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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1998-07-11, Collections de BAnQ.

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I.E I) E V 0 1 It .I.E S S A M EDI II E T D I M A X < HE 12 .1 I I I.I.E I I D !) X ?LE DEVOIR ?Vitrine du disque Page B 3 Cinéma Page B 4 À l'écran Page B 5 Grille télé du week-end Page B 6 Agenda culturel Page B 7 Disques classiques Page B 8 ?FANTASIA Une fenêtre sur Hong-Kong Après plusieurs années de doute et d’angoisse, apparaît dans l’ancienne enclave britannique un nouveau cinéma d’auteur, amalgame des meilleurs éléments du cinéma d’action à la John Woo et d’une poésie à la Wong Kar-wai MARTIN BILODEAU Le troisième Festival international du cinéma fantastique débutait hier soir à l’impérial, dans le tohu-bohu habituel des happenings rassemblées que Montréal prend plaisir à institutionnaliser.Avec Fant-Asia s’ouvre également une fenêtre sur Hong-Kong, ex-enclave britannique dont la foisonnante production constitue la moitié de sa programmation, établie cette année à 80 films échelonnés sur un mois.Or, force est de constater qu’un an après le retour de l'ile aux mains des chinois, le cinéma hong-kongais affiche une belle sérénité, après plusieurs années de doute et d’angoisse dans l’enclave morale po$t-Tian An Men, pré-rétrocession.Evénement catalyseur de cette santé morale et esthétique du cinéma de Hong-Kong: le succès à l’étranger du cinéaste Wong Kar-wai, découvert en 1995 avec Chunking Express: «L’industrie du cinéma de Hong-Kong a décidé à ce moment de se refaire une nouvelle image», explique Martin Sauvageau, co-fondateur de Fant-Asia et co-pro-grammateur du volet hong-kongais de l’événement.«Même si, au box-office local, les films de Wong Kar-wai (Fallen Angel, Happy Together) ne font pas d’argent, ceux-ci lui ont valu les plus gros succès à l'étranger depuis Histoires de fantômes chinois, dans les années 80.» Passée une petite vague de cinéastes copistes, dont les films souvent prétentieux n’ont pas marché, des émules plus inspirés (dont Patrick Yau et son excellent The Odd One Pies, programmé le 20 juillet à 19h) ont jeté les bases d’un nouveau cinéma d’auteur, amalgame des meilleurs éléments du cinéma d’action à la John Woo et d’une poésie spleenistique à la Wong Kar-wai: «Autant l'année passée on pouvait parler de tendance, autant cette année on peut parler d’école», affirme l’expert Sauvageau, qui possède en mémoire tout le corpus hong-kongais.Arts martiaux Si la tendance du cinéma d’action traditionnel s’est passablement marginalisée à Hong-Kong, la faim des fans pour ce genre ne s’est pas encore apaisée.C’est pourquoi Fant-Asia propose cette année une petite rétrospective des classiques d’arts martiaux, dont plusieurs se prêtent à une lecture socio-politique témoignant des angoisses de l’échéance du 30 juin 1997.Aujourd’hui considéré comme l’aboutissement d’un genre à la croisée des traditions et de la modernité, The Blade, réalisé en 1995 par Tsui Hark, est un western hyper violent dans lequel Chiu Cheuk, vedette montante de Hong-Kong — présent à Montréal cette semaine pour les projections de The Blade (hier soir, hélas) et Black Sheep Affair (ce soir, 18h)—, interprète le fils adoptif d’un maître fabricant de sabres, laissé pour mort après qu’un combat avec des brigands lui a fait perdre un bras.Le manchot symbolisant l’homme appelé à vivre à un niveau différent d’existence, c’est un jeune homme transformé qui reviendra défendre les siens en même temps qu’il vengera la mort de son père, ramenant la paix dans son village qui ne saurait tolérer d’être assujetti à des autorités barbares.VOIR PAGE B 4: HONG-KONG S BERNARD LAMARCHE La télévision nous a habitués à voir repoussées les frontières de l’infini dans les confins de l’espace intergalactique.De la dernière frontière aux frontières du réel, la question des limites du possible a hanté le petit écran depuis près de 30 années.Etonnamment, cette dernière frontière ne se trouve pas là où les trek-kies la cherchent.D’autres frontières, bien plus palpables, se sont hérissées jadis, qui n’ont jamais été remises en question.D’une obsession à l’autre, celle qui s’est jetée sur les pelouses nord-américaines ne mérite pas moins l’attention.Paradoxalement, après avoir repoussé des décennies durant la dominicale tondeuse, la pelouse, c’est bien ce dont il s’agit de traiter ici, ne semble pas prête de céder au pressions du rouleau compresseur de la mondialisation.Se jouent à sa surface des matches tendus d’une toute autre nature que sportive.C’est une des lectures qu’il est possible de faire de l’exposition Surface du quotidien: Ixi pelouse en Amérique que propose le dans l’exposition qui clôture le Cycle de l’Amérique entamé en 1995.Questions d’identité La pelouse a le don d’ubiquité.Personnalisée, elle couvre la devanture de votre home douillet, officielle, elle embellit le parterre de la Maison Blanche, sportive, elle absorbe à son plus grand péril le martèlement de vos pieds, qu’ils soient chaussés pour le golf, le football (américain ou européen) ou encore le croquet.La pelouse est omniprésente, mais n’est jamais la même.Faut se méfier, elle pourrait être l’objet d’étranges mutations, pouvant même répondre à la quête de ce sombre enquêteur qu’est l’agent Mulder des X-Files (quant il n’y analyse pas de mystérieux cercles de gazon écrasé, formés par la nuit).Serait-ce que le don d’ubiquité si cher à la pelouse nord-américaine soit en voie d’effritement?VOIR PAGE B 2: GAZON y; tù La Flymo 19 po, de Toro, 1964 Smithsonian Institution, National museum of American History ® • In pelouse en Amérique ¦Vt J-.'h • >• —_J nmOii ¦V • .Terrain de Mme Harold W.Hack, Short Hills, New Jersey, entre 1920 et 1930 Smithsonian Institution, Archives of American Gardens HP?Les Bouquinistes du Saint-Laurent À Montréal SUR LES QUAIS DU VIEUX-PORT Gouvernement du Ocré bec Ministère de la Motropolo Jusqu’au 19 juillet de 11 h à 23 h Une production et réalisation d’Hélène Tirole I Gouvernement du Québec Des boîtes de livres à ciel ouvert ! Des livres anciens, neufs ou d’occasion, à tous les prix, pour tous les goûts.en collaboration avec LE DEVOIR CKAC730 ASSEMBLEE NATIOttALE Tronçon Tleautn* Député dé MârpunftirDAtouvmt V«u-pré*.dunt du la Commiation du l'écooonvu ut du travail *4lM AU PAIN DORÉ Le pouvoir des mots C£~ LE VIEUX-PORT DE MONTRÉAL >-journal montreal L !