Le devoir, 28 octobre 1998, Cahier A
?F 0 N D É EN I 9 1 0 ?I.!•: M K li (' lî K I) I 2 N OC T (I 15 li K I !l il S MO X T li \: A I.I.X X X I X 2 I I M a il o ii Cornellier PERSPECTIVES Quand dit-il vrai ?Incompris et mal cité, Jean Chrétien?C’est bien ce qu’aimeraient faire croire ses conseillers à la lumière des réactions négatives provoquées par ses propos de la fin de semaine sur l’inutilité, pour l’instant, de modifier la Constitution.Mais le contexte particulier dans lequel il a fait ces déclarations, assis calmement dans son salon, laisse plutôt l’impression qu’il exposait là le fond de sa pensée.SI y a une semaine, les conseillers et stratèges libéraux fédéraux répétaient qu’ils comptaient se faire discrets durant la campagne électorale québécoise, question de ne pas nuire au chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest.Un détail a semblé échapper à tous: ce qui surviendrait avant le déclenchement des élections.On l’a vu samedi.Le premier ministre Jean Chrétien a accordé une entrevue de deux heures au quotidien La Presse.Ce qui en eSt ressorti est maintenant connu mais vaut la peine d’être rappelé.Le premier ministre n’a pas dit qu’il en avait fini avec sa stratégie étapiste d’amélioration de la fédération mais a affirmé que les revendications traditionnelles du Québec avaient été résolues.Il a ajouté qu’il était «préférable» d’inscrire le «caractère unique» du Québec dans la Constitution mais que ce n’était pas essentiel, surtout si cela devait aviver «la jalousie régionale».Et enfin, il affirmait que la réélection des péquistes et de Lucien Bouchard ne l’inquiétait pas.«M.Bouchard est là en ce moment, moi aussi.S’il est réélu, il sera encore premier ministre, et moi aussi», a-t-il dit.Hier, aux Communes, il a rectifié légèrement le tir en disant que l’élection d’un gouvernement fédéraliste à Québec permettrait de «faire avancer les choses comme nous l'avons fait jusqu ’à maintenant».En conférence de presse, il a précisé ?qu’il ne fermait pas la porte à l’enchâssement éventuel de la notion de société distincte dans la Constitution.«On aimerait l’inscrire dans la Constitution mais, pour faire cela, il faut un gouvernement à Québec ouvert à cela.[.] Ce sera très facile si M.Charest est là.À moins qu’il y ait des gouvernements provinciaux qui ne respectent pas l’accord de Calgary.[.] Pour enchâsser, il faut le consentement des provinces et nous, nous sommes prêts.Si les provinces veulent le faire et le Québec veut le faire, ce sera fait», a-t-il répondu, tout en refusant de s’engager à lancer le processus.Au cours des dernières années, M.Chrétien a pourtant su se montrer plus catégorique.Un mois après sa frousse référendaire du 30 octobre 1995, il présentait aux Communes une motion reconnaissant le Québec comme une société distincte.Il expliquait que l’enchâssement d’une clause semblable dans la Constitution devrait toutefois attendre.«J’ai pris l’engagement que nous ne ferions pas de changements constitutionnels sans l’approbation du gouvernement du Québec.Si le gouvernement du Québec changeait d’attitude, je serais prêt à travailler immédiatement pour l'enchâsser dans la Constitution», disait-il le 27 novembre 1995.(C’est nous qui soulignons.) Le 24 septembre 1997, Jean Chrétien amorçait son deuxième mandat en saluant la signature, dix jours plus tôt, de la Déclaration de Calgary.Il soulignait qu’il ne s’agissait pas d’un texte juridique mais se disait prêt à franchir cette étape.«U jour pourrait venir—j'espère qu'il viendra, et il viendra lorsque nous aurons un gouvernement au Québec qui veut travailler dans l'intérêt des Québécois qui veulent resteraii Canada, et c’est la majorité — où il y aura un texte légal ou constitutionnel qui pourra être considéré comme tel», avait-il déclaré.(C’est nous qui soulignons.) Depuis?Depuis Jean Charest a pris la direction du Parti libéral du Québec, gonflant les espoirs du Canada anglais de ne plus avoir à faire face à un référendum sur la souveraineté.Une victoire libérale offrirait ce répit mais forcerait aussi les libéraux fédéraux à respecter leurs engagements.Pour assurer cette conquête, il faut toutefois éviter les bavures coûteuses car, selon les derniers sondages, libéraux et péquistes sont coude à coude.L’entrevue de samedi avait allure de bavure, surtout que rien n’obligeait le premier ministre et son entourage à l’accorder.M.Chrétien et ses conseillers savaient le déclenchement des élections provinciales imminent et ils ne pouvaient ignorer l’effet de ces déclarations parmi l’électorat.Affirmer maintenant le contraire serait l’équivalent d’un aveu de grossière incompétence de leur part.Pourquoi accepter de se livrer alors?Au Canada anglais, la question est sur toutes les lèvres.On parle de gaffe et de faux pas.Voilà qui est difficile à croire.Jean Chrétien ne s’est pas hissé au sommet par accident mais en se montrant rusé et fin politicien.Contrairement aux lendemains du référendum et de la conclusion de la Déclaration de Calgary, les événements ne le forçaient pas à agir ni à se positionner.Sauf s’il tenait à nuire à son allié ou, à l’approche de l’heure de la vérité, à nuancer des engagements qu’il trouve aujourd’hui encombrants.Chrétien cherche-t-il à nuancer des engagements qu’il trouve aujourd’hui encombrants?M 1 Montréal Nuageux avec averses.Max: 11 Min: 8 T É 0 (b p Max: Détails.I N I) K X Annonces .h r> Le monde .A 7 Avis publics.B 7 lxs sports .15(5 Culture .15 8 Montréal .AI5 Économie.15 2 Mots croisés.15 8 Éditorial .A 8 Politique .A (5 Horizons .15 1 Télévision .15!) www.ledevoir.com HORIZONS : ¦ 4 La chronique de Josée Blanchette: Des parasites dans Vim age, page B 1 % %-y ?LE MONDE Belgrade évite pour Vinstant les frappes, page A 7 POLITIQUE Camille Laurin quitte la vie politique, page A 6 Bourque et Québec mettent la CUM en péril, estime Danyluk KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR L> incohérence du maire de Montréal, Pierre Bourque, r et du gouvernement du Parti québécois met en péril la Communauté urbaine de Montréal et les services qu’elle rend à la population, tel le transport en commun.C’est ce qu’a soutenu hier au Devoir la présidente de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), Vera Danyluk.Pour cette dernière, il est primordial que l’avenir de la ré- gion métropolitaine soit mis à l’agenda politique tant dans la campagne électorale montréalaise qui semble se diriger dimanche prochain vers la victoire du maire sortant que lors de la campagne provinciale dont le déclenchement probable s’effectuera aujourd’hui.Sur la scène montréalaise, la situation est d’autant plus importante que Pierre Bourque a déclaré vendredi dernier au Devoir que «la CUM, c’était secondaire», lors de son premier mandat à l’hôtel de ville.