Le devoir, 4 août 1998, Cahier A
V (I L.I.X X X I X -?FONDE EN 1910 ?LE DEVOIR Reveille moi tôt demain/ Nul autre que loi ne doit me surprendre / Dans I ensevelissement de noire iimelte volupté Marie-( luire Biais «L amante» X “17 3 PERSPECTIVES Le média est le message Une fois estompé le fracas d’un lancement qui cristallise la folle fascination des médias et du public pour le star system américain, Planet Hollywood, dont la chaîne internationale bat de l’aile, est-il condamné au succès éphémère?Après que les projecteurs se furent éteints, que les Stallone, Willis, Crawford, Sporty Spice et compagnie soient sortis de piste, soulagés d’avoir accompli le devoir de leur charge — promouvoir l’ouverture de l’endroit pour ne plus jamais y remettre les pieds —, après que Sonia Benezra eut poussé ses gloussements de joie et que le public eut communié pieusement en inhalant le même air que les stars du panthéon, de l’autre côté de la frénésie du lancement de Planet Hollywood, que reste-t-il?L’établissement de la rue Sainte-Catherine en a pour un bout de temps à profiter de l’immense coup de marketing du lancement en question, orchestré avec la participation de la Ville et des policiers.Jamais restaurant à Montréal n’aura bénéficié jusqu’à l’indécence d’une telle publicité tous azimuts et à pleins médias.Le fait que Bruce Willis et Sylvester Stallone soient à la fois actionnaires, vedettes invitées, médias et messages sur l’autel hollywoodien aux tentacules internationaux montre à quel point tout est dans l’emballage, dans le coup d’œil et d’envoi.Après MacLu-han, Planet Hollywood peut répéter: «Le média est le message.» La poussière de l’après-lancement retombée, restent le hamburger à 8 $, une longue file d’attente d’une heure et demie pour entrer au restaurant qui, tout nouveau, tout beau, avec son décor kitsch rempli des souvenirs des tournages, attire pour l’instant les foules, pressées de poser leurs mains dans les empreintes des riches et célèbres.Reste aussi, côté ombre, un brûlot ayant perdu la moitié de sa cote en bourse la dernière année et 76 % de ses bénéfices internationaux entre 1996 et 1997.Au delà des investissements malheureux effectués par la chaîne, le talon d’Achille de ce type d’entreprise est sans doute le fait qu’il repose surtout sur un effet de mode et paraît condamné à s’éventer.En attendant, les retombées pour Montréal, ce sont près de 250 emplois créés, une attraction touristique supplémentaire pour une ville qui se veut de plus en plus la capitale nationale du divertissement, fût-il 100 % colonisé.Les cafouillages de la francisation comme langue de formation et d’encadrement sont en train de se résorber.Planet Hollywood qui, comme son nom l’indique, tient sur ses ramifications planétaires doit s’adapter pour mieux s’imposer.Rue Sainte-Catherine, on peut s’y faire servir en français et, concession suprême à la couleur locale, la poutine québécoise trône au menu, mais à près de 7 $, ce qui revient cher la frite.Il y a même en exposition quelques costumes portés par des acteurs français dont Depardieu (qui est actionnaire), montrant qu’Hollywood peut tenir compte, pour appâter le client, des goûts spécifiques des clientèles locales pour des films non américains.Ce qui ne l’empêche pas de hisser ses couleurs partout.La tête et le concept de Planet Hollywood demeurent loin d’ici.Le siège social est à Orlando en Floride, les communications passent par Toronto.La succursale de Montréal n’est pas une franchise mais un bureau dont les actionnaires, Willis et compagnie, sont directement propriétaires.Reste à savoir combien de temps l’engouement pour le rêve pailleté du cinéma américain — que Planet Hollywood vend bien davantage que ses pizzas — durera à Montréal.C’est le genre d’endroit qui se visite plutôt une fois que deux, comme un musée kitsch, sans générer de véritable clientèle d’habitués.D’autant plus que l’exposition est permanente et ne se renouvellera pas.Bruce Willis, qui n’y a mis les pieds que pour la réclame, n’y mangera plus à la table d’à côté.La note du restaurant est salée (16 $ en moyenne pour un plat principal), la cheminée du Titanic de Cameron n’amuse guère à répétition.Ce type de lieu, capable d’attirer une clientèle fami-liale, se conjuguerait plus facilement avec le petit prix des fast food qu’avec un menu pour les grosses bourses, proposé ici.Sans doute eût-il fallu le démocratiser d'entrée de jeu, miser sur des menus pour enfants, attirer une clientèle moins argentée pour quelle s’y incruste, en lui donnant une vraie vocation de centre d’amusement N’empêche que Montréal l’a attendu longtemps son bonbon d’Hollywood, étant la 83'' ville à accueillir les reliques saintes du temple de la renommée.Vancouver, Toronto, Edmonton avaient les leurs.On en retrouvait aux Bahamas, à Melbourne, à Manille, à Tel Aviv, à Cozumel, à Prague, à Zurich.Décidément la métropole québécoise ne figurait guère tkins le peloton des priorités.Colonisés oui, mais après tout le monde.Le premier Planet Holly wood est né en 1991 à New York, à côté de chez nous en somme.Le concept aura fait le tour du monde avant de venir se poser quelques kilomètres plus bas dans nos terres, le temps que l’empire vacille.Du moins, le Planet Hollywood de Montréal avec ses 17 000 pi2 est-il le plus vaste au Canada, son temple bien situé au cœur du centre-ville.Il roulera un certain temps comme une attraction, comme une révérence de plus à l'empire colonisateur.Consommé en vitesse, bientôt dépassé, à l’instar du septième art grand spectacle dont il est l'emblème, ce lieu culte paraît voué comme lui à l’éphémère.Odile T rem b lay ?Montréal Ciel variable, g) Max: 27 Min: 16 T É 0 Québec Ciel variable.Max: 26 Min: 11 Détails, page B 6 INDE X Agenda .B 6 Éditorial .A 6 Annonces .B 6 Le monde .A6 Avis publics.B 4 Les sports .B 5 Culture.B 8 .A3 Dossier .B 1 Mots croisés.156 Économie .15 4 Télévision .15 7 www.ledevoir.com M O N T H K A I.I.K M A II I) I I A O II T I !) !) 8 LES SPORTS Vladimir Guerrero passe déjà à l’histoire, page B 5 DOSSIER Porto Rico, r ou la salsa du 51 Etat, page B 1 8 7 e + i A X K S = I $ / T u It o X T 0 I $ CULTURE Les spécialistes du bittes dressent leur palmarès, page B 8 Première incursion sous les 66 C Hausse à prévoir des taux d’intérêts, disent les analystes En chute libre, et après avoir franchi un important support technique à 66,67 C la semaine dernière, le dollar canadien s’est permis une incursion, hier, sous les 66 C américains.Il faut donc débourser, désormais, au moins 151,45 $ pour 100 $ US.Sans appui, et en baisse de 9 % de- puis un an, l’on s’attend parmi les analystes à ce que la banque centrale abandonne son laisser-faire pour déplacer ses taux directeurs d’au moins 50 centièmes.Cette hausse, qui s’inspire des pressions s’exerçant déjà sur le marché monétaire, aurait peu d’effet et apporterait un soutien au dollar.croit-on.L’heure serait donc venue, pour la Banque du Canada, de renverser les écarts entre les taux de court terme canadiens et américains.La tendance est là.Elle s’observe depuis au moins trois mois.On assiste déjà à un rétrécissement des écarts sur les marchés, monétaire et obliga- taire, et ce, même si la banque centrale s'est refusée à déplacer ses taux directeurs.Une telle augmentation aurait au moins pour effet de retirer aux cambistes une raison pour spéculer à la baisse sur le dollar.