•: I) K V (III!, L !•: S S A M !• I) I II K T I) I M A X ( Il K 12 .1 I I L I.K T I il il 8 B 2 Exposition au Centre canadien d’architecture Le musée de la pelouse Une représentation réussie de quelque chose de difficilement représentable BERNARD LAMARCHE La pelouse n'a pour ainsi dire pas de limites.Elle a pour unique cadre les endroits que lui disputent l’asphalte, le béton et le carré de nos maisons.Le problème que posait le projet de l’exposition Surface du quotidien: La pelouse en Amérique, outre celui de déterminer ce qu’il pouvait bien y avoir à montrer à ce sujet, était celui de donner des limites à ce qui pratiquement n’en a pas.11 fallait donc imaginer un manière de représenter quelque chose de difficilement représentable.Si la muséologie a comme défi quotidien d’encadrer du fragment, ici, le contraire prévalait.Il s’est agi de fragmenter une étendue.Il fallait donc imaginer des présentoirs aptes à rendre — puisqu’un des buts de l’exposition est de mettre à jour les différentes identités du gazon — cette idée qu’il y a autant de réalités pour la pelouse que d’usages qui lui sont assignés, qu’on lui prête autant d’existences qu’il y a d’îlots dans un lotissement suburbain, etc.Dans ce domaine de la muséologie où le CCA excelle, l’établissement de la rue Baile a fait confiance à Diller & Scofidio, un cabinet d’architectes de New York, pour le concept d’installation.Le résultat est tout simplement phénoménal.Jamais superficielles, les solutions apportées par l’agence sont originales, parfois innovatrices, à la fois cohérentes et subtiles.Dès la première salle, un «paillasson de bienvenue», version vidéo, accueille le visiteur.La caméra y suit en plongée le lent déplacement d’un arrosoir, balayant la cour et ses activités estivales.Dans la salle suivante, consacrée à l’évolution du décou- page morphologique de la banlieue, des boîtes lumineuses présentent des diapositives aériennes à l’infrarouge réalisées par le U.S.Geological Survey, qui mettent en évidence le ratio de terrain couvert par le bâti et la surface gazonnée.Ces lotissements importants (de Riverside, d’après les plans d'Olmsted, près de Chicago à Celebration de Disney, en Floride) datent de 1853 à 1995.De l’un à l’autre, leur succession chronologique démontre le rétrécissement de surface qu’a connue la pelouse, délaissant ainsi graduellement sa fonction d’indice du prestige pour en gagner une autre, davantage fonctionnelle.Au-dessus des photographies, comme autant de projections issues d’elles, des lutrins supportent des maquettes tridimensionnelles précisant la transformation au fil des ans du rapport entre le pavillon de banlieue — ou, selon l’époque, le bungalow — et la pelouse.Ce dispositif permet d’envisager les changements apportés aux formes de ces agglomérations unifiées par la verte étendue.Au mur, des présentoirs accueillent les obligatoires livres traitant du sujet.On y a déposé des ouvrages théoriques retraçant l'évolution du discours dans le domaine de l’aménagement paysager banlieusard.Encore une fois, on a beaucoup soigné le dessin de ces présentoirs, qui intègrent des loupes braquées sur les pages ouvertes des livres en question.Des miroirs disposés en angle sous les supports vitrés permettent de voir également les couvertures des livres.Dans la salle suivante, consacrée aux problèmes juridiques engendrés par les disputes entre voisins au sujet de leur verte devanture, le mode de présentation retenu emporte l’admiration.Au sol, sont projetés les textes des litiges dont la cour a été saisie, concernant les différends entre voisins à propos des codes esthétiques valides sur les propriétés avoisinantes.Défendeur et plaignant sont soumis au projecteur.Au mur, une série de photographies stéréoscopiques rendent toute sa dimension à une des thèses soutenues par l’exposition.Chacune des images donne le portrait d’une frontière.Le photographe Robert Sansone a capté la ligne de combat qui délimite le début et/ou la fin de la liberté de tout un chacun, mesurable à la délimitation des terrains.S’y opposent différentes longueurs de coupe, diverses couleurs, la négligence au soin le plus jaloux, sans compter les différentes «approches» pour ce qui est du terrassement.En soi, la photographie stéréoscopique a plus de chance de séduire que la photographie conventionnelle.Toutefois, les perspectives que ce mode d’imagerie binoculaire exprime, mesurent sans doute mieux l’étendue des dégâts.Ceci sans compter sur le design très convivial des appareils de vision qu’ils nécessitent.Montés sur des poulies qui permettent d’en ajuster la hauteur selon la taille du visiteur, auto-éclai-rants, palliant ainsi l’éclairage amoindri de la salle de projection, ces dispositifs d’accrochage permettent de partager l’effet voyeur du mode de présentation, parfaitement ajusté à cette incursion dans la vie du banlieusard.Pour présenter les semelles des chaussures spécialisées selon les sports, une table de verre a suffi, montrant les chaussures renversées.Pour valoriser la manière avec laquelle les responsables de l’aménagement des terrains de base-bail rivalisent d’adresse pour dessiner des motifs géométriques à la surface des terrains, on en a fait un