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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1998-05-23, Collections de BAnQ.

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I.K I) K V OIK.1.K S S A M K I) I 2 3 K T I) I M A X (' Il K 2 I M Al I il il S Les premières revendications féministes ont souvent pris la forme de manifestations populaires.Le Conseil du statut delà femme Il y a vingt-cinq ans était créé le Conseil du statut de la femme, organisme consultatif chargé de conseiller le gouvernement et d’assurer la promotion des droits des femmes au Québec.L’action du CSF n’est pas étrangère au fait que la situation des Québécoises soit présentement considérée comme légèrement en avance, non seulement sur celle des Européennes et des Américaines, mais sur celle des autres Canadiennes.Pour souligner cet anniversaire, Le Devoir présente aujourd’hui un cahier spécial qui effectue une rétrospective des victoires remportées par les femmes au cours de ces vingt-cinq années et donne un aperçu des enjeux qui restent à conquérir.Maintenant qu elles sont solidement implantées sur le marché du travail, les femmes se préoccupent surtout de concillier carrière et famille.CLAIRE HARVEY COLLABORATION SPÉCIALE Le Conseil du statut de la femme célèbre ses 25 ans d’existence.Si l’occasion semble tout indiquée pour souligner les gains du mouvement féministe, l’organisme est cependant d’avis qu’il faut poursuivre les efforts pour assurer la progression de l’égalité entre les femmes et les hommes.Le début des années 70 a été une période importante pour le mouvement féministe du Québec.la?28 septembre 1970, la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada, mieux connue sous le nom de sa présidente, la journaliste Florence Bird, a publié un rapport exhaustif incluant plus de 160 recommandations, dont la création d’un office de la femme.La Fédération des femmes du Québec (FFQ) a transmis cette recommandation au gouvernement du Québec.En 1973, les pressions exercées par les groupes de femmes, et surtout celles de la FFQ, ont donné lieu à la création du Conseil du statut de la femme.Dans un livre intitulé L'Histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles, le Collectif Clio note que si certaines associations ont perçu la création du CSF comme une victoire, une partie importante du mouvement féministe l’a accueillie avec scepticisme, voire avec agressivité.Il reste qu’avec la création de cet organisme, les femmes ont pu désormais participer à l’élaboration des politiques et des lois qui avaient des impacts sur leur vie.Notons que le CSF a pour double mandat de conseiller le gouvernement sur tous les sujets qui touchent l’égalité des sexes et les droits des femmes, et d’en informer ces dernières.Four assumer ses responsabilités, le CSF mène des études, reçoit les requêtes de la population et émet des avis au gouvernement sur toutes les questions relatives à la condition féminine.A l’heure des bilans, Diane Lemieux, présidente du CSF, rappelle que le Conseil du statut de la femme a traité des dossiers dans tous les domaines.11 s’est penché notamment sur le Code civil, la publicité sexiste, les pensions alimentaires, les congés de maternité et les problèmes liés à la violence et à la pauvreté.Tout en se réjouissant des progrès remarquables accomplis au chapitre de l’égalité formelle des droits des femmes, Mme Lemieux estime que le chemin le plus difficile reste à faire.«L'exercice de ces droits est plus périlleux en raison de l'évolution du marché du travail, de la mondialisation de l’économie et des profondes mutations de la société québécoise», dit-elle en précisant que le contexte social et économique actuel a déterminé les orientations du Conseil du statut de la femme pour les trois années à venir.La présidente fait d’abord observer qu’on doit une grande partie de l’amélioration des conditions de vie des femmes aux actions d’un gouvernement centralisateur.«L’État a adopté des lois et des règlements pour corriger les déséquilibres entre les femmes et les hommes.Il a aussi mis en place des services sociaux, dont un programme de la sécurité du revenu et un système de santé accessible, universel et gratuit.Si on ne fait pas attention, les femmes souffriront des importantes réformes en cours.» , Poursuivant sa réflexion sur le rôle de l’État, Diane Lemieux s’interroge sur l’impact qu’aura la régionalisation sur la condition féminine.Rappelons que le programme d’action triennal du gouvernement québécois en matière de condition féminine accorde un rôle plus important aux instances locales et régionales.«Il s’agit pour certains d’un progrès car les actions seront mieux adaptées à la réalité des femmes des régions.D’autres craignent cependant qu’on affaiblisse les organismes qui ont fait avancer la cause des femmes en multipliant le nombre d'interlocuteurs.Il faut s’assurer que les groupes locaux et régionaux pourront assumer leurs nouvelles responsabilités.» Sur le plan de la mondialisation, Mme Lemieux ne peut s’empêcher de souligner un autre paradoxe.«Il faut voir si cet- te plus grande ouverture sur le monde se traduira par un écart croissant entre les riches et les pauvres et une diminution du pouvoir des États ou par un partage universel des valeurs comme la démocratie et l’égalité des sexes.Les femmes doivent connaître ces enjeux.» Parmi d’autres dossiers, le CSF accordera une attention particulière aux changements démographiques, notamment à la diversité culturelle et au vieillissement de la population.11 souhaite aussi procéder à une analyse approfondie de la progression des femmes sur un marché du travail en mutation.Enfin, il se penchera sur le sexisme et les stéréotypes qui subsistent encore de nos jours, comme le partage inégal des tâches entre hommes et femmes à la maison.Selon Léa Cousineau, sous-ministre associée au Secrétariat à la condition féminine, la solution à ces problèmes n’est pas uniquement du ressort de l’Etat et exige une action concertée en collaboration avec plusieurs partenaires.«Il faut aujourd’hui s’attaquer aux obstacles profondément enracinés qui empêchent l'évolution des mentalités, des valeurs et des comportements de notre société.» Ayant pour mandat de coordonner les actions des différents ministères en matière de condition féminine, Mme Cousineau reconnaît que les stéréotypes mettent un frein important a l’avancement de la cause des femmes.