Le devoir, 6 mars 1999, Cahier A
LE DEVOIR Exigez votre Télé choix ! fuit tnU’ fete V O !.X C • N " -I H M O N ï II f: A L , L E S S A M E I) I 0 E T I) I M A X C II E 7 M A 11 S I !l !) !) (î C A II I E II, S • 1,0 f» $ + T A x K s = 2 , 2 5 S àfc- ¦' ' Serge Truffa ut LES ARTS La chronique d’Odile Tremblay: Un Québec mort de rire, page B12 PERSPECTIVES Un pétard mouillé ?Après les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, l’Espagne et les États-Unis, voilà qu’au Canada s’amorce à nouveau un débat sur la décriminalisation du delta-9 tétrahydrocannabinol, dit THC, dit cannabis, dit marijuana, dit pot.Attention! Telle qu’envisagée, cette décriminalisation de l’herbe folle, que l’on appelle aussi pétard ou joint une fois bien roulée, s’articulera autour d’un seul objectif: l’effet thérapeutique.Plus tôt cette semaine, le ministre fédéral de la Santé, Allan Rock, a entrouvert davantage qu’ouvert un débat sur ce dossier, sujet de multiples débats depuis plus d’une vingtaine d’années, en proposant la tenue de tests afin de qualifier et de quantifier les bienfaits thérapeutiques du pot.Histoire de ne pas brusquer ou éveiller certaines susceptibilités, le ministre Rock a dévoilé son intention avec beaucoup de prudence: aucun détail concernant ce possible test sur un sujet qui ne relève en rien du «secret défense» n’a été communiqué.Bref, plus que prudent, M.Rock a été parcimonieux.Il l’a tant été, parcimonieux ou prudent, que Jean-Claude Bernheim, criminologue bien connu pour avoir été président de la Ligue des droits et libertés et défenseur des droits des détenus, a jugé, voire réduit le geste du ministre à «un ballon politique».Pour l’heure, l’intention de M.Rock ne peut être qualifiée autrement, d’après M.Bernheim, parce que aucun agenda n’a été élaboré, parce que les études médicales concluant aux effets bénéfiques pour divers groupes de malades sont légion, parce que.«Si la volonté politique du ministre Rock était ferme ou réelle, il aurait pris en considération tout ce qui s'est fait ailleurs, notamment en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas.» Mieux ou pire, c’est selon, d’après M.Bernheim, le ministre Rock aurait pu simplement commander à ses fonctionnaires la confection d’un résumé des diverses études faites jusqu’ici et le communiquer sans s’embarquer dans une autre série de tests.Et alors?Tout le monde apprendrait ce que bien des scientifiques ont trouvé, à savoir que «le cannabis a des effets thérapeutiques réels».Sur le front des vertus thérapeutiques et strictement elles, un récent sondage réalisé par la maison Angus Reid avait permis de constater que 80 % — 80 %! — des Canadiens étaient en faveur de la légalisation à des fins thérapeutiques de l’herbe pas sj folle que ça.Dans les années 60, des tests menés aux États-Unis démontraient déjà ce que l’on feint d’ignorer aujourd’hui.En 1971, des chercheurs — et non des hippies.— de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA) avaient découvert que la fumette entraînait une diminution prononcée de la pression intra-oculaire.Or la diminution de la pression en question est exactement ce qui est recherché dans le traitement du glaucome.Soit dit en passant, à la veille de cette autre série d’essais, soulignons que 1971, ce n’est pas hier ni avant-hier.Mettons que ça fait un bail emphytéotique qu’on a convenu que le pétard avait au moins un effet thérapeutique.Après analyses approfondies d’autres fumettes, on a constaté que le principe actif du cannabis était bénéfique pour les cancéreux.En 1992, on a constaté, découvert, réalisé, que le chanvre avait des conséquences positives pour ceux et celles qui souffraient d’anorexie et du sida.Lesquelles?II redonne l’appétit pour la rata-toujlle.C’est quand même bon, la ratatouille.Non?A ce propos, il faut tout de même rappeler qu’en 1985, la Food and Drug Administration (FDA) avait autorisé la vente de marinol.Pardon?Le marinol, médicament confectionné par des compagnies pharmaceutiques, est une synthèse artificielle.Un truc qui, selon d’autres études, est cinquante fois moins efficace que le vrai, l’authentique, en plus d’avoir des effets secondaires nocifs.Mais bon, disons qu’il permet aux compagnies d’engranger des bénéfices qu’elles versent en partie au lobby qui, à son tour, doit faire pression pour que jamais on ne consacre la décriminalisation du pot.Ce qui, au fond, est d’une logique commerciale implacable.Dans la foulée du rapport Le Dain, dans les années 70, et des propositions alors soumises par les auteurs de cette vaste étude, le ministre de la Justice de l’époque, soit Jean Chrétien, avait élaboré un projet de loi prévoyant la décriminalisation de la possession de la marijuana.Le projet avait été dévoilé au début de l’été.1980.Il y a 19 ans! Passons et retenons avec le criminaliste Jean-Claude Hébert que l’extrême prudence affichée cette semaine par le ministre Rock est probablement attribuable au fait que ce dernier veut laisser un certain temps aux forces dites de l’ordre de faire connaître leur point de vue sur la question.En espérant évidemment que cela ne sera pas remis aux calendes grecques.M É T E 0 LES ARTS LIVRES Montréal Neige débutant en après-midi.Max:-5 Min:-15 Québec Neige cessant le matin.Max:-10 Min:-20 Détails, page C 9 N I) E X Annonces.C 10 Les Arts.B 1 Avis publics.C 9 Économie.C 1 Éditorial.A 10 Idées.Ail Livres.D 1 Le monde.A 7 Les sports .C 12 Montréal.A 3 Mots croisés.C 9 Politique.A 5 www.ledevoir.com Place au Festival international des films sur Part, page B 1 Suzanne Gagné et le pouvoir du silence, page D1 La politique au féminin pluriel / RENE MATHIEU LE DEVOIR A FRAICHEMENT débarquées à l’Assemblée nationale, la députée libérale de Bonaven-ture, Nathalie Normandeau, et sa collègue de la circonscription de Bourassa, Lyne Beau-champ, misent sur la concertation plutôt que sur l’affrontement.Le Salon bleu fait place aux femmes Quatre nouvelles députées, un seul combat L’Assemblée nationale du Québec n’a jamais accueilli autant de femmes au Salon bleu comme ministres et députées.Quatre nouvelles élues ont accepté de partager avec Le Devoir leurs espoirs et leurs attentes par rapport à l’exercice quotidien de la démocratie.Elles dresseront avec nous un bilan de leur expérience au mois de juin prochain et après chaque session parlementaire jusqu’à la fin de leur mandat .MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Un homme d’âge mûr s’est approché récemment de la ministre Linda Goupil à Montréal en lui présentant sa femme.Ému, l’homme se disait content de voir que des jeunes et, plus particulièrement, des femmes se lançaient encore en politique de nos jours.Cette rencontre fortuite a rassuré la nouvelle ministre de la Justice sur son choix de carrière et sur la nécessité d’un renouveau en politique.Les nouvelles députées de l’Assemblée nationale croient toutes qu’une meilleure appréciation de la politique par la population passe, notamment, par un renouvellement de la députation.De plus en plus nombreuses à vivre la démocratie québécoise au quotidien, les femmes pensent pouvoir favoriser la concertation, une idée qui servira mieux les institutions et la population.«Traditionnellement, on parle toujours de VOIR PAGE A 12: FEMMES CAHIER SPÉCIAL 8 mars: trois j générations de femmes s'interpellent, page E1 Finies les compressions en santé Sans renier la réforme de Jean Rochon, Pauline Marois annonce un changement de cap ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Si la ministre de la Santé, Pauline Marois, a annoncé hier un changement de cap dans la façon de tenir la barre du réseau de la santé, elle ne renie aucunement la réforme amorcée par son prédécesseur, Jean Rochon.«Ce virage était nécessaire et sa pertinence n’est aucunement remise en cause.[.) Nous sommes passés à travers et celui qui m’a précédée à la barre a fait un travail exceptionnel et remarquable», a insisté Mme Marois, en conférence presse à Montréal.«Ce n'est surtout pas une nouvelle réforme, c'est une remise en lumière des priorités [.], et il reste à corriger les aspérités qui restent», a insisté la ministre.En dévoilant hier les grandes lignes d’un ambitieux plan de «remise en forme» du réseau de la santé, axé sur les urgences, les jeunes, les listes d’attente et les soins à domicile, Pauline Marois a littéralement donné le ton de ce que sera la prochaine année dans le secteur de la santé et de ses priorités.Autant de projets qui s’inscrivent en droite ligne avec la réforme Rochon mais sonnent toutefois définitivement le glas des compressions.C’est surtout dans la teneur du message adressé au personnel du réseau que se démarque la «manière Marois», la ministre s’étant engagée à cesser d’utiliser les infirmières jusqu’au «point de rupture» et «à laisser tout le monde reprendre son souffle».