diaporama où se superposent et se relancent les créations faites à la tondeuse.Ce n’est pas pour inquiéter ce présentoir haut placé qui, dans la salle consacrée à l’investissement scientifique en termes de gazon, montre dans un même temps la coupe de la motte de terre et la surface de brins d’herbe.Différentes essences, pas toutes catholiques, sont alignées, leurs couleurs respectives fièrement affichées, alors que sont diffusées par un panneau réclame électronique les propriétés herculéennes de chacune de ces espèces génétiquement manipulées.Au mur de la même salle est accrochée une mo-saïqsue colorée de photographies des pathologies qui viennent briser l'homogénéité saine de nos surfaces du quotidien.D’autres de ces dispositifs de mise en vitrine viennent dynamiser un parcours qui autrement aurait pu être terne comme un gazon séché par les brûlures intenses d’une fin d’été.Des écrans, des moniteurs télé et des diapositives colorées à la main tendues comme un ruban de couleurs soutenues dans l’espace mis au noir, des espaces idylliques.Un «paillasson de bienvenue», version vidéo, accueille le visiteur Coupé court BERNARD LAMARCHE Soyez attentifs.Tous les signes se présentent à vous pour indiquer, avant même d’avoir mis le pied dans les salles du CCA, que vous n’entrez pas dans exposition conventionnelle.La pelouse du parterre du CCA, si soigneusement taillée normalement, se laisse ces jours-ci pousser une excroissance.Une hirsute protubérance gazonnée se dessine à sa surface.On peut y lire un nombre: 325 293 680.L’œuvre, L'obsession qui croît, a été commandée par le CCA à l’artis- te américain Mel Ziegler.Ce relief mal tondu donne le nombre estimé de brins d’herbe que contient la surface du parc Baile.Le nombre a été calculé à partir des mesures étalons du type de gazon qui pousse en ce jardin.Comble de la technologie, on a gazonné la surface réduite que couvre ce nombre d’une herbe dont la croissance est accélérée.Comme quoi on n’arrête pas le progrès.L’écriture est celle de Phyllis Lambert, fondateur et actuel directeur du CCA.L’œuvre pousse à sa limite l’atten- tion maladive portée à la pelouse.Selon l’artiste spécialisé dans les œuvres faites de ce matériau gazon-né, «notre obsession culturelle de la pelouse est emblématique de la conquête et de la domestication de la nature sauvage de l'Amérique, de son assujettissement à l’ordre des croyances et des valeurs de nos classes moyennes.» ¦ Pour accompagner l’œuvre, les concepteurs de l’exposition, Diller & Scofidio, ont prévu un petit dispositif sonore.L’idée vient d’Elizabeth Diller de camoufler dans la surface touffue de la pelouse du parc Baile des haut- parleurs indétectables.Une voix d’outre-tombe — celle de la pelouse ?—, envoûtante, en émerge.Elle vous invite à cajoler le gazon, à le lisser, à s’y frotter, bref, à y accomplir, pour reprendre les mots de la pièce Grass du groupe britannique XTC, toutes ces «Things we used to do on grass».Toutefois, méfiez-vous.Prévert, si notre mémoire ne flanche pas, le disait fort à propos: «Dépêchez-vous, mangez sur l'herbe, un jour ou l’autre, l’herbe mangera sur vous.» Alors, que ferez-vous de cet irrésistible appel?ESTIVAL DE rT',T^ Q Au cœur des mots I I M I I .Saison 1998 Sacha Guitry Jean Faucher Françoise Faucher Gérard Poirier Violette Leduc Anne-Marie Alonzo Béatrice Picard Hélène Loiselle Pascale Montpetit Julie Vincent Lundi 3 août Soirée Guitry Sous le signe ailé de la fantaisie avec Françoise Faucher et Gérard Poirier Conception et mise en lecture de Jean Faucher Lundi 10 août Ravages de Violette Leduc avec Hélène Loiselle, Pascale Montpetit et Julie Vincent Adaptation de Anne-Marie Alonzo Mise en lecture de Béatrice Picard Lundi J 7 août Contrastes «Vies de femme» de Anne Van Burek avec Huguette Oligny, Myriam Houle et Anne Van Burek «L'Enfant nucléaire» de Gaétane Bélanger avec Marc Béland Musicien: Jean Derome Mise en lecture de Roland Laroche Lundi 24 août Les Poètes maudits Baudelaire.Verlaine, Rimbaud avec François Tassé, Danny Gilmore et Marcel Pomerlo Montage et mise en lecture de Mario Borges Lundi JJLasûî Soifs de Marie-Claire Blais avec Sophie Lorain, Geneviève Lavigne, Béatrice Picard, Pauline Michel et Yvon Bilodeau Musicien: Charles Papasoff Adaptation de Marie-Claire Blais Mise en lecture de Anne-Marie Alonzo En présence de Marie-Claire Blais PLACE A LA LITTERATURE COVJM MSARnrro«Lmv« wOvtitc Cka&IL Billet» en vente I Réservations Maison des Arts de Lavai Maison des Arts de Laval 662-4442 , , , Réseau Admission 790-1245 1395, boul.de la Concorde ouest.Laval (Qc) Tous les spectacles sont a 20h00.Métro Henri-Bourassa, autobus 35 ou 37 JS™ Prix régulier: 18 $ SSP Prix étudiants et aînés: 15 $ (taxes incluses) Série abonnement: 25 % de réduction LE DEVOIR —rf&rcfzo [MAISON DES ARTS DE LAVAL GAZON SUITE DE LA PAGE B 1 L’exposition du CCA qui tient la bar-re jusqu’au 8 novembre, a été réalisée par un groupe de commissaires composé de Beatriz Colomina, Elizabeth Diller, Alessandra Ponte, Ricardo Scofidio, Goerges Teyssot et de Mark Wi-gley.La mise en œuvre et la coordination du projet ont été assumées par Diller et Teyssot.Elle démontre que si la pelouse est un entre-lieu, livré qu’il est à toutes les délimitations, il est un entre-lieu âprement disputé.Son existence est disponible à toutes les excentricités, de même qu’à tous les pouvoirs.Avant même la première salle du parcours, il est question d’identité.Au sol, la version vidéo d’un «paillasson de bienvenue» marque l’entrée du territoire.Auparavant, le visiteur aura eu l’occasion de passer en revue les vitrines du corridor, dont certaines contiennent quelques-uns des populaires fétiches décoratifs qui donnent leur saveur (sic) à certaines devantures.Les maquettes de la première salle cadastrent l’espace afin de montrer les transformations