Le devoir, 27 février 1999, Cahier A
LE DEVOIR Exigez votre Télé choix! V h i.X (' N " I 2 LES ARTS La chronique (l'Odile Tremblay: Par-delà la carte postale, page B 10 I.K S S A M K I) I 2 7 K T I) I M A N C II K 2 S F K V H I K II I î» !» M A C A II I K I! S I .!) 5 $ + t A X K S = 2 , 2 “> S LES ARTS Le 40' anniversaire de la grève à Radio-Canada, page B 1 MONTRÉAL Trois ans de prison pour le juge Flahiff, page A 3 LES ACTUALITÉS Sondage: les Québécois souhaitent un contrôle civil de la SQ, page A 6 PERSPECTIVES Le procès inutile Le procès du sang contaminé s’achève en queue de poisson.Malheureusement, la commission d’enquête ne fait pas partie des mœurs françaises.« R: espotisable mais pas coupable.» L’expression est pratiquement devenue un cliché tant elle a été répétée tout au long des trois semaines du procès du sang contaminé qui s’achevait hier à Paris.A la barre des accusés: l’ex-premier ministre Laurent Fabius, l’ancienne ministre Georgina Dufoix et l’ex-se-crétaire d’Etat Edmond Hervé, ils devaient répondre d’une accusation d’homicide involontaire pour ne pas avoir décrété suffisamment tôt le dépistage systématique du sida chez les donneurs de sang alors que les données scientifiques étaient disponibles.On les soupçonne d’avoir attendu quelques mois afin de favoriser les tests français de l’Institut Pasteur à la place des tests américains de la firme Abott.Après l’audition d’une quarantaine de témoins, c’est finalement la justice qui doit répondre à cette question: «Pourquoi ce procès?» Car, après des pages de plaidoiries, le dossier ne semble guère plus avancé.Le Parquet a requis la relaxe des accusés, estimant que si des erreurs avaient été commises, elles relevaient de l’appréciation politique et non des tribunaux.Hier, les juges se demandaient s’ils devaient malgré tout adresser un blâme aux accusés ?ou simplement passer l’éponge.Mais le blâme politique, à la manière de ce qu’avait envisagé le Sénat américain pour Bill Clinton, est-il vraiment du ressort d’une cour de justice?La presse française est unanime à dénoncer «l’énorme malentendu» (Le Monde), quand ce n’est pas le «naufra- L C h r i s I i a n R i o u x ge» (L'Express), de ce «procès virtuel» (Le Nouvel Observateur).Il y avait d’abord l’incongruité qui consistait à séparer le procès des ministres de celui des subordonnés, comme Michel Garetta, condamné en 1992 à quatre ans de prison.Il y avait ensuite cet étrange tribunal d’exception, la Cour de justice de la République, créé pour l’occasion et composé de trois magistrats et de douze parlementaires.C’était sans compter les gaffes du président, Christian Le Gunehec, et la mutinerie de quelques juges qui ont poussé l’audace jusqu’à s’exprimer sous le couvert de l’anonymat dans les pages du quotidien U Monde.Le procès n’a pas manqué de rebondissements.Comme lorsque Jean Weber, président de Diagnostics Pasteur, a dit avoir envoyé quatre scénarios à la Direction générale de la santé.Weber soutient avoir soutenu le dépistage systéma- tique du sida chez les donneurs de sang.Coût de l’opération: 200 millions de francs (50 millions de dollars).Si cette décision n’a pas été prise, dit-il, c’est «pour des raisons budgétaires».Son témoignage est contesté par les victimes.Mais c’est encore et toujours la crédibilité de ce procès «bâti sur du sable» qui a été remise en cause.Des magistrats sont venus critiquer des magistrats alors que des politiques sont venus défendre des politiques.Résultat: les accusés ont rarement été incriminés.Pendant trois semaines, ils ont regardé les balles voler sans vraiment faire partie du match.«Je ne pense pas que des délais excessifs soient intervenus dans cette affaire», a déclaré l’ancien premier ministre Raymond Barre (1976-81) à la défense de Laurent Fabius.«Dans la mesure où le ministre a nommé les membres de son cabinet, il en est responsable politiquement», a-t-il ajouté.De là à être coupable d’homicide.Toute la question est là.Imaginez qu’on ait traduit en cour Lucien Bouchard et André Caillé après la crise du verglas plutôt que de faire enquête.Au contraire d’un procès, une commission sur le sang contaminé aurait pu fouiller tous les aspects de ce dossier terriblement complexe.Elle aurait pu départager les fautes scientifiques, économiques et politiques.Elle aurait pu peser le pour et le contre d’arguments subtils comme celui voulant qu’on ait refusé de pointer les donneurs à risque pour ne pas être accusé d’incriminer les homosexuels.Après, Injustice aurait pu faire son travail.Le procès qui s’achève aura surtout braqué les parties sans jamais permettre d’aller au fond des choses.C’est probablement ce que voulait dire le procureur général Jean-François Burgelin lorsqu’il critiquait «l’énorme malentendu qui a entouré la saisine du juge pénal» et qui a «réduit à une dimension juridique un drame humain complexe et insupportable».L’ennui, c’est que cette mise en scène prend aujourd’hui en France la place d’actions judiciaires qui, elles, redonneraient de la crédibilité aux institutions.On pense à des procès permettant de faire la lumière sur les accusations de corruption à la mairie de Paris ou visant le président du conseil constitutionnel, Roland Dumas.Le jugement sera rendu dans une semaine.Comme pour le procès de Bill Clinton aux Etats-Unis, l’exercice aura au moins servi à remettre en question ces procédures oii la politique et le droit sont régulièrement confondus.M É T É 0 Montréal Québec Ensoleillé.Ensoleillé.Max: 3 Min: -10 Max: 1 Min: -12 Détails, page C 12 -Ni I N Annonces.C 11 les Arts.Il I Avis publics.C 10 Bourse.C 8 Economie.C 1 Éditorial.A 10 www.led ) E X Livres.DI le monde.A 8 les sports.C 12 Montréal.A3 Mots croisés C 10 Politique.A 7 ivoir.com Neuf cégépiens sur dix réussissent aux tests de français Trop beau pour être vrai, répliquent des experts qui doutent des méthodes de correction PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Près de neuf cégépiens sur dix ont réussi, l’an dernier, l’épreuve de français imposée à la sortie du collège et qui est maintenant une condition d’obtention du diplôme d’études collégiales (DEC).Pendant que plusieurs applaudissent à ce taux de réussite mirobolant, d’autres mettent un bémol aux réjouissances en rappelant que les résultats sont «normalisés» ou, dans le jargon, que «les copies sont réanimées».Les résultats dévoilés hier par le ministère de l’Educa- tion démontrent en effet qu’en 1997-98, 87,3 % des étudiants ont réussi la dissertation critique de 900 mots qu’ils doivent commettre en fin de parcours collégial, qui est la même épreuve pour tous les élèves de la province.Ce pourcentage est une compilation des résultats de trois sessions d’examens, une en décembre 1997, une en mai 1998 et une dernière en août 1998.En mai, par exemple, les étudiants avaient le choix entre trois sujets: ils pouvaient disserter sur le thème du souvenir dans les poèmes de Victor Hugo et de Michel Garneau; ils pouvaient s’attarder à la notion de bonheur dans un extrait d'Antigone de Anouilh: ils pouvaient encore écrire sur l’attachement à la terre que valorisent Louis Hé-mon dans Maria Chapdelaine et Germaine Guèvremont dans U Survenant.Cette épreuve provinciale existe depuis quatre ans mais sa réussite n’est devenue une condition d’obtention du diplôme collégial que depuis un an.hi note de passage — qui est en fait un C — doit être obtenue dans chacune des trois catégories, soit la qualité de l’argumentation, la structure du texte et la maîtrise de la langue.Les résultats des 42 700 étudiants sont meilleurs que VOIR PAGE A 12: CÉGÉPIENS Exit les Expos ?Les autorités du baseball majeur maintiennent la date limite du 6 mars et blâment Québec.«Une attitude déplaisante et mal élevée», dit Bouchard.D'APRÈS LE DEVOIR, ASSOCIATED PRESS ET LA PRESSE CANADIENNE Le baseball majeur a refusé de reporter la date limite du 6 mars pour permettre la formation d’un nouveau consortium et l’élaboration d’un financement pour la + construction d’un nouveau stade au centre-ville.Prétextant le manque d’appui du premier ministre Lucien Bouchard, le responsable des affaires juridiques du baseball majeur, Robert DuPuy, a précisé que le baseball souhaite toujours que les Expos demeurent à Montréal mais qu’un dénouement était nécessaire «dans le respect de la saison 2000».«Jusqu’ici, il n’y a pas eu le moindre engagement gouvernemental pour garder les Expos à Montréal», écrit M.DuPuy dans une lettre adressée au président du conseil d’administration, Jacques Ménard, et remise aux journalistes.«Au contraire, le premier ministre Bouchard a réitéré publiquement sa fernie opposition au financement public d'un nouveau stade et il n 'a pas été fait mention du financement du stade dans les budgets des gouvernements fédéral et provincial.» Les Expos affirment qu’ils ne peuvent survivre à Montréal, au Stade olympique, et que leur avenir passe par la construction d’un nouveau stade.Mais l’équipe ne parvient pas à réunir l’argent nécessaire.«Les platis pour la construction d’un stade demeurent vagues et le projet visant à vendre des sièges n’a pas remporté les succès escomptés», a encore écrit DuPuy.Le comité des actionnaires pour la relance des Expos n’a pas tardé à réagir à cette lettre du baseball majeur.Dans un communiqué émis en fin d’après-midi hier, les actionnaires ont dit qu’ils trouvent inappropriée l’allusion à la VOIR PAGE A 12: EXPOS ÉCONOMIE Paul Martin défend son budget Disant vivement souhaiter qu'un véritable débat s’amorce autour de l’utilisation des surplus, Paul Martin n’en demeure pas moins fier de son budget, son sixième à titre de ministre des Finances et son deuxième en cette ère de surplus.«Il était clair que cette année, la santé était la priorité n° 1.À la question: “En avons-nous fait assez?", je dis: oui, on a très bien répondu aux attentes.» Le ministre des Finances accepte de descendre dans l’arène et de faire face aux doléances, non pas du Québec mais «du gouvernement péquiste», se plaît-il à nuancer.Après l’épisode des bourses du millénaire, il se défend d'avoir à nouveau agi par esprit de provocation.Nos informations, page C 1 La semaine nationale de relâche Jn « JACQUES GRENIER LE DEVOIR Les élèves de l’école Jean-Jacques-Olier, à Montréal, ne cachaient pas leur joie, hier, à la sortie des classes.Leur semaine annuelle de relâche venait de commencer.Des vacances à tout prix Depuis hier, 1,2 million d’écoliers sont en congé.La relâche ne fait pas le bonheur de tous.Le congé scolaire a débuté hier, pour le plus grand bonheur de plus d’un million d’écoliers.Mais qu’arrive-t-il quand tout le monde veut aller aux mêmes endroits en même temps?Certains réclament déjà des changements.après que l’on a concentré le congé, ces dernières années, pour aider les familles à se regrouper.MARIE-CLAUDE DUCAS LE DEVOIR Sylvie Lalonde, professeur de français au secondaire et mère de deux bambins de quatre ans et un an et demi, a renoncé cette année à passer les vacances scolaires chez sa belle-mère en Floride: les billets d’avion lui auraient coûté 550 $ pièce.«C’est trop cher, plus cher qu’avant, dit-elle.On partira sans doute à Pâques.» Depuis hier soir, environ 1,2 million d’écoliers qui fréquentent les quelque 2600 écoles primaires et secondaires du Québec sont en congé pour une semaine.Et l’impact se fait sentir dans bien d’autres endroits que dans les écoles.Selon un sondage fait l’automne dernier, 165 000 des 650 000 ménages qui comptent des enfants d’âge scolaire avaient l’intention de prendre congé lors de la semaine de relâche.Dans les condominiums et les hôtels au pied des pentes de ski, le taux d’occupation frise les 100 %, selon l’Association des stations de ski du Québec.Les avions en partance pour le Sud sont pleins depuis plusieurs semaines déjà.VOIR PAGE A 12: RELÂCHE Le chaos organisé En montant L’Asile, Dominic Champagne saute à pieds joints dans la marge Le metteur en scène Dominic Champagne ne cherche pas à vivre dans la margede, sauf qu’il y saute à nouveau à pieds joints avec L’Asile, dernière création d’une compagnie de théâtre qui fête ses 15 ans chez les fous.HERVÉ GUAY La mère du metteur en scène Dominic Champagne, Monic avec un c, aime les finales en c.D’ailleurs, le prénom de sa fille se termine aussi par un c: Yannic.C’est ce qu’on appelle avoir de la suite dans les idées.Sur ce point, on peut dire que son fils a de qui retenir.En effet, 15 ans plus tard, lui et sa compagnie, Il va sans dire, n’ont pas dévié de leur route.Pour tout dire, de Cabaret Neiges noires au succès de Don Quichotte au TNM en passant par lolita, Champagne n’en finit pas de donner dans l’inachevé et dans l’impureté.Et l'histoire se poursuit à présent avec L’Asile, qui prend l’affiche de la cinquième salle de la Place des Arts le 2 mars.Rappelons que Dominic Champagne, c’est aussi le petit brun à lunettes qui, lors du dernier Gala des Masques, a osé demander à l’Académie québécoise du théâtre de faire un examen de conscience.VOIR PAGE A 12: CHAMPAGNE JACQUES GRENIER LE DEVOIR ^ c La compagnie de théâtre de Dominic Champagne célèbre ses quinze ans.778313000696 L K I) K V 0 I H , I.K S S A M K D I mm Wwwwwww •• ^ Se mettre à l’abri est un réflexe tout à fait naturel PROFITER INTERET Québec Que justice soit fête ! PRESSE CANADIENNE Le cardinal Jean-Claude Turcotte a refusé hier l’invitation lancée par le Comité des orphelins de Duplessis.afin qu'il participe à une conférence de presse la semaine prochaine.Le comité veut à cette occasion présenter des preuves comme quoi ceux qu’on surnomme les «orphelins de Duplessis» ont été victimes de mauvais traitements par des membres des communautés religieuses qui en avaient la responsabilité.Mais M" Turcotte a indiqué hier, par voie de communiqué, qu’il ne voulait pas se prêter à un «procès à sens unique» sur des cas qu’il ne connaît pas, sans donner de droit de réplique aux personnes que l’on rend responsables Quatre ans plus tard Retour à la case départ au CHUM Les médecins abandonnent Vidée de réaliser un hôpital universitaire sur trois sites JACQUES NADEAU LE DEVOIR LE CHEF des Entartistes de Montréal, François Gourd, a remis (et non lancé.) hier une tarte à la crème à l'agent de la GRC posté devant les portes du consulat américain pour que celui-ci aille la porter (en mains propres) au consul.Les Entartistes veulent protester contre l’emprisonnement de trois compatriotes anarcltos-pâtis-siers californiens à la suite de l'entartement du maire de San Francisco.