Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (6)

Références

Le devoir, 1999-03-20, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
FONDÉ EN 19 10 4- LE DEVOIR V 0 L .X C - N • (i 0 MONTRÉAL.L K S SAMEDI 2 0 E T !> 1 M A N C 11 E 2 I M A II S I P !> ü Une nouvelle réalité de plus en plus virtuelle, cahier E (i C A HIERS • I .9 5 $ + T a x E s = 2 .2 5 $ CAHIER ARTS La chronique d’Odile Tremblay: Péteux de broue, page B 12 m Christi a n R ioux ?PERSPECTIVES Le dur désir d’être aimé Grâce à une poignée d’artistes, le Québec aura fait plus parler de lui à l’étranger en quelques jours qu’en plusieurs années de tractations diplomatiques.Il n’y a pas eu de moment plus émouvant au cours de ce périple qu’achève le premier ministre Lucien Bouchard en Espagne et en France que cet instant ou jordi Pujol, le président de la région autonome de Catalogne, s’est tourné admiratif vers le grand jardin de mots dé l’artiste québécois Rober Racine.Un jardin de 55 000 mots patiemment découpés dans le dictionnaire pendant des milliers d’heures afin de les immortaliser sur des affichettes plantées en rangs serrés.Mais un jardin qui pourrait aussi ressembler à un cimetière.Libre à chacun d’interpréter ce qu’il avait sous les yeux, mais il n’y avait pas mieux pour illustrer ce que la langue représente pour ces petits peuples qui ont la conscience d’être mortels.Pendant un court instant, un ange est passé; il n’y avait plus besoin de parler.lx“s mots, ce sont encore eux qui tombaient en légers flocons de neige au moment de l’inauguration du Salon du livre de Paris, dont le Québec est l’invité d’honneur.Des mots comme ceux qui nous unissent et nous séparent tant des Français.Des mots préservés, transformés et parfois même inventés par cette poignée d’écrivains qui «squattent» cette semaine tous les grands quotidiens et magazines de l’Hexagone et qui vont se faire entendre pendant des heures sur les ondes des radios et des télévisions françaises.Les férus de statistiques ont compté cette semaine 180 pages consacrées au Québec dans les journaux et magazines français, auxquelles il faudrait ajouter les nombreux articles de la presse catalane et espagnole publiés la semaine dernière.Qu’importent les chiffres?Jamais le Québec n’a autant fait parler de lui à l’étranger sur une période aussi concentrée depuis le premier référendum sur la souveraineté, ou peut-être même la visite du général de Gaulle.Bien sûr, «sept millions de Québécois» ne «débarquent» pas en France (comme le dit la rame de métro aux couleurs du Québec qui circule sur une ligne parisienne) sans quelques irritants.11 suffit qu’un ancien ministre à la retraite évoque dans des mots peu politically correct son inquiétude du début des années 60 de voir le français du Québec se «créoliser» (et donc s’éloigner du français parlé ailleurs dans le monde) pour que la télévision canadienne monte sur ses grands «jouaux».Les mots, encore les mots! Il y a quelques années, une certaine presse allemande avait presque trouvé à nos politiciens des allures fas-cisantes sans que le petit écran s’inquiète.Mais avec les Français, nous avons le dur désir d’être aimés.Les discussions qui vont se tenir dans les jours qui viennent entre éditeurs français et québécois au Salon du livre de Paris ne seront pas non plus toujours paisibles et sereines.Notre langue est la même, mais les éditeurs français sont des concurrents qui n’abandonneront jamais en souriant un centimètre carré de lecteurs.Qu’on se le dise, les rapports du Québec avec la France — notre porte européenne — ne seront jamais simples.Mais il serait temps qu’on s’aperçoive qu’ils passeront toujours d’abord par la culture.Les Français ne nous aiment pas tant pour l’originalité (pourtant réelle) de nos fonds de capital de risque que pour ce capital humain qui vient régulièrement les remuer, les déranger, les bousculer dans cette assurance tranquille d'une culture qui se sait millénaire.L’écrivain Jacques Godbout aime raconter que le Québec est une nation inventée à la lin des années 50 par une poignée de poètes.Chaque fois que nos artistes ou nos dirigeants politiques le disent à l’étranger, la nation québécoise devient comme une évidence, une lapalissade pour des étrangers qui s’étonnent soudain qu’elle ne soit pas considérée ainsi chez elle.Au delà des bons coups et des bévues de cette grande saison culturelle qui s’ouvre en France, 200 écrivains auront finalement fait plus en quelques jours que les innombrables missions commerciales et politiques qui sillonnent l’Hexagone depuis des années.En restera-t-il quelque chose dans trois mois?Probablement pas autant qu'on le souhaite.Mais peut-être restera-t-il au moins cette certitude que les Québécois doivent se sentir comme chez eux en France et en Europe.Qu’ils doivent y arriver sans complexes et ne pas se retirer dans leur Amérique profonde.Peut-être restera-t-il aussi cette évidence qu’il est impératif que nos artistes et nos intellectuels prennent la place qui leur revient sur ce territoire qui sera toujours, qu’on le veuille ou non, le lieu principal du débat en français dans le monde.Peut-être, enfin, aura-t-on compris apres beaucoup d’hésitations que le Québec doit être partie prenante du débat européen.Qu’il doit entretenir avec l’Europe ce qu’on pourrait appeler une conversation permanente.M E T E 0 Montréal Ensoleillé avec g) passages nuageux.Max: 6 Min: -8 Québec Ciel variable.Max: 3 Min: -7 Détails, page A 6 N I) E X Américana.C 10 Annonces.C 12 les Arts.B 1 Avis publics.C 9 Bourse.C 8 Économie.C 1 Éditorial.A 12 Livres.D 1 le monde.Ail les sports.C 14.Montréal.A 3 Mots croisés.C 9 www.ledevotr.com Desjardins obtient le feu vert Les membres approuvent avec une forte majorité le projet de restructuration et la délégation de pouvoirs CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR Les dirigeants du Mouvement Desjardins ont obtenu un feu vert un peu plus clair qu’ils le prévoyaient eux-mêmes pour procéder à d’importantes réformes.