Le devoir, 15 juin 1998, Page(s) complémentaire(s)
-?F 0 N I) E E N 19 10 LE DEVOIR V (i l.I.X X X I X N " 13 2 ?M o X T II É A L , L K L U N I) I I 5 .1 I' I X I !» !» «S 0 Jocelyn C o ii I o n PERSPECTIVES Pour une justice internationale Quelque 120 pays se retrouvent ce matin à Rome pour discuter pendant un mois des modalités d’établissement d’une Cour criminelle internationale (CCI) permanente.Tout indique que les débats seront passionnés puisque deux courants s’affrontent sur les pouvoirs et le fonctionnement de cette institution qui sera habilitée à juger les individus inculpés de crimes internationaux.Tuez un homme, et vous êtes condamné comme criminel; tuez-en 100 000, et vous devenez un héros, a dit quelque paid un de ces leaders qui ensanglantent l’histoire depuis la nuit des temps.C’est pour mettre fin à cette absurdité que la communauté internationale cherche depuis des décennies à punir les auteurs de génocides, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.Il y a bien eu les précédents de Nuremberg et de Tokyo, mais l’expérience de ces tribunaux spéciaux — créés faut-il le rappeler par les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale dont certains, comme la Russie, n’avaient pas la conscience nette — n’a pas été reprise.En effet, pendant près d’un demi-siècle, la guerre froide a enterré toute initiative et les bourreaux ont, la plupart du temps, reçu le soutien, parfois enthousiaste, des grandes puissances.Ces temps sont révolus.L’opinion publique internationale, maintenant unifiée à la suite de l’effondrement du monde communiste, ne tolère plus les violations des droits de l’homme et plus particulièrement les cripies commis lors de conflits entre Etats ou entre des factions qui s’affrontent lors de guerres civiles.A l'heure actuelle, il n’existe donc ?aucun mécanisme international pouvant répondre à des violations graves des droits de l’homme par des enquêtes et des poursuites systématiques.Les seules institutions habilitées à juger des individus arrêtés pour crimes internationaux sont les deux tribunaux ad hoc créés par le Conseil de sécurité des Nations unies et dont la juridiction est limitée à l’ancienne Yougoslavie et au Rwanda.Leurs compétences sont limitées aux seuls crimes perpétrés dans ces deux régions, et le Conseil de sécurité peut à tout moment les abolir sur simple adoption d’une résolution.Pour combler ce vide, le projet de création d’une Cour criminelle internationale (CCI) permanente a été pris en considération et les négociations sur les statuts de cette institution ont débuté en 1996.En avril dernier, les diplomates ont conclu un traité d’une centaine de pages mais ont laissé en suspens quelque 1300 parenthèses — c’est-à-dire de points de désaccord — qui feront l’objet des négociations qui s’ouvrent ce matin à Rome.Si presque tous les membres des Nations unies s’entendent pour faire de la nouvelle cour un tribunal permanent exerçant une compétence mondiale pour juger les individus inculpés de crimes internationaux, des divergences sont apparues entre eux sur les pouvoirs et le mode de fonctionnement de la future institution.Peux groupes d’Etats s’affrontent.Ceux, comme les Etats-Unis et la France, qui estiment nécessaire que la future juridiction internationale soit étroitement contrôlée et ceux, comme le Canada, qui prônçnt une indépendance complète de la cour vis-à-vis des Etats.Le différend est sérieux.Washington et Paris réclament pour le Conseil de sécurité un droit de regard sur les affaires de la cour et sur le pouvoir du procureur d’engager des procédures et exigent divers consentements politiques avant que celui-ci n’enclenche des actions contre des individus.Ce vçto exercé par le Conseil de sécurité permettrait aux Etats de sélectionner les crimes ou les causes portés devant la cour.Les deux grandes puissances, discrètement appuyées par la Russie et la Chine, veulent ainsi éviter que leurs soldats engagés dans des opérations militaires à l’étranger ne soient traînés devant la cour pour des motifs politiques ou «frivoles», inhibant ainsi les Grands «dans la mise en œuvre de leurs responsabilités dans le monde».Ils veulent aussi limiter le droit de saisine du futur procureur aux seuls «cas soumis à la cour par le Conseil de sécurité ou parles Etats parties au traité».Les partisans d’une cour indépendante rejettent ces positions.U' Canada fait valoir que les Etats-Unis et la France n’ont rien à craindre d’une cour qui travaillerait vraiment en toute indépendance du Conseil de sécurité et des Etats.Ix“ ministre des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, le rappelait récemment en soulignant que les procédures engagées par un procureur indépendant risr quaient «beaucoup moins d'obéir à des motivations politiques que les plaintes pouvant être faites par des Etats».En fait, le débat qui divise les deux groupes d’Etats au sujet des pouvoirs de la cour est celui qui oppose ceux qui sont prêts à abandonner une partie de leur souveraineté à une juridiction internationale et ceux qui désirent encore maîtriser tous les attributs de la souveraineté nationale.Comme le rappelait la semaine dernière le président du Centre international des droits de la personne, Warren Allmand, l’option qui l’emportera à Rome déterminera «si le monde se dotera d'une institution forte et indépendante [.| ou s’il héritera d’un colosse aux pieds d’argile impuissant dès sa création».M E T E 0 Montréal Québec Pluie devenant Nuageux.70 % de intermittente probabilité d’averses, en mi-journée.Max: 19 Min: 16 Max: 22 Min: 14 Détails, page A 4 INDE X Agenda.B 7 Le monde.A 7 Annonces.B 6 Les sports.B 5 Avis publics.A 6 Mots croisés.B 5 Culture.B 8 Planète.B 4 Économie.B 2 Religions.B 6 Éditorial.A 8 Télévision.B 7 www.Iedevoir.com LE MONDE Milosevic dans la mire de l’OTAN, page A 7 LES ACTUALITÉS Baisse de 80 % des contraventions à Montréal, page A 2 JB Al L’ENTREVUE André Leclerc: odyssée pour une bonne cause, page B 1 Balayage du MEMO 1 Le RSC n’occupera que six des 21 sièges de la Commission scolaire de Montréal ¦ Moins de 9% des francophones ont voté, contre 40 % chez les anglophones MARIE-CLAUDE DUCAS PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Après plus de 10 ans au pouvoir, les commissaires catholiques de Michel Pallascio sont forcés de céder la place à une nouvelle équipe, le MEMO, qui a remporté la victoire haut la main hier, remportant 15 des 21 postes de commissaires de la future Commission scolaire de Montréal.Chez les francophones toutefois, le taux de participation au scrutin est une véritable catastrophe.autant à Montréal (un peu plus de 6 %) que dans l’ensemble du Québec (moins de 9 % contre plus de 40 % pour les Anglophones).Mais l’humeur était joyeuse hier soir au Centre culturel de l’Est de Montréal, où célébraient les partisans du Mouvement pour une école ouverte et moderne.