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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1998-10-03, Collections de BAnQ.

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I.K l) K V 0 1 I! .!.K S S A M E I» I a K T I) I M A N ( Il E 1 0 (' T 0 B II E I !) 9 8 ?LE DEVOIR ?Les scènes di SONT THEATRE © CINÉMA: LE DÉLICAT DOSSIER DU DOUBLAGE PAGE B 3 DENISE, MICHEL ET LAURA (CADIEUX) «.ENVAHIES l’AR LES CURÉS! ENCORE! PAGE B 4 i Claude Gauvreau et Jean- STE 1* Il ANE HA I l.l.A K (.E O \ I., K I ) E VOI R L’OSM ET LA CULTURE DU MÉCÉNAT PAGE B 12 Théâtre page B 7 À QUÉBEC page B 8 VITRINE DU DISQUE page B 9 DISQUES CLASSIQUES page B 11 Claude Germain dénoncent /* UNE ÉPOQUE RÉVOLUE QUI PREND TOUJOURS TROP DE PLACE.Alexis Martin et Wajdi Mouawad mettent en scène DES MONDES RESPIRANT le SACRÉ.Même combat?Pas du tout.Fracture plutôt.Profonde » * ' LA FRACTURE.ffs Il ne manque pas d'ironie, le Grand Horloger du théâtre, pour avoir programmé en même temps, sur deux scènes montréalaises voisines, Les oranges sont vertes, de Claude Gauvreau, au TNM, et Presbytère du Nord, d’Alexis Martin, au Monument-National.Le diable et le bon Dieu.La charge cpormyablo anticléricale d’un vieux poêle et le drame psychochrétien d’un jeune multidoué des planches.Un objet théâtral autrefois avanl-gardiste qui bouffe du curé en faisant rimer crucifix et clitoris, et un trucmuche scénique volontairement vieillot, où un bon curé sympathique donne poliment la réplique à son petit baveux de neveu sceptique.Et il n’y a pas que ça.Loin de là.même.En vérité, Le Devoir vous le (lit, les pièces en odeur de religiosité abondent en ce début de saison.Au secours.Voltaire, ils sont revenus! Allons-y pour un bout de litanie.Li sali" Fred-Iîarry vient de terminer la présentation de François de Montrorhier, dit François Villon, ou le poète maudit, le poète assassin* était transformé en frère humain repentant, tourné vers Dieu au moment du grand saut.Ce week-end, le Théâtre national de Grèce termine a la Place des Arts la présentation d’une deuxième tragédie antique' (Electre, après Mcdcc, |>ius tôt cette se inaine) où il est évidemment question du rapport de l’humaii au divin — ou au destin, comme on voudra.En France, aux 1 > Rcudez-vous des théâtres francophones en Limousin, Wajdi Mouawad vient tout juste d’obtenir un franc succès avec Littoral, sa piece sur la rédemption où un homme retourne dans son pays d'origine pour y enterrer la dépouille de son père — Antigone, ça vous dit quelque chose? la fin du mois, le Théâtre Longue vm- proposera au Gesù, osera proposer doit-on dire, une reprise de L'Auberge des morts subites, de hélix Leclerc, un huis clos paradisiaque daté et resté sur les tablettes professionnelles depuis sa création, il y a 35 ans.On continue?Passons rapidement sur les ramifications morales et donc religieuses de l’affaire Oscar Wilde dans Grossière indécence, au Rideau Vert, ou sur certains sketchs sur la quête de sens souvent loufoque, dérisoire ('I insensée dans Quelques humains, à La Licorne.Par contre, avec Le Miroir aux tartuffes, de Jean-Claude Germain, toujours à l’affiche chez Duceppe, on retombe en plein cunir du sacré sujet: même si la production est sévèrement accueillie, elle n’en développe pas moins l’hypothèse selon laquelle l’Église catholique est la grande responsable de l’absence quasi complète de théâtre pendant des siècles, ('il Nouvelle-France, et jusqu’après la Conquête.«La censure?La censure! hi censure, c'est la gargouille qui vomit hideusement son plomb liquide sur la chair vive de la poésie!'", répond ('ii écho Claude Gauvreau au TNM.VOIR l‘A(i F B Z: l’REUVI J- • ARCHIVES EK DEVOIR is on , - ¦* t'TS 'SïïTÏfe’.- iMmW.Wty; ?• j- -,.> t '*'¦.wm WMm v- V/{vV, .ens eign MTS photo : Peter Morneau° PREUVE L’eau bénite et le petit Jésus CLICHE RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFERENT EN RAISON OU TEXTE IMPRIME SUR FOND GRIS OU DE COULEUR spirituelles, c’est accepté.Par contre, si on se présente comme croyant, on entre sur un terrain miné.Le mot “foi”, le mot “chrétien” sont devenus difficiles à prononcer au Québec.Même les plus jeunes nui n’ont pas vécu l’écrasement de l’Eglise semblent vivre une sorte de rejet par procuration.Et le milieu des arts en général semble être athée ou avoir expédié la question religieuse.Le poète l’essoa dit que lorsqu’on perd sa religion, on perd toutes les religions.» Il est à même de constater une plus grande ouverture d'esprit, ces jours-ci, dans la vieille France républicaine, en compagnie d’Africains, fortement présents aux Rendez-vous.en Limousin.«Au Québec, on me parle souvent de la forme de mes spectacles.Ici, le public me parle immédiatement du sens, de l’idée de la rédemption, centrale dans Littoral.» Dialoguer, questionner.L'essentiel est là.«Au Québec, c’est lassant de justifier ma foi au lieu d’en parier, de parler de Dieu, qu’il existe ou pas.Je crois que l’athéisme est une très grande spiritualité." Il propose même une lecture des Oranges.en ce sens: pour lui, à travers Yvernig, Gauvreau montre un combat pour une vérité, une lutte pour la pureté, une quête d’absolu de substitution.«Au fond, ce personnage, c’est Thérèse de Lisieux qui, jusqu ’ait bout, coin bat toute la noirceur qui la gagne, dit-il.C’est une féroce tentative du pur.» Il répété alors les propos de son vieil ami, le père Benoit Lacroix, af-firmant qu’au fond, chaque individu est spirituel.