Le devoir, 27 février 1999, Cahier D
1__ KOHI- K l' CIIAUTK.W I) CLICHE REPETE A ECLAIRAGE DIFFERENT EN RAISON DU TEXTE IMPRIME SUR FOND GRIS OU OE COULEUR Le Manuscrit de Port-Ébène Prix Renaijdot 1998 .1 AC O fi: SC, K K NI H K I.H DEVOIR U: DEVOIR Le Manuscrit île PortP'.bène.qui a valu à Dominique Doua le près tigioux prix Kenaudol.se présente d’abord comme mi roman bis torique de belle Inclure.Nous voici plonges, à la lin du W ill' siècle, dans le journal intime d’une Française, une jeune lille de bonne famille qui de-barque en I fail i on elle va vivre avec un riche planteur à qui elle a été promise.Cet homme, plus âge qu'elle.Français lui aussi, est installe là-bas depuis plusieurs années déjà.Ce roman fait également la part belle à l’exotisme, ce dont Dominique Boita ne se défend pas.«J'ai écrit ce roman à Paris, dans un petit bureau, en plein hiver, et j’ai en envie de nie sentir sur cette ile, d'en ressusciter le décor, d'en retrouver les couleurs, les odeurs." Mais cet exotisme, qui se manifeste dans les descriptions minutieuses de l’atmosphère de File, n’a rien de la carte postale: il sert plutôt le récit de celte femme qui arrive dans File avec sa naïveté.«Le décor s'empare d'elle.Pille en a, dès le début, une perception sensuelle qui correspond à son tempérament.Pille va d'ailleurs y vivre une grande partie de sa vie sans tellement réfléchir, en se laissant emporter par ce qu'elle ressent.» Cette femme simple, en effet, n’est pas une intellectuelle.Mais ce n’est lias une sotte polir autant.Elle est, à sa façon, une femme du siècle des Iai-mières.«Ce n'est pas un personnage, particulièrement moral.C'est une jeune lille liai va peu à peu devenir une femme en s'abandonnant a ce quelle .estime être sa vérité, en osant vivre ses desiis et ses passions: le XIX siècle n 'est «j AIME LES ETRES DE PASSIONS, ENVAHIS PAR UN REVE INTE- RIEUR QU ILS ONT VECU OU POURSUIVI A TRAVERS LEUR VIE ET LEUR ŒUVRE.» pas encore passe par là.avec sa chape moralisatrice." Son mari est.lui aussi, un homme éclairé; il a des esclaves, certes, mais qu’il traite avec humanité.Far ailleurs, il s’est lui-mèiue intègre aux lieux et à la culture de File: il a mémo un deuxième ménage, une femme et deux Ills qu’il fréquente régulièrement, ht nouvelle épouse, on s’en doute, a peine à accepter celle bigamie officieuse, même si elle est dans les nueurs de l’endroit.Or elle va “épouser» le pays elle aussi, autant que son mari, mais à sa manière, et par elle-même.«Pille est arrivée dans cette ile plutôt virginale,, sur tous les plans.Pit elle va se laisser transformer, s'imprégner du climat, des paysages mais aussi des manières de vivre des gens.Pit puis, elle est attirée par un tabou: la société noire qui l'entoure et que.comme Blanche, elle devrait tenir à l'écart.Cette société, la fascine comme fascinent tous les interdits." Mais h1 Manuscrit de Porl-Pibenc est plus qu'un roman historique.( )u plutôt: il l’est a plus d’un égard, le journal de celle jeune femme d’autrefois est en VOIR PAU I) 'J: HONA Lettres québécoises Cage I ) il Le feuilleton Luge I) 5 Pissais québécois Cage I) 7 ITM Eulàlia Valldosera Page I) 9 Formes Page I) 10 L’apologie de Monsieur Pettigrew M I C It V.L V K N N K 1)1-: NOTRE H II RK Al Bien que cela soit plus commun en Europe, il est rare chez nous de voir un politicien publier un essai substantiel portant sur sa vision de la politique et de la société alors qu’il occupe toujours une fonction ministérielle.est vrai que l’exercice est périlleux.Afin de ne pas compromettre son gouvernement, l’auteur doit souvent se cantonner dans des considérations d’ordre général ou se borner a reprendre, sous une autre forme, soit son programme politique, soit I; rhétorique partisane destinée à dé noncer ses adversaires.Dans celui qu’il vient de faire pa raitre au Boréal (Pour une politique de la confiance), le ministre fédéral Pierre Pettigrew offre mieux mais n’échappe par contre pas aux travers mentionnés.Ce livre est une apologie du fédéralisme tel que pratiqué présentement au Canada sous la gouverne de Jean Chrétien.A ses yeux, le Canada est déjà le modèle idéal, une exception qui serait enviée par le reste de l’humanité.C’est ainsi qu’en dépit des innombrables références à (les auteurs en vogue sur le phénomène de la mondialisation et ses effets sur la capacité des Filais a mieux concilier identité et interdépendance, le ministre-écrivain n’ouvre pas avec ce livre de perspectives originales pour le Québec à l’in-térieur du Canada.Quant au projet souverainiste, M.Pettigrew le disqualifie d’emblée comme un archaïsme.Pari canadien L’auteur propose d’adopter une po-litique de la confiance.Mais avoir confiance, pour lui, consiste à accepter «le pari du pays canadien•• alors que d’aucuns auraient pu coiffer un ouvrage du même titre pour plaider en faveur du pari de faire du Québec un pays confiant de tirer son épingle du jeu en dehors du parapluie protecteur du Canada actuel.Un souverainiste aurait fort bien pu écrire cette phrase a la place du ministre: -Chaque société doit désormais faire preuve d'imagination, de souplesse et de courage pour réinventer sa façon d'être et trouver sa voie d'intégration à des réseaux, à des alliances politiques, économiques, technologiques, industrielles et culturelles.•• La réflexion de Pettigrew sur la mondialisation s’articule autour des conclusions tirées par certains auteurs en vogue.De ses incursions dans la science politique et la philosophie politique actuelle, le ministre-écrivain tire la conclusion prévisible du déclin de l’Ktat-nation et de la .déchéance du pouvoir vertical de l’État sur les sociétés humaines.Pettigrew offre à partir de cette synthèse quelques conclusions intéressantes sur les défis qui attendent désormais les gouvernements, notamment en matière d’éducation et d’accès au savoir.Il est également rassurant de lire un ministre qui voit toujours dans la politique un moyen d’humaniser la mondialisation, qui estime que là fonction politique reste essentielle et que l’économie a besoin de ses arbitrages.Mais ce fond théorique, on s’en rend compte en passant de la première à la deuxième partie du livre, sert surtout de mise en scène pour mieux faire l’apologie du Canada, qui serait une exception dans le monde actuel, un pays qui -refusa de devenir un litat-nation» dominé par une seule langue, une seule culture et une seule religion.Le Canada est, a ses yeux, comme Europe, un espace à géométrie variable capable de satisfaire les aspirations québécoises.Saul que la géométrie variable du Canada ne peut accueillir en son sein que des minorités linguistiques et culturelles, des regions plus ou moins autonomes, des communautés, mais surtout pas des nations distinctes.fin célébrant, dans son ouvrage, les vertus des allégeances citoyennes multiples, le ministre est en contradiction avec l’évolution actuelle du Canada, I.!•: I) K V (III!.I.!¦: S S A M K II I K I H I M A X ( Il K 2 S I I! \ li I !•: I! I !» » !> I) 2 PETTIGREW Une analyse simpliste de la société québécoise w' L I Y R E S ^ BONA Dominique Bona a eu sa part de prix littéraires SUITE DE LA PAGE 1) 1 où les plus récentes décisions concernant l’union sociale ou la réticence d’Ottawa à étendre le rôle international des provinces, par exemple, ont justement pour effet de renforcer l'allégeance des citoyens envers le gouvernement fédéral tout en réduisant, dans une mesure équivalente, l’allégeance aux gouvernements provinciaux.La géométrie canadienne varie pour le moment en faveur du pouvoir central, La citoyenneté canadienne, comme dans un Etat-nation conventionnel, ne tolère pas d’autres loyautés.bi dernière portion du livre de M.Pettigrew relève du délire pur.Une analyse simpliste de la société québécoise amène le ministre à diviser le Québec en deux courants: le rouge et le bleu.Le rouge est celui de la confiance, de la prospérité, de la promotion économique internationale.Le bleu est celui de la méfiance, de la protection des acquis, du repli sur soi.Mais qui, pourtant, voulait déchirer l’accord de libre-échange en 1988?Un rouge, John Turner.Qui appuyait l’ouverture des frontières vers les Etats-Unis?Les bleus du Parti québécois et du Parti conservateur.Un ancien bleu dirige aujourd’hui les rouges à l’Assemblée nationale.Dans quel camp doit-on le ranger?Cet exercice manichéen révèle peut-être le mépris de l’auteur pour un courant politique, mais il n’est guère convaincant.L’auteur ne l’est pas davantage lorsque, s’en prenant à l’idée de souveraineté, il se perd dans ses contradictions.Ainsi reproche-t-il aux souverainistes de se réfugier dans une attitude qui consiste à vouloir protéger des acquis.Mais quel est l'un des JACQUES NADEAU LE DEVOIR Pierre Pettigrew principaux arguments du ministre en faveur du maintien du Québec dans la fédération?C'est que le statut provincial du Québec à l’intérieur du Canada lui offre une meilleure garantie de protection de ses acquis économiques, de son modèle distinct, de Québec inc.et des institutions financières québécoises contre «les rigueurs de I ALENA» et contre la voracité américaine.Ce livre rassemble en gros, sous le couvert d’un essai de philosophie politique d’avant-garde, le discours antisouverainiste et antinationaliste québécois.C’est surtout un outil de propagande.POUR UNE POLITIQUE DE LA CONFIANCE Pierre S.Pettigrew Boréal, Montréal 1999,271 pages Francis Magnenot ITALIENNE i £*Ê9m Francis Magnenot Rimini, Pescara, Taranto, un homme, pèlerin de 1 amour perdu, traque à travers toute ritalie le souvenir de la femme qui F a Un premier roman porté par une énergie et un mouvement irréiiôtibleâ.Qui m’aime me lise.168 PAGES • 19,95 $ SUITE DE LA PAGE I) 1 effet lu, sous nos yeux, par un éditeur d’aujourd’hui, dont les réactions sont racontées en alternance avec le récit de l’héroïne.Jean Camus est installé dans le Linguedoc, auquel il est attaché comme l’est Dominique Bona elle-même à la région de Perpignan, où elle est née.Camus publie pour l’essentiel des livres régiona-listes écrits par des écrivains amateurs.Or ce vieux manuscrit, qui lui est tombé mystérieusement dans les mains, il le lit d’abord en professionnel.Le récit est-il intéressant?Va-t-il plaire à un public?Puis, il devient intrigué, curieux d’en connaître la suite.Bref, il s’y laisse prendre comme la mémorialiste, autrefois, s’était laissée envoûter par l’île.