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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1998-05-30, Collections de BAnQ.

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I.K I) K V Oil!.I.K S S A NI K I) I A I) K T I) I M A X < Il K A I M Al I il il S ?LE DEVOIR ?Lettres québécoises Page D 3 Le feuilleton Page D 5 ?Fleming et Lapointe Page D 10 Les gagnants du Grand Concours de journalisme Page DU Formes Page D 12 Didier Decoin L’envol de l’ange Avec Louise, son tout dernier roman, Didier Decoin marie son amour des iles, sa passion des oiseaux, son admiration des femmes et son attrait profond pour le Québec à une histoire sur l’appel de la vie.Hommage au Québec à saveur folklorique.MARIE-ANDRÉE C H O l! I N A R D LE DEVOIR C>était il y a une quinzaine d’années, sur les rives du fleuve Saint-Laurent, dans le pittoresque décor de Cap-Tourmente.Des milliers d’oies blanches revenant de cieux plus chauds atterrissaient sur les bat-tures, comme elles le font chaque année, coupant le souffle au journaliste, essayiste, scénariste, réalisateur, auteur de romans et membre de la prestigieuse académie Concourt qu’est Didier Decoin.«La beauté de ce spectacle, sa sauvagerie m'avaient tellement frappé que je m’étais dit qu’il fallait absolument que je m’en serve un jour dans un de mes livres.C’était dans un coin de ma mémoire, sur le disque dur.» Avec Ijouise, le Français Didier Decoin a renoué avec le Québec, où il est venu déjà à plus d’une reprise, mariant la France à «son petit cousin québécois», un pied à Saint-Pierre-et-Miquelon, l’autre à Trois-Rivières.Envolée des oies.«La volée rassemblait plusieurs milliers d’oies.Le bruit de leurs ailes évoquait le claquement des grands draps que les lavandières d’autrefois secouaient avant de les étendre sur les prés pour les mettre à blanchir.Lorsqu’elles survolèrent la rive du fleuve le long de laquelle était arrêté le camion, elles masquèrent le soleil.Leur ombre fut si dense et courut si longtemps sur le sol que Manon eut le temps de sentir le froid matinal lui pincer la nuque», écrit Didier De-coin, évoquant ici la douceur de ses souvenirs.Après John l’Enfer, qui lui a valu le prix Concourt en 1977, puis entre autres romans La Femme de chambre du Titanic (1991) et La Promeneuse d’oiseaux (1996), l’écrivain a choisi de sonder les mystères impénétrables de la mort, désignant une Québécoise comme ange salvateur délivrant au passage une Française portée par le long fleuve tranquille de la vie.Trois prénoms Louise, Manon, Joanne.Une oie blanche et deux femmes.Les trois axes principaux de cette histoire de la vie, ou plutôt de l’urgence de vivre pendant qu’on n’est pas mort.Joanne, la Française, 40 ans, mène une vie tranquille, avoisinant la platitude, dans une des îles aux grands vents de Saint-Pierre-et-Miquelon.Coiffeuse peu populaire, dans l’attente d’un amant de passage deux fois l’an, parfois excédée par une mère au profil de kleptomane, Joanne voit son existence grandement dérangée par l’arrivée soudaine d’une jeune femme aux allures d’Améiindienne, flanquée d’une oie blanche comme le commun des mortels l’est d’un chien.Cette Manon porte le mystère et la bonne nouvelle à la fois: elle est morte et ressuscitée! lecteur nous H|j| 01 mm mm WM 1 rs/ss/s/ss/s/ss/r/J-, fisses* Quel que soit son gabarit comme lecteur — on croit sans peine qu’il est considérable —, il a fallu à Alberto Manguel de l’audace, voire quelque témérité pour se lancer dans un projet aussi ambitieux que cette Histoire de la lecture, à laquelle il a travaillé pendant sept ans, d’autant que la lecture, ici, est à entendre au sens large: c’est tout acte de déchiffrement de signes, toute quête de signification.La lecture se confond avec l’histoire de l’humanité entière, y compris celle des peuples sans écriture; c’est l’activité humaine par excellence.