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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Références

Le devoir, 1998-06-03, Collections de BAnQ.

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?FONDÉ EN 1910 ?LE DEVO V o L .L X X X I X N " I 2 2 ?MO X T H V.A I.K M E K (' H K I) I 3 .1 II I N I !» !» S / c + T A X E S = I $ / T (t II 0 X T 0 I $ 0 41 E Ma n o n Cornel l ie r ?PERSPECTIVES Le temps d’un flirt La semaine dernière, le Bloc québécois a réussi à imposer aux Communes un enjeu qui lui tient à cœur depuis des années: la réforme de l’assuran-ce-chômage.Beau travail d’opposition, mais qui a été rapidement éclipsé, en fin de semaine, par une poignée de députés qui ont dit voir des points de convergence entre le programme constitutionnel de Preston Manning et le projet de partenariat des souverainistes.Au point d’annoncer, avec la bénédiction du chef, la tenue d’une activité conjointe.Il n’en fallait pas plus pour créer un des plus gros malentendus imaginables: le possible rapprochement des deux partis.Nous sommes définitivement intéressés à avoir des discussions avec le Parti réformiste et M.Manning», a dit samedi le député bloquiste Pierre de Savoye à l’issue du congrès réformiste où il agissait comme observateur.Sa petite phrase, ajoutée à l’intention de Preston Manning de convertir des souverainistes modérés, a fait saliver les adversaires.Le ministre des Finances, Paul Martin, faisait ses choux gras hier du «mariage» des deux partis.La sortie de M.de Savoye a laissé cette impression car elle suivait de près la confirmation, par deux de ses collègues, de la tenue, à Québec et à Edmonton cette semaine, de deux débats entre le bloquiste Pierre Brien et le réformiste Rahim Jaffer.Les deux députés bloquistes disaient voir une certaine ouverture du côté du Reform, accentuant ainsi l’image de rapprochement.Le leader parlementaire Michel Gauthier a remis les pendules à l’heure hier.«Le Bloc est pour la souveraineté.Il n’a jamais dérogé de son objectif.Il veut offrir le partenariat et l’expliquer.Ça s’arrête là, la position du Bloc.Tout ce qui est dit en dehors de ça, ce n'est pas le Bloc», a-t-il dit.Quant à M.de Savoye, il ne parlait qu’en son nom, a-t-il martelé.Le Reform «chemine», répétait pourtant Pierre Brien, lundi.Il en voulait pour preuve l’avant-projet de loi sur le nouveau Canada, proposé par M.Manning.Selon M.Brien, ce document met le plan B du parti en sourdine, reconnaît que la Constitution de 1982 n’a pas été ratifiée par la population et insiste sur une décentralisation des pouvoirs.On se demande si ses collègues et lui ont bien lu l’avant-projet de loi que le Reform a fait parvenir à tous les députés fédéraux, les invitant à en discuter.Les bloquistes disent d’entrée de jeu être conscients du fait que les deux partis ne cherchent pas la même chose.Une des divergences fondamentales, note-t-on, touche la reconnaissance des Québécois comme peuple.Il y a aussi — différence non négligeable — le fait que les réformistes visent un «partenariat» canadien, entre toutes les provinces et le fédéral, et non pas une entente entre un Québec souverain et le reste du Canada.Le projet de loi réformiste, qui reprend les positions de toujours du parti, ne parle pas de décentralisation comme telle mais de redistribution plus ou moins importante des pouvoirs.Les propositions les plus radicales consistent à confier la responsabilité de la langue aux provinces et d’offrir au fédéral un rôle prépondérant dans la définition de normes nationales.Fait à noter, il ne précise pas, comme dans le programme du parti, que ces normes doivent être établies avec les provinces.Quant au plan B, il n’est pas abandonné.On le met seulement moins en évidence, respectant ainsi les habitudes du Reform qui consistent à ne pas afficher avec trop d’insistance ce qui peut déranger.En laissant entendre qu’ils jugeaient favorablement le projet réformiste, les députés bloquistes ont mis certains de leurs collègues mal à l’aise.L’image de rapprochement, de son côté, a mis le chef réformiste sur la sellette.On a commencé à demander à ce dernier s’il songeait à marcher dans les traces de Brian Mulroney et du beau risque.