Le devoir, 17 octobre 1998, Page(s) complémentaire(s)
LE DEVOIR V o l.1.X X XIX N ¦ 2 :i r> ?mo n t R É: a i.1.K S S A M K 1) 1 1 .7 K T 1) 1 M A X < Il K 1 «S 0 ( T 0 If 1! K 1 !) il 8 (i C A II 1 K II S 1 .il ô $ + T A x t: s = 2.2 5 S TÉLÉ CHOIX Ces enfants d’ailleurs: le choc des cultures Æ: LIVRES Gaétan Soucy: le salut par l’écriture, page D 1 LES ARTS La statistique, un des beaux-arts?, * page B 1 % LES ARTS La chronique d’Odile Tremblay: le roi de la poutine, page B 12 PERSPECTIVES Une campagne écourtée Les adversaires du maire sortant Pierre Bourque viennent tout juste de sortir de leur torpeur, se branchant sur le mode électoral.Mais leur offensive risque d’être écourtée et de ne pas survivre au déclenchement imminent du scrutin provincial.Kathleen Lévesque Les contribuables montréalais ont beau être appelés aux urnes le 1" novembre, la campagne électorale municipale se fera assener un croc-en-jambe magistral dans quelques jours avec l’annonce par le premier ministre du déclenchement des élections générales au Québec.Le gouvernement du Parti québécois semble donc se diriger vers une autre démonstration de son insensibilité pour la métropole du Québec, escamotant encore une fois son engagement électoral de 1994 d’accorder un pacte fiscal à Montréal.Avec le déclenchement des élections provinciales, la bataille montréalaise sera donc reléguée au second plan, tant sur les plans de la visibilité des aspirants maires et du financement des partis que des armées de bénévoles.Pierre Bourque ne peut être que fort aise de ce sprint devancé, lui qui se faufile entre ses adversaires qui, jusqu’à maintenant, divisent le vote en sa faveur.De leur côté, Jean Doré et Jacques Duchesneau ont moins d’une semaine pour sortir leurs griffes.C’est peu, d’autant plus que Jean Doré a répété l’erreur de 1994 et repoussé le plus loin possible le moment de vraiment plonger dans l’arène.Ix lièvre de Jean de La Fontaine montrait aussi beaucoup d’assurance et s’est fait doubler par la tortue.Jacques Duchesneau, s’il a démarré plus tôt dans la course, s’est embourbé.Il a accumulé les crevaisons, dont les dernières sont sa confirmation candide des tracas financiers de son parti Nouveau Montréal et son affirmation selon laquelle son éventuelle victoire drainerait pas moins de un demi-milliard en investissements fermes, qui ne se réaliseraient pas sans lui.Encore quelques jours et l’espace médiatique réservé à la campagne électorale sera en chute libre, tout comme, d’ailleurs, l'attention de la population.De même, le robinet du financement est déjà fermé, et un exil des armées de bénévoles est à prévoir puisqu’ils militent tant au municipal qu’au provincial et au fédéral.Si le temps presse pour les adversaires de Pierre Bourque, il semble en être tout autrement du côté de tous ces gens d’affaires, dirigeants d’entreprises et inontréalistes de cœur comme Nicol Pageau-Goyette.Où sont-ils, tous ces leaders qui réclamaient que quelqu’un se lève pour la métropole, qui constataient haut et fort il y a quelques mois à peine, et qui le font encore plus discrètement en coulisses, l’urgence de retirer Montréal des mains de Pierre Bourque?C’est à croire qu’un coma politique a frappé Montréal.Comment oublier que Pierre Bourque est le chef d’un parti qui a été reconnu coupable de plus de deux cents infractions à la loi sur le financement des partis politiques?Qui a jeté aux oubliettes la démonstration peu édifiante des capacités de gestionnaire du maire sortant au cours des quatre dernières années?Oh, les Jean Doré, Jacques Duchesneau et autres Michel Prescott affirmeront qu’il