Le devoir, 8 septembre 1998, Cahier B
Agenda Page B 7 Culture Page B 8 Économie Page B 2 Sports Page B 5 ?LE DEVOIR ?I.K |) E V (t I li .I.E M A RDI S S E I* T E M 11 R E I H SI N L'ENTREVUE François Charron Le prestidigitateur des mots L’écrivain poète réfléchit sans relâche sur la portée et l’origine de l’acte créateur Parle-t-il comme il écrit?Ce poète a une maîtrise du langage hors du commun, maniant le verbe à la manière d’un maestro, répondant à une minuscule question par un torrent de mots, en contrôlant le moindre ressac, maître de l’idée et du langage qui la porte.Bouillant personnage, poète-explorateur des genres, il sonde les méandres de la pensée, très conscient de ses interférences personnelles.« MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR «Un poète est un monde enfermé dans un homme.» — Victor Hugo n dit que les écrivains et les poètes sont des gens incapables d’expliquer leur propre travail», affirme François Charron, écrivain, qui fait partie du paysage littéraire québécois depuis le tout début des années 70.Son œuvre, dont les couleurs sont multiples au fil des ans, est la preuve inéluctable du regard du créateur sur son propre travail, alliant pensée et littérature, réfléchissant sans relâche sur la portée et l’origine de l’acte créateur.Le poète, aventurier de la dimension identitaire, spécialiste des notions d’origine — d’où vient-on?où va-t-on?—, tire les ficelles du langage, et de son ambiguïté.François Charron, 46 ans, dévoile un tout pre-_ mier aperçu de sa palette en 1972, un tremplin qui l’a lancé dans une course qu’il poursuit inlassablement.Sa production est prolifique, explorant divers genres, questionnant sans cesse la forme, le contenu.Après la publication d’une trentaine d’ouvrages, François Charron poursuit son travail d’interrogation, tel un éternel débutant malgré l’ampleur de l’œuvre et la route déjà parcourue dans la voie du questionnement.Le langage, moteur de ses réflexions, outil de communication privilégié pour livrer la pensée du créateur, porte ses contradictions.«Je questionne l'ambiguïté du langage.Parce que le langage est là pour tenter de dire la vérité, tenter de capter une partie du réel, en même temps qu’il peut être là pour nous empêcher de voir le réel, pour fuir, pour mentir aux autres comme pour se mentir à soi-même.» Porteur du langage, de ce «matériau ambigu», l’écrivain est lui aussi le miroir de ces contradictions.«Tout en célébrant de nombreuses choses, dont le langage lui-même, le poète est là d'une certaine façon pour combattre le langage, dans ce qu’il peut avoir de limitatif, de trop près de la définition, de la raison figée entièrement coupée de l’expérience sensible», explique François Charron, que la poésie et l’écriture occupent entièrement.Cette sensibilité, à laquelle on marie spontanément la poésie, est d’une absolue nécessité pour mener à l’expression d’un langage «qui soit incarnée», reliée au vécu.«Sans cela, ça devient une expérience formelle, purement esthétique, coupée de ce que j'appelle la voix.» La voix: la singularité et la sensibilité captées au passage, au delà de la simple transmission d’information, de la communication verbale de tous les jours.Intéressé par toute réllexion sur la vie humaine, la société, les sciences humaines, la spiritualité, François Charron cherche la réunion de ces deux modes, le langage, la sensibilité de la voix, lesquels se rapprochent peu à peu.«Je crois qu’ils ont tendance effectivement à s'approcher de plus en plus l’un de l’autre.Je me rends compte qu’il y a en moi des contradictions que ma voix porte, c’est-à-dire que je me sens porté à la fois par la célébration, cette capacité — importante — de s'émerveiller devant les choses, d’aller au delà des habitudes, des certitudes, pour être en mesure de redécouvrir le monde chaque jour; mais en même temps, le langage, ou la poé- Le plus difficile En écrivant, il est un point où la société éclate çomme un songe furtif: c’est l’endroit grandiose où la blancheur de la page éclaire le monde.Là, dans l’envers des choses, là, dans le vide d’une main, le don de la mort peut commencer.Mais pour cela, il faut laisser le poème venir à soi.Et c’est cela, sans doute, qui est le plus difficile.Pour les amants, Les Herbes rouges PHOTOS JACQUES GRENIER LE DEVOIR François Charron: «Pas de révolte sans déclaration d’amour! sie, est aussi un lieu de révolte qui représente à la fois ce côté contemplatif, sensible, sensuel, et ce côté révolte, contestation des valeurs reçues.Et j’essaie d’allier les deux, même si je sais très bien que c’est contradictoire.J'ai tendance à dire: “Pas de révolte sans déclaration d’amour!"» On a décrit François Charron comme un «écrivain travaillé par plusieurs modes de discours», dont les écrits, à première vue contradictoires, sont tous traversés par un «rythme particulier qui devient le lieu d'ancrage de ses multiples pratiques scripturales».«Charron, c’est peut-être un “souffle”, une façon de respirer en poésie», écrit-on dans le Dictionnaire des œuvres littéraire du Québec (Fides).Dans Éloge de l’inconnu (Herbes rouges, 1998), le poète écrit: «Unissant la grammaire aux poumons, je serai toujours un débutant un peu écervelé qui se met au service d’un excès de phrases louches.» Et encore: «Ma perception du poète est loin d’être conforme et innocente.Im sincérité de cette confidence est d’un réalisme sans dévotion qu 'on finira bien par mesurer un jour.» «Il me semble que la littérature actuelle/ ne répond plus qu’à des critères de vente bien ciblés / la foule d’elle-même s’écarte de mon baptême / quand on compose un poème faut-il le déplorer?» Ou bien: t>(>/)' Dossier 76400300 Dossier 80059300 Travaux de maçonnerie (Lot 8.1) au 800, boul.Gouin Ouest, Montréal (Québec).Garantie de soumission : 80 000 $ Dossier 80240600 Travaux d'électricité (Lot 11.1) au 800, boul.Gouin Ouest, Montréal (Québec).Garantie de soumission : 90 000 $ Clôture : 98-09-22 à 15 h à Montréal.Réfection du stationnement au 87, rue Principale, New-Carlislr (Québec).Clôture : Rimouski.98-09-21 à 15 h à Laval - Laurentides-Lanaudière,5> Clôture : Montréal.98-09-22 à 15 h à Dossier 80242600 Dossier 789226-00 Dossier 80059500 Travaux de plomberie, chauffage et refroidissement (Lot 10.2) au 800, boul.Gouin Ouest, Montréal (Québec).Garantie de soumission : 75 000 $ Clôture : 98-09-22 à 15 h à Montréal.Aménagement d'un vestibule et travaux connexes au 1701, rue Parthenais, Montréal (Québec).Garantie de soumission : 16 200 $ Clôture : 98-09-24 à 15 h à Montréal.Gardiennage au 85, de Martigny Ouest, St-Jérôme (Québec).Clôture: 98-09-29 à 15 h à Laval.Dossier 800030-01 Enlèvement de réservoirs au 652, L'Ange-Gardien, L'Assomptioh (Québec).Clôture : 98-09-22 à 15 h à Laval., * Les documents seront en vente à compter du 10 septembre 1998.** Les documents seront en vente à compter dull septembre 1998.*** Seuls seront admis les fournisseurs ayant un établissement dans la région administrative où se dérouleront les travaux.Vente des documents : CIEC 1-800-482-2432 (construction) et MERX 1-800-964-6379 (biens et services).Les documents de soumission peuvent être consultés aux associations de la construction régionales (projets de construction) et aux adresses suivantes : ri) Bureau des soumissions, 1200, route de l'Église, bur.3.01, Ste-Foy (Québec), (418) 643-5484.ri) Bureau des soumissions, 190, boul.Crémazie Est, 1er étage, Montréal (Québec), (514) 873-5485, poste 5622.ri) Direction régionale Abitibi-Témiscamingue - Nord-du-Québec, 1, rue du Terminus, 2' étage, Rouyn-Noranda (Québec), (819) 763-3146.ri) Direction régionale Bas-St-Laurent - Gaspésie, 337, rue Moreault, bur.SS-20, Rimouski (Québec), (418) 727-3750, poste 222 et au bureau de Gaspé, 96, Montée Sandy Beach, Gaspé (Québec), (418) 360-8515.ri) Direction régionale Laval-Laurentides-Lanaudière, 2800, boul.St-Martin Ouest, bur.3.08, Laval (Québec), (450) 680-6100.I 'ensemble des appels il’ullres de l.r Smiélo peuvent être consultes sur mitre site internet Société immobilière du Québec www.siq.gouv.qc.ca f.f fftf W 4 I, E I) E V OIK.I, E M A U I) I S S E I» T E M B II E I 9 9 8 LE DEVOIR PIMETE Un site santé et un logiciel qui fait fureur! ANDRÉ SALWYN Deux événements importants ont marqué le milieu informatique montréalais la semaine dernière: le lancement du plus important site francophone de référence en alimentation au monde et celui d’un logiciel antipiratage qu’un nombre considérable d’entreprises attendaient et s’arrachent