«Cette condamnation politique et absurde risque d’être l’élément déclencheur d’un entartement total et planétaire de citoyens américains dans les villes où la crème est de bon goût, avertissent les entarteurs.Si ces trois héros pâtissiers demeurent prisonniers, le châtiment chantillesque pourrait répandre son onction extrême parmi les méchants et les pince-sans-rire américains.» Le cardinal Turcotte refuse une invitation des orphelins de Duplessis de ces présumés abus: les religieuses et les religieux.La semaine dernière, le cardinal avait soulevé l’ire du comité en se portant à la défense des religieux et des religieuses qui ont eu sous leur garde les orphelins de Duplessis.«Je reste convaincu que ces personnes, en grande majorité des femmes, qui pendant des années se sont dévouées, sans salaire, à prendre soin dans des conditions difficiles de tous les enfants abandonnés, méritent notre respect et ont droit en justice à leur réputation», écrit le cardinal pour justifier sa position.Il invite par ailleurs le Comité des orphelins de Duplessis à présenter ses dossiers documentés d’agressions aux communautés religieuses visées «pour obtenir des explications sur chacun des cas».ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Quatre ans après la fusion décrétée par Québec, c’est le retour à la cause départ au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).Les médecins relèguent aux oubliettes le projet d’un centre universitaire sur trois sites, devenu irréalisable, et toutes les options sont à nouveau sur la table.Moins de 24 heures après l’annonce de la démission de la directrice générale du CHUM, Cécile Cléroux, l’avenir du CHUM se retrouve entièrement remis en question.Jeudi soir, au terme d’une rencontre à laquelle assistaient quelque 200 des 900 médecins du CHUM, le corps médical a fait une croix sur le concept d’un centre universitaire sur trois sites.«Nous n’avons pas les effectifs pour fonctionner sur trois sites.Si l’argent avait été versé rapidement au début, on n’en serait pas là aujourd’hui.Mais là, trop de médecins sont partis», a tranché hier le Dr Johanne Benoît, présidente du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) du CHUM.C’est en février 1995 que Jean Rochon avait décrété que les hôpitaux Notre-Dame, Saint-Luc et Hôtel-Dieu devaient se fusionner pour n’en former qu’un seul.Un an plus tru'd, un protocole coulait dans le ciment la répartition des rôles entre les trois hôpitaux, léguant au deux premiers la fonction de pavillons d’hospitalisation et au troisième le rôle de futur centre ambulatoire.Constat d’échec Le constat d’échec des médecins remonte en fait à la lin du mois de janvier.1rs chefs des départements médicaux et l’exécutif des médecins ont alors conclu à l’impossibilité de réaliser le centre universitaire sur trois sites dans les conditions actuelles.«On s’est dit qu’il n’y avait plus d'argent, que ça ne pouvait continuer.Il y a eu un constat d’échec», a dit le Dr Benoît Un constat qui a sans doute été un facteur précipitant dans le départ de la directrice, Cécile Cléroux, mandatée de «réussir» la fusion en respectant à la lettre le protocole de partageant les rôles entre les trois hôpitaux.Le constat d’échec posé par les médecins ne signifie pas pour autant l’abandon du CHUM puisque la vaste majorité appuie toujours l’idée de réunir les expertises médicales des trois hôpitaux pour former un centre hospitalier d’envergure universitaire.Seule l’idée d’un hôpital sur trois sites paraît remise en cause.Les médecins ont appuyé l’idée d’examiner — lors d’une réunion extraordinaire qui regroupera les chefs de département et des représentants de l’Université de Montréal — quelles autres options pourraient être envisagées pour former le CHUM.«Ce n’est pas la réunion des murs et des briques qui compte.Ce sont les expertises médicales que l’on veut regrouper», a affirmé la représentiuüe des médecins.Le vent tourne à Québec Chose certaine, pour le D1 Benoît, le grand responsable du marasme actuel, c’est le gouvernement du Québec.«U-ministère n’a pas exercé son leadership.Il aurait jaiiu qu'ils interviennent avant.Au bout de deux ans, on s’est bien rendu compte qu’il n’y avait toujours pas d'argent.U CHUM n’a jamais eu les ressources financières nécessaires pour faire une fusion», estime-t-elle.Mais le vent pourrait tourner puisque la ministre de la Santé, Pauline Marois, a indiqué hier, en marge du caucus du Parti québécois à L’Estérel, que le projet du CHUM lui tenait à cœur et qu’elle allait «en prendre soin comme de la prunelle de (ses] yeux».Elle a soutenu que les engagements financiers pris auprès de l’ancienne directrice sentient respectés et que le CHUM pourrait se réaliser dans «les meilleures conditions».Le modèle de trois pavillons pourrait toutefois être revu et ajusté, a-t-elle dit.Elle a au passage remercié Cécile Cléroux d’avoir eu le courage «d'essayer de relever ce défi».Selon nos informations, Mme Marois attendra jusqu’au budget, où des sommes importantes seront annoncées dans le domaine de la santé, avant de prendre de nouveaux engagements.D’ici Là, la ministre Marois discutera avec le successeur pressenti de Mme Cléroux, le directeur de l’Institut de cardiologie de Montréal, Raymond Carignan, avec les membres du conseil d’administration, les médecins, les spécialistes et les universités.A ce jour, seuls une soixantaine de millions avaient été promis pour l’année en cours, alors que le plan de dévelo|>-pement du CHUM prévoyait des investissements nécessaires de 549 millions d’ici cinq ans.Le conseil d’administration du CHUM devrait lui aussi tenir un lac-à-l’épaule au cours des prochaines semaines, où la globalité du projet du CHUM sera remise en question.Hier, le représentant de la population au conseil d’administration, Marc Laviolette, a soutenu que pour réussir, il faudrait réunir au moins trois conditions: se doter d’une direction capable de rassembler les troupes, obtenir un meilleur financement et mettre fin aux querelles entre pavillons.«Si on n ’a pas cela, ça ne sert à rien de discuter.C’est le manque d’argent qui a créé des chicanes entre pavillons au CHUM.Tout le monde se bat pour le même bout de paifi», estime-t-il. son avis, la ministre Marois devrait commencer par radier le déficit accumulé du CHUM, qui excède 80 millions, ce qui libérerait déjà six millions par année, sacrifiés au service de la dette.Plus encore, Québec devrait rehausser d’au moins 30 millions le budget actuel du CHUM, dit-il, fixé par Québec à 370 millions.Mettez votre REER à l’abri des fluctuations du marché en investissant dans des produits sûrs.Placements Québec vous offre une gamme de produits dont le capital est garanti sans limite par le gouvernement, même au-delà du montant maximum de 60000$ et du terme de cinq ans 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la presse à la fin du procès.,v 1 Le juge Robert Flahiff a été condamné à trois ans de pénitencier, hier, en Cour du Québec, par un juge qui a entre autres souligné que le «battage médiatique» entourant son procès ne représentait pas une circonstance atténuante.Le juge Flahiff, qui a déjà appelé du verdict de culpabilité, a peu après été remis en liberté provisoire.MARIE-CLAUDE DUCAS LE DEVOIR Le juge Robert Flahiff, de la Cour supérieure du Québec, a été condamné hier matin, en Cour du Québec, à trois ans de prison pour le blanchiment de 1,7 million de dollars provenant du trafic de la drogue.Robert Flahiff avait cependant, dès hier après-midi, quitté les cellules du Palais de justice de Montréal, remis en liberté provisoire.Ses avocats ont déjà fait part de leur intention de porter la sentence en appel, comme ils l’ont déjà fait du verdict de culpabilité rendu il y a environ un mois.Le juge Flahiff avait été reconnu coupable, le 25 janvier dernier, de trois chefs d’accusation liés au blanchiment d’argent.Sa cause devrait être entendue en appel d’ici neuf mois à un an.Robert Flahiff a été libéré sur la base de son engagement personnel et a dû, comme il est d’usage dans de tels cas, remettre son passeport à la GRC.En rendant sa sentence, le juge Serge Boisvert, de la Cour du Québec, a souligné qu’il avait privilégié l’exemplarité et l’aspect dissuasif.«Bien que le crime de blanchiment n'ait pas la gravité objective du crime de trafic de stupéfiants, on doit considérer qu’il est une prolongation du crime de trafic», a-t-il souligné.Aucune amende n’a toutefois été imposée.Bien que le juge Boisvert se dise convaincu que Robert Flahiff ait reçu une commission substantielle pour ses opérations, il est impossible de déterminer le montant qu'il a personnellement reçu.«La fixation de l’amende serait tout à fait arbitraire et, considérant au surplus les délais écoulés, le tribunal ne l’estime pas appropriée», a indiqué le juge Boisvert.Robert Flahiff, nommé juge à la Cour supérieure du Québec en 1993, a été reconnu coupable d’avoir eu en sa possession de l’argent provenant du trafic des stupéfiants, d’avoir transféré ces sommes d’argent et d’avoir comploté à ces lins.Ces crimes ont été commis entre 1989 et 1991, alors que Robert Flahiff était avocat et agissait pour le compte d’un trafiquant de drogue, Paul Larue.Chaque chef d’accusation pour lequel Robert Flahiff a été reconnu coupable est passible d’une peine maximale de dix ans de pénitencier.Le procureur de la Couronne avait réclamé une peine d’emprisonnement ferme, mais sans en préciser la durée.Le juge Flahiff avait, par la voix de ses procureurs, suggéré au tribunal d’imposer une peine inférieure à deux ans, à être purgée dans la collectivité.Robert Flahiff avait fait valoir son point de vue en invoquant l’absence de lien entre les crimes commis et son sta- tut d’avocat, le délai écoulé et le battage médiatique exceptionnel dont le procès a fait l’objet.Robert Flahiff avait demandé que l’on tienne compte des torts que le procès et sa condamnation lui avaient déjà causés sur les plans familial et professionnel.Le juge Boisvert a toutefois rejeté ces allégations.En ce qui concerne les conséquences sur la vie familiale de Robert Flahiff, le juge Boisvert a indiqué que même si le tribunal éprouve beaucoup de sympathie pour son épouse et ses enfants, «victimes tout à fait innocentes et indirectes de vos crimes», il ne s’agissait pas d’un facteur qui pouvait jus- tifier de réduire sensiblement une peine par ailleurs méri-G tée.Durant toute la lecture de la sentence, le juge flahiff,.'; assis dans le box des accusés, est demeuré silencieux, visi-~.blement déconfit et ébranlé.; ! Quant aux conséquences sur sa vie professionnelle, «celp qui risque de vous nuire n'est pas tant la publicité que le fi simple fait de la condamnation, a indiqué le juge.Au sur- à; plus, les accusations portées contre vous sont pour des infrac-*• fions préméditées extrêmement graves.Tout professionnel oc-*! cusé d’avoir blanchi des millions provenant de la vente deZ\ stupéfiants verrait sa cause médiatisée.Bien qu’on ne puisse•-ignorer que votre statut de juge ait contribué à sa publicité, le fi tribunal estime que, de toute manière, au delà de ce statut, il Z] y aurait eu publicité».»¦ Le juge Boisvert a d’ailleurs considéré comme un facteur»; aggravant le fait que Robert Flahiff était avocat lorsqu’il a* commis ses crimes.«En tant qu’avocat criminaliste, vous ne*, pouviez ignorer les ravages causés par le trafic de la cocaïne fi d’où provenaient les sommes que vous acceptiez de manipuler, 2 indique le juge Boisvert.[.] Ce sont vos contacts profession nets qui vous permettaient d’espérer blanchir, sans attirer l'at-.tendon des autorités, les profits des stupéfiants.» L’avocat Bruno Patteras, qui agissait comme procureur de la Couronne, a tout de suite fait connaître sa satisfaction „ en ce qui a trait à la sentence en sortant de la salle d’audiences, au Palais de justice de Montréal.«Cela devrait dissuader ceux qui voudraient faire la même chose, a-t-il déclaré aux journalistes.Le juge a bien indiqué qu'il y a du trafic de stupéfiants parce qu’il y a du blanchiment d’argent.Sans blanchiment d’argent, il serait plus difficile défaire du trafic de stupéfiants.» M' Patteras ne s’est pas opposé à la remise= en liberté conditionnelle de Robert Flahiff.Les avocats du juge flahiff ont cependant fait connaître dès hier leur intention d’en appeler.«C'est une sentence déraisonnable dans les circonstances, et nous estimons que le juge a fait plusieurs erreurs», a déclaré au Devoir M' Christian Desrosiers qui, avec M' Claude Girouard, assure la défense de Robert Flahiff.Par ailleurs, le juge Flahiff sera de retour, dès lundi, au Palais de justice de Montréal.Une première séance aura, toutefois lieu dès lundi pour l’audition de requêtes prélimi-.naires par le Conseil canadien de la magistrature.Le* conseil doit entreprendre, le 29 mars prochain, une enquête pour déterminer s’il y a lieu de destituer Robert Flahiff, le premier juge dans l’histoire du Canada à être reconnu coupable de crimes aussi graves.Palais des congrès Québec va de Pavant malgré tout MARIO CLOUTIER LE DEVOIR Estérel — Le gouvernement du Québec ira de l’avant avec le projet d’agrandissement du Palais des congrès de Montréal même si une seule firme d’architectes a soumissionné pour obtenir ce contrat.