«Nous ne pouvons que lire», affirme Manguel au début de son livre: c’est «notre fonction essentielle».ROBERT CHARTRAND Avec son Histoire de la lecture, l’entreprise d’Alberto Manguel est plus vaste que celle de Guglielmo Cavallo et Roger Chartier, les auteurs de L’Histoire de la lecture dans le monde occidental, parue l’an dernier au Seuil: Manguel se permet d’évoquer au passage l’écriture sumérienne, la bibliothèque d’Alexandrie, et de mêler à ce parcours vertigineux sa propre histoire de lecteur.Mais l’auteur n’est ni sot — loin s'en faut — ni prétentieux, puisque, de toute manière, «toute histoire de ce genre —faite d’intuitions personnelles et de circonstances particulières — ne peut être qu'une parmi beaucoup d’autres», son livre se veut une histoire de la lecture, la sienne à tous égards.Manguel, un Canadien né en Argentine, a lu davantage que la majorité d’entre nous, mais moins, sans doute, que certains.Il a été, en tout cas, un lecteur précoce et privilégié.Tout enfant, la lecture lui servit de «prétexte à rester seul»', il était fils de diplomate et fut élevé à l’écart de ses parents par une nurse.Dans ce climat de solitude imposée mais qui convenait à son tempérament, les livres ont été ses véritables amis d’enfance.Et puis, à 16 ans, alors qu’il travaille à l’occasion dans une librairie de Buenos Aires, il a la chance extraordinaire de rencontrer l’écrivain Jorge Luis Borges, alors presque totalement aveugle: pendant deux ans, le jeune Manguel se rend chez lui pour lui faire la lecture.Borges, qui était un lecteur prodigieux, choisissait les livres — ils les avait parfois déjà lus —, il écoutait et commentait.Manguel ne s'y est pas trompé: le véritable lecteur, ce n’était pas lui, mais bien Borges: «J’étais simplement son bloc-notes, un aide-mémoire dont le vieil homme avait besoin pour rassembler ses idées.» 02 .h o 02 '02 4-2 U 02 » P—H O 4-2 02 5^ • r—( pj 02 4«—1 h—3 ^35 02 • • 02 02 » CU ^ .5 02 02 g 02 02 02 O 02 O S-H 02 '02 02 I VOIR PAGE D 2: DECOIN VOIR PAGE I) 2: MANGUEL + S Pierre DesRuisseaux Dictionnaire des expressions québécoises Pierre DesRuisseaux Le petit proverbier Philippe Aubert de Gaspé Les anciens Canadiens GABRIEL SAGARD LE GRAND VOYAGE DU PAYS DES HURONS Jean Provencher Chronologie du Québec MHni BIBLIOTHEQUE QUEBECOISE fête ses 10 ans.Recevez un livre-cadeau à l’achat de deux titres de la collection.BEST-SELLER V \ 1, K I) K V OIK, I, !• S S A M K I) I A O K T I) I M A N (' Il K A I M Al I !» !l S I) 2 Livres 5* «A lecture ovvù traduit de r.m>*Lm |\if ChitMiiv U* IJ* tul MlESSlIl'IfMLU: nancy huston S i) r> -«- Livres LE FEUILLETON La maison de l’histoire - POÉSIE Douce fatigue des jours LE DIEU DES PETITS RIENS Arundhati Roy Traduction de l’anglais par Claude Demanuelli, NRF-Gallimard Paris, 1998,387 pages Vous vous rappelez sans doute le superbe film de Satyajit Ray, Le Salon de musique, où l’on assistait à la déchéance d’une famille aristocratique autrefois prospère et qui, dans un dernier sursaut, faisait une de ces fêtes fastueuses dont elle avait le secret et y dépensait les dernières roupies qui lui restaient, simplement pour l’amour de la musique.Si nous sommes loin, avec le roman d’Arund-hati Roy, d’approcher une telle abondance — la famille dont elle nous raconte l’histoire ayant quelques biens, mais sans plus —, c’est en revanche sur le plan de la sensibilité et de l’écriture (lue nous pourrions faire un rapprochement: le faste, la variété, la sensualité de son écriture.