«M.Bourque, pour régler ses problèmes financiers, a es- sayé de couper au maximum au niveau du budget de la Communauté urbaine.Ça devient presque ingérable.[.] Us gens demandent des coupures mais, au même moment, réclament le même niveau de service et même de l’augmenter.C’est là où il y a incohérence», a affirmé Mme Danyluk.la présidente de la CUM se montre également très critique face à Québec.«C’est vital que le gouvernement se prononce une fois pour toutes sur l'avenir de la grande région de VOIR PAGE A 10: CUM Des sous pour la planète JACQUES NADEAU LE DEVOIR a- ¦"=**- Sp M' COMME tous les ans depuis 1955, un demi-million d’écoliers québécois deviendront bénévoles le soir de l’Hal-loween et permettront d’amasser plus d’un million de dollars pour les enfants les plus démunis de la planète.Us dons recueillis servent à protéger les droits de millions d’enfants: droit à un nom, une nationalité, droit de manger, de boire de l’eau potable, d’aller à l’école, d’être soigné, de jouer et d’être protégé contre l’exploitation.LES AC T l! A L I T É: S Chrétien nuance ses propos NÀ lire page A 10 / L’Equipe Montréal de Jean Doré est à sec HÉLÈNE BUZZETTI LE DEVOIR Après Nouveau Montréal de Jacques Duchesneau, c’est au tour du parti Equipe Montréal de Jean Doré d’éprouver des difficultés financières.Comme l’a appris Radio-Canada hier, l’agent officiel du parti, Réjean J.Boudreau, serait entré en contact avec certains fournisseurs du parti dont les paiements arrivaient a échéance pour les avertir qu’ils ne seraient pas payés avant les élections de dimanche prochain et pour obtenir d’eux un prolongement du terme des factures.Quelques chèques sans provisions auraient également été émis.Les sommes en cause varieraient entre 20 000 $ et 35 000 $.«J’ai contacté six fournisseurs depuis deux semaines, a confirmé M.Boudreau, le grand argentier du parti, mais c’est dans un processus tout à fait normal.Aucun des fournisseurs d’Équipe Montréal n’a été payé entièrement avant le début du contrat.J’ai négocié avec eux des termes de paiement.Mais c’est sûr que plus la date de scrutin approche, plus les fournisseurs sont anxieux.J’ai passé avec eux du scénario où aucun candidat d’Équipe Montréal n’est élu à celui où on gagnait à 100 %.Si l’un des fournisseurs a décidé de retenir le pire des scénarios et de parler à la presse, je ne le contrôle pas.» Jean Doré a tenté de se faire rassurant quant aux finances de son véhicule politique, déclarant que des chèques qui rebondissent, ce sont «des choses qui se produisent».«Il y a toujours un problème de liquidités dans une formation politique.Des arrangements ont été faits pour permettre d’étaler les remboursements, a rassuré le candidat à la mairie, mais à ma connaissance, tous les employés sont payés, et nos fournisseurs seront payés comme les autres.Il n’y a pas péril en la demeure, on a simplement voulu se faire rassurant.» VOIR PAGE A 10: DORÉ Alberto Fujimori au Devoir Le Pérou est à vendre désir d’ouverture du Pérou à l’investissement étranger est à toute épreuve.Québécor, Cambior, Noranda, Cominco, ils sont tous là à se disputer un morceau de ce Pérou lancé depuis le début des années 90, sur prescription du FMI, dans une immense opération de privatisation des entreprises publiques.Le président permien Alberto Fujimori en redemande, qui se trouve depuis hier en visite officielle ici dans le dessein d’activer le commerce avec le Canada — et de rassurer l’opinion «désinformée» sur ses convictions démocratiques et son respect des droits de la personne.Alberto Fujimori et sa fille sont arrivés hier à Ottawa.Ottawa — À vendre, le Pérou?En janvier dernier, en pleine crise du verglas, Hydro-Qué-bec International remportait à Lima une bataille de soumissions pour la construction d’une ligne de transport de l’électricité de 700 kilomètres dans le centre du Pérou.Un contrat de 240 millions qui venait s’ajouter à la liste de la soixantaine d’entreprises québécoises et canadiennes qui ont aujourd'hui pignon sur rue dans ce pays sud-américain où la guerre contre le terrorisme, dixit le président Fujimori en entrevue au De l’opéra pour chasser les punks des bouches de métro SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR La STCUM n’apprécie pas que des jeunes flânent ou musardent dans les environs immédiats des bouches d’entrée comme de sortie de la station Berri-de-Montigny.Elle n’aime pas cela parce que ses usagers, ses clients, se sont plaints et se plaignent de ces présences, de ces jeunesses qui parfois font la manche, parfois discutent le coup à plusieurs.Alors, que fait la STCUM?Elle se met à l’opéra.Elle diffuse du Mozart.Mozart contre The Exploited.Fallait y penser.Il y a plusieurs mois de cela, au printemps dernier pour être un peu plus précis, la Toronto Transit Corporation surnommée la TTC décida de diffuser Rigoletto, Le Vaisseau fantôme et autres classiques de l’opéra à la station de métro Kennedy en caressant l’espoir d’éloigner les jeunes.On croyait alors, et on croit toujours, que, parce que les punks et les «punkettes» ont des allures, des vêtements de punks, ils n’aiment pas, voire ils détestent, l’opéra.Dans la foulée de ce geste, un quotidien de