«Comme tous les pays industrialisés, nous sommes menacés d’un ressac antiféministe.» Relativement récent, le mouvement féministe n’est pas irréversible.«On doit faire preuve de vigilance et réagir rapidement lorsqu 'on observe un recul des droits des femmes», dit-elle.A cet égard, Mme Cousineau précise que l’analyse différenciée selon les sexes est un outil qui peut être profitable.Cet outil fait partie d’un ensemble de mesures adoptées en 1995, lors de la quatrième Conférence mondiale des Nations unies sur les femmes, tenue à Pékin.Ce processus consiste à prévoir, avant l’adoption des politiques, les conséquences quelles auront sur les femmes et sur les hommes.Il fait partie du programme d’action triennal du gouvernement québécois en matière de condition féminine.«Nous pourrons ainsi introduire des mécanismes qui tiennent compte des caractéristiques propres à la condition féminine», dit Léa Cousineau, précisant que l’analyse différenciée ne forcera pas automatiquement le gouvernement à faire marche arrière, «mais plutôt à nuancer ses décisions lorsque des programmes peuvent accroître les inégalités».A l’occasion de ce 25' anniversaire du Conseil du statut de la femme, les Québécoises peuvent se réjouir d’avoir marqué des points mais doivent aussi consolider leurs acquis.Les femmes n’ont pas encore franchi le fil d’arrivée.25 ans / ;»C.S' Vision f I Cl \ïiüiri'[ urn u c parla; cm :g» pouvons nous féliciter proprier les atouts de la séduction.Alors que des féministes s’évertuent à dénoncer les effets négatifs de l’industrie pornographique sur les femmes, des plus jeunes prennent le contrepied de leur position traditionnelle.«Des réalisatrices font des films intelligents, innovateurs, qui n'ont rien à voir avec le film porno épais», affirme Pascale Navarro, aussi coauteure de l’ouvrage Interdit aux femmes, un plaidoyer contre la censure anti-pornographique.«En ce moment, on jette tout dans le même panier, poursuit-elle.Faut-il crier au scandale chaque fois qu’on voit une fille nue?» Ces différents courants de pensée sont-ils ir-réconciables?Pascale Navarro ne le croit pas.«Le dialogue est parfois difficile.Un des enjeux de l’avenir sera de maintenir une cohésion malgré la diversité des discours qui traversent le mouvement.» De son côté, les débats internes du féminisme n’inquiètent pas Christine Fréchette.Au contraire.«N’est-ce pas ce qui rend le féminisme vivant?» fi v *:• *0 LOUISE LKMIEUX À l’école, les jeunes filles continuent d’obtenir de meilleurs résultats que les garçons.Mais celles qui militent dans les associations étudiantes sont rarement intéressées par la présidence.Serait-ce que le pouvoir ne les attire pas?Depuis vingt-cinq ans, le Conseil du statut de la femme, par son rôle aviseur et ses travaux de recherche, a fait avancer la cause des femmes.Nous sommes des travailleuses oeuvrant dans tous les secteurs de l'activité économique québécoise.Nous faisons partie du mouvement des femmes et nous voulons continuer de progresser ensemble.Les outils mis sur pied par le Conseil du statut de la femme sont essentiels pour nous et pour toutes les Québécoises.CSN Les travailleuses de la CSN Confédération des syndicats nationaux, 1601 ave de Lorimler, Montréal H2K 4M5 • (514) 598-2131 CERTAINS ENJEUX DU FÉMINISME AUJOURD’HUI * Colloque du Conseil du statut de la femme en collaboration avec l'Institut de recherches et d'études féministes (IREF) Les 28 et 29 mai 1998 À l'Université du Québec à Montréal Conférence d'ouverture : Elizabeth Fox-Genovese Animation : Françoise Guénette LE CONSEIL DU STATUT DE LA FEMME vers l’égalité TFT a a a h l I.K I) K V (I I I! .I.V.S S A M K I) I A !•: T I) I M A X < Il K 2 1 MAI I !l II fi E 4 CONSEIL DU STATUT DE LA FEMME A*.«A CLAIRE HARVEY COLLABORATION SPÉCIALE Il existe au Québec quelque 2000groupes de femmes, dont la grande majorité agit sur le plan local et régional.En complémentarité avec les organismes gouvernementaux, ces groupes des femmes offrent des services de formation, d’information, de soutien et d’entraide.Ils œuvrent à partir des problématiques qui concernent les femmes, comme la pauvreté, la conciliation travail-famille et la discrimination salariale.Pour s’attaquer à l’une des sources du problème, le Regroupement des femmes de la Côte-Nord a mis sur pied, à BaieComeau, le Fonds d’investissements pour l’entrepreneurship au féminin (FIEF).Créé en 1995, cet organisme sans but lucratif encourage les femmes de la région à contribuer au développement économique de leur milieu, tout en accédant à l’autonomie financière.Marie-Claire Larose, directrice du FIEF, explique que les institutions financières exercent encore de nos jours de la discrimination à l’égard des femmes.«Le financement est le premier obstacle auquel se heurtent les femmes entrepreneuses.» Citant de récentes études, Mme Larose précise que le taux de refus des prêts est plus élevé et que les taux d’intérêts sont supérieurs lorsque les propriétaires d’entreprises sont des femmes.Le FIEF doit sa création à la solidarité des femmes du milieu.Par exemple, le Regroupement des femmes de la Côte-Nord a hypothéqué sa propriété et prêté au fonds 25 000 $.Chaque femme membre du conseil d’administration a également accordé un prêt d’au moins 1000 $, pour un total d’environ 35 000 $.Les fonds recueillis pour le capital de risque s’élèvent aujourd’hui à 150 000 $, mais les promotrices visent le million, afin de pouvoir accorder des prêts jusqu’à concurrence de 50 000 $.Malgré sa courte existence, le FIEF est venu en aide à huit entrepreneuses, en accordant des prêts de 2000 $ à 6 500 $.Selon Mme Larose, même s’il est trop tôt pour parler des résultats des entreprises en démarrage, le FIEF contribuera certainement à améliorer les conditions de vie des femmes de la Côte-Nord et de leur famille.Outre ce moyen concret, les groupes féminins de la Côte-Nord incitent les femmes à occuper des emplois dans des secteurs non traditionnels.Françoise Richard, responsable régionale du Conseil du statut de la femme (CSF), explique que les femmes se dirigent encore trop souvent dans des ghettos d’emploi où le travail est mal rémunéré.