Le devoir, 3 février 1999, Cahier A
+ F 0 N I) E EN 1 9 1 0 ?LE DEVOIR V I) l.X (' N " 2 I Cu roiine Mo ii t/ici il PERSPECTIVES Avancées sur la mort Ils sont plusieurs milliers, chercheurs et cliniciens, réunis cette semaine à Chicago pour placer quelques pièces de l’immense puzzle du sida, qui compte encore 35 millions d’infectés dans le monde.Au dernier chapitre du feuilleton, on affiche la confirmation, annoncée par une équipe américaine, que le sida est arrivé à l’humain par le chimpanzé.Va pour l’origine.Mais on est toujours très loin d’avoir prononcé le mot de la fin en matière de lutte contre la maladie.Au milieu de l’hécatombe, l’espoir est survenu en 1996 alors qu’une toute nouvelle trithérapie faisait baisser la charge virale et reculer le développement des symptômes chez les personnes atteintes.L’espoir, ne serait-ce que de vivre quelques années de plus, était au rendez-vous.Aujourd’hui, dans les pays développés, les sidéens ont réussi à prolonger leur espérance de vie de six mois à quatre ans.En fait, on ne peut même plus parler avec certitude de maladie mortelle, selon le I)r Réjean Thomas, spécialiste de la maladie.Parmi ses patients, le taux de mortalité a chuté de 60 à 80 %.À la clinique du Quartier latin, le I)’ Pierre Côté, qui voyait autrefois deux personnes mourir par semaine, n’en voit maintenant disparaître qu’une aux trois mois.Mais on meurt encore très largement du sida, et il n’existe pratiquement pas, dans la population humaine, de porteurs sains du virus, sauf de très rares cas, largement inexpliqués, de prostituées ayant survécu au sida malgré de fréquents contacts avec la maladie.C’est d’ailleurs en ce sens que les recherches sur le chimpanzé sont intéressantes.Contrairement à l’humain, ce dernier résiste en effet parfaitement au virus.?Fait rassurant, de récentes études ont démontré que les usagers de la trithérapie sont nettement moins contagieux que ceux qui ne reçoivent pas de traitement.Mais ces connaissances n’offrent en aucun cas de garantie de prévention, certains malades étant particulièrement résistants au traitement.Le virus court donc toujours, et 55,2 % des Québécois n’ont rien changé à leurs pratiques sexuelles depuis l’avènement de la maladie.En attendant, dans certains cas, on crie au miracle, mais dans d’autres, la trithérapie ne fonctionne pas.Chez plusieurs patients, le virus, qui subit des mutations extrêmement rapides, résiste complètement aux traitements.On a même vu le virus prendre une forme très différente dans la rate ou dans les ganglions, dit le Dr Richard Morrisset, de l’Hôtel-Dieu, spécialiste en immunologie.Aussi, à la clinique L’Actuel de Montréal, où le Dr Réjean Thomas reçoit ses patients, les sidéens doivent désormais prendre, de façon très stricte, un cocktail de 20 à 30 pilules par jour.Au moindre écart, c’est l’échec de la thérapie, avec pour conséquence que le virus a déjà acquis une résistance au traitement.«C’est la première fois dans l’histoire de la médecine que l’oubli de doses a des implications aussi majeures», dit le D'Thomas.Ceci est d’autant plus troublant que la très grande majorité des nouveaux malades de Montréal sont des gens qui ont des problèmes multiples, entre autres de santé mentale et de toxicomanie.A Montréal, en effet, 20 % des toxicomanes utilisant des drogues intraveineuses seraient contaminés.C’est une clientèle en constante croissance, et une préoccupation majeure en santé publique.Bien avant la découverte d'un vaccin, donc, c’est à l’élaboration de médicaments plus simples, plus efficaces, moins toxiques, que l’on s’attarde.Encore loin du but, on se réjouit d’avoir vu le taux de mortalité chuter de 75 % aux Etats-Unis et de 84 % en France.Mais bien loin de ces cabinets de médecins aux ressources sophistiquées, il y a tous ces malades du Tiers Monde, tout simplement laissés à eux-mêmes ou qui luttent avec les moyens du bord contre la maladie.Ià-bas, le sida s’ajoute à tous ces maux, comme la faim, que les rapports Nord-Sud entretiennent.En Afrique du Sud, de 12 à 14 % des adultes sont infectés, et on y voit quelque 1500 nouveaux cas par jour.L'Afrique subsaharienne regroupe à elle seule les deux tiers de tous les cas d'infection au VIH du monde.Au Zimbabwe, 25,8 % de la population est infectée.Dans l'ensemble du continent africain, là même où les premières infections seraient survenues, on voit environ 1,7 million de nouveaux cas par année.On prévoit qu'en 2001, le sida aura fait 40 millions d'orphelins chez les Africains, dont au moins un million de séropositifs.En décembre dernier, la Banque mondiale s'inquiétait des proportions que pourrait bientôt prendre l'épidémie en Amérique latine et dans les Antilles.D’où l'intérêt de développer un vaccin, ce qui, de l'avis de plusieurs experts, pourrait encore prendre plusieurs décennies.Mais entre-temps, la vie, par la force des choses, continuera de peser plus lourd ici que là-bas, favorisant une recherche effrénée.«Tout ce qui a été fait dans le cadre de la recherche sur le sida sert aussi à beaucoup d'autres choses, ajoute le Dr Morrisset.Nous avons acquis des connaissances sur le rôle de l'immunité dans le cancer et le sida.» Car toute-puissante que soit la science, ce n'est quand même pas demain la veille que l'humanité deviendra immortelle.M É T É 0 Montréal Averses en mati-g) née.Dégagement partiel par la suite.Max: 2 Min: 1 Québec Neige et pluie.Max: 2 Min: 0 Détails, page B 6 M O N T 11 K A L , I.E M E 11 (' Il E I) I 3 E E V I! I E 11 I 9 il il (S 7 e + T A \ K S = I $ T o 11 o X T O I $ JACQUES NADEAU I.E DEVOIR L’attente était longue et souvent vaine, hier matin aux arrêts d’autobus.80 % de la flotte de la STCUM a été paralysée pendant toute l’heure de pointe.Les cols bleus dérapent 1 N I) K X Annonces .B 6 L- monde .AO Avis publics.B 7 Ix's sports B 8 Culture B 10 Montréal .A3 Économie .B 2 Mots croisés B 6 Éditorial .A8 Politique .A3 .B 1 Télévision .B 0 www.ledevoir.com ¦ Le syndicat organise un déjeuner-causerie ü La Ville sévira, dit Fortier KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Sous le couvert d’un appui aux collègues de l’Office municipal d’hàbitation en grève depuis six mois, les cols bleus de la Ville de Montréal ont déclenché hier matin un arrêt de travail illégal, occasionnant du coup une situation particulièrement difficile pour les automobilistes et les piétons aux prises avec la pluie verglaçante.Selon la version officielle, les cols bleus ont été conviés à prendre le petit-déjeuner pour dénoncer la lenteur des négociations à l’OMHM.«C’était une activité prévue depuis deux semaines.On avait 72 autobus qui étaient à 6h dans les clos [de voirie] pour être au déjeuner-causerie à 7h.La Ville avait été prévenue la veille à 5h moins quart.Et on était conscient que c’était sans solde», a prétendu le chef syndical Jean Lapierre en entrevue à Radio-Canada.Mais selon les informations recueillies, il ne s’agirait là que du début d’une série de débrayages des cols bleus, qui seraient mécontents de faire beaucoup moins d’heures supplémentaires depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle convention collective, qui n’échoit qu’au 31 décembre 2000.Déjà, la semaine dernière, la Ville de Montréal s’attendait à certaines formes de moyens de pression, dont un possible ralentissement dans la cueillette des ordures.Depuis environ 18 mois, les cols bleus ont de nouveaux horaires de travail, étalés sur quatre jours pour un groupe alors que l’autre travaille du vendredi au dimanche.Les travailleurs du premier groupe reçoivent 1 $ de plus l’heure lorsqu’ils doivent travailler le vendredi.Cette imporlan- VOIR PAGE A 10: COLS BLEUS Lire aussi en page A 8 ¦ L’éditorial de J.-R.Sansfaçon Négociations du secteur public L’arroseur arrosé Les syndicats attendaient des offres; ils ont reçu des demandes MARIO CLOUTIER ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Les premières négociations des secteurs public et pa-rapublic depuis dix ans entre le gouvernement et ses 400 000 employés syndiqués s’annoncent longues, très longues.La mise au jeu faite au ralenti hier suppose en effet que des discussions préalables sur la façon dont seront menées les négociations devront avoir lieu avant les négociations à proprement papier sur les 80 conventions collectives des employés de l’Etat, qui comprennent chacune 250 clauses normatives.L1 dépôt des offres patronales a débuté hier au compte-gouttes et se poursuivra ainsi toute la semaine.Les négociateurs patronaux ont lancé les discussions en offrant très peu pour répondre aux demandes syndicales déposées depuis des mois.En fait, c'est le gouvernement qui semble vouloir prendre la position de demandeur, en ce moment, cherchant à faire accepter dans plusieurs secteurs des négociations décentralisées, qui se dérouleraient en partie au niveau local.Les négociateurs gouvernementaux rencontraient hier VOIR PAGE A 10: NÉGOCIATIONS Il Autres informations en page A 4 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Mieux valait être sur deux pieds que sur deux roues.1000 autobus de la STCUM hors circuit JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR Ce n’était pas le verglas de 1998 mais les précipitations d’hier matin ont causé autant, sinon plus de problèmes sur les routes.La Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal a connu l’une des pires heures de pointe de son histoire quand la grande majorité de sa flotte d'autobus s’est retrouvée immobilisée, incapable de rouler un centimètre de plus sans déraper.Dès 7hl5, la STCUM dénombrait déjà une trentaine de collisions impliquant ses véhicules.I.a situation allant de mal en pis, la Société a conseillé à ses chauffeurs de s’immobiliser s’ils jugeaient leur trajet trop dangereux.C’est ainsi qu’entre 7h45 et 9hl5, 1080 véhicules étaient immobilisés, soit 80 % de la flotte en service ce matin-là.Le service de transport adapté a aussi été suspendu, sauf en ce qui concerne les déplacements de nature urgente.Dame Nature a donc joué un très vilain tour aux usagers du transport en commun, mais la «complicité» des cols bleus en débrayage spontané Cire texte ci-contre) n’a fait qu’empirer la situation.Ce n’est que vers 9h30 que les autobus ont recommencé à rouler VOIR PAGE A 10: STCUM Santé et union sociale Aux premiers ministres de trancher la question «Je veux savoir à quoi m’en tenir et eux aussi», dit Jean Chrétien LE MONDE Procès Clinton: au tour de Jordan à témoigner, page A 6 MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Les négociations sur l’union sociale et la santé ont at teint un seuil critique que ne peuvent franchir les mi nistres responsables.Il revient maintenant aux premiers ministres de prendre les choses en main et de trancher la question, croit le premier ministre Jean Chrétien, qui a convié ses homologues provinciaux à une réunion demain à Ottawa.Le premier ministre Chrétien estime que «le temps est venu de réunir [les premiers ministres] et de voir si on peut aller de l’avant ou non.[.] Je veux savoir à quoi m'en tenir et eux aussi».«Arrive un moment où vous devez prendre une décision, et tout le monde reconnaît que le temps est venu de prendre une décision parce que les ministres n’ont pas fait d’autres progrès», a-t-il ajouté à la sortie du conseil des ministres.Tous les premiers ministres ont accepté l’invitation de M.Chrétien, y compris Lucien Bouchard.Leur réponse ne surprend guère puisqu'ils avaient eux-mêmes demandé une telle rencontre peu avant Noël.Jean Chrétien POLITIQUE Santé et union sociale au menu de Charest, page A 5 «Tout le monde reconnaît que le temps est venu de prendre une décision» Chasser les oies blanches au printemps pour les préserver, page A 2 n’en voyait pas la nécessité et avait refusé.Il a changé d’idée à la suite de la dernière rencontre ministérielle.tenue à Victoria la semaine dernière.Il a expliqué hier qu'il est devenu apparent que certains ministres provinciaux n’avaient pas le mandat de trancher certains points particuliers et, par conséquent, de conclure une entente destinée à baliser le pouvoir fédéral de dépenser et à mieux coordonner l’élaboration des politiques sociales.Une source provinciale est du même avis.La rigidité des mandats donnés aux fonctionnaires et aiL\ ministres ne permettait pas certains compromis, d’où l’intérêt que leurs patrons entrent en scène, dit-il.Jean Chrétien ne nie pas qu’un échec soit possible mais Ottawa espère un accord glp-bal ou partiel, ou, au minimum, une relancé des pourparlers qui se sont enlisés depuis la rencontre de Victoria.«[Les premiers ministres] reconnaissent qu’on ne peut pas parler sans cesse.Il y a assez de choses sur la table pour espérer obtenir un très bon accord.On ne sait jamais, on peut échouer.Mais je n’espère pas un échec.J’ai convoqué VOIR PAGE A 10: CHRÉTIEN LES ACTUALITÉS a 778313000665 I.K I) K V 0 I H , I.K M V.I! I I! K II I :i F K V II I F H I !» !» 11 I, E S A C T U A L Reconnu coupable de blanchiment d’argent Le juge Flahiff interjette appel LE DEVOIR Le juge Robert Flahiff, reconnu coupable de blanchiment d’argent le 25 janvier dernier par la Cour du Québec, en appelle du verdict.Robert Flahiff a déposé un avis d’appel hier en Cour d’appel du Québec.Dans leur requête pour permission d’en appeler de la condamnation, les avocats de Robert Flahiff, qui font référence à divers «abus de procédure», contestent principalement l’importance accordée au témoignage du trafiquant de drogue Paul Larue, devenu délateur.Robert Flahiff, qui doit revenir en cour le 8 février pour les représentations sur sentence, demande à la Cour d'appel de l’acquitter et d’ordonner la tenue d’un nouveau procès.Robert Flahiff avait été trouvé coupable de trois chefs d’accusation relatifs au blanchiment de 1,7 million provenant du trafic de drogue.Le jugement concerne des activités de Robert Flahiff entre 1989 et 1991, alors qu’il était avocat.C’est la première fois dans l'histoire de la magistrature canadienne qu'un juge d’un tribunal d’instance fédérale est reconnu coupable d’accusations aussi graves.Le Conseil canadien de la magistrature a d’ailleurs entamé une enquête pour voir s’il y aurait lieu de réclamer la destitution du juge.Pour l’instant, Robert Flahiff, même s’il ne siège pas, conserve son titre de juge et son salaire annuel de 175 800$.Chasser les oies pour les préserver Ottawa autorisera une récolte printanière exceptionnelle Lorraine Pagé subira son procès fin avril PRESSE CANADIENNE La présidente la Centrale de l’enseignement du Québec, Lorraine Pagé, «âgée de 52 ans, subira son procès pour vol à l’étalage les 29 et 30 avril prochains.C’est ce qui a été décidé hier à la Cour municipale de Montréal.Par l’intermédiaire son avocat, Mme Pagé a demandé à la cour de bien vouloir devancer la tenue de son procès si d’autres dates plus rapprochées devenaient disponibles.La cour a promis de faire diligence.Le geste reproché à la syndicaliste, le vol d’une paire de gants, se serait produit le 10 décembre dans le magasin La Baie de Place Versailles, dans l’est de Montréal.Peu après, les journaux en faisait leur manchette.Après s’être réfugiée dans le mutisme durant quelques jours, Mme Pagé avait tenu une conférence de presse, encadrée de dirigeants de la CEQ, pour dire qu’elle avait biep l’intention de demeurer à son poste dans l’intervalle.A cette occasion, Mme Pagé avait pleuré en évoquant les répercussions de cette histoire sur sa famille immédiate, ses filles, frères et sœurs.Le troupeau de