«Les congrès sont des moments privilégiés d’échanges sur de grandes orientations et ils ont toujours un effet déterminant sur la suite des choses», a déclaré un Claude Béland «extrêmement heureux et satisfait» des résultats.En tout premier lieu, 76 % des 2825 délégués présents à ce 17e congrès spécial ont exprimé leur accord au principe de la déléga- tion des pouvoirs des caisses locales vers les instances supérieures, dont les décisions deviendront exécutoires.On s’appliquera très bientôt à établir un plan d’action en ce sens.En outre, 75 % des congressistes ont donné leur aval à la création d’une seule et unique fédération qui remplacera dans un délai de trois à cinq ans la confédération actuelle et les fédérations régionales.Claude Béland, président du Mouvement, a dit en conférence de presse qu’il était bien disposé à faire «une niche» à la Fédération des caisses d’économie, mais pas au point de lui accorder le statut d’une entité décisionnelle.Il y a là un problème dont la solution n’est pas évidente pour l’instant mais qui fait l’objet de pourparlers.D’ailleurs, la reconfiguration des structures ne se fera pas avant qu’un comité, dans un délai de six mois, aura complété une étude des impacts et des coûts des différents scénarios proposés.Ce comité devra préparer un plan de transition harmonieux et efficace.On discute de sa formation aujourd’hui même à l’assemblée générale de la confédération.Ce comité aura entre autres à se pencher sur la question VOIR PAGE A 14: DESJARDINS Claude Béland Le Kosovo retient son souffle REUTERS LE PRÉSIDENT Bill Clinton a averti hier Belgrade: le compte à rebours débouchant sur une action militaire contre des cibles serbes a commencé, a-t-il dit, en raison de son refus de signer l accord de paix pour le Kosovo.En attendant, les combats dans la province à majorité albanaise se poursuivent.Hier, un membre de l Armée de libération du Kosovo (UCK) réconfortait cet enfant qui assistait aux funérailles de quatre combattants de l’UCK à une cinquantaine de kilomètres de Pristina, la capitale.Nos informations en page A10.Controverse à Hollywood Un Oscar nommé trahison Vive controverse à Hollywood.Demain, l’Académie américaine du cinéma va décerner un Oscar pour l’ensemble de son œuvre au cinéaste et écrivain Elia Kazan.Cependant, il y a presque 50 ans, Kazan avait dénoncé des collègues pour leurs sympathies communistes auprès du célèbre Comité du Congrès sur les activités antiaméricaines.ALEXANDRA SZACKA CORRESPONDANTE DU DEVOIR A NEW YORK New York — Ces dernières semaines, Norma Barzman les a passées au téléphone, relançant anciens amis et connaissances.Son but; ramasser le plus de signatures et le plus de dollars possible pour faire paraître une annonce dans le Daily Variety et le Hollywood Reporter, deux publications californiennes bien connues du jet-set cinématographique.A 78 ans, Mme Barzman est la benjamine du Comité contre le silence fondé à la fin janvier à Hollywood.La moyenne d’âge de ses membres dépasse largement les 80 ans.Leurs points communs: ils sont tous scénaristes, ils ont tous eu des sympathies communistes dans les années 30, 40 ou 50 et ils ont tous été sur la «liste noire» à l’époque du maccarthysme.S'ils se mobilisent aujourd'hui, c’est que l’Académie américaine du cinéma a décidé de décerner l’Oscar pour l’ensemble de son œuvre à Elia Kazan, réalisateur, metteur en scène, écrivain.et délateur à ses heures.Le comité conteste ce choix et organise Elia Kazan une manifestation pour demain, jour de la remise des Oscar.Il demande entre autres à l’assistance de ne pas applaudir le cinéaste au moment où il montera sur scène.En 1952, en pleine ascension artistique qui devait le mener plus tard vers deux Oscar et une reconnaissance internationale, Kazan a dénoncé huit de ses collègues (acteurs, réalisateurs, scénaristes) devant le tristement célèbre Comité sur les activités antiaméricaines, inspiré par le sénateur Joseph McCarthy.Accusés d’être communistes et de pactiser avec l’ennemi soviétique, des centaines d’artistes ont à l’époque été mis sur une liste noire et interdits d’exercer leur métier aux États-Unis.Plusieurs d’entre eux ont dû s’exiler ou ont vu leur carrière et leur vie brisées.«Nous ne voulons pas attaquer Elia Kazan comme artiste, affirme Nonna Barzman dans un français impeccable.Seulement, nous ne pouvons pas oublier que comme homme, il a appuyé McCarthy et sa chasse ata sorcières et contribué à l'instauration d’un climat de peur à Hollywood et partout ailleurs aux États-Unis.» VOIR PAGE A 14: KAZAN REUTERS ¦ Lire aussi en page A 8: la 71' remise des Oscar 60 morts dans un attentat en Russie Soixante personnes ont été tuées et une centaine blessées hier dans l’attentat sur le marché central de Vladikavkaz, dans la petite république russe caucasienne d’Ossétie du Nord.L’explosion a été provoquée par une charge équivalant à dix kilos de TNT.Nos informations en page Ail.Le stade rouvrira sous conditions LOUISE LEDUC LE DEVOIR Bien que la cause de la déchirure de la toile du Stade olympique demeure inconnue, le Service de prévention des incendies de Montréal autorise la réouverture de l’aire de jeu le 1" avril.Les Expos pourront donc y entreprendre leur saison le 8 avril.C’est en s’appuyant sur une lettre de la firme d’ingénieurs montréalaise Rousseau Sauvé Warren, retenue par le fabricant Birdair, que le Service de prévention des incendies de Montréal (SPIM) a autorisé de manière conditionnelle et temporaire la réouverture du stade.Entre le 1er avril et le 30 novembre, période au cours de laquelle cette première autorisation est accordée, le SPIM pose deux conditions à la Régie des installations olympiques.D’une part, la RIO devra s’assurer que le toit sera déneigé dès que tomberont des précipitations de 15 centimètres ou plus.D’autre part, les travaux au toit du stade se poursuivant ce printemps et cet été, Birdair sera tenu de faire une inspection avant chaque événement afin de s’assurer que l’endroit demeure sécuritaire.«Comme la cause exacte de la rupture du panneau 16 n’est pas encore déterminée et ne le sera peut-être pas pour plusieurs mois à venir, Birdair s’est engagée [.] à déneiger la toiture pour n 'y permettre aucune accumulation significative d’ici à ce qu'une solution finale ou déjinitive soit apportée», peut-on lire dans la lettre transmise au SPIM par l’ingénieur Raymond R.Garneau, vice-président exécutif de VOIR PAGE A 14: STADE Nominations au Devoir Jean-Robert Sansfaçon et Michel Venne ont respectivement été nommés hier au poste de rédacteur en chef et a celui de rédacteur en chef adjoint au Devoir.En compagnie de l’actuel directeur de l’information, Claude Beauregard, ils dirigeront la salle de rédaction du journal.À titre de rédacteur en chef, Jean-Robert Sansfaçon remplace Bernard Descôte^ux, nouveau directeur du journal.A l’emploi du Devoir depuis 1993, M.Sansfaçon occupait la fonction de rédacteur en chef adjoint et d’éditorialiste.