«C'est un moment historique, a lancé la présidente du MEMO, Diane De Courcy, peu après l’annonce des résultats.C’est aussi la récompense de 10 ans de travail».En portant au pouvoir l'équipe du MEMO, les Montréalais qui ont pris la peine de voter ont choisi une équipe dy- namique, diversifiée, qui appuie sans réserve la création de commissions scolaires linguistiques, qui a un fort penchant en faveur de l’école laïque et est plutôt tiède envers les écoles ayant des programmes enrichis.Iü commission sera donc dirigée par une femme de 41 ans, Diane De Courcy qui a promis, hier soir, de rétablir un meilleur équi- VOIR PAGE A 10: MEMO 1 Les résultats complets en page A 5 Le baptême MARTIN CHAMBERLAND LE DEVOIR Plus de 30 000 personnes participaient durant le week-end à un rassemblement international de Témoins de Jéhovah, qui se tenait au stade olympique.L, événement principal de l’assemblée s’est déroulé hier, alors qu'on a procédé a 1 ordination et au baptême de 237 nouveaux membres.On compte actuellement plus de 22 000 Témoins de Jéhovah au Québec.Cette année, pas moins de 5000 participants a l’assemblée provenaient de l’extérieur du pays.Au total, une trentaine de pays de la Francophonie y étaient représentés.Le naufrage du laboureur des mers 1 ~ Tabarly porté disparu, lui qui avait permis aux marins de réapparaître sur la scène française.Tabarly perdu en mer, lui qui s’était si souvent perdu dans le silence de la mer parce qu’il était heu reux d’y vivre et qu’il ne craignait pas d’y mourir.Éric Tabarly, l’indestructible, le père de la nation voile, est passé par-dessus bord au large du pays de Galles dans la nuit de samedi.Ne souhaiter qu’une chose: que ça se soit passé vite.Pour qu’il n’ait pas eu le temps de maudire cette mer sur laquelle il se sentait si bien.LUC LE VAILLANT LIBÉRATION L% qnfance n’est pas exactement de bord de mer./ Eric Tabarly naît à Nantes et part user ses culottes courtes à Blois.Le père est d'abord concessionnaire General Motors, puis représentant en textiles.Le gamin a déjà le goût de l’aventure et le mépris des interdits.Il est du genre à emmener sa sœur explorer les toits enneigés ou à embarquer sur une périssoire poyr se balader sur les petits lacs minés par les Allemands.A l’école, il en fait à sa guise, se polarise sur la géographie, honnit l’histoire, et trace sa route sans s’occuper des avis de quiconque.VOIR PAGE A 10: TABARLY ¦ REUTERS Les anglophones votent dans le chaos MARIE-CLAUDE DUCAS PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Alors que les francophones ont fait peu de cas des élections scolaires, à Montréal hier, les anglophones, eux, ont voté massivement.Et ils l’ont fait dans un climat de désorganisation totale.Dans les bureaux de vote de la Commission scolaire English Montréal, qui couvre le centre et l’est de file, les files d’attentes se sont étirées toute la journée, et à de multiples d’endroit, le chaos régnait.A l’école Coronation, rue Van Horne dans le quartier Côte-des-Neiges, Richard Mady, le responsable, s’efforcait tant bien que mal de renseigner les électeurs qui «NOUS avons s’adressaient à lui dans diverses , langues.«Nous avons passé la journée à passe avoir des problèmes!, disait-il en début .; r.d’après-midi.Les gens ont attendu long- ,d Juuri temps, certains n’ont pas pu voter, et ^ avoir des beaucoup étaient très frustrés.» Hormis le fait que les anglophones problèmes! ont participé dans une proportion jusqu’ici jamais vue, le processus d’ins- Les gens cription, pour ceux-ci, était en outre plus compliqué.Tous ceux qui ont attendu n’avaient pas d’enfants inscrits à une école anglaise étaient inscrits d’office longtemps, pour voter aux commissions scolaires ., francophones.Pour changer, il fallait certains n ont retourner un coupon, ou se présenter à un bureau de révision.Vendredi der- Pdt* Pu voier> nier, face aux protestations de la corn- beaucoup munauté anglophone, le législateur a H amendé la loi électorale, et permis à étaient très tous ceux qui étaient inscrits sur la liste électorale de voter dans la commis- frustrés.» sion scolaire de leur choix, sur demande au bureau de vote même.Mais le processus a occasionné de sérieux délais.«C’est le bordel!», disait Eri Meroz, un des candidats, présent au bureau de l’école Coronation.«Je suis sûr que 1000 personnes sont parties sans voter», renchérissait son rival, James Kormida.Les deux candidats, présents en principe pour observer, ont parfois prêté main-forte pour aider à diriger les électeurs.À l’école Willingdon, au cœur de Notre-Dame-de-Grâce, les électeurs faisaient la queue jusque dehors, au début de l’après-midi, abrités sous leurs parapluies.Certains s’étaient donnés beaucoup de mal pour être sûrs de voter.VOIR PAGE A 10: CHAOS HORS-JEU Du sang neuf Cl était jour de grandes entrées et rentrées, hier, à la Coupe du monde de football.Déjà, vendredi, on avait assisté au retour de l’enfant prodigue sud-africain, banni de la scène internationale de 1964 à 1992 pour cause d’apartheid et, des six sélections en lice ce dimanche, seule l’Argentine faisait partie des clients habituels de la phase finale.Peut-être est-ce l’illustration de ce que le foot mondial s’ouvre réellement — un cliché à la mode, avec son corollaire qui veut que la compétition soit la plus serrée jamais vue —, mais peut-être bien n’est-ce que l’effet du hasard, ce vieux renard.11 y a d’abord eu le Japon, surprenant de ténacité et de vivacité contre les Argentins, qualifié pour la première fois et qui, hôte avec la Corée du Sud du Mondial 2002, a ainsi évité d’être le premier pays organisateur à n’avoir jamais participé à une phase finale précédente.?On a aussi vu la Yougoslavie, empêchée de prendre part aux qualifications de la Coupe 1994 pour cause de guerre et d’embargo des Nations unies.Son capitaine Dragan Stojkovic, qui s’était vigoureusement insurgé contre la suspension au nom de la séparation du sport et de la politique, est le seul rescapé de la formation yougoslave unifiée de 1990.On a eu droit à l'Iran, dont la dernière participation remontait à 1978, un an avant la révolution islamique qui devait faire du football, une importation de l’Occident corrompu, une discipline suspecte.Mais le sport est infini- VOIR PAGE A 10: MONDIAL Jean IJ t o n 778313000641 I.!•: I) E V 0 I It .I.E L I! N I) I I 5 .1 II I N I !l !» 