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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1998-12-19, Collections de BAnQ.

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Lett res québécoises Page I) 5 Le feuilleton Page I) 7 lxi chronique de Robert Ixilonde Page I) E V 0 I II, I.K S S A M EDI I !» E T I) I M A X < Il E 2 I) E (’ E M B II K I !) !) 8 I) 3 -4P LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Livres ¦»- PATRIMOINE Tout Félix Montréal en marches L'œuvre tel que l'auteur en garda mémoire À propos de l'architecture vernaculaire L’ŒUVRE LITTÉRAIRE DE FÉLIX LECLERC Textes, hommages et illustrations Henri Rivard éditeur, 1994 et 1997,4 tomes, 473,447, 471 et 499 pages 4 I MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Un peu de Félix pour Noël?Voilà sans doute ce à quoi songeait l’éditeur Henri Rivard en relançant, quatre ans après une première tentative, les quatre tomes des œuvres littéraires de Félix Leclerc.2000 pages de textes, une cinquantaine d’œuvres de peintres québécois pour colorer l'ensemble, des hommages d’amis et de personnalités touchées par le souvenir de l’artiste de l’île, le tout sous couvert dit de luxe.Dans une lettre qu’il écrit à Gilles Boulet, alors président de l’Université du Québec, quatre mois à peine avant son décès, Félix Leclerc lui demande s’il serait disposé à écrire l’introduction des tomes de ses œuvres littéraires qu’il s’apprête à faire publier.«Cher monsieur Boulet, j'aurais une grande faveur à vous demander.[.] Me feriez-vous l’honneur d’[.]écrire l'introduction, 5 à 10 pages à votre convenance, "Comme un lever de rideau", en répétant, rajoutant, unifiant, résumant ce que vous aviez écrit en 1981, pour /honoris causa de l’Université du Québec, que vous m'aviez donné et qui m’avait rendu si fier.[.] Moi, je suis prêt.J’ai retouché, revu, corrigé, enrichi, effacé et pris la crème de 12 de mes 19 livres.Si vous acceptiez, ce serait une grande volée de cloches dans mon cœur.» Cette lettre ne se rendra pas dans l’immédiat jusqu’à son destinataire, le décès de Félix ayant manifestement modifié le plan de départ.Six ans plus tard, les quatre tomes retravaillés par l’auteur lui-mème paraissaient, édités par Henri Rivard et présentés par Gilles Boulet, qui accepte en différé la demande que lui formulait plus tôt Félix.Les choix de l’artiste Au cours de la dernière année de sa vie, Félix Leclerc lui-même choisit les morceaux de son œuvre poétique littéraire dont il voulait qu’on se souvienne.Henri- Rivard a repris ces deux mille pages que l’auteur de file d’Orléans ¦ avait donc retravaillées et, selon ses propres mots, il les a «endimanchées».Divisés en quatre tomes, mariés aux illustrations tirées d’œuvres de peintres québécois, ce sont donc Pieds nus dans l'aube, Moi mes souliers, Le Fou de l’île, les fabliaux Dialogues d’hommes et de bêtes, lœ Hamac dans les voiles, Carcajou ou le Diable des bois, en plus du Calepin d’un flâneur, du Petit Livre bleu de Félix, de Chansons pour tes yeux, Rêves à vendre ou Troisième calepin du même flâneur et enfin le Dernier calepin que les inconditionnels ou les néophytes liront avec plaisir.Aux mots de Félix s’entremêlent les témoignages d’amis, de proches, qui laissent ainsi par écrit un dernier hommage au poète, chanteur, ami qu’il a été.«Je t’écris comme un enfant s’adresse au père Noël.Comme lui.je i i • „,,vL sais que tu existes.puisque nos chemins se sont croisés.Je t’ai rencontré.Je t’ai parlé.Je t’ai chanté.[.] Sache que tu ne feras jamais partie des poètes disparus.Tant pis pour toi! Tu es trop présent dans nos cœurs», écrit l’artiste Raymond Devos.«La dernière année, écrit sa femme Gaétane Leclerc au mois d’avril de 1994, beau bonhomme fatigué et toujours plein d’humour, il s’enfermait dans son bureau pendant des heures.“Écris-tu un autre livre?”, que je lui demandais.“Non, répondait-il.Peut-être que je me relis.” Et voilà le travail de sa dernière année.Lui qui devait vivre cent ans au moins.Lui qui vivra cent ans et plus.» Charles Azna-vour, Guy Béart, Claude Gauthier, Aurélien Boivin, Yves Duteil, Gilles Vigneault et Jean-Pierre Ferland ajoutent au concert de louanges dirigé à l’endroit de ce magnifique «fou de l’île».En 1994, 5000 exemplaires de cet ensemble de quatre tomes avaient été édités.L’ensemble s’était envolé, dit-on, en l’espace de deux mois.Fort de ce succès, on reprend donc l’expérience, en même quantité, non disponible en librairies, doit-on ici le préciser, seulement par commande postale au 1 877 584-2609 (sans frais).Le coffret Félix coûte 170 $, taxes et frais de livraison postale compris.CLAUDINE DÉOM LES ESCALIERS DE MONTRÉAL Jean O’Neil et Pierre Philippe Brunet (photos) Hurtubise/HMH, Montréal 1998,114 pages Décidément, l’architecture résidentielle montréalaise ne cesse de gagner en popularité.Cette fois, ce sont les escaliers des plex montréalais (duplex, triplex, quadruplex, etc.) qui retiennent l’attention dans la toute nouvelle publication de HMH, Les Escaliers de Montréal.Premier en son genre jusqu’à maintenant au sein des albums photos du Québec, on y décèle une volonté de la part des auteurs, Pierre Philippe Brunet (le photographe) et Jean O’Neill (pour les textes), de gagner les cœurs de ceux qui perçoivent parfois ces contorsions et enfilades de marches comme une ascension interminable vers leur logis ou comme une descente périlleuse après une tempête de neige.11 est malgré tout assez curieux de feuilleter un livre sur les escaliers de Montréal, surtout lorsqu’on sait que ces derniers étaient loin de faire la faveur au moment de leur apparition dans le paysage urbain montréalais, il y a de ça plus d’un siècle.Je vous fait grâce des commentaires négatifs de l’époque à leur sujet (Jean O’Neill se propose de toute façon pour vous faire part de quelque-uns d’entre eux) puisque, tout compte fait, les critiques n’auront pas empêché leur prolifération dans la quasi-totalité des quartiers montréalais.Quoi qu’on en pense, les escaliers semblent incarner de plus en plus la réalité du paysage montréalais, du moins si on en juge certaines cartes postales destinées aux visiteurs de Montréal où des enfilades d'escaliers bordées de neige font concurrence aux images traditionnelles du Stade olympique et de la basilique Notre-Dame.Jolies photos Les passionnés du patrimoine et les amoureux de Montréal savoureront très certainement les jolies photos (Tiampigiiv IM J I Demandez notre catalogue 00 BEST-SELLERS À PRIX REDUITS (d14)-844-2587 ou la ligne sans frais .- 1 -800-81 7-2587 VENEZ RENCONTRER Serge Chapleau, samedi le 19 décembre i()% de 14h00 à 15h30 au 4380 rue ST-Denis T-F spécial E T«“ IL ETAIT UN PIANO NOIR.Barbara Les mémoires interrompus de cette incomparable artiste.Fayard 24,95$ U cuit un piano LE MUSÉE DE L'ART Un guide qui répertorie 500 peintres et sculpteurs du Moyen-âge à aujourd’hui Livre de poche 19,95$ CHARLOTTE ET L'ÎLE DU DESTIN Le voyage en vaut la peine! 400 coups 12,95$ BARBARA spécial spécial LES RECETTES DES CHAMPIONS Des champions olympiques nous livrent leur meilleures recettes qui feront de vous un médaillé des fourneaux XYZ 16,95$ LE DERNIER COMTE DE CANTABIA Gilberto Flores Patifio Un conte pour le comte de Cantabia qui nous transporte dans son univers merveilleux Fides 17,95$ i t lV-tit Larousse spécial spécial, formule i999 spécial c, st.w «ru* PKuwcjrttwstuu FORMULE 1 PASSION 98-99 Rétrospective complète de la saison 98 de Formule 1 HMH 49,95$ Lliisnerti-ur Sn-rt -u; ;-i li- üeivt mert LE PETIT LAROUSSE ILLUSTRÉ L’édition de 1999 vous aide à voyager dans l’univers des mots et de la connaissance Larousse 54,95$ LES ESCALIERS DE MONTRÉAL Une particularité unique au monde HMH 39,95$ SEIGNEURS DES DEUX TERRES Pauline Gcdge Un quatrième succès qui rac-conte la réunification triomphale de l’Egypte Stock 29,95$ Star wars la planète DU CRÉPUSCULE Onzième volet d’une série dont le succès ne se dément pas.Pr.de la Cité 24,95$ VENEZ RENCONTRER Ghislain Tachereau, samedi le 19 décembre i .| 4380 St-Denis, Montréal, téléphone : 514- 844-2587 mPtrôi STATIONNEMENT ET ENTRÉE m,, R,, A l'arrière, rue Drolet Oampigny Carrefour Angrignon : téléphone : 514- 365-2587 Centre Laval : I Ouvert iusqu'à minuit champign@mlink.net téléphone : 450- 682-2587 prises au cours des quatre saisons de l’année et qui saisissent des escaliers de toutes les formes, de toutes les couleurs et vus sous tous les angles.De plus, les textes de Jean O ‘Neill réussissent à mettre en mots ce que nous ressentons tous mais oublions parfois à leur sujet, comme la féerie des escaliers sous la neige ou la place qu’ils détiennent dans nos habitudes de tous les jours (qui ne s’est pas déjà plu à s’asseoir dans les escaliers par une nuit chaude d’été?).Bien que magnifiques pour la plupart, certaines images auraient gagné d’une attention particulière aux spécimens photographiés.On aurait ainsi évité de représenter les tapis verts synthétiques que certains posent sur les marches ainsi que les rampes et poteaux de galerie en aluminium qui, tout en étant fort pratiques sur le plan de l’entretien —je n’en doute pas —, ne constituent pas moins des exemples probants d’appauvrissement de notre patrimoine vernaculaire.