Économiste de formation, il avait auparavant enseigné les sciences économiques au cégep de Saint-Jérôme, où il a aussi coordonné le département des sciences humaines pendant quelques années.Depuis 1983, il signait régulièrement des articles dans les pages économiques et d’opinion du Devoir.Il avait auparavant collaboré à plusieurs magazines de la presse alternative et professionnelle, écrit,des essais et publié trois romans aux Éditions Quinze et chez VLB.Michel Venne s’est joint pour sa part au Devoir à l’automne 1990 à titre de correspondant parlementaire à l’Assemblée nationale.Depuis septembre 1996, il faisait aussi partie de l’équipe éditoriale.Titulaire d’un baccalauréat en communications de l’UQAM, il a complété en 1998 une scolarité de maîtrise en science politique.Avant d’entrer au Devoir, il a été reporter à La Presse canadienne.Il a aussi été rédacteur en chef VOIRA PAGE A 14: NOMINATIONS Jean-Robert Sansfaçon Michel Venne 1 778313000696 L E I) E V OIK.I.E S S A M E I) I 20 E T I) I M A N “ ?CULTURE* Le Québec au Salon du livre de Paris Ce prix unique mis de côté Le groupe de travail préconise une série de mesures pour aider les librairies CHRISTIAN RIOUX Parmi tous les exposants québécois au Salon du livre de Paris, on retrouve le kiosque du Devoir.En plus d’y trouver noue cahier spécial sur le Salon, les visiteurs peuvent y obtenir de l’information sur notre journal quotidien.MARIE-ANDRE CHOU 1NARD LE DEVOIR Paris — Le groupe de consolidation du réseau des librairies, mis sur pied par le premier ministre Lucien Bouchard en avril dernier, ne recommandera pas au gouvernement d’instaurer le prix unique niais proposera plutôt une autre forme d’intervention de l'Etat, vraisemblablement de nature pécuniaire, dans le but de donner un second souffle aux libraires.C’est ce qu’a révélé hier André Rousseau, vice-président livres chez Québécor, alors qu’il participait au Salon du livre de Paris à un débat France-Québec sur les vertus du prix unique.M.Rousseau, à la fois membre de la Commission du livre (instance de la Société de développement des entreprises culturelles) mais aussi du groupe de consolidation du réseau des librairies instauré par Lucien Bouchard, a livré cette information lors d’un débat-conférence organisé par les associations d’éditeurs français et québécois.«Avec une très grande majorité, [le grçiupe de travail a] souhaité qu'il y ait une intervention de l'Etat pour garantir la large diffusion du livre dans le réseau des librairies, a-t-il expliqué à ses collègues québécois et français.(.) Mais c’est un secret de Polichinelle que chez nous, le moyen du prix unique n'a pas été considéré comme la façon privilégiée de sauver le réseau.» Rappelons qu’à la toute fin du Sommet sur la lecture et le livre, en avril dernier, le premier ministre Bouchard et la ministre de la Culture d’alors, Louise Beaudoin, avait annoncé la création de ce groupe de travail, présidé par le président du Groupe Sogides, Pierre Lespérance, et composé d’acteurs reliés de diverses manières à la vente du livre en librairie ou en grande surface.M.Bouchard leur commandait alors de tenter de trouver des façons de solidifier un réseau de librairies affaibli par la concurrence des grandes surfaces mais y assujettissait une règle à suivre, soit veiller à ce que les recommandations soumises n’entraînent aucune hausse du prix du livre, déjà considéré «trop cher».André Rousseau a expliqué qu’après avoir commandé trois études et discuté près d’un an, le groupe de travail n’arrivait pas à un consensus quant aux effets positifs pour l'ensemble de la profession, dont le réseau des librairies.«Les trois études convergent: le prix unique n’est vraiment pas la solution.» Dans une de ces études réalisées pour le compte du groupe de travail et à laquelle on a fait allusion hier, on apprend notamment que le réseau québécois des libraires effectue actuellement un bénéfice net de 0,8 % à peine.Et que ce sont les librairies des grands centres qui sont le «fijus assujetties aux pertes en raison de la forte concurrencée qui s’y livre.Le groupe de travail remettra son rapport à la ministre de la Culture et des Communications, Agnès Maltais, après Pâques.Il doit ensuite être étudié de près par la •Commission du livre.Plutôt que de préconiser l’imposition d’un prix unique, le groupe de travail choisira vraisemblablement une autre voie de soutien du réseau des librairies, en incitant le gouvernement à les appuyer financièrement davantage, ou encore en modifiant à leur avantage les remises (rabais) qui leur sont consenties par les distributeurs.L’opération viserait globalement à assurer l’apport diversifié de livres québécois au plus large public possible.En France, la loi du prix fixe fut instaurée par le ministre de la Culture de l’époque, Jack Lang, il y a désormais une vingtaine d’années.Une grande partie des échanges d’hier a permis d’entendre les Français et les Québécois se lancer la balle quant aux avantages et inconvénients du prix fixe — lequel consisterait simplement à décréter par loi l’imposition obligatoire par les éditeurs, par exemple, d’un seul prix pour le même livre, qu’il soit à la librairie du coin ou chez Club Price.«Nous ne sommes pas rendus au point où vous en êtes, a poursuivi M.Rousseau.On ne prendra pas le risque de co-pier un système étranger parce que généralement, quand on copie, ça ne répond pas aux objectifs poursuivis.» France-Québec: partenariat ou concurrence?Immédiatement après ce débat aux fondements économiques, éditeurs québécois et français ont ouvert la dis- cussion quant aux possibilités de partenariat littéraire entre les deux marchés, une des questions le plus souvent évoquée autour de la venue du Québec à titre d’invité d’honneur au Salon du livre de Paris.Sans véritablement permettre l’échange de pistes de solution ou d’avenues à envisager, le débat — opposant Claude Cherki, p.-d.g.des ditions du Seuil à trois éditeurs québécois, Pascal Assathiany, Gilles Pellerin et Hervé Foulon — aura surtout revêtu des allures de tendre règlement de comptes, les Québécois reprochant à leur vis-à-vis français l’usage abusif de clichés folkloriques empêchant une véritable collaboration: et le vis-à-vis français se défendant d’encourager le fantasme des «bûcherons perdus au nord du Québec».«Sortons des fantasmes et des idées reçues pour voir la réalité, qui est cependant difficile», a expliqué Claude Cherki.MARIE-ANDRÉE C H O U I N A R I) LE DEVOIR Paris — Il en avait lu trois, peut-être même plus, mais ces trois-là, il les a aimés! Le célèbre animateur Bernard Pivot a concocté un savoureux Bouillon de culture hier où il a mis trois auteurs québécois en vedette, pour leur «grand talent» et leur capacité à inventer un monde à partir de leur langue.