grandes oies des neiges, que la migration annuelle concentre dans le corridor Mont-magny-Cap-Tourmente, approche du point d’implosion, c’est-à-dire du moment où le troupeau, atteint de surpopulation, s’autodétruit avec les habitats qui le font survivre.Un seul remède avant qu’il ne soit trop tard, disent les experts: ramener avant l’été les sauvaginiers aux champs pour les chasser.LOUIS-GILLES F R A N C (E U R LE DEVOIR Environnement Canada se propose de rompre avec une vieille tradition en amorçant le processus réglementaire qui devrait déboucher sur une première chasse printanière à la grande oie des neiges, une initiative mise en place d’urgence afin de sauver ce cheptel des séquelles parfois irréversibles de la surpopulation.Pour ménager les susceptibilités et atténuer les réactions des animalistes, Environnement Canada parle d’une «récolte de conservation printanière», une précaution qui illustre une des causes du problème, la réduction de la récolte annuelle depuis 15 ans, due en partie à la mauvaise image de la chasse et des chasseurs sur qui repose paradoxalement le sort de cette espèce.La gravité de la situation est telle que les gouvernements canadien, américain et mexicain ont décidé de déroger au traité nord-américain sur les oiseaux migrateurs afin d’autoriser cette récolte printanière en permettant, de surcroît, des méthodes jusqu’ici interdites en raison de leur efficacité, comme l’appâtage et l’utilisation d’enregistrements des oiseaux eux-mèmes.La limite de prises quotidiennes passera ainsi, si le règlement en consultation est approuvé, de 12 à 20 oies par jour et la limite de possession, de 36 à 60 oies par permis.Selon les conclusions du comité d’experts tripartite remises récemment à Environnement Canada, «il existe présen- ARCHIVES LE DEVOIlt La surpopulation des grandes oies a atteint un niveau tel qu’elle menace la survie même de ces oiseaux.tentent un sériettx problème de surpopulation de la grande oie des neiges: cette surabondance pourrait menacer l'intégrité de ses habitats ainsi que celle des autres communautés biologiques qui les partagent à moins que des mesures immédiates soient prises pour freiner cette expansion démographique.» En 1965, on dénombrait tout juste 50 000 grandes oies des neiges dans le corridor migratoire qui passe p;ir le Québec.Le troupeau en compte plus de 800 (XX) et atteindra un million l’an prochain.Avec un taux d’augmentation de 9 % par année, il doublera d’ici 2008, si ce n’est pas avant, précisait hier Paul Milot, d'Environnement Canada.Les chasseurs québécois récoltaient dans les années 70-85 quelque 50 000 des 70 000 oies annuellement abattues sur le parcours migratoire de cette espèce.Cela correspondait à environ 24 % du troupeau, ce qui était comblé aussitôt par la reproduction mutuelle.Mais la mauvaise image qu’on fait maintenant aux chasseurs, le désintéressement des jeunes pour cette activité présentée par les animalistes comme immorale, voire comme un crime contre l’environnement, l’augmentation des formalités administratives fédérales régissant l’acquisition des armes à feu, la réglementation d’Environnement Canada forçant l’usage de la bille d’acier, qui a rendu désuets la plupart des vieux fusils de chasse, tout cela a réduit en 25 ans de moitié le nombre de sauvaginiers au Québec.Cela explique que la récolte annuelle des oies se situe désormais à 12 % plutôt qu’à 24 %, ce qui a provoqué une hausse exponentielle de la population d’oies blanches.Par ailleurs, les oies ont profité des refuges et réserves créés à leur intention et découvert des aires d’alimentation dans les champs des cultivateurs, qui ont appuyé l’augmentation de leur population.La «surpopulation» qui s’annonce, si on ne stabilise pas l’expansion du troupeau, va, selon les experts, déboucher sur ce qui est arrivé au troupeau de la petite oie des neiges, au centre du Canada.Les carences alimentaires suscitées par le broutage excessif des espèces végétales à la base de la diète des oies ont provoqué la déchéance du troupeau et même menacé des espèces cousines qui partagent le même territoire: maladies, diminution du poids, baisse de la reproduction, etc.Avec parfois des séquelles presque irréversibles.C’est pour éviter d’en arriver là qu’Environnement Canada propose donc d’ajouter une chasse printanière à lit chasse d’automne, qui se déroulerait aux champs entre le 15 avril et le 30 mai dans le corridor fluvial.Lit région du lac Saint-Pierre, intensément visitée par les observateurs de la migration, ne sera toutefois pas ouverte à la chasse pour ne lias déran-ger les oiseaux, ce qui ne serait toutefois pas incompatible avec une chasse aux champs à l’arc.Verdun et ses cols bleus sont rappelés à l’ordre LOUISE LEDUC LE DEVOIR Quoique la Ville de Verdun estime que les différends qui l’opposent à ses cols bleus sont de moins en moins nombreux, le Conseil des services essentiels a encore dû ramener à l’ordre les deux parties et les inviter à mettre de l’eau dans leur vin.Pour les résidants de Verdun, la difficile journée d’hier n’avait rien d’inhabituel.En fait, ils ont eu droit à des services plus décents qu’à l’habitude de leurs cols bleus qui, depuis le début du moins de janvier, transportent leurs griefs syndicaux dans la rue et ne se pressent pas pour ramasser la neige.Dans sa plus récente décision, rendue lundi soir, le Conseil des services essentiels s’est penché sur trois questions.Dans un premier temps, il a appelé la Ville de Verdun à se montrer plus discrète dans la surveillance exercée par des agents de sécurité sur les employés municipaux.Dans un second temps, Verdun a aussi été invitée à faire plus attention dans la distribution de ses paies, les quelques erreurs dénoncées par le syndicat contribuant à alourdir le climat.Enfin, le Conseil des services essentiels a encore une fois rappelé au syndicat qu’il lui fallait fournir du personnel qualifié lorsque la Ville fait appel à ses employés.Le Conseil des services essentiels a aussi constaté, et consigné dans sa plus récente décision, que l’opération d’enlèvement de la neige a été interrompue de façon concertée par l’ensemble des salariés affectés aux travaux prévus à l’entente sur les services essentiels vers 15h le vendredi 22 janvier.Or, rappelle-t-on, il restait ;dors de la neige à ramasser d’un côté de la rue sur les 21', 3‘, 41' et 5° Avenues, à la suite d’une accumulation de plus de vingt centimètres provenant de plusieurs tempêtes.Gaétan Laberge, directeur général de la Ville de Verdun, accueille sans sourciller cette dernière décision du Conseil des services essentiels.«Nous avons déjà obtenu de lui deux ordonnances et ça ne change pas grand-chose: le ramassage de la neige se fait toujours une semaine trop tard.» De plus, la Ville a recensé depuis le début du conflit 380 actes de vandalisme, allant de pneus crevés aux radiateurs endommagés.Selon M.Laberge, les différends se règlent un à un.Ceux qui subsistent sont cependant profonds et ont récemment amené «le médiateur Fernand Matteau, du ministère du Travail, à se retirer du dossier parce qu’il se croyait incapable de favoriser un rapprochement».Parmi les désaccords qui subsistent, la volonté de la Ville d’abolir certaines fonctions devenues désuètes — comme celle de forgeron — est au cœur du problème, selon M.laberge.Il n’a pas été possible d’obtenir le point de vue du syndicat, ses représentants ne nous ayant pas rappelée.Les cols bleus de Verdun sont en grève depuis le 1" octobre.m - ¦ ; il ; / ¦ «P - , • ;; f ; : ; Mvsrw_________ Se mettre à l’abri est un réflexe tout à fait naturel.Diversifiez votre portefeuille tout en protégeant votre capital.PROFITEZ D’UN D'INTERET " 1% Tous les conseillers financiers le disent: un portefeuille équilibré comporte une part de placements entièrement garantis.Placements Québec vous offre une gamme de produits dont le capital est garanti sans limite par le gouvernement, même au-delà du montant maximum de 60000$ et du terme de cinq ans prévus par l’assurance-dépôts.De plus, aucuns frais de gestion ne viennent réduire leurs rendements.OBLIGATIONS SÉCURI+ DU QUÉBEC • Taux d’intérêt avantageux garantis pour les 18 premiers mois.• Remboursables tous les six mois à leur pleine valeur sans perte d’intérêt, permettant ainsi de profiter d’éventuelles hausses de taux d’intérêt.• Disponibles pour tout montant égal ou supérieur à 250$.5,00 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indice XXM”.PLACEMENTS QUÉBEC Notre intérêt à tous www.plQcementsqc.youv.qc.CQ tel t I.E I) E V OIK.I.E M E K C II E I) I F K \' Il I E II I !)!)!! OU P&, mæsua ._ >Y>s* Une campagne coûteuse pour les aspirants maires La toile du stade ne sera pas prête le 15 février Birdair déclare forfait Oit étaient les cols bleus ?JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR La firme Birdair s’est rendue à l’évidence: elle ne i)eut garantir que le toit du Stade olympique sera réparé le 15 février, comme elle s’était auparavant engagée à le faire auprès de la Régie des installations olympiques.Dans une lettre qu’elle a fait parvenir aux dirigeants de la RIO, la firme new-yorkaise affirme qu’à cause des délais pour le déneigement de la toiture, elle ne |)eut promettre que le morceau de toile pourra être remplacé dans les délais prévus.Pourtant, Birdair disposait d’un délai quelle jugeait largement suffisant il y a deux semaines pour réparer et garantir la solidité du toit.Hier, André Huberdeau, vice-président au développement et aux affaires à la RIO, ignorait pourquoi exactement le délai ne pouvait être respecté si les ingénieurs de Birdair ont pu monter sur le toit pour examiner la déchirure et quand la KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR La dernière campagne électorale montréalaise a coûté cher aux aspirants maires.Les partis politiques de Jean Doré et de Jacques Duchesneau ont accumulé à eux deux une dette d’environ un demi-million.Comme le révèlent les rapports financiers déposés au représentant du Directeur général des élections du Québec (DCE), l’Équipe Montréal de M.Doré a été incapable de payer au 31 décembre dernier 62 de ses fournisseurs de biens et de services, et ce, jxnir un total de 234 671,97 $.Il s’agit entre autres de son directeur des communications et de son attachée de presse (1170 $) et, de façon plus importante en ce qui concerne les sommes à rembourser, le Receveur général du Canada (4746,04 $) ainsi que Revenu Québec (6123 $), Super Impressions (32 723,47 $), Bell Québec (19 905,18 $) et Lili Côté (17 525,13 $).Mme Côté est la publiciste qui a écrit la chanson-thé^ me de la campagne d’Équiix* Montréal, qui avait coûté, assurait-on à l’époque, 3000$.Le parti Nouveau Montréal a réussi à présenter un bilan équilibré avec 545 785,55 $ de revenus et de dépenses.Or le chef Jacques Duchesneau reconnaît que sa formation politique a une dette d’environ 300 000 $ qu’il tentera d’éponger par une campagne de financement au printemps.Ce n’est que lorsque les partis présenteront leur bilan annuel à la fin du mois de mars qu’il sera possible de détailler les emprunts contractés par chacun des partis.Entre-temps, Équipe Bourque/Vision Montréal présente même un surplus de 10 (XX) $, ayant encaissé 543 983,06 $ et dépensé 53 892,75 $.Une vérification comptable pointue a été enclenchée.En plus du rapport financier électoral, les partis politiques devaient fournir toutes les pièces justificatives.Le représentant du DGE a renvoyé le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM) faire ses devoirs puisqu’il avait fourni les chèques, factures, reçus sans classement.Le RCM a fait une campagne modeste, écorché par plus de six mois de guerres internes.Il a dépensé 182 421,54 $, soit 14 000 de plus que les sommes recueillies.Iii Coalition démocratique de Montréal a dépensé 27 253,83 $ et a traîné une dette de 3041,69 $ qu’elle a payée fin janvier.Comme le stipule la loi électorale, les partis ayant obtenu 20 % et plus des voue district par district ainsi qu’au niveau de la course à la mairie bénéficieront d’un remboursement de 50 % de leurs dépenses.Un étudiant intente un recours collectif contre la STCUM RIO recevrait un rapport préliminaire sur les causes de la déchirure.La RIO concentrait plutôt ses efforts sur l’aménagement de ses aires intérieures pour recevoir les salons de l’habitation, des véhicules récréatifs et du plein air qui, la RIO l’a confirmé, n’auront pas lieu sous la toile.La Régie doit donc investir quelque 9(X) (XX) $ pour transformer le stationnement B 1 et les «grandes hauteurs», situées sous les gradins, en hall d’exposition «semblables à la Place Bonaventure», mentionne André Huberdeau.«Oui, c’est un investissement majeur pour la RIO, admet le vice-président.Mais on sauve les salons qui ont un impact économique énorme.Quand on pense que les vendeurs de portes et fenêtres font 50 % de leurs ventes au salon de l’habitation.Si on ne le faisait pas, on mettrait en péril des PME.» Et les 900 000 $, précise André Huberdeau, s’ajouteront aux réclamations que fera la RIO à Birdair.SACS VERTS, boîtes de carton, ordures malodorantes ou tout simplement encombrantes ont patiemment attendu qu'un éboueur passe les ramasser, hier, alors que la chaussée était transformée en véritable patinoire.La politique du transport d’écoliers Les dissidents du MEMO s’allient aux catholiques pour battre De Courcy PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Les cinq dissidents du parti au jxiu-voir à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) se sont alliés à leurs ennemis traditionnels, les commissaires du Regroupement scolaire confessionnel (RSC), afin de faire adopter leur position sur le transport d’écoliers.Dur coup pour Diane De Courcy.«C’est assez bizarre de s’unir puisqu'on vient à peine de sortir d’une campagne électorale au cours de laquelle nous voulions mutuellement nous éliminer de la carte», résume Adeline d’Opéra, du RSC, qui soumettra la semaine prochaine une proposi- tion sur le transport, conjointement-avec Guy Vidal, du MEMO.«Mais cette question va au delà de la partisane-rie», ajoute-t-elle.Essentiellement, la proposition, qui a toutes les chances d’être adoptée puisque l’alliance réunira 11 commissaires, contre 10 autour de Mme De Courcy, vise à décréter un moratoire d’un an sur certains aspects de la politique de transport, surtout pour permettre aux anciennes écoles protestantes, dont les enfants étaient disséminés à travers nie, de s’ajuster à une politique d’écoles de quartier.La politique sur le transport d’écoliers sera à l’ordre du jour pour une troisième réunion d’affilée.Jusqu’à présent, les cinq dissidents du MEMO — M.Vidal, Robert Cadot-te, Luc Gaudette, Colette Provost et Marcellin Noël — ont réussi à faire bloquer la proposition de Mme De Courcy.La politique de transport de la CSDM vise à ajuster les circuits d’autobus au nouveau territoire de la commission, qui n’est plus le même depuis la restructuration du 1" juillet dernier.La présidente, Diane De Courcy, prône l’école de quartier et demande aux enfants de fréquenter l’école la plus près de leur lieu de résidence.Les commissaires dissidents et ceux dirigés par Michel Pallascio estiment que trop d’enfants auraient été bousculés avec la proposition de l’exécutif.Ils ont été plus particuliérement sensibles aux arguments-des parents des anciennes écoles protestantes qui craignent la mort de leur école si elle devient une «école de quartier» avant qu’un nouveau territoire ne lui soit attribué.Le commissaire du MEMO, Guy Vidal, trouve pour sa part complètes ment «aberrant» que sa présidente veuille abolir le transport d’écoliers pour deux écoles à vocation particulière, soit Fernand-Seguin et l’École-atelier.11 s’appuie sur la promesse électorale du MEMO et croit qu’en abolissant le transport, ce sont les enfants les plus défavorisés qui seront privés d’une école qui répond à leurs aspirations.LE DEVOIR MONTREAL Appel au respect de la dignité humaine LOUISE LEDUC LE DEVOIR Un étudiant en criminologie de l’Université de Montréal, François Dumoulin, vient de déposer à la Cour suijérieure un recours collectif contre la STCUM.Ce faisant, M.Dumoulin espère représenter les 150 (XX) usagers potentiellement lésés par le retrait des 360 autobus à plancher bas en janvier et la détérioration subséquente du service, la somme exigée: 66 $, pour lui et pour chacun des autres usagers.François Dumoulin, candidat dans Côte-des-Neiges lors des dernières élections municipales sous la bannière de Parti Montréal 2000, réclame 16 $ en guise de remboursement ix>ur sa carte CAM ainsi qu’une somme de 5 $ par jour pour les inconvénients subis.Son avocat, M" Paul Unterberg, explique que le circuit d’autobus qu’utilisait son client a été supprimé au plus fort de la crise à la STCUM.