Le devoir, 31 octobre 1998, Cahier B
L E I) E V (I I It , I.E S S A M E 1) I Al 0 C T 0 B B E E T I) I M A N ( Il E I X 0 V E M B B E I II !» 8 ».K ?LE DEVOIR - DOSSIERS 20 ANS D’ADISQ ET APRÈS?PAGE B 3 PEUT-ON TOUCHER UENTOUCHABLE?PAGE B 12 CINÉMA page B 5 THÉÂTRE page B 8 DISQUES page B 10 officielle.Est-ce le début de la fin?ANNE SYLVESTRE AU COUP DE CŒUR FRANCOPHONE PAGE B 4 Avec l’arrivée du millénaire, l’opéra fêtera son 400e anniversaire puisqu’on s’entend sur le 20 décembre 1600 comme date de sa naissance Ou le contraire?MAURICE TOURIGNY New York — En 400 ans, l’opéra a connu de nombreuses transformations; des drames mythiques dominés par le récitatif et la poésie joués par des orchestres de chambre aux délires orchestraux du romantisme écrits pour des voix quasi surhumaines, en passant par la création de l’opéra bouffe et l’apparition des narrations brisées du mouvement minimaliste, les structures de l’opéra n’ont cessé d’évoluer.Malgré ce mouvement constant, il se trouve bien des commentateurs pour claironner la mort de l’opéra.Combien de fois entendra-t-on et lira-t-on encore que le drame chanté s’est éteint avec Berg et que le reste n’est que muséologie?Les croque-morts de la musique peuvent se rasseoir: l’opéra est plus vivant que jamais; aux États-Unis, l’essor qu’a pris l’opéra au cours des 20 dernières années est sans précédent dans la vie musicale américaine.Un nouvel âge d’or Plus que jamais, nos voisins du Sud remplissent les salles des théâtres, ils achètent les disques de leurs chanteurs préférés, ils lisent sur l’histoire de l’opéra, sur les compositeurs et sur les chanteurs dont les biographies se multiplient chaque semaine.Les vidéos d’opéra ont maintenant droit à leur propre secteur chez les grands vendeurs.L’opéra a fait des pas de géant pour trouver son public aux Etats-Unis, surtout lorsqu’on considère qu’avant la création du Metropolitan (Met) de New York en 1883, il n’existait qu’une poignée de troupes concentrées sur la côte Est du pays.La mentalité puritaine de l’Amérique voyait d’un mauvais œil ces histoires d’adultère, de trahison et de meurtres qui remplissent les pages des livrets italiens et français.A quoi attribuer cet «âge d’or» de l’opéra amorcé il y a à peine quelques décennies?D’abord, il faut bien reconnaître le travail d’éducation accompli par le Met.Les chanteurs, les chefs d’orchestre et les administrateurs des théâtres ne cessent de le répéter: les radiodiffusions du samedi après-midi en direct du Metropolitan ont amené dans des millions de foyers un art jusque-là inconnu de la population.Combien de chanteurs américains racontent qu’ils n’avaient jamais vu d’opéra avant leurs débuts professionnels.Une fois les voix et la musique entrées dans les salons américains, l’établissement de troupes aux quatre coins du pays allait presque de soi.Ici, on languit.Le monde de l’opéra est partout en crise, financière surtout.Fermeture du Royal Opera House de Covent Garden; plan de refinancement imposé en Allemagne; contestation de budget en France; fermetures aussi en Italie.L’opéra, on veut bien y aller, mais pas payer.Et ici?FRANÇOIS TOUSIGNANT Au Canada, la situation est tout aussi critique.L’Opéra de Montréal (OdM) semble faire cavalier seul, unique maison qui, bon an mal an, boucle son budget.Edmonton et Victoria vivent avec une épée de Damoclès sur la tête, Ottawa tente de redonner vie à une activité autrefois prospère et à Toronto, grâce à son formidable pouvoir d’attraction, la Canadian Opera Company (COC) réussit a vivre malgré un déficit dépassant les quatre millions.On va même y construire une nouvelle salle spécialement dédiée à l’opéra, espérant que, quittant les murs du O’Keefe Centre, les efforts déployés pour revivifier l’ardeur du public ser'ont récompensés.En opéra, toute chose a un prix.La pianie du moment, c’est la manne des abonnements.À l’OdM, ceux-ci sont en hausse.Son directeur table sur des productions visuellement neutres, facilement exportables vers d’autres petites scènes, et mise sur le goût d’un public pour la chose connue.Comme il l’a déjà déclaré; «à l'OdM, on fait des mises en scène modernes avec des décors conventionnels».À Toronto, on vise le prestige, histoire d’attirer les mécènes par les succès internationaux.Dans la Ville Reine, on encourage le talent «Canadian».Et ça rapporte.La double affiche Erwartung-Le Château de Barbe-bleue, mise en scène par Robert Lepage, a non seulement attiré tout un nouveau public (restera-t-il fidèle?), mais aussi fait rayonner la compagnie de l’Ecosse jusqu’en Australie.Même portrait pour l’aventure Stravinski de François Girard, ou de la Salomê d’Atom Egoyan.On admet que ces productions sont déficitaires, mais on se refuse à mesurer la valeur de la compagnie à l’aulne du mercantilisme.L’art d'abord, l’argent ensuite semble la devise optimiste du COC.VOIR PAGE B 2: ICI VOIR PAGE B 2: OPÉRA S PRÉSENTE texte Michael Mackenzie traduction Paul Lefebvre mise en scène Francine Alepin avec Francine Alepin et Denise Boulanger LA awcmnœ ET LA DU 2 9 OCT.AU 14 NOV.98 MARDI AU SAMEDI + LUNDI 9 NOV.20h30 ¦S®.it un