«Il n'y a pas que les Français qui écrivent bien le français», s’intitulait cette émission, à laquelle participaient, comme trio québécois, Robert üilonde (Le Vacarmeur), Dany Laferrière (Pays sans chapeau) et Gaétan Soucy (La petite fille qui aimait trop les allumettes).S’ajoutaient à ces invités le Marocain Tahar Ben Jelloun (L'Auberge des pauvres), le Cubain Eduardo Manet (D’amour et d’exil) et le Camerounais Mango Beti (Trop de soleil tue l’amour).Ainsi, le livre de Robert Lalonde a procuré à Bernard Pivot des «bonheurs de lecture», a-t-il expliqué, qui a même Le marché éditorial québécois — en littérature, il n’atteint que 35 % de son marché, 65 % étant occupé par la littérature étrangère, américaine et française notamment — souhaiterait que la France s’intéresse à ses auteurs tout en leur accordant la promotion médiatique requise.On voudrait aussi voir augmenter les rapprochements d’une maison à l’autre, et les publications simultanées, Québec-France, avec un éditeur ici, et un autre là-bas.Malgré toute sa bonne volonté, la France ne pourra coopérer davantage quelle ne le fait déjà si le Québec ne laisse pas tomber quelques-unes de ces barrières «protectionnistes» qui freinent le partenariat, a souligné hier Claude Cherki, faisant allusion au règlement favorisant exclusivement la vente d’édition scolaire au Québec par des éditeurs agréés, donc 100 % québécois — un règlement qui exclue ici la France.«Le protectionnisme de l’édition québé- demandé au comédien-écrivain de lire une «page magnifique» qu’il avait lui-même choisie préalablement.De Gaétan Soucy, «incontestablement la grande révélation littéraire des dernières années au Québec», l’animateur a dit avoir décelé un style «singulier, drôle, original, savant et recherché à la fois».Et Pivot a apprécié chez Dany laferrière la descri-tion du pays réel, «mais aussi celle du pays de rêve».«J’ai trouvé que vous étiez tous les trois très différents, mais tous les trois avec un sacré talent!, a-t-il lancé après les avoir longuement interpellés.Non mais, je ne fais pas de lèche-bottes, c’est vrai!» Dans un contexte tout à fait détendu, et avec plusieurs percées d’humour de part et d’autre, les invités québécois se sont distribué l’un l’autre éloge par-dessus éloge, faisant de même par la suite avec les trois autres invités, ce qui a immédiatement donné un ton passionné aux échanges.Les téléspectateurs français n’auront cependant pas assisté à un débat enflammé, comme il est si souvent coutume chez Pivot, puisque les écrivains présents, réunis parce qu’ils écrivent en français sans être issus de la France, se coise, très largement subventionnée, est pour moi un obstacle majeur au partenariat et à la coopération.» Malgré tout, on apprenait hier que dans la foulée de ce Salon où les poignées de main entre maisons françaises et québécoises sont attendues et en grand nombre, Québec Amérique a conclu une entente avec France Loisirs (club de livres équivalent à Québec loisirs).Elle permettra la diffusion d’un livre de Dominique Demers (Marie-Tempête, devenu pour le marché européen Un hiver de tourmente) et du dernier roman de Maryse Rouy, paru la semaine dernière, Les Bourgeois de Minerve.C’est ce qu’a confirmé hier Jacques Allard, directeur littéraire de la maison.Il y a quelques années, une entente de ce type entre les deux maisons avait permis la circulation de 1 300 000 exemplaires du Matou, de Yves Beauchemin.sont limités à discuter de leur livre les uns après les autres, avec passion certes, mais sans que jamais il y ait d’opinions contraires.Bernard Pivot a conclu cette émission, que les Québécois verront sur TV5 le 28 mars prochain, en présentant à la caméra une série de livres d’auteurs québécois, dont Monique Proulx, Robert Charlebois («drôle de livre, vous verrez»), Elise Turcotte, Michel Tremblay («un très, très, très grand écrivain»), Denise Bombardier, Jacques God-bout, Denise Desaultels, Sergio Kokis, Claude Péloquin («étonnant personnage») et Antonine Maillet, certains d’eptre eux étant déjà connus du public français.A Dany laferrière revient la palme de l’audace humoristique pour cet aveu spontané qu’il lança quelques instants avant que Bernard Pivot ne salue ses téléspectateurs, et tout juste après l’énumération de titres québécois qu’il venait de faire: «C'est quand même extraordinaire, un pays de sept millions d’habitants qui produit autant [de livres)! J'ai même pensé que, pour la première fois, le Nobel devrait être donné à un pays plutôt qu’à un écrivain!» Concert d'éloges chez Bernard Pivot La 7L remise des Oscar Les années se suivent.et se ressemblent Deux drames de guerre, une romance shakespearienne et une version vertigineuse de l’Holocauste constituent les principaux joyaux de la 71‘ remise annuelle des Oscar se jouant demain soir dans la cité des anges qui, décidément, abrite quelques chérubins cornus.BRIAN MYLES LE DEVOIR La soirée des Oscar amènera à coup sûr son lot de robes à paillettes, de décolletés plongeants, de flashs ¦ de caméras, de stars et de starlettes.Autant d’éléments qui font partie du contrat tacite entre les téléspectateurs du sobre salon et les Hollywoodiens resplendissant au pays du soleil couchant.Outre le faste, il y a l’art, le septième, que les Oscar sont censés célébrer.Mais.Les années se suivent et se ressemblent à Hollywood.C’est toujours le clinquant et, surtout, les batailles monstrueuses que se disputent les studios pour l’obtention d’un maximum de statuettes qui retiennent l’attention du public.La 71e édition des Oscar n’est pas exempte de contro-' verse, ce qu’il est maintenant convenu d’appeler «le cas Kazan» en étant l’un des plus illustres exemples.Dans la quête aux bonshommes d’or, Harvey Weinstein, de Miramax, et Jeffrey Katzenberg, cofondateur de Dreamworks, se livrent par ailleurs à une course d’une agressivité digne de Ben-Hur.Shakespeare en masse D’un côté, Miramax est en selle pour l’obtention potentielle de 20 Oscar avec deux films: Shakespeare in Ijove et La vie est belle.Miramax s’est forgé au fil des ans une réputation de féroce promoteur de ses œuvres auprès des membres de l’Académie américaine des arts et des sciences du cinéma.The Piano, Pulp Fiction et 7he English Patient provenaient tous de Miramax.Ils ont récolté respectivement trois, un et onze Oscar.M.Weinstein a avoué cette semaine que Miramax a dépensé, dans les six semaines suivant les mises en nomination, 800 000 $ US pour la promotion de Shakespeare in Dwe et 600 000 $ pour La vie est belle.De l’autre côté, il y a Dreamworks