graduelles apportées dans l’histoire récente à l’étendue gazonnée des banlieues américaines, modifications apportées à la notion de communauté ainsi qu’au rôle que la pelouse a pu y jouer.La première partie de l’exposition s’occupe justement de ces histoires de citoyenneté.Au mur, des images photographiques de Gregory Crewdson conservent des mises en scène d’éléments perturbateurs de la vie stable des banlieues.Ainsi, cet étrange «voisin» qui décide de recouvrir de tourbe la rue qui tranche deux zones gazonnées, au regard des concitoyens estomaqués.Ce dernier aurait pu être l’objet de querelles juridiques et être rapporté dans le texte des projections de la seconde salle qui se penchent sur cet épineux problème.S’y joue, peut-être plus qu’ailleurs, cette idée que l’enfermement sur soi de chacune des pelouses délimitées par ses semblables n’est pas la frontière aussi étanche que désiré.On y découvre une liberté supposèrent garantie par la propriété de terre, largement relativisée par chacune des conceptions que les gens se font de la communauté.Ainsi la qualité du vert, en voie d’homogénéisation, ne doit être ébranlée.D’où la naissance d’un groupe, Freedom Lawn, dont l’objectif vise un retour au gazon entièrement naturel, sauvage, «contre la fabrication des gazons chimiquement conditionnés et génétiquement cultivés.» Un monde de compétition D’autres disputes encore se trament à même les brindilles de notre verte toison chérie.L’identité des terrains de jeu se voit remise en question alors que des photographies les montrent entre deux états de transformation.Des terrains de golfs poussent en plein désert, les verts figurant comme autant d’ilots mystérieux.On apprend en outre que «le paysagisme en milieu désertique favorise la culture de gazons indigènes auto-suffisants en environnement sec, et ne nécessitant pas d’irrigation susceptible de compromettre les écosystèmes locaux ou d’épuiser les ressources naturelles.» Avant de passer ces gazons intelli- gents et immunisés contre (presque) toutes les faiblesses, quelques moments de recueillement s’imposent devant la beauté géométrique des surfaces gazonnées des stades de baseball, qui aux Etats-Unis font l’objet de concours diffusés (surveillés?) a l’échelle nationale pour déterminer lequel de ces motifs remportera la palme : de l’aménagement le plus complexe.En effet, l’aspect compétitif du sport est inscrit dans chacun des brins d’herbe du terrain.Ainsi Y American Golf Association qui commandité des études sur le gazon.Ne pas oublier aussi la myriade de souliers spécialisés en fonction des spécificités sportives et la recherche sur les clous du sport.En contraste avec les terrains sans meurtrissures des stades nationaux, l’exposition du CCA expose les blés-: sures et pathologies de la surface du quotidien.De l’urine de chien au champignon le plus insidieux, ces revers du normal sont exposés en long et en large.Mais les ingénieurs y veillent.Un échantillonnage de gazons manipulés est placé sous observation dans l’exposition.De même qu’un autre, tiré de la panoplie de surfaces de plus en plus quotidiennes des gazons artificiels.Reste alors les usages corporatistes de la pelouse, ainsi que ses fonctions diplomatiques.Instrument de mesure du pouvoir, les terrains appropriés par les corporations sont à des lieues de l’utilisation de la pelouse domestique.Vides, ces jalouses marquent une distance entre le public et le privé et deviennent (à notre insu?) des lieux d’une idéale surveillance permise par le recul quelle impose.Ces campus industriels démesurés rivalisent de prestige avec la verte plaine qui entoure la Maison Blanche, à Washington.Ici, différentes utilisations de la pelouse se côtoient, rompant stratégiquement la continuité de sa surface: reportages télévisés en face de la Maison Blanche, surface de célébration au Sud, atterrissages des hélicoptères du côté opposé, et rassemblements, manifestations et protestations dans le Washington Mail.Di dernière salle oppose visions cauchemardesques et idylliques de la pelouse.Aux extraits de films qui rendent une image anxieuse de la pelouse et de la banlieue qui l’adule, répond un ruban d’images de végétation luxuriante réalisée entre 1920 et 1930 par le Garden Club of America.Voilà ixnir le tour guidé.Ne ratez pas notre étalage de tondeuses au bout du corridor.Des questions?Qu’en est-il de la pelouse désespérément urbaine?Quoi penser de ces lopins miniaturisés qui, à Montréal et ailleurs, résistent tant bien que mal aux assauts quotidiens du béton?On y retrouve pourtant des aménagements gazonnés qui rivalisent d’ingéniosité! Ah, oui, c’est en effet une bonne question.SURFACE DU QUOTIDIEN: IA PELOUSE EN AMÉRIQUE Au Centre Canadien d’Architecture 1920, rue Baile Jusqu’au 8 novembre Des conférences et projections de, films complètent la programmation.Informations au (514) 939-7026.Ln Presse théâtre du rideau vert Michel Tremblay NOUVELLE CRÉATION ! Mise en scène: ANDRÉ BRASSARD Rita Lafontaine André Brassard Du 4 août au 5 septembre 1998 TVA Omni* Réservations: (514) 844-1793 www.rideauvert.qc.ca Service df.garderie samedi en matinée, SUR RÉSERVATION SEULEMENT.Publié le samedi 20 juin 1998 Trimbée publicitaire le vendredi 12 juin 1998 * I 4 I.E l> K V OIK.I.K S S A M EDI II E T l> I M A X C HE 12 .1 I I I.I.K T I D !l S •> .) SPECTACLE Dick Annegarn SOURCE FESTIVAL D’ETE DE QUEBECVV Dick Annegarn, aussi sérieux que le plaisir REMY CHAREST CORRESPONDANT DU DEVOIR A QUEBEC Dick Annegarn, chanteur joyeusement hors norme, est un grand blond dont les traits bien dessinés trahissent facilement son origine néerlandaise.Pourtant, au téléphone comme sur son plus récent album Approche-toi, sa voix est noire, soul, jaz-zée, montrant bien comment il peut revendiquer avec aisance son statut «de chanteur étrange et