À LA DÉCOUVERTE DES VILLAGES DE FRANCE Traduction et adapatation de Evelyne et Frank Jouve et de Daniel-Albert Kouraguine Solar, Paris, 1998,224 pages Après Montréal, rendons-nous du côté de la France pour admirer quelques joyaux patrimoniaux situés hors des sentiers battus.Ah! douce France, merveilleux pays aux mille visages.Les paysages pittoresques des villages de France présentés dans la nouvelle publication de Solar, À la découverte des villages de France, sauront à la fois vous enchanter et vous faire soupirer d’envie de vous y retrouver.Mérite soit donné aux auteurs d’avoir choisi des villages qui ne sont pas des plus connus (mais non moins des plus beaux).De la Bretagne à la Corse en passant par le Languedoc et la Vallée du Rhône, les auteurs ont pris le parti de diviser le territoire à couvrir en dix-neuf régions.D’entrée de jeu, le lecteur est appelé à comprendre ce découpage non pas pour des raisons administratives (qui ne nous diraient strictement rien) mais plutôt en fonction de la variété des paysages français et du choix incommensurable de villages à visiter.Sans renier l’incroyable intérêt de Paris, qui demeure sans contredit une ville patrimoniale extraordinaire, on a l’impression, à parcourir ces petits villages, de connaître davantage le pays.Entièrement et abondamment illustré de photos couleur, le regard se laisse charmer par les paysages de pierres datant du Moyen Age avec ses iietites rues étroites bordées d’habitations anciennes et ses places publiques où trône l’église du village.On y sent partout le passage du temps et on ne peut que s’émerveiller d’ètre témoins de ces trésors aujourd’hui.Plus qu’un bel album d’images, le livre propose aussi des circuits pédestres ponctués de commentaires portant sur divers |x)ints d’intérêt d’un village.Quoiqu’un peu succincts (au point de nous laisser sur notre appétit), il faut néanmoins apprécier la variété des sujets traités dans ces quelques lignes.On y parle d’histoire, d’art, de gastronomie et, bien sûr, d’architecture, le tout apprêté selon les particularités de la région.Si vous êtes de ceux pour qui Noël laisse un vide dans le budget, voici un moyen économique de partir en voyage.On peut toujours rêver.368 PAGES • 27,95 $ Anne Mu halls A MÉMOIRE I N EUlTfc La Mémoire w&WîW*- 'i:, Wm est superbe 368 PAGES • 27,95 $ Anne Mu halls A MÉMOIRE I N FUITE W&WîW*- 'i:, 7‘.' \pU Wm Anne M CHAELS TRADUCTION DE ROBERT LALONDE « Le texte de Aline Michaels Vivre, c est chercher puis trouver ce passage de l’ombre à la lumière.et la traduction de Robert Lalonde est une merveille.C’est fluide, c’est beau.» Laurent Laplante Indicatif présent, SRC Oui m'aime me lise, I.!•: I) K VOIR I, K S S A M !•: 1)1 I !) !•: T I) I M A X ( Il K 2 (I I) Ê es féminins; les hommes qu’elle rencontre l’y aident d’ailleurs sans le savoir.Eux-mêmes, parfois, ne redeviennent-ils pas à l’occasion d’antiques guerriers ou des prédateurs primitifs?Notre époque ne s’est pas encore débarrassée de cette vieille moralité qui «voulait que sans son harem, femme reconnue et maîtresse dissimulée, un homme ne puisse être un fils-mari parfait en quête d'un homme heureux».Ciao les violons est ainsi parsemé de réflexions de tous ordres sur les hommes et les femmes.A propos de celles-ci, certaines redisent simplement la pérennité des stéréotypes: «Les petites filles veulent toutes être des dames qui vont mourir d'amour»-, d’autres sont plus cyniques: bien des femmes, écrit la narratrice, «épousent un mensonge et lui font une descendance».On pourra voir là un point de vue féministe, dont Annie Molin Vasseur ne se défendrait sûrement pas.Il s’agit en tout cas d’une écriture au féminin qu’assume tout à fait la narratrice, selon qui «aucune femme ne peut se lever sans détruire l’histoire».Sa mémoire est donc à la fois intime et universelle, «subpersonnelle», peut-être, selon sa propre expression, comme si, parlant d’elle-même, elle ne pouvait convoquer également l’inconscient millénaire de toutes les femmes.Les couples La narratrice de Ciao les violons est une femme parmi tant d’autres.Elle est également sœur et fille des autres femmes: «Je fais partie de tout.J'ai donc l’intention d'écrire sur ce tout.Le un m’ennuie comme le vide, le tout m'attire.M’attirent le plein, les hommes et l'amour.» la mémoire de ce personnage de femme rejoint ainsi celle de l’humanité, comme sa vie amoureuse.Chaque lecteur, d’ailleurs, pourra sans peine se reconnaître chez l’un ou l’autre des couples quelle décrit.Le titre même du roman de Molin Vasseur en annonce bien le ton.C’est un adieu familier au vieux sentimentalisme, aux histoires d’amour larmoyantes.L’écriture, parsemée de refrains de comptines et de chansons connues — de Léo Ferré, de Georges Brassens.—, est vive, heurtée, souvent constituée de phrases nominales.La narratrice souvent s’exclame ou lance des questions à la cantonade.Elle avance dans le récit de sa vie comme dans une marche allègre.Tout au contraire de la femme de Loth, elle regarde derrière elle pour avancer vers, qui sait?, d’autres amours.Là-dessus, elle est bien la sœur de cette femme âgée, personnage principal du premier roman d’Annie Molin Vasseur, Zéro un, qui tentait de se réapproprier les mots de son passé pour mieux repartir à neuf.DAVID CANTIN Que reste t-il quand la passion amoureuse s’achève de manière brusque et inattendue?Pour certains, l’accablement spleenétique mène au désordre de la révolte la plus solitaire.Un désir profond comme un ultime signe de détresse que la parole cherche à illuminer.C’est peut-être même dans ces trajets du cœur que se rencontrent les premiers recueils de Denis Payette et Denise Joyal.Deux regards pourtant opposés se trouvent, dans la peur de dire ce qui se cache vers ces «chemins sans détours».SINON POUR FORÊT LE SILENCE , Denis Payette Ecrits des Forges Trois-Rivières, 1998,59 pages Une étrange folie anime l’imaginaire poétique de Denis Payette.Face aux tremblements du monde amoureux, une voix fantaisiste s’oppose au drame intime à travers une dérision des plus loufoques.Dès les premières pages, la conscience bascule sans cesse entre le rêve et la réalité de celui qui apprivoise sa solitude intérieure.On entend comme une forme de tristesse ironique dans cette plainte carnavalesque des plus curieuses.Dans ce recueil intitulé Sinon pour forêt le silence, tout l’art de Payette s’appuie sur le rôle déstabilisant de l’image surréaliste.Il y a là un désir de surprendre à chaque strophe afin de mieux confondre le lecteur dans cette mosaïque d’émotions: «Le cœur / comme un lieu captif / s’usant les flancs contre les barreaux de la mémoire /je dis / il faut des ailes de chaque côté du sexe / des panthères dans les hivers / des idées qui dérangent la rosée / des perles sur l'oreiller / des ventres roses et des melons / des nappes tachées et des fraises / et des enfants fous comme des loutres.» Ponctué par l’éveil quotidien, ce dilemme existentiel n’hésite lias à faire un clin d’œil aux grands noms de la poésie française: de Rutebeuf à Michaux, en passant par Rimbaud et Baudelaire.D’ailleurs, il est assez surprenant de constater que cette poésie de l’artifice se réfère à toute une tradition européenne, plutôt qu’à l’Amérique mythique (comme c’est le cas chez Jean-Paul Daoust).Désormais, il y a dans cette approche des pistes intéressantes à suivre et à développer.Toutefois, on découvre certaines ficelles dans l’art de Payette.Malgré l’effet de surprise initial, plusieurs images demeurent aussi gratuites que primaires.On passe ainsi rapidement du meilleur au pire, au fil de ce premier recueil instable.Tout de même, la voix encore jeune de Denis Payette suscite déjà l’attention grâce à ses excès nécessaires.\A RÉVOLTE COMME UN PARFUM Denise Joyal Ecrits des Forges Trois-Rivières, 1998,64 pages Empruntant une langue et une forme beaucoup plus sobre, la poésie de Denise Joyal se rapproche plutôt des œuvres de Louise Dupré ou encore de Christiane Frenette.11 existe bien des affinités entre ces histoires de liassions déçues qui tentent de redéfinir le quotidien amoureux.Cependant, on perçoit encore une certaine hésitation dans La Révolte comme un parfum.Au lieu de surprendre.l’écriture elliptique de Joyal demeure assez prudente.Pour éviter ce «piège tout contre la racine du désir», cinq courtes suites cherchent à protester contre cette douleur face à l’absence de l’autre.Tout est dit en demi-teintes, à l’image de ces failles qui subsistent profondément en soi: «Allongé / sur le sentier fertile / de mes cuisses aériennes / encore des volontés / à la mesure d’un beau ciel bleu./ Un filet de terre noire / sur tes épaules / et un chagrin / tracé sur ma joue./ Tu replies tq tête / dans la mienne / ton souffle dans mon ventre./ L’angoisse de mourir / encore une fois / pour traverser jusqu 'au creux / de l’oubli / mon regard qui s'éteint./ Pendant que le cœur s’écroule / une fille ronde roule dans le sable / des souhaits sortis du placard.» Parfois trop discrète, la plainte de Joyal manque résolument de profondeur.Déjà, le titre laissait entendre une amertume singulière.D’ailleurs, certaines pages nous font sentir la présence d’une voix occasionnelle.Pourtant, cette tension inattendue se perd, un peu trop narcissique.Avec ce premier recueil embryonnaire, la révolte de Denise Joyal ne gagne pas à être aussi inoffensive.Robert Charte a n :-»a wf mmnmm, Pour Noël offrez le plaisir de lire Lise Payette Après avoir partagé ses souvenirs d’enfance et de jeune mariée son récit autobiographique en se remémorant Jalonné l’essor de sa vie publique : les coulisses d’Appelez-moi Use, celles des fêtes nationales de 1975 sur le mont Royal, et celles de l’inespérée victoire de novembre 1976.Des livres où l’on partage une expérience de vie .riche et inspirante XYZ éditeur m éditeur 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone: (514) 525.21.70 • Télécopieur: (514) 525.75.37 Courriel: xyzed@mlink.net m 104p.12,95$ Louise Dupré xrt.IU 416 p.16,95$ memoria ITZ 216 p.14,95$ 440 p.16,95$ Pierre Tourangeau Brigitte Caron IVrrç Tduunucau Larry Volt m Ut fin (Je siècle comme si vous y étiez (mol, |'y l'iiiis) ITZ ¦Pllllllll .I'' 228 p.14,95$ 