SKG, le studio fondé par David Geffen, Jeffrey Katzenberg et le réalisateur Steven Spielberg, qui mise sur Saving Private Ryan demain soir.Le film de M.Spielberg décrivant la Deuxième Guerre mondiale dans une atrocité sans nom est en nomination onze fois, entre autres dans les catégories du meilleur film, de la meilleure mise en scène et du meilleur acteur (Tom Hanks).Mais Shakespeare in Love, du réalisateur John Madden, part favori avec 13 nominations, dont celles du meilleur film, de la meilleure mise en scène, de la meilleure actrice (Gwyneth Paltrow) et des meilleurs rôles de soutien (Geoffrey Rush et Judi Dench).Deux films, deux mondes.Saving Private Ryan cloue au siège tant la boucherie du débarquement de Normandie y semble vraie.La première partie du long métrage, empruntant à la rigueur documentaire sans renoncer à l’esr thétisme, impose un nouveau point de référence dans le film de guerre.la deuxième partie est davantage construite comme un film d’aventure dans lequel des héros divisés et en proie à leurs démons, partant avec deux prises contre eux, affrontent une série d’obstacles devant les mener à retrouver le soldat Ryan, le but de leur quête.Shakespeare in Dwe, de John Madden, est une comédie élisabéthaine dans laquelle un William Shakespeare en panne d’inspiration (Joseph Fiennes) commence l’écriture de «Romeo and Ethel, The Pirate’s Daughter», qui deviendra après sa rencontre avec une muse (Gwyneth Paltrow) IA pièce Romeo and Juliette.Le scénario est admirablement bien écrit par Marc Norman et Tom.Stoppard.Shakespeare in Dwe est une comédie bien jouée, avec un surplus d’âme, soit, mais une comédie.Entre les deux, Roberto Benigni a réalisé, avec Di vie est belle, un film mi-comique, mi-tragique sur l’un des grands drames de l’humanité, l’Holocauste.Le réalisateur et acteur campe le rôle d’un père loufoque qui, interné dans un camp de concentration avec son jeune fils, essaie de faire croire à ce dernier que toute cette misère est fausse et fait partie d’un jeu.D’un sujet casse-gueule, d’une partie de l’histoire sur laquelle pèsent plus d’un interdit, Roberto Benigni a tiré un film tendre, déchirant et drôle par la force de son immense et inexplicable talent, ce qui lui a valu sept nominations, entre autres pour le meilleur film, le meilleur film étranger, la meilleure mise en scène et le meilleur acteur.La vie est belle, de Roberto Benigni: sept mises en nomination.Dans la catégorie du meilleur film, deux autres œuvres ferment la marche.The Thin Red Une, film de guerre qu’a choisi Terrence Malick pour effectuer son retour tant attendu sur les écrans, 21 ans après Days of Heaven, raconte la bataille de Guadalcanal, en 1942.M.Malick est également en nomination pour l’Oscar de la meilleure mise en scène.Elizabeth, de Shekkar Kapur, se présente comme une reconstitution historique d’envergure, basée sur la vie de la reine qui a su éviter de nombreux pièges politiques et tentatives d’assassinat au XVI siècle.Les 400 coups bas Ce fut une dure semaine à Hollywood, où les suppositions les plus mal intentionnées ont circulé sur le patjon de Miramax, Harvey Weinstein, accusé avec son frère Bob d’avoir dépensé non pas 1,6 million, mais bien 15 millions de dollars — à pleines liages d’annonces dans les grands quotidiens américains — pour la promotion de Shakespeare in Ijove et de La vie est belle.Miramax a aussi invité des membres de l’Académie à de somptueuses soiréesjen l’honneur de Roberto Benigni et de John Madden, ce qui n’a pas été interprété comme un geste dénué d’intérêt par les gens de Dreamworks.Même que l’Académie améribai-ne du cinéma songe à entreprendre une enquête.Chez Dreamworks, Jeffrey Katzenberg soupçonneJes frères Weinstein d’avoir déversé beaucoup de fiel sur Saving Private Ryan, ce que Harvey Weinstein a démenti dans une entrevue en chassé-croisé avec le «K» de Dreamworks SKG, publiée dans le New York Times.Une entrevue pour le moins curieuse, dans laquelle les deux protagonistes de cette histoire de gros sous rivalisaient de cynisme.«Je n’ai pas eù de meilleur professeur que Jeffrey Katzenberg et il n’y a aucun réalisateur que j’admire plus que Steven Spielberg», disait,M.Weinstein.Ce à quoi M.Katzenberg répliquait «Il n’y a rien de plus dégoûtant que d’entendre Harvey faire du léchage".» Il faut dire que les deux hommes ont un passé.Jeffrey Katzenberg était chez Disney où il a joué un rôle important quand le studio de Mickey Mouse a racheté.Miramax.Il faut également dire que l’obtention d’un ou plusieurs Oscar se traduit à coup sûr par une augmentation des recettes à travers le monde.À titre d’exemple, Shakespeare in Ix>ve avait amassé 38 millions aux guichets avant l’annonce des mises en nomination pour les Oscar.Ce total est maintenant près de 80 millions, et si le film vient à remporter des Oscar, les recettes pourraient dépasser les 1(X) millions.De la grosse argent.Et le public dans tout ça?Il fait le drôle.Six Américains sur dix n’ont vu aucun des cinq œuvres en lice pour l’obtention de l’Oscar du meilleur film, et seulement un Américain sur 100 les a tous vus, selon un sondage du Las Angeles Times.Cela n’empêche pas la majorité des répondants d’affirmer que Saving Private Ryan va gagner.Le Devoir n’en |xmse pas moins. I.K I) K V OIK, I.K S S A M EDI 2 O E T I) I M A N C IIE 21 M A K S I 8 D !> A 9 CARRIERES ET PROFESSIONS IMPORTANT ÉDITEUR cherche enseignantes et enseignants pour la rédaction d’ouvrages en mathématiques au primaire - Ve à 6e année selon le tout nouveau programme du ministère de l’Éducation du Québec Toute personne intéressée à faire partie de l’équipe est priée de faire parvenir son curriculum vitæ à : Nicole Bourget Guérin, éditeur Itée 4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Par télécopieur : (514) 842-4923 Par courriel : francel@guerin-editeur.qc.ca IMPORTANT ÉDITEUR cherche enseignantes et enseignants pour la rédaction d’ouvrages en musique au primaire 1" à 6e année selon le tout nouveau programme du ministère de l’Éducation du Québec Toute personne intéressée à faire partie de l’équipe est priée de faire parvenir son curriculum vitæ à : Nicole Bourget Guérin, éditeur Itée 4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Par télécopieur: (514) 842-4923 Par courriel: francel@guerin-editeur.qc.ca «I Université du Québec en Abitibl-Témiscamingue Responsable des réseaux informatiques et des laboratoires de l’UER des sciences appliquées (remplacement temps plein -13 mois) Sommaire de la fonction Sous la direction de son supérieur immédiat, le ou la titulaire de ce poste assume le développement.la coordination, l'exploitation et le contrôle des systèmes informatiques touchant l'enseignement et la recherche au département.Il ou elle apporte également un support aux professeurs et étudiants dans différents projets et travaux de génie et participe au développement des programmes en sciences appliquées.Qualifications requises Diplôme universitaire terminal de premier cycle en génie électrique.Posséder une année d'expérience pertinente.