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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1999-01-16, Collections de BAnQ.

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I.K I) K V 0 I It .I.K S S A M i: I) I I li K T I» I M A X (' Il K 17 JA X V I K It I !l !l !l lettres québécoises Page D 3 Le feuilleton Page D 5 lui vie littéraire Page I) 6 ?Jean McEwen Page D 7 Formes Page D 8 ENCYCLOPÉDIES La saga des savoirs secrets L’ésotérisme a fort mauvaise presse de nos jours: son parfum suranné fait sourire quand la couleur sépia des vieux manuscrits dont elle s’inspire ne fait pas craindre le pire.Dans le Dictionnaire critique de l’ésotérisme, un ouvrage monumental qui fait presque 5 kg, Jean Servier en trace le chemin avec une audace qui n’a d’égale que l’étendue de sa connaissance du sujet MICHEL BÉLAIR LE DEVOIR Ce que les grands dictionnaires du XIX' siècle définissaient comme «un ensemble de doctrines secrètes révélées progressivement par des initiés» s’est lourdement entaché, avec les années, du poids de tous les charlatanismes qu’on a réussi à inventer.On a depuis longtemps remplacé les principes mêmes du compagnonnage et de l’apprentissage par des programmes scolaires où les notions de maître et d’élève se portent plutôt court.Et les sociétés secrètes de tout poil semblent désormais piégées à coup sûr par les petits démagogues et les profiteurs de tout type.Malgré les cris d’alarme lancés en notre siècle par des personnages aussi étonnants que Gurdjieff, Jung, Eugène Canseliet ou René Guénon, on n’a pas réussi à inverser la tendance.ü‘s ponts sont coupés, c’est fait; la tradition ésotérique est bien ' morte de sa belle mort.Mais pendant qu’elles reléguaient la pensée magique aux oubliettes, la science et la technologie accouchaient aussi du néolibéralisme et de l’économisme à tout venant, qui servent aujourd’hui de principes au moindre gouvernement qui se respecte.La réalité, la vraie, a son prix.Lourd.C’est probablement ce qui a incité Jean Servier et son équipe de collaborateurs à réexaminer à la loupe, dans cet austère immense machin de 1500 pages imprimé en tout petits caractères, la dépouille si facilement mise de côté d’une tradition multiforme presque cinq fois millénaire.Au cas où l’on aurait jeté le bébé avec l’eau du bain.Géométrie variable On trouvera dans ce gros ouvrage sérieux, présenté comme un bon vieux dictionnaire encyclopédique, de quoi nourrir toutes les curiosités.Dès le départ, dans son remarquable avant-propos, Jean Servier trace le chemin avec une audace qui n’a ; ^’égale que l’étendue de sa connaissance du sujet.C’est lui qui souligne les liens entre toutes ces tentatives d’explication globale du monde que présupposent tout autant les mathématiques que l’alchimie médiévale ou l’astrologie pharaonique.Et qui met en relief la nécessité ressentie depuis les premiers hommes de percer les secrets de l’invisible.On parle de tout, ici.Des «mystères antiques» comme ceux révélés à Eleusys.D'astrologie védique, maya ou islamique.De chamans et de chamanisme.De gnose, de mathématiques arabes, de Celtes et de druides.De déluge aussi, comme le rapportent des civilisations disséminées aux quatre coins de la planète.De kundalini et de chakras.Même du dieu Pachacamac que les amateurs de Tint in connaissent un peu déjà.On rencontre des mythes et des hommes en chair et en os; de Faust à Cilgamesh en passant par Paracelse, William Blake, Huysmans et Nicolas Flamel.Des soufis aussi, derviches tourneurs ou non.Et des explications, partout.I.c chapitre (le plus long du livre) portant sur l’astrologie explique, par exemple, l’importance que cette disci- ?LE DEVOIR * Tintin 1 ' enfance= de l'art Pour le 70' anniversaire de Tintin, Casterman réédite à prix populaire le premier album d’Hergé à mettre en scène le reporter à la houppe blonde, Tintin au pays des Soviets, le seul aussi à n’avoir jamais été retravaillé par l’auteur et son studio.Ma chère, on vieillit comme on peut.DENIS LORD Il faut bien le dire, quand Hergé se lance dans la publication de Tintin au pays des Soviets, en 1929, il y a beaucoup de jeunesse dans le décor, hormis le siècle qui, pour en être à ses débuts, a déjà quelques dizaines de millions de morts dans le casque.Hergé lui-même n'a que 21 ans et le supplément illustré du quotidien ultracatholique lu Vingtième Siècle, qu'il dirige, destiné à la jeunesse belge, commence seulement à paraître.Jusqu’à la bande dessinée qui en est encore à ses débuts mais qui n’en est pas moins solidement implantée dans les journaux.Audacieux, diversifiés, les Etats-Unis mènent le bal avec George Herriman et son Krazy Kat, Windsor MacCay et Little Nemo in Slumberland, sans oublier les héros Popeye, Buck Rogers et Tarzan.En Europe, les têtes d’affiche sont Les Pieds Nickelés, Bécassine, Zig et Puce.L’utilisation du phylactère y est moins répandue qu'en Amérique, à tel point que lorsque le journal français Cœurs vaillants republiera Tintin au pays des Soviets, on y ajoutera des vignettes narratives pour ne pas confondre le lecteur.Moscou, 1929 Antisémite, antidreyfusard et admirateur de Mussolini, l’abbé Wallez diiige lu Vingtième Siècle.C’est lui qui encourage Hergé à créer un jeune héros exemplaire, lui suggère d’y associer un petit animal de compagnie.Hergé avait créé Totor, le scout; il le remplace par Tintin, reporter.Ça élargit les horizons.A preuve, il l’envoie en Union soviétique, pays démoniaque entre tous.Mais Hergé ne connaît à peu près rien du fief de Staline.Sa Russie n’est qu’une abstraction d’où n’émergent que soldats, tortionnaires et assassins.On n’a pas l’impression de visiter un pays, comme dans lu Sceptre d'Ottokar, Le Lotus bleu ou L’Oreille cassée.Le décor, le paysage n’est pas campé, vraisemblablement parce qu'Hergé manque de documentation tout autant que d’expérience.11 n’y a qu'au moment où Tintin et un Milou fort bavard arrivent enfin à Moscou, en page 78, que l’auteur esquisse un semblant de civilisation.Il montre une capitale sinistrée où une jeunesse famélique, vêtements en lambeaux, fait la queue pour un quignon de pain.Les nostalgiques de l'Empire seront les derniers servis! •) u Y» v* \ \ VOIR PAGE I) 2: SAVOIRS VOIR PAGE D 2: TINTIN L K I) E V (MR, l.E S S A M EDI I I! E T 1) I M A N (¦ HE 17 .1 A N V I E II I !l !l !• 1) 2 Livrés SAVOIRS Des synthèses d'une étonnante clarté 'AVA TINTIN Plus tard, Hergé désavoua Au pays des Soviets wm «a w ^ -ir- ' >v* y.DICTIONNAIRE CRITIQUE DE L’ÉSOTÉRISME Ouvrage collectif sous la direction de Jean Servier Presses universitaires de France Paris, 1998,1449 pages SUITE DE LA PAGE D 1 pline jouait dans la construction des temples aussi bien, dans l'Inde ancienne que dans l'Egypte des pharaons.On y raconte l’histoire fascinante de ces chercheurs qui ont mesuré, avec des oscilloscopes et des niagnétomètres à résonance de photon, le champ d’intensité vibratoire de ces sanctuaires millénaires.et qui sont revenus avec des données ahurissantes et constantes qui dépassent bien des types de frontières.Mais le plus beau, c’est que (out cela se lit comme une sorte d'enquête policière à géométrie variable.En feuilletant un peu partout t— ce qui est la seule façon possible de vivre avec cette somme de connaissances à côté de soi —, on tombe constamment sur des choses étonnantes.L’invention du diable C’est à «Sorcier» qu’on trouvera patiemment reconstituée, à partir de textes datant de la fin du XI' siècle, l’invention du diable et des cultes sataniques par les moines de l’Inquisition.Qu’on apprend que le Sabbat des sorcières a d’abord pris le nom, comme par hasard, de «Synagogue».Que les femmes de plus de 40 ans ont toujours formé la très grande majorité des gens accusés de sorcellerie.Et que les registres montrent bien que 75 % d’entre elles ont été bridées vives.Partout, quel que soit le sujet traité, l’équipe de chercheurs de Jean Servier livre des synthèses d’une étonnante clarté alors que la croyance populaire veut que tout ce charabia ésotérique soit d’une nébulosité délibérée.Bien sûr, on y trouve des mots qui n’ont pas souvent cours sur les tribunes téléphoniques et les vox pop; des choses comme «eatabase» (la plongée du héros dans le domaine des morts) et «anabase» (son retour).11 est souvent question de lecture symbolique de la réalité.De mythes, de traditions et de manuscrits perdus.Mais partout, parce que ce dictionnaire est d’abord critique, on livre des analyses fouillées de sujets complexes en les situant dans leur évolution historique et en faisant ressortir leurs implications pratiques dans les divers contextes politiques, culturels ou religieux.Cette constante mise en perspective permet de voir, par exemple, que l’évolution du langage alchimique de l’Antiquité jusqu’au XIX' siècle est à l’origine de concepts ayant donné naissance aux sciences empiriques que sont la chimie et la médecine.Sous toutes ses lourdes coutures, cet ouvrage imposant est une inépuisable mine regorgeant de liens et de repères pointant les limites des prétentions des hommes de tous les âges tout comme leurs innombrables tentatives de dépassement.L’ensemble est en fait si imposant qu’on ne peut aborder la recension de cette passionnante saga des savoirs secrets qu’en ayant l’inconfortable impression de trahir.Trahir l’ampleur du projet.Trahir la profondeur de la recherche et des interrogations soulevées.Trahir l’existence même d’une entreprise hors du commun.On me pardonnera, je l’espère, d’en avoir dit si peu.SUITE I)E LA PAGE I) 1 L’anticommunisme de l’œuvre tient dans ce portrait d’une société en totale déperdition, famine, dictature et désolation, dans le fait que les seuls bons Russes de l’album ne soient que des figurants, dans cette usine encore, décor de théâtre destiné à leurrer les voyageurs.Hergé et son éminence, l’abbé Wallez, restent muets sur les conditions de vie ignobles qui conduisirent â la Révolution.A se rap-peler le pathétique concert d’émotions qui a accompagné le nouvel enterrement des restes de la famille Romanov il y a peu de temps, on se demande si les choses ont tellement changé.A la limite, on serait indulgent pour l’esprit propagandiste de Tintin au pays des Soviets si l’album était plus substantiel.Ces premières aventures du petit reporter susciteront une grande ferveur chez le lecteur contemporain que s’il est archéologue du neuvième art ou public bon enfant, complaisant.140 pages de poursuites â pied, en sidecar, en automobile, en bateau et à cheval, c’est plus que n’en peut supporter le bédéphile normalement constitué.Le meilleur gag de l’album, et on peut se demander s’il est volontaire, c’est lorsqu’un dirigeant communiste déclare: «Nous manquons de blé! Le peu que nous possédons sert à notre propagande à l’étranger!» Sinon, les personnages manquent de relief, et le récit, de colonne vertébrale.Ses plus beaux moments surviennent lorsque le fantastique et l’absurde, imprévisibles, viennent ponctuer cette interminable suite de poursuites: un squelette caché dans une horloge, un phonographe enfoui sous le sol d’une maison, ou encore Tintin et Milou déguisés en fantômes.Ultérieurement, Hergé raffinera ce dosage du fantastique, de l’humour et de l’aventure, rendant son œuvre sublime et incontournable.Il reprendra aussi dans quelques albums plusieurs gags de cet épisode slave.Pour l’instant, c’est l’enfance de l’art.Les cadrages manquent parfois de force, les perspectives ne sont lias toujours justes, et Tintin, morphologiquement, diffère d’une case à l’autre.Ce qui n’empêche pas le dessin de posséder beaucoup de charme; il ne serait pas fatalement déplacé dans une publication underground d’aujourd’hui.Hier et après Les Aventures de Tintin au pays des Soviets étaient publiées, en noir et blanc, à raison de deux planches par semaine, dans les pages du Petit Vingtième.Dès le début, en 1929, elles furent l’objet d’un vif engouement, contribuant à augmenter le tirage du journal.Les dirigeants de ce dernier eurent une ingénieuse idée de marketing: prenant pour prétexte la publication du dernier épisode, ils choisirent un scout de 15 ans pour personnifier le nouvel héros et, le flanquant d’un sosie de Milou, firent arriver le tandem dans une gare bruxelloise surpeuplée et survoltée.Les droits sur Tintin furent négociés à l’étranger et U Vingtième Siècle se lança dans l’édition d’albums.Cependant, plus tard, Hergé désavoua Au pays des Soviets.A cause de sa médiocrité généralisée, que ce soit sur le plan du dessin, du scénario ou de la propagande bébête.Il ne trouvait pas qu’il valait d’être refondu en 62 pages et en couleur, comme il le fit avec huit albums subséquents.S’il change d’idée au début des années 60, c’est en raison de la forte demande du lectorat et d’éditions pirates qui lui font perdre de palpables sommes.Mais Casterman se fait tirer l’oreille et les Studios Hergé le rééditent eux-mêmes en tirage hors commerce de 500 exemplaires en 1969.Ensuite, en 1973, Casterman publie ce récit dans le cadre des Archives Hergé, avec les premières moutures de Tintin au Congo et de Tintin en Amérique.En 1981 enfin, Tintin au pays des Soviets est ré-réédité en fac-similé.Toutes choses fort rares avant ce 70e anniversaire célébré à grands coups de médias, â résonances de tiroir-caisse.Hergé, Georges Remi de son vrai nom, est décédé en 1983.Tintin lui survit, comme les idéaux du communisme survivront vraisemblablement aux errements tragiques de ses applications, â la perestroïka et à l’omnipotence de la droite.Jusqu’à aujourd’hui, Tintin au pays des Soviets n’a jamais été traduit en russe.Tintin au Congo, par contre, une fois nettoyé, mis en couleur et réduit â 62 pages, a dit-on eu beaucoup de succès au Zaïre, ancienne colonie belge.Le nettoyage, y a que ça de vrai.TINTIN AU PAYS DES SOVIETS Hergé Casterman Belgique, 1998,141 pages 1 •' CROIT! SCAB R I N I IMPRIMEUR PRESENTE LES [¦; AG M V MARQUIS i ni p r i m e u r^*' LapüSSion du livre.*'U> ¦h R O M A X S Qu É B ECO I S 1- IA CÉRÉMONIE DES ANGES.Marie Labcrge, Boréal 2- LA PETITE FILLE QtI AIMAIT TROP LES ALLUMETTES, Gaétan Soucy, Boréal 3- LES NEUF MES D'EDWARD, Chrystine Brouillet, Denoël Essais Q u é b é c o i s 1- EN EFFEUILLANT IA MARGUERITE, Marguerite Lescop, Lescop 2- RÉFLEXIONS D'UN FRÈRE SIAMOIS.John Saul.Boréal 3- RITA LAFONTAINE.GOMMENT DIRE.Claude LapointeAlarie-Thérèse Quinton, 7Jours Livres jeunesse Québécois 1- CONTES POl R ENFANTS.Gabrielle Roy, Boréal 2- CAD.LOI DORT CHEZ SON AMI, Nicole Nadeau.Chouette 3- NT IT DORAGE.Michèle Lemieux.Seuil Poésie Québécoise 1 - L' ARMOIRE DES JOURS, Gilles Vigneault, Souvetles éditions de l’Arc LIVRES PRATIQUES 1- RECETTES ET MENT S SANTÉ, Michel Montignac, Trustar 2- GUIDE DI MN 1999.Michel Phaneuf.Éditions de l’Homme R O M A \ S ÉTRANGERS 1- CONFIDENCE POl R CONFIDENCE, Paille Constant.Gallimard 2- 1 N PLAN INFAILLIBLE, Sidney Sheldon, Grasset 3- UNE SI I.OMOl F.NT IT.Mary Higgins Clark, Albin Michel E S S A I S T R A N G E R S 1- MARGUERITE DURAS, Laure Adler, Gallimard 2- MANl EL Dl (.1 ERRIER DE IA Ll MIÈRE, Paulo Coelho, Anne Carrière 3- MARILYN MONROE, ENQUÊTE SUR I N ASSASSINAT.Don Wolfe, Albin Michel Le ( oup de coeur Québécois 1 - LA PETITE FILLE QUI AIMAIT TROP j | Fl RETEIK ¦ .ii.i-i- LES ALLUMETTES, Gaétan Souc., Boréal Archambault Musique et litres.849-6201 • librairie Champigny.844-2587 • librairie Clément Morin, (819) 379-4153 librairie du Soleil.(613) 2s 1 -6999 • librairie du Square, 845-7617 • librairie Gallimard, 499-20)2 librairie Garncau Inc., 384-8760 • Librairie GG Caza, (819) 566-0344 • Librairie Hernies Inc., 274-3669 Librairie Le Fureteur Inc.(i54J) 465-5597 • Librairie le Parchemin.845-52>3 • librairie Oliteri, 739-3639 Librairie Pantoute.( >18) 69>-97>8 • Librairie Ilenaud-Bray Inc., 3-12-1516 • Librairie Vaugeois.(418) 681-0254 F.\ COLLABORATION AVEC ASSOCIATION NATIONALE DES ÉDITEURS DE LIVRES ESSAIS ÉTRANGERS Les trois tyrans du XXe siècle FASCISME ET COMMUNISME François Furet et Ernst Nolte Commentaire-Plon, Paris 1998,143 pages Fascisme, nazisme, communisme.On commence à peine, en France, à comparer sans trop de heurts ces grandes tyrannies qui ont balafré ce siècle: à distinguer leurs points communs, leurs caractéristiques propres.Jadis on ne pouvait établir, sans soulever l'ire â gauche, des parallèles entre ces régimes extrêmes.Pensons aux réactions qu’ont provoquées à l’époque les thèses de Hannah Arendt et de Raymond Aron, entre autres.Nous voici aujourd’hui délivrés des tics et tabous de la guerre froide, mieux informés de l’organisation des exactions et de l’ampleur des charniers, et les comparaisons pleuvent.Dans le sillage du Livre noir du communisme, qui fut un moment crucial de cette nouvelle ère, sont parus récemment plusieurs ouvrages qui réactualisent cette comparaison négligée.Fascisme et communisme consiste en un échange de lettres entre Ernst Nolte et François Furet, deux des plus importants historiens européens contemporains.Ils examinent ce qu’on pourrait appeler les rapports dynamiques entre ces deux régimes nés au XX' siècle.Le point central, ici, est l’aspect «réactif» du fascisme.Depuis les années 60, Nolte entretient la thèse selon laquelle les fascismes représentaient, entre autres choses, des «réponses à la menace communiste».L’autoritarisme extrême serait un calque de celui «d’en face».Sur d’autres plans, idéologique par exemple, ce serait un négatif: «[.) l’extrémisme universaliste du bolchevisme provoque l’extrémisme du particulier dans le nazisme», écrit Furet.Ce dernier avait salué, dans une note de son grand livre sur la faillite du communisme, U Passé d’une illusion, paru en 1996, â la fois la justesse et la hardiesse de l’interprétation de Nolte.Furet l’estimait courageux d’avoir osé s’aventurer sur ce terrain glissant.Nolte a payé cette «imprudence».Mis au ban de la communauté des historiens allemands, il fut jugé «infréquentable».Furet le défend tout de même.C’est à tort selon lui que ses détracteurs y voient un crypto-négationniste, voire un révisionniste historique.Et il note que le savoir historique, même devant le mal extrême, doit se montrer ouvert à des «révisions».Pas sur l’essentiel, évidemment, (existence des chambres à gaz, volonté exterminatrice du régime) que Nolte considère comme «incontestable».Cela ne signifie pas, selon Nolte toujours, qu’aucune «affirmation particulière n’aurait plus besoin d’examen» et que «tous les doutes ne pourraient provenir que d’intentions mauvaises».Il en va de l’histoire comme science et Furet enchaîne: «L’Holocauste doit d’autant moins faire l’objet d’un interdit préalable que bien des éléments en restent mystérieux et que fliistoriogra-pltie sur le sujet n’en est qu’à son commencement.» Mésentente Nos deux hommes, cependant, ne s’entendent pas sur tout.Furet considère que son collègue a en partie été l’artisan de son propre malheur.En exagérant sa thèse, il aurait donné l’impression qu’il développait une «justification», voire une «disculpation partielle du nazisme».Et il est en effet assez glaçant de lire Nolte considérant par exemple sérieusement l’existence d’un «noyau rationnel» sur lequel se serait fondé l’antisémitisme hitlérien.«Si vous voulez dire par là “intelligible à la raison", je vous ferai remarquer, lui répond Furet avec justesse, que les croyances les plus folles le sont.» On comprend vite, â lire Furet, les raisons des dérapages de Nolte, qui tiennent à la difficulté d’être Allemand après Auschwitz.L’historien français parle du «terrain existentiel» qui a nourri l’œuvre de Nolte: «J'ai toujours senti, en vous lisant, à quel point [l’histoire allemande au XX' siècle | a blessé votre patriotisme.» En voulant «distinguer, dans les crimes de l’Allemagne nazie, ce qui est nazi et ce qui est allemand», Furet suggère que Nolte s’est laissé emporté jusqu’à diminuer «le rôle de la Wermacht dans les erreurs commises par les troupes allemandes en Pologne ou en Russie».Furet souligne une autre erreur de son collègue, ce qui le conduit à développer de façon intéressante sur sa conception du fascisme: «Je crois qu’acharné à souligner le caractère réactif du fascisme, vous en sous-estimez la nouveauté.» Laquelle?Son caractère «révolutionnaire».John Lukacs a déjà montré que Hitler est un «révolutionnaire moderne» plutôt qu'un «réactionnaire».Dans la même veine, Furet estime que le fascisme, s’il se situe indéniablement en filiation avec les idées contre-révolutionnaires du XIX' siècle, a réussi à répandre une partie de ces idées en mimant précisément la radicalité révolutionnaire du communisme de 1917.Mussolini, par exemple, combattait ainsi le feu par le feu et, à la Révolution d’octobre, proposait une révolution autoritaire.Hitler suivit selon le même modèle.Les masses modernes conviées à la révolution sous l’égide des idées hiérarchiques de la contre-révolution, avec un industrialisme à tout crin: tel est le cocktail destructeur du fascisme.Doublé de l’intransigeance d’un Hitler et de son antisémitisme délirant, il se mua en nazisme, catastrophe sans précédent.LE MALHEUR DU SIÈCLE Alain Besançon Fayard, Paris, 1998,165 pages Les tyrans du XX' siècle, même s’ils se sont haïs et combattus, ont plusieurs traits en commun.Dans Le.Malheur du siècle, petit livre d'une grande clarté qui prolonge et développe beaucoup d’idées effleurées par Nolte et Furet, Alain Besançon, politologue français, va même jusqu’à parler de «conaturalité» entre communisme et nazisme, reprenant même l’expression de Pierre Chaunu de «jumeaux hétérozygotes».D’abord, ces idéologies se donnent pour objec- tif de forger une société parfaite en extirpant du monde actuel le «principe mauvais» qui fait obstacle: d'un côté la propriété, de l'autre, les races dites inférieures.De plus, «communisme et nazisme invoquent pour leur légitimité l’autorité de la science.Ils se posent de rééduquer l’humanité et de créer l'homme nouveau».Les deux régimes se «prétendent philanthropiques».L’un veut le bien du peuple allemand et, en «exterminant les juifs» déclare «rendre service à l'humanité».lœ communisme léniniste est en apparence plus généreux et dit travailler pour «le bien de l'humanité».«Cet universalisme du communiste lui donne un avantage immense sur le nazisme, dont le programme n’est pas exportable.» Compte tenu de cette nature continu ne et du caractère meurtrier, aujourd’hui attesté, du communisme, pourquoi y a-t-il une amnésie à son égard?Alors que, du côté du nazisme, «l'hypermnésie» triomphe?Voilà la question de Besançon, à laquelle il donne plusieurs éléments de réponses, résumés ici: ¦ Le nazisme est mieux connu que le communisme, «le placard aux cadavres a été grand ouvert il y a 50 ans»-, ¦ Le peuple juif a pris en charge la mémoire de la Shoah.Et il faut l’en remercier, note Besançon, qui insiste sur «l’unicité de la Shoah», le meurtre industriel, caractère sans précédent de ce génocide: ¦ Le communisme a été protégé par la gauche; ¦ Sorte de pacte avec le diable, l’alliance militaire entre les démocraties et l’URSS a affaibli «les défenses immunitaires occidentales» contre le communisme; ¦ L’opposition entre socialisme et capitalisme a servi d'écran — et sert encore aujourd’hui — pour occulter le communisme; ¦ G1 nazisme n’a duré que douze ans; le communisme européen, entre cinquante et soixante-dix ans.«Im durée a un effet auto-amnistiant».En somme, voilà des ‘lectures «obligatoires».Surtout pour ceux qui, la mémoire corrompue par le bovarys-me politique, nous révèlent, sans Tire, et même parfois à la télévision d’État, que nous vivons en «fascisme» ou en «totalitarisme».Antoine R o h i t a i / / e ?Fascisme, nazisme, communisme: les grandes tyrannies de ce siècle I.K I) K V 0 I 11 .I.K S S A M K I) I I li K T I) I M A X ( IIK 17 .1 A X V I K II I !» !» !» I) 3 -«- L i v r, i: s '*- LETTRES QUÉBÉCOISES Des bribes de journal intime Philippe Panneton, mieux connu sous le nom de Ringuet sgfeyâi li wm JOURNAL DE RINGUET Francis Parmentier et Jean Panneton Guérin Montréal, 1998,334 pages Lorsqu’ils avaient fait paraître Le Carnet du cynique, le printemps dernier (voir notre chronique des 28 et 29 mars 1998), Francis Parmentier et Jean Panneton avaient annoncé la publication prochaine de l’intégralité du journal intime du médecin-écrivain, ou plutôt du petit quart qui reste des quelque 2500 pages manuscrites qu’il avait rédigées Çfltre 1920 et 1932.Voici donc ce journal, que l’auteur de Trente arpents avait consigné dans treize cahiers, dont seuls les deux premiers ont été conservés dans leur intégralité; des onze autres, il ne reste, dans les archives du séminaire de Trois-Rivières, que des fragments photocopiés, voire de simples bribes du texte original: le cinquième cahier, par exemple, tient en deux pages alors qu’il en comptait plus de quatre-vingts.Francis Parmentier, dans sa présentation, nous prévient: la lecture de ce document où l'auteur a pratiqué des coupes aussi sombres est malaisée, d’autant que de nombreux mots sont déclarés illisibles, que certaines phrases sont tronquées et des paragraphes privés de leur contexte.Ringuet, pourtant, entendait se li-yrer tout entier lorsqu’il entreprit la rédaction de ce journal, alors que, jeune médecin, il se trouvait à Paris pour s’y spécialiser en oto-rhino-laryngologie.Il voulait fouiller son âme, quitte à paraître monstrueux à ceux qui le liraient un jour.Mais il tempérera rapidement sa résolution de départ: ••supprimons presque totalement, écrit-il, ces expansions sur le papier», allusion au chagrin amoureux — accompagné sans doute d’une pointe de dépit — que lui causa une femme qui l’avait éconduit.Nous saurons peu de choses de celle qu’il surnomma «l’Actuelle»; elle lui annonça leur rupture définitive qu'il lut «avec un peu de tristesse, un peu d'amertume, et tant de désenchantement».Et alors qu’il avait commencé ces cahiers avec la pensée qu’un jour il en ouvrirait «les pages devant les yeux avides» de ses amis et de ses parents, il décide soudain «qu’il n’en sera rien».Ses parents, dit-il, «s’offusqueraient de ma liberté de langage sur ces choses intangibles que sont leur religion et leur morale»-, les amis «se railleraient avec raison de mon amour pour une femme, jolie à la vérité, mais inculte»; quant à la femme aimée, «les lignes que je viens d’écrire à l'instant suffiraient à lui fermer les portes de cette maison intime, lors même que je n’aurais pas écrit précédemment des mots qui ne doivent pas tomber sous ses yeux».Impressions Que reste-t-il de ce journal qui ne devait jamais être lu?De nombreuses impressions de voyages sur Londres, sur la France, sur l’Italie.Ringuet note les émotions qui lui viennent à la vue d’un paysage, critique l’architecture de certains monuments et commente avec un certain piquant les spectacles auxquels il assiste: ainsi, il traite la célèbre danseuse Isadora Duncan d’«admi- rable vieille grue».11 a souvent le trait incisif: Sir I.orner Gouin, aperçu lors d’une réception officielle, lui paraît «imposant et canin» alors que Marcel Dugas, ce Parisien d’adoption qui travailla de longues années aux archives canadiennes à Paris, lui est un compagnon agréable, «n ’étaient les deux pierres qui encombrent son rein et sa conversation».Et sur le bateau qui le ramène au Canada, il s’amuse à décrire des Américaines «bromuriantes» dont la chevelure, par derrière, ressemble à «une paire de fesses [.].Il y en a une surtout aux crins couleur blé-d'Inde et qui, ayant avec ça l’air d’une authentique vache, amène irrésistiblement à l’esprit l’idée qu’aux heures des repas elle doit brouter ses cheveux».Ringuet fut un misogyne féroce, et cela se voit ici, plus encore que dans le Carnet du cynique.Peut-être le fut-il par un effet de mode, mais également, comme le croit Francis Parmentier, pour se venger sur toutes les femmes de la peine que l’une d’elles lui avait causée.Mais à vrai dire, il n’aima personne, du moins dans sa jeunesse: «Je hais les femmes, je déteste les hommes et ne me supporte moi-même que par un prodige de vertu chaque jour renouvelé.» Il s’estime d’ailleurs, avec son «menton en galoche», «dépourvu de charmes physiques».Même s’il eut de nombreuses fréquentations, Ringuet chérissait sa solitude: elle fut «le seul être» à qui il eut l’impression de se donner.Très jeune, il manifesta une indépendance d’esprit, puis cultiva le sentiment de son individualité radicale.Apres avoir été un collégien récalcitrant, il aima les voyages pour la joie de se retrouver loin des siens et du Canada.Comme il détestait alors croiser des Canadiens, en qui il voyait des «profanes» qui ne pouvaient que souiller Paris de leur présence! Ce qu’il abhorre pardessus tout, c’est «leur français bâtard», «l’horrible parler canadien» qui lui revient dès son retour au pays, alors qu'il avait mis tant de soins à acquérir «un accent et une pureté», ce «bon français» auquel il demeura attaché toute sa vie.Se sentant, se voulant étranger à ses origines, il se détacha de même de sa famille, quoiqu'il ne paraît pas avoir eu de conflits graves avec ses proches.Révélatrice à cet égard, sa réaction lorsqu’il apprend par télégramme la mort de son père.Il l’attendait comme une fatalité qui tardait à se produire: «Considérant que cela nuisait à ma tranquillité, je trouvais aussi bien que cela arrivât le plus tôt possible.Au fond pourtant, cela m’occupait peu.» Fatalisme Ringuet se voulut seul et unique, au point de dire de lui-même, lorsqu’il avait 27 ans: «Je suis aujourd'hui par-delà les lois humaines.J’ai dépassé les conventions, laissé derrière moi les rites.» Il considère son époque, et même toute l’histoire de l’humanité, avec un fatalisme serein qu’il estime proche du naturalisme de l’écrivain Emile Zola, «mais transposé dans le domaine de l’abstrait».Se disant lui-même soumis au déterminisme de son passé, de son milieu, il estime que la carrière qu’il entreprend et la vie agréable qu’il aura sont, en quelque sorte, obligées: «Tout autant que les autres, je suis voulu.» Ses vues sur la politique manifestent le même cynisme tranquille: «Le seul système logique est celui des canards en migration: le plus alerte prend la tête, pour céder,sa place lorsque fatigué.» Quant à l’Etat idéal, c’est celui d’une tyrannie éclairée, «à condition, bien entendu, d’être soi-même tyran».Ringuet sait aussi, à 20 ans, qu’il a un avenir, et il entend bien faire une carrière prestigieuse.Il sera médecin, fera de l’argent — «Je dois, d’ores et déjà, me préparer à estamper mes clients, en tout bien tout honneur» —, et son succès aura une saveur de vengeance: «Enfoncés ces braves gens de Québec et ces excellents confrères de Montréal qui me regardaient de haut.» Et il y a cet abbé qui, un jour, lui avait prédit un avenir médiocre: «En voilà un dont je me souviendrai le jour où je serai professeur à l’université de Montréal et chef de clinique à Notre-Dame.Car je veux être cela et je le serai.» Le docteur Philippe Panneton fut ce qu’il avait voulu.Il fut également ambassadeur au Portugal, et le Ringuet de notre littérature.L’homme que révèlent les lambeaux de son journal resta secret: sa misanthropie et son irréligion, affichées au grand jour, l’auraient sûrement empêché de faire la carrière qu'il voulait, et il le sut très tôt.Ces centaines de pages de son journal qu’il a supprimées sont-elles perdues à jamais?Y distillait-il des poisons si intimes que nul ne devait les connaître?Son journal intégral aurait-il pu être, comme le pense Francis Parmentier, «un des grands textes de la littérature intime du Québec»?Ringuet, pour l’heure, s’avance dans la postérité, masqué dans son œuvre écrite comme il le fut dans sa vie publique: il ne nous a pas laissé le loisir de juger s’il en valait mieux ainsi.R o b e r t C h ti r t r ti n il ?Ringuet entend se livrer tout entier, quitte à paraître monstrueux POÉSIE Les trajets incontournables Traverser le temps pour en faire le procès DAVID CANTIN Il y a, dans les recueils de Louise Dupré et Nicole Richard, une inquiétude existentielle qui cherche constamment à remettre en question la présence immédiate du monde.A travers une quête du désir inattendu et de la mémoire enfouie, ces œuvres traversent le deuil du temps pour en faire le procès.On pourrait même dire que ces poèmes touchent les zones d’une immobilité, d’un sens qui nous échappent sans cesse.C’est pourquoi le mouvement intérieur devient ainsi la raison d’être du poème.TOUT PRÈS Louise Dupré Éditions du Noroît Montréal, 1998,95 pages Depuis 1m Feau familière (Editions du remue-ménage, Montréal, 1983), chaque livre de Louise Dupré approfondit davantage ces lieux secrets du cœur et de la passion inassouvie.On trouve dans cette approche une complicité marquante avec certaines œuvres majeures, telles Le Tombeau dès rois d’Anne Hébert ou même Autoportraits de Marie Uguay.Toutefois, la poésie de Dupré s’imprègne d’un ' ton unique qui annonce constamment de nouvelles perspectives d’écriture.De ce point de vue, Tout près symbolise la rigueur constante qu’incite cette Recherche de la menace et de l’oubli du passé.“ S’inspirant d’un fil narratif que I thaque partie rassemble, le poème questionne son essence de façon elliptique afin de mieux comprendre sa densité nécessaire.«Ecrire commence par une trahison»; dès le début, cette phrase mesure la distance qui sépare les moindres événements d’une vie en cours.On évoque cette vulnérabilité que suscitent les nombreux départs, la solitude et la peur de l’avenir comme autant de «fenêtres» sur soi-même.De plus, cet art poétique confronte les extrêmes dans le but de saisir les limites possibles des émotions.Le monde tourne à travers ce regard qui puise aux silences palpables de l’amour: «Une voix, une seule voix qui pleure, tout Commandez vos livres chez Renaud-Bray Nous expédions partout au Québec poste ou messagerie.Montréal : 342 - 2815 Extérieur : I-S8S-746-2283 I -mail : sad( !¦: V OIK.I.K S S A M E I) I II) H T I) I M A X I II E 17 .1 A X V I E II I !l !» !) B m mm twy.SÛT fr y lempêtc £ de I étrange R Ju 7 janvisr au 5 février G L A S Galerie K Ô - Z E N 532, Avenue Dulutli Est 514 842-0342 PHOTOGRAPHIES DE LUCIEN GOBEIL MONIQUE THIBAULT Que sont librairies nos devenues ?Ses yeux se ferment sur des champs colorés qui continueront de nous habiter.Bious traversant los /aunos.1978.huilo sur toil®, Collection Musé® d'art (J® Joliotto.don de M Pierre laberge Un livre à acheter?À Montréal, en ce qui concerne l’endroit où vous procurer l’objet convoité, c’est l’embarras du choix.Dans ces nouveaux endroits qui pullulent, particulièrement du côté du marché anglophone, ce sont les grands espaces, l’odeur du bon café et la possibilité de casser la croûte, l’appel d’un sofa en cuir moelleux mêlé à l’odeur du livre neuf.Que sont nos librairies devenues?MARIE-ANDRÉE C H O U I N A R I) LE DEVOIR Dernier en date dans la famille de ces librairies, qui se situent entre le magasin grande surface et la petite librairie traditionnelle: Indigo.Blottie Place Montréal Trust, en plein centre-ville montréalais, la librairie vaut le détour.Ouverte peu avant Noël, la petite nouvelle du géant canadien Indigo porte désormais à sept le nombre de petiots de la famille livresque.Après l’ouverture depuis 1997 de librairies Indigo Livres, musique et café principalement en Ontario (Burlington, Toronto, Richmond Hill et Kingston) mais aussi à Calgary, c’est au marché montréalais — surtout anglophone mais aussi francophone — que la chaîne de librairies à grande surface s'attaque.On pense même augmenter le nombre d’adresses Indigo à plus de 20 d’ici à l’an 2000.Sur un éventail de 120 000 titres.Indigo propose 20 % de titres français, avec l’intention semble-t-il de hausser ce pourcentage de quelques points au cours de la présente année.Située à quelques pas d’un concurrent du même type, Chapters, la nouvelle librairie possède cette réputation de savoir bien se mouler aux besoins de la clientèle locale quelle dessert, peu importe où elle atterrit.On dit également que le service, réputé pour être faible dans ces surfaces élargies, n’a rien à envier à bien des commerces.Dans le calme et délicieux silence qui suit la cohue abrutissante de Noël, une tournée dans la librairie s’impose: campés sur plus de 30 000 pieds carrés de surface, des livres, des livres, encore des livres.Décor et disposition invitent à la promenade, et partout un fauteuil ou une chaise d’apparence confortable vous invitent à la farniente, livre en main.Pour les flâneurs durs a cuire, quelques tables de jeu, çà et la, pour goûter autre chose que la littérature.Au deuxième étage, la musique s’entremêle aux mots, tel que le veut de plus en plus la tradition dans le commerce du livre; au premier, c’était avec le secteur cadeau que le bouquin faisait du copinage, une section de bon goût où l'acheteur de dernière minute trouverait sans doute de quoi ravir une connaissance.Situé au deuxième plancher, une fois gravies les marches de l’escalier.Indigo Café, vaste section servant, celle-là, à contenter les estomacs creux et les systèmes en mal de caféine— un permis d’alcool permet même le plaisir suprême de la lecture, verre de vin rouge à la main.Des livres trainent sur les tables, vous conviant a joindre l’utile à l’agréable en mordant a belles dents dans le sandwich tout en dévorant le roman de votre auteur favori.De ces librairies nouveau g.enre, dont le modèle fait rage aux Etats-Unis (pensez seulement à cette dernière comédie cinématographique à l’eau de rose américaine, You've Got Mail, où une librairie grande surface style Barnes and Noble piétine son mignon petit concurrent à vocation plus traditionnelle), que retient-on, en ce qui concerne du moins les versions qui nous parviennent?Tous ne s’y retrouveront pas, et il en restera fort heureusement toujours pour être fidèles à cette petite librairie traditionnelle spécialisée dans un domaine pointu ou un autre.Mais dans cette fête des livres orchestrée à grands coups d’argent, il demeure cette impression, sans doute étudiée sous tous les angles du marketing possibles et imaginables, que le goût de la lecture l’emporte sur tout le reste.Bien que présent, le danger de noyer le livre dans une mer d'autres menus plaisirs — disques, cadeaux, jeux, nourriture — ne l’emporte pas sur le délice des mots et invite sournoisement à mettre la main au portefeuille.Québec vu par Québec R pour Pans A l’aube non pas du prochain millénaire mais du prochain Salon du livre de Paris, prévu pour fin mars, le Syndicat national de l’édition (France) publiait récemment un feuillet d'information sur la prochaine édiüon du salon et les invités qui y donneront une couleur québécoise.Appelé à s’exprimer dans ce bref document, le président de l'Association nationale des éditeurs de livres (Québec), l’éditeur et distributeur Pascal Assathiany, insiste sur 1 '«américanité», qui constitue le point sur lequel les éditeurs québécois insisteront comme visage à présenter aux Français.«Je crois que notre littérature témoigne largement de notre américani-té, y affirme-t-il.Quand je pense à des auteurs comme Yves Beauchemin ou Robert Lalonde, par exemple, il me semble que leurs écrits traitent de préoccupations qui sont avant tout propres aux gens de ce continent.» Et encore: «Paris sera également l'occasion d’aller au delà des clichés et d’échanger franchement avec les Français sur nos différences et nos similitudes, et surtout, notre complémentarité.[.] Je crois fermement que le livre demeure l’un des outils privilégiés pouvant nous permettre de maintenir l’influence du français dans le monde.» Dans ce même document, le point de vue d’un auteur français sur ces Québécois que le Salon du livre de Paris s’apprête à accueillir.Sous le titre «Formidables Québécois!», Jean-Paul Dubois écrit: «Je crois que les Québécois n’imaginent pas à quel point ils fascinent les Français.Ainsi lorsqu’on vous voit apprécier vos distances en kilomètres, vos vitesses en miles, [.] compter en dollars, piastres et sous, mesurer votre taille en pieds, vous peser en livres, [.] vous exprimer indifféremment en français, bien sûr, en anglais, forcément, et dans une troisième langue qui, selon l'origine du locuteur pourra être l’inuit, le grec, l’italien, le chinois, l'arabe, le mexicain, comprenez que nous, qui organisons encore des concours d'orthographe, qui redoutons autant le culturel et le pluri-racial, nous, qui réfléchissons encore en a nciens francs et vivons sous Prozac dans la hantise de l'euro, soyons séduits par votre aptitude à sauter d’un monde à l’autre, à vivre, simplement, chez vous, dans tant de pays à la fois.Cette intelligence, cette générosité, cet art, aussi, de cultiver un corps moderne pour la ville et un cœur antique pour la forêt [!!!], se retrouvent bien sûr dans la tournure de votre littérature.C’est ce qui la rend si chaude en hiver et si universelle le reste de l’année.» Eh ben! FRONTIÈRES FRONTIERS FRONTERAS René Derouin Musée des beaux-arts de Montréal Pavillon Benaiah Gibb 1379, rue Sherbrooke Ouest Jusqu’au 14 mars BERNARD LAMARCHE Pour sa première exposition de la nouvelle année, le Musée des beaux-arts de Montréal présente une rétrospective de l’artiste québécois René Derouin: quarante années d’une œuvre — l’artiste a débuté comme peintre et a été marquant surtout comme graveur — traversées par la présentation d’une cinquantaine de pièces, dessins, gravures, céramiques et installations.Trois thèmes centraux sont abordés par ce parcours: la terre, la mémoire et la migration.Le point de fuite de cette trilogie converge sur un questionnement identitaire primordial.D’emblée, il faut dire que l’exposition est de qualité: le nombre d’œuvres n’est pas assommant, la répartition des pièces dans les salles évite une trop simple chronologie qui n’aurait pas suffi à démontrer la récurrence des sujets abordés, l'accrochage est rythmé, bien qu’essentielle-ment orchestré selon un principe de symétrie.Toutes ces qualités indéniables, cependant, ne viennent pas à bout de quelques contradictions que nous observons dans cette production depuis quelque temps.Il y a chez Derouin de l’ambition.Sans contredit, un des aspects remarquables de ce travail demeure sa démesure.En attestent les gravures surdimensionnées, qui ont mené le graveur à développer des solutions de tirage inédites.En témoignent également les œuvres en plein air, sorte de murales à l'imagerie gravée.Et, par dessus tout, ceux qui ont vu l’exposition Im Dérive des contrastes au Musée du Québec en 1992 connaissent les 20 000 petites figurines de céramique de l’œuvre Migration, dont la vaste étendue en faisait une installation monumentale, aussi exposée au Musée d’art contemporain Rulino Tamayo, a Mexico.Et ceux qui l’ignorent apprendront dans cette exposition l’existence de ce coup d’éclat de 1994, où l'artiste larguait dans le fleuve Saint-Laurent, à la hauteur de Baie-Saint-Paul, 16 000 (là les chiffres ne unique, ouvrant une brèche réelle dans l’histoire, mais une ouverture somme toute limitée.Lorsqu’il dit tracer une voie nécessaire, qui sort des sentiers battus d’une histoire de l'art québécois trop limitative — commentaire à nuancer —, qui passe par le métissage, la mixité des cultures et la migration, nous ne le suivons pas.De fait, il réalise précisément ce qu'il révoque.Il reconduit très exactement les termes de la political correctness canadienne de l’ouverture à l’autre, la courtepointe culturelle qu’il dit exécrer.En retour, son intransigeance se retourne contre l’histoire de l’art québécois.Or, dans son travail, le thème de la migration est réduit à des motifs iconographiques: au mieux il le représente, au pire il l’illustre.Ce qui le distingue de Riopelle, par exemple, est l’emploi de couleurs terreuses et la représentation métaphorique de plaques tectoniques.Lorsqu’il donne dans l'installation, il représente de façon on ne peut plus littérale la dérive des êtres, l’étendue dominante des terres et la déportation des appartenances.Derouin ne traite pas de ces notions, il les montre platement.L’auto-légitimation Comme certains artistes en art contemporain, Derouin mène une vaste entreprise d’auto-légitimation depuis quelques années.Pas besoin d'être fin sociologue pour s’en rendre compte.Don massif d'œuvres au Musée de Calgary, qui produit la rétrospective, publications d’ouvrages dont il est l’auteur, qui pallient l’absence d’exégèse sur son œuvre (n’allez surtout pas croire que nous sommes contre les artistes qui prennent la parole, bien au contraire, mais encore faut-il qu’ils aient quelque chose à dire qui dépasse leur œuvre), production de documentaires sur son propre travail, envoi de statuettes à des «personnalités» québécoises ou même participation à l'insertion, dans les journaux de la fin de semaine dernière, , d’un encart publicitaire.De cette ma-! nière, l’artiste fait ce qu’il dénonce • ailleurs.Ne nous en formalisons pas» c’est ainsi partout.Mais, encore uneh fois, il réalise ce qu’il reproche aux ! autres.Agaçant.Dans le fascicule promotionnel dis-1 tribué dans les journaux, il fait grand ' état de sa marginalité, de sa force de caractère face aux limitations de la grille québécoise de l'histoire de l'art ! Il substitue au triangle de «l'élite» quéT bécoise — Montréal-New York-Paris ! — un autre triangle, plus proprement ; mexicain: Mexico-Barcelone- ¦ Paris/New York (sic!).Il dit des ar- ! tistes mexicains, à leur retour d’Europe, qu’ils ont fouillé du côté de l’art précolombien, bref dans leurs racines.Rien de semblable n’aurait été fait ici, sur le plan du métissage, pour l’expression de «notre appartenance-au continent américain».Lui, De-' rouin, l’aurait fait.À ceci près, encore une fois, qu’il n'a pas fait de retour sur l’art québécois, si nous suivons sa logique.Or, de ce point de vue, ne pourrions-nous pas, à notre tour, voir dans! son œuvre un colonialisme mexicain?; Pensez-y.C Nouveau-Québec, 1979-1980.BRIAN MERRETT.MBAM/MMFA € K K N H DEROUIN 1999 VIS-ART DROIT D'AUTEUR INC.Jean McEwen 1923-1999 sont pas clairs, on l’a vu gonflé à 19 000!) figurines de l’exposition de 1992.Derouin a toujours été fasciné par la liberté et la diversité de la culture mexicaine.A dix-neuf ans, il effectue un voyage au Mexique qui lui révèle, en contraste avec le Québec duplessiste de l’époque, une société ouverte sur la politique internationale, tournée sur le monde extérieur.Il y étudie l’histoire du pays, l’art précolombien et se familiarise avec l’art mural des artistes mexicains, dont il se réclame toujours.Délaissant l’art européen en fonction duquel les automatistes se sont positionnés, phénomène que Derouin voit catégoriquement comme une forme de colonialisme culturel, l’artiste puise ses sources d’inspiration dans l’art mexicain et le baroque latino-américain, dans ce qu’il voit, de façon éminemment discutable, comme les réels fondements de son «américanité».L’axe Nord-Sud «En m'identifiant au territoire et à l’axe Nord-Sud, je rompais avec une culture coloniale qui faisait débuter l’histoire à notre arrivée sur le continent», peut-on lire sur un des murs des salles du musée.Vrai que l’artiste s’est détourné des influences européennes.Du moins le prétend-il.Ce qui cloche dans cette affirmation, c’est qu’elle participe d’une étonnante dénégation de la facture de ses œuvres, du moins dans sa gravure.L’artiste a connu les préoccupations sociales des artistes tels que Diego Rivera, Orozco et Siqueiros.Mais ce qu’il a retenu des muralistes, plus que toute autre chose, n’est pas la charge sociale.Il en a gardé tout d’abord une manière, avec ses traits contours appuyés, et ensuite le format élargi, ce qui en effet, au Québec et surtout en gravure, n’était pas coutumier à la fin des années cinquante.L’artiste a fait éclater le format des œuvres gravées, et l’actuelle exposition le démontre de façon éloquente.De l’art baroque, qu’il voit comme «un affranchissement à la censure, au pouvoir et à l’ordre», Derouin a conservé le foisonnement des formes, mais absolument rien ne permet de le rattacher à l’histoire de cet art boulimique caractérisé par la surenchère de complexité dans le décor.De plus, rien ne permet de voir dans cette production un programme politique ou révolutionnaire, contrairement à ce que l’artiste prétend.L’espace public, dans son cas, sauf exception, s’est limité à des carrières de sable enneigées et au fond du fleuve.(Plutôt que de les voir mourir au musée, je préfère les faire disparaître dans le fond des eaux, disail-il en sul> stance à la télévision en début de semaine! Comme acte de portée sociale, on a déjà vu plus percutant.L’autre lecture, en écho à la noyade de son père et de son frère dans le fleuve, est SOURCE VIE DES ARTS René Derouin plus probante, encore que respectueusement intime.) Comme «art pour le peuple», avec des actions ciblées en fonction du mouroir qu'est le musée, on repassera.Américanité L'américanité dont Derouin se réclame ressemble souvent à ce que certains artistes québécois avant lui ont fait.Il faut être naïf pour ne pas voir ce que les entrelacs et les mo-saïques colorées de ses œuvres partagent avec les travaux d’artistes comme Riopelle ou Hurtubise, qui, eux, paradoxalement, seraient à évaluer plus que Derouin en fonction de l’art européen colonisateur.Derouin participerait ainsi de «la vacuité de l’art abstrait» qu’il dénonce.A notre avis, en un cas comme celui-ci, l’artiste nimbe de rhétorique sa production soi-disant «migrante», attribuant au discours une importance notoire dans l’exégèse des œuvres, ce que, précisément, il reproche au discours sur l’art contemporain de réaliser (ce en quoi, soit dit en passant, on est parfois totalement d’accord avec lui, mais pas pour les mêmes raisons).Ses influences sont latines, mais lorsqu’on porte un regard le moindrement attentif sur son travail, les problématiques qui en ressortent — repousser les limites du médium, travailler la surface — conservent largement des thèmes typiquement inspirés de l’art européen.11 faut replacer les choses dans une juste proportion.Répétons-le, Derouin est sans contredit un des artistes les plus passionnés et productifs du Québec.Vu l'ampleur de certains de ses projets — la rétrospective rend bien cette dimension —, il se révèle être un travailleur acharné.De plus, ses affinités avec le Mexique lui ont valu de participer à plusieurs expositions en terre latine, en plus de permettre de nombreux contacts entre artistes d’ici et de là-bas.En outre, son parcours est totalement À voir au Centre d’exposition de Baie-Saint-Paul DU 26 SEPTEMBRE 1998 AU 29 MARS 1999 mMÛ Centr- Groupe La Mutuelle Samedi 13 février, 15 h Conférence de Madeleine Arbour « Espace et liberté » Centre d’art Baie St-Paul, 23.Ambroise Fafard Baie St-Paul Ici.: (-11 H) à 35-3681 BANQUE NATIONALE Telc Québet H HLVOIIi Le Soleil Un artiste de la démesure René Derouin est un des artistes les plus passionnés et productif du Québec r mémoire 1999 1923 swifts WsSv-SW .y'b Jean McEwen mMM Kï;\ L’éternelle jeunesse L’assiduité du peintre n’a jamais cessé depuis ses débuts en 1946 Samedi dernier, en soirée, décédait le peintre Jean McEwen, alors [ qu’il tentait de dégager sa voiture de a neige tombée la veille.Il venait tout | juste de fêter son 75' anniversaire de naissance, lui qui était né le 14 décembre 1923, de mère québécoise et de père écossais.L’année avait été faste pour lui, avec des expositions personnelles aux galeries Madeleine La-certe, de Québec, et Simon Blais, de Montréal.En février, la galerie Mira Godard de Toronto lui avait accordé une exposition: Important Paintings from the 60’s and 70’s.McEwen célébrait encore sa nomination pour le prestigieux prix Paul-Emile Borduas.Ironiquement, en mars de l’année dernière, le peintre avait exposé avec-un grand disparu de 1998, Serge Ix-moyne, dans l’atelier d’un autre peintre, illustre pour l’histoire de la peinture au Québec, Guido Molinari.Ce dernier déclarait lundi que «c'est un géant de la peinture qui décède.Il était un de ceux qui avaient pris la relève de l'automatisme et du vide créé par le départ des grands peintres comme Riopelle et Iiorduas».De plus, il avait produit un tableau remarquable pour Peinture peinture, l’événement de peinture abstraite organisé par l’Association des galeries d’art de Montréal, dont les commissaires étaient Gaston Saint-Pierre et René Blouin.Au sujet de ce tableau, La Môme vert-de-gris (1997), l’historienne de l’art Constance Naubert-Ri-ser écrivait ceci, dans le catalogue de la dernière exposition de McEwen de son vivant: «Cette toile [.] est un véritable tableau charnière.La partition verticale de l’espace rappelle les séries des années I960, mais le choix des teintes est tout à fait inusité: vert et mauve.» Le tableau détonnait par cette franche rencontre entre des couleurs difficilement conciliables.Dans le cadre de Peinture peinture, Jean McEwen tenait encore haut et fort sa place.Il était partout au moment où tout semblait tomber en place.Ses dernières œuvres avaient été bien reçues par le public et la critique.Le prix Borduas venait couronner une carrière faite de hauts et de bas, de moments d’exaltation et de passages à vide.L’attention portée sur son travail, qui n’avait pas été toujours aussi soutenue, atteignait des sommets.Selon Simon Blais, le galeriste qui défendait son travail, il s’était remis à peindre dès le 2 janvier et, déjà, il avait réussi à renouveler sa manière.Son assiduité à peindre n’a jamais cessé depuis ses débuts, en 194(5, alors qu’il était, comme il nous le disait en novembre, «plus proche de Pellan».McEwen a enseigné à l’université Concordia de 1982 àl994.Etant donné les malheureuses circonstances, Karen Antacki, directrice de la galerie de l’université Concordia, «en réponse à cette tragique nouvelle», n’a pas hésité un instant à mettre sur pied une petite exposition McEwen avec les œuvres de la collection.«Il était très apprécié à la faculté, et comme professeur.Nous avons déposé un livret pour que les visiteurs qui veulent le faire puissent laisser leurs pensées.Le livret sera ensuite remis à la famille.» L’exposition éclair sera visible jusqu’au 9 février.sait, ce n’est pas l’âge qui diminue le travail.J’ai trouvé sa dernière exposition tellement éblouissante, que c’était un renouvellement dans son langage à lui, avec ses explosions de couleurs, et un lyrisme et une poésie joyeuse.Quand on pense au travail de McEwen, on pense à la poésie dans la peinture, le métier de peindre, le travail du peintre.C’était tellement authentique.Ce que j’aime de lui, c’est sa persistance, comme disait Eluard, le dur désir de durer.Il a duré, il a travaillé dans la durée.Ce qui n'a pas toujours été facile.A certaines périodes on l’a un peu oublié.Il n’a pas tellement exposé à certains moments.À d’autres moments, il y avait un renouveau d'intérêt, au niveau de l’évolution de sa carrière publique.Il a passé à travers tout ça avec sérénité, avec calme.Il avait une grande sagesse et une finesse d’esprit remarquables.Tout ça se conjugue.On va mieux le reconnaître dans l’avenir qu’on l'a reconnu de son vivant.Il a fait un lien, dans sa jeunesse, entre Borduas et Riopelle.Il a appris des grands maîtres.» Françoise Faucher Françoise Faucher a rencontré McEwen à quelques reprises.«Je l’ai d'abord rencontré à la galerie Agnès lœfort.J'avais eu un choc devant cette couleur dans laquelle on a envie de se noyer.Il y a une anecdote amusante à raconter au sujet de cette rencontre.J’avais immédiatement téléphoné à mon mari, pour qu’il vienne voir ces tableaux fantastiques.Il est arrivé, McEwen était là sur les entrefaites.J’avais envie d'acheter, mais nous ne pouvions nous offrir ses grands formats.Mon mari a dit à McEwen: SOURCE I.ES 400 COUI'S Jean McEwen “C’est très beau, j’en prendrais bien uni tranche." McEwen, un monsieur qui avait de l’humour, ne s'est pas offusqili du tout, du tout.Im période d'après, il a fait des icônes, après en avoir vu lors d’un voyage.J’ai rarement vu une pâte aussi sensuelle.Cette profusion de couleurs donnait l'impression qu’il était gourmand des choses de la vie.L'audace de ses couleurs donne l'impression d'une éternelle jeunesse.Il est parti en pleine lumière, extrêmement heureux de la reconnaissance qui venait de hli être faite, avec le prix Borduas.Il est parti au sommet de son art et de la reconnaissance du public, en homme heureux, mais trop tôt.C’est la profusion de la couleur, McEwen.» GALERIE SIMON BLAIS SOURCE LES 400 COUPS La Môme vert-de-gris, 1997, huile sur toile (193 X 254 centimètres), une œuvre de Jean McEwen.René Blouin Le tableau présenté à Peinture peinture avait ébloui le galeriste René Blouin, qui agissait alors comme commissaire: «J'avais été très touché de l’accueil qu’il nous a fait quand nous sommes allés le voir pour Peinture peinture.Il a fait preuve de beaucoup de générosité et d'enthousiasme, immédiatement.Il n'a même pas demandé qui étaient les autres artistes de l’exposition.Quand nous sommes allés dans l’atelier, et que nous avons vu le tableau, j’étais étonné de sa raideur, à cause des couleurs très étranges qu’il a employées, à cause des contrastes.C’est un des premiers ar- tistes que nous avons visités, et dans toute sa nouvelle production, on sentait que ce tableau tranchait.On sentait qu’il s’était passé quelque chose de très important dans son travail.On sentait beaucoup de maturité et d'assurance.Tout se remettait en perspective, à partir de ce tableau.Même s’il n’y avait qu'un seul tableau dans Peinture peinture, je pense que ce tableau-là parlait beaucoup de tout le corpus de Jean.Et de le mettre en juxtaposition avec les œuvres de ses contemporains, ou de gens qui étaient plus jeunes que lui, prouvait, par la manière dont le tableau tenait, la place importante que son œuvre occupe dans l’histoire récente.Qu’il soit possible de faire cela avec un seul tableau, c’est incroyable.» Pierre Théberge Pierre Théberge, directeur du Musée des beaux-arts du Canada, avait déclaré à La Presse, en début d’année, qu’à 75 ans, McEwen était «le jeune artiste» qui l’avait le plus impressionné cette année.Théberge était directeur du musée lors de la rétrospective que lui consacrait l’établissement en 1987-1988.«À la question posée, quel était le jeune artiste qui avait été le plus marquant dans l’année, j’ai répondu: Jean McEwen.C'est la preuve que la jeunesse n’a pas d’âge.C’est ce que Proust pen- .wJ* ' ¦T'-m-.4k Le Musée du Québec salue la mémoire de McEwen MUSÉE DU QUÉBEC SS Parc des Champs-de-Bataille, Québec (418) 643-2150 www.mdq.org Le Musée du Québec est subventionné par le ministère de la Culture et des Communications du Québec.MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Québec :::: JEAN McEWEN Le Musée d’art contemporain de Montréal rend hommage à Jean McEwen ('I a sa conquête de la profondeur de la couleur.an Mc Ewen 1947-1948 A AM III S QUI S LE MUSEE DES BEAUX-ARTS REND HOMMAGE A JEAN MCEWEN Musée des beaux-arts National Gallery du Canada of Canada Gmada 380.prom.Sussex, Ottawa (Ontario) 1 800 319-ARTS http://musee.beaux-arts.ca m j i I K |) K V I) I li .I.K S S A M K I) I I (i \: T l> I M A X (' Il V.I .1 A X V I !¦ II I it II II I) «S ?LE' L’Institut de design Montréal (IDM) a fait couler salive et encre au cours des dernières années.On a souvent fait état en coulisse du manque de transparence, de communication et de collaboration de l’Institut avec les gens du milieu.Justifiées ou non, la critique et la frustration semblent répandues chez les designers comme chez les organismes quand les bailleurs de fonds sont déçus de la performance donnée par l’Institut.En avril 1998, les versements de fonds arrivant à terme, ces bailleurs commandaient une étude visant à dresser un portrait clair de la situation.Qu’advient-il de l’IDM?La réalité est que l’IDM est à la croisée des chemins et que le rapport présenté, intitulé Evaluation de l’intervention dans le domaine du design au Québec, met des bémols sur le rôle présent et futur de l’Institut.Il lui faut, pour survivre et continuer de croître, se rapprocher davantage du milieu.JACQUES MARTIN LJ Institut de design Montréal célèbre cette année ses dix ans d'existence.L’atmosphère n'est pourtant pas à la fête.Le temps des bilans est arrivé et l’avenir des programmes de l’organisme, voué au rayonnement des activités de design, semble compromis.S’ajoute dans les derniers jours la confirmation que le programme pour stimuler la recherche appliquée en design (SRAD) est définitivement aboli.Remplacé par quoi’ Il est encore trop tôt pour le savoir de façon claire.Développement économique Canada (anciennement le BFDRQ) et le ministère des Affaires municipales et de la Métropole sont en train de mettre la dernière main à l’ensemble de leurs recommandations et de déterminer les sommes qui seront dorénavant allouées à l'Institut.Pourtant, l’IDM a réalisé un nombre important d’activités dans le domaine du design au cours des cinq dernières années.Né en 1989 dans la foulée du rapport Picard, l’IDM n’a été officiellement inauguré qu’en 1993 — ses cinq -j-premières années d’existence ayant servi à ébaucher et a instaurer l’ensemble du projet.L’organisme a pour mandat général de venir en aide au milieu du design.Sa mission précise consiste «à promouvoir le design en tant que valeur économique et à favoriser le rayonnement des designers sur la scène locale et internationale».Le programme SRAI) De 1993 à 1998, les activités de 1TDM se sont surtout concentrées sur le programme SRAD, programme visant à stimuler la recherche appliquée en design et articulé en deux volets.Le premier s’adresse essentiellement au couple designer-entreprise et vise la conception et le développement de produits novateurs, le second a pour objectif "de stimuler et d'encourager la réalisations de projets multidisciplinaires de recherche appliquée en design».L’IDM reçoit des différents paliers de gouvernement un budget relativement mince.Avec 1 250 000 $ versés annuellement, le SRAD a permis d’initier 56 projets, dont 40 sont complétés ou en voie de l'être.En moyenne, 50 % des frais engagés pour mener à terme les projets étaient couverts par le SRAD.Jusqu'à présent, l’IDM a ainsi versé un total de 6,25 millions de dollars aux entreprises concernées.En principe, toute somme reçue a donc-été redistribuée équitablement.Le milieu remet en question toutefois un choix des récipiendaires justifié sur le potentiel de commercialisation des produits.On fait alors davantage confiance à des «valeurs sûres» en ce qui concerne les retombées commerciales et d’excellence du design.Peu de designers québécois peuvent prétendre posséder de tels antécédents «à succès».Mais il y en a.Des Michael Santella, Charles Godbout ou David Mitchell par exemple.D’autres ont bien profité de l'IDM: Michel Dallaire a reçu, pour des projets qu'il dirige ou auxquels il collabore, 10 des 56 subventions allouées.Néanmoins, les retombées réelles du SRAD commencent a peine à se faire sentir.Ceux qui en ont bénéficié n’ont évidemment rien a redire du pro M P S «//•; SUIS CONVAINCU QUE MONTRÉAL CEI IT DEVENIR UN CENTRE IMPORTANT l)U DESIGN EN Amérique du Nord.Il eautpour cela prendre sa ri ace, accroître sa visiuujte, éaire DES ÉVÉNEMENTS OU Y PARTICIPER.II.EAUT ÉCAI.EMENT EAIRE DES CONCOURS AVEC DES PRIX PRESTIGIEUX (IOO OOO $), CRÉER DES ÉCHANGES ET DES ALLIANCES STRATEGIQUES AVEC «Kir11 l'étranger.Miser sur les universités.Far exemple, ii.eaviirait inviter des étudianls ÉTRANGERS À VENIR ÉTUDIER À MONTRÉAL DES CRÉNEAUX RELIÉS AU DESIGN OU AUX NOU- VEU.ES TECHNOLOGIES, /i IA MODE OU AU DESIGN INDUSTRIEL.CRÉER UNE VRAIE ECOLE INTER- NATIONALE, MULTILINGUE ET EN ANGIAIS S'il.LE EAUT.ILS SERONT LES MEILLEURS AMUASSA DEURS DE CE QUI SE FAIT À MONTRÉAL» H Kl.F.N K StRAVIDOU, DIRECTRICE DE l.’IDM gramme, et tous reconnaissent que ce programme fut dans l'ensemble efficace et très bien géré.Malgré l’abolition du SRAD, on désire faire tout ce qui est possible pour maintenir le lien avec les entreprises manufacturières.«On souhaite donc exploiter davantage les compétences du milieu, par exemple par des programmes de soutien au design en entreprise, non plus en finançant des projets, mais en invitant des “sages”du design à évaluer les besoins en design des entreprises.On doit chercher à démystifier le design en entreprises, ses coûts réels étant évalués dans une perspective de plus-value à moyen et long terme», soutient Hélène Stravidou, directrice de l’IDM.Il s’agit ici en fait de reprendre le mandat et d’utiliser la banque de données développée par l’organisme de maillages entreprises-designers qu’est Liaison Design, dont l’IDM vient d'hériter de la gestion devenue, au fil des ans, on ne peut plus boiteuse.Réalisations L'Institut a également mis sur pied un programme de stages de longue durée en entreprises pour les jeunes diplômés de design.Entièrement subventionné par Développement Ressources humaines Canada, ce programme fonctionne jusqu’à présent de manière exemplaire.Depuis son instauration en 1995, le programme a permis de placer en entreprises ou en bureaux de design plus de 200 jeunes diplômés en design.Ije taux d’obtention d’un emploi permanent à la fin des stages est de l’ordre de 60 %.C’est de loin le programme le plus performant de l'Institut et celui qui semble le plus rallier l’appui des gens du milieu.De plus, l’IDM a organisé une série de dix-huit séminaires d’information — et non de formation — pour les diplômés universitaires en design depuis l’automne 1997.Lancement d’une entreprise, marketing, propriété intellectuelle et préparation du portfolio sont au programme de ces séminaires.L’Institut a aussi été très présent dans la création de l'Alliance nationale du