«D'ici mercredi, ou jeudi [ou] vendredi dans certains cas, a indiqué hier le président du Conseil du trésor, Jacques Léonard, en marge du caucus parlementaire ijéquiste, nous allons analyser la qualité des candidatures, et si cela est suffisant, nous allons ouvrir l’enveloppe de prix.Avec un seul soumissionnaire, c’est la réalité.» Trois consortiums de construction sont en mesure de réaliser les travaux.Mais une seule firme d’ingénieurs a soumis sa candidature pour les travaux de génie mécanique devant être faits dans l’agrandissement du Palais des congrès.Pour ce qui est du génie structurel, le gouvernement n’a reçu aucune soumission.Mais, a souligné M.Léonard, l’important demeure pour l’instant d'avoir un architecte.«Ily a un problème numifeste, a reconnu le ministre Léonard, parce que les deux associations professionnelles [ingénieurs et architectes] refusent que l’on fasse un appel de candidatures quant au prix.Nous maintenons qu’il doit en être ainsi.» M.Léonard explique que des économies substantielles sont ainsi réalisées par le gouvernement chaque année.Les honoraires professionnels ont presque diminué de moitié avec la procédure instaurée par la Société immobilière du Québec (SIQ).Selon lui, les ingénieurs et les architectes aimeraient revenir à d’anciennes procédures da- tant de 1973.«Nous n'avons pas l'intention de revenir en arrière», a-t-il déclaré hier.Le président du Conseil du trésor a fait valoir que la procédure de soumission retenue par Québec est la même que celle en vigueur à Travaux publics Canada.Contrairement à ce que pensent les associations professionnelles regroupant ingénieurs et architectes, M.Léonard a soutenu que cette méthode est toujours utilisée au gouvernement fédéral.«On nous a dit que l’on poursuivrait cette pratique, qu'il n’était pas question de l’abandonner.Elle nous semble correcte.» Cette procédure tient compte de la qualité et du prix.Dans une première étape, les firmes qui obtiennent une note de passage de 75 % et plus pour la qualité de leur projet sont retenues.Ensuite, les soumissions de ces firmes sont étudiées selon un barème 90-10, soit 90 % pour la qualité du projet et 10 % pour le prix.Les échéanciers seront respectés, a souligné M.Léonard, et le Palais des congrès agrandi devra être livré au printemps 2002.Il a toutefois signalé que son gouvernement n’avait toujours pas reçu de réponse définitive d’Ottawa quant à sa participation financière, évaluées à 58 millions, au projet d’agrandissement de 185 millions.La situation est loin d’être idéale, a-t-il reconnu.«Nous comprenons difficilement cette absence de candidatures.Nous souhai-totis évidemment que plus d’ingénieurs participent à ces appels de candidatures.» Mais, du même souffle, il a ajouté que le gouvernement a fait son nid et que les économies réalisées avec les nouvelles procédures d’appel d’offres sont trop importantes pour reculer maintenant, surtout dans le contexte économique actuel.Vappel d’offres n’est pas assurable, disent des assureurs JEAN CHARTIER LE DEVOIR a principale compagnie d’assu-_ rances des ingénieurs-conseils a isé leur association hier matin que ppel d’offres de la SIQ au Palais des ngrès n’est pas assurable et que les digations que doivent assumer les in-nieurs dépassentla responsabilité qui ir est imposée par la loi.Peter Needra, le président de la impagnie d’assurance sécurité Martre!, sise à Toronto, a informé la vice-ésidente et directrice générale de lICQ, Johanne Desrochers, de la si-ation et l’a confirmée par lettre.Cette mpagnie sert de grossiste au Canada iur la DPIC, ou Design Professional surance Company, de California qui sure 35 % de l’industrie aux Etats-nis, vis-à-vis de 30 % au Canada et de i % au Québec.Cet ingénieur s’est commis de ma-ère très claire hier matin en précisant ic les ingénieurs ne sont pas assu-bles.Il écrit «Nous constatons \.\que usieurs des obligations que les inge-eurs doivent assumer contractuelle-ent envers la Société dépassent large-ent la responsabilité qui leur est déjà imposée par la loi, ne sont pas assurables et nous inquiètent parce qu’elles pourraient mettre en danger la santé financière de nos clients.» La vice-présidente et directrice générale de l’Association des ingénieurs-conseils, Johanne Desrochers, ajoute quelle a eu également des discussions avec la deuxième compagnie d’assurances de l’industrie, Encom, après plusieurs interventions d’assureurs auprès de sociétés d’ingénieurs-conseils.L’une des deux compagnies mères, Orient Capital, a son siège social à New York.Pierre Shoiry, le président de l’AICQ, dit qu’il s’agit dans le cas du Palais des congrès de plans et devis conventionnels.Dans le domaine industriel, on doit parfois garantir la performance d’un équipement, ce qui n’est pas conventionnel.Au sujet de cette affaire où il se butte à la SIQ, il ajoute ceci: «Ça fait trois mois qu’on en parle.On peut régler assez vite.L'échéancier petit être respecté.Cette lettre confirme la situation des ingénieurs.» Pour sa part, le président de l’Association des architectes en pratique privée du Québec, Richard Birtz, explique l’évolution de la situation en ces termes: «Nos assureurs nous envoient des mises en garde depuis trois mois.Les contrats à prix coupés seront examinés cas par cas, ont-ils prévenu.Vous savez, pour le Palais des congrès, ils demandent huit à dvc millions en assurances.» Le président de la Société immobilière du Québec, Jean-Paul Vézina, était en meeting hier après-midi et il ne prenait pas ses appels, non plus que le ministre David Cliche, responsable du Palais des congrès.L'attaché de presse de celui-ci, Martin Ouellette, a fait savoir que le ministre aviserait de la situation dès le début de la semaine.11 signale que le ministre n’a pas refusé une rencontre avec les dirigeants de l’industrie mais qu’il ne voulait pas s’engager à l’acceptation de toute la démarche proposée par l’assemblée générale conjointe des ingénieurs et des architectes.y Lama’a HABBOUCHE YAMMINE Success 6 Cahier 160 pages - 10,50 $ Corrigé 226 pages - 32,50 î L'anglais à la portée de tous.Gouvernement du Québec Ministère de la Justice AVIS PROPOSITIONS DE MISE EN CANDIDATURE POUR LE PRIX DE LA JUSTICE DU QUEBEC 1999 Le ministère de la Justice Invite la population à lui soumettre des propositions de mise en candidature pour le prix de la Justice du Québec 1999.Le prix de la Justice a pour but de rendre hommage à une personne qui, par son engagement ou sa carrière, a contribué de façon exceptionnelle à promouvoir les valeurs fondamentales de justice que sont l'universalité, l'accessibilité et la qualité.Critères d'admissibilité — le prix de la Justice ne peut être décerné qu'à une personne physique et non à un groupe de personnes; — les activités de la personne proposée doivent avoir eu lieu au Québec; — le prix ne peut être attribué plus d'une lois à une même personne.Procédure Tout orqanisme ou toute personne qui désire proposer une ou plusieurs candidatures doit faire parvenir au Secrétariat du prix de la Justice un document qui décrit brièvement la carrière ou la réalisation particulière de la personne proposée et qui justifierait que le prix de la Justice lui soit décerné.Ce document doit être signé par trois personnes bien Informées des faits relatés et par la personne proposée.Délai d’inscription Les propositions doivent parvenir au Secrétariat du prix de la Justice au plus tard le vendredi 23 avril, 1999 à l'adresse suivante : Secrétariat du prix de la Justice Bureau du sous-ministre Ministère de la Justice du Québec 1200, route de l'Église, 9e étage Sainte-Foy (Québec) G1V 4M1 Informations et documentation : (418) 644-3947 ou Communication-Québec, Internet : http//www.justlce.gouv.qc.ca Québec MODE POUR HOMME EN SOLDE CHEZ fflMUl EMIO MONTRÉAL 50% A 70 SUR TOUTE LA COLLECTION AUTOMNE/HIVER .D0LCE&GABBANA VERSACE.GIANFRANCO FERRE VERSUS MOSCHINO VERRI DONNA KARAN MUGLER AZZALI RUFFO 1455, rue Peel (coin de Maisonneuve) Tel.: (514) 282-0022 Condominium :1 ou 2 Chambres A coucher c!\\sitez fio(/*eyain/i/t Violette Petunia Tufipe Camélia I ( HAMBRI \ C OU III R DI "3 000 S * À 133 300 S ’ lavande Mimosa Rose 2 < IIA.MHRI s \ < Ol’,< III R DI 133 000 $ * \ 168 000 S Offrez-vous le mieux-vivre au Jardin du Fort et vous aurez 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Sécurité publique, Serge Ménard, 75 % des recommandations du rapport Poitras seront mises en vigueur.Quant à l’opportunité de créer un comité de contrôle composé de civils et d’encadrer les pouvoirs du syndicat, c’est le conseil des ministres qui décidera.Il serait étonnant que la réflexion du gouvernement fasse abstraction de l’opinion publique, A la fois favorable à des mécanismes de surveillance et au maintien de la force syndicale.PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Conscients que les policiers abusent de leurs pouvoirs, les Québécois souhaitent qu'une étroite surveillance j soit dorénavant exercée sur leurs gestes et attitudes dans ' l’accomplissement de leur devoir.Ils veulent une police i plus respectueuse des droits du citoyen.I Une enquête d’opinion publique réalisée par la maison i Sondagem pour le compte du Devoir et de CKAC met en J lumière la profonde préoccupation des gens pour les ba-; vures policières.La grande majorité est d'avis que des me-! sures devraient être prises dans les meilleurs délais en vue I de l’assainissement des mœurs policières et de la révision des méthodes d’interventions.Effectué du 17 au 23 février auprès de 1009 personnes, ce sondage témoigne des cicatrices que les dérapages policiers des dernières années ont laissées dans l’opinion publique: 63 % des Québécois considèrent que, pour fonder leur preuve, les enquêteurs des différents corps policiers abusent de leurs pouvoirs d’arrestation et de perquisition, une perception que 18 % refusent d’endosser, 49 % soutiennent que les policiers abusent du recours à la délation: 36 % sont convaincus qu'ils abusent de la pratique de l’écoute électronique, alors que 27 % ne partagent pas ce point de vue.Pour redresser cette situation, les Québécois appuient massivement les recommandations que la commission présidée par le juge Lawrence Poitras a formulées à l’intention de la Sûreté du Québec: 77 % se disent «très ou assez favorables» à ce que le contrôle de ce corps policier soit confié à un conseil permanent de surveillance composé majoritairement de civils, tandis que 19 % y sont défavorables.Les Québécois sont également convaincus que pour moderniser les corps policiers du Québec, les adapter à l’évolution de la société, il faut investir davantage dans leur formation, s’assurer qu’ils ont acquis les connaissances nécessaires à l’accomplissement de leur tâche: 56 % contre 39 % croient que les nouveaux postes d’enquêteurs et d’officiers devraient désormais être réservés aux candidats ayqnt une scolarité universitaire.A travers cette perception populaire se profile une dislocation intergénérationnelle.Les plus jeunes, les 18 à 25 ans, sont beaucoup plus nombreux à décrire la SQ comme un corps policier désuet et fermé, qu'il faut mettre sous surveillance.Alors que les plus âgés, les 55 ans et plus, sont plus massivement convaincus que les policiers commettent des abus de pouvoirs.Il y a d’autres étonnantes variables.Ainsi doit-on constater que les francophones sont plus réceptifs que les anglophones à l’idée de confier le contrôle de la Sûreté du Québec à des civils.Comme d’ailleurs les femmes sont plus sensibles que les hommes aux excès des policiers.Il était par ailleurs normal que l’on s’interroge sur les principales raisons de cette détérioration de l’image de la police, sur le fait que l’on voit la SQ comme un corps policier.fermé qui a besoin d’être modernisé et surveillé.Since point, le consensus est incontestable: 63 % ont identifié l’affaire Barnabé et 11 % l’affaire Matticks.Mais la sagesse populaire sait partager l’ivraie du bon grain, elle sait qu’il faut donner aux policiers les moyens de préserver leur intégrité, de se mettre à l’abri des pressions politiques: 58 % contre 32 % des personnes interrogées se sont déclarées opposées à ce que le gouvernement retire aux policiers du Québec le droit à la syndicalisation.Enfin, en vérifiant l’humeur des Québécois, les sondeurs ont constaté qu'il y a eu un glissement de l'intention de vote depuis le scrutin du 30 novembre, alors que 43,7 % ont voté pour le Parti libéral et 42,7 % pour le Parti québécois.La situation est inversée, h- sondage accorde 49,5 au PQ, 39,3 % au PLQ et 11,2 % à l’ADQ, cela après répartition des 23,4 % d’indécis.Et si un référendum avait été tenu pendant cette même période de la mi-février, 56,31 auraient opté pour le NON et 43,7 % pour le OUI.i Affrontement en vue à Alliance Québec John Trent, un professeur de science politique, se présente contre William Johnson E N B R E F Coupable de meurtre JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR William Johnson devra croiser le fer avec un autre candidat s’il • veut obtenir un second mandat à la j tète d'Ailiance Québec, le groupe de j défense des droits de la minorité an-! glophone de la province.John Trent, j professeur de science politique à : l'Université d’Ottawa, ex-membre de la section outaouaise d'Ailiance Qué-.bec et l’un des fondateurs du fameux regroupement, a annoncé hier qu’il ; entendait briguer les suffrages lors j du congrès du 28 mai prochain.«Je crois qu’Alliance Québec devrait ; jouer un rôle très important comme in-; terlocuteur pour la communauté anglo-! phone», croit John Trent.Des compatriotes anglophones lui ont confié ne plus être intéressés à Alliance Québec, à cause du président Bill Johnson.