r «1117*11 CT> assistance à la mise en scène Jean Boilard scénographie Anick La Bissonnière costumes Maryse Bienvenu éclairages André Naud musique Judith Gruber-Stitzer «p«ceHbr« 1945, rue Fullum, Montréal réservations : 521.4191 I + B ‘2 I.E I) E V () I li .I.E S S A M E l)i Al 0 (' T 0 B II E E T I) I M A N C II E I X V E M II It E I II il H MTS ICI Toronto mène le bal SUITE DE LA PAGE B 1 Et on ouvre, comme les autres grandes compagnies, le créneau du disque.Produit par les Disques Radio-Canada, un enregistrement d'airs d’opéras français s'est mérité les honneurs du disque d’art lyrique de l’année à Paris.En contrepartie, l’OdM a vu sa production d’Andrea Chénier, malgré une réception tiède, prendre le chemin de Monte-Carlo.Il persiste pourtant un problème de diffusion.On constate curieusement que la CBC offre à ses auditeurs plus de productions «locales», alors que la SRC n’y arrive pas, faute d’argent.En ce qui concerne la création, Toronto mène le bal avec sa politique d’opéra de chambre.On y est même arrivé à produire trois nouvelles œuvres par an.Le public, plus limité, suit quand même cette aventure.A Montréal, les circuits parallèles abondants pallient cette largesse.Mort, l’opéra?Ne le dites pas à Pauline Vaillancourt! La directrice de Chants libres, s’époumone à susciter, créer et diffuser la nouveauté.Provoquant la création et le débat sain et salutaire, elle fonce et ose pratiquer une politique de reprise.L’opéra ponctuel, pour elle, n’existe pas, il est ou il n’est pas.Défenderesse acharnée, elle met au jour ce que les «officiels» boudent.L’OdM monte André Gagnon, pas Bruce Maüier! Devant le débordement des esthétiques, des évolutions, des productions plus marginales sont offertes.Œstrus en fut une, le tour de chant de Marie Pelletier une autre.Incapables de se faire entendre des milieux «officiels», les compositeurs inventent, se trouvent un nouveau public.Malgré une maigreur de moyens qui freine son épanouissement, l’opéra, scène de toutes les passions, reste le lieu acharné de la représentation d'une société, celle qui, divisée, aime autant son passé quelle désire son devenir.Pour cela, il faut néanmoins y investir.Comme pour l’OSM.Y a-t-il un mécène dans la salle?°pERA Les metteurs en scène, qui se bousculent pour travailler à Vopéra, viennent souvent des autres arts SUITE DE LA PAGE B 1 Opera America Inc.est le regroupement des, compagnies d’opéra des Etats-Unis.À son répertoire apparaissent maintenant plus de mille organismes offrant au public au moins une œuvre du répertoire à chaque saison.Le développement est phénoménal: en 1970, la même association comptait à peine 300 troupes.En province les théâtres poussent comme des champignons; en quelques années, les opéras de St.Louis, de Houston, de Seattle, de Santa Fe, de San Diego, de Washington DC, etc.sont devenus les points de mire des amateurs d’opéra du monde.Il y a quelques semaines, le Tristan Und Isolde de l’Opéra de Seattle rassemblait la presse musicale internationale; des avions nolisés remplis de wag-nériens inconditionnels arrivaient des quatre coins de la planète pour voir ce spectacle.Opera America nous apprend aussi que les spectateurs ont rajeuni.L’opéra attire désormais une nouvelle tranche de la population: les 23 à 35 ans sont en voie de devenir majoritaires dans les théâtres américains.Curieux?Pas vraiment! Les troupes de province, en collaboration avec les écoles primaires, ont mis sur pied des programmes d’introduction à l’opéra: des chanteurs professionnels visitent les écoles et proposent aux enfants des scènes d’œuvres diverses et des arias connues, sans parler des matinées réservées aux enfants qui peuvent ainsi voir une représentation entière avec orchestre, costumes et décors.Les philanthropies et les mécènes qui subventionnent ces programmes voient à la formation d’un nouveau public.Le «nouvel opéra» Un public mieux préparé, plus connaissant entraîne des changements.Les générations qui ont grandi avec la télévision ont beau aimer les voix et la musique, le spectacle scénique se doit maintenant d’être à la hauteur, et là il y a beaucoup à faire.Petit à petit, les grands opéras d’Amérique se débarrassent des productions statiques et ampoulées pour MICHAEL COOPER Erwartung de Schoenberg, mis en scène par Robert Lepage au Canadian Opera Company.19 9 8 19 9 9 DANSE* t f/danse DISPONIBLE JUSQU'AU 8 NOVEMBRE faites VITE ! Quatre créations pour 100$! Profitez d'un rabais de25%! Bénéficiez de places de premier choix! t Pour sa première saison, Danse Danse 1998-1999 vous offre la danse montréalaise dans tous ses états: endiablée, fervente, touchante, sensuelle et passionnée.Quatre chorégraphes majeurs, quatre créations, quatre lieux et des sensations fortes pour une grande fête de la danse ! Compagnie Marie Chouinard Les Solos 1978-1998 21 octobre au 8 novembre 1998, du mercredi au samedi à 20 h et le dimanche à 14 h.Relâche le mercredi 4 novembre.=E= MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN 0E MONTREAL SÔÏÏe Beverley Webster Rolph C*1‘b'c" 185, rue Sainte-Catherine Ouest !§) Place des Arts Louise Bédard Danse Urbania Box, je n'imagine rien 20 au 23 et 27 au 30 janvier 1999, 20 h L’AGORA mTf# 840, rue Cherrier jUjHUI 0 Sherbrooke DELAIHNSF La La La Human Steps Nouvelle création d'Édouard Lock 4,5,6,7,11, 12,13 février 1999, 20 h Théâtre Maisonneuve U U Place des Arts 175,, ituue Saintp-ColAemime ŒUmft SI Place des Arts 0 Vertigo et SMCQ dansent Nouvelle création de Ginette Laurin 31 mars, 1er, 2 et 3 avril 1999, 20h a A Centre Pierre-Péladeau Salle Pierre.Mercure 300, boul.de Maisonneuve Est EU Berri-UQAM m 5 co,Jifp LE DEVOIR Z DH*»rMTMllITT»H Z DU QuIlIC Abonnez-vous dès maintenant ! (514) 844-2172 billetterie vë?Articulée 300, boul.de Maisonneuve Est « 4 adopter des styles qui parlent plus directement aux spectateurs d’aujourd'hui.L’opéra est longtemps resté en retrait des mouvements théâtraux.Le conservatisme des directions artistiques des opéras américains a longtemps privé le public de spectacles vivants et de mises en scène qui éclairent les œuvres.Ajoutons que la presse et les critiques, souvent formés à l’école de l’après-guerre, n’ont pas facilité le renouvellement des mises en scène.Mais peu à peu la situation change.Certains bastions du traditionalisme tombent: le Met engage Robert Wilson pour son nouveau Lohengrin, San Francisco confie à Francesca Zambello la barre de nouvelles productions, etc.De plus en plus, les mécènes acceptent de financer des productions audacieuses par des metteurs en scène qui veulent mener l’opéra au niveau des autres arts de la scène.Ces metteurs en scène, qui se bousculent pour travailler à l’opéra, viennent souvent des autres arts.Parmi les concepteurs les plus en demande à l’opéra, on remarque Twyla Tharp et Martha Clarke, danseuses et chorégraphes.Les réalisateurs de cinéma sont aussi tentés par l’expérience du théâtre lyrique: Robert Altman, John Schlesinger, Werner Herzog, Roman Polanski, Liliana Cavani et au Canada, à Toronto plus précisément, François Girard, Robert Lepage et Atom Egoyan sont des noms qui ont pris leur place sur les affiches de$ opéras.A ce branle-bas vient s’ajouter un phénomène des plus intéressants: les compositeurs se passionnent pour l’opéra comme jamais dans l’histoire de la musique américaine.De tous âges et de toutes allégeances, les musiciens s’attaquent à l’opéra.Elliott Carter, à 90 ans, achève son premier opéra, tout comme Michael Gordon qui a un peu plus du tiers de l’âge de Carter.En 1976, Philip Glass et Robert Wilson, avec leur Einstein on the Beach, sonnaient la renaissance de l’opéra contemporain américain.Depuis, André Previn, John Corigliano, Tobias Picker, Conrad Sousa, Dominick Ar-gento, William Bolcom ont tous livré des œuvres commandées par le Met, le Chicago Lyric, le San Francisco Opera, le Houston Grand Opera.Nixon in China de John Adams, en 1986-87, a été vu par un nombre record de spectateurs américains, curieux du sujet et surpris par la beauté de la partition.Les compositeurs plus jeunes ne font pas exception; David Lang, John Moran, Anthony Davis et bien E J d'autres se tournent vers l'opéra.Et les théâtres emboîtent le pas en commandant des opéras nouveaux, ce qui aurait été jugé casse-gueule il n’y a pas si longtemps.Et le plus beau de l’affaire: le public vient entendre les œuvres contemporaines.Plusieurs théâtres profitent de cette lancée pour ressusciter des opéras du passé récent.On redécouvre les opéras écrits dans les années 50 et 60.Susannah (1955) de Carlisle Floyd, Anthony and Cleopatra de Samuel Barber (1966), Mourning Be- comes Electro (1967) de Marvin Levy et plusieurs autres œuvres de cette période ont été reprises avec un immense succès au cours des cinq dernières années.D’autres compagnies commandent des œuvres qui élèvent au rang des mythes les grandes figures populaires de l’histoire américaine; Marilyn Monroe, Jackie O, Malcolm X, Harvey Milk et même Charles Manson ont été les sujets d’opéras.Et toujours, les spectateurs sont au rendez-vous! CIE MARIE CHOUINARD les solos 1978-1998 En un soir, 20 ans de chore graphies.audacieuses, superbes, uniques ! “drteMa,"":,i»„«saI'e*trt"!C.’,i ces \ N LC n Midi Culture.** Andrcc Mart .j’eXtrème, alliant U»»,e P“ints il K I) I A ef l iü -a._—— — — — w 1 H Coup de cœur francophone VITRINE DE LA VIDÉO En marge des modes, à fond la vie Quarante ans (le chansons.À ce titre, qui chapeaute le spectacle qu’Anne Sylvestre présentera cette semaine à Québec et à Montréal dans le cadre du 12' Coup de cœur francophone, l’inoubliable interprète de T'en souviens-tu, la Seine?aurait aimé ajouter: Et c’est pas fini.MARTIN BILODEAU Aimer Anne Sylvestre, c’est accepter d’être regardé, d’être interpellé, de signer un pacte d’amitié.Ses fans, qui assisteront cette semaine à son récital intitulé Quarante ans de chansons — qui a fait un triomphe au printemps dernier à l’Olympia de Paris —, baigneront dans ce climat de connivence que l’auteure-compositri-ce-interprète a pris l’habitude d’instaurer à travers ses chansons livrées en toute simplicité.Un sentiment qu’on ressent par ailleurs avec la même intensité lorsqu'on fait sa rencontre: elle et son spectacle à promouvoir, moi et mon texte à écrire, tous ces impératifs générateurs de mots artificiels ont fait place, lorsque je me suis retrouvé assis à sa table, pour un échange animé et amical.Cela dit, elle n’est pas du genre copine comme la blonde Vartan, autour de laquelle plusieurs font la haie; non, Anne Sylvestre, c’est la copine restée derrière, auprès des gens qui doutent, ceux dont elle aime la petite chanson, la fredonnant elle aussi à sa façon dans ce monde du showbizness oii elle n’a jamais fait de vagues.Rien qu'une fois elle aurait sans doute aimé.Or, le défi d’Anne Sylvestre en est un de longévité.Après quarante années à sautiller de scène en scène, des boîtes à chanson de la Rive Gauche à l’Olympia, puis à graver en parallèle une œuvre discographique belle et personnelle dont les 350 titres qu’elle comporte sont rassemblés dans une intégrale qui vient de paraître, voici que la marathonienne de la chanson française franchit le fil d’arrivée imaginaire d’une carrière quadragénaire.Un fil où l’attendent ses amis d’autrefois, qui ont parcouru son chemin de mots, et où son nouveau public, enchanté depuis l’enfance à grands coups de fabulettes, est venu grossir les rangs.Pas de tapis Anne Sylvestre n'a pas attendu qu'on lui déroule le tapis rouge pour célébrer ses quarante ans de chanson: «Je me suis dit que si je devais attendre qu’on me propose, personne ne viendrait», confie celle qui a fondé sa propre compagnie de disques en 1973 pour pouvoir continuer sa route à sa manière, c’est-à-dire dans la constance et la rigueur, l’émotion et l’humour, toujours en marge des modes mais à fond la vie.Aussi a-t-elle décidé d’agiter elle-même la sonnette, et ce d’autant plus que l’anniversaire coïncidait uvec la sortie prévue de Les Arbres iierts, son nouvel album.Puis, les événements ses sont enchaînés avec le spectacle, la parution de l’anthologie Quarante ans de chanson, la sortie d'une compilation en 20 titres du smv?h '¦ JACQUES GRENIER LE DEVOIR .Anne Sylvestre n’a pas attendu qu’on lui déroule le tapis rouge pour célébrer ses quarante ans de chanson.même nom, ainsi qu’un recueil de ses textes, publié aux éditions Castor Astral.Une grosse année, en somme, qui a apporté à Anne Sylvestre une reconnaissance jusque-là murmurée en dehors de son cercle d’admirateurs, qui en contrepartie l’aime intensément et la suit pas à pas.«J’ai souvent l’impression d’être un écrivain public, de dire les choses pour les gens parce que moi je sais les dire et qu’eux ne savent pas», confie la chanteuse, qui regarde la vie par la fenêtre du haut et la raconte à ceux qui vien- nent l’entendre: «Pour moi la chanson, c’est pas une tranche de vie à prendre au premier degré.La distance que j’y mets est à la mesure de la tendresse que j’ai pour les gens».L’auteu-re de Lazare et Cécile, petit chef-d’œuvre qu’elle a écrit à l’âge de 23 ans et qui reste aujourd’hui emblématique de l’approche Sylvestre, se rappelle: «J’ai l’impression d’avoir écrit cette chanson sous la dictée.Je me souviens encore de cet état d’écriture où j'avais l’impression qu’on me racontait une histoire.Il y a quelques chan- sons, comme ça, qui s’imposent.Et y en a d’autres sur lesquelles je travaille comme une forcenée».Or, difficiles ou pas, tendres, émouvantes ou drôles, les chansons d’Anne Sylvestre échappent au temps, filant droit vers le corps, vers l'àme.En témoigne Un bonheur incompréhensible, pièce de résistance de son dernier album, dans laquelle une odeur de bois coupé, captée sur l’autoroute, transporte l’interprète vers un monde de volupté: «Je la guettais fugitive / De ma voiture captive / Mes narines frémissaient / Tandis que m’envahissait / Un bonheur incompréhensible.» Une chanson-pari, de son propre aveu, qu’elle offrira lors de son tour de chant, intercalée quelque part entre ses immortelles Porteuse d'eau, Mon mari est parti, Les Amis d'autrefois.Tiens-toi droit, et bien sûr Une sorcière comme les autres, sa chanson-étiquette: «Vous m'avez aimée servante / M’avez voulue ignorante / Forte vous me combattiez / Faible vous me méprisiez.» La récompense D’évoquer aujourd’hui cet hymne à la féminité soulève chez Anne Sylvestre une grande émotion, maintenant que Pauline Julien, avec qui elle l’a chantée des centaines de fois dans le cadre du spectacle Gémeaux croisés, est partie un beau matin d’automne: «File a choisi de partir, et elle a fait ça très très bien.Sa mort est comme sa vie, elle a fait comme elle voulait, mais c’est très dur, quoi.Et c’est dur aussi de penser à tout ce qui l’a amenée là; j'en garde surtout le sentiment d'une grande injustice de la vie», murmure Anne Sylvestre, qui avait depuis quelques mois le projet de rééditer sur CD l’intégrale du spectacle Gémeaux Croisés, et a décidé d’attendre que le souvenir joyeux de Pauline ait eu raison de la douleur de son départ.Et d’là joie, comme toujours il y en aura dans le tour de chant qu’Ànne Sylvestre donnera cette semaine, l’au-teure de Ça va m’faire drôle assumant pleinement ses talents d’humoriste.«J'ai toujours fait des chansons qui faisaient rire, à la différence qu'au début, je ne les aimais pas.Quand les gens riaient, je les méprisais un petit peu et j’avais envie de leur dire: “Et les autres chansons, elles sont pas belles?".J'avais honte».Aussi, la balzacienne Elle f sait la gueule, la rohmérienne Les Grandes Balades, la post-féministe Reine du créneau ne manqueront pas cette semaine de faire rire ses admirateurs, qui ne sont pas près de la laisser partir, même après 40 ans.«On fera les cinquante ans, mais en attendant, c’est déjà ça», raconte cette infatigable saltimbanque de la chanson qui, à 64 ans, ne peut pas envisager de s’arrêter: «Je ne me vois pas cesser d’écrire, en tous cas.Im scène, je ne sais pas.Peut-être qu'un jour ça va m’embêter.Pourtant, j’aime tellement ça, c’est la récompense.» Heureusement pour nous, Anne Sylvestre sera récompensée, mardi et mercredi, à La Maison de la chanson de Québec, puis vendredi et samedi prochain à l’Auditorium du Collège Maisonneuve, centre nerveux de l’événement Coup de cœur francophone, qui se tiendra du 5 au 15 novembre.TI-CUL TOUGAS ?On a droit à une belle surprise en redécouvrant ce long métrage réalisé en 1975 par Jean-Guy Noël, qui établit une sorte d’état des lieux de la jeunesse québécoise à travers l’histoire d’Odette (Micheline Lanctôt) et Rémy (Claude Maher, leTi-Cul du titre), un couple d’amoureux partis avec la caisse de la fanfare à laquelle ils appartenaient, et qui débarquent aux Iles de la Madeleine.Ils y retrouvent Gilber-te (excellente Suzanne Garceau), amie d’Odette, qui a mis son existence en veilleuse en restant auprès d’un amoureux tombé dans le coma après un accident.Avec en poche cinq mille piastres moins des poussières, Odette et Tougas se préparent à partir pour la Californie, pays de toutes les promesses, de tous les recommencements, situé à l’autre extrémité du continent.Or, voilà que Martin (Gilbert Sicotte), un compagnon de la fanfare, tombe sur eux par hasard et réclame la restitution de l'argent.Ti-Ctil Tougas est l’exemple-type du film québécois que nos parents allaient voir pour revenir en disant «Y a pas d’histoire, là-dedans», parce que l’essentiel repose sur des dialogues peu abondants et des allers-retours suggestifs plus qu’explicatifs entre passé et présent.Or, Ti-Cul Tougas parle de la déroute d’une génération qui rêvait à son avenir et s’est retrouvée piégée par son passé.Un thème que le scénario de Jean-Guy Noël transcende grâce à un superbe quatuor de personnages, sur lequel il jette un regard tendre et plein d’humour, pour les regarder partir vers l’Ouest, comme des cow-boys, des rêves plein la tête.De quoi faire rêver les jeunes de la génération X, dont le désespoir a pris la forme de.CABARET NEIGES NOIRES ?Raymond Saint-Jean a assuré le passage de la scène à l’écran de cette création collective éclatée, sorte de music-hall tragico-mique aux accents burlesques, dont l'action se déroule à Putainville, sorte d’escale avant l'enfer qui voit le soleil une demi- heure par jour et sert de théâtre à une jeunesse qui déchaîne son spleen agressif.Le cinéaste a subtilement décloisonné le spectacle animé par Prêtresse (excellente Estelle Esse) et redéfini son espace-temps, de sorte que les nombreux épisodes enchaînés et numéros chantés qui le composaient se déploient ici comme autant d’axes parallèles.Un travail d’adaptation rigoureux, auquel Dominique Champagne, co-auteur de la pièce (avec Jean-Frédéric Messier, Pascale Rafié et Jean-François Caron), a ouvert la voie en écrivant le scénario et en réduisant de moitié la durée du spectacle, ici ramassé sur 90 denses minutes.En résulte un spectacle hyperréaliste et stylisé, toujours aussi difficile à regarder (on pense au strip-tease du transsexuel Martine), parfois complaisant, moins manifeste revanchard que pot-pourri déprimé, dans lequel, comme le dit si bien Peste (merveilleuse Suzanne Lemoyne), «L’espoir, c’est de se dire que le pire est encore à venir, et qu’en continuant de même on va p’têt'finir par y arriver».GONE WITH THE WIND ?Cette grande fresque historique réalisé en 1939 par David O.Selznick, d’après le roman de Margaret Mitchell, traverse le temps comme un classique, tout en continuant à nourrir certains sarcasmes.Amusant, aussi, de constater qu’une soixantaine d’années séparent Gone with the Wind de la guerre de Sécession qui lui sert de toile de fond, comme près de 60 ans séparent celui-ci du spectateur d'aujourd’hui, invité à découvrir avec des yeux nouveaux l’histoire de l’amour (impossible) entre Scarlett O’Hara (Vivien Leigh) et Rhett Butler (Clark Gable), entre la propriété et la fidélité, entre l’honneur et la vertu.Une galerie de personnages forts quoique très typés colorent cette saga épique en même temps qu’ils trahissent son âge.Un film beau, au charme suranné, qui mérite la place qu’il occupe dans l’histoire de Hollywood.LES MISÉRABLES ?Sa structure dramatique décomplexifiée, sa galerie de personnages circonscrite aux plus significatifs et sa langue dénaturée, Les Misérables, film grand public réalisé par le Danois Bille August (Pelle le conquérant) d’après le célèbre roman de Victor Hugo, déploie sous nos yeux les qualités d’un feuilleton apatride dont les velléités puristes sont contrecarrées par un ton pédagogique.Liam Neeson, imposant en Jean Valjean, et Geoffrey Rush, en Javert plus machavélique que tragique, se livrent ici encore un long duel dont l’aboutissement, dans le Paris de la Révolution de Juin, réserve quelques moments d’intensité.Claire Danes (Cosette) et Uma Thurman (Fantine) complètent la distribution.TI-0ÏÏ1 T0ÜÔAS 'jinn y Or 10 CABAftEl il cjii imttir o mi oiMuiwN NEIGES *AKtaaKr£tr_ ' - ’ * DU5AU15NOVEMBRE1998 RENAUD-BRAY Avec ses coups de cœur.Renaud-Bray vous propose des choix avisés.12e édition -PELUSO- SAMEDI 7 NOVEMBRE 1998 LE LION D'OR 1690, RUE ONTARIO EST — GABRIEL YACOUB — VENDREDI 13 NOVEMBRE 1998 MAISON DE LA CULTURE FRONTENAC 2550, RUE ONTARIO EST BILLETTERIE ARTICULÉE (514) 844-2172 300, BOUL.DE MAISONNEUVE EST INFORMATIONS ET BILLETS www.netmusik.com/coupdecoeur m£2Îs ?PELUSO-MALGRÉ TOUT U Ciovri IM MtIK GABRIEL YACOUB-BABEL 1376, rue Sainte-Catherine Ouest 4301, rue Saint-Denis 5117, avenue du Parc 5252, chemin de la Côte-des-Neiges 6925, boulevard Taschereau, Brossard www.renaud-bray.com sad@renaud-bray.com OUVERT 7 JOURS JUSQU'À MINUIT billetterie Articulée 300.boul De Maisonneuve Est (514) 844-2172 informations et billets CÉGEP MAISONNEUVE MAISON DE LA CULTURE fRONTENAC Programme disponible aux endroits suivants : ?Billetterie Articulée ?Maison de la culture Frontenac ?Maison de la culture Maisonneuve ?Le Lion d'Or ?Le Zest ?Librairies Champigny ?Librairies Renaud-Bray ?Archambault ?HMV ?Music World ?et dans plus de 150 points de distribution à Montréal ?www.netmusik.com/coupdecoeur DU5AU15NOVEMBRE1998 RENAUD-BRAY E315" Avec ses coups de cœur Renaud-Bray i vus propose des choix avisés.12e édition JEUDI 5 ET VENDREDI 6 NOVEMBRE 1998 LE LION D'OR 1690, RUE ONTARIO EST BILLETTERIE ARTICULÉE (514) 844-2172 300, BOUL.DE MAISONNEUVE EST INFORMATIONS ET BILLETS www.netmusik.com/coupdecoeur M - LE BAPTÊME n ?ud-5 rM P CL A WG 1376, rue Sainte-Catherine Ouest 4301, rue Saint-Denis 5117, avenue du Parc 5252, chemin de la Côte-des-Neiges 6925, boulevard Taschereau, Brossard www.renaud-bray.com sad@renaud-bray.com OUVERT 7 JOURS JUSQU'À MINUIT ÇîttTlCOj DU 5AU 15 NOVEMBRE! 998 Vous avez dit chanson ?Plus de soixante spectacles en 10 jours KfllI&lUül 4êc teffir com AIR FRANCE jr Transporteur officiel 1V5 Hydro Québec a1 LE 12e édition (|l lidlo (inidi SOCÀN Ville de Montréal Québec:: Ministère do In Mètro|>olo Ministère do l'Emploi el do In Solidarité Tonds do lutto contra In pauvrotè pnr In réinsortion nu Irnvml Canaria f'ntnmoino cnnndion Dèvoloppomonl do» rossourcos humntnos Cnnndn 06 I.R |) K V Oil!, I.E S SA M E I) I 31 0 C T 0 B R K K T D I M A N (’ Il E I N 0 V K M B H E I !) !» 8 CINÉMA I.R Tout pour les Témiscabitibiens LHexagone arrive en force au Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue MARTIN BILODEAU Cf est le long métrage Comme elle respire, du Français Pierre Sal-vadori, qui ouvrira ce soir au Théâtre du Cuivre de Rouyn-Noran-da le \T Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue.Au total, 79 films, en provenance de 16 pays, seront présentés jusqu’à jeudi soir, alors que le point d’orgue de l’événement réputé pour sa convivialité sera donné à grands coups d’archet par Le Violon rouge, très beau filip du Québécois François Girard.A l’avant-plan du festival: un menu comportant quelques 17 longs métrages, parmi lesquels quelques primeurs, dont le film de Salvadori, comédie sur la mythomanie avec Guillaume Depardieu face à une Marie Trintignant en menteuse de première.Celle-ci devrait nous en conter des belles ce soir à l’ouverture puisqu’elle accompagne le cinéaste à Rouyn-Noranda.Toujours du côté de l’Hexagone, on verra également Jeanne et le garçon formidable, une comédie musicale réalisée en tandem, dans le style de Jacques Demy, par Jacques Martineau et Olivier Ducastel.Le nom du comédien Mathieu Demy, fils du défunt cinéaste (et d’Agnès Varda), est au sommet de l’affiche.Le festival entretenant des liens très étroits avec l’Agence Québec-Wallonie Bruxelles pour la jeunesse, on en profite cette année pour rendre hommage au cinéma du plat pays en présentant les longs métrages Max et Bobo, de Frédéric Fon-teyne, et Le Nain rouge, d’Yvan Le Moine, tous deux inédits au Québec.Aussi, Dancing at Lughnasa, dernier-né de l’Irlandais Pat O’Connor (Cal, Circle of Friends), avec notamment Meryl Streep, passera par Rouyn, qui en a obtenu la première nord-américaine.Travailler pour le public «Se battre pour des exclusivités, ça donne des boutons.Nous, on veut être un plateau de diffusion intéressant, qui propose du cinéma de qualité.On travaille pour notre public», explique Jacques Matte, qui fréquente plusieurs festivals étrangers pour y dé- le menu est aussi varié qu’épicé, avec 29 productions retenues.Ce soir, juste avant la projection de Comme elle respire, on projette Les Mots magiques, avec lequel Jean-Marc Vallée poursuit sa réflexion sur les rapports père-fils entamée dans Les Fleurs magiques.Un film qu’il faudra voir, aussi, pour Robert Gravel qui, en père alcoolique, a connu là sa dernière expérience des plateaux de cinéma.Parmi les 33 films d’animation, le festival propose deux hommages, l’un aux magiciens du sable que sont les Suisses Ernest et Gisèle Ansorge (Les Enfants de laine ouvrira le bal, ce soir), l’autre à la cinéaste Suzanne Gervais.Le Seuil, tout dernier film de cette animatrice de l’ONF', sera au rendez-vous.Si la ville de Québec affiche un manque criant de films dç qualité venus d’ailleurs que des Etats-Unis, dans quelle proportion cette situation, imputable à un système de distribution incapable d’amortir le coût de ses copies ailleurs qu’à Montréal, affecte-t-elle une région comme l’Abitibi-Témiscamingue?D’après Jacques Matte, le FCLAT ne répond pas à un manque criant de produits culturels de qualité — les artistes de la chanson passant par Montréal font presque toujours un détour par Rouyn-Noranda —, mais bien à une carence en cinéma autre qu’américain, carence à laquelle le Théâtre du Cuivre, dont il est le directeur, pallie à sa manière, pendant le reste de l’année, en programmant des films de répertoire.Cela étant, les copies de Im Vie est belle, La Position de l'escargot et La Vie rêvée des anges, programmés au festival, seront rapatriées à Montréal immédiatement après l’événement.Et cela même si, comme l’affirme le directeur du festival: «Les gens d’ici sont avides de culture et la région connaît une influence européenne très marquée».Viendront en témoigner, une fois de plus, les quelques 17 000 cinéphiles attendus par Jacques Matte et son équipe au cours des six prochains jours.Au fait, ça coûte combien, une copie de film?Le bum derrière Vampires Les spectateurs de Fant-Asia «Le plus difficile, dans ce métier, c’est de survivre», estime le cinéaste John Carpenter.MARTIN CHAMUKKLAND LE DEVOIR avaient eu droit à la primeur mondiale de Vampires, alors que ce dernier-né de John Carpenter assurait la clôture du populaire événement estival, le 10 août dernier.A cette occasion, le vénéré et rarissime cinéaste de Halloween première mouture, de Escape from New York première moisson et d’une multitude d’autres incontournables (The Thing, Christine, Starman, Fog) d’un genre qui reprend aujourd’hui de la vitesse, est passé par Montréal.MARTIN BILODEAU Il est d’abord venu pour saluer les fans, qui lui ont réservé une ovation «monstre», mais aussi pour préparer la sortie de Vampires trois mois avant l’heure.Et l’essentiel de cette préparation consiste à rencontrer la presse.Un exercice auquel John Carpenter s’est livré, d’abord comme pour une visite chez le dentiste, puis avec résignation, enfin avec un certain enthousiasme.Tout ça en quinze minutes d’entretien, à la fin duquel l’homme confessera: «En France, je suis un auteur; en Allemagne, je fais des films d'horreur; en Angleterre, je suis un cinéaste; aux États-Unis, je suis un bum.» Et il y reste, aux Etats-Unis, car c’est cette image de bum qui lui convient le mieux; c’est aussi celle qui le met constamment au défi d’aller au delà des apparences, de faire un cinéma qui ne répond pas aux critères officiels, remue les spectateurs et rejette les schémas trop consensuels: «Je suis encore très attaché à l’esprit contestataire de ma génération, pour laquelle un film ou un roman ne doit pas nécessairement comporter une conclusion heureuse», explique le cinéaste de 50 ans.Ainsi, dans la plupart de ses films, l’ennemi est la conséquence du mal causé par l’homme.«Il y a deux sortes d'horreur: l’une qui veut que le mal soit ailleurs; l’autre, qui dit que le mal est en nous.C'est cette dernière interprétation qui m’intéresse le plus, et c’est celle qui effraie le plus», conclut le créateur de Michael Myers, un personnage troublant, sorte d’excroissance déchaînée de l’inconscient de ses victimes.Avec Vampires, Carpenter s’attaque à un autre mythe, celui des princes de la nuit assoiffés de sang, mythe qu’il a transposé dans le Nouveau-Mexique d’aujourd’hui.«Je ne voulais pas faire un film d’horreur classique, un film d’époque avec des costumes de la période édouardienne, parlé avec l'accent européen, dans des châteaux pleins de toiles d’araignée.J’ai plutôt approché Vampires comme un western, puisque j’ai toujours aimé ce genre et ai toujours voulu en faire.» Une charge en règle Ce film — qu’il qualifie lui-même de Wild Bunch vampiresque — raconte l’histoire de chasseurs de vampires déterminés à épurer les petits villages ultra-catholiques du désert du Nouveau-Mexique, avec à sa tête un homme sans scrupules (campé par James Woods) aux méthodes peu orthodoxes.Par la même occasion, Carpenter s’adonne à une charge en règle contre la rectitude politique liée aux comportements sexuels, la cigarette et la religion, faisant de son héros le symbole anti-rédempteur d’une époque où le vice était roi.Avec pour résultat un film provocant, où les forces du mal et les forces de l’ordre se livrent un combat sauvage.Un combat qui, comme toujours chez Carpenter, se voit illustré sans concessions et stylisé par des mouvements d’appareil très sophistiqués, qui répartissent la menace dans les deux camps, brouillent la frontière qui sépare le bien et le mal et réinterprètent les principaux éléments liés au mythe du vampire.«À l’origine, Dracula symbolise la mort de l’aristocratie qui se nourrit du travail des classes ouvrières.Il évoque aussi la sexualité refoulée au cours de la période victorienne», rappelle John Carpenter, qui a adapté ces éléments à l’ordre social contemporain.Aujourd’hui, après 16 longs métrages échelonnés sur 24 ans, John Carpenter sent le besoin de se retirer quelque temps.Celui qui reste heureux qu’Halloween lui ait ouvert le chemin, que Hollywood lui ait donné les moyens de faire des films personnels, celui qui, aussi, estime que rien de tout cela ne serait arrivé n’eût été ses parents merveilleux, son amour pour le cinéma et la chance considérable qu’il a eue, estime aujourd’hui que «le plus difficile, dans ce métier, c’est de survivre».En cela, John Carpenter ressemble aux chasseurs de Vampires, qui luttent quotidiennement pour leur survie en exerçant avec intégrité et passion un métier dangereux.nicher les bons titres, tout en sachant qu’il peut aisément se faire doubler par les événements montréalais.En fait, Jacques Matte préfère jouer au stratège pour que la fête soit réussie.Ainsi, voulant présenter C't’à ton tour, Laura Cadieux, il a demandé au distributeur Alliance Viva-film de retenir la copie destinée à Rouyn.De fait, les Témiscabitibiens verront la comédie de Denise Filia-trault un mois après tout le monde, soit, mais au plus fort de la fête du cinéma.Côté courts et moyens métrages, À L’AFFICHE AU CINÉMA PARALLÈLE DÈS L M TONIC présente Jeanne , Do.miniq Stephanie Mot r Mare ït un /ilm de C repeau avec ue Leduc genstern ;el Sabourin d uriel Dutil j bhhhé Produit par Denise Robert Un film de Denise Filiatrault Ginette Rem Pierrette Roi « UNE COMEDIE SAVOUREUSE! » Huguett* Roberge, IA PRESSE UN HIT JUSQU'À VANCOUVER!» tout» Blanchard, JOURNAL DE MONTREAL^^^(p|l GENIAL ! JE NE SERAIS PAS SURPRIS .QUE LE FILM CONNAISSE LE SDCCËS DE CINEMA PARADISO Luc Perreault.IA PRESSE Une histoire inoubliable qui prouve que l’amour, la famille etï§magination finissent toujours par triompher.EATON rrn :xx„r VERSION FRANÇAISE LES CINÉMAS OUZZO LES CINEMAS OUZZO CINÉPLEXODÉON CINÉPLEX ODEON CINEPLEX ODEON CINÉPLEX ODÉON PARADIS LANGELIER 6 a LAVAL (Galeries) DAUPHIN ® LASALLE (Place) a QUARTIER LATIN .«h MAISON DU CINÉMA CINÉPLEX ODEON CINÉPLEX ODÉON ÇINÊPLEX ODÉON FAMOUS PLAYERS POINTE-CLAIRE A.:r CINÉPLEX ODEON SHERBROOKE BROSSARD t.J BOUCHERVILLE è.CHATEAUGUAY ENCOREA ST-BRUNO jr± CINÉPLEX ODÉON CINÉMAS CARREFOUR OU NORD FLEUR DE LYS CINEMA CAPITOL GATINEAU PLAZA DELSON JT ST-JEROME TROIS-RIVIERES a ST-EUSTACHE .t a.ST-JEAN A CINÉ-ENTREPRISE CINÉMA CAPITOL LES CINÉMAS OUZZO LES CINÉMAS OUZZO STE-THERESE8 A CINÉMA 9 CINÉPLEX ODÉON Fleur de Lys GRANBY DRUMMONDVILLE TERREBONNE 8 t, ROCK FOREST a.CARREFOUR DORIONS CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD CINÉ-ENTREPRISE CINÉMA ST-LAURENT CINÉMA PINE CÏNÊ ENTREPRISE LE CARREFOUR 0 S0REL-TRACY STE-ADELE ST-BASILE é.Plaza REPENTIGNYa (LA VITA È BELLA) Version originale avec sous-titres français UN NOUVEAU EILMDL ROBERTO BENIGNI ALLIANCE V1VAFIUM, MIRAMAX FILMS MARIO & VITTORIO ŒCCHI GORIf&mn MELAiMPO CINEMAT0CRAF1Q IMOTK iLA VIE EST BELLE1 LA VITA E BELLA) ROBERTO BENIGNI NICOlfITA BRASCH! VINCENZO CERAMI etROEERTO BENIGNI MARIO GOTO WCDUCiRlICB SEQtENCB EN DOTS l' ELDA FERRI nGIMUOBRASCHI ftooumt IWHaxaaioarwaiiitwiiiwtmtw»] www alliance ca version originale avec version originale avec sous-titres français sous-titres anglais CINÉPLEX ODEON FAUBOURG *© è.CINEPLEX ODEON L’AFFICHE! CINÉPLEXODÉON TOUS LES JOURS: 1:00 - 3:20 - 5:25 - 7:35 - 9:50 COMPLEXE DESJARDINS æ QUARTIER LATIN aw- GRÂCE À VOUS, ALLIANCE VIVAFILM A VÉCU LA PLUS GROSSE SEMAINE DE SON HISTOIRE AU BOX-OFFICE GRAND PRIX DU JURY - CANNES 1998, PRIX DU PUBLIC : FESTIVAL DES FILMS DU MONDE DE MONTRÉAL 1998, FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE TORONTO 1998, , SÉLECTION HUMOUR - FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE QUEBEC 1998 TOUJOURS N°l APRÈS 3 SEMAINES ¦A«rt,FW*£ ¦musa Emu as® ¦JML'lJAig JlMliHMil, —NI 'LDlT-IM l.'iii- coHxklk- lit mivurtfdo UN TRIOMPHE À L'OUVERTURE DU DERNIER FESTIVAL DES FILMS DU MONDE DE MONTREAL! GAGNANT DU PRIX DU MEILLEUR FILM CANADIEN AU 23' FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE TORONTO.«Un film drôle.Un portrait d’époque touchant.Une pinte d’espoir.» Nathalie Petrowskl, LA PRESSE «Un Woody Allen à la québécoise.On découvre un autre Robert Lepage, c ’est rafraîchissant ! Anne-Marie Cadieux est époustouflante ! » Pénôlopo McQuaide, SALUT BONJOUR ! TVA Robert Lepage ’«oa «K'"*, ALLIANCE VIVAFILM GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE CINEMA MAOOO MAGOG \ CINÉMA LAURIER VICTORIAVILLE CINÉ-ENTREPRISE CINEMA DU CAP 6.CINÉMA LAURENTIEN GRENVILLE & \ L'AFFICHE! FAMOUS PLAYERS CENTRE EATON b VERSION FRANÇAISE AVEC SOUS-TITRES ANGLAIS À G L’AFFICHE! I.K I) K V OIK, L K S S A M K 1)1 Al O (' T O II II E E T I) I M A X C II E I X l) V E M II II E I !» !) S B
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