s’agit là de leur motivation première.Or M.Bourque est le seul bénéficiaire de la bousculade à la mairie.Ils savaient pourtant depuis longtemps que seule une bataille à deux pourrait représenter une quelconque garantie pour déloger Pierre Bourque.Des rumeurs de ralliement et de désistement ont bien circulé, mais les ego prennent le dessus.Jean Doré voulait imprimer une dernière page de la petite histoire de Montréal, à laquelle il laisse une impression d’arrogance et de mépris avec, entre autres, sa surtaxe, même héritée de Québec.M.Duchesneau, qui croyait se faire couronner après avoir rangé son uniforme galonné de policier, s’est peut-être rendu compte qu'il était le seul à croire qu’une campagne électorale est un ouvroir où le petit point est à l’honneur.Michel Prescott, à la tête d’un Rassemblement de Montréal boiteux, semble plus désireux de se venger de Jean Doré à qui il voue une hargne sans bornes que de présenter de véritables solutions.11 se trompe de cible.Chose certaine, l’heure est de moins en moins aux messages.Avec une campagne aussi terne qui aligne bien des colonnes de chiffres indigestes et qui soulève bien peu d'espar — les électeurs ne votent-ils pas d’abord et avant avec leur cœur plutôt que leur tête?—, il y a fort à parier que la participation au scrutin descendra sous les 47,5 % de 1994.Dans ce contexte, les règles du jeu changent.Ix parti gagnant pourrait bien être celui qui aura la plus importante organisation sur le terrain pour «faire sortir le vote», comme on le dit en jargon politique.Et ce n'est pas la guéguerre des affiches électorales qui réglera quoi que ce soit: les pancartes ne votent pas! Il fut un temps où la fierté avait une ville.Aujourd’hui, le sens civique se cherche des passionnés de Montréal.klevesque@ledevoir.com M É T É 0 Montréal Québec Ensoleillé.Doux.Passages nuageux.Max: 17 Min: 5 Max: 13 Min: 3 Détails, page C 8 INDEX Agenda.TéléChoix Annonces.C 12 Ixs Arts.B 1 Avis publics.C 8 Économie.C 1 Éditorial.A 12 Livres.DI Le monde.A 10 Les sports.C 14 Montréal.A3 Mots croisés C 13 Politique.A 7 www.ledevoir.com : i— VOIR PAGE A 14: CHRÉTIEN Le Nobel couronne l’espoir REUTERS LE PRIX Nobel de la paix 1998 couronne l’espoir qui renaît en Irlande du Nord.Il a été décerné hier, à Oslo, au catholique John Hume et au protestant David Trimble, les deux principaux artisans des accords de paix d’Irlande du Nord conclus le 10 avril à Belfast.Sur cette photo prise en mai 1998 à un concert du groupe U2, les deux lauréats entourent le chanteur Bono.Voir nos informations, page A 6.Clark plaide pour une accalmie constitutionnelle «Les circonstances ne sont pas propices à une initiative constitutionnelle» à 778313000696 L E I) E V (t I It , L E S S A M EDI 17 E T I) I M A N (' HE IS 0 (' T 0 It It E I !l !l S LE DEVOIR MONTREAL Débat électoral Duchesneau sort une carte-surprise Il évoque de mystérieux investissements de 500 millions s'il est porté à la mairie HÉLÈNE BUZZ ETT 1 LE DEVOIR Le candidat à la mairie Jacques Duchesneau a invité les électeurs à faire un acte de foi le 1" novembre prochain alors qu’il leur a promis des investissements privés de un demi-milliard de dollars à Montréal s’il était élu, tout en refusant catégoriquement de dévoiler l’identité de ces généreux investisseurs et la nature de leurs projets.C’est à la toute fin du débat télévisé organisé par le réseau TVA hier midi que M.Duchesneau a affirmé avoir rencontré un groupe de gens d’affaires qui hésitaient entre Montréal, Toronto et Boston pour investir 500 millions.Seul un changement de maire et de leadership le favorisant, a-t-il laissé entendre, les convaincrait d’opter pour la métropole québécoise.