Le devoir, 15 août 1998, Cahier D
1.K l) K V 0 I R , L K S S A M EDI I "» K T I) I M A \ < Il E I lî A U I T I II II S ?LE DEVOIR - lettres québécoises Page D 3 La chronique de Robert Lalonde Page I) 4 Grille télé du week-end Page D 6 ?Littérature jeunesse Page D 3 Formes Page D 8 7 1710 F 1 C T ION E T ESPACE / Eloge du plaisir et de la lenteur France Daigle et l’espace cérébral Dans quelle mesure et de quelle manière l’espace dans lequel s’inscrit le quotidien des auteurs devient-il un espace mental qui inspire, nourrit ou construit l’écriture?Des réponses à ces questions posées aux écrivains francophones d’ici, afin d’apprendre d’eux les mécanismes mentaux, les affinités électives qui les ont poussés à métamorphoser un espace géographique en espace de la fiction et, au bout du compte, à plonger dans la fiction de l’espace, r BLANDINE CAMPION Lorsque l’on rencontre France Daigle, il ne faut pas craindre les silences.Tant pis pour ceux qui seraient trop pressés.Car à chaque question posée, l’écrivaine prend tranquillement le temps de répondre, de chercher le terme juste, l’expression appropriée, pendant que sur son visage sans cesse en mouvement se combinent un air attentif et un léger sourire.Chez cette écrivaine acadienne, au-teure, entre autres, de La vraie vie (1993) et de 1953.chronique d'une naissance annoncée (1995), le rire ne semble en effet jamais très éloigné de la réflexion, l'un et l’autre constituant les deux facettes d’une existence où le désir de création s’est affirmé très tôt.Cette poète et romancière, qui s’est aussi intéressée à l’écriture dramatique, aime d’ailleurs à plaisanter et ne s’en prive guère.Le regard qu’elle porte sur le monde s’avère à la fois méditatif et amusé, comme si les objets et les individus rencontrés pouvaient devenir à tout instant source d’un questionnement sur les choses essentielles, mais aussi source de divertissement.Ludique, tel est l’adjectif qui s’impose pour décrire le rapport que France Daigle entretient aussi bien avec le monde qu’avec l’écriture.Le jeu de l’écriture En effet, la romancière évolue dans l'espace de la fiction comme dans un espace résolument ludique, dans lequel, selon ses propres termes «on peut s'amuser».«L'écriture est pour l'espace dans lequel je joue le mieux, autant dans les propos que dans la forme.J'ai vraiment l’impression que si je ne m'amuse pas, si je ne me surprends pas moi-même, même s’il y a d’autres aspects dans l’écriture, cela ne vaut pas la peine.Ce jeu-là, lorsque je commence à écrire un livre, j’espère toujours que les gens vont y embarquer, que cela les fera jouer eux aussi.Bien sûr, avec plus ou moins de réussite.Mais c’est mon premier souhait: que le livre procure un plaisir de jeu, dans lequel on peut se laisser aller, sans avoir forcément à questionner tous les éléments».Ce «plaisir de jeu» évoqué par la romancière est particulièrement sen-.sible dans son plus récent roman, paru au printemps et intitulé Pas pire.En effet, dans ce récit, se multiplient les occurrences du terme «jeu», et VOIR PAGE I) 2: ÉLOGE ÿWm CONTÜ INDIENS exxuiKes ODÉUPJ eSS€NTieLL€S Z E UJ c- LÉGENDES, MYTHES, ALLÉGORIES, CONTES VARIÉS, HISTOIRES FABULEUSES, LES RÉCITS INDIENS FORMENT UN UNIVERS À LA FOIS ÉRUDIT, ORIGINAL ET POÉTIQUE.LA Pléiade publiait récemment son cur, écrit dans «la langue des démons».Somadeva, en changeant de registre et en y incluant d’autres apports de la tradition écrite et orale — il incorpore, par exemple, deux versions du Ramayana — lui donne un statut de chef-d’œuvre littéraire dans la langue noble de ce temps.C’est un livre profane, placé sous l’inspiration du dieu Shiva.L’Océan comprend dix-huit livres, composés de contes appelés des «Ilots».Des histoires variées s’y succèdent comme autant de vagues.Très diffusées dans l’Inde classique, elles ont été répandues dans la plupart des vernaculaires indiens.On y reconnaît aisément les motifs de type folkorique: langage des animaux, signes de reconnaissance, techniques magiques, passions sans limites, lieux merveilleux ou hantés, ruses de tout acabit, transformations surnaturelles, féériques ou fantastiques.Ces motifs se retouvent disséminés dans les fabliaux, le Decameron, chez Andersen.Traduit en anglais, en allemand et en italien, l’Océan avait paru en français partiellement, en 1963, sous le titre des Contes du vampire, recueil fabuleux et folklorique dont la traduction de Louis Renou figure dans le volume.PREMIER VOLUME DE LETTRES INDIENNES, SOUS LA RESPONSABILITÉ D’UNE DIZAINE DE SPÉCIALISTES DU DOMAINE ORIENTAL.G U Y LA I N E MASS O IIT R E Remontons le temps.Echelonnés sur les siècles, de talentueux auteurs réussissent à intégrer les traditions savantes, la spiritualité et la fantaisie indiennes dans leurs récits.Tel est le cas de Somadeva, le conteur d’une «Histoire céleste» qui, par amour de la fille de l’Himalaya, brisa les idoles et nous légua un déluge de contes, des légendes divines humanisées.«Cette courtisane s'est parfumée de santal, de camphre, d’aloès noir, de musc et autres essences excellentes, elle diffuse autour d’elle des odeurs exquises et tu dis qu’elle sent le bouc?» Ainsi discutent un roi et un jeune délicat, capable de percevoir chez une beauté l’odeur du lait de chèvre dont sa nourrice l’a gavée.Le frère du délicat voit sa peau imprimée par un poil caché sous sept matelats.Ils tirent de leurs sens raffinés cent mille pièces d’or.Faut-il croire le vampire qui raconte cette histoire à un sage roi, lors d’une promenade?Une vague de héros La littérature médiévale indienne offre des motifs idéaux qui embellissent la terre de fleurs printanières.Somadeva, brahmane cachmirien de la seconde moitié du XL siècle, est l’un de ces auteurs majeurs de la littérature en sanskrit.La traduction de son Océan des rivières de contes, dont le titre signifie «réceptacle de joyaux», nous est offerte pour la première fois en français, dans la prestigieuse collection de La Pléiade dont c’est le premier volume de lettres indiennes, sous la responsabilité d’une dizaine de spécialistes du domaine oriental.Par l’introduction, les notes, le répertoire et la table analytique, tout à fait clairs et utiles, ils nous permettent de ne pas nous y noyer, sans nous en remettre, comme des aventuriers en mer.L’Océan, écrit entre 1063 et 1081, est l'adaptation libre d’un gigantesque texte obs- Sources et deltas L’Océan est un monde joyeux, bourré de péripéties cocasses et hanté par une