«Cet homme reclus, qui a eu une vie assez ordinaire, avec sa part d'amertume et de difficultés, qui cherche désormais la sérénité et à qui sa petite maison d'édition apporte une douce satisfaction, se trouve brusquement remis en question à la faveur de cette lecture inattendue et forcé de faire un bilan de sa propre vie.Il se rend compte notamment que sa solitude, qu’il chérit, lui pèse plus qu’il ne l’aurait cru.» L’histoire d’une lecture Le roman de Bona est donc aussi l’histoire d’une lecture dans laquelle un homme d’aujourd’hui s’évade d’abord et qui l’envahit graduellement.Dominique Bona a fait en sorte que ces deux histoires, celle de cette femme d’autrefois et celle de cet éditeur tardif, parallèles au départ, tissent peu à peu des liens et finissent par se rejoindre, au delà du temps.«J’ai voulu montrer une passion de femme qui se construit sous le regard d’un homme d’aujourd’hui, et qui envahit peu à peu sa propre vie.C'est cela qui m’intéressait au premier chef dans ce roman: ce dialogue entre un homme et une femme par l'intermédiaire de la lecture, entre le passé et le présent.» Faut-il y voir un éloge de la lecture?«Je crois en effet qu’elle console souvent, même s’il faut parfois s'y adonner plus qu 'un petit quart d’heure.On n’a qu’à lire sur ordonnance: il suffit d’augmenter la dose pour obtenir l’effet voulu.» Détail amusant et audace de romancière: le lecteur-éditeur va même commenter le style de cette femme, qui le séduit avec sa «précision de miniaturiste», dont il croit même entendre la voix à mesure qu’il la lit.«En écrivant, je me suis dit: mais qu’est-ce que je raconte là?Cela peut paraître un peu prétentieux, présenter un lecteur envoûté par le récit de cette femme — c'est-à-dire par ce que j’ai moi-même écrit! Mais on voit bien que cet homme, c’est le lecteur idéal.» Dominique Bona, agrégée de lettres, est journaliste; elle tient une chronique littéraire dans Le Figaro littéraire depuis 1985.Elle a écrit, en alternance avec ses romans, des biographies, notamment celles de Ro- main Gary, de Stefan Zweig et de Gala, l’égérie de Salvador Dali, tous personnages d’exception, à la personnalité complexe.Ce sont des êtres «exotiques» à leur façon mais dont Dominique Bona estime qu’ils nous rejoignent.«J'aime les êtres de passions, envahis par un rêve intérieur qu’ils ont vécu ou poursuivi à travers leur vie et leur œuvre.Ce sont des gens que j'admire, qui me font du bien.Il y en a peu, au fond.Pour entreprendre leur biographie, il faut que je me trouve des affinités secrètes avec eux, surtout les personnages d’hommes, qui ont leurs forces, mais aussi leur fragilité.» Raconter des vies Cette alternance entre biographie et roman répond-elle à quelque besoin personnel?«Peut-être bien.En fait, je ne sais trop pourquoi j’écris.Pour raconter des vies, sans doute, fictives ou réelles, qui peuvent servir à se comprendre soi-même.Mais je suis plutôt instinctive dans mes choix.J'ai le goût d'écrire dans ces deux genres, qui pour moi sont complémentaires.Le roman offre une liberté énorme et provoque aussi de l’angoisse, de l’inquiétude: on se trouve devant un gouffre qui donne le vertige, alors que dans un travail de biographe, qui peut être harassant, on se sent épaulé par les faits, la documentation.Ils rassurent et protègent.» Dominique Bona serait-elle une femme équilibrée, contrairement à ses personnages et aux sujets de ses biographies?La question la fait sourire, et elle y répond avec une sagesse toute confucéenne.«Je suppose que j’ai à tout le moins envie de l’être.L’harmonie, à mon avis, se cultive, comme la sérénité.Je crois que c’est en maîtrisant ses forces, ses désirs, ses passions qu’on peut parvenir à un certain équilibre.» Dominique Bona a eu sa part de prix littéraires.Avant le Renaudot pour Le Manuscrit de Port-Ebène, il y a eu celui de l’Académie française pour sa biographie de Gary, en 1987, et l’interallié, en 1992, pour son troisième roman, Malika (les deux ouvrages ont paru au Mercure de France).«C’est vrai, j’ai été plutôt gâtée.Ce qui compte surtout lorsqu'on gagne un prix, bien plus que l’hommage qu’on nous rend, c’est qu’on se sent moins seule: il y a, grâce à la notoriété, un dialogue qui s'établit avec les lecteurs.» Dominique Bona ne boude pas son succès mais elle l’accueille avec une modestie tranquille.«Ce qui est triste, en revanche, c’est qu’il n’y ait, par exemple, qu’un Renaudot par an.Il est attribué à un livre au détriment d’autres, qui sont excellents eux aussi.» 11 reste quelle a parfaitement mérité le dernier Renaudot.Parole de lecteur.LE MANUSCRIT DE PORT-ÉBÈNE Dominique Bona Grasset Paris, 1998, 365 pages Ci Le grand livre sur Ferron, de nouveau disponible en édition originale.2HH pages JACQUES FERRON malgré lui r~J • (’HEXAGONE 1 .1 www.edhexagonc.com UN CAILLOU A LA MER Nadine Ribault « [.] ces six nouvelles ciselées comme des poèmes en prose, Sont les merveilleux arbustes qui cachent une forêt.» ( îcofFroy DcfTrcnnes, l.a Voix /lu Nmd LEMEAC/ACTES SUD I* O É S I E Labyrinthes La volonté de Brochu d'écrire l'inconcevable L’INCONCEVABLE André Brochu Éditions Trois, collection «Opale» Laval, 1998,222 pages LES CANTATES DU DEUIL ÉCLAIRÉ Mona Litif-Ghattas Editions Trois, collection «Opale» Laval, 1998,76 pages DAVID CANTIN Tout au long de L’Inconcevable d’André Brochu, on voit surgir l’ombre ambitieuse du romancier.Non pas que ce recueil se tisse autour de liens narratifs, mais sa structure illumine la quête d’un défi d’ordre romanesque.A travers la grandeur ainsi que la démesure de ce travail, cette somme de plus de 200 pages se rattache à des œuvres labyrinthiques telles qu ’Une certaine fin de siècle (Le Noroît, 1983) de Claude Beausoleil ou encore Kaléidoscope (Le Noroît, 1984) de Michel Beaulieu.Dès le début, ce livre annonce un projet monumental qui vise à prêter une voix à l’impossible, à L’Inconcevable.Pour reprendre les mots du critique littéraire, il me semble que cette poésie trouve son lieu dans la tentation extrême «d'habiter massivement le langage».D’ailleurs, on se retrouve devant un recueil qui semble n’avoir aucune issue face au désordre de la mémoire.Tel un prisme autobiographique, chaque poème passe du souvenir à la circonstance afin de modqler l’envers marquant d’une vie.A partir d’un enchaînement prosodique, on imagine que toutes les directions demeurent possibles.Une voix croise les étapes confuses de l’âge afin de saisir «les mille éblouissements du hasard».L’inquiétude, tout comme le doute, imbibent les circonstances et les faits d’un passé toujours plus présent.Ainsi, on éprouve une certaine violence face à la culpabilité de vivre qui imprègne le climat de ce recueil.A vrai dire, il n’est pas toujours facile d’entrer dans l’univers très dense de Brochu.On dirait que les mots prennent parfois trop d’espace à l’intérieur même du poème, choisissant de nombreux détours imprévisibles.Toutefois, certains ROBERT SKINNER I.E DEVOIR Mona Latif-Ghattas • .x.‘" ¦ .