8 A 5/ ?LES ACTUALITES?Cadieux ne «se souvient pas» du bureau de change de la GRC Ottawa (PC) — La Gendarmerie royale du Canada a exploité un bureau de change clandestin à Montréal pendant cinq mois, en 1990, avant d’obtenir l’autorisation requise du Solliciteur général du Canada, indiquent des documents secrets qu’a obtenus le quotidien Ottawa Citizen.Et une fois l’autorisation obtenue, il semble que la GRC n’a jamais informé le ministre de l'époque, le conservateur Pierre Cadieux, de l'envergure réelle de cette opération clandestine, rapportait hier le journal.Dans le cadre de leurs opérations à Montréal, les agents ont changé des devises canadiennes en argent américain pour de présumés trafiquants de drogue, ces transactions facilitant l’importation des stupéfiants.Lors d’une entrevue, M.Cadieux a refusé de commenter les événements ou de dire ce qu’il savait de l’opération clandestine de la GRC lorsqu’il était Solliciteur général.«Je ne me souviens pas», a dit M.Cadieux, qui est devenu plus tard ministre d’Etat à la Condition physique et au Sport amateur.La Loi sur l’administration financière stipule que la GRC doit obtenir une autorisation écrite du solliciteur général avant de mettre sur pied une socié- té clandestine à des fins d’enquête.Cette autorisation évite à l’entreprise de devoir préparer des rapports financiers détaillés sur ses activités.Le Centre international des devises de Montréal inc.fut incorporé le 17 août 1990 par un avocat travaillant pour le compte de la GRC.L’entreprise entreprit ses opérations en septembre 1990.Selon les documents obtenus, le ministre Cadieux n’autorisa la création de la société clandestine qu’en janvier 1991.La GRC avait alors déjà changé des centaines de milliers de dollars qui avaient aidé des criminels à importer de la cocaine au pays.L’entente secrète prévoyait également que la GRC se porterait garante de toutes les pertes qui pourraient être subies par le bureau de Montréal.Le Citizen avait rapporté auparavant qu’en raison d’un manque de ressources, l’opération de Montréal n’a pas réussi à faire le compte de tous les trafiquants et drogues illicites impliqués.La GRC a arrêté des criminels et récupéré 16,5 millions de dollars en argent blanchi, mais une somme de 125 millions en argent de drogue connu et présumément échangé au bureau de Montréal a disparu.Poursuite «pour négligence» ~y\ Washington (AFP) — Les parents V V d’une adolescente de 16 ans de Lincoln (Nebraska) ont décidé de poursuivre en justice «pour négligence» la mère du petit ami de leur fille tombée enceinte, rapportait hier le Washington Post.«Nous avons essayé de ne pas faire de bruit», a déclaré Doug Detmer, le père de Ixanne, un employé d’usine âgé de 38 ans qui réclame également 11372 dollars de dommages et intérêts, soit le coût de l’avortement qui a été pratiqué sur sa fille l’année dernière et du traitement antidépressif quelle avait par la suite dû suivre.Les Detmer pensent, après qu’un juge du district de Lancaster eut accepté de se saisir de l’affaire, quç ce cas pourrait faire jurisprudence aux Etats-Unis.D s’agirait probablement du premier du genre, selon des juristes cités par le journal.Les Detmer estiment que, alors qu’ils ne savaient rien des rapports sexuels de leur fille Leanne, Dawn Bixler, la mère du petit ami également âgé de 16 ans, était parfaitement au courant Mme Bixler et son fils.Dallas Mills, avaient accepté de partager les coûts — ceux de l’avortement et du traitement antidépressif—avant de changer d’avis, selon les parents de Leanne.Le juge, Jeffre Cheuvront, a affirmé qu’il s’agissait pour lui de décider si Mme Bixler avait agi «comme une personne raisonnablement prudente l’aurait fait en pareilles circonstances», toujours selon le journal.COLLOQUES ET CONFERENCES LES ELECTIONS SCOLAIRES COMMUNICATIONS ET TECHNOLOGIES: VIVRE AVEC L’ÉCLATEMENT! 16 juin Hôtel Westin Patrizia Zenga : 842-5873 poste 221 L’Association de la recherche en communication du Québec (ARCQ) invite les participants à explorer les modifications dans les façons de faire que les changements technologiques récents ou en cours de déploiement, peuvent entraîner tant au niveau des services à la clientèle que dans les médias électroniques et imprimés.Les expériences piésentées et les problèmes soulevés pâr les conférenciers offriront des opportunités de discussion et permettront de pousser un cran plus loin les réflexions sur l’impact des NTIC sur les communications.LA LIBERTE DANS LE ; PROCESSUS ANALYTIQUE 18-19 juin Hôtel Delta Montréal Madame Claire Massie : 738-6105 4 Société canadienne de psychanalyse accueille Julia Kristeva, de la Société psychanalytique de Paris.Plusieurs ateliers, tables rondes, conférences se tiennent du jeudi 16h au vendredi 19h autour de questions très variées dont : être au dehors ou au dedans d’une institution, une analyse de The English patient, être femme psychanalyste, cela signifie quoi?, les liens entre la confidentialité et l’éthique et bien sûr liberté et psychanalyse sont au programme.LE SAVOIR SOCIAL : HERITAGE, DEFIS, PERSPECTIVES Palais des Congrès de Montréal 26 juillet-U août Jean-Pierre Morin : 923-9708 ou http://www.bcoc.umontreal.ca Quelque 5000 sociologues et anthropologues de 50 pays se réuniront à l’occasion du XIV' Congrès mondial de sociologie.L’UQTR et les quatre universités montréalaises participent à l’organisation de ce congrès.Le programme est vaste, multilingue, et placé sous le thème général de l’héritage de la sociologie.Bon été! Isabelle Quentin: iquentinCasim.qc.ca loto-québec Tirage du 98-06-13 12 16 20 27 43 44 I Numéro complémentaire: 41 GAGNANTS LOTS 6/6 0 2 218 597,10$ 5/6+ 3 221 859,70$ 5/6 283 1 881,50$ 4/6 14 833 68,80$ 3/6 284 694 10$ Ventes totales: 16 186 965$ Prochain gros lot (approx.): 5 000 000$ mmm GAGNANTS LOTS Tirage du 98-06-13 2 20 34 45 48 49 ' Numéro complémentaire: 24 6/6 5/6+ 5/6 4/6 3/6 0 0 11 663 13 938 1 000 000$ 50 000$ 500$ 50$ 5$ Ventes totales: 524 169,50$ EStra CH VENDREDI Tirage du 98-06-12 NUMÉROS LOTS 081865 100 000$ 81865 1 000$ 1865 250$ 865 50$ 65 10$ 5 2$ EBtra LH SAMEDI Tirage du 98-06-13 NUMÉROS LOTS 276914 100 000$ 76914 1 000$ 6914 250$ 914 50$ 14 10$ 4 2$ Tirage du wAhyviLfM 98-06-12 16 22 23 27 30 40 41 Numéro complémentaire: 19 GAGNANTS LOTS 7/7 1 8 500 000,00$ 6/7+ 1 174 796,80$ 6/7 65 2 353,00$ 5/7 3 500 156,00$ 4/7 74 646 10$ 3/7+ 71 462 10$ 3/7 627 144 partie, gratuite Ventes totales: 9 356 600 $ Prochain gros lot (approx.): 2 500 000$ TVA, le réseau des tirages Les modalités d’encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En ca de disparité entre cette liste el la liste officielle, cette dernière a priorité.Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys Circonscription électorale 1 Bolger-Richard, Jo-Anne.1052 Hernandez, Juan José.572 Circonscription électorale 2 •Pichette, Nicole.Acclamation Circonscription électorale 3 ‘Benoît-Gougeon, Madeleine.448 "Gennaqui, Fayez.706 Circonscription électorale 4 *Lamarche-Venne, Diane.Acclamation Circonscription électorale 5 Kerimian, Taki.Acclamation Circonscription électorale 6 Balayer, Christophe.200 ‘Crête, Jean-Marc.356 Ranger, Jacques.331 Circonscription électorale 7 ‘Arsenault, Michel.427 ‘Bérubé, Ghislaine.535 Circonscription électorale 8 ‘Côté, Claude.441 ‘Coulombe, Mario.397 Circonscription électorale 9 ‘d’Andrieu, Claude.566 ‘Martineau, Claire.599 Circonscription électorale 10 Arella, Pietro.100 ‘Bonnicci, Marie-Thérèse.496 Royer, Michel.247 Circonscription électorale 11 ‘Duclos, Jean-Guy.Acclamation Circonscription électorale 12 Levine, Allan J.394 ‘Pétrin, Léo.894 Circonscription électorale 13 Bourdeau, Normand.714 ‘Ménard, Jean-Claude.1041 ‘Ménard, Michel.1074 Circonscription électorale 14 Bitton, Ralph.99 Marier, Jean.73 Tétreault, Suzanne.438 Circonscription électorale 15 Gagné-Lalonde, Sonia.700 Rifai, Nabil.42 Weatherley, Mark Francis.113 Circonscription électorale 16 Gingras, Josée-Claire.256 Hartropp, Simon.78 Circonscription électorale 17 ‘Mongeau, Jacques.Acclamation Circonscription électorale 18 “Allard, G.-Guy.476 ‘Carrier, Louise.492 Gauthier, Jacques.213 Circonscription électorale 19 Benyekhlef, Djamel.Acclamation Circonscription électorale 20 Bezzaz, Pierre-Yves.130 ‘Lemay, Michel.303 Circonscription électorale 21 Abdelatif, Ibrahim.61 ‘Marcoux, Ubald.421 Moysan, Catherine.128 Pilote Jr„ Mario.157 Commission scolaire de Montréal Circonscription électorale 1 Machuret, Jean-Pierre (MEMO).817 Nasrat, Louay.86 ‘Pallascio, Michel (RSC).1689 Circonscription électorale 2 Razis, Calliopi (RSC).1325 Vidal, Guy (MEMO).1383 Circonscription électorale 3 ‘De Courcy, Diane (MEMO).1687 Robert, Paul (RSC).1176 Circonscription électorale 4 Jean Mary, Joanest (MEMO).723 Pelletier, Jacques (RSC).928 Circonscription électorale 5 Ben Kirane, Mostafa.79 ‘Dominguez, Roger.685 Tsanoussas, Georges.151 Vaillancourt, Guillaume (MEMO).1110 Circonscription électorale 6 * George, Kenneth (MEMO).1986 Sauvé, Michel (RSC).732 Circonscription électorale 7 ‘d’Opéra, Adeline (RSC).641 Paquette, Yves (MEMO).588 Circonscription électorale 8 Deschênes, Stéphane (MEMO).1613 Desroches-Larose, Lise (RSC).1220 Circonscription électorale 9 Albert, Jean-Claude.49 Provost, Colette.1198 ‘Trottier, Jean (RSC).1159 Circonscription électorale 10 Faust, Lyn (RSC).1483 “Tassile, Linda (MEMO).1270 Circonscription électorale 11 * Bessette, Benoît (RSC).1811 Prévost, Joanne (MEMO).1213 Circonscription électorale 12 Boily, Andrée (RSC).804 Gagné, Francine (MEMO).1124 Circonscription électorale 13 ‘Cadotte, Robert (MEMO).1130 Larouche, Denise (RSC).413 Circonscription électorale 14 Gill, Suzelle (RSC).450 ‘Noël, Marcellin (MEMO).2425 Circonscription électorale 15 Holdbrook, Denise (RSC).603 Trottier, Paul (MEMO).1413 Circonscription électorale 16 Bois, Josée (RSC).432 ‘Mainville, Louise (MEMO).1626 Circonscription électorale 17 Bonnardeaux, José-Louis (RSC).618 Gaona, Norma (MEMO).660 Circonscription électorale 18 Bouchard, Cécile (RSC).634 “Maaninou, Afifa (MEMO).1170 Circonscription électorale 19 Langlois, Mario (RSC).680 * Montpetit, Jacqueline (MEMO).1109 Circonscription électorale 20 Bélanger, Daniel (MEMO).898 ‘Renaud, Benoît (RSC).931 Circonscription électorale 21 Gaudette, Luc (MEMO).1086 Létourneau-Gagnon, Carole (RSC).585 Commission scolaire de la Pointe-de-ITIe Circonscription électorale 1 Perreault-Lozeau, Madeleine (ERS) .230 ‘Simard, Jacqueline.608 Circonscription électorale 2 Brault, André (ERS).269 ‘Dion, Gilles.338 Circonscription électorale 3 Marchione, Vincent.104 ‘Ménard, Henri-Paul.831 Circonscription électorale 4 Boisvert, Ghislaine.266 Préville, Claude.599 Sorel, Danièle (ERS).119 Circonscription électorale 5 Jacques, Mariette.Acclamation Circonscription électorale 6 ‘Bélisle, André.378 Brunet, Diane.371 Circonscription électorale 7 Gauthier, Diane 453 Sicondolfo, Sandy (ERS) 187 Circonscription électorale 8 Andreoni, Gabriella (ERS) 349 Arciresi, Vincent 545 Circonscription électorale 9 ‘Barberini, Fernando 303 Caron, Joyce (ERS) 148 Circonscription électorale 10 Marcolini, Rodolphe (RSC) 210 Moschella, Diana 413 Circonscription électorale 11 Martin, Raymond 41 Pacetti, Massimo 361 Provencher, Camille 214 Circonscription électorale 12 Galati, Vincenzo 403 Lombardo, Carlo (ERS) 247 Circonscription électorale 13 Bissonnette, Élaine 213 Mucci, Maria (ERS) 231 Renaud, Daniel (RSMN) 274 Circonscription électorale 14 Abraham, Jimmy 29 Marabella, Guiseppina (RSMN) 171 Poitras, Odette (ERS) 92 Tanguay, Suzanne 149 Circonscription électorale 15 Brousseau, Jean-Paul (RSMN) 178 Coichy, Heurick Ricot 47 ‘Poupart, Ronald (ERS) 89 Circonscription électorale 16 Dagenais, Louise (RSMN) 250 Laurin, Isabelle 290 Rnssi Chantal (ERSî 390 Circonscription électorale 17 Boulerice, Lynn (ERS) 360 Deguire, Maryse (RSMN) 347 Circonscription électorale 18 Blanchard, André (ERS) 223 ‘Hyppolite, Keder(RSMN) 201 Circonscription électorale 19 Campese Lia (ERS) 364 Douze, Donald 189 Halley, Line (RSMN) 166 Circonscription électorale 20 Allard, Michel (ERS) 236 Barriault, Liane 143 Benjamin, Jean Frantz 197 Circonscription électorale 21 Côté Véronique (MEMO) 239 Gadoury, Carmelle (ERS) 509 * ancien commissaire NON A UN PROJET DE LOI QUI APPAUVRIT LES PERSONNES À FAIBLE REVENU 1PauvretéI Zéro! i Signataires Jean-Paul Asselin Nadine Beaudoin Paulette Beaudry Nancy Beauseigle André Beauséjour Sylvie Bernier Lucie Bérubé Corinne Blanchette Jeannine Bouchard Marie-Lyne Bouchard Suzanne Boudreault Louiselle Bureau Lucienne Cadoret Denys Careau Emilia Castro Ernesto Castro Mario Germain Céline Lepage Marcelle Rioux Francine Chamberland Jacqueline Giguère Martine Lévesque Line Robitaille Martin Côté Lise Godin Francine Loignon Micheline Saint-Pierre Ariane Coulomb Claude Goulet Christian Loupret Francine Simard Denis Cusson Suzanne Gravel Jean-Denis Marois Irène Tremblay Sylvain Demers Jacynthe Huard Consuelo Marti Karine Tremblay Yvan Denis Marlène Jacob Martin Munger Alexandre Turgeon Michelle Dionne Nicole Jacques Denis Olivier Denise Vachon Hélène Dufour Sylvie Jochems Monique Olivier Suzanne Vaillancourt Michel Dumont Danielle Jutras France Paquet Julie Vermette Jean-Pierre Duscheneau Rachel Laçasse Paul Pelletier Ghislaine Vézina Gilles Fontaine Julie Langlois Serge Pctitclerc Richard Viger Kim Naiomi Fortin Monique Lapointe Gabriel Pichette Michel Yacoub Camille Gaudreau Raymond Larouche Annie Plourde Dominic Zalitis Ariane G.Tremblay Jocelyne Lejeune André Pomerleau Walter Zelaya Depuis l’arrivée de Lucien Bouchard, le gouvernement du Parti québécois ne cesse d’imposer des coupures draconiennes aux personnes assistées sociales, des coupures qui se traduisent par un manque à gagner de plus de 400 millions S au régime d’aide sociale.Dans les faits, ces coupures font porter le fardeau du déficit sur le dos des citoyens et des citoyennes les plus pauvres de notre société.Comme si cela n’était pas assez, ce même gouvernement s’apprête à adopter le projet de loi 186 qui marquera la fin de la sécurité du revenu au Québec.