¦ À lire, pages B 2 et B 3 66,OIC Les Belles-Sœurs ont 30 ans i -Æ.v MARTIN CHAMBERLAND LE DEVOIR LE 28 AOUT prochain, 30 ans jour pour jour après la première des Belles-Sœurs, plusieurs des figures mythiques du théâtre de Michel Tremblay monteront sur la scène du Rideau Vert pour rendre hommage à l'auteur.Trois jours plus tard, dans le cadre des Lundis du Rideau Vert, Serge Turgeon animera une soirée spéciale intitulée Regard sur le théâtre de Michel Tremblay, à laquelle participeront l’écrivain-dramaturge, ia comédienne Rita Lafontaine et le journaliste Luc Boulanger, dont l’ouvrage consacré à Tremblay paraîtra sous peu.Nos informations en page B 8.Rébellion militaire au Zaïre ¦ Kabila impose un couvre-feu ¦ Deux ministres fuient Kinshasa REUTERS-LE DEVOIR Kinshasa — La république zaïroise est secouée depuis dimanche par une rébellion militaire dans l’est du pays qui ébranle le pouvoir en place à Kinshasa.Dans un communiqué diffusé sur les ondes de la radio La Voix du peuple, basée à Goma, le commandant du dixième bataillon de l’armée congolaise, Sylvain Mbuchy, a annoncé qu’il se soulevait contre le pouvoir de Kinshasa.«Nous, armée de la République démocratique du Congo, avons pris la décision de renverser le président Laurent Désiré Kabila», a-t-il dit.Il a été imité quelques heures plus tard par Bilonga Ka-banda, le commandant de la garnison de Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu, qui a également appelé, sur les ondes de La Voix du peuple, le peuple congolais à se soulever contre Kabila, qu’il a notamment accusé de corruption et de népotisme.11 a aussi demandé aux soldats et aux politiques à se tenir prêts au combat dims tout le pays.Ces incidents font suite à la décision prise la semaine dernière par Kabila de renvoyer dans leur pays les soldats rwandais qui l’avaient aidé à conquérir le pouvoir en mai 1997.VOIR PAGE A 8: ZAÏRE Le lancer de l’insecte Des chercheurs du collège MacDonald disséminent dans les champs de Sherrington deux espèces de coléoptères pour venir à bout de Vherbe à poux HÉLÈNE BlIZZETTI LE DEVOIR Il n’y a pas que les narines et les méandres respiratoires des citadins que l’herbe à poux, ou plutôt son pollen, agresse violemment Les cultures potagères, en particulier les plants de carottes avec lesquels l’herbacée maudite se confond perversement, étouffent en sa présence.Dans la région fertile de Sherrington (le sud-ouest de Montréal) où se concentre entre 40 % et 50 % de la production de légumes frais du Québec, les producteurs maraîchers dont les champs ont été envahis par \Ambrosia trifi-da perdent en moyenne 1000 $ par hectare cultivé.Des sommes considérables, considérant qu’il en coûte 3000 $ pour cultiver un hectare de carottes, engloutis dans le cerclage, les pertes de rendement de la terre et le sous-développe-ment du légume compri- t rné par les racines colonisatrices de la mauvaise herbe.Le pire dans tout cela, c’est que l’herbe à poux a développé une résistance à son herbicide, le linuron.11 fallait donc trouver une autre méthode pour battre en brèche l’ennemi, et celle-ci pourrait bien prendre la forme de petits insectes indigènes au Québec se nourrissant exclusivement d’herbe à poux.Depuis deux semaines maintenant, le Zygo-gramma saturalis et YOphraella communa, deux petits coléoptères ressemblant à des coccinelles, sont ainsi relâchés sur une parcelle des champs de carottes de Cams Terres Noires, à Sherrington.Une expérience qui est une initiative de l’association de producteurs maraîchers Le Prisme regroupant une cinquantaine de cultivateurs concentrés dans la région, dirigée par le chercheur Tony Di Tommasso, de l’université McGill, et subventionnée par la compagnie de recherche Phytodata, issue du Prisme, et par la CDAQ, la Corporation de développement agricole du Québec.Investissement total dans le projet: 138 000 $ sur deux ans.Sous des cages de tulle de 90 cm de long, sur 50 cm de large et 50 cm de haut laissant passer eau et lumière, le comportement des insectes et le dommage aux feuilles d’herbe à poux qu’ils provoquent sont observés par une équipe de biologistes.La concentration de bestioles, cueillies et triées à la main par quatre étudiants sur le bord des autoroutes, change de cage en cage afin de déterminer la concentration optimale pour ravager complètement les plants d'herbe à poux.Selon le Dr Di Tommasso, Zygo-gramma et Ophraella préfèrent se laisser mourir de faim en laboratoire plutôt que de manger autre u.chose que de l’herbe à poux.Il ne faudrait donc pas craindre que les insectes s’attaquent aux récoltes.Et puisque que leur rayonnement est très limité, à un mètre pour l’un et à peine quelques centimètres pour l’autre qui est dépourvu d’ailes, les coléoptères mourront dans le champ plutôt que de partir à la recherche de pâturages plus verts chez le voisin.Alors pourquoi les cages ?«Nous n ’avons pas peur, se défend le Dr Di Tommasso.Nous voulons déterminer la densité optimale d'insectes par plants d’herbe à poux avant d’entreprendre éventuellement la production de masse.» Parallèlement aux essais sur le terrain, le Dr Di Tommasso poursuit en laboratoire ses observations des deux espèces afin, entre autres, de raccourcir sa période de dormance, de déterminer le ratio mâle-femelle dans une population idéale et de développer une a e pour Feuilleton Une journée dans la vie d’Eugenio Lorca CHRISTIANE LA H AIE Troisième épisode Quoi de plus désagréable que des relents de fumée de cigarette mentholée dans un ascenseur immobile?Ah.si! Il y a l’odeur de la sueur qui se fige et qu’on ne reconnaît même plus comme étant sienne.Et quand on est pressé, qu’on a un colis à livrer, faute de quoi on ne pourra pas récupérer son taxi laissé en gage, les choses paraissent encore bien pires.Eugenio Lorca, coincé entre deux étages depuis dix interminables secondes, commençait à prier saint Christophe, patron des voyageurs, afin qu’il intercède rapidement en sa faveur.Or il faut croire qu’on l'avait écouté, car la cabine se mit en branle à nouveau.Au 8", un concierge fit mine d’y pénétrer, mais la vue de Lorca, dont le teint avait viré au vert menthe, le fit s’arrêter net.- Oh! Désolé, monsieur! Ça fait longtemps que vous êtes là?Le ton faussement débonnaire de Lorca ne réussit pas tout à fait à dissimuler son malaise, ni à masquer l’apparence cireuse et livide que ses joues arboraient.Il éprouvait une envie folle de se ruer hors de sa cellule et de trouver l’escalier.Il se racla la gorge avant de répondre.- Non, non.Ça va.Le concierge entra, flanqué d’une curieuse machine rouge et noire.«Probablement un aspirateur», se dit Ix>r-ca.Puis il se rappela cette épouvantable poubelle à pédale que son père avait un jour jeté par la fenêtre parce qu’elle s’était ouverte un peu trop tard.- Vous comprenez, des fois, il faut que j’arrête tout le ba- VOIR PAGE A 8: LORCA LES ACTUALITÉS Mise en garde du PLQ à Chrétien et Bouchard ¦ À lire, page A 2 VOIR PAGE A 8: INSECTE 778313000658 ^ L K I) K V (Ml!.L E M A UDI I A 0 fl T I SM» S L E S A C T U A LIT E S Un cri de femmes pour le Soudan Des bénévoles d'ici viennent en aide aux enfants oubliés de la guerre CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR La situation va en se détériorant au Soudan, et un groupe de femmes qui œuvre depuis dix ans pour venir en aide aux enfants du pays lance un appel à la générosité du public.L’ouvroir Notre-Dame des Apôtres du Soudan, qui existe depuis une décennie, est basé dans le sous-sol de la maison de Claudette Haggar, à Saint-Laurent.Avec un groupe d’amies, toutes bénévoles et retraitées, Mme Haggar, égyptienne d’origine, immigrée à Montréal depuis 34 ans, fabrique et vend de l'artisanat au profit d’une mission située près de Khartoum, dans le nord du Soudan.«La guerre dure depuis très longtemps, mais on n’en parle plus maintenant.Cela fait depuis le début des années 50 que c'est commencé.«Dans les années 70, ils ont découvert du pétrole dans le sud, et la guerre a repris de plus belle», dit Mme Haggar.Tout a commencé lorsqu’une religieuse égyptienne, Nazla Nicolas, de la Congrégation des sœurs Notre-Dame-des-apôtres, est venue rendre visite à une amie de Mme Haggar.Dans un endroit qui s’appelle Hilla Mayo, cette religieuse, avec les Pères des missions étrangères de Pont-Viau, tient une école de filles et dispense de l’éducation pour adultes.