étranger», auteur d’une musique «aussi sérieuse que le plaisir».Peu connu par ici, Annegarn l’est vraisemblablement parce que, au fil de ses vingt-cinq ans de carrière, il lui est arrivé de tout plaquer là, préférant nettement le silence et la vie tranquille sur sa barge amarrée aux quais de la Seine à des exigences de scène légèrement contradictoires, entre une compagnie de disques qui lui conseillait de jwrter la boucle d’oreille et les exigences d’un public soixante-huitard attiré par ses jeux de langage (qui ont des parentés avec ceux d’un Jim Corcoran arrivé, de façon similaire, d’une autre langue vers la chanson française).Sur son exil presque complet de la chanson de carrière, consommé pleinement en 1979, il explique: «Moi, je préférais surtout aller voir ailleurs, avoir une alternative.C’était un divorce, mais c’était pour me rendre disponible à autre chose, laisser passer un paquebot pour le dépasser en petite frégate.J’avais vraiment envie de compléter ce divorce'— même avec le public et les artistes.Etre la chose de qui que ce soit, même d’un public, ça ne va pas.Et il n’y a rien de moins progressant qu'un public progressif— il n’y a qu'à voir comment le pavé de 1968 prend la dimension d’un monument.» Les longues vacances lui auront fait du bien, certainement, si on se fie à la remarquable palette de moyens auxquels Annegarn sait avoir recours sur Approche-toi, où la chanson et les arrangements pour cordes de Joseph Racaille (associé récemment à Ba-shung et à Arthur H) s’intercalent entre les accents jazzés, européens de l’Est, voire moyen-orientaux.Le tout avec des paroles qui s’envolent, de la naïveté qui perce çà et là, et des jeux d’allitération et de rimaillages réalisés avec l’ardeur du converti.Venir de l’extérieur semble n’avoir eu que des avantages pour lui: «Je suis étranger et je profite un peu de cette couleur étrange.D’ailleurs, les couleurs exotiques ont bien servi la chanson française, depuis la chanteuse à bananes, là, voyons.Joséphine Baker, et avec Dalida, Johnny Halliday, Azna-vour l’Arménien, Brassens, Montand ou Moustaki.Il y a bien des chanteurs français qui sont, après tout, moins français que les Canadiens.» Sur scène, cette aventure tout en différences (c’est sous cet angle que Dick Annegarn s’appelle lui-même un chanteur de variétés) prend des formes, nous dit-il, «près du spectacle de magicien».Passé seul à Montréal, début juin, bien avant les Francofolies qu’il n’affectionne pas vraiment (.«C'est une institution et il faut faire des courbettes, alors que je peux faire plus de fric à chanter au café du coin.Et en plus, les grandes scènes, à 1m Rochelle, c’est le cimetière des éléphants», lance-t-il sans vergogne), le Hollandais volant rejoint le Festival d’été en quatuor à géométrie variable: «Parfois, on est tous a cappella, parfois je suis seul avec ma guitare, parfois on est en quatuor à cordes.J’ai choisi des musiciens très créatifs.Il faut varier les plaisirs — c’est une vieille de 90 ans qui m’avait dit ça, un jour, et ça m’avait fait un peu peur, je dois dire.» DICK ANNEGARN Ce soir, 21h30, et demain, 13h30, au parc de la Francophonie (scène Mol- son Dry), dans le cadre du Festival d’été de Québec.Le week-end du festivalier En commençant par la fin, on signalera ici les spectacles de nuit qui tiendront les festivaliers endurcis jusqu’aux petites heures du matin, au Kashmir et au D’Auteuil, dans le Vieux-Québec.Au D’Auteuil, ce soir, l’atmosphère est au blues, avec Jim Zeller, dès 22h.Au Kashmir, qui accueille une série intitulée Dégel Rock, avec une solide délégation de Québécois bruyants tous les soirs du festival, on peut voir RudeLuck ce soir, à 23h30, et Basta, demain soir, même heure.A l’autre bout de la grille horaire, rappelons que la programmation des arts de la rue bat son plein dès midi trente, au parc des Gouverneurs, au parc de 1TJNESCO (près de la rue Petit Champlain), avec l’événement Cir-Ço-Cité dans le Vieux-Port, devant les Statues de Champlain et du cardinal Taschereau.Au Pigeonnier, en plus de Dick Annegarn, on pourra voir Nilda Fernandez à 13h30 aujourd’hui, Philippe Lafontaine à 20h ce soir, le groupe canadien Kardinal Offishall demain à 20h et The Herbaliser demain à 21h30.Sur l’esplanade du Parlement, Teisco Del Rey se lâche lousse à 20h ce soir, suivi de Los Lobos à 21h30, tandis que demain Vincent Baguian occupe lp scène à 20h et Paul Piché, à 21h30.A la place Métro, Teisco Del Rey, Martin Simpson et Bob Brozman feront la guitare à relais tout le samedi, tandis que l'ensemble Entourloupe sera là demain à 12h30 et 16h, Le bruit court dans la ville à 14h et 18h, Les Charbonniers de l’enfer à 20h et Michel Faubert à 22h.Et finalement, aux Jardins de l’hôtel de ville.Les Violons du Roy sont en concert ce soir et I Musici demain, à 20h30.LA VITRINE Dll DIS Q II E Désolations d’été SYLVAIN CORMIER IMAGINATION Brian Wilson Giant (Warner) Lorsque le génial (et regretté) re-lationniste Derek Taylor propagea en 1966 un slogan tout aussi génial pour accompagner la sortie de l'album Pet Sounds des Beach Boys, à savoir que Brian Wilson était juste-ment un authentique génie, plusieurs le crurent puisque l’album était sans conteste l’œuvre d’un maître de l’arrangement, du collage sonore et de la composition pop.Paul McCartney, entre autres, en fut si convaincu qu’il poussa ses copains Beatles dans la direction de Sgt.Pepper’s, histoire d’être à la hauteur.L’intéressé, déjà fragile du ciboulot depuis l’enfance, rapport à la fâcheuse propension du paternel Murry Wilson à cogner dessus (d’où la surdité de Brian à l’oreille gauche), péta neurone après neurone à vouloir se montrer lui-même digne de l’appellation (qu’il arborait jusque sur un T-shirt scandant «l’m a fucking genius!») .Trente-deux ans plus tard, alors que paraît Imagination, son premier