• Ce projet de loi est coercitif envers les jeunes.Il prévoit les obliger à suivre des parcours d’insertion, sous peine de fortes pénalités financières.Madame Harel, le problème est le manque d’emploi, pas le manque de volonté des jeunes! • Ce projet de loi esquive le problème de la pauvreté.Il prévoit la possibilité de saisir une partie des prestations des personnes assistées sociales qui ne peuvent payer leur loyer.Madame Harel, le problème est le manque de revenus, pas le manque d’honnêteté des personnes assistées sociales! • Ce projet de loi propose un régime d’assistance marqué par l’exclusion.Il s’inspire de la logique insécurisante du programme fédéral d’Assurance-emploi en troquant l’aide sociale pour un régime diminué d’assistance-emploi.Madame Harel, attaquez vous à la pauvreté, pas aux pauvres! • Ce projet de loi met fin au principe du droit à la sécurité du revenu.Il ne prévoit aucun plancher minimum pour couvrir les besoins des personnes assistées sociales.Madame Harel, toute personne, peu importe sa condition, a droit au revenu minimum nécessaire pour subvenir à ses besoins! Derrière le discours à saveur social-démocrate de Madame Harel se cache un projet de loi méprisant envers les plus pauvres de notre société.Madame Harel s’inspire des politiques américaines et de celles de Mike Harris en Ontario et de Ralph Klein en Alberta afin de réformer l’aide sociale vers un régime de «workfare», c’est-à-dire un régime d’assistance où le versement d’une prestation est conditionnel à 1 obligation de travailler dans des conditions qui ne respectent pas les normes minimales du travail.Nous demandons à toutes les forces progressistes du Québec de manifester leur ras-le-bol envers le gouvernement Bouchard et Louise Harel et de dire non au projet de loi 186.Si le projet de loi 186 est adopté tel que proposé, nous vous demandons de manifester votre indignation envers ce gouvernement lors des prochaines élections. A 10 I.K I) E V OIK.1.E I.r N I) I I r> .1 t' I X 1 !) !» 8 rr •4- < »?MONDIAL SUITE DE LA PAGE 1 li S' lent difficile à tenir en laisse, et les dirigeants du pays ont ien vu qu’ils ne pouvaient se battre contre l’engouement populaire.Aujourd’hui, le foot tient lieu de repère d’une Certaine libéralisation en Iran.Il y a eu la Croatie, réadmise au sein de la FIFA en 1992, qui disputait également un tout premier match à ce niveau.Parmi ses joueurs, Davor Suker, Robert Prosinecki et Zvo-flimir Boban ont remporté le championnat du monde des moins de 20 ans, en 1987.Ils jouaient alors, évidemment, pour la Yougoslavie., Enfin, la Jamaïque, le moins peuplé des pays partici- Sants au Mondial (2,5 millions d’habitants, moins de 10 00 licenciés) a fait son entrée.Une sélection à laquelle Ïersonne ne donnait la moindre chance à l’aube des quali-cations — le football jamaïcain était naguère tellement Îial en point qu’il avait déclaré forfait des éliminatoires de 982 et 1986 —, mais qui s’est relevée, allant même jusqu’à annuler 0-0 avec le Brésil il y a quelques mois en (natch amical.Hier, les Reggae Boyz ont montré leurs limites face aux Croates, mais leur seule présence en France est une énorme victoire.Et ça nous change des puissances permanentes, qu’on Reverra de toute manière lorsque les choses deviendront vraiment sérieuses.L’équipe des Pays-Bas, souvent décevante au Mondial en regard de son talent et de sa réputation, a manqué Cuellement de finition, samedi contre la Belgique, ce qui i a valu un nul de 0-0 dans une nouvelle édition du «derby des plats pays».Les deux voisins commencent d’ailleurs à en avoir marre de s’affronter: cette Coupe du monde est la seizième, et ils se sont rencontrés en qualifications ou en phase finale à treize reprises! Qui plus est, avec la victoire du Mexique contre la Corée du Sud (3-1), les frères ennemis se retrouvent tous deux dans une position difficile.Mais peut-être pas autant que certains supporters néerlandais, qui ont dû être nombreux à aller assister au match ailleurs que dans l’inconfort de leur foyer.C'est que la police de Groningue, une ville du fiord des Pays-Bas, a décidé de profiter du Mondial pour tenter de mettre la main sur les mauvais payeurs et les délinquants en fuite.L’opération vise 1800 personnes qui n’ont pas payé leurs amendes ou ne se sont pas présentées pour purger leurs peines de prison.«Beaucoup de gens sont chez eux pendant les matchs.Il est alors plus facile d’intercepter les fraudeurs», a déclaré un (xirte-parole du parquet municipal.Bar sweet bar?Pas sûr.Selon un sondage, malgré le «danger», 6 465 000 Néerlandais se trouvaient devant leur téléviseur samedi, soit 46,3 % de la population du pays, contre seulement 33,8 % des Belges.?Avez-vous réservé?Pour ces dames auxquelles les .tuisses de Roberto Carlos ne suffisent, point, c’est aujourd’hui que s’amorce, sur la scène de l’Élysée-Montmartre, Une série de spectacles «anti-Coupe du monde» donnés par les Chippendales, «troupe américaine de mâles body-buildés qui réservent leur spectacle musclé et déshabillé à la fent féminine», comme le dit si éloquemment l’Agence ‘rance-Presse.Jusqu’au 18 juin, on espère ainsi «attirer toutes celles qui sont abandonnées par l’homme de leur vie pour le ballon rond».Mais les éplorées du sport auraient tort de croire leur veuvage irrémédiable, à la condition toutefois que «l’homme de leur vie» s’adonne à encourager une équipe qui a du succès.Ainsi des études scientifiques dont on nous'a fait part au cours des derniers jours .montrent que le taux de testostérone des supporters dont les favoris gagnent grimpe de 20 à 40 % pendant et juste après un match, et chute d’autant en cas de défaite, i Suffirait donc de ne pas être aux Chippendales-quand le sifflet final consacre la victoire.J ?Nourritures pour la mi-temps.Pierre Brochand, directeur général des relations culturelles, scientifiques et techniques au ministère des Affaires étrangères de France: i «La dichotomie entre le “national”, dernier refuge des passons du monde ancien, et, d'autre part, le “transnational”, tremplin pour l’ultralibéralisme du monde nouveau, provoque chez l’amateur de football une schizophrénie qui Hllustre à la perfection le monde ambivalent dam lequel nous 'Hrivçns.» '» A part ça, les vôtres ne se portent pas trop mal?H jdion@ledevoir.com 1E DEVOIR I) i» 11 (Les bureaux du Devoir sont situés tau 2050, rue de Bleury, 9" étage, (Montréal (Québec), H3A3M9 t«] Place-des-Arts rtls sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.