Le devoir, 27 juin 1998, Cahier D
H I) E V (t I H , I.K S S A M K DI 2 7 E T I) I M A X C ME 2 S .1 U I X 1 » S) 8 Espace et fiction Page D 3 Littérature française D5 ?Sylvain Cousineau Arts visuels Page D 7 Formes Page D 8 ?LETTRES QUÉBÉCOISES Femme de carrière Pauline Gill trace le portrait d’une femme exemplaire.Victoire Du Sault brava les interdits du siècle dernier pour faire carrière dans un «métier d’homme».La Cordonnière est l’histoire d’une vie que Pauline Gill avait abordée dans un précédent roman, Le Château retrouvé.LA CORDONNIÈRE Pauline Gill VLB, Montréal, 1998 615 pages ROBERT CHARTRAND Pauline Gill a d’abord prêté sa plume à des causes louables, ce qui n’est pas un défaut.En 1990, par exemple, La Porte ouverte était une biographie parue aux éditions du Méridien qui avait fait connaître au grand public Imelda Millette, une femme admirable de dévouement qui, pendant plus d’un demi-siècle, a hébergé et secouru des millers de personnes diversement démunies.Et en 1991, elle contribua à faire la lumière sur le scandale de ces orphelins, pupilles de l’État, dont un grand nombre furent enfermés dans des hôpitaux psychiatriques dans les années 40 et 50: Ixs Enfants de Duplessis racontait leur histoire à travers le témoignage d’une de ces malheureuses victimes, Alice Quinton.C’est en 1996 que Pauline Gill est passée à la fiction romanesque, mais en s’appuyant fermement sur des faits réels.Le Château retrouvé — sous-titré Les souliers magiques —, pour lequel elle s’est abondamment documentée, raconte l’histoire, authentique pour une bonne part, de certains membres des familles Dussault et Dufresne, plus particulièrement celle des grands-parents et parents des frères Dufresne, ces architectes à qui on doit certains immeubles de style beaux-arts de l’est de Montréal: le marché et le bain Maisonneuve, de même que le célèbre château Dufresne, qui fait l’angle de la rue Sherbrooke et du boulevard Pie-IX.Victoire Du Sault Le personnage central de ce premier roman de Pauline Gill, c’était Victoire Du Sault, née en 1845 dans la région de Yamachiche, une fille d’agriculteurs qui, en dépit des réticences de ses parents, décida de devenir cordonnière comme son grand-père, c’est-à-dire de fabriquer et de vendre des chaussures, selon l’acception que ce terme avait autrefois.Le Château retrouvé racontait la jeunesse de Victoire, de 15 à 28 ans, alors-qu’elle tentait de faire reconnaître sa compétence dans ce métier inusité pour une femme, mais aussi sa passion secrète pour un voisin, de vingt ans plus âgé qu’elle; Georges-Noël Dufresne, également épris de la jeune fille, s’efforçait de n’en rien laisser paraître.Leur amour aurait fait scandale: Victoire n’avait que quinze ans et Georges-Noël était marié.Le roman se terminait en 1873: Victoire, à 28 ans, venait d’épouser un des fils de Georges-Noël, Thomas, de dix ans son cadet.La Cordonnière, la suite de cette fresque familiale, se serait probablement intitulé Le Château retrouvé — avec un sous-titre différent — s’il avait paru, comme celui-ci, aux éditions Libre Expression et non chez un autre éditeur.On n’indique pas qu'il s’agit du deuxième tome de ce roman, VLB ne tenant sans doute pas à offrir de publicité gratuite à Libre Expression.VOIR PAGE t) 2: GILL LE DEVOIR Épopées historiques, aventures exotiques, romans fantastiques ou de mystère, études de mœurs ou de sociétés, les romans québécois du siècle dernier sont marqués du sceau de la diversité.Ces romans sont à découvrir, et les éditeurs québécois, tels Fides ou les presses universitaires, tout comme une maison spécialisée, les Éditions de la Huit, mettent ou remettent sur le marché, avec succès, les premiers titres de la littérature québécoise.hier»,,, .aujourd hui Aquarelle (1838) de Katherine Jane Ellice, extraite du livre Les Meilleurs Rotnans québécois du XIX' siècle, éditions Fides.BLANDINE CAMPION Vous aimez les grandes épopées historiques, les aventures exotiques et pleines de rebondissements, les personnages hauts en couleur et les intrigues qui n’en finissent plus de rebondir?Alors lisez Les Fiancés de 1812 de Joseph Doutre (1844), La Fille du brigand d’Eugène L’Écuyer (1844), Une