«Toute comparaison [.] serait totalement erronée», a-t-il dit hier, répétant que, selon lui, il ne peut y avoir de partenariat qu’au sein du Canada.On peut s’interroger sur l’intérêt du Bloc d’accepter, à la demande du Reform, de tenir pareil débat au Québec.En acquiesçant, le Bloc offre à M.Manning la tribune qui lui manquait au Québec et la possibilité de faire croire dans le reste du pays que son point de vue y passe.Le Bloc, insiste-t-on, obtient quant à lui la tenue d’un débat similaire à Edmonton, où il pourra y promouvoir son projet de partenariat.Peut-être cherche-t-il aussi à faire croire que les souverainistes auront des interlocuteurs au lendemain d’un OUI.Contrairement au Reform, le Bloc n’avait pas besoin de l’aide de son adversaire pour se faire entendre.Les tournées récentes de M.Duceppe dans le reste du Canada ont démontré que le projet souverainiste suscite suffisamment de curiosité pour attirer l’attention.Ce ne sera pas la première fois que des députés des deux partis se feront face mais le sujet et le contexte mettent les deux partis dans l’embarras.Un débat n’est qu’un débat, s’est-on défendu de part et d’autre hier.Et il semble que ça va s’arrêter là après le tollé des derniers jours.M E T E 0 Montréal Ciel variable.Max: 17 Min: 8 Québec Pluie cessant tôt le matin.Max: 17 Min: 10 Détails, page B 6 INDEX Agenda .B 8 Le monde .A 7 Annonces.B (5 Les sports B 7 Avis publics .B 8 Montréal .A3 Culture .B 10 Mots croisés .B 6 Economie.B1 Politique .A5 Éditorial .A8 Télévision B 9 www.ledevoir.com POLITIQUE Alliance Québec est en proie à une crise interne, page A 5 LES ACTUALITÉS Les enfants du divorce sont de plus en plus jeunes, page A 2 LES SPORTS Roland-Garros: Muster et Rios tombent; Hingis survit, page B 7 L’Archevêché n’appuie pas Pallascio Le cardinal Turcotte invite les citoyens à voter lors des élections scolaires du 14 juin mais ne prend position ni pour le RSC ni pour le MEMO PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Dans une lettre envoyée à tous les curés des paroisses montréalaises et destinée à être lue en chaire, le cardinal Jean-Claude Turcotte invite les citoyens à voter, lors des élections scolaires du 14 juin prochain, pour «des personnes qui accordent de l'importance aux préoccupations éducatives véritables et au respect de notre héritage religieux».Cette lettre, également publiée dans la revue du diocèse de Montréal, a été rendue publique hier par le Mouvement pour une école moderne et ouverte (MEMO), qui fait la lutte au Regroupement scolaire confessionnel dans le but de diriger la future Commission scolaire de Montréal.La présidente du MEMO, Diane De Courcy, avait tenu pour acquis que la lettre était un appui à peine voilé au RSC de Michel Pallascio.Mais Mgr Robert Beaupré, vicaire général et coordonnateur de la pastorale, a précisé qu’il ne fallait pas voir dans la lettre un appui au Regroupement scolaire confessionnel, «que nous n’appuyons plus depuis bien longtemps».«Depuis huit ans, nous n’avons jamais eu de rencontre avec le RSC», a précisé MkT Beaupré, même si, dans le houleux débat entourant les commissions scolaires linguistiques, l’Archevêché a tenté d’amener le RSC à appuyer la restructuration.«Nous avons tenté de les amener à une posi- tion plus modérée.» Sans succès.Pour le vicaire général, il est clair qu’aucun parti n’a le monopole des valeurs spirituelles ou de l’héritage religieux qui fait partie de la culture québécoise.Avec sa lettre envoyée à tous les curés par le réseau interne de télécopieur de l’Archevêché, ce dernier a fait parvenir aux curés une fiche les informant des derniers développements de la Loi sur l’instruction publique, notamment en matière de pastorale et d’enseignement religieux.Il suggéré aux curés de lire la lettre du cardinal Turcotte dans la fin de semaine des 6 et 7 juin, soit une semaine avant le scrutin.VOIR PAGE A 10: ARCHEVÊCHÉ L’usine GM en sursis ï .1 IH , _ *tV-/vaXX 'imm JACQUES NADEAU LE DEVOIR LE PREMIER MINISTRE Lucien Bouchard s’est dit prêt à rencontrer personnellement la direction générale du géant de l’automobile General Motors pour assurer la survie de l'usine d’assemblage de Boisbriand.Cette usine, en sursis, se vide graduellement de ses travailleurs depuis octobre 1995 et fait l’objet d’une attention de tous les instants de la part du ministre des Finances, Bernard Landry.Nos informations, page B 