«Ayeme-nem en mai est chaud et maussade.Les journées y sont longues et humides.Le fleuve s’étrécit, les corneilles se gorgent de mangues lustrées dans l’immobilité des arbres vert olive.Ij>s bananes rouges mûrissent.Les jaques éclatent.Les grosses mouches bleues sont ivres et bourdonnent sans but dans l’air lourd et fruité.Pour finir par aller s’assommer contre les vitres transparentes et mourir, pansues et effarées, dans le soleil.» Ainsi débute ce roman dont il faut souligner d’emblée la qualité d’écriture.Fait d’autant plus remarquable qu’il s’agit là d’un premier roman.Mais d’un premier roman aussitôt cou-ronné’en Angleterre par le Booker Prize et promis, dans la même lancée, à une quinzaine de traductions.On entend souvent décrier l’ordinateur, l’accusant de toutes sortes de choses, dont celle de favoriser l’inculture ou encore la perte de mémoire chez ses usagers (perte de la mémoire molle, bien humaine, au profit de la mémoire dure, bien digitale celle-là.).11 en fut tout autrement pour Arundhati Roy qui, dès l’acquisition de son Macintosh il y a près de cinq ans, éprouva aussitôt le besoin d’entreprendre un roman alors qu’elle n’avait jamais rien prévu en ce sens, consacrant plutôt son temps à l’écriture de scénarios pour le cinéma.Et vous savez comme moi qu’il y a un abîme entre ces deux médiums, qu’on ne passe pas de l’un à l’autre sans perte ou sans métamorphose profonde.Un drame bourgeois Le Dieu des Petits Riens nous raconte un drame bourgeois, celui d’une famille relativement éduquée, chrétienne et plutôt anglophile.Le grand-père, entomologiste de Sa Majesté, a envoyé son fils Chako faire des études en Angleterre d’où il est revenu avec des idéaux marxistes et un divorce, y abandonnant son enfant (Sophie Moll) à la garde de sa mère.11 ne s’en remettra jamais, exerçant dès son retour sa «libido féodale» sur les ouvrières de la conserverie de condiments dont il partage la gestion avec Mammachie, sa mère (cette même mère que le vieil entomologiste, son mari, bat régulièrement avec une casserole de cuivre, du moins jusqu’au jour où Chaco intervient).Au centre du roman se tiennent deux enfants, Estha (le garçon) et Rahel (la fille), jumeaux dizygotes qui, bien que physiquement différents, pensent et sentent les mêmes choses, au même moment.Le destin va cependant les séparer pendant de longues années puis les réunir à nouveau, bien longtemps après le drame qui ouvre le roman et où l’on retrouve Estha désormais enfoui dans un mutisme dont plus rien ne pourra le faire sortir.Autour d’eux gravitent la grand-tante, Baby Kochamma, femme pleine de fiel et d’amertume depuis qu’elle n’a pu conquérir l’homme qu’elle aimait, un prêtre irlandais catholique retourné dans son pays, le père Mulligan; puis Ammu, leur mère, une femme superbe trop tôt mariée à un alcoolique, qui a divorcé puis est revenue vivre dans la maison familiale avec ses deux enfants.Et aussi Chako.Lorsque le drame a lieu, ils ont huit ans, ne pressentant rien des vies qu’ils vont bouleverser à jamais, et encore moins l’effondrement de l’édifice familial tout entier.Ce drame tourne autour de deux morts: celle de Sophie Moll, la petite Anglaise venue rendre visite à son père biologique après la mort de Joe (son remplaçant), et celle de Vé-lutha, un intouchable qui travaille pour Mammachie.Un intouchable, c’est-à-dire un de ces êtres qui n’ont aucun droit dans le système des castes en Inde, qui doivent même effacer jusqu’à leur trace lorsqu’ils marchent pour éviter qu’on ne touche leurs pas.Cela est donné dès les premières pages.Les ressorts de la narration Mais pour comprendre ces morts et leur sens, il nous faudra lire le roman jusqu’à la fin.L’auteur, ici, a multiplié les souvenirs, les mini-événements, les récits parcellaires, bouleversé la chronologie, usant de tous les ressorts de la narration pour tisser sa toile et maintenir notre attention.Elle l’a fait très habilement, nous laissant le soin de reconstituer les pièces du puzzle, et tou-jours avec une maîtrise parfaite de la langue et de la narration.De quoi est-il donc question dans ce récit?Il serait difficile d’apporter une réponse et une seule tant Arundhati Roy a su développer là un univers aussi riche que varié.Outre l’incontournable question des castes et l’impossibilité, même dans l’Inde moderne, de briser cette forge de terreur et d’injustice, puis celle des femmes, même lorsqu’elles appartiennent à des familles «occidentalisées», de se libérer de traditions qui les avilissent ou les tuent à petit feu, on