288 p.14,95 i-;n vente partout Collection Romanichels poche Claire Dé le désir comme catastrophe naturelle Louis Hamelin f'mvlvw Adrien Thério Conteurs canadiens-françai.s ( 1967) AittlMioph «ottinrv par UJrVtt ilciv Une somme L’automatisme revécu de 1941 à 1954 CHRONIQUE DU M OUVEMENT AUTOMATES!!: QUÉBÉCOIS 1941-1954 François-Marc Gagnon Lanctôt Editeur, Montréal, 1998, 1023 pages BERNARD LAMARCHE Depuis le temps qu’on l’attendait, voilà qu’est arrivé sur les rayons de nos libraires le livre de l’historien de l’art François-Marc Gagnon, Chronique du mouvement automatiste québécois: 1941-1954.Somme colossale de renseignements sur le principal moteur de la modernité québécoise pour les arts plastiques, l’étude a été incubée pendant près de dix années de recherches soutenues sur les moindres ramifications du mouvement automatiste.Le livre organise un récit qui vise à «retracer année après année la vie du groupe automatiste», sans pour autant, peut-on lire dans l’avant-propos, nier le «caractère fabriqué de l histoire [qui] vient surtout des liens que tisse l'historien entre les divers faits qu’il établit».La première borne de l’entretemps couvert (1941-1954) correspond aux premiers soubresauts de l’agitation, qui allait mener au point révolutionnaire culminant de 1948.Le livre accorde, dans les premières années recensées, une importance inattendue à la fortune critique des Charles Dau-delin, André Jasmin et Gabriel Filion, «jamais considérés comme des automa-lisles», mais assez indépendants pour s’être livrés à des expériences picturales «originales».Un des intérêts du livre provient du fait que les exclusions du mouvement automatiste sont auscultées autant que les figures officielles du mouvement.De cette façon, peut-on lire encore dans l'avant-propos, le mouvement automatiste est perçu moins comme une «école» que comme «processus».Mais, contrairement à ce qu’on aurait pu attendre, le livre ne propose pas uniquement la transcription mise en pli de la plus petite parcelle d’anecdote entourant le groupe réfractaire au statu quo.En effet, à travers le rendu systématique de l’histoire, à laquelle Gagnon ne prétend pas donner une forme définitive, ce sont les dynamiques identitaires à l’œuvre que tente de préciser Gagnon.On aura l’occasion d’y revenir sans doute, mais après les contributions majeures des Gilles Lapointe, André G.Bourassa et autres Ray Ellenwood, l’apport de l’ouvrage patient de Gagnon est considérable.L’approche systématique avec laquelle l’auteur aborde globalement l’automatisme, autrement que par une approche monographique, complète l’effort historique fourni par Ellenwood et son Egregore.A History of the Montreal Automatist Movement, paru en 1992.De fait, c’est l’ouvrage à partir duquel les «chroniques» de Gagnon seront désormais évaluées.(.lironi(|ut I ndrit: publique l'UiS-I'JTO 275 pages 24.95 S I iie rie privée l'J.'i I - I 'U,S 278 pages 24,95 S limon /k Triptyque Le premier peintre Cimabue annonce la Renaissance italienne (UANLIIIGI TKIVELUTO Une pièce du Palazzo Querini Stampalia.Chambres avec vue Au cœur des palais vénitiens CIMABUE .Luciano Bellosi Traduction de l’italien par Anne et Michel Bresson-Lucas Actes Sud / Motta, Arles 1998,304 pages NORMAND THÉRIAULT LE DEVOIR Il a été dit de Cimabue qu’il fut le premier peintre italien: Dante, le grand poète, en fit l’éloge.11 fut aussi dit que jamais n’exista de peintre dont le nom fut Cimabue: son existence ne serait que le résultat de légendes et d’histoires propagées par ^des Florentins partisans.* Dans le débat entre les villes de ÏSienne et de Florence, qui, de Duc-$cio ou de Cimabue, peut revendi-*quer l’honneur d’une invention majeure qui va révolutionner tout l’art ^occidental: l’introduction du por-‘trait, de la figure et, surtout, de la ; perspective dans le tableau ou la I fresque à une époque où les sujets ; sont nécessairement religieux?Rap-j pelons l’époque.Durant les années *1200, le Duecento italien, l’art va {abandonner les modes de représentation hérités du Moyen Age pour ^renouer avec la tradition classique, {la manière grecque.{ Un artiste, dont on admet maintenant, sans aucun doute, l’existen-jee, opère à lui seul un travail ma-Ijeur: ses personnages ne sont plus {schématisés et, que ce soit dans tses mosaïques, ses fresques ou ses ’tableaux, les corps et autres voulûmes sont situés dans un espace ; réel.Cimabue sort de l'anonymat I et acquiert la célébrité, plus encore | que ces contemporains, qu’ils < soient Giunta Pisano ou Jacopo ! Torriti.Il travaillera ainsi à Floren-; ce, à Rome et à Assise, devenue > grâce à saint François le grand lieu ; de la chrétienté.1 De son œuvre, peu a été conser-! vé: 13 tableaux ou ensembles lui ; sont aujourd’hui attribués.De plus, • la malchance poursuit l'artiste i quand on sait que, si les tremble-¦ ments de terre qui ont ébranlé Assi- PALAIS VÉNITIENS Guizeppe,Mariol et Attilia Trivellato Editions Taschen, collection «Evergreen» Cologne, 1998,258 pages ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Il faut voir ce qui reste de la face cachée des célèbres palais vénitiens de la Renaissance italienne pour imaginer dans quel luxe et quelle opulence les ducs et sérénissimes princes (le la cité de Neptune pouvaient égrener leur triste existence.Etoffes de soie moirée, cadres rococo dorés, parquets marquetés de bois précieux, plafonds à caissons ornés de putti ventrus, rien n’était trop beau pour les influents diplomates et les riches commerçants qui, dès l’an 1000, érigèrent leurs luxueuses demeures, réminiscences de l’ère où la République de Venise connut son apogée.Offerts dans la magnifique collection «Evergreen» (le la maison Taschen, Les Palais vénitiens lèvent le voile sur ces palazzi désormais célèbres dont les pieds mouillent dans l’illustre Grand Canal de la cité lacustre.Palazzo Pisani, Palazzo Barbara, Palazzo Albrizzi ou Rezzonico: autant de temples élevés à la gloire de ces familles rendues richissimes par les comptoirs marchands ouverts en Grèce et au Moyen-Orient, auxquels on accédait tant par gondole que par la terre ferme.Grâce à ce livre, on peut ainsi pousser la porte de 19 palais tous plus somptueux les uns que les autres, traverser leurs cours intérieures, s’immiscer dans leurs log- gias et pénétrer ces grands salons repliés sur leurs trésors, issus d’un âge où l’influence et la richesse s’exprimaient par le Bel Art.Peinture de lumière Peintures du Tintoret, de Titien ou de Véronèse, les grands marchands confiaient la tâche d’égayer leurs vastes demeures aux peintres de la lumière que seuls d’immenses et aériens lustres en verre soufflé de Mu-rano étaient dignes d’éclairer de leurs feux.Sols de terrazzo, murs tabac en cuir repoussé, tapisseries vert absinthe, crépis d'ocre et murs patinés par le temps, les couleurs de ces intérieurs vénitiens se déclinent en autant de tons clairs-obscurs et capiteux.On peut facilement s’imaginer le bruit des étoffes froissées qui résonnait entre ces vieux murs, le murmure sourd des conciliabules politiques, l'écho des orchestres de chambre et les soupirs complices témoignant d’idylles sulfureuses.Soirée de démesure, danse des escarpins sur les sols astiqués à l’huile de lin, furent suivis de durs lendemains pour les princes déchus par des révolutions de palais.Au fil des siècles, ces demeures de rêve nourrirent d’ailleurs l’imagination de plusieurs écrivains, monarques, mécènes et cinéastes.On y découvre l’intérieur du fameux Palazzo Barbara qui inspira à l’auteur des Ailes de la Colombe, Henry James (1948-1916), ces passionnés trios amoureux, récemment adaptés au cinéma.«[.] si vous n'avez pas encore levé les yeux, depuis votre couche, à l'aube rosée ou pendant la sieste de l’après-midi (après le repas) pour admirer les médaillons et les arabesques du plafond, permettez-moi de vous dire que vous ne connaissez pas le Palazzo Barbara», écrit-il à son hôte, la richissime Isabelle Stewart Gardner, après que cette dernière l’eut fait dormir dans un somptueux lit à baldaquin installé dans la bibliothèque.Le peintre impressionniste Claude Monet y puisa aussi l’inspiration de ses évocations vénitiennes.Mme Stewart Gardner fut à ce point séduite par les trésors de cette maison de la Sérénissime qu’elle en recopia des éléments dans sa luxueuse maison de Boston, qui abrite aujourd’hui le Fenway Court Museum.Pour la plupart saccagés après la chute de la République de Venise en 1797, plusieurs de ces palais ont malgré tout conservé un faste indescriptible datant de la fin du XVII' siècle.Dilapidés de leurs bronzes, marbres, porcelaines, cuivres, étains et trésors après le départ des maîtres de Venise, le luxe qui a survécu aux invasions des barbares et au passage du temps est toutefois si ostentatoire qu'il laisse peu de doute sur le train de vie qu’y ont grassement mené les nobles de cet âge d’or.Maxime-Olivier Moutier Marie-Hélène au mois de mars roman d'amour 162 p., I7 S «Par bonheur, il a su transcender le détail d| l'expérience grâce il l'alchimie du Verbe; cl ça, c’c* laal mieux pour nous cl pour la litléralure.» - i Stanley l’éan.Ici «.grandiose.» Marie-Andrée Choulnard, le Iternir 1 se en septembre 1997 ont été souvent fatais pour les fresques de Giotto, on dit moins qu’il en va de même pour les fresques de Cimabue dans la cathédrale: déjà fort abîmées par le temps, de grandes parties de leur surface se sont détachées des murs.Premier livre majeur depuis 1963 à être consacré au peintre, le Cimabue de Bellosi décrit bien le travail et la fortune critique de cet œuvre.L’ouvrage est savant mais sait demeurer accessible.11 nous introduit fort bien à une œuvre et à une époque, permettant ainsi d’aborder et de