«Au lieu de ralentir le service sur l’ensemble du réseau, la STCUM a préféré abandonner complètement certains circuits.Résultat: pendant dix jours, M.Dumoulin a été privé de l’autobus qu’il utilise quotidiennement pour aller à l’université.» M" Unterberg estime à 340 000 le nombre habituel de détenteurs du laissez-passer mensuel de la STCUM.«De ce nombre, 40 % utilisent l’autobus, ce qui nous incite donc à croire que 150 000 usagers pourraient potentiellement faire partie de notre recours collectif.» Se- lon la mécanique du recours collectif en application au Québec, tous les usagers touchés sont automatiquement inclus et n’ont pas à s’inscrire d’aucune façon.A l’inverse, pour s’en exclure, ils doivent faire leurs propres démarches.Comme l’explique M' Unterberg, il n'est pas rare que les juges, lorsque ai> pelés à prendre une décision concernant t;uit de gens, décident tout simplement de verser les sommes exigées à des organismes de charité.«C'est qu'il ne sera pas facile de retracer les détenteurs de la CAM et, pire, ceux qui achètent leur billet à l’unité», rappelle Me Unterberg.Conscient de la difficulté de l’entreprise, Me Unterberg suggère aussi la réduction du prix des titres de trans|x>rt en commun pendant une certaine période ou l’accroissement du service.Michel Bédard, chef de Parti Montréal 2(XX), derrière toute l’affaire, rappelle qu’il a déjà fait des représentations auprès de la STCUM, lors de son conseil d'administration de mardi dernier.«Or s’ils avaient été saisis à l'avance de notre plainte, ils ne nous avaient même pas inscrits à l’ordre du jour», s’insurge Michel Bédard, qui s’attend à un règlement hors cours si la Cour supérieure accepte d’entendre la cause.Du côté de la STCUM, la porte-parole, Odile Paradis, ignorait hier le dépôt du recours collectif mais elle était bien au courant de la plainte initiale.«Nous avons promis de rendre une décision avant le 5 février», a-t-elle dit.188 pages 13.90$ Lob Édifions GUÉRIN (514)842-3481 cuaderno de efercicios escritos Ne casse d'accroître sa popularité.En vente dans toutes les librairies Denise PERRON LUGO Un avis de décès inusité suscite des réactions JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR L> avis de décès de Carmélita Tra-’ chy, paru lundi dans nos pages, ressemblait aux autres avis publiés dans cette rubrique du journal.A l’exception d’un paragraphe, qui en a fait sursauter plus d’un.«Au lieu d’envoyer des fleurs, S.V.P., faites parvenir une lettre au ministre de la Santé demandant d’améliorer rapidement nos services de santé afin qu’aucune autre personne ayant payé des taxes pendant 93 ans doive passer deux jours sur une civière dans un corridor à l’urgence, sans intimité et sans dignité!» «On a eu énormément de réactions», confie Errol Trachy, le neveu de la dame de 93 ans décédée jeudi dernier à l’hôpital Royal-Vietoria.Des journaux ont même refusé de publier l’avis, jugeant celui-ci «trop politique et controversé», selon M.Trachy.Pourtant, celui-ci dit ne pas avoir voulu en faire un geste politique et médiatique.11 a simplement voulu dénoncer une situation que la société semble tolérer.Personne ne devrait être confiné dans un corridor d’hôpital lorsqu’il est hospitalisé, dénonce Errol Trachy.Sa tante, précise-t-il, a quand même reçu les soins requis pour son état pendant les heures où elle a attendu à l'urgence et les deux jours où elle est restée dans le corridor pendant son hospitalisation.N’empêche.«Je sais que ça se produit, ça fait deux ans qu'on en entend parler, mais quand ça arrive, on est complètement impuissant», dit-il en rappelant que sa tante, «une citoyenne exemplaire de 93 ans, qui a travaillé toute sa vie», n’est pas décédée à cause de son séjour dans le couloir.«Mais j’ai l’impression qu’on l’a laissée tomber.» «On en parle, on en parle, mais on l’accepte.Pourquoi?Quand on est jeune, on peut mieux le supporter, mais les aînés.» MONTREAL c'est toi ma villel Commission du développement urbain de Montréal Étude publique Vous êtes invités à participer è la prochaine assemblée de la commission.Date : Le mercredi 10 février 1999 Lieu : 275, rue Notre-Dame Est Hôtel de ville, salle du conseil (Station de métro Champ-de-Mars) Heure : 19 h Lors de cette assemblée, vous pourrez : • obtenir des renseignements sur les projets de règlement inscrits à l'ordre du jour; • poser des questions et exprimer votre opinion sur ces projets.La commission recevra vos commentaires et formulera des recommandations au comité exécutif.L'ordre du jour comprend le* projeta de règlements suivants, soumis par le comité exécutif : 3.1 Modification au règlement concernant la construction et l'occupation d'une station-service incluant un dépanneur ainsi qu'une aire de restauration, sur un terrain situé au 180, boulevard Crémazie Ouest, entre la rue Waverly et l’avenue de l'Esplanade, de manière à modifier l'implantation et la superficie du nouveau bâtiment projeté, la superficie de la marquise envisagée, la localisation des pompes à essence, remplacement de l'enclos à déchets ainsi que l'aménagement paysager (S 980489044) (district électoral d'Octave-Crémazie).3.2 Modification au règlement concernant la transformation, à des fins de bureaux, du bâtiment portant le numéro 7240, rue Waverly, situé entre les rues Jean-Talon Ouest et de Castelnau, de manière à y autoriser l'agrandissement de la mezzanine (S 990489002) (district électoral de Jarry).3.3 Autorisation d'occuper, 6 des fins éducatives (rattrapage scolaire), le deuxième étage du bâtiment portant le numéro 9315, 24e Avenue, situé à l’angle sud-est du boulevard des Grandes-Prairies (S 980383 037) (district électoral de Jean-Rivard).3.4 Autorisation d’occuper, à des fins de lieu de culte, selon une capacité maximale d’accueil de 35 personnes, le rez-de-chaussée du bâtiment portant le numéro 5933, avenue du Parc, situé entre la rue Bernard et l'avenue Van Horne (S 980762058) (district électoral du Mile End).3.5 Autorisation de construire un bâtiment de deux et trois étages, sur une partie du terrain de stationnement situé à l'angle sud-ouest du boulevard René-Lévesque Ouest et de la rue Drummond, et de l'occuper à des fins commerciales (restaurants, bar, café-terrasse, patinoire extérieure et stationnement intérieur) (S 980545048I (district électoral de Peter-McGill).3.6 Modification au règlement relatif au Complexe Desjardins situé entre les rues Sainte-Catherine Ouest et Saint-Urbain, le boulevard René-Lévesque Ouest et la rue Jeanne-Mance, visant essentiellement à autoriser la réduction de la largeur d'une section du passage souterrain menant à la Place-des-Arts, de manière à ainsi permettre l'implantation d'espaces commerciaux de part et d'autre d'un tronçon de ce passage (S 980545085) (district électoral de Saint-Jacques).3.7 Autorisation d'occuper, à des fins de maisons de chambres et pension pour un maximum de 22 personnes âgées autonomes, les bâtiments portant les numéros 5150 à 5162, avenue Bourret, situés à l'angle sud-ouest de l'avenue Westbury (S 980545074) (district électoral de Victoria).Renseignements sur les dossiers et sur les prochaines assemblées : Service des relations avec les citoyens 333, rue Saint-Antoine Est, bureau 520 872-8265 N,B.La documentation complète est disponible pour consultation dans tous les bureaux Accès Montréal.Le greffier, M* Léon Laberge I.K I) K V 0 I H .I K M K lî C I! E I) I :i K E V li IKK I il il il / Education Des syndiqués surpris et déçus Le gouvernement demande de la souplesse aux fins de la réforme Le gouvernement veut poursuivre sa réforme de l’éducation.Dans èe but, il demande aux syndicats représentant tous les travailleurs du milieu scolaire de faire preuve de souplesse.r MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUEBEC Les enseignants, les professionnels et le personnel de soutien se disent surpris et déçus des offres patronales faites hier lors du lancement des négociations des secteurs public et parapublic.Les représentants syndicaux du milieu scolaire québécois attendaient des réponses substantielles à leurs demandes déposées au cours des derniers mois.Ils devront maintenant se présenter devant leurs membres avec des de-jnandes patronales de souplesse et de décloisonnement des conventions collectives.«Après neuf mois d’attente, c'est plu-.tôt décevant de se retrouver devant un tel dépôt, confus et incomplet», a lancé le président de la Fédération des syn- ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Au premier jour des négociations qui s’amorcent avec les salariés de l’Etat québécois, tant la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ) que les principales fédérations syndicales englobant quelque 100 000 employés du réseau de la santé ont qualifié hier «d’indécentes et de scandaleuses» les offres gouvernementales déposées hier matin par 'Québec.Un peu plus d’une heure après avoir pris connaissance de ces offres patronales, les représentantes des 47 500 infirmières membres de la FIIQ sont ressorties déçues et outrées.«C’est indécent et scandaleux.On ne tient aucunement compte des dicats de l'enseignement, Luc Savard.Ce syndicat affilié à la CÉQ représente la totalité des enseignants des commissions scolaires, soit 75 000 membres.En fait, les négociateurs patronaux ont eu le mandat de trouver des assouplissements aux conventions collectives au cours des présentes négociations.Ils veulent décentraliser ces pourparlers afin de trouver des solutions qui, ajoutent-ils, conviendront mieux aux écoles dans leur projet éducatif.Il ne s'agit pas d’effectuer de la récupération, disent-ils, sans grandes économies en vue, donc, mais ils veulent clairement toucher à ce que la CEQ (Centrale de l’enseignement du Québec) considère comme intouchable, soit la tâche des enseignants.Localement, les écoles pourraient donc décider de préoccupations des infirmières et de la population face à la consolidation du réseau de la santé.Ce qu'on a entendu aujourd’hui, ce sont des préoccupations comptables.Jamais on a parlé de fardeau de tâches», a martelé hier Lina Bonamie, vice-présidente de la FIIQ et responsable des négociations.La FIIQ se désespère de voir Québec passer sous silence l’épineuse question du fardeau de la tâche, alors que les infirmières en avaient fait, au même titre que la précarité d’emploi, la pierre angulaire de leurs demandes.Selon la fédération infirmière, les offres patronales ont pour seul objectif la décentralisation sauvage de la négociation et l’économie marginale de sommes reliées au replacement du personnel mis en disponibilité dans la foulée de la réforme de la santé.changer le nombre d’élèves par classe ou le nombre d’heures d’enseignement par semaine.En décentralisant les négociations en éducation, le gouvernement aimerait réussir à aménager le temps de travail selon des projets précis.Cette discussion sur la tâche au niveau local permettrait, par exemple, une souplesse telle que certains enseignants auraient des horaires différents.Même s’ils se disent prêts â certaines discussions décentralisées, les enseignants veulent maintenir la table centrale de négociations.«Jamais nous n’accepterons une décentralisation tous azimuts, a déclaré Luc Savard.Cela ne doit pas menacer le filet de qualité des services.» Les enseignants rejettent une autre demande gouvernementale, un montant récurrent de 26,8 millions.Il s’agit d’une somme qui faisait partie, il y a deux ans, de l’entente entre la CEQ et le gouvernement sur le programme de départs à la retraite.Ces 26,8 millions correspondent aux sommes non récurrentes qu'avaient alors consenties les enseignants et «On aurait pu créer 600 postes à temps complet avec les seules heures supplémentaires réalisées cette année.Mais tout ce dont on nous parle, c’est d'économies à réaliser avec 1000 employés en disponibilité, alors qu’en fait, seulement 200 d’entre eux sont aptes à reprendre le travail.Il n’y a aucune préoccupation face à ce que les malades disent», déplore Mme Bonamie.Alors que 26 % des infirmières qui travaillent sont sur des listes de rappel, la FIIQ considère inacceptable le mutisme patronal à ce sujet.Quant â la décentralisation des négociations réclamée par Québec, elle ferait en sorte que «les infirmières d’un CLSC, d’un coin de rue à l’autre, d'un quartier à l’autre, auraient des conditions de travail différentes».«Pour nous, c'est inacceptable», tonne la vice-pré- que le gouvernement souhaite maintenant rendre récurrentes.Les syndicats représentant les professionnels et le personnel de soutien en éducation ne sont pas plus chauds â l’idée d'une décentralisation des né-gos qui affaiblirait le rapport de force, disent-ils.Dans certaines commissions scolaires, il ne resterait plus que quelques dizaines de ces employés à la suite des restructurations récentes.Les professionnels des commissions scolaires étaient déçus, hier, du peu d’éléments de réponse contenu d;uis les offres patronales en ce qui a trait à leurs demandes syndicales de moratoire sur la réduction du personnel et d’un meilleur accès â la sécurité d’emploi.Affiliée à la CEQ, la FPPE a vu 917 de ses postes coupés au cours des dernières années.Hier, le gouvernement a indiqué aux représentants syndicaux des professionnels des commissions scolaires qu’il était ouvert aux discussions à ce sujet, sans plus.Les représentants patronaux ont plutôt mis l’accent, là comme ailleurs, sur la nécessité de décentraliser 28 sujets de né- sidente de cette fédération.Tout aussi vive, la réaction de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, qui regroupe 92 000 employés des CLSC, des centres jeunesse, des hôpitaux et des centres de soins de longue durée, traduit le même désarroi de la part de salariés qui ont l’impression d’avoir lourdement payé leur dû au gouvernement ces dernières années.«Ça, pour nous, c’est une attaque frontale, une attaque majeure sur les matières importantes, notamment sur la sécurité d’emploi.Les conventions collectives ont été bâties depuis 30 ans pour lier les gens à des conditions de travail importantes.On est prêts à rénover ces droits, mais on est sûrement pas prêts à démolir tout cela.Le gouvernement s'abrite derrière la réforme pour récupérer des droits de gérance acquis au cours des 30 dernières années», a déclaré hier Pierre Unity, vice-président de la FSSS de la CSN.Dans un secteur ou 55 % des emplois sont â temps partiel, à statut précaire ou occasionnel, cette fédération réclame aussi une stabilisation des postes dans le réseau de la santé.Or la décentralisation prônée par la par- gociation comme les relations de travail, les congés, les affectations et le perfectionnement.Cette décentralisation soutenue par les commissions scolaires serait souhaitée en fonction de la nouvelle carte scolaire.Du côté du personnel de soutien, 22 000 à la CSN et 13 000 à la CEQ, on souligne qu’une négociation décentralisée mènera inévitablement à des iniquités au sein des écoles et des commissions scolaires.On pense que le gouvernement souhaite en arriver à une convention collective par commission scolaire et par syndicat, et on souligne que la loi 37 permet déjà des aménagements au sein des conventions collectives.Les syndicats représentant les travailleurs scolaires s'entendent tous maintenant pour dire que les négociations risquent d’être très longues.Mais, souligne-t-on de ce côté, le gouvernement risque de sauver quelques centaines de millions en adoptant dans plusieurs mois des conventions collectives dont les clauses représenteront, au bout du compte, quelques coûts additionnels.fie patronale ouvre plutôt des brèches dans la sécurité d’emploi, livrerait les employés à des échanges locaux et les exposeraient à des disparités salariales inacceptables, estime Pierre Lamy.«“The sky is the limit", affirme-t-il, notamment en ce qui a trait à la sécurité d’emploi.Dans certains mécanismes liés à l'octroi de postes aux personnes en disponibilité, on ne tiendrait même plus compte de l’ancienneté.» Hier, les principales associations patronales que sont notamment l’Association des CLSC et des CHSLD du Québec, l’Association de hôpitaux du Québec et l’Association des centres jeunesse du Québec ont fait front commun pour défendre le principe d’une négociation décentralisée (voir texte ci-contre).Les employeurs du réseau de la santé soutiennent que cette décentralisation n’affectera en rien les conditions salariales, la rémunération, les mouvements de personnel et la sécurité d’emploi.L’objectif caressé par les employeurs seraient plutôt de faciliter le remplacement de personnel et d’adopter des modes de gestion mieux adaptés à la réalité des usagers.Négociations décentralisées Les patrons de la santé espèrent NORMAN DE LIS LE PRESSE CANADIENNE Québec — Les dirigeants des 550 établissements du réseau de la santé souhaitent des négociations décentralisées pour certaines dispositions des conventions collectives.Les porte-parole des cinq associations d’employeurs l’ont clairement indiqué, hier en conférence de presse, le jour même où le gouvernement déposait ses offres normatives aux tables de négociation.«Cela apporterait un souffle d’air frais dans les relations de travail», a dit Marie-Claire Daigneault-Bour-deau, de l’Association des hôpitaux du Québec.Cette dernière était accompagnée de la directrice générale des CLSC, Andrée Gendron, du directeur général des centres jeunesse, Pierre Lamarche, du directeur de l’Association des centres d’accueil privés, Jacques Renaud, et de la directrice de la Fédération des centres de réadaptation, Mireille Tremblay.Mme Daigneault-Bourdeau a expliqué que les salaires ou la sécurité d’emploi devaient être débattus à la table centrale des négociations.Mais certaines matières, comme la gestion des remplacements, les mouvements de personnel à l’interne ou la gestion de la présence au travail, devraient être négociées au niveau de chaque établissement, a dit la porte-parole patronale.Les négociateurs locaux sont beaucoup mieux placés pour gérer certaines situations comme, par exemple, les dates de vacances à être prises par deux employés qui sont conjoints.«C’est le gros bon sens de négocier ces matières au niveau local et tout le monde en sortirait gagnant, a dit Mme Daigneault-Bourdeau.Il faut adapter les conventions collectives aux besoins régionaux».Les circonstances apparaissent idéales pour un réajusternent des conventions collectives au réseau tel qu’il est en 1999.Ces conventions collectives ont été conçues en 1989, mais le réseau de la santé a évolué depuis dix ans, a-t-elle fait valoir.En formulant ces demandes, les parties patronales du secteur de la santé disent agir en accord avec le gouvernement et notamment avec le président du Conseil du trésor, le ministre Jacques Léonard.«Le gouvernement est d'accord avec la décentralisation.Ce point de vue a été maintes fois affirmé par le gouvernement», a dit Mme Daigneault-Bourdeau.Les cinq regroupements patronaux regroupent la direction de 550 établissements du réseau de la santé, qui comptent 210 (XK) employés et gèrent des budgets annuels combinés de cinq milliards.TAPIS DÉCOR CLAUDE BOUCHARD! i SOLDE INVENTAIRE TAPIS MUR À MUR Velouté, torsadé, berbère, sisal CARPETTES UNIES OU À MOTIFS Aztèque, oriental, moderne, sisal 100% lanoset, laine, pure soie ! 3645, boul.St-Joseph Est, Montreal (514) 729*0891 1 J_ 109 Oj ue_ Lau rie r_0 ue_s L_0ut rem on t_(514) _27 090J| La planète suco Envoyez vos dons : 3680, rue Jeanne-Mance Bureau 410 Montréal (Québec) H2X 2K5 (514) 982-6622 1-800-471-SUCO www.suco.org Un meddage d’amitié ou d’amour pour La alentin Tarif spécial Saint-Valentin Faiteo-nouo parvenir voire texte par télécopieur: (514)985-3340 ou par courrier: 2050, rue de Bleury, 9r étage Montréal (Québec) 113A 3M9 Léo texteo doivent être reçuo avant 15b le jeudi 11 février Trois exemples de dimensions Le 1A février, offrez-lui une pensée spéciale pour la Saint-Valentin Pour renseignements: (514)985-3322 Payable à l’avance, par carte de crédit.75 S taxes incluses 30 S taxes incluses 45 S taxes incluses ^VPEMf*, / SUPPLEMENT DE REVENU .uérnjM GARANTI ET ALLOCATION AU CONJOINT Bonne nouvelle pour les aînés.Il est maintenant plus facile de renouveler vos prestations.Le gouvernement du Canada simplifie la procédure de renouvellement pour les aînés qui reçoivent le Supplément de revenu garanti ou l’Allocation au conjoint.Les prestations d’un grand nombre de retraités seront renouvelées automatiquement au moment de remplir leur déclaration de revenus.Vous trouverez dans votre courrier des renseignements sur la manière de renouveler.Vt*.Vt» Si vous n’avez pas reçu votre lettre d’ici le 15 février, veuillez communiquer sans frais avec Développement des ressources humaines Canada au 1 800 277-9915.Si Si vous utilisez un ATME ou un téléscripteur, veuillez appeler au 1 800 255-4786.¦ ¦ Développement des Human Resources I ¦ I ressources humaines Canada Development Canada Canada La colère des syndicats est grande dans la santé Des offres «indécentes et scandaleuses», disent les infirmières 3^26 I.K I) K V (III!.I.Y M K II ( I! K I) I '! I K V li I K lî I !) il il A 5 LE DEVOIR POLITIQUE La rencontre sur l’union sociale et la santé Bouchard ne veut pas que ça marche, croit Charest Après des mois de domination dans les sondages, après une défaite électorale déprimante, se posait la question de savoir si Jean Charest allait revenir métamorphosé sur la scène politique.11 ne semble pas.11 a repris ses bravades à l’endroit des libéraux fédéraux et se propose d’entreprendre la prochaine session en dénonçant la détérioration des soins de santé.Seule la coiffure a changé.PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Lucien Bouchard n’a pas du tout l’intention de s’entendre avec Jean Chrétien, ni sur l’union sociale, ni sur la santé.Quand il se trouvera demain à Ottawa avec les autres premiers ministres provinciaux, il fera tout pour empêcher que ça marche.11 s’emploiera à faire la mauvaise tête.Ce n’est ni plus ni moins ce que prédit Jean Charest, convaincu que le chef péquiste est trop obsédé par la promotion de la souveraineté pour négocier de bonne foi avec le gouvernement fédéral.«Il ne veut pas que ça marche.» L’affirmation du leader libéral repose sur la théorie selon laquelle M.Bouchard se trouve dans la position ambiguë où il doit projeter l'impression qu’il est prêt à tout faire pour défendre les intérêts du Québec tout en démontrant aux souverainistes qu’il n’est pas question de contribuer à la modernisation du fédéralisme avec Ottawa.De l’avis de M.Charest, le scénario est écrit d’avance: le premier ministre Bouchard va claquer la porte de la rencontre fédérale-provinciale, donner une conférence de presse et crier son indignation.«On ne s'attend pas à ce que le gouvernement péquiste crédibilise une démarche qui aurait pour effet de moderniser le fédéralisme canadien.» La rencontre des premiers ministres a pour objectif, dans un premier temps, de négocier l’union sociale canadienne, c’est-à-dire les transferts d’argent que le fédéral consentira aux provinces au cours des deux ou trois provinces années.Et s’il n’y a pas entente sur l’union sociale, les participants tenteront alors de s’entendre sur les transferts destinés uniquement à la santé.Dans les deux cas, la position du PLQ est éblouissante de clarté et n’a d’ailleurs pas changé depuis le projet d’entente auquel ont souscrit les dix premiers ministres provinciaux, l’an dernier à Saskatoon.Concernant l’union sociale, le PLQ est d’avis qu’il faut préciser les balises à l’intérieur desquelles pourra s’exercer le pouvoir de dépenser du fédéral.Et il revendique le droit de retrait avec pleine compensation financière pour chaque province qui refuse d’adhérer à l’un des programmes sociaux d’Ottawa.Quant à la santé, il n’est pas question pour le chef de l’opposition de consentir à ce que le fédéral assujettisse ses transferts d’argent à des conditions.«Il nous semble primordial, dans ce, contexte d’union sociale, de reconnaître les juridictions des provinces.» A propos des pourparlers qui ont cours sur les propositions qu’Ottawa se propose de faire à la conférence de demain, Jean Charest précise qu’il n’a pas été formellement consulte par les libéraux fédéraux mais qu’il a été informé.A l’inverse, il ne les consulte pas non plus quand il juge le moment venu de prendre position.Au cours de cette conférence de presse, le chef libéral devait entretenir les journalistes des délibérations qui ont cours entre ses députés en vue de la prochaine rentrée parlementaire.II a bien sûr parlé de l’obsession souverainiste, du débordement des urgences et de l’empressement du gouvernement à vouloir amender la loi électorale pour introduire la carte d'identité de l'électeur.Mais il a surtout senti le besoin d’y aller d'une profession de foi dans le fédéralisme canadien, affirmant même que depuis 1990, la position du fédéral n’a cessé d’évoluer vers une plus grande autonomie des provinces.«Il y a eu des gains mais pas de pertes.Il n’y a eu que des gains dans ce cheminement.» Tout se passe comme si le nouveau chef du PLQ avait entrepris une redéfinition et un renforcement de son autorité.Quand il se présentait en conférence de presse, Daniel Johnson était toujours encadré de quelques députés.A l’occasion, c’était Claude Ryan qui prenait place à ses côtés.Quand Jean Charest s'est amené hier en conférence de presse, il n’y avait pas de place à la table pour des lieutenants.Une seule chaise pour un seul chef.Et à propos de mauvaise tête, les journalistes ont voulu en avoir le cœur net avec toutes ces questions que le monde se pose sur sa coiffure.S’est-il vraiment fait défriser les cheveux?M.Charest a expliqué qu’il avait tout simplement décidé de se faire couper les cheveux.Pourquoi?Parce qu'il a jugé que c’était la meilleure décision à prendre.La cause des couples gais progresse aux Communes JULES RICHER PRESSE CANADIENNE Ottawa — Des députés de quatre des cinq partis des Communes ont uni leurs voix hier pour appuyer un projet de loi sur la reconnaissance des droits des conjoints de même sexe.Débattu en Chambre, le projet de loi n’a pas pu passer l’étape du vote en deuxième lecture.Toutefois, l’instigateur du projet considère comme une victoire le fait, |X)ur la première fois, d’avoir pu réunir autant de députés provenant de formations différentes |x>ur appuyer cette cause.Selon le député bloquiste Réal Ménard, qui a par le passé ouvertement admis son homosexualité, il était important hier de faire passer le message suivant: Ottawa ne doit pas procéder à la pièce, comme il le fait actuellement, en modifiant les lois une par une pour reconnaître les droits des conjoints de même sexe.«Si on fonctionne à la pièce, cela va prendre 15 ou 20 ans pour obtenir la reconnaissance des conjoints de même sexe», a expliqué le député.Le projet de loi de M.Ménard prévoyait que toutes les lois fédérales seraient modifiées pour tenir compte de ce fait de société.Il évalue qu’environ 70 lois auraient dû ainsi être amendées.M.Ménard était appuyé par Svend Robinson, du NPI), qui agissait au nom de son parti, ainsi que par la députée conservatrice Diane St-Jacques et le libéral Bill Graham.M.Robinson était le seul à avoir obtenu l’appui de sa formation tandis que les trois autres faisaient la démarche en leur nom personnel.Il a été impossible à M.Ménard d’obtenir l’appui de qui que ce soit au Parti réformiste.Au cours des dernières années, le gouvernement fédéral s’est fait montrer la voie par de nombreuses décisions des tribunaux favorables aux droits des couples de même sexe, a commenté M.Ménard.Les entreprises privées ont également montré l’exemple en offrant des avantages sociaux aux couples de même sexe.«Il n ’est pas question ici d’amorcer un débat sur la redéfinition de la famille, mais de traiter tous les couples de manière équitable», a-t-il affirmé.Iœ député Robinson a rappelé qu’il est crucial de reconnaître ces couples pour des raisons avant tout humaines.Souvent, les personnes dont le conjoint de même sexe décède se retrouvent dans des situations pénibles.EN BREF Conversion de garderies privées (PC) — Une soixantaine de garderies privées seront pro-, chainement converties en centres à la petite enfance à travers le Québec, faisant ainsi croître le réseau mis en place dans le cadre de la |x>litique familiale.En conférence de presse hier dans une garderie de Saint-Basile-le-Grand, la ministre déléguée à la Famille et à l’Enfance, Nicole Léger, a fait le point sur le développement des services de garde au Québec.En juin 1997, le gouvernement s’était engagé à transformer les garderies privées qui le dési- .raient en centres à la petite enfance (sans but lucratif et ; gérés majoritairement parles parents).Depuis, 120 d’entre elles avaient signé une entente avec le gouverne-' ment, prévoyant leur conversion.La ministre Léger a an* noncé hier que 59 de ces 120 «étaient prêtes à faire le saut» et adhéreraient prochainement au réseau des centres à là petite enfance.Colère dans les régions (PC) —Au terme d’une tournée du Québec, deux dépu-; tés du Bloc québécois soutiennent que le nouveau régime de l’assurance-emploi a fait souffler un vent de misère su?les régions dépendantes des ressources naturelles.De ‘ l’avis du député Paul Crête, Ottawa a rompu le pacte social qu’il avait conclu avec les régions.«Le fédéral avait accepté de fournir un revenu d’appoint aux travailleurs en retour de la production de matières premières.Aujourd’hui, ce pacte social est brisé», a-t-il affirmé, hier, en faisant le bilan de la tournée.L’effet stabilisateur des paiements d’assurance-chômage a disparu et la misère s’est installée, constate M.Crête.Résultat: une colère profonde gronde chez des gens qui se sentent floués.