«On y apprend des métiers ou on y apprend à lire et écrire.Les religieuses octroient aussi des prêts aux veuves et aux mères de famille séparées par la guerre.Cela leur permet de lancer un petit commerce de couture, de savon, ou de beignets pour survivre.Ce prêt est remboursable à 99 %», dit Mme Haggar.Depuis dix ans, le groupe de l’Ouvroir a réussi à amasser 150 000 $, en vendant de l’artisanat.Il enregistre par ailleurs de 2000 à 3000 $ de dépenses par année.Mme Haggar soutient que l’argent amassé se rend directement au Soudan, sans frais d’administration et sans intermédiaire.«Nous avons un numéro d’organisme de charité et nous donnons des reçus d’impôts», dit Mme Haggar.Présentement, en Afrique, des réfugiés soudanais montent du sud vers le nord, tous nus, à pied, et malades.«Parfois, dit Mme Haggar, on voit des bandes d'enfants arriver là-bas.» On estime en effet que 1,2 million de Soudanais sont présentement en voie de mourir de faim.On dit aussi que les secours consentis par la communauté internationale se rendent difficilement dans la bouche des victimes du conflit, et qu'ils sont devenus une arme entre les mains des antagonistes.«Nous ne pouvions rester à rien faire alors que ces enfants manquent de tout, dit Mme Haggar.Je trouve inconcevable, par ailleurs, que la communauté internationale semble accorder si peu d'importance à la situation qui prévaut là-bas alors que des millions de vie sont en jeu.Notre action vise donc également à sensibiliser les gouvernements et la population en général au drame soudanais.» À la veille de la conférence de Saskatoon Le PLQ met en garde Chrétien et Bouchard À la veille de la conférence des premiers ministres qui se réunira à Saskatoon mercredi, le Parti libéral du Québec lance un avertissement tant à Jean Chrétien qu’à Lucien Bouchard.NORMAN DELISLE PRESSE CANADIENNE Québec — Le porte-parole libéral et député de Châteauguay, Jean-Marc Fournier, a invité hier le premier ministre fédéral Jean Chrétien à renoncer «a ses positions dogmatiques reposant sur des réflexes centralisateurs».Le député Fournier a aussi demandé au premier ministre du Québec Lucien Bouchard de «travailler de façon constructive à l’amélioration du fédéralisme canadien».Les premiers ministres des provinces doivent se réunir à compter de mercredi à Saskatoon (Saskatche- wan), notamment pour faire le point sur l’union sociale canadienne.Selon M.Fournier, les premiers ministres des provinces du Canada anglais ont réussi à élaborer depuis trois ans un projet d’union sociale qui «serait à l’avantage de l’ensemble des contribuables canadiens».Il invite MM.Chrétien et Bouchard à «ne pas être sourds» à cet appel au changement lancé par les neuf premiers ministres provinciaux du Canada anglais qui est partagé, croit-il, par l’ensemble des Canadiens.M.Fournier a admis que la proposition formulée permettrait à une province de se retirer avec pleine compensation financière d’un programme social mis en avant par le gouvernement fédéral.Ottawa refuse toujours cette formule de retrait d’une province avec compensation, mais M.Fournier a noté que le premier ministre Jean Chrétien «s'est senti obligé» d'aller rencontrer le président des premiers ministres provinciaux, M.Roy Romanow (Saskatchewan), avant la conférence.«On voit bien qu’il y a un rapport deforce qui s’est créé et qui pousse Ottawa à réagir.Il faut qu’Ottawa en tienne compte», a dit le député de Châteauguay.Sondage peu crédible Par ailleurs, le député Fournier a très brièvement commenté le récent sondage de la firme ontarienne Financial Posf-Compas, qui indique un revirement de l’électorat québécois au cours des dernières semaines.Selon ce sondage publié en fin de semaine dans le Toronto Sun, et qui a surpris les experts sondeurs québécois, le Parti québécois recueillerait maintenant 53 % des suffrages au Québec, contre seulement 42 % au Parti libéral de Jean Charest.M.Fournier a noté que les experts «ont de la misère à donner de la crédibilité à ce sondage».«Si cela favorise le fait que Lucien Bouchard déclenche des élections au plus tôt, tant mieux!», a dit le député libéral qui affirme néanmoins ne pas être inquiété par ce sondage estival.Étude du Conseil du statut de la femme Plus d’avantages que d’inconvénients à reconnaître les conjoints gais NORMAN DELISLE PRESSE CANADIENNE Québec — Les lesbiennes ont vu leur condition progresser depuis quelques années au Québec mais la reconnaissance légale des unions de même sexe représente quelques inconvénients, estime une recherche que le Conseil du statut de la femme est en voie d’achever.Au XIXe siècle, la reine Victoria avait refusé de sanctionner un projet traitant de l’homosexualité entre femmes, tant elle croyait qu'une telle situation n’existait pas.«De l'ignorance de la reine Victoria à la création du Réseau des lesbiennes du Québec en juin 1997, les lesbiennes ont fait du chemin.1m société accepte mieux l’homosexualité et le lesbianisme est devenu une réalité plus visible», mentionne l’étude fort documentée du Conseil.Le ministre de la Justice Serge Ménard a annoncé en juin dernier une révision de la législation publique en ce qui a trait à la définition des conjoints, une définition qui varie d’une loi à l’autre.«L’intervention législative est souhaitable et les effets d’une reconnaissance législative des conjoints de même sexe sont à la fois symboliques et concrets», mentionne l’étude.Mais une telle reconnaissance comporte aussi des inconvénients: par exemple il y aura perte de l’accès à l’aide sociale ou à l’aide juridique sur une base individuelle.Pour les lesbiennes qui auraient des enfants, il y aurait réduction des prestations familiales et une diminution de certains crédits d'impôts.*3» 4 Cette enfant veut autre chose qu’un jeu vidéo.Collectes de sang pour les prochains jours Semaine du 3 août au 7 août 1998 Les lundi et mercredi de 10 h à 17 h 30 et les mardi et jeudi de 10 h à 19 h 30 Centre des donneurs de sang - Montréal Centre commercial Maisonneuve, 2992, rue Sherbrooke Est (Métro Papineau) À noter que le vendredi 7 août le Centre des donneurs sera fermé.Le lundi 3 août 1998, à Saint-Bruno chez Automobiles Niquet Inc.1905, boul.Sir-Wilfrid-Laurier (route 116), de 14 h 30 à 20 h Objectif: 150 donneurs Le mercredi 5 août, à LaSalle à la Caserne des pompiers 1300, avenue Dollard, de 14 h 30 à 20 h 30 Objectif: 300 donneurs Le jeudi 6 août, à Boucherville à la Caserne des pompiers 600, chemin du Lac, de 10 h à 20 h 30 Objectif: 375 donneurs Info-Collecte (514) 832-0873 1 800 343-SANG Donnez du sanq.Le plus beau des cadeaux.Croix-Rouge canadienne Au niveau des avantages toutefois, la reconnaissance des unions de même sexe représente un accès complet aux bénéfices réservés aux conjoints survivants dans les régimes de rentes, de retraite ou d’assurance automobile, ou la possibilité de bénéficier des crédits d’impôts transférables d’un conjoint.Mais il y a surtout un pas important vers l’abolition de la discrimination.