Le site Service Vie (dont l’adresse est www.servicevie.com) est le résultat d’un partenariat entre deux entreprises québécoises, les Éditions Québec/Amérique et Canal Vie.Le premier volet, déjà mis en ligne, a pour but d’inciter les gens à acquérir de bonnes habitudes alimentaires.On •y trouve des chroniques, des dossiers, des nouvelles, des conseils, etc.La visée ultime de ce site est d’offrir aux internautes des contenus d’information utiles et attrayants, conçus au Québec, en français, dans des domaines reliés à la qualité de vie.Ce nouveau site réalisé grâce à un soutien financier du Fonds de l’autoroute de l’information est sans nul doute un des sites les plus attrayants et les plus intéressants que l’on puisse trouver sur Internet.Bien pensé, bien conçu et bien illustré, il sait joindre l’utile à l’agréable .dans un environnement qui change pratiquement chaque jour et qui reste très facile d’accès.Au total, le contenu s’étend déjà sur l'équivalent de deux mille pages Internet et il est bon de noter que toute l’in-.formation fournie sur ce site a été vali-, dée par des intervenants hautement qualifiés comme l’Union des producteurs agricoles du Québec, l’Institut du tourisme et de l’hôtellerie du Québec, .l’Ordre des professionnels de la diététique du Québec, l’Académie culinaire, le département de nutrition de l’Uni-yersité de Montréal et les chefs cuisiniers Claude Postel et Jean Soulard.Parmi les autres volets en construc-,tion, on en trouve un sur la santé et l'autre sur la bonne forme.Ces volets devraient être mis en ligne l'an pro-.chain.Back OrifiX Le deuxième événement a été le lancement de Back OrifiX, un logiciel capable d’identifier et de détruire les logiciels de piratage Back Orifice 1 et 1.2., Ces logiciels de piratage représentent un danger considérable pour toutes les entreprises et tous les parti-ailiers utilisant les systèmes d’exploitation Windows 95 et Windows 98\ les utilisateurs de Back Orifice peuvent en effet prendre à distance le contrôle complet d’un ordinateur fonctionnant avec l’un ou l'autre de ces systèmes et être donc en mesure d’accéder, de manipu-le'r, voire d’effacer tous les fichiers et toutes les données confidentielles ou non de l’entreprise visée.Cela est particulièrement notable si on prend en considération le fait que— selon la firme de recherche Nielsen — près de 85 % des quelque 75 millions d’utilisateurs du réseau Internet en ; Amérique du Nord tombent dans la ca-¦ tégorie des entreprises ou particuliers /vulnérables.Seuls les utilisateurs d’ordinateurs Macintosh ou d’ordinateurs PC fonctionnant avec le système d’exploitation Windows NT étaient et sont toujours à l’abri d’une invasion possible de ce véritable cheval de Troie et on n’a aucun mal à imaginer la crainte qui commençait à régner dans le monde informatique.Désormais, grâce à la firme québécoise GroupaXion nouveaux médias, cette crainte n’a plus de raison d’être puisque le logiciel de protection Back OrifiX, qu’elle a développé, est capable d’identifier et de détruire les logiciels de piratage Back Orifice 1 et 1.2.À faut noter cependant que ces logiciels de piratage n’ont pas été réellement conçus dans le but de mettre la pagaille dans les entreprises.S’il faut en croire leurs concepteurs, des cyber-pirates s’identifiant comme des membres du Culte de la vache morte (Cult of the dead cow), le but principal de l’exercice était de forcer Microsoft à remédier aux failles qui existent dans le système de sécurité incorporé dans ses systèmes d'exploitation Windows 95 et Windows 98.Mais il faudrait être naïf pour croire que le pouvoir que ces logiciels donnent ou donnaient à leur utilisateur allait laisser les gens indifférents: Back Orifice a été téléchargé 35 000 fois dans les quatre premières heures suivant sa mise en marché le 3 août dernier et 100 000 fois après vingt et un jours de libre circulation.«Nous avons affaire à du terrorisme informatique et les risques sont énormes.Imaginez à titre d'exemple que quelqu un ait accès aux informations du ministère du Revenu au Canada.Ce Trojan [cheval de Troie] peut causer des dégâts considérables à de nombreux systèmes de sécurité», explique Jean-François Dumas, vice-président de GroupaXion nouveaux médias.«Notre logiciel agit comme un chien de chasse entraîné à détecter le virus semé par Back Orifice.Une fois détecté, le virus est isolé et détruit.Mais pour que cela marche, il faut que l'utilisateur fasse fonctionner notre logiciel régulièrement car l’invasion du virus peut se faire à n'importe quel moment du jour ou de la nuit.» Il ne faut donc pas être surpris si, dès son lancement officiel mardi dernier, Back OrifiX a connu un succès aussi retentissant que sa cible.Le puissant serveur du site d'America Online où il est disponible gratuitement n’a pas été capable de suffire à la tâche.Il faut dire quand même qu’il existe des circonstances dans lesquelles, Back OrifiX est impuissant il est en effet possible pour un utilisateur de Back Orifice d’effacer tout le contenu du disque dur de sa victime.Cette opération, rendant l’ordinateur de la victime complètement inopérant, ne permet aucune intervention protectrice.Pour plus de renseignements sur Back OrifiX ou pour télécharger gratuitement le logiciel, on peut se rendre sur le site de GroupaXion à l'adresse www.groupaxion.corn salwynfà sprint, ca «.Sortis des presses LE DEVOIR h w, J > est bien joli, les publications en k V/ ligne, mais le bon vieux support ï papier a encore la cote si on en tient ?pour preuve le nombre de livres et de ! magazines qui trouvent le chemin des J kiosques.La semaine dernière, J.C.I., éditeur de livres informatiques de Sainte-| Agathe, lançait Net-mag, un bimestriel ?qui s’est donné pour vocation de se \ consacrer a l’actualité Internet en met-; tant notamment l’accent sur les jeunes ?et les femmes.Imprimé à 10 000 exemplaires, ce ; nouveau magazine, dont le rédacteur en ! chef est Jacques Claviez, se veut à la fois J pratique et diversifié.Qu’on en juge: ce ; _ premier numéro comprend des articles ^ sur les outils de recherche, les noms de - domaine, la programmation HTM U In-?térnet au féminin, les jeux et bien ! d'autres sujets.Ijes textes, impeccables, ; sont courts et abondamment illustrés.Dans le marché québécois des pério-! diques consacrés a Internet, Net-mag rejoint Branchez-vous, le doyen du gen- - re, et Sympatico, le magazine produit [-.'par Publicor, une filiale de Communica-; tion Québécor, à l’intention des abon-; nés du service Internet de Bell et du ; grand public.Le numéro courant de ! Branchez-vous offre un dossier sur les meilleurs sites pour enfants et adolescents de même qu’une entrevue avec la , ministre de la Culture et des Communi-! cations, Louise Beaudoin.Quant à Sym-]- patico, il consacre son deuxième numéro aux cours en ligne, aux sites sur la [\ 'cuisine, à l’achat en ligne et au matériel informatique.zkmf Des livres pour débutants Sur le fr.ont de la publication de livres, Les Editions Logiques viennent d’offrir deux nouveaux titres destinés aux débutants en informatique et sur Internet Ces livres, de la collection «La 3' Vague», visent plus particulièrement la clientèle des personnes retraitées qui sont tentées par les nouvelles technologies.Le premier, intitulé Apprivoiser l’ordinateur, explique dans ses grandes lignes le fonctionnement des deux systèmes d’exploitation les plus répandus, Windows 95 et MacOS de Macintosh.L’information y est bien présentée et accessible même aux plus néophytes des néophytes.En peu de temps, ils permettront aux gens de se familiariser avec ces outils.VITRINE DU CÉDÉROM La mécanique de l’horreur Le Dror au combat Hh r ¦ MICHEL BÉLAIR LE DEVOIR fe Histoire n’est pas tou-" jours très drôle, on le sait, et certaines périodes sont plus terribles, plus barbiu'es que d’autres.Le Moyen Âge rôtissait les «alliés du diable» sur des bûchers de fagots: nos voisins du Sud ont perfectionné la technique en dosant savamment napalm et «agent orange».C’est d’ailleurs en visant «l’efficacité» que les barbares de ce siècle se démarquent de tous les précédents.Avant que les caméras de la télé américaine des années 70 ne banalisent l’horreur sur une grande échelle en présentant la guerre en direct à l’heure du souper, les nazis avaient réussi, eux, à lui donner d’abord des proportions industrielles.Beurk.HISTOIRES DU GHETTO DE VARSOVIE ?Production Montparnasse Multimedia.Collection «J’imagine le monde».Hybride PC (Windows 3.1, Windows 95,8 Mo), Mac et