Toronto, capitale financière du Canada, relate l’expérience.On y apprend que la TEC entend la poursuivre jusqu’en décembre t VOIR PAGE A 10: PUNKS 778313000665 L’armée prend le risque de faire voler les Labrador PRESSE CANADIENNE Ottawa — Après avoir été interdits de vol pendant près d’un mois, les 12 Labrador des Forces armées canadiennes ont recommencé leurs missions de recherche et de sauvetage, hier, même si on ne connaît toujours pas les causes de l’écrasement qui a coûté la vie de six militaires au début du mois d’octobre en Gaspésie.Néanmoins, les équipages qui ne voudront pas voler sur les Labrador en seront exemptés, et ne subiront aucune réprimande.Selon le chef d'état-major de la Force aérienne, le lieutenant-général David Kinsman, il s’agit d’un «risque calculé», puisqu’on ignore les causes exactes de l’écrasement.L’enquête en cours a déterminé qu’il n’est pas attribuable à une erreur de pilotage et qu’il a été si soudain que les pilotes n’ont pas eu le temps de lancer des messages d'urgence.Fn effet, l’hélicoptère s’est désintégré en plein vol.Six militaires sont morts sur le coup dans l’accident, qui s’est produit le 2 octobre dernier à Marsoui en Gaspésie.Ils provenaient tous de )a base de Greenwood, en Nouvelle-Écosse, et ils étaient de retour d’une mission de sauvetage sur la Côte-Nord.Le lieutenant-général Kinsman a dit qu’il est prêt à prendre le risque puisqu’il a pleine confiance dans ses équipes d’entretien et ses équipages.Il a expliqué que s’il avait un seul doute que les problèmes éprouvés par le Labrador qui s’est écrasé puissent se reproduire dans les autres hélicoptères, il continuerait à les interdire de voi.Le ministre de la Défense, Art Hg-gleton, a justifié la décision en évoquant les écrasements du MD-11 de la Swissair et du Boeing 747 de la TWA.«Dans l’aviation civile, chaque fois qu'un Boeing 747 ou un MD-11 s’écrase, on ne retire pas tous ces appareils, même si ça prend des mois et, même des années, pour en déterminer la cause», a-t-il dit à sa sortie de la Chambre des communes.Rapport annuel L’éducation à la citoyenneté nécessite un coup de barre, croit le CSE LIA LÉVESQUE PRESSE CANADIENNE Eduquer à la citoyenneté, rendre les citoyens responsables sont l'affaire du système éducatif, certes, mais aussi de la famille et de plusieurs institutions.C’est le message qu'envoie le Conseil supérieur de l’éducation dans son rapport annuel sur l’état et les besoins, de l’éducation, intitulé cette année Eduquer à la citoyenneté.L’école a toujours joué un rôle important dans la formation du citoyen, mais comme les exigences de la citoyenneté ont changé, les attentes à l’endroit du système éducatif ont elles aussi évolué, souligne le Conseil supérieur de l’éducation dans le document d’une centaine de pages.Un cours d’éducation à la citoyenneté est déjà prévu au programme du primaire et du secondaire en septembre 1999.C’est d’ailleurs à ce niveau que le Conseil recommandait le premier coup de barre.On entend souvent dire que les citoyens se désintéressent de la chose publique, qu’ils se concentrent sur leur vie privée et ne voient l’État que comme un pourvoyeur de services.D’autres observateurs avancent que la participation des citoyens a simplement pris d’autres formes.Le Conseil supérieur de l’éducation s’est donc interrogé sur le rôle que pouvait jouer le système scolaire dans l’éducation à la citoyenneté.D’abord et avant tout, le Conseil plaide pour que l’éducation à la citoyenneté se fasse du primaire à l’université, une sorte de formation continue.Apprendre la tolérance, s'engager socialement, exercer un jugement critique, prendre publiquement la parole, accepter les différences, travailler en groupe, voilà autant de façons d’éduquer à la citoyenneté.L’école peut enseigner ces habiletés par exemple en privilégiant les activités en groupe, en instituant des projets qui apprennent aux jeunes la solidarité internationale, l’entraide ou la protection de l’environnement.L’éducation à la citoyenneté relève aussi des instances municipales, syndicales, politiques et sociales.Même le mouvement des scouts et guides ou les Maisons de jeunes forment à la citoyenneté en inculquant des valeurs comme la solidarité, l’entraide, l’utilité sociale.Reste que «c'est d'abord dans la famille que se construit la notion de citoyenneté chez un individu», signale le Conseil supérieur de l’éducation.Le nouvel ordre mondial économique et politique place cette éducation à la citoyenneté dans un contexte différent d’il y a plusieurs années, «lu pleine citoyenneté ne peut plus être considérée sans référence aux problèmes de pauvreté, de chômage et d'exclusion qui marquent fondamentalement le rapport qu’entretiennent les individus les uns avec les autres et avec l’Etat», écrit le Conseil.Les chartes protègent davantage les droits, certes, mais il y a moins de ressources qu’avant pour en garantir l’application et l’Etat se retire de plusieurs champs qu’il occupait auparavant, note le Conseil.63-5229 Québec 4,25 % la première année 5,00 % les 18 premiers mois • Encaissables en tout temps, sans pénalité même durant les trois premiers mois; • taux d’intérêt minimum garanti jusqu’au 31 octobre 1999; • intérêt calculé sur une base quotidienne; • capital garanti sans limite par le gouvernement du Québec.• Remboursables deux fois par année, tous les six mois; • taux d’intérêt garanti jusqu’au 30 avril 2000; • capital garanti sans limite par le gouvernement du Québec.Pour vous procurer nos obligations, appelez sans frais un de nos agents d’investissement dès aujourd’hui au 521-5229 pour la région de Québec ou au 1 800 463-5229, du lundi au vendredi, de 8 h à 20h, et tous les samedis du 10 octobre au 21 novembre inclusivement, entre 9h et 17h.Appelez-nous dès maintenant! 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PLACEMENTS QUÉBEC Notre intérêt à tous www.plDcemenfsqc.gouv.qc.ca ‘Taux fixé pour l'émission du 1" novembre 1998 Le loux applicable sur l'émission du I" décembre 1998 sera annoncé le 2 novembre prochain.4 i.!