design (AND), qui regroupe les principaux organismes de design au Canada, dont Design Exchange (DX) à Toronto et Design BC à Vancouver.Il y a eu aussi la remise des prix de l’Institut de design Montréal en 1996 et en 1997, et qu’on a par la suite abandonnée, même si l'ensemble du budget provenait du secteur privé: un événement médiatique important, présenté au réseau TVA, dont a pu bénéficier l’ensemble de la communauté du design.Enfin, bien sûr, mentionnons deux autres réalisations majeures pour la communauté du design: la Galerie de design de l'Institut et la participation à la création de la page Formes dans Le Devoir, de même que les Chroniques de l’Institut publiées régulièrement en bas de cette page.Comme le reconnaît Florence Lebeau, directrice générale de l’ADIQ, de l’ACID et de Forum Design Montréal: «Ixi création de la page Formes fut un bon coup: elle a créé une habitude de lecture chez les gens du milieu.En ce sens, son impact est très positif.» Ia; nouveau rôle de l’Institut Les attentes envers l'Institut ont-elles été trop grandes?A quoi doit-on s’attendre d’un institut dont le terme fait davantage référence à un centre de formation et d’information qu’à un guichet bancaire pour entreprises en manque de fonds.Selon Hélène Stravidou, le rôle de l'Institut se résumera dorénavant en trois [joints: convaincre les entreprises d’intégrer le design, promouvoir la recherche et soutenir le rayonnement de nos designers localement et à l'étranger.Devant tous ces chambardements de programmes, la directrice de l’Institut se montre néanmoins optimiste et entend répondre davantage aux attentes du milieu: «On n’est pas là pour remplacer les associations.On veut réunir les forces du milieu autour de projets structurants et mobilisateurs.Dans notre plan d’action initial, nous désirions devenir un véritable centre de promotion du design.On veut ainsi encourager les partenariats avec les grands regroupements pour faire des choses, pas seulement pour en parler.Pourquoi ne pas organiser une semaine du design dans le cadre du SI-DIM, par exemple?Ramener nos prix d'excellence sur la place publique et amener plus d'intervenants du milieu dans le processus de sélection notamment.Il faut dorénavant élargir le réseau national et international de l'Institut, pas pour l’organisme, mais pour les designers.» Regards sévères Mené au cours de 1998, l’étude, commandée par les principaux bailleurs de fonds de l’organisme, vient confirmer un doute persistant et fait un constat de demi-échec.Il jette un regard sévère sur les activités de fonctionnement et les programmes de l’organisme.Le rapport, dont nous avons été informé des orientations, remet en question le rôle joué par l’IDM dans l’avancement de la profession et fait l’évaluation, accompagnée d'une mise au point, de ce qui constitue le projet le plus ambitieux des gouvernements dans le domaine du design au cours de la dernière décennie.Ije diagnostic final fera mal.Quelqu’un serait-il à blâmer?Comme le fait remarquer André Cloutier, directeur du design au ministère de l’Industrie et du Commerce et un des artisans aussi bien de l’Institut que de Liaison Design: «Les demandes financières de l'IDM étaient très élevées.Malheureusement, les fonds ne sont plus là.On avait des réserves sur les retombées de Liaison Design et de l’IDM.Mais, de part et d'autre, gouvernements, individus et organismes, il y a eu des manques.On doit faire notre mea-culpa.» Même son de cloche de la part de Forum Design Montréal (FDM), organisme regroupant les principales associations de design, dont l’Association des designers d’intérieur du Québec (AI)IQ), la Société des designers d’intérieur du Québec (SDIQ), la Société des designers graphiques du Québec (SDGQ), l’Ordre des architectes du Québec (OAQ) et l’Association des architectes paysagistes du Québec (AAPQ).Selon Sylvain Poirier, président de FDM: «Im porte était ouverte et l’Institut l'a saisie.On doit aussi faire notre mea-culpa.Far contre, on est aussi un joueur important avec lequel il faudra jouer dorénavant.» Enclencher le dialogue Tous s’accordent cependant pour dire que l’Institut a un rôle crucial à assumer.Comme le fait remarquer Florence Lebeau, directrice générale de l’ADIQ: «On ne peut que souhaiter que le milieu des affaires soit plus sensibilisé à la plus-value du design.Il y a encore beaucoup de travail à faire qui pourrait être rempli par l’Institut.Four l'Institut, comme pour Liaison Design et Forum Design, il s'agit de précédents.On ne peut voir à l'avance comment ça va déraper.Mais nous croyons que la surveillance du respect de la mission de ces organismes doit venir du milieu, de ses membres.Il faut qu’il y ait une synergie, qu'un dialogue s’enclenche.» Soulignons d’ailleurs que le FDM est en train de préparer un rapport à remettre au gouvernement, qui fait état des rôles joués ou qu’on voudrait voir joué par chaque intervenant du milieu.Il positionne notamment les organismes actuels d’enseignement, de diffusion, de représentation et de promotion du design, même privés comme le SIDIM et le magazine Intérieurs.Comme le souligne Marie-Josée Lacroix, commissaire au design pour la Ville de Montréal: «Si la Ville soutient et collabore à des initiatives à succès comme le SIDIM, les expositions du Centre de design de l'UQAM, les Conférences Ferdie, celles de l’Université de Montréal et le Concours Commerce Design Montréal, c’est qu’elles représentent des projets mobilisateurs pour le milieu.Malgré tout, on a pris beaucoup de retard dans le domaine du design dans la région de Montréal.D’un autre côté, comme presque tous les fonds versés à l'Institut devaient obligatoirement être dirigés vers le programme SRAD, sa marge de manœuvre était tout de même limitée pour développer des programmes de communication, de sensibilisation et de diffusion.» D’ailleurs, faute de financement, le volet II du programme SRAI), tout aussi valable à long terme que le volet I, n’a bénéficié qu’à un seul projet au cours de cette période.Reproches Ce qu’on reproche en gros à l’Institut, c’est d’agir seul et trop rapidement.En somme, c’est d’être trop efficace dans l'établissement et la gestion de ses activités, mais de ne pas consulter suffisamment les gens du milieu.Au Québec, on aime les consensus.Mais entre-temps, à part les initiatives mises en place par le Commissariat du design de la Ville de Montréal et la SDIQ, peu de choses a été fait à Montréal par les organismes mandatés par les designers.Soit on fait les choses, soit on en parle.Néanmoins, le consensus et la collaboration entre les parties sont cruciaux et grandement souhaitables pour l'avancement du secteur dans la région métropolitaine.Il faut renforcer le rôle de rassembleur et de diffuseur du savoir que devrait jouer l’Institut.Comme le faisait remarquer Marie-Josée Lacroix: «//faut également qu’on commence à reconnaître l'impact économique véritable relié au design de produits “industrialisables” et "commercialisables", comme on l’a surtout fait jusqu’à présent, et évaluer la valeur ajoutée par la présence de plus beaux commerces ou d'aménagements paysagers en termes de valeur foncière des immeubles et du succès des entreprises.» Séminaires IDM, horaire hiver / printemps 1999 ID Institut de Design Montréal 390, rue Saint-Paul Est Marché Bonsecours (niveau 3) Montréal (Québec) Canada H2Y1H2 Téléphone (514)866-2436 Télécopieur (514) 866 0881 E-mail.idm^idm qc ca Site web http //www idm qc ca L'Institut de Design Montréal (IDM) reçoit présentement les inscriptions pour son programme de séminaires en gestion.Ce programme s'adresse aux diplômé-es universitaires de 1996, 1997.1998 et 1999 des différentes disciplines du design.Grâce à la participation de Développement des ressources humaines Canada (DRHC) et a la collaboration de l'IDM, seuls des frais d'inscription de 15 S par séminaire sont exigés.Le nombre de places disponibles étant limité, elles sont attribuées selon la formule premier arrivé, premier servi Les inscriptions se font par téléphone au (514) 866-2436, poste 25 Si la demande le justifie, l'Institut ajoutera des sessions supplémentaires à l'horaire actuel.Programme et horaire : Démarrage d'une entreprise de design (2 jours] Samedi et dimanche 20 et 21 février, de 9 h à 17 h Samedi et dimanche 27 et 28 mars, de 9 h à 17 h Stratégie marketing du designer-entrepreneur Samedi 6 mars, de 9 n à 17 h ( 1 jour) Les lundis 3 et 10 mai, de 18 h à 22 h (2 soirs) Curriculum vitae et lettre de présentation (1 soir) Lundi 15 mars, de 18 h à 21 h Le designer et la propriété intellectuelle (1 soir) Lundi 29 mars, de 18 h à 21 h Élaboration d'un portfolio en design (1 soir) Lundi 8 février, de 18 h à 21 h 30 Lundi 8 mars, de 18 h à 21 h 30 Introduction à la gestion de projets |1 soir) Jeudi 18 mars, de 18 h à 22 h Lundi 31 mai, de 18 h à 22 h Autres activités: S'ajoutent également à l'horaire guelgues périodes de consultation (démarrage d'entreprise, propriété intellectuelle, outils de recherche et entrevue d'emploi).Pour plus de renseignements sur ce volet, veuillez téléphoner au (514) 866-2436 poste 28 OBJETS DESIGN.POUR VOUS! Heures d'ouveiture de la Galerie IDM : du samedi 16 au vendredi 22 janvier 1999, du 11 b à 17 h ! t CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE IMPRIMÉ SUR FOND GRIS OU DE COULEUR A1C
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