disque de matériel (presque) entièrement original en dix ans, sur les talons d’un coffret de quatre disques consacré aux sessions d’enregistrement d'un Pet Sounds plus célébré que jamais, on attend encore et toujours Brian Wilson au détour du génie.Et on le trouve.Il y a bel et bien du génie dans ces nouvelles mélodies, dans ces extraordinaires faisceaux de pistes vocales (jusqu’à 60 par titre, toutes chantées par Brian, strate pardessus strate d’harmonies déferlant sur l’auditeur comme les vagues sur une plage éternelle).Il y a aussi un petit gars apeuré qui fait un peu pitié, incapable de s’affirmer, incapable de vivre sans figure paternelle écrasante.Après papa Murry, après le psy Eugene Landy dans les années 80 (qui «sauva» Brian de la déchéance corporelle en lui imposant un régime de vie Spartiate), voilà notre pauvre génie entre les mains d'un dénommé Joe Thomas, ancien lutteur de la WWF sous le nom prédestiné de Surfer Joe, réalisateur spécialisé en musique adult contemporary bien décidé à faire de l’inventeur du California Sound une sorte de roi de Yeasy listening fin de siècle.D’où l’approche FM 92,5-lite-rock d’imagination, d’où ce son hyper-léché, ultra-nivelé, très Luther Van-dross/Kenny G/Céline Dion, un son très très stéréo que ne peut entendre l’oreille forcément mono de Brian (preuve que le mixage final n’est pas sien), un son qui n’a rien à voir avec les surréalistes paysages sonores dépeints par le Brian Wilson de Pet Sounds, la seule fois où notre innocent génie eut le contrôle absolu des opérations.Ce qui ne fait pas à’Imagination un mauvais album, loin de là.Le talent de Brian est tel qu’il a toujours resplendi, même dans les pires conditions et sous la plus castrante tutelle.Mais Imagination n’est certainement pas l’album dont les milliers d’ardents fans du Beach Boy rêvaient, c’est-à-dire un album de Wilson en toute liberté.Cet album-là existe, disent les wilsonologues: Brian Wilson et les Beach Boys l’auraient enregistré en 1996, avec l’aide du réalisateur-fan Andy Paley, mais le projet aurait avorté à l’interne, tel le légendaire Smile de 1967.C’est malgré tout mon album de l’été.Quand Brian déclenche son raz-de-marée de voix au deuxième couplet de la chanson d’ouverture, Your Imagination (une quasi refonte de Love And Mercy, pièce maîtresse du seul autre album solo de Wilson, paru en 1988), c’est indicible ce que ça me fait en dedans, sentiment d’abandon et de bien-être indescrip- U Festival INTERNATIONA! DU Domaine OfowV Dn 20 juin au 23 août Mercredi, 22 juillet RÉSERVATIONS : (418) 452-3535 poste 872 ou (sans frais) 1-888-DFORGET poste 872 St-Ircnéc, Charlevoix Hr — L*1 jBk J Andrea Lucchesini, piano œuvres de Brahms, Schumann, Liszt, Soirée Hydno-Québec Samedi, 11 juillet 12 juillet Ferland.chanté par Donald Roussel œuvres de John Dowland et ses contemporains ¦ Christine Boillat, piano soirée Les Arts du Maurier | Marc Maltais, contrebasse 19 juillet Denis Poliquin et Marc Bélanger, Guitares «Si ça vous jazz» Vendredi, 17 juillet Nigel North, voix et luth Brunches-Musique] L'Ensemble Romulo Larrea Une musique envoûtante de tango En collaboration avec "Les Aliments Le Chien d'Or" tible.Je me répands sur le sable, grain parmi des millards d’autres grains.La suivante, She Says That She Needs Me (version d’une pièce inédite de 1965 originalement intitulée Sherry, She Needs Me), me ballo-te encore plus divinement au gré des flots d’harmonies.Et ainsi de suite.Même l’horrible South American, niaiserie touristique signée Jimmy Buffett (dans la lignée de la navrante Kokomo des Beach Boys), m’est rendue comestible par les contrepoints harmoniques inspirés de Brian.Même la racoleuse idée que Thomas a eue de faire reprendre par le docile Wilson les Keep An Eye On Summer et Ut Him Run Wild des Beach Boys de 1964-65 donne lieu à des instants de pure magie.C’est bien là le drame.J’écoute Lay Down Burden ou Cry, des ballades belles à pleurer, splendides malgré la touche pataude de Thomas, et me désole en pensant que l’occasion de toucher au sublime était là, dans la tête de Brian, mais juste au-delà de sa portée physique.Je goûte la complexité mélodique de Happy Days et me fâche à mesurer ce que le Brian aux coudées franches de Pet Sounds en aurait distillé.Et constate qu’à mon corps défendant de fan révolté, Imagination pénètre chaque pore avec une facilité déconcertante.Quand je songe à l’album qui aurait pu être, je suis triste et déteste ce disque de mercantile compromission.Quand je me laisse aller à l’écouter, je suis heureux et l’adore.Génie malgré lui, Brian Wilson n’y peut strictement rien.Il y a de quoi rendre fou.WERAN Linda Ronstadt Elektra (Warner) Secrètement, tel un amoureux laissé depuis longtemps sur le bord de la route, je souhaitais que ma Lin- da Ronstadt revienne un jour au country-rock de nos années 70 si agréablement vécues ensemble.Je comprenais et acceptais sa quête de chanteuse, qui la mena d’aventure en aventure dans des univers au-quels notre idylle tripartite (elle, le country-rock et moi) n’appartenait pas: celui des grandes ballades pour orchestre avec l’illustre collaborateur de Sinatra, Nelson Riddle, celui de la musique mexicaine, celui du western traditionnel avec ses copines Emmylou Harris et Dolly Par-ton, celui de la ballade pop adulte avec Aaron Neville, celui de la berceuse pour enfant.Mais tout en me résignant, parfois, je me languissais.Me reviendrait-elle un jour?Voilà que près de 20 ans après notre séparation, Linda Ronstadt repasse le seuil de notre porte.Com- me si rien ne s’était passé.Avec un album voulu pareil à ceux qu’elle nous servait le matin au petit déjeuner.Ah! C’est qu’elle sait y faire, ma Linda.Elle sait surtout s’entourer, s’adjoignant cette fois encore les services d’un réalisateur de renom-(Glyn Johns), renouant avec les