comprendre les mouvements artistiques de ce siècle, par des références nombreuses aux productions contemporaines de l’auteur des mosaïques de la coupole du baptistère de Florence ou de la Croix de Santa Croce.Quant à l’illustration qui orne et documente cet ouvrage grand format, elle est irréprochable.MUSÉE DU LOUVRE Madone à l’enfant sur un trône avec des anges (détail), de Cimabue Éditions Libre Expression 2016, rue Saint-Hubert M< itréal H2L 3Z5 Pour Noël la librairie du bon conseil.Librairie Gallimard : 3700 boul.St-Laurent, tél : 499-2012 ^ A1A I.K I) K V OIK.I.K S S A M E 1) I I !l E T l> I.M A \ < Il E 2 0 l> K ( K M K K E MM) 8 I)’ 7 m L I V R.i s LE FEUILLETON Un testament de chien LITTÉRATURE FRANÇAISE Six siècles LES LARMES D’ULYSSE Roger Grenier Gallimard, collection «L’un et l’autre» Paris, 1998,172 pages Qu'y a-t-il de commun entre Homère, Aristophane, Rivarol, Stendhal, Queneau, Rilke, Jack London, Virginia Woolf, Kafka, Camus, Gide, Baudelaire, Fitzgerald, Valéry Larbeau, Faulkner, Tourgueniev, Tchékhov, Kundera, Valéry, Romain Gary, Schopenhauer, Levinas, Spinoza et tant d’autres qui ont laissé leur .marque dans la littérature ou la phi-| losophie?L’amour (parfois la haine) des chiens.Et Roger Grenier s’y connaît en chien en littérature! Si son livre ne l’avait pas suivi d’aussi près, sans doute aurait-il ajouté à cette longue nomenclature Paul Nizon (Chien) dont je vous ai parlé dernièrement (Le Devoir, 7 novembre 1998).Est-ce parce que nous vivons des «temps de chien» que le chien fait ainsi retour en littérature?Le chien nous rappelle en tout cas cette vérité élémentaire, faite toute d’ambiguïtés et que traduit si bien Tchékhov: «Quelles braves gens, les chiens.» Doit-on penser, comme l’auteur le laisse entendre, que les sentiments que nous éprouvons à l’égard des animaux de compagnie en disent plus long sur nous que toute autre chose?Peut-être pas, si nous admettons que bien des tortionnaires éprouvent pour leur chien des sentiments qu’ils ne consentiraient à aucun être humain.Et c’est bien là le paradoxe.«Aimer les chiens ne va pas sans désespérer plus ou moins des hommes.» Le modèle est-il trop élevé, trop pur, trop désintéressé?«•[.] le chien est, de toutes les créatures de la terre, celle que l’homme a choisie pour en faire le support de l’amour pur.» » Combien de fois, dans sa vie, Roger Grenier n’a-t-il pas préféré la compagnie de son chien, Ulysse, à celle de ses semblables! D’ailleurs.Pourquoi Les Larmes d'Ulysse, hormis le fait que son chien portait ce nom?Parce que, de ce grand et rusé guerrier que fut Ulysse, le seul qui fut capable de lui tirer une larme à son retour à Ithaque fut son fidèle chien («Poséidon, avec l'esprit vindicatif qu’on Tonnait aux dieux, s’était en vain acharné sur Ulysse.Mais lui arracher une larme n’a été donné qu'à son vieux chien.»).Pourtant, qui se souvient de son nom, Argos?Grenier, lui, y tient, aux noms de chien.C’est payer une vieille dette.Tout commence sans doute par cet épisode de son enfance, alors que son père abandonne le jeune Ro-.ger, alors âgé de treize ans, dans une chambre d’hôtel en Espagne en lui disant qu’il rentrera probable-¦ ment assez tard.Il a heureusement i pour compagnon ce soir-là un livre à couverture orange, de Jack London, I > dans lequel il plonge et qui va éloigner sa frayeur.Bien sûr, une histoire de chien.Depuis lors, nous dit l’auteur, «ni les ans, ni ce qu’on peut appeler la culture, ou la formation du goût littéraire, n’ont réussi à chasser ces auteurs et leurs personnages à deux ou quatre pattes de mon panthéon personnel».Curieusement, alors qu’il essaiera plus tard de faire partager cet amour des «chiens de livre» à ses enfants, il se heurtera à leur incompréhension.Le livre-chien «Je chante le chien crotté, le chien pauvre, le chien sans domicile, le chien flâneur, le chien saltimbanque.Je chante les chiens calamiteux, ceux qui errent, solitaires, dans les ravines sinueuses des immenses villes, soit ceux qui ont dit à l’homme abandonné: “Prends-moi avec toi, et de nos deux misères nous ferons peut-être une espèce de bonheur!”» (Baudelaire) Ce livre est un merveilleux outil pour qui chercherait à connaître la littérature canine, bien plus importante qu’on ne croit si on se fie à l’ensemble impressionnant des textes que l’auteur cite.Il est surtout un hommage au «mystère du chien», c’est-à-dire à cette faculté qu’il a de nous interroger sur nous-mêmes, sur notre humanité.Sartre, déjà, soulignait combien le chien, à fréquenter l’homme, finissait par «se sentir vivre» et, donc, par s’ennuyer.Chez son maître, tout lui est signe: tousser, regarder sa montre, éteindre la télé.Il n’y a en somme plus de geste innocent, et chaque minute peut apporter sa ration d’angoisse ou d’ennui.Rilke, qui remarquait, au voisinage des humains, le renoncement des chiens à leurs vieilles habitudes et même l’adoption de nos erreurs, l’expliquait par le fait que «leur décision de nous admettre les force à habiter, pour ainsi dire, aux confins de leur nature, qu’ils dépassent constamment de leur regard humanisé et de leur museau nostalgique».Maurice Maeterlinck, pour sa part, admirait cette faculté qu’a le chien, après seulement cinq ou six semaines, de se faire une conception satisfaisante de l’univers, alors que l’homme, «aidé de toute la science de ses aînés et de ses frères, met trente ou quarante ans à esquisser cette conception ou plutôt à entasser autour d’elle, comme autour d'un palais de nuages, la conscience d’une ignorance qui s'élève [.]».Pour calmer ses angoisses métaphysiques, il ajoutait encore ceci: que le chien «est le seul être vivant qui ait trouvé et reconnaisse un dieu indubitable, tangible, irrécusable et définitif.Il sait à quoi dévouer le meilleur de soi.Il n’a pas à chercher une puissance parfaite, supérieure et infinie dans les ténèbres, les mensonges successifs, les hypothèses et les rêves».Mais, comme le souligne Grenier, J en il- Pierre Den is ?Combien de fois, dans sa vie, Roger Grenier n’a-t-il pas préféré la compagnie de son chien, Ulysse, à celle de ses semblables! XYZ éditeur suivre I ammdu son temps à rédiger des slogans publicitaires creux.II a une tumeur au cerveau Avant démourir, il fera saàter la prose.16,95 $ Él IMH 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec),H2L 3Z1 Téléphone: (514) 525.21.70 • Télécopieur: (514) 525.75.37 Courriel: xyzed@mlink.net éditeur signee Claude réalise qu on PARTOUI EN VHNTI RAYMOND CLOUTIER TOUR SIMPLE libre 1 Expression Pour Noël offrez le plaisir de lire une biographie inspirante Jacques Languirand : un homme et un communicateur dont l’intensité de vivre est demeurée intacte, même la soixantaine passée.Dans cette biographie, CLAUDE PAQUETTE retrace l’itinéraire de ce passionné qui ne cesse d’inspirer ses contemporains.«.un personnage fort complexe que décrit \ bien la \ biographie Paquette » Mari» Roy.lu Presse «.en lisant ce livre, on Éditions Libre Expression 2016, rue Saint-Hubert Montréal H2L3Z5 si l’animal domestique est pour l’homme une protection contre les outrages de la vie, un recours contre le monde, la certitude un peu vaine d’être aimé à coup sûr, il est aussi «une façon d’être à la fois moins seul et plus seul».Parfois, aussi, il nous rappelle que, des deux, il n’est pas toujours le plus bête.A Sète, le gardien du cimetière avait un chien qui, à la prononciation de son nom, vous menait tout droit à la tombe de Valéry, jusqu’à ce qu’un ministre de la Culture trouve que le procédé manquait de respect et fasse interdire au chien de servir dorénavant de guide.Qui est le plus à plaindre, le ministre ou le chien?L’humanité canine Ce livre est non seulement un voyage littéraire mais un livre de reconnaissance, au sens le plus fort du mot.D’abord, de la place qu’occupe la gent canine dans la littérature (qui fait pendant à celle du chat), mais aussi, de sa signification pour l’homme.A cet égard, le chien est parfois un formidable porteur d’espoir! Comment, en effet, ne pas retenir l’histoire que nous raconte Emmanuel Levinas alors qu’il était affecté en Allemagne à un commando forestier composé de prisonniers de guerre d’origine juive — prisonniers que personne ne regardait, ni gardiens ni passants, comme s’ils n’appartenaient plus à la race humaine, jusqu’à ce qu’un chien errant passe par là et se joigne à eux.«Pour lui — c’était incontestable —, nous fûmes des hommes.» Ce sont là des leçons d’humanité, et il est bien curieux qu’elles nous viennent d’êtres qui, dit-on, n’en font pas partie.Quel plus bel hommage leur rendre! Mais aussi cet autre hommage, qui présente le chien comme le compagnon intime, organique, de l’écrivain tout au cours de sa chienne de vie d’écriture.