de perdue, deux de trouvées de George Boucher de Boucherville (1849-1865) ou Jacques et Marie de Napoléon Bourassa (1866).Vous préférez les mystères, le merveilleux populaire, le fantastique?Alors plongez dans L’Influence d’un livre de Philippe Aubert de Gaspé fils (1837), dans Forestiers et voyageurs de Joseph-Charles Taché (1865) ou dans Légendes canadiennes de Henri-Raymond Casgrain (1861).Vous vous sentez une vive curiosité pour les mœurs de l’ancien temps, vous rêvez de connaître les modes de vie de cette société qui fut celle des Canadiens français bousculés par de nombreux changements sociaux et politiques?Alors ouvrez La Terre paternelle de Patrice Lacombe (1846), Charles Guérin de P.-J.-O.Chauveau (1846-1853), Jean Rivard (1862-1864) d’Antoine Gérin-Lajoie ou bien Les Anciens Canadiens de Philippe Aubert de Gaspé père (1863).Si vous n’avez pas trouvé votre bonheur parmi ces titres, il vous reste encore à découvrir les œuvres de Louis Fréchette, Joseph Marmet-te, Laure Conan, Faucher de Saint-Maurice, Pamphile Lemay, et bien d’autres encore.On trouve de tout dans cette littérature qui ne se dit pas encore québécoise et se veut surtout canadienne-française.Les anthologies nous proposent des poèmes (mais peu de théâtre), des textes sur l’histoire et des relations de voyages, de nombreux sermons, discours politiques et autres essais sur la chose publique, mais aussi des journaux intimes, des romans, des contes et des nouvelles.C’est dire qu’il y en a pour tous les goûts, même si ceux d’aujourd’hui ne sont plus ceux d’autrefois.Pour apprécier pleinement cette littérature qu’on dit parfois désuète, il faut en accepter et en comprendre les défauts.Bien des pages pourront sembler gâchées par une lourdeur stylistique héritée de l’éducation classique reçue par les auteurs, nourrie d’une rhétorique classique aujourd’hui jugée pompeuse.Bien des intrigues peuvent apparaître comme calquées sur des canevas rebattus, subordonnées à une volonté didactique et à une orthodoxie religieuse peu propices aux délires de l’imagination.Mais il n’en reste pas moins qu’une fois ces éléments admis, cette littérature est capable de nous offrir de nombreux plaisirs.Elle nous apporte un savoir sur les mœurs de l’époque (réelles ou travesties par l’idéologie de la survivance) et sur l’histoire du pays.Elle nous offre l’évasion, que ce soit par l’exotisme de ses romans d’aventures ou par la simple distance temporelle qui existe entre les situations d’alors et le lecteur d’aujourd’hui.Elle nous permet de goûter et de pénétrer un imaginaire, qu’il soit individuel ou collectif, dont a découlé l’imaginaire québécois contemporain.VOIR PAGE D 2: QUÉBEC XIXK AUTOBUS DUPLESSIS • BANQUE NATIONALE DU CANADA CONSEIL DES ARTS DE LA COMMUNAUTÉ URBAINE DE MONTRÉAL • CONSEIL DES ARTS DU CANADA ÉDIFICE BELGO • LE DEVOIR • LE SABORD • MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS DU QUÉBEC OPTICA • PARACHUTE • PRATT 8 WHITNEY CANADA RITZ-CARLTON KEMPINSKI MONTRÉAL SERVICE DE LA CULTURE DE LA VILLE DE MONTRÉAL TÉLÉCITÉ-TMI • TRANS ART • VIA ROUTÉ - VIE DES ARTS VISITEZ LA GALERIE MEMBRE DE L"AGAC A OTTAWA : Galerie St-Laurent - Hill UN MEGA-EVENEMENT LES ACTUALITÉS DE IA PEINTURE ABSTRAITE PLUS DE TRENTE LIEUX D'EXPOSITION PLUS DE 250 ARTISTES EXPOSITION THÉMATIQUE ÉDIFICE BELGO A MONTRÉAL DU 6 JUIN AU 11 JUILLET 1998 UNE RÉALISATION DE L'ASSOCIATION DES GALERIES D'ART CONTEMPORAIN (MONTRÉAL) RENSEIGNEMENTS (514) 861-2345 VISITEZ LES GALERIES MEMBRES DE L'AGAC A QUEBEC : Galerie Estampe Plus Galerie Madeleine Lacerte L E I) E V 0 I II .L E S S A M E I) I 2 7 E T 1) I M A N C, Il E 2 8 JUIN I !» !» 