variété admirable de caractères.On ne connaît pas d’autre texte de Somadeva.Mais on constate qu’il avait un projet littéraire cohérent, complexe, et qu’il l’assuma consciemment, fournissant même des détails historiques relatifs à son temps qui ont été confirmés par des sources extérieures.Intellectuel fiable, ce fin lettré, protégé par une reine, réussit à glisser entre les lignes les faiblesses du pouvoir politique.11 sut déguiser son regard vif sous les travestissements de personnages tout à fait fantasques, mais bien motivés, littérairement parlant.L’Océan est un trésor de connaissances et d'observations sur la nature humaine, dont le projet épique et l’ampleur, l'humour aussi, rappellent l’œuvre de Rabelais.Quant au ton et à l’alacrité du récit, il est très proche des Contes des mille et une nuits ; ses personnages également.Son caractère discontinu, contrebalancé par une architecture rigoureuse, dont le sens est parfaitement perverti par des jeux de cache-cache, des ruses et des jeux de piste, pour ne pas dire des métaphores délirantes en forme de devinettes, rappelle la littérature de la Renaissance italienne.On pensera au Roland amoureux de Boiardo, à la Jérusalem délivrée de Le Tasse, ou au Don Quichotte de Cervantès.Philosophie, psychologie, religion, théâtre, musique, au-delà du conte folklorique, s’y côtoient harmonieusement.Assez pour dépasser les conventions ou les banalités qùi pourraient nous détourner des efforts quand même nécessaires pour jeter des ponts par-dessus nos frontières culturelles et garder en éveil notre curiosité.Une surprenante modernité Somadeva est un innovateur.D’abord, parce qu’il coupe «la Grande Histoire» dont il est parti en divisant sa longueur par sept.Ensuite, parce qu’il la modernise, la remodelant sur le principe de la renaissance perpétuelle du principe divin, conduit par Shivà.On sait, selon la doctrine hindoue, que les âmes transmigrent, que les avatars apparaissent et que l’ascèse permet de se délivrer.Rois, savants, guerriers, magiciennes, brahmanes, êtres démoniaques, tous se plient à cette mise en scène.Métis surtout, les apports de Somadeva sont des récits picaresques ou galants — il y en a des centaines —, des fables à visée morale et des légendes brahmaniques, bouddhiques ou jaïnas.Il digresse avec art, nous perd et nous rattrape.Ce brillant conteur sait nous manipuler.VOIR PAGE D 2: CONTES INDIENS .A ü Les Bouquinistes du Saint-Laurent v A Trois-Pistoles LA MAISON DE VLB Du 14 au 17 août de 11 h à 22 h Gouvernement du Québec Ministère de la Culture et des Communications Une production et réalisation d’Hélène Tirole D n Gouvernement O Cl du Québec )es boîtes de livres à ciel ouvert ! Des livres anciens, neufs ou d’occasion, à tous les prix, pour tous les£foûts.en collaboration avec présenté par LE DEVOIR f I) 2 I.K I) K VOIR I.K S S A M EDI | S E T I) I M A X (' Il E Mi AO P T I !) !) 8 mur L I V R E s ELOGE L’écriture, un jeu qui se joue à deux SUITE DE LA PAGE I) 1 l'auteure y «joue» à déconstruire et reconstruire aussi bien la temporalité que les différentes intrigues qu’elle entremêle, à créer des effet d’échos et de mise en parallèle, à multiplier les discours et les références culturelles ou historiques.De fait, le lecteur est immanquablement amené à entrer dans le jeu pour créer son propre parcours au cœur de la fiction.Ainsi, comme le montre chacun de ses livres, pour France Daigle, l’écriture est un jeu qui se joue à deux, grâce auquel l’écrivaine peut partager avec ses lecteurs un imaginaire qui prend sa substance dans la vie de tous les jours.Il ne faudrait cependant pas croire que l’espace ludique dans lequel évolue France Daigle et qu’elle recrée dans l’écriture soit un espace de légèreté, de gratuité ou de facilité, bien au contraire.Derrière le plaisir évident, derrière le rire qui se dessine au détour des phrases, se cachent à la fois une gravité sereine, un questionnement sur le monde et un souci constant de cohérence.Même si l’auteure avoue poser difficilement un regard auto-reflexif sur son œuvre, la démarche qui est à la naissance de l’écriture reste une démarche consciente, lié à un profond désir de discernement.Ainsi, lorsqu'on lui demande ce qui, précisément, ouvre la porte de son imaginaire, France Daigle précise : «Je m’inspire essentiellement des choses de tous les jours que tout à coup je vois sous un autre jour.Ces choses-là me semblent particulières, drôles ou bizarres, ou même très compréhensibles.Pourquoi?Il faut toujours que je pense que ce que je vais écrire va être plus beau, ou va aller plus loin que ce que je vois.Dépasser le quotidien est ma première motivation: aller au-delà des choses comme elles sont.Tout se passe comme si je regardais les choses pour voir ce qu’il y a derrière.C'est devenu une seconde nature».«Je m’inspire essentiellement des choses de tous les jours que tout à coup je vois sous un autre jour» 1a?livre comme un puzzle Jour après jour, l’auteure engrange donc des réflexions sur ces petits faits de rien qui lui paraissent paradoxaux, étonnants, jusqu’à ce que se dessine le contour d'un nouveau livre.Même durant les périodes d’écriture intense, l’auteure reste en prise directe sur le monde, car pour elle l’espace extérieur, réel, et l’espace imaginaire sont intimement mêlés.En eux, elle puise les morceaux épars d’une image que tout le travail d’écriture visera à façonner, à reconstituer.Pour France Daigle, le livre à venir se présente donc sous la forme d’un casse-tête à démêler: «Au début, la démarche était moins claire.Aujourd'hui, je sais où je vais.Je cherche toujours le sujet qui aura une forme en lui même et je m'amuse à bâtir là-dessus».La figure du casse-tète, du puzzle, est ici loin d'être innocente.En effet, cette image cristallise tous les élé- ments essentiels de l’écriture de France Daigle.Tout d’abord, le puzzle fait bien entendu référence à la dimension ludique, au plaisir du jeu évoqué plus haut.Mais il illustre aussi le caractère fragmenté aussi bien de la vie contemporaine dont nous parlent les livres de France Daigle, que de ses fictions elles-mêmes, dims lesquelles le blanc typographique prend une grande place.Enfin, il traduit cette part de réflexion, de reconstruction du sens qui est fondamentale dans la démarche scripturale de l’auteure.On l’aura compris, l’espace qui caractérise le mieux France Daigle, c’est l’espace cérébral, celui dans lequel naissent les constructions ludiques de l’esprit, celui