¦ le Parchemin QUARTIER LATIN «Je crois aussi que les gens changent.C’est mon nouveau pari.» Dominique Demers, Le Pari \ l’intérieur du Métro Berri-UQAM Téléphone : (514) 845-5243 LES PAPARAZZI raw André Brochu passages laissent croire que l’artifice littéraire rejoint une certaine agitation émotionnelle: «Viendra le pire?Sur ces jambes de fer, / son pas d’oie sauvage./ Viendra le sourcier de la honte, / le rire au cœur, manigançant / l’impasse./ Tout ci, tout ça, / je suis à bout de mes distances./ Un rien me sépare de ma voix / qui halète, qui souffre et pleure, / je suis à genoux de douleur./ J'avance à genoux dans mes larmes / d’enfant.Il y a l’éclatante mère / du présent.Elle bénit et blâme, / jaune, elle illumine / les débris.Tous les débris.Toute / l’offense.» Il m’apparaît évident que ce recueil possède une qualité d’écriture très particulière.Lorsqu’elle ne s’échappe pas dans un humour ludique, cette poésie bouleverse et stimule à travers la force de ses images charnelles.On assiste alors à une véritable collision entre le temps et l’épreuve du moi.D’une fragile audace, la force évocatrice derrière cette fresque poétique me ramène, avec plaisir, à l’œuvre exigeante d’André Brochu.Enfance égyptienne Dans une tout autre approche, Les Cantates du deuil éclairé de Mona Latif-Ghattas franchissent ce lien entre la blessure et la réconciliation natale.S’inspirant de la structure contrapuntique, ce livre divisé en trois mouvements retraverse les douleurs de certains souvenirs d’une enfance égyptienne.Le poème exorcise l’injustice ainsi que la trahison d’un monde désormais éloigné en interrogeant la lueur nouvelle des jours.La parole devient une forme de résistance continue face aux blessures inséparables.Ainsi, ce chant d’exil évite les lieux communs à travers la simplicité de son appel percutant et nécessaire.Autour de ses récitatifs et ses chœurs, on remarque une dimension, autant orale que musicale, qui arrive à soulever cette sereine révolte libératrice.Surtout que le trajet universel de Mona Litif-Ghattas demeure riche en nuances: «Dans le cahier qui vient de s’allumer / Je dépose les murs / D’où suintent mes secrets / Meubles mobiles que je ne pus abandonner / Sur le seuil des départs / Outre océans j'ai chargé cette charge / Dans les malles du Temps qui n’a que faire du temps / Car ces murs ont des lèvres bavardes / Lourdes de maux / Le Temps n’a que faire du temps.» Faite de contrastes, cette suite devient graduellement une véritable chambre d’écho (pii transpose sa méditation sur la survie tout comme l’adieu.L’identité ne traverse-t-elle pas alors le souffle discontinu de ce mouvement polyphonique?Le poème ne devient-il pas cette résidence déracinée?À travers Les Cantates du deuil éclairé de Mona Latif-Ghattas, on arrive à comprendre comment la poésie peut devenir la dernière demeure.Lectures Le NoroîtXOlivieri mercredi 3 mars 20 h \ Nicole Brossard Danielle Fournier Rachel Leclerc mercredi 7 avril 20 h \ Serge Mongrain Nadine Ltaïf Mireille Cliche mercredi 5 mai 20 h \ Paul Bélanger Alain Cuerrier Jacques Gauthier Joël Pourbaix Toutes les lectures seront J ) animées par Hélène Dorion ; • et Paul Bélanger, directeurs ; littéraires des Éditions du Noroît Olivieri librairie’bistro 5219 côte-des-neiges H3T 1Y1 T 514.739.3639 F 514.739.3630 métro côte des neiges Naïm Kattan Chronique dune '««r diatribe I ANCTÔT I ni il UK LA MORT MAURICE DUPLESSIS Qui m'aime me lise.Hi.NAÏM KATTAN L amour reconnu Roman La Mort de Duplessis et autres récits Découvrir l'inconnu logé en soi-même ; se retrouver soi-même dans l'inconnu que Ton croise : tels sont les deux mouvements -mais n est-ce pas le même, au fond ?-qui traversent tout ce livre.ChtàHiQvc d'xnt diatribe Propos sur la diffusion du théâtre au centre-ville de Montréal et chronique des réactions du milieu et des médias «l.c pire il'est pits lit.Il est dans cii sentiment ipie ti’iit n été essayé, que l’élargissement du public est nue illusion, que le souci de démocratisation de 1a culture entraîne néccssaireincTit, comme le veut le cliché, un nivellement par le luis." - 11'se Hissoiuieile, en préface.ILE URnurçj \llil NtAJtU j liiiiiKAiurl THEXAGONE www.edhexagone.com cOrt X9tlMCC*ï\' mm Un chant d'amour qui séduit par sa sensualité.LETTRES QUÉBÉCOISES L’achèvement du père, enfin Une prose dune sobriété, d'une discrétion, d une justesse parfaite.mssm sait, «prêchait les valeurs hollywoodiennes ait petit peuple»', son ami Paul a «foi» en son talent de pianiste et les jeunes danseuses au corps étique échangent des discours qui lui paraissent religieux.La religion, pour elle, est le plus souvent synonyme d’une possession tranquille de la vérité comme la propreté, qu’elle a en horreur, révélatrice ici d’un conformisme, d’une résignation à l'ordre des choses.Ui parole Mais bien plus que la triste existence de cette femme et la coherence artificielle de ses propos, c’est peut-être une particularité d’ordre formel qui fait la singularité de ce roman — en fait, celle de l’œuvre de Lise Tremblay — et peut expliquer l’accablement qu’on peut ressentir à sa lecture.Nous sommes ici dans un univers où tout repose sur les mots et plus particulièrement sur la parole.C’est elle, plus que tout le reste, qui révèle les personnages: Paul, l’ami sympathique, a un sens de la formule dont la justesse émerveille la narratrice; le charme de Mel tient pour une large part aux discours débridés dans lesquels il se lance entre deux périodes de silence; la résignation de la mère se manifeste dans ses propos.Ni narratrice elle-même écrira à Mel des «mots sacrilèges» et c’est en criant son exaspération à la face de sa mère — son père, lui, a eu des cris qui sont restés gravés dans les mémoires — qu’elle trouvera ce quelle appelle le «chaînon manquant», l’élément qui relie tous ses maux.Amalgamant tout, elle notera d’ailleurs: «Les paroles de mon père et son angoisse se fraient un chemin à travers ma graisse et me font souffrir.» Or il est remarquable de constater que nulle part dans ce roman, ni d'ailleurs dans les deux précédents de Lise Tremblay, cette parole souveraine, parfois terrible, qui détermine les rapports entre les personnages, n’est rapportée directement.Aucune citation, aucun dialogue reproduit tel quel.Il n’y a chez Tremblay — c’est sans doute voulu de sa part — que du style indirect, qui fait écran à la parole vive et maintient les personnages à distance de leur propre existence sur laquelle, des lors, ils ne peuvent avoir de prise: elle est ailleurs, quelque part au loin.Et comme par hasard, la seule danse juive dont il est question dans son dernier roman, c’est celle que la narratrice aperçoit sur une illustration intitulée Chassidic Dance, au passage, dans une vitrine, et qui lui rappelle les images pieuses de son enfance.Ce roman de Lise Tremblay est plus cruel que les précédents.Nous voici, avec lxt Danse juive, parvenus au noyau dur de la souffrance des personnages, au malheur qui remonte a leurs origines et dont l'aboutissement obligé ne peut être, semble-t-il, que la mort du père, obsessionnelle, attendue, fantasmée dans toute l’œuvre de Tremblay.Un des personnages de Im Lèche blanche l’avouait: «J'ai rêvé pendant des années que [.] j’allais lui tordre le cou de mes mains.» Iœ personnage du père est ici encore une caricature d’homme, écrasant et faible tout à la fois, comme il s’en trouve tant dans la littérature québécoise.En fin de compte, c’est peut-être là que se trouve le plus désespérant: dans ce «familialisme» extraordinairement tenace qui continue de hanter l’imaginaire de nos écrivains, y compris les plus jeunes, où les adultes ne sont que des enfants blessés, incapables d’avenir, dont le présent est tout entier occupé à explorer les décombres du passé.rchartrando videotron.ca 200 PAGES • 19,95 $ roman 19,95 $ Monsieur Malaussène est en flb LA DANSE JUIVE lANçtor i mu'un de son père, la résignation de sa mère et, plus profondément, le mépris dont elle sent qu'il n’est que l’envers de la haine.Elle rompt aisément avec une amie de longue date dont la minceur et le souci de la propreté l’exaspéraient.Le geste ne lui coûte pas beaucoup: elles ne se revoyaient que de loin en loin.Il lui est plus difficile de mettre lin à sa relation morbide avec Mel, mais il le faut, dit-elle, «avant que le mépris s’installe».Plus douloureuse encore, la rupture avec sa mère, cette femme dont elle voudrait «être lavée», dont la vie d’épouse quittée et entretenue lui apparaît comme «un châtiment éternel».Enfin et surtout, il y a son père; c’est dans sa famille à lui que les femmes sont grosses.Elle en vient à croire que, par son obésité, elle est le châtiment de son père: «il a engendré un monstre lui aussi».Son corps, elle le voit comme le réceptacle, la poubelle où s’accumulent tous les maux — l'hypocrisie, la vulgarité, le mépris — quelle transforme en graisse.Le «régime» névrotique auquel elle va se soumettre la confinera peu à peu à l’isolement.La narratrice, dans sa volonté forcenée de comprendre son état, en vient à gommer les particularités des personnes qu’elle connaît ou quelle ne fait que croiser; selon elle, chacun, y compris elle-même, est un être «déplacé», au propre ou au figuré, ou appartient à quelque «autre monde».Et même si elle ne semble être ni pratiquante ni croyante, elle se sert fréquemment du vocabulaire de la religion pour caractériser un destin ou pour stigmatiser un défaut.Ainsi, Mel «prêche» lorsqu’il parle, alors que son père serait «devenu une sorte de prêtre» qui, dans les émissions qu’il produi- LA DANSE JUIVE lise Tremblay Leméac, Montréal, 1999,143 pages La lecture des romans de lise Tremblay pour qui s’identifie à l’un ou l’autre de ses personnages peut être une expérience désespérante.Dans un monde étriqué, des personnages d’hommes et de femmes sont englués dans leur quotidien, quêtant à gauche et à droite un peu de réconfort.Leur héroïsme, si l’on peut dire, tient à leur capacité de survie; c’est celui de victimes dont la vie s’effiloche, hantés par un passé qui les a laissés amers ou soumis, déchirés entre le besoin d’y retourner et le désir de l’oublier.Par l’atmosphère d’en-isemble, La Danse juive se rapproche sans doute davantage du premier roman de Tremblay, L'Hiver de