Le devoir, 20 juin 1998, Cahier D
I !•: I) K V 0 II! , i i: s s \ M I.|) I ¦! Il I T I) I M A \ ( Il I 2 I .1 r.I \ I !l !l S LE DEVOIR Lettres québécoises Page I) 3 Littérature québécoise Page I) 4 Le feuilleton Page I) 5 !m chronique de Robert Lalonde Page I) 6 Essais québécois Page I) 7 Littérature française Page I) H Architecture Page I) 9 Littérature jeunesse Page I) 10 Essais étrangers Page 1) 11 Im vie littéraire Page I) 13 La déferlante O’Brian «Toute bataille verrait sombrer le premier navire à perdre un mât ou une voile essentielle et donc la maîtrise de sa manœuvre: la perte corps et biens.» Patrick O’Brian, l.'lle de la désolation Il est des romans dont le plaisir naît par leur pouvoir d’évocation, par leur capacité à faire revivre des réalités qui prennent naissance dans les rêves de toutes les enfances.Depuis Daniel Defoe, la mer et ses aventuriers sont sources de mille voyages.livresques.De la littérature contemporaine, Patrick O’Brian est un «grand maître à bord».GUV LAI N K MASSOUTRK Patrick O’Brian est né en Irlande en 1911.Depuis des années, il vit dans le sud de la France, prés de l'Espagne.Inconnu jusque dans les années 80, alors qu’il a traduit Kessel, de Beauvoir, Aragon, Lacouture et Papillon, il est aujourd’hui l’auteur d’une saga maritime à succès, dont voici les cinq premières traductions françaises, parmi dix-huit volumes a ce jour.Cinq volumes pour filer au Brésil et aux Indes, à la Réunion et à Elle Maurice, et jusque dans les mers australes.Tous les amateurs de bateau raffolent de sa plongée dans l’histoire, menée avec suspense par le capitaine Aubrey à travers les intrigues de la politique anglaise, tant intérieure qu’extérieure.Ancien agent des services secrets britanniques durant la guerre, tout comme sa femme à qui il dédie ses romans, cet homme discret est aujourd’hui sous le flash des projecteurs, parce que son roman-fleuve (dont les épisodes peuvent se lire séparément) atteint la consécration des best-sellers de l’aventure.Son microcosme maritime est un laboratoire humain, pour spécimens excentriques éprouvant leur liberté dans la promiscuité et les contraintes.Parmi tous ces toqués, Aubrey fait ligure d’un sage.Sa femme Sophie y glisse quelques cartes.Et Maturin, médecin doublé d'un espion, en est une autre figure importante, romantique et parfaitement complice du genre.Cette épopée de mer, populaire et savante, convenablement fidèle, génère même des sites internet O'Brian.Comme quoi la déferlante O’Brian invite à sillonner le monde.Océans et brigands 11 fut un temps où les océans et les mers du globe étaient sillonnés par des milliers de brigands.On ne songe plus guère a la violence des transports, apanage des détrousseurs qui surgissaient aux détours des chemins de terre pour commettre rapts et rapines à l’encontre des voyageurs.Vers 1800, la piraterie maritime connaissait elle aussi des heures de gloire.Quelle que fût la couleur du pavillon, les pirates livraient une guerre impitoyable.Ho ! Hisse et ho ! Combien de fortes têtes et de cœurs de marins ce cri de manœuvre a-t-il ralliés ! Car sans équipage heureux, pas de bon navire de combat.VOIR PAGE 02: O’BRIAN a por bouteilles de rosé Tout juste avant le départ à la plage, entre deux crèmes solaires et quelques bonnes pour les soirées chaudes et humides, ne pas oublier le saut à la librairie, l'indispensable tournée li vresque.Car si pour plusieurs les vacances sont ternes sans la présence du soleil, pour d'autres, à cet im pondérable naturel s'ajoute la petite pile de livres, essentielle pour du farniente réussi.Andreï Makine explore les avenues du polar avec Le Crime d'Olga Arbélina (Mercure de France).Après les hauteurs du primé testament, certains ont dit que le crime payait mojns.Jugez-en par vous-même.Etrangers toujours, plumes connues: Milan Kundera, autre francophile invétéré, livrait cette année L'Identité (Gallimard).Les adeptes le liront quoi qu’on en dise, les curieux y découvriront un étrange chassé-croisé entre les différentes visions qu’on peut avoir d’une seule et même personne.Ce qu’elle est, ce qu’on croit qu’elle est, ce qu’elle peut être avec d’autres.Après Soie, qui avait charmé le lectorat international, Alessandro Bariceo revenait a la charge, toujours aussi séduisant dans le verbe et la pensée, avec Océan mer (Albin Michel), lecture de piscine, de lac ou de Méditerranée.Lectures de l’Hexagone Hors de nos frontières, encore et toujours, la charmante Emmanuèle Bernheim a écrit une toute petite — trop petite, et c’est bien là son seul défaut — plaquette sur les rendez-vous que la vie nous planque en plein visage, hasard amoureux d’un soir, dans ce cas-ci d’un Vendredi soir (Gallimard).Il y eut aussi le passage chez nous d’un drôle de luron, jeune écrivain maintes fois salué par la critique, Alexandre Jardin.Avec Le Zubial (Gaili-mard), le Français essaie un nouveau genre, celui du témoignage, de la lettre-hommage à un père qui a marqué le cours de sa propre existence, en faisant ce qu’il est, ce qu’il écrit, embellissant et compliquant du même souffle son quotidien.Les inconditionnels — devrions-nous féminiser ce substantif?