•: i) !•: v (tin, i.!•: m k r c i: k hi 2 « 0 c t 0 1$ r k i it it s A 3 -?LE DEVOIR —3- MONTREAL Grogne au pavillon Saint-Luc du CHUM À la veille d’un vote sur le développement du CHUM, les tensions se font à nouveau sentir chez les employés.À Saint-Luc, on craint d’être relégué au second plan, alors que se redessine les vocations à l’intérieur du nouveau centre universitaire.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR La grogne couve chez les employés du pavillon Saint-Luc du CHUM, dont le conseil d’administration doit faire son nid ce soir sur le projet de construction d’un centre ambulatoire à l’Hôtel-Dieu et de modernisation des pavillons Saint-Luc et Notre-Dame au coût de 457 millions.Hier, les salariés de Saint-Luc, qui sont les seuls du CHUM à être affiliés à la CEQ, sont descendus dans la rue pour exprimer leur colère de n’avoir été guère consultés sur cet important plan de réorganisation clinique.Plus que jamais, le pavillon Saint-Luc craint d’avoir a jouer les seconds violons dans la nouvelle répartition des responsabilités au sein du CHUM.«Le centre ambulatoire sera à l’Hôtel-Dieu, et Notre-Dame, qui est considéré comme le vaisseau amiral, devient de plus en plus le site principal pour certains soins comme la cardiologie.Qu'arrivera-t-il de Saint-Luc?On ne doit pas devenir un pavillon de deuxième classe», a soutenu hier Mme Lorraine Pagé, présidente de la CEQ.De l’avis de Jean-François Racine, président du syndicat des salariés de l’hôpital Saint-Luc (SSHSL), seuls les médecins ont eu leur mot à dire dans ce plan.«Ce plan de réorganisation vise essentiellement à satisfaire les médecins pour éviter leur désertion», dit-il.Les employés, eux, ont toujours très peu d’informations sur l’impact qu’auront les déplacements de services médicaux sur leurs emplois.La formation requise pour replacer plusieurs catégories de personnel est aussi passée sous silence dans ce plan, déplore le syndicat.«Nous nous attendons à ce que la direction prenne des engagements à l’égard de la formation.Il ne faut pas seulement de l'argent pour du béton, mais aussi pour le recyclage de tout le personnel qui sera frappé par cette opération», affirme Mme Pagé.L’avenir de plusieurs postes demeure en suspens.Des postes non comblés ne font toujours pas l’objet d’affichages et le regroupement des buanderies au pavillon Saint-Luc, qui devait se faire dans la foulée de la fusion des hôpitaux Notre-Dame, Saint-Luc et Hôtel-Dieu, traîne maintenant de la patte, déplore le syndicat.Di CEQ s’inquiète aussi du fait qu’une forte proportion du financement du projet du CHUM repose sur des inves- tissements privés.On prévoit recueillir 90 millions de partenaires du secteur privé et 75 millions par le biais de dons faits à la fondation du CHUM.Qu’adviendra-t-il de ces plans si on ne parvient à atteindre ces objectifs?s’interroge la présidente de la CEQ.«On compte sur des fonds du privé pour financer ce que l’Etat ne finance plus.Mais le privé ne doit pas conditionner les choix du public.Tout cela mérite d’être clarifié», tranche-t-elle.Toutes ces questions risquent donc d’être soulevées, ce soir, lors de la séance du conseil d’administration du CHUM.Les employés de la CSN, eux, avaient déjà émis des réserves sur le plan de la direction et favorisent plutôt un rehaussement du budget de fonctionnement plutôt que la concentration des activités ambulatoires dans le seul pavillon Hôtel-Dieu.lxjs médecins devraient pour leur part voter en faveur de ce projet, qu'ils ont promis d’appuyer à la condition que les investissements requis soient versés.Taxation des pourboires Les travailleurs de la restauration exigent le retrait de la loi 161 LE DEVOIR & H L) Association des travailleurs de la restauration et de ’ l’hôtellerie demande la révocation de la loi 161 sur la taxation des pourboires et propose aux partis politiques de prendre position dans ce dossier pendant la campagne électorale.Le président de l’ATRHQ, Claude Dufour, souligne que le véritable débat n’a pas eu lieu et qu’on se dirige droit sur l’impasse.«La loi 161 ouvre la porte à des cotisations établies sur des moyennes.Mais pendant trois ans, le fisc pourra revenir en arrière et ça n’a pas de sens.80 % des employés à pourboires sont des femmes et il ne s’agit pas du tout de gens nantis.» Il estime à 90 000 le nombre total des employés à pourboires au Québec tandis que 80 % d’entre eux 11e gagnent que de 10 (XX) $ à 20 (XX) $ par an.Pourtant, 26 (XX) de ces employés ont cotisé en moyenne 8 % depuis janvier.Selon lui, des problèmes vont surgir car il n’y aura plus de crédit d’impôt accordé aux restaurateurs dans deux ans et la crise va s’installer à demeure pour ces employés, car les employeurs ne voudront pas déduire ces frais de leurs revenus.«Pouvons-nous trouver une façon correcte de taxer qui va tenir compte d’un revenu non assuré?Iss pourboires proviennent d’une foule d'individus qui n’assurent pas ce revenu aux employés par contrat.C’est exceptionnel comme situation.» Pour lui, le statut fiscal de l’employé à pourboires n’a pas été défini.Il n’y a que 20 % de ces employés «qui gagnent bien leur vie», c’est-à-dire qui gagnent de 30 000 $ à 40 000 $ précise-t-il, et on fait comme s’ils obtenaient un salaire du point de vue fiscal en présumant d’une moyenne.Le président de l’ATRHQ n’accepte pas que le fisc, qui prélève déjà 400 $ par mois, puisse imposer l’employé de façon rétroactive sur une période de trois ans.Il s’agit d’une taxation à 8 % qui sera ajustée.«Les gens ne se rendent pas compte», dit-il.«Comment expliquer que la loi 161 se soucie de l’aspect financier des entreprises mais qu'elle ne prévoit rien pour les employés à pourboires?» En fait, l’ATRHQ se dit d’accord pour l’établissement d’un taux fixe sur la facture mais pas pour que ce taux soit rogné par l’employeur.Si le taux était fixé à 15 %, il n’y aurait pas de problème, laisse savoir le directeur de l’association.Mais le plus souvent, on parle de 12 % et l’administration retient souvent 5 %, comme au Centre Molson.