PowerMac, 5,2 Mo.Disponible dans le réseau Nova-lis et les magasins spécialisés.Prix: plus ou moins 60 $.En 1940, quelques mois après avoir envahi la Pologne, les nazis décidaient de murer le ghetto de Varsovie.Sur une petite surface représentant à peine plus de 2 % de la ville, ils allaient entasser tout près d’un demi-million de juifs bientôt réduits à l’état de sous-hommes.En l’espace de quelques semaines, la misère, la famine et le typhus s’étaient installés à demeure.Lorsque l’Armée rouge libère la ville en janvier 1945, le ghetto n’abrite plus que 15 000 habitants terrés dans les égouts et dans les dé- combres du quartier brûlé par les SS dix-huit mois plus tôt.Horreur oubliée On a oublié aujourd’hui l’horreur «archétypale» que fut le ghetto de Varsovie.La densité de la population y était à peine imaginable: 128 000 habitants par kilomètre carré, 9,2 personnes par pièce! L’eau, la nourriture, les moyens de chauffage, les médicaments, tout était rationné, sinon inexistant.En route vers la «solution finale», c’est là que les Allemands mettent en pratique leurs techniques de déshumanisation et de mise à mort industrielle.Pourtant, ce n’est qu’en juillet 1942 que le ghetto prend sa véritable dimension d’antichambre de la mort lorsque les nazis se mettent à expédier ses habitants par fourgons entiers vers les chambres à gaz du camp de Treblinka; trois mois plus tard, les neuf dixièmes de la population avaient déjà «disparu».Tout cela, on le sait plus ou moins.Tout le monde a vu des photos, de pe- tits bouts de film documentaire préfigurant ceux que l’on voit maintenant tous les jours à la télé aux informations: ces odieuses étoiles cousues sur les vêtements des prisonniers, les populations affolées, les enfants malades, les vieillards agonisant, les cadavres au milieu des rues.Mais ce que l’Histoire n’a pas vraiment retenu, pas suffisamment souligné, c’est la résistance héroïque de ces milliers de juifs qui se sont opposés à la bête nazie.Quelque part, infiltrée sournoise ment dans la conscience des nations occidentales, se cache toujours l’impression que ces centaines de milliers de gens se sont presque laissé faire, sans combattre.Histoires du ghetto de Varsovie, un magnifique document publié en début d’année chez Montparnasse, viendra crever ce mythe de la soumission et de la passivité.À l’aide de documents bouleversants, on nous y raconte la résistance héroïque de dizaines de personnages impliqués à divers degrés dans la survie même du ghetto.La première image-écran offre trois grandes avenues: Destins, Mémoires, Récits.On ne nous épargnera rien.On verra comment d’innombrables réseaux se sont créés à l’intérieur du ghetto pour résister à la mécanique de l’horreur en allégeant les souffrances des plus démunis.On pourra suivre l’histoire de personnages concrets menant la lutte sur tous les fronts contre les tortionnaires SS: contrebande pour nourrir des milliers de gens, faux papiers, achat d’armes — il y eut deux soulèvements armés, soit en janvier 1943 et en août 1944 — et de médicaments, écoles et hôpitaux clandestins, pots (Je vin et autres pressions politiques.A tout moment, on peut consulter la carte du ghetto — on a même reconstitué les lieux, virtuellement, et la visite du quartier dévasté est saisissante.On n’y pourra que constater son amincissement progressif jusqu’à cette nuit d’avril 1943 durant laquelle les nazis ont tout détruit, rasant le moindre bâtiment, assassinant tous ceux qu’ils débusquaient.Comme il est devenu de mise chez Montparnasse, tout cela est présenté de façon remarquable.L’interface graphique est exceptionnelle, la richesse de la documentation, tout autant.L’arrière-fond musical constitué de lancinantes complaintes en yiddish donne le ton dès le lancement du générique d’introduction.On peut explorer l’ouvrage par les trois avenues proposées ou par un petit menu déroulant en bas à droite de l’écran, mais ce ne sont là que quelques-unes des portes d’entrée à ces «histoires» qu’on nous raconte ici et auxquelles nous ramènent toujours les multiples paliers de visionnement du cédérom.C’est un document à la fois complexe et limpide qui démontre de façon claire que l’accumulation des petites «histoires» parvient parfois à démystifier l’Histoire.ni hclairfàledevoir.com Les grandes affaires du Net Comment Internet a sauvé Louise Woodward YVES EUDES LE MONDE Grâce à Internet, les partisans de Louise Woodward, la jeune Anglais accusée aux Etats-Unis du meurtre d'un bébé dont elle avait la garde, ont réussi à retourner l’opinion américaine et à peser sur le débat judiciaire.Pour finir, le juge, puis la Cour suprême du Massachusetts, ont décidé de leurs arrêts sur le Web Le 4 février 1997, Louise Woodward, une jeune fille au pair anglaise de dix-huit ans installée chez une famille américaine près de Boston, est arrêtée par la police.On la soupçonne d’avoir brutalisé Matthew, le bébé dont elle avait la garde.Quatre jours plus tard, Matthew, qui souffre d'une fracture du crâne, meurt à l’hôpital.Bien qu’elle clame son innocence, Izmise est inculpée de meurtre et incarcérée.Son procès est fixé pour octobre.La cause semble entendue : M.et Mme Eappens, les parents du petit Matthew, tous deux médecins, forment un jeune couple irréprochable, honorablement connu dans la bonne société, et dont la parole ne saurait être mise en doute.Or ils accusent Louise, et la décrivent comme une jeune écervelée, paresseuse et rebelle, qui ne pense qu’à passer ses nuits dehors et se montre parfois violente.La presse locale reprend cette description, qui sonne déjà comme une condamnation.Mais c’était compter sans la capacité des Britanniques à s’enflammer pour les causes les plus inattendues.Au fil des mois, un puissant mouvement d’opinion gagne dans tout le Royaume-Uni.La presse populaire, puis la télévision, font de l’affaire Woodward une cause célèbre.Omise devient l’héroïne d’une grande saga sentimentalo-nationaliste : une jeune innocente se bat, seule, contre une meute de procureurs et de policiers américains féroces, et contre 1’ establishment médical de Boston.A Elton, le village du Cheshire dont Louise est originaire, c’est la mobilisation générale : un comité de soutien est constitué, qui recrute bientôt des volontaires dans tout le pays.Avec l’Amérique profonde Reste que l’affaire se déroulant au Massachusetts, les Britanniques se sentent relégués au rang de spectateurs.leur premier objectif sera donc de toucher l’opinion américaine, afin si possible de la retourner.Des petits groupes de partisans de Izniise décident de prendre les choses en main en utilisant Internet, qui leur offre une prise directe sur l'Amérique profonde.Iznir terrain de manoeuvre était tout trouvé, car des médias et webmaga-zines de la région de Boston, notamment Town on Line, avaient ouvert des forums de discussion consacrés à Louise.Au départ, les conversations y étaient très civilisées, mais tout change dès qu’ils sont envahis par des hordes de Britanniques prêts au combat.Les plus frénétiques accusent l'Amérique de persécuter une innocente, par conformisme ou par haine de l’Angleterre.Ils condamnent en bloc le système judiciaire américain, répandent des rumeurs sur la partialité des médecins de Boston, et vont jusqu’à soupçonner les parents d’être à l’origine du drame.D’autres Britanniques, mieux avisés, avancent des arguments plus rationnels.Le comité de soutien fait circuler sur le Net des documents peu évoquée par la presse américaine, notamment des avis d’experts remettant en cause les résultats de l’autopsie du petit Matthew, ou encore les résultats très favorables du test de détecteur de mensonge auquel Louise avait accepté de se soumettre.Avec l’ouverture du procès le 6 octobre 1997, la télévision éclipse pour un temps les autres médias, car l’Etat du Massachusetts autorise la présence de caméras dans les tribunaux et les retransmissions en direct.Plusieurs grandes chaînes américaines, ainsi que la chaîne par satellite britannique Skynews, se lancent dans la diffusion intégrale des audiences.A Elton, le comité de soutien s’installe au Rigger, le seul pub du village possédant une antenne satellite.line chanson pour Louise le 31 octobre, à l’issue d’un procès incertain, Louise est déclarée coupable de meurtre, et condamnée à la prison à vie.Tout semble perdu, mais après quelques heures de désespoir, ses partisans refusent de s’avouer vaincus.Criant à l’erreur judiciaire, ils se ruent à nouveau sur Internet pour réclamer une révision du