pluie, que de son dernier, Pêche blanche.Les lieux, quoique différents, se res-;semblent: le Vieux-Québec de L'Hiver de pluie comme le centre-ville «ethnique» de Montréal, où se déroule le récit de La Danse juive, sont en fait deux villages dans leur ville, enclaves familières de l’errance des protagonistes.Et ici comme ià, le personnage principal est une femme esseulée, sans amis véritables — la première, plus pudique, plus résignée à son sort que la seconde —, qui sait se rendre utile, ne fùt-ce que pour s’attacher les autres, et se taire, au besoin, [jour ne pas les ennuyer.Si la narratrice de 4a Danse juive, pianiste accompagnatrice dans une école de danse, se soumet aux événements et aux caprices de son entourage, on sent dans ses propos une rage rentrée qui peu à peu va s’exprimer à m R o h e r t C h a r t r a n d ?Explorer les décombres du passé l’encontre des uns et des autres.Elle va tenter de régler ses comptes.Avec une amie d’enfance dont la propreté et le conformisme l’exaspèrent; avec sa mère qui vit recluse depuis sa séparation en s’abrutissant de rasades de Southern Comfort, avec qui elle se sent un lien «éternel et impossible»', avec son père, un producteur d’émissions de télévision qui brandit sa réussite pour venger sa jeunesse humiliée, qui prétend au raffinement mais demeure foncièrement vulgaire; avec elle-même surtout, et particulièrement avec son corps vieilli prématurément, avachi par l’obésité, quelle décrit crûment en se traitant de truie ou de baleine.11 y a dans ses propos et dans certains de ses gestes — elle s’empiffre de nourriture à l’américaine — une jouissance autodestructrice, proprement névrotique.Elle a aussi deux amis, des hommes aussi dissemblables qu’il se peut: Paul, pianiste lui aussi, un garçon sympathique qui la soutient parfois; et surtout Mel, d’ascendance juive, quadragénaire mais éternel adolescent, un peu voyou, un peu commerçant, qui achète, et revend un peu de tout.A la fois tyrannique et évanescent, il la voit quand bon lui semble, partageant avec elle quelques repas, des beuveries, des étreintes plus hygiéniques que sensuelles.Mel est gros lui aussi, mais elle le trouve beau.Et puis, il a «une voix qu’on ne peut oublier», qui lui «traverse le bas-ventre».La honte Pour survivre, pour cesser de se haïr, cette femme va tenter de se délester des histoires du passé quelle a l'impression de porter dans sa graisse: la honte d’elle-même, la vulgarité Félix et Jacques FELIX LECLERC Filou le troubadour Marguerite Paulin XYZ éditeur, coll.«Les Grandes Figures», n° 22, Saint-Hubert 1998,181 pages Dans cette biographie publiée dans la collection «Les Grandes Figures», dont l’objectif principal est de «faire connaître et apprécier les héros qui ont marqué notre histoire», l’au-teure raconte, sur le ton intimiste, la vie de l’une des figures de proue de la chanson québécoise: Félix Leclerc.Depuis son enfance à Li Tuque jusqu'à ses derniers jours à l’île d’Orléans, on suit ce géant au cœur tendre dont le succès (4 la reconnaissance vinrent de France.On apprend, entre aub es, que Félix aurait plutôt souhaité être reconnu en tant quécrivain et homme de théâtre.Mais c’est comme chansonnier qu’il laissa sa marque.Comme quoi on est rarement satisfait de son sort! Un récit plein de tendresse! LAISSE COURIR TA PLUME.Lettres de Jacques Ferron à ses soeurs, 1933-1945 Edition préparée par Marcel Olscamp Présentation de Lucie Joubert Lanctôt, coll.«Cahiers Jacques-Fer-ron», n° 3, Outremont 1998,127 pages Troisième titre de la collection «Cahiers Jacques-Perron», qui vise à une édition critique du Fonds Jacques-Perron conservé à la Bibliothèque nationale du Québec, ce recueil regroupe les lettres de l’auteur à ses trois sœurs: Madeleine, Marcelle et Thérèse.Ces missives de jeunesse, écrites entre 1933 et 1945, étaient demeurées pour l’essentiel inédites.Tantôt destinées aux trois sœurs, tantôt écrites individuellement à chacune d’entre elles, elles sont l’œuvre d’un jeune homme en formation.Ferron, en frère aîné sérieux, prodigue à ses sœurs ses conseils, supervise leurs rencontres et leurs lectures.Tendres et parfois ironiques, ces écrits de jeunesse portent déjà le sceau de l’écrivain en devenir dont on découvre, par la bande, le cheminement et l’apprentissage littéraire.11 y a, entre autres, cette jolie lettre du 22 février 1937 dans laquelle Ferron fait parler son «écriture», fâchée par la critique qu'a faite d’elle Madeleine.Touchant! Marie Claude Mirandcttc i.k i) !¦: v o i h .i K s s ,\ m iî i> i !•: T l> I M A X ( Il K 2 S ï I V I! I I II I II !» !» I) IMA’ L I V R.I! S L E T T R R S Q U É H É COIS E S Van Gogh est heureux ! Récrire la petite histoire de l’art LA SURVIE : DE VINCENT VAN GOGH lean Pelchat XYZ éditeur, 1999 DAVID H INC K Que scniit-il arrivé si Napoléon avait remporté la victoire à Waterloo?Et si, par un hasard toujours possible, la pomme était tombée à côté de Newton?Qu’aurions-nous fait d’un John F.Kennedy continuant sans heurts sa tournée des boulevards de Dallas ce matin de 1963?La vie ordinaire aurait poursuivi son cours, me direz-vous, mais non sans en ressortir profondément transformée, |xmr ne pas dire inimaginable.Néanmoins, une remarque s’impose: pourquoi s'attarderait-on seulement sur les hauts laits de l’histoire politique ou scientifique?En effet, si certains historiens ou écrivains (la plupart venant du domaine anglo-saxon, surtout de la science-fiction) ont déployé toute leur adresse afin de proposer une Histoire virtuelle qui soit la plus credible jxissible, il y en a peu ou prou, à mon humble connaissance, à avoir tenté l'expérience sur la vie d'artistes célèbres.Passionné des arts visuels et œuvrant lui-même dans le domaine, Jean Pelchat vient combler cette lacune par la publication de son troisième ouvrage, un court roman au titre énigmatique et accrocheur.Comme ce dernier l’indique, l’idée de départ — ce que les spécialistes conviendraient d’appeler le point de divergence d;uis le fil de l’Histoire — n’est décidément pas banale: et si Van Gogh n’avait pas commis de suicide, s’il avait survécu?L'auteur semble avoir compris que, pour mener à bien pareille «biographie fictive», tout en suivant les règles implicites propres au genre, deux ingrédients s’imposent: une intervention sur l'Histoire qui soit, au départ, plausible (en guise de dais ex machina.) et aussi de très bonnes notions sur la période historique visée.Tout est affaire de vraisemblance, surtout lorsqu'il s’agit de «reconstituer» des événements qui rie se sont jamais produits et, en ce sens, Jean Pelchat réussit parfaitement a rendre l'époque de la fin du siècle dernier, les modes de vie et les réflexions artistiques qui y avaient cours.Va, donc, pour le réalisme et la vraisemblance historique.Détour vers le passé Là où l’auteur n'a pas pu, semble-t-il, s’empêcher de métisser les genres, allant jusqu’à frayer avec la science-fiction, c’est dans l’intervention initiale du personnage narrateur, un homme vivant à notre époque, féru de tableaux et d’histoire de l'art, et qui réalise son rêve d’assister au suicide du peintre grâce à un voyage organisé par une agence de voyages très particulière.Fort heureusement, le récit, construit avec l’économie caractéristique des nouvelles et dont l’auteur s’est fait une spécialité depuis les dernières années, passe sous silence ce périple à rebours dans le temps.Escamotant ainsi un développement vers le roman d’anticipation.la narration n’en conserve pas moins quelques-unes de ses potentialités, notamment celle de pouvoir faire témoigner le voyageur, une fois de retour, des bouleversements qu’il a provoqués, un |xm malgré lui, dans l'histoire de la peinture et de celle du symbole Vein Gogh.En s’immisçant d;uis la vie du peintre à un moment si critique, notre visiteur moderne contrevient aux règles les plus élémentaires du voyage dans le temps: «passer inaperçu, garder [ses] distances».Van Gogh prend soudain conscience du voyeur et interrompt le geste fatidique, intrigué.Le narrateur se présente alors comme un collectionneur envoyé par Théo, le fameux frère et agent du peintre, et obtient de celui-ci qu'il fasse son portrait Une fois rentrés à l’auberge, le maître mène à bien cette commande inespérée et nos deux compères étirent ensuite la nuit dans les conversations sur l’art, la fumée et les effluves d’absinthe.Au ix-tit matin, pour prévenir toute récidive morbide chez le peintre à l’oreille coupée, le voyageur substitue au pistolet une somme d’argent, assez considérable pour l’époque.Van Gogh vivra.Comment?C'est le fil de cette nouvelle existence que tentera de reconstituer le narrateur.Car le peintre de la modernité, paradoxalement rayé des livres d’histoire de l’art, échappera à la gloire et au mythe du peintre maudit, de l’inconnu génial et suicidé.La problématique de l’histoire virtuelle, laquelle parsemait lean Pelchat La survie de Vincent Van Gogh mn nu Ab) c a» .'VC- i % • U' | GG • , ®§«ft eVae / I XYZ éditeur ! déjà les répliques du précédent roman de Pelchat, Suspension (L’instant même, 1995), sous une forme cependant plus théorique, débouche enfin ici sur une démonstration convaincante et ludique.Délaissant donc une écriture romanesque alourdie par des thèses diverses sur l’art et l’histoire, les personnages n’expriment plus platement leur fascination pour les aixiries du détournement historique, ils y sont littéralement partie prenante.Cézanne et Picasso La mort ayant cessé de le hanter, Van Gogh prendra du mieux et montera en compagnie de son frère une petite affaire sur le marché de l’art.Ses toiles se vendront bien et, n’eût été du rand concours de JOURNALISME LE DEVOIR 19 9 9 VOUS QUE LE JOURNALISME INTÉRESSE ET QLHÊTES INSCRIT À TEMPS COMPLET DANS UN CÉGEP OU UN COLLEGE DU QUEBEC, VOILÀ UNE OCCASION D'AGIR.Pour saisir cette chance de mesurer vos aptitudes et - qui sait?- de faire vos débuts dans un grand journal, il s'agit de rédiger un article critique d'au moins 700 mots, sur une manifestation sociale ou culturelle d'ici: rassemblement populaire, événement sportif, film, livre, pièce de théâtre, ou autres.À retenir: • Votre participation à ce concours peut s'insérer dans le cadre de vos cours.• La date limite des envois de textes au journal Le Devoir est le 19 mars 1999.• La remise des prix aura lieu en mai 1999.% A gagner: 1er prix: Une bourse d’études de 2 000$ ainsi qu un voyage et séjour de découverte conviviale de la France (condition d admissibilité, avoir 1 8 ans et plus).2e prix: Une bourse d'études de 2 000$ 3'prix: Une bourse d'études de 1 000$ Des prix de participation, tels des logiciels et des abonnements au Devoir et o a revue Forces seront aussi attribués par tirage.,.\ l‘().\l).VI II)\ DI DEVOIR AQPF Votre professeur de français vous en dira davantage sur les modalités de participation.jiiun récit s’apparentant plus par certains moments à l’exercice de style (à défaut de pouvoir pousser l’idée de départ jusque dans ses moindres retranchements), on en retire l’impression d’une histoire fragmentaire, morcelée entre les moments marquants des annales artistiques.Voilà Van Gogh en homme d’affaires heureux, le voici en compagnie de Cézanne, le voilà encore avec les jeunes fauyistes ou futurs cubistes.Épinglé sur les cartes postales de l’histoire de l’art, notre peintre survivant se profile, pourrions-nous dire, à travers la lunette de notre condition postmoderne de l’Histoire.Habile dans le pastiche, l’auteur nous surprendra souvent, songeurs devant une «fausse» lettre adressée à Théo ou devant la description du portrait qui aura changé la vie du Hollandais.Celui-ci, mettant en scène sur deux plans le visiteur du futur et l’autoportrait célèbre de Van Gogh, peut se lire comme un véritable clin d’œil aux théories de la représentation, un pied-de-nez à l’histoire de l’art.Donc, si ce dernier cru de Jean Pelchat apparaît sans contredit comme son roman le plus accessible aux non-initiés de l’art, il n’en demeurera lias moins plus stimulant sur le plan intellectuel que sur celui de la fiction comme telle.Que serait-il arrivé si l’auteur avait choisi de nous raconter le suicide de Monet?0 (laviclhinceCu iname.com LA CHRONIQUE L’absent étrangement présent J écrivais.Je ne voulais pas écrire, je voulais vivre.Mais j’écrivais.Je voulais vivre, mais je ne savais pas ce que ça voulait dire, au juste, vivre.J’imaginais de stupéfiants accomplissements, une rencontre exceptionnelle entre mon corps et mon destin.Je me pressentais bourré d’adresse et de courage et aussitôt chutais dans le même sentier, où mes pas d’hier étaient toujours dessinés sur le sable.Je désirais m’échapper, me fuir, m’abandonner au pied des marches et me retrouver en plein cœur d’une belle bataille, que j’étais sur de gagner.Me fallait-il satisfaire l’appétit effrayant que j’avais pour l’indiscernable, Ttitopique, le fluctuant?Le réel incertain me jouait des tours.J’étais incertain aussi, nous étions d’égal à égal, nous ne nous rencontrions que pour la durée d’un songe, où je n’étais pas seul maître après Dieu.J’écrivais: faute de sortir de moi, comme la couleuvre quitte sa vieille peau, je subissais l’équivoque mutation du rêveur qui entre à l’improviste dans sa vision.Ce n’était pas si mal, c’était triste, c’était une aventure approchant le saut, le bond, l’envol hors de moi.J’écrivais, comme le vent soufflait, comme tombait la pluie, comme il faisait soleil, de temps en temps.J’écrivais par oreille, j’écrivais du bout du nez, du bout des doigts, j’écrivais à tâtons.Papier carbonisé Je remplissais des pages et des pages, qui s’enflammaient devant moi, et je relisais du papier carbonisé, qui s’émiettait entre mes doigts.Ce n’était pas ça! C’était tout sauf ça! Puis j’oubliais le méchant tas de mots réduits en cendre, pour tâcher de vivre.Mais je ne savais pas vivre.J’étais en deçà, au-delà, à côté.Je survolais des abîmes quand les autres avançaient tranquillement sur le chemin et m'assoupissais paisiblement au beau milieu d’une escarmouche, où se jouaient des vies.J’étais distrait, inattentif, étourdi.D' vrai ne m’émotionnait pas outre mesure.Le faux non plus.J’avais une grande prédilection pour le poignant, l’empoignant, pour le dramatique, le passionnant.J’écrivais, c’est-à-dire que je faisais flèche de tout bout de bois, Pâques avant les Rameaux, je vendais la peau de l’ours avant de l’avoir tué, je mettais la charrue devant les bœufs, je faisais d’une pierre cent coups, j’allais plus vite que le violon.J'étais conscient de ma hâte, de ma fébrilité, de ma trop grande vitesse, de ma confusion, de mon enthousiasme déraisonnable.J’écrivais en fou, en grand bousculé qui ne sait plus s’il est très en retard ou bien terriblement en avance.J’écrivais en assailli, en dérangé, parfois même en persécuté.J’étais maboule et martyr.Je n’étais rien, dès que je refermais le cahier.Je redevenais ce gnome qui s’efforce de vivre, de saisir la vie, de la comprendre, de la suivre.Obstacles Je tombais, je me donnais à moi-même des jambettes, je disposais plein d’obstacles devant moi — il me semblait que je devais me faire mal sur quelque chose, plutôt que d’endurer ma torpeur de demi-vivant, ma déambulation de spectre dans les corridors — et alors je poussais des gémissements de tor- R o b e r t /, a I n d c Ecrire a corps perdu, à cœur trouvé, la tête folle et les jambes en guenilles «Québec : une autre POÉSIE de langue française» Lectures croisées de: José ACQUELIN Martine AUDET Paul BÉLANGER Claudine BERTRAND David CANTIN Francis CATALANO Carle COPPENS Carole DAVID Hélène DORION Guy DUCHARME Louise DUPRÉ Corinne LA ROCHELLE Be r t ran d I jW E R D L) Rl'L Marc VAILLANCOUR I Présentées par David CANTIN et Henri DELUY, à l'occasion de la parution du numéro 153-154 d’«Action Poétique».Le dimanche 28 février à 15 h Librairie GALLIMARD 3700, boul.Saint-Laurent Téléphone -190-2012 turé, qui faisaient rire mes camarades.J’étais drôle, en apprenti individu, en jeune homme approximatif: en épouvantail, finalement.Un épouvantail cpii n’épouvantait pas tellement, mais dont l’immobilité forcenée ébahissait tout de même un peu.Les autres ne pouvaient pas — ne devaient pas — savoir qu’il avait commencé de me grouiller d’étranges bestioles dans le cibou-lot.J’écrivais aussi parce que je ne savais pas, ne pouvais pas dire, raconter, dépeindre.J’écrivais en grand mystère, dans le plus complet secret, la plus totale débandade.Je n’apprenais pas à écrire, je m’habituais à ma folie, à mon vice, à ma passion, à mon imperfection, heureuse par grands coups, malheureuse par grands coups.Je ne voulais pas de mes éblouissements et de mes misères: j’écrivais involontairement, accidentellement, convulsivement, inconsciemment.J’écrivais à corps perdu, à cœur trouvé, la tête folle et les jambes en guenilles.J’écrivais en anonyme, en clandestin, en inconnu, en absent étrangement présent.Absent qui voulait vivre, s’efforçait d’exister et se découvrait moins véridique, moins avéré que ceux et celles cpii vivaient pleinement sur ses pages.J’écrivais pour donner le soupçon que je vivais, que je savais vivre, tout au moins que je savais ce que ce serait que de vivre si je vivais vraiment.Alors j’écrivais furieux, exalté, visionnaire.Je ne me souciais plus de signification de sens, de vraisemblance ni même de vérité: j’écrivais enragé délirant, épouvanté, transporté.J’écrivais le trouble, l’injuste, l’immérité.J'écrivais en aliéné, en fou à lier, en incarcéré qu’on va pendre à l’aube.Et puis j’oubliais mes pages furibondes, pour tenter de vivre un peu.Frénésie J’étais mystérieusement défâché, j’errais dans l’improbable jour le jour, j’étais vacant, ballant, mou, oscillant, inattaquable, quasiment serein.Je priais, mangeais, étudiais un peu, jouais au ballon, jasais avec les amis, en apparence un vivant bien ordinaire, et alors j’étais à peu près content de faire si facilement illusion.Mais mon accalmie ne durait pas longtemps: ma frénésie me reprenait, enthousiasmée par ce qu’écrivaient les autres, les plus fous que moi, les plus braves, les plus téméraires.Je recopiais des phrases superbes, des phrases terribles, des phrases incendiaires, des phrases explosives, et voilà que j’écrivais comme si je vivais, que je vivais en écrivant, que commençait la vraie vie, et alors j’oubliais que je ne vivais pas.J’étais alors surabondamment vivant, une force de la nature, un phénomène de foire, un prodige inexplicable et tourbillonnant, un astre en fusion, une comète filante.Il me semblait qu’une auréole m’encerclait la face, comme l’apôtre au matin de la Pentecôte.11 y avait transsubstantiation, j’écrivais divinement, j’étais inspiré.J’avais tant attendu ce jaillissement, cette éruption, que je bariolais, peinturlurais, barbouillais le papier, la paume tachée d'encre, comme se zèbre de sang la main du stigmatisé.Je n’osais pas me relire, de peur de n’apercevoir que des pattes de mouche dans une mare de sang, que les reliefs d’une espèce de festin d'ogre, éparpillés sur la page.J’avais écrit et, contrairement à Yahvé, je ne voyais pas si tout cela était bon.La fulgurance était passée et je recommençais à faire semblant de vivre.J’étais dieu déchu, ange aux ailes coupées, héros le nez dans la poussière.Retourné chez les vivants, je ne concevais plus mon illumination, j’avais perdu le souffle, je ne possédais plus la grâce, je redevenais coutumier, impersonnel, oubliable.Ni Dieu ni le Diable ne venaient à mon secours, quelque ferventes que fussent mes supplications.J’étais tout seul à souffler sur mon tison puis à le voir s’éteindre, tout seul à battre le fer pendant qu’il était chaud et ensuite à le tourner dans ma plaie, avec une sorte de joie suffocante, aperçue de personne.Toi, qui m’écris que tu veux écrire, j’ai bien envie de te demander si tu soupçonnes jusqu’où il te faudra le perdre de vue, t’oublier, te méconnaître, t’échapper, t’obscurcir et t’éblouir, jusqu’où tu devras t’aùâil-cer, en ignorant que tu marchèà dans le bois du loup.Jusqu’où tu es prêt à accepter de n’être tantôt qu’un demi-vivant, tantôt qu'une boule de feu cpii traverse tes alentours.Et ne me dis pas que je suis fatigué, atrabilaire et démoralisàùt: je te demanderai aussi jusqu’où tu es prêt à subir une allégresse sublime, insensée, aussi intransmissible que l’est ton amour, pour qui passe s o n c h e min sans mê m e t’apercevoir. I K I) i: V 0 I It , I K S S A M I.II I K T I) I M A X ( Il K 2 S F K V It I K It I 1) !» !» I) f) L I V I! E S LE FEUILLETON Famille, je vous hais.LES CENT FRÈRES Donald Antrim Traduction de l'américain par Robert Pépin Editions de l’Olivier Paris, 1999,204 pages Qui est ce Donald Antrim dont on dit, en quatrième de couverture, qu’il est un ancien élève d’Angela Carter (Brown University) et l’un des «jeunes écrivains américains les plus brillants de la décennie»?Pour tout dire, je n’en sais rien, sinon qu’il a 28 ans, qu’il a fait paraître en 1993 un roman dont on n’a pas encore la traduction en français, Elect Mr.Robinson for a belter world, où il raconte l’histoire des habitants d’une banlieue des Tropiques qui basculent dans le terrorisme urbain et transforment leur propre ville en chaos, et qu’il a aussi publié The Verificationist, encore en attente de traduction.Nous avons donc, avec Les Cent Frères, son premier roman en français qui, nous dit-on, fait partie d ’ u n e trilogie.Antrim semble en tout cas avoir de la suite dans les idées et, surtout, un sens très précis de l’anarchie qui gouverne les relations h u m a i n e s .Certes, on ne se retrouve pas, avec Les Cent Frères, dans une jungle urbaine qui verse dans le chaos, mais bien dans un lieu clos, une bibliothèque familiale décrépite, où règne un chaos tout aussi grand et, sans doute, encore plus surréaliste.En effet, quel vaste foutoir baroque que ce roman! Et combien éclaté! Quelle cruelle et absurde parodie des relations humaines, prenant pour cadre une famille qui comprend cent frères, «tous nés le 23 mai, soit le même jour, mais à des heures différentes et en des années diverses», et qui se réunissent chaque année pour commémorer la mort du Père, dont à peu près plus personne ne se souvient.Une comédie?Une tragédie?Plutôt une tragicomédie qui ressemblerait à un match de foot irlandais sur le terrain détrempé d’une bibliothèque en ruine et dont les lustres, se balançant sur leur câbles incertains, n’arrêtent pas de s’éteindre et de se rallumer, où le vent et la neige s’infiltrent par les fenêtres pour former des tas, où le vent souffle sans que Pâtre ne parvienne à réchauffer l’atmosphère, où les murs sont tapissés de silhouettes tordues d’animaux et d’oiseaux, où les chauves-souris volent en tous sens, poursuivies par les jumeaux qui sautent par-dessus les tables avec leur raquette de tennis, où les fissures se multiplient, les plâtres du plafond tombent en lambeaux, où l'image du Père, dans ces ombres qui sillonnent et agitent le plafond, surgit, déformée, pour parler au narrateur ou lui reprocher des choses, bref!, une grande hallucination collective partagée par des frères qui n’ont en commun que leur rassemblement en un même lieu et un même temps (le récit se déroule sur une douzaine d’heures).Un fatras que tout cela?Disons plutôt une allégorie surréaliste qui, sans nous convaincre entièrement par la forme, nous donne cependant beaucoup â réfléchir.La généalogie en ruines On connaît la complexité des généalogies, mais on oublie souvent â quel point elles forgent l’histoire des familles, y déposant un «ensemble de blessures psychologiques transmises à travers les âges à toute la descendance».Le narrateur, Doug, est passionné de généalogie et voudrait bien taire partager sa passion â ses frères.Mais, à l’évidence, il n’y parvient pas.«Hé, Doug! Tessaies toujours de comprendre d'où on vient tous?— Im généalogie est l'histoire indigène du moi, renvoyai-je à ce crétin, en passant.» Peut-être tout simplement parce que ce genre d’histoire n’intéresse plus personne aujourd'hui.L’arbre de la connaissance (de soi, des siens) ressemble peut-être a cet arbre chétif et dénudé qui se meurt dans le jardin attenant â la bibliothèque— jardin lui-même laissé à l’abandon depuis longtemps et qu'oc- Jcun - Di erre De n is ?Quel vaste foutoir baroque que ce roman Commandez vos livres chez Renaud-Bray Nous expédions partout au Québec poste ou messagerie.Montréal : 342 - 2815 Extérieur : 1-SS S -746 -2283 E-mail : sad( paritions aux Etats-Unis ont cependant été plus rares: le passage au MACM constitue son premier solo en Amérique du Nord.Son travail porte sur «les notions d’identité sexuelle, de relations interpersonnelles, de maladie et de mort».L’exposition est modeste.Deux séries d’œuvres prennent tout l’espace de la salle autrefois désignée comme salle-projet du MACM: Envases: el cul-to a la madré, 1996-1998 (Vases: le culte à la mère) et Habitaciôn, de 1996 (La Chambre).Ces deux séries s’approprient l’effet cinéma: mise au noir, projections, ruptures d’échelle, narration.A cela près que le cinéma impose un spectateur silencieux et immobile, qui ne participe pas à la projection sinon par sa pulsion de voir.Le dispositif est simple: l’artiste a placé devant des projecteurs de diapositives des contenants de produits domestiques, dont les formes arrondies se projettent surdimensionnées sur le mur-écran.Ainsi, des figures se détachent du mur dans ces ombres portées, qui articulent des figures associées au corps de la femme, à ses rondeurs.De celte façon sont reconstituées sur le mur des figures matriarcales, archétypes fini s’échappent des contenants de produits de nettoyage.Les figures de diverses Madones sont délimitées par les ombres — dont une sorte de «Madone au serpent» —, qui deviennent les lieux d’autant de projections de l’imaginaire.Outre les effets, disons, atmosphériques de l’ensemble, qui fonctionnent par ailleurs à merveille, impossible pour nous de réprimer une certaine réticence, non lias envers l’utilisation comme matériau de ces contenants, non plus que vis-à-vis de l’efficacité du dispositif de présentation.Ia> pouvoir d’évocation dont parle la commissaire de l’exposition, Sandra Grant Marchand, est bien réel, mais il se retourne comme un gant.la libre évocation des tâches domestiques et du domaine de la féminité ainsi que la suggestion de sentiments religieux et des pouvoirs génériques et imaginaires des ombres portées n'effacent lias la correspondance simple entre féminité et domesticité.Par contre, un sentiment presque tangible d’inquiétude émane de ces pièces, une dimension importante d'un travail qui ne fait pas non plus l’économie d’une dose appréciable de drôlerie.Cela dit, le dossier de l’artiste révèle qu’elle a déjà montré ces œuvres en projetant les ombres sur un écran que devaient traverser les visiteurs, découvrant de l’autre côté la source de l’imposante apparition.Cette autre spécificité de l’effet cinéma, la succession toujours surprenante dt's images, devait donner (qui sait, spéculons!) à ces œuvres une SOURCE MAC DE MONTREAL Vessels: The Cult of the Mother, 1996, une œuvre d’Eulàlia Valldosera aura critique tirée de la révélation même de la source, par l’écart entre la monumentalité de l’ombre et la trivialité de la source.Un «théâtre d’ombres» L’inquiétude et le mystère sont repris dans l’autre pièce présentée dans cette sélection.Au centre de la salle, une large structure a été érigée, sorte d’écran protecteur enveloppant.Sur cet écran défilent les ombres suggérant des scènes domestiques.Encore ici, les corps des visiteurs se superposent aux ombres des «acteurs», prenant une part a la représentation vidéographique.Du coup, ces ombres passantes acquiè- rent le statut voyeuriste de cette autre ombre, à droite, qui se tient là sans réellement prendre part aux scènes se déroulant devant nos yeux, mais qui en épie nonchalamment les moindres développements.Ainsi, le clivage entre voir et être vu est fracturé, puisque l’œuvre intègre la périphérie à même son dispositif, de la même manière que l’ad-moniteur des tableaux de la Renaissance, qui dans le tableau sollicite directement le regard du spectateur pour le diriger sur ce qu’il y a à voir.Ici, cette figure mystérieuse, placée dans la marge, en s’emparant de notre position (elle nous tourne le dos), nous assigne un rôle.Iœ spectateur, pour ainsi dire à son corps défendant, devient du coup partenaire de ces fictions de cuisine.Cette œuvre est sans contredit plus riche que les précédentes.Après avoir visité la salle, convaincus ou non, vous devriez jeter un coup d’œil à la courte sélection de bandes vidéo documentant les performances plus radicales de l’artiste.Après, pas avant.Cela ne vous gagnera peut-être pas à cette production — peut-être serez-vous déjà, de toute façon, sous le charme —, mais cela vous permettra de mieujc situer l’ensemble de ce travail.A notre avis, les meilleurs travaux de Valldosera y sont présentés et reprennent des paramètres similaires: outre l’illusion entre le réel et le représenté, le quotidien ainsi que les actions banales dans lesquelles est impliqué le corps, et finalement le corps médiatisé par le cinéma (une de ces performances, fascinante, nécessitant un projecteur cinématographique, est d’une belle complexité, et toutes sont envoûtantes).René Derouin Betwe.en-Parai s-o bois reliefs polychromes, céramiques, bronzes ét œuvres sur papier Rencontre avec l’artiste le samedi 27 février de 14 h à 16 h Jusqu'au 27 mars GALERIE SIMON BLAIS 4521, rue Clark Montréal H2T 2T3 514.849.1165 Ouvert du mardi au samedi de 10 h 00 à 17 h 30 Du 2(» février au 20 mars (j/an (Johnson Gravures anciennes et modernes inc, fêtent 20 années en affaires Du 3 au 20 mars SUE RUSK de la série Sonate collages aux techniques mixtes GALERIE DOMINION 1418, rue Sherbrooke Ouest.Montréal 845-7471 Du mar.au sam.de I Oh à I7h Plats, les écrans LES QUATRE SAISONS Alexandre Castonguay Espace Vidéographe 460, rue Sainte-Catherine Ouest, local 504 Jusqu’au 20 mars BERNARD LAMARCHE \ A l'occasion des 17' Rendez-vous du cinéma québécois, l’Espace Vidéographe, la galerie du centre de diffusion de la vidéo, présente une installation vidéographique de l’artiste Alexandre Castonguay.Souvenez-vous, il avait été possible de voir une œuvre de ce dernier lors de l’exposition Artifice 98 l’été dernier, dans des locaux désaffectés du centre-ville.L’événement d’art contemporain, on s’en souvient aussi, avait été monté par quatre commissaires, dont Marie-Michèle Cron.Incidemment, c’est Cron qui présente, à titre de commissaire invitée, l’œuvre de Castonguay au Vidéographe.De fait, l’ancienne critique du Voir et du Devoir, qui se spécialise désormais dans la vidéo, était en charge du segment consacré à ce médium dans la programmation des Rendez-vous.Dans Artifice 98, Castonguay avait présenté Chutes, un spectaculaire mur de vieux téléviseurs sur lesquels déferlait, au rythme secoué, une cascade vidéo représentant une chute d’eau selon différents point de vue.Outre le côté vétuste de l’ensemble des moniteurs vieillots qui évinçait les ahurissants monolithes télé dont la culture télévisuelle raffole, l’installation réagissait aux déplacements des spectateurs, qui contrôlaient la vitesse des changements de «canaux», agissant pour ainsi dire comme télécommandes.Dans l’Espace Vidéographe, Castonguay fait une fois de plus retour sur la désuétude de la technologie.Pour cette nouvelle œuvre, Castonguay a fait basculer le plan de son mur d’écrans, qui désormais jonche le sol.Les téléviseurs dépareillés, récupérés dans les brocantes ou réunis grâce aux petites annonces dans les journaux, envahissent le plancher de la galerie, encerclant sa (gênante) colonne.La nouvelle PAPIER GRIS/VIDEOGRAPHE Les Quatre Saisons, 1995-1999, d’Alexandre Castonguay œuvre est également dotée de capteurs de mouvements qui, réagissant au passage des visiteurs, rompent la continuité des images diffusées, reproduisant le hoquettement des anciens postes.Or cette rupture bouscule la temporalité des images.A chaque capteur de mouvements correspond une saison dans le paysage horizontal que représente la vidéo.A la promenade du visiteur correspond le changement des saisons.Le dispositif Le point de vue, lui, reste toujours le même, au point d'en être banal, réussissant à faire se porter l'attention sur le dispositif en place.Il est celui d’une caméra braquée sur un plan d’eau ballotté au flux des saisons.Certaines images sont extrêmement agitées, comme la crue du printemps, d’autres sont immuables, figées de force dans l’hiver.La banalité de ces plans fixes trompera les visiteurs qui ne s'aventureront pas dans la salle.Au demeurant, il restera toujours à voir la fluctuation des teintes et de la fidélité des moniteurs à rendre le signal vidéo, autre déclinaison, avec leur style daté, de l’usure de leur technologie vieillissante.Ce faisant, par contre, le visiteur pressé raterait une des dimensions majeures de l’œuvre, à savoir la syncope qui en dicte la temporalité condensée.L’œuvre passe la notion de paysage au crible de la culture télévisuelle.De fait, Castonguay est pour l’instant un des rares jeunes artistes d’ici (il est de Hull) à s’intéresser à ce domaine avec autant d’assiduité.Il ne reste qu’à déplorer la présence de la colonne à peu près au centre de l’«étalage».L’architecture crée un parasitage supplémentaire qui n’est pas des plus heureux.Une reproduction photographique de l'œuvre sur le dépliant fourni avec l'exposition (texte de M.-M.Cron) la montre sans cet élément perturbateur.L’effet centripète sur cette image est décuplé, que vient atténuer l’élément inamovible.L’œuvre est déjà une réussite, imaginez l’effet donné si elle se déployait sans cette contrainte aussi opaque.On a déjà hâte de la revoir, alors qu'elle pourra mieux respirer.CHIMERE La maison de la culture Plateau-Mont-Royal et Nuit Blanche sur Tableau Noir invitent les artistes du Plateau-Mont-Royal à soumettre leur candidature pour participer à une exposition cet été.Nous recherchons des artistes intéressés à présenter une oeuvre s'inspirant des thèmes suivants: - Mythes et légendes - Contes et chroniques - Fétiches et talismans Sont admissibles les projets de peinture, gravure, dessin, photographie, vidéo, sculpture et installation ne dépassant pas 6' X 6'.Le jury qüi fera la sélection tiendra compté des critères suivants: • démarche actuelle, recherche artistique • originalité, nouveauté, innovation • fantaisie, extravagance Faites parvenir un dossier comprenant: • 2 diapositives ou photographies de l'oeuvre soumise •un bref curri eu I u m v i tae • et un court texte décrivant votre démarche ou votre projet Avant le 7 mai 1999 inclusivement à l'adresse suivante: Maison de la culture Plateau-Mont-Royal 465, av.du Mont-Royal Est Montréal, vQc H 2 J 1W3 •Renseignements: 8 7 2- 2266 www.ville.montreal.qc.ca/maisons Ville de Montréal méKToires DE CHAIR —"PASTELS et ENCAUSTIQUES EXPOSITION DE NATHALIE CLOUTIER Du 3 mars au 11 avril 1999 Vernissage le 3 mars à 17 h MAISON DE LA CULTURE MARIE-UGUAY 6052, boulevard Monk métro : Monk, autobus 36 Est ENTRÉE LIBRE Renseignements : 872-2044 www.ville.montreal.qc.ca/maisons Ville de Montréal Tableau Non Nuit Blanche sur Un des artistes I marquants dec JEFF WALL J*?¦ Oeuvres 1990 -1998 mm Jf^.F nîtrjf.î?r 185; rue Sainte-Catherine Ouest Renseignements : (514) 847-6226 MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Québec :::: Jusqu’au 25 avril 1999 POSir^MAIL IVniacom STcàII i i) m I.E I) K (M l( .I.E S SA M E I) I E T I) I M A X ( Il E 2 S Y E V 11 I E II I !» I» II LE Pour conclure sur l’opération Réno-Métro, initiée par la Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal (ST-CUM), le deuxième volet de la page Formes présente les choix et les motivations de l’entreprise de transport urbain et décrit les transformations apportées aux «jadis» petits édicules du réseau sous-métropolitain.JACQUES MARTIN Totalisant (50 millions de dollars et financé à 50 % par le ministère des Transports du Québec — le reste étant partagé entre la ST-CUM et l'AMT —, les premiers travaux ayant débuté en juin 1997, trois mois après le premier appel d’offres, et l’ensemble devant être complété en septembre 1999, Réno-Métro opère une cure de rajeunissement du parc immobilier de la STCUM, dont l’actif en édicules, voûtes de tunnels et garages s’élève à près de quatre milliards de dollars.Le secteur des travaux se limite essentiellement au réseau initial, soit entre les stations Henri-Bourassa et Bonaventure Oigne orange), Frontenac et Atwater Oigne verte), la ligne Berri-Longueuil • et le Centre de contrôle Providence, situé à l’angle des rues Béni et Ontario.En tout, 31 stations sont touchées par cette opération.Si on a choisi de «restaurer» l’intérieur de stations et de changer plusieurs escaliers mécaniques, on a carrément décidé de «rénover» l’extérieur