(Renseignements et administration: (514) 985-3333 C Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com vComment nous joindre?La rédaction ( Au téléphone ,Par télécopieur tfar courrier électronique IPour l’agenda culturel !La publicité 1 Au téléphone , Par télécopieur , Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3551 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) 'Les avis publics et appels d’offres •'Au téléphone (514) 985-3344 ’Par télécopieur (514) 985-3340 'Les petites annonces [et la publicité par regroupement 'Au téléphone (514) 985-3322 ( Par télécopieur (514) 985-3340 ,Les abonnements i Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) * Le Devoir est publié du lundi au samedi par U* Devoir Inc.dont le siège social est j situé au 2050, rue de Bleury, 9* étage, Montréal, (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé , par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries ' Quebec'or Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence Presse Canadienne £cst aqtopsée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.\Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor , Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, Laval.Envoi de publication — Enregistrement * n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec./ t t ?-?LE DEVOIR ?-zi- ACTUALITES MEMO «Il y a un manque à gagner de 52 millions $ dans le secteur francophone.Nous allons faire des interventions pour que ce dossier se règle d'ici septembre» CHAOS SUITE DE LA PAGE 1 libre entre les biens immobiliers des anglophones et des francophones.«Il y a un manque à gagner de 52 millions $ dans le secteur francophone.Nous allons faire des interventions auprès du gouvernement pour que ce dossier se règle d'ici septembre», a déclaré Mme De Courcy, faisant écho à la principale promesse de sa campagne électorale.A travers le Québec, hier, les citoyens ont élu quelque 607 commissaires, les autres 697 ayant été élus par acclamation au début du mois.Le taux de participation (pas encore officiel) était de 11,48 % en début de soirée, ce qui est substantiellement plus bas que les 23 % enregistrés en 1994 lors du dernier scrutin.Mais ces taux cachent une donnée spectaculaire, la population anglophone a voté massivement pendant que les francophones sont restés chez eux à regarder tomber la pluie ou à suivre le soccer à la télé.Pour la province, le taux de participation des francophones s’élevait à 8,81 % en début de soirée alors qu’il était déjà de près de 40 % pour les anglophones.A Montréal, où les huit commissions scolaires confessionnelles sont remplacées par trois commissions scolaires francophones et deux anglophones, le contraste est encore plus frappant: les taux de participation pour les administrations francophones sont de 6 % alors qu’elles dépassent les 41 % pour la commission English-Montréal et les 50 % pour celle de Lester-B-Pearson.La polémique autour de la confusion des listes électorales aura grandement contribué à mobiliser les électeurs anglophones.Du côté francophone, la précipitation avec laquelle le scrutin a été organisé mais aussi le démantèlement des territoires familiers aux électeurs aura fait chuter encore davantage le taux de participation.Mais au quartier général du MEMO, dans l’est de la ville, hier soir, l’heure était à la fête.Et pour cause car le MEMO a vu le pouvoir lui échapper après le scrutin de 1994 même s’il avait fait élire 10 commissaires contre neuf pour le Regroupement scolaire professionnel qui s’est allié à un petit tiers parti, lequel avait deux sièges.Mais cette fois, la victoire est complète, le MEMO ayant fait élire 15 candidats.Ce sont, outre Mme De Courcy, Guy Vidal, Guillaume Vaillancourt, qui à 26 ans, est le plus jeune candidat de la formation, Kenneth George, Stéphane Dêchesnes, Francine Gagné, Robert Cadotte.Marcellin Noël, Paul Trottier, Louise Mainvil-le, Norma Gaona.Afîfa Maaninou, Jacqueline Montpetit et Luc Gaudette.Huit hommes et sept femmes.Une équipe généralement plus proche du Parti québécois que des libéraux.Au quartier général de M.Pallascio, qui a dirigé la CECM de 1984 à 1990 et de 1994 à 1998, on avait évidemment moins le coeur à la fête.Ironie du sort, en arrivant au quartier général du RSC, au second étage d’un magasin, rue Masson, on rencontrait des écriteaux annonçant «une grande liquidation».M.Pallascio a cependant affirmé son intention de constituer «une opposition très présente».«Notre première préoccupation reste les besoins des élèves.Nous avons fait campagne pour le libre choix en ce qui a trait aux contenus d'enseignement et aux vocations des écoles, et nous allons continuer», a-t-il dit, visiblement très déçu du résultat du scrutin d’hier.M.Pallascio perd notamment le commissaire Roger Dominguez qui a mordu la poussière mais il pourra compter sur l’appui de Benoît Bessette, réélu hier soir.Ixs quatre autres commissaires de son équipe seront Benoît Renaud, Jacques Pelletier et Lyn Faust, qui a damé le pion à la présidente du comité central de parents, Linda Tassile, et Adeline D’Opéra.Depuis de longues années, le RSC s’est illustré pour sa défense de l’école catholique.Il a consacré beaucoup d’énergie à lutter contre la formation de commissions scolaires linguistiques, lutte qui aura été vaine.Car c’est une nouvelle ère qui s’ouvre non seulement à Montréal mais dans l’ensemble des commissions scolaires de la province où élèves francophones et anglophones ont chacun leur administration, indépendamment de leur religion.De plus, les nouvelles administrations doivent désormais donner plus de pouvoirs aux écQles dès septembre.A la Commission scolaire Pointe-de-l’ile, dans l’est de la métropole, Vincent Arciresi, qui dirige la Commission scolaire Jérôme Le Royer sans concession aucune, a été réélu.Carmelle Gadoury, qui était vice-présdiente de la CECM et membre du Regroupement scolaire confessionnel, a elle aussi été élue hier soir à cette même commission.Jusqu’à ce jour, les deux personnes ne se sont pas entendus sur grand’chose et Mme Gadoury a notamment exigé une plus grande transparence dans les prises de décision.Quelque 28 000 élèves fréquentent cette commissions scolaire.Plus à l’ouest, la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, formée de six anciennes administrations plutôt disparates, avait déjà élu six de ses 21 commissaires par acclamation, dont Jacques Mongeau, qui présidait la Commission scolaire Baldwin-Cartier et qui dirige le Conseil scolaire de l’Ile de Montréal.Cette commission comptera 45 000 élèves.Le critique l’Opposition en matière d’éflucation, François Ouimet, estime que la ministre de l’Education, Pauline Marois, doit porter une grande partie de la responsabilité du faible taux de participation.«Je demanderai à la ministre de rendre des comptes».L’avis de M.Ouimet est partagé par la présidente de la Fédération des commissions scolaires, Diane Drouin, et par le président du Conseil scolaire, M.Mongeau, qui a déploré l’annonce tardive de la date des élections et noté que le directeur général des élections n’avait même pas cru bon de consulter le Conseil scolaire sur la tenue du scrutin.Il a enfin blâmé les médias francophones et louange The Gazette pour avoir sensibilisé ses lecteurs à l’importance d’aller voter.SUITE DE LA PAGE 1 - Léopold Saint-Pierre, qui, à Dis Angeles les semaines avant l’élection, n’avait pu faire sa demande de choix de vote, venait tout juste de se mettre en file pour les urnes, après deux heures d’attente et de formalités.