8 Livres GILL Nul «terroirisme» traditionnel ici SUITE DE LA PAGE DI Quoi qu’il en soit, revoici Victoire, Thomas et Georges-Noël dans la situation où ils se trouvaient à la fin du Château retrouvé et que nous allons suivre 1873 à 1890, jusqu’à la mort de Georges-Noël, alors que les Dufresne se sont établis à Montréal.Au lendemain du mariage, en attendant que Thomas ait mené à bien les travaux d’aménagement de sa propre maison, le jeune couple emménage chez Georges-Noël, qui est devenu veuf.Mais les travaux n’en finissent plus, si bien que les trois personnages vont vivre ensemble longuement.La situation est délicate et pourrait devenir scabreuse.Victoire et son beau-père n’ont pas oublié leur désir; y ont-ils même renoncé?Thomas, lui, qui semble ne se douter de rien, se lance dans mille projets avec l’enthousiasme de son jeune âge: un jpur, il rêve d’aller faire fortune aux Etats-Unis, puis il s’apprête à acheter un moulin à scie ou effectue des forages dans son érablière, convaincu qu’il y a dans le sol d’importantes nappes de gaz.Mais c’est un rêveur qui garde les pieds sur terre; il aspire à être son propre patron sans cesser de travailler comme voyageur de commerce.Rêves et ambitions C’est d’ailleurs la caractéristique de la plupart des personnages du roman de Pauline Gill.Chacun poursuit ses rêves et ses ambitions en évitant de compromettre sa situation ou de bouleverser sa vie.Ainsi, Victoire accepte de négliger son métier de cordonnière pour s’occuper de la maisonnée et élever ses enfants.Personne, dans ce roman, n’est héroïque, mais on n’est pas veule, ni lâche pour autant: simplement, on se soumet à certaines contraintes de la vie quotidienne par fidélité à ses engagements et par respect des autres.On le constate notamment à propos du désir et des rapports amoureux, là où se manifeste, comme il se doit, la part la plus romanesque du récit.Victoire et Georges-Noël, qui sont devenus bru et beau-père, ont toujours envie de s’étreindre.Mais peut-il trahir son fils et elle, tromper son mari?Et il y a aussi entre eux le souvenir douloureux de Domitille, la défunte femme de Georges-Noël, dont les carnets et les dessins montrent à l’évidence qu’elle avait eu connaissance de leur passion.Victoire se demandera d’ailleurs si la pauvre femme ne s’est pas laissée mourir de chagrin.Cette relation triangulaire entre le père, la bru et le fils est vécue au fil Pauline Gill La vlb éditeur Commandez vos livres chez Renaud-Bray Nous expédions partout au Québec poste ou messagerie Montréal : 342 - 2815 Extérieur : 1-888-746-2283 >mail : sad:w rcnaud-brav.com des occupations quotidiennes.Sans jouer les psychologues, ils y réfléchissent parfois — après tout, ils sont intelligents et sensibles — et devinent presque la part obscure trouble — peut-être incestueuse?— de leurs désirs.Victoire n’avait-elle pas été séduite par cet homme mûr parce que, contrairement à son père, il l’encourageait à devenir cordonnière et l’avait même aidée?Et Thomas, ce grand enfant dans l’âme, serait-il le faire-valoir de son père, qu’elle n’avait pu épouser?Les émois du corps et les intermittences du cœur viennent troubler les personnages, qui font cependant en sorte que de ne pas pas tout gâcher pour autant.Victoire et Georges-Noël ont certaines audaces, mais ils s’arrêtent au seuil de la témérité.Ce ne ne sont pas des monstres, ni des saints.Ils ont, plus modestement, leurs défauts, leurs faiblesses et leurs qualités, qui les rendent crédibles et attachants.L'histoire au quotidien Quant à la perspective historique de La Cordonnière, c’est celle de la vie quotidienne d’un village québécois dans la deuxième moitié du XIX' siècle où les idées progressistes circulaient, malgré l’influence d’un clergé ultramontain, où on s’intéressait à l’industrialisation naissante.Ces provinciaux prospères qui, à l’exception du père de Victoire, ne sont pas des paysans, ont de l’initiative; nul «terroirisme» traditionnel ici: on aime bien son coin de pays, mais on le quitte au gré de ses ambitions.Le roman de Pauline Gill, qui est notamment dédié aux descendants des familles Dufresne et Dussault n’est manifestement pas une œuvre de commande, dans la veine de ces biographies dites autorisées qui chantent avec complaisance les louanges des commanditaires ou de leur ascendance — à défaut de quoi, on l’a vu récemment, leurs auteurs risquent d’être désavoués.Pauline Gill a sans doute été fidèle à la réalité historique de ses personnages, tout en imaginant librement certains épisodes.La narration de La Cordonnière, sans grandes surprises, est agréable; cependant, la langue qu’on prête aux personnages dans les dialogues est trop châtiée, et le lexique de l’auteure manque souvent