«Le résultat: les femmes gagnent environ 51 % du salaire des hommes, tandis que seulement 4,5 % d’entre elles ont un revenu annuel de l'ordre de 40 OOO $.» minin, tout en faisant mieux connaître les initiatives des femmes entrepreneuses de la région.Coordonnatrice des concours, Diane Harvey, conseillère en formation au Centre d’études collégiales de Charlevoix, souhaite recevoir une douzaine de candidatures par catégorie.On connaîtra les noms des lauréates en juin prochain, à l’occasion d’une cérémonie où seront attribués des prix de toutes sortes, dont des bourses de 250 $ à 500 $, une plaque commémorant le 25' anniversaire du CSF et un abonnement à la Gazette des femmes.La MRC de Matane Voyons maintenant le cas de la MRC de Matane, qui se relève durement de la récession économique.Cette MRC affiche un taux d’emploi de l’ordre de 38 %, comparativement à 42 % pour l’ensemble de la région du Bas-Saint-Laurent.Pour intégrer les femmes sur le marché du travail, le Regroupement des femmes de la région de Matane mise sur une formation élaborée en fonction des besoins de main-d’œuvre.Selon Micheline Laroche, coordonnatrice de ce regroupement, celui-ci a offert en 1997 une formation professionnelle de bouchère à dix femmes du milieu qui ont trouvé un emploi dans ce domaine, en plus d’une formation en en-treprenariat à onze femmes bénéficiaires de la sécurité du revenu.«Aujourd'hui, ces femmes ne sont pas toutes à la tête d’une entreprise, mais elles sont devenues plus actives dans leur milieu et peuvent mieux promouvoir les droits et les intérêts des femmes de la région.» En milieu rural Il est également intéressant de souligner le combat des agricultrices.A l’instar des épouses collaboratrices, elles ont lutté pour avoir accès à la propriété des fermes.En 1986, cet accès a été rendu possible lorsque le gouvernement a adopté la Loi favorisant la mise en valeur des exploitations agricoles.Diane Montour, présidente de la Fédération des agricultrices du Québec, note que depuis l’entrée en vigueur de cette loi, la situation des agricultrices s’est améliorée à bien des égards.«En 1986, 5000 agricultrices avaient des titres de propriété sur la ferme familiale, alors qu 'aujourd'hui 10 450femmes sont copropriétaires de la ferme.Possédant désormais un statut juridique, les agricultrices jouissent d'une plus grande autonomie financière.» Fondée en 1987, la Fédération des agricultrices du Québec, affiliée à l’Union des producteurs agricoles (UPA), regroupe plus de 1500 membres dans 13 syndicats régionaux.Cette organisation syndicale a pour principal objectif qu’on reconnaisse le travail des femmes en agriculture.JACQUES GRKN1EK LE DEVOIR Le financement est le premier obstacle auquel se heurtent les femmes entrepreneuses.Pour renverser cette tendance, le «Centre émersion Manicouagan» offre des programmes d’intégration dans des secteurs traditionnellement réservés aux hommes.Ces programmes ont permis aux femmes d’avoir accès au marché du travail, par exemple, à titre de journalières à la Scierie des Outardes et à l’aluminerie Reynolds.Charlevoix Selon une étude menée par le «Centre de femmes aux Plurielles», le salaire moyen des femmes de Charlevoix représente également la moitié de celui des hommes de la région.Ce déséquilibre est notam- ment causé par le nombre élevé de femmes qui travaillent à temps partiel.Estimant que l’entreprenariat est un moyen pour améliorer leur situation, le Centre d’études collégiales de Charlevoix, en collaboration avec le Centre de femmes aux Plurielles, a lancé deux concours en entreprenariat intitulés respectivement Projet en tête et J’en fais mon affaire à l’occasion d’un colloque sur la place des femmes dans le développement régional.Projet en tête a pour but d’inciter les élèves et le personnel des commissions scolaires à considérer l’entre-prenariat comme une voie d’avenir prometteuse, j'en fais mon affaire vise à encourager l’entrepreneuriat fé- Des projets novateurs en région Des groupes de femmes empruntent la voie économique pour améliorer les conditions de vie des femmes de leur région -flWnjf'iy Ms&i' LES FEMMES EN EMPLOI Une force grandissante! Une Québécoise sur trois est syndiquée.La FTQ représente plus de 150 000 travailleuses au Québec, soit le tiers des syndiquées.Le Fonds de solidarité regroupe quelque 135 000 femmes actionnaires.Ces femmes se retrouvent un peu partout: dans les bureaux et les usines, sur les chantiers et dans les manufactures, dans le transport et les communications, dans les institutions financières, la restauration et l'hôtellerie, ou encore dans la santé et l'éducation.Un salut spécial à toutes les femmes du Québec Fédéi a n mi des travailleurs et travailleuses du Québec FTQ F NDSL DESOLIDARITÉ ,#V DES TRAVAILLEURS '-SMP DU QUÉBEC (FTQ) .PHOTOTHEQUE LE DEVOIR Les groupes féminins de la Côte-Nord incitent les femmes à occuper des emplois dans des secteurs non traditionnels.Des pratiques esthétiques féminines controversées au Québec de 1920 à 1939 Auteurc: Suzanne Marchand La Première Guerre mondiale marque la fin d’une époque au Québec.Le modèle fait de solidarité familiale et communautaire est orienté vers la consommation de biens et de services.Le « travail des apparences » et le « culte du corps » viennent renverser les vieux tabous.L’Église s'emploie à lutter contre ces nouvelles pratiques qu’elle juge abusives.«MW2MM-X - fi™»: 14.5 x 215 m Prie 19,95$ HMH ÉDITIONS HURTUBISE HMH LTÉE L K I) E V OIK, L K S S A M K I) I 2 :$ E T I) I M A X ( Il E 2 I M Al 19 9 8 •CONSEIL DO STATUT DE LA FEMME- Des victoires à la portée de la main Assurance parentale, services de garde, présence des filles à l’université.que de chemin parcouru en vingt-cinq ans! DENYSE PERREAULT COLLABORATION SPÉCIALE Les grandes lignes du nouveau régime d’assurance parentale du gouvernement du Québec ont été présentées en janvier 1997, dans le Livre blanc sur les Nouvelles dispositions de la politique familiale.