procès.Or, dès le lendemain, nouveau coup de théâtre : le juge Hiller Zobel, qui a présidé le procès, annonce qu’il se donne dix jours pour réfléchir à une possible annulation du jugement, ou à une requalification du crime.les partisans de Ieuise jettent alors toutes leurs forces dans la bataille.En quelques jours, plusieurs dizaines de sites Web apparaissent dans tous les pays anglo-saxons.Quelques-uns deviennent de véritables oeuvres multimédias avec des galeries de photos, des interviews enregistrées, des séquences vidéo, des bannières, des icônes.Un groupe rock compose une chanson à la gloire de Louise, téléchargeable sur différents sites.A Elton, le comité de soutien du Rigger Pub reçoit la visite de Paul Pa-gett, un informaticien de 32 ans habitant la région.Son projet est simple : créer un site Web “ officiel ”, qui deviendra le point de ralliement des partisans de Iouise à l’échelle mondiale.Sa proposition est aussitôt acceptée, d’autant que la mère de Izjuise avait eu la même idée.En quelques heures, Paul dépose le nom de domaine “ louisewoodward.org “ et ouvre un site sur un serveur commercial.Il annonce ensuite la nouvelle sur différents forums et moteurs de recherche.Dès le lendemain, les visiteurs affluent.Un grand fournisseur d’accès commercial installe des équipements et des connexions au Rigger Pub, qui commence à ressembler à un cybercafé.Paul Pagett veut avant tout créer un centre de documentation rassemblant tous les rapports et témoignages tendant à prouver l’innocence de Louise.Il faut tout afficher, y compris les graphiques utilisés par les experts médicaux lors du procès.Le Web doit également servir à des tâches pratiques immédiates, comme la collecte de fonds et le recrutement de volontaires.Même le député travailliste local, ingénieur de formation, vient à l’occasion aider Paul à construire son site.Pendant ces dix jours décisifs, la puissance du réseau est aussi mise à profit pour améliorer la coordination entre le quartier général d’Elton et le comité de Boston, chargé de mener les actions sur le terrain.Le Net permet enfin d’envoyer des pétitions électroniques au gouverneur du Massachusetts, au procureur et même à Bill Clinton et Tony Blair.Le gouverneur reçoit plus de 10 (MK) messages via Internet en une journée, ce qui l’oblige à fermer sa boîte aux lettres.Le juge Zobel n’ayant pas d’adresse électronique, Paul Pagett met en place un système permettant de faire parvenir les messages sur son fax, qui est aussitôt saturé.C’est pourtant le juge qui va soudain placer le Net au coeur même de l’affaire Woodward.A la surprise générale, il fait savoir que compte tenu de la dimension internationale du procès, sa décision serait d’abord publiée sur Internet, «le meilleur moyen pour ta faire connaître immédiatement au plus grand nombre».Panne chez le fournisseur Au jour J, tout est prêt, des deux côtés de l’Atlantique.A Londres, un serveur spécial a été mis en place pour absorber l’afflux de connexions.Mais une minute avant l’heure fatidique, une panne de courant chez le fournisseur d’accès du tribunal oblige à annuler l'opération.Ix: juge en est réduit à faire photocopier son texte et à le distribuer aux rares journalistes présents dans les couloirs.Quand il est enfin affiché sur le Net une heure plus tard, la radio et la télévision ont déjà diffusé la nouvelle : le meurtre est requalifié en homicide par imprudence.Iztuise est condamnée à 279 jours de prison, pour couvrir la préventive.Elle est libre.Malgré le retard, tous les sites Web susceptibles d’afficher le texte du juge sont pris d’assaut.Sur les forums, c’est le délire.Pourtant, le comité de soutien fait aussitôt savoir qu'il ne faut pas relâcher la pression, car le procureur va faire appel devant la cour suprême du Massachusetts.Cette nouvelle procédure durera des mois, pendant lesquels Louise devra rester aux Etats-Unis.En outre, il ne s’agit que d’une demi-victoire, car l’innnocence de Louise n’a pas été reconnue.La lutte continue, dans les prétoires et sur le Net.De fait, malgré le mini-fiasco du 10 novembre, la volonté du juge Zobel de désigner Internet comme moyen de communication privilégié a fait entrer l’appareil judiciaire du Massachusetts dans l’ère des réseaux.A son tour, la cour suprême annonce qu’elle fera connaître sa décision finale en exclusivité sur le Net.Elle ne donne pas de date, mais précise que son arrêt sera affiché simultanément sur plusieurs sites appartenant à des bibliothèques et associations juridiques, puis envoyé à cent cinquante journalistes dans tous les pays anglo-saxons.Le Rigger Pub d’Elton est aussi sur la liste.Le 16 juin, sans prévenir, la cour publie son arrêt sur le Web, et cette fois tout se liasse bien.La décision du juge Zobel est confirmée, Louise est toujours coupable mais elle reste libre, et peut retourner en Angleterre.Par souci pédagogique, les juges décident d'afficher l’intégralité de l’arrêt, y compris les annexes et les opinions divergentes de trois d’entre eux.Quelques semaines plus tard, la cour se dote de son propre site, qu’elle compte utiliser prochainement pour publier de nouveaux arrêts importants.D’autres tribunaux de l’Etat commencent à s’équiper.Une fois Louise rentrée chez elle, l’armée de ses partisans se disperse, mais le noyau dur reste mobilisé, car l’affaire n’est pas terminée.Les parents du petit Matthew ont engagé une procédure en dommages et intérêts, et réclament à Iziuise 1 million de dollars.De son côté, le comité de soutien milite toujours sur le Web pour prouver son innocence.De fait, il semble que le recours à Internet soit entré dans les moeurs pour tous les protagonistes de l’affaire.Ainsi, le policier qui avait interrogé Louise au début de l’enquête, et qui n’avait pas souhaité s’exprimer tant que la justice n’avait pas tranché, a récemment adressé à la BBC une lettre ouverte électronique pour réaffirmer qu’à son avis, Louise est bien une meurtrière.De son côté, la BBC, qui avait réalisé une interview de Louise dès son retour en Angleterre, a placé l’émission en libre consultation sur le Web, à l'intention du public américain.Le site officiel de Louise Woodward: www.louisewoodward.org I.K I) E V (lin.I.E M A UDI S S K l> T E M I» li E I !MI S B 5 LE DEVOIR LES SPORTS Etat de la réserve collective (le sauf; + G coup c sa n n in O- 66% La Société canadienne de la Croix-Rouge hifo-collecte: 832-0873 Une page d’histoire Flushing Meadows HP ni .j McGwire égale le record de 61 circuits de Roger Maris ASSOCIATED PRESS St.Louis — Le coup a eu l’effet d’une explosion.En l’espace de quelques secondes, Mark McGwire a égalé le record de 61 circuits de Roger Maris, des Yankees de New York.La question est maintenant de savoir à quel moment il n’aura plus à partager le plus prestigieux record du baseball.McGwire a écrit une page d’histoire tôt dans le match qui opposait hier les Cards de St.Louis aux Cubs de Chicago.Dès la première manche, «Big Mac» a expédié le lancer de Mike Morgan à 430 pieds du marbre au champ gauche, égalant ainsi le record de Maris qui tenait ' depuis 37 ans.McGwire a porté ses mains en l’air dès qu’il eut fait contact.Il a ensuite fait le tour des sentiers, un poing tendu vers le ciel.McGwire a reçu un «high five» du premier-but des Cubs, Mark Grace.Puis son ancien coéquipier Gary Gaetti en a fait autant au troisième-' but.La foule de 50 530 spectateurs au Busch Stadium lui a donné une longue et belle ovation.Son rival -chez les Cubs, Sammy Sosa, qui a lui-même 58 circuits, a également célébré ce grand moment en applaudissant depuis son poste du champ droit.McGwire a été accueilli au marbre par son fils de 10 ans, Matt, qui agissait à titre de préposé aux bâtons.McGwire a soulevé son fils et l’a serré contre lui alors que les préposés au terrain s’affairaient à remplacer les coussins qui prendront certainement le chemin de Cooperstown.McGwire a rapidement été entouré de ses coéquipiers dans l’abri des Cards.Mais il en est vite ressorti pour saluer Sosa et la famille Maris, installée sur la ligne du premier-but.Hommage à Maris Dans un geste touchant, McGwire Mark McGwire vient de frapper son 61' circuit, soulevant ainsi la foule réunie au Busch Stadium de St.Giuis.a rendu hommage au défunt Maris en pointant le ciel de son index droit, puis a touché son cœur et envoyé un baiser à la famille.