de rigueur.De nombreux mots détonnent dans leur contexte, qui tentent d’amplifier artificiellement un geste ou un état d’âme: ainsi, la grossesse de Victoire ne lui est pas vraiment une «prodigieuse source d'inspiration», pas plus que Thomas, en se remettant au travail, ne fait preuve d’un «zèle délirant».On sent là une recherche inutile d’effet dans un récit qui vaut surtout pour sa sobriété et ses nuances.Quant aux rappels, fréquents, du passé des personnages c’est-à-dire des principaux épisodes du Château retrouvé, ce sont des mises en contexte commodes pour ceux qui n’ont pas lu ce dernier livre, mais qui paraîtront superflus aux autres.Mais la romancière pouvait difficilement renvoyer les lecteurs au livre d’un éditeur concurrent, même s’il était d’elle.QUEBEC XIX1 Les auteurs québécois du XIXe siècle sont à présent à la portée de tous, et c'est tant mieux SUITE DE LA PAGE DI Un pionnier Camille Roy (1870-1943), qui fut recteur de l’Université Laval et fit beaucoup pour les études d’histoire littéraire au Québec, situe les débuts de la littérature québécoise au milieu du XIX siècle, ainsi que le font nombres d’historiens.Il a tenté, dans ses conférences, ses critiques, ses manuels, de faire apprécier entre autres la vivacité de ton, le pittoresque des descriptions, la finesse des observations et la qualité expressive des portraits que la prose produite ici au cours du XIX' siècle avait à offrir.D’autres, qu’ils soient ses contemporains ou ses successeurs, ont affirmé au contraire que les textes de cette période ne constituaient somme toute qu’un ensemble d’œuvres insipides, mauvaises copies des ouvrages français rendues assommantes par leur volonté didactique et leur soumission au dogmatisme catholique.Et tous ceux qui ont eu un jour à enseigner ces textes considérés comme «anciens» aux élèves du secondaire ou du collégial connaissent les moues dubitatives, sinon carrément dégoûtées, que suscite un tel corpus, qui semble à mille lieu des préoccupations des jeunes lecteurs chez qui les noms de Philippe Aubert de Gaspé ou Laure Conan font immédiatement naître un bâillement indifférent.Que penser alors?Un ramassis de vieilles choses poussiéreuses, une collection d’images défraîchies et démodées, un assortiment de textes didactiques et de romans barbants, la littérature québécoise du XIX»1' siècle?Ou bien le terreau fertile sur lequel c’est édifié une littérature dont la richesse, la variété, l’existence même doit beaucoup à ces auteurs aujourd’hui peu connus qui ont au moins eu le mérite de faire œuvre d’imagination dans un contexte qui ne se prêtait pas forcément à un tel exercice?Un regain d’intérêt La question de la qualité de ces œuvres du siècle dernier, ainsi que celle de la pertinence d’une lecture contemporaine, semble en effet aujourd’hui dépassée.Le regain d’intérêt pour cette partie de la littérature québécoise qui s’est amorcé dans la seconde moitié de notre siècle ne semble jamais s’être démenti depuis et de plus en plus nombreux sont ceux qui, par divers moyens, s’emploient à la faire découvrir, sinon redécouvrir aux lecteurs d’aujourd’hui.Ce mouvement d’intérêt doit tout d’abord beaucoup à la recherche universitaire qui s’est développée au Québec comme ailleurs dans les autres provinces.Au cours des dernières décennies, des projets d’envergure comme ceux entrepris sous la direction de Maurice Lemire, soit Le Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec (Fides) et Im Vie littéraire au Québec (Les presses de l’Université Laval) ont permis aux spécialistes aussi bien qu’aux simples amateurs d’avoir connaissance de textes qu’on avait cru tombés dans les oubliettes, et de les replacer dans le contexte historique, culturel, socioéconomique qui était le leur.Ce fut la première étape.La seconde a consisté à redonner une nouvelle (et parfois une première) visibilité à des textes (contes, romans, nou- Sëriiprun Un été * Adieu, ¦ vive clarté.1 27,95$ «Ce livre est le récit de la découverte de l’adolescenoe et de l’exil, des mystères de Paris, du monde, de la féminité.Aussi, surtout sans doute, de l’appropriation de la langue française.en écrivant Adieu, vive clarté., il m’a semblé retrouver une liberté perdue, comme si je m’arrachais à la suite de hasards et de choix qui ont fini par me composer une sorte de destin.» JS.GALLIMARD complètement salade! Fkmtte Bcaodoil» Complètement Si Pierrette Beaudoin Des recettes de salades au goût du jour, pour égayer une petite fringale ou satisfaire une faim gloutonne.Des idées savoureuses pour chaque occasion et pour tous les goûts! Plein de trucs et d’anecdotes qui multiplieront votre plaisir de cuisiner! 