«On ne veut pas être les seuls à payer en Amérique», dit-il.Si on fait remarquer que la restauration à Montréal ressemble souvent à la restauration européenne et qu’on pourrait implanter ce modèle de déduction à la source, il ne s’oppose pas.Pour lui, ce sont les restaurateurs qui s’opposent à cette formule.«Ça devient un bien taxable.» En mai, une série de manifestations s’étaient tenues à Montréal, à Québec, à Jonquière et à Rouyn, au cours desquelles 5000 employés à pourboires s’étaient retrouvés dans la rue.Faut-il faire un geste d’éclat, se demande Claude Dufour, pour que le problème soit réglé dans une transition réaliste?péft 04*1 n ou ( l} Pinfn itinn ' .Y rl’Avicmnn • Claude l.évesquo : ù l'inform >;• publique Ki,'rre O'Neill.Maitiin Cornellier (c«rrrspHwdn«tr/lorfrmcH/nirr d Couder Martine'! )ubë tiî/'rrn^rfMhinienhSeau Marie-Hélène Marie b—àa«doc ttonPOjtoTnrÿnRainville.Micheline Ruelland.Alexandre Leduc (publicitaires).Genevieve Landry.Sylvie Laporte, Micheline Turgeon ; Fnm-ci,u- ( ueUPKI >1)1 ICTK>N Joceha, Arsenault' ti Jeteur des approvisionnements, distribution et'Production).Marie-Franc- Turpeon (iresponsable de là production).Claudine Bédard Philippe Borne.Johanne Brunet Danielle Cantin-a Cl ristian Vien OIMerZuirla.SERVICE À IA CuWl-E Johanne Brien (responsable).Evelyne L,honte (responsable à la promotion des abonnements).Manon Blanche,tel urcotte Monique Heureux, Use Nicole (arm, I (responsable des services w“/ex)!JcinniMl’Arc Houde (secrétaire A U, direction) ; Céline Furoy.Patrick Inkol (contrôleur), Ghislaine Lalleur, Danielle Nantel (secrétaire administrative).Nathalie Perner.Danielle Ponton.Dantelle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Marcel Coûter, (près directeur général).(président).Roger Boisvert (vice-président executif et La réélection d’un maire «vacuum» Le triomphe de Bourque fait de Montréal une ville en déclin sans défense * A K) I.E I) E V 0 I It , I.E M E li 8 -?LE' ?-—- ACTUALITES CUM SUITE DE LA PAGE 1 Montréal.Ça prend une vision claire avec des éléments de solution concrets.On nage toujours dans des choses très nébuleuses.Il y a un fossé énorme entre le discours et les gestes», estime Mme Danyluk.De fait, le premier ministre Lucien Bouchard a créé le ministère d’Etat à la métropole dans l’objectif clair de mettre en place la Commission de développement de la métropole comme levier de la relance de la région montréalaise.Malgré une année de consultations et des déchirements régionaux, le gouvernement Bouchard a fait volte-face alors que la Commission devait voir le jour en juin 199(5.Ce changement de cap avait été motivé par l'urgence financière à Montréal, le ministre responsable, Robert Perreault, misant plutôt sur la fusion des trois sociétés de transport de la région.Mais encore là, le projet a été abandonné.M.Bouchard a par ailleurs dit en décembre dernier vouloir tenir un sommet socioéconomique montréalais au cours d'un éventuel deuxième mandat.La prochaine bataille électorale pourrait permettre de préciser ses intentions concernant la métropole.Il en va ainsi pour l’engagement de 1994 de conclure un pacte fiscal avec la Ville de Montréal.Depuis quatre ans, la plus grande ville du Québec a dû se contenter d’une aide ponctuelle.Le printemps dernier, un soutien provisoire de trois ans d’un total de 1(50,8 millions a été accordé à Montréal, qui doit en contrepartie se soumettre à un régime surveillé de ses finances.Le pacte promis attendra la réforme globale de la fiscalité municipale à l’étude depuis quelques semaines et devant conduire à des changements en 2001.D’ici là, l’administration Bourque déverse ses problèmes budgétaires — pour 1999, l’impasse est d’au moins 70 millions — sur la CUM.La CUM sert-elle de bouche-trou budgétaire aux villes, dont Montréal?«Je dois dire oui, a reconnu Mme Danyluk.Ce serait mentir que dire autre chose.Avec la réforme Trudel [transfert de 375 millions aux municipalités du Québec], c’est la CUM qui a écopé et non pas les municipalités.» La CUM est aux prises avec un casse-tête de 65 millions dans l'élaboration de son budget pour 1999.Le transport en commun constitue l’une des voies pour résorber le problème.Du coup, les usagers des services d’autobus et de métro pourraient bien subir une augmentation des tarifs dès janvier prochain.Depuis trois ans, la carte autobus-métro (CAM) est passée de 43,50 $ à 45 $ et le passage à l’unité a été haussé de 10 é.Ce scénario prendrait en compte le gel des quote-parts des 29 municipalités membres de la CUM.Vera Danyluk privilégie plutôt une augmentation de la participation financière des villes, sans laquelle le niveau de services (police, transport en commun et environnement) risque d’être affecté.Un affrontement pourrait ainsi éclater.«Si on est logiques et cohérents avec nous-mêmes, il faudrait hausser les quote-parts.Si on ne veut pas le faire, il faut que le gouvernement trouve un moyen pour venir en aide à la communauté urbaine», a indiqué Mme Danyluk, qui rappelle que les citoyens de l’île de Montréal paient une double facture pour le transport scolaire et les services socialisés de police.En septembre dernier, au moment où il était mis au courant de l'ampleur de l’impasse budgétaire de la CUM, le ministre des Affaires municipales, Rémy Trudel, affirmait qu’il était hors de question que le gouvernement intervienne dans le dossier.Il lançait même un avertissement aux élus de la CUM, indiquant que les contribuables devaient être épargnés.