«Ce sont principalement des Montréalais des communautés juives et anglophones.Ils attendent pour voir s’il y aura du leadership à Montréal.Ils m’ont dit: “.Mes enfants ont quitté Montréal, dites-moi pourquoi je devrais investir à Montréal?” Je leur ai dit qu'il y aurait un vrai leader qui prendrait soin de leurs intérêts [si j’étais élu] et qu’il y aurait une augmentation de la valeur des propriétés à Montréal.» «Jamais je ne vous dévoilerai les noms de ces gens avant le 1" novembre», a-t-il ajouté.Mais les adversaires de M.Duchesneau n’ont pas semblé impressionnés par cette promesse.Pierre Bourque l’a qualifiée de «stratégie du désespoir» , tandis que Jean Doré a douté de sa véracité.«C’est complètement ridicule.Si «C’est complètement ridicule.C’est maintenant que Montréal a besoin d’emplois», dit Pierre Bourque [Jacques Duchesneau] a de telles informations, c’est maintenant qu’il devrait organiser une conférence de presse et nous présenter ses investisseurs.C'est maintenant que Montréal a besoin d'emplois.Mais je n’y crois pas.» Cette annonce subite est de loin l’élément le plus intéressant d’un débat dépourvu de grands moments, qui a plutôt cristallisé les tendances de cette campagne électorale.Ainsi, les Duchesneau, Doré et Prescott ont dirigé vers Pierre Bourque, qui mène dans les sondages, la plupart de leurs attaques.Mais celui-ci s’en est tenu à sa stratégie consistant à laisser passer les flèches et citer les éléments forts du bilan de son administration, dont aucune hausse de taxes, une diminution de la dette actuarielle de un milliard de dollars et un abaissement du plancher d’emplois.Jacques Duchesneau a accusé le maire sortant d’avoir accepté la mise en tutelle de Montréal par le gouvernement du Québec avant de lancer sèchement; «Vous êtes incompétent, M.Bourque.» Questionné à propos de la qualité des services contre les incendies et de déneigement, Pierre Bourque a répondu que «le déneigement est magnifique» à Montréal.«Les services de la Ville sont très bons, tout le monde le reconnaît, a-t-il plaidé.Mais je reconnais qu’on doit s'améliorer constamment.» Une affirmation qui a fait bondir Michel Prescott, qui lui a reproché sa «vision jovialiste» et son «inconscience» de l’état de la ville.«Si vous continuez à dire que les services sont bons à Montréal, eh bien, je suis désolé, mais vous serez un mauvais maire.» Journée nationale de l’espace Les astronautes font rêver les écoliers LE DEVOIR Les écoliers canadiens étaient dans la lune, hier.Pas que les mathématiques ou la grammaire étaient particulièrement ennuyeuses pour un vendredi d’automne, mai?plutôt parce qu’ils ont célébré A la Journée nationale de l’espace en participant aux diverses activités organisées par l’Agence spatiale canadienne.Environ 150 élèves réunis à Saint-Hubert ont d’ailleurs pu voir l’astronaute Marc Carneau guider une visite de la station spatiale internationale au Johnson Space Center de Houston.L’astronaute Chris Hadfield était sur place pour animer l’événement et a parlé des objectifs de la mission spatiale STS-99, à laquelle il participera en décembre 1999.Pour l’Agence spatiale canadienne, la station spatiale internationale constitue le plus important projet scientifique à ce jour réalisé conjointement avec les Etats-Unis, la Russie, le Japon et onze pays européens.Actuellement en construction, la station spatiale sera complètement assemblée en 2004 et accueillera alors des équipages internationaux d’astronautes pour des missions d’une durée moyenne de trois mois.