«J’ai constaté l’état de fatigue, l’essoufflement des hommes ' et des femmes de notre réseau de services.Je sais que nous avons exigé beaucoup d'eux.Il faut diminuer la précarité d'emploi et stabiliser les équipes de travail», a-t-elle insisté.Au cours des prochains mois, Pauline Marois entend d’abord s'attaquer aux urgences.En sus des 20 millions annoncés en février pour désengorger les urgences, VOIR PAGE A 12: SANTÉ Nouveau sursis pour les Expos ?RICHARD MI LO PRESSE CANADIENNE Jupiter — S’il faut en croire.Claude Brochu, il n’a reçu aucun avis du baseball majeur selon lequel le commissaire Bud Selig a accepté de reporter la date d’échéance du 6 mars.C’est du moins ce qu’il a fait savoir à la presse en début d’après-midi, hier.«Au moment d'écrire ces lignes, M.Brochu n’avait reçu aucun avis du baseball majeur», est-il précisé dans un communiqué rédigé par la vice-présidente aux communications, Johanne Héroux.M.Brochu s’est abstenu de tout commentaire officiel après avoir lu l’article du USA Today qui laissait entendre que la formation obtiendrait un nouveau sursis de 90 jours pour consolider son plan de relance.Au milieu de l’après-midi, il est sorti de son bureau pour se rendre sur le terrain.Il a d’abord conversé avec l’instructeur des frappeurs Tommy Harper, puis avec le gérant Felipe Alou.Les journalistes se sont ensuite avancés vers lui et c’est VOIR PAGE A 12: EXPOS Après le gras, les sucres.Des chercheurs de Harvard en ont fait la preuve: le sucre est aussi dangereux pour les artères que les gras.Montignac a vu juste.Déclaré ennemi public n° 1 en Amérique du Nord par les diététistes, l’industrie alimentaire et le corps médical, le gras devra peut-être céder sa place sous la loupe des chercheurs (et dans la mire des ayatollahs de la santé) à une autre substance nutritive qu’on commence à croire aussi nocive.Une importante étude américaine vient de mettre en évidence le rôle — indirect — du sucre dans l’épaississement des parois vasculaires et dans le développement des cancers du côlon.HÉLÈNE BUZZETTI LE DEVOIR Quand, au début des années 90, le gras dans l’alimentation a commencé à faire les manchettes comme étant une cause de maladies graves, toute l’attention scientifique a été concentrée imposante, au point de se désintéresser d’autres substances comme le Sucre.Et cela aurait été,une grave erreur, à en croire Walter Willett.Épidémiologiste à l’école de santé publique de l’université Harvard, le Dr Willett a entrepris il y a douze ans une vaste étude sur les habitudes alimen- taires et le mode de vie de 88 000 femmes et 40 000 hommes.Son objectif?Identifier les facteurs nutritionnels qui pourraient expliquer l’incidence élevée, dans les sociétés occidentales, de maladies com- J me les cancers, les accidents cardiovasculaires^ ou le diabète.Son hypothèse était que la consommation de glu-^fijgBjg^afctfB cides rapides, contenus no-£ tamment dans les pommes JQ de terre, le pain, les pâtes, les céréales raffinées/ (comme les Spécial K), le riz ou les confiseries, si1 importante dans les pays développes, ™ pourrait être reliée à ces maladies.Et il aurait eu raison, selon ce que rapporte dans son édition de février le magazine français Sciences et Avenir.L’équipe de chercheurs de Harvard a trouvé que les sucres se révèlent aussi dangereux pour les artères que les graisses en excès.En mangeant des aliments riches en glucides, le taux de glucose augmente dans le sang, ce qui stimule le pancréas et provoque la sécrétion de l’insuline.L’insuline est une hormone qui donne le signal aux cellules musculaires ou adipeuses du Æ v corps pour accueillir les nutriments pré-mjfèjgjmA sents dans le sang pour se nourrir.Mais f voilà! Conséquence de leur sédentarité, T’s,“>.v de plus en plus de personnes présen-' tent une résistance à l’insuline, c’est-H JÈËÊâ à-dire que leurs cellules ne réagis-t • jlPP^sent pas en sa présence.Le pancréas en sécrète alors de plus en plus.Or l’insuline provoquerait l’épaississement ;;/ à des artères, favoriserait A 12: SUCRES V 778313000696 ossier exclus Avec des l'immigration 11 le Canada est une I 1 pour les reseaux 42 % des demandeurs de statut de réfugié sont acceptés au Canada.A-t-on les moyens d'être généreux à ce point?CA SE PASSAIT JEUDI AU Téléjournal /Le Point avec STÉPHAN BUREAU SOYEZ-Y A EN SEMAINE JSbt Radio-Canada wp Télévision L K 1) E V 01 II , I.K S S A M E I) I (i E T l> I M A \ ( Il K 7 M A 11 S I I) !t !) •LES ACTUALITES- ~~ Les réseaux de Radio-Canada hors Québec Les journalistes menacent de faire la grève à leur tour Ils ont manifesté hier leur solidarité envers les techniciens en grève PAULA ARAB PRESSE CANADIENNE Toronto — Les journalistes, rédacteurs, lecteurs et réalisateurs de Radio-Canada membres de la Guilde canadienne des médias ont accordé hier un mandat de grève à leur exécutif syndical.Ils ont en effet démontré leur solidarité à l’endroit des 2000 techniciens du réseau en grève depuis trois semaines en votant à 85 % en faveur d’un débrayage.Les travailleurs concernés sont ceux des réseaux anglais et français de Radio-Canada à l’extérieur du Québec et de Moncton.«Ça va provoquer la reprise des discussions très bientôt, a déclaré la présidente de la guilde, Lise Lareau, à une foule de 200 membres et techniciens piquetant devant les bureaux de Radio-Canada à Toronto.C'est la meilleure façon d'obtenir une entente.» Le syndicat, qui ne peut déclencher de grève avant la mi-mars, n’en a pas encore fixé la date, a dit Mme Lareau.Une sortie de ce groupe de travailleurs porterait un dur coup à la société d’Etat dont la programmation souffre déjà du débrayage déclenché le 16 février par ses 2000 techniciens membres du Syndicat des communications, de l’énergie et du papier (SCEP).«Nous sommes déçus des résultats, a déclaré une porte-pa- role de Radio-Canada, Ruth-Ellen Soles.Aucune rencontre n'est prévue [avec la guilde], mais nous devrions nous rencontrer très prochainement.» Le mandat de grève sans équivoque accordé au syndicat en a même étonné les dirigeants, qui craignaient que le • froid et la neige ne dissuadent ses membres.La société a soumis à ses travailleurs de la Guilde canadienne des médias les mêmes offres qu’aux techniciens, soit , un contrat de travail de trois ans comportant une hausse salariale de trois pour cent au cours des deux dernières années.Les techniciens veulent plutôt une augmentation annuelle de 5 % pendant trois ans.Bien que la guilde n’ait pas (-encore déposé ses demandes, le comité de négociation estime que ses membres ont droit à une augmentation de dix pour cent sur trois ans.Les journalistes n’ont eu droit à aucune majoration salariale depuis 1992.Radio-Canada et la guilde ont coupé court à la conciliation le 15 février.La ministre fédérale du Travail, Claudette Bradshaw, a jusqu’au 10 mars pour ordonner ou non la reprise des pourparlers.Advenant le cas où elle mettrait un terme à la conciliation, le syndicat pourrait déclencher la grève ou Radio-Canada un lock-out.Les négociations formelles entre Radio-Canada et ses techniciens en grève reprendront lundi dès qu’un médiateur fédéral les aura rappelés à la table.Manifestation à Montréal Nouvelles arrestations de Kurdes LE DEVOIR Dix-neuf Kurdes ont été arrêtés une fois de plus hier en conséquence de la première manifestation organisée par le groupe de contestataires, devant la Banque nationale de Grèce, à Montréal, le 16 février dernier.Ils sont passibles d’accusations d’attroupement illégal, de méfaits et d’introduction par effraction, et trois d’entre eux sont également passibles d’être accusés d’agression armée.Ces arrestations font suite aux 16 autres, qui étaient reliées à une autre manifestation kurde, menée devant le consulat d’Israël, le 19 février.Les Kurdes, comme des milliers de leurs compatriotes dans le monde, manifestaient contre l’arrestation du leader séparatiste pour la reconnaissance du Kurdistan, Abdullah Ocalan, par les autorités turques, au Kenya.Un policier avait été blessé au cours de la manifestation du 19 février, à Montréal.On avait signalé que les manifestants portaient des pierres qu’ils avaient lancées dans la mêlée.«Les personnes qui ont été arrêtées aujourd’hui vont entamer une grève de la faim», a fait savoir un membre de la communauté kurde de Montréal, Kenan Powraz.