«Cela voudrait dire que les lesbiennes pourraient, à court ou moyen terme, parler de leur conjointe dans leur milieu de travail ou dans la famille sans subir des attitudes négatives ou de mépris», note l’étude.La plupart des lesbiennes doivent en effet encore vivre leurs amours de façon secrète, «dans le placard» selon l’expression souvent utilisée.Elles doivent cacher des pans entiers de leur vie à leurs collègues de travail et à leur entourage.Certaines se privent d’effectuer ensemble les activités les plus banales pour ne pas éveiller les soupçons.Seulement 40 % ont prévenu leurs amis ou amies hétérosexuels et 44 % ne l’ont dit qu’à quelques personnes.Seulement 11 % des lesbiennes ont indiqué que leur orientation est connue dans leur milieu de travail.Le nombre même des lesbiennes est impossible à évaluer.L’étude du Conseil fait mention de cinq recherches qui estiment que leur nombre varie de 4 à 9 % de l’ensemble des femmes, mais on n’en connaît pas le nombre exact La Commission des droits de la personne estime que les mesures à envisager pour contrer la discrimination et la violence dont les lesbiennes sont victimes «n’ont rien à voir avec leur poids démographique».De plus, 15 % des femmes homosexuelles ont eu des enfants nés d’un précédent mariage hétérosexuel ou plus rarement par adoption ou insémination artificielle.L’étude du Conseil pose par ailleurs plusieurs questions non résolues.Doit-on reconnaître les couples de même sexe selon les mêmes critères que les couples hétérosexuels?Quels seraient les droits et les devoirs des couples reconnus?«Toute cette réflexion ne peut se faire en vase clos.Une réforme législative doit se faire en tenant compte du point de vue des personnes concernées et dans une optique d’équité envers l'ensemble des citoyens», conclu le document du Conseil du statut de la femme.Les médias s’abattent sur Kenneth Starr i à Toronto PRESSE CANADIENNE Toronto — L’homme qui mène l’enquête sur le scandale sexuel impliquant le président américain était au Canada hier, mais ce n’était pas encore assez loin pour le soustraire aux hordes de représentants des médias et à leurs questions sur des événements susceptibles d’entraîner la chute de Bill Clinton.Le procureur spécial Kenneth Stqrr, invité à Toronto pour parler de la Cour suprême des Etats-Unis, a été intarissable dans ses réponses aux médias sur l’affaire Monica Lewinsky, mais au fond, il n’a rien dit.«Je ne dirai rien de spécifique concernant ce qu'un ou des témoins feront», a-t-il déclaré.«Nous cherchons, comme je l’ai dit auparavant, à avancer rapidement.Nous avons essayé et nous continuerons à essayer de réunir tous les faits [.] pour être en mesure de les évaluer puis de nous prononcer.» Même s’il n’avait rien à dire à propos de son enquête visant à faire la lumière sur les allégations entourant les relations du président américain avec l’ex-stagiaire de la Maison-Blanche Monica Lewinsky, Kenneth Starr est devenu lui-même une vedette au congrès annuel de l’Association du Barreau américain, auquel participent plus de 15 000 personnes.Il avait été invité à Toronto par l’Institute of Judicial Administration, un groupe d’éducation judiciaire lié à la New York University, et dont il est le président.Il a prononcé une conférence sur la Cour suprême américaine devant un parterre déjugés et d’étudiants en droit.Il a décrit la cour comme une instance qui se base sur les faits, qui a une approche non théorique, et encouragé les milieux américains du droit à se sentir fiers du plus haut tribunal de leur pays.Après son discours, il a répondu aux questions de l’auditoire, tout en évitant toutes celles touchant son enquête.Celle-ci a pris un nouveau tournant la semaine dernière quand Monica Lewinsky a obtenu l’immunité judiciaire en échange de sa coopération.Au-delà de la simple affaire d’adultère, le président est soupçonné par le procureur spécial de parjure et d’obstruction à la justice — des faits susceptibles de déclencher une procédure en «impeachment» (destitution).R S ACTES SUD ans de découvertes .:',"»|!!ïïr~ C*»*» stances autrement plus pernicieuses.lsexton@usa.net A R R.0 R 0 S .du travail à temps partiel fait par des femmes Sauf au Mexique, la majorité des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes.En France, en Allemagne et au Royaume-Uni, les femmes comblent entre 82 % et 87 % des postes à temps partiel.Cette proportion diminue à environ 70 % en Italie, au Japon, aux Etats-Unis et au Canada, et à 50 % au Mexique.Les femmes qui travaillent à temps partiel sont plus âgées en Europe et au Japon qu’en Amérique du Nord.En Allemagne, en France, au Royaume-Uni et au Japon, 60 % à 70 % des employées à temps partiel avaient entre 25 et 49 ans conte 43 % aux États-Unis (Houseman, 1995).la proportion des femmes de moins de 25 ans est plus forte aux Etats-Unis (28 %) qu’en Europe et au Japon (entre 4 % et 13 %).Au Canada, la distribution çelon l’âge des femmes est sensiblement la même qu’aux États-Unis.Près de 30 % des femmes travaillant à temps partiel au Canada ont ainsi moins de 25 ans.Le marché (lu travail, ministère du Travail, Les publications du Québec, mai 1998.JANVIER F ONDE Directrice USE BIS S 0 N N E TT E Rédacteur eu e h c f adjoint JEAN- R 0 B E RT SANS E A (J 0 N R é d a c t e u r e n e li e f a d j o i n I C If RIS TI A N TI F F E R Directrice, ventes et marketing M A RT IN E Dll B E A I S Q II E I, K I) K V 0 I R .I.K M A RDI I A 0 î T I !) !» S IDEES ' RKl 11KS ni L’échec de National à Churchill Falls La vraie magie des relations publiques Faire une campagne de communication, c’est jouer avec l’inconnu et l’incertitude.Mais c’est aussi savoir appréhender la réalité telle qu’elle est.Brian Tobin, premier ministre terre-neuvien, et Lucien Bouchard lors de la conférence de presse de Churchill Falls.chanibault.Chaque fois, Hydro-Qué-bec s’est heurté à des oppositions.Pourquoi devait-on croire qu’il ne se passerait rien à Churchill Falls?Tous les employés réguliers d’Hydro devaient savoir cela.Et les gens de National?Ce qui paraît évident, c’est que National n’a pas su prévoir la crise, ni la gérer.On peut toutefois considérer cet épisode de Churchill Falls comme une erreur de parcours qui arrive dans toute organisation.Celte entre- prise a certainement à son crédit une liste de succès remarquable.Ce qu’il ne faut pas oublier toutefois, c’est qu’il s’agit d’une opération qui a été payée par tous les citoyens du Québec.Et ce n’est pas la première fois que National nous fait payer pour ses stratégies à grand déploiement.Nous avons tous payé, comme contribuables, des centaines de milliers de dollars pour le show du ministre de la Santé de l’époque, M.Marc-Yvan Côté, lors de la présentation de sa ré- forme de la santé; nous avons tous payé de nos poches, le demi-million de dollars de frais d’agence de relations publiques qu’a versé à National le gouvernement fédéral dans le règlement du litige entourant l’ex-pre-mier ministre du Canada, M.Brian Mulroney et la Gendarmerie royale, dans l’affaire des présumés pots-devin de l’Airbus.Comment peut-on évaluer le succès de ces campagnes?Les 60 autochtones de Churchill Falls ont utilisé une stratégie de com- munication très efficace: ils ont empêché la tenue de l’événement, ils ont réussi à attirer l’attention sur eux et à utiliser toute l’infrastructure payée par National pour diffuser leur propre message.Et ils ont payé combien pour ça?Il est temps qu’on développe des mesures d’évaluation des campagnes de relations publiques.Et Si on ne peut pas le faire de façon adéquate, qu’on soit plus modeste dans les dépenses engagées pour de telles activités.BERNARD D A G E N AIS Professeur de relations publiques Département d'information et de communication Université Ixival es médias publiaient récemment un article de Henri Comte {Le Devoir, 11 juillet) qui tentait de démontrer que l’opération organisée par la firme National, lors de l’annonce de l’entente entre Terre-Neuve et Québec |X)ur le développement de la Basse-Churchill, s’était, somme toute, déroulée {suivant les règles de l’art.A la suite de cet article, une question se pose: comment peut-on justifier le succès ou l’échec d’une campagne de relations publiques?Les relations publiques ne sont pas un élément de magie que l’on manie avec plus ou moins de dextérité.Il s’agit d’un processus rationnel de gestion de la réalité, basé sur un mandat à réaliser, une analyse complète de la situation qui permet de déterminer des objectifs et des cibles à rencontrer et de développer les