— qui sentaient dans la plume de Jardin quelque malheureuse redondance y verront la même inspiration mais une forme entièrement nouvelle, tout à fait réussie.M A R 1 K - A N I) R K E Cil O U I N A R I) LE DEVOIR \ A chaque année son best-seller estival: difficile d’oublier le succès bœuf de l’Anglais Peter Mayle et de son Année en Provence, suite et fin.Petit livre d’été, rempli de saveurs et d’odeurs à donner le goût, sinon de partir pour la Provence, du moins de se dénicher un petit rosé, un pastis ou un peu de tapenade sur un quignon de pain.Ecriture légère, roman d’atmosphère, on s’imaginait aisément le livre à la main, chapeau sur le bord des yeux masqués par les lunettes, la tête agréablement engourdie par l’apéro.Peter Mayle connut son succès.A d’autres désormais de savourer un été de gloire.Plutôt que de jeter notre dévolu sur un seul et unique bouquin, choisissons ici de partager quelques-unes de nos bonnes surprises, certaines d’entre elles étalées bien en évidence dans la majorité des librairies.Commençons non pas par un léger hors-d'œuvre mais plutôt par une pièce maîtresse: Une histoire de la lecture (Actes Sud/Leméac), savoureux parcours personnel livré par Alberto Manguel, vaste fresque historique avec comme personnage principal, le livre.Comment transforme-t-on un lieu en y lisant?«J’ai cherché partout le bonheur, avouait Thomas a Kempis au début du XV siècle, mais je ne l'ai trouvé nulle part, sinon dans un petit coin, avec un petit livre», rapporte Manguel.Une tournée de 400 pages pour comprendre comment la lecture devient une passion et surtout décortiquer son penchant pour le livre.Lectures de l’étranger Vacanciers, vous qui choisissez le confort de la terrasse ou les atours des différentes régions de la province, une petite lecture de l’étranger servira peut-être à vous donner l’impression de partir vers d’autres deux?Après le charme de son Testament français (Prix Concourt et Médicisen 1995), le Russe francophile ••’V VOIR PAGE B2: SOLEII AUTOBUS DUPLCSSIS • BAN0UI NATIONALE DU CANADA CONSEIL DES ARTS DE LA COMMUNAUTÉ URBAINE DE MONTRÉAL • CONSEIL DES ARTS DU CANADA ÉDIFICE BELG0 • LE DEVOIR • LE SABORD • MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS DU QUÉBEC ORTICA • PARACHUTE • PRATT A WHITNEY CANADA RITZ-CARLTON KEMPINSKI MONTRÉAL SERVICE DE LA CULTURE DE LA VILLE DE MONTRÉAL TÉLÉCIIÉ-TMI • TRANS ART • VIA ROUTE ’ VIE DES ARTS VISITEZ LES GALERIES MEMBRES DE L’AGACA MONTREAL: Galerie Simon Blais • Galerie Christiane Chassay Galerie Éric Devlin • Galerie Graff • La Guilde Graphique • Galerie Elena Lee /Verre d'art Navette 5$ les samedis 20 et 27 juin de I2h00 à 17h00 UN MÉGA-ÉVÉNEMENT LES ACTUALITÉS DE LA PEINTURE ABSTRAITE PLUS DE TRENTE LIEUX D'EXPOSITION PLUS DE 250 ARTISTES EXPOSITION THÉMATIQUE ÉDIFICE BELGO À MONTRÉAL DU i JUIN AU 11 JUILLET 1998 UNE RÉALISATION DE L'ASSOCIATION DES GALERIES D'ART CONTEMPORAIN (MONTRÉAL) RENSEIGNEMENTS (514) 861-2345 ÉDIFICE BELGO Galerie René Blouin Galerie Yves Le Roux Galerie Lilian Rodriguez Galerie Trois Points Navette 5$ les samedis 20 et 27 juin de 12h00 à 17H00 I CLICHÉ RÉPÉTÉ À ÉCLAIRAGE DIFFÈRENT.EN RAISON DU TEXTE IMPRIMÉ SUR FOND GRIS OU DE COULEUR I.K I) K V OIK.I.!¦ S S ,\ M K |)| 2 (I K T I» I M A N (' Il K 2 I .II I X I il il 8 X fTî^\is^«0 HMRPI exe .¦ Boyd Armadillo 368 PAGES • 29,95 $ Armadillo ROMAN «Un ton ironique et enlevé, mêlant humour noir typiquement britannique et considérations sur le destin et le hasard.» JOSÉE LAPOINTE, Le Soleil « La manière Boyd, c’est de l'invention, de la profondeur et de l'humour, Armadillo contient tous ces ingrédients.» ÉRIC NEUHOFF, Madame Figaro Le Cadavre dans la Rolls 384 PAGES • 29,95 $ ROMAN «Ma découverte de l'année.Toujours aussi extraordinaire.Un policier tout à fait original [.].Du très bon Connelly encore ! » JEAN FUGÈRE, Samedi et rien d'autre, SRC « Un thriller absolument irrésistible.» New ycrk Times Book Review miÊÊÊÊÊÊtÊÊKmm mmmmm ** Livres Sport et santé SANTE ET BIEN-ETRE PAR L’AQUAFORME Nancy Leclerc, Editions de l’Homme Montréal, 1998,140 pages Utilisant les propriétés de l’eau, l’aquaforme permet d’améliorer la flexibilité, l’endurance cardio-respiratoire et musculaire tout en respectant le rythme du corps.Diplômée de l’Université de Sherbrooke, l’au-teure enseigne l’éducation physique depuis plus de huit ans.Elle propose plusieurs exercices qui font appel au serpentin (ce que plusieurs appellent un spaghetti ou nouille aquatique), outil devenu indispensable pour les adeptes de l’aquaforme.Le serpentin offre confort et flottabilité; il est disponible dans de nombreux magasins à prix très raisonnable.On trouve dans ce guide pratique et bien fait deux chapitres consacrés, l’un aux femmes enceintes, l’autre aux aînés.GUIDE DE MISE EN FORME Collectif, sous la direction de Pierre Harvey, Les éditions de l’Homme, Montréal, 1998,221 pages Cet ouvrage s’adresse aussi bien aux personnes actives qu’à celles qui veulent entreprendre un programme d’activités physiques.Il répond aux nombreuses questions que se posent ceux et celles qui veulent prendre les moyens pour demeurer en forme.Les auteurs ont travaillé en étroite collaboration avec le skieur canadien Pierre Harvey.Ensemble, «ils se sont donné la mission de rassembler et de diffuser des