copains musiciens de notre époque chérie (le guitariste Waddy Wachtel, l’ancien Eagle Bernie Leadon), recrutant de surcroît quelques valeureux Heartbreakers de Tom Petty (Bentmont Tench, Mike Campbell).Et elle sait choisir avec le même soin qu’avant les chansons les plus émérites et les moins évidentes d’un Springsteen (If I Should Pali Behind), d’un Dylan (Just Like Tom Thumb's Blues) ou d’un John Hiatt (When We Ran, Icy Blue Heart), dénichant comme dans le temps de pures pépites, dont Cry Til My Tears Dry, ballade soul méconnue du duo Pomus-Shuman, et la magnifique complainte Dreams Of San Joaquin.Du beau travail.De l’accompagnement irréprochable.Des interprétations sensibles.Seulement voilà, c’est moi qui n’y suis plus.Et le country-rock californien des années 70 non plus: la maison, entretemps, a été vendue et transformée en condo de luxe.Le constat est là, comme un mur de hacienda entre nous: Linda Ronstadt ne sera plus jamais la petite enjôleuse aux pieds nus de Simple Man, Simple Dreams et Heart Like A 1 Wheel.La sophistication acquise au fil des pérégrinations recouvre We Ran d’un vernis qui dénonce ce retour au naturel.En dépit d’honnêtes efforts, on est dans le fac-similé.Just Like Tom Thumb’s Blues, par exemple, n’a tout simplement pas la transparence de la version de Judy Collins en 1966, dont elle s’inspire.C’est le plus bel album de Linda Ronstadt depuis la fin des années 70, mais le fait demeure: notre relation est consommée, consumée, éteinte.Reste seulement le zeste de nostalgie qui noie ce texte dans le sirop.Désolé.Q£VQuêbec C'1 Desjardins IE CHUM '«/»>¦•» r.u/iif * ” * 4* Radio Canada — Radio Canada Chaîne culturelle M1DIAND WALWYN’ FESTIVAL ORFORD du 2 juillet au 15 août X 9 9 8 Une bouffée classique d'airs purs.Dimanche 12 juillet - 11 li - Entrée libre «Les Matinées animées Bell» Concert de stagiaires commenté par le comédien Vincent Bilodeau Un repas champêtre suivra ce concert Vendredi cl Samedi, 17 /18 juillet - 20h « Soirées à l'Opéra Power Corporation du Canada» G.ROSSINI-Le Barbier de Séville Orchestre du Festival Orford direction: Yuli Turovsky Solistes: les meilleurs stagiaires en chant d'Orford Mise en scène: Nathalie Deschamps D i in anche 1 9 j u i 11 e t - 1 1 h «Matinée *1 l'Opéra» G.ROSSINI-Le Barbier de Séville Un repus champêtre aux couleurs de l'Italie scr\’i entre les actes let IJ Concert: 22.S Concert et repas: 29.S Centre d’Arts Orford 1 888 310-3665 • (819) 843-9871 ! Gouvernement du Québec Mimatère de le Culture et dee communtcetlone S Miarmcicj U; DEVOIR & TELECLOBE MPat’iiro'fi» canadien Canadien Heritage Hydro 0uét iSt.BOMBARDIER m.¥*m I.K I) K V 0 l H .I.V.S S A M K I) I II K T I) I M A N ( Il K 12 .1 11 1 L L K T I !» It S B 4 L’abc du mélo Heureuse fuite d’eau BEYOND SILENCE De Caroline Link.Avec Sylvie Tes-tud, Tatjana Trieb, Howie Seago, Emmanuelle Laborit, Sibylle Canoni-ca.Scénario: Caroline Link, Beth Serlin.Image: Gernot Roll.Montage: Patricia Rommel.Musique: Niki Reiser.Allemagne, 1997, 101 min.MARTIN BILODEAU Primé dans quelques festivals mineurs affamés de films de calibre, où son extravagance passait pour de l’audace, puis mis en candidature pour l’oscar du meilleur film étranger au terme d’une année cinématographique franchement médiocre, Beyond Silence, édifiant mélodrame allemand réalisé par Caroline link, se pose aujourd’hui sur l’écran du Cinéma du Parc, le temps de réchauffer les cœurs en hiver de ceux qui boudent le beau temps, sans pour autant prolonger le malentendu voulant que Beyond Silence soit un grand film.Rien de bien original, en effet, à l’horizon de cette bluette racontant les difficultés de la jeune Lara (Sylvie Testud) à prendre son envol de la maison familiale, pourtant chaleureuse, alors que ses parents atteints de surdité (l'Américain Howie Seago et la Française Emmanuelle üiborit, tous deux sourds dans la vie), pour lesquels elle traduit les mots et les bruits du monde extérieur, éprouvent de la difficulté à comprendre et accepter son désir — éveillé par sa tante (Sibylle Canonical — de devenir clarinettiste.N’empêche, Lara WALTER WEHNER Sylvie Testud ira déployer ses ailes à Berlin, auprès de sa tante déterminée à l’aider à réussir l’examen du conservatoire.Sous cette tranche de vie s’en cache une autre, plus amère, impliquant des conflits non résolus entre le père de Dira, ses parents et sa sœur, entre cette dernière et son mari (Matthias Habi-ch), comme autant de briques qui forment le mur du silence d’une famille moyenne, la surdité des parents n’étant à cet égard qu’un révélateur de cette difficulté de communiquer, un outil narratif dont la cinéaste fait un usage mesuré et sobre.Les intentions sont ainsi fort louables et le scénario, au premier abord, semble les catalyser assez habilement.Or, le dérapage ne tarde pas à survenir, une abondance de petits conflits maquillant les grandes fêlures, et les bons sentiments prenant le relai des émotions véritables.La construction téléfilmique, de même que les personnages unidimentionnels (celui de la tante est affligeant) plongés dans des situations qui n’arrivent pas à transcender l’abc du mélo, empêchent Beyond Silence de décoller, de déchirer les vrais silences, de communiquer aux spectateurs, autrement qu’à maux couverts, la détresse de l'héroïne dont les humeurs varient sans explication d’une scène à l’autre.Il manque à Beyond Silence une synergie que la mise en scène de Caroli-ne link ne parvient pas à créer, le pittoresque et le "Cute» accrochant son œil bien avant les regards lourds de reproches et les silences lourds de sens.Du même coup, la musique sucrée de Niki Reiser étouffe tous les cris et enrobe chaque scène avec la même obstination décoratrice.Pour le cinéma allemand, qui a repris du poil de la bête depuis quelques années, ce produit de consommation