«Ils ont très bien compris que le gouvernement fédéral a accumulé des surplus avec l’assu-rance-emploi et a étranglé les régions», a souligné pour sa part la députée Christiane Gagnon.La tournée d’une semaine des deux députés les a menés à la mi-janvier dans neuf régions du Québec.Ils estiment avoir rencontré une centaine de personnes.Plus de sévérité pour les conducteurs ivres ?Ottawa (PC) — Des députés de l’opposition à la Chambre des communes veulent que le Canada affiche une «tolérance zéro» envers les conducteurs en état d’ébriété.Des' députés réformistes, néo-démocrates et conservateurs • souhaitent que la Chambre des communes fasse en sorte d’imposer des peines beaucoup plus lourdes aux conducteurs ivres.Le député réformiste Dick Harris se dit favorable à l’emprisonnement automatique pour tout conducteur surpris en état d’ébriété, même s’il s’agit d’une première offense.M.Harris dit avoir l’appui de députés libéraux et bloquistes, même si aucun député de ces formations ne participait hier à la conférence de presse.r '•v « VOITURE DE „„„« » Marc Lachapelle/Affaires Plus « VOITURE X IMPORTÉE B£ 1999» X'"" r Mo h r Tn end r , ntSk'&o’'® .«m aJA° f ) \ X •v-' \ \ iiifeï « * s \ \ MâjÿÉl?' \ /\}\ LES CONCESSIONNAIRES VVV// VOLKSWAGEN Jamais une voiture n'a été autant acclamée par la critique et par le public.Venez vite faire l'essai de la 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procureur général de Russie, Iouri Skoura-tov, hospitalisé dans la matinée.Il a également rencontré le chef de son administration, Nikolai Bordiouja, avec lequel il a discuté du départ, officiellement pour des raisons de santé, de M.Skouralov ainsi que d’autres questions d’actualité, a indiqué la présidence.Programme anti-extrémisme Le ministre russe de la Justice Pavel Kracheninnikov a annoncé hier son intention de préparer un programme de «lutte contre l’extrémisme politique», a rapporté l’agence Interfax.Au surlendemain d’une marche de quelque 200 extrémistes de droite à Moscou, qui a mis en émoi le monde politique et la presse russe, M.Kracheninnikov a souligné la nécessité d’adapter la législation russe à la lutte contre les manifestations de l’extrémisme.Devant une commission présidentielle consacrée au sujet le ministre a assuré que la première étape de son plan consisterait à «perfectionner la législation et à renforcer les structures de lutte contre l’extrémisme».Une deuxième étape, en l’an 2000, doit permettre la mise en œuvre concrète des mesures prises.Après la marche de partisans du parti extrémiste «Unité nationale russe», le secrétaire du Conseil de sécurité russe Nikolai' Bordiouja, dans un commentaire publié hier, estime que cette manifestation «démontre une fois de plus que le pouvoir est désarmé face à de telles initiatives».Ce&t bien meilleur.yvei Désa u tels Circuutior première chaîne encore plus tôt le matin ! Premier ea[)é.premières nouvelles.Dès 5/115.du lundi au vendredi.René Homier-Roy el son équipe sont les premiers à vous donner toute l'inhormation pour bien commencer vos journées.C’est bien meilleur le matin à la Première Chaîne de Radio-Canada, la radio de tous les plaisirs! Marc laurendcaii Revue ue messe France Parada MtrCo Rene Homier-Roy ¦ Asimatiok Jean Past Seem KpnlOatlon toulif farricrr Radio-Canada I t ^ A 8 L K I) K V 0 I It .I.K M K It C It K I) I :t I' K V It I K It I II II EDITORIAL L Le chemin de la paix Samedi, au château de Rambouillet, près de Paris, des pourparlers sur Pautonomie du Kosovo s’ouvrent entre Serbes et Kosovars d’origine albanaise.Cette conférence est considérée comme 1 initiative diplomatique de la dernière chance pour un reglement de la crise dans cette province yougoslave.a paix est-elle à portée de la main au Kosovo?Peut-être.Vendredi dernier, surmontant les obstacles qui les divisent depuis un an, les cinq membres du Groupe de contact sur la situation dans l’ex-Yougoslavie (États-Unis, Grande-Bretagne, Russie, France et Allemagne) ont présenté au gouvernement de Belgrade et aux représentants des mouvements kosovars un plan de règlement du conflit.Selon ce plan, dont certaines ébauches circulent ^sentementen Europe et aux États-Unis, les Kosovars se verront offrir une autonomie substantielle dans le cadre de la République yougoslave.Il n’est pas question d’indépendance mais le statut du territoire sera redéfini au bout de trois ans par une conference internationale.Le gouvernement yougoslave conservera pleine juridiction sur la politique étrangère et monétaire, la défense et le contrôle des frontières.En échange de son acquiescement au plan, la Yougoslavie obtiendra la levée de toutes les sanctions économiques et politiques.Le Groupe de contact va jouer un rôle clé dans la mise en œuvre du plan de paix.Ainsi, dès la signature d’un accord, l’administration du Kosovo passera sous la tutelle de la communauté internationale pour une période de transition indéterminée.Un chef de mission se verra accorder des pouvoirs étendus, notamment ceux de suspendre les institutions existantes, de nommer des fonctionnaires et des juges, d’organiser des élections dans un délai de neuf mois et de créer une station de radio.Pour faire respecter l’accord, l’OTAN déploiera une force de 36 000 soldats provenant d’Europe, de Russie, des États-Unis et du Canada.' Ce scénario de protectorat international a bien fonctionné au Cambodge.entre 1992 et 1993, lorsque les Nations unies ont assuré la transition d’un gouvernement soutenu par les Vietnamiens à un régime démocratiquement élu.' Le plan du Groupe de contact est honnête et tout à fait acceptable aux deux parties en autant qu’elles soient représentées aux discussions de samedi par des gens raisonnables.Mais le plan sera-il effectivement accepté?À quelques jours du début prévu de la conférence, l’Alliance atlantique multiplie les pressions surtout envers les Kosovars.Hier, Londres a rappelé aux extrémistes de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) qu’ils ne devraient pas compter sur une quelconque action militaire contre Belgrade s’ils refusaient de participer aux pourparlers.Pour sa part, le gouvernement yougoslave doit confirmer demain sa participation ou non à la rencontre.Dans les capitales occidentales, nombreux sont ceux qui prient pour que la réunion de Rambouillet s’ouvre comme prévu.En effet, les diplomates et politiciens occidentaux ont rappelé le week-end dernier qu’à défaut d’accepter leur offre, ils n’hésiteraient pas à ordonner aux forces de l’OTAN de bombarder des objectifs serbes et d’imposer un blocus du trafic d’armes à destination des Kosovars.Ces menaces militaires ne sont pas nouvelles et ont été renouvelées avec une vigueur inhabituelle.Mais personne, à Paris comme à Ottawa, et encore moins à Moscou, ne souhaite vraiment s’engager dans le bourbier kosovar.Lettre ouverte au premier ministre LE FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Rédacteur en chef BERNARD DESCOTEAUX Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l’information PIERRE CÂYOUE i I E PIERRE BEAULIEU, NORMAND THÉRIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et nuirketiiiK MAR LINE DUBE UiÊfL /VtATiN, 'a MOnRÉAI, Ç’/tupAiT PP ri BoTlfS > «AvtPotfS/ /K/./y ' ï '/ '* 7 k>/ X /fV / ' ' / /// ' 'tyV*V‘'p / / vv / / Y* y/V^V^V * / •vyw* ./V/.œ,, / / il.t> «.O * Jocelyn C o II IO II O ?/ / Jean-Robert Sansfaçon 0 0-0 onsieur le premier ministre du Québec Lucien Bouchard, les citoyens de Montréal en ont assez d’être depuis tant d’années les otages d’employés municipaux pour qui la fin justifie toujours les moyens, même illégaux.Quel que soit le parti au pouvoir à Montréal, quelle que soit l’idéologie qui l’anime, la stratégie de ce groupe d’employés est toujours la même, toujours aussi grossière, irresponsable et injustifiée.Hier, jour de verglas, les cols bleus ont débrayé à l’heure de pointe sans motif valable et en sachant que leur absence serait susceptible de faire perdre une journée de travail à des centaines de personnes, de causer des blessures et des dégâts matériels à des milliers d automobilistes et de piétons incapables de circuler normalement dans les rues et sur les trottoirs de la ville.Monsieur le premier ministre, depuis que vous êtes au pouvoir, votre gouvernement n’a encore rien fait pour rétablir un rapport de force à l’avantage des plus simples citoyens de nos grandes villes, qui sont les victimes à répétition de ces organisations d’employés sans scrupules qui profitent de l’importance stratégique de services essentiels dont ils f ^ **- ), ont la responsabilité pour extorquer des avantages qui vont systématiquement au delà du raisonnable.Monsieur le premier ministre, les citoyens de Montréal, mais aussi ceux de Uval, de Verdun et de bien d’autres municipalités placées dans l’impossibilité de négocier à armes égales avec ces organisations, vous implorent de prendre enfin vos responsabilités et de sévir contre l’attitude révoltante et criminelle de ces individus et groupes d’individus qui spolient nos villes a leur profit.Monsieur le premier ministre, les citoyens en ont assez de ces gens qui mentent, qui déforment les faits, qui trahissent en toute impunité les engagements pris à l’embauche.Ils en ont assez de voir que le crime paie quand il est commis collectivement.Monsieur le premier ministre, les habitants des villes du Québec sont exaspérés de subir les caprices de ces enfants gâtés, de ces employés déjà trop bien payés en regard de la piètre qualité du service offert et du peu de respect manifesté pour ceux qui les font vivre.Monsieur le premier ministre, le temps est venu d’intervenir au plan législatif pour que cesse l’abus de pouvoir dont se rendent coupables régulièrement ces salariés.D’abord, en donnant plus de mordant à la Loi des services essentiels dont l’effet dissuasif est tout à fait insuffisant pour empêcher la perpétration préméditée d’actes illégaux par des groupes organisés sans scrupules; puis, en octroyant aux autorités municipales les outils qui s’imposent pour mieux remplir leur tâche de représenter et de défendre les intérêts des citoyens qui les ont élus démocratiquement; enfin, en autorisant le recours par les Villes à la formule de l’impartition chaque fois qu’il aura été démontré qu’un service public local peut être rendu avec plus d’efficacité et de fiabilité et à meilleur coût par l’entreprise privée.Monsieur le premier ministre, seule une intervention de votre part peut désormais corriger une situation qui s’est autant dégradée avec les années.Le temps est venu de redonner aux citoyens le pouvoir de gérer leurs affaires.j rsa nsfaconCalede voir, ca Plaidoyer pour février Moi aussi j’en ai marre de la morosité que tout un chacun nourrit à l’égard de l’hiver.Dans la même édition du Devoir (26 janvier 1999) où Marcel Sirois s’en plaignait, dans un autre article, on vantait les mérites de l’exposition Monet pour «faire oublier la grisaille hivernale».Quelqu’un (ailleurs que sur les pentes de ski) s’est-il arrêté un instant pour remarquer l’éclat particulier de la lumière que donne le soleil sur la neige?Les cristaux brillants sur les surfaces bleutées les soirs d’après-tempête?Se souvient-on parfois des jours d’été où l’on se cache à l’ombre pour mieux supporter la chaleur et où l’on çherche des climatiseurs pour mieux dormir la nuit?A chaque saison son lot d’avantages.et d’inconvénients.Nous avons ici la chance d’en avoir quatre! Au lieu de se plaindre et de se réfugier sous la couette en hiver, qu’on mette plutôt l’énergie à inventer les bons vêtements chauds, les bonnes bottes étanches.Et vivement dehors, à respirer de l’air pur, à écouter le silence apaisant et à contempler la beauté de février! Monique La Grenade Saint-Lambert, 26 janvier 1999 L’agrandissement du Palais Merci à Claudine Déom pour l’intérêt quelle porte à l’agrandissement du Palais des congrès de Montréal et à la revitalisation du secteur.Dans son article, elle a bien esquissé les grandes lignes du projet en cours ainsi que les enjeux qui y sont liés, notamment la préservation du patrimoine et l’intégration urbaine du Palais dans le quartier.Permettez-moi d’apporter une précision quant aux efforts qui seront déployés pour mieux intégrer le Palais à son environnement.Il n’est pas rare, lors de la tenue de grands événements, de voir de longues files de camions en attente le long de la rue Saint-Antoine.Voilà un problème auquel l’agrandissement devra ré- L E T T R E S -?- pondre.À l’ouest de la rue Saint-François-Xavier, le recouvrement de l’autoroute Ville-Marie et l'aménagement de la future aire d’attente pour les camions et les autobus sous le Palais contribueront à désengorger la rue Saint-Antoine.Par ailleurs, une étude de marché est présentement en cours pour évaluer le potentiel commercial du rez-de-chaussée du Palais.L’objectif visé est double: rendre le secteur environnant plus convivial et rétablir la qualité de la trame urbaine.Jocelyn Ann Campbell Conseillère, affaires publiques et communication Montréal, 26 janvier 1999 Un chômage inexpliqué Bell, GM, le CN et tant d’autres entreprises mettent à pied des milliers de leurs employés.Le processus semble irréversible, en vertu des lois du marché.Plusieurs accusent les patrons de cupidité et d’insensibilité.Des travailleurs se révoltent d’être jetés à la rue «après 30 ans de loyaux services».Pénible, certes, mais il est erroné d’y voir une lutte entre le bien et le mal.Car alors, lorsqu’une entreprise embauche du personnel, il faudrait se pâmer d’admiration devant la grandeur d’âme des actionnaires.Ce qui est plutôt rare! On n’est pas près d’échapper aux terribles conséquences que nous réserve la concurrence mondiale.Or les rouages de notre économie ont autant de fibre morale que les tracteurs en avaient lorsqu’ils ont détrôné les chevaux.Ou quand les téléphonistes ont relégué les pigeons-voyageurs au chômage.Qu’un chef d’entreprise soit égoïste, c’est bien possible, mais après?Altruiste, il serait peut-être congédié pour incompétence.Une entreprise qui périclite à cause de la mansuétude de ses dirigeants, quel beau cadeau pour ses concurrents! Et quelle tragédie pour sa main-d’œuvre! On le voit, c’est en questionnant les structures mêmes de notre économie, et non pas en faisant le procès de ses agents, qu’on pourra y voir clair.Une chose est sûre: un système, quel qu’il soit, doit servir les intérêts du plus grand nombre d’individus, et non pas l’inverse.Hubert Ix?wis Montréal-Nord, 27 janvier 1999 Chauffards à Tunis J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’article de Marie-Claude Ducas sur les chauffards.Ou plutôt sur les «transformers» du volant.Je demeure en Tunisie depuis quelque temps et ce phénomène de la transformation au contact du volant fait partie de la vie quotidienne.Ainsi, ma fille et moi référons souvent à l’incroyable Hulk, ou à Mr.Hyde lorsque nous voyons les Tunisiens se couper, s’injurier, se faire des coups bas au volant.Ici, il semble que la lutte pour la survie passe par la démonstration de la supériorité dans les actions insensées au volant.Ainsi, il est normal de rouler à cinq dans la même direction, sur un boulevard à quatre voies.Imaginez ceux qui osent venir en sens inverse.H est aussi impensable de songer à céder ne serait-ce qu’un centimètre lorsqu'on est pris dans un embouteillage, même si ce geste devait faire désengorger toutes les voitures prises avec nous.Il y a à la fois le machisme arabe et un phénomène de société où les libertés individuelles sont assez restreintes.La voiture permet d’être réellement seul maître à bord.Mais je ne pense pas qu’il faille s’inquiéter outre mesure de ce phénomène, si les autorités prennent réellement en charge les contrevenants, plutôt que de les laisser aller sans trop s’en soucier (comme ici).Avez-vous remarqué que les piétons deviennent eux aussi plus agressifs lorsque les dangers causés par les automobilistes sont plus grands?Je continue de devoir conduire en Tunisie, mais je vous assure que c’est chaque fois un coup de dé en l’air: un accident?Pas d’accident?Suzanne Bertrand Tunis, 24 janvier 1999 L I B R E 0 P 1 N I 0 N Un Québec bleu, blanc, mais pas rouge ! HERVE FIJYET Montréal Moins, sans doute, que les pantalonnades le-winsky-clintoniennes, le sort de la gauche anticapitaliste au Québec et de ses militants a semblé susciter récemment un certain intérêt.Plusieurs articles, un peu légers peut-être, mais truffés d’anecdotes parfois croustillantes, leur sont consacrés dans la presse québécoise à grand tirage.Ainsi, dans la revue L’actualité, Louise Gendron déclare à propos du «Québec rouge» des années 70 et de ses militants: «Puis, comme des sauterelles, ils ont disparu d’un coup, en 1982-1983.On n’en a plus jamais parlé, comme s’ils n’avaient jamais existé.» Pour Umise Gendron, donc, avant 1970, et après 1983, la gauche anticapitaliste n’a jamais existé au Québec! Manon Cornellier, du Devoir, va plus loin encore en souhaitant que le Nouveau Parti démocratique (NPD), pourtant faiblement empreint d’anticapitalisme, se recentre à droite.Enfin, comble du comble, comme si cela ne suffisait pas, Stephen Kelly, toujours dans Le Devoir, nous confie son regret de voir que «tant d’intellectuels tardent à dire adieu à la social-démocratie.[.] Ils sont comme un vieil amant qui s'accroche à une femme qu’il ne désire plus.» Les féministes apprécieront l’image à sa juste valeur.Plus lucide, Odile Tremblay, du Devoir, accorde au Québec rouge une survie puisqu’elle conclut son article en paraphrasant la dernière phrase du Manifeste du parti communiste de Marx et Engels: «Militants de toutes les chapelles, unissez-vous!» Cependant, elle aussi limite principalement le Québec rouge aux groupes maoïstes des années 70, alors qu'ils n’en ont été que les éléments les plus folkloriques.Le mouvement anarchiste, caractérisé par sa méfiance envers les partis politiques organisés pour dépasser le capitalisme, mais influent dans nos trois centrales syndi- cales québécoises, est tout bonnement ignoré.Rien, donc, sur l’anarchisme anticapitaliste d’un Pierre Val-lières, l’auteur de Nègres blancs d’Amérique, qui vient, malheureusement, de passer à l’orient éternel.Rien non plus sur l’anarcho-syndicalisme du bouillant Michel Chartrand.Rien sur la mouvance marxisante de la théologie de la libération, très active chez les chrétiens d’ici.(Le père Aristide, devenu depuis président d’Haïti, en faisait partie quand il était étudiant à l’Université de Montréal.) Presque rien sur les diverses facettes du mouvement trotskiste.Plus étonnant encore, le Parti communiste du Québec (faisant partie du Parti communiste du Canada et autonome depuis les années 60), la branche la plus permanente, sans doute la plus influente, finalement, au cours des années, de la gauche non capitaliste, n’a droit qu’à la mention suivante: «Ses leaders, disait-on, étaient payés en roubles.» Un peu court, peut-être, pour un parti qui existe depuis les années 1920, tantôt dans la clandestinité avec beaucoup de ses dirigeants en prison, tantôt dans la discrétion, mais toujours relativement bien organisé et influent, tant dans le mouvement syndical que chez les femmes, les jeunes et les communautés culturelles.Je me souviens, jeune étudiant, avoir fréquenté leur librairie en 1960.Il existe d’ailleurs toujours un groupe, les Communistes pour la souveraineté du Québec (CSQ), qui s’inscrit dans la continuité de l’évolution du PCQ sur la question nationale.On se souvient que le PCQ, à la différence des maoïstes fédéralistes, s’était vigoureusement prononcé pour le OUI au référendum en 1980.D‘ CSQ, grâce à la participation de plusieurs de ses membres à Espaces Marx International, a une présence sur le plan international.(Il existe également un petit groupe fédéraliste composé de quelques néomaoïstes el de quelques néostaliniens qui, curieusement, semble vouloir uti- liser le nom «Parti communiste du Québec», même sur le plan électoral.) Enfin, le Regroupement pour une alternative politique (RAP), qui justement rassemble divers éléments du Québec rouge d’hier et d'aujourd'hui’et qui fait preuve de beaucoup de dynamisme, a échappé à l'attention de nos journalistes dans les articles cités de la presse à grand tirage., Il n’en demeure pas moins vrai que la gauche anticapitaliste n’a jamais réussi au Québec à s’enraciner profondément dans la population parce que, dit-on souvent, nous sommes un pays riche du «monde libre».Pourtant, dans des pays développés et riches du «monde libre» comme la France, l’Allemagne, le Japon, l'Afrique du Sud, la gauche anticapitaliste est très présente ou constitue même un élément minoritajre du gouvernement.Notons par contre qu’aux Etats-Unis et dans leur cercle d'alliés rapprochés de l’UKUSA (Grande-Bretagne, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande), la gauche anticapitaliste n’a jamais vraiment percé.Sur ce point, le Québec reste encore dans le giron anglo-saxon.On peut imaginer que, dans un Québec souverain, une fois la question nationale «réglée», nous serons moins soumis au lavage de cerveau état-sunien et anglo-saxon en général.Une gauche plurielle saine, avec une composante désireuse de dépasser le système économique actuel, pourrait alors s’enraciner plus profondément chez nous, surtout si nous adoptons enfin une loi électorale avec représentation proportionnelle au lieu de l'actuel scrutin uninominal à un tour, qui bloque, en définitive, l’expression d’idées nouvelles en ixrlitique.En nous faisant enfin sortir du moule de la pensée unique en politique, cette gauche plurielle favoriserait la démocratie et le progrès social et redonnerait peut-être espoir au nombre croissant de dé-crocheurs de tous âges de la société actuelle.WM 86 I.K I) K V (Ml!.1.!¦ M K It ( It K I) I It K K V It I K It I II il il A 9 IDEES A PROPOS DE L’ÉQUITÉ SALARIALE Ne confondez pas équité et reconnaissance des compétences La CEQ cherche le nivellement par la base M A R C H K 1.1.K MAR E DENIS PINSON NAU LT Enseignants au séminaire Sainte-Trinité à Saint-Bruno-de-Montarville a lecture de l’article de Luc Sa-vard et de Johanne Portier, de la CEQ, paru dans Le Devoir du mardi 26 janvier 1999 («titre»), nous laisse pantois.Il porte à confusion.Les auteurs confondent, tout comme leur centrale d’ailleurs, deux problématiques complètement différentes: l’équité salariale et la reconnaissance des compétences supplémentaires.Pour le problème de l’équité f S —_- / > On néglige la majorité des apprentissages effectués hors du milieu universitaire salariale, il s’agit d’améliorer l’échelle salariale des enseignants pour réduire l’écart traditionnel dû à une présence majoritairement féminine dans ses rangs.Sur ce sujet, il y a consensus parmi les enseignants.Quant au problème de la reconnaissance des compétences supplémentaires acquises par certains enseignants, l’échelle de rémunération actuelle reconnaît seulement les connaissances acquises en milieu universitaire.Les auteurs affirment vouloir conserver le critère de scolarité supplémentaire dans l’actuelle proposition de la CEQ.Dans les faits, la correction proposée ne tient pas compte du revenu perdu lors des années d’études supplémentaires.Seule l’année de scolarité compterait dans le calcul du salaire, au même titre que l’année d’expérience acquise pendant ce temps par le professeur moins scolarisé et donc sur le marché du travail.De plus, on néglige injustement dans l’échelle salariale la majorité des apprentissages effectués en dehors du milieu universitaire, pourtant utiles et pertinents.C’est évidemment une lacune qu’il faudra aussi corriger une fois réglé le problème de l’équité salariale.A vouloir tout faire en même temps, on s’y perd.D'ailleurs, en suivant le raisonnement simpliste de la CEQ, on ne réglerait rien.Au contraire, sur ce point, on ne ferait qu’empirer la situation en ne reconnaissant même plus la formation acquise à l’université.On ne ferait que généraliser encore plus le manque de reconnaissance.Plusieurs enseignants se demandent comment il se fait que la CEQ se permet d'agir ainsi.Loin de nous l’idée de vous l’expliquer, mais certains rappels peuvent nous éclairer.Vous souvenez-vous que, lors des représentations de la CEQ aux États généraux sur l’éducation, la centrale réclamait l’abolition du financement des écoles privées?Pourtant, la CEQ représente bon nombre d’enseignants de ce secteur qui, n’eût été des résistances du gouvernement, auraient probablement perdu leur emploi.ü>rs des contestations contre la loi 104 qui imposait des compressions de 6 % à ces mêmes enseignants, c’est l’acharnement de Gérald I arose qui leur a permis d’éviter les conséquences de cette loi.la CSN représente, elle aussi, des enseignants du secteur privé.Dans le dossier des écoles internationales, vous souvenez-vous de l'entêtement avec lequel la CEQ s’est opposée à leurs simples existences?Encore une fois, la CEQ non seulement ne défendait pas les ': .* ¦ • V" .•• v.„' tàlànale CLAUDE BELCOURT l.’quteur écrit pour le Rassemblement Équité Pour Tous (contre l'échelle unique de la CEQ).D ernièrement, le tandem Sa-vard-Fortier a sévi dans une lettre ouverte au Devoir.J’ai été fasciné par leur capacité à dire des énormités.Il suffit pour mémoire de citer m - mm t RENE MATHIEU La manifestation de la CEQ, le 30 octobre dernier, à Québec, a attiré 12 000 personnes.enseignants de ces écoles, ses propres membres, mais encore pire, elle leur nuisait carrément.Existe-t-il un point commun permettant d’éclairer ces étranges prises de position?C’est un peu comme si, pour la CEQ, essayer d’en faire plus signifiait suffisance et arrogance.Jamais cette centrale ne pourra accepter que certains professeurs veuillent s’améliorer, et pour s’en assurer, on pénalisera les zélés.Plus triste encore, c’est qu’elle tend de toutes ses forces à agir de la même façon avec les élèves.Tous doivent être égaux.Serait-ce la doctrine de la CEQ?Chose certaine, il n’est pas bon de sortir de la norme de la CEQ.La différence dérange, surtout si elle rime avec recherche de l’excellence.Après, elle se surprendra que l’école privée ait la faveur de plusieurs.Drôle de monde, quand même, que celui où des enseignants en soient rendus à espérer que le gouvernement résiste aux pressions de leur propre syndicat.cette affirmation selon laquelle il faudrait 40 ans jxiur éliminer les écarts.Et le pire, c’est que cet affront à l’intelligence n’est jias le seul; on nous dit que «l'acquisition d’une plus grande scolarité perd de sa pertinence à l'aube du siècle prochain» ou que «la formation universitaire n’est pas toujours la mieux adaptée à l'amélioration des compétences».De manière prévisible, ils concluent sur cette contre-vérité à l’allure généreuse, soit «à travail égal, salaire égal».Comme on sait que la confusion de la pensée entraîne nombre de maux, ne nous étonnons pas que nos «camarades intellos» de la CEQ entraînent, par leur raisonnement appauvri, le Québec sur la pente de l’appauvrissement du savoir.Toute société en progression est une société qui voit sa scolarisation augmenter.La CEQ s’en va en sens inverse.Elle propose une échelle où l’encouragement à la scolarisation est si faible que la valeur des études supérieures est littéralement éliminée.Ce n’est pas parce que le baccalauréat en enseignement nécessite maintenant 17 ans de scolarité que l’enseignant possède tout le réseau de la connaissance nécessaire à un enseignement réussi.Cela reste tout de même un diplôme de premier cycle.Est-il nécessaire de dire que la méthodologie intellectuelle est une acquisition importante et que le deuxième et le troisième cycle universitaire la développent de manière importante?Croyez-vous que c’est leur seule expérience qui permet-tra aux enseignants de s!adapter aux changements et aux bouleversements que vivra l’éducation dans les 20 prochaines années?Quand on sait que déjà le Québec est en déficit d’étudiants ayant complété des études supérieures, la CEQ me semble faire preuve de beaucoup de désinvolture.Il semble que la vision profonde de la CEQ soit que l’école est une usine de conserves et qu’une formation technique est suffisante pour «empaqueter» nos jeunes.La preuve que la CÉQ méprise viscéralement les études est qu’elle ignore totalement les enseignants ayant un doctoraL Pour elle, ils ne représentent qu’une aberration structurale: l’échelle de la CEQ n’en parle tout simplement plus.A mon avis, rien ne justifie une telle position, le docteur doit pouvoir travailler et être rémunéré à sa juste valeur dans toutes les strates de l’activité éducative, du préscolaire à l’université.De plus, tomber dans la grille réductrice de la CEQ, c’est faire fi du droit des élèves à croiser, dans leur cheminement scolaire, des enseignants avec une formation supérieure.Un jeune n’apprend-il pas par l’exemple?Comment l’inciter à faire des études supérieures, sinon par l’exemple?Tenir compte de la scolarité de deuxième ou de troisième cycle, c’est une question de justice ixiur tous._ *- Parallèlement au discours syndical, il n’est pas rare d’entendre ronfler cet argument de misère dans ses ins>; tances soutenant que les plus instruits n’ont qu’à aller enseigner ailleurs.De quelle autorité décide-t-on de la qualifia cation maximale pour un emploi?Le Québec s’est déjà contenté de 14 ans de scolarité pour accorder le brevet d’enseignement.Retournons l’argument syndical: les générations précédentes ont-elles fait un travail médiocre que la génération montante corrigera?Si non, pourquoi ne pas en être resté là?Pourquoi faut-il 17 ans de nos jours?Et pourquoi 18,19 ou 20 ans serait-il trop?Pourquoi la CEQ cache-t-elle à ses membres qu’en Ontario, province qui lui a pourtant servi de cadre de référence dans ses études, il existe quatre catégories de rémunération (Al à A4) et qu’on accorde des primes |xmr une maîtrise ou un doctorat?Le mépris de la CEQ pour les études universitaires est tellement profond que ses instances n’arrivent pas à en sonder toute la décadence sociale qu’il comporte.La scolarité est l’ancrage des sociétés ])ar lequel elles investissent l’avenir.Vouloir tuer la progression universitaire, c’est prôner la dégradation sociale, morale et économique.Et que ce soit un syndicat d’enseignants qui défende ce point me dépasse.Cette fameuse expé-.rience que la CEQ survalorise dans sa grille peut aussi servir à «en faire moins».En fait, la CEQ se sert du «à travail égal, salaire égal» ix>ur faire passer l’utopie égalitariste suivante: «A salaire égal, travail égal».Que veut la CEQ pour que soit évaluée objectivement la qualité du travail, des mesures d’estimation du rendement?Imaginez les hauts cris si seulement le Conseil du trésor osait suggérer une telle approche! C’est pour quoi je crois que choisir de payer les gens en privilégiant la scolarité, c’est choisir de payer non pas une caractérisé tique personnelle, mais au contraire le seul élément