Être membre de l'Ordre des ingénieurs du Québec.Connaître les systèmes d'exploitation UNIX et Windows NT serait un atout.Date d'entrée en fonction : Le plus tôt possible Traitement : Selon les échelles de traitement en vigueur.Heu de travail : Rouyn-Noranda Toutes les candidatures reçues avant le 1" avril 1999 à 16h30 inclusivement seront retenues et traitées confidentiellement et devront être acheminées à : Service des ressources humaines Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue 445, boul.de l'Université Rouyn-Noranda, QC J9X 5E4 Téléphone: 819 762-0971 poste 2317 Télécopie: 819 797-4727 PROFESSEURS-ES REGUUERS-ERES 6 POSTES Départements Arts plastiques Champs de spécialisation Études littéraires Géographie Psychologie Travail social Mathématiques Enseignement des arts visuels et médiatiques : didactique des nouvelles technologies Théorie littéraire Aménagement et développement du territoire Psychologie du développement appliquée reliée à l'intervention Méthodologie de l'intervention sociale auprès des petits groupes Didactique des mathématiques L'UQAM, par sa « Politique institutionnelle de recrutement de nouvelles raccmirrac nrnfoQçnrïilfiç » recherche les ressourças humaines les plu rajeunissement de son corps professoral.L'Université a adopté un programme d'accès à l'égalité en emploi pour les professeures et un programme d'équité en emploi pour les femmes, les membres des minorités visibles, les autochtones et les personnes handicapées.Le choix de la personne et I engagement devront se faire dans le respect des lois en matière d’immigration.TRAITEMENT : Selon la convention collective SPUQ-UQAM Une description détaillée de ces postes, incluant les exigences et les délais pour poser votre candidature, est disponible dans le site Internet de FUniversité du Québec à Montréal à http;//www.rhu.gqam.ca/prof.htm.UQÀM L'avenir est ici «Ê Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue 4 postes de professeurs réguliers • en cinéma et multimédia interactif (concours no 653) • en gestion de classe (concours no 654) • en mesure et évaluation (concours no 655) • en didactique les mathématiques au secondaire (concours no 656) L’Unité d’enseignement et de recherche en sciences de l'éducation, de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, souhaite recruter des professeurs spécialisés dans les domaines ci-haut mentionnés qui peuvent dispenser des enseignements dans les programmes de premier cycle et occasionnellement au deuxième cycle et qui peuvent effectuer de la recherche dans leur champ de spécialisation.Les professeurs en gestion de classe, en mesure et évaluation et en didactique des mathématiques au secondaire seront aussi appelés à intervenir dans la formation pratique des futurs ensejgnants.Exigences - posséder un doctorat (terminé ou en voie de l'être) dans un des champs de spécialisation mentionnés; - démontrer une capacité d'adaptation à une université de petite taille; - dans le cas des candidats en gestion de classe, en mesure et évaluation, en didactique des mathématiques au secondaire, posséder une expérience d'enseignement aux ordres primaire ou secondaire d'au moins trois années.Traitement: le traitement est établi selon les qualifications et l'expérience de chaque candidat.Les conditions de travail sont régies par la convention collective en vigueur.Ces postes sont ouverts aux femmes et aux hommes.Lieu de travail: Rouyn-Noranda et, occasionnellement, hors campus.Entrée en fonction: le 1" juin 1999.*** Conformément aux lois et règlements en vigueur, ce poste s'adresse aux citoyens canadiens et aux résidents permanents du Canada “* Toute candidature sera traitée confidentiellement, les personnes intéressées doivent faire parvenir leur curriculum vitæ en spécifiant bien le numéro de concours, avant 16h30, le vendredi 16 avril 1999.à l'attention de: M.Jean-Pierre Marquis, directeur UER en sciences de l'éducation Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue 445, boul.de l'Université Rouyn-Noranda, QC J9X 5E4 Téléphone: 819 762-0971 Télécopie: 819 797-4727 H HACHETTE Canada inc.9001, boul.de l'Acadie, Bureau 1002 Montréal, Québec H4N 3H5 Tél.: (514) 382-3034 • Fax: (514) 381-5088 HACHETTE CANADA, DIFFUSEUR D’ÉDITEURS FRANÇAIS (LIVRE ET MULTIMÉDIA), RECHERCHE UN RESPONSABLE FINANCIER.Vos Fonctions: • Établir les états financiers, les budgets corporatifs et les projections sur la rentabilité de l’entreprise; • Mettre sur pied un système de reporting vers le siège social en France; • Appuyer la direction dans les orientations stratégiques de la société; • Assumer la responsabilité de certaines opérations spéciales; • Assurer l’évolution du système informatique avec celui du siège.Vos compétences : • Diplômé en finance; • 4 années minimum d’expérience pertinente; • Connaissances en logistique et en systèmes d’information; • Grande polyvalence d’esprit et capacité à gérer des aspects tant commerciaux que financiers; • Connaissance du milieu du livre (ou de toute autre branche de l’industrie “ culturelle ”) souhaitable.Si cette perspective vous intéresse, prière de faire parvenir votre curriculum vitae avant le 25 mars 1999 par la poste, à Philippe Lamotte, Hachette Canada, 9001 boulevard de l’Acadie, suite 1002, Montréal, H4N 3H5, par courriel à plamotte@hachette.ac.cq ou par télécopie, au (514)381-5088.IMPORTANT ÉDITEUR cherche enseignantes et enseignants pour la rédaction d’ouvrages en français au primaire 1" à 2e année selon le tout nouveau programme du ministère de l’Éducation du Québec Toute personne intéressée à faire partie de l’équipe est priée de faire parvenir son curriculum vitæ à : Nicole Bourget Guérin, éditeur Itée 4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Par télécopieur : (514) 842-4923 Par courriel : francel@guerin-editeur.qc.ca Æ-ytPCHb.ASSOCIATION PROVINCIALE DES CONSTRUCTEURS DHABITATIONS DU QUEBEC INC REDACTEUR-CONCEPTEUR Mise en marché et Affaires corporatives Service des Communications L'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec (APCHQ) chapeaute un réseau de 10 000 entreprises