«Si le projet se concrétise tel que prévu, ce régime placera le Québec à l’avant-garde en Amérique du Nord, fait remarquer Francine Lepage, de la Direction de la recherche et de l’analysç du Conseil du statut de la femme.A l'heure actuelle, la protection de l’emploi relève de la loi québécoise sur les nomes du travail, et l’indemnisation provient du régime d’assurance-emploi fédéral.Im politique devrait y gagner en cohérence si elle relève d’une même administration.» Selon le document gouvernemental, le régime s’étendrait aux personnes salariées, ainsi qu’aux travailleuses et travailleurs autonomes, qui n’étaient pas couverts auparavant.Les personnes ayant gagné 2000 $ ou plus l’année précédente seraient admissibles aux prestations, alors que le régime d’assurance-emploi exige l’accumulation de 700 heures d’emploi assurable.Le père aurait droit, en propre, à cinq semaines de prestations de paternité.La prestation s’élèverait à 75 % du salaire net, sans délai de carence, alors que le régime fédéral offre habituellement 55 % du salaire brut.Le projet se heurte cependant à une importante difficulté: les gouvernements de Québec et d’Ottawa ne s’entendent pas en ce qui concerne la compensation financière qui serait remise au Québec en la circonstance.Or, il s’agit là d’une condition essentielle à la mise en place du régime.La ministre de la Famille et de l’Enfance, Pauline Marois, doit donc réexaminer la question.Selon Francine Lepage, il importe que le régime s’inspire de règles de type assurance sociale, et qu’il s’étende à la plupart des travailleuses en âge d’avoir des enfants, tout en minimisant les pertes habituellement encourues lors d’un congé de maternité.En somme, il faut un régime mieux adapté aux réalités actuelles du monde du travail, pour épargner aux femmes l’odieux d’avoir à choisir entre maternité et sécurité financière.Les services de garde Les services de garde, au Québec, sont passés des asiles en milieu ur- bain de 1850, par les garderies gouvernementales de la Deuxième Guerre mondiale, avant d’en arriver aux Projets d’initiatives locales financés par le fédéral des années 70 et aux «plans», signés par les ministres Bacon et Iazure.üi Loi sur les services de garde à l’enfance était adoptée en 1979, suivie, dix ans plus tard, d’une première politique sur le sujet.En mars 1996, d’après les chiffres du Conseil du statut de la femme, le Québec comptait 1107 garderies avec une capacité de 56 550 places.Les 143 agences de services de garde en milieu familial en offraient 19 479.La contribution quotidienne des parents s’établissait à 20,49 $ par jour en garderie et à 17,65 $ en milieu familial.Parmi les mesures annoncées, plusieurs se mettent en place.Depuis septembre 1997, la maternelle à temps plein est offerte aux enfants de cinq ans; les enfants de quatre ans des milieux défavorisés ont droit à une combinaison maternelle-garderie sans frais pour les parents; des places à 5 $ par jour sont accessibles dans les services de garde régie, pour tous les autres enfants de quatre ans.Dès septembre 1998, le tarif réduit sera étendu aux enfants de trois ans.D’ici 2001, en septembre de chaque année, les enfants de deux ans, un an et moins d’un an devraient eux aussi accéder aux services à faibles coûts.On prévoit la création de 73 000 nouvelles places d’ici là.Effort impressionnant.mais certaines questions demeurent sans réponse.Ces nouvelles places seront-elles offertes là où les parents le demandent?Le milieu scolaire vient d’apprendre qu’il devra lui aussi offrir des services de garde à 5 $ par jour.Sera-t-il en mesure de le faire?Le tarif réduit entraî-nera-t-il une augmentation de la demande, comme cela s’est produit pour les enfants de quatre ans?Malgré les lacunes et les points d’interrogation qui subsistent, il s’agit tout de même d’un pas gigantesque dans la bonne direction.Les filles à l’université Selon les chiffres présentés par le Conseil du statut de la femme lors des récents Etats généraux sur l’éducation, sept femmes sur 1000 détenaient un diplôme universitaire en 1951, tandis que 30 hommes sur 1000 en possédaient un.Quarante ans plus tard, la proportion de diplômés est évaluée à 9 % de femmes comparativement à 12 % d’hommes.Les femmes étaient autrefois cantonnées JACQUES NADEAU LE DEVOIR .< j k-.D’ici 2001, les enfants de trois ans, deux ans, un an et finalement moins d’un an auront eux aussi accès aux services de garde à faible coût.M XJOfe f JACQUES ÜKENIEK LK UfcVUIK Plus studieuses que les garçons, les filles obtiennent de meilleures notes au secondaire et au cégep.C’est ce qui explique leur présence massive dans les disciplines universitaires où le contingentement est fonction du bulletin scolaire.à l’économie familiale et aux professions de serveuse, caissière, enseignante ou infirmière; on les trouve aujourd’hui dans la majorité des disciplines universitaires.La création du ministère de l’Éducation, durant les années 60, et la démocratisation de l’accès aux études prônée par le rapport Parent ont contribué à l’arrivée massive des filles dans le monde scolaire.«Dans l’ensemble, elles ont de meilleures notes que les gar- çons», fait remarquer Francine Bélanger, conseillère à la coordination à la condition féminine, au ministère de l’Éducation.Elles ont de ce fait accès à nombre de disciplines contingentées où elles se retrouvent parfois en majorité, telles que médecine, sciences de la santé ou administration.«Au secondaire, les filles sont moins sujettes au décrochage que les garçons et elles se montrent plus persévérantes à l’université, reprend Mme Bélanger.Elles comptent actuellement pour 57 % des effectifs de toutes les universités québécoises, sont majoritaires au baccalauréat, à parité avec les garçons à la maîtrise et occupent 40 % des places au ni: veau du doctorat.» Seules les sciences physiques, le génie et l’informatique, disciplines pourtant intéressantes au point de vue carrière, les rebutent encore.Les filles ont davantage tendance à envisager leur avenir de façon globale, en tenant compte de leurs aspirations amoureuses et d’une éventuelle maternité.Or, l’image projetée par une carrière en sciences ou en informatique n’est guère conviviale.«On compte seulement 6 % de professeures en génie, contre 20 % en moyenne dans les autres secteurs, indique Francine Bélanger.Si bien que les filles manquent encore de modèles féminins.Il nous reste donc d’autres bastions scolaires à conquérir.» Félicitations au Conseil du Statut de la femme, notre allié vers l’achèvement de la démocratie.Merci aux féministes d’État, ces professionnelles qui oeuvrent sans relâche à l’amélioration des conditions de vie des femmes de toutes les régions du Québec.