«Et si la littérature était un animal qu’on traîne à ses côtés, nuit et jour, un animal familier et exigeant, qui ne vous laisse jamais en paix, qu’il faut aimer, nourrir, sortir?Qu’on aime et qu’on déteste.Qui vous donne le chagrin de mourir avant vous, la vie d’un livre dure si peu, de nos jours.» (Ienisjp@iiiliiik.net Une succession de portraits VOYAGES MANTRA VOYAGE , Patrick Bernhardt Ed.du Roseau, Montréal 1998,293 pages Cet auteur se présente «comme un simple voyageur à la recherche d’un monde meilleur».Il utilise le son comme moyen de réalisation du soi, «un voyage initiatique au cœur de la musique de l’âme».Evoquant la puissance du son, émis, parlé ou chanté, l’auteur met en lumière l’énergie et les pouvoirs mystérieux de ces vibrations spirituelles que constituent les mantras.René Rowan UNE AUTRE HISTOIRE DE IA LITTÉRATURE FRANÇAISE II Jean d’Ormesson Nil éditions, Paris, 1998,337 pages NAÏM KATTAN Jean d’Ormesson, romancier, essayiste, biographe, journaliste, directeur de revue, membre de l’Académie française, est un écrivain polyvalent qui sait atteindre le lecteur par le charme et le rejoindre par une simplicité qui ne recouvre pas une vacuité.Charme d’abord de l’écriture où les controverses sont aplanies et les excès bannis.Il vient de publier le deuxième tome de son Autre histoire de la littérature française, ouvrage autonome qu’on peut lire non comme suite mais comme un autre volet du premier.Il ne s’agit pas d’une chronique historique qui relate des époques et met en scène les personnages qui les ont marquées.D’Ormesson choisit de dresser des portraits des hommes et des femmes qui, individuellement et chacun à sa manière, ont donné naissance et vie à la littérature française.Quarante figures qui vont de Villon à Perec, de La Fayette à Colette en passant par Marivaux, Beaumarchais, Giono, Sartre et Caillois.Vision éclectique?En apparence.Car l’ensemble présente une continuité, un tout.Pour d’Ormesson, malgré leur immense diversité, les épigones de la littérature française, sont aussi vi- vants aujourd’hui qu’à leurs époques.Il replace chacun des personnages dans sa famille, soulignant souvent l’absence du père, et aussi dans sa terre, sa région et son temps.L’œuvre apparaît dès lors comme une dimension du personnage.Il sait choisir les anecdotes qui sont significatives aussi bien du caractère de l’écrivain que de la spécificité de son œuvre et qui donnent son charme à la lecture.D’Ormesson indique, et parfois souligne les prises de positions politiques et idéologiques de tel ou tel écrivain.Cela ne représente pas pour lui un critère de valeur car ce qui prime, à ses yeux, ce ne sont pas les attitudes, voire la pensée, mais la manière de les rendre.C’est ce qu’il nomme le style.Il en existe une grande variété et il n’en récuse aucun, du moment qu’il lui semble réussi.Ainsi, le contenu apparaît comme une dimension quasi secondaire de l’œuvre.Pour donner une idée du contenu, il se contente souvent de citations qui sont d’ailleurs abondantes et judicieusement choisies.D’une lecture agréable, ce livre peut être une excellente introduction à la littérature française pour tous les lecteurs, y compris ceux dont le français est une langue seconde.Pour information, sachez que Nil éditions vient de rendre disponibles en coffret les deux tomes ce cette Histoire.roman y; ; k y'viy.y\ Un thriller affectif où s’agitent les nombreux survivants d’une époque révolue, gtir qui tentent de contrer la solitude, le doux mal de cette fin de siècle.LANCTÔT ÉDITEUR CM R , T' s «On retrouvera dans ce livre, réussi pour un permier roman, le Raymond Cloutier que l’on connaît : l'esprit frondeur, le provocateur, l'homme qui ne se satisfait pas des demi-mesures, vomissant la bêtise et l'injustice.Zorro revu par Brecht.» Michel Bélair, Le Devoir.«M.Cloutier a su évoquer avec un brin d'humour et beaucoup de réalisme une époque où tout semblait possible, une époque d'avant le désenchantement.Il l'a fait d'une belle écriture, très fluide, capable d'exprimer aussi bien la passion que l'exaspération.» Réginald Martel, La Presse.RAYMOND CLOUTI UN RETOUR SIMPLE ER /^Triptyque Sir Robert Gray Mémoires d'un homme de ménagi en territoire ennemi roman.ISS p.20 S «Incisif, polilkiucmcnl incurred d éminemment urole.Mémoires d'un homme de ménage en lerriloire ennemi est.disons-le.plus qu'une surprise, un véritable coup tic cœur.>• nés Luoniame.Inuiies l ii roman coup de gueule»* lean l’nuère, l)e bouche à orci/h Si i Roi vu ( ir»i% ROGER GRENIER LES LARMES D'ULYSSE Commandez vos livres chez Renaud-Bray Nous expédions partout au Québec .poste ou messügork1.I Montréal : 342 - 2815 I Extérieur : 1-888-746-2283 E-mail : sad(u rcnaud-bray.com J I.K I) r.V (I I II .I.K S S A NI K 1)1 I !l !•: T I) I M A X ( Il K 2 I) I) K < K M 15 II E I !> !l S Chrystine Brouillet Les neuf vies d'Edward ROGER RtuRR r-“?uTjx des Quatre OPn.ifebeC _ Nitur KW» 0*TCMI ce ou* rout À Noël, offrez un beau livre en cadeau.Wayne W.Dyek Accomplisse/, voire TINÉE Un livre étonnant qui explore le principe ancien de la matérialisation par l’art séculaire de la méditation.Volume de 232 pages, 24,955 CARTE I BLANCHE Formule 1 Passion 98-99 par Arnaud Chambert-Protat et Dominique Leroy 49,95 $ Les Escaliers de Montréal par Jean O'Neil et Pierre Phillipe Brunet 39,95 S Histoire de L'Art des Inuits du Québec par Michel Noël et Jean Chaumely 49,95 $ Le Québec des Quatre Saisons par Pierre Phillipe Brunet et Marie José Tnériault 29,95 $ mniiii ?HMH ÉDITIONS HURTUBISE HMH - s rdir tel.: (819) 243-12.^3 téléc.(819) 243-6201 mirier lcnordir@sympatico.ca 4 I.K I) !•: V OIK, I.!•: S S ,\ M K I) I | !) K T |) | M ,\ \ ( || K •> u |) K ( K M K K K I II !) K L I V II E s *» ESSAIS QUÉBÉCOIS Mon histoire est-elle une épopée ?!À PROPOS DE L’HISTOIRE NATIONALE Collectif sous la direction de Robert Corbeau et Bernard Dionne Editions Septentrion Sillery, 1998,162 pages « » Quelle histoire nationale devrait-on enseigner à l’école publique?Cette notion est-elle même pertinente à l’heure où lè mot «mondialisation» résonne de plus en plus comme un mantra à nos qreilles?Dans la foulée du rapport La-Coursière (Se souvenir et devenir, 1996) et réjouis par la réforme Marois (L’école, tout un programme, 1997) qui prévoit une augmentation des heures consacrées à l’enseignement de l’histoire aux niveaux primaire et secondaire, des historiens professionnels, réunis en colloque cette année, se sont penchés consciencieusement sur cette question.A propos de l’histoire nationale, qui regroupe les contributions de onze d’entre eux, est le fruit de leurs réflexions, inspirées par l’état actuel de la discipline.7 Gérard Bouchard résume bien les nouveaux enjeux: «Depuis quelques décennies, la représentation de la nation est presque partout çn cours de révision ou de réaménagement, sinon de reconstruction.Elle délaisse l’ancien paradigme de l’homogénéité pour celui de la diversité.En conséquence, l’histoire nationale doit être réinventée elle aussi.Au Québec, ce travail est en cours depuis une vingtaine d’années, Mais il reste encore d’importantes étapes à franchir.» L’époque de l’histoire nationale hagiographique qu’on enseignait pour fouetter l’ardeur patriotique des troupes, si jamais elle a existé, est assurément révolue.Comme l’écrit Robert Martineau: «Dans une société démocratique, l’apport irremplaçable de l'histoire à l’école consiste davantage à former des citoyens ouverts, capables de poser des questions, d’émettre des hypothèses raisonnables, de s’informer pour les vérifier, de tirer des conclusions et de défendre ses points de vue que d’instruire des porteurs de drapeau [sic].» ¦ Pour parvenir à un tel résultat, l'histoire doit donc se faire critique et s’appuyer, comme l’indique Bouchard, sur des procédés d’objectivation.L’historien en propose trois qui •devraient se trouver au coeur de la méthodologie de l’histoire nationale»-, le recours à l’histoire sociale, qui permet de remettre en question un imaginaire national souvent expurgé de Ses aspects moins héroïques (Micheline Dumont, par exemple, dans son texte publié ici, pose la question suivante: «L’histoire nationale peut-elle intégrer la réflexion féministe sur l’histoire?»)-, la recherche de l’universel à travers les spécificités nationales, qui permet un élargissement de perspectives et un recadrage de nos marques distinctives; enfin, la comparaison, une méthode qui offre «la possibilité de déceler les faux particularismes, d’identifier les véritables spécificités».Position relativiste En ce qui a trait à ce dernier procédé, Ronald Rudin, sans nier sa per- tinence, y va néanmoins d’une mise en garde qui illustre sa position relativiste: «L’histoire comparée peut certes nous aider à connaître certains aspects du passé qui autrement nous échapperaient.En ce sens, elle agit comme toute autre technique historique.En revanche, aucune raison n’existe de croire qu’elle nous approche davantage de la vérité que toute autre technique.Les historiens colorent leurs œuvres de leurs propres valeurs et leur emploi de la méthode comparative ne doit pas dissimuler au lecteur la nature fondamentalement subjective de l’historiographie.» Lucia Ferretti, pour sa part, a examiné les contenus des programmes d’histoire nationale en France, en Belgique, en Angleterre et surtout les National Standards for United States History afin d’en tirer leçon.Elle en retient deux conclusions qui m’apparaissent particulièrement intéressantes: une histoire nationale territoriale et inclusive devrait, pour revendiquer ce statut avec succès, «reconnaître et accepter l’identité que les différents groupes se donnent d’eux-mêmes», de même que «mettre en évidence les conflits qui ont existé entre ces peuples et groupes culturels», c’est-à-dire «faire la part de la violence dans l’histoire».Ce à quoi Brian Young ajoute: «Nous devrions enseigner la normalité des conflits dans la société.• Quant à eux,prenant acte du fait que l’enfermement dans le national seul nous en interdit une compréhension valide, Jean-Paul Bernard et Gilles Bourque insistent sur l’urgence de dépasser l’injonction de Charles Sei-gnobos (en 1909) selon laquelle la nécessité pratique, en histoire, exigeait de se limiter à «choisir un compartiment de la terre» comme objet d’étude.Aujourd’hui, écrit Bourque, une telle restriction équivaudrait à un aveuglement: «L’histoire nationale est donc utile et nécessaire à condition, bien sûr, qu’elle s’ouvre à la pluralité sociale et culturelle, en même temps qu’elle prenne conscience que, dorénavant, les objets qu’elle analyse obéissent aussi à des déterminations qui dépassent le cadre qu’elle s’est donné.» Jean-Marie Fecteau, réfléchissant aux possibilités et aux limites de la démarche comparative, en arrive lui aussi à souhaiter l’invention d’une «expérience commune d’un autre ordre, celle de la communauté mondiale».Tâche colossale Comme on peut le constater, tenter de définir le visage que devrait prendre l’histoire nationale aujourd’hui constitue une tâche colossale qui nous entraîne fort loin des écrits patriotiques d’antan devenus obsolètes sur le plan épistémologique (mon histoire est peut-être une épopée.mais plus complexe que prévue!), même s’ils conservent par ailleurs d’indéniables qualités littéraires et historiques.À propos de l’histoire nationale le démontre hors de tout doute: une réécriture de l’histoire nationale qui tienne compte de l’état actuel de la recherche historiographique est une entreprise d’une rare complexité, sur- L o u i s C a r u e 11 i e r ?Une réécriture de l’histoire nationale est une entreprise d’une rare complexité i" ¦ .Caricatures PAUL CAUCHON LE DEVOIR N ;> Chaque Noël ramène son lot de traditions sans lesquelles on ne pourrait vivre: les sapins, les cantiques de Marie-Michèle Desrosiers, la course chez Eaton, l’opération Nez rouge, L’Année Chapleau.L’ANNÉE CHAPLEAIJ 1998 Boréal, Montréal, 1998 U' distingué collègue caricaturiste de Im Presse livre encore une fois ses meilleures caricatures de l’année.Si les finasseries de Jean Chrétien et les duels Lucien Bouchard-Jean Charest ; s’y taillent la part du lion, les caricatures probablement les plus audacieuses tournent autour d’un certain ! Bill Clinton, avec des images qui, de ; l’aveu même de certains dessinateurs ; américains, n’auraient pas été publiées ! facilement dans certains journaux | d’outre-frontière.Pour un caricaturiste comme Chapleau, la plus grande angoisse n’est pas de manquer de sujets: la bêtise humaine demeure largement partagée et la classe politique en général rivalise d’imagination dans le domaine des déclarations vides de sens.Non.Ut plus grande angoisse, c’est de perdre un bon client et c’est ce qui est arrivé cette minée alors qu’à l’annonce de la démission de Daniel Johnson, un Chapleau désespéré se dessinait lui-même prêt à se jeter dans le vide.Mais on peut aussi s’en tirer en exploitant quelques têtes de Turc jx'rsop- nelles qui, dans le cas de Chapleau, se nomment Pierre Bourque, Stéphane Dion, Gilles Duceppe ou Guy Bertrand.GODIN Ix*s Intouchables, Montréal, 1998 La tradition des albums annuels des caricaturistes compte aussi un nouveau joueur cette année, celui d’Eric Godin, dessinateur attitré de l’hebdo culturel gratuit Voir, mais qui se répand également sur quelques autres tribunes, par exemple sur le site Internet de Sympatico ou dans le magazine Le Trente à une certaine époque.Godin se situe dans un autre genre.Autant Chapleau propose des caricatures fortement dessinées, avec beaucoup de forme et de relief, collant de très près au visage d’une personnalité pour mieux le déformer, autant Godin fait dans le li ait minimal: un petit bonhomme à la tête ronde, aux dents pointues et aux quatre poils dressés sur la tête, conjugué à toutes les sauces.Son trait est à la fois dépouillé et un peu crasse, et il est souvent au service d’une idée forte, d’un coup de poing qui stigmatise la violence, la bêtise militaire, les inégalités sociales, l’exploitation.Souvent crus, ces dessins dérangent, ce qui n’est pas un défaut, on en conviendra.En fait, il ne manque vraiment qu’une chose à notre bonheur, c’est une autre publication qui reprendrait les meilleures œuvres de notre Gar-notte du Devoir.L’année prochaine peut-être?tout dans notre contexte particulier.«L’histoire nationale est-elle possible au Canada?», se demande Desmond Morton, et son expérience personnelle (il est l’auteur de A Short History of Canada) l’oblige à conclure avec modestie: «Si, comme Dieu, nous croyons avoir le dernier mot, nous serons détruits, comme toute autre image qui essaie de se faire passer pour la vérité; si en revanche nous reconnaissons nos limites, nous aiderons les autres à faire encore mieux.Privée de ses prétentions plus grandioses, l’histoire “nationale" est comme toute autre forme de production culturelle, ni facile, ni impossible, ni gravée dans la pierre.» En ce domaine qui touche au cœur de notre identité, de nos identités, donc qui concerne notre place dans le monde et nos rapports avec les autres, la circonspection s'impose.Parce qu’elle nous donne notre passé à partir d’un présent irréductible à un mirador unique, parce que, malgré cela, sa perspective doit demeurer englobante et inclure aussi bien le social, le culturel, le politique, le démographique que l’économique, l’histoire nationale occupe l’enviable mais exigeante position de matière-reine et maîtresse dans le cursus scolaire.Aussi, que sa difficile définition crée des remous n’a rien pour surprendre.Lorsqu’il s’agit de se dire ou d’être dit, il est normal qu’un peuple exerce une vigilance sans faille.Cela dit, et je conclurai là-dessus, comme le mentionne René Durocher, «l’histoire d’un peuple est toujours en évolution» et sa perception, au delà des querelles épistémologiques, relève, en dernière instance, du destinataire: «Chacun est libre de considérer que son histoire nationale est celle du Canada ou celle du Québec ou celle des Mohawks.Où est le problème?» Ce à quoi il répond: «Le problème majeur semble être que les Canadiens ignorent leur histoire.» Corriger cette lacune ne permettra probablement pas de gommer les dissensions et de mener à une vision consensuelle qui ne saurait être qu’illusoire.En revanche, «la connaissance peut susciter des débats constructifs qui permettent d’éviter que l’histoire devienne mythologique» (Durocher).Être libre, c’est choisir en connaissance de cause.En ce sens, À propos de l’histoire nationale est à considérer comme une contribution majeure à une entreprise dont l’issue nous concerne tous au premier chef.Les positions plurielles qui s’y expriment concordent ici, s’entrechoquent là, mais elles partagent un désir commun de faire de l’histoire la voie par excellence de l’accès à une citoyenneté participative et critique.«Et si, demande Lucia Ferretti, du courage des historiens naissait la possibilité, pour les Québécois d’aujourd’hui, de se construire ensemble une identité commune?» Du courage des historiens et du nôtre, ajouterai-je.louis.conwllierCàcollanaud.qc.ca Denis Lapointe GUIDE DE SURVIE à Vusage des quarante ans et plus DENIS LAPOINTE Guide.^'survie des à r usage no 's quaranlt et plus Uë ans nlMoui JVMMMI.«iftancita** «r •«KIMMHH A CtaMMHI o« i* •••••«¦ Les réponses aux préoccupations juridiques, financières et successorales à l’approche de la retraite.De quelle manière peut-on réduire les impôts payables à la retraite?Comment et pourquoi faire un testament?.Volume de 288 pages, 19,95$ CARTE BLANCHE 12 OOO films répertoriés film s • !f| 17,95 $ GILBCHIO HOMS PA T 1*10 LE DERNIER COMTE DE CANTABRIA 21,95 $ ENFANCE MOIS r i ou U ruser BENOIT MEUNÇON 14,95 $ Le guide incontournable pour tous les amateurs de cinéma.Un petit chef-d'œuvre d'ingéniosité narrative et un pur délice de lecture.Robert Chartrand /AlCMfcl BIRON * PIERRE POPOVIC Un livre itonl vans êtes En vente chez votre libraire 11951SC19 _____ _________•____________ MARGUERITE CONSTANTINfcAU i 19,95 $ Québec ! TOUTS l'ANNÉI ?POiU'OO* » KCQNOVtOWC ?*OClAU5 » CuUUWÉttÉ mes-umw 21,95 $ Tout ce qu'il faut savoir pour comprendre le Québec d'aujourd'hui.Une relecture de l'œuvre de Éthier-Blais qui permet de suivre l'évolution de l'institution littéraire québécoise des trente dernières années.Un essai sur la relation entre une forme d'écriture, la lettre, et le travail de la pensée.Un régal pour les yeux et pour les amateurs de pages d'histoire bien racontées.Gilles Rivest Un jeu où respect et humour enlacent le savoir et la connaissance.Un petit bijou littéraire.Marie-Andrée Chouinard Une grande histoire d'amour dans le nord-ouest du Québec.HDES 29,95 $ 24,95 $ Ce livre m'a paru irrésistible.un événement à la fois littéraire et personnel.Émile Martel, traducteur 17,95 $ Sur la rouit• de yciudreuil Laure Adler Marguerite Duras NRF Biographies 640 pages 34,95$ PRIX FEMINA ESSAI •«mente O LAURE ADLER —¦^/larguerite Dura On lit les six cent et quelques pages de cette biographie avec une curiosité qui ne cesse d’augmenter.Le livre terminé, on en reste étourdi, tant la vie de Marguerite Duras est riche, tourbillonante, émouvante aussi.Elle a fait de sa vie un roman.Jean-Marie Rouart ernis ST fis Jean-Marie Rouart le cardinal des plaisirs Bernis, le cardinal des plaisirs 246 pages 24,95$ Homme d'Église, homme d'État, homme à femmes.Hors du commun! ( .iillirimnl Laurençe Cosse La femme du premier ministre 257 pages 27,50$ L’histoire d'une femme, Madame de Choiseul, qui aimait un homme qui aimait le pouvoir.La femme du premier ministre GALLIMARD 1) 10 L E I) E V O ! R , LES S A M EDI I !> E T I) I M A N < Il K 2 0 I) Ê (' K M B R K 19!)» L’état de Dieu Un dictionnaire qui offre plus que les autres Dictionnaire critique de THEOLOGIE sous la direction de Jean-Yves Lacoste STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR DICTIONNAIRE CRITIQUE DE THÉOLOGIE Sous la direction de Jean-Yves Lacoste PUF, 1298 pages A priori, malgré ses quelque 1300 pages, ses 500 entrées, ses 250 collaborateurs émérites, il ne s’agit que d’un dictionnaire de théologie de plus.Le directeur de la somme, Jean-Yves Lacoste, du College of Bindings, en est même tout à fait conscient et s’en confesse dès l’avant-propos.Il précise donc «l’objet et l'utilité» du sien propre, de cette grosse, de cet immense pavé bien serré, histoire de séparer ce bon grain savant de l’ivraie commune.Il s’agit donc d’abord d’un livre de théologie, c’est-à-dire d’un ouvrage portant sur «le massif de discours et de doctrines que le christianisme a organisé sur Dieu et sur son expérience de Dieu».Le champ d’examen est ainsi parfaitement circonscrit et balisé de façon positive et négative: il est question des théories chrétiennes et non pas des «discours et doctrines» sur Dieu formulés par l’Islam ou d’autres girons culturels du vaste monde.C’est ensuite un dictionnaire, c’est-à-dire «un outil [.] mis au service de la transmission du savoir».Aussi bien dire une sorte de désordre organisé alphabétiquement, une somme de ce que l’on sait aujourd’hui de cette théologie occidentale, où chacun peut flâner à son gré ou alors trouver rapidement des réponses à ses questions.Les événe- ments, les personnages, les doctrines et les écoles de pensée, bref ces 500 entrées, font le point sur cette inépuisable question de Dieu.Au final, un important index général relie tout ça et facilite encore davantage la consultation.Savants collaborateurs Et puis, c’est un dictionnaire critique de théologie, en ce sens que les objets y sont analysés par les savants collaborateurs dans toute la complexité de leur histoire, dans la foulée des débats théoriques et des conflits humains qui les ont nourris.Cette perspective «objective» est d’autant plus importante avec un sujet comme celui-là, avec cette théologie «qui s'occupe centralement de phénomènes qui ne sollicitent jamais l’in-tellection sans solliciter aussi l'adhésion».En même temps, cette volonté est assumée sans concession jargon-neuse.Les textes des jp'ands spécialistes mondiaux sont simples et précis, un point c’est tout.Et alors, tout cela donne quoi, concrètement?Allons-y voir en commençant avec «Noël», un choix de circonstance.Dans le corps du dictionnaire, comme dans l’index, le renvoi est fait à «Année liturgique».C’est là que les découvertes et le plaisir commencent.On apprend que cette notion est une invention du XVIIP siècle, époque où l’Occident commença vraiment à distinguer le temps profane du temps liturgique, mais que les célébrations proprement dites du calendrier chrétien sont évidemment antérieures.On apprend aussi que les premiers chrétiens célébraient déjà chaque dimanche et que Noël était certainement fêté en 336 à Rome.Après les distinctions d’usage en fonction des différentes traditions d’Orient et d’Occident, le dictionnaire rappelle que «la liturgie de Noël est fortement marquée par le dogme des deux natures du Christ, tel qu’il a été défini au concile de Chalcédoine, tandis que la piété des fidèles, à partir du XIII' siècle, sera colorée progressivement par la dévotion de François d'Assise à l’Enfant issu de la crèche, ce qui donnera à Noël une importance comparable à celle de Pâques».À partir de ces seules données — et il y en a bien d’autres, on s’en doute —, on peut ensuite poursuivre l’in- vestigation historique et analytique vers plusieurs entrées connexes qui elles-mêmes renverront à des dizaines d’autres.Vers le «Culte des saints», par exemple, ou «Pâque», ou «Temps», vers les «Conciles» aussi, ou la «Révélation», ou le «Dimanche», ou le «Christ», ou le «Jésus de l'histoire».Et à chaque fois, c’est le même enchantement, le même plaisir de la découverte savante, la même confirmation que, décidément, tout constat fait, ce dictionnaire offre plus que les autres.GASTRONOMIE Tables d’hier A Pour recréer la cuisine du Moyen Age FÊTES GOURMANDES AU MOYEN ÂGE Carole Lambert et Claude Huyghens (photos) Imprimerie nationale, Paris 1998,248 pages MARIE-HÉLÈNE A LA RIE LE DEVOIR Ne boy pas la bouche baveuse, Car la costume en est honteuse.Ne parles point la bouche pleine, Car c’est laide chose et vileine.De ta touaille ne faiz corde, Honnesteté ne s’y accorde.«Les contenances de table» Depuis le Moyen Âge, plusieurs générations d’enfants se sont fait rabâcher la même rengaine.Les époques changent, les bonnes manières restent! On ne peut en dire autant des broet de verjust, cive d’oetres, coqz heaumez et autres hures de sengliers dorees et gingibre conduit.Pourtant, grâce aux auteurs des Fêtes gourmandes du Moyen Age, on risque fort de retrouver ces mets prochainement dans nos assiettes.pardon dans nos tranchoirs.Si on ne se lance pas dans la cuisine médiévale comme dans n’importe quelle autre cuisine exotique, c’est parce que pour bien en apprécier les curiosités, il faut connaître les règles qui la régissent et l’histoire à laquelle elle se rattache.C’est bien ici que se distingue les Fêtes gourmandes des nombreux autres manuels de cuisine du Moyen Âge qui, souvent, se contentent de donner quelques recettes.Elles deviennent savantes, ces fêtes, entre les mains expertes de Carole Lambert, cette médiéviste érudite, diplômée de l’Institut d’études médiévales de l’Université de Montréal, qui potassa pour nous les fameux traités de cuisine de Maître Chiquart, cuisinier du duc de Savoie, mais aussi le célèbre Viandier de Taillevent et le Recueil de Riom, ainsi que les traités italiens et catalans du XIV et XV" siècles.L’amour des objets Tout a commencé avec les objets, en fait avec l’amour des objets: les vases, écuelles, couteaux, lèchefrites, fourchettes qui malheureusement dorment dans les vitrines des musées.Ici, ils reprennent vie, sous l’œil vif et attentif des photographes Françoise Danrigal et Claude Huyghens.Mais pour vraiment ressusciter ces objets, nos deux photographes ont fait appel aux talents de Yves Pinard, chef du restaurant Le Grand Louvre, qui organise depuis des années des dégustations et des banquets médiévaux à Paris, pour réaliser les recettes d’une trentaine de plats médiévaux.On lui a aussi demandé une description des banquets aristocratiques des XTV1' et XVe siècles.Quant à lui, Jean-Louis Flandrin, entre autres auteur de nombreux ouvrages dont Us Amours paysannes, Chroniques de Platine et Histoire de l'alimentation, signe un avant-propos savant.Il nous prendra par la main et nous conduira à travers une reconstitution du Moyen Âge gastronomique.En plus de ses textes fascinants, il faut mentionner la présentation particulière de ce livre.Dans sa partie culinaire, on retrouve non seulement ie texte authentique de chaque recette mais, dans leur graphie d’origine, les quelques lignes manuscrites qui nous l’ont transmise, le tout imprimé sur papier calque.Evidemment, de très sommaires qu’elles étaient, ces recettes sont aujourd’hui commentées par le chef Yves Pinard, qui en précise les temps de cuisson et les quantités d’ingrédients nécessaires à leur réalisation, détails souvent omis daüs les manuscrits originaux.qottfmandt Après le grand bonheur que nods procurera la lecture des Fêtes gourmandes, on se souviendra du sage enseignement proverbial qe l’époque médiévale.Aussi n’oubliez pas que «Dieu nous garde [.] d'un bœuf salé sans moutarde» et surtout que «veau mal cuit et poulets crus font les cimetières bossus».Alors, en appliquant ces judicieux conseils, on s’assure de passer de joyeuses Fêtes gourmandes! Sans appellation contrôlée L’UNIVERS DE LA VODKA ET DE L’AQUAVIT Gilbert Delos Solar, Paris, 1998,160 pages LE DEVOIR Spécialiste des cocktails, Gilbert Delos propose ici un volume qui porte sur l’univers de la vodka.Le type d’ouvrage pour les amateurs vraiment décidés: on y discute, par exemple, de 150 marques de vodka différentes de par le monde, avec force illustrations, en identifiant toutes les nuances possibles dans les arômes et les goûts.Quelques chapitres retracent l’historique de cette boisson qui, contrairement à d’autres alcools, n’a pas fait l’objet d’appellation contrôlée.Résultat: après des décennies de laxisme qui ont vu des marques polonaises, Scandinaves, britanniques et américaines s’emparer du marché, les Russes tentent désespérément aujourd'hui de convaincre le reste du monde que leur vodka demeure la seule authentique.Considérant d’ailleurs que la vodka encourageait l’abrutissement des masses, les révolutionnaires de 1917 avaient tout fait pour réduire sa consommation.pour ensuite se rendre compte qu’ils étaient aussi bien de composer avec elle et qu’on pouvait même en tirer des revenus.L’ouvrage consacre aussi un petit chapitre à l'histoire d’Absolut, une histoire incroyable en soi, alors qu’une vodka qui n’avait rien de particulier est devenue,dans les années 80, un mégasuccès de marketing et de publicité.Propos LE LIVRE DES ÉPICES Alain Stella Flammarion Paris, 1998,192 pages DIANE PRÉCOURT LE DEVOIR Les routes des épices ont fait l’objet des plus folles aventures depuis l’Antiquité car il fut un temps où un sachet de poivre et une poignée de cardamome constituaient de véritables trésors.Le livre en décrit les grandes époques, en plus du florissant commerce auquel elles ont donné lieu.Aujourd’hui, les épices sont partie intégrante de notre univers, non seulement culinaire et gastronomique mais thérapeutique et aphrodisiaque.Les grandes toques comme les artisans des menus plus sobres nous en font découvrir chaque jour les couleurs, les parfums et les saveurs.Piler au mortier des graines de coriandre ou écraser des grains de cumin ou de fenouil embaumera en effet toute la maison.Qu’elles soient fleur ou graine, écorce ou fruit, rhizome ou noix, douces ou piquantes, amères ou sucrées, les épices relèvent le goût des mets les plus simples.«Les épices sont peut-être une centaine à nous offrir leurs caresses ou leurs ardeurs, écrit l’auteur.Mais seules une dizaine d'entre elles méritent le titre de reines relevés car, à la différence des autres réservées à certaines cuisines, elles se sont imposées dans toutes les gastronomies de la planète.» Il consacre une grande partie du livre à ces «épices reines» pour en décrire les caractéristiques, avec des images qui ne mentent pas.Le Livre des épices se termine sur quelques recettes suivies d’un «guide de l'amateur» (avec des adresses françaises), d’un «glossaire des épices» et même d’un entrefilet sur «les épices d'Internet» fournissant les noms de quelques bons sites.LE El V H E I) E £ EPICES \i m Mi i.i * l'frf.irr itr IHM.r IUIHn«V I.E I) E V 0 I It , 1, E S S A M E 1)1 I il E T I) I M A X ( Il E 2 H I) K < E M It It E I !) !) 8 L I V R E $ I) I I N A T U K K Au fond des mers et des bois Les images de l’environnement naturel v.-îsii .w ÿKiç>jfS«$ÿM Mm!1' r.••'lis •¦v.'••• 3^' y.i'vy Jfe Aÿc -S Si' '\i mm MHKUUHHg; LOUIS-GILLES FRANCŒUR IÆ DEVOIR L) année 1998, consacrée par les ’ Nations unies «Année internationale des océans», n’a pas été célébrée très fort dans nos sociétés urbaines et continentales.Même à Montréal, on peut se demander combien de citoyens réalisent au moins une fois par semaine qu’ils vivent sur une île au milieu d’un fleuve.Alors, la mer et les océans.Mais on peut se rattraper par le livre.OCÉANS Merveilles du monde sous-marin Angelo Mojetta Éditions Solar, Paris, 1998,200 pages Ce livre se veut avant tout un tribut à la mer, à ses beautés et à ses mystères pour mieux, ultimement, faire comprendre la fascination éternelle qu’elle exerce sur les humains dans cette dualité amoureuse qui fait qu’on l’aime autant qu’on la craint.L’auteur, qui a d’abord publié ce livre l’an dernier aux éditions Arnoldo Mondadori, à Milan, présente certaines des grandes mers et quelques-uns des océans du monde.Mais pas tous.Son propos n’est visiblement pas de faire œuvre exhaustive, ce qui explique qu’il oublie les grandes mers glacées des pôles, tout comme il ne consacre aucun chapitre particulier à l'Atlantique mais plutôt à certaines portions, comme les Caraïbes.Le livre débute par une histoire intéressante des océans, depuis la formation de la grande Téthys, la grande mer unique des origines, qui s’est subdivisée par la suite avec la dérive des continents.Cette histoire des mers, on le devine, devient celle de la vie sous toutes ses formes, y compris certaines parmi les plus anciennes, mieux conservées souvent dans la grande matrice aquatique que sur terre.Qu’il évoque le véritable serpent de mer, bien réel mais plus petit que dans les légendes, ou les «monstres» préhistoriques bien vivants des Galapagos, par exemple, ce livre aborde tout sous l’angle du merveilleux.Mais aussi sous l’angle de l’insolite.Car il recèle, en plus du chapitre sur sept grandes mers, quatre volets — trop courts! — aux incroyables méthodes de reproduction des organismes marins, aux différentes formes de mimétisme qu’abritent les océans et aux défenses et aux sens surprenants qu’ont développés les étranges formes de vie océane.On devient d’ailleurs modeste devant certaines des merveilles dites contemporaines de la technologie quand on apprend que certains squales détectent avec des décharges et des senseurs électriques la présence de poissons enfouis dans le sable et lorsqu’on réalise que la plupart des armes humaines ont vu le jour sous l’eau depuis des millénaires: harpons, poisons, pièges, lames acérées ou massues, boucliers révulsifs, vitesse et camouflage! Mais un des aspects les plus intéressants de ce livre réside incontestablement dans la qualité et même le SOURCE ÉDITIONS SOLAR Le poisson porc-épic augmente son volume grâce à une particularité anatomique de son appareil digestif.SOURCE EDITIONS SOI.AR toile de mer des îles Galapagos côté accrocheur de ses illustrations.En fait, on jurerait que le texte a été conçu en soutien des abondantes photographies qui tapissent chaque page et que l’on doit à six talentueux photographes italiens.Ce qui en fait un livre admirable, truffé de textes courts, invitants à lire, qui vous initie, mine de rien et de façon fort agréable, à un sujet complexe.LE GRAND LIVRE DES ANIMAUX , Philip Whitfield et Richard Salker Éditions Solar, Paris, 1998,616 pages Voilà une valeur sûre: une véritable encyclopédie en un volume qui ne propose pas une liste exhaustive des espèces vivantes de la planète — il aurait fallu bien davantage que 616 pages — mais une vue d’ensemble très valable des principales familles, espèces et sous-espèces animales.Un ensemble bien structuré, bien illustré et d’approche pédagogique.Un cadeau que des jeunes et des moins jeunes, fascinés par le monde animal sous toutes ses formes, apprécieront des années comme instrument d’initiation ou d’outil commode de référence.Ce livre n’est pas une primeur.Même en français.En effet, une première édition dans notre Lingue a été publiée en 1984, qui résultait d’une traduction de l’original, paru la même année chez Marshall, qui réédite d’ailleurs en anglais cet automne aussi.L’ouvrage a été heureusement réaménagé pour tenir compte de nouvelles connaissances sur les animaux décrits, sur leur aire de distribution, voire sur les nouveaux dangers qui les guettent en ce siècle de dévastation des écosystèmes.Mais comme trop souvent dans l’édition française, on ne donne pas les équivalents nord-américains et — ce qui est moins acceptable —, pour des espèces d’ici, le nom vernaculaire.Ainsi, pas question d’outardes mais de bernaches du Canada.Le bec-scie porte est un harle-huppé, de quoi donner l’impression à un Québécois qui consulte l’aire de distribution qu’il s’agit d’une espèce disparue! Notre carcajou — Montignac s’en réjouira — n’est qu’un glouton! Plus chanceux, notre orignal se retrouve pour upe fois sur le même pied que l’élan.A voir la façon dont on impose ainsi la terminologie française dans ce livre distribué sans doute dans l’ensemble de la francophonie, on se surprend à rêver d’une version qui donnerait au moins les noms vernaculaires de leurs pays d’origine ou de leurs principaux foyers de vie.Malgré ce défaut, moins pardonnable dans une réédition, cette encyclopédie demeure intéressante pour ses autres qualités, y compris celle de ses illustrations.VTCTOK-Lm lit ULILD LES CONTES QUÉBÉCOIS l)U CIUND-ITIU: IOHC.I RON À SON I*LTI1-I ILS BOL'SCnl ir w l/ei “de Éditions xrois-Pistoles enues de la grande tradition des légendes et des contes français, nos histoires de loups-garous, de revenants, de chasse-galerie et de maisons hantées, peuplent toujours notre imaginaire.Pour avoir baigné dedans comme dans de l'eau bénite depuis mon enfance, c'est un grand plaisir pour moi de raconter ce que mon grand-père nous narrait alors que pareil à Vulcain dans sa boutique de forge de la rue Vézina des Trois-Pistoles, il donnait tout son sens à l'esprit de voyagerie : les légendes et les contes viennent de la pensée collective; fondamentalement, ils sont l'écriture de tout un peuple et l'expression sacrée de son affranchissement.LES CONTES QUEBECOIS DU GRAND-PÈRE FORGERON À SON PETIT-FILS BOUSCOTTE Denis Moncttc Manque-t-il un Monette à votre collection ?_ oenis monette Denis Moneitc Les Parapluies PLUS DE 20 000 Un purgatoire pie EXEMPLAIRES VENDUS Denis Moncttc pjrie tusseau Denis Mouette Un purgatoire Denis Mouette MON LIT!: Les Parapluies du Diable 544 pages 448 pages En vente dans toutes les bonnes librairies Les Éditions LOGIQUES — Distribution exclusive: LOG1DISQUE 1225, rue de Condé, Montréal (Québec) H3K 2E4 TéL: (514) 933-2225 • Fax: (514) 933-2182 loglque@cam.org • http://www.logique.com 352 pages 600 pages «s» 336 pages 512 pages Marie Mousseau 1937-1957 Un écrivain découvre toute la puissance du souvenir.Un purgatoire Alors que la mort approche, un homme lait lace à la vérité.Les bouquets de noces Après quatre mariages, Victoire pourra-t-elle enfin goûter au bonheur?Les parapluies du diable Un récit autobiographique : une enfance tragique.comme dans les romans.I Adèle et Amélie l I I l l I I I L’ermite Son roman le plus troublant à ce jour.Chef-d'oeuvre et best-seller! L’histoire de deux sœurs que la haine et le destin lient pour la vie.Laure Adler Marguerite Duras NRF Biographies 640 pages 34,95$ PRIX FEMINA ESSAI LUI U K ADLEK —4/larguerite Duras |lAk* On lit les six cent et quelques pages de cette biographie avec une curiosité qui ne cesse d’augmenter.Le livre terminé, on en reste étourdi, tant la vie de Marguerite Duras est riche, tourbillonante, émouvante aussi.Elle a fait de sa vie un roman.Jean-Marie Rouart Bernis, le cardinal des plaisirs 246 pages 24,95$ Homme d'Église, homme d'État, homme à femmes.Hors du commun! Laurençe Cosse La femme du premier ministre 257 pages 27,50$ L’histoire d'une femme, Madame de Choiseul, qui aimait un homme qui aimait le pouvoir.UI'NKNCK f«wt La femme du premier ministre mf * is.Jean-Marie Rouart ilr ! Af*Jrti»r fninçii»*- le cardinal des plaisirs (.iillinmnl GALLIMARD I) 12 I.E I) K V OIK, I.E S S A M EDI I !) E T D I M A X l Il E 2 (I D E (' E M B K E I !l II « —MKF DE L’ECRITURE A LA COLLECTION CJAt>4) reau ifitelli^efices " .Un magnifique essai sur la Transformation des sociétés." Madeleine Guay, Les Affaires " C'est un alliage réussi de poésie, de gestion et de culture, Sylvie Gendreau a comme leitmotiv dans ce livre d'éveiller l'enthousiasme et l'imaginaire, de redécouvrir le pouvoir créateur du désir." Richard Cummings, Midi-Culture, Radio-Canada Pour Noël offrez le plaisir de lire une saga familiale L’Horloge aux souvenirs : deux romans où est raconté le destin d’une famille québécoise arrivée à Montréal au début du siècle.Dans le deuxième tome : l’héroïne, Florence Grand-Maison, doit veiller seule aux affaires familiales après le décès de son mari.Une saga qui ressuscite les grandes familles québécoises d’autrefois Ga£°°n T\ (fvo.vo.v 4 /, ’horfoyc au.v Souvenirs (l
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