«Je n'ai pas d’animosité envers Bill Johnson, mais on a toujours été d'accord pour être en désaccord! Que ce soit sur nos conceptions du Canada ou des relations entre francophones et anglophones.Bill Johnson est un “conspira-tioniste", il voit des conspirations un peu partout! Je ne suis pas de cette nature.» L’actuel président d’Ailiance Québec, William Johnson, a été élu au printemps dernier après une lutte serrée avec la présidente sortante, Constance Middelton-Hope, aux positions plus modérées que son successeur.Ancien chroniqueur à The Gazette, Bill Johnson s’est très vite fait connaître pour ses coups d’éclat, notamment en ce qui concerne la langue d’affichage dans les grands magasins.L’automne dernier, Johnson a mené plusieurs marches de protestation devant le magasin Eaton du centre-ville pour que la compagnie accepte d’afficher dans les deux langues.Récemment, Alliance Québec a embauché l’avocat Guy Bertrand pour défendre les droits d’accès aux services de santé en anglais devant la Cour supérieure.A 62 ans, bilingue, John Trent a John Trent William Johnson derrière lui une grande expérience dans les relations fédérales-provin-ciales et est couramment invité à commenter la scène canadienne dans les médias.Le Gatinois s’est dissocié de la section outaouaise d’Ailiance Québec lorsque Bill Johnson a été élu.John Trent voudrait offrir aux membres de sa communauté «un porte-parole solide, qui fait de la recherche, qui élabore des stratégies à long terme, qui est capable de se faire écouter.».Contrairement à Bill Johnson qui, dit John Trent, n’est plus invité dans les médias à parler au nom des siens à cause des campagnes tapageuses qu’il a menées.«Je trouve qu’il a été très très peu sage», estime John Trent.Son arme à lui: la négociation, les pourparlers.«Il faut explorer tous les moyens pour s’entendre, expliquer nos positions à la majorité francophone de la province, négocier jusqu’au bout.Et parfois, on sait que toutes les minorités doivent aller au front.S.O.S.Montfort devait faire son rallye à Ottawa.Je ne suis pas contre la confrontation, mais j’utilise un vieux dicton de Mackenzie King: “La confrontation si nécessaire, mais pas nécessairement la confrontation".Bill Johnson, c’est le contraire.Aussi vite que possible aux barricades!» Le professeur compte aussi se servir de la justice pour défendre les droits des anglophones.Mais pas à la manière Johnson qui, dit-il, fait tout pour hérisser le gouvernement.«Au lieu d’embaucher un avocat anglophone pour présenter nos cas, il a embauché l’un des avocats de la province le plus susceptible d'enrager le gouvernement!» fi Radio A.M/FM avec lecteur Cl) fit Groupe électrique fi Régulateur de vitesse fi Puissant moteur VTF.C J Système d'entrée sans clef •fl) eux coussins gonflables (SRS) ^Climatiseur et tellement plus.\i la nouvelle Acura 3.2111999 288 $/mois Acura les concessionnaires fiables ® ACURA PLUS GALERIES ACURA ACURA DE LAVAL ACURA GABRIEL LUCIANI ACURA ACURA BROSSARD 255, boul.de la Seigneurie 7100, boul.Métropolitain Est 2500, boul.Chomedey 4648, boul.Saint-Jean 4040, rue Jean-Talon Ouest 9100, boul.Taschereau Blain ville Anjou Laval Dollard-des-Ormeaux Montréal Brassard •Offre, de ItM ation-huil d'une durée limitée, par l’rnlrrmi** de Honda I anada I Inain < lm s \ ! .tarifa mcii.uel.de lucalion-hnil d'une durée de 48 mol», établi* |*«>tir le.Nuira l.hl I (modèle M11414\, et Integra modèle IM 4.'I4\) l'W».total de.paiement.13824 S/11744 > pour la l.fd I el I I 824 S (mur l’Inlrgru I n acompte de I74HS/HS pour la l.fd I et de 2»*«»1 S pour I Integra, un dépôt de .eeurilé et un premier ver.emenl «ont rr«|tii- I e.modèle, offert* peuvent différer de I illu*(ration.Mbo alion de 24 7 |; | p | M ,\ \ 1 || K ¦> s K K V U I K It I !l !) !) M 0 N I) NIGERIA Quand le pouvoir passe au Sud Le Nord a donné ses dictateurs au pays, mais la région n'en a pas profité Après plusieurs tentatives malheureuses de démocratisation, les Nigérians votent aujourd’hui pour choisir leur président, trois mois avant l’instauration d’un régime civil et au terme de 15 ans de pouvoir militaire.Le favori de ce scrutin consacrant le retour de la toute-puissante armée dans les casernes est, paradoxalement, un général à la retraite de 61 ans originaire du Sud.L’ex-général Olusegun Oba-sanjo eût son heure de gloire en 1979 en étant le premier (et seul à ce jour) militaire à restituer le pouvoir aux civils pour le bref épisode Shehu Shagari (1979-93).Il s’est aussi refait une virginité politique lors de la dictature du général Sani Abacha, qui l’a emprisonné pour complot en 1995.Olu Falae, son adversaire qui lui aussi vient du Sud, est un ancien ministre des Finances dont le nom est fâcheusement lié dans l’esprit de ses concitoyens aux douloureux programmes d’ajustement structurel entrepris dans les années 80 avec la bénédiction du FMI.L’élection est le couronnement d’un laborieux processus de démocratisation lancé il y a sept mois par le général-président Abdusalami Abubakar, qui a succédé en juin 1998 à Aba- de Kano, le Nigeria va élire, samedi 27 cha, décédé de mort naturelle.LE MONDE Kaduna — A quarante kilomètres de Kaduna, la métropole économique du nord du Nigeria, Kw;uian Farakwai est un gros village peuplé d’Haoussas et de Peuls.Depuis plus de quinze ans, les généraux qui dirigent le Nigeria sont issus de l’une ou l’autre de ces ethnies, des peuples islamisés qui ont fondé les premières grandes villes d’Afrique de l’Ouest.C’est un lieu commun de la vie politique africaine: le Nord gouverne le Nigeria.«Si le Nord a le monopole du pouvoir, pourquoi reste-t-il la région la moins développée du pays ?», demande Festus Okoye, avocat, défenseur des droits de l’homme, qui exerce à Kaduna.A voir les ruelles boueuses, la misérable école et les maisons en banco, on comprend sa question, la population de Kwanan Farakwai vient de faire l’expérience de cette marginalisation.Le 17 janvier, un incendie s’est communiqué des câbles à haute tension qui passent au-dessus du village jusqu’au réseau local.Treize personnes sont mortes électrocutées, une cinquantaine ont été plus ou moins grièvement brûlées.Ce fait divers s’est prolongé «à la nigériane»: la Nigerian Electrical Power Authority, la compagnie d’électricité, a attendu plus d'un mois pour prendre en charge l'hospitalisation des blessés, qu’il a fallu emmener jusqu’à Kaduna.D* village, malgré ses 30 (XH) habitants, n’a pas de docteur.Les secours sont venus des politiques.Après la mort du dernier dictateur, le général Sani Abacha, originaire février, son premier président civil depuis 1983.Avant quo le processus de nomination se soit terminé, les candidats à la candidature se sont succédé dans le village, faisant assaut de charité publique en faveur des victimes.Des hommes politiques de la région sont venus, mais aussi Olusegun Oba-sanjo, un Yorouba — donc un homme du Sud —, ancien président (le seul, parmi les militaires qui se sont succédé à la tête du Nigeria, à avoir remis le pouvoir aux civils, en octobre 1979), et grand favori du scrutin.Au Nord, tout le monde en est conscient: sauf réaction de dernière minute des «durs» de l’année, le Nigeria va se donner un président sudiste.On appelle ça le «power shift», le glissement du pouvoir, qui devrait satisfaire la très ancienne revendication du Sud, dont les ressortissants contrôlent l’essentiel de l’activité économique et des médias, mais qui ont été tenus à l’écart du pouvoir — la dernière fois en 1993, lors de l’élection annulée du milliardaire yorouba Moshood Abiola.Les jeunes intellectuels nordistes refusent d’assumer l’héritage de ces dictatures militaires successives qui n’ont profité qu’à «un petit groupe d’officiers supérieurs et de bureaucrates de haut niveau», assure Yakubu Alyu, rédacteur en chef du quotidien régional New Nigerian.Mais dans le reste du pays, et à l’étranger, cette élite politico-militaire est identifiée à ce Nord musulman, où le haoussa est la lingua franca.Pénurie de carburant Pourtant, la pauvreté de la région saute aux yeux.Loin des champs pé- troliers de la côte, le Nord subit plus rudement encore que le reste du Nigeria la terrible pénurie de carburant qui fait tourner l’économie au ralenti.En attendant que la firme française Total ait fini de réhabiliter la raffinerie de Kaduna, ravagée par l’impéritie et la corruption de la Nigerian National Petroleum Company, l’essence vaut, au marché noir, une fois et demie plus cher qu’à Lagos.La manne pétrolière n’a servi qu’à tracer des routes permettant aux limousines allemandes de l’élite politico-militaire de circuler à toute allure.L’équipement en écoles, les structures sanitaires restent insuffisants.Dans les années 70, le mirage pétrolier a ravagé l’agriculture.Attirés par les salaires exorbitants du secteur public, les paysans ont délaissé les champs de coton ou d’arachide.Alors que le reste du Sahel vient de profiter d’un lustre de boom cotonnier, le Nigeria ne produit même pas assez de fibres pour fournir ses usines.Urgence Ce retard économique a plusieurs causes.Les sociétés nordistes, peule ou haoussa, sont très hiérarchisée, et les forces conservatrices y sont plus vigoureuses qu’ailleurs.Beko Ranso-me Kuti, vétéran yorouba de la lutte pour les droits de l’homme, l’affirme: «On ne peut rien pour ces gens, ils ne veulent pas se défendre.» Ce mépris de l'intelligentsia sudiste hérisse la jeune génération du Nord qui aime à rappeler que, lors du dernier épisode démocratique qu’ait connu le pays, Kano et Kaduna ont élu des gouverneurs gauchisants, dont l’intégrité était reconnue par tous.Les dernières élections locales ont d’ailleurs déjoué les pronostics.Le parti que l’on estimait le plus proche des militaires, l’Ail People’s Party (APP) a été largement devancé par la formation du général Obasan-jo, plus proche de l’opposition au régime militaire.Bien sûr, certains notables ne se résignent pas de gaieté de cœur à voir un Sudiste accéder à la magistrature suprême.Al Hadj Okene, qui préside le Forum des anciens du Nord, défend le bilan du régime Abacha et exprime ses craintes sur l’instabilité chronique du Sud.Mais d’autres, comme Yakubu Aiyu, espèrent que l’éloignement des élites nordistes du pouvoir permettra à la région de «mieux négocier son développement».Une urgence dans une région où l’existence de poches de richesse extrême, au milieu d’une pauvreté extrême, favorise le développement de la contestation islamiste.SOP-OP i |p j$i(tronique Êtes-vous prêts pour le numérique ?TO S H 1 B A :l.S • *• ¦> *.^ rC-é®* Chez Son-Or, Filtronique nous sommes prêts.Nous pouvons déjà vous offrir un très grand choix de téléviseurs et de projecteurs Cinéma-maison, compatibles avec les technologies numériques.Ne faites pas l'erreur de vous procurer 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scolaire survenu sur l’île de Montréal, il y a un an, la ministre Pauline Marois a eu la curieuse idée d’appliquer la même règle de partage des écoles que partout ailleurs au Québec.Ainsi, les écoles françaises du secteur protestant ont échu à la nouvelle commission scolaire francophone (CSDM), alors que les écoles anglaises du secteur catholique (CECM) ont été cédées à la commission scolaire anglophone (CSEM).Pourtant, la ministre savait qu’agissant de la sorte, les francophones seraient confrontés à un déficit d’espace.A l’inverse, les écoles anglaises moins fréquentées depuis la loi 101 se retrouveraient avec des centaines de places en trop.L’ancienne direction de la CECM présidée par Michel Pallascio aurait pu corriger cette situation avant la restructuration, ce quelle s’était refusée à faire parce que le parti de M.Pallascio tirait de forts appuis du secteur anglophone de la commission scolaire catholique.Au moment de la restructuration sur une base linguistique, les anglophones ont donc pris possession des écoles anglaises de la CECM dont un certain nombre étaient sous-utililisées et en très bon état, alors que la commission scolaire francophone (CSDM) dut se contenter des écoles francophones protestantes dont plusieurs étaient surpeuplées et dans un piètre état.Cetportrait peut sembler caricatural: il ne l’est malheureusement pas.D’ailleurs, l’actuel président de la Commission scolaire English-Montréal (CSEM), George Vathilakis, a reconnu que l'imbroglio aurait pu être évité si l’ancienne direction de la CECM ne s’était pas refusée à «restructurer le secteur anglophone comme il se devait parce que c’était trop délicat.Nous avons conséquemment hérité de plusieurs écoles anglophones à moitié pleines [.].» La ministre Marois a même dû consentir une subvention spéciale de 18 millions à la CSDM pour la réparation de plusieurs immeubles fréquentés par des élèves francophones et provenant de l’ancienne commission scolaire protestante.Aujourd’hui, la direction de la CSEM refuse de rétrocéder les immeubles sous-utilisés.Québec aurait pu éviter le problème en appliquant à l’île de Montréal des critères de redistribution différents du reste de la province, mais la ministre Marois a plutôt choisi de reporter l’opération après la restructuration, sans doute pour ne pas froisser la minorité anglophone.Depuis son arrivée à la tête de la CSDM, le parti du MEMO a revendiqué sept, puis neuf écoles appartenant à la CSEM.Dans tous les cas, prétend la CSDM, une autre école anglophone sous-utilisée existe à proximité qui pourrait accueillir les élèves déplacés.Un inconvénient qui est certainement moins grave que celui auquel font face les 600 élèves du secteur francophone qui sont transportés tous les matins d’un bout à l’autre de la ville faute de places disponibles dans leur quartier.Il y a deux ans, dans des conditions similaires, la ministre Marois avait fait adopter une loi spéciale forçant la cession de l’école Coronation aux francophones.Cette fois, le ministre de l’Éducation, François Legault, refuse d’agir de la même façon et évoque même l’idée d’une compensation financière.Mais qui donc a payé pour ces écoles?La construction des immeubles étant la responsabilité de la province et non des commissions scolaires, les écoles appartiennent à la collectivité et non à l’une ou l’autre communauté.Certains accusent les dirigeants de la CSDM de manquer de tact.C’est vrai: l’inexpérience et les déchirements idéologiques internes au MEMO expliquent cela.De là à soutenir l’idée de payer deux fois pour des écoles qui appartiennent à tous, il n’en est pas question! Faute d’une entente à l’amiable bien improbable entre les élus des deux commissions scolaires, c’est au ministre de l’Éducation qu’il revient de trouver une solution.Les petits francophones et les enfants des Néo-Québécois en phase d’intégration ont eux aussi droit à une place dans une école de leur quartier.jrsansfacon@ledevoir.ca La haine vous sourit Lli===^=i| e cœur crie spontanément qu’il faut faire disparaître de la surface de la Terre cet immonde John King pour le meurtre raciste de James Byrd.Et la conscience a du mal à lui résister.La description du lynchage étalée cette semaine dans les journaux était insupportable.La mort pour un homme dont la hai-L==! ne parait aussi indéracinable, on l’appelle presque d’instinct, n)ême si on ne partage pas le goût texan pour la peine capitale.Jeudi, c’est en souriant que le jeune homme de 24 ans a quitté le tribunal de Jasr pér, dans l’est du Texas, suivant sa condamnation à mort par un jury composé de 11 Blancs et un Noir.Les jurés disent ne l’avoir vu donner qu’un seul petit signe d’humanité pendant le procès: c’est après avoir vu son père implorer la cour de laisser à son fils la vie sauve.Se pourrait-il, après tout, que John King fût humain?Les jurés ont décidé qu’il était inhumain au point de constituer une menace grave pour la société même derrière les barreaux.Qu’ils n’avaient d’autre choix que d’ordonner sa mort.Ils ont enterré l’idée qu’il puisse être réhabilité.Ce faisant, ils cèdent devant l’apparente inévitabilité du sentiment raciste.Et ils le nourrissent.L/‘ lynchage est apparu aux États-Unis à la fin du XIX' siècle.Il était une méthode d’intimidation extrême des Noirs libérés de l’esclavage qui tentaient d’exercer leurs droits.Entre 1880 et 1930, ont été lynchées 4000 personnes.En 1892 se produisait en nioyenne un lynchage presque tous les deux jours.Des Noirs qui, dans bien des cas, étaient des hommes et des femmes d’influence qui osaient tenir tête à l’establishment blanc.Ils étaient brûlés, torturés, mutilés ou traînés sur des routes, comme M.Byrd.Aussi, l’unique consolation dans ce procès de Jasper est qu’un village et un pays qui, il y a moins d’un siècle, auraient trouvé cette mort anodine, en sont aujourd’hui dégoûtés.L’erreur, c’est évidemment de croire que l’horreur du crime et l’impé-nitence souriante du coupable excusent, exigent même la peine de mort.Moralement, un comportement barbare n’en justifie pas un autre.Concrètement, l’argument dissuasif de la peine de mort ne tient pas.L’Amérique n’a fait ici que soulager sur un extrémiste sa mauvaise conscience.Elle n’a pas fait le procès du racisme, elle n’a fait que le procès d’un taré.Ainsi, la mort imposée à King ne fera pas reculer ce racisme.Sa condamnation risque seulement de le déifier auprès des racistes qui partagent ses haines.La mort est pour les causes extrémistes un terreau plus fertile que l’isolement d’une cellule.Li célérité — à peine trois heures — avec laquelle les jurés ont rendu leur décision montre à quel point ils étaient pressés de fermer les yeux.L’Amérique fait aujourd’hui emprunter à sa conscience horrifiée les couloirs de la mort.Et refuse d’admettre qu’en John King il y a le miroir de ses échecs.buy Tuillefer ?Jean-Robert Sansfaçon ?LE FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur et rédacteur en chef BERNARD DESCOTEAUX Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE CAYOUETTE, PIERRE BEAULIEU, NORMAND THÉRIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ Î€AM ÇoWo%l SA LA cmi mtcTfuS.if ib m-mt Chantage et soins médicaux Alors que les urgences débordent, que des patients croupissent sur des civières d’hôpitaux, que des personnes âgées sont mal orientées, que les CLSC sont mal équipés et sous-utilisés, que des jeunes patients meurent dans la tourmente par erreur de diagnostic, que la population entière est prise en otage et que l'état des soins de santé vit un désordre sans précédent, rares sont les voix actuellement qui s’élèvent et remettent en question la qualité des soins médicaux.Seul le docteur Lamontagne, président du Collège des médecins du Québec, a eu récemment le courage de rappeler publiquement les médecins à leurs devoirs élémentaires de services aux malades.On a plus entendu parler sur la place publique de conditions de travail, de tarifs et de déplafonnement que d’appel à la compétence, à la compassion et au dévouement.L'an dernier, il y a eu une crise du verglas qui a dévoilé le piètre état de notre réseau de l’électricité; cette année, il y a la crise des urgences qui, aussi, dévoile le piètre état de notre réseau de distribution des soins de santé ainsi qu’un malaise beaucoup plus profond.La santé de la population n’est pas un bien de consommation ordinaire comme l’est l’électricité (encore que celle-ci soit devenue essentielle) mais un bien universel sacré qui exige un respect et une dignité qui transcendent la moralité de bon nombre de nos praticiens.Paul Massicotte, m.d.Montréal, 24 février 1999 Une atteinte aux droits du peuple cubain Le quotidien Le Devoir a publié dans son édition du 22 février des articles au sujet d’une loi dite «loi Titanic», votée par le Parlement cubain dans un but ostentatoire de «projection de l’indépendance nationale et de l’économie de Cuba».Cette loi n’a d’autre objectif que de condamner à des peines de prison toute personne reconnue coupable «de diffusion LETTRES -?- d'informations subversives», des journalistes indépendants ou tout dissident à l’égard du régime communiste cubain.Le quotidien publie l’article du journaliste et poète Raül Rivero qui montre que ladite loi n’aura d’autre effet que de le condamner sous prétexte qu'il a décidé «d’écrire sans autorisation».C’est-à-dire écrire indépendamment de la «presse officielle» et de ses «obscurs fonctionnaires» auxquels il attribue le harcèlement contre «un petit groupe de journalistes qui travaillent à Cuba» qu’on veut faire passer pour des «alliés des narcotrafiquants, des proxénètes et des mercenaires à la solde des Etats-Unis».Tout cela est une atteinte grave à la liberté d’expression, un principe soutenu haut et fort par les Nations unies dont la Commission des droits de l’homme devant se réunir prochainement à Genève devrait condamner la pratique par le régime cubain.Pour ces raisons, le Comité des écrivains en prison du Centre québécois du PE.international prie le ministère des Affaires étrangères du Canada d’entreprendre des démarches afin que soient répudiées ces mesures législatives iniques qui empoisonnent la vie du peuple cubain et constituent une atteinte à ses droits fondamentaux et à l’exercice de la démocratie.Roger Paul Gilbert Vice-président et président du Comité des écrivains en prison Centre québécois du PEN international Montréal, 24 février 1999 Les cadres s’inquiètent Les cadres du Québec se réjouissent de l’annonce par la nouvelle ministre du Travail, Diane Lemieux, de sa volonté d’entreprendre une réforme des lois du travail.Mais en même temps, ils craignent d’être laissés pour compte dans cette réforme.A l’instar des autres centrales syndicales et du patronat, la Confédération des cadres du Québec (CNCQ) reconnaît volontiers qu’une cure de rajeunissement s’impose dans la législation du travail, qu’il s’agisse de la protection des travailleurs autonomes, de la définition d’employeur, de la sous-trai- tance ou de l’article 45 du Code du travail.Plusieurs difficultés existent en effet dans l’application des lois actuelles.En ce qui concerne les cadres, rappelle la CNCQ, leur situation est sans ambiguïté, mais tout ce qu’il y a de moins enviable: à l'heure actuelle, les salariés de l’encadrement sont tout simplement exclus du Code du travail, de même que des mécanismes de concertation tels que le Conseil consultatif du travail et de la main-d’œuvre où se rencontrent grands patrons et centrales syndicales.Comme on le sait, le Code québécois du travail protège les employés non cadres lorsqu’ils décident d’exercer leur droit de s’associer et de former un syndicat.De la même manière, le Code du travail leur garantit le droit à la négociation collective de leurs conditions de travail.Par contre, dans le cas des employés cadres, ceux-ci ne bénéficient ni de près ni de loin de ces protections.De trop nombreux cadres ont payé cher leur tentative de s’associer avec d'autres cadres pour discuter conditions de travail avec le grand patron! Cette exclusion des cadres est d’autant plus singulière qu’en application des conventions internationales de l'OIT, la plupart des partenaires commerciaux du Québec et du Canada reconnaissent dans leur législation nationale les mêmes droits du travail à toutes les catégories de personnel, qu’ils soient cadres ou non.A l’heure de la mondialisation, il serait étonnant que s’ils le réalisaient, les autres pays permettent au Québec et au Canada de continuer de bénéficier de l’avantage indu que leur confèrent des lois du travail qui continueraient d’exclure les centaines de milliers d’employés que sont les cadres.In CNCQ souhaite donc rencontrer à son tour la ministre du Travail pour lui demander d'inscrire dans la réforme qu’elle projette le droit des cadres québécois à s’associer librement et à négocier collectivement leurs conditions de travail.Robert Savard Directeur général de l'Association des cadres supérieurs Montréal, février 1999 REVU E DE P R.E S S E -+- Tous unis contre l’Alternative ?ANTOINE ROBITAILLE La nouvelle force de droite qui a émergé la fin de semaine dernière à Ottawa a-t-elle uni tous les commentateurs et édtorialistes du ROC (Rest of Canada)?Sur certains plans, oui.Comme l’écrivait encore hier le Vancouver Sun, tous conviennent qu’«i7 y a une nécessité de forger une nouvelle force de centre-droit au Canada».Mais la réalité du congrès de l’Alternative unie n’a pas fait l’unanimité, loin de là.«Le vieux Reform dans une nouvelle bouteille?Ça ne se vendra pas facilement», écrivait Jeffrey Simpson lundi.L’Alternative unie, manœuvre vulgaire, mutation maquillée du Reform?Le National Post insistait lundi pour dire qu’il s’était réellement passé quelque chose à Ottawa.«Toutes choses considérées, ce fut un succès.» Certes, notait le Post, nombre d’importants conservateurs ont refusé de participer à la rencontre: le chef Joe Clark, mais aussi les premiers ministres provinciaux Harris et Filmon.Et «il y avait peu de participants du Québec».Quant au fond, le Post concède aussi que les principes au cœur des débats des délégués «étaient souvent flous.Mais, toutes ces remarques passent à côté de l’essentiel.Étant donné les rivalités farouches entre le Reform et les conservateurs dans les dernières années, rivalités qui ont permis aux libéraux de se maintenir au pouvoir de façon effrontée, il est déjà très impressionnant que la conférence ait débouché sur quelque chose.» Mais quoi, exactement?Quelle forme prendra le nouveau parti?Pour quel type de participation les conservateurs opteront-ils étant donné la fin de non-recevoir de leur chef?Le Post ne s’en fait pas trop.«Ijes réponses viendront en temps opportun.En attendant, la conférence de TAU représente la première occasion depuis plus de dix ans où un nombre impressionnant de conservateurs et de réformistes se sont réunis en s'entendant sur quelques sujets.C'est un pas de géant pour le mouvement conservateur au Canada.» Le lendemain, comme en écho dans le Globe and Mail, Gordon Gibson affirmait aussi qu’««« événement extrêmement important [avait! eu lieu à Ottawa», ajoutant qu’«i7 n’y avait pas lieu plus symbolique pour la naissance d’un nouveau parti national».D’abord et avant tout, «ce fut un succès technique», note-t-il en saluant «l’autodiscipline des participants».Assez surprenant, explique-t-il, «compte tenu du fait que 60 % d'entre eux étaient des réformistes, dont les congrès, il y a cinq ans, étaient remplis de cow-boys du dimanche, chacun attaché à sa propre solution».Or à Ottawa, selon Gibson, «les participants ont gardé le cap sur l’essentiel: faire ressortir les zones d'entente et non de différends».Par exemple, «ils se sont abstenus de traiter des liens avec la monarchie, du Sénat triple-E ou d'une déclaration unilatérale d'indépendance du Québec».Un des sujets abordés, explique Gibson, les limites du rôle de l’État, «aurait été impossible dans un congrès libéral, où toute idée de borne à ce pouvoir est considérée comme ridicule».Les Québécois Rodrigue Biron et Jean Allaire, se réjouissait Gibs été reçus comme des stars.«Bref, conclu Canadiens auront sans doute très bientôt un réel choix de gouvernement.» Mais l’AU a-t-elle vraiment un avenir?Jeffrey Simpson, du Globe and Mail, en doute fort.Se présenter comme une «alternative», selon lui, peut être un piège.«L’histoire se répète parfois», écrit Simpson, et la décision de l’AU de se présenter ainsi lui rappelle que «la Co-operative Commonwealth Federation a choisi, à son congrès de 1961, après plusieurs décennies de résultats électoraux médiocres, de se muer en Nouveau Parti démocratique.La CCF était emprisonnée dans les labyrinthes de l’opposition — où le N DP se trouve toujours — et a senti qu 'elle ne pouvait s'en sortir qu ’en se donnant un nouveau nom, une nouvelle structure et un nouveau leader.» Catherine Ford, du Calgary Herald, fut sans doute la plus virulente anti-AU.I/' projet d’union de la droite ne mène nulle part et «était condamné avant même le début du congrès.Les espoirs, les souhaits et les prières ne peuvent détruire les acquis de l’évolution sociale.Nous ne retournerons jamais.à la cuisine, aux clubs sélects, et ne réinstaurerons pas la discrimination raciale.Un parti politique fondé sur ce que tant d’entre nous considèrent comme des hérésies, ne convaincra jamais une majorité de Canadiens.» Le chroniqueur Brian Flemming, du Daily News de Halifax, prédit que «c’est tous ensemble que vont s'effondrer» les membres de l’AU.Flemming s’imagine les maux de tête que créeront «les processus de sélection des candidats dans les circonscriptions ontariennes».Bref, l’AU, «c'est une idée impraticable et une politique bancale.On n ’a pas forcément à être stupide pour être réformiste, mais, après ce que j'ai VU au congrès de TAU, je me dis que ça ne semble pas nuire.» 86 EE I.K I) K V 0 I I! .I.K S S A M K I) I K T I) I M A X < Il K 2 8 F K V H I E H I il il il A II r : IDEES Paiements de transfert en matière de santé et de programmes sociaux Une large et juste part au Québec PAUL MARTIN Ministre des Finances du Canada epuis quelques jours, le gouvernement du Québec clame qu’il ne reçoit pas du gouvernement du Canada sa juste part des transferts en matière de santé et de programmes sociaux.C’est on ne peut plus faux, comme l’ont bien souligné mes collègues du gouvernement du Canada et de nombreux observateurs.La réalité, c’est que le Québec reçoit une large part — et une juste part — du total des transferts que le gouvernement canadien octroie aux provinces sous le régime actuel, et que cette situation va continuer, car elle est voulue au sein de la fédération canadienne.Dans son budget de 1999, le gouvernement du Canada majore les sommes que les provinces et les territoires recevront au cours des cinq prochaines années de 11,5 milliards de dollars, expressément pour les soins de santé.Il s’agit du plus important investissement ponctuel jamais effectué par le gouvernement actuel.En plus, dans le cadre de la péréquation, on a vu croître de façon significative les transferts additionnels qui sont destinés exclusivement aux provinces moins bien nanties.On s’attend d’ailleurs à une expansion continue à ce chapitre pour les cinq années à venir.Ainsi, de la somme additionnelle totale prévue pour la santé et la péréquation, le Québec recevra, d’ici 2003-04, un montant supplémentaire de plus de 7,3 milliards de dollars, soit 34 % du total canadien, ce qui est beaucoup plus que le 24 % de la population canadienne que représente le Québec.Transferts aux provinces Je tiens à expliquer plus en détail la façon dont les transferts fédéraux aux provinces fonctionnent, ainsi que les améliorations que le budget de 1999 y a apportées.Cette clarification est nécessaire car, dans ses récriminations, le gouvernement du Québec omet délibérément de tenir compte du fait que les transferts aux provinces comprennent deux volets qui vont de pair: ¦ Ix> Transfert canadien en matière de santé et de pro-grammes sociaux (TCSPS) fournit une aide financière aux provinces et aux territoires pour la santé, l’enseignement postsecondaire et d’autres importants services sociaux.Chaque Canadien, où qu’il vive, est en droit de recevoir un traitement égal en vertu de ce programme.Ix gouvernement du Québec s’en prend à ce principe de soutien uniforme.¦ la péréquation augmente les ressources mises à la disposition des sept provinces moins prospères, dont le Québec, pour ces mêmes services ainsi que d’autres.Elle aide à assurer des services publics, d’une qualité comparable, partout au pays.Le gouvernement du Québec persiste soit a faire semblant de ne pas percevoir ce programme, soit à le dénigrer.Le Transfert canadien Aujourd’hui, les Québécoises et Québécois reçoivent 939 $ chacun du TCSPS, tandis qu’à Terre-Neuve, les résidants reçoivent 919 $ et en Ontario, 830 $.Ces transferts vont augmenter pour tous les Canadiens, d’un montant variable, de façon à ce qu’en 2001-02, les résidants de chaque province reçoivent 960 $.Dans les années suivantes, ces transferts, dans chaque province, vont continuer à augmenter d’un montant uniforme par habitant.Ix gouvernement du Québec critique l’augmentation plus substantielle pour les résidants de l’Ontario, mais il se garde bien de reconnaître qu’on met fin à une injustice envers l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique, qui persiste depuis 1990.Pour mieux comprendre les disparités entre les montants par habitant que reçoivent aujourd’hui les provinces, il faut en faire un peu l’historique.En 1990, par mesure d’austérité, le gouvernement fédéral de l’époque a imposé un plafond, seulement aux trois provinces les plus prospères, sur un des transferts.Ce plafond a ainsi limité les dépenses du gouvernement fédéral en matière de programmes sociaux pour chaque résidant de ces provinces — l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique.En contrepartie, les résidants des sept autres provinces, dont le Québec, ont continué de recevoir un soutien financier croissant pour les programmes sociaux.Ix budget de 1996 a amorcé la transition vers un traite- Lx ministre des Finances du Canada, Paul Martin.ment uniforme par habitant, dans le cadre du TCSPS, pour chaque Canadien et chaque Canadienne.L’objectif premier était de supprimer les disparités arbitraires.Tel qu’indiqué précédemment, les résidants du Québec reçoivent du TCSPS 939 $ chacun, tandis que le résidant de Terre-Neuve touche seulement 919 $.Terre-Neuve est-elle plus riche que le Québec?Il fallait corriger de telles anomalies.Mais la transition devait se faire graduellement, car en période de réduction du déficit, un retour subit à une formule de financement égal par habitant se serait avéré difficile à digérer pour les provinces comme le Québec.Toutefois, grâce à l’enrichissement substantiel du TCSPS dans le budget de 1999, le gouvernement fédéral a pu annoncer un retour plus rapide au financement équivalent pour chaque Canadien.Selon cette formule, les résidants du Québec continueront de recevoir, pour deux ans encore, un montant supérieur à celui reçu par les résidants de toute autre province.Ensuite, ils recevront exactement le même montant que les autres Canadiens.Ce transfert égal par habitant se compose de transferts en espèces et en points d’impôt 11 est intéressant de noter qu’au Québec, le transfert en points d’impôt par habitant est et demeurera, pour ce qui est prévisible, d’une valeur moindre qu’en Ontario.Alors, puisque le transfert combiné sera éventuellement le même dans chaque province, le Québec continuera de recevoir un transfert en argent comptant qui est supérieur à celui de l’Ontario — 500 $ par habitant en 2001-02, comparé à 447 $ en Ontario.Le Québec recevra, d’ici 2003-04, un montant supplémentaire de 7,3 milliards, soit 34 % du total canadien, ce qui est beaucoup plus que le 24 % de la population que représente la province La péréquation Sept provinces bénéficient de la péréquation: Terre-Neuve, i’île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, le Québec, le Manitoba et la Saskatchewan.Trois provinces ne reçoivent pas de paiements de péréquation: l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique.Or le gouvernement du Québec refuse de reconnaître que des hausses marquées de transferts de péréquation s’ajouteront aux ressources mises à la disposition des provinces moins prospères, dont le Québec, pour les services JACQUES GRENIER LE DEVOIR publics, y compris les soins de santé.À ce titre, le gouvernement du Québec s’attendait à recevoir 3,95 milliards de dollars pour l’exercice 1998-99.On prévoit aujourd’hui qu’il recevra 5,4 milliards de dollars.C’est donc un chèque supplémentaire — et imprévu — de 1,4 milliard de dollars qui sera versé avant la fin du mois de mars à la province de Québec.Comparativement au niveau prévu pour 1998-99, il est prévu que les paiements de péréquation pour le Québec fournissent 4,8 milliards de dollars additionnels au cours des cinq prochaines années.Ces 4,8 milliards de dollars incluent des montants additionnels dus à des améliorations techniques apportées au programme.Le Québec recevrait 78 % de la valeur de ces améliorations.Ainsi, si l’on combine le TCSPS et la péréquation, le Québec devrait voir ses transferts grimper de 5,9 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années.Ceci s’ajoute au versement inattendu de 1,4 milliard de dollars en paiements de péréquation cette année.Soulignons ici à nouveau qu’en additionnant ces deux derniers montants, le résultat de plus de 7,3 milliards de dollars représente 34 % de l’augmentation globale prévue pour toutes les provinces.Je sais que le gouvernement du Québec n’aime pas qu’on additionne le TCSPS et la péréquation, car il semble préférer prétendre que la péréquation n’est pas une affaire sérieuse ou, pire, que ce n’est que de l’aide sociale.C’est honteux de tenir de tels propos.La péréquation est un programme dont nous pouvons être fiers, car il reflète le sentiment de solidarité que nous ressentons tous à l’égard des Canadiens des provinces moins prospères.C’est un des piliers du fédéralisme juste et équitable qui est en vigueur au Canada.Le gouvernement du Québec, comme les gouvernements de toute autre province, a accès à d’importantes ressources dans le cadre du TCSPS.Le gouvernement fédéral sait qu’elles seront mises à la disposition des résidants du Québec pour améliorer leurs soins de santé.Et le Québec peut également s’appuyer sur la péréquation pour en faire davantage.Un peu de réalisme Comment peut-on exiger des services normaux pour des patients qui ne le sont pas?LUC KO BILLARD Forent d'un patient hospitalise à Rivièrc-dcs-Frairies J e trouve que les paroles du curateur public, Pierre Gabriele, telles que rapportées récemment par les médias, manquent singulièrement de réalisme.Comment peut-on exiger des services normaux pour des personnes qui ne le sont pas?En outre, M.Gabriele parle d’une utilisation abusive des médicaments et des contentions.Mais qu’a-t-il donc à proposer comme solution de remplacement quand un patient, comme bon nombre de ceux qu’héberge l’hôpital Rivière-des-Prairies, devient anxieux, angoissé au point de perdre tout contrôle, de lancer des objets qui menacent les autres, de se mutiler jus- qu’à en avoir le visage ensanglanté, d’être couvert d’ecchymoses pour s’être élancé contre un mur qu’il a défoncé?Et, croyez-moi, le traumatisme de ce patient n’est pas causé par l’hôpital Rivière-des-Prairies puisqu’il se manifeste de la même façon, peu importe l’endroit, que ce soit dans la maison de ses parents ou dans une colonie de vacances.Non, ce traumatisme vient de l’intérieur de son être.Je le sais pour être le parent d’un handicapé mental que je vais visiter régulièrement à Rivière-des-Prairies.J’ai par le fait même l’occasion d’observer beaucoupd’au-tres patients et je sais donc à quoi la vie ressemble à cet endroit.La chimie extérieure qu’on apporte à ces malades est là pour compenser les déficiences intérieures, souvent d’ordre physiologique.L’hôpital Rivière-des-Prairies n’est pas le seul endroit traumatisant Nul doute que les lieux de misère humaine comme Rivière-des-Prairies sont traumatisants pour celui qui en est à ses premières visites.Ce n’est pas le seul endroit traumatisant.Il faut aussi visiter une famille aux prises avec de ces handicapés graves comme ceux qu’héberge Rivière-des-Prairies pour constater quel enfer est vécu et par l’enfant à problème et par soq entourage.A propos des foyers d’accueil comme solution de remplacement, la réflexion suivante s'impose.Si l’amour des parents ne suffit plus et que ces derniers finissent par admettre leur impuissance, comment peut-on espérer que des foyers d’accueil puissent fournir une relève adéquate?Par dévouement pur et simple?Au fait, quelle somme d’argent prévoit-on leur verser par enfant?Je lis à la une d’un quotidien du jeudi 18 février 1999 que «Rivière-des-Prairies est devenu un véritable asile».Je le crois, mais peut-être pas au sens que l’auteur de ce titre a voulu donner au mot «asile».Oui, Rivière-des-Prai-ries est un véritable refuge, une oasis pour ces malades qui ont besoin detre encadrés dans leurs faits et gestes pour être sécurisés, qui nécessitent des soins particuliers.C’est en même temps une bouée de sauvetage pour les parents.On a aussi parlé de Rivière-des-Prairies comme d’une prison.Il est vrai que les malades qui s’y trouvent sont en quelque sorte des prisonniers.Mais leur prison n’est toutefois pas l’institution.Elle provient d’eux-mêmes, de leur incapacité à communiquer ou, en tout cas, de leurs grandes limitations dans les échanges qu’ils finissent par avoir avec eux, malades ou éducateurs, qui les entourent Rivière-des-Prairies abrite en ses murs une triste réalité de la condition Cet hôpital est une bouée de sauvetage pour les parents humaine, tout comme les hospices ou leurs équivalents pour vieillards ou les hôpitaux pour malades «physiques».Être homme, c’est être lucide, ne pas nier cette réalité mais l’accepter et en fin de compte, se mettre à la tâche et l’assumer avec réalisme.En terminant, j’espère, comme beaucoup d’autres parents, que ce rapport grandement médiatisé du Curateur public n’est pas le fruit d’une intention cachée de la part d’un gouvernement dortt le premier souci semble être celui d’atteindre par tous les moyens possibles l’équilibre budgétaire.De toute façon, une société qui s’offre le luxe d’un stade de plus de deux milliards, dix fois plus que le coût normal, a sûrement les moyens de maintenir en opération ces refuges pour les plus démunis que sont les hôpitaux psychiatriques.ÉDITION Il y a 25 ans naissait Le Jour YVES MICHAUD Notes d'une allocution prononcée à .• l’occasion du 25' anniversaire de * '.fondation du Jour 1 y a 25 ans, le 28 février 1974/ paraissait le premier exemplaire du Jour, seul quotidien dans > l’histoire de l’Amérique du Nord voué à l’indépendance d’un peuple et à l’avènement de la démocratie sociale.Parmi les premiers de cordée de cette belle aventure, quatre des' nôtres manquent à l’appel: René Lévesque, Alain Pontaut, Jacques Guay, et Pierre Vallières, partis dans les pays des silences éternels.Nous fûmes en quelque sorte, dans, la patience et les difficultés de près d’un millier de jours recommencés, les fantassins d’une espérance et des crieurs de rêve pour la deuxième civilisation de langue française du monde.C’est à la fois peu et beaucoup.Un" quart de siècle a passé et les fruits n’ont pas encore passé la promesse» des fleurs.Je ne sais si les semences' -que nous avons jetées ont pourri dans des champs incultes au rythme des mortes saisons ou si elles ont accéléré le temps des moissons.Journal financé par ses lecteurs, ' nous n’étions pas riches, loin de là, et les fins de mois étaient autant de cauchemars pour notre trésorerie exsangue.Je nous revois, quelques-uns d’entre nous, suant sang et eau, nantissant une partie sinon la maigre totalité de nos biens, pour que naisse enfin le jour oii nous serons maîtres chez nous.Je nous revois tous, chichement' payés, sous les toits brûlants d’un misérable entrepôt, peinant sous le poids du jour et de la chaleur, tâcherons d’un idéal exigeant, renouveler le miracle quotidien de la parution d’un journal libre des puissances de l’argent, devant la coalition des forces enragées de la politique régnante et le rouleau compresseur d’un fédéralisme de tutelle dégradant pour notre peuple.Je nous revois tous, compagnes et compagnons de l’écriture, dans notre harmonie et nos différends, nos joies et nos tristesses, nos enthousiasmes et nos morosités.Compagnons et compagnes aussi de notre grande petite administration, nos services de publicité, de tirage, de distribution, nos bénévoles et les milliers de lecteurs cherchant à la barre du jour, sous leurs portiques enneigés, le soleil de leur matin.Tous, nous avons dit non, à notre façon, au silence des pauvres et des sans-voix, à la soumission, à la religion perverse des intérêts, aux prédateurs d’un capitalisme sauvage, à l’égoïsme corporatif, au maintien de notre peuple dans un état permanent de minorité en déshérence, à une société sans partage et à l’infirmité d’une moitié d’Etat, dépouillé des indispensables attributs de la souveraineté.Nos efforts auront-ils été vains?Tant de labeur et de sacrifices auront-ils été passés à profits et pertes au silence de l’Histoire ou servis de paravents à l’indifférence de citoyens sans nation, déracinés, en perte de repères, grotesques apatrides d’un monde déboussolé, sans foi ni loi, esclave du marché et de la «main invisible» qui le conduit au non-être et à l’insignifiance?Je n’ai pas de réponse à ces questions.Rien n’a été dit et tout reste à écrire de cette période fiévreuse de " notre vie collective.Du versant de la colline où je suis, je ne vois pas de l’autre côté les générations montantes ' reprendre le flambeau de nos luttes > incertaines mais je sais quelles exis* ! tent, qu’elles travaillent avec ferveur pour donner un sens et une suite à ce • que nous avons ébauché.«Comme si ] un sens désespéré de l’honneur, écrivait ; Fernand Dumont, leur commandait de rester, de durer, de tenir.» Quoi qu’il en soit, je crois que nous » pouvons être fiers du ù'avail que nous ! avons accompli ensemble.Avoir été ; un artisan du Jour est, sinon un titre '< de noblesse, une preuve de courage et de dévouement à une cause qui nous dépasse.lorsque vos enfants et vos petits-enfants apprendront lliistoir.re à venir de cette généreuse, folle et téméraire aventure, et que vous leur, direz «J’y étais!», une étincelle d’admiration brillera dans leurs yeux.Mais déjà, la voix feutrée de l’Histoire ' murmure à vos oreilles ses sentiments • de gratitude et de reconnaissance.Et qui sait que grâce à vos efforts et votre ' entêtement vous n’aurez pas contribué i pour peu à ce que se réalise la promesse de l’aube d’une nouvelle nation susceptible de devenir une partie de la jeunes-, se et de richesse du monde.L’ÉQUIPE DU D E V O productionJ, Eurgeon (responsable 'innents, distribution et production), Marie-France IA RÉ I «lue, ni-1 )um,i lmusique) ; (ion |>oliti(|u (commis) 14iy0ie UILlWnj, IVIUI II l iiim-i iuif,vwii .r .J u « || * « « f ùunsahle) HiMiWrr.ervais Fvelvne Labonté (responsable à la promotion des abonnements), Monique LHeurenx, use Lachapelle, Racnelle Leclerc*Venne - .,., .A (fi'E nàni, II,-' Nanteî (secrétaire administrative), Nathalie Perrier, Danielle Ponton.Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (présent).Roger Boisvert (v,ce-prés,dent vécut,f et docteur générât).(vie urbaine), Yves d'Avignon (pupitreur); Paule des Rivières (éducation), Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement), Judith Lachapelle, Louise i; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques)-, Martin Duclos et Christi-(médias), Marie-Andrée Chouinard (livres et politiques culturelles), Brian Myles (cinéma), Jean-Pierre Legault, Clément Trudel internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l'information), Guy TaÜlefer (éditorialiste).Claude levesque ; à l'informu-(correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec)-, Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Julie Tremblay, Marie-Claude Petit Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint), Jacqueline Avril, Jean de Billy, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Louane aporte, Micheline Turgeon ; Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvision-ioulet, Marie-Josée Hudon.Christian Vien, Yanick Martel, Olivier Zuitla.SERVICE A LA CLIENTÈLE Johanne Brien (res-L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jcanne-d'Arc Houde (secrétaire à la direction) ; Céline Furoy, Patrick Inkel (contrôleur), x\ 12 I.E I) E V O I II , ' I.E S S A M E I) I E T I) I M A X (' Il E 2 S E K V II I E II I it !» !> ?LE DEVOIR ?ACTUALITES CÉGÉPIENS SUITE DE LA PAGE 1 ceux des cohortes des années précédentes.Et de beaucoup.Par exemple, en février 1996, le taux de réussite fut de 81 %, en mai 1996 de 78 % et en décembre 1996 de 83 %.En mai 1997, il fut de 81 %.«// sera toujours difficile d'enrayer les préjugés voulant que la génération actuelle est moins bonne que la précédente en frqnçais, note le responsable de l'épreuve au .inistère de l'Education, Jean-Denis Moffet.Mais nous pensons que les résultats sont encourageants.» Sans nécessairement nier que le mouvement va dans le bon sens, plusieurs experts contestent avec véhémence la validité de ces chiffres, qui ne sont qu’une mascarade à leur avis.Charles-Henri Audet, professeur au cégep de Sainte-Foy, responsable de l’aide en français depuis 10 ans et spécialiste en grammaire est de ceux-là.«Les équipes qui corrigent réaniment les copies.Lorsque ça coule, le superviseur s’en mêle puis tout le monde regarde encore la copie pour que ça coule moins», dit le professeur, qui s'intéresse à cette question depuis de nombreuses années.«Imaginez les conséquences politiques, dit-il, s’il fallait que 40 % des étudiants échouent.» Au ministère de l’Education, M.Moffet assure «qu’il n’y a aucune pondération».Certains font valoir qu’avec la largesse des critères, aucune pondération n’est nécessaire.Ainsi, au chapitre de la maitrise de la langue (comprenant la syntaxe, l’orthographe d’usage, l'orthographe grammaticale, le vocabulaire et la ponctuation), l’étudiant peut faire 30 fautes dans un texte de 900 mots (trois pages) avant d’échouer.C’est d’ailleurs à ce chapitre que les étudiants sont le moins forts puisque seulement 15,4 % ont obtenu un A, alors que 32 % ont obtenu un B et 41 % un C.En revanche, les candidats sont plus solides au chapitre de la structure du texte puisque 57 % d'entre eux s’en tirent avec un A.En ce qui a trait à la qualité de l’argumentation, 17 % ont obtenu un A, 57 % un B et 22 % un C.Les étudiants inscrits au secteur préuniversitaire réussissent mieux que ceux inscrits au secteur technique et les femmes réussissent mieux que les hommes.Les universités, qui jusqu’à l’an dernier imposaient leur propre examen de français à tous leurs étudiants, se fient désormais aux résultats de l’épreuve collégiale.Et pendant que M.Audet prédit que les universités remettront en place leur propre examen, d’autres sont moins pessimistes.«Les professeurs disent qu’il y a amélioration, rapporte Claire McNicoll, vice-rectrice à l’enseignement du premier cycle à l’Université de Montréal.Les horreurs sur lesquelles nous tombions dans le passé sont moins nombreuses.Mais il faut continuer à insister.» Mme McNicoll avait elle-même sonné l’alarme en 1987-88 lorsqu’elle était directrice générale de la Conférence des recteurs des universités du Québec.Peu après, les universités imposaient des tests de français, mais qui n’empêchaient pas l'admission à l’université.L’étudiant devait cependant suivre un ou deux cours de rattrapage.Les universités ont continué à se plaindre des cégeps jusqu’à ce que l’ex-ministre Lucienne Robillard impose sa réforme aux collèges.Les cours de français furent uniformisés et un examen ministériel de fin de parcours fut imposé.Si les universités ont efficacement fait pression sur les ^collèges, les collèges, eux, ne sont pas certains que leurs doléances sont entendues au secondaire.Car, comme le souligne Caroline Senneville, du cégep de Limoilou, si les étudiants réussissent en grand nombre la dissertation du ministère, c’est en partie parce que ceux qui ont des difficultés ne se rendent pas à l'examen final puisqu’ils doivent nécessairement réussir au préalable trois cours de français.Mme Senneville, qui fut coordonnatrice provinciale pendant deux ans lors de l'implantation du nouveau programme de français et qui est elle-même professeure de français, souligne qu'à son cégep près de la moitié des étudiants échouent au premier cours de français qu’ils suivent, ce qui les empêchera de subir le test du ministère en même temps que leurs camarades.Des étudiants qui croient, à leur arrivée au collège, que le mot «écolier» est un verbe parce qu’il se termine en «er», il y en a encore, dit-elle.«Ces élèvesdà ne se présentent pas à l’examen du ministère tout de suite.H y a un écrémage, dit-elle.Le gouvernement traficote-t-il les chiffres?Je ne saurais dire.Mais il est certain qu’il ne peut, politiquement, avoir un taux de réussite en bas de 80 %.» Mme Senneville souligne, comme bien d’autres professeurs, que ce fameux examen de sortie a entraîné une uniformisation des cours de français dispensés dans les cégeps et a forcé les enseignants à préparer leurs élèves en fonction de cette épreuve.C’est justement, selon le ministère, le caractère obligatoire de cette épreuve qui pourrait expliquer le taux de succès très élevé.Les cégépiens seraient habités d'une nouvelle motivation.IE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique Pour l’agenda culturel La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3551 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siè#e social est situé au 2050, rue de Bleury, 9* étage, Montréal, (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle.7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612.ru»- Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée a employer et a diffuser les informations publiées dans Le Devoir lx Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900, boulevard Saint-Martin Ouest.Laval Knvoi de publication — Enregistrement n*0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.La juge Claire UHeureux-Dubé est prise à partie D’APRÈS LA PRESSE CANADIENNE Ottawa — Une juge de la Cour suprême du Canada, Mme Claire L’Heureux-Dubé, a été la cible hier d’une attaque sans précédent, tant professionnelle que personnelle, de la part d’un juge de la Cour d’appel de l’Alberta.Dans un geste probablement unique dans l'histoire du droit au Canada, le juge John MeClung a pris la plume pour envoyer une lettre ouverte au quotidien The National Post afin de dénoncer sa collègue de la Cour suprême.Il soutient que l’attitude de la juge L’Heureux-Dubé explique sans doute pourquoi les hommes se suicideraient de plus en plus au Québec.La charge du juge MeClung est d'autant plus cinglante que l’époux de la juge L’Heureux-Dubé s’est enlevé la vie.Selon des sources dignes de foi, contactées par la Presse Canadienne, la tragédie est survenue en 1978 à Québec, où la juge a commencé sa carrière juridique.Sa lettre lui a valu la réprobation immédiate de la communauté juridique, qui n’a pas hésité à qualifier son comportement A'«inapproprié» et de «choquant».Le juge MeClung en avait contre une décision de la Cour suprême, rendue jeudi, qui casse une décision de la Cour d’appel de l’Alberta dans un cas d'agression sexuelle.Les tribunaux de la province avaient décidé d'acquitter un homme accusé d’agression sur une femme de 17 ans parce que celle-ci n’aurait pas été assez explicite dans son refus d’avoir des relations sexuelles avec l’accusé.La décision est venue confirmer le principe voulant que «non, c'est non» pour justifier le refus d’une relation sexuelle.La juge L’Heureux-Dubé y écrit que l’attitude des cours albertaines dans ce dossier perpétue des «mythes archaïques» et des «stéréotypes» par rapport aux femmes.CHAMPAGNE Le roi du bric-à-brac dramatique SUITE DE LA PAGE 1 Trop de ratés pour cette remise de prix, soutenait-il.Le hic, c’est qu’il était metteur en scène de l’événement.Inutile de préciser que sa sortie a fait beaucoup de bruit dans le petit milieu du théâtre.Applaudi par les uns, accusé de «manque d’éthique» par les autres, Champagne espère maintenant que la table est mise pour que des changements substantiels surviennent dans cette vaste entreprise de promotion du théâtre appelée Gala des Masques.A moins que l’académie ne décide plutôt de faire le procès de son employé.On verra bien.De toute façon, ce qui préoccupe davantage l’intéressé en ce moment, c’est le sort de L’Asile.Un spectacle dans lequel sa compagnie a tout misé en faisant monter sur scène pas moins de 27' comédiens.Quand on a environ 100 000 $ de budget par année, il faut le faire.Chez II va sans dire, il est vrai qu’on n’a pas peur de se casser la gueule.Disons que la compagnie a l'habitude.Longtemps boudée par la critique, Champagne et les siens ont quand même su trouver un public.Du genre qui n’a pas besoin qu’on lui dicte quoi aller voir.Ajoutons qu’une troupe n’a pas tous les jours 15 ans, alors aussi bien célébrer pour vrai.L’Asile n’en est pas à ses premiers pas.Une version préliminaire, présentée l’année dernière, n’était pas encore au point, reconnaît l’auteur et metteur en scène de l’aventure.Il avait d’ailleurs refusé d’y inviter la critique, même si le spectateur devait y payer son billet, de peur de se faire ramasser par celle-ci.La chose n’a pas manqué.Certains critiques s'y sont présentés et ont trouvé qu’ils avaient payé bien cher pour un laboratoire, qui était juste du «garrocha-ge».Or tel était l’objet de cette étape, de l’aveu même de Champagne, qui tenait à prendre le pouls du public en cours de route.Son raisonnement, en l’occurrence: le jugement critique ne s’avérait pas nécessaire puisqu’une autre étape plus concluante allait suivre.Quoi qu’il en soit, la deuxième mouture de L’Asile ne sera peut-être pas si éloignée du chaos organisé, si l’on en croit Champagne.