connaissances susceptibles d'aider toute personne à adopter un mode de vie actif, à le conserver le plus longtemps possible et à en tirer plaisir et bénéfices».Ce guide aborde quatre aspects de la mise en forme: l’activité physique, la santé et le bien-être; l’entraînement; l’alimentation et finalement l’équipement.En plus de renseignements utiles, on y trouve de nombreux conseils pratiques.LA NATATION Jeff Rouse, Libre Expression Montréal, 1998,37 pages Au lil de cet album largement illustré en couleurs, l’auteur, médaillé olympique américain, dévoile aux jeunes passionnés toutes les facettes de la natation.A l’aide de photos, d’explications claires et d’une méthode éprouvée par les champions, l’auteur décrit les secrets du crawl, du dos crawlé, de la brasse et de la nage papillon.Cela a l’air si facile que l’on a envie de s’y mettre.Un joli cadeau de fin d’année scolaire, tout comme, dans la même collection, chez le même éditeur, I MANGuei Une histoire de la lecture H 0 N T C 0 n B I E fl MUSIQUE HISTOIRES COURTES And»! Puni fL’ÉNIGME LE BUEFETj éclairant JORGE :i NOUVEAUTÉ aUX Éditions TROIS TCHADOR Anne Claire roman UlHTJ.vnr rinrir.intelligent ROBERT G.GIRARDIN SAXI S'EN VA o peiné LUNE L I V R l s LETTRES QUÉBÉCOISES Au rayon des lectures sabbatiques en chacun de nous, ces monstres de l’intolérance e» du racisme.le Parchemin Jacques j Richard Godbout I Martineau IACQUES COOBOUI RICHARD MARTINEAU 20 PAGES • 15,95 $ Le Buffet DIALOGUE SUR LE QUÉBEC À L'AN 2000 « Un livre bien écrit, rempli de formules choc et qui fourmille d’idées.» MARIE-CHRISTINE BLAIS, Montréal Express André Pratte L’énigme Charest « Une biographie fort intéressante.» MICHEL C.AUGER Le Journal de Montréal 360 PAGES • 24,95 $ Jean-Marc Piotte LES GRANDS PENSEURS DU MONDE OCCIDENTAL Prix ord.34"’ Notre prix 27’” Yves Séguin RANDONNÉE PÉDESTRE AU QUÉBEC Prix ord.22"' Notre prix 18J” —ifaxmïzo Marie-Claire Blais Chez voire libraire DEPUIS 19 6 6 • MÉTRO B E R R I - U Q A M 1500, rue Berri, mezzanine métro Berri-UQAM, Montréal (Québec) H2L 2C9 Téléphone : (514) 845-5243 Offre en vigueur jusqu’au 28 juin 1998 Ouvert le dimanche de 12 h à 17 h Robert C It a r t r a n I M A N ( Il I 21 .11' I X I !» !» « I) I I L I V II.E s K S S A I S É T K A N G K K S Futur, futur Quand la pensée n'est pas en vacances Des avantages de l’inconscient culturel ANTOINE KO HI TAILLE Ayant parlé de futurisme à propos de Jacqueline de Romilly, je vous propose cet été de passer à travers quelques livres de fin de siècle.¦ Le plus délirant?Le dictionnaire du XXI' siècle, (Fayard), compilé par Jacques Attali, où l’on trouve quelque 400 mots clé pour prochain siècle.Comment lire ce dictionnaire?Le lecteur, apparemment, a le choix: «d’une traite, de A (comme Activité) à Z (comme Zen).On peut aussi s’y promener en nomade, de renvoi en renvoi.[.] Déjà, par sa forme, ce livre parle d’avenir: demain, on lira comme on navigue».Bref, on lira n’importe comment! Et.n’importe quoi; à preuve, l’entrée «Canada»: «Laboratoire de l’utopie.Son avenir dépendra grandement de celui du Québec.Si celui-ci demande et obtient son indépendance, les Provinces de l’Ouest chercheront à rejoindre les États-Unis et le Canada en tant que tel disparaîtra.Dans l’autre hypothèse, le Canada, formidable terre d'accueil, constituera un des premiers exemples réussis de société multiculturelle et de démocratie sans frontière où chacun sera simultanément membre de plusieurs collectivités autrefois mutuellement exclusives.» (Oui, oui: SIC!) ¦ Plus sérieux, moins frivole: Le Siècle biotech, le commerce des gènes dans le meilleur des mondes, dernier livre de Jeremy Kifkin, (La décou-verte/Boréal).Les biotechnologies et la génétique seront-ils au prochain siècle ce que la chimie a été à l’après-guerre?C’est-à-dire un mirage techno-scientifique qui s’évanouira dans la controverse et l’horreur écologique?¦ Autre déconstruction du futur génétique mirobolant: Copies conformes (Odile Jacob), de Axel Kahn et Fabrice Papillon, qui examine la question du clonage.Le professeur Kahn y «développe les raisons de son rejet radical de toute expérimentation sur l'homme».Pour lui, le principal argument est celui de la liberté.Procréer, c’est une surprise pour celui qui procrée.On ignore la forme de l’être qui en résultera.Avec le clonage, il n’y plus de surprise.Les procréateurs décident de façon autoritaire de donner à un autre humain une forme exacte.C’est un acte d,e pouvoir sur celui qui est créé.Écrit dans une langue accessible et sous la forme d’interviews.Glossaire très utile.Philosophie ¦ Ces doutes et ces craintes à l’égard de notre propre maîtrise rationnelle du monde, ne sont-ils pas révélateurs d’un besoin plus large de philosophie.Besoin auquel deux des philosophes français les plus en vue, Luc Ferry et André Comte-Spon-ville ont décidé de répondre par un ouvrage.Le titre: Im sagesse des modernes, dix questions pour notre temps (Robert Laffont), mélange d’interviews, de lettres et de petits textes, autant d’étapes dans la recherche d’une «spiritualité pour notre temps».¦ Dieu étant mort, pour parler le langage des Karamazov, nos deux philosophes veulent tenter d’éviter «que tout soit possible».Un livre de questions sans doute plus que de réponses.¦ Dans la même veine, il faut lire Ce qui nous fait penser la nature et la règle, (Odile Jacob), autre livre à deux voix, sans doute conflictuelles que les deux précédentes.Ici s’affrontent les points de vue du philosophe chrétien, Paul Ricœur, et du biologiste matérialiste français, Axel Kahn Fabrice Papillon Copies CONFORMES Le clonage en question Jean-Pierre Chageux, sur les neurosciences, «leurs résultats, leurs projets, leur capacité à soutenir un débat sur la morale, sur la paix».Nos valeurs morales prennent-elles leurs sources «dans l'abstraction des idées et de la religion» ou dans «une matérialité neuronale?» Grande question, grand livre, que l’on ne peut certainement pas lire en sautillant comme un nomade «attalien».Politique et société ¦ L’opinion publique existe-elle ou est-elle construite?Question éternelle à laquelle Loïc Blondiaux répond de façon originale, en proposant une histoire sociale des sondages sous le titre La fabrique de l'opinion, (Seuil).Une somme sur cette «force impalpable comme le vent» tout à la fois «vénérée et redoutée, écoutée et dénigrée», énigme que les «élites politiques et savantes» cherchent à résoudre afin de la domestiquer.Que perd, que gagne la démocratie dans le fait que l’opinion se matérialise presque exclusivement aujourd’hui sous la forme du sondage?¦ Lecture presque obligatoire, cet été, pour ceux qui se passionnent pour les questions identitaires et d’appartenance: Im relation à l’autre, au coeur de la pensée sociologique, (Gallimard) par Dominique Schnapper.Un inventaire critique de la façon dont la sociologie a pensé «les classes, les groupes, les communautés, les collectivités historiques».La fille de Raymond Aron nous livre ici, en quelque sorte, son propre Étapes de la pensée sociologique, sur une question donnée: celle de l’Autre.¦ Un recueil d’interventions publiques: Contre-feux, de Pierre Bourdieu (Liber Raisons d’agir).Celui qui se veut la réincarnation de Jean-Saul Partie, (comme disait Boris Vian) et se présente comme la bouche de la Science, est de plus en plus actif sur la scène politico-intellectuelle parisienne.Le mou /ement qu’il dirige, Raisons d’agir, se situe «à gauche de la gauche» et est en lutte féroce contre toutes les manifestations du néo-libéralisme en Europe.Succès de librairie phénoménal en France (43 000 exemplaires, troisième tirage), comme tous les livres de cette petite collection, dont le virulent Les Nouveaux Chiens de garde.Concours journée MONDIALE du livre 19 9 8 La chance sourit à DEUX PASSIONNÉS DE LECTURE Madame Geneviève Robert de Brassard et monsieur Jean-Claude Théroux de Montréal, sont les gagnants du Concours Le Devoir organisé dans le cadre de l.t Journée mondiale du livre, le 23 avril 1998.Le 1er PRIX remporté par madame Robert consiste en un voyage à Barcelone pour deux personnes incluant transport et séjour.Pour sa part, Monsieur Théroux, gagnant du 2' PRIX, se voit offrir une reliure d’art d’un livre de son choix, de l’Atelier la Tranchelile de Montréal.Sur la photo prise à la Librairie Le Parchemin lors de la remise des prix, on aperçoit dans l'ordre habituel: Lucie Lachapelle, directrice générale de l'Association des libraires du Québec, Jean-Claude I heraux, Geneviève Robert, et Jésus Vega, co-propriétaire et gérant de la librairie Le Parchemin.En collaboration: le devoir •$ Radio-Canada A%UX*ÎaU I 1 \SMK IMION HtSIlUKAlRIS DU Ql I ttlt LE TRÉSOR DES SAVOIRS OUBLIÉS Jacqueline de Romilly Éditions de Fallois Paris, 1998,190 pages Attention! livre émouvant, prenant, inattendu, aussi, parce que l’auteure elle-même m’avait annoncé, lors d’une entrevue à l’automne 1996, quelle n’écrirait plus de livre.Cette émotion, cette surprise?ht première ligne du Trésor des savoirs oubliés explique l’une et l'autre: «voici bientôt un an que j’ai presque complètement perdu la vue.» Jacqueline de Romilly.Eh oui, «encore cette académicienne et helléniste», vous dites-vous, lecteur fidèle.C’est vrai.J’y suis revenue à quelques reprises dans cette page.Et une fois dans la page de l'entrevue du lundi.(D’ailleurs une de mes plus belles rencontres parmi les nombreuses belles que j’ai eu la chance de faire depuis que j’exerce ce métier.) Je m'étais résolu à ne point recenser ce livre.Me disant que, même si elle en méritait beaucoup, j’avais peut-être déjà assez consacré d’espace à la grande dame; surtout en voyant tous les autres auteurs dont je dois parler (la liste de mes suggestions de lectures d’été vous le prouvera!).Mais.c’était avant.Avant de m’avancer dans Le Trésor., une exploration merveilleuse de l’abîme entre la mémoire et l’oubli.Là où se cache une part de la culture.Devant ce récit personnel où sont distillées des réflexions venant d’une expérience et d’une culture des plus riches, je n’avais pas le choix.Il me fallait rendre compte de ce beau témoignage.Aveugle, coupée du monde de la lumière et des ombres, Mme de Romilly ne peut plus vraiment écrire.Elle a en quelque sorte dicté le livre à des assistants, et c’est peut-être pourquoi le style ainsi que le propos sont tant empreints d’aisance.Faisant le bilan de cette première année de complète cécité, elle affirme que «l’arrêt de beaucoup d’activités pratiques [.] a peut-être été de concentrer mon attention sur les détails de la vie intérieure».Comme beaucoup de personnes de son âge avancé (Mme de Romilly est octogénaire), elle a le privilège d’avoir des réminiscences.Le calme de la retraite, la distance face à la vie active ont stimulé sa «mémoire involontaire» — elle fait elle-même référence à Proust —, qui fait affleurer des souvenirs qu’on croyait oubliés, enfouis, perdus, inutilisables, sans utilité.Les mystères de la mémoire Situant son propos, elle esquisse un sourire.«Pour une fois, me voici donc en pleine modernité», dit l'helléniste, qui a passé la majeure partie de sa vie au IV' siècle avant notre ère.Notre temps saisi par la psychanalyse en est un ou l’on s’est beaucoup interrogé sur les mystères de la mémoire.On connaît la démarche freudienne qui procède d’une interrogation fondamentale: quel impact ont les souvenirs refoulés de l’enfance, qui nous hantent et qui «menacent notre équilibre»?Comment les neutraliser, les conjurer?Même si elle évoque Freud, Jacqueline de Romilly situe sa réflexion sur un autre terrain.Elle parle plutôt d’une «psychanalyse du bien» qu’elle résume ainsi: »Nous avons voulu montrer [.] l’importance que prennent dans notre vie des souvenirs que nous croyons avoir totalement oubliés et dont il reste une trace en nous, un appel, un élan, quelque chose qui peu à peu nous construit.» Il s’agit de la culture.Et l’on pense, bien entendu, à l’expression selon laquelle elle est «tout ce qui reste quand on a tout oublié».Ce qui reste?Oui.Mais Romilly nous rappelle quelle est aussi cette part que l’on a «oubliée».Qui n’est pas consciente.Qui a été victime, du reste, d’un tri nécessaire.«Plie ne peut tout garder, cette mémoire, elle encombrerait notre vie d’une masse infinie de connaissances, d’expériences, d'idées et de sensations et rendrait toute action possible.» Est-ce à dire que l’helléniste est pour l’oubli?Non, bien entendu.Elle ne fait que rappeler les vertus de ces souvenirs enfouis, qui reviennent à la surface de façon involontaire lorsqu’on dit: «Je l'avais sur le bout de la langue», «J'allais le dire», etc.Dans ces situations, il y a une connaissance.Mais Houe.Elle nous habite, même si on l’ignore.Et ce «trésor» des souvenirs oubliés a un impact, des effets, une présence, même si on ne le possède pas avec une clarté cartésienne.La réflexion de Jacqueline de Romilly est moins détachée qu’on pourrait le croire de ces combats pour «un enseignement de qualité».11 y a donc-ici un réquisitoire sous-jacent, original, contre l’utilitarisme ambiant qui veut techniciser l’éducation en cherchant de plus en plus à correspondre aux demandes du marché du travail.Plaidoyer pour ces savoirs apparemment inutiles, comme la littérature, le latin, etc., qu’on croit sans application concrète parce «qu’oubliés» très vite.Une définition de la culture Romilly propose ici une définition de la culture qui est tout le contraire de la pédanterie ou de l’érudition qui se tartine, où auteurs et références sont utilisés comme vernis.Ici, la culture aide à vivre et non à bien paraitre.(C’est un peu la perspective de mon ami philosophe, dont je vous parlais Auto i il e K u b i I a i 11 e ?Retrouver la racine négligée de la modernité qu’est la Renaissance arundhati Le Dieu des Pedts Riens roman 27,95$ «Les lueurs de l’Inde qui brillent comme des leux lollels dans les pages du superbe roman d’Arundhati Roy ne sont pas là pour l’exotisme tapageur de la couleur locale.Elles ne sont que la parure singulière, et singulièrement significative d’une vérité universelle.» Jorge Semprun, Le Journal du Dimanche «Cette manière de raconter l’histoire, de jouer avec les nerfs des lecteurs et de faire des nœuds avec chronologie démontre une maîtrise narrative exceptionnelle.» Pierre Lepape, Le Monde «Ce grand roman qui en appelle autant à l’imagination qu'à la raison, respire l'authenticité.Et transpire de vérité.» Oliviti Le.Xaire.L'Express GALLIMARD récemment, cet amant des grands livres.) Cette culture nous habite, on a du mal à la distinguer de nous.On croit que l’on ne sait rien, mais l’on sait sans le savoir! Et cette culture enfouie a une utilité, à propos de laquelle Mme de Romilly nous offre de superbes pages.Elle parle de «la résistance qu’apportent les savoirs oubliés face à toutes les propositions flatteuses et trompeuses qui se multiplient au cours d’une existence (.] Pt cette méfiance peut mettre en garde contre tous les dangers liés au manque de jugement, contre les sectes, contre les idéologies».Cette culture source de prudence et d’esprit crit que, on l’acquiert principalement au contact des œuvres.«Ils m’ont forcée à lire Platon, et qu’est-ce que j’en ai retenu?Rien.» Faux, dirait Romilly.Il reste toujours quelque chose.Et le bénéfice possible est trop grand pour que l’on abdique devant une telle opinion.«L’élève qui aura fait ses classes, même modestement, aura ajouté aux souvenirs des contes qui charmaient son enfance tout l'héritage de l’expérience humaine.Il aura conquis un empire avec Alexandre ou Napoléon, il aura perdu une fille avec Victor Hugo, il aura lutté seul sur les mers comme Ulysse ou bien comme Conrad, il aura vécu l'amour, la révolte, l’exil, la gloire.(.| De plus, il aura été habitué à la diversité des jugements possibles et au contraste des divers sentiments: il aura eu à choisir, il aura dû prendre position.» Bref, il aura ajouté du «vécu» h son propre «vécu», forcément mince.A travers ses méditations, «ses rêveries», Mme De Romilly réanime, au fond, l’esprit de la Renaissance; celui qui voit dans les œuvres passées un détour obligé pour avoir ac- JACQUELINE DE ROMILLY Di; L'Ai AIM Mil lKAN(,AISt Le Trésor des savoirs oubliés m 1 JaiKiui _ I •IL’*' .fAKJi cès à soi.Qui dit que les textes anciens ont toujours quelque chose à nous dire sur nous.Et cela nous conduit à un commentaire: la modernité est née de la Renaissance.Mais avec la branche scientifique des Lumières, celle de Descartes et de Bacon, le passé est progressivement apparu imparfait.Et le futur, toujours meilleur, puisque dans cette perspective, plus l’humanité avance, plus elle acquiert une maîtrise sur le monde, source de toute félicité.Dans l’hyper-modernité actuelle, où la technique fascine, nous avons besoin de retrouver la racine négligée de la modernité qu’est la Renaissance, faite d’une profonde humilité envers les héritages.Et qui est tout le contraire de l’orgueil des futuristes.Chaput ADES l'.iniiani mtm Promenades Roman 108 pages ; 14,95 $ Linstant même | NOUVELLES • ROMANS • ESSAIS ,a9St L’EMPREINTE DE L’ANGE Nancy Huston «un ouvrage extrêmement douloureux, d’une force' dérangeante».Josette Prattc, Châtelaine Un «roman fort, une histoire lumineuse et terrible Marie Labrécque, Voir - Montréal «Une écriture merveilleuse, vivante poétique et efficace.» Elisabeth Benoit, l.a Presse «un récit d’une force et d’une violence chavirantes».Pascale I res, Lire Un livre admirablement écrit, mais surtout intelligemment dérangeant».Marie-Andrée ( ’.houinard, l.e Devoir Huston ample, si forte et si proch si juste, si MoniquçRoy, (Miels \CTES SI V/LEMEAC \ I) 12 I, K |) K V 0 I H .1.K S S A M EDI 2 II E T I) I M A X I' Il E 2 I .1 U I X I !> D K pilonnage, cette pratique plutôt secrète qui consiste à détruire après un certain temps les livres qui n’ont pas trouvé preneur, peut être évité, semble-t-il.Pour alimenter des centres d’études québécoises du monde entier pauvres en livres, une association a demandé aux éditeurs québécois d’être généreux.de leurs titres destinés à l’action du pilon.MARIE-ANDRÉE CHOUINARD ' LE DEVOIR Mettre un livre au pilon, nous apprend le Petit Robert, consiste à en détruire l’édition, en mettant les exemplaires dans la cuve où le pilon broie la pâte à papier.» Dans le milieu du livre, le pilonnage termine en quelque sorte le parcours d’un bouquin qui ne s’est pas vendu et a passé quelques longues années, oubliés — ou presque — dans un entrepôt.Cette pratique n’a rien de nouveau, n’a pas toujours été pergue d’un bon œil, a quelques fois fait,(couler beaucoup d’encre — quand des éditeurs, par exemple, négligeaient de prévenir les auteurs avant de mettre la hache au livre —, et a souvent été enrobée d’un aura de mystère, les éditeurs n’étant pas prompts à livrer tous leurs secrets dans ce domaine.Histoire de joindre l’utile à l’agréable, l’Association internationale des études québécoises (AIEQ) proposait aux éditeurs québécois de lui donner ces livres voués au pilonnage, pour qu’elle-même puisse ensuite les distribuer à travers le monde, dans des centres d’études québécoises dépourvus de matière littéraire.600 000 $ de matière grise De cette manière, quelque 30 000 livres iront donc enrichir ces centres d’études dépourvus, ce qui correspond à l’équivalent de 600 000 $ de matière grise.94 éditeurs ont reçu une lettre d’invitation: pour ce premier appel, l’Institut québécojs de recherche sur la culture, les Éditions Québec Amérique et le Groupe Ville-Marie littérature ont accepté de mettre quelques-uns de leurs titres dans la balance.«Pour nous c’était un projet tout à fait emballant, qui permet de sauver un certain nombre de livres du pilonnage, des livres qui autrement n'avaient plus de valeur marchande», explique Jacques Allard, directeur littéraire chez Québec Amérique.La maison a ainsi fait don de près de 1000 exemplaires — une valeur approximative de 20 000 $ —, écrits par des auteurs tels Normand Biron, Louis Hamelin, Denis Monière, Georges Dor, Roger Fournier ou Pierre Gobeil.«Dans ces pays où on s’intéresse au Québec, le minimum à faire par les délégations [du Québec] et les ambassades n’est pas suffisant, poursuit M.Allard.C'est pour cette raison qu ’il faut leur permettre de connaître notre littérature d’une autre façon.» Le groupe Ville-Marie littérature, sous l’égide de Sogides, effectue le plus important don de son histoire en léguant plus de 20 000 exemplaires — valeur: 300 000.$ — à l’AIEQ, certains d’entre eux signés par Pierre Vade-boncœur ou encore Fernand Dumont.