«Im voie à suivre, c’est la réduction des dépenses.Il ne faut pas alourdir le fardeau fiscal des gens.On n'est pas dans une situation où on peut demander davantage», avait-il déclaré.Les travaux du comité du budget, qui devaient démarrer le mois dernier, ont été stoppés compte tenu des élections municipales en cours, notamment à Montréal.Le dépôt du budget, qui doit s’effectuer à la mi-novembre, pourrait être retardé selon les résultats du scrutin du 1er novembre.Vera Danyluk croit que la possibilité de l’élection d’un conseil municipal minoritaire risque de brouiller les cartes à la CUM où Montréal doit nommer les membres du comité exécutif.La CUM pourrait toutefois demander le report du budget en janvier 1999, ce que lui permet la loi lors d’une année électorale.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir-, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique Pour l'agenda culturel La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3551 (514) 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0858, Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.Chrétien affirme qu’il y a place à amélioration dans le dossier constitutionnel HUGUETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE Ottawa — Passant à l’attaque, le premier ministre Jean Chrétien a déclaré hier que la porte n’était pas fermée au renouveau constitutionnel.«Lorsque nous aurons un gouvernement fédéraliste qui croit au Canada et non pas un gouvernement séparatiste, nous pourrons faire avancer les choses comme nous l’avons fait jusqu'à maintenant, malgré l’opposition des bloquâtes et des péquistes au cours des cinq dernières années», a souligné M.Chrétien, hier, aux Communes.Le premier ministre estime que son gouvernement a réalisé des «progrès considérables», mais que la présence d’un gouvernement péquiste à Québec pose des obstacles au changement.A cet effet, il a noté que le Bloc s’opposait à la Déclaration de Calgary qui propose entre autres la reconnaissance du «caractère unique» du Québec et «l’égalité des provinces».Défendant sa stratégie des petits pas, le premier ministre a noté que l’accord constitutionnel de Charlottetown «avait abouti à un désastre».«Tandis que nous, nous avons pris un problème à la fois», a-t-il enchaîné en parlant du dossier de la formation de la main-d’œuvre et de la création des commissions scolaires linguistiques.Pour M.Chrétien, le Parti québécois et le Bloc québécois cherchent à attiser les querelles fédérales-provinciales à la veille de la campagne électorale.«Ce que je voudrais dire, c'est que le Parti québécois et le Bloc québécois ne veulent pas parler de la mauvaise administration qu’ils ont donnée aux Québécois, a-t-il lancé.Ils veulent essayer d’avoir des querelles avec le fédéral plutôt que de parler du désastre qu’ils ont créé au Québec, dans la santé en particulier.» Se portant à la défense de son chef, le ministre des Affaires intergouvemementales Stéphane Dion a énuméré une liste de changements importants, dont l’adoption aux Communes de la résolution sur la société distincte, en plus de mettre fin aux «astuces et virages» des forçes souverainistes.A la suite d’une entrevue controversée de Jean Chrétien en fin de semaine susceptible de nuire aux libéraux de Jean Charest, les conservateurs avaient imploré M.Chrétien d’observer la loi du silence pendant la durée de la campagne électorale au Québec.Au contraire, les bloquâtes, eux, ont tout intérêt à acculer M.Chrétien au pied du mur, a laissé entendre le chef bloquiste Gilles Duceppe.«Notre intérêt, c’est de faire sortir la vérité», a-t-il admis.«Ça serait un peu aberrant d'attaquer Jean Charest ici, a-t-il poursuivi au cours d’un point de presse.Il ne siège pas ici.M.Bouchard s'occupera certainement de Jean Charest.Nous on est à Ottawa et celui qui est en face de nous, il a les mêmes initiales, il pense un peu à la même chose mais il s’appelle Jean Chrétien.» Interrogé par les journalistes, M.Duceppe a reconnu qu’il y avait eu des «améliorations» au niveau des revendications du Québec, mais il en donne le crédit aux forces souverainistes.«Oui, parce qu'il y a un bon rapport deforce.Quand ils ont leur homme à Québec, ça n’avance pas.» Quant à l’enchâssement de la société distincte dans la Constitution, M.Duceppe a dit ne pas croire à cette solution.Lors d’une entrevue accordée à Im Presse en fin de semaine, M.Chrétien disait que son gouvernement avait satisfait en gros aux demandes traditionnelles du Québec.L’enchâssement du concept de la société distincte dans la Constitution, quoique «préférable», n’est pas une nécessité, avait-il dit.Pour sa part, le chef de l’Opposition officielle, Preston Manning, a dit souhaiter que le premier ministre affiche clairement ses couleurs en reconnaissant «le besoin d’une réforme fondamentale du fédéralisme.» REUTERS LE SOCIAL DEMOCRATE Gerhard Schroeder a pris place sur le fauteuil du chancellier peu après son entrée officielle au parlement, hier.Schroeder, le septième chancellier en Allemagne depuis la fin de la guerre, veut créer un «nouveau début» pour son pays.PÉROU SUITE DE LA PAGE 1 Devoir hier à Ottawa, «est complètement et totalement gagnée».Cette nouvelle «stabilité» péruvienne — et sur laquelle compte bien tabler le président péruvien pendant sa visite de quatre jours qui le mènera d’Ottawa à Toronto et à Calgary —, les gens d’affaires canadiens sont prêts à y croire, eux qui, si tout va bien, s’attendent à tripler d’ici six ans leurs investissements au Pérou à plus de cinq milliards de dollars américains, surtout dans les secteurs des mines, de l'énergie et des télécommunications.Dans le seul secteur minier, où le Pérou est immensément riche, le Canada contribue déjà près de 40 % du financement et de la technologie.A vendre, le Pérou?Les indications sont probantes.Ce qui qualifie le Pérou au titre de belle réussite d’ajustement macro-économique.Depuis l’arrivée de M.Fujinjori au pouvoir en 1990, près de 200 des 235 entreprises d’Etat ont été privatisées et l’inflation a été ramenée des 7000 % qu’elle était au milieu des années 80.à environ 10 % aujourd’hui.Ce qui n’empêche pas que des rues de Lima aux montagnes andaises, le chômage et la pauvreté chronique constituent toujours le lot de la majorité des 23 millions de Péruviens.«Nous nous attendons à ce que la croissance de l'économie produise des bénéfices pour la population», affirme M.Fujimori.Quand?