actives dans les industries de la construction et rénovation résidentielles.Elle représente notamment ces acteurs économiques auprès des divers paliers de gouvernement et organismes et assume un leadership en matière de diffusion d'information en habitation.Vous concevrez et rédigerez des outils de mise en marché et de communication, de même que des plans de mise en marché intégrés, en lien avec les activités de l'organisation et pour le compte de ses différents services et divisions.Vous faites équipe avec une infographiste et un coordonnateur de production.Compétences requises Plume vive et aiguisée, dans un français impeccable.Sens de la communication et du marketing établi.Capacité éprouvée de mener de front plusieurs dossiers et de les faire avancer rapidement en rencontrant des échéanciers serrés.Souplesse maîtrisée dans la relation rédacteur-concepteur/client.Capacité réelle de travailler en équipe, dans le respect des compétences de chacun.Exigences Diplôme universitaire pertinent (communication, rédaction ou marketing).Expérience de travail en lien direct avec les compétences requises.,.Le salaire annuel offert varie entre 28 000 $ et 38 000 $, assorti d'un programme d'avantages sociaux compétitif.Veuillez acheminer votre curriculum vitæ, accompagné de trois de vos réalisations de rédacteur-concepteur, à l'attention de Valérie Ç.Leclerc, avant le mercredi 31 mars 1999.5930, boul.Louis-H-Lafontaine Anjou (Québec) H1M 1S7 Professeur-e régulier-ère EN FINANCE ÉCOLE DES SCIENCES DE LA GESTION DÉPARTEMENT DES SCIENCES ADMINISTRATIVES Spécialisation en finance et en assurance ou en gestion des risques SOMMAIRE DE LA FONCTION • Enseignement et encadrement aux trois cycles d'études • Recherche dans le domaine • Services à la collectivité EXIGENCES • Doctorat dans le domaine ou dans une discipline connexe • Tout titre professionnel reconnu dans le domaine de spécialisation, un atout • Expérience pertinente d'enseignement universitaire • Recherche et publication • Maîtrise du français parlé et écrit DATE D'ENTRÉE EN FONCTION : V'juin 1999 TRAITEMENT : Selon la convention collective UQAM-SPUQ L'Université a adopté un programme d’accès à l’égalité en emploi pour les professeures et un programme d’équité en emploi pour les femmes, les membres des minorités visibles, les autochtones et les personnes handicapées.Le choix de la personne et l'engagement devront se faire dans le respect des lois en matière d'immigration.L'UQAM, par sa « Politique institutionnelle de recrutement de nouvelles ressources professorales », recherche les ressources humaines les plus qualifiées afin de s'assurer un développement de qualité dans tous les domaines d'activité, tout en assurant le renouvellement et le rajeunissement de son corps professoral.Les personnes intéressées sont priées de faire parvenir un curriculum vitæ détaillé en français, daté et signé, incluant trois lettres de recommandation, avant le jeudi 1“ avril 1999,17 h, à : M" Danielle Desbiens, directrice Département des sciences administratives Université du Québec à Montréal C.P.6192, succursale Centre-Ville Montréal (Québec) H3C 4R2 Téléphone : (514) 987-3000, poste 3781# Télécopieur : (514) 987-3343 Internet : http://www.rhu.uqam.ca 1 'i UQÀM L'avenir est ici Maintenant publiées les samedis et les mercredis dans Le Devoir.Té * * Renseigneme n t s : Christiane Legault, (514) 985-3316 Directrice ou directeur administratif La Fondation canadienne pour la santé des femmes est présentement à la recherche d'une personne dynamique pour combler le poste de directrice ou directeur administratif.Située à Ottawa, la Fondation canadienne pour la santé des femmes est une fondation nationale sans but lucratif qui amasse des fonds destinés à la recherche dans le domaine de la santé des femmes Travaillant sous la direction du Comité exécutif du Conseil d'administration, la directrice ou le directeur administratif aura les responsabilités suivantes: • Collecte de fonds - générer et maintenir des sources de financement • Administration - coordonner et traiter les demandes de subvention • Publicité - bâtir l'image et la réputation de la Fondation La personne idéale est bilingue, possède une solide expérience en collecte de fonds et a déjà travaillé pour un organisme sans but lucratif.Ce poste est à temps complet.Le ou la titulaire aura la possibilité de travailler à nos bureaux ainsi qu'à la maison.Le salaire sera en fonction de l'expérience.Les avantages sociaux comprennent, entre autres, des vacances payées et une assurance-maladie.Veuillez faire parvenir votre curriculum vitae par télécopieur au plus tard le 25 mars 1999 à l'attention du: Comité exécutif Fondation canadienne pour la santé des femmes (613) 730-4314 N.B.Ce poste s'adresse autant aux hommes qu'aux femmes.U:\WORK\CFWH\job.posting.wpd_________________________________________ SS A 10 I, E I) E V 0 I A, I.E S S A M EDI 2 () E T I) I M A N C HE 2 I M A H S I !» !» !» EN BREF Rage meurtrière Mogadiscio (AFP) — Une nouvelle flambée de violence a fait au moins 80 morts en une semaine à Mogadiscio, dernier épisode des luttes meurtrières entre chefs de guerre qui ensanglantent la Somalie depuis 1991.Hier matin, au moins 40 personnes ont été tuées et 70 blessées dans le nord-est de Mogadiscio lors d’une bataille entre miliciens du chef de guerre Musa Sudi Yalahow et hommes du gouverneur de Mogadiscio, Hussein Ali Ahmed, ont indiqué des témoins.Des hommes en armes ont pillé et incendié plusieurs maisons, dont celle du gouverneur, ont indiqué des journalistes sur place.La maison du gouverneur a été la cible de tirs de mortiers et d’artillerie et sept personnes, dont son secrétaire Mahamed Mahmud Mohamed, y ont été tuées.La Somalie, sans gouvernement reconnu, est livrée aux chefs de guerre et aux luttes entre factions depuis le renversement en 1991 du président Mohamed Siad Barre.Arafat et Karameh Ramallah (Reuters) —¦ Yasser Arafat a affirmé hier que l’OLP était prête à se battre pour.imposer son droit à proclamer un Etat indépendant palestinien avec Jérusalem pour capitale.