3.Le Blues Brothers Band au RockFest Le guitariste de Fâme Steve The Colonel Cropper débarque à Montréal Groupe vedette du RockFest cette semaine, le Blues Brothers Band est la pure invention de deux comédiens passionnés de rhythm’n’blues, Dan Aykroyd et feu John Belushi, alias Jake et Elwood Blues.Pur prétexte pour jouer avec de vrais soulmen, tels Matt Guitar Murphy, Donald Duck Dunn et le meilleur guitariste du genre, Steve Cropper.Le Colonel de la six-cordes soul.SYLVAIN CORMIER CA était au Spectrum, le 20 mars 7 1989.Le tout-Montréal des aficionados du rock de racines était au rarissime rendez-vous.Sur scène, un tas de légendes vivantes du rock, Dion, Kim Wilson, Graham Parker, se relayaient au micro du Dave Edmunds’ Rock’n'Roll Revue.Mais les fadas de guitare n’avaient d’yeux que pour un barbu aux larges mains, brandissant une Fender Telecaster.Alain Karon, guitariste des Taches, était prostré au bord de la scène, mâ- gteve choire ballante, détaillant chaque lick fluide, chaque riff hachuré, chaque accord solidement planté par le grand gaillard calme.Lui.Le Colonel.Steve The Colonel Cropper.77/e Man from the Memphis Group.Le guitariste de Booker T.& 'Die MG’s.Le franc-tireur de l’orchestre maison de Stax-Volt, l’étiquette maîtresse de la musique soul.Le type aux cent mille sessions d’enregistrement (avec Levon Helm, Ringo Starr, John Lennon, Mitch Ryder, Rod Stewart, etc.).Le cocréateur des plus grands classiques de soul des années 60: Green Onions avec Booker T, In The Midnight Hour avec Wilson Pickett, 634-5789 avec Edie Floyd, SeeSaw avec Don Covay, (Sit-tin’ On) The Dock Of The Bay avec Otis Redding, et pas loin de 400 autres.L’idole de Neil Young.Et d’Alain Karon.Au bout du fil, à Nashville, Steve Cropper rigole comme un homme sans piédestal, alors que je me confonds en génuflexions à l’autre bout.«Ah oui, Dave! C'était bien, cette tournée.Im foule était sympa dans cette petite salle.» La même salle qu’à la visite suivante du Colonel, au sein du bataillon Booker T.& The MG’s au Festival de jazz en 1994.Cette fois-ci, demain 4 juin, il jouera devant la grosse foule du RockFest, scène Ontario-Berri, avec le Blues Brothers Band, ce drôle de groupe imaginé par les comédiens Dan Aykroyd et le regretté John Belushi en sketch d’intro de l’émissiop satirique Saturday Night Live du 2 avril 1978, puis immortalisé au grand écran par le réalisateur John Landis en 1980 (77/e Blues Brothers) et 1998 (la suite Blues Brothers 2000).Les Blues Brothers, groupe fictif?Pas du tout! «Le plan de match d’Aykroyd et Belushi a toujours VOIR PAGE A 10: GUITARISTE Cropper Tabac : Ottawa jette du lest Rock accorderait un sursis de cinq ans au Grand Prix du Canada HUGUETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE Ottawa — Après un an d’attente, le ministre de la Santé Allan Rock déposera aujourd’hui les assouplissements promis à son projet de loi antitabac.Le ministre avait déclaré la semaine dernière qu’il déposerait ses modifications dans deux ou trois semaines, mais la date a été devancée.Il semble qu’on ait ainsi voulu que les modifications précèdent le passage cette semaine du premier ministre Jean Chrétien au Grand Prix du Canada, à Montréal.Selon nos informations, l’idée de créer un fonds de transition de 100 millions de dollars pour venir en aide aux événements culturels et sportifs a été enterrée.Le gouvernement aurait du mal à justifier la création d’un tel fonds tout en refusant d’indemniser l’ensemble des victimes de l’hépatite C.Par contre, pour mieux faire avaler la pilule, le gouvernement proposerait une phase de transition plus longue, soi{ de trois à cinq ans.A l’origine, le projet de loi C-71 de lutte contre le tabagisme prévoyait que les restrictions sur les commandites des compagnies de tabac s’appliqueraient à compter du 1" octobre, mais leur entrée en vigueur serait maintenant repoussée de deux ans pour les événements culturels et de cinq ans pour le Grand Prix de Formule un de Montréal et les autres événements de sports motorisés.Une vaste réglementation accompagnera également le projet de loi fédéral.Avec la dissolution du Parlement et la convocation d’élections générales, les règlements déposés l’an dernier sont morts au feuilleton.Il ne sera pas nécessaire toutefois de reprendre tout