«Il a frappé son cœur, comme si papa était dans son cœur», a dit Kevin Maris, un des quatre enfants du frappeur des Yankees.Le circuit de McGwire est venu dans le 144' match des Cards et il lui reste 19 rencontres pour briser le record.Cette fois, il ne sera pas question de joindre un astérisque à l’exploit de McGwire.Maris avait frappé son 61e circuit à son 162' et dernier match.Vers la fin de la saison, le commissaire d’alors, Ford Frick, a déclaré que tout nouveau record serait indentifié d’une quelconque façon puisque Babe Ruth avait réussi 60 circuits en 154 matchs seulement.McGwire a maintenant réussi 15 circuits à ses 20 derniers matchs.Hier, il a obtenu deux coups sûrs en quatre présences.Outre son cir- cuit, il a réussi un simple.Sosa a été limité à un simple en cinq présences.Le circuit de McGwire a été un beau cadeau offert à son père John qui fêtait son 61' anniversaire de naissance.Ia balle a été récupérée par Mike Davidson, un partisan des Cards âgé de 28 ans.Celui-ci a l'intention de remettre la balle à McGwire.Les Cards ont remporté le match 3-2.BASEBALL LIGUE NATIONALE Section Est G P Moy.Diff ¦ Atlanta 91 51 .641 — New York 79 63 .556 12 Philadelphie 67 75 .472 24 Montréal 55 88 .385 361/2 Floride 47 95 .331 44 Section Centrale Houston 89 53 .627 — ' Chicago 80 62 .563 9 .St.Louis 68 73 .482 201/2 Milwaukee 67 75 .472 22 .Cincinnati 66 76 .465 23 Pittsburgh 64 76 .457 24 Section Ouest • San Diego 91 51 .641 — San Francisco 76 66 .535 15 Los Angeles 72 70 .507 19 , Colorado 65 78 .455 261/2 Arizona 57 86 .399 34 1/2 - Samedi Montréal 7 Floride 1 N.Y.Mets 5 Atlanta 4 St.Louis 7 Cincinnati 0 San Diego 4 Colorado 2 Los Angeles 6 San Francisco 3 Houston 6 Arizona 5 (12 manches) Chicago Cubs 8 Pittsburgh 4 ' Milwaukee 3 Philadelphie 2 (14 manches) Dimanche Montréal 2 Floride 6 Chicago 3 Pittsburgh 4 Atlanta 4 N.Y.Mets 0 Philadelphie 4 Milwaukee 5 Cincinnati 2 St.Louis 5 San Diego 2 Colorado 12 Houston 10 Arizona 1 San Francisco 6 Los Angeles 2 Hier Milwaukee 6 Pittsburgh 3 Atlanta 7 N.Y.Mets 8 Chicago Cubs 2 St.Louis 3 Floride 10 Colorado 15 Cincinnati 0 Houston 1 Los Angeles en Arizona, 21 h05.San Francisco à San Diego, 23h05.LIGUE AMÉRICAINE Section Est G P Moy.Dill y-New York 100 40 .714 — Boston 81 60 .574 191/2 Toronto 77 66 .538 24 1/2 Baltimore 71 71 .500 30 Tampa Bay 55 87 Section Centrale .387 46 Cleveland 79 63 .556 — Chicago 66 76 .465 13 Kansas City 65 77 .458 14 Minnesota 64 78 .451 15 Detroit 54 89 Section Ouest .378 251/2 Anaheim 79 64 .552 — Texas 75 67 .528 31/2 Oakland 66 77 .462 13 Seattle 64 77 .454 14 y-assuré d'une place dans les séries Hier Cleveland 1 Toronto 15 Minnesota 0 Texas 6 Detroit à Chicago White Sox, 19h05.N.Y.Yankees à Boston, 19h05.Baltimore à Seattle, 21 h05.Expos Orlando Cabrera est promis à une longue carrière RICHARD MI LO PRESSE CANADIENNE Il nous vient de Colombie et il ne lui reste plus qu’à mûrir.Orlando Cabrera n'est pas dans les ligues majeures pour une tasse de café.Il est au début d’une longue carrière.C’est un naturel.Tout lui est facile.Il s’impose au milieu de l’avant-champ depuis qu'il s’est joint aux Expos.«Parfois, on voit chez lui le comportement d’un jeune joueur mais il deviendra un joueur formidable, dit Felipe Alou.Il lui arrive d’être imprudent sur le terrain.C’est parce qu’il a tellement confiance en lui.Mais c’est un comportement normal.Il était dans le A la saison dernière.» Cabrera s’impose aussi au bâton depuis son rappel des Lynx d’Ottawa, le 24 juin.Sa moyenne s’élève à .281.Pour un gars qui ne frappait que pour .232 dans le AAA, c’est surprenant Le jour de son premier départ à l’arrêt-court, il a réussi deux coups sûrs en trois présences pour produire trois points.Son premier circuit dans les ligues majeures a été un circuit à l’intérieur du terrain — un coup réussi contre Mark Portugal, des Phillies de Phillies.Il a aussi obtenu deux triples dans un match.«Il prend avantage du compte quand il est au bâton, note Alou.Il frappe la balle rapide solidement.Il frappe encore trop de ballons mais dans l’ensemble, il se tire bien d’affaires au bâton.» Selon Alou, le meilleur est encore à venir.Cabrera «va s'améliorer en défensive».Avec Cabrera à l’arrêt-court et Wilton Guerrero au deuxième but, les Expos sont bien pourvus au milieu de l’avant-chainp.«Il faut aimer Wilton, dit Alou.Il est meilleur qu'on le croyait.Lui et Cabrera pourraient former toute une combinaison.Ils sont bons à la défen- sive et à l’attaque.On va travailler avec Wilton au prochain camp d’entrainement pour en faire un meilleur voleur de buts.«Les deux sont de jeunes joueurs.Ils sont à peu près du même âge.Ils sont déjà en mesure de tourner de bons doubles-jeux.» Cabrera a connu un bon voyage en conservant une moyenne de .314 (11-en-35).Il a obtenu congé lors du dernier match.«Je vais lui donner des congés tant qu’il n’aura pas acquis la maturité mentalement et physiquement, explique Alou.Mais je ne crois qu’il ait besoin d’évoluer dans les ligues d'hiver pour améliorer son jeu.De toute manière, ce n’est pas facile de trouver une équipe dans les ligues d’hiver pour un arrêt-court.En Amérique latine, il y a beaucoup plus de bons joueurs d’avant-champ que partout ailleurs.Et il n’y a pas une vraie ligue d’hiver en Colombie.» Sérié CART Zanetti décroche son deuxième championnat d’affilée STEVE MERTL PRESSE CANADIENNE Vancouver — Deux heures après avoir décroché son deuxième championnat d’affilée de la série CART grâce à sa quatrième place au Molson Indy de Vancouver, Alex Za-nardi a pris l’avion pour retourner chez lui en Italie.Son épouse Daniela attend le premier enfant du couple d’un jour à l'autre et Zanardi, qui a traîné un téléphone cellulaire avec lui partout à l’exception de sa voiture ce week-end, était impatient de la rejoindre.Mais le moulin à rumeurs étant ce qu’il est en course automobile, Zanardi a dû de nouveau promettre qu’il serait de retour pour l’épreuve de dimanche prochain à Miguna Seca en Californie.Zanardi, qui a partagé la vedette avec le vainqueur Dario Franchitti dimanche, doit faire le saut en Formule un à l’issue de la saison oû il remplacera Jacques Villeneuve chez Williams.Zanardi a poliment évité le sujet mais tout indique que Frank Williams en fera l'annonce le week-end prochain dans le cadre du Grand Prix d’Italie à Imola.Tout cela a alimenté les spéculations selon lesquelles Zanardi, comme par hasard en Italie, sera sur place et ratera l’épreuve de Laguna Seca.Avec un coussin de quatre points au championnat, il n’a pas besoin de disputer aucune des quatre dernières courses de la saison.Un homme de principe Mais Zanardi a juré qu’il ne fera rien du genre.Outre ses obligations contractuelles avec les commanditaires, il se sent redevable envers le propriétaire Chip Ganassi, qui 1 a soustrait à une carrière sans lustre en F-l il y a trois ans et l’a aidé à devenir un double champion en CART.De plus, Zanardi ne se satisfait pas de ses six victoires cette saison.«J’ai l’occasion de remporter les quatre dernières courses car je dispose de la voiture pour y parvenir, et je pense que j’ai aussi le talent», a-t-il dit.Pour Ganassi, un ancien pilote de llndy-car, ce championnat est satisfaisant.Zanardi devient le troisième pilote seulement — après Bobby Rahal et Rick Mears — à remporter deux titres d’affilée.Et l’équipe Target Chip Ganassi est la deuxième — après Penske de 1981 à 1983 — à rafler trois championnats consécutifs.Outre les deux titres de Zanardi en 1997 et 1998, son coéquipier Jimmy Vasser a triomphé en 1996.Sampras se qualifie pour les quarts de finale A C.E N C E F R A N C E - F R E S S E New York — L’Américain Pete Sampras, tête de série numéro un, jouant à sa main, s'est facilement qualifié pour les quarts de finale de l’US Open de tennis en battant le Russe Marat Safin 64, 6-3, 6-2, hier à Mushing Meadows, tandis que l'Américaine Venus Williams sortait la Française Mary Pierce.Sampras, qui vise une cinquième victoire à Flushing Meadows, sera o|> posé en quart de finale à son compatriote Andre Agassi (n° 8) ou au Slovaque Karol Kucera (n° 9).Le numéro un mondial a mis à peine 77 minutes pour venir à bout de Safin, 60' à l’ATP, dans un match interrompu par la pluie pendant 2 heures 15, alors que Sampras menait 2 à 1 dans la seconde manche.Agé de 18 ans et grand espoir du tennis russe, Safin s’était révélé à Roland Garros oii il avait sorti Agassi au premier tour, puis le Brésilien Gustavo Kuerten et le Tchèque Daniel Vacek avant de s’incliner devant le Français Cé-drie Pioline.Maître de son service (18 aces pendant la partie), Sampras effectuait le break au 10' jeu pour remporter la première manche en 27 minutes.Il