des édicules afin de faciliter l’accessibilité au métro, d’accroître la sécurité, de changer certains escaliers mobiles et, surtout, d’éliminer le fameux «effet piston» causé par le déplacement des wagons entre les stations.Le processus global s’est déroulé selon les règles et des rencontres d’échange d’information — et non de consultation — avec les citoyens ont eu lieu, notamment pour la station Beaudry où il était urgent d’y construire un édicule plus transparent, moins propice aux «activités» se déroulant dans son petit parc.Il y eut consensus général.La STCUM a d’abord réfléchi en entreprise, en accordant la priorité à son service à la clientèle, et adopté l’habituelle politique de «rénovation-réparation».De plus, «l'image corporative “architecturale" de la STCUM n’existe pas, du moins pas explicitement.Il y a bien des normes: sécurité, besoins matériels et respect de l'image “médiatique” de la compagnie.Mais -j-en dehors de ça, c'est carte blanche pour l’architecte.D’ailleurs, à l’origine, au début des années 60, on avait pris la décision qu'il n’y aurait pas de stations identiques et qu’on ferait appel à des architectes différents.Mais comme le choix des matériaux est très limité et si les contextes sont les mêmes d’une station à l'autre, des constantes architecturales ont néanmoins ressurgi», note Gaétan Pelletier, architecte et responsable de l’ensemble des opérations de Réno-Métro.Il y a 30 ans, les édicules avaient été conçus de manière temporaire, en prévision de construction éventuelle de bâtiments au-dessus de la station, comme dans le cas de l’UQAM par exemple.Par la suite, l'ajout de parcs à proximité de plusieurs stations et l’abandon progressif de projets immobiliers sur ces sites nous ont incités à reconsidérer plus sérieusement la place qu 'occupent nos édicides.» Si le service d’architecture de la STCUM s’est réservé la conception d’une première série d’édicules avec les stations Berri (édicule Sainte-Catherine), Papineau et le Centre Providence, en collaboration avec les firmes d’ingénieurs CIMA + et SNC-Lavalin, pour les autres stations on a choisi de travailler, par appels d’offres, avec cinq équipes externes pluridisciplinaires dirigées par des firmes d’architectes.Parce que, comme le fait remarquer Gaétan Pelletier, «l’architecte est le plus en mesure d'assurer la coordination d’un projet de construction pluridisciplinaire».Jarry, Square Victoria et Champs-de-Mars ont été commandés à Boisvert, la-porte, architectes; Beaudry, a Béique, Thuot, Legault, architectes; Frontenac, à Bisson et associés; Rosemont et McGill, à Régis Côté, architecte; et Mont-Royal et Laurier Nord, à Réal Paul, architecte.Laurier Nord La station laurier Nord retiendra d’abord notre attention.L’édicule original était composé simplement de quatre murs, dont deux grands plans aveugles recouverts de pierres et deux autres entièrement vitrés, placés aux extrémités.C’est par une de I» x « Edicule Sainte-Catherine iUKiia •< Mfcgr ¦¦ ces extrémités qu’on s’engouffrait dans le métro, sitôt passé la porte.L'architecte Réal Paul a eu l’idée d'ajouter à l’édifice existant un espace vitré accolé directement à l’ancien édicule, mettant bien en évidence le chevauchement des deux toitures plates, tout en laissant voir clairement qu’il s'agit d’un ajout.Les plans de verre se croisent et vont déborder à l’extérieur, comme pour faire ressortir le côté éphémère de la présence du lieu et dans le lieu.«L'ancien édicule était tellement simple.L’idée était de répéter certains éléments intéressants de Laurier Sud : les puits de lumière, les poutres de béton à angle, la séparation claire entre la toiture et la fenestration.» Si l’intervention semble simple, elle est néanmoins structurellement complexe: «Pour souligner l'idée d'un toit plat posé sur un autre toit plat, j'ai dû utiliser des poutres en béton inversées, non apparentes, ni de l’extérieur ni de l’intérieur de l'édicule», ajoute Réal Paul.Laurier Nord est exemplaire.L’intégration est subtile, visant d’abord à rehausser l’existant, à contre-tendance actuelle, si on exclut l’approche française de superposition des couches du bâti telle qu’utilisée par l’architecte Bernard Tschumi.Les dessins et maquettes de la station Mont-Royal sont également intéressants: recul de l’édicule et modulation intelligente de ses murs arrière, rajout d’une structure métallique pour abriter le petit marché extérieur et création d’une large place publique à l’avant, qui ouvrira enfin une perspective avec vue sur le bâtiment historique de l’église du Très-Saint-Sacrement.Berri: édicule Sainte-Catherine L’édicule Sainte-Catherine fait réagir: trop imposant et à la fois trop «perdu» dgns cette grande place publique qu’est le parc Emilie-Gamelin.Gaétan Pelletier tient cependant à rétablir le contexte: «Les systèmes de ventilation du métro, situés à la Place Dupuis, faisaient de la condensation sur sa façade.Nous avons dû déplacer ces équipements ailleurs.L’UQAM était réticente à les recevoir.La seule solution était de les rajouter sur notre propre édicule au coin de Sainte-Catherine.On a alors dû baisser le plafond interne, modifier l’emplacement et la grosseur des colonnes et surélever le toit afin d'y rajouter toute cette mécanique qui transforme considérablement le projet initial.» De plus, «la Ville de Montréal prévoyait d’installer une grande patinoire publique à proximité de l’édicule, au centre du parc Emilie-Gamelin, et un petit édifice de services à l’angle de Sainte-Catherine et Saint-Hubert.Il est certain que, visuellement, l’ensemble aurait été plus harmonieux et moins “prè- Station Laurier Nord Éloge du métro Pour Philippe Lupien, rédacteur à la revue ARQ et collaborateur chez Schème Consultants, il ne fait pas de doute que le préjugé défavorable envers l’architecture des années (50 incite les individus à vouloir «corriger» même ses bons éléments: «Il ne nous reste de cette période de la modernité “flamboyante" et d’Expo 67 que le métro.À cette époque, on ne songeait pas à questionner I impact “architectural" du métro dans la ville.On pensait en terme de fluidité de la circulation et de défi technologique.Pourtant, le métro a été un geste durable, d’un grand optimisme.On s'est retrouvé avec des édicules conçus par des architectes formés aux beaux-arts qui ont eu à réapprendre rapidement comment utiliser le langage moderne en architecture.Il se dégage de ces premiers gestes modernistes beaucoup de simplicité et de modestie, notamment par l utilisation de matériaux, généralement pauvres, presque des matériaux de bungalows: un peu de béton, de la poutre d’acier apparente, du verre, du stucco [.] mais aussi par la toiture plate composée d’une simple dalle (souvent à ossature de bois), le rythme en alternance des panneaux de verre et de briques ou de pierres, la hauteur basse des édicules suggérant que tout se passe en dessous et non au-dessus comme c’est maintenant le cas avec plusieurs nouveaux édicules.» «Us nouveaux édicules sont plus grands, plus aérés, plus gris également.Il célèbrent davantage la pérennité de la compagnie que l'expérience de s’engouffrer sous terre, devenue aujourd’hui plutôt banale, même si les visiteurs étrangers sont chaque fois fascinés par notre réseau souterrain, lui prêtant toutes sortes de vertus qu’il n’a pas nécessairement.» tentieux", comme l’ont prétendu certains.» Ceci dit, on peut toujours reprocher à Pédicule son espace intérieur trop restreint, qui souligne la disproportion de son volume et de ses éléments extérieurs.Rénover ou restaurer Tout lifting n’étant pas nécessairement une réussite, celui de la Société de transport laisse un peu trop transparaître les marques de l’intervention rapide et «efficace», même si l’opération, jugée nécessaire, visait d’abord à plaire a la clientèle.On peut dire qu’il y a absence de politique patrimoniale à la STCUM.A la STCUM, comme à la Ville de Montréal ou à Québec, on ne semble pas se rendre compte de la valeur extraordinaire des édicules.Comme l’a fait remarquer Gaétan Pelletier: «Un édicule est un bâtiment urbain qui supporte un système industriel complexe.Un métro, c'est un train à assez grande vitesse, passant sous la terre.Il y a donc énormément de facteurs techniques et d'équipements à respecter avant même de pouvoir tenir compte des données d’un autre ordre, incluant les préoccupations architecturales.» Pourtant, le «Web métro», dans sa phase initiale, était non seulement une forme unique du modernisme architectural, mais aussi un regard précurseur, peut-être inconscient, d’une organicité réseautique, d’une architecture éphémère où la virtualité ne s’arrête pas qu’au plan mais souligne aussi la mouvance, le côté éphémère, l’in-terconnectivité et la transformabilité du lieu bâti.jacqmartin@mlink.net Édicule Sainte-Catherine.Rendu de la station projetée.Galerie de l’Institut de Design Montréal 390, rue Saint-Paul Est Marché Bonsecours Montréal (Québec) Canada H2Y 1H2 Téléphone (514)866-1255 OBJETS DESIGN.POUR Pour acheter, collectionner ou, simplement, regarder.v»5y,wwfwyç:"vpm>?*pm.¦ fTtymw-wfu r*>.VOUS! Heures d’ouverture Tous les jours do 11hé 16h 1 A1C
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