«La contribution du Canada à ce projet est de concevoir, fabriquer et exploiter un système robotisé appelé Système d’entretien mobile.Il est composé notamment du Télémanipulateur (le nouveau Bras canadien), pour la manipulation des grosses charges à bord de la station, et du Manipulateur agile spécialisé, un robot à deux bras pour la réalisation de tâches plus délicates», explique l’Agence dans un communiqué publié hier.L’Agence rappelle que trois de ses astronautes s’envoleront dans l’espace en vue de participer aux missions d’assemblage en 1999, soit Julie Payette (mai), Marc Garneau (août) et Chris Hadfield (décembre).Les célébrations de la Journée nationale de l’espace se poursuivent aujourd’hui au Cosmodôme de I^aval, où la compagnie CAE présentera notamment son système de contrôle simulé du Bras canadien.ENTRE LA METROPOLISATION ET LE VILLAGE GLOBAL COLLOQUE DE L'ASSOCIATION D'ÉCONOMIE POLITIQUE LES 23 ET 24 OCTOBRE - le développement en milieu métropolitain - le lien innovation-territoire - le rôle des acteurs - les stratégies de conversion industrielle Avec la participation, entre autres, de ; Pierre Veltz (LATTS, Paris) Georges Benko (Paris 1) Peter Nijkam (Amsterdam) Pierre-André Julien (UQTR) UQAM Salle MGL (J-M400), 405, rue Sainte-Catherine Est Métro Berri-UQAM Inscription sur place à 8 h Information : • 987-3000, poste 0240 • www.unites.uqam.ca/aep ?HIVER Oter in Métropole 0NTRE?1 JACQUES NADEAU I.E DEVOIR Le maire Pierre Bourque, le ministre péquiste Robert Perreault, le ministre fédéral Martin Cauchon et les hommes d’affaires Charles Lapointe et Alain Simard ont confirmé hier que le nouveau Festival d’hiver de Montréal verrait le jour en février 2000.Première édition en février 2000 Québec dit oui au Festival d’hiver HÉLÈNE BUZZ ETT I LE DEVOIR Après avoir essuyé un refus répété du ministère de la Métropole, le Festival d’hiver de Montréal verra finalement le jour et obtiendra pour ce faire 875 000 $ de Québec pour ses trois premières années d’existence.Les discussions concernant la création d’un autre festival dans la métropole avaient avorté l’hiver dernier, principalement à cause des réticences émises par les intervenants du milieu culturel, qui ne voyaient pas la pertinence de créer un événement en compétition directe avec leurs activités normales alors qu’ils sont au meilleur de leur saison.De plus, le Carnaval de Québec s’était opposé à ce que le gouvernement provincial finance un deuxième festival devant se tenir en même temps que le grand bal de Bonhomme, qui en est à sa quarante-cinquième année, et de miser, comme à Québec, sur des activités en plein air.11 semblerait que toutes ces craintes aient été levées.Le conseil d’administration du nouvel événement, qui se cherche encore un nom officiel, est composé de 16 membres provenant aussi bien du milieu culturel et muséal (Lorrain Pintal, directrice générale du Théâtre du Nouveau monde, Francine Lelièvre, directrice générale du musée Pointe-à-Callière, Paul Tanguay, directeur général de O Vertigo Danse) que des milieux économiques et touristiques.Michel Labrecque en sera le président-directeur général alors qu’Alain Simard, du groupe Spectra (Festival international de jazz, Fran-coFolies), assumera la présidence du conseil d’administration.L’événement a renoncé au volet plein air de sa programmation pour se centrer uniquement sur la gastronomie et la culture.Et le Festival d’hiver débutera plus tard que prévu, soit au plus tôt le deuxième jeudi de février, occasionnant un chevauchement avec le Carnaval de Québec seulement pour le dernier week-end.Le Festival d’hiver, dont la programmation précise et les partenaires ne seront connus que plus tard, consistera principalement en la promotion de spectacles déjà à l’affiche sous forme de forfaits gastronomie-culture.D’autres spectacles plus risqués ou osés pourront être mis sur pied pour l’occasion.