«On le voit dans les moments de grande douleur d’ailleurs.Les échanges que j’ai pu avoir avec Alexis, par exemple, sont les échanges les plus riches que j’ai pu avoir sur ce sujet-là.» Une passion à mort de Dieu Allons-y voir.«Effectivement, Waj-di et moi avons beaucoup échangé sur l’histoire des religions, la personnalité de Jésus, même si je ne suis pas croyant et encore moins pratiquant .dit le comédien-dramaturge-intello, qui a même entrepris des études en philo pour l’aider à se dépatouiller dans ce marais métaphysique.«Je suis moins intéressé par le Dieu chrétien que par la fin d’une éthique religieuse et le développement d’une autre éthique, laïque, profane.Ce point de jonction apparaît au XIX siècle et traverse le nôtre.C’est une métamorphose incontournable de notre temps.» De la bonne matière à chaire ecclésiastique ou professorale.Mais pour la scène?«Ce qui fait une œuvre dramatique, c’est le débat», dit celui qui prouve la richesse du filon inépuisable avec Matroni et moi.Une œuvre profonde et ironique à souhait, avec par exemple cette scene délirante où le jeune Gilles resume le sujet de sa thèse sur la mort de Dieu à sa nouvelle flamme, waitress dans une brochetterie grecque.Après quoi l’étudiant de philo un peu enragé éthiquement plonge dans un univers de crapules, sans foi ni loi.Presbytère du Nord confronte ans* si les idées et la réalité.Mais cette fois, la recherche spirituelle, le besoin de sens et d’élévation sont opposés aux compromis, aux compromissions, aux basses œuvres, au meurtre même.«Au Québec, on est passé d’une hégémonie de l’Eglise à un vide quasi complet qui pousse les gens à se rabattre sur des succédanés de religion, des spiritualités alterna tives.Comme si on ne pouvait vivre avec soi-même, tout seul.Le person nage de Gilles dans Presbytère du Nord avertit que les prêtres sont des séducteurs qui ont besoin de partager leur foi.» Il souligne aussi que l’Eglise, comme toutes les institutions, abrite des coquins.Les oranges sont vertes lui semble d’ailleurs encore d’actualité si on remplace la «phalange des branleurs» cathos par les nouvelles soutanes, politiques, économiques ou culturelles.«Il suffit d’une simple transvaluation pour actualiser le propos», dit ce lui qui écrit maintenant une pièce sur «la faillite de la démocratie et les faillites du langage».Un autre défi impossible.Mais la politique n’est pas plus morte que la religion sur nos scènes.Lit là comme auparavant, Alexis Martin privilégiera un traitement «moqueur», un peu cynique, parce que cela aussi, notre nouvelle époque le permet, l’exige.Dieu a donné le rire aux hommes pour s’excuser un peu de les avoir aussi dotés d’une conscience malheureuse.On peut être sérieux avec Mouawad.On peut rigoler un bon coup avec Martin.Et prier, au théâtre, avec les deux.Précision Dans notre cahier de la semaine dernière, la photo de la page B 2 reproduisant un détail de la page cou verture était bien de Jacques sNa deau.Mais nulle part dans notre texte il n’était question du fait que la sculpture peinte photographiée était l’œuvre de Laurent Gascon.Voilà qui est fait.Un (il rouge comme une barrette de cardinal, donc.Mais il faut séparer le bon grain de l’ivraie.Pour faire court, disons que les plus vieux dramaturges (Germain et Gauvreau) tombent à bras raccourcis sur l’Eglise et son grand Patron, rendus coupables du crime de lèse-créateurs.Pour ces modernistes de l’ancienne priest ridden province, la religion est une tare, un carcan d’oppression, une monstrueuse machiné à broyer l’imaginaire.Le poète Yvernig des Oranges sont vertes se définit même comme un «moniste athée» tout en idéalisant de façon quasi religieuse l’art et la pureté esthétique.Celui qui l’incarne, le comédien Pierre Lebeau, y voit «presque l’idée de Jésus trahi par Judas».Un saint artiste pour dénoncer une satanée situation.Le théâtre des plus jeunes (Mouawad et Martin) propose un tout autre miroir à la société québécoise, longtemps après la Révolution tranquille.Ces deux-là offrent même, en condensé, deux nouvelles façons de se positionner par rapport à la religion: alors qu’Alexis Martin se questionne sur la mort de Dieu — surtout dans Matroni et moi, sa pièce maîtresse, maintenant en tournage —, Wajdi Mouawad imprègne toutes ses créations — le Œdipe roi qu’il a dirigé l’an dernier au TDP, le Qui- chotte qu’il a adapté pour le TNM, toutes ses pièces personnelles — d’un appel au sens et au sacré.«Je suis croyant et ma foi a une influence énorme sur ma façon de voir la vie, a une énorme influence sur tout ce que je fais», confie le jeune homme de 29 ans, joint à Limoges pendant une représentation de son Littoral.Pour lui, toute démarche créatrice établit un rapport au divin, à l’univers, à ce qui nous dépasse.Il a même répété récemment dans uiie entrevue à L’actualité que «faire du théâtre, c’est prier collectivement».Celui-là n’a donc pas jeté le petit Jésus avec l’eau bénite des fonts baptismaux.