retrouve toutes les contradictions de cet immense pays aux multiples langues et dialectes, aux religions diverses, aux régionalismes nombreux, aux atavismes séculaires, à la sexualité débridée.On y rencontre aussi cette autre Inde, ouverte sur la culture américaine dont elle consomme sans distinction les héros et l’imagerie grâce aux antennes paraboliques arun Le Dieu lés Petits Riens Gallimard qu’elle tourne vers le ciel: «Blondes explosives, guerres, famines, football, sexe, musique, coups d'État [.] comme autant de domestiques qu’un claquement de doigts suffit à faire apparaître.» L’Inde est une immense entreprise de récupération.Même le communisme, qui y a ses villages ou ses régions, sait s’accommoder des croyances locales et tirer son épingle du jeu.Fendant ce temps — et c’est une autre voie empruntée par ce roman —, la «maison de l’Histoire» est abandonnée aux hordes de touristes qui viennent se prélasser au bord de piscines de luxe, condamnant au silence ces ancêtres qui, dans cette maison toute illuminée la nuit, se confient leurs secrets.«Pour comprendre l’histoire, confie Chako aux enfants, il faut entrer dans la maison et écouter ce que se racontent les ancêtres.Regarder les livres sur les rayons et les tableaux accrochés aux murs.Sentir les odeurs [.1 Mais nous, nous ne pouvons pas entrer [.] parce que nous n’avons plus la clef.Et quand nous regardons par la fenêtre, nous ne voyons que des ombres.Et quand nous essayons d’écouter, nous ne percevons que des chuchotements, que nous sommes incapables de comprendre parce qu’une guerre a embrumé nos esprits.» Cette guerre, c’est celle qui a été perdue lorsqu’on s’est mis à adorer les vainqueurs et à se mépriser soi-même.Il y a d’ailleurs un formidable passage où les enfants assistent, la nuit, à la rencontre de danseurs sacrés kathakali venus raconter l’histoire millénaire des dieux, de leurs amours, de leurs combats.Est-ce un rêve?Peut-être.Une chose est sûre, leurs récits nous rappellent étrangement le silence familier qui nous habite, loin des rumeurs et du clinquant du monde visible.Ils nous rappellent surtout qu’il est des histoires où nous pouvons entrer à tout moment pour nous y installer à notre aise, des histoires qui «ne cherchent ni la mystification par le biais du suspense et de dénouements inattendus ni la surprise de l’incongru.Elles sont aussi familières que la maison qui vous habite».Un roman d’une grande beauté.denisjp@mlink.net Jean-Pierre Den is ?Un univers aussi riche que varié ' CHAT SAUVAGE Jacques Poulin cy£t r des meilleurs Robert Lévesque, Midi culture le meille •Jacques Poulin semble avoir mis de tous ses livres clans ce nouveau roman.» Raymond Renin, l .«Aucun Québécois amoureux du Vieux-Qucbec ne peut rester insensible à la description que Jacques Poulin en lait».Lise Lachance, Le Soleil «Jàçques Poulin a créé une fois encore un univers très dense, oil les passions l’emportent sur tout le reste».«Un récit beau comme le printemps, doux comme le dos d'un chat.» Marie-Claude fortin, Clin d’ail LEMÉA C/AC TES SI 7) ïdÊafc&f- * *ve*ri TO»ULe FIDES LA GRANDE AVENTURE ÉDITORIALE du père Paul-Aimé Martin Jacques Michon f\ travers l'extraordinaire parcours d'un passionné de livres et de littérature, Jacques Michon trace le portrait des Editions Tides qui viennent de fêter leurs 60 ans.Cet ouvrage permer aussi de mieux comprendre les mutations qui ont marqué le monde du livre et de l'édition dans la deuxième moitié du siècle.392 pages F I D I ALBINA ET ANGELA La mort, la vie, l’amour dans la Petite Patrie Claude Jasmin, Lanctôt Editeur coll.