«D’habitude, je ne vote jamais, mais cette fois-ci, j'estime que c'est important, dit-il.D’après ce que j’en comprends, ça peut avoir un impact sur l’avenir des écoles anglaises.» A l’école secondaire Westmount, où l’on avait déjà eu des problèmes la semaine précédente lors du vote par anticipation, la désorganisation était complète là aussi.L’alarme d’incendie s’est déclenchée trois fois dans l’avant-midi, obligeant chaque fois l’évacuation de l’édifice.«Beaucoup de gens commencent à trouver qu’il y a de quoi se poser de sérieuses questions, disait Allan Wolfe, responsable du bureau.Iss anglophones avaient déjà eu les problèmes lors du référendum, et beaucoup de gens repartent encore en disant: pourquoi nous?» Dans les bureaux de vote de l’est de l’ile, où la population anglophone est pourtant moins dense, le scénario était le même: longues attentes, frustration.«On n’a pas arrêté», disait Paul Lasquinha, responsable du vote au Ro-semount High School, rue Beaubien Est.Contraste Au bureau de la Commission scolaire de Montréal (francophone), au Centre de ressources en éducation populaire, rue Beaubien, à quelques coins de rue, le contraste était frappant.Sept personnes attendaient en file, à 17 heures.«C’est la plus longue file de la journée!», disait le responsable du vote, Réal Ducharme.Dans les bureaux de vote des commissions scolaires francophones, tout a été, de la même façon, beaucoup plus calme, notamment parce que l’achalandage était immensément moindre.Et parce que les modalités d’inscription sur la liste permanente étaient plus simples qu’au sein de la population anglophone.Nénamoins, un certain nombre de citoyens qui avaient pris la peine de se déplacer n’ont pu voter, parce que leur nom n’était pas inscrit sur la liste.Ce fut le cas notammeflL à l’école St-Pascal-Baylon, dans le quartier Côte-des/ Neiges de Montréal, où deux étudiants, Boris Déry et Yves Bégin, deux étudiants de l’Université de Montréal, n’avaient réalisé qu’on leur avait envoyé s;uis doute envoyé une lettre les informant des démarches à suivre pour se faire inscrire.«Nous avons reçu une lettre.J’ai retenu la date et le lieu du vote.Dans mon esprit, nous étions sur la liste, disait, hier après-midi, Yves Bégin, déçu.AW n 'est censé ignorer la loi, c'est vrai, mais ils auraient pu nous laisser une dernière chance en disant que le système allait changer».Quelques instants plus tard, une femme, son mari et ses deux enfants se faisaient eux aussi refuser le droit de voter.Ils s’étaient précédemment rendus à l’école Coronation, bureau de vote de la commission scolaire English-Montréal, pour se faire dire que si leur fils fréquentait l'école française, ils devaient voter du côté français.Après une heure d’attente ils quittèrent donc l’école pour se rendre au bureau de vote des Francophones.Mais leurs noms n’étaient pas sur la liste.«C’est dommage.Nous avons perdu un bon bout de temps», dit la femme, qui n’a pas voulu donner son nom.«Ils ne suivent pas la loi», résumait pour sa part le.respon-sable du vote à cette école, Gaston Deschamps.A 16h, il avait refùsé quelque 40 personnes sur les 600 qui s’étaient déplacés.Dans l’ensemble, du côté francophone, les choses se sont cependant déroulées rondement.TABARLY Ni un savant Cosinus, ni un professeur Tournesol SUITE DE LA PAGE 1 Il entre à l’École Navale.Mais, au lieu de plancher sur ses tables de trigonométrie, il couve du regard son vieux cotre noir mouillé en contrebas, en rade de Brest.Ce Pen Duick 1, qu’il restaurera par la suite et qui vient de le désarçonner, est déjà sa passion exclusive.Le jeu consiste à inventer des excuses météorologiques pour justifier des «rabs» de permission.Avec l’armée, Tabarly va toujours entretenir des rapports ambigus.Grandi dans un bouillon de culture plutôt réactionnaire, Tabarly adhère en théorie à la logique bleu marine des officiers.Mais, son mode de vie est en totale rupture.Tabarly préfère la solitude responsable à l’esprit de corps.A bord, il n’impose ni hiérarchie stricte ni règlement précis.Et, sans jouer les théoriciens du «lâchez tout», il adore aller se perdre de l’autre côté de l’horizon plutôt que de devoir encaser-ner ses envies.Après quelques grommellements, la «grande muette» va trouver son compte aux escapades de Tabarly-le-bref.Le capitaine de vaisseau en jeans devient le porte-drapeau bonasse d’une Marine nationale qu’il rend plus plaisante.Il construit ses bateaux dans les arsenaux, touche sa solde et bénéficie d’un statut sur mesure.Il sera «débarqué» en grande tenue d’amiral, à 54 ans, après des années de relations très «loin des yeux, près du cœur».Devant tant de mansuétude, il pourra bien avouer: «Si c'était à refaire, je me réengagerai.» Le créateur du multicoque 1964.Tabarly a 30 ans.Sur Pen-Duick 2, monocoque de sa conception, il remporte la transat en solitaire Ply-mouth-Newport.Grâce à lui, la France prend enfin le large.Le vieux pays de blé mur redécouvre ses gens de mer.Le général de Gaulle salue le franchisseur d’océans timide et laconique, celui qui a défié les Anglais sur leur terrain.Le président veut même convier à déjeuner ce citoyen plus intéressé que l’on ne croit par la chose politique et qui roulera sans dévier à droite, mais le marin a des obligations.Il a son bateau à remettre à l’eau et décline l’invitation «pour des raisons de marée».Tabarly est déjà ainsi et le restera: la mer avant tout, les bateaux pardessus tout.Le monde croule alentour, lui peut rester vissé à la barre sans décrocher une syllabe, heureux comme jamais du vent qui souffle, de la mer qui enfle.La guerre fait rage, lui peut s’arrêter des siècles pour contempler, fasciné, un beau «classe J» refait à neuf, qui tire des bords dans le couchant.S’il survole sans déplaisir l’actualité, Tabarly est un puits de science en architecture navale.Ces connaissances vont lui permettre d’être à l’origine d’innovations techniques majeures, d’avoir souvent raison avant tout le monde mais aussi d’essuyer les plâtres.1968.Le conformiste en matière de mœurs lance une révolution océanique.Il imagine le premier multicoque, Pen-Duick 4, qui va démoder les monocoques qui tiennent le haut du pavé depuis toujours.On crie au fou.Tabarly aura gain de cause, mais par personne interposée.Pour la transat 68, son trimaran manque de préparation, il doit abandonner.C’est Alain Colas, son lieutenant le plus admiratif, qui gagnera avec le même bateau, quatre ans plus tard.Tabarly regardera cette captation d’héritage sans acrimonie.Il en sera déjà