«Le théâtre permet de s'interroger ensemble, acteurs et spectateurs, autour d'une parole.Tout ce que je fais, avec mon métier, c’est essayer de témoigner avec des moyens visibles, le corps, la voix, de ce qui est invisible.Au fond, c’est la question que les Grecs ont été les premiers à poser sous la forme la plus simple: comment les hommes peuvent-ils vivre ensemble, dans le monde?J'essaie de rappeler ce que de tout temps nous avons eu besoin de nous rappeler: la joie et la douleur, l'amour et la mort, l'inquiétude par rapport aux dieux, la foi.» Mouawad remarque qu’un tel aveu n’est pas, n’est plus en odeur de sainteté, ni dans la société québécoise, ni dans le milieu du théâtre québécois.«Si on dit s’intéresser aux questions ABONNEMEHT EXPRESS (SU) 819-0269 Grands Classi Le Trio Classique * Les Contemporains CJJA € S Coop Grands Coppélia • Manon Choisissez votre série à partir de ÿ $ seulement ! Mark Morris Dance Croup • Les Ballets de Monte-Carlo • Créations 1999 Une .•* — tr m M I.i: i) i.\ 0 i u .i i.s s \ m !¦: i) i :t i r i> i m a x < n k i o r t u u it i: i u i) « Adrian lister et John Travolta dans Primary Colors Le délicat dossier du doublage rebondit L'Union des artistes (lll)A) s’en est prise lundi dernier au réalisateur américain Mike Nichols, lui reprochant d’avoir recouru à une version doublée en France pour son plus récent film, Primary Colors.Voilà le litigieux dossier du doublage qui revient à la surface.It HI AN MYI.KS LK DEVOIR Les Français risquent de préférer la version d’un film doublé en France au même titre que les Québécois préfèrent une version doublée au Québec.C’est le marché qui sanctionne.«On peut exporter en France, mais dans des créneaux précis», croit Pierre Curzi.Au Québec, l’industrie du doublage emploie près de 700 personnes, dont 500 comédiens, et génère un chiffre d’affaires annuel de 19 millions de dollars.60 % de tous les doublages présentés sur nos écrans sont réalisés au Québec.Le rapport Lampron rappelait la marginalité et la précarité cle l’industrie du doublage au Québec.Le décret français, qualifié à'«inacceptable», n’explique pas à lui seul la précarité du doublage québécois.Le marché est restreint, ce qui commande un soutien particulier.Le rapport Lampron, et l’accueil qu’en a fait la ministre Beaudoin, a invité l’ensemble des acteurs à la consolidation plutôt qu’à l’affrontement.Dans cette optique, Pierre Curzi estime qu’il est nécessaire que l’industrie «élabore un plan de marketing, un plan d’affaires qui permettrait d’aller chercher plus de traça il, plus de contrat".Le gouvernement fédéral devra également faire sa part et accorder un crédit d’impôt de 15 % à l’instar du provincial.De plus, les s entre Téléfilm et le Fonds des eablo-distributeurs devront «être harmonisées, de telle sorte que la production financée par des fonds publics ici soit obligatoirement doublée ici, < président de l’UDA.Si on ponçait juste rapatrier l'ensemble de notre marché et de nos productions, déjà on aurait fait un grand pas».Pour l’heure, la réponse d’Ottawa tarde à venir.Ht l'industrie du doublage se sent constamment menacée» par les décisions des pays étrangers, avoue Pierre Curzi.Avis de concours ^ Ville de Montréal A la veille du début des travaux de la Commission de doublage de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), les artisans du doublage s’agitent à nouveau.En début de semaine, l’UDA, par la plume de son président Pierre Curzi, a écrit au réalisateur américain Mike Nichols pour lui faire part de son désarroi au sujet du doublage de Primary Colon.«Alors qu'existe une version de ce film doublé au Québec qui dort sur les tablettes depuis six mois, c’est plutôt une version doublée en France qui est présentée ici.Pourquoi?», s’interroge Pierre Curzi dans cette lettre davantage symbolique que dénonciatrice.-Je souhaite une réponse de M.Nichols, parce qu'elle va être très éclairante.Mais la présomption qu'on avait, c’est qu'il n’a pas plis connaissance des deux versions doublées», explique M.Curzi en entrevue.11 faut voir dans la missive la vo- Ia Commission du doublage aura _ypour mandat de formuler des recommandations et de conseiller la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) sur les manières de «développer et relancer» l’industrie québécoise du doublage, resume Pierre Dimpron, président delà SODEC.Ce groupe de travail permanent est formé d’artisans de tous les secteurs: deux artistes interprètes, deux entreprises de doublage, un distributeur, un utilisateur, un représentant de Téléfilm Canada et un généraliste.La Commission doit se réunir pour la première fois dans les prochains jours, sinon dans les prochaines semaines.«Le premier agenda de la Commission, c'est de revoir toutes les recommandations qui étaient dans le rapport que j’ai rendu publie il y a déjà un an, explique Pierre Lampron.Je crois qu'il faut mesurer le chemin parcouru, les imparls, et réactiver un certain nombre de rlwses.» Le rapport Lampron proposait entre autres: B de profiter des oflres de collaboration faites par l’industrie française.Cela consiste à mettre en commun les étapes préliminaires d’un doublage (détection et adaptation), qui repré- lonté de relancer le débat sur le doublage, cette industrie québécoise en mal de rayonnement.«Le doublage nous échappe constamment, poursuit M.Curzi.On est toujours dans une situation relative d’impuissance par rapport aux décideurs, qu'ils soient américains ou français.(.] Ça nous échappe toujours.On n’a aucun contrôle sur ce que nous, comme cinéphiles, consommons, alors qu'on sait très bien que l’ensemble des Québécois préfèrent les doublages faits par les gens d’ici.C’est une question de sono-ritê.C’est une question de proximité de langue, et je ne parle pas de joua!, je parle d’une langue un peu plus proche de nous.» Un rapport, mais encore L’industrie québécoise du doublage, encore et toujours précaire, sort à peine d’un affrontement majeur.C’était il y a un an.I*t ministre de la Culture et des Communications, Louise Beaudoin, est montée au front pour dénoncer le protectionnisme français en matière de doublage.La ministre pouvait compter sur le sentent 15 % des coûts; B d’accorder un soutien financier à l'industrie pour atténuer la faiblesse structurelle du marché; fl d’accorder des crédits d'impôt pour le doublage.Cela vaut aus(si bien pour le fédéral que le provincial.Québec a mis en place un crédit d’impôt de 15 %, mais Ottawa tarde à emboîter le pas; fl d’obliger que les œuvres ayant bénéficié d'une aide de la SODEC ou d’un crédit d’impôt provincial ou fédéral soient doublées au Québec.La Commission du doublage de la SODEC sera composée d’Aline Pin-sonneault.artiste-interprèle, membre du comité de doublage interne de l’Union des artistes, d’Hélène lauzon, de l’entreprise de doublage Sonolab et membre de l’Association québécoise des industries techniques du cinéma (-1 de la télévision (AQITCT), de Patricia Gariépy, de l’entreprise de doublage Astraltech, membre de l’AQITCT, de Jean Bureau, distributeur chez Motion International, de Judith Brosseau, utilisatrice, vice-présidente à la programmation de Canal I ).de Daniel J.Levinson, un généraliste, du cabinet Heenan Blaikie.le deuxième représentant des artistes-interprètes et celui de Téléfilm ne sont pas encore nommés.soutien de l’UDA et de l’Association québécoise des industries techniques du cinéma et de la télévision (AQITCT), qui la pressaient de légiférer.À défaut de percer le marché français, reclus, les deux organismes suggéraient d’interdire sur nos écrans les doublages français.Ixi SODEC allait même jusqu’à évoquer " ' se de contester la loi française devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).En vertu d’une loi adoptée en 1947, la France exige de doubler elle-même toutes les versions françaises présentées sur son territoire.îx*s films doublés au Québec n’y entrent pas.Les producteurs américains se laissent gagner facilement par cette loi protectionniste.Ils passent leurs contrats avec la F rance et envoient la version du vieux pays sur nos écrans.Au cours des dernières années, les Français ont d’ailleurs appris à doubler plus rapidement, si bien qu’une baisse des doublages québécois sur nos écrans fut constatée pour le premier semestre de 1997.Cette baisse de 5,4 % par rapport à la moyenne des semestres précédents avait contribué à semer une certaine panique.Fin août 1997, le rapport du président de la SODEC, Pierre Lampron, mettait un bémol à la contestation.Ix rapport Dimpron excluait la possibilité d’une loi spéciale interdisant les doublages de France et répudiait l’hypothèse de porter plainte auprès de l’OMC.La ministre Beaudoin se faisait par ailleurs plus prudente, plus nuancée.L’UDA et l’AQITCT ne cachaient lias leur déception à l’époque.Mais «depuis la publication du rapport Iximpron, il y a eu des progrès», estime aujourd’hui Pierre Curzi.La mise en place d’un crédit d’impôt provincial de 15 % pour le doublage québécois et la création permanente d’une Commission du doublage réjouissent le président de l’UDA.«C’est la première fois qu ’il va y avoir un véritable lieu de concertation, dit-il.Four nous, c'est majeur.Il va y avoir la SODEC, il va y avoir des moyens, des employés qui vont pouvoir mettre en œuvre les recommandations.C'est la première fois que le doublage est considéré comme une industrie.» Continuer le combat Cela étant, l'Union des artistes est tentée de reprendre les armes.Pierre Curzi se demande s’il ne faut pas contester le décret français.«On se questionne à nouveau là-dessus, parce que ça nous empêche d’exporter.Si le doublage québécois est de qualité internationale, il n’y a pas de raisons pour qu’il ne soit pas exportable, croit-il.À ce moment-là, il faut combattre le décret.Et moi, je n ’ai pas de doute sur la qualité du doublage qui est fait ici.» A cet égard, le rapport Lampron conseillait de contester le décret en vertu du droit français et non pas devant l'OMC.Mesures protectionnistes ou pas, il sera difficile pour l’industrie du doublage québécois de percer en France.Art public Monument aux victimes de la tragédie de l'École polytechnique Concours national Service de la culture La Ville de Montréal annonce la tenue d'un concours national à l'intention des artistes en arts visuels, des architectes, des architectes paysagistes et des designers, pour la création d'un monument aux victimes de la tragédie de l'École polytechnique du 6 décembre 1989.Ce concours est ouvert aux concepteurs individuels et aux équipes.Le monument sera implanté dans la partie est du parc Troie, situé en bordure du chemin Queen Mary, entre les avenues Decelles et Gatineau.Il sera inauguré le 6 décembre 1999, à l'occasion du dixième anniversaire de l'événement.Le budget de réalisation est de 175 000 $.Un jury retiendra cinq candidats ou équipes qui seront invités à présenter une maquette de leur proposition.Ils recevront une somme de 2000 $ pour la réalisation de la maquette.Un document d'information est disponible sur demande.Condition d'admission Être un artiste, un architecte, un architecte paysagiste ou un designer ayant une pratique professionnelle.Avoir la citoyenneté canadienne ou le statut d'immigrant reçu et résider au Québec depuis au moins un an.Faire parvenir un dossier comprenant l'information suivante : 1.Dix (10) diapositives de réalisations récentes, pertinentes à la commande de ce monument; (Toutes les diapositives seront retournées après le choix final du jury.) 2 Cinq (5) exemplaires de chacun des documents suivants ; •une liste détaillée des diapositives fournies (titre, date, matériaux, dimensions, emplacement, budget); •un curriculum vitæ à jour d'au plus trois (3) pages du concepteur ou de chacun des membres de l'équipe; •un document de deux (2) pages donnant une breve esquisse de l'approche et de l'orientation privilégiées par le concepteur ou l'équipe pour ce concours.(Chacun de ces cinq (5) exemplaires doit être relié.) Tous les dossiers incomplets ou dont le matériel est non conforme seront refusés.Date limite Les dossiers doivent parvenir au Service de la culture au plus tard le 10 novembre 1998, à 16 heures Le cachet de la poste précisera la date d'envoi.Faire parvenir son dossier à : Concours pour le monument aux victimes de l'École polytechnique Bureau d'art public Service de la culture Ville de Montréal 5650, rue d'Iberville, 4e étage Montréal H2G 3E4 Pour renseignements : (514) 872-1210 Internet : http://ville.montreal.qc.ca/culture/ equipeme/polytech.htm JOCELYNE MONTPETIT DANSE Du 7 au 10 octobre et du 14 au 17 octobre 1998 à 20 h ^ lroiie__________ tHL nouvelle création Chorégraphe el interprète : 0 Jocelyne Montpetit « Jocelyne Montpetit est, sans doute, la plus tragédienne des danseuses québécoises.» Voir, Montréal Transverbero en reprise En collaboration avec Axel Morgenthaler ersonnelle.Le cinéma de Denise Filiatrault ressemble à Denise Filiatrault.Proche des gens, plein d’humour, tendre et emporté.Dans C’t’à ton tour., elle nous accueille au sein d’un groupe et nous prend à témoin de sa dynamique.Ce groupe, c’est celui au milieu duquel la Laura Cadieux du titre (jouée par Ginette Reno) trône en reine, tous les mardis après-midi, dans la salle d’attente du gynécologue qui lui donnera, à elle et à la plupart de ses compagnes d’infortune adipeuse, une piqûre pour maigrir.Mais avant tout, le silencieux diplômé tendra une oreille au récit de leurs petites misères.La longue attente et la régularité du rendez-vous ont cimenté le groupe de femmes qui précède l’heure pour jouer aux cartes, se raconter les dernières nouvelles et, dans des moments de grande tendresse, épauler celle qui, d’entre elles, a le plus de mal à cacher son drame.«Je voulais des femmes d’un certain âge, grosses, belles et attachantes, qu’elles ressemblent à des images de Boléro», proclame la cinéaste pour qui Mireille Thibeault (qui joue Madame Gladu) incarne cet idéal.Par hasard, Denise Filiatrault a découvert les images d’une dessinatrice anglaise du nom de Beryl Cook pour lesquelles elle a eu le coup de foudre et qui servent d’illustrations au générique — â défaut de lui servir d’affiche, le distributeur ayant préféré à ces illustrations naïves et légèrement grivoises, si proches de l’esprit du roman et du CINEMA ST-LEONARD 9480 LACORDAIRU 324-9227 L’ARME FATALE 4 (13) SIX JOURS, SEPT NUITS (G) FAUSSES ACCUSATIONS (G) DR.DOLITTLE v.f.(G) GODZILLA v.f.(G) et autres | rolAcho CONSULTEZ LES IIOKAIUES CINEMA ios lundi» (ir.intlis Prairies 11 NOUVELLES CONFERENCES PUBLIQUES DI: l/AUTHUR HT PSYCHANALYSTE GUY CORN EAU Les leçons de l’amour : • h- choix amoureux existe-t-il?7 OCTOBRE.20 II Loin d’être le fruit du hasard, les choix romantiques sont profondément liés à nos émotions et à nos désirs inconscients Psychothérapie ou spiritualité : Quel est le remède à nos maux?là OCTOBRE.20II Ministère de la Culture et des Communications Salle Pierre-Mercure Centre Pierre-Pél.ideau 300.boni fin Mmmnncu va Eli.Montrant B2ru« Sanguin at / tf Uarri - UQAM Ixs limites d’une et d'une spirituel, psychologie (alité sans é, sans ante émotion Billets: 15 $ régulier - 12 -S étudiant (taxes et redevance* ni sns) en vente* au (514) 987-6919 ou 1 -800-361 -4595 SOURCE ALLIANCE VIVAFILM Thibault dans une scène de C’t'à film, un collage de photos qui fait ramassis de vedettes.S’affranchir du roman Aux yeux de ses principaux interlocuteurs sur le projet, les premières versions du scénario étaient trop fidèles à l’œuvre de Tremblay.On lui a recommandé, Tremblay le premier, dé s’affranchir du roman et de composdrf «Je me censurais toute seule.Quand ils m’ont dit de me laisser aller, je me suis dit que j’irais jusqu'au bout.Ils m'arrête' ront s’il le faut, mais j’irai jusqu’au, bout.» Ainsi, Denise Filiatrault a ajouté quelques personnages qu’elle a inscrits dans leur contexte, puis élargi l’action (à peu près limitée à la salle d’attente dans le roman) â une bouchfej rie de quartier où Alice séduit le propriétaire (Denis Bouchard), au magasin Eaton où Madame Therrien (Pierrette Robitaille) cherche le Ti-Gars de Laura Cadieux (Samuel Landry) qu’elle croit perdu, au Casino de l’île Notre-Dame où Vovonne (Danièle Lorain), la ronde épouse du boucher, gagne cinq mille piasses.«Pendant le repérage, j'ai vu des femmes qui, dès 1 lh dimanche matin, jouaient avec les slot machines.C’est toutes des belles-sœurs, ces ma-damesJà», explique Filiatrault, convaincue que même si 30 ans ont passé dg-puis la création de la pièce au Rideau-Vert, seul le décor a changé.Depuis cette époque, pourtant, Denise Filiatrault est devenue scénariste pour la télévision, puis metteure en scène pour le théâtre, et enfin cinéaste, sur le tard mais pas trop tard.Ce médium qu’elle connaît à titre de cinéphile (elle aime Kazan, Pasolini et Gilliam), elle l’a approché sur la pointe des pieds: «Au début, je devenais folle, parce que tu fais pas ce que tu veuk; t’as le producteur qui est là, le distributeur qui suggère ça.Moi, au tliéâlée, je fais ce que je veux, puis j’ai le producteur qui vient une semaine avant et qui dit “j’aime”ou “j'aime pas” et “qu’est-ce que tu penses de ça?".Mais en même temps, y a tellement de responsabilités et d'argent impliqué au cinéma, c'dst angoissant», résume Denise Filiatrault, qui garde en mémoire les nuits sans sommeil et les reflux gastriques dont le cinéma est responsable, quelle que soit la planète qu’on habité: «J’allais voir mes rushes en même temps que De Palma allait voiries siens pour Snake Eyes», se rappelle Denise Filiatrault.«Je le croisais dans l’ascenseur et il avait l’ait tellement malheureux parce qu’il lui manquait deux millions pour bouder un budget de près de 100 millions.J’avais juste envie de lui dire que moi, j'avais l'.S million pour faire le mien [éclat de rire|.C’est deux mondes, hein?» 9999 I.e i) K y 0 I II .I.E S S A M E I) I A E T D I M A X (' Il E I 0 (' T 0 B II E I !» !» 8 Un autre voyage au bout de la nuit ARCHIVES LE DEVOIR Dominique Swain, la Lolita du film d’Adrian Lyne.Pas de deux sur la passion amoureuse PERMANENT MIDNIGHT Réalisation et scénario: David Veloz.-Avec Ben Stiller, Maria Bello, Jay ; ; Paulson, Owen Wilson, Cheryl Ladd, Elizabeth Hurley.Image: Robert Yeoman.Montage: Cara Silver-! (nan, Jerry Fleming.Musique: Da-i ïiiel Licht.Etats-Unis, 1998,95 minutes.Cinéplex Odéon.I « » t ANDRÉ LAVOIE I » t I Pour marquer ses débuts à titre de réalisateur, David Veloz s’est inlé- Ïssé à l’autobiographie de l’écrivain scénariste Jerry Stahl, Permanent idnight.L’auteur, dont le nom figure àû générique de nombreuses séries télévisées à succès telles Thirtysome-Ihing et Twin Peaks, a plongé tête baissée dans «l’enfer de la drogue», Vivant une existence marquée par l’ur-nce de l’écriture et surtout celle de éroïne.Sans pudeur, il y raconte èès bêtises, son travail bousillé, ses àmours déçues et, bien sûr, son in- PETIT OISEAU SOLITAIRE (PAJARICO) Réalisation et scénario: Carlos Saura.Avec Alejandro Martinez, Dafne Fernandez, Francisco Rabal, Eusebio Lazaro, Juan Luis Galiardo.Image: José Luis Lopez-Linares.Montage: Julia Juaniz.Musique: Alejandro Masso.Espagne, 1997,99 minutes.Famous Players.- | ANDRÉ LAVOIE Le cinéaste espagnol Carlos Saura a connu, successivement, deux périodes glorieuses jalonnées de films aussi remarquables que Cria Cuervos (1975) et Noces de sang (1981), Elisa mon amour (1977) et Carmen (1983).La première est marquée par la présence de l’actrice Geraldine Chaplin qui tournera pas ,moins de sept films avec lui; la seconde vaut surtout le détour pour sa fructueuse collaboration avec le danseur et chorégraphe Antonio Gades, rendant le flamenco plus séduisant que jamais.Il faut souligner également que ses films ont souvent fait le bonheur des psychanalystes puisque les traumatismes de l’enfance, la mémoire ,r,efoulée et la sexualité névrosée fuirent des thèmes abondamment explorés par le réalisateur.Malheureusement, la suite de sa carrière, alors -qu’il s’aventure du côté du film historique (El Dorado, Le Sud), ne laissait guère espérer un véritable renouveau.Rien ne porte à croire qu’il en sera autrement avec Petit oiseau solitaire ¦ IPajarico), son tout dernier film, Prix iqe la mise en scène lors de l’édition 1997 du FFM.Une fois de plus, il renoue avec un certain «réalisme onirique» et une manière de voir l’enfan-•ce comme l’éveil douloureux a la sexualité et au monde cruel des adultes.Au cours d’un séjour dans la famille de son père, le petit Manu (Alejandro Martinez) découvre les nombreux secrets qui rongent ses oncles, tantes et cousins, leurs curieuses habitudes, leurs infidélités, contournable déchéance physique et morale.De son côté, Veloz a aussi fait son entrée dans le monde du cinéma à titre de scénariste; on lui doit le scénario de l’apocalyptique Natural Boni Killers d’Oliver Stone, une expérience hallucinogène en soi.Avec les traits de Ben Stiller (que l’on peut également voir en ce moment dans Your Friends and Neighbors de Neil LaBute), Jerry Stahl fait la rencontre de la jolie Kitty (Maria Bello).Ce qui s’annonçait comme une simple partie de jambes en l’air dans un motel minable se transforme en véritable «partage de vécu», les deux se découvrant ex-toxicomanes, mais dans le cas de Jerry, le sevrage demeure encore une chose à apprivoiser.La première partie du film multiplie les retors en arrière au fur et à mesure que Jerry dévoile à Kitty les aspects les plus sombres de son passé d’héroïnomane.11 évoque son curieux mariage de raison avec Sandra (Elizabeth Hurley), une Anglaise ambitieuse à la recherche d’un permis de travail et qui tout en s’éprenant peu à peu de Fuensanta (Dafne Fernandez), sa charmante cousine qui deviendra vite son premier amour.Il s’attache également à son grand-père (Francisco Rabal), un vieillard à moitié fou qui le confond avec son fils.Malgré une structure parfois rigide (le séjour de Manu est d’une durée de trois semaines et il passe une semaine chez chacun de ses oncles qui habitent tous le même immeuble), le film est parsemé de quelques touches fantastiques qui l’empêchent de sombrer totalement dans la simple fable sur le passage difficile de l’enfance à l’adolescence.Fuensanta semble posséder un véritable don de clairvoyance; l’oncle Fernando (Eusebio Lazaro) quitte le sol en jouant du violoncelle; tante Margarita (Eulilia Ramon) raconte en détail ses visions mystiques, bref, une drôle de famille où se multiplient les «cas» et les bizarreries.Tout ceci n’en fait pourtant pas une œuvre remarquable puisque le regaixl de Manu — on ne le quitte jamais, tous les personnages n’existent qu’à travers lui — demeure celui d’un garçon d’aujourd’hui, bouleversé par le divorce imminent de ses parents et plus ou moins conscient que le tabou de l’inceste n’a pas encore complètement disparu du paysage.A défaut d’être inspiré et audacieux comme à l’époque de Cria Cuervos, Carlos Saura n’en reste pas moins un habile cinéaste qui a au moins eu le mérite de camper son histoire, vaguement autobiographique, dans un coin splendide du sud de l’Espagne.De plus, il nous donne à voir le magnifique Francisco Rabal, longtemps associé au cinéma de Luis Bunuel, qui fait une première incursion chez Saura dans un rôle somme toute secondaire.Par contre, un doublage approximatif ne rend guère justice au talent des interprètes et nivelle davantage par le bas un film qui ne prend guère de risques pour nous surprendre et renouveler notre vision sur l'enfance.Après La Femme assassin de Daniel Casparsoro, Petit oiseau solitai- tombera enceinte de lui pratiquement par accident.Séduit par la Californie et attiré là-bas avec l’idée d’écrire et surtout d’y trouver le succès, Jerry se voit contraint de travailler comme scénariste sur de stupides séries télévisées.Cette humiliation et quelques mauvaises rencontres ont vite fait de précipiter sa chute.Sa rencontre avec Kitty sera brève, bien décidé à retourner à Los Angeles pour y tenter sa (deuxième) chance.Contrairement au Fear and Loathing in Las Vegas de Terry Gilliam, qui avait le mérite d’adopter une position «dissidente» sur la drogue en faisant l’apologie de ses propriétés «créatives» et jubilatoires, le film de David Veloz affiche ses couleurs trop rapidement pour tomber dans une morale typiquement movie-of-the-week.On y voit, une fois de plus, un homme seul, dévasté, autre loser à triompher de l’adversité pour accéder à la rédemption, médiatique cette fois-ci.Il est d’ailleurs invité à venir faire la tournée des «shows de chaises» pour témoigner de son cauchemar passé.Avant d’accéder à ce «triomphe», tout y passe: les nombreuses séances d’injection, les yeux vitreux et le teint blafard, les esclandres et les bagarres pour trouver ce qu'il faut afin de «décoller», etc.Le caractère prévisible de l’intrigue teinte forcément le jeu des interprètes, à commencer par celui de Ben Stiller qui tire son épingle du jeu sans pourtant nous surprendre, les rôles de junkies ne se comptant plus tellement ils sont nombreux à envahir le cinéma américain.Maria Bello et Elizabeth Hurley servent surtout d’oreilles compatissantes aux malheurs de Jerry, et dans le cas de Hurley, les limites de son talent n’apparaissent que trop cruellement.Elle vante les mérites d’Estée Lauder avec-plus de conviction.Quant à Cheryl Ladd — ayant connu son heure de gloire au petit écran avec Charlie’s Angels —, elle interprète, avec quelque peu d’ironie, une actrice très consciente de jouer dans une mauvaise série télévisée et que seul le talent de Jerry peut sauver.De l’ironie, voilà sans doute la seule substance qui manque souvent à ce film pour «décoller», véritablement.re (Pajarico) ne réussit toujours pas à redorer le fleuron de la cinématographie espagnole actuelle qui débarque sur nos écrans.Est-ce véritablement ce que ce pays a de mieux à nous offrir?Si oui, les réalisateurs espagnols devraient commencer à s'inquiéter sérieusement de la situation.LOLITA D’Adrian Lyne.Avec Jeremy Irons, Dominique Swain, Melanie Griffith, Frank Langella.Scénario: Stephen Schiff.Image: Howard Atherton.Montage: Julie Monroe, David Brenner.Musique: Ennio Morricone.États-Unis, 1997,137 minutes MARTIN BILODEAU On l’a vu venir de loin.Lolita est un autre de ces films censés créer le scandale mais dont la principale raison qu’il nous donne de nous indigner reste dans la campagne promotionnelle, nourrie par l’intransigeance de la censure nord-américaine, qui l’a porté jusqu’à nous comme un vainqueur, un triomphe de l’art sur le commerce et le politique.Or le film d’Adrian Lyne est loin d’être à la hauteur de l’obstacle qu’il a enjambé pour nous rejoindre.La première image nous montrant la petite Dolorès, alias Lolita (Dominique Swaim, très douée), étendue dans le jardin de la maison de sa mère (Melanie Griffith), une robe légère et mouillée collée sur la peau, annonce que nous entrons non pas dans l’univers du romancier Vladimir Nabokov, auteur du roman qui a fait scandale à sa sortie en 1954, ni dans celui de Stanley Kubrick, qui l’a le premier porté à l’écran en 1962, mais bien dans celui d’un réalisateur de publicités, égide de David Hamilton subventionné par le box-office depuis Foxes, son premier film de nymphettes en soutien-gorge réalisé en 1979.Ont suivi les tapageurs et tape-à-l’œil Flashdance, Nine and a Half Weeks, Fatal Attraction et Indecent Proposal, qui — mis à part l’inclassable Jacob’s ladder — ont confirmé la place qu’occupe cet Anglais à Hollywood, où on n’a pas voulu de Dilita.Pour ne pas défier le tabou de la pédophilie, ni même nuancer des notions qu’on préfère rejeter en bloc.Ainsi, dans un pays lancé dans un groupe-discussion élargi portant sur la définition de «rapport sexuel» et de «fellation», l’ignorance prend plusieurs visages.La censure n’en est qu’un.Iœ Lolita d’Adrian Lyne en est un autre.Ne serait-ce que par son rythme langoureux, la mise en scène moins vulgaire que d’ordinaire (malgré l’abus d’images au ralenti), la musique d’En-nio Morricone (qui finit par mater ce cheval fou pour forger des atmosphères discrètes), ainsi que la présence de l’intense Jeremy Irons dans le rôle de Humbert Humbert, cet enseignait ensorcelé par la fille adolescente de sa logeuse puis lancé sur les routes avec la petite à la suite du décès accidentel de sa mère, devenue entretemps son épouse à lui, on constate qu’Adrian Lyne a voulu opérer un virage et donner à son film la couleur d’un film d'auteur.Malheureusement, Lyne voit l’auteur dans la manière, comme il repère le drame dans les apparences.Et celui de ütlita se cache bien en-deçà de ce qui est montré.Il réside dans le souvenir d’un amour perdu, dans le besoin qu’éprouve Humbert de le projeter sur cette petite nymphette qui, pour un temps, jouera le jeu, dans le pouvoir sadique qu’exerce cette dernière sur lui, dans le sentiment de trahison profonde qu'il ressentira lorsqu’elle prendra la clé des champs avec un quinquagénaire mystérieux (Frank Langella).Bref, dans tout ce qui est suggéré sans êtrç ni montré ni défendu.A défaut de quoi Lolita nous gave d’images montrant la petite jouant avec ses nattes, se barbouillant les lèvres de rouge, suçant une banane, exhibiuit fièrement une moustache de lait ou montrant sa culotte.Tout ce que Lyne semble trouver provocant, en somme, et qui témoigne de son incapacité à transcender les apparences et à faire de ce pas de deux sur la passion amoureuse, le pouvoir sexuel et la jeunesse évanouie autre chose qu’un photo-roman italien.Aussi, la présence spectrale du mystérieux rival, qui suit Humbert et Dilita sur leur route à travers les États-Unis, est censée apporter au récit un élément de suspense tout en symbolisant le dédoublement de la conscience du héros.Hélas, Lyne n’arrive jamais à l’installer dans le récit et à faire sentir sa menace, ce qui a pour effet de rendre encore plus invraisemblable et grand-guigno-lesque la confrontation finale entre les deux hommes.Celle-ci fait à elle seule le bilan d’un film dont on se souviendra davantage pour le scandale nourri (et inutile) qui l’a précédé que pour la déception artistique qu’il fait défiler à 24 images par seconde.LA FUIS BOULEVERSANTE HISTOIRE D'AMOUR DE CETTE IIH DE MILENA ¦ Diane Lolrance, Cllé-Rock Mtonlo IRE, Hasards ou coïncidences |G] Claude Lelouch PARISIEN: 12:40-3:40-6:45-9:20 CENTRE LAVAL: 6:55-9:20 w ^ | PARISIEN® Il CENTRE LAVAL W | NT UN TRIOMPHE A COUVERTURE DU DERNIER FESTIVAL DES FILMS DU MONDE DE MONTRÉAL! GAGNANT DU PRIX DU MEILLEUR FILM CANADIEN AU 23e FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE TORONTO.«J'ai adoré ! C'est méchant, drôle,.Aline-Marie i Xalluilie Pclrtmki, CAI C inaire U! >.«Un Woody Allen à la québécoise, On découvre un autre Robert Lepage, vnfvmplticcnn I I t nii/i.11/trîe PhilioiiY od énnndnimnntû I n ràiéhipt SlçQiuiit, SUITS0XJ01 ti ! RI «Original et drôle!» Denise ,1/nrtf/, JOl'RXM.DE Qi’ÊM.C Une comédie de mœurs de - ^ Robert Lepage O cwttfikNBn ¦mukmvi fflc Denise Filiatrault - •- • L’AFFICHE! ~ CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN ®;r4 CINÉPLEX ODÉON DAUPHIN e CÏNÉPLEXODÉÔN LASALLE (Place) 4 FAMOUS PLAYERS VERSAILLES & 9 CINÉPLEX ODÉON UVAL (Carrefour) 4 CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE è.CINÉPLEX ODÉON BROSSARD 4 9 CINÉMA ST-EUSTACHE 9 4 CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON .-*4.CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORIONS GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE MAISON DU CINEMA SHERBROOKE FLEUR DE LYS TROIS-RIVIERES & CINÉMA 9 GATINEAU 9 4 LE CARREFOUR 8 JOLIETTE CARREFOUR QU NORD ST-JERÜME CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE 4 CINÉMA P LME STE-ADELE cinéplex ODÉON VERSION FRANÇAISE AVEC CENTRE-VILLE ® / SOUS-TITRES ANGLAIS wtc DENISE DUBOIS SAMUEL LANDRY ADELE REINHARDT MIREIUE THIBAULT X5ENIS BOUCHARD MARTIN DRAINVIUE DANIELE LORAIN SONIA VACHON SOPHIE 10RAIN RENE! CLAUDE DONAID PILON S3SÏMNÉÉU0HN .i".'SI!PHANE ROY .MURIELLE IA FERRIERE - HELEN RAINBIRD .RICHARD COMEAU "SERGE 8EAUCHEMIN Æ.-GINETTE GUILLARD * ' ' : VIATEUR PAIEMENT .LOUIS GIGNAC .VL;.,'FRANÇOIS DOMPIIRRE __ ,.«¦ Daniel louis .denise filiatrault .üïr.vïW:'imichel tremblay iffi SP -VDIWSEFIUATRAULT /» -«V.uum J EATON £-f\ K tn .V- / F A 5* MKIM.QI ARfUî* N
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