æaa Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec * *5# F ____m tant que ministre responsable de la Condition féminine, je suis particulièrement heureuse de souligner et de célébrer les 25 ans du Conseil du statut de la femme.Depuis un quart de siècle, le Conseil du statut de la femme contribue à améliorer les conditions de vie des Québécoises et, ainsi, au mieux-être de l'ensemble de la société.Par ses nombreux avis, ses analyses, ses commentaires et ses recherches, par ses interventions publiques et ses activités de toutes sortes, le Conseil a fait reculer les barrières qui font obstacle à l'égalité entre les femmes et les hommes.À l’échelle de la planète, nous pouvons aujourd'hui affirmer que le Québec se situe parmi les sociétés qui composent le peloton de tête en matière d'égalité de droits pour les femmes.La ministre d'État de l'Emploi et de la Solidarité, ministre responsable de la condition féminine et de l'Action communautaire autonome, Québec s * l'action des femmes, La FAC salue notamment celle des qui ont été, sont et seront, militantes syndicales une force vive pour la société québécoise LES ENSEIGNANTES ET LES ENSEIGNANTS DES SYNDICATS MEMBRES DE LA FÉDÉRATION AUTONOME DU COLLÉGIAL 1259, rue Bern • Bureau 400 • Montréal • (Qc) • H2L 4C7 Tél.: (514) 848-9977 • Téléc.: (514) 848-0166 Courriel :fac@lafac.qc.ca Site Internet : hllp/Lwww.lalac.ac.ca i I.K I) K Y 0 I It , I.K S S A M K I) I 2 A K T I) I M A X < Il K 2 I M A I I !> II S fflU/: €V«' Louise Guyon, chercheuse s.intc conditions de vie des femmes Québec Le féminisme s’internationalise Des femmes de tous les pays s’unissent pour défendre les causes qui leur tiennent à cœur La violence dont elles sont victimes est actuellement une préoccupation pour les femmes de tous les pays.Il n’est plus rare de voir des femmes manifester en signe de solidarité avec des situations vécues par des femmes d’autres pays.LOUISE LEMIEUX JACQUES ('.RENIER LE DEVOIR REFUQ Le Réseau des éludes féministes universitaires ~ " !C (REFUQ) dont l’objectif principal est de collaborer au développement des études féministes dans les universités du Québec el de favoriser les échanges entre les différents centres de recherche et d’études féministes des universités, est heureux de s’associer au 25ième anniversaire du Conseil du statut de la femme.Le REFUQ regroupe: l'Institut Simone de Beauvoir, Université Concordia; le Centre de recherche et d’enseignement sur les femmes, Université McGill; l'Institut de recherches el d’études féministes, Université du Québec à Montréal; la Chaire d etude Claire-Bonenfant sur la condition des femmes, Université Laval: le Groupe de recherche multidisciplinaire féministe, Université Laval: le Programme en études sur les femmes, Université de Sherbrooke: le Groupe de recherche et d’études féministes, Université de Sherbrooke: le Groupe pluridisciplinaire en éludes féministes, Université de Montréal.Bravo ! ISABELLE HIVEST COLLABORATION SPÉCIALE La croissance économique mondiale vq bien», ont encore répété les chefs d’Etat du G-8.Et pourtant, partout sur la planète, les écarts se creusent entre les riches et les pauvres.A la mondialisation des marchés, des femmes ont décidé d’opposer celle de la solidarité.Des milliers d’entre elles manifesteront contre la pauvreté et la violence faite aux femmes lors de la Marche de l’an 2000, qui se tiendra simultanément dans plusieurs pays du monde.Cette mobilisation internationale a été initiée par la Fédération des femmes du Québec, lors dç la Conférence de Beijing, en 1995.A cette occasion, 35 000 femmes s’étaient donné rendez-vous en Chine, un des Etats les plus totalitaires et répressifs du monde.Les tracasseries administratives ne sont pas venues à bout de la détermination des participantes, qui ont enregistré des victoires importantes.Par exemple, le viol massif des femmes en temps de guerre est désormais considéré, et passible d’être puni, comme un crime contre l’humanité.«La rencontre de Beijing nous a permis de comprendre que les grands enjeux de la majorité de la population sont les mêmes, au Nord comme au Sud», affirme Nicole Saint-Martin, présidente d’Oxfam-Québec.Les femmes ont pu échanger sur leurs différentes expertises, en matière de prévention du crime auprès des jeunes et des adolescents, par exemple.«Les programmes d’ajustements structurels du FMI ont frappé les pays du Tiers-Monde bien avant ceux du Nord, rappelle Hélène I.agacé, chargée de projet à l’Unité des droits hu- mains du Centre canadien d’études et de coopération internationale (CECI).Les populations du Sud ont développé des initiatives de survie et des stratégies de lutte dont nous pouvons nous inspirer.» Au Pérou, des groupes de femmes ont mis sur pied de nombreux services communautaires autogérés.Nicole Saint-Martin a eu la chance de les visiter.Elle en est revenue fort impressionnée.«Les femmes ont organisé des garderies, des ateliers defortnation, des cuisines communes.Les fruits de leurs initiatives rejaillissent sur l’ensemble de la collectivité.Au Maroc, des femmes ont pris en charge leur développement local.D’ailleurs, en Afrique, plusieurs groupes de femmes ont développé des modèles d’entrepreneurial au féminin.» La sécurité des femmes en ville Beijing mettait fin à une série de quatre Conférences internationales sur les droits des femmes, qui ont donné naissance à une foule d’initiatives.Par exemple, Anne Michaud, conseillère en développement communautaire au service des sports, des loisirs et du développement social à la Ville de Montréal, représentait sa municipalité lors du Sommet des villes (Habitat II) qui a eu lieu à Istambul, en 1996.On y soulevait de nombreux problèmes rencontrés par les femmes vivant dans les régions urbaines: la sécurité, la pauvreté, l’accès au logement, etc.«Lors de cette réunion, le Canada avait pris des engagements très progressistes en matière d'habitation.De retour chez nous, le gouvernement nous dit que le problème n 'est pas de compétence fédérale.» Doit-on être sceptique quant à l’utilité des grandes rencontres internationales?