«J’aime la poésie» Montréal, 1998,99 pages AINSI NOUS ALLONS , Donald Alarie Ecrits des Forges Trois-Rivières, 1997,90 pages DAVID CANTIN L* automne dernier, Lanctôt Editeur • inaugurait une collection réservée exclusivement à la |x>ésie québécoise, avec de nouveaux recueils de Raymond Ièvesque et de Jean-Sébastien Larouehe.Ce printemps, un troisième titre nous fait découvrir les «petits et grands drames» du romancier CJaude Jasmin dans Albina et Angela.A première vue hétéroclites, ces livres de poèmes se situent pourtant dans la veine populaire que préconisait Je;ui Nar-rache au cours des années 30.Entre les caricatures urbaines de Du ouche et la dénonciation primaire de Lévesque, il ne reste qu’une époque à franchir.Sous forme de confidences intimistes, Albina et Angela nous rapproche des premiers émois de l’adolescence de Jasmin.C’est alors la collision intérieure entre le premier deuil et la deuxième passion qui ébranlent celui qui découvre les liens complexes d’un monde en mouvement.Autour de cette trame faite de tristesse et d’espoir, on croise de nombreux personnages du passé dans l’univers italo-montréalais de la Petite Patrie; les pères, les frères et les mères de cette période furieuse.Sous forme d’annexes, la dernière partie rend hommage aux poètes disparus, Gaston Miron et Gérald Godin, en guise de solidarité fraternelle: «Tu aimais parler tu aimais la langue grouillante, / mal garnie, mal patrie, mal arrangée, tu courais / vers le train, vers le bus bien plein, vers la / capitale de ta douleur, vers les Plaines mal / tournées à Québec et tu revemis de nuit te / sauvant des glorioles et des simulacres / je t'écoutais rager, pleurer dans des épaules étroites.» Malgré de très bonnes intentions, cette première incursion en poésie pour Claude Jasmin ne peut que décevoir.D’abord, l’emploi du vers libre dis- simule, en apparence, une prose qui se prête davantage à la forme du carnet littéraire.Trop souvent, l’emphase lyrique du célèbre écrivain québécois s’égare dans les pires clichés et les bons sentiments.Mais surtout, l’anecdote refuse que cette poésie dépasse sa propre complaisance narcissique.Cherchant à rendre l’esprit populaire de son enfance, Jasmin demeure en surface des événements qui renvoient néanmoins à l’essence même d’une vie.Une voix discrète Beaucoup plus discrète, la voix poé-tique de Donald Alarie ne cherche qu’à traduire cette «quête toujours recommencée» du jpur.Dans son quatrième recueil aux Ecrits des Forges, Ainsi nous allons, il se sert de la juxtaposition d’énoncés afin de réunir les multiples liens qu’engendre le dénouement du monde.Avec cette suite, on constate qu’Alarie se détache, peu à peu, de sa fascination pour l’art du portrait.Ces proses oscillent plutôt entre l’observation quotidienne et le questionnement intérieur.De façon succincte, on accompagne le parcours d’un homme à la recherche de la plus simple vérité qui l’habite.Il y a dans cette parole sans artifice l’attente sereine d’une joie en suspens: «Puis la fatigue nous habite à nouveau.Le silence perd toute la place.Après quelques sursauts, l’âme se dilue dans les eaux brouillées de la réalité.Le corps disparait dans un marécage qui se referme hypocritement.Quelqu’un se surprendra sans doute un jour de notre ab-sençe prolongée.» A partir d’un certain désespoir tranquille, l’éveil solitaire du poète suit les nuances inachevées des heures.Tout se passe comme si l’inquiétude existentielle précise le sort cîu destin, traçant cette lumière qui envahit les souvenirs.Parfois, les poèmes d’Alarie suggèrent une attention nouvelle devant l’espace ouvert du paysage silencieux.Ainsi, la contemplation poétique rend ce passage d’une émotion où s’unit l’ombre du corps avec celle de la nature.A certains moments, il est dommage que quelques détails futiles (une image quelconque, une précision inutile) nuisent au rythme paisible de ces phrases.Mais c’est lorsqu’il se concentre sur l’essentiel que Donald Alarie trouve la justesse véritable de son art: «Le matin, je suis un arbre./ Et le soir, un oiseau./ Ou peut-être est-ce le contraire.» Lise Gauvin « Gaston Miron Lise GauVin Gaston Miron Un portrait vivant de la littérature québécoise.Un ouvrage de référence indispensable.F'") • l’HEXAGONE ÜTYPO vil i l -\l.\Kll 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