«Cela, dit-il, est une question complexe.» Fils d’émigrés japonais, M.Fujimori est surnommé El Chino (le Chinois) par ses compatriotes qui, à défaut pour le moment de sortir de la misère, lui sont au moins reconnaissants d’avoir rétabli un certain ordre et une certaine sécurité dans le pays en les sortant d’une guerre civile qui a fait 30 000 morts en quinze ans.Ses détracteurs, eux, l'appellent Chinochet, par allusion au général chilien Augusto Pinochet — pour avoir procédé, avec la bénédiction de l’armée, à YuuUrgolpe (autocoup d'Etat) de 1992 — et ils l’accusent d’avoir institué depuis huit ans au Pérou une didablaiula (une dictature douce).M.Fujimori n’en a cure, estimant avoir fait faire un pas immense au pays en venant à bout des vieilles guérillas du Sentier lumineux et du Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA).Une guerre civile qui a fait 30 000 morts en quinze ans.«Si j’ai la mano dura [la main ferme], affir-me-t-il sur un ton affable, c’est uniquement contre le terrorisme.J’ai agi avec fermeté dans la crise des otages [libérés en avril 1997 de l’ambassade du Japon à lima].C’était la seule chose à faire.Des gouvernements avant le mien, dotés d’une réputation plus démocratique, n’ont pas été capables d’abattre le terrorisme.Ils n’ont rien fait.» L’électorat semble lui avoir donné raison en le réélisant en 1995 pour un mandat de cinq ans.Ses détracteurs, justement, l’accusent d’avoir appliqué cette mano dura à l’ensemble de la société péruvienne en Selon la loi, tous les partis politiques disposent de 60 jours après la journée du scrutin pour rembourser toutes leurs dépenses.L’agent officiel doit de son côté ouvrir les livres de la formation 90 jours après les élections.Ces révélations font suite aux multiples revirements qu’a fait subir Jean Doré à sa campagne électorale au cours des derniers jours en évoquant son possible retrait de la course à la mairie jeudi dernier, pour ensuite écarter cette possibilité devant l’insistance de ses troupes afin qu’il termine la campagne, et font suite au refus de Jacques I Ju-chesneau et de Mich.el Prescott de former une quelconque coalition avec Equipe Montréal pour empêcher la réélection de Pierre Bourque.Le financement a été particulièrement difficile pour cette élection municipale alors que quatre grands partis se sont battus pour les mêmes bailleurs de fonds.Et avec le déclenchement des élections provinciales qui de- intimidant la presse et l’opposition, en emprisonnant injustement des milliers de personnes pour activité terroriste, en faisant juger des civils par des tribunaux militaires, en permettant que l’armée et les services de sécurité pratiquent la torture.Des faits qui ont été documentés ces dernières tinnées par les journaux péruviens et par des organismes comme la Fédération internationale des droits de l’homme et le Comité des droits de la personne de l’ONU.«C’est complètement faux», réplique M.Fujimori qui, face à ces accusations, plaide des «progrès substantiels» de son gouvernement au chapitre des droits de l’homme, dont même Amnisty International, dit-il, a pris acte.«Dans la lutte antiterroriste, des erreurs ont été commises, je le reconnais.Des innocents ont été emprisonnés, mais des centaines ont été libérés ces dernières années.Nous nous employons à réparer ces erreurs.Et la loi antiterroriste a été allégée.Six cent cinquante personnes sont “disparues" en 1991 — pas une seule l’année dernière.S’il y a des violations des droits humains, ce sont des cas isolés dont l’État n’est pas responsable.Mais l’opposition et les ONG gonflent l’affaire.C'est de la désinformation.Im réalité péruvienne n’est pas du tout ce que l’on en dit.» Autant M.Fujimori récuse les reproches qu’on lui fait au chapitre des droits de l’homme, autant il rejette l’idée que l’on puisse penser que son gouvernement civil est pieds et poings lié à l’armée.Une armée qu’il se vante d’avoir renvoyée à ses baraques, bien que deux ministères — deux de la Défense et de la Sécurité publique — soient aux mains de généraux.«Normal», dit-il.Cela n’altère pas la réalité, affirme-t-il, que «le Pérou est le pays en Amérique du Sud où l’armée joue le moins grand rôle».D’ailleurs, il s’attend à ce que ce rôle diminue davantage suivant la signature, avant-hier à Brasilia, d’un accord avec l'Equateur qui met fin à un conflit frontalier cinquantenaire.Des sommes budgétaires libérées à la Défense par le règlement de ce différend, il promet d’en consacrer «une partie ata programmes sociaux».Alors, un démocrate ou un autoritaire, cet Alberto Fujimori?Un «démocrate entier», assure-t-il, mais aussi un pragmatique, comme il l’a toujours répété.Ainsi, il ne croit pas qu’un gouvernement violant les libertés fondamentales devrait faire l’objet de sanctions commerciales («Je suis contre l’embargo contre Cuba»), Il ne croit pas non plus que le général Augusto Pinochet devrait être extradé et jugé en Espagne («C’est aux Chiliens de le juger s’ib le veulent.»).Ce qui n’exclut pas enfin que M.Fujimori, qui vient d’avoir 60 ans, décidera d’être candidat en l’an 2000 à un troisième mandai présidentiel malgré l’énorme passe-droit constitutionnel que cela implique.Sa popularité est actuellement faible dans les sondages, mais l’opposition est très divisée.Pour le moment, il ne se dessine pas au Pérou une vie après le fujimorisme.vrait avoir lieu aujourd’hui, l’argent risque d’être détourné vers les formations politiques provinciales.Pour Equipe Montréal, le défi consistera donc à récolter 20 % ou plus des votes dimanche, ce qui permettrait au parti d’obtenir le remboursement de ses dépenses électorales à hauteur de 50 %.Dans le dernier sondage, Jean Doré n’obtenait que 17,9 % de intentions de vote, derrière Jacques Duchesneau à 18,2 %., Les difficultés financières d’Équipe Montréal ne sont pas sans rappeler celles auxquelles fait également face le parti Nouveau Montréal de Jacques Duchesneau et dont les médias ont fait état il y a deux semaines.Certains fournisseurs n’avaient pas encore été payés, même si, selon M.Duchesneau, le paiement respectait des délais de 30 ou 60 jours «comme n’importe quelle compagnie».Jean Doré avait alors fait ses choux gras des difficultés financières de son adversaire en déclarant que «si M.Duchesneau est incapable de gérer son parti, ça augure mal pour la gestion de la Ville».PUNKS SUITE DE LA PAGE 1 prochain.Des membres de la STCUM, ainsi que l’a indiqué Odile Paradis, porte-parole de cette société, lisent l’article.L’expérience les séduit.Alors, tout naturellement ils ont décidé d’y faire écho.De sorte que depuis quelques jours on peut entendre de l’ouverture à la fermeture du métro du Verdi, du Wagner ou on ne sait trop qui à un volume d’autant plus élevé que cette expérience, on entend la poursuivre afin d’atteindre deux objectifs: «Réduire le fanage dans et autour de l’édicule et mettre de l’ambiance», a confié Mme Paradis.On a fait ceci, on fait cela, parce qu’on tient mordicus à ce que le métro reste et demeure un lieu de passage, «un lieu où l’on se déplace.On veut éviter les embouteillages».Pendant deux mois, les deux prochains mois, on va donc diffuser les petits airs chantés pour favoriser la fuite des jeunes et égayer le coco du prolo, du bourgeois et de l’entre-deux.En attendant le terme de cette expérience, les jeunes apprécient.Patrick Langlois est travailleur de rue.Le centre-ville est son territoire.Et alors, la jeunesse «pun-kette», l’opéra, elle aime?«Pour eux, c’est une occasion de découvrir une nouvelle musique.Ils m’ont dit qu’après tout c’était de la musique comme une autre.Ça n’a pas d’effet.Et je ne pense pas qu’il y en aura.De la part de la STCUM, c’est une stratégie comme une autre.Ça doit être un de leurs élans créatifs.» Dans les faits, si l’on en croit Patrick Ianglois et René Charest, permanent du Regroupement d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), la STCUM ainsi que l’UQAM, l’université populaire, le SPCUM et les agents de sécurité du terminus Voyageur s’entendent et veulent plus que jamais «pousser les jeunes en dehors du quadrilatère Bleury, Berri, Sherbrooke et IJvesque».De cette histoire d’opéra, «vous pouvez remonter ata choix sociaux qui sont faits par ces quatre instances.Im chasse ata jeunes, c’est rien de moins qu’une chasse ata sorcières».La STCUM a opté pour l’opéra, l’UQAM a tout fait pour acquérir la place Pasteur rue Saint-Denis «parce qu’elle voulait chasser les jeunes qui se tiennent là», les agents de sécurité du terminus et ceux de la STCUM, «surnommés les “simili-poulets"», n’arrêtent lias «d’interpeller les jeunes», pendant que les «policiers resserrent la vis plus que jamais».Pour Patrick Langlois comme pour René Charest, tout cela, de l’opéra à l’interpellation, fait partie ou doit être mis sur le compte de la «judiciarisation» des jeunes.Il est clair, «qu’ily a actuellement une volonté de répression».lînervées ou échaudées par la présence des jeunes dans ce quadrilatère, les institutions nommées «tiennent tellement à les pousser dehors qu’un plus grand nombre d’entre eux se retrouvent en prison».Et ce qu’on ne comprend pas, «c'est que tout cela fait l'affaire des réseata criminalisés qui les récupèrent à leur sortie de prison.Ces réseaux les aiment jeunes et naïfs».Le mécanisme inhérent à cette «judiciarisation», terme qu’utilisent toujours ces travailleurs de rue, est grosso modo le suivant: un jeune fait par exemple du squeegee.Comme cela est interdit, on lui colle une contravention.Il n’a pas d’argent.Alors, il l’abandonne dans une poubelle ou dans le caniveau.Il reste dans le coin.Il se fait coincer parce qu’il écoute de l’opéra.L’agent constate qu’il n’a pas payé.Et hop! La «judiciarisation» commence assortie d’une interdiction de séjour dans le quadrilatère, d’où d’ailleurs le qualificatif suivant: «les quadrilatères».Et des «quadrilatères», on en a «de plus en plus», a souligné Patrick Langlois.Ce qui pose, ce qui annonce un autre problème: une augmentation de VIH au sein de cette population.Comment cela?«Cactus [NDLR: organisme où l’on donne des seringues] est situé en plein cœur du quadrilatère.Ceux qui se piquent et à qui on vient d’interdire la présence dans le coin ont parfois tellement peur de se rendre à Cactus qu’ils prennent des risques qu’on pourrait éviter.» Pour Patrick Langlois comme pour René Charest, l’initiative prise par la STCUM «est désespérante.Parce que la réalité, la situation faite aux jeunes est catastrophique.Totalement chaotique».Les Franco-Ontariens en péril Ottawa (PC) —Assimilation, exode des résidants, vieillissement de la population, faible taux de natalité.La minorité francophone de l’Ontario fond comme neige au soleil, à une vitesse qui s’accélère.les pires craintes des défenseurs du français en Ontario semblent se vérifier dans les chiffres de Statistique Canada, tirés du dernier recencement: des pressions s’exercent sur tous les fronts sur les Franco-Ontariens, qui sont de moins en moins nombreux à résister, même dans les bastions francophones comme Prescolt-Russell et le Nord-Est de l’Ontario.Résultat: entre 1991 et 1996, l’Ontario a perdu 3650 francophones, une baisse de près de un pour cent.Iœs 499 700 Franco-Ontariens ne forment plus que 4,6 % de la population totale de la province.Mais ce 4,6 %, qui inclut toutes les personnes de langue maternelle française, cache une réalité encore plus sombre: les statistiques démontrent que 39 % des francophones sont assimilés ou en train de le devenir, puisqu’ils utilisent désormais l’anglais plus souvent que le français à la maison.L’anglicisation a augmenté de 2 % en cinq ans, un signe que la minorité francophone devient de plus en plus minoritaire, à un moment où les Franco-Ontariens se battent pour conserver leur seul hôpital universitaire.Est-il temps de tirer la sonnette d’alarme?DORÉ SUITE DE LA PAGE 1 ?D1C
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