«Les prises de position des États sont des outils que la société civile peut ensuite utiliser.Mais les bénéfices prennent du temps à rejaillir sur la population.Il faut juger des effets à long terme», croit Anne Michaud.Les recommandations du Comité femmes et ville de Montréal sont de plus en plus souvent prises au sérieux par les décideurs.Ainsi, la STCUM a tenu compte de leurs suggestions lors du réaménagement de la station de métro Rosemont.La compagnie de transport offre aussi un nouveau service inter-arrêt pour les femmes, après 21 heures.Maintenant, ce comité de travail s’attaque à la répartition des ressources dans le domaine des loisirs.«Les parcs municipaux prévoient surtout des installations récréatives qui répondent aux besoins des garçons et des hommes.Très peu de services sont offerts aux jeunes filles et aux femmes», souligne Anne Michaud.Mais un problème peut en cacher un autre.Composer avec certaines traditions des autres communautés culturelles n’est pas toujours facile.«Que faire avec les jeunes immigrantes qui n'ont pas le droit de sortir de la maison?» se demande-t-elle.Cette inégalité dans la distribution des ressources publiques se retrouve dans presque tous les domaines.«Quand le gouvernement investit des millions de dollars pour le développement des nouvelles technologies d’information et des multimédias, tout le monde applaudit.Mais quels seront les emplois réservés aux femmes dans cette industrie?Seront-elles surtout confinées aux postes de réceptionnistes ou aux; tâches cléricales?» A l’autre bout de l’échelle sociale, les femmes forment 30 à 40 % de la population itinérante de Montréal.Et pourtant, seulement 8 % des res- sources leur sont allouées.«1m Ville a déjà amorcé des actions pour réduire cet écart, affirme Mme Michaud.Il ne suffit pas de créer un petit projet qui s’adresse aux femmes, pour réduire les inégalités entre les sexes.L’évaluation des programmes en fonction des genres est en train de créer un choc culturel partout dans le monde.» D’autres femmes réalisent des percées semblables, un peu partout dans le monde.«Internet est un outil fabuleux qui nous permet de rester en lien avec les autres groupes, d’échanger des informations et de cibler nos actions.C'est la voie de l'avenir», croit Anne Michaud.La mondialisation de la solidarité Autrefois, les femmes du Sud se reconnaissaient mal dans les préoccupations de leurs sœurs des pays industrialisés.Aujourd’hui, avec la mondialisation économique, les féministes de tous les pays se rallient autour des mêmes thèmes: la lutte contre la pauvreté et la violence faites aux femmes.Si la solidarité entre les peuples est plus urgente que jamais, comment les Québécoises peuvent-elles la concrétiser?«Nous devons d’abord comprendre que les frontières n 'existent plus, affirme Nicole Saint-Mar-tin.Au Québec, les groupes de femmes et de solidarité internationale ont travaillé de façon très cloisonnée, chacun se cantonnant dans sa sphère de revendications.» Mais les choses changent.Avec la marche «Du pain et des roses», en 1995, la dimension internationale était déjà prise en considération.«Aujourd'hui, c’est la FFQ qui entreprend une mobilisation internationale des femmes», se réjouit Hélène Lagacé.Concordia félicite le Conseil du statut de la femme à l’occasion de son 25e anniversaire et l’assure du soutien du Centre des femmes, de la Direction des programmes d’équité et de l’Institut Simone de Beauvoir.Mission à poursuivre.ensemble! J Concordia On vous prépare pour le monde www.concordia.ca Derrière les apparences Louise Guyon, chercheuse Santé et conditions de vie des femmes De 1987 à 1992, l’évolution des phénomènes tels la pauvreté, la monoparentalité, le vieillissement, le changement des rôles sociaux ont eu une intluence déterminante sur la santé des femmes.Une étude très importante, un ouvrage de référence qui fait le point sur la santé des femmes.Ministère de la Santé et des Services sociaux 1996, 384 pages Vente et renseignements: Québec a d u n Chez votre libraire Commande postale: Les Publications du Québec C.P.1005 Québec (Québec) G1K7B5 Internet: http://doc.gouv.qc.ca Télécopieur: (418) 643-6177 1 800 561-3479 Téléphone: (418)643-5150 1 800 463-2100 2196 I.E I) E V 0 I li E S S A M E I) I 2 :i E T I) I M A X ( Il E 2 I M Al I il II 8 E 7 CONSEIL DU STATUT DE LA FEMME Une société au féminin Si certaines différences entre les sexes sont d’origine culturelle, d’autres sont peut-être plus fondamentales 5 i a UQÀM L'avenir est ici Le goût de la compétition et du pouvoir se retrouve-t-il plus fréquemment chez l’homme que chez la femme?Si oui, on comprendrait plus facilement pourquoi davantage d’hommes que de femmes sont prêts à sacrifier leur vie personnelle à une carrière politique.Les femmes s’intéressent-elles davantage à l’humain, et les hommes aux objets?Si tel est le cas, il devient moins étonnant de voir tant de femmes préférer l’enseignement et le nursing au génie et à l’informatique.Et gageons qu’à choisir entre deux attitudes aussi opposées que «vaincre» et «collaborer», une majorité d’hommes se sentiront toujours plus attirés par la première, et une majorité de femmes par la seconde.DENYSE PERREAULT COLLABORATION SPÉCIALE 1976: Un groupe de professeurs met en place le Groupe interdisciplinaire pour l'enseignement et la recherche sur les femmes (GIERF).1990: Le C.A.de l'UQAM entérine la création de l'Institut de recherches et d'études féministes (IREF).Un engagement toujours actuel Aujourd'hui, l'IREF est actif à plusieurs chapitres: - il offre deux concentrations en études féministes: une dans plusieurs programmes de baccalauréat et l'autre dans des programmes de cycles supérieurs; - il coordonne et diffuse des recherches sur les conditions de vie des femmes; - il entretient des liens étroits avec des organismes tels le Conseil du statut de la femme et Relais-Femmes, et poursuit une entente de coopération avec l'Équipe Simone de l'Université Toulouse-Le Mirail (France).Site Internet: www.unites.uqam.ca/iref Ly arrivée des femmes en nombre r important dans différentes sphères de l’activité humaine va-t-elle changer le monde?Et, accessoirement, permettre de corriger certains excès?Dans les actes d’un colloque tenu en septembre 1996 et baptisé «10 X 10 = 1000», les membres de FRONT (Femmes regroupées en options non traditionnelles) se demandaient justement si les femmes vivent leur intégration dans les milieux de travail non traditionnels «comme pois-sonnes [sic] dans l’eau ou.chiennes dans un jeu de quilles».Linda Boisclair, technicienne au service à la clientèle chez Gaz Métropolitain et présidente de l’organisme, estime que les femmes sont en train «d’écrire une page d’histoire, de changer tranquillement ce qu’il y a de plus difficile à changer: les mentalités.en faisant tout pour qu'un jour FRONT ne soit plus nécessaire.» Malgré des progrès notables, il est des secteurs plutôt récalcitrants: sur les quais ou dans le monde de la construction, une telle évolution ferait figure de révolution.