les plans de restauration.L’association Aimer Falaise en a contre l’avant-corps, mais aussi contre l’aménagement intérieur.Elle est soutenue par la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France.Pour Christian Lair, de l’association Aimer Falaise, l’avant-corps est un «blockhaus», et le pont-levis, «un plan incliné de garagiste avec des barres de dépanneuses».Bref, c’est «du Grand Guignol».Les plans de Bruno Decaris ne font pas non plus l’unanimité des experts.Le critique du quotidien Le Monde n’y a vu que «béton brut et quincaillerie technologique, accommodés de l’esthétique la plus rebattue des aéroports les moins réussis.[.] Une œuvre navrante, kitsch et d'un pompiérisme achevé».Même le conservateur adjoint de la tour de Londres, Edward Impey, a jugé cette rénovation contestable pour des raisons esthétiques, pratiques, scientifiques et de présentation au public.Le critique du Times de Londres a souligné que si un architecte anglais avait fait cela, on aurait demandé sa tête sur un plateau.Il voit néanmoins dans cette restauration «un effort sincère et un exercice provoquant, qui transforme une antiquité glacée en un ouvrage architectural majeur dont chacun peut maintenant faire l’expérience».L’esprit du Moyen Âge «Je n’ai rien modifié du dessin original!J’ai conservé tous les éléments historiques et plutôt procédé par addition», répond l’architecte, imperturbable.«Une restauration, c’est une réinterprétation.Ce qui compte, c’est de donner une vision des choses et de faire en sorte qu’on favorise l’imaginaire du spectateur, qu’on ne le fige pas.[.] Je préfère m’inscrire dans cette écriture, qui est peut-être plus choquante dans un premier temps, mais qui passera mieux dans un second.Car elle est authentique.» Decaris a voulu souligner l’esprit militaire de la construction.C’est pourquoi il a choisi le plomb et le gris métalique.Plus tard, les CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT du devoir A PARIS Parois de béton, câbles d’acier, passerelles en treillis métalliques.On se croirait sur les hauteurs de Beaubourg, à Paris, ou de la Lloyd’s de Londres.Pourtant, il s’agit bien d’un pont-levis! Le pont-levis le plus moderne du monde avec mâchicoulis et meurtrières dernier cri.Cet avant-corps ultramoderne protège farouchement l’entrée du château de Falaise, une construction on ne peut plus moyenâgeuse, bâtie sur un éperon rocheux surplombant une paisible vallée normande.Qu’auraient dit Guillaume le Conquérant (né sur place), Richard Cœur de Lion et Alienor d’Aquitaine (qui ont habité l’endroit, dit la légende) devant cette masse de béton brut, ces planchers de verre et de plomb, ces toits en toile de téflon et ces vitres gravées de dessins géométriques?Peut-être auraient-ils poussé les hauts cris comme les nombreux opposants à cette rénovation avant-gardiste d’un château du XIL siècle.Ou peut-être auraient-ils simplement ouvert des yeux étonnés, comme la plupart des visiteurs de ce monument qui nous en apprend autant sur l’architecture d’hier que sur celle d’aujourd'hui.comment marier le XIIe et le XXIe * ¦.?* • .s mm JSÎ Wm wm ttâ ¦.&.< Un château fort rénové à la moderne.Aujourd'hui et demain au Marché Bonsecours : le Bazar Symphonia de l'Orchestre symphonique de Montréal ID Institut de Design Montréal 390, rue Saint-Paul Est Marché Bonsecours (niveau 31 Montréal (Québec) Canada H2Y1H2 Téléphone : 15141866-2436 Télécopieur (514)866-0881 E-mail : idm@idm.qc.ca Site web .http://www.idm qc Pour son 50e anniversaire, le Comité des bénévoles de l'Orchestre symphonique de Montréal, en collaboration avec l'Institut de Design Montréal, tient son grand BAZAR SYMPHONIA, cette fin de semaine, au Marché Bonsecours.Le public est cordialement invité à y participer.Le Bazar Symphonia a lieu aujourd'hui, le samedi 2 mai, de 9 h à 19 h, ainsi que demain, de 10 h à 17 h, au Marché Bonsecours, 350 rue Saint-Paul Est.Le Bazar est une occasion privilégiée de passer des heures agréables tout en aidant l'OSM : deux journées de plaisir, de musique et d'animation au Marché Bonsecours dans le Vieux-Montréal.Au programme : vente aux enchères et vente d'objets d'art, antiquités, articles de sport, bijoux, instruments de musique, jouets, livres, gourmandises, plantes, produits de beauté et vêtements.L’entrée est libre.L'OSM remercie chaleureusement tous les visiteurs pour leur soutien.Du nouveau à la Galerie de l'IDM Mise sur pied pour faire connaître et apprécier le rôle fondamental du design dans le développement de nouveaux produits, la Galerie de l'IDM propose la découverte des plus beaux objets design du printemps.Située dans Taire commerciale du Marché Bonsecours, rue Saint-Paul, dans le Vieux-Montréal, elle est ouverte tous les jours On peut rejoindre son personnel au (514) 866-1255.OBJETS DESIGN.POUR VOUS! Heures d'ouverture de la Galerie IDM : Du lundi au samedi, de 11 h à 18 h Le dimanche, de 11 h à 17 h
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