Le devoir, 20 juin 1998, Cahier E
rwjwwr «mm N 0 II E ,1 U 1 N I 9 9 8 •i .«I M I®©-: CLAIRE HARVEY COLLABORATION SPÉCIALE a célébration de la Saint-Jean en Nouvelle-France remonte aux débuts de la colonie.Déjà, en 1638, les feux d’artifice se mariaient aux étoiles et les salves des canons saluaient le solstice d’été et le retour de la lumière.Dans les années 1830, la Saint-Jean devient chez nous un événement politique, lorsque Louis-Joseph Papineau et son Parti patriote s’élèvent contre l’Angleterre.À cette époque, les tensions entre les élus qui poursuivent des idéaux nationalistes et ceux qui sont nommés d’office par l’Angleterre provoquent crise sur crise au Bas-Canada.En 1834, le patriote ledger Duvernay choisit le 24 juin comme date pour la Fête nationale, et convie une soixantaine de Canadiens à un banquet présidé par Jacques Viger, le premier maire de Montréal, à l’endroit où est située aujourd’hui l’ancienne la gare Windsor.Ce banquet marque la création de la Société Saint-Jean-Baptiste, qui a pour devise Nos institutions, notre langue, nos lois.Jean-Claude Germain, écrivain et historien, rappelle qu’à ce banquet les convives lèvent leur premier verre «en l’honneur du peuple, source légitime de toute autorité».C’est à ce moment-là que les patriotes définissent leurs revendications, qui formeront le texte des 92 résolutions.«En bref, ils souhaitent que les élus obtiennent le contrôle des dépenses provinciales, le droit de lever des taxes et le pouvoir de légiférer», précise-t-il.En 1837, en raison de l’échec de la rébellion, la célébration de la Saint-Jean est interrompue pendant quelques années.Mais en 1843, toujours sous l’impulsion de Ludger Duvernay, la Société Saint-Jean-Baptiste connaît un nouveau souffle.Selon l’historien Jacques Lacoursière, l’Église catholique, jouissant d’un pouvoir de plus en plus important, étend toutefois son autorité à la Fête nationale qui devient un événement à caractère religieux.«La Saint-Jean débute par une messe solennelle, suivie d'une procession et d'un banquet.» Les décennies 1870 et 1880 sont marquées par l’exode d’un demi-million de Canadiens français qui partent travailler dans les fabriques de la Nouvelle-Angleterre, sans oublier pour autant le Bas-Canada.En 1874, invités par la Société Saint-Jean-Baptiste, des milliers de représentants de la diaspora canadienne reviennent célébrer la Saint-Jean à Montréal.Luttant pour préserver la culture française en Amérique, voilà que les francophones fêtent aussi la Saint-Jean au Manitoba, en Nouvelle-Angleterre et en Louisiane.Au tournant du XX1' siècle, le pape Pie X consacre officiellement Saint Jean-Baptiste patron des Canadiens français.On commence alors à porter aux défilés une attention toute particulière.Les chars allégoriques deviennent des livres d’histoire populaires, qui racontent les épopées et symbolisent l’identité nationale des Canadiens français.Le petit Saint-Jean Baptiste bouclé, avec son gentil mouton tout aussi frisé, occupe une place de choix dans ces défilés — ce qui n’a pas l’heur de plaire à tous.Jacques Lacoursière précise que «les Canadiens français ne veulent pas qu 'on les compare à un animal suiveur et sans aucun caractère».Pendant la Révolution tranquille des années 60, la Saint-Jean prend une tournure véritablement politique, en raison des tensions entre francophones et anglophones.En 1967, Pierre Elliott Trudeau, qui soutient une politique de bilinguisme à la grandeur du Canada, attise la colère des francophones qui craignent l’assimilation.Les rassemblements de la Saint-Jean tournent à l’émeute.En 1968, des manifestants nationalistes lancent des œufs et scandent des slogans de mépris à l’endroit du futur premier ministre du Canada, qui reste impassible.L’année suivante, la foule renverse le char allégorique ou prend place une espèce de Saint Jean-Baptiste en plâtre plus grand que nature, détruisant ce qui symbolise la docilité et l’absence d’initiative du peuple québécois.Lors des années 70, les grands spectacles de la Saint-Jean attirent plus de 125 000 personnes sur le mont Royal.Craignant un raz-de-marée humain, Jean Drapeau, maire de Montréal, met cependant un terme à ces rassemblements nationalistes, trop menaçants dans un Québec encore profondément secoué par la crise d’octobre 1970.Par la suite, on choisit d’instaurer des fêtes de quartiers, qui reflètent davantage la diversité culturelle des gens qui vivent ici, et renforcent les liens entre les immigrants et les Québécois dits de souche.A ces fêtes s’ajoutent d’autres grandes manifestations populaires, comme le défilé, la marche des drapeaux, le souper communautaire, le grand spectacle de la Saint-Jean.Aujourd’hui, de plus en plus de gens issus de communautés culturelles participent à la fête et manifestent leur appartenance au peuple québécois.Comme le souligne Louise Beaudoin, ministre de la Culture et des Communications, la Saint-Jean est pour les Québécois synonyme de fierté.«La Fête nationale n’est plus la fête des Canadiens français, mais de tous ceux qui résident dans un Québec de plus en plus pluraliste», dit-elle, ajoutant «qu’on doit cette évolution à la montée du nationalisme moderne».Selon Mme Beaudoin, l’adoption de la Charte de la langue française — ou Loi 101 — a sans doute joué un rôle important dans l’intégration des nouveaux venus.lorsqu’on a fait du français la seule langue officielle au Québec, les immigrants ont été tenus de fréquenter l’école française, «ce qui leur a permis de s’intégrer harmonieusement à la majorité francophone».À l’occasion de cette Saint-Jean, Le Devoir souhaite à tous une très heureuse Fête nationale.Lo présence multiethnique, un apport culturel sons pareil Le 24 juin, fêtons ensemble LES ENSEIGNANTES ET LES ENSEIGNANTS DES SYNDICATS MEMBRES DE LA FÉDÉRATION AUTONOME DU COLLÉGIAL 1259, rue Berri » Bureau 400 » Montréal (Québec) » H2L 4C7 • Tel.: (514) 848-9977 • Télécopieur : (514) 848-0166 » Courriel : fac@lafac.qc.ca « Site Internet : http//:www.lafac.qc.ca I.K I) E V 0 I It , I.K S S A M K I) I 2 II K T I» I M A X (' Il E 2 1 .1 I! I N MM) « 2 ?BONNE FETE \ A chaque quartier sa fête Québec en tête le cœur en fête LOUISE JACQUES COLLABORATION SPÉCIALE \ A dix heures, mercredi prochain, le carillon de l’Oratoire Saint-Joseph déversera des airs folkloriques sur Montréal, ouvrant ainsi les réjouissances de la Saint-Jean dans la région.Par tradition, des milliers de Québécois auront toutefois festoyé la veille, en compagnie d’artistes de renom.Entre autres, avec Sylvie Paquette, Bruno Pelletier et le groupe rock Lili Fatale qui, dès 20h, se produisent à la queue leu leu, boulevard Saint-Joseph à Lachine.Toujours le 23 juin, le groupe Je me souviens rythme le parc Ahuntsic à partir de 21h, tandis que Judy Richard, Dan Bigras, Sylvain Cossette et l’Orchestre symphonique de Laval réveillent à coups de douceur et de tonnerre le Centre de la Nature lavallois.Pour sa part, le parc des Hirondelles vibrera la soirée durant sur chants et musiques haïtiens.Un peu à l’est, rap/hip-hop et jazz trash s’élèveront du parc François-Perreault, alors qu’au sud, la rue Amherst prend la couleur du folklore latino-américain.Qui souhaite plutôt fêter sur le mode breton se rendra Place du Marché Maisonneuve, à 20h.Au même moment, l’on dansera sur musique du monde à Côte-des-Neiges, soit au parc Kent.Sachez aussi qu’à 20h30, la chorale de l’Accueil Bonneau invite à fredonner aux Habitations Jeanne-Mance, et qu’Alain Lamontagne conte, chantonne et tape du pied au parc Promenade Bellerive.Grands crus du 24 juin Bis pour les deux noms précédents puisque, le 24 juin, la Chorale déménage à 16h, rue Bloomfield, Outremont, soit trois quarts d’heure après que Lamontagne ait animé un atelier de podorythmie, Place du Marché Maisonneuve.Carburant plus que jamais à la Saint-Jean, à 20h, l’homme concerte également en solo dans la salle Expression, sise même site.Cela dit, libre à vous de fêter aux côtés de Marie-Denise Pelletier, qui lancera son mi-sol-la-si, vers 20h30, au parc Aimé-Léonard de Montréal-Nord.Hic au tableau, la voix de Sylvie Tremblay cristallisera la rye Bloomfield à la même heure.Elizabeth Blouin-Brathwaite chante pour les enfants sur la Terrasse Serre de Lasalle à 19h, ce qui ravira les fans de Je me souviens, puisqu’ils prennent ensuite la relève.Dès lors, il suffit de couper la poire en deux pour aller finir la soirée au Chez-Nous des Artistes en compagnie de Jano Bergeron.Retenez également qu’Yvon Deschamps préside le spectacle de chants et d’humour qui, vers 19h, déridera le parc Berthier dans le centre-sud.Pour danser en ligne en après-midi, il suffit d’être au parc Promenade Bellerive à 13h.Les jeunes opteront peut-être davantage pour le parc Liébert qui, autour de 15h, bougera sur rock québécois, puis sur rythme africain et musique antillaise.Parions toutefois qu’à 18h, le concours de rap francophone pour ados en attirera plusieurs dans Louis-Hébert, au parc de Fleurimont.Retour à 15h pour entendre un quintette de hip hop, coin Rachel et Drolet.Une heure plus tard, le parc Laurier fait revivre les années 1960 avec spectacle de musique yéyé.Alors qu’on s’apprête à souper.Les Bons Diables amènent le folklore au parc Villeray, et Jean Gascon fait danser carré au parc Jean-Brillant de Côte-des-Neiges.Si à 19h30, vous mangez des cochonailles rue Bloomfield, vous ferez du coup un voyage musical brésilien.Notez, par contre, qu’une soirée cabaret s’ouvrira au parc Olivier-Robert dans la demi-heure qui suit.Pantins, mots et images Evidemment, ce qui précède ne donne qu’un aperçu de ce qui fera chanter et danser les quartiers à la Saint-Jean.On s’arrête tout de même là, question de faire place au théâtre.D’abord avec les marionnettes qui s’animent à 1 lh et 16h dans la ruelle Northcliffe de Notre-Dame-de-Grâce, puis avec celles qui gesticuleront au parc Morgan, vers 14h30.Si vous avez choisi d’aller plutôt écouter les extraits du RAATAM, il vous restera alors 60 minutes pour vous rendre à l’Arto-thèque.En revanche, c’est à 18 h 30 que les mots du théâtre et de la poésie s’envoleront du parc Villeray, soit juste une heure avant que Les Martiens mélangent savamment poésie, marionnettes, humour, science-fiction et contes médiévaux, pour le plaisir des gens réunis au Pavillon d’éducation populaire Hochelaga-Maisonneuve.Magie d’enfance, il est aussi bon de savoir qu’à 14h, les aînés raconteront des histoires aux mômes présents sur l’un des terrains adjacents à l’église Saint-Clément-de Viauville.D’autres personnes âgées rappelleront leurs souvenirs à qui sera au parc Olivier-Robert aux environs de 17h30.Un peu avant, soit à 15h, Les Beaux-Par- leurs auront fait vibrer les adolescents du parc Laurier avec le conte de L’Escalier.Pour en finir avec les mots, disons qu’à 13h30, Les souffleurs de vers teinteront le Plateau de poésie, en alternant les rimes coin Rachel et Drolet.En outre, cette année, plusieurs écrivains participent à la fête en lisant, à haute voix, des textes littéraires.Ainsi, Stanley Péan, André Lemelin et compagnie feront lecture au parc laurier à 18h, tandis que Claude Hame-lin, Bruno Roy et quelques autres répandront la littérature dans l’Arto-thèque à partir de 20h.Une nouvelle coutume à la Saint-Jean, celle de révéler la vie des quartiers à l’aide d’images, d’activités ludiques ou de jeux de rôle.C’est ainsi qu’entre 13h et 15h, les gens du Musée David Stewart animent, de façon vieille époque, le parc Promenade Bellerive.Enigmes en prime, si, à 14h30, vous vous embarquez dans unç chasse au trésor sur l’histoire.A supposer que vous soyez ru,e Amherst à 11 h, passez donc par l’E-comusée pour voir l’exposition Faubourg Québec en 1938, ou celle portant sur les Travailleurs et immigrants.Ensuite, dirigez-vous vers l’église Saint-Clément-de-Viauville où, dès midi, une expo mêlant photos et objets anciens vous transportera dans la vieille ville; tant qu’à être là, profitez des visites guidées pour découvrir quatre églises patrimoniales du quartier.En vous pressant un peu, vous pourrez être au parc Laurier autour de 15h, et donc poser les yeux sur les photos des deux expositions organisées par l’atelier Vox Populi et l’équipe de CVPhoto.fïl on pays! Que ces mots sont doux à l'oreille et au cœur! Mon pays le Québec, C’est ce coin de planète où je me sens chez moi avec les miens, Ce coin qui m’a vu naître ou que j’ai choisi pour y poursuivre ma vie.Mon pays s’étend à perte de vue Avec son fleuve puissant, ses rivières onduleuses, ses milliers de lacs, Ses forêts pleines d’odeurs sauvages, Ses routes d’aventure Et ses villes bourdonnantes aux nuits multicolores.m on pays, c’est cette langue française, Si vive, grave et pétillante, C’est cette longue marche, Commencée il y a bientôt quatre siècles Dans la splendeur et la dureté d’un continent nouveau, Au bout de laquelle nous attend La lumineuse Liberté.m on pays n’existe pas seul.Il se déploie aussi dans ma tête et dans mon cœur, Dans ma mémoire et mes projets.Car il n’est pas de pays satis hommes ni femmes pour le connaître et l'aimer, «L’identité d’un peuple ne s’invente pas.Clle est façonnée par le peuple lui-même.Clle est le truit d’une longue maturation de traditions, de coutumes, de valeurs sociales, d’un patrimoine, d’un simple goût de vivre ensemble.Cinquante ans après l’adoption du drapeau, nous constatons que cette identité est plus farte que jamais.» •Séx&j Lucien Bouchard Parti Québécois ÿ/faÿ.y;.jV > -X- : Bonne Fête nationale! Feux de joie et d’artifices à Montréal Le 23 juin Parc Delorinç, feu de joie, 21h.Parc du Centre Récréatif Edouard-Rivet, feu de joie, 22h.Parc François-Perreault, feu de joie, 22hl5.Parc Jean-Amyot, feu de joie, 22h.Parc Kirkland, feu de joie, 21h.Parc Promenade Bellerive, feu de joie, 22h30.Place du Marché Maisonneuve, feu de joie, 23h.Le 24 juin Parc Aimé-Léonard, feu d’artifices 22h Parc Jean-Brillant, feu de joie, 21h45.Ruelle Northcliffe, feu de joie, 20h.Invitation à la Messe de la Saint-Jean , * présidée par M.le cardinal Jean-Claude Turcotte Archevêque de Montréal le mercredi 24 juin à 10 h à l’église Saint-Jean-Baptiste 4237, avenue Henri-Julien (angle Rachel) La «Messe pour les Paroisses» de Jean Le Buis sera exécutée par un choeur de 100 voix dirige par Jean-Pierre Guindon emplois pour les regions.L’embellir et le parfaire.Mon pays, c’est une façon de vivre et de sentir, de construire et de manger, De rire et de penser, d’écrire et de chanter, Une façon d’être au monde Ouverte sur les milliers de façons Qu’il y a d’être un humain sur cette terre.m on pays, aujourd’hui, je le célèbre et le danse, Je l’affirme et le chante.Il frémit en moi avec tant de tendresse, Il me parle d’une voix si douce et si prenante Que j’en ai le cœur en fête! Yves Beauchemin I.K I) K V I) I II i1 r h 1.1 k K II S I- K C I A I.K S T (' K r A K A li I K X DK (il.IS K.CLAIRE Cnil a li n r aI i » DE N VS K PERREAULT.ISABELLE RI VEST Ma (in elle MICII Kl.IX K T U R G KO N c n p a g c s YVES D’AVIGNON l’h ulos c u n vertu r e IU) B E RT S K IN N K K :i.\ :i.\l!l.Tri.: (âI I) 9Kλ-3:i:JB « Au-delà de la création d’emplois, le Fonds est un partenaire engagé dans les régions.Un partenaire qui, comme nous, croit beaucoup au développement à long terme.C’est important.La croissance économique du Québec dépend beaucoup du dynamisme des régions.Francine Ruest-Jutras Mairesse de Drummondville » LE DE SOLIDARITÉ (S DES TRAVAILLEURS DU QUÉBEC (FTQ) "" www.fondsftq.com Vous êtes en bonne compagnie I I.K l> K V U I H .I.K S S A NI K I) I 2 (I K T 11 I M \ X ( Il K 2 1 .II I X I !l II S »> »> BONNE FETE Université de Montréal Le cœur en fête Le 24 juin, jour de trêve et de joie, convie à la rencontre de l’amitié et de la solidarité entre tous les Québécois 5T 'Kv- L’affiche officielle de la Fête nationale 98 a été réalisée par l’illustrateur Marc Mongeau.Elle représente un personnage habité par le Québec et emporté par la musique de son violon, une invitation a la célébration et à la fête.RÉGINALI) HARVEY COLLABORATION SPÉCIALE La Fête nationale 1998 s’articulera autour de 800 projets locaux coordonnés à la grandeur du Québec par le Mouvement national des Québécoises et des Québécois (MNQ).A Montréal et Laval, la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJBM) de Montréal préside à la tenue d’une centaine de fêtes de quartier.La capitale et la métropole seront à nouveau les théâtres de méga-événements: feux rassem-bleurs, défilés et spectacles grandioses figurent à une programmation fidèle depuis quelques années à une tradition retrouvée.Réalisées et animées par des centaines d’organisations bénévoles, les fêtes attireront sur les trottoirs et le macadam des villes, dans les parcs et divers lieux champêtres, ornés de fleurdelysés et de banderoles multicolores, des milliers de gens.Le Mouvement national et la Société Saint-Jean-Baptiste invitent cette année à célébrer la Fête nationale autour du thème Québec en tête, le cœur en fête.L’un et l’autre organisme s’accordent à mettre l’accent sur la capacité des gens du Québec d’aimer et de fêter ensemble, qui se manifeste dans le caractère de chaleur et d’espoir émanant des divers événements au programme.Québec et Montréal Encore cette année, Québec ouvrira le bal des grands rassemblements populaires par la présentation du feu de la Saint-Jean sur le site historique des plaines d’Abraham.Le lendemain, spectacles intimes ou à grand déploiement et fêtes de quartier colorées animeront toute la région de la vieille capitale, là où pour la première fois, il y a cinquante ans, flotta sur la tour principale du Parlement le drapeau fleurdelysé.Pour ne pas être en reste, toujours le 24 juin, Montréal entrera dans la danse au moment où le défilé se mettra en branle, à 14 h, et suivra un parcours en bonne partie inédit.Un nombre record de dix-sept tableaux illustreront le thème Québec en tête, jeunesse en fête.Pétillant du nouveau souffle qui l’anime et emporté par le rythme fou des jeunes qui le composent, le défilé s’enhardira dans un secteur de la ville où la diversité culturelle est profondément ancrée dans le quotidien: le boulevard Saint-Laurent, entre Laurier et Sherbrooke, dans l’axe nord-sud de la ville.Il viendra s’achever à l’angle de l’avenue de I/h rimier, où s’amorcera la marche populaire, dont les participants arriveront au parc Maisonneuve pour le grand souper populaire et le méga-spectacle de fin de soirée.Vent de renouveau oblige, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a fait appel au grand public pour lui soumettre des idées sur la composition du défdé.La Société a reçu 80 projets, dont une vingtaine ont été retenus ]x>ur la réalisation de 17 tableaux, comparativement à sept seulement l’an dernier.Il s’agit là, selon le président de la SSJBM, Guy Bouthillier, d’une innovation qui exprime davantage qu’une volonté de changement.«Je pense que cette façon de procéder reflète une confiance dans l’énergie créative, dans l'imaginaire et l’imagination des Québécois», dit-il.Pour une première, c’est une réussite et il prévoit que les groupes seront encore plus nombreux, dès septembre prochain, à manifester leur intérêt envers le défilé en participant à l’élaboration de son scénario.Pour deux raisons qui se recoupent, indique le président, le parcours du défilé a été sensiblement modifié cette année.Premièrement, la Société voulait démontrer qu’il est faux de croire qu’il y a deux Montréal, l’un qui commence à l’est, et l’autre à l’ouest du boulevard Saint-Laurent.Deuxièmement, ajoute-t-il, «nous voulions combattre l’idée que c’était le défilé des Canadiens français — comme on le disait à l’époque — et que, par conséquent, ça se passait uniquement dans leurs quartiers.» Quant au choix de la rue, il s'explique sur le plan logistique et technique du fait que cette artère est plus étroite que la rue Sherbrooke.Plus une rue est étroite, plus il est facile de l’animer, constate Guy Bouthillier.Il s’agit surtout d’une rue qui est «multi-montréalaise» et qui appartient à plusieurs éléments de cette collectivité urbaine.Il y a là une population jeune, dont les origines sont multiples et qui fait preuve de diversité culturelle et politique.«Nous allons capter son attention, et peut-être même atteindre son cœur», espère-t-il.Compte tenu de cette volonté d’associer tout le monde à la fête, le président a vainement tenté, pour des raisons de temps ou autres, d’intéresser un réseau anglais à sa télédiffusion.Il croit fermement à la pertinence de cette idée «si, dit-il, nous voulons arri- ver à faire comprendre à tous que la société que nous sommes en train de faire, ou de confirmer, est une société qui englobe tout le monde.» À la grandeur du territoire Un vieux proverbe français dit: «Quand on carillonne au clocher, il est fête en la paroisse».Voilà pourquoi la volée de cloches demeure indissociable de la Saint-Jean dans la plupart des villages et des villes disséminés dans les 17 régions du Québec.Les clochers des églises lancent dans le ciel le signal de l'appel à la fête.Au Québec, cette fête fut célébrée pour la première fois en 1638 par des coups de canon et des feux d’artifice.Quelque temps après, les feux de joie deviendront une coutume et la manifestation centrale de cet événement annuel.Au déclin du soleil, les gens ont alors pris l’habitude de perpétuer la lumière en allumant des feux de joie.En plus des volées de cloches, qui résonneront à tous vents, et des feux qui brûleront un peu partout, la fête fournira, cette année encore, l’occasion aux plus habiles d’accomplir des prouesses physiques, et aux plus talentueux de s’exprimer à l’intérieur d’activités artistiques variées.Les scénarios demeurent sensiblement les mêmes qu’à l’accoutumée, et l’imagination de tou,s devra être mise à contribution.A la lumière de la programmation 1998, Monique Vézina, présidente du Mouvement national des Québécoises et des Québécois, fait observer que les quelque 800 projets locaux s’insèrent dans la foulée de ce que nos ancêtres ont voulu accomplir.«Je dirais même que pour moi la fête nationale s’inscrit dans la fidélité à l’endroit des femmes et des hommes qui nous ont précédés, envers leurs réalisations.» Se livrant à une sorte de bilan/perspective de la fête, la présidente dégage l’importance du rôle des quelque 100 000 bénévoles dans le succès des manifestations populaires de quartier.Le Mouvement a signé cette année un nouveau protocole d’entente de trois ans avec le ministère des Affaires municipales, en vertu duquel il reçoit annuellement une enveloppe fermée de 1,8 million de dollars.Dans un tel contexte, les divers comités d’organj-sation, qui ne peuvent compter sur l’État providence, ont appris à se débrouiller et à s’autofinancer.Ces bénévoles participent largement à la réussite de la fête nationale.Ces dizaine de milliers de personnes ont déniché le financement, mobilisé des gens et monté les décors pour faire en sorte que tous les Québécois aient le cœur en fête le 24 juin.GEORGES KHAYAT Monique Vézina, présidente du MNQ, Sophie Faucher, porte-parole de la Fête nationale 98, et Yves Beauchemin, auteur du texte thématique (voir page ci-contre).foCC en têft cosur e*1 Le Mouvement national des Québécoises et Québécois, de concert avec ses sociétés affiliées et ses comités organisateurs, coordonne la Fête nationale partout au Québec.Merci à tous les organisateurs et bénévoles qui contribuent au rayonnement de cette fête.Avec eux, saluons ces femmes et ces hommes qui, à travers les siècles, ont bâti le Québec de maintenant.Bonne Fête nationale à toutes et à tous ! Présidente MOUVEMENI NATIONAL UES QUÉBÉCOISES El QUÉBÉCOIS Québec ss ^0* Chères Québécoises, chers Québécois, Le 24juin est lafête d'un peuple, de notre peuple.Les circonstances de l'histoire nous ont unis autour d'une langue commune, d’une culture et de grandes réalisations dont nous pouvons êtrefiers.En 1998, nous avons une raison supplémentaire de célébrer.Grâce aux efforts que nous avons déployés tous ensemble, l'avenir de nos grands programmes sociaux est assuré.Pour la premièrefois depuis des années, nous pouvons désormais réinvestir dans ces programmes sans nous endetter.Profitons donc de l’occasion pour nous rassembler et pourfêter avecfierté tout ce qui nous unit.Bonne Fête nationale! lèVCAéA^ Le premier ministre du Québec Lucien Bouchard \ r I.E I) E V 0 I It .I.K S S A M E I) I 2 I) E T I) I M A \ (' Il K 2 I .II I \ I !» !l S Jk ' * AlCyvot '/IN • '«vhitc v/1 I.A MEMOIRE desD a OOltCS lansons, BOIVJVE FÊ' TE Duü IfinTïfflT lÏJlnl 1IJHH NATIONALE ! Concordia On vous prépare pour le monde www.concordia.ca La Réserve du 24 juin est enfin arrivée Que la fête Mopufïcf CAStRNf.T-SAUVICNüN ViN r>£ Wi VOC KÙt'W 2k W* 'ht WAtîONAlC H'të ¦ ‘ AN : > f îlMi itU ^ |:'«cnpANOi>om«»*'f: : !>{/> n;r «vON’TRîAi Des cadeaux , pour une grande fete ! i( Voyage pour deux en France avec Club Aventure voyages et Intalr Vacances fl Séjour pour deux au Manoir des Sables 1t 770 bouteilles de la Réserve du 24 juin Valeur total* d»t pAx : 11000 $ &WM J-n 2k W'*' firf «ArioMAU nit -journal- montreal r£î Club Aventure r*.REVIVEZ LES GRANDS MOMENTS DE LA CHANSON QUEBECOISE AVEC.En vente chez TOUS LES BONS DISQUAIRES Un défilé renouvelé U E N Y S E PERREAULT COLLABORATION SPÉCIALE ennui, dit-on, naquit un jour de l’uniformité.Pour faire > mentir l'adage, le comité de la Fête nationale a revu et corrigé le processus de «fabrication» du défilé du 24 juin.D’abord en invitant la population à soumettre des projets de tableaux allégoriques pour accroître sa participation directe, ensuite en modifiant le parcours pour rallier davantage de Québécois et Québécoises des communautés ethniques.Dernier élément de nouveauté: la création d’un prix [jour honorer le tableau allégorique préféré du grand public.Le Défilé 1998 comportera 17 tableaux — soit deux fois plus que les années précédentes.Il a été conçu sous la direction de M.André L’Heureux, des Productions L’Entracte.Cette firme, qui œuvre dans la conception et la gestion de projets culturels depuis 1990, est associée à la Fête nationale depuis 1993.Elle s’occupe de la production du défilé depuis maintenant deux ans.Cette année, sous le thème Québec en tête, jeunesse en fête, le défilé nécessitera la participation de plus de 1000 figurants et de 200 musiciens.En coulisse, quelque 1000 bénévoles auront contribué à la réalisation de cette édition originale.m Jeunesse en fête Au lieu de choisir un thème pour le défilé, pour ensuite demander aux éventuels participants de le traduire en chars allégoriques et autres attractions, le comité de la Fête nationale lançait un premier appel au public, en décembre dernier.Il l’enjoignait de donner libre cours à son audace et à son imagination pour contribuer à façonner le défilé de la prochaine Saint-Jean.Le résultat a dépassé toutes les espérances.«Plus de 200 organismes nous ont demandé des renseignements sur ce concours public et 80 d'entre eux nous ont effectivement proposé leurs projets, rappelle André L’Heureux.Puis, un jury indépendant en a sélectionné 17.» Composé de Richard Blackburn, André Forcier, Jean-Claude Germain, Francine Grimaldi et Suzanne Harel, ce jury a notamment misé sur la musique et la danse pour célébrer la créativité québécoise.Une fois les tableaux dûment choisis, il s’agissait d’aider certains organismes non autonomes en la matière à concrétiser leurs projets, puis de trouver le fil conducteur qui permettrait de définir un thème capable de coiffer de façon cohérente des éléments pouvant paraître de prime abord plutôt disparates.L’idée retenue , «Québec en tête, jeunesse en fête», évoque la couleur, le mouvement, la danse et la musique qui coloreront l’esprit du défilé et de la plupart des tableaux allégoriques.«Ces tableaux sont en quelque sorte des mises en scène ambulantes, précise M.L’Heureux.Ils peuvent bien sûr comprendre des chars allégoriques en guise de pièce maîtresse, mais aussi une foule d’autres accessoires géants.Cette approche moderne, plus éclatée, offre un champ plus large au visuel et à la créativité et favorise la participation des spectateurs.» Un zeste de l’esprit de Rio de Janeiro assaisonnera ce défilé: folklore, dansç moderne, tango, jazz et rock sont au rendez-vous, avec l’École de danse Louise Lapierre, Tangente, le groupe rock Yarkenciel, la Compagnie de danse tango libre ou le groupe Fred Quartet.Les troupes de tambours et clairons sont fournies par la Fédération des associations musicales du Québec.Préparez-vous aussi à danser avec le Comité de participation Haiti-Québec.Jongleurs et échassiers du cirque Parasol viendront saupoudrer un soupçon de cirque sur la |)arade, tandis que les amateurs de sport verront, en cette année de Mondial, un tableau présenté par la Fédération québécoise de soccer-football.Sous la houlette de la Chambre de commerce chinoise de Montréal, les communautés chinoise et vietnamienne inscriront au défilé certains éléments de la tradition chinoise, tel l’indispensable dragon, , Le Conservatoire d’art dramatique, l’Écomusée du fier monde et le journal L’Itinéraire, de même que le Regroupement des maisons de jeunes du Québec (région Montréal) sauront aussi en mettre plein la vue çt l’ouïe des spectateurs, tout comme l’École secondaire Édouard-Montpe-tit et Oxy-Jeunes.D’autres surprises sont prévues avec l’avant-dernier tableau signé Tourisme Québec et mis au point en collaboration avec la Société des fêtes et festivals.«Il y aura là de quoi donner le goût de fêter — et de visiter — à la grandeur du Québec», prévient André L’Heureux.Pour conclure, le dix-septième tableau, «Cinquante ans, une fierté qui grandit», consistera en un salut au drapeau québécois qui célèbre son cinquantième anniversaire.On a prévu beaucoup d’éléments visuels et musicaux, ainsi que la participation de la compagnie Franche de la Marine.Coup de cœur Un appel récemment lancé au public par Cité RockDé-tente a d’ores et déjà permis la constitution d’un jury de 11 personnes et de deux employés de Loto-Québec, chargé celui-là de remettre le prix «Coup de cœur Loto-Québec, Prix du jury grand public».Installés à l’angle Berri et Sherbrooke, grille d’évaluation très élaborée en main, ses membres devront tenir compte à la fois du thème et des qualités artistiques, visuelles et musicales pour asseoir leur verdict.Cette grande première vise à honorer la meilleure présentation et le nom du récipiendaire sera dévoilé, peu après le défilé, aux personnes rassemblées au parc Maisonneuve.Le départ — prévu à 14h comme à l’habitude — se fera cette fois coin Laurier et boulevard Saint-Laurent, ce dernier étant, selon le mot d'André L’Heureux, la rue la plus «multi-montréalaise» de la ville.Beau temps mauvais temps, le défilé dansera en direction sud jusqu’à Sherbrooke, pour ensuite se diriger vers l’est et la rue de Lorimier, où il se dissoudra deux heures plus tard.Commencée à l’angle Saint-Laurent et Sherbrooke, la Marche populaire se poursuivra jusqu’au parc Maisonneuve.Comme à chaque année, le défilé sera diffusé en direct au petit écran de Radio-Canada.A noter qu’il sera également présenté en différé sur les ondes de Télé-Québec, à 19h, dans le cadre de l’émission spéciale de 24 heures du 24 juin.MUS1COR DENYSE PERREAULT COLLABORATION SPÉCIALE Le 24 juin prochain, pour une sixième année consécutive, le parc Maisonneuve revêtira de beaux atours pour accueillir certaines des plus importantes célébrations de la Saint-Jean.Dès midi, place à la grande bouffe dans un cadre champêtre.Orchestré par le chef Jean-Claude Arsenault, des Productions P.S.L., le Grand Souper propose mets traditionnels et plats exotiques à prix abordables: du roulé de bison, caribou et sanglier au plantain haïtien, en passant par les fajitas mexicains, les hot dogs, l’incontournable pizza et l’indispensable poutine nationale.En guise de desserts: queue de castor ou crème glacée.A partir de cinq heures, histoire de faire digérer les commensaux et de.réchauffer la salle, l’ensemble Chasse-Galerie donnera dans la musique traditionnelle québécoise, tandis que le Henri Band fera éclater toute la fougue du rock à la sauce québécoise.Le groupe de danse Molson Brouhaha! présentera quant à lui un énergique numéro de danse percussion.Le cœur en fête L’apothéose, soit le Méga Spectacle de la Saint-Jean, intitulé Québec en tête, le cœur en fête, débutera comme à l’habitude à 21 heures sur la scène du parc Maisonneuve.En 1998, les artistes invités sont Claude Dubois, Marie-Claire Séguin, Daniel Lavoie, Isabelle Boulay, Raoul Duguay, Kim Richardson et Noir Silence.Pour les accompagner, Scott Price dirigera une équipe de sept musiciens.Produit sous la direction de Céline Liberge et Jean-Pier Doucet, cet événement toujours très attendu sera diffusé sur les ondes de Radio-Canada et du réseau Radio RockDétente, à compter de 21h30.Produite en collaboration avec la Société Radio-Canada, l’émission sera réalisée par Jocelyn Barnabé, assisté de Danièle Viau.Depuis trois ans, à la demande pressante du directeur artistique René-Richard Cyr, la diffusion est différée de 30 minutes — ce qui évite de refroidir l’ardeur des spectateurs présents sur le site lors des pauses publicitaires.René-Richard Cyr compare le spectacle de la Saint-Jean à un anniversaire personnel où on invite «les gens qui nous aiment et les gens que l'on aime; un anniversaire qui rassemble au lieu d'exclure, qui permet aux personnes présentes de se manifester, non pas simplement le poing levé pour revendiquer, mais bien pour exprimer leur amour pour ce pays qui, peut importe comment chacun le qualifie, s’appelle le Québec».Pour la choriste Kim Richardson, PHOTO TV5 Claude Dubois est l’une des vedettes du grand spectacle qui sera présenté au parc Maisonneuve le soir du 24 juin.qui accompagnera entre autres Marie-Claire Séguin et Isabelle Boulay, la Saint-Jean prendra des allures de fête personnelle et de défi, puisqu’on lui a également demandé un numéro de soliste qu’elle livrera sous forme de «medley».«J’aime chanter en français mais cela reste un défi pour moi de le faire en solo, précise-t-elle.J’ai été à la fois surprise et ravie que les responsables sollicitent ma participation.Ce sera d’ailleurs ma façon de dire merci à Montréal, qui m’accepte ici depuis déjà dix ans».Rejointe en France par Le Devoir, Marie-Claire Séguin s’est dite ravie que l’on ait à nouveau pensé à elle pour célébrer la Saint-Jean, une fête qu’elle conçoit à la fois comme une heure de bilan et une heureuse période de rassemblement.«À chaque année, explique-t-elle, je ne peux m'empêcher de me demander: où allons-nous?Où en est rendu le pays?» La Saint-Jean lui parle de quête d’identité: «La nôtre est fragile, à l’image de tant d’autres identités nationales qui font face à la mondialisation, et à un géant économique qui tente de normaliser et de banaliser les différences, poursuit-elle.Il y a une inquiétude dans l’air liée au passage à l’an 2000.Et toutes ces questions concernant l’appauvrissement croissant de tant de gens, ce qui me touche beaucoup.» Mme Séguin estime toutefois que nous disposons des ressources nécessaires pour penser les choses différemment.Le tout est de le vouloir, de recourir à notre créativité.Mais il ne faut pas, concède-t-elle, «que ce jour-là, le bilan prenne le dessus sur la fête».Une opinion dûment partagée par René-Richard Cyr.Ce qui ne l’a cependant pas empêché de vouloir insuffler un certain esprit au spectacle de 1998, le quatrième dont il assume la direction artistique en solo.Tout en sachant combien il est «difficile et illusoire de vouloir renouveler le genre à chaque édition», il a voulu aller plus loin que le simple enchaînement de succès, même s’il en faut.Il a demandé à chaque artiste de puiser dans son répertoire, ou dans celui de quelqu’un d’autre, des pièces qui évoquent «la liberté, l’éveil, la prise de conscience, le «se tenir debout.».Son objectif: introduire des notions de victoire et d’espoir plus heureuses que les seules revendications, tout en faisant une révérence en souvenir des années 70, afin de mieux «ranimer cette flamme qui brûlait en ces temps où tout nous paraissait encore possible».11 n’était cependant pas question à ses yeux de restreindre les artistes en leur imposant un concept trop rigide ou un moule coulé à l’avance, mais plutôt de tenir compte de ce qu’ils avaient envie de faire.«Je souhaite un spectacle qui permette au maximum de gens de célébrer de la meilleure façon possible, tout en donnant aux interprètes la possibilité d'exprimer leurs convictions», indique René-Richard Cyr.Dans l’espoir avoué de favoriser la création de ces moments uniques et spontanés, dont on ne sait trop sous le coup de quelle magie ils se forgent soudain.«Reste, conclut M.Cyr, qu’il y aura toujours une connotation nationaliste, indépendantiste ou souverainiste accolée à ce spectacle.L’humeur du public, elle-même en partie influencée par la morosité ou la fébrilité qui colorent la vie politique des mois précédents, demeure une composante importante de l’âme de cette fête.C’est bien sûr l'occasion de célébrer notre fierté d’être Québécois, mais cela peut également susciter des prises de conscience ou aviver le sentiment d’appartenance au Québec, qui, à nos yeux, est un pays.» É’un des clous du spectacle demeure d’ailleurs selon lui le discours patriotique, qui prendra une résonance particulière en fonction du message de la personnalité publique bien connue qui l’écrit ou le livre.Et dont l’identité demeure, comme à chaque année, un secret bien gardé jusqu’à la dernière minute.Le Québec en spectacle } 4 I.K I) K V (Il 11 .I.K S S A M K I) I 2 (I K T l> I M A N < Il E 2 I .III X I !l !l K E 5 BONNE FETE Le f leurdelysé a cinquante ans «D'azur à la croix d’argent cantonnée de quatre fleurs de lys du même.» REGINALD HARVEY COLLABORATION SPÉCIALE Le jour de la Fête nationale, les gens agitent en tous sens le drapeau du Québec et l’affichent de bien des façons.Les fleurs de lys prolifèrent et poussent dans les moindres recoins, parfois même en des endroits plutôt insolites sinon incongrus.L’espace de quelques heures, le protocole est abandonné: le (leurdelysé garnit de façon échevelée les balcons, s’offre des ballades en voiture, sert de parapluie ou de parasol et enveloppe les corps des plus enthousiastes.N’empêche que ce drapeau possède une histoire qui lui confère généralement, même en cette journée de douce folie, une profonde résonance symbolique aux yeux des Québécoises et des Québécois.«En décidant, il y a cinquante ans, de faire flotter un drapeau proprement québécois à la tour centrale du Parlement de Québec, les parlementaires de l’époque ont voulu exprimer une réalité fondamentale: le peuple du Québec existe, il a une histoire et, surtout, il a un avenir.C’est cette même réalité qu'expriment tous les drapeaux du monde», a déclaré au Devoir, à ce propos, le premier ministre Lucien Bouchard.Il y a cinquante ans En décembre 1948, au moment où son gouvernement est au sommet de sa popularité, le premier ministre Maurice Duplessis dotait le Québec du drapeau fleurdelysé.Quelques mois plus tard, le gouvernement de l’Union Nationale est réélu avec une écrasante majorité et l'opposition ne comptera plus qu’une dizaine de sièges à l’Assemblée législative.Le drapeau a vu le le jour à une période souvent qualifiée de «grande noirceur».Aujourd’hui, les historiens sont plus nuancés et plutôt enclins à reconnaître que cette époque, à partir de 1935, fut également marquée par l’émergence de mouvements et d’institutions progressistes, qui procurèrent à la province plusieurs outils de modernité fort utiles lors de l’avènement de la Révolution tranquille en 1960.L’arrivée du drapeau s’est parallèlement inscrite dans le courant des visées autonomistes de Duplessis, dont l’apogée sera atteinte en 1954 avec la reprise par le Québec de son pouvoir de taxation perdu au détriment du fédéral à l’aube de la Deuxième Guerre mondiale.Professeur de littérature/médias à l’Université Laval, François Baby soutient que, sous Duplessis, l’émergence de la modernité a véritablement éclaté dans tous les secteurs — la pensée, les arts, le transport, la santé, l’éducation, etc.— pendant que s’affirmait le caractère revendicateur du Québec vis-à-vis d’Ottawa.Voilà dans quel contexte a vu le jour le drapeau québécois, selon lui.Le «Carillon» M.Baby raconte que l’Action nationale et d’autres JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les Québécois démontrent envers leur drapeau un attachement sans équivalent dans les autres provinces.mouvements commencèrent à prôner l’adoption du pavillon «Le Carillon» à titre de drapeau du Québec et des Canadiens français à partir de la fin des années trente.En septembre 1902, le curé Elphège Filiatrault, de la paroisse Saint-Jude près de Saint-Hyacinthe, avait hissé sur son presbytère un pavillon de son cru qu’il avait baptisé «Le Carillon».Les fleurs de lys et la couleur bleu ciel du pavillon s’inspiraient de la bannière portée victorieusement par les Français lors de la bataille de Fort Carillon en 1758.La croix blanche était empruntée des anciens drapeaux français.Selon les propos du curé, «il s'agissait là d'un drapeau nouveau pour un peuple nouveau», un drapeau qui allait gagner en popularité au fil des ans.En fait, sur le drapeau actuel, les Heurs qui étaient inclinées sur «Le Carillon» ont été redressées, et leur forme a été modifiée pour leur conférer un caractère plus hiéraldique.Telle est la véritable origine de notre drapeau, fait valoir François Baby.«Par conséquent, il est faux de croire que le fleurdelysé puise ses origines du Carillon Sacré-Cœur, un pavillon à caractère nettement religieux, où un cœur coiffé d’une croix et entouré de feuilles d’érable trônait au centre du Carillon d’origine.» Autour de 1947, les pressions en faveur de l’adoption du Carillon, en provenance de producteurs îigricoles, qui sont souvent des organisateurs politiques, et de l’Ordre de Jacques Cartier, une société secrète structurée et influente, se sont accentuées auprès du premier ministre, üi Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, les Jeunes I.aurentiens et la Chambre de commerce de Montréal ont emboîté le pas.Tant et si bien que, dés novembre 47, Duplessis aurait décidé de donner le drapeau Carillon au Québec, quoiqu’il craignait alors la réaction des Canadiens anglais à cause du caractère français du Carillon, qui se manifestait dans ses couleurs, ses fleurs et sa croix.Une vague populaire Far conséquent, rusé et roublard comme il le fut plus d’une fois, Duplessis décida alors d’utiliser une de ses tactiques politiques favorites, soit de laisser grossir la vague populaire avant de passer à l’action.D’autres, comme le député indépendant René Cha-loult, se sont alors chargés de faire en sorte que le mouvement prenne de la vigueur et que l’opinion publique se mobilise dans le sens voulu.En mars 1947, Chaloult déposait devant l’Assemblée législative une résolution appuyée par le chef du Bloc populaire, André Laurendeau.Afin d’éviter de se mouiller et pour gagner du temps, le gouvernement mit sur pied un comité «pour étudier les questions et les aspects que soulève la résolution».Quelque temps après, le comité était dissous.Le député indépendant revenait à la charge le 2 décembre et inscrivait une résolution plus claire en vue de la session qui allait s’ouvrir le 14 janvier 1948.Il réclamait que soit adopté «un drapeau véritablement québécois».Le premier ministre, jugeant que le fruit était mûr, et qu’il était temps de le cueillir, allait littéralement lui coujjer l’herbe sous le pied.Avant que la résolution ne soit déposée le 21 janvier 1948, au cours d’une réunion spéciale, le cabinet de Duplessis adoptait un arrêté en conseil, immédiatement sanctionné par le lieutenant-gouverneur, qui décrétait ce qui suit: «Que le drapeau connu sous le nom de fleurdelysé, c’est-à-dire à croix blanche sur champs d'azur et avec lys, soit adopté comme drapeau officiel de la province de Québec et arboré sur la tour centrale des édifices parlementaires à Québec, et cela avec la modification ci-après, savoir: que les lys soient placés en position verticale».L’Assemblée législative ratifiera cette décision gouvernementale deux ans plus tard.Dans le pays de demain, aucune Québécoise, aucun Québécois ne doit être exclu.Pour que régnent justice et équité, il n’y a qu’une seule voie, celle de la solidarité.C’est aujourd’hui que nous devons commencer à bâtir ce nouveau pays.# w • —• . .fil # • ¦ ésÜP* W-.El CEQ ?FTQ 7 O ^ ^uni mint ,j^uctu André Boisclair Ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration 24 JUIN FÊTE NATIONALE DU QUÉBEC Chères Québécoises et chers Québécois, La Fête nationale du Québec nous invite à reconnaître nos succès, nos réalisations et nos joies collectives.À cette occasion, un sentiment de fierté nous rallie tous.Fierté qui contribue à façonner une société québécoise plus solidaire et davantage ouverte sur le monde.En cette année du 50e anniversaire du drapeau du Québec, je souhaite que nous partagions, ensemble, cette fierté.Le 24 juin, je convie donc tous les Québécois et Québécoises, à participer, le cœur en fête, aux nombreuses réjouissances et activités organisées près de chez eux.Bonne Fête nationale! I Gouvernement du Québec Ministère des Relations avec les citoyens I et de l’Immigration Québec L K I) E V t) I R , LES SA M EDI 2 0 E T I) I M A N
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