«Mais on ne peut pas se contenter d’espérer, assure-t-elle.Il faut agir, même si les femmes nagent à contre-courant du virage à droite; même si le néolibéralisme tente de les remettre à leur ancienne place, derrière les chaudrons.» Potion magique Le FRONT — qui sait — conseillera peut-être un jour aux femmes de retourner à leurs chaudrons pour concocter une potion magique susceptible d’accélérer les changements, tout en ayant recours à des ingrédients plus spécifiquement féminins.«Même s’il est impossible de généraliser, la culture du travail masculine n’est pas la nôtre, rappelle Linda Bois-clair.La plupart des hommes n’aiment pas afficher leur manque de confiance en eux; ils entrent en compétition, alors que les femmes ont davantage tendance à collaborer.» Francine Bélanger, rattachée à la coordination à la condition féminine au ministère de l’Education, signale que les femmes asservissent plus souvent la théorie à la réalité.«Une in-génieure se demandera si le procédé qu'elle conçoit sera efficace, pratique et utile à la société, explique-t-elle.Elle espère qu’il sera capable d’améliorer nos conditions de vie.Une informaticienne s'attardera moins à l’aspect jeu ou gadget associé à l’informatique ou au réseau Internet.» La journaliste Françoise Guénette suppose que l’accession d’un plus grand nombre de femmes au pouvoir dans le domaine de l’information ou de la politique pourrait être porteuse de changement, en entraînant notamment une meilleure conciliation travail-famille.«Les femmes coloreraient la façon d’exercer le pouvoir, non pas tant en changeant les choses, qu’en modifiant la façon de voir les choses, indique-t-elle.Reste que c'est une question d’individu plutôt que de sexe.Certaines femmes sont dures et intransigeantes, et il existe des hommes capables de créer des climats de travail intéressants.» Angélisme Professeure agrégée et directrice du département des études sur les femmes de l’université Concordia (Institut Simone-de-Beauvoir), Chantal Maillé abonde en ce sens, malgré son scepticisme en ce qui concerne la capacité des femmes de changer le monde.«C’est un vœu pieux, croit-elle.La pensée que nous sommes porteuses de changement uniquement parce que nous sommes femmes me gêne.Comme si nous étions toutes par définition plus pures, plus nobles et fondamentalement bonnes, parce que moins salies par les trivialités de lu vie, du monde du travail ou de la politique.» Chantal Maillé refuse également de percevoir les femmes comme un groupe: il y a autant d’identités que d’individus, dit-elle.«Us femmes sont divisées selon des clivages politiques et elles peuvent aussi être sexistes ou racistes.Toutes ne sont pas mères, et toutes les mères ne vivent pas leur maternité de la même façon.Chaque expérience est unique.Il faut davantage espérer en l’alliance des forces progressistes pour changer la culture du travail, qui est d’ailleurs lui-même en profonde mutation.La main-d’œuvre n'a pas le gros bout du bâton à l'heure actuelle.Mais l’instruction des femmes pourrait, à long terme, leur permettre de mieux jouer leur rôle de citoyennes et d’influencer le cours des choses.» Coordonnatrice à FRONT, Claire Cousineau mise sur les effets de la mixité.Les femmes ont certes des préoccupations et des revendications qui leurs sont propres, mais elles auront aussi besoin du soutien des hommes pour faire avancer la cause.«Pour le moment, le fardeau de l’adaptation dans un milieu non traditionnel repose surtout sur les épaules des femmes, fait-elle remarquer.Elles ne doivent pas agir comme si elles avaient, à elles seules, la mission de changer le monde.Et même si cela fait souvent partie du processus d’adaptation, il n'est pas souhaitable non plus qu’elle deviennent “un gars de la gang”.» La plupart du temps, pour accéder à des postes de pouvoir, les femmes n’ont d’autre choix que de jouer le jeu masculin traditionnel.Professeure titulaire à l’École des hautes études commerciales (HEC) de l’Université de Montréal, et membre du groupe de recherche Femmes, gestion et entreprises, Francine Harel Giasson s’intéresse au travail des femmes qui occupent des postes d’influence.«Sans être la plus pessimiste, je ne suis pas la plus naïve non plus, expose-t-elle.Je ne suis pas de celles qui croient que ça ne va pas changer du tout, mais le nombre ne fera pas à lui seul la différence.Le néolibéralisme frappe tellement fort qu’on peut d’ailleurs se demander quels individus auraient ac- JACQUES CHENIER LE DEVOIR Il n’est pas rare de voir les instances exclusivement féminines fonctionner selon les principes de la bonne harmonie, du bien commun et des concessions mutuelles, plutôt que de ceux, plus «darwiniens», de l’affrontement, de la victoire et de la défaite.tuellement la possibilité d’infléchir le cours des choses.Pour humaniser le monde, il faut faire appel à toutes les bonnes volontés.» Elle tire ses espoirs des résultats de recherches récentes.Une fois leur crédibilité établie, les femmes qui avancent en âge osent afficher leur différence.Elles abordent entre autres plus aisément que leurs collègues masculins, la dimension affective de leur travail.«Il y a là, soutient Mme Harel Giasson, une trace de l'héritage de nos grands-mères qui avaient l’art d’intégrer efficacité et climat affectif.Cette culture du foyer dont nous sommes héritières n’a pas été théorisée et étudiée comme l'ont été les méthodes de gestion rationnelles et techniques.mais elle n'en existe pas moins.Et elle a fait ses preuves.» Un parcours de pionnière 1974: L'Université du Québec à Montréal est la première université au Québec à offrir un cours en études féministes.