«On se considère comme un producteur de spectateurs plutôt que comme un producteur de spectacles», a expliqué Alain Simard.Pour sa première édition, le Festival d’hiver se tiendra du 10 février au 5 mars 2000 et comptera sur un budget de 4,5 millions de dollars, dont 25 % proviendront de l’Etat, 35 % de commandites et la balance de la vente de billets et autres revenus autonomes.JL V » , Ojrj » A 4 $**£&**** y ’er dp batelier des v ' compagnons 1269, Van Home, Outremont tél: 277-5772 prop.: Maxime Basilières et Eric Lapointe Ouvert 7 jours/sem.f.Ziebroituctions, meublex tl'ijux/ue, eou/eurx e.ivefj/io/imf/ex {¦/iit/nti/t r/e /O % .sur mo/ti/ier r/c ,stt//c ir /ntt/trycr (ccexxoirex décorop/x GUERIN Michaël Kim, M.A., McGill Guide pratique de la diction allemande conçu pour les chanteurs québécois francophones veaV Guide pratique de la diction allemande X'tTrriiJ'M f,-tu(then Dixl'IuallHM fur • fwn^VbfrnubMr c'ijmtcr 1; (.Wtxv Mf.l-ul Kim.M A .NM 44 pages 9,50$ Siège social : GUÉRIN, éditeur Itée.4501, rue Drolet.Montréal (Québec) H2T 2G2 Téléphone : (514) 842-3481 Télécopieur : (514) 842-4923 Adresse Internet : http://www.guerin-editeur.qc.ca m Monsieur Luc Picard vous invite a célehret Ips 15 ans du Centre d’Apprpntissaqe Parall'elp de Montreal Inc.SOIRÉE BÉNÉFICE lancement du Calendrier d’Art 1999 Lundi 26 octobre a 19h00 au 4863, boul.St-Laurent, Montreal Venez appuypi le C.A.P., une ressourçp alternative en santé mentalp et un centre de création artistique.Monsieur Luc Picard se fera un plaisir d'autocjraphier votre calendrier.' InFormation: (814) 843-8688 B a E Montréal recycle vos feuilles mortes.Cet automne, participez aux collectes de feuilles les mercredis 21 et 28 octobre, 4 et 11 novembre.Placez les feuilles dans des boîtes de carton, des poubelles ou des sacs de plastique et déposez-les sur le trottoir devant votre résidence, avant 8 heures le mercredi matin.© Ville de Montréal C I I I, K |) E V 0 I R , L E S S A M K l> I 17 E T I) I M A N (' HE 18 0 -posé à Kevin Brown (SD) — deux candidats au trophée Cy Young de leurs ligues respectives — dans ce premier match fait révolutionner le cycle des opinions parfois justes, parfois farfelues, de millions d’amateurs.Par exemple, dans la catégorie des raisons évidentes, saviez-vous que: ¦ forts de 114 victoires en saison régulière, les Yankees pourraient être comparés aux plus grandes équipes de baseball de l’histoire, même s’ils n’ont pas en leur sein un Babe, un Joe D ou un Reggie.Comme si les Yankees de 1927 et ceux de 1998 aient quoi que ce soit en commun; ¦ forts de l’élimination des deux seules équipes de la LN ayant remporté plus de 100 victoires en saison, les Padres sont effectivement sur une lancée victorieuse qui pourrait les mener tout droit vers un nouveau stade de 410 millions $ US.Mieux encore: les Yankees sont trop bien équilibrés, sans très grande vedette, où, chaque soir, tel ou tel quidam produit cinq points.Et puis, les Yankees ne sont-ils pas «the team you love to hâte»?Du même point de vue, mais uniquement sur le plan des chiffres, il est intriguant de faire subir le test du miroir aux fiches des joueurs en panne sèche et de ceux qui font flèche au champ centre de tout coup de bâton; ¦ sur les mêmes planches pour les premier, quatrième et peut-être septième matchs, qui, de Wells ou Brown, sortira de cette série avec un ego de 3D?; ¦ sur la même butte mais en fin de match, Mariano Rivera (NY) aura-t-il l'avantage sur Trevor Hoffman (SD), un rarissime re-leveur qui dispose de trois lancers explosifs à son arsenal?