«Avec ce spectacle, dit-il, je réunis 30 personnes dans le but de créer un chaos tout en essayant de tirer une ligne, quelque chose de jamais vu sur scène.On sait que ce n’est pas efficace.Mais ça part d’un texte très écrit, très contrôlé, très dense, qui fonctionne très bien sur papier.Parce que je veux mettre en scène quelqu'un qui est aux prises avec un désordre.Une sorte de combat inspiré de la tragédie, que les Grecs définissaient comme la capacité de se tenir debout au milieu du désordre.» D’où le choix d’un espace comme L'Asile, où le bordel est permanent mais où il faut surtout compter avec des gens qui vivent dans l’insensé.Parce que, d’habitude, la plupart des êtres cherchent à conférer un sens à leur existence, même si celui-ci leur échappe par moments.Justement, L’Asile raconte ce qui arrive lorsqu’une femme, une psychiatre, interprétée par Monique Mercure, décide, au contact d’une femme battue réfugiée dans une forêt imaginaire, de la suivre sur ce terrain d’où est exclue toute pensée rationnelle.«Pour moi, la folie est plus un lieu de désordre qui mène à un horizon nouveau, explique-t-il, ce qui me place en opposition à ceux qui traitent la folie en tant que rapport à la norme ou à la marginalité, tentant ainsi de trouver où on tire la ligne.Dans ma perspective, le fou devient une sorte de représentant de l'insensé.Il vit avec l’insensé, en souffre parfois, mais il peut aussi y trouver un certain réconfort, du bien-être même, selon le degré de sa folie.Im fable que je propose situe le fou davantage par rapport au sens que relativement à la pureté ou à la beauté.Je ne dis pas: ‘Tous les fous sont beaux, on devrait tous être fous."Je m'interroge seulement sur notre capacité à “faire du sens" du moment où nous avons la certitude que la vie n’en a pas.» En fait, L’Asile se veut une réflexion sur le paradoxe selon lequel il est impossible de vivre sans donner un sens à son existence, quels que soient par ailleurs les doutes et les certitudes qui assaillent chacun et chacune.Or, pour Champagne, aujourd’hui, notre quête de sens est tellement compliquée par l’avalanche d’information qui nous parvient et par la complexité du monde dans lequel nous vivons que nous sommes écartelés.Il n’a pas prononcé le mot, mais il semble que notre prétention à tenter de donner un sens à notre existence ait quelque chose d’absurde.«On sait que la vie n 'a pas de sens, martèle-t-il.On sait que Dieu est mort.On est informé quotidiennement d’une chose et de son contraire.Mais nous ne pouvons pas faire autrement que de tenter de donner un sens à notre vie.» Il me prend alors à témoin.«Par exemple, continue-t-il, tu peux considérer que d’être ici en train de m’écouter, c'est relativement insignifiant.Mais si c’est totalement insignifiant, ta présence même va t’amener à te suicider en sortant.Parce que tu ne peux pas faire quelque chose de totalement insignifiant.» Je lui rétorque qu’on est constamment en train de faire un grand nombre de choses insignifiantes.Mais il ne désarme pas.C’est vrai, reconnaît-il.Mais cela ne désamorce pas pour autant ce qu’il appelle «notre appétit de sens».Il retourne alors chez les Grecs.Il argue que tout le monde a son Itaque, se trouve un lieu vers lequel tendre, des objectifs à atteindre à court ou à moyen terme pour que la vie ait un sens.Sinon, prétend-il, c’est la déroute, la dépression, l’angoisse, le malheur de vivre.Comme si l’homme n’en finissait pas de regretter le paradis perdu.Curieux contraste, du reste, que cette nostalgie très grande que l’on sent chez lui de la perte de l’innocence, d’une pureté évanouie, comparée à l’esthétique particulièrement «impure» de son théâtre carnavalesque.Il est, en effet, le roi du bric-à-brac dramatique, du broche-à-foin théâtral, de la quincaillerie scénique.Parfait héritier, en cela, des militantes et délirantes années 1970 dont se rapproche aussi sa démarche d’écriture, à laquelle les acteurs prennent toujours une part active.À l’aise dans l’inachevé Pour ce qui est de l’esthétique dramatique, Champagne réitère qu'il se sent plus à l’aise dans ce qui n’est pas fini.Un bon exemple réside selon lui dans les inachevés de Michel-Ange, qui l’ont beaucoup impressionné, où l’on sent, à ses dires, une révolte de la matière, quelque chose dans le geste, qui le touche plus que la perfection formelle.Champagne convient à cet égard qu’il a été fortement influencé, comme bien des gens de sa génération, par l’exemple de ceux qui voulaient changer le monde.«Fondamentalement, nous sommes des hommes révoltés qui n’aimons pas la vie telle qu’elle est.Nous avons envie de la changer, de faire autre chose avec elle.Moi, je tente de le faire dans le théâtre.» Mais le théâtre peut-il vraiment changer le monde?A cette question, Champagne répond d’abord que le théâtre le fait.Ensuite, il se reprend.Il précise que le théâtre nourrit l’illusion qu’il est possible de le faire.Il hésite un moment avant de poursuivre.«Le théâtre, soutient-il, est un lieu fraternel où Ton se donne au moins l’impression de vivre intensément.Nous y arrivons avec nos questions, nos idées, nos certitudes, nos désirs, et nous passons deux ou trois mois à les confronter.Deux ans dans le cas de L’Asile, un projet longuement mûri.Le temps de poser quelques questions qui nous apparaissent essentielles.Avec la conscience, pourtant, que tout va revenir à rien, que ce n'est pas très important, ce que nous sommes en train de faire.Comme si nous ne faisions ça que pour nous donner l'impression d’exister.» EXPOS Bouchard a été piqué au vif SUITE 1)E LA PAGE 1 prétendue «forte opposition» du premier ministre Lucien Bouchard et de son gouvernement au projet.«Comme nous l’avons mentionné le 18 février, aucun nouveau projet n’a été soumis au gouvernement du Québec qui, rappelons-le, a clairement exprimé son intention de considérer, le moment venu, un tel projet», a précisé M.Ménard.I^e premier ministre Lucien Bouchard a accueilli sèchement la nouvelle, n’acceptant pas que son gouvernement soit blâmé par la Ligue nationale en raison d’un prétendu manque d’appui aux Expos.«C’est particulièrement déplaisant de voir la ligue de baseball dire non, poser elle-même le geste fatal et, tout de suite, trouver un bouc émissaire au gouvernement.Je trouve ça particulièrement déplaisant et très mal élevé.» Lucien Bouchard estime que la décision du baseball majeur de refuser un an de délai aux Expos risque d’être «fatale» pour l’avenir de l’équipe de baseball à Montréal.M.Bouchard croit qu’un an de plus aurait très bien pu suffire pour trouver de nouveaux investisseurs.«Il y avait des gens qui étaient prêts à travailler encore, qui avaient constitué un dossier, qui avaient déjà trouvé 125 millions de dollars.Avec un an, est-ce qu'ils n’auraient pas réussi à convaincre M.Brochu de baisser un peu la garde?» M.Bouchard n’a pas voulu s'en prendre à l’actuel président du club, Claude Brochu, précisant que ses collègues en avaient déjà dit beaucoup.Mais il constate que l’équipe est devenue une patate chaude.«Je vois qu'on commence à se renvoyer la balle», a-t-il ironisé.Une bombe à Jupiter Malgré ce refus du baseball majeur de repousser la date limite du 6 mars, les actionnaires assurent qu’ils poursuivront leurs travaux pour assurer l’avenir du baseball professionnel à Montréal.Les joueurs des Expos, quant à eux, ont appris la nouvelle en plein camp d’entraînement, hier après-midi a Jupiter, en Floride.L’entraîneur Felipe Alou a encaissé le coup.«Quand la date limite expire, le bombardement suit.Ça ressemble aux Nations unies.» Les instructeurs Luis Pujols et Pete Mackanin ont été les premiers à être mis au courant par la presse à la fin de l’exercice.Ils ont posé des questions.On ne savait pas quoi dire, si ce n’est que la balle est maintenant dans le camp de Jacques Ménard, le président du conseil d’administration.La saison 1999 pourrait bien être la dernière des Expos à Montréal.Claude Brochu s’est rendu sur le terrain dans la matinée, mais il n’était plus là quand la nouvelle du refus s’est répandue comme une traînée de poudre.Il a fait savoir qu’il n’accordait aucune entrevue.«Vous connaissez mes sentiments pour Montréal et ma relation avec les gens de Montréal», a dit Alou en rappelant qu’il était avec les Braves de Milwaukee en 1965, à leur dernière saison avant le déménagement à Atlanta.«Ce fut difficile, a-t-il poursuivi.On a eu une bonne saison, puis on est partis.On a attiré moins d’un demi-million de spectateurs.Certains étaient méchants à notre endroit.Mais on savait de quoi il retournait.On ne s'attendait pas à des réponses.C’était une équipe de vétérans.Ce n’est pas le cas ici.Ce sont des jeunes joueurs pour la plupart.C’est plus facile avec des joueurs expérimentés.On n’avait pas à nous en dire beaucoup.Ici, il faudra donner des explications.Il faudra être prêts à répondre aux questions.Hier, j'ai été interrogé par des jeunes.J'ai répondu au meilleur de ma connaissance.» L’automne dernier, Alou avait rejeté une offre des Dodgers de Los Angeles pour rester avec les Expos.Il avait signé un contrat de trois ans évalué à six millions de dollars.Son départ aurait porté un coup fatal au nouveau consortium qui croyait bien, à l’époque, être capable d’assurer la survie des Expos.Bisbille au sein des propriétaires Cette lettre tombe quelques jours après que les dirigeants de la ville de Washington ont clairement fait savoir qu’ils sont prêts à accueillir une équipe des ligues majeures.Le baseball majeur est également mal à l’aise avec la bisbille au sein du groupe de propriétaires.Le président de l’équipe, Claude Brochu, joue le rôle de commandité auprès du baseball majeur mais, après l’échec du plan de financement du nouveau stade l’an dernier, il avait accepté de se retirer et de vendre ses 7,6 % d’actions.Depuis, ses demandes exagérées feraient obstacle au plan de relance.Jacques Ménard a révélé la semaine dernière que de nouveaux investisseurs, avec en tête le marchand d’œuvres d’art Jeffrey Loria, sont disposés à racheter l’équipe.«Nous n’avons reçu aucun document écrit de M.Loria relativement à sa contribution financière et son engagement pour garder l’équipe à Montréal, a encore dit M.DuPuy.Nous n'avons jamais approuvé un plan visant à écarter Claude en faveur d’un nouveau partenaire de contrôle.» RELACHE Pour les transporteurs, c’est la manne SUITE DE LA PAGE 1 «Les transporteurs se lèchent les babines en voyant arriver la semaine de relâche, dit Daniel Aubé, de l’agence de voyages Rythmes du monde, à Montréal.Et leurs prix sont devenus exagérés.» Par exemple, le prix des billets pour la Floride, qui oscille d’habitude entre 200 et 300 $, se porte plutôt entre 600 et 700 $ pour les deux premières semaines de mars.Ce qui n’empêche pas les consommateurs d’en redemander.«Les trois quarts des réservations se font maintenant avant Noël.Ceux qui ne réservent pas assez tôt doivent dire adieu à leur premier choix et se contenter de ce qui reste.» Une ruée récente Si les congés scolaires du milieu de l’hiver existent depuis plusieurs années, la ruée s’est récemment accentuée.Les dates des congés sont, au départ, négociées localement dans les commissions scolaires.Jusqu’à récemment, elles pouvaient varier entre la dernière semaine de février et la mi-mars.Ceci causait bien des maux de tête, entre autres dans les familles reconstituées.«Sur Tile de Montréal, des gens qui travaillent dans une commission scolaire se retrouvaient en congé à une date différente de leurs enfants qui fréquentaient la commission scolaire voisine», ajoute Gary Stronach, président de la Fédération des comités de parents du Québec.Les différentes commissions scolaires ont donc entrepris de mieux synchroniser la date de leurs congés.«Un glissement s’est fait, ces dernières années, pour permettre aux familles de planifier un peu mieux leurs congés», dit Denis Pouliot, de la Fédération des commissions scolaires du Québec.«Us gens en semblent très satisfaits, ajoute Gary Stronach.C’est sûr que les places pour le Sud sont plus difficiles à trouver, mais il y a aussi énormément de gens qui se déplacent à l’intérieur du Québec et qui sont très contents de pou- voir réunir plus facilement les familles.» Tout le monde, du moins dans l’ensemble, serait donc content.Tout le monde?Loin de là, soutient-on cependant au Regroupement québécois pour la modification du calendrier scolaire, qui regroupe 13 associations et organismes liés au monde du tourisme.Au contraire, 69 % des parents favoriseraient un étalement régional, sur deux semaines, de la relâche scolaire en hiver.«Les vacances pourraient se succéder dans la région est, y compris Québec, et l’ouest du Québec, y compris Montréal», dit Claude Péloquin, porte-parole du regroupement, qui est aussi directeur général de l’Association des stations de ski.Le regroupement a envoyé cette semaine des communiqués dans les médias afin de faire valoir son point de vue dans les classiques reportages qui accompagnent traditionnellement l’approche de la semaine de relâche.«On vise une sensibilisation générale», dit Claude Péloquin.Le regroupement, qui avait commandé le sondage de l’automne dernier, a aussi fait faire une étude par deux experts de la chaire de tourisme de l’UQAM, qui tend à démontrer qu’une telle mesure contribuerait à maintenir 450 emplois à temps plein et générerait des revenus de 21 millions dans l’industrie du tourisme au Québec.«U gouvernement injecte des millions pour sauvegarder des emplois dans des usines, dit Claude Péloquin.Dans ce cas
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