«Chacun doit savoir que ce mouvement et l’OLP sont prêts chaque jour à livrer une nouvelle bataille de Karameh si quiconque tente de nous empêcher de nous proclamer État avec Jérusalem comme capitale», a-t-il dit devant des militants de son mouvement, Fatah.Il faisait allusion au premier affrontement, en 1968, entre des fédayines palestiniens, appuyés par des soldats jordaniens, avec des soldats israéliens qui avaient lancé un raid contre une base avancée de l’OLP à Karameh, en terre hachémite.L’incursion avait été repoussée et cet épisode reste dans la mémoire palestinienne comme la première grande victoire sur l’adversaire israélien.Yasser Arafat, qui doit rencontrer ce moisci Bill Clinton à Washington, affirme avoir le droit de proclamer unilatéralement un Etat palestinien au terme du processus d’autonomie, le 4 mai prochain.Crise humanitaire Luanda (Reuters) — L’Angola est confronté à une crise humanitaire avec l’afflux de centaines de milliers de réfugiés dans les villes, dont certaines ne sont pas approvisionnées par le Programme alimentaire mondial (PAM), ont déclaré hier des membres d’organisations humanitaires.Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) estime que depuis que les combats ont repris, en décembre, près de 650 000 Angolais ont fui leur foyer pour chercher refuge dans les villes sous contrôle gouvernemental.Des chiffres officieux estiment le nombre de personnes déplacées à 1,2 million, soit plus de 10 % de la population angolaise.Les villes les plus affectées sont Huambo et Kuito, à 500 kilomètres au sud-estde Luanda, et Ma-lanje, à 380 kilomètres à l’est de la capitale, qui a essuyé presque chaque jour depuis début janvier des tirs d’obus des rebelles, qui ont fait quelque 600 morts.«La situation est très inquiétante.Nous nous interrogeons sur le volume de vivres que l’on pourra faire parvenir à Huambo», a déclaré à Luanda Sherri Laker, de l’organisation britannique Save the Children, qui distribue des vivres à 51000 personnes à Huambo, soit la moitié des personnes déplacées réfugiées dans la ville, et il estime que plus de 15 % des enfants souffrent de malnutrition.Farrakhan va bien?Chicago (AFP) — La vie de Louis Farrakhan, 65 ans, le dirigeant noir controversé du mouvement musulman Islam Nation, n’est pas en danger, a affirmé hier son médecin traitant, démentant des rumeurs sur le fait qu’il serait mourant.U)uis Farrakhan récupère après un traitement pour un cancer de la prostate et une récente grippe intestinale mais sa vie n’est pas en danger, a déclaré son médecin personnel, Abdul Alim Muhammad, lors d’une conférence de pfesse.«Il n'y a pas de veille.Il n'est pas au bord de la mort», a-t-il dit tout en reconnaissant «ses problèmes de santé, qui sont sous contrôle».Ije dirigeant noir serait même «dans les meilleures dispositions», a-t-il ajouté, indiquant qu’il lui avait parlé le matin même.Il a précisé qu’il prenait quatre mois de congé sabbatique et qu’il se trouvait «en lieu sûr».L’organe de presse du mouvement Islam Nation, The Final Call, basé à Chicago, avait rapporté jeudi que Louis Farrakhan était mourant.«Il est gravement malade depuis janvier», écrivait Jabril Muhammad, un compagnon de route de Louis Farrakhan.«Mon frère se bat pour vaincre les forces de la mort.» Louis Farrakhan avait annoncé en 1991 qu’il souffrait d'un cancer de la prostate.LE DEVOIR LE MONDE Signes d’effervescence dans le bras de fer avec Slobodan Milosevic L’OTAN va frapper, avertit Clinton mm mm Les 1400 membres de l’OSCE quittent le Kosovo Les Serbes ont franchi la ligne rouge au Kosovo et l’OTAN est prête à frapper, a averti le président Bill Clinton en justifiant l’usage de la force, hier lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche.AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — Le président Bill Clinton et le secrétaire général de l’OTAN, Javier Solana, ont averti hier Slobodan Milosevic que des frappes de l’Alliance atlantique contre les Serbes étaient imminentes s’il ne signait pas l’accord de pane sur le Kosovo.«Le compte à rebours» pour déclencher des frappes de l’OTAN a commencé et l’Alliance atlantique est «très proche» d’une action militaire si le président yougoslave ne signe pas cet accord de paix, a averti Javier Solana dans une entrevue à la BBC.«Le seuil a été franchi» par la direction de Belgrade dans son action vis-à-vis du Kosovo, justifiant des frappes de l'Alliance adantique contre les Serbes, soulignait à peu près au même moment le président américain, lors d’une conférence de presse à Washington.«Si nous n 'agissons pas, la guerre s’étendra», a ajouté Bill Clinton selon lequel seul Slobodan Milosevic «barre la route à la paix».«Nos alliés sont fermement unis sur cette ligne d'action.Nous sommes prêts et ils sont, eux aussi prêts, à agir», a-t-il poursuivi en précisant avoir passé en revue hier la «planification» militaire avec ses principaux conseillers.Mais Bill Clinton n’a pas voulu indiquer si l’OTAN avait fixé un délai avant d’enclencher les frappes.«Le compte à rebours militaire est en cours», a insisté Javier Solana avant d’ajouter.«Il peut, bien entendu, être arrêté s’il se produit un changement de comportement de la partie serbe dans un très court laps de temps.» Mais pour le secrétaire général de l’OTAN, l'Alliance atlantique a «l’autorité morale pour mettre en œuvre» son action militaire OLEG POPOV REUTERS L’échec des négociations de paix pour le Kosovo s’est confirmé hier.Résultat: plusieurs milliers de Kosovars, dont cette vieille femme, ont pris les routes de l’exil pour fuir les combats qui se poursuivent entre les forces serbes et l’Armée de libération du Kosovo (UCK).contre les Serbes, sans avoir besoin d’une nouvelle autorisation explicite des Nations unies.Pour le président du Monténégro, Milo Djukanovic, Slobodan Milosevic a définitivement opté pour la guerre.«Milosevic estime qu'il est préférable de perdre le Kosovo par la guerre que de signer un accord qui consacrerait l’échec de sa politique.» Selon Milo Djukanovic, le président yougoslave ne cédera pas à la dernière minute sous la pression in- ternationale, comme cela a été le cas plusieurs fois par le passé.Cette brusque dramatisation de la situation intervient après l’ajournement, hier, de la conférence de Paris sur le Kosovo organisée par le Grou- pe de contact sur l’ex-Yougoslavie (Etats-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Italie, Allemagne).Les Albanais de la province yougoslave ont accepté de signer jeudi l’accord de paix, qui leur accorde une large autonomie pendant une période intérimaire de trois ans, mais les représentants de Belgrade ont refusé de signer le document.La pression s’accentue maintenant de façon considérable sur Slobodan Milosevic, considéré par les pays du Groupe de contact comme le responsable de l’impasse.Entre-temps, les signes d’effervescence se multiplient, donnant à penser qu’une option militaire est imminente.Les quelque 1400 membres de la Mission de vérification au Kosovo (KVM) de l’Organisation [X)ur la coopération et la sécