Le devoir, 26 juin 1998, Cahier A
LE DEVOIR V I» i.I.X X XIX N "141 PERSPECTIVES \ A qui appartient la fête ?William Johnson a fait le point hier sur sa participation au défilé de la Saint-Jean (voir texte en page A 3), au cours duquel il a été chahuté, insulté et enlevé par les policiers à mi-parcours par mesure de sécurité.Le président d’Alliance Québec ainsi que le comité organisateur du défilé et les forces de l’ordre se sont tous portés volontaires pour que ce 24 juin 1998 soit marqué par la polémique.entêtement de William Johnson à marcher parmi la population lors de la parade relève davantage du calcul politique que de la naïveté d’un fier Québécois bilingue ou du «phénomène de société», comme il l’a lui-même déclaré.Tout au long de cette saga, William Johnson n’aura pas dérogé à son idée: prendre part au défilé.Il a négocié avec le comité organisateur pour avoir sa place parmi les dignitaires, mais sans succès.Il a donc décidé de se joindre au cortège.Il faut se rappeler l’insistance de William Johnson, mercredi, à tenir les policiers à l’écart alors que le couvercle de la marmite s’apprêtait à sauter.Il faut se souvenir de l’empressement du vice-président d’Alliance Québec, Anthony Housefather, à en appeler au premier ministre Lucien Bouchard afin qu’il «marche» avec la tête de Turc des souverainistes l’an prochain, alors que les policiers et les belligérants n’avaient pas encore retrouvé leurs esprits.Fort habile dans son rôle de martyr la veille, William Johnson en a remis hier.Les policiers l’ont d’abord «enlevé deforce», a-t-il dit.Bria n H était déterminé à aller au bout Myles de son calvaire, même au risque de sa sécurité.Insulté de toutes * * * parts, pris dans des bouchons humains qui l’empêchaient d’avancer, il en a conclu qu’il a été l'objet de comportements racistes.Pire, sa liberté d’expression et de mouvement a été «brimée» par l’action conjointe du public et des policiers.Le comportement de l’un appelait cependant l’intervention des autres.Aujourd’hui, William Johnson est une victime ou un provocateur, c’est selon.Il n’est surtout pas le citoyen anonyme qu’il prétendait être en se mêlant à la foule.L’homme a été rapidement repéré, ciblé et attaqué par une faction du mouvement souverainiste.William Johnson aura prouvé que les épithètes de «politicien aguerri» et de «Pit-Bill» ne lui ont pas été accolées sans raison.Par son action, il aura révélé le caractère résolument politique de la Saint-Jean, la fête nationale de tous les Québécois.francophones.Mais est-ce le souhait du peuple que cette polarisation de la fête?Une enquête Sondagem réalisée récemment pour le compte du Devoir, du Soleil et de Télé-Québec révélait que sept Québécois sur dix considèrent le 24 juin comme la fête de tous.La Fête nationale reste malgré tout un puissant véhicule politique.Pierre Elliott Trudeau l’a compris 30 ans avant William Johnson.Il avait dû esquiver des projectiles en face de la Bibliothèque centrale de Montréal, à quelques mètres de l’endroit où, coïncidence, Johnson a été retiré de la circulation mercredi.La police chargeait les manifestants tandis que Trudeau remportait les élections le lendemain.Sur la base de son coup d’éclat, William Johnson demande maintenant au gouvernement du Québec de reprendre le contrôle de l’organisation de la Fête nationale.Il attaque la crédibilité de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal — vouée à la «sécession», dit-il —, qui est derrière l’organisation du défilé.Il s’interroge sur la pertinence de diffuser le spectacle de la Saint-Jean sur les ondes de Radio-Canada.M.Johnson ne serait jamais parvenu à susciter autant de controverse à lui seul.11 peut dire merci au comité organisateur, qui a refusé dès le départ de l’inviter à marcher parmi les dignitaires, tous protégés par un cordon humain de bénévoles.Relégué au rang de simple citoyen, M.Johnson était encore plus visible.M.Johnson doit également une fière chandelle aux policiers.Plutôt que d’assurer sa protection, les agents se sont pliés à sa volonté et se sont maintenus à distance — du moins jusqu’à la rue Amherst.Résultat?Ce sont les journalistes, caméramans et photographes qui ont assuré malgré eux la sécurité du président d’Alliance Québec qui ne voulait surtout pas, en laissant les policiers s’approcher, avoir l’air de céder à l’intimidation.Les policiers, justement au nom de la sécurité, n’auraient-ils pas dû s’interposer dès le départ entre William Johnson et ses détracteurs?Le comité organisateur du défilé a décidé de ne pas faire de cadeau au nouveau président d’Alliance Québec.Ce dernier a répliqué en s’offrant en pâture aux participants qui ont pu à leur tour verbaliser leurs convictions politiques dans une séance de défoulement collectif.Le jeu aura-t-il fait des perdants?Relégué au rang de simple citoyen, Bill Johnson était encore plus visible M E T E 0 Montréal Nuageux avec j)i éclaircies.Averses ou orages.Max: 2(i Min: 17 Québec Averses.Max: 20 Min: 14 Détails, page A 2 INDEX Agenda .B 7 Le monde .A 5 Annonces.A4 Les sports .B 6 Avis publics.A2 Montréal .A3 Culture .B 8 Mots croisés.A4 Économie.A 6 Politique .A4 Éditorial .A8 Télévision .B 6 www.ledevoir.com M U N T li É A I.I.K V E X I) 11 K D I 2 (i .1 U 1 N I !) !>
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.