stratégies adéquates pour y arriver.Or, la réalité boug;e, change, évolue, éclate ou stagne.Faire une campagne de communication, c’est donc jouer continuellement avec l’inconnu, l’incertitude et les aléas.Mais c’est aussi savoir appréhender la réalité telle qu’elle est, savoir analyser l’environnement et surtout être capable de démontrer que les investissements requis ont permis cette gestion rationnelle de la réalité.Pourquoi considérer l’opération Churchill Falls comme un échec, alors que National a réussi à monopoliser des dizaines de journalistes pour la circonstance, à réussi à faire parler de «l’entente historique» et a donné des conseils judicieux à ses clients?L’opération a raté, et ce, à un double niveau.D’une part, la conférence de presse ne s’est pas déroulée comme prévu, et c’est le moins qu’on puisse dire; et d’autre part, l'entreprise cliente en est ressortie avec une image plutôt amochée, donc l’inverse de ce qui était visé.En fait, quels étaient le mandat et les objectifs de National?Faire parler de l’«entente historique»?Faire comprendre aux Québécois et aux Canadiens qu’il s’agissait d’une «entente historique»?Ou tout simplement chercher de la visibilité pour un premier ministre en mal de votes?Or, tout ceci ne se mesure pas au «poids média» obtenu par la couverture de presse, mais bien en sondant ce qui reste dans la tête du public de cette couverture.On ne peut contester le nombre d’heures que National affirme avoir investies dans cette opération.M;iis ce n’est pas le nombre d’heures ni le travail accompli qui constituent le succès ou l’échec d’une opération, mais bien le résultat.Coca-Cola avait préparé le lancement de son nouveau Coke avec grand soin.Mais cette entreprise s’est trompée.Ce fut une opération ratée et Coca-Cola l’a reconnu.Peut-on reprocher à National de n’avoir pas su prévoir le geste des autochtones?Il est toujours facile de dire après coup que c’était prévisible.Mais toute personne qui suit l’actualité se souvient des débats sur le couloir d’Hydro à Saint-Jean de Matha, de la lutte des autochtones pour empêcher les travaux de la Baie James, des fils électriques au-dessus du fleuve à Des- «Ce n’est pas la première fois que National nous fait payer pour ses stratégies à grand déploiement.» De l’impact limité du lobby du MQF Le Mouvement Québec Français est un «groupe de pression» nationaliste qui n'a pas pour objectif principal de conquérir des avantages matériels pour ses seuls membres MATHIEU NOËL Détenteur d’une maîtrise en science politique de l’UQAM li!~~ ontrairement à ce que sa déno- Cmination laisse croire, le Mouvement Québec Français (MQF) n’est pas un «mouvement» mais un «groupe de pression».Même s’il est le produit d’une action concertée impliquant, à sa naissance, huit organismes distincts, le MQF a été constitué comme un groupe nouveau.Ce groupe a été formé pour intervenir auprès des partis politiques, auprès des autorités constitutionnelles et auprès des organismes du secteur public pour atteindre des objectifs spécifiques.Selon nous, du fait de ses objectifs et du fait des motivations de ses membres, le MQF doit être classé dans une catégorie de groupes de pression ayant été peu étudiée, celle des groupes idéologiques (au sens d’une idéologie de l’altruisme) de type nationaliste (autonomiste d’abord, puis souverainiste après l’échec de l’Accord du lac Meech).Le MQF n’a pas pour objectif principal de conquérir des avantages matériels pour ses seuls membres.11 favorise plutôt un but altruiste en se vouant à défendre, de manière désintéressée, la nation québécoise.Les individus membres du MQF s’unissent et participent aux activités du groupe plus par conviction nationaliste que pour promouvoir un but devant leur rapporter des dividendes personnels.Par les actions qu'il a menées avant 1977, le MQF demandait aux autorités du Québec de faire du français la seule langue officielle du Québec, ainsi que la langue du travail et de la vie quotidienne des Québécoises et des Québécois.Il a finalement atteint son objectif avec l’adoption, le 26 août 1977, de la Charte de la langue française et se proposait, dorénavant, de défendre cette loi.Le groupe a surtout insisté pour faire du français, dans les faits, la langue de l’affichage commercial, la langue du travail et de la vie économique, la langue de l’enseignement, et la langue de l’immigration au Québec.Il s’est aussi préoccupé du débat constitutionnel au Canada et du statut linguistique des villes au Québec.Par ailleurs, le MQF a mené certaines actions à l’extérieur du pays.La composition et la structure du MQF ont quelque peu évolué depuis sa fondation en 1971.À l’origine, le MQF était formé des représentants des huit organismes suivants: la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Centrale de l’enseignement du Québec (CEQ), la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), l’Union des producteurs agricoles (UPA), le Mouvement national des Québécois (MNQ), l’Alliance des professeurs de Montréal (APM), la Société Saint-Jean-Bap-tiste de Montréal (SSJBM) et l’Association québécoise des professeurs de français (AQPF).Si le MQF n’a pu élargir ses cadres auprès des organisations du milieu des affaires, ce milieu ayant une tradition de recul instinctif vis-à-vis de toute intervention de l’Etat, il a pu le faire en accueillant, en 1986, deux organismes du milieu syndical: l’Union des artistes (UDA) et l’Union des,écrivaines et écrivains québécois (UNEQ).A sa fondation, le MQF avait des structures plus rigides qu'aujourd’hui.Par ailleurs, au sein du groupe, on prend, encore de nos jours, les décisions à l’unanimité des membres présents lors des réunions.En tant que groupe de pression, le MQF exerce des pressions sur les détenteurs de postes d’autorité.Aussi, le MQF a, dès ses débuts, utilisé plusieurs procédés d’influence pour persuader les détenteurs de postes d'autorité: les contacts privilégiés, les pressions (bombardements de messages, manifestations, campagnes d’opinion et de publicité, etc.), la technique des bons offices (offre, de la part de la part des leaders du groupe, de leurs services aux décideurs), les invitations lancées aux décideurs et la participation des leaders du groupe aux ac- tivités des organismes publics consultatifs (présentation de mémoires, par exemple).Les ressources du MQF ont toujours été relativement modestes.Le budget du MQF se situait autour de 20 000 dollars par an fournis par les organismes constitutifs.C’était ce que recevait Alliance-Québec chaque semaine du gouvernement fédéral (la subvention accordée à Alliance-Québec a dépassé 1 000 000$ par année).Cependant, le groupe a toujours été animé par quelques bénévoles actifs d’une manière permanente (les représentants des organismes membres).Parce que ses ressources ont toujours été relativement modestes, et parce que ses objectifs étaient contestés par des groupes puissants, l’impact que le MQF a pu avoir sur les décideurs et les politiques publiques a été limité.En terminant, disons que l’étude de l’impact du MQF sur les décideurs et sur les politiques publiques tend à démontrer certaines lacunes de la théorie des groupes de pression présentée par l’économiste Mancur Oison.La théorie d’Olson avance que les individus membres d’un petit groupe peuvent retirer une plus grande part des bénéfices obtenus par ce groupe, car si le groupe comptait plus de membres, la part de chacun serait moindre.Donc, selon lui, les individus membres de petits groupes seront plus motivés que les membres des grands groupes, à obtenir un «bien public».Ces individus étant plus motivés, les petits groupes seront, selon Oison, plus efficaces que les groupes comprenant de plus grands effectifs.Or même si le petit nombre de membres actifs que compte le MQF est motivé au plus haut point, et même si l’opinion publique favorise ses objectifs, il n’arrive souvent pas à imposer ces objectifs aux autorités gouvernementales qui semblent davantage sensibles aux pressions du monde des affaires, dominé par des anglophones.La composition et la structure du MQF ont quelque peu évolué depuis sa fondation L’Accord multilatéral sur l’investissement L’AMI est une bonne chose pour l’Afrique EUGÈNE OMBOLI Institut des sciences de l’environnement UQAM Afrique est mal partie, disait l’agronome français.Aujourd’hui, je soutiendrai ceci que c’est l’Occident socialiste, le Canada — et surtout le Canada français — qui semblent emprunter le chemin de l’insuccès économique international avec un battage publicitaire démagogique incessant et impertinent contre l’AMI (Accord multilatéral sur l’investissement).Cet accord d’une importance sans précédent pour les populations d’Afrique noire, ne fait pas l’unanimité pour une raison fort simple: le refus systématique qu’on lui oppose participe d’un complot économique orchestré d’un bout à l’autre par les puissances occidentales moyennes (pays Scandinaves, France, Canada) qui n’a pour seul but que de protéger des acquis désormais incertains, mondialisation oblige, qui pourraient, d’une manière certaine, profiter au développement de l’Afrique subsaharienne.Les grandes multinationales établies au Ghana et en Côte d’ivoire, profitant de règles souples et saines en matière de protection de l’environnemenf, n’auraient aucune raison de migrer vers les Etats où la main-d’oeuvre industrielle est sur-salariée.Le club des sept, club qui ne fait sept que pour satisfaire les enfants gâtés mais improductifs économiquement que sont le Canada et l’Italie, n’aurait aucun recours pour obliger les pays africains que je considère comme raisonnables dans leur façon d’appliquer la réglementation à caractère environnemental.Voilà le noeud gordien et véritable enjeu de cette guerre idéologique entre communistes de tout acabit (par exemple Monsieur Normand Baillar-geon, chroniqueur au Devoir et ardent opposant à l’AMI), et gens soucieux de voir au développement durable de l’humanité.Travaillant depuis de nombreuses années dans les milieux de la recherche universitaire en environnement, je puis affirmer qu’il est devenu hasardeux de se fier aux écologistes de toutes sortes qui brandissent le développement durable: cette position, purement politique et difficilement justifiable au niveau scientifique, ne cache que du mépris pour les considérations économiques qui, ELLES, permettent vraiment à l’humanité d’émerger du moyen-âge cultui'ël dans lequel les grands de ce monde veulent la confiner.Je m’exprime en ces termes rudes pour rappeler à chacun que le glas a sonné.11 est minuit moins cinq pour les chantres des droits de l’homme: c’est l'heure de rendre des comptes, d'initier le réveil et la réappropriatiûn de notre continent.L’Afrique boréale se fourvoie profondément lorsqu’elle se referme sur elle-même: l'investissement étranger et non le culte, le mythe ou la rédemption vont permettre de sous-tirer notre dû à l’ensemble de la planète.Faire la différence dans ce contexte revient, à mon avis, à réinventer nos styles d’interactions et nos attitudes à travers des approches visionnaires.Faisons donc la différence en devenant des leaders capables de défier les conventions, de générer de nouvelles idées et de se transformer en promoteurs ou alternatives viables.L’AMI est enfin un pas en ce sens.La conservation du patrimoine mondial écologique est un but que je respecte d’une manière absolue puisque je suis spécialiste en ce domaine, mais j’ai aussi à faire une révérence à la vie humaine et à la qualité des conditions de l’existence de mes frères et soeurs.C’est donc un cri du coeur que je lance ici, osons utiliser à bon escient nos diverses ressources industrielles: l’AMI opère cette mise en commun.Il faut donc amorcer une prise de conscience ici comme ailleurs pour débusquer les véritable motivations des gens qui s’opposent aux accords internationaux en matière d’investissement.Il s’agit d’un protectionnisme éhonté qui, d’une certaine manière, pollue les ondes de la bonne entente intercontinentale et nuit à l’unification des ressources pour un meilleur partage.En somme, disons, après Basta comme l’ont fait les guérilleros mexicains, haro sur l’égoïsme occidental et oui à l’élargissement des capacités des entreprises multinationales à créer de l’emploi et de la richesse dans les coins du monde qui sont demeurés dans lès marges de l’histoire économique des derniers siècles.Tout ceci est dit ici en faveur de l’acquisition de riches expériences propres à nous servir plus savamment dans nos futures pratiques professionnelles et responsabilités sociales.U • È Q U I I* E D U D E V () I R Chartier (régions), Paule des Rivières (éducation), jeun Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement).Judith Lachapelle, Kathleen Lévesque (actualitéspo-' Truffaut (questions urbaines) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques) ; Martin Du-»on (arts visuels et théâtre), Paul Cauchon (médias), Marie-Andrée Chouinard (livres et politiques culturelles), Louise Leduc (musique), Jean-Pierre! ; Normand.Claude Turcotte ; à l'information internationale : Jocelyn Coition (adjoint au directeur de l’information), Guy Taillefer (éditorialiste), Cl'Hirlejévpsfiûéèiïnforniation politique : Pierre O'Neill.Manon Cornellier (correspondante parlementaire à Ottawa), Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec).Michel Venne (correspondant parlementaire ^éditorialiste à Québec) ; à l’information sportive : Yves d'Avignon Marie-Hélène Alaric (secrétaire à la rédaction) ; Julie Tremblay, Marie-Claude Petit (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITE El ! -E MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint), Carole Dallaire (avispublics et appels d'of/res), Jacqueline Avril.Jean de Billy, Gyslaine Côté.Marlène Côté.Christiane Legaull, Jacques A Nadeau.Claire Paquet, Chantal Rainville, Micheline Ruelland, Alexandre Leduc (publicitaires) ; Geneviève Landry, Sylvie Laporte.Micheline 1 urgeon ; Fraie cine Ouellet (secrétaire).IA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approv''.j-,:.- .- ¦ vier Zuida.SERVICE À IA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable).Evelyn d'Arc Houde (secrétaire à la direction) : Céline Furoy, Patrick Inkel (controleur), leline Avril.Jean de Billy.Gyslaine Côté.Marlène Côté, Christiane Legault, Jacques A Nadeau.Claire Paquet.Chantal Rainville, Micheline Ruelland.Alexandre Leduc (publicitaires) ; Geneviève Landry, Sylvie Laporte.Micheline Turgeon ; Fraie eur des approvisionnements, distribution et production), Marie-France Turgeon (responsable de la production), Claudine Bédard, Johanne Brunet, Danielle Cantara.Richar d Des Cormiers, Christian Goulet, Marie-Josée Hudou, Christian Vieil, Oli-').Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements), Manon Blanchette1-1 urcotte, Monique LHeureux, Lise Lachapelle, Rachelle Icclerc-Venne.L ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanne* il trôleur), Ghislaine Lalleur, Danielle Nantel (secrétaire administrative), Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). I.K I) K V OIK.L E M A R 1) I I A O U T I il !» K A cS Le devoir Veau L REUTERS ON se débrouille comme on le peut au Bangladesh où les pluies torrentielles de la mousson ont provoqué ces dernières semaines des inondations qui ont touché plus de la moitié du pays.De l'eau jusqu'au genou, un habitant de la capitale, Dacca, a jugé qu’il irait quand même plus vite sur deux roues que dans sa barque alors que pour cette compatriote de la banlieue qui a de l’eau jusqu’au cou, sa précieuse cruche d'eau potable est bien près de lui servir de bouée.Les inondations ont jusqu’à présent causé la mort d’au moins 256 personnes et en ont laissé des millions sans abri.De l'effet de serre Washington (Reuters) — La série de,dérèglements climatiques qui s’est abattue sur les Etats-Unis montre que le réchauffement planétaire est bel et bien commencé, a soutenu hier le Sierra Club, qui presse le Congrès américain d’approuver le traité de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre.La chaleur implacable qui a régné un peu partout dans le monde a fait des six premiers mois de l’année les plus chauds jamais enregistrés depuis 1880, c'est-a-dire depuis qu’on les recense, a indiqué hier le Sierra Club.La canicule a tué plus d’une centaine de personnes au Texas, en Louisiane et en Oklahoma en juillet seulement, tandis que des pluies diluviennes et des incendies ont fait des victimes ailleurs au pays.