«Ultimement, un livre est fait pour être lu, explique Jean-François Nadeau, directeur littéraire de Typo, l’une des branches du groupe Ville-Marie.Et s’il n’est pas lu, il n’est pas acheté.Je ne comprends pas ceux qui ne voient pas dans cette opportunité la chance de faire connaître notre littérature d’abord, de créer un besoin ensuite, et de vendre enfin.Je suis convaincu qu’à plus ou moins long terme, cette attitude est payante.» Les dissidents Car tous les éditeurs n’ont pas répondu à l’appel.Certains tous simplement parce qu’ils n’avaient pas de livres à mettre au pilon, certains autres parce qu’ils ne sont pas tout à fait en accord avec cette philosophie qui veut qu’on distribue les livres là où certains autres — les gouvernements par exemple — pourraient faire plus d’efforts pour les acheter.«Est-ce qu’un éditeur doit, parses invendus, compenser pour le manque de disponibilité financière des gouvernements, par exemple, pour nos livres?», se demande le directeur général du Boréal, Pascal Assathiany, qui a choisi de ne pas envoyer de ses livres à l’AIEQ.«Un livre, ce n’est pas quelque chose dont on se débarrasse! Je sais bien que ça n’a pas l’air très politically correct de le dire comme ça, mais je défends la logique de la culture, selon laquelle on ne distribue pas comme ça des livres constitués des échecs de noire littérature.» Le pilonnage est une pratique que plusieurs croient vouée à la disparition, compte tenu du fait qu’il est souvent plus coûteux désormais d’entreposer les «invendus» plutôt que de multiplier les tirages, si besoin il y a.Les imprimeurs ont la possibilité maintenant d’offrir aux éditeurs des tirages de plus en plus réduits, ce qui oblige les maisons à prévoir de la façon la plus précise le nombre d’exemplaires dont elle aura besoin.Une étude interne commandée en 1993 par la ministre de la Culture Iiza Frulla sur la question du pilonnage de livres neufs révélait que cette pratique n’était pas abusive chez les éditeurs québécois mais que puisqu’elle n’était pas souhaitable, il valait mieux y trouver des solutions de rechange.L’étude recommandait donc la recherche de moyens autres tels le dons de livres à des organismes communautaires et humanitaires pouvant y être intéressés.«Tous les intervenants s’accordent à dire qu’on doit trouver des débouchés livres d’ici pour Tailleurs 30 000 livres invendus seront dispersés à travers la planète Père manquant: Fils et filles du silence Les hommes et leur mère Le drame des bons gars et des bonnes filles Lamour en guerre: Le couple est-il possibleP Conferences sur audiocassettes En vente dans toutes les bonnes librairies.Durée approximative: 90 minutes chaque cassette._ aux livres, des solutions de rechange, notamment en favorisant l’insertion de ces livres dans des réseaux qui touchent les organismes et les individus qui peuvent difficilement s’en procurer autrement», peut-on lire Le Pilonnage de livres au Québec, un document interne.Douze pays L’AIEQ, dont la mission première est de favoriser la promotion et le développement des études québécoises au Canada et à l'étranger, fut créée il y un peu plus d’un an et son conseil d’administration, présidé par l’ancien recteur de l’Université du Québec à Montréal Claude Corbo, compte des représentants de 12 pays.Avec ce projet, quelque 45 points de chute de par le monde — centres d’études québécoises et canadiennes — recevront un emballage cadeau au cours des prochaines semaines.L’Europe, l’Amérique du Sud, la Chine, les États-Unis font partie de la liste des destinataires.Benoît-Jean Bernard, directeur général de l’AIEQ, espère que cette première expérience fera boule de neige: «Il faut tuer le livre pour le faire revivre, me disait un éditeur il n’y pas longtemps.Nous sommes conscients que deux philosophies s'opposent dans cette affaire: celle selon laquelle le livre est un objet culturel qu’on ne détruit pas et l'autre, la loi de l’offre et de la demande, la loi du marché.» Meilleurs vendeurs À qui revient la palme du meilleur vendeur d’entre tous, le best-seller consacré du mois de mai?L’Association des libraires du Québec nous annonce — contre toute attente.— que c’est à Julie Papineau et sa porte-parole Micheline Lachance que revient l’honneur.Le Roman de Julie Papineau, et son tome 2, L'Exil, ont obtenu les faveurs des lecteurs-acheteurs.Suivent, du côté québécois, le tome I de la même histoire, et enfin le tout dernier de Jacques Poulin, Chat sauvage.Du côté étranger, le roman Ixi Cinquième Montagne, de Paulo Coelho, puis Renaissance, de Danielle Steel, et enfin Le Zubial, du coloré Alexandre Jardin, sont au tableau d’honneur.Notons que la biographie de Marie-Soleil Tougas, Marie-Soleil (Louise Bourbonnais), occupe la première place de la catégorie essais et documents.K E S "»- É I) U C A T I () N Formation en tête Motivation, philosophie, langage et santé mentale Pour Matthew Lipman, philosophe américain contemporain, «la philosophie pour enfants vise à amener les jeunes à penser de façon plus LOUISE JULIEN Comme propositions de lectures estivales en éducation, voici des thèmes — la motivation, la philosophie pour enfants, le langage et la santé mentale — qui acceptent la rêverie du vacancier et qui peuvent être alimentés par des discussions sur une plage de sable tiède ou de galets, sur la galerie de la maison de campagne ou encore autour d’un gueuleton en ville.Bon été! PROFESSION MOTIVATRICE Réveiller le désir d’apprendre au collège et au lycée Brigitte Prot, Éditions Noêsis Paris, 1997,179 pages LA MOTIVATION DES ENFANTS Le rôle des parents Paul Darveau et Rolland Viau Éditions du Renouveau Pédagogique inc., Saint-Laurent, 1997,132 pages Après s’être inquiétés du niveau de motivation de leurs enfants ou de leurs élèves durant cette récente période d’examens, ces deux ouvrages viendront peut-être conforter les parents et les enseignants et leur permettre de préparer la rentrée de façon sereine.Le fonctionnement de la motivation n’est pas continu et n’est pas relié qu’à des objectifs intellectuels.Cela nous le savons pour nous; il nous arrive cependant de l’oublier pour nos enfants.Ces auteurs tendent de répondre à «la question plurielle: pourquoi, pour quoi et comment travailler et être réceptif en classe?» et alimentent la réflexion sur «la construction du savoir dans la classe et la construction du sens pour la personne» (Prot).Écrits de façon fort spontanée, ces deux ouvrages se consultent facilement.Les lectures suggérées dans Darveau et Viau sont pertinentes.LA PHILOSOPHIE ET LES ENFANTS Marie-France Daniel Les Éditions Logiques, Montréal, réédition, 1998,383 pages les approches de Vygotsky, Benvenis-te et Bruner.Pour les parents, les nouveaux grand-parents et les enseignants, tous forcément intéressés par le développement du langage, le livre de Laurence Lentin deviendra probablement — comme ix>ur moi — un «cadeau» attendu depuis plusieurs années: les pages sont imprégnées de mots d'enfants.ÉCOLE ET SANTÉ MENTALE Tome I.Vers une action concertée Tome II.Réagir contre la violence, le décrochage, le refus scolaire Collectif sous la coordination de Jean-Yves I'rappier et al, Prisme, Hôpital Sainte-Justine, vol.7, ri’ 2 et n"' 3-4, Montréal, 1997 Iœ thème et le contenu ne sont pas particulièrement «légers».Sous un titre qui effraie encore — la santé mentale étant à tort trop souvent reliée à des pathologies irréversibles et à l'incontournable culpabilité —, le lecteur (parent, enseignant, clinicien) trouvera, dans ces deux tomes, des exemples, des histoires de cas, des cheminements et des réussites, des cheminements et des interrogations, des résultats de recherche, des opinions éclairées, mais surtout des pistes de réflexion en vue d’une meilleure écoute, d’une plus grande tolérance et de meilleures propositions d’action.Comme l’écrit Patricia Garel, rédactrice en chef, «l'école cherche une juste place entre exigences et critiques».Deux articles, signés par Robert Bis-aillon et par Philippe Savoie, retracent les moments importants de l’histoire de l’éducation québécoise et française.Puis, de nombreux spécialistes nous exposent leurs points de vue sur le suicide, l’hyperactivité, la dépression et la consommation de médicaments, le décrochage scolaire, les difficultés de comportement, la violence, la détresse, l’anxiété, la consommation et l’abus de drogues, le bégaiement, l’intervention précoce, l’or-thopédagogie, la rééducation et aussi .la passion d’enseigner.raisonnable et juste et à leur inculquer l’habitude de ré-fléchir quand ils se trouvent dans une situation problématique ou conflictuelle».Marie-France Daniel présente le programme philosophique de Lipman en retournant à la pensée du grand pédagogue américain John Dewey (1859-1952), notamment pour expliquer le concept de «la communauté de recherche» qui cultive des habilités au dialogue, au questionnement, à la recherche réflexive et au bon jugement.Im Philosophie et les enfants connaît un véritable succès au Québec et en France.Les raisons sont diverses, mais comme le soutiennent Anita Caron et Georges Leroux, dans l’avant-propos, «notre société a beaucoup de retard à rattraper sur le plan de la formation à la critique et à la pensée».L’école a un rôle important à jouer.APPRENDRE À PENSER, PARLER, LIRE, ÉCRIRE Laurence Lentin ESF éditeur, Paris, 1998,174 pages Cet ouvrage de Laurence Lentin complète une série de trois livres chez le même éditeur — Apprendre à parler à l’enfant de moins de 6 ans (1972), Comment apprendre à parler à l’enfant?(1973) et Du parlerait lire (en coll., 1977) — qui ont été réédités dans l’ordre 12, 10 et huit fois.Vingt ans plus tard, Apprendre à penser, parler, lire, écrire poursuit, avec le même enthousiasme, cette réflexion sur l’apprentissage du langage, en intégrant PROFITEZ DE L’ETE.POUR PLONGER DANS L’ACTION tes romans de Benoit «,.Vo„ ,, Dutrizac mettant en scène le journaliste CRUClFi v, Kafka Kalmar menacé de A/°N par un dangereux télé-vangéliste sont pro- messes d’évasion et de f KALaÎXr frissons ! Mfka La Crucifixion de Kafka Kalmar 239 pages 19.95 S l.c Karma de Kafka Kalniar 251 pages 22.95 S OU AU CŒUR DE L’HISTOIRE L’aventure de kmuaimm l’explorateur Etienne OLjSÿÿ ^ Brûlé en terre d'Amérique a inspiré à l’écrivain Michel JH Michaud une fresque généreuse, colorée par la passion et les È dangers.flUlffrf Le Roman I d'Elimine Bride t 532 pages 27.95 S EN VENTE DANS TOUTES LES LIBRAIRIES Éditions Libre Expression 2016, rue Saint-Hubert Montréal H2L 3Z5 On ne trouve pas que du Gallimard, à la librairie Gallimard.3700 boul.St-Laurent.tél : 499-2012 fax : 499-1535 www.gallimard-mtl.com les leçons de l’amour Une extraordinaire saga, un roman exceptionnel par l'auteur de L'Anneau du pêcheur ALBIN MICHEL lu
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