l’exercice.Les règlements proposés seront «très proches» des anciens, a confirmé un porte-parole de M.Rock, Derek Kent.La semaine dernière, M.Rock a promis de tenir compte des «intérêts» des événements culturels et sportifs, des VOIR PAGE A 10: TABAC Politique de santé ou politique industrielle ?Quelque 700 millions de dollars seront consacrés, en trois ans, à l’informatisation du système de santé au Québec.Pour faire quoi, au juste?Le Devoir explore les différentes facettes de cette aventure.Ballon technologique ou progrès nécessaire?Quatrième d'une série de cinq articles MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le déploiement de l’informatique et des télécommunications dans le système de santé est censé avoir pour but d’améliorer les soins.Mais cet exercice sert aussi une autre fin, celle du développement économique du Québec.Ce double emploi contribue à alimenter certaines réticences dans les milieux médicaux ou universitaires, où l’on se demande, comme Pierrot Péladeau, chercheur en télésanté au Centre de bioéthique de Montréal, lequel des deux objectifs a priorité lorsque vient le temps d’opter pour une technologie plutôt qu’une autre.M.Péladeau soulève la question de la carte-santé à microprocesseur (carte à puce), que le ministère et la Régie de l’assurance maladie veulent déployer à la grandeur du Québec d’ici 2002 au coût minimal de 328 millions.La technologie nécessaire à l’utilisation de cette carte est développée au Québec par une firme, Motus Technologies, créée par le gouvernement du Québec.La Régie de l’assurance maladie en est actionnaire, de même que Sofinov, une filiale de la Caisse de dépôt et placements, qui y a investi trois millions de dollars.«Est-ce que le ministère choisit la solution carte à puce à cause de son potentiel économique ou parce que c’est celle qui répond le mieux au besoin du système de santé?Le fardeau de la preuve repose sur les épaules du ministère», affirme le chercheur.VOIR PAGE A 10: POLITIQUE 778313000665 I.E i) E V 0 I II , I.E M E 11 C It E I) I 3 .1 U I N I f) !) 8 A A LE DEVOIR MONTREAL Achat d’instruments chirurgicaux Le CHUM débloque 5,6 millions L’hôpital veut régler le problème de la stérilisation Placé dans de sales draps à cause des problèmes soulevés par ses normes de stérilisation, le conseil d’administration du CHUM a choisi hier de régler illico ce dossier épineux.Même si de nombreuses questions restent sans réponse sur l’impact des modes de stérilisation utilisés au CHUM, l’hôpital va de l’avant en versant 5,6 millions pour revamper son lot d’instruments chirurgicaux.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Le conseil d’administration du Centre hospitalier de l’Université de Montréal a décidé hier soir d’injecter dès l’an prochain 5,6 millions pour régler définitivement ses problèmes de stérilisation en salles d’opération.La semaine dernière, l’hôpital avait reconnu qu’une partie importante des stérilisations effectuées dans ses salles d’opération ne respectaient pas les normes de pratique en ce domaine, et cela, depuis plus de cinq ans.Faute d’un nombre suffisant d’instruments chirurgicaux et en raison du fort volume d’opérations, une méthode de stérilisation rapide appelée «flash», recommandée uniquement dans les cas d’urgence, était devenue chose courante dans les salles d’opération du CHUM.Or les normes recommandent plutôt le recours à une méthode de stérilisation par autoclave, plus longue, qui permet de contrôler, après 48 heures, l’absence de toute contamination des instruments nécessaires aux chirurgies.À la suite de pressions du corps médical et d’un rapport effectué sur la question, les administrateurs ont donc décidé de donner immédiatement le feu vert à l’achat d’équipements chirurgicaux pour une valeur de 5 693 164 $ dès l’an prochain, plutôt que de répartir ces dépenses sur trois ans.«La mesure que l’on prend est exceptionnelle, mais nous suivons l’avis des experts, l'avis du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens de l’hôpital», a tranché hier soir le président du conseil d’administration, Jacques Girard.En dépit du déficit de plus de 27 millions qui afflige le CHUM, M.Girard a soutenu que les sommes nécessaires seraient injectées dès maintenant et qu’il n’était aucunement question que d’autres services pâtissent de cette dépense.