rapide, qu’on aurait pu voir émerger de n’importe quelle cinématographie occidentale, ne saurait ni l’affecter, ni le représenter.Par son traitement, Beyond Silence symbolise plutôt la victoire de Hollywood sur certaines cinématographies d’Europe qui, comme c’est le cas ici, reproduisent à leur échelle les recettes du géant sans chercher à s’en distinguer.Un remake prochain ne saurait étonner.HIGH ART Ecrit et réalisé par Usa Cholodenko.Avec Ally Sheedy, Radha Mitchell, Patricia Clarkson, Gabriel Mann, Bill Sage.Image: Tami Reiker.Montage: Amy E.Duddleston.Musique: Shudder to Think.Etats-Unis, 1998,101 min.MARTIN BILODEAU Comment une fuite d’eau peut-elle changer le destin de deux femmes?La réponse ne se pose plus à la fin de cet intelligent et aventureux High Art, premier long métrage de Usa Cholodenko, une ancienne élève de Milos Forman.Celui-ci aurait d’ailleurs encouragé la cinéaste en herbe à mettre en images le script de ce drame incandescent et bukowskien, astucieuse superposition, sur fond sale et obscur d’un appartement new-yorkais où l’art et la drogue naissent de la même urgence (ou de la même indifférence), de la rencontre amoureuse d’une photographe qui a quitté dix ans plus tôt la scène commerciale et de l'assistante éditrice d’un magazine photographique déterminé à la remettre en vogue.Rompue à une routine professionnelle et amoureuse à moitié satisfaisante, Syd (Radha Mitchell) découvre une sorte de cellule underground en haut de chez elle, plus exactement chez Lucy Berliner (Ally Sheedy), la voisine d’en haut, de chez laquelle provient une fuite d’eau qui inonde sa salle de bain.Passée la rencontre et la plomberie amateur qui s’ensuit, une amitié entre les deux femmes naît sous les yeux à demi clos d’une petite communauté de junkies à laquelle Lucy et son amante allemande (excellente Patricia Clarkson) ouvrent la porte tous les soirs.Fascinée par les photos que Lucy affiche sur les murs, Syd en parle aux éditeurs du magazine pour lequel elle travaille: ceux-ci, se souvenant de la carrière avortée de la prometteuse photographe, lui passent aussitôt une commande dont Syd supervisera l’évolution.Or, l’attirance de Lucy pour Syd, et celle de cette dernière pour le monde déréglé dans lequel baigne sa voisine, finissent par avoir raison des préoccupations professionnelles de l'une et de l’autre.La réalisatrice soumet ce récit SOURCE CINEPLEX ODEON Radha Mitchell en Syd dans High Art simple et linéaire à un projet formel extrêmement souple et cohérent, où les photos de Lucy prennent part à l’action comme du pendant documentaire de la réalité.En contrepartie, la réalité du film, quasi exclusivement illustrée par des plans fixes extrêmement composés, se laisse peu à peu avaler par ces fenêtres photographiques qui finissent par l’encadrer.Ces territoires glissants, aux frontières floues, contribuent pour beaucoup à l’atmosphère enivrante du film et à son aspect glauque qui rappelle Bukowski et Fassbinder, que la voluptueuse musique de Shudder To Think décante superbement.Plus préoccupée par les sentiments bruts de ses personnages que par les discours socio-politiques, la cinéaste garde ses distances vis-à-vis du débat sur les impératifs de l’art et de l’industrie — sujet secondaire du film — sinon pour exposer le peu de place que ces deux instances laissent à l’individu chargé de satisfaire l’un et l’autre.De la même façon, Cholodenko ne cherche pas à expliquer l’attirance homosexuelle de Syd pour Lucy, interprétée comme un rite initiatique au terme duquel elle retournera, transformée, à son point de départ.Figure marquante du cinéma pour adolescents des années 80 (The Breakfast Club, St-Elmo’s Fire), Ally Sheedy démontre ici un fort tempérament d’actrice, une souplesse de jeu et une fragilité intérieure qui font la force d’un personnage complexe qui surfe entre les clichés.Dans un rôle moins composé, l'Australienne Radha Mitchell, une actrice effacée au visage sobrement tracé, s’acquitte avec souplesse et sans bavures d’un rôle passablement ingrat, sorte d’alter ego des spectateurs qui nous fait pénétrer avec elle ce monde fermé, où le glamour se lit sur les visages ravagés («You're so glamorous» dit Lucy à son amante complètement camée), où les portes de sortie sont introuvables et les adieux, impossibles.D’une écriture lucide et sans complaisance — bien que certains raccourcis lui font esquiver des écueils narratifs — le film de Usa Cholodenko fait preuve d’une rare adéquation entre forme et sujet.Des qualités qui lui ont valu d’être honoré au dernier festival de Sundance, puis remarqué à la dernière Quinzaine des réalisateurs de Cannes, où High Art a annoncé l’arrivée sur la scène mondiale d’une nouvelle cinéaste avec laquelle il faudra désormais compter.I]l I H JETEZ UN COUP D'OEIL SUR MARIE ~s marie je-ne-sais-quoi (version française There's Something About Mary) FWENTIETH CENTURY FOX Mtomi un fiim ois rctKS fARCHLY (AM!RON DIAZ MAH OlliON BIN STitl.FR « MARIE A UN JE-NE-SAIS-QUOI » IFF [VANS CHRIS EILIOTT JONATHAN RICHMAN iSSÏÏ HAPPY WALTERS t TOM WOlfF .—MARC S.FISCHER « CHRISTOPHER GREENBURY »SSSA MARX IRWIFUsx .c.sc “SEE PETER EARRELIY K ROBBY FARRtlLY IRANI! BEODOR & MICHAEL SIEINBERG H CHARLES B WESSLER & BPAÜLIY THOMAS LD ÜECTER i JOHN J.STRAUSS LÜ DCCTER f.JOHN J.STRAUSS il PLIER IARRÎLLY il BOBBY FARRELLY Nnmu PEUR FARRELLY il BOBBY FARRELLY m .___a— WÈ îîSmÎÏÏ.www.iboutmary.com — ¦——- WZmmi VERSION FRANÇAISE CINÉPl 1 / ODEON QUARTIER LATIN LES CINÉMAS GUZZO ] LANGELIER ?-, | CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO ?ïè> CINEPLEX ODÉON BOUCHERVILLE CINEPLEX ODÉON i [ CINÉPLEX ODÉON LAVAL (Galeries) LASALLE (Place) h ?SON DIGITAL VERSION ORIGINALE ANGLAISE 13 CINEPLEX ODEON LASALLE (Place) ?.CINEPLEX ODEON EGYPTIEN ?
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