à travers lequel passe toute la part d’expérimentation aussi bien de la vie que de l’écriture elle-même, que l’on appréhende jour après jour, livre après livre, en savourant à sa juste valeur chacun des moments offerts.Car s’il est profondément cérébral, l’espace dans lequel évolue l’au-teure n’est jamais exempt de plaisir, de joie: «Je pense que le plaisir, intellectuel, charnel, toutes les jouissances imaginables qui viennent du fait que les choses font du sens, ces petites choses qui font qu’on continue, qu'on a envie d'en trouver d’autres, d'en créer d’autres, voilà ce qui fait mon univers intérieur.J'ai le sentiment de vouloir la joie, ce qui signifie aller d’une chose à l’autre, en respectant les forces du moment.C’est ce que je fais en écrivant: essayer d’apporter des petits plaisirs, tout en cherchant à voir le grand portrait à travers les fragments».Il y a chez France Daigle une osmose entre la gravité et le plaisir, tous deux vécus à un rythme qui respecte celui de l’individu.La retenue, la modération, la mesure, font partie intégrante de sa personnalité autant que de son hérédité acadienne.Ecouter parler France Daigle, c’est découvrir toute la sagesse de cette lenteur.'"-¦no* - ACTES SUD 20 ans de découvertes * Ôtfe àcroquer avec I Christyne Brouillet Du lundi au jeudi à 19 h Une réalisation de Christophe Rodriguez radie Un 1 er prix première chaîne ¦ifi' Radio-Canada Un bon d’achat chaque semaine des éditions Actes Sud, d’une valeur de 100 S (taxes incluses) 2 3 e prix e prix QQtiinl Ruthhnl/ Une sélection des oeuvres publiées aux éditions Actes Sud, d’une valeur de 1000 S (taxes incluses) - Tirage 27 août Un forfait champêtre d’une fin de semaine pour deux personnes dans un des établissements du réseau Hôtellerie Champêtre d’une valeur de 600 S - Tirage 27 août.Pour participer, écoutez l’émission Un été à croquer animée par Christyne Brouillet, dijfûsée du lundi au jeudi de 19b à 21b sur les ondes de la première chaîne de Radio-Canada.Chaque semaine, une nouvelle question sera proposée.Trouvez la réponse sur le site internet Infoculture de la radio de Radio-Canada au http://radio-canada.ca/infoculture Remplissez le coupon-réponse qui sera publié tous les mardis et samedis dans Le Devoir du 7 juillet au 22 août.Le tirage se fera à tous les jeudis de chaque semaine.Faites-le parvenir à l’adresse suivante Le Devoir Concours «Actes Sud, 20 uns de découvertes / Un été ù croquer •* 2050, rue de Blcury, 9e étage Montréal (Québec) H3A 3M9 N'oubliez dus d'inclure également le nom et l'adresse de votre libraire préféré.En collaboration: LE" IIW aiq ASSOCIATION DES LIBRAIRES Dt yUBIX.L ^Hôtellerie Champêtre I 800714.1214 Question: Avec quel objet Fluvia se donne-t-elle des petits coups sur le front?Réponse Nom Adresse Ville Téléphone (bur.) Ma librairie préférée (rés.) Adresse (téléc.) Code postal (e-mail) Ia* fac similes sont acceptes, pas les photocopies.I as participants doivent avoir 18 ans et plus, lars règlements du concours sont disponibles au Service à l’auditoire de Kadio-Canada.CONTES INDIENS L’aventure de ce prince est une transposition, au plan mondain, de ce que d’autres héros accomplissent dans la grande littérature ancienne Le traditionnel bain sur les rives du Gange.SUITE l)E LA PAGE I) 1 Sans perdre le fil, il nous précipite clans des méandres où le jeu fictif s’allie aux constructions symboliques, si bien que le sens peut se suivre à plusieurs niveaux.Que demande de plus un lecteur occidental?Il devient vite captif de ce labyrinthe, de cette narration aux lignes brisées.Somadeva l’emmène dans ses propres codes de lecture.Déjà pour les contemporains de Somadeva, l'Océan était un spectacle grandiose sur une mer agitée, une composition évocatrice de l’âme et non un paysage réel.Les personnages originaux y ont perdu leur roture originelle.Au lieu des marchands et des petites gens, des princes, des courtisans et des ascètes occupent le devant de la scène.Le héros principal est le prince Nara-vahanadatta, fils du roi des Vatsa, qui allie le caractère d’un noble et celui d'un marchand.Jeune héros doué, beau et aimé des dieux, son anxiété qui l’humanise fait de lui le premier récepteur des contes: ses compagnons le soutiennent par toutes sortes de récits.Mais, comme il se doit dans les grandes épopées, l’histoire se situe plusieurs siècles avant Somadeva, dans un âge d’or idéalisé.Comment s’y retrouver ?Derrière la fantaisie des apparences, se cache une unité de sens.L’aventure de ce prince est une transposition, au plan mondain, de ce que d’autres héros accomplissent dans la grande littérature ancienne sur le plan guerrier, comme dans le Ra-mayana, ou religieux, comme dans la connaissance des Veda.Certes, lire sa quête du profit, des plaisirs et du succès auprès des femmes peut suffire.Mais n’est-il pas intéressant de comprendre que cette recherche est une marche parsemée d’épreuves, à travers des déserts, des jungles et une confrontation finale avec l’océan.Le but du récit?La découverte de soi-même.Accéder à un état surhumain, par une maîtrise mystique qui transcende la condition humaine.Une ambiance féerique, magique et religieuse nimbe cette épopée sociale.Stimulante, imprévisible et touffue, elle ressemble à une œuvre baroque.Le sens affleure par allusion.L’humanité, déchue du bonheur divin, s’y agite en compagnie des démons, des maudits et des êtres inférieurs qui la renvoient à elle-même.Frise dans le cycle de l’incarnation, elle se dédouble à profusion, redoublant les rôles, les aventures et la quête d’une rédemption à laquelle le lecteur, initié au sens secret de l’œuvre, contribuera peut-être ! A la fin, le narrateur devient lui-même le héros d’une aventure.Au lecteur de forger le salut de son âme ! Littérature libertine, divertissante, très efficace, ses images ont une portée initiatique.Si le réalisme y côtoie toujours la spiritualité, c’est pour mieux appeler le lecteur à purifier son quotidien.Au plan du divertissement, le moindre n’est pas l’accession des héros à l’état de Vidyadhara, ou homme- SYLVIE PEPIN dieu, une forme d’humanité géniale et aérienne, tantôt souffrante ou cruelle, tantôt s’amusant ou bienfaisante, selon l'ambivalence des croyances indiennes.Lire l’Océan donne le sentiment d’acquérir un mérite spirituel comparable à celui des personnages: nous délivrer de la malédiction d’être humains et de la magie noire de tous les démons.OCÉAN DES RIVIÈRES DE CONTES Somadeva, sous la direction de Nali-ni Balbir, NRF Gallimard, Paris, 1997,1732 pages (coll.La Pléiade).Océan des rivières de contes III > 11.1 M MIM< utin BH.IWI k, oimi* MocqrtT.enum i h marier, «.iiiumi.i,: U»' ri / »» i t JM* riftlM OHM I N «IM'i t|n\ DM .«Il ATM Ht 4 «MPI|| ru mi i» m soi "'ll SHOP stliis l>r « 4 H 11 «I4IOM K mf ESSAIS La dépendance selon Albert Memmi LE BUVEUR ET L’AMOUREUX.LE PRIX DE LA DÉPENDANCE essai par Albert Memmi, Éditions Arléa, Paris 1998,252 pages N A ï M KATTAN Comme essayiste, Albert Memmi est surtout connu pour ses ouvrages: Fortrait du colonisé, Portrait du Juif et L’homme dominé, dans lesquels il décrit la manière dont s’opè- le Parchemin QUARTIER LATIN Au point de rencontre de la connaissance et du rêve.À l’intérieur du Lit Métro Bcrri-UQAM Téléphone : (514) 845-5243 re la domination de l'homme par l’homme.Depuis quelques années, il explore la contrepartie de la sujétion et de la domination, et se préoccupe de ce qu’il appelle la dépendance, terme qui, dans ses récents écrits, couvre un très vaste domaine.Il comprend ce, qu’en anglais, on nomme addiction : l’alcool, la cigarette, la drogue, le travail.Cependant, pour lui, la dépendance concerne également l’art, l’amour, la religion.Telle qu’il la définit, elle «est une relation contraignante, plus ou moins acceptée, avec un être, un objet, un groupe ou une institution réels ou idéals et qui relève de la satisfaction d’un besoin ou d’un désir».Tout dépendant a besoin d’un pourvoyeur, duo qui avec l’objet d’échange constitue un triangle.Dans Le buveur et l’amoureux, Memmi décrit le rapport entre le malade et le médecin ainsi que celui qui lie l’enfant à ses parents.Il évoque le buveur et s’attarde sur le rapport amoureux.Il fait l’analyse de celui-ci par le biais de trois films: Scènes de la vie conjugale de Bergman, Portier de nuit de Cavani et L’Empire des sens d'Oshima.L’ouvrage se termine par des cha- pitres consacrés à la morale, la libert et l’identité culturelle.D’après lui, ce le-ci s’appuie sur un groupe et un sys tème de valeurs «qui se renforcent n ciproquement».La tradition, le passé l’origine sont présents mais Memm les relativise, car «l’identité culturell est une équation dynamique où se com binent inextricablement des élément plus ou moins stables et des élément changeants et relativement imprévi sibles».L’identité culturelle est, pa conséquent, une «construction large ment imaginaire» où entre un «remat quable coefficient de croyance».Ce qu fonde cette identité est le besoin et cl qui la marque est son efficacité.L’ap partenance à un groupe «revient t une dépendance ou à un système de dé pendance-pourvoyance».Pour Memmi, la liberté, comme 11 morale sont relatives car la société humaine n'est pas une abstraction.: On suit, dans cet ouvrage, le che minement d’Albert Memmi.Iœ révol té et militant d’hier est toujours li mais est rejoint par l’homme d’analy se et de réflexion qui, sans nier sei positions premières, découvre la rela tivité des faits sociaux et humains Q cherche à se diriger dans les voies dt la sérénité et de la sagesse.BIBLIOTHEQUE QUEBECOISE fête ses 10 ans.Recevez un livre-cadeau à l’achat de deux titles de la collection.Jacques Perron Conte»J | Michel Tremblay -¦ C't'à ton tour?lour.) C.trüpux Hubert Aquin Prochain épisode Michel Tremblay La cité dans i'ceuf | mfm Francine Noel Ofjrt nildblt just/ii'aii :>(l s !¦: T II | M A X C II K I I» A (I I T I !l !» S L i v il i: C O N T E S E T N O U V E L L E S Q U É B É C O I S DU XIXe S Le revenant de Gentilly Louis Fréchette È C L K Vc4s$Éf Mit ™ LE DEVOIR Les fantômes, gnomes et sorcières hantent depuis longtemps nos paysages littéraires.La Corriveau, coulée ici dans le bronze par Laliberté, est l’un des personnages les plus ambigus de toute la littérature québécoise.Louis Fréchette est né en 1839 à Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy.Cet homme aux multiples talents, dont la figure a marqué la fin du XIX1 siècle québécois, aura été tour à tour avocat, traducteur à l’Assemblée législative et fondateur du Journal de Lévis, dont l’orientation libérale l’oblige à quitter le Québec pour les Etats-Unis, où il devient rédacteur pour L'Amérique.En 1871, il rentre au pays, et se lance en politique, pour finalement reprendre l’exercice du droit en 1882.Il cessera toute activité en 1907 et s’éteindra l’année suivante.L’œuvre qu’il nous a laissée est celle d’un poète (La Voix d'un exilé, Fleurs boréales, Les Oiseaux de neige), d’un conteur (La Noël au Canada, Contes d'autrefois), d’un dramaturge (Félix Pout ré) et d’un journaliste.Le texte qui va suivre, publié pour la première fois le 26 février 1898 dans Le Monde illustré, est aujourd’hui disponible dans La Maison hantée et autres contes fantastiques, Les Editions CEC, collection «Grands textes», 1996.était en 1823.J’achevais mes études au collège de Nico-let, et j’étais en vacances dans le village de Gentilly, avec quelques-uns de mes confrères et deux ou trois séminaristes en congé auprès de leurs parents.Nous fréquentions assidûment le presbytère, où le bon vieux curé du temps, très sociable, grand ami de la jeunesse, nous recevait comme un père.C’était un fier fumeur devant le Seigneur, et pendant les beaux soirs d’été, nous nous réunissions sur sa véranda pour déguster un fameux tabac canadien que le bon vieillard cultivait lui-même avec une sollicitude de connaisseur et d’artiste.A onze heures sonnant: — Bonsoir, mes enfants! — Bonsoir Monsieur le curé! Et nous regagnions nos pénates respectifs.Un soir — c’était vers la fin d’août, et les nuits commençaient à fraîchir — au lieu de veiller à l’extérieur, nous avions passé la soirée à la chandelle, dans une vaste pièce où s’ouvrait la porte d’entrée, et qui servait ordinairement de salle de causerie.Coïncidence singulière, la conversation avait roulé sur les apparitions, les hallucinations, les revenants ou autres phénomènes de ce genre.Onze heures approchaient, et le débat se précipitait un peu, lorsque monsieur le curé nous interrompit sur un ton quelque peu inquiet: — Tiens, dit-il, on vient me chercher pour un malade.En même temps, nous entendions le pas d’un cheval et le roulement d’une voiture qui suivait la courbe de l’allée conduisant à la porte du presbytère, et qui parut s’arrêter en face du perron.Il faisait beau clair de lune; quelqu’un se mit à la fenêtre.— Tiens, dit-il, on ne voit rien.— Ils auront passé outre.— C’est étrange.Et nous allions parler d’autre chose, quand nous entendîmes distinctement des pas monter le perron, et quelqu’un frapper à la porte.— Entrez! fit l’un de nous.Et la porte s’ouvrit.Jusque-là, rien d’absolument extraordinaire; mais jugez de notre stupéfaction à tous lorsque la porte se referma d’elle-même, comme après avoir laissé passer quelqu’un, et que, là, sous nos yeux, presque à portée de la main, nous entendîmes des pas et comme des frôlements de soutane se diriger vers l’escalier qui conduisait au premier, et dont chaque degré — sans que nous pussions rien apercevoir — craqua comme sous le poids d’une démarche lourde et fatiguée.L’escalier franchi, il nous sembla qu’ont traversait le corridor sur lequel il débouchait, et qu’on entrait dans une chambre s’ouvrant droit en face.Nous avions écouté sans trop analyser ce qui se passait, ahuris et nous regardant les uns les autres, chacun se demandant s’il n’était pas le jouet d’un rêve.Puis les questions s’entrecroisèrent: — Avez-vous vu quelqu’un, vous autres?— Non.— Ni moi! — Nous avons entendu, cependant.— Bien sûr.— Quelqu’un entrer.— Puis traverser la chambre.— Puis monter l’escalier.— Oui.— Puis s'introduire là-haut.— Exactement.— Qu’est-ce que cela veut dire?Et, à mesure que nous nous rendions compte de ce qui venait d’arriver, je voyais les autres blêmir et je me sentais blêmir moi aussi.En effet, nous avions bien entendu.Et sans rien voir.Nous n’étions point des enfants, cependant, et le courage ne nous manquait pas.Le curé prit un chandelier, j’en pris un autre; et nous montâmes l’escalier.Rien! Nous ouvrîmes la chambre où le mystérieux personnage avait paru s’enfermer, Personne! Absolument rien de dérangé; absolument rien d’insolite.Nous redescendîmes bouleversés et parlant bas.— C’était pourtant bien quelqu’un.— Il n’y a pas à dire.— Et nous n’avons rien découvert?— Pas une âme! — C’est renversant.En ce moment un bruit terrible éclata dans la chambre que nous venions de visiter, comme si un poids énorme fût tombé sur le plancher.Le vieux curé reprit froidement sa chandelle, remonta l’escalier et entra de nouveau dans la chambre.Personne ne le suivit cette fois.Il reparut pâle comme un spectre; et pendant que nous entendions des cliquetis de chaînes et des gémissements retentir dans la chambre qu’il venait de quitter: —J'ai bien regardé partout, mes enfants, dit-il; je vous jure qu'il n’y a rien! Prions le bon Dieu.Et nous nous mîmes en prière.(.) Tous les soirs, durant plus d’une semaine, les bruits les plus extraordinaires se firent entendre dans la chambre où l’invisible visiteur avait paru se réfugier.Les hommes les plus sérieux et les moins superstitieux du village de Gentilly venaient tour à tour passer la nuit au presbytère, et en sortaient le matin blancs comme des fantômes.Le pauvre curé ne vivait plus.fl décida d’aller consulter les autorités du diocèse; et comme Trois-Rivières n’avait pas encore d’évêque à cette époque, il partit pour Québec.Le soir de son retour, nous étions réunis comme les soirs précédents, attendant le moment des manifestations surnaturelles, qui ne manquaient jamais de se produire sur le coup de minuit.Le curé était très pâle, et plus grave encore que d’habitude.Quand le tintamarre recommença, il se leva, passa son surplis et son étole, et, s’adressant à nous : — Mes enfants, dit-il, vous allez vous agenouiller et prier; et quel que soit le bruit que vous entendiez, ne bougez pas, à moins que je vous appelle.Avec l’aide de Dieu je remplirai mon devoir.Et, d’un pas ferme, sans arme et sans lumière (.) le saint prêtre monta bravement l’escalier, et pénétra sans hésitation dans la chambre hantée.Alors, ce fut un vacarme horrible.Des cris, des hurlements, des fracas épouvantables.On aurait dit qu’un tas de bêtes féroces s’entre-dévoraient, en même temps que tous les meubles de la chambre se seraient écrabouillés sur le plancher.Nous étions tous à genoux, glacés, muets, les cheveux dressés de terreur.Mais le curé n’appelait pas.Cela dura-t-il longtemps?Je ne saurais vous le dire, mais le temps me parut bien long.Enfin, le tapage infernal cessa tout à coup, et le brave abbé reparut, livide, tout en nage, les cheveux en désordre, et son surplis en lambeaux.Il avait vieilli de dix ans.— Mes enfants, dit-il, vous pouvez vous retirer; c'est fini; vous n'entendrez plus rien.Au revoir; parlez de tout ceci le moins possible.Après ce soir-là, le presbytère de Gentilly reprit son calme habituel.Seulement, tous les premiers vendredis du mois, jusqu’à sa mort, le bon curé célébra une messe de Requiem pour quelqu’un qu’il ne voulut jamais nommer.Voilà une étrange histoire, n’est-ce lias messieurs?conclut le narrateur.Eh bien, je ne vous ai pourtant conté là que ce que j’ai vu de mes yeux et entendu de mes oreilles — avec nombre d’autres personnes parfaitement dignes de foi.Qu’en dites-vous?Rien?Ni moi non plus.» mm au Fort-Lennox LE CANADA FRANÇAIS ÏÔV'Ste/tfés /)(//' : ,(e> ({(manche /() août {fâs/ {s/'o/u/eu&e&: spectacle « La vie de ces femmes »; la femme à travers la chanson traditionnelle du Canada français.0e#/ œlwïté#/pour tout& fa ^ famille.S/ou#/fe# dimanche#/.Culture MPcK/imoiiH* Canadian canadien Montage Parcs Park’s Cruwdn Canada LE DEVOIR 1041 FM „ , Autoroute 47 Lieu historique national ou Fokt-Lennox Saint-Paul-de-lTle-aux-noix SomIEj|you kj ou (450)291-5700 ^ £ SUD Richelieu KKecmSCOttSÆtt.SJMC AVOCAT I) 5 I» O I.I T I Q U E IN T E R N A T I O N A L E L’espace, nouveau continent L'histoire de la conquête spatiale à travers un somptueux atlas dont on ne referme les pages qu'avec regret ATLAS DE GÉOGRAPHIE DE L’ESPACE Sous la direction de Fernand Verger Editions Belin.Paris, 319 pages JOCELYN COULO N LE DEVOIR Dans un |xni moins d’un an, les astronautes canadiens Julie Payette et Marc Garneau quitteront la Terre à bord d’une navette spatiale pour participer à l’une des plus grandes aventures de l’histoire de la conquête de l’espace, la construction de la station spatiale internationale.Ce véritable meccano de modules, arrimés ensemble grâce à l’ingéniosité des astronautes et à une technologie spéciale, permettra enfin à l’homme d’établir sa première véritable colonie spatiale.Toute une révolution.L’espace n’était encore, il y a quarante ans, que le fantasme ou le rêve des poètes, des mathématiciens, des chefs de guerre et de nombreux enfants.Il a enflammé l’imagination des Anciens, terrorisé la vie des hommes du Moyen Age et inspiré depuis un siècle une littérature qui passionne un immense public.Mais depuis ce jour d’octobre 1957 où le Spoutnik soviétique fut placé sur orbite, l’espace a cessé d’être l’inaccessible étoile.Il est devenu une nouvelle frontière, un nouveau continent, à explorer, à exploiter et, maintenant, à coloniser.Le professeur Fernand Verger et ses trois collaborateurs nous invitent à suivre la captivante histoire de la conquête spatiale à travers un somptueux atlas dont on ne referme les pages qu’avec réticence et regret.Les auteurs ont intitulé leur ouvrage Atlas de géographie de l’espace pour la simple et bonne raison que l’aventure spatiale est à ce point avancée qu’elle peut maintenant entrer dans le grand monde de la géographie.En effet, écrivent-ils, «l’occupation de l’espace circumter-restre s'accomplit progressivement grâce à la mise sur orbite de satellites automatiques aux fonctions multiples et, de façon plus limitée, à la présence de l’Homme lui-même qui annexe ainsi à l'oekoumène, ou monde habité, une partie du cosmos proche de notre planète.» La cartographie de cette occupation est impressionnante car elle comprend, toutes nationalités des satellites confondus et des voyages entrepris, deux zones bien distinctes de l’univers spatial.la première se situe entre 300 et 1500 km d’altitude, là où de nombreux satellites utilisent des orbites basses pour l’observation militaire et civile de la Terre.la seconde, plus lointaine, se place aux environs de 36 000 km et est utilisée par les satellites géostationnaires, principalement de télécommunications, «/a reste de l'espace n’est que sporadiquement occupé, même si la course à la conquête de la Lune a motivé des lancements assez fournis jusqu 'aux premiers pas des astronautes», écrivent les auteurs qui dressent des cartes détaillées de ce que le genre humain a envoyé DE GEOGRAPHE DE L ESPACE dans l’espace.Nos traces sont nombreuses.Ainsi, même s’il n’y a que 130 satellites encore actifs autour de la planète, quelque 24 (XX) objets d’origine humaine, dont 2300 satellites, ont été catalogués depuis 40 ans.Ces débris sont d’ailleurs en passe de poser un danger puisque les satellites ont, à l’heure actuelle, plus de chance d’être heurtés par un débris orbital que par un petit météorite.«La probabilité d'une collision serait d'une en vingt-six ans pour l’an 2000 et d'une en huit ans pour 2010», lit-on dans l’atlas.En plus de cartogea-phier l’espace, les auteira présentent la repartiti«çtf géographique des basent et fournissent leur plan détaillé, ce qui les amène nécessairement à analyser la politique des grandes puissances spatiales.Ils soulignent du même coup que la complexité de la technologie spatiale «crée une véritable hiérarchie des Etats„ confirmant les rapports dp force traditionnels sur Terre tout en en introduisait)! de nouveaux.» Si les six premières parties de l’ouvrage sont essentiellement consacrées à des présentations techniques du monde spatial et de ses objets ainsi que de son organisation politique et de ses aspects économiques, leg cinq dernières rendent compte de$ applications concrètes dans des domaines aussi divers que les science;; naturelles, l’observation, les télécopi; munieations, le militaire et la vie de l’homme dans cet environnement somme toute hostile.En plus des cartes, des diagrammes et des photos, cet ouvrage comporte une solide bibliographie ainsi qu’une liste de sites Internet qui permettra aux lecteurs d’en savoir plus sur les programmes spatiaux d’une vingtaine de pays et de consulter une riche documentation auprès de 15 organisations internationales ou services de documentation.Comme le font si justement ré; marquer les auteurs, cet atlas, «au-delà de la description de l’occupâtim\ actuelle de l’espace et des projets en cours [.] veut établir durablement les bases conceptuelles d’une véritable géographie spatiale sans laquelle on ne saurait comprendre le monde contemporain».L’objectif est atteint.L’aventure spatiale est à ce point avancée qu’elle peut maintenant entrer dans le grand monde de la géographie Lectures d'été au Septentrion 1» A I» 1 I u L i i: TIHMP • ï'w.Mt Julie Papineau Une femme patriote Correspondance (1823-1862) Texte établi et annoté par Renée Blanchet Après le roman, I'histoire de Julie Papineau à travers ses lettres à son mari, Louis-Joseph Papineau, et à ses enfants.lliTiur I ilIlTll* ni min m Hector Laferté Derrière le trône Mémoires d'un parlementaire québécois (1936-1958) Texte présenté par Gaston Deschênes v> m Q\ $ u iiuim siriixmiNX La politique, l'administration publique, les institutions parlementaires vues de l'intérieur; le témoignage d'un libéral dans la «Grande Noirceur».^Septentrion 1300, a v.Maguire, Sillery (Québec) GIT 1Z3 • Télécopieur: (418) 527-4978 i 1 ) ALA TELEVISION NOS C H () Paul Cauchon FUGUES AMÉRICAINES Pour célébrer la fête des Acadiens, une émission spéciale sur le peuple acadien de Louisiane, qu'on connaît assez mal finalement.TV5, 181i LES 30 ANS DES EXPOS l iens, un anniversaire qu’on avait oublié: la création des Expos de Montréal il y a 30 ans.Emission historique de 30 minutes.RDI.18U30 SPÉCIAL ELV1S La chaîne câblée présente toute la lin de semaine une série d'émissions en hommage à Elvis Presley, dont ce soir le concert hawaïen de 1973.MusiMAx, 20h LES FRANCOFOLIES DE SPA L’édition 1997 de l’édition belge des célèbres FrancoFolies.Des invités variés, dont Indochine, Michel Jonasz, Jane Birkin, Eddy Mitchell et Maurane.TV5, 21h ENTRÉE DES ARTISTES Marie-Claude Lavallée reçoit Bernard Derome.RDI, 21h30 PROFESSION JOURNALISTE Cette série rencontre ce soir Andrée Gauthier, qui a été la première femme journaliste du Bas-du-Fleuve et qui connaît bien l'histoire de Rimouski.RDI, 22U30 ¦BS9 ¦BdDSJ Mm 7 o y 9 cd 12 ¦(D Branché Vie de chalet Chez nous 98 Le Téléjournal O Ce soir Le Vent des années 60 Baseball / Reds - Expos Le Téléjournal Les Nouvelles du Sport (22:27) Cinéma /LE LAC DU DOUTE (5) avec Peter Strauss, Kathleen Quinlan (22 50) Iogdcjd no 0 9 : 3 CD 11 13: |C4b Cinéma / LES BULLES MAGIQUES (6) avec Diane Salinger.John Calvin (16:00) Le TVA Cinéma / WEEK-END CHEZ BERNIE II (4) avec Andrew McCarthy, Jonathan Silverman Cinéma / FREEJACK (5) avec Emilio Estevez, Mick Jagger Le TVA/ Sports (23:24) Loteries (23:40) / Cinéma (23:50) H 15 17 24 H 30 46 Les Nouvelles Aventures de Skippy Heidi L Etalon noir Monde merveilleux de Disney/Culture éclair (18:55) National Geographic / Les Explorateurs: un siècle de découvertes Himalaya Les Pays du Québec Cinéma /TRAHIR (4) avec Johan Leysen, Mireille Perrier Cinéma/NOUS DEUX (4) avec Philippe Noiret, Monique Cnaumette (2248) H(2l(4) 16 BED 35 49 Box Office Passion plein air Grand Journal (2) Hebdo Sports (17:40) Dehors les chefs Cinéma / MARIAGE À LAS VEGAS (6) avec Mark-Paul Gosselaar, Tiffani-Àmber Thiessen Cinéma / LES AVENTURIERS DE L'ARCHE PERDUE (3) avec Harrison Ford.Karen Allen Le Grand Journal Cinéma/ L ESCORTE (6) avec M.Hewitt m RDi Le Journal FR2 Aujourd’hui Bull, jeunes Simplement.| Expos de Mtl Monde ce soir [.Lisbonne [Tant gu il y aura des stars [Le Journal RDI | Ent.des artistes Trajectoires .journaliste Griffe Mtl spectacle MtY5 Vins.Journal suisse Les Pieds.[Fugues américaines Journal de FR2 Pour la gloire / Festivals (20 45) Les FrancoFolies de Spa Jazz cabaret Journal belge La 8e Nuit des étoiles Id Le Corps 116 00) Les FrancoFolies M'A'S'H Juste pour rire Les Grands Hôtels / New York Le Goût du monde/Madrid Biographies/George III Monde et Mystères Cinéma/LE VIOL D UNE.(4) m v Bougez! Allô docteur / L'Aphasie Fête des bébés Combat.chefs Solo Diagnostic/Trauma Tango / Les filles.machos Jeux de société [ Éros et Compagnie | Médecine enq.E3 MP Tragically Hip SPAM Musique vidéo ] Fax | Box-Office [Musique vidéo Concert Plus / Sarah Mclachlan Musique vidéo Bouge! [Groove ES MX | MusiMax Collection (1400> Top 30 MusiMax [ Les Grands Concerts / Elvis Presley MusiMax Collection Mti' Le Génie.Billy le chat .Sucroé Joy.Naufragés Le Studio Chahut, Bahut Shlak Bttf Scooby Doo Le Diable.Les Jetson Torn et Jerry Yogi l'ours Fifi Brindacier Bêtes à craquer Splat! Ned.triton Les Simpson [Capitaine Star Patrouille.Highlander Les Simpson Ned.triton BMrds Golf PGA - Championnat de la PGA - 3e ronde 111 S17-6226 I Place-des-Arts Al MUSÉE D ART CONTEMPORAIN 0E MONTRÉAL i Québec:: CLICHÉ RÉPÉTÉ À ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIMÉ 005196 L E I) E V 0 1».L E S S A M E I) I I 5 E T l> I M A X (' Il E I (i A 0 Û T I !> !> « D 8 MICHÈLE CHA MPEN01S Nous commençons la publication d’une série de rencontres auec des créateurs de meubles et d’objets qui ont contribué à l’histoire du design et à l’innoua-tion dans la uie quotidienne.Comme Robert Doisneau surgissant vivant au milieu de ses propres archives et devenant célèbre dans une seconde vie alors qu’on le croyait disparu avec le pavé des faubourgs ou les noces de banlieue, Charlotte Perriand vient de faire, à l’âge de, 94 ans, une nouvelle entrée dans le inonde.A la faveur de la parution de ses mémoires ( Une vie de création, Editions Odile Jacob, 425 pages), on a vu dans les magazines son profil net, son chignon tiré et son regard plissé de Chinoise mi-bourguignonne mi-savoyarde; et on l’a entendue défendre le beau métier qui ne portait pas encore ce nom quand elle a commencé à l’exercer: designer.Un terme qui, au demeurant, ne lui convient pas, elle qui refuse de traiter les objets isolés, hors de l'aménagement d’un espace, et qui refusa aussi le titre d’architecte.On la reconnaît, bien campée sur ses convictions, franche dans ses choix humains, et curieuse des autres.Un sage des formes, esprit en éveil, dont témoignent, dans son livre, la fraîcheur des découvertes successives autour du monde, du Japon au Brésil, et, dès 1930, l’étonnement aigu lûrs d’un voyage à Berlin et à Moscou, où la misère insoupçonnée conforte son sens des réalités, sans détruire pourtant l'espérance qu'elle partageait avec sa génération d’utopistes.Pour une vie meilleure, un habitat meilleur.A l'entendre aussi claire et vivement déterminée de propos en son grand âge, on imagine la personnalité rayonnante et enthousiaste qui entra un jour de 1927 dans l’atelier du 35, rue de Sèvres, à Paris, chez Le Corbusier, alors rendez-vous international de jeunes gens déterminés à changer quelque chose à l’ordre des choses bâties, avec son carton à dessin sous le bras.Et on mesure le choc reçu de la première réplique du maître: «Vous savez, ici, on ne dessine pas des coussins.» Malentendu dissipé — mais jamais oublié — dès que Pierre Jeanneret et «Corbu» auront constaté, lors d’une visite surprise au Salon d’automne, que la jeune postulante, sortie des Arts Déco mais rebelle, avait autre chose à montrer que des croquis: elle exposait le «bar sous le toit» quelle avait agencé pour elle-même dans son mini-loft, un atelier de photographe place Saint-Sulpice, pour recevoir plus d'amis dans un espace limité, verre et métal comme seuls matériaux.Pour éclairer sa future salle à manger, où une table caoutchoutée de noir se déroulera entre deux glissières de métal, elle achète un phare de voiture.Anecdote à la mesure d'une attitude puisqu’il faudra attendre cinquante ans pour que l’on suspende des lampes d’atelier dans les boutiques chic et encore rarement dans les salles de séjour.Déjà l’idée des altitudes.Déjà l’idée de gagner du terrain, d’assouplir les limites, d’élargir l’espace.De prendre le paysage à partie.On la retrouve aujourd’hui dans son chalet de Méribel, ou bien perchée en haut d’un immeuble avec le ciel et les toits de Paris pour territoire: quelques dizaines de mètres carrés où rien ne se perd, comme dans une cabine de bateau, où les murs nus recueillent au coucher du soleil l’ombre portée d’un arbuste sur la terrasse, tableau éphémère et jardin zen, où cloisons et claustras coulissent pour découvrir une bibliothèque ou créer une intimité, surfaces multipliées par le jeu des diagonales, et par des échappées.Rouée et attentive au détail comme une femme, décidée et nette comme un homme, amie des matériaux aussi: dans le trio d’inventeurs formé avec Le Corbusier — le prophète et le donneur de thèmes —, Pierre Jeanneret, cousin dévoué et admiratif, architecte fin, homme discret et fou de mécanique — c’était lui qui bricolait les voitures Voisin pour le plaisir —, Charlotte Perriand, son grand sourire aux lèvres et son roulement à billes chromées autour du cou, apporte l’étincelle et l’amadou.Trois caractères en connivence, parfois en concurrence et le plus souvent en complémentarité: sensibilités mixtes (qui est plus femme, qui est mieux homme?), des affinités complexes qui s’épanouissent en plusieurs années de vie commune pour Charlotte Perriand et Pierre Jeanneret, mais qui DRNS UN Charlotte Perriand, une contemporrine de l’Esprit nouueru ALLAIT RÉINUENTER LES MANIÈRES D’HABITER *?m PHO TOS ARCHIVES CHARLOTTE PERRIAND LL I/LVUln sans doute conduiront aussi à son départ de l’Atelier, dix ans plus tard, en 1937, sur un agacement de «Corbu».En attendant, on crée: la chaise longue de 1929, le fauteuil cube, des tables à plateau de verre sur un piète-ment de métal, et on reprend les fauteuils tournants que la jeune femme avait déjà à son actif.Dans l’esprit des premiers essais de Gropius et Breuer en Allemagne, mais en continuant d’innover, en pensant à l’industrie mais sans parvenir à la convaincre: «Corbu» trace des «postures» (le repos, un sac de couchage roulé sous la tête et les jambes en l’air sur une branche, qui inspirera la chaise longue basculante), l'équipe cherche des solutions, bricole des prototypes, met au point des modèles pour meubler la villa La Roche, construite en 1922 pour des amis des arts et de l’avant-garde, rue du Docteur-Blanche à Paris (c’est aujourd'hui le siège de la Fondation Le Corbusier).Mais il faudra attendre les années 1965 pour que la réédition de quelques éléments de mobilier par Cassina en diffuse plus largement l’image et un peu mieux l’usage.Et encore dix ans pour que les simples casiers de rangement imaginés dans cette période soient fabriqués aussi.Mais ils seront vendus comme des objets de luxe alors qu'ils étaient destinés au grand public qui entretemps.aura tout même fini par délaisser l’encombrement et le capitonné et par adopter de nouveaux modes d’habiter.Une histoire lente, en somme, née dans la polémique.I>a presse de l’époque du Salon d’automne ne l’avait pas ignorée: quand Le Temps, journal des classes possédantes, ironisait méchamment, la revue L'Art vivant prenait le parti de cette jeune artiste aux cheveux courts et au collier d'acier.Peu de femmes — on pense à Eileen Gray, l’Irlandaise, autre adepte du style tube chromé — ont laissé leur nom.Et Charlotte Perriand, femme égale par compétence et caractère, sans avoir à militer pour le féminisme, entraînant des hommes dans son parcours de gymnaste mais ne s’encombrant pas d’eux s’ils devenaient obstacles à son avancée.Coco Chanel libérait la silhouette, les architectes d’avant-garde allaient alléger l’espace habité.Alors que le style dominant, l’Arts déco, plaquait ses motifs sur des meubles lourds et massifs comme des coffres-forts, les adeptes des Temps nouveaux proposaient des structures allégées, des silhouettes métalliques, des toiles tendues et des cuirs souples, modernes hamacs, sièges cubes et cubistes qui répondaient avec ferveur à un nouveau mot d’ordre universel: la fonction crée la forme.En lutte contre le souci bourgeois de paraître et d’accumuler.En route vers la pureté de l’air, l'hygiène du corps et la liberté de l’esprit.Emménageant à Montparnasse, Charlotte Perriand allait se trouver par hasard voisine d’un peintre de la joie de vivre, ami du peuple, qui devenait le sien: Fernand Léger; ça lui allait bien.Souvent, elle fera appel à lui, pour des expositions, des manifestes.Années engagées, avant et après 1936.Il faut croire Charlotte Perriand quand elle dit ne s’être jamais demandé si elle travaillait comme un homme, ou comme une femme.Elle croit ce quelle dit et dit ce quelle croit, ne se déguise pas (sauf en tube de [Teinture pour un bal au Moulin de la Galette).Elle dit sa vérité, quelle raconte des anecdotes ou des moments d’histoire (le train vide de l’exode qui la conduit malgré tout à Marseille ou, plus tard, la chute de Saigon).A une époque où l’on prend la pose avant d’agir, elle représente l’attitude contraire.Pas d’artifice, pas de maquillage.Même chose avec le mobilier, pas de camouflage.Et une mémoire vive et précise comme le ton qu’elle a pour faire revivre tel ou tel moment d’une existence riche de rencontres, et du long parcours de ses années d’active.Engagée, pas enfermée: adepte précoce du métal, elle travaille, au risque de choquer ses amis, le bois dès 1935, en présentant dans «la chambre d’un jeune homme» pour une exposition à Bruxelles, un fauteuil [Taillé, forme nouvelle mais artisanat de toujours.En 1938, pour le rédacteur en chef du quotidien Ce Soir, elle fait assembler de lourds madriers en pin, solides, épais et doux au toucher, qui formeront une table courbe, tour à tour bureau et table de réunion pour la rédaction.Quand, en février 1940, elle reçoit une invitation à venir porter, à la suite d’un représentant du Bauhaus, Bruno Taut, un regard occidental sur l’industrie des objets quotidiens, au Japon, de la part d'un ancien de chez «Corbu» retourné dans son pays, elle décide d’accepter, de partir.La guerre transformera le séjour de six mois en une absence de six années, avec retour par l’Indochine et mille difficultés.Mais la mission de conseil a entraîné un échange partagé: c’est la modernité européen- ne qui vient puiser aux sources du purisme extrême-oriental.Nouveaux matériaux, bambou, laque, nouvelles compositions, l’ordre et la mesure selon le tatami, l’espace déployé à volonté par le jeu des cloisons mobiles, la lumière apprivoisée à travers le papier, la légèreté, l’éphémère.Et surtout, l’art de susciter par le vide un espace pour une pensée en liberté: Charlotte Perriand devient l’ambassadrice d’un lien créateur entre les deux pays, les deux traditions, qui ne la quittera plus.Débuter une vie professionnelle dans l’atelier de la rue de Sèvres, apprendre à vivre en Extrême-Orient — plus loin que la Lune, dans ces années-là —, revenir en France participer aux espoirs de la reconstruction, bâtir avec Jean Prouvé l’environnement intérieur des cités universitaires des années 50, et, à 65 ans, s’engager à nouveau dans une expérience d’habitat pour une station de montagne, les Arcs, en Savoie, il y a là matière à se souvenir.Matière aussi à réflexion sur l’avenir pour une personnalité tournée vers la jeunesse, qui offre le passé comme une information, jamais comme une nostalgie.Le siècle n’avait pas trois ans lorsque Charlotte Perriand ouvrit les yeux sur le monde.Et tandis qu’il touche à sa fin, elle peut voir admises quelques-unes des idées lancées par elle et ses proches lorsqu’elle avait vingt ans.¦¦¦ Galerie de l'Institut de Design Montréal 390, rue Saint-Paul Est Marché Bonsecours Montréal (Québec) Canada H2Y 1H2 Téléphone .(514)866-1255 v \ OBJETS DESIGN.POUR VOUS! Pour acheter, collectionner ou, simplement, regarder.Heures d’ouverture lundi et mardi, de lOh à 19h Mercredi, jeudi, vendredi et samedi, de 10h à 21h Dimanche, de 10h à 18h I I
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