«Nous irons chercher cet argent.Je ne veux pas que cela résulte en compressions additionnelles pour le CHUM.Nous aurons des discussions sérieuses à ce sujet avec la Régie et le ministère», a-t-il insisté.Il n’a cependant pas été possible de savoir hier soir quelles proportions des opérations réalisées au CHUM l’étaient en fonction de cette méthode de stérilisation rapide.Li direction a également été incapable de dire dans quelle proportion cette dépense majeure permettra d’augmenter le nombre total de ses instruments.Le Dr Denis Gravel, qui a fait connaître son intention de démissionner de ses fonctions de président du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens, s’est dit surpris hier soir de ce manque d’information et inquiet des impacts de cette pratique de stérilisation sur la responsabilité professionnelle des médecins.Le Dr François Lamothe, chef du département d’infectiologie du CHUM, qui a exposé hier soir la situation aux membres du conseil d’administration, a soutenu pour sa part que la méthode utilisée, quoique non conforme aux règles de pratique, était «acceptable».«On n’atteint pas toujours la norme idéale, mais en aucun cas il n’y a eu danger pour les patients.Voilà un problème qui existe depuis des années», a tenu à préciser le président du CHUM, Jacques Girard.Par ailleurs, le conseil d’administration n’a pas tranché hier soir sur le projet de remaniement des cuisines des trois pavillons du CHUM, qui provoque une querelle entre les deux principaux syndicats de l’hôpital.Opposée au projet de centralisation des cuisines au pavillon Saint-Luc, que la direction a soumis, la CSN appuie plutôt un scénario alternatif plaidant en faveur du maintien de cuisines dans les trois pavillons.Une option qui, selon la CSN, permettrait la sauvegarde des emplois, des investissements moindres et des économies allant jusqu’à 1,5 million.Les syndiqués du pavillon Saint-Luc, affiliés à la CEQ, ont fortement contesté hier soir les chiffres présentés par la CSN car, disent-ils, ce scénario ne tient pas compte de la transformation prochaine du pavillon Hôtel-Dieu en centre ambulatoire et ne dégagerait que des économies de 876 969$.Bourque ferme les yeux sur le passé de son organisateur en chef Pour la reconquête de l’Hôtel de Ville, le maire Bourque ne retient du passé de son principal organisateur politique Claude Dumont que son expertise et rejette certains éléments troubles.KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Pierre Bourque ferme les yeux sur le passé de son organisateur en chef Claude Dumont, qu’il considère comme celui par qui la victoire va arriver le 1er novembre prochain.«Un passé houleux?Je sais qu'il a gagné des élections un peu partout, à Laval, à Longueuil, à Saint-Léonard.Moi, je l’ai engagé parce qu’il va gagner les élections à Montréal», a affirmé hier le chef de Vision Montréal et maire de Montréal, Pierre Bourque.C’est avec un haussement d’épaules que M.Bourque réagit aux différents éléments troubles qui ont marqué les quinze années de carrière d’organisation politique de M.Dumont.Ce dernier a d’ailleurs refusé, par l’intermédiaire de l’attaché de presse de Vision Montréal, d’accorder une entrevue.Chez Vision Montréal, on s’empressait hier à souligner qu'aucun geste n’avait été reproché à M.Dumont devant les tribunaux.s i M.Dumont s’est d’abord fait les dents au fédéral à titre d’organisateur au Parti conservateur.Il a entre autres mis la main à la pâte pour mener à la victoire les campagnes au leadership de Brian Mulroney et.plus tard, de Kim Campbell.En 1984, il a dirigé la campagne électorale de la députée Carole Jacques, toujours devant les tribunaux pour fraude.