¦ sur la même butte mais le lendemain, David Cone (NY) contre Sterling Hitchcock dans le deuxième affrontement?Puis Andy Pettitte (NY) face à Andy Ashby au quatrième jour mais au troisième match?Car, hormis l’utilisation de releveurs connus à moyen terme, ce sont ces huit lanceurs dont on entendra le plus souvent le nom au cours des quatre, çinq, six ou même sept prochains matchs.A moins que les Américains insistent beaucoup sur les visages des entraîneurs des lanceurs (Mel Stottlemyre à New York et Dave Stewart à San Diego).Alors, qui sera la tête d’affiche?Parions sur l’un des deux premiers, Wells et Brown, d’autant plus que celui de la Natio- nale frappe aussi souvent que pour ,286 à son tour à la plaque depuis le début des séries et que l’autre n’a probablement pas touché à un bâton de balle en situation réelle de jeu depuis deux ans.Aussi, puisqu’il faut marquer des points.À ce jeu, l’alignement des Yankees ne laisse place à aucune faiblesse.Scott Brosius, l’un des seuls Yankees à s’illustrer avec Paul O’Neill depuis le début des éliminatoires, frappe au neuvième rang.Mais les Yankees n’ont pas de frappeurs de 50 circuits cette saison.Justement, Greg Vaughn (SD) vient de revenir au jeu, victime qu’il était depuis une bonne semaine d’un malaise à la cuisse.leadership: la parolç est à O’Neill (NY) et Tony Gwynn (SD).A moins que ce soit Chili Davis (NY), un grand voyageur qui s’est déjà illustré dans la Nationale, ou Jim Leyritz (SD), Mr.October Junior, qui, avec NY il y a deux ans, avait été l’un des meilleurs lors de la conquête du grand trophée.Tout comme depuis le début des présentes éliminatoires, mais avec San Diego.On a oublié Bernie Williams (NY), capable de tout.Justement, il doit renégocier son contrat dans quelques semaines.Raisons sentimentales ¦ Pour les anti-Steinbrenner, le proprio des Yankees, qui a le don de mal jauger la controverse.La dernière frasque: il aurait refusé à Major league Baseball la permission d’utiliser Sammy Sosa pour lancer la première balle et Tony Bennett pour chanter l’hymne national.Lui, il tient à Joe Di-Maggio (et pourquoi pas?) et un baryton pour s’acquitter de ces deux tâches.Aussi, Steinbrenner est l’un de ces riches propriétaires qui ont bousculé la structure salariale du baseball moderne et conduit à la création des équipes provenant des plus faibles marchés.Donc, par extrapolation, à ce qui arrive présentement aux Expos.¦ Pour Gwynn, le sympathique voltigeur qui participa à l’autre Série mondiale des siens il y a 14 ans.Et qui est en voie de faire partie de la dorure au grand temple.¦ Pour Claude Ryan, grand amateur des Yankees et du baseball d’antan.¦ Pour les Expos, parce que les Padres et les Z’Amours ont plusieurs zones d’intersection en commun.Comme 1998 pour San Diego et 2002 pour les Expos.¦ Pour les amateurs des Braves, l’autre équipe emplie de joueurs arrogants, à l’image de la formation new-yorkaise.¦ Pour les proprios des Padres, qui tablent sur l’odyssée des leurs pour illuminer le dossier de la construction d’un nouveau stade au centre-ville, qui pourrait être décidée par référendum le 3 novembre.¦ Pour les Padres qui, en gagnant la Série mondiale, auraient éliminé les trois meilleures équipes du baseball majeur en série au chapitre du ixmrcentage de victoires-défaites, la quatrième étant San Diego.