«Il est ironique, alors que les Américains sont aux prises avec des conditions climatiques extrêmes dignes de la Bible, que le Congrès s’amuse à faire obstacle à la lutte contre la pollution responsable du réchauffement planétaire», a lancé Dan Becker, du Sierra Club.Les commentaires du groupe font écho à ceux du vice-président Al Gore qui, le mois dernier, a tracé un lien de cause à effet entre la canicule au Texas, les feux de brousse en Floride et le réchauffement de la planète.Sur la foi de nouvelles études sur la question, il a soutenu qu’il était temps de passer à l’action.Al Gore a demandé au Congrès quelle preuve supplémentaire il lui fallait pour adopter un budget permettant à la Maison-Blanche de mettre en place un programme de lutte contre les gaz à effet de serre que les scientifiques tiennent pour responsables du réchauffement de la planète.Les républicains du Congrès se sont fait un devoir d’empècher l’administration Clinton d’appliquer les mesures prévues par le Protocole de Kyoto sur les changements climatiques, estimant qu’elles feraient mal à l’écono-, mie américaine.Vendredi dernier, les économistes de la Maison-Blanche ont plutôt affirmé le contraire et souligné que les conséquences économiques seraient modestes.Les conseillers économiques de la Maison-Blanche ont établi à entre sept et 12 milliards US les coûts annuels reliés à la réduction des émission polluantes.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Ed Place-des-Arts Us sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier électronique redaction@ledevoir.com Pour l’agenda culturel (514) 985-3551 La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone Par télécopieur (514) 985-3344 (514) 985-3340 A C T U A LIT E S ZAÏRE «Les opérations se poursuivront jusqu’au rétablissement total de l’ordre public Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir rca, qui n’était pas particulièrement proprei l’avait noté.Il constata enfin que derrière cette étonnante crinière se dessinait un visage anguleux et sombre: celui d’Angel Stone ! - Comment, dites-vous?Stone?L’homme dont les pantalons flottaient sur ses jambes, comme un génois sur le mat d’un voilier, marchait penché vers l’avant.Il semblait lutter contre un nordet imaginaire, le torse creux et les lèvres crispées.Ses os saillaient de partout et ses yeux, globuleux et d’un bleu délavé, fixaient Lorca avec l’obstination d’une vrille dans le LORCA bois dur.Il tenait entre ses doigts noueux un long cylindre de métal dont l’embout ressemblait à une foreuse.On aurait dit un instrument de torture, pensée par trop inquiétante que Iz>rca s’empressa de chasser de son esprit.- Je ne m’appelle pas Stone, mon vieux, mais Stolt Je suis Ange-Aimé Stolt, ingénieur géologue, pour vous servir.L’homme s’inclina et il sembla à Eugenio I-orca qu’il aurait pu réciter un chapelet à même les vertèbres protubérantes qu’on lui présentait.- On vous aura mal renseigné.Et je suis seul ici, comme vous voyez.La prospection a déjà été plus à la mode.Mais en ce moment, les gouvernements sont plus occupés à négocier des accords commerciaux qu’à fouiller le sous-sol de la province.Alors, je prospecte dans mon coin.Il braqua son outil sur Lorca qui recula d’un coup et échoua à nouveau parmi les longues feuilles vertes et coupantes du philodendron.- N’ayez pas peur! C’est pour prélever des carottes! Lorca eut l’impression d’avoir pénétré dans l’antre d’un fou.Il avait déjà cueilli des carottes dans le potager de son oncle, et jamais il n’avait eu besoin d’un tel attirail.- Mais non, voyons.Des carottes de terre! Et d’autres choses.Voyez plutôt! Tandis que Lorca s’approchait lentement de la sortie, l’homme se mit en travers de son chemin et enfonça son instrument dans le plancher.Puis il le tira doucement à lui pour en expulser le contenu sur une table.- Regardez-moi ça! Ici, il y a d’abord eu un prélart vert pomme.Ensuite, de l’ozite.Horrible, cette moquette! C’est malsain tant c’est sec! Et ça?Vous savez ce que c’est?La pire invention qu’on ait jamais connue en matière de revêtement de plancher: du tapis shag.Pas moyen de nettoyer ça tellement les fibres sont longues.Et ce qu’on nous a mis par-dessus?Une épouvantable imitation de tapis persan qui sent le dos de chameau! Ah, vous en avez de la chance, vous, de travailler dans la livraison.Au moins, vous sortez à l’air pur de temps à autre.Moi, ici, je risque la sinusite tous les jours! Vous n’imaginez pas la quantité d’acariens et de moisissures qui prolifèrent là dessous.Un insidieux fourmillement tenaillait Lorca.Il se gratta le cou, puis la jambe droite.Il lui semblait que des milliers de bestioles cornues et microscopiques lui chatouillaient la plante des pieds.Il ne comprenait pas qu’on ait pu superposer tant de saloperies, plutôt que de les arracher.Et encore moins, que ce géologue puisse y accorder tant d’intérêt.Ce dernier l’entraîna dans une autre pièce dont les murs étaient criblés de trous.Il ouvrit l’un des tiroirs d’une imposante commode et en dégagea un plateau contenant une douzaine de tiges bariolées.On aurait dit des sucettes multicolores qui auraient mordu la poussière pendant des mois.- Epouvantable, non?Le béton, ce n’est rien.Mais ça, c’est de la colle, des fibres pourries.Et ceci, vous savez ce que c’est?De la MIUF, pour mousse isolante d’urée formaldéhyde ! Ça, mon vieux, c’est du véritable poison! Il n’en fallut pas davantage pour qu’Eugenio U)rca prétexte un rendez-vous et s’éclipse sur-le-champ.Une fois sur le palier, il se frictionna partout, hésitant même à respirer à fond, de peur d’implanter tout plein de substances toxiques et pathogènes dans son organisme.Derrière la porte vitrée du bureau d’en face, celui du service des statistiques, une affriolante beauté blonde lui souriait.Il en oublia instantanément son urticaire.Prenant son courage d’une main O’autre étant toujours encombrée d’un colis), il se dandina en se disant que sa chance avait peut-être enfin tourné.(À suivre) hier à Reuters un responsable de la présidence.Un couvre-feu a été décrété à Kinshasa pendant trois jours.«Les opérations de ratissage se poursuivront jusqu’au rétablissement total de l’ordre public.Il est donc demandé à toutes les forces de sécurité, ainsi qu à toute la population, de collaborer pour dénoncer et dénicher l’ennemi et tous ceta qui lui prêtent main forte», a déclaré à la radio le vice-mi-nisfre de l’Intérieur, Faustin Munene.A Montréal, deux représentants de la communauté congolaise ont déclaré ne pas être surpris par les événements qui secouent leur pays.Bwana Constant, du Forum Baraza-La-Kivu qui rassemble des personnes originaires du Kivu, a souligné que le gouvernement rwandais portait une grave responsabilité dans cette rébellion «puisque des soldats tutsis sont entrés au Kivu pour y créer une république indépendante».Selon M.Constant, les Tutsis espèrent ensuite rattacher cette république au Rwanda.«Les habitants du Kivu veulent demeurer au sein du Congo, a-t-il dit.je pense qu’une intervention de la communauté internationale est nécessaire pour protéger la population des exactions de l’année rwandaise.» Kanyurhi Tchika, éditeur du magazine Transatlantique, s’est dit d’accord avec cette dernière opinion.Il a souligné qu’une intervention militaire de l’ONU dans la région du Kivu permettrait de sécuriser les frontières et de protéger l’intégrité territoriale et l’indépendance du Congo.Les premiers ministres se penchent sur le sort des enfants Ottawa (PC) — La stratégie nationale visant à assurer aux enfants un bon départ dans la vie, promise par le gouvernement fédéral, pourrait prendre forme cette semaine, ce qui constituerait un premier progrès depuis la tenue d’une rencontre des premiers ministres à ce sujet, en décembre.Les premiers ministres des provinces, qui se réunissent cette semaine en Saskatchewan, envisagent une déclaration décrivant une stratégie provisoire et des objectifs.Les défenseurs du bien-être des enfants sont impatients de savoir ce que les premiers ministres des provinces comptent faire à ce sujet La semaine dernière, des organisations, réunis en coalition, ont envoyé des lettres pressant les premiers ministres de passer à l’action, à un moment où environ un million d’enfants vivent dans des familles assistées sociales.Les organisations souhaitent également contribuer aux discussions.«Nous aimerions que l'initiative soit assortie d’une forme d’échéancier», expliquait Laurel Rothman, de Campaign 2000, à Toronto.«Il y a des progrès, et nous en rendrons compte à la rencontre annuelle des premiers ministres des provinces», a fait savoir le premier ministre de la Saskatchewan, Roy Romanow, la semaine dernière.La déclaration qui sera étudiée cette semaine débute par l’affirmation suivante: «le Canada aspire à être un pays où les enfants se développent dans une atmosphère de bonheur, d’amour et de compréhension, sont valorisés comme individus et jouissent de la possibilité de réaliser tout leur potentiel en tant qu’adultes».L’idée est d’aligner les ressources existantes dans chaque province pour les conjuguer à l’intérieur d’une stratégie nationale axée sur la santé et le bien-être des enfants.Mais d’abord, a noté M.Romanow, il faut s’assurer que chacun des gouvernements, et les gouvernements entre eux, sont d’accord sur les principaux éléments de la stratégie.L’idée d’un programme national d’aide au développe ment de l’enfance a été soumise par les ministres provinciaux des services sociaux au gouvernement fédéral en 1996, quand a commencé à se répandre l’opinion que le bien-être de l’enfant, aux premières années de sa vie, a un impact déterminant sur sa santé future et sur les coûts des services sociaux futurs.INSECTE «Nous devons nous assurer que ces insectes ne sont pas les vecteurs d’autres maladies» SUITE DE LA PAGE 1 que les insectes puissent passer l’hiver en l’absence d’herbe à poux.«Il y a un grave problème d’infestation d’herbe à poux des cultures maraîchères, affirme Luc Brodeur, président de Phytodata.Il n ’existe pas de solution chimique et en développer une coûterait trop cher.À court terme, nous voulons trouver une solution biologique au cerclage manuel des champs de carottes.» Phytodata entend donc poursuivre l’expérience l’année prochaine pour vérifier si la production massive d’insecte est possible, et alors rendre disponible cette méthode de contrôle biologique aux villes et au ministère des Transports, grands propriétaires d’herbe à poux.«Le problème de la lutte biologique, explique M.Brodeur, c’est qu’il faut des volumes importants et obtenir une garantie d’écoulement des stocks, ce que ne peuvent pas nous fournir les agriculteurs en janvier, au moment de la production, alors qu’ils ne savent même pas s’ils auront un problème d’herbe à poux ou non pendant l’été.FA les insectes peuvent se stocker en hibernation, mais seulement pendant quelques mois.Si on ne s’adresse qu'aux agriculteurs, ça coûtera environ 500 $ par hectare pour utiliser la méthode biologique de contrôle.Si on le rend disponible ata villes, ce prix pourrait descendre à 2(X) ou 300$.» Jouer les apprentis sorciers Ix“s expériences de Sherrington, bien qu’étroitement supervisées, ne manquent pas de raviver certains souvenirs de désastres écologiques causés par des humains qui avaient joué les apprentis sorciers.En Australie, terre des marsupiaux, des lapins avaient été introduits pour rassasier la gourmandise des hommes.Résultat: ils se sont reproduits à une vitesse telle que les paysages ont été complètement ravagés.L’abattage a été autorisé, des maladies pour les combattre ont été importées, mais malgré tout, les lapins subsistent.Plus près de chez nous, comme le rappelle Benjamin R.Simard, professeur titulaire à l’université de Montréal en médecine vétérinaire et spécialiste de la réintroduction d’espèces disparues en milieu naturel, l’étourneau et l’écu- reuil gris, «un rat caché dam un manteau de fourrure», ont été amenés ici par les colons européens.Même scénario pour le salicaire, une plante de fossé très jolie avec sa hampe garnie de fleurs mauves, mais qui a tout de même pris la place de plantes consommées par les canards, les obligeant ainsi à déserter certains plans d’eau.«Quand il s’agit d’une espèce indigène, comme c’est le cas ici, commente M.Simard, c'est moins inquiétant, mais ce l'est quand même.Tant et aussi longtemps qu'on ne saura pas tout des habitudes alimentaires de ces insectes, nous devrions considérer comme très dangereux [le fait de les propager en très grande quantité dans les champs].Nous devons nous assurer que ces insectes ne sont pas les vecteurs d’autres maladies.» Car la question qui se pose, c’est pourquoi a-t-on encore de l'herbe à poux au Québec si ces deux insectes qui en raffolent y vivent également?Parce que le Zygo-gramma et Wphraella compteraient beaucoup de parasites, les empêchant de maintenir une population suffisante, des ennemis que la production en usine I permettrait d’éviter.«C'est vrai qu'il ne faut jamais dire qu’il n’y a pas de danger, concè-de philosophiquement le Dr Di Tom-masso.On doit toujours avoir cette considération car les humains ont déjà beaucoup perturbé l'environnement.C’est certain que lorsqu’on parle de mettre en liberté une production élevée d’insectes qui n’a pas cette concentration de population habituellement, ça peut faire peur a priori.Mais contrairement à ce qui s'est passé en Australie, nous n’importons pas d'ailleurs une espèce qui n'existait pas avant.Ixs Zygogramma et les Ophraella sont des espèces indigènes.» Ut production de masse d’insectes n’est pas une première.Les tricogrammes, petites guêpes pondant des œufs dans le corps d’insectes nuisibles, et les coccinelles, pour ne nommer que ceux-là, peuvent déjà être achetés par les agriculteurs.Et les Zygogrammas et les Ophraella sont assez connus pour avoir été utilisés en Russie il y a 20 ans pour se débarrasser de.l’herbe à poux.Il suffit en fait de développer leur utilisation comme herbicide au Québec, où leurs ennemis résident.«C'est sûr que le contrôle biologique ne sera pas économiquement compétitif avec le contrôle chimique, explique M.Brodeur.Alors c'est certain que dès qu'un insecte touche une feuille de carotte, on arrête tout.» MARTIN CHAMBERLAND LE DEVOIR Julie-Andrée Gagnon, agronome pour l'association de producteurs maraîchers Le Prisme, montre le Zygogramma saturalis et Y Ophraella communa, deux coléoptères se nourrissant exclusivement d'herbe à poux.Les deux espèces sont relâchées dans des cages (derrière) contenant à la fois des plants de carottes et d'herbe à poux.Si l'expérience réussit, les insectes pourraient être produits en usine à l'intention des producteurs aux prises avec des infestations d'herbe à poux.
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