—, depuis toujours, les femmes travaillent, au même titre que les hommes, à faire du Québec une société plus prospère, plus équitable et plus libre.Il est temps qu’elles recueillent, elles aussi, le fruit de ces efforts.Mais surtout, il est temps qu’elles occupent la place qui leur revient pour développer leurs talents et donner la pleine mesure de leurs capacités.C’est la société tout entière qui en bénéficiera”.- Programme du Parti Québécois 1996, p.181.Pour le 25e anniversaire du Conseil du statut de la (Æ?emme, le Comité national d'action politique des femmes du Parti Québécois tient à souligner le rôle prépondérant du Conseil dans l'amélioration des conditions de vie des femmes du Québec.Q Parti Québécois longue vie au Conseil du statut de la femme! RECHERCHES FÉMINISTES La revue du Groupe de recherche multidisciplinaire féministe (GREMF), Faculté des sciences sociales, Université Laval, Pavillon De Koninck, bureau 0407, Québec (Québec) G1K 7P4 téléphone: (418) 656-5421, télécopieur: (418) 656-5190, courrier électronique: gremf@fss.ulaval.ca.*• \ I.E l> E V OIK.1.E S S A M K I) I 2 A E T I) I M A X C II E 21 MAI L !» !) K E 8 CONSEIL DU STATUT DE LA FUI L’après- féminisme Pendant que les hommes gravissent les échelons, les femmes se soucient de leur qualité de vie ISABELLE RIVEST COLLABORATION SPÉCIALE Après l’effervescence militante des années 1970, l,e mouvement des femmes a subi un recul important aux Etats-Unis de Ronald Reagan.Cette thèse principale de l'ouvrage Backlash de la journaliste américaine Susan Faludi a suscité un choc, tant aux Etats-Unis qu’en Europe et au Canada Statistiques à l’appui, le livre démontrait comment la nouvelle droite américaine, incarnée dans le monde politique, religieux et des affaires, faisait converger ses efforts pour clouer les femmes à leur rôle d’épouse et de mère au foyer.Ce retour du balancier existe-t-il aussi chez nous?Chose certaine, le droit à l’avortement libre et gratuit a été passablement malmené par les conservateurs de Brian Mulroney.Et les budgets d’austérité rendent la conciliation travail-famille encore plus difficile.Mais la montée d’une Moral Majority n’a pas eu lieu.Le mouvement Pro-Væ, pap exemple, n’a pas encore atteint la violence qu’on a connue aux Etats-Unis.«Ici, les bases du féminisme s'effritent d'une manière beaucoup plus subtile, croit Jeanne Maranda, présidente de Médiaction.La société québécoise ne veut pas enlever ata femmes leurs acquis.Mais sans vouloir nous retourner à la cuisine, une certaine tendance voudrait bien, toutefois, nous ramener à la chambre à coucher.Les publicitaires aiment les femmes qui jouent le rôle de poupées ayant besoin d'être protégées.Pourquoi ne veulent-ils pas nous accçrder notre crédit?» A l’opposé, des publicistes accusent les féministes de «tuer leur imagination créatrice» en se coupant de leurs «pulsions naturelles».A leur avis, les femmes n’ont plus besoin d’être protégées par des groupes de pression qui veillent à la représentation de leur image dans les médias.«Pourquoi la publicité représente-t-elle toujours les femmes en adolescentes maigrichonnes?se demande Jeanne Maranda Est-ce que l’image d’une femme forte fait peur?» Pour Marie-France Bazzo, animatrice à Radio-Canada^ l’époque de la «pitoune sur le toit du char», c’est bien fini.«A moins de vouloir en faire une blague énorme, à prendre au second degré.» Elle croit toutefois que les femmes doivent continuer d’être vigilantes si elles veulent conserver leurs acquis.«Les publicités sont fades», dit-elle.C’est, à son avis, à cause du courant de rectitude politique, qui empêche d’ironiser et de s’amuser.«Toutefois, ces nouveaux courants de pensée font émerger de nouvelles formes d’humour», a-t-elle remarqué.Dans une publicité, par exemple, pendant qu’une femme prenait une pause-biscuit au bureau, elle imaginait les hommes autour d’elle vêtus d’un simple slip.«C’était très drôle.Mais inverser les rôles sexuels aurait été très mal accepté dans notre société», souligne-t-elle.Jeanne Maranda croit qu’après avoir connu un boom, Jes femmes publiques commencent à disparaître des médias.A la société Radio-Canada, on ne compte plus le nombre de journalistes chevronnées qui ont été poliment reléguées à des tâches moins prestigieuses.Par exemple, Madeleine Poulin a été affectée à l’animation d’une émission sur la vie des gens de 50 ans et plus.«Est-ce que les patrons seraient prêts à confier des postes importants à une fille seule?» se demande Marie-France Bazzo, née au début des années 1960 — un «no man’s land» entre le «baby-boom» et la génération X.«Les femmes nous avaient déjà ouvert à peu près toutes les portes du marché du travail.La question de l’emploi était un problème de génération.Est-ce que les plus vieux allaient nous faire une place?» se rappelle-t-elle.Dans son entourage, les femmes ne veulent sacrifier ni leur carrière, ni leur famille, a-t-elle constaté.«Pendant que les hommes gravissent les échelons, les femmes se soucient de leur qualité de vie.» Aujourd’hui, les Québécoises sont encore au travail.Mais pour combien de temps?Les compressions dans l’éducation et la santé, les secteurs où elles sont massivement concentrées, ont déjà réduit leurs chances d’accéder au marché de l’emploi.Depuis le virage ambulatoire, elles doivent en plus s’occuper des convalescents et des personnes âgées à la maison.Avec les nouvelles réductions budgétaires à venir, le déficit zéro réussira-t-il là où la droite morale a échoué?i1 - w , ' - .' r—'' 5SI* Te S.>¦ .\ A -M v_ ¦-r-» y’A .{;?• ’/> M PHOTOTHÈQUE LE DEVOIR En vingt-cinq années de féminisme «officiel», les Québécoises ont appris à occuper la place qui leur revient dans la société, tout en défendant les valeurs qui leur sont propres.'i '1 i S ' A J U 1 S T E À L'EQUITE SALARIALE L'équité salariale, c'est un juste salaire pour les femmes.L'équité salariale, c'est un salaire égal pour un travail différent mais équivalent.Au Québec, les femmes gagnent 75% du salaire des hommes.La Loi sur l'équité salariale, en vigueur depuis le 21 novembre 1997, impose à tout employeur de dix personnes salariées ou plus de réaliser, sans préjugé sexiste, une démarche d'équité salariale.Pour toute information générale sur la loi, consultez la Commission de l'équité salariale.Sans frais : 1-888-528-8765 Québec et les environs : 528-8765 Site Internet : http://www.ces.gouv.qc.ca Gouvernement du Québec Commission de l’équité salariale
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