à penser aux ballasts qui, désormais, équipent tous les monocoques de course ou à l’hydroptère, ce bateau qui finira bien par voler.L’athlète des océans Mais, Tabarly n’est ni un savant Cosinus, enfermant ses élucubrations dans un bassin des carènes, ni un pro- fesseur Tournesol, reclus dans sa salle des maquettes.Pour imaginer, il lui faut du grand air.Tabarly est un athlète des océans.Rarement un homme aussi prude de sentiments, aura posé aussi facilement en maillot de bain, avec un exhibitionnisme de culturiste gêné.Bien des marins d’aujourd’hui tendent à apparenter leur métier à celui de cosmonautes-joueurs d’échecs, de scientifiques-gestionnaires de risques ou de décideurs-chefs d’orchestre; Tabarly se préfère en laboureur de vagues.Il est convaincu que seuls des Hercule aux muscles d’airain sont capables de traverser les mers en un combat archaïque contre des éléments surpuissants.Donc, il se prépare.Il fait sa série de «pompes» quotidiennes, souque sur l’aviron, hache du bois, grimpe sur son vélo, se lance dans de difficiles randonnées à ski.C’est Olivier de Kersauson, longtemps fidèle second, qui raconte comment Tabarly aimait le défier à qui tournerait les winchs (treuils) le plus vite ou à qui nagerait le plus longtemps.En revanche, le foot n’était pas sa tasse de thé et, lors d’un match aux îles Marquises, son équipage s’empressait de le coller dans les buts.L’idole des houles La transat 1976 sonne l’heure de gloire de Tabarly.Tout se conjugue pour en faire un personnage de légende malgré lui.D’abord, la tempête.Les dépressions se succèdent, les vagues déferlent, les autres bateaux éparpillent leurs abattis.Tabarly fait le gros dos.Sa situation n’est pas brillante, son pilote automatique est tombé en apnée.Il pense lui aussi à battre en retraite, mais avec ce gros bon sens qui ne le quitte jamais, il décide de se donner le temps de la réflexion.Le vent est trop fort?Rien ne sert de lutter?Autant aller se coucher.Certains dansent sous la mitraille, Tabarly ronfle dans la tourmente.Vingt-quatre heures durant, il écrase comme un sonneur.FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR Cf était un homme remarquable parce qu'il était conséquent et le but était beau, très noble.C’est ça qui a beaucoup marqué les gens.» Ayant rencontré à quelques reprises le plus grand navigateur français, l’ancien morning man de Radio-Canada, Joël Le Bigot, s’est dit profondément attristé par la disparition tragique d’Éric Tabarly.De sa plus tendre enfance jusqu’à sa mort, il a été constamment obsédé par l’idée de naviguer, d’être en mer, a confié Joël Le Bigot «Il était en accord, il y avait une harmonie totale entre lui, le bateau, la mer et le silence.» Il a, d’ailleurs raconté avec humour le silence légendaire d’Èric Tabarly, et ce, parfois, au grand dam des journalistes.«Il était assez exceptionnel, assez étonnant, curieux, un peu étrange, totalement silencieux et très difficile à interviewer.» Éric Tabarly avait l’habitude de répondre par des monosyllabes à des «questions très graves».Par exemple, lorsqu’un journaliste lui demandait, après une longue et folle course sur une mer farouche et déchaînée, s’il avait eu peur, Éric Tabarly répondait tout simplement: «Non.» Déconcertés, mais espérant faire mieux avec des questions plus détaillées, certains journalistes revenaient alors à la charge avec des questions du genre: Au réveil, il se remet en route, battant sa coulpe d’un: «Je ne suis pas fier d’avoir ainsi baissé les bras.» Ensuite, le silence.Tabarly a le chic pour détraquer les radios.C’est comme s’il se débrouillait pour qu’on lui fiche la paix.Il déteste s’épancher sur ses états d'âme, pleurnicher sa fatigue ou raconter les scintillements de la pleine lune.Mais là, le black-out dure une éternité.On le croit perdu corps et bien.Sur son gigantesque Club Méditerranée, Colas, son exact inverse, claironne son arrivée.C’est le moment que choisit Tabarly pour surgir de la brume.Le voici intronisé «idole des houles».Tel un «Président de la république des vagues», il lui faut descendre les Champs-Elysées.Mais l’«indestructible menhir breton» n’est pas du genre à s’effriter en mondanités.Il est déjà reparti braver un cyclone en Nouvelle-Calédonie ou démâter à répétition, pour le plus grand bonheur de Charlie-Hebdo, qui lui offre en couverture une verge de rechange très personnelle.Du genre à attendre que les sponsors le sollicitent, Tabarly réussit pourtant à naviguer un long moment.Dans les années 80, rattrapé par la fougue de la jeune classe, il se débrouille pour rester à niveau, pour naviguer toujours.Cela vaut à l’inébranlable, un ou deux chavirages à déboulonner toute autre statue.Pas perturbé, il continue à mener ses bateaux à la diable au point de voir le duo qu'il forme avec Patrick, son cadet, hériter du surnom de «Roc et Gravillon, les frères Tape-Dur».Tout de même, il se calme un peu.Il y a la longère de Bénodet qu’il a reconstruite pierre à pierre, Jacqueline, sa femme antillaise, Marie, leur fille, qui préfère l’équitation au bateau.Mais, au mouillage, sur l’Odet, patiente Pen Dick 1, son vieux bateau chéri qu’il entrefient amoureusement, à qui il consacre tout son temps.A qui, pour ses cent ans, il offre une promenade anglaise.Pendant laquelle l’ingrat vient de le passer par-dessus bord.«Monsieur Tabarly, qu’est-ce que vous faites lorsque vous êtes sur l'océan pendant des semaines?» Réponse du plus grand navigateur français: «Je navigue.» A vrai dire, Éric Tabarly s’étonnait de tout l’intérêt que certaines personnes portaient à la voile, car pour lui, c’était une chose naturelle.«Ce n'était pas un homme qui allait en mer pour confronter sa vie à sa mort, raconte Joël Ix> Bigot.Il allait en mer comme nous nous préparons par exemple un voyage.» Sa plus grande contribution à la voile, hormis sa contribution matérielle?«Éric Tabarly a donné une image totalement pure de l’aventure de mer, laisse-t-il tomber sans hésitation.Il n'y avait pas d’autre ambition chez lui-que la mer et de faire de son mieux.Il ne voulait ni être une vedette ni gagner des prix en argent.» C’est sans doute pourquoi tant de personnes, qui au demeurant n'étaient jamais allées en mer ou ne s’intéressaient pas à la voile, admiraient l’homme, estime Joël Le Bigot.Bref, on admirait sa contribution à «l’aventure culturelle» de notre époque.«On a nous les humains un peu comme un pays, une culture générale.Elle est faite de tous les humains qu’on rencontre, qu’on croise, qu’on admire.Ça fait partie de tout ce qui nous appartient, qu’on s’est approprié.Et quand ces choses-là disparaissent, il reste la volonté de ne pas les perdre et d’en parier encore pour que le souvenir se poursuive, mais on s’arrache un morceau de sa culture.» Une ambition, l’aventure * < i
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