«Nous voulons que le monde entier ne ferme plus ses yeux et ses oreilles.Il faut qu’il nous voie comme une nation», a-t-il dit.On compte quelque 35 millions de Kurdes dans le monde, dont la plupart vivent en Turquie, où on leur refuse notamment le droit d’étudier dans leur langue.Quelque 5000 Kurdes vivent au Canada, dont environ 700 à Montréal.Sociétés de la Couronne - ?r) ' U I ' II- Boudria promet d’interdire les contributions au PLC n HUGUETTE YOUNG PRTESSE CANADIENNE Ottawa — Le gouvernement Chrétien est prêt à remettre dans les coffres du gouvernement des sommes versées par des sociétés de la Couronne au Parti libéral du Canada, a promis hier le ministre Don Boudria.Bien que légale, cette mesure ne sera plus tolérée, a expliqué le ministre hier.«Les sociétés de la Couronne sont la propriété du gouvernement du Canada et, donc, le gouvernement ou les agences du gouvernement ne devraient pas donner de l’argent ata partis politiques.» Le gouvernement a même l’intention d’ajouter une «interdiction» en ce sens dans les réformes à la Loi électorale qui seront déposées aux Communes d’ici un mois «pour s’assurer doublement qu'il n'y aura plus de dons de ce genre».Le monde scolaire réclame 400 millions .i.«Ce n’est pas illégal et les montants ’ ne sont pas considérables, a renchéri',; M.Boudria.Mais, toutefois, il est de,, notre avis, au gouvernement, que des .cotisations de ce genre ne devraient pas ; êtres faites.Donc, nous avons l’inten-, tion de remettre au Revenu consolidé , les sommes en question.» C’est le Bloc québécois qui a soulevé.; cette question aux Communes.Vérifi-,.-, cation faite, M.Boudria a dû se rendrp, ; à l’évidence que des sociétés de la CfliVv.ronne avaient versé de l’argent à la cpj%, se du Parti libéral du Canada.Selon une liste fournie par le Bloc québécois, au moins trois agences ont;,, envoyé des dons aux libéraux en 199(j.-; 11 s’agit de la Société d’Energie .mique du Canada, qui y est allée d’unejv somme de 1345,80 $, de la Banque dp, développement du Canada, qui a versé;, 126,84 S, et de Postes Canada, qui a ejq?r, voyé un chèque de 715,81 $.,,,j[g i >fo .^ry,'l ¦ ,'tt ' ’ .’ai '"•’i .«mV> ’ At w > \Y u ! ,,f|| PRESSE CANADIENNE Québec— Au cours des quatre dernières années, le monde scolaire s’est vu imposer des sacrifices de plus de 1,2 milliard de dollars et c’est pourquoi il exige maintenant du ministre des Finances, Bernard Landry, qu’il injecte 400 millions de plus que prévu dans le réseau pour subvenir aux besoins de plus en plus criants des secteurs primaire et secondaire.A quelques jours de la présentation du budget 1999-2000, le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, André Ca- Condominium cl\\si(ez noticeJu/h/ùi .; Jacinthe Muguet Violette Petunia Tutipe Camélia I ( ll wilim \ I cil ( III K III "i (Mill S • \ I 11 5(10 y- Double Muguet Lilas Lavande Mimosa Rose G ( iiAMtiici s i ( m i m ii m l is mm s ¦ i ii,s mm s Offrez-vom le mieux-vivre au Jardin du Fort et vous aurez la certitude d'un placement judicieux.1 51 imités réparties sur 6 étages et 39 espaces de stationnement intérieur sur 2 niveaux (sous-sol) ttnifutut hall d’entrée aménagé et décoré terne de vidéophone avec service des messages ma système concierge résident et chambre d'hôte à la disposition des copropriétaires bureau du concierge équipé d'un télécopieur/photocopieur Venez visiter nos appartements modèles : • 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du Vermont exprime l’inquiétude i des Américains quant aux conséquences du jugement stoppant les travaux de construction de la ligne Hertel-Des Cantons.«[Le jugement] pourrait rendre difficile pour les consommateurs du Vermont de faire baisser le coût de l’énergie dispendieuse qu’ils achètent d’Hydro-Québec.» Selon l’article, la Vermont Electric Power Co.a prévu dans ses plans la construction d’une ligne à , haute tension de 200 millions de dollars à travers l’Etat pour atteindre de nouveaux marchés dans le suçl de la Nouvelle Angleterre etj ( de l’Etat de New York.«La ligne au-: rait permis à Hydro-Québec de vendre de l'électricité à ces autres marchés», mentionne l’article, qui ajoute que ce projet aurait fait bais-i L ser le coût de l’électricité pour les l (Ntl consommateurs du Vermont.,"tl D’autre part, le chef de l’opposition officielle, Jean Charest, a rencontré le Comité des citoyens du Val-Saint)-,' François.Tout comme le comité, M.Charest presse le gouvernement, < : Bouchard de tenir des audiences ., > publiques sur la ligne à 735 kV et af-firme que les libéraux s’opposeropt, à une loi spéciale ou à une procédure d’appel à la suite du jugement,de; la Cour supérieure qui ordonnait l’arrêt des travaux. L K I) E V OIK.I.E S S A M E I) I président Bill Clinton a souhaité hier «une vie heureuse» à Monica Lewinsky et qu’elle reçoive toute l’aide dont elle aurait besoin pour surmonter l’épreuve du scandale qui porte son nom.«Ce que j’espère, c'est qu’on la laissera poursuivre sa vie normalement et j'espère que ce sera une vie heureuse», a déclaré le président Clinton lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche, aux côtés du chef du gouvernement italien, Massimo d’Ale-ma.«Cette affaire a été difficile pour tous ceux qui ont été impliqués et je lui souhaite du bien.J’espère que tout s’arrangera pour elle», a-t-il ajouté.M.Clinton a indiqué qu’il n’avait pas regardé la première entrevue télévisée mercredi soir sur ABC de l’ancienne stagiaire à la Maison-Blanche.L’enquête sur la liaison entre Monica Lewinsky, 25 ans, et le président Clinton avait conduit au procès de destitution au Sénat dans lequel M.Clinton a été acquitté le 12 février dernier.Cadavres américains Bogota (AFP) — Les cadavres de trois Américains qui avaient été enlevés le 25 février en Colombie ont été découverts hier près d’un village de l’est du pays, a annoncé la radio privée Caracol, citant des sources militaires colombiennes.Ces trois personnes, Terence Freitas, Larry Gay Laheenge et Ingrid Inawatuk, qui travaillaient .ayec les communautés indiennes locales, avaient été enlevées la semaine dernière par un groupe d’hommes fortement armés.Selon des habitants du village d’Arauquita ¦ où avait eu lieu l’enlèvement, celui-ci était le fait de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (PARC, marxistes).Colère noire en Italie La Péninsule est indignée après l’acquittement du pilote américain dans la tragédie de Cavalese Une vague d’indignation a traversé hier l’Italie après l’acquittement aux États-Unis de l’aviateur de l’armée américaine qui avait provoqué la mort de 20 personnes à Cavalese en tranchant le câble d’un téléphérique, en février 1998.Le maire de Cavalese, Mauro Gilmozzi, a qualifié la décision de la cour martiale américaine d’«ignoble».«C’est comme s’ils les avaient tués une deuxième fois», a-t-il dit.LIBERATION ET AFP Rome — «Absous de toutes les accusations.» Ce verdict de la Cour martiale américaine prononcé à l’endroit du pilote Richard Ashby a soulevé, depuis jeudi soir, une véritable vague d’indignation dans toute l’Italie.Dès hier matin, les principaux journaux de la Péninsule dénonçaient «l’impunité des puisssants» en estimant que la sentence risquait de se transformer en l’unç des plus graves crisçs de l’après-guerre froide entre les États-Unis et l’Italie.A peine connu le verdict, le président du Cpnseil italien, Massimo D’Alema, en visite officielle aux États-Unis, a d’ailleurs fait part de sa stupéfaction.Le 3 février 1998, le capitaine Ashby, en sendee sur la base américaine d’Aviano, effectue à bord d’un avion Prowler une mission cj’entraînement à basse altitude dans les vallées du Trentin.A la hauteur de Cavalese, il coupe à une vitesse de 500 kilomètres à l’heure le câble d’un téléphérique situé à 100 mètres du sol avec l’empennage de son appareil.L’impact provoque la chute d’une cabine et la mort de vingt personnes.Une enquête est immédiatement ouverte à l’encontre du capitaine Ashby et du navigateur Schweitzer.Mais en vertu des, accords de l’OTAN, les deux hommes sont rapatriés aux États-Unis pour y être jugés par des juges militaires américains.Début février, Richard Ashby est finalement traduit devant la Cour martiale, accusé «d’homicide par négligence».Mais la défense plaide l’erreur technique: selon les avocats du capitaine, le Prowler aurait volé trop bas en raison d’une défaillance de l’altimètre et l’absence de signalement du téléphérique sur les cartes fournies par l’état-major.La boîte noire et une cassette vidéo qui enregistraient le vol sont inutili- sables.L’un des membres de l’équipage a depuis admis que celles-ci ont été manipulées.Richard Ashby reste d’ailleurs inculpé par la Cour martiale pour avoir modifié les images de la vidéo et entravé, de cette manière, le bon déroulement de la justice.Il risque un an de prison.Une menace qui est loin d’apaiser l’opinion publique italienne, choquée par le verdict de jeudi.La sentence a été d’autant moins comprise que la cour martiale américaine n’est, en aucun cas, tenue de motiver ses décisions et qu’aucun recours n’est possible.Hier, plusieurs parlementaires italiens ont demandé à ce que les accords avec l’OTAN soient revus.Le ministre de la Défense, Carlo Scognamiglio, a notamment évoqué la renégociation des dispostions qui permettent à des militaires en service dans le cadre de l’OTAN d’être jugés dans leur pays cj’origine et non sur le lieu du délit.Le sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères Umberto Ranieri a pour sa part appelé à «une réflexion sur les mécanismes concernant le fonctionnement des bases de l’OTAN en Italie».L’opposition de droite demande de son côté que le procès des pilotes américains soit rouvert en Italie sans toutefois que l’affaire serve de prétexte pour renégocier les accords noués dans le cadre de l’Alliance atlantique.Pour sa part, Bill Clinton a de nouveau présenté les excuses de son pays.«Les Etats-Unis sont responsables de cette terrible tragédie», a souligné le président américain qui s’exprimait lors d’une conférence de presse conjointe à la Maison-Blanche avec Massimo D’Alema.«Nous regrettons profondément et présentons nos excuses pour ce qui s’est passé», a-t-il ajouté.«Les Etats-Unis doivent montrer clairement et sans ambiguité qu’ils sont responsables pour ce qui s’est passé», a encore assuré M.Clinton.Processus de paix 10 mars, journée irlandaise, mais.Comme d'habitude, l'impasse paraît totale FRANÇOIS SERGENT LIBÉRATION Belfast — Dans quatre jours, un gouvernement associant pour la première fois ministres protestants et catholiques aurait dû prendre le pouvoir en Irlande du Nord.Le 10 mars, près d’un an après l’accord historique du Vendredi saint, la Couronne britannique devait transférer ses prérogatives à un exécutif majoritairement protestant — comme le veut l’équilibre démographique de la province — mais associant pour la première fois des ministres issus des deux grands partis catholiques, le SDLP et le Sinn Féin, la façade politique de l’IRA la date butoir ne sera sans doute pas respectée en raison de désaccords entre Sinn Féin et unionistes sur la question du désarmement de l’IRA mais cet obstacle, aussi important soit-il, ne doit pas dissimuler le chemin parcouru.«On a parfois du mal à croire que nous en sommes arrivés à ce stade, qui aurait pu imaginer que l’on prépare un gouvernement commun, il y a dix ou même cinq am ?», concède Geoff Martin, le rédacteur en chef de Newsletter, un quotidien protestant de Belfast, qui, malgré ses deux cents ans d’histoire unioniste, est à fond derrière le processus de paix.«Un problème de confiance.» Tout n’est pas gagné pour au-tanL «On a encore beaucoup d’obstacles à franchir», rappelle Geoff Martin.Tandis que Tom Hartley, leader du Sinn Féin à la mairie de Belfast, souligne que «le processus de paix, c'est comme une rivière, ça coule, mais ça peut couler plus ou moins vite».La difficulté tient au désarmement des groupes paramilitaires, loyalistes et républicains, qui ont mené les 30 ans de guerre nord-irlandaise.Sur le papier, les différences semblent insurmontables.L’IRA et sa représentation politique, le Sinn Féin, refusent de rendre les armes avant de participer au gouvernement, soulignant que rien, dans l’accord du Vendredi saint, n’oblige les républicains à donner le Semtex (un explosif) et les Armalite (fusils d’assaut) à leurs ennemis d’hier.«Ce qui est important, c’est le cessez-le-feu que nous avons maintenu», disent les républicains.Au contraire, pour le premier ministre d’Irlande du Nord, David Trimble, responsable de la principale formation protestante, l’Ulster Unionist Party (UUP), il n’est pas question que le Sinn Féin fasse partie de l’exécutif de la province, avec une «armée privée» à sa disposition.«Ce n ’est pas seulement un problème pour les unionistes, c’est un problème fondamental de confiance», souligne Alex Benjamin, un jeune responsable de l’UUR «il fout un désarmement crédible et vérifiable, pas seulement une cartouche et cinq vieux tromblons».Trimble est d’autant moins prêt à transiger qu’il sait que son parti reste partagé par le processus de paix et révulsé par l’idée de voir des républicains au gouvernement Du côté du Sinn Féin, on jure qu’> il y a trois ans.Il s’agit ici d’un sport américain dans lequel les gens tirent sur des automobilistes anonymes et les tuent simplement pour le plaisir.Chaque année, 40 000 Américains sont tués par balle.Vingt-quatre mille d’entre eux sont des suicidés ou des victimes d’accident.Contrairement à ce que prétendent les quatre auteures de l’article, la présence d’une arme à feu augmente la probabilité de suicide car elle représente la manière la plus facile et la moins pénible de mettre fin à ses jours.II existe aux Etats-Unis environ 280,000 000 d’armes à feu en circulation; cela veut dire une pour chaque habitant.Chaque jour, 200 000 élèves apportent un pistolet à l'école.Beaucoup d’écoles ont un détecteur de métal à leur entrée afin d’empêcher le port de pistolets.On, dit que le tiers du temps dans leR’écoles publiques est dédié au maintien de la discipline.Il est normal qu’un professeur commence son cours en demandant qui a apporté un pistolet ou un couteau dans la salle de classe.Au cœur des grandes villes, on voit L' îflits ne se font plus de la même fa-î ni sous les mêmes prétextes.Bien ?des conflits idéologiques ou poli-ues soient toujours possibles, les îflils ethniques semblent actuelle-¦nt recevoir toute l’attention.Les les de choc dues à la dislocation de Yougoslavie, qui ne cessent d’ébran-la paix dans îes Balkans et de proper des situations potentiellement astrophiques sur le plan humanitai-illustrent les conséquences de cet-î volution.La mauvaise volonté ma-estée de part et d’autre à Ram-uillet, la reprise sporadique des mbats au Kosovo et l’instabilité fonique de la région peuvent nous -e craindre de nouvelles vagues de ugiés.La communauté internatio-e semble impuissante à juguler ce iblème et paraît vouloir se canton-' dans des solutions qui paraissent ivent inefficaces.^u'est-ce qui rend ces conflits inex-ables?Les hypothèses sont nom-mses, on peut faire référence à des fines historiques, au cadre de la mdialisation ou encore à la fin de la erre froide.Toutefois, bien que ces xinses soient indubitablement les, la nature même du conflit eth- l’augmentation alarmante de l’agoraphobie.Les gens ont tellement peur de rencontrer quelqu’un portant un pistolet qu’ils refusent de sortir de chez eux.Ils commandent par téléphone tout ce dont ils ont besoin.Une amie algérienne avait raison en décrivant les grandes villes américaines, là où j’ai passé mon enfance, comme «le quart-monde».Le problème de la peur engendrée par la présence de pistolets n’est malheureusement pas limité aux grandes villes.D^ns les petits villages du Vermont, l’Etat cité par les auteures comme étant paisible, les citoyens ont l’impression que tout le monde possède une arme à feu.Si on est perdu à la campagne aujourd’hui, on n’ose pas frapper à la porte d’une maison pour demander de l’aide de peur de se faire tuer.Nombreux sont les touristes européens qui ont perdu la vie en demandant des renseignements aux Américains.Les politiciens américains ne font rien pour résoudre ce problème pour ne pas agacer la National Rifle Association et les gens à la mentalité de nos quatre auteures québécoises.Le public américain avait l’impression que la classe dirigeante ne savait même pas que l’épidémie de violence causée par la présence des pistolets existait, jusqu’à ce que l’un des leurs soit atteint par balle.Il s’agit de James Brady, attaché de presse de Ronald Reagan, qui a été blessé lors d’un attentat contre le président en 1991.Le Brady Handgun Violence Prevention Act était adopté par le Congrès trois ans plus tard.Ce geste représente parfaitement le fossé qui existe entre îe peuple américain et ses politiciens.Il fallait que ces derniers attendent que l’un des leurs devienne la victime du pandémonium de la violence causée par la présence de pistolets avant de réagir.Lorsque je dis à des Américains que j’habite un pays appelé le Québec où tout le monde est couvert par une assurance-maladie et où personne n’a de pistolet, ils ont l’impression que j’ai découvert le paradis terrestre, le Royaume de Dieu sur la Terre, l’utopie, la Terre promise.De temps en temps, je tombe sup des Québécois qui admirent les Etats-Unis et veulent adopter le modèle américain en toutes choses.J’hésite et me demande si je dois pleurer ou rire.Que les quatre auteures québécoises de cet article aillent vivre dans mon quartier du nord-est du district de Columbia afin d’apprécier comme il faut la vraie réalité de la vie d’une société qui s’autodétruit avec des pistolets! tilliUM! .rï.vm',v.ifitsipiii tm * m ,î' T~ -V W ¥ É& J tu?'iTihÎA REUTERS 40 000 paires de souliers représentent 40 000 décès survenus par arme à feu en sol américain en un an.Balkans et conflits ethniques : la quadrature du cercle?CHRISTIAN GEISER Chercheur au groupe de recherche sur la consolidation de la paix à la chaire Télèglobe-Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l’Université du Québec à Montréal histoire de l’humanité est jalonnée de conflits et de guerres qui se sont transformés en suivant le rythme de l’évolution technique et politique.Les nique suffit à sa complexité.Effectivement, les conflits ethniques approfondissent les divisions entre les groupes.Ceci est le cas dans tous les types de conflits; cependant, dans le cas des conflits ethniques, la proximité des belligérants, voire l’interpénétration géographique des groupes, rend la situation beaucoup plus explosive.Aussi, à la différence des conflits idéologiques, la loyauté ne peut être transposée dans les conflits ethniques puisque l’identité ethnique fait appel à des sentiments beaucoup plus profonds que l’idéologie.Alors que l’on peut changer d’allégeance idéologique, il est impossible de changer d’allégeance ethnique.De plus, les affres du conflit ont cristallisé les identités dans des antagonismes difficilement réconciliables.En vertu de ces caractéristiques inhérentes aux conflits ethniques, ces groupes ne font plus confiance à quiconque pour protéger leurs intérêts.Inquiets pour leur survie, ces groupes amorcent une logique qui les mène à une confrontation avec les autres groupes ethniques.Afin d’atteindre son objectif sécuritaire, un groupe ethnique va tenter d’augmenter ses capacités militaires ou de diminuer celles des autres.Ceci a normalement pour conséquence d’amorcer une spirale inflationniste de course aux armes.En réponse aux mesures prises par le premier groupe pour augmenter sa sécurité, le second prend des mesures qui diminuent le sentiment de sécurité du premier groupe.Finalement, la violence éclate.Les conflits ethniques sont actuellement les principaux créateurs de réfugiés à travers le monde.Trois millions de réfugiés dans les Balkans, plus d’un million dans le cas de la cri- se des Grands Lacs, le quart de la population du Liberia déplacée, etc.Cette liste bien que partielle tend à nous démontrer que les liens entre conflits ethniques et réfugiés sont indéniables.On retrouve deux types de conflits ethniques qui provoquent des flots massifs de réfugiés.Premièrement, les conflits liés à une lutte sécessionniste par un peuple majoritaire dans la région dans laquelle il réside, et deuxièmement, le cas des populations minoritaires dispersées territorialement.Dans le cas des Balkans, la situation est particulièrement complexe puisqu’on y retrouve les deux possibilités.Les demandes des Kosovars illustrent la première catégorie alors que les événements qui ont eu lieu en Bosnie, par exemple, font référence à la deuxième.Dès lors, quelles sont les solutions possibles?La communauté internationale peut choisir entre l’option militaire ou les mesures libérales de reconstruction ou de consolidation de la paix.On peut identifier cinq types de réponses militaires: la création de zones sûres hors du conflit (safe zones), de zones protégées (safe havens, ou villes dans une zone de conflit mais protégée), de missions de paix (imposition ou maintien) ou encore le renversement du pouvoir ou de la puissance militaire par une guerre totale.Toutefois, à l’exception de la guerre totale, ces mesures ne sont que des réponses temporaires, et on peut craindre que dès que la force étrangère se retirera, La communauté internationale doit reconnaître que certains t Etats ne peuvent être restaurés les problèmes recommenceront.Par ailleurs, la légitimité de ces actions est souvent remise en question.D’autres mesures visent à reconstruire à long terme ces sociétés.Il s’agit de convaincre les parties adverses de régler leurs différends de façon pacifique et également d’instaurer des structures institutionnelles démocratiques qui préviendront une reprise éventuelle des hostilités et assureront une «bonne gouvernance».Aussi, il s’agit premièrement de donner le pouvoir à un gouvernement élu démocratiquement, ayant les capacités et la légitimité nécessaires à la reconstruction.Deuxièmement, il faut mettre en place les conditions ou solidifier le contexte propice à la démocratisation de la société.Finalement, la tenue d’élections vise à donner l’occasion aux adversaires de se réconcilier.Il faut ainsi remplacer la voie militaire par la voix politique.La combinaison des trois doit ultimement permettre la mise en place d’un système démocratique légitime et permanent.Cependant, l’échec de nombreuses missions de consolidation de la paix peut porter à mettre en doute l’efficacité de ces missions.Par exemple, des élections trop rapides ou des mesures économiques draconiennes ont exacerbé les tensions encore latentes et ont parfois provoqué la reprise des hostilités.Un autre problème important concerne le partage du pouvoir.Celui-ci est difficilement envisageable dès qu’un des groupe est minoritaire.Le groupe majoritaire doit accepter un éventuel veto du groupe minoritaire alors que ce dernier doit être convaincu que ses demandes seront respectées.Or la logique du conflit a justement détruit la confiance dans l’autre.Par ailleurs, si les leaders d’un groupe sont prêts à accepter une voix politique démocratique, donc de compromis, il y a de fortes probabilités qu’ils soient discrédités et remplacés par les tenants de la ligne dure.Ainsi, non seulement ces mesures ne font rien pour atténuer la peur de l’autre mais elles peuvent également provoquer une résurgence du conflit.Ainsi, même si l'intervention humanitaire visant à sécuriser les gens dans des conditions de guerre ethnique est possible, la communauté internationale doit êjtre prête à reconnaître que certain États ne peuvent être restaurés et que la seule solution possible réside dans la séparation des groupes ethniques.Quoi qu’il en soit, pour minimiser les souffrances, il faut agir de façon préventive.La communauté internationale, qui se caractérise par son habitude à réagir plutôt qu’à prévenir, doit démontrer qu’elle a la volonté politique réelle de le faire.Au Kosovo, la communauté internationale semble ne pas vouloir commettre les mêmes erreurs que dans le dossier bosniaque.La volonté d’agir avant que la situation ne provoque des horreurs à l’échelle de celles qui ont eu lieu en Bosnie apparaît clairement dans la ligne de conduite des puissances impliquées dans le processus de Rambouillet.Toutefois, on peut se demander jusqu’où la communauté internationale est vraiment prête à aller pour assurer la paix dans les Balkans.A suivre d’ici le 15 mars.Pouvoir choisir pour être libre ISABELLE CLERC Directrice du programme de rédaction technique du département de langues, linguistique et traduction de l’Université Laval 1 ne se passe pas une semai- ¦ ne sans qu’on lise un article , qui ravive le débat sur la' langue: un jour, le point de vue est descriptif; l’autre jour, il est normatif.On assis-, te alors impuissant à une lutte dont , l’issue est prévisible.Iœ discours n’a pas réellement évolué au cours des vingt dernières années.Un à un, deux à un, un à deux — le match, au bout du compte, est nul parce que les positions sont toujours les * mêmes, arrêtées, sans nuances.Elles sont, la plupart du temps, le point de vue d’experts, et non celui de ceux qui font de la langue un outil de communication au quotidien, les rédacteurs professionnels, les jour- -nalistes.Ces derniers savent que-chaque contexte de communication oblige à un choix singulier on n’écrit pas dans Le Devoir comme on écrit dans Échos Vedettes; on ne s’adresse pas aux ados de la même façon qu’aux vieillards quand on veut les sensibiliser à la violence.On n’écrit pas non plus comme l’on parle, et l’on parle différemment selon qu’on s’amuse entre amis ou qu’on plaide en public.Dans l’édition du Devoir du 13 janvier dernier, le linguiste Philippe Barbaud préconisait, pour pallier «la médiocrité langagière» dans laquelle le Québec se complaît, une approche «résolument communicationnelle» de la langue française.Pour lui, l’approche communicationnelle réside dans l’instauration d’un code, le français standard, uniforme à l’échelle de la planète.Or imposer un code unique est la contre-définition de ce qu’est un acte de communication.Chaque contexte de communication, à l’écrit comme à l’oral, impose des choix discursifs particuliers, déterminés, entre autres choses, par le bagage de connaissances, les valeurs socioculturelles et les compétences linguistiques des gens auxquels on s’adresse.Parler le langage de l’autre n’est pas forcément signe de démagogie mais plutôt signe d’empathie, de respect Qui remet en question les rites d’autrui quand il voyage?Communiquer ne veut pas dire niveler par le bas.Il s’agit seulement de ’ savoir utiliser le bon registre dans la bonne circonstance.Pour cela, il faut d’abord reconnaître plusieurs registres de langue et apprendre à s’en servir à bon escient.C’est là qu’intervient la formation.Donner une chance égale à tous suppose qu’on en-, seigne une langue de qualité, celle qui permet d’accéder aux postes de pouvoir, sans juger le parler identitaire.Pourquoi diable faut-il toujours faire partie d’un clan quand il est question delangue?La langue est comme la culture, plurielle.La langue, elle nous dit de plusieurs façons, comme les vêtements que l’on porte.Personne ne fait de remarques quand je porte un jeans éculé pour faire mon jardin.Personne ne se moque de moi quand je passe des heures à choisir, du sous-vêtement à la boucle d’oreille, ce qui me' convient le mieux pour retrouver l’homme que j’aime.Un jour bohé\ mienne, un jour femme du monde.C’est comme la langue.*Un jour, joualisante, pour mieux dire ses rues, un jour, pédante, pour mieux impressionner.Le handicap, ce n’est pas de parler l’un ou l’autre, c’est de ne pas pouvoir .parler les deux.Qui ne connaît pas les règles des initiés ne pénètre pas dans le cercle.Et pour pouvoir être libre, il ; faut pouvoir entrer là on l’on veut.U faut savoir parler le langage dé' l’autre, quel qu’il soit.Que ceux qui pensent qu’un français standard, normalisé et unique peut y arriver me le prouvent.C’est comme me dire qu’on peut rendre la richesse d’une pièce de musique avec une seule octave, qu’on peut embrasser d’une seule manière, qu’on peut réussir un jardin en suivant un seul plan d’aménagement.Et puis, si, moi, je ne me laisse toucher que par les mots qui évoquent tout ce qui trotte en arrière?' L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA ÙélWTinN l mrinlistcs A l’information générale et métropolitaine : I-ouis Lapierre {adjoint au directeur de l'information), Sylvain Blanchard.Jean Chartier (fie urbaine), Yves d'Avignon (pupitreur); Pauledes Rivières (éducation), jeun Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement), Judith Lachapelle, Louise I «lue Koihlf n! Wsn.ip (actualités Politiques municipales).Caroline Montpetit, Isabelle Paré (santé), Jean Pichette (justice), Serge Truffaut (questions urbaines)-.Odile Tremblay (Horizons)-.Michel Garneau (caricaturiste) : Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques)-.Martin Duclos et Chrisfr ne Dunn/e fwW/PUR)- lacnues Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; i\ l’information culturelle : Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargeon (théâtre, danse).Paul Cauchon (médias).Marie-Andrée Chouinard (livres et politiques naturelles).Brian Myles (cinéma).Jean-Pierre Legault, Clément Trudel (musique)'- A l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Robert Dutrisac, Benoit Munger.François Normand.Claude Turcotte ; à l’information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l'information).Guy Taillefer (éditorialiste),.Claude lévesque ; à l’informn- (secrétairc administrative), Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (vice-président exécutif cl directeur général).Ghislaine Lafleur, Danielle Nantel I.K I) K V OIK.I.K S S A M K I) I (i R T I) I M A X (' Il K 7 M A II S I II II II ?LE DEVOIR ?ACTUALITES FEMMES Aller au delà des allégeances politiques SUITE DE LA PAGE 1 SANTE Des budgets accrus pour les CLSC l’arène politique comme si c'était un combat, ce n 'est pas ma vision des choses», lance la nouvelle députée libérale de Bo-naventure, Nathalie Normandeau.Agée de 30 ans, l’ancienne mairesse de Maria a déjà travaillé au cabinet de Robert Bourassa.Dès son élection en novembre, elle a contacté ses collègues ministériels Maxime Arseneau et Matthias Rioux pour défendre collectivement le dossier de l’usine Gaspésia de Chandler.«Écoutez les boys, il va falloir aller au delà de nos allégeances politiques.» La représentante libérale de la circonscription de Bourassa, Lyne Beauchamp, croit à la concertation, même si l’exercice a ses limites.Non pas en raison des décisions à prendre, mais pour tenir compte des sans-voix, ceux qui ne font pas de lobby, ceux qui ne sont pas dans un groupe et dont on n’entend jamais parler.Consciente des dangers, elle ne veut surtout pas en venir à se sentir déconnectée de la réalité des gens de sa circonscription, des plus démunis surtout.«Comment on fait pour rester en contact avec le terrain?Je ne veux pas me laisser happer par le travail parlementaire.Il y a un effet aquarium à l'Assemblée nationale et on peut en venir à fonctionner en vase clos.» Des espoirs et des craintes Les nouvelles élues de l’Assemblée nationale ont des espoirs, des craintes aussi.Munies d’une bonne dose de réalisme et d’idéalisme mêlés, elles savent déjà qu’il leur sera probablement plus difficile que prévu de faire avancer des dossiers.«Je m'attends à des moments de joie, dit Nathalie Normandeau, mais aussi à de grandes déceptions, tant au niveau personnel que professionnel.Il y a cette inquiétude d'être dépassée par les événements et de ne pas savoir trop parquet côté commencer.» Elles n’ont pas toutes une longue feuille de route politique, mais elles partagent une lucidité et une maturité étonnantes.Manon Blanchet a travaillé pendant quatre ans avec l’ancien ministre du Parti québécois Jean Campeau avant de lui succéder dans Crémazie.Elle connaît tous les coins et recoins de sa circonscription, les dossiers importants dont elle a une liste bien précise en tète.Elle se donne les quatre années de son mandat pour les régler.«Je ne suis pas une partisane du vite-vite, ce qui ne donne au bout du compte rien de satisfaisant pour personne.Us choses se font souvent à long terme en politique.» Pragmatisme et patience Linda Goupil est passée d’avocate en médiation familiale à ministre de la Justice en peu de temps.A 37 ans, elle n’est pas devenue ministre par ambition, mais c’est certainement une battante, une vraie.Elle croit profondément qu’il ressort des aspects positifs de toute malheureuse situation et elle ne parle pas à tort et à travers.Mme Goupil a vaincu une tumeur au cerveau à 18 ans et ¦^elle tient sa force de sa famille où, jeune, un événement gênant pouvait devenir une fête, où l’on développait l’esprit positif et volontaire.«Dans la vie il y a deux façons de voir les choses: positive et négative.C’est la liberté de choisir.Lorsque enfant tu peux faire ça, tout est possible parla suite.[.] Quand on se bute à quelque chose, on perd ses énergies.Il faut donner ses énergies à des endroits où il est possible d’améliorer les choses.» Pragmatisme, patience, désir de servir.La force des femmes en politique existe dans les milliers de gestes faits au quotidien, dans la façon d’intervenir dans une rencontre, dans la parole d’empathie au bon moment, mais surtout dans le contact interpersonnel, humain.Née en mai 1968, Manon Blanchet avoue que, sa révolution à elle, c’est de servir ses électeurs.«J’ai appris à encaisser les coups.Souvent les téléphones commencent par des bêtises, mais se terminent poliment quand on sait donner raison aux gens et les écouter vraiment.Il faut leur faire comprendre le type de travail qu’on fait, pourquoi ça prend du temps de faire avancer des dos- siers.Ils ignorent souvent notre rythme de vie, les horaires fous.Mais, ils ont un droit que je respecte, celui de voir leur députée.» A l’heure du cynisme ambiant et de la dévalorisation du rôle de député, les femmes arrivent-elles nombreuses trop tard en politique?Peuvent-elles changer des choses?Le font-elles parce que les hommes délaissent de plus en plus la vie publique?«Je préfère penser que c'est parce que les femmes prennent de plus en plus leur place dans un métier non traditionnel, souligne Lyne Beauchamp avant d’ajouter: Ce n’est pas par le ton d’une voix plus douce que les femmes changeront la politique, mais en étant de plus en plus présentes, en plus grand nombre.Mais je me demande si la population élirait une députée de 24 ans?» Manon Blanchet pense que les hommes et les femmes politiques ne diffèrent que dans la façon de faire les choses.Seul le résultat compte.«Ou a des approches différentes, mais souvent la même opinion.C'était comme ça avec M.Campeau.J’amenais un autre point de vue, mais ça aboutissait souvent au même résultat.» Nathalie Normandeau voit plus de différences, quant à elle.«Les femmes analysent davantage, réagissent moins sur le coup de l’émotion et sont plus humanitaires.On peut peut-être arriver à changer les priorités.surtout ne plus faire de promesses qu 'on ne peut tenir.» Humanistes plutôt que féministes Féministes, nos nouvelles députées?Le mot ne fait pas peur, mais elles ont un discours qui se rapproche beaucoup plus d’une sorte d’humanisme universel.Linda Goupil a appris la vie politique dans le magasin général de son père, qui était maire dans un village de la région de Belle-chasse.Elle s’est toujours sentie «impliquée» parce que la politique est partout, dit-elle.«Quand il y a des choses qui nous dérangent, c’est nécessaire d'avoir une réflexion à ce sujet.Il faut pouvoir le dire haut et fort.» Elles s’accordent pour dire que la politique doit changer, qu’il faut réussir à modifier la perception qu’a le public des hommes et des femmes qui pratiquent le métier de les représenter à l’Assemblée nationale.Selon Lyne Beauchamp, la solution passe par une meilleure rémunération et une augmentation des budgets alloués aux attachés politiques.Agée de 36 ans, l’ancienne directrice de Pro-Est à Montréal constate que «la rémunération ne correspond pas à la charge de travail».Proches de la vraie vie Dans l’opposition, elle compte sur le PLQ pour ne pas agir que sur le mode réactif.Elle dit respecter le gouvernement en place et ceux qui le forment.Elle pense que la formation dirigée par Jean Charest sera pro-active et restera «proche de la vraie vie».«Si on amène dans nos critiques le vrai reflet des réactions des gens sur le terrain, si on fait ça, personne ne se trompe.» Le cynisme ambiant au sujet des politiciens disparaîtra, ajoute-t-elle, dans la mesure où les politiciens se préoccuperont de la réalité des gens et défendront leurs dossiers non pas en calculant des pieds carrés mais en prenant en compte davantage les besoins, l’humain.Nathalie Normandeau se dit déterminée à dépasser, au cours de son mandat, les vœux pieux en faisant des efforts supplémentaires pour atteindre ses objectifs dans des dossiers comme la pauvreté et, cabinet fantôme oblige, les ressources naturelles.Même son de cloche chez Linda Goupil, qui se choque de l’état de pauvreté de plusieurs couches de la population.Elle souhaite d’ailleurs rendre accessibles les services de justice à un plus grand nombre.Manon Blanchet ajoute que c’est l’écoute des gens qui dissipera ultimement leurs préjugés à l’endroit de la politique.Mais il y a du chemin à faire, reconnaît cette souverainiste modérée qui se dit «la députée de tout le monde».«C’est pas toujours beau, la période des questions: des petits gars et des petites filles qui se font des jambettes dans la cour d’école.» JACQUES NADEAU LE DEVOIR T $irj î?=sï ¦ '-‘Lw Pauline Marois entend réduire les listes d’attente.SUITE DE LA PAGE 1 elle veut notamment accélérer la création des centres ambulatoires, revoir les plans d’effectifs médicaux et infirmiers et améliorer les services aux personnes âgées et aux personnes souffrant de maladie mentale.Pour ce qui est des listes d’attente, la ministre Marois se donne l’objectif de les réduire, mais surtout de déterminer des délais «cliniquement acceptables» pour chaque type de chirurgie, et d’établir des listes d’attente fiables, partout au Québec.Une mesure qui se traduira par l’augmentation du temps opératoire, du personnel et de l’équipement dans les hôpitaux, assure la ministre.Quant aux CLSC, Pauline Marois leur réserve des investissements accrus d’ici cinq ans, notamment pour accroître les soins à domicile, et ne modifie en rien leur rôle dans le réseau de première ligne.Tel que prévu depuis le début de la réforme Rochon, 600 nouvelles places d’hébergement pour personnes âgées viendront compléter les 2000 places annoncées en 1995.Ui où les intentions de la ministre Marois sont très claires, c’est l’accélération du travail en commun des différents acteurs du réseau.Les départements régionaux de médecine générale (DRMG), élaborés par Jean Rochon dans une loi adoptée au printemps 1998 pour obliger la collaboration entre CLSC, cliniques privées et hôpitaux, seront d’ailleurs en place dès l’automne prochain, espère la ministr^.«Travailler en réseau?Ce n’est pas fait.On doit donner un autre coup d’épaule à la roue pour y arriver.1m réalité nous y oblige.Le citoyen en détresse nous dit: “Voulez-vous ajuster vos flûtes!"», observe Pauline Marois.Gilles Baril, ministre délégué à la Santé, aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, a lui aussi fait part de son intention de donner un coup de barre dans les services donnés aux jeunes.Davantage de prévention, des mesures ciblées pour rejoindre les jeunes en détresse dans la rue et dans les écoles de même qu’un plan d’action axé sur la prévention du suicide, de la toxicomanie et de l’itinérance et sur les centres jeunesse sont au menu pour les prochains mois.«Des enfants se retrouvent entre deux chaises, victimes d’une partie de ping-pong entre une mesure et une autre», déplore le ministre Baril.Enfin, la ministre Marois a réitéré son intention d'appuyer haut et fort la création des centres hospitaliers universitaires, notamment celle du CHUM.Dans ce dernier cas, elle se laisse quelques mois de réflexion avant de décider, avant l’été, de l’option de regroupement privilégiée par ceux-là mêmes qui y travaillent.Mais pour réaliser tous ces projets, il faudra voir ce que réservera au réseau de la santé, dans son budget de mardi, le ministre des Finances, Bernard Landry.Chose certaine, Mme Marois place haut la barre en dévoilant, quelques jours à l’avance, sa liste d’épicerie, et elle soutient que les montants «seront suffisants pour régler les problèmes».Même discours, pense l’opposition libérale L’opposition libérale estime que si les ministres et le ton changent à la santé, le discours reste inchangé.Lp critique libérale en matière de santé, Michèle Lamquin-Ethier, reproche à la ministre Marois de ne pas avoir l’honnêteté de reconnaître l’échec de la réforme de son prédécesseur et d’avoir mis si tard l’accent sur les soins à domicile.«Si le gouvernement avait compris ça plus tôt, on aurait pu éviter de nombreux dérapages dans les dernières années et assurer une meilleure réponse aux besoins de la population», a déclaré la députée de Bourassa hier à Québec.Mme Lamquin-Ethier s’en prend aussi aux propos de Mme Marois sur la fiabilité des nouvelles listes d’attente en chirurgie, une priorité du Parti québécois depuis 1994, a-t-elle souligné.«Est-ce que cela veut dire que les malades vont être opérés plus vite parce que la liste est fiable?», a ironisé Mme Lamquin-Ethier.Par ailleurs, plusieurs organismes n’ont pas caché hier leur impatience face à l'inconnu qui plane toujours sur les budgets qui suivront toutes ces mesures.La présidente de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ), Jennie Skene, demeure prudente.«C’est un discours qui est nouveau, mais est-ce que le gouvernement va exiger que les associations patronales mettent sur la table des solutions?Je ne peux faire autrement qu'être sceptique», a-t-elle dit au sujet de l’intention de Québec de créer des postes d’infirmière et d’accroître la formation.Le ton est plus optimiste du côté des autres centrales syndicales, dont la CSN, qui voit dans le plan de la ministre «de bons messages».Si la ministre rejoint les préoccupations de sa centrale, Gérald Larose pense qu’un flou artistique entoure toujours la mission dévolue aux CLSC.«Il va falloir des alignements clairs pour dire que les CLSC sont la base du réseau», estime-t-il.U CEQ, quant à elle, affirme que ces orientations ne prendront leur sens que lorsque des montants concrets seront divulgués.Quant aux promesses faites au personnel du réseau, «il reste maintenant à voir si cela se concrétisera par des actions ou s'il s'agit de vœux pieux», a fait savoir Monique Richard, vice-présidente de la CEQ.Du côté des CLSC et des CHSLD, on se réjouit de voir la ministre maintenir le cap sur la réforme Rochon.Andrée Gendron, présidente de l’Association des CLSC et CHSLD, juge que les annonces faites consolident le rôle des CLSC en renforçant les services à domicile et aux personnes âgées.Seule ombre au tableau, on souhaite que des incitatifs financiers soient créés pour inciter les médecins à travailler dans les établissements publics, tels les CLSC et les centres d’hébergement.Quant aux hôpitaux et aux médecins omnipraticiens, qui saluent l’intention de la ministre de créer les départements régionaux de médecine générale, ils ne feront connaître leurs réactions plus détaillées qu’au cours des prochains jours.Linda Goupil S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.EXPOS Brochu est courtisé par un groupe de Washington Bourque courtise les Rimouskois LE DEVOIR je s bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Place-des-Arts Is sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 a 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 ]je site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone f?ar télécopieur Bar courrier électronique Pour l’agenda culturel ta publicité Au téléphone Far télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3551 (514) 985-3399 (514) 985-3390 I -800-363-0305 (sans frais) îles avis publics et appels d’offres Au téléphone ri (514) 985-3344 (514) 985-3340 jar télécopieur Les petites annonces et la publicité par regroupement A|u téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de8h a 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 E Ktérieur de Montréal 1 -800-463-7559 (sans frais I.r Devoir »*st publié du lundi au samedi par !>• Devoir Inc.dont le si»?yt* social est situe au 2050.rue de Bleury.'r étaye, Montréal, (Québec), HAA 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LtSalIe, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., bl2.rue Saint-Jacques Ouest, Montréal I.'ayence Presse Canadienne est autorisée a employer et .1 diffuser les informations publiées dans l.e Devoir h- Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., ’X/f, boulevard Saint-Martin Ouest, laval.Envoi de publication — Enregistrement n OfM.Dépôt leyal Bibliothèque nationale du Québec SUITE DE LA PAGE 1 avec une économie de mots qu’il a commenté l’article du quotidien national américain.«Je ne comprends pas vraiment ce que l'on dit dans l’article, a-t-il dit .Je suis moi-même confus.Il ouvre la porte à bien des spéculations et de l’interprétation.» M.Brochu a parlé aux dirigeants du baseball majeur après avoir pris connaissance de l’article.Il n’a toutefois pas révélé la teneur de sa conversation.Mais il a dit: «Ce n ’est pas dans leurs habitudes d’agir ainsi.» L’article du USA Today indiquait notamment que le commissaire ne lui donnera pas le feu vert avant 90 jours pour vendre l’équipe ou la déménager.Il doit reprendre le contrôle de l’équipe à l’expiration aujourd’hui (samedi) du sursis de 150 jours accordé par le baseball majeur, le 7 octobre.L’article contient une seule citation de Brochu mais elle est lourde de signification.Il est d’avis que la vente ou le dé- ménagement des Expos est très probablement inévitable.Dans le même quotidien mais dans un article sur le réaménagement des sections du baseball majeur, Brochu est par ailleurs louangé par William Collins, cet homme d’affaires qui est à la tête du groupe de la Virginie du Nord qui veut obtenir une concession des ligues majeures.Collins aimerait que Brochu fasse partie du nouveau consortium de Washington si les Expos sont vendus et déménagés.«Nous pensons qu'avoir Claude Brochu est une des plus attrayantes occasions qui puisse se présenter.En parlant aux propriétaires au cours des années, il semble être une personne très bien respectée.Nous serions heureux de l’accueillir.» «C'est flatteur, a dit M.Brochu quand on lui a rapporté les propos de Collins.Mais dans les circonstances actuelles, je m’en serai bien passé.» PRESSE CANADIENNE Rimouski — S'il n’en tient qu'au maire de Montréal, Pierre Bourque, le gouvernement du Québec aura à faire face à une nouvelle solidarité entre Montréale les régions lors de la renégociation du pacte fiscal entre les municipalités et le ministère des Affaires municipales du Québec.Le maire Bourque a reçu hier à Rimouski une oreille réceptive à ce projet de nouvelle collaboration de la part des maires des principales villes du Bas-Saint-Laurent (Rivière-du-Loup, Rimouski et Matane), alors qu’il était l’invité de la Chambre de commerce de Rimouski.«Je veux arrêter qu'il y ait un antagonisme entre les régions et Montréal.Je rencontre des maires et des députés qui ont une influence sur le gouvernement du Québec.À terme, ce sera à lui de trancher dans le nouveau pacte fiscal», a déclaré le maire Bourque.SUCRES Santé Canada ne modifiera pas ses recommandations SUITE DE LA PAGE 1 l’apparition de tumeurs au côlon et accélérerait la division des cellules cancéreuses.Les chercheurs recommandent donc de préférer les pâtes, le pain et le riz entiers à leur version blanche raffinée et d’éviter le sucre et les confiseries.Le flair Montignac?Coïncidence ou intuition, Michel Montignac — qui ne possède aucune formation en sciences — recommande justement dans son très populaire livre Je mange, donc je maigris de bannir les «mauvais glucides» provenant du sucre et des farines raffinés pour maigrir.Il soutient que la consommation de calories n’a rien à voir avec le poids et qu’il suffit de ne pas combiner les graisses avec les glucides pour que la sécrétion d'insuline reste à son minimum, que les cellules capturent ainsi moins de gras et que le corps humain reste svelte.Pendant que le I)'Willett prépare les résultats finaux de son enquête et que les disciples de Montignac disent adieu a leurs bourrelets, le Guide alimentaire canadien continue de recommander la consommation de 5 à 12 portions de céréales par jour.Devrait-il y avoir une révolution?l'as du tout, répondent les responsables du guide a Ottawa.«Il n’y aura pas de révolution alimentaire, prévient Renée Crompton, de Santé Canada, parce que nos recommandations ont été révisées en 1992 et sont basées sur une revue de l’ensemble des recherches effectuées dans le domaine.Ce n’est pets une seule recherche qui fera tout basculer.» Selon Mme Crompton, la consommation de sucres raffinés des Canadiens est «adéquate».Ix-s glucides constituent la meilleure source d’énergie et de fibres, ce qui explique que les produits céréaliers, qui en sont une excellente source, occupent le premier rang des recommandations de Santé Canada.Mais tous ne sont pas de cet avis.Jean Dumesnil, cardiologue à l’hôpital Laval, à Québec, aimerait que les œillères tombent pour que toutes les pistes de solution présentées, d’où qu’elles viennent, soient explorées.«On est en train de constater que les traitements traditionnels contre l’obésité, consistant en une diète basse en gras et élevée en glucides, sont un échec.lœs résultats à long terme sont peu encourageants.L'obésité continue de gagner du terrain.» Ayant déjà utilisé la méthode Montignac avec grand succès, le I)r Dumesnil a voulu savoir pourquoi le régime fonctionnait vraiment.Il a constitué une équipe de recherche qui a découvert que les adeptes de Montignac, en évitant les sucres, consommaient en fait 25 % moins de calories parce qu’ils atteignaient la replétion plus rapidement.Le I)' Dumesnil insiste pour dire qu’il n’est pas lui- même diététiste mais affirme constater «qu'on a négligé le rôle des sucres et de Thyperinsulinisme dans la genèse de l’obésité» au profit du gras et qu’il faudrait s’y intéresser bien davantage.Comme l'Ordre professionnel des diététistes du Québec, dont elle fait partie, Mireille Dubost, chargée de cours à l’Université de Montréal, n'aime pas trop cet engouement pour la méthode Montignac.«Michel Montignac est un très bon homme d’affaires mais il est très malhonnête intellectuellement.Quand il parle d’indice glycémique [nombre attitré à chaque aliment et qui indique l’augmentation du glucose qu'il induit dans le sang], il mélange tout.L’indice glycémique d’un repas n’est pas la somme de l'indice glycémique des aliments qui le composent.C’est beaucoup plus compliqué que cela.» Si révolution alimentaire il doit y avoir, croit Mme Dubost, elle se fera dans l'assiette des gens, pas dans les recommandations des spécialistes, qui suggèrent depuis toujours de revenir à une alimentation de base et de préférer les aliments les moins raffinés possibles.«Ce qui est intéressant, c’est que peu importe les découvertes, elles nous ramènent toujours à la même chose: il faut consommer plus de fruits et de légumes, plus de produits à grains entiers et plus de légumineuses.Et c’est ce que nous avons toujours recommandé!» I
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