¦ Pour le baseball.Déjà ragaillardi par les circuits de Mark McGwire et Sosa, la séquence de matchs consécutifs terminée de Carl Ripken et tous les autres succès qui tendent à prouver que le baseball est de retour, qu'il vit ses plus belles heures depuis on ne sait trop quand.Et puis, n’est-il pas réjouissant de favoriser un négligé dans ces circonstances?A tout cela, il faut ajouter des motivations personnelles issues de la coïncidence.Par exemple: ¦ David Wells (NY) est originaire de San Diego; ¦ Tony Gwynn n’a jamais mis les pieds sur le gazon du Yankee Stadium; ¦ Jim Leyritz (SD) est dans une «zone» depuis le début des séries; ¦ on ne veut pas que les Yankees distancent trop le Canadien de Montréal et les Celtics de Boston au chapitre des équipes les plus auréolées de l’histoire; ¦ on ne veut pas oublier de sitôt Billy Martin, martyrisé par Steinbrenner durant tant d’années; ¦ New York a 23 titres et San Diego n’en a pas; ¦ les Yankees ont gagné 113 parties de Série mondiale et les Padres n’en ont qu’une; ¦ la série oppose le Bronx à la Beach; ¦ l’une des équipes joue dans «the house that Ruth built» et l’autre appartient à une entreprise de communication par fibre oj> tique; ¦ San Diego a mis au monde le San I )iego Chicken, superbe mascotte qui a fait germer une page de spectacle dans un sport pas si rigolo.Les Yankees ont toujours choisi de ne pas vêtir des bouffons mais de les nommer au sein de l’organisation; ¦ Bruce Brochy, l’entraîneur de San Diego, a ce regard si intense sur le terrain qu’il serait envisageable de le voir sourire à belle dents, pendant plus de quelques secondes, dans tout au plus une semaine de vrai calendrier.LIGUE NATIONALE DE FOOTBALL Au feuilleton littéraire Les grands romans qui font du sport un ressort dramatique sont plutôt rares.Sauf chez les Américains qui sont, comme on le sait, les instigateurs etjes propagandistes de la société des loisirs.À la fois fidèles à l’histoire populaire de leur pays et solidaires dans leurs efforts visant à démonter les mythes qui ont marqué leur jeunesse, les John Irving, Norman Mailer et autres Philip Roth n’ont pas hésité à exploiter le potentiel métaphorique de la culture sportive.Du baseball en particulier, dont les images d’Épinal (Ruth, DiMaggio, le «crack of the bat», le Yankee Stadium, le coke et le hot-dog, etc.) ont aidé à forger l’identité américaine.Quant aux bons romans reposant sur l’imaginaire de l’ovale, ils sont, à notre connaissance, rarissimes.Il y a bien Une éducation en Illinois de Robert Coover, un roman social qui met en scène un demi à l’attaque des Bears des années 40, Gloomy Gus, dont la vie se résume bêtement à jouer au football et à draguer avec succès.Et dont la chute dans la folie — il se met à divaguer, à plaquer les filles et à les voler avant de se sauver dans une zone des buts imaginaire, écrasé qu’il est par un système de jeu et un langage codé qu'il n’est jamais en mesure de remettre en question — symbolise les errements d'une époque très chargée idéologiquement.Et il y a End Zone, un roman très peu connu d’un auteur.Don Delillo, qui l’est beaucoup plus, surtout depuis le succès de Libra, une œuvre qui reprend sur le mode fictionnel et en multipliant les pistes narratives l’histoire — devenue mythe — du meurtre du président Kennedy.