168 pages illustré Saveurs du Qotager et du marché Pierrette Beaudoin 98 pages En vente dans toutes les bonnes librairies Les Éditions LOGIQUES - Distribution exclusive: l .otUDlsni l 1225, rue de Coudé.Montréal (Québec) H3K 2E4 Tel : (514) 933-2225 • Fax: (514) 933-2182 ibg.iqtre@cam;org • http://www.Jogique.com gtôutonne te fringale velles) jusque là inaccessibles.L’intérêt manifesté par les spécialistes universitaires, les professeurs et les amateurs éclairés a finalement gagné un public assez large ( à défaut d’atteindre encore le «grand» public), à tel point qu’il est aujourd’hui possible aux éditeurs de publier des ouvrages ou mêmes des collections entières de ces textes sans risquer de voir leurs produits jaunir sur les, tablettes et de faire banqueroute.Editions savantes et critiques ou bien éditions de poche, les auteurs québécois du XIX‘ sont à présent à la portée de tous, et c’est tant mieux.Auteurs et collections Du côté des éditions savantes, on retiendra la très belle Bibliothèque du Nouveau Monde, collection publiée aux Presses de l’Université de Montréal, dans laquelle se trouve notamment une édition critique des Contes vrais de Pamphile Lemay.Pour les plus petites bourses, la maison Fides offre plusieurs collections qui comptent des auteurs du XIX': la fameuse collection «Nénuphar», dirigée par Luc Lacoursière et la très abordable collection «Bibliothèque québécoise» qui comprend notamment des classiques tels que A la brunante de Faucher de Saint-Maurice, Angéline de Montbrun de Laure Conan ou Les Anciens Canadiens de Philippe Aubert de Gaspé.Forte de ces succès et consciente du manque d'anthologies abordables de cette période, la maison Fides a faire paraître en 1996 deux volumes intitulés Les Meilleurs Romans québécois du XIX' siècle, volumes qui furent suivis des Meilleurs Contes fantastiques québécois du XIX siècle et de Les Meilleures Nouvelles québécoises du XDC siècle.Enfin, il faut signaler ici un projet tout à fait louable et qui tend à combler bien des lacunes dans le domaine des lettres du siècle dernier.En effet, yne nouvelle maison d’édition, Les Editions de la Huit, mise sur pied par Rémy Ferland, professeur à l’Université Laval, et basée à Sainte Foy, a entrepris de publier (parfois [jour la première fois) soit des textes inconnus d’auteur reconnus, c’est le cas pour le roman Nicolas Perrot ou Les Coureurs des bois sous la domination française de George Boucher de Boucherville ou bien pour Bataille d'âmes de Pamphile Lemay, soit des textes d’auteurs jusque là passés jsous silence, tel le Pierre et Amélie d’Edouard Duquet.En plus de ces trois titres, deux autres sont disponibles: Sabre et scalpel, un roman de Napoléon Legendre, et Le Pèlerin de Saint-Anne de Pamphile Lemay.Il faut saluer ici le sérieux et patient travail de M.Ferland qui a établi, présenté et annoté chacune de ces éditions.Grâce à des projets comme celui-ci et au travail effectué par de plus en plus d’éditeurs qui font confiance à ces textes, la littérature québécoise du »jt»' siècle, dans sa diversité et sa spécificité, tend à prendre une place d’importance dans les lectures du public québécois et dans l’enseignement de la littérature d’ici, ce qui n’est qu’un juste retour des choses.Gilles Marcotte n’écrivait-il pas, au moment de présenter l'Anthologie de la littérature québécoise qu’il a dirigée et parlant au nom de tous les collaborateurs qui y ont contribué: «Nous réunissons [tous ces textes] dans le lieu commun de l’écriture, dans cet espace général du langage où tous les textes, si divers qu'ils soient, concourent à dessiner le visage d'une collectivité.N’est
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.