partagé réellement par tous, l’acquisition (ou la possibilité d’acquisition) d’un bagage commun, socialement reconnaissable comme acquis (par le diplôme ou les crédits).En tout cas, le Québec et sa fameuse formule Rand nous placent en plein huis clos absurde où un syndi: cat, qui prône le respect de la loi sur l’équité, peut, avec 22 % de participation, déclencher une grève illégale! Dans un pays où l’on nous chante l’adaptation à l’économie de marché, on nous prive du droit à choisir notre syndicat sur une base individuelle.Aujourd’hui, nous sommes devenus, aux yeux des analystes de toutes sortes et de nos dirigeants, des consommateurs, des acheteurs de biens et services: pourquoi serait-ce différent dans le cas des cotisations syndicales?Parce que si j’avais lé choix, je quitterais tout de go un syro dicat d’enseignants qui cherche à assassiner ainsi les études supérieures.Notre objectif: la juste valeur de remploi d’enseignant MONIQUE SÉGUIN Présidente de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal D ans le dossier de l’équité salariale des enseignantes et des enseignants, la question de la valorisation de la scolarité dans la structure de rémunération alimente les débats de toutes les tribunes depuis quelque temps.Its points de vue univoques publiés dans les médias sur cet as|>ect des discussions sur l’équité salariale entre le gouvernement et les syndicats nécessitent upe mise au point imitante.la structure salariale de l’Etat, proposée au personnel enseignant et déjà appliquée à la plupart des emplois de la fonction publique et parapublique, valorise la scolarité de ses employés tout en favorisant le perfectionnement et la formation continue, en plus de permettre à tous d’être payés pour ce qu’ils font et non pas pour ce qu’ils sont.la CEQ tout comme l’Alliance ont accepté de travailler sur cette base, entre autres parce que cette structure salariale reconnaît et valorise, dès l’entrée dans la profession et en cours de carrière, la scolarité acquise au delà des années de formation initiale nécessaires pour enseigner.Enfin, l’Alliance et ses membres qui l’ont mandatée pour défendre leurs positions sont convaincus qu’elle répond à tous les critères nécessaires pour réaliser l’équité salariale.Préalablement à la compréhension des enjeux de ce dossier, il faut savoir que la Loi sur l’équité salariale prévoit que personne, à la suite d’un redressement, ne peut subir de baisse de salaire et que la structure actuelle ne |)ermet qu’à 0,3 % Le perfectionnement doit-il nécessairement passer par une formation universitaire comporte aussi des lacunes qui doivent être corrigées.La structure de rémunération actuelle du personnel enseignant, qui a déjà compris jusqu’à neuf échelles, a été mise sur pied il y a une trentaine d’années, aux lendemains du rapport Parent, dans le but de rehausser la formation minimale de base de la profession enseignante et d’inciter le personnel en fonction à se perfectionner afin de répondre aux exigences de scolarité plus élevées issues de la réforme.On doit savoir que, jusqu’à la fin des années 60, une scolarité de 12,13 ou 14 ans était suffisante pour obtenir un brevet d’enseignement.Ixi structure salariale à échelles multiples s’est avérée efficace en incitant les profs ayant ce type de brevet à se perfectionner pour acquérir une formation universitaire.À la lumière des données actuelles, on peut conclure que l’objectif de rehausser la scolarité du personnel enseignant a été atteint Les enseignants du Québec ont une moyenne de 16,9 années de scolarité.De plus, le programme universitaire de formation des maîtres s’appuie maintenant sur un baccalauréat de quatre ;ms portant à 17 années de scolarité la formation de base obligatoire pour accéder à la profession enseignante.Cette structure salariale actuelle, qui répondait à des besoins indéniables à l'époque, n’est plus pertinente et comporte aussi sa part d’iniquité.accrue?des profs d’atteindre le maximum de la structure salariale.Enfin, cette structure salariale, qui a jadis eu sa raison d’être, Une structure avec ses failles La très grande majorité du personnel enseignant subit depuis des années une double discrimination salariale.La structure salariale de cette profession à prédominance féminine génère non seulement une rémunération inférieure à celle d'emplois comparables majoritairement occupés par des hommes, mais elle ne permet qu’à 0,3 % des profs du Québec d’atteindre le maximum de cette structure.Dans la structure actuelle, seulement 30 des 7000 membres de l’Alliance pourront un jour atteindre le sommet de la plus haute échelle salariale.L’obtention d’un doctorat étant un préalable pour accéder à cette échelle ultime, on comprend vite son caractère d'exclusion pour la très grande majorité des enseignants puisque aucune autre forme de perfectionnement n’est reconnue.À titre d’enseignante, je suis tout à fait d’avis que le perfectionnement professionnel est indispensable pour exercer ma profession.Les enseignants y consacrent une bonne partie de leurs soirées et de leurs fins de semaine en cours d’année scolaire.Le perfectionnement fait partie intégrante des habitudes des profs.Mais le perfectionnement doit-il nécessairement passer par une formation universitaire accrue?Outre la formation supplémentaire acquise à l'université, que je ne remets pas en question, les sources de perfectionnement en enseignement sont multiples.Les formations sur les nouvelles méthodes pédagogiques ou sur la mise à jour des programmes, les stages en industries, les ateliers sur l'utilisation des nouvelles technologies et sur les applications pédagogiques, les congrès et les colloques sont autant de formes de perfectionnement auxquelles participent la très grande majorité des profs et qui ne permettent aucun avancement salarial contrairement à la formation universitaire.Par exemple, le Centre des enseignantes et enseignants de Montréal a enregistré plus de 3500 inscriptions l’an dernier à ses sessions de formation sur différents sujets offerts aux membres de l’Alliance, et les profs qui ont privilégié ce type de perfectionnement n’obtiendront aucune reconnaissance salariale.La structure salariale actuelle, en accordant une reconnaissance exclusive à la formation universitaire pour accéder aux échelles supérieures, place les enseignants dans une situation où leurs intérêts financiers et professionnels sont plus souvent qu’autrement inconciliables.Elle mène également à l'exclusion des profs qui optent pour une autre forme de perfectionnement et même de ceux qui choisissent un perfectionnement universitaire, puisque le fait de cumuler 20, 21 ou 22 années de scolarité ne donne pas accès à la plus haute échelle si cette scolarité n'a pas mené à l’obtention d’un doctorat.Être payé pour ce que l’on fait Le gouvernement a commencé, il y a plusieurs années, à mettre en place une nouvelle structure salariale où chaque emploi doit être évalué au moyen du même instrument de mesure scientifique reconnu, pour ensuite être classé dans l’un des 21 rangements de cette structure salariale.La plupart des professionnels du gouvernement bénéficient de mesures d’équité salariale, dont celle du rangement de l’emploi comportant une échelle unique de rémunération.L’objectif poursuivi par l’Alliance et la CEQ est de mettre fin à toutes les formes de discrimination salariale que subissent la très grande majorité des enseignants québécois, et ce, par la reconnaissance de leur tâche et la confirmation de la juste valeur de leur emploi qui se traduisent par une rémunération à 100 % du rangement 21 (celui accordé aux professionnels du gouvernement) de la nouvelle structure salariale du gouvernement.Les démarches entreprises pour atteindre l’équité salariale visent à permettre à tous d’accéder à un salaire égal pour un travail égal.Si tout le monde s’entend pour dire que ce principe doit s’appliquer en comparant deux emplois équivalents, pourquoi devrait-on y déroger lorsqu’il s'agit du même emploi?Quelques voix dissidentes se sont élevées récemment contre les positions défendues par l'Alliance et la CEQ en matière d'équité salariale.Tout en admettant que ces positions n’ont pas pour objectif de redresser uniformément le salaire de tous les membres mais de déterminer un salaire juste et équitable pour ceux qui pratiquent la profession enseignante, l’argumentation de leur position m’oblige à conclure que leur analyse est basée sur des données qui sont partielles, notamment sur la perte salariale invoquée alors que la loi l’interdit.Elle dénote également une forte résistance au changement.Its positions tenues par la CEQ dans ses discussions avec le Conseil du trésor s’appuient sur les mandats d’instances confiés très majoritairement par l’ensemblé des syndicats qui détiennent aussi des mandats d’une.très forte majorité de leurs membres.Ces positions n’ont jamais visé à dévaloriser la formation, mais plutôt à obtenir une reconnaissance de la profession enseignante à sa juste valeur.IA RÉDACTION Jmirnnlisli's A l'information générale et métropolitaine Leduc, Kathleen Iévesque (actualités politiques municipales), Caroline Montpcti ne Diimazel (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; A (musique) : A l'information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de I information) lion onliiioon "piêrrë f VNeiir Manon CornelUer (correspondante parlementaire à Ottawa).Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec).Mictiel Vernie (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec); Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Julie Tremblay.Marie-Claude Petit 11 ' (;i||,,s |>ari.{directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Heroine, Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).IA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeuradjoint).Jacqueline Avril, Jean de Billy.Gyslaine Coté, Marlene Côté, Louane (commis).In documentation : Gi ; Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et I avoir ( Iirkii ino Irümill hrnuos A Nadeau Claire Paquet Chaulai Rainville, Micheline Ruelland (publicitaires); Manon Blanchette-Turcotte, Geneviève lnndry.Sylvie Laixirle, Micheline Turgeon ; Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Jocelvn An ' induction), Claudine Bédard, Philippe Borne, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers.Christian Goulet, Marie-Josée Hudon, Christian Vien, Yanick Martel, Olivier Zuida.SERVICE A LA CLIENTELE Johanne Brien (responsable), Hélène Gej- produetion), MariePrance Turgeon (responsable de la production) ., vais, Evelyne I.abouté (responsable à la promotion des abonnements), Monique I.Heureux, lise L«icha|x*lle, Rachelle Leclere-Venne.L< nielle Nantcl (secrétaire administrative), Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.IA FONDAI ION DU DEVOIR Marcel C L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanned'Arc Houde (secrétaire à la direction) ; Céline Furoy, Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine Lafleur, Da-Jouture (président), Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). A 10 I, K |) E VOIR.I E M E It f It E I) I 'A F E V It I E It I !> !l !» -?LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES Lili St.Cyr, «une grande, grande artiste», dit Jean-Claude Germain PIERRE ROBERGE PRESSE CANADIENNE Ly effeuilleuse Lili St.Cyr.qui causa l’émoi et le scandale ' à Montréal il y a un demi-siècle, vient de mourir à l’âge de 81 ans.Elle est décédée jeudi d’une attaque cardiaque, chez elle à Hollywood, en Californie.Née Marie Klarquist, au Minnesota, elle avait débuté à 14 ans comme choriste dans des revues de vaudeville en Californie.Devenue danseuse légère, elle se produisit à Montréal pour la première fois durant la guerre 193945, où elle prit son nom d’artiste.«Elle était vraiment une grande, grande artiste», confie l’auteur et chroniqueur montréalais Jean-Claude Germain qui l’a vue au Gayety, devenu depuis le théâtre du Nouveau Monde.Cette grande salle permettait des numéros élaborés, avec mise en scène et décor.«Quand elle donnait son numéro du bain moussant.Quel art, quelle séduction!», se souvient M.Germain, alors étudiant au collège Sain-te-Mqrie.L’idée lui en était venue d’un vieux règlement de l’Etat de New York, stipulant qu’une danseuse ne doit pas sortir de scène avec moins de vêtements que lorsqu'elle y est entrée.Ainsi, pour contourner ce règlement, explique le chroniqueur, Lili St.Cyr a eu l’idée, toute plausible, du bain qui lui faisait ôter ses vêtements avant et les remettre après.«Il y avait aussi le numéro du suicide.Une doublure gisait au sol, habillée, en bas d’une fenêtre, mais on voyait l’âme de Lili s'envoler.comme la vérité qui sort du puits.» Son règne de reine des strip-teaseuses à Montréal, capitale canadienne du spectacle, dura de 1944 à 1951.Lili St.Cyr touchait jusqu’à 5000 $ par semaine, cachet faramineux pour l’époque.Le péché mortel n’était alors pas une mince affaire non plus.J.ean-Claude Germain rappelle que l’archevêque Paul-Emile Léger avait un jour envoyé un commando apposer une médaille bénie sur la serrure du Gayety.Accusée de donner des spectacles indécents, menaçant ainsi la morale et la jeunesse, Mme St.Cyr fut également visée par des ligues de vertu qui voulaient la chasser de la ville.Acquittée par les tribunaux, Lili St.Cyr donna alors une grande joie à la Chambre de commerce qui souligna dans son périodique: «Bravo Lili [.] Mme St.Cyr est un trésor national, elle éveille l’adolescent et elle réconforte l’homme mûr.» Ses numéros recherchés se démarquaient de ce que le tout-venant des danseuses proposait, quelques déhanchements et roulements, toujours les mêmes.Après son départ de Montréal, nulle ne lui arrivait plus à la cheville, se souvient M.Germain.De retour en Californie, elle joua dans des films de série B, au titre évocateur comme The Naked and the Dead et Bedroom Fantasy.Dans un livre biographique, elle raconte son acquittement devant un tribunal californien, en 1954, où la démonstration de son numéro de la baignoire, en cour, avait convaincu le juge.En 1967, l’année de l’Expo, l’effeuilleuse est revenue à Montréal, avec son numéro de la biblique Salomé, celle des sept voiles.Encore une fois, elle fut accusée de spectacle indécent mais, cette fois, Lili St.Cyr snoba la procédure judiciaire et retourna aux Etats-Unis, et tant pis pour la caution.Elle, ne vit jamais la couleur du mandat d’arrestation montréalais.Elle quitta la scène pour de bon il y a un quart de siècle.Dans ses souvenirs, la strip-teaseuse note que Montréal fut «l’endroit où mes rêves se sont réalisés.N’importe quel soir à Montréal, c’était comme la veille du jour de l’An à New York.Pour ma part, j’ai brisé bien des cœurs et j’ai vidé bien des porte-monnaie».S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E?) Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique Pour l’agenda culturel La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3551 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Lé Devoir est publie du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siege social est situé au 20,7).rue de Bleury*& étage, Montréal, (Québec), H3A 3M9 II est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743.rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 012, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée a employer et a diffuser les informations publiées dans Le Devoir Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest.I^aval.Envoi de publication — Enregistrement n‘ 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.Ii_____ r L , J * * I — ‘m w 1 | MBLÜ-.r.' l JLfiBP JACQUES NADEAU LE DEVOIR Au coin des avenues du Parc et du Mont-Royal, cinq autobus affichaient «hors service», au grand dam des usagers qui n’ont eu d’autre choix que de se rabattre sur le métro ou le taxi.La STCUM affirme avoir connu l’une des pires heures de pointe de son histoire.COLS BLEUS STCUM SUITE DE LA PAGE 1 te modification à la convention collective a permis à la Ville de réaliser des économies en payant moins d’heures supplémentaires et occasionné une perte réelle pour les cols bleus.La Ville de Montréal ne peut toutefois chiffrer de façon détaillée les économies effectuées jusqu'à présent.Pour 1997, un paiement rétroactif lors de la signature de la convention collective ainsi qu’un hiver exceptionnellement enneigé viennent fausser les chiffres (12,6 millions), tout comme pour l’année dernière, alors que le verglas a entraîné beaucoup de travail en heures supplémentaires (neuf millions en excluant cette période).Quant à 1996, les cols bleus ont fait pendant six mois une grève des heures supplémentaires.Mais peu importe la véritable motivation du Syndicat des cols bleus, l’administration montréalaise a décidé de sortir l’arsenal lourd pour faire comprendre son message aux syndiqués.Le président du comité exécutif, Jean Fortier, a joué la carte de la fermeté en conférence de presse.Ainsi, il a évoqué les coupes de salaire ainsi que les mesures disciplinaires pour les cols bleus qui n’étaient pas à leur poste hier matin alors que Montréal s’était transformée en patinoire.Mais le syndicat estime avoir rapidement changé son fusil d’épaule devant la gravité de la situation.De fait, à 7h, il y avait 42 épan- deuses dans les rues.Une heure plus tard, on en dénombrait 64, et 10 de plus à 9h.«On avait tout prévu les services essentiels.[.] On n’avait pas prévu le verglas de la façon que c’est tombé», a expliqué Jean Lapierre.La réplique de Jean Fortier a été tranchante, «Ce n’est pas la question de savoir s’il y a des services essentiels ou non.La question, c’est que les employés doivent se présenter au travail.» Sur le même ton, rejetant du revers de la main toute forme de gradation des sanctions pouvant être utilisées, M.Fortier a souligné que la Ville entend soumettre le cas au Conseil des services essentiels et au Tribunal du travail pour éventuellement imposer des amendes personnelles.L’administration examine également la possibilité de poursuivre le syndicat pour les dommages causés et qui pourraient être imputables à la Ville compte tenu d’une certaine négligence ou, du moins, du manque de diligence à agir.Chose certaine, depuis l’automne, le président du syndicat des cols bleus fait l’objet d’une blague à l’hôtel de ville puisque les bordées de neige se sont faites rares avant Noël.Des fonctionnaires disaient que Jean Lapierre allait déposer un grief parce que les cols bleus étaient privés de leur «sport national», soit empocher des heures supplémentaires quand les flocons s’accumulent alors que la Ville de Québec était sous la neige.«La question, c’est que les employés doivent se présenter au travail» SUITE DE LA PAGE 1 A llh, le service était redevenu normal.Entre-temps, une soixantaine de collisions ont été dénombrées.«On n’a pas vu ça souvent», a simplement dit la porte-parole de la STCUM, Odile Paradis.Malgré la hausse des trains du métro pour pallier l’absence d’autobus, malgré l’allongement d’une heure de l’horaire de l’heure de pointe, des milliers d’usagers sont restés dans les abribus à attendre un autobus qui n’arrivait pas.«Et nous n ’avions pas de moyen pour les joindre, ajoute Odile Paradis.Ce sont ceux qui sont les plus à plaindre.» Les policiers de Montréal se sont rendus sur les lieux de 137 accidents pour y compléter un rapport.Parmi ceux-là, 21 ont fait des blessés mineurs et huit ont nécessité un transport à l’hôpital.Mais si l’heure de pointe a été catastrophique à Montréal, la situation a été un peu moins difficile ailleurs dans la région.La Sûreté du Québec a compté 125 accidents matériels et quelque 200 sorties de route, un constat «normal» compte tenu des conditions climatiques.Quant à Transport Québec, elle mentionne que des bretelles d’accès ont été fermées mais pas de roules.«Pour la pluie vcrglaçante, il n'y a pas de solution miracle», explique Jean-Marc Rivest.L’abrasif doit être répandu pendant les précipitations de pluie vergla- çante et est efficace s’il y a une bonne fréquence de passage des voitures.Et qui dit verglas dit.Hydro-Qué-bec?Eh bien, la société d’Etat n’était pas peu fière d’annoncer que la pluie n’a eu «aucun effet significatif sur le service électrique», selon le communiqué qui a été transmis aux médias.Et si, par grand malheur, le verglas devait dépasser le «seuil critique» des 10 mm, Hydro prévoyait un traitement-choc pour vaincre la glace.«Cette méthode consiste à chauffer les câbles électriques pour faire fondre la glace ou l’empêcher de s'accumuler.Pour y arriver, on accroît la quantité de courant circulant sur une ligne pour augmenter la température des fils.» Même si la quantité de verglas accumulée sur les fils n’était pas inquiétante, Hydro a quand même testé — avec succès — sa méthode sur une ligne à haute tension entre les postes de Boucherville et Notre-Dame.La situation par contre n’était pas aussi rose du côté de l’aéroport de Dorval.Cent soixante vols ont été annulés et les autres ont été retardés d’au moins une demi-heure.Les activités ont également été annulées à la Fête des neiges hier et aujourd’hui.Les Montréalais pourront toujours se consoler aujourd’hui puisqu’Envi-ronnement Canada prévoit du soleil et un mercure oscillant autour de 2 °C.les températures devraient se refroidir à partir de ce soir.CHRÉTIEN NÉGOCIATIONS SUITE DE LA PAGE 1 cette rencontre en espérant arriver à une entente», a dit M.Chrétien après avoir parlé aux premiers ministres provinciaux au cours des deux derniers jours.Il a toutefois souligné qu’il se pouvait que les parties ne s’entendent pas sur tout, une idée qu’a reprise le président de la conférence des premiers ministres provinciaux, Roy Romanow.«Il n’est pas nécessaire qu'on s’entende sur tout.Si nous avons une entente sur les points principaux, nous aurons alors un cadre de travail [.] et nous pourrons faire des ajustements par la suite», a-t-il indiqué.Tout le monde dit rêver d’un accord mais on reste prudent dans la plupart des capitales provinciales.A Québec, on parle «d'espoirs mitigés» tout en s’accrochant au consensus provincial obtenu à Saskatoon l’été dernier.Un conseiller de l’Ouest avoue que «l'opération est risquée» et qu’il s’agit d’un «moment de vérité pour les provinces, étant donné leur position commune».En convoquant cette réunion des premiers ministres, la première depuis le lancement des négociations fédérales-provinciales sur l’union sociale en décembre 1997, Jean Chrétien prend un certain risque.Le plus grand risque politique serait de voir une province, en particulier le Québec, faire bande à part.Personne à Ottawa ne veut envisager publiquement un isolement possible du Québec.«Nous sommes très confiants que le Québec ne restera pas à l’écart», a insisté le ministre fédéral des Affaires intergouvemementales, Stéphane Dion.Le premier ministre de la Saskatchewan, Roy Romanow, ne l’exclut pourtant pas, se disant prêt à signer même si une ou des provinces s’y refusent.«L’unanimité des provinces serait évidemment désirable, je veux que le Québec soit du nombre, par exemple», a-t-il dit.Mais le revers de cette médaille serait «de quitter les pourparlers et de se retrouver à mon point de départ, c'est-à-dire avec rien», a-t-il ajouté.L’hypothèse d’un isolement du Québec suscite des analyses diverses.U: chef libéral québécois Jean Charest croit que c’est l’objectif de Lucien Bouchard.Il a ouvertement mis en doute sa bonne foi hier, le soupçonnant même de vouloir claquer la porte.Le chef bloquiste Gilles Duceppe croit au contraire que c’est le fédéral qui cherche, en discutant avec l’entourage de M.Charest, à isoler le Québec.Jean Chrétien, lui, refuse de spéculer sur l’issue des discussions de demain et tente de minimiser les dangers d’un éventuel échec.«Il n’y a pas de risque.Nous serions au même point où nous étions avant (le début des négociations]», a-t-il dit.Son entourage tenait à tempérer les attentes hier et rappelait volontiers qu’il ne s’agissait pas de discussions constitutionnelles globales comme celles ayant conduit aux accords du lac Meech et de Charlottetown.Les premiers ministres auront du pain sur la planche car le fossé entre les positions provinciales et fédérales demeure important.Sur le plan financier, les provinces exigent qu'on restaure les transferts en espèces pour la santé, l’aide sociale et l’éducation postsecondaire.Elles demandent que les transferts fassent l’objet d’un engagement quinquennal et qu’Ottawa donne un préavis d’au moins trois ans avant de pouvoir les réduire.Le volet le plus litigieux touche l’encadrement du pouvoir fédéral de dépenser dans les domaines de compétence des provinces.Le fédéral veut les consulter et les associer à l’élaboration de nouveaux programmes, mais sans plus.Les provinces, elles, exigent qu’Ottawa obtienne l’appui de la majorité d’entre elles avant de pouvoir lancer tout nouveau programme et qu’il leur reconnaisse un droit de retrait avec pleine compensation financière, à la condition quelles investissent les fonds dans le même secteur prioritaire.Québec tient mordicus à ce droit de retrait alors que le fédéral veut absolument en limiter la portée.Les provinces souhaitent par ailleurs mettre sur pied un mécanisme de règlement des différends beaucoup plus ambitieux que celui envisagé par Ottawa.Le fédéral, de son côté, demande aux provinces d’éliminer les barrières à la mobilité des citoyens, comme l’imposition de frais de scolarité plus élevés aux étudiants d’une autre province.L’imminence du budget fédéral explique aussi l’empressement d’Ottawa à résoudre les dossiers de l’union sociale et de la santé.\xx ministre de la Justice, Anne McLellan, en a convenu.Le fédéral veut, avant d’accroître les transferts en espèces destinés à la santé, conclure un accord parallèle sur cette question et ainsi accroître son rôle dans ce domaine.Ottawa veut que les provinces s’engagent à réinvestir les fonds dans les services de santé, à respecter les principes de la Loi nationale sur la santé, à échanger de l’information pour comparer leur performance et mieux informer les citoyens.Plusieurs provinces, dont le Québec, refusent de séparer les dossiers de la santé et de l’union sociale et exigent qu’on s’en tienne à une entente globale.De toute façon, confie une source provinciale, les provinces estiment avoir donné à Ottawa tout ce dont il avait besoin dans une lettre que les premiers ministres ont fait parvenir à Jean Chrétien.A leurs yeux, ce dossier est réglé, dit-on.On ignore si M.Chrétien s’en satisfera.11 n’en a pas donné l’impression, hier aux Communes.Il a répété qu’il voulait toujours «que les citoyens soient clairement informés.C'est très important pour les députés de cette Chambre, qui votent pour les crédits, d’être rassurés que l’argent soit dépensé dans le domaine de la santé».SUITE DE LA PAGE 1 leurs vis-à-vis syndicaux en réponse au dépôt, au cours des derniers mois, de leurs demandes sur les clauses normatives des conventions collectives.Les syndiqués attendaient impatiemment des offres patronales.Ils ont plutôt reçu une douche d’eau froide sous la forme de demandes gouvernementales.Autant dans les secteurs de l’éducation que de la santé, le gouvernement exige de la souplesse et des aménagements, rendus nécessaires, disent les porte-parole gouvernementaux, par les grandes réformes qui affectent les deux grands réseaux depuis quatre ans.Sans toucher aux ressources humaines et financières, le gouvernement dit vouloir aménager autrement l’organisation du travail dans les établissements de santé et dans les écoles afin de respecter l’esprit des réformes entreprises.En éducation, cela signifie qu’il faudra faire preuve de souplesse-sur la tâche des enseignants.En santé, la mobilité et les remplacements des employés sont des clauses visées.Mais ces discussions doivent avoir lieu au niveau local et sur une base volontaire, ajoute Québec.Si les syndicats se disent ouverts à considérer certains sujets de discussion au niveau local, ils refusent de le faire pour l’ensemble des conventions collectives.La bataille s’annonce longue puisque, en éducation, la CEQ a toujours considéré la tâche des enseignants comme un sujet intou-chable.Dans la même veine, le puis- sant syndicat infirmier, la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ), et les 92 000 membres de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN ont eux aussi exprimé hier l’intention de mener une lutte acharnée sur l’enjeu du fardeau de la tâche et de la stabilisation des emplois.Hier après-midi, les offres patronales réclamant une décentralisation complète des mécanismes liés notamment au remplacement, à la sécurité d’emploi et au mouvement de personnel ont eu l’effet d’une gifle pour, les salariés du réseau de la santé.À la première journée d’une ronde de discussions qui pourrait durer plusieurs mois, les négociateurs syndicaux du réseau de la santé, outrés, pressent Québec d’ajuster son tir et de se montrer sensible aux préoccupations de la population et des salariés, qui réclament un temps d’arrêt et une consolidation des services et des emplois dans le réseau de la santé.La stratégie de décentralisation du gouvernement vaut pour l’éducation mais aussi pour le réseau de la santé.Le gouvernement semble se rendre au souhait exprimé hier matin par les employeurs du réseau de la santé (Association des hôpitaux et des C1.SC notamment) d’obtenir des négociations décentralisées pour discuter notamment, entre établissements et syndiqués, de mouvements internes, de remplacement de personnel et de gestion du temps de travail.Pas de hausse des taxes sur le tabac Ottawa (PC) — Il y a peu de chances que le gouvernement fédéral augmente sous peu les taxes sur le tabac, certaines provinces craignant que cela ne déclenche une reprise de la contrebande, a déclaré mardi un fonctionnaire du ministère des f inances.Ces commentaires ont grandement déçu les groupes anti-tabac, qui croyaient que le gouvernement s’a|j-prêtait à accroître substantiellement les taxes sur le tabac, pour combattre l’usage du tabac chez les jeunes.Le ministre de la Santé, Allan Rock, a indiqué qu’il est favorable à une telle hausse de taxes, et le ministre québécois des Finances, Bernard Landry, s’est lui aussi déclaré en faveur d’une augmentation, le mois dernier.I-e fonctionnaire du ministère des Finances, qui a accepté d’être interviewé à condition de conserver l’anonymat, a déclaré qu’Ottawa rencontre de la résistance de la part de certaines des provinces de l’Est du pays qui ont harmonisé leurs taxes sur le tabac, en 1994, avec le gouvernement fédéral.Il n’a pas voulu identifier les provinces récalcitrantes.«Le gouvernement fédéral était en quelque sorte décidé à bouger.Mais certaines provinces ont exprimé des préoccupations au sujet de la contrebande, alors il semble peu probable qu'il y ait des mesures imminentes dans ce dossier», a-t-il affirmé.
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