(Nous avons déjà fait écho dans cette chronique aux écrits québécois d’Hubert Aquin et de Jean-Pierre Girard liés au monde de l’ovale.Le bienveillant lecteur qui connaîtrait d’autres noms ou titres sur le sujet de la littérature et du football est bien sûr invité à nous en faire part) Comme Paul Auster, Delillo est un auteur couramment associé à ce que les universitaires appellent la postmodernité.C’est dire que ses livres traitent de tout et de rien, de la complexité des choses banales et de la jouissance perverse qu’il y a à écrire et à s’écouter écrire en même temps.Puisque End Zone est épuisé (des sources très proches de la page des sports du Devoir ont cru en apercevoir une nouvelle édition sur Internet) et qu’il n’a pas encore été traduit en français même s’il date de 1972, votre journal favori, ne reculant devant aucun sacrifice pour déculpabiliser ses nombreux abonnés qui lisent la page des sports à la sauvette (sans parler des lecteurs rivaux qui la lisent en cachette), a décidé de vous offrir, à partir de la semaine prochaine et sous forme de feuilleton hebdomadaire, le récit des aventures et déconfitures de Gary Harkness, paresseux et lunatique centre-arrière des Screaming Eagles de Ijogos College, une université perdue dans le désert du Texas, en quête d’une éventuelle percée dans la crise défensive d’identité à laquelle il est confronté.Résisterons-nous jusque-là?Petit coin du pronostiqueur (13-5) Si vous avez trouvé les parties des der- nières semaines plutôt pauvres en couleurs et plutôt fades en suspense, si, à ce stade de la campagne, vous avez vu tomber plus de mouchoirs que de feuilles (et que vous commencez à croire que les arbres constituent une espèce particulière d'arbitre), si vous vous demandez combien de matchs Oakland-San Diego ou Tennessee-Baltimore votre organisme pourra encore supporter sans que vous vous transformiez en fan, ne touchez pas à votre téléviseur ce week-end.Un seul match met aux prises des équipes avec une fiche victorieuse et l’une de ces équipes est dirigée par Mike Ditka.Allons donc à l’essentiel qui.cette semaine, se résume à l’unique.¦ New York Jets (2-3) à Nouvelle-Angleterre (4-1).Deuxième retour de Bill Parcells, alias le Gros Thon, en Nouvelle-Angleterre depuis son exil volontaire.Avec seulement deux victoires, les Supersqniques sont l’une des déceptions de 1998.A vrai dire, les Bostoniens leur sont supérieurs à presque toutes les positions, y compris dans le champ-arrière, où Robert Edwards, la réplique de l’Association américaine à Randy Moss dans la course au titre de recrue de l’année, fait déjà mieux que son prédécesseur Curtis Martin, qui connaît un début de saison très ordinaire avec les Supersoniques justement.Nous considérerons donc la victoire des New-Yorkais comme une grande surprise.Jets 27, Patriots 23.rosal@videotron,ca Robert S a I e 11 i Canadien 2, Capitals 2 Le Canadien est demeuré invaincu (2-0-1) cette saison en soutirant un match nul de 2-2 aux Capitals de Washington, hier soir, au MCI Center.Tirant de l’arrière par deux buts après deux périodes, le Tricolore a su remonter les Caps grâce à des buts de Vincent Damphousse et Scott Thornton.Les hommes d’Alain Vi-gneault ont également dominé la prolongation.Adam Oates et Dmitri Mironov ont réussi les buts des Capitals.Ce match nul n’aurait pu être obtenu sans la brillante performance de Jocelyn 'Ihibault.Celui-ci a livré un autre excellent match même s’il a paru chancelant sur le but de Mironov.Un tir de loin qu’il n’a pu maîtriser de sa mitaine.HOCKEY LIGUE NATIONALE Hier Montréal à Washington Philadelphie à Tampa Bay Floride à Buffalo New Jersey à Rangers St.Louis à Detroit Toronto à Calgary Boston à Los Angeles Ce soir Buffalo à Montréal, 19h.Philadelphie en Caroline, 19h.Nashville à Ottawa, 19h30 Edmonton à New Jersey.19h30.Rangers à Pittsburgh, 19h30 Dallas à Chicago, 20h.Islanders à St.Louis, 20h.Toronto à Vancouver, 22h.J D1A
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