«Je n’ai pas fait enquête sur les années 1980.Je sais que c’est un des meilleurs organisateurs.Il vient faire les élections; après, il s’en retourne en Floride pour l’hiver.Il n ’a pas d’attaches», a expliqué Pierre Bourque.Il y a trois ans, Claude Dumont a défrayé les manchettes pour avoir obtenu des contrats de la Ville de Laval qui ont suscité la controverse pour deux raisons.D’abord, les services de la compagnie de M.Dumont, Escouade d’enquêtes et de sécurité WDW, avaient été retenus pour protéger l’administration du maire Gilles Vaillancourt contre l’écoute électronique à l’hôtel de ville.Puis le processus d’octroi des contrats a soulevé un doute supplémentaire sur la rigueur et la probité de l’administration Vaillancourt, d’autant plus que Claude Dumont agit comme organisateur de M.Vaillancourt.Pour le scrutin de novembre, M.Dumont ne travaille pas seulement pour Vision Montréal.Il a également le contrat d’organisation pour le maire Claude Gladu de Longueuil, Bernard Paquette à Saint-Laurent et Frank Zampino à Saint-Léonard.M.Dumont est connu comme un expert sans conteste de la logistique lors de campagnes électorales.En général, il ne s’occupe pas d’orientation ni de positionnement politique.D’ailleurs, il y a quelques années, ces nombreux contrats simultanés avec des municipalités de la région montréalaise l’auraient amené à présenter à chaque client un même slogan, un même dépliant et un même programme politique.M.Bourque ne voit pas les antécédents de M.Dumont comme un éventuel handicap pour son parti, dont la crédibilité a déjà été fort amochée au fil des ans, notamment pour du financement illégal.Pierre Bourque mise sur son bilan pour reconquérir l’Hôtel de Ville.«Mon style, c’est celui que les gens connaissent, celui de quelqu’un qui n’a qu’une parole et qui a livré la marchandise.Après quatre ans, Montréal est en train de reprendre son souffle: réduction des dépenses de la Ville et réduction des taxes.» Grande Bibliothèque Louise Beaudoin indique sa préférence pour le Palais du commerce MARIE-ANDRÉE C H O U I N A R D LE DEVOIR Pour ériger la Grande Bibliothèque du Québec, le Palais du commerce et son Quartier latin constituent le meilleur choix, estime la ministre de la Culture et des Communications, Louise Beaudoin.Interrogée sur ses préférences quant au site idéal pour accueillir l’institution nationale, la ministre a expliqué hier que la «concentration intense du savoir» logée au Quartier latin ouvrait toute grande la porte à une institution de savoir comme la GBQ.Même si son choix et son souhait s’orientent donc vers le Palais du commerce, l’emplacement le plus souvent recommandé lors des audiences publiques d’avril dernier, la ministre s’en remet entièrement au conseil des ministres, qui pourrait se pencher sur cette question dès aujourd'hui ou au cours des prochaines semaines.«Ce n’est pas une décision ministérielle mais la responsabilité du conseil des ministres», a-'t-elle expliqué hier.• ! On connaît donc le penchant de Mme Beaudoin, qui ex-: pli que avoir été convaincue non seulement par la concen-; Jration importante d’entreprises culturelles au Quartier la-I Tin mais aussi par la mobilisation des citoyens du quartier • pour l’institution, mais on ne sait toujours pas si les négo-: dations entreprises entre le gouvernement et le promo- teur du terrain sont terminées et conclues à la faveur de Québec.La participation de Mme Beaudoin à l’émission Branché a ravivé l’intérêt pour le site de prédilection pur l’érection de la GBQ.Invitée de cette émission de télévision la semaine dernière, bmise Beaudoin participait à une séance de discussion entre internautes au cours de laquelle elle a répondu à quelques questions sur le site de la future Grande Bibliothèque du Québec, lequel a fait l’objet d’audiences publiques, de moult spéculations mais d’aucune annonce officielle à ce jour.Son passage à Branché permettait de mettre en lumière ses préférences quant au site du Balais du commerce, de même qu’une date butoir, le 1" juillet, pour l’annonce du choix de l’emplacement.Le Palais du commerce, site maintes fois appuyé lors des audiences publiques d’avril dernier, devrait donc être recommandé par la ministre Beaudoin lors du prochain conseil des ministres, soit demain, a précisé lundi le chef de cabinet de la ministre, Gilles Corbeil.Impossible toutefois de savoir si les négociations entreprises entre la Société immobilière du Québec (SIQ), qui représente le gouvernement, et la SITQ (promoteur du terrain) sont terminées et conclues à la faveur du gouvernement.Dans une édition de la semaine dernière, L?Devoir annonçait que le choix du site était retardé, les négociations pour l’acquisition du terrain du Balais du commerce étant plus ardues et plus longues que prévu.Des étincelles les |ÿ\.\bonnishS| (Mltfenait o *
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