s’emparait à nouveau du service de Safin au 5' jeu de la seconde manche, bouclée sur le score de 6 à 3 en 25 minutes.Cédant encore à deux reprises son engagement dans le troisième set, Safin obtenait ses premières balles de break dans le dernier jeu.Sampras, mené 15 à 40, revenait à hauteur sur deux services gagnants avant de conclure deux points plus tard sur un ace.L’Américaine Venus Williams, tête de série numéro 5, s’est qualifiée pour les quarts de finale de l’US Open de tennis en battant la Française Mary Pierce (n° 12) 6-1, 7-6 (7/4).Williams sera opposée au prochain tour à la Russe Anna Kournikova (n° 15) ou à l’Espagnole Arantxa Sanchez (n° 4).Venus Williams a disputé toute la partie avec un énorme pansement au genou gauche, souvenir de la première rencontre avec Pierce il y a un peu plus d’un mois à San Diego, où ellea-vait abandonné à 4-0 pour la Française dans la troisième manche arguant de douleurs au genou.Coetzer et puis l’orage Un violent orage, inondant les terrains sous des trombes d’eau, avec des vents soufflant à près de 100 kmh, s’est abattu sur Flushing Meadows hier après-midi, provoquant la suspension du jeu, alors qu’un seul simple, la qualification |x>ur les quarts de finale de la Sud-Africaine Amanda Coetzer, avait pu être mené à ternie avant la pluie.Coetzer, ancienne numéro trois mondiale et tête de série numéro 13, s’est imposée face à une Conchîta Martinez (n° 7), diminuée par un début de torticolis, 64, 4-6, 6-2 à l’issue d’un long (2 heures 38 minutes) et bien souvent monotone duel de régularité.«J'avais pensé abandonner dès le premier set, puis je me suis dit reste là.on ne sait jamais», a déclaré l'Espagnole, qui avait remporté 12 des 13 rencontres précédentes l’ayant opposée à Coetzer.Prochain obstacle pour la Sud-Africaine, une des joueuses les plus petites (1,58 m) de l’élite du tennis féminin mondial, l’Américaine Lindsay Davenport (n° 2) ou la Française Nathalie Tauziat (n° 10), qui devaient s’affronter en soirée, si le temps le permettait (au moment de mettre sous presse, les matchs n’avaient pas repris).La huitième journée devait permettre en principe de boucler les quatre derniers huitièmes de finale du tableau féminin et les quatre premiers du tableau masculin avec comme match vedette en soirée le duel prometteur entre le tenant du titre l’Australien Patrick Rafter (n° 3) et le fantasque Croate Goran Ivanisevic (ri° 14).Les deux joueurs ne se sont rencontrés qu’une seule fois en huitième de finale à Wimbledon en 1996, rencontre qui avait tourné à l’avantage du serveur croate en quatre sets.Flushing Meadows - Steffi Graf, Marcelo Rios et Krajicek les victimes du jour ; Steffi Graf tombe bi veille, l’Allemande Steffi Graf, je numéro deux du tournoi, le Chilien Marcelo Rios, et l'ancien vainqueûr de Wimbledon, le Néerlandais Richard Krajicek, étaient tombés tour à tour.Krajicek (n° 5), à nouveau incommodé par une blessure à un genou,1 a été contraint à l’abandon et devra vraisemblablement retourner dans les prochaines semaines sur la table d’opération.Rios, à deux reprises cette année éphémère numéro un mondial, a été dominé par la puissanée des services et des coups droits et par l'envergure au filet du géant suédois Magnus Larsson, s’inclinant en cinq manches après avoir mené deux sets à un.«Ce n’est pas la fin du monde', a commenté le peu souriant Rios '.Je peux jouer bien mieux que cela» LA MÉÏÉO D'ENVIRONNEMENT CANADA oc o s Aujourd'hui Ce Soir Mercredi Vendredi iWl'lj TwfT Hw HH HH HH HH max 17 max "j 7 Aujourd'hui Ce Soir Mercredi Jeudi Vendredi Météo-Conseil l+l Environnement Canada 1 900 565-4455 Frais applicables La météo à la source rr^ tm mitmi a I !¦: I) I \ (I I II .I K M A II II S S !•: I- T K M I! I! !¦: I II II K (> Business et quête Les ternies business et sens |x-u-vent sembler ;i l'oreille un peu dissonants.A noter, à vous, amoureux de la langue française, mon dictionnaire intégré au programme informatique n’a aucunement rous|x'“té à l'usage français du terme business non plus que mon dictionnaire usuel.Alois, le «biz-ness» a-t-il un sens?Si l’on en croit les virevoltes boursières actuelles, on peut a certains égards en douter, ©pourtant.1 fans les milieux d'affaire, on sentit de plus en plus en quête de sens et de spiritualité.Je ne parle pas de ces approches fort lucratives ciui promettent richesse et prolit à ceux qui ont la foi ou qui prient Dieu.Je ne prise guère les formules magiques et les recettes miracle, que ce soit dans les affaires, les cures d’amaigrissement, les mouvements religieux ou les campagnes politiques.les liens entre religion et économie sont autrement plus c ' xes et denses, et ils ne datent pas d'hier.Le sociologue Max Weber, par exemple, avait bien analysé les fondements religieux de certaines cultures économiques, chez les anglo-protestants surtout, qui devaient faire fructifier la terre et leurs talents, voire même gagner de l’argent pour la gloire de Dieu.Il mettait au jour toute une conce ‘ ' "éthique protes- tante du travail, fort discutée depuis.Plus largement, quant aux rapports entre spiritualité et entreprises, la presse anglophone abordait encore récemment la question, et Internet offre une abondante production de sites sur le sujet.La Gazette du 29 août dernier p;u1e de la spiritualité en milieu de travail, à ne pas confondre avec (Introduction d’une f< >i religieuse confessante dans le milieu, soit en Jésus soit en Bouddha.Ainsi promeut-on par exemple des valeurs telles que l'inspiration, la vision et l’intégrité.( )n interroge lance Secretan: "Acs profits sont plus élevés, niais le moral des gens est au plus bas.Nous vivons une formidable prospérité, mais nous sommes si pauvres au plan spirituel.» Il a le sens de la formule.1 fepuis vingt ans, Secretan travaille comme consultant dans l'industrie, afin d’inculquer une éthique qui valorise les gens davantage que le profit : •Traditionnellement, en affaires, on pensait que les grandes compagnies étaient bâties sur de glandes stratégies.Une nouvelle approche remplacerait les stratégies par des valeurs.» le Globe and Mail du 22 mai dernier faisait part d’un congrès à Toronto sur le sujet: «La spiritualité dans le milieu de travail».Les organisateurs espéraient qu’il poserait le premier jalon d’un mouvement d’éveil spirituel dans le monde des affaires canadien.1 .'une d’entre eux, Sherry Connolly, une gestionnaire de la Banque Royale, avouait: ••Croyez-moi, la spiritualité n 'est pas un sujet courant de conversation dans mon milieu de travail!» Iù-dessus, on est d’accord, bien qu’il me faille admettre que dans les facultés de théologie et de sciences religieuses, on en | tarie tout de même un |X'U.Serait-on en train de sortir, du moins en certains milieux, la spiritualité ou la religion de la garde-robe de la vie privée moderne?Cela est certainement loin d’être gagné pour le grand nombre! Professeur à l'École des Hautes Etudes commerciales, Thierry louchant ixnirsuit un objectif similaire-.Il a dirigé un collectif intitulé «La Quête du sens.Gérer nos organisations pour la santé des personnes, de nos sociétés et de la nature», lequel ligure en bonne place de la librairie de ce monde gestionnaire.lit de surcroît, il organise dans deux semaines le Premier Forum international sur «Management, éthique et spiritualité».Que cet événement soit annoncé comme étant le «premier» paraît relever de la stratégie du marketing.Tant de colloques abordent ici ou là la question.Mais M.Pauchant m’a expliqué: «Ce qui m'apparait être une première, c'est le fait d’aborder en complémentarité les questions éthiques et spirituelles.» A ses yeux, bien des tentatives de mixture entre gestion et spiritualité actuelles ne présentent que de pauvres fondements: «Toute spiritualité doit être soumise à l’épreuve d’une éthique et d'une pensée fortes, et ce n 'est pas toujours le cas, loin de là!» L’originalité, en outre, c’est que l’initiative de ce colloque ne provienne lias d’une faculté de théologie ou de sciences religieuses.De plus, il ne se fait lias dans un quelconque centre des congrès, mais sur les lieux même des HHC, Côte Sainte-Catherine: «Leformat est sobre, explique Fauchant, sans marketing racoleur du genre •faire plus de profits avec Dieu».Nous ne présentons pas de conférenciers inspirateurs ou motivateurs, mais des experts et des gens d'affaire qui vont poursuivre ensemble une recherche.» En introduction de son livre, Pau-chant affirme sans ambages: ••Dans de nombreuses écoles de commerce, on ne sait plus quoi enseigner.» Alors que de l'extérieur on décrit souvent les milieux d’affaires comme des milieux durs, qui créent du chômage et accumulent du profit sans trop de remords, Fauchant en révèle la fragilité et l’humanité.Que de gens d’affaires, des plus humbles aux grands argentiers, sont touchés et dépassés par la crise.Le cri «ça n'a plus de sens!», proviendrait tout autant de chefs d’entreprise qui ont réussi, que de chômeurs victimes de la crise.Ce livre ne tombe certainement pas S o / a n g ar Woody Allen avec I )iane Keaton et Tony Roberts.I In comédien vedette de la télévision s'éprend d’une apprentie chanteuse.Caïu/I I) 111/ LE LOCATAIRE (3) Fr.197G.Drame psychologique realise et interprété par Roman Polanski avec Isabelle Adjani et Melvyii Douglas.Un homme emménage dans un appartement laissé libre par le suicide de sa locataire et se laisse envahir par l'angoisse.TQ 20b LE GRAND CARNAVAL (4) Fr.1983.Comédie dramatique d’A.Arcady avec Roger Hanin, Philippe Noiret et Fiona (iélin.Fn novembre 1942, It- maire d'un village algérien et son ami cafetier décident de tirer parti de l'arrivée des iroujies américaines SRC 231/20 4855 8^7^0078 I.K I) V.V 0 I II .I.K M A II I) I « S K I' T K M II II K I II II S M ¦i-?LE DEVOIR ?CULTURE Librairie Gallimard, poétiquement correct.3700 bout.St-Laurent.tél : 499-2012 fax : 499-1535 www.qallimard-mtl.com En clôture du FFM T H É Â T R E Lelouch reste Lelouch Ge n’est pas par hasard que le dernier film de Claude Lelouch, en partie tourné au Québec, faisait la clôture du 22' Festival des films du monde, hier soir.Dans le monde du cinéma, il n’y a que des ANDKÉ FORGET I.E DEVOIR Claude Lelouch présentait hier son dernier film, Hasarda ou coïcidences, à la clôture du Festival des films du monde, à Montréal.rendez-vous.En voici un raté.' MARTIN BILODEAU LE DEVOIR Hasards ou coïncidences.Tout le cinéma de Claude Lelouch, depuis Un homme et une femme jusqu’à aujourd’hui, pourrait porter ce titre.En fait, la plupart des films de Lelouch sont affublés de ce genre de titres faussement spirituels ou franchement Creux, chapelets de vérités vides qui pourraient chapeauter l’un ou l’autre de ses films.Ainsi, L'Aventure, c'est l'aventure pourrait s’appeler Viva la vie ou Hommes-femmes: mode d’emploi; de la même façon que Partir, revenir pourrait s’intituler Us Uns et les Autres ou Tout ça pour ça.En somme, ces assemblages de mots synthétisent la pensée morale, superstitieuse et béatement optimiste du cinéaste qt servent de fil conducteur à ses histoires, — toujours lés mêmes — de rendezvous amoureux d’hommes et de femmes lâchés dans lès labyrinthes du hasard et des coïncidences.Depuis la Normandie jusqu’au Mexique et la Turquie, en passant par Churchill, dans le Grand Nord québécois, ainsi que Montréal, Myriam (Alessandra Martinez) ratisse le globe, le temps de vivre le deuil de son amant et de son fils et de recueillir pour eux, à l’aide de sa caméra vidéo, les images qu’ils s’étaient donné la mission de voir, le hasard eut-il joué autrement sa musique.' «Cette femme va dans des endroits où elle pense qu’elle va trouver un réconfort.J’ai choisi des pays où moi-même j’irais si j’allais mal», affirmait hier Claude Lelouch lors de la conférence de presse qui a suivi la projection de son film, et pour laquelle il était accompagné des acteurs québécois mêlés â la production (dont France Castel, David Lahaye, Véronique Cloutier et Patrick Labbé), des poulains de passage dans l’écurie Lelouch qui, bien qu’ils tiennent des troisièmes rôles, ont été invités pour la circonstance â la table du maître pour un bilan public.«Ce qui est extraordinaire avec Lelouch, c'est que c'est un impressionniste.Il vous donne quelques mots, et vous vous épanouissez.» L’Américain Geoffrey Holder, présent hier, explique qu’il n’avait jamais ressenti une telle complicité avec un cinéaste depuis son tournage avec John Huston pour la comédie musicale Annie.Images d’Épinal Le cinéma de Claude Lelouch appartient à l’école du music-hall, avec ses nombreux numéros assemblés par un fil plus ou moins apparent, où les questions motrices sont reformulées à tous les temps et tous Jes modes, puis assorties d’images d'Épi-nal et de phrases creuses qui, dans le film comme à la conférence de presse, témoignent que l’artiste est constant à défaut d’ètre profond.Ainsi, le cinéma de Lelouch produit en série des phrases telles que: «plus le malheur est grand, plus il est grand de vivre»',«les hommes ont inventé le mensonge, les femmes ont inventé l'amour», de même qu’il superpose à ses récits sur la condition humaine des images folkloriques qui en révèlent toutes les faussetés.Au-dessus de ces pancartes et au-dessous de ces bannières, Lelouch ouvre une petite fenêtre pour brosser sa fresque labyrinthique sur le prix de l’amour, dans laquelle se croisent et se répondent les tableaux de Soutine, les ours blancs de Churchill, la musique de Claude Bolling, les derviches tourneurs de Turquie, les plongeurs d’Acapulco et les entrechats de l’héroïne.Hélas, il y a longtemps que les propositions lelouchiennes ont perdu de leur intérêt, et que ses inlassables réflexions sur la vérité et le mensonge se sont transformées en lourds pensums, maquillés sous un nouvel assortiment de visages et de décors.Il ne reste plus dans son cinéma qu’une mécanique qui a éventé ses ressorts et une rhétorique qui a épuisé tous les personnages.Entre les deux, un caméraman de moins en moins en contact avec l’objet qu’il filme, qui s’abandonne à ses tournoiements de plus en plus épi- leptiques, ou encore, dans un ultime exercice lelouchien, plante sa caméra au milieu de derviches tourneurs, qui brûlent les calories à sa place.Avec pour résultat un début de nausée, qui rappelle que Lelouch reste Lelouch.FILMS DU MONDE EN COMPÉTITION Le dernier round ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Le FFM est terminé, le nom des lauréats dévoilé, mais ce dernier week-end, U Devoir a vu quatre films en compétition susceptibles — on ne sait jamais — de se retrouver au pal-tnarès.En voici un petit survol.L’Ennui de Cédric Khan, film français adapté du roman d'Alberto Moravia, a beaucoup de qualités, à commencer par la performance de Charles Berling dans la peau d’un homme hanté par une femme (Sophie Guillemin) qui fut l’obsession d’un vieux peintre mort dans ses bras.Berling est un comédien subtil au registre étendu qui donne une pulsation à L'Ennui.Le film, dont la montée dramatique est une hantise, se yoit porté par une mise en scène intéressante mais surnourrie de scènes sexuelles.Cela dit, je ne suis pas cer- taine que l’univers de Moravia vieillisse si bien aujourd’hui qu’au temps du Mépris.Cette espèce de masochisme masculin teinté d’érotisme rend un son vieillot.L’Ennui, tiré de l'univers de Moravia avec sa thématique elle-même inspirée de celle de Proust — qui pourchassait «l’être de fuite» et l’aimait pour sa dérobade —, procède d’une filiation littéraire, donc un peu trop littéraire pour le cinéma d'aujourd’hui.L’Ennui, bien fait pourtant, arrive mal à se renouveler pour garder son intérêt jusqu’au bout.Du Japon, un film très mélo réalisé sans point de vue intéressant.J’ai nommé Donnez-moi l’amour de Hi-dejuki Hirajama, rappelant le triste destin de notre petite Aurore, l'enfant martyre.Sur fond de quête du père absent et de la mère indigne, on aura droit au road movie d’une mère et de sa fille à la recherche de leurs origines, après supplices du premier âge.Film facile qui ne prend guère de risques.Donnez-moi l’amour s'oublie rapidement sans laisser de traces.Elvis et Marilyn L’Italien Armando Manni, avec Elvis & Marilyn aborde un thème connu: la déroute des pays de l’Est et l’horreur quotidienne des petites gens cherchant à émerger de leur misère et perpétuellement récupérés par le cauchemar.On y suit le périple d’un Bulgare et d’une Roumaine, sosies d’Elvis Presley et de Marilyn Monroe, traversant les frontières pour atteindre le rêve italien dans un club qui veut bien les engager.Le film imparfaitement maîtrisé, mais parfois prenant, se disperse souvent, accumule les tragédies sans leur laisser toujours le temps de respirer.Joué avec fraîcheur par les deux interprètes principaux, il eût gagné à se voir resserré pour conserver sa pulsion dramatique.Une comédie pleine de maladresses mais vraiment rigolote, forte de l’idée ingénieuse qui la porte.Extras du Coréen Shin Seung-Sao n’est peut-être pas un film de compétition, mais il possède le mérite de dérider son auditoire.L’histoire est celle de deux mauvais figurants dans des films minables qui décident de jouer leurs personnages de procureur et de flic dans la vraie vie.Et les voilà extorquant de l’argent à tout le monde et faisant écrouer les malfaiteurs qui sévissent à tous les échelons du pouvoir.Film sur la corruption présenté sur fond de cet humour absurde qui soutient les films coréens.Extras accumule sans doute intentionnellement les maladresses de mise en scène pour pasticher les séries B du film dans le film.Mais les gags sont drôles et le scénario franchement désopilant.Mostra de Venise Après les stars.Jésus ‘ AGENCE FRANCE-PRESSE Venise — Après les stars en chair et en os, Tom Hanks, Matt Da-tnon, Jim Carrey, qui ont déchaîné la ' frénésie des paparazzi à la 55' Mostra de Venise, la Sérénissime a retrouvé tine certaine sérénité, laissant la place ‘ aux artistes, peintres, musiciens, virtuoses, au cinéma d’auteur et à.Jésus.En compétition pour le Don d’or, décerné le 13 septembre par le jury présidé par le cinéaste italien Ettore Scola, •figuraient Le silence de l’Iranien Moh-sen Makhmalbaf et I piccoli maestri {Ijc petit maître) de l’Italien Daniele Ixi-chetti, sur un groupe de jeunes étudiants idéalistes qui partent faire de la Resistance en 194!?comme on part en vacances à la montagne et qui sont confrontés à la dure réalité.Dimanche, jour du Seigneur, la Mostra avait présenté en compétition / giardini delTEden {Le Jardin d’Eden) de son compatriote Alessandro D’Ala-fi i, dont le héros n’est autre que Jésus.Le beau Kim Rossi Stuart —yeux très •bleus et dents très blanches— réincarne le Messie, dans cette version réalisée au Maroc, là ou Martin Scorsese a •tourné la vie du dalaï lama, Kundun, air les paysages de l’Atlas et du désert se prêtent aussi bien à la reconstitution du Tibet que de la Palestine.1j> Jardin d’Eden, rajouté en dernière minute à la compétition, raconte la jeunesse de Jésus jusqu’à l’âge de 30 ans, l’histoire d’un non violent qui parcourt le monde à la recherche de la sagesse, basée sur les Evangiles apocryphes et les manuscrits de la Mer Morte.Ce nouveau portrait d’un Christ «bourgeois», «instruit», dans un pays où des cinéastes tels que Pasolini et Zeffirelli ont déjà abordé ce sujet, est un défi particulièrement téméraire à relever qui p’a pas convaincu les critiques mais l’Eglise parait l’apprécier.Mohsen Makhmalbaf, l’un des ténors du T art persan avec Abbas Kiarostami, a pour sa part composé une symphonie d’images, de couleurs et de sons, un poème cinématographique, dont le héros est un garçonnet aveugle qui se laisse envoûter par la musique et les bruits de la ville, sa fenêtre sur le monde.Tourné au Tadjikistan et inédit en Iran où la censure a supprimé une scène de danse, Ij> silence est inspiré par la 5 Symphonie de Beethoven et par les poèmes du grand écrivain persan Khayam.PAVILLON DES ARTS DE STE-ADÈLE Samedi 12 septembre à 20 h Alexandre Da Costa piano et violon ANIMATEUR Marc Gélinas B*1 FORFAIT 3 jours/2 nuits muai: touristique LAC MORENCY et AUBERGE LAC MORENCY Tirage le 12 septembre Les règlements du concours sont disponibles au Journal de Montréal I Billct:25$ (incluant vin & fromage après le concert) RÉSERVATION: (450) 229-2586 I JM, chemin Stc-Margueritc (sortie 69 de l'autoroute des Uitirenlides) François Villon, poète et bandit Après L’Étranger, de Camus, la bande du Belge Marc Gooris transpose à la scène la vie et l’œuvre de François de Montcorbier, dit François Villon.STEPHAN E BAI L LA R (i E O N LE DEVOIR C* est le principe de la Poune, version transatlantique: le Belge Marc Gooris aime son public québécois, qui le lui rend bien.L’idylle théâtrale a commencé il y a tout juste dix ans, alors que le jeune acteur belge, né en 1965, était encore en formation.Il est d’abord venu offrir des stages de formation à des adolescents, puis, l’Octave, une troupe de Laval, lui a commandé une comédie musicale (Rapt-Shodie pour un ravisseur, 1991) et deux autres spectacles.Avec sa Compagnie de l'Ours, de Wallonie, il a présenté son adaptation de L’Étranger, le roman de Camus, une première fois, il y a trois ans, dans le cadre du Fringe.Le spectacle a été repris à nouveau l’an dernier, à la Salle Fred Barry, de Montréal.La critique a alors reproché à l’acteur de «jouer contre le texte» — c’est-à-dire de ne pas camper un étranger assez décalé par rapport aux systèmes, aux autres et à lui-même — mais les spectateurs, dont beaucoup de jeunes, ont franchement apprécié, pendant un bon mois, à guichets fermés, avec supplémentaires en prime.Cet étranger est à nouveau parmi ceux qui l’aiment pour présenter sa nouvelle création François de Montcorbier, dit François Villon.Le Pendu vous salue bien — il en profitera aussi pour offrir de nouvelles représentations du Camus.Le spectacle lance la saison de la Salle Fred-Barry.Mais cette fois Gooris n’est pas seul.Il arrive avec une partie de la Compagnie de l’Ours, deux autres comédiens (Dorothée Lambinon et Jean-François Warmoes) et le metteur en scène Jean-Pierre Laruche.Ixï côté sombre Leur pièce s'inspire bien sûr de la vie et de l’œuvre de François de Montcorbier.ou des Liges, premier grand poète de langue française et escroc toutes catégories, qui fréquenta aussi bien les milieux de la Sorbonne que la célèbre compagnie de malfaiteurs des Coquillards.«C’est encore, du théâtre à textes forts, comme L’Étranger, parce que la Compagnie aime bien compenser l'absence de moyens en choisissant des textes puissants», dit le comédien rencontré dans la salle de l’Est, vendredi dernier, avec ses collègues des planches.«En plus, le côté sombre de Villon nous a attirés.Villon est reconnu comme le plus grand écrivain de son temps, mais c’est aussi un gangster de très haut niveau ou de très basse extraction, qui a vécu en bandit et en voleur.Sa capacité à dire le beau, JACQUES NADEAU LE DEVOIR Marc Gooris avec une grande sensibilité, va de paire avec une vie sans concession.» Pas un récital de poésie Gooris, qui sera Villon sur les planches, a lui-même écrit la pièce, qui n’est donc pas un récital de poésie — les vers, autant que jxissible actualisés en français moderne, peuvent même devenir des répliques.Il a imaginé les derniers jours du poète, après sa condamnation à «estre pendu et estran-glé» pour sa participation à une rixe de plus.Le Parlement de Paris le gracia le 5 janvier 1463, mais on ne le revit jamais (oneques, dans le texte).«Après ça, on ne sait pas ce qu'il est devenu, on ne connaît ni la date ni les circonstances de sa mort, explique son interprète.Nous, on a choisi de présenter Villon à sa sortie de prison: il a trois jours pour quitter la capitale et pour décider ce qu’il fera de sa liberté.Ix spectacle explore donc les différentes avenues qui se présentent à lui, en le mettant en parole et en action, avec scs amis Antoine et Margot.» Le temps des derniers bilans, du Grand 'Testament, donc.En fait, toute la vie et toute l’œuvre du poète sont indissociables.Ses poèmes offrent un savant mélange de trivial et de lyrisme, de sensualité et de pessimisme, d’immoralisme et d’aspirations religieuses.«Nous présentons un Villon qui veut changer de vie, ne plus s’autodétruire, résume Marc Gooris.Le dernier recueil, Le Grand Testament témoigne d’une élévation de pensée, d’une volonté de se rapprocher des hommes et de Dieu.La Ballade des pendus, avec son appel incessant aux Frères humains., est vraiment le point d’orgue de cette œuvre.C’est l’aboutissement d’une vie intense, de quelqu’un qui a fréquenté la haute noblesse et la lie de la société, et qui aspire finalement à un idéal de tolérance, de fraternité et d’amour universel.» o ¦ La Prosse Hase coïnc jjp.ui'ir.» Les Films 13 p'éwni«ni SÉLECTIONS OFFICIELLES FESTIVALS DE VENISE ET MONTRÉAL 1998 Alessandro Pierre Marc Martines Ârditi Hollogne a rds ou laude Lelouch AU PARISIEN DÈS LE 9 SEPTEMBRE ET PARTOUT AU QUÉBEC LE 11 SEPTEMBRE c»cc Véronique MOREAU Patrick LABBÉ France CASTEL David LA HAYE Geoffrey HOLDER Laurent HILAIRE ' éo.1» n I Optra n* Pi' » Muiiqmi.fronci» LAI Claude &0U1NG Charûi IRENE1 Oiorcgrajhe Richard WHERIOCK D"rc*rur de In Pho'o .Rerre-Willtom GlENN A FC coproduction Canada bonce If S FILMS 13.SDA PRODUCTIONS, nerrbro do i'APFTQ la d* TflPtlM CANAOA, SOCK- Qu b* (MSP (/‘«kû» W ÛUHC.Citât t "SCJT N CAS*: A Ür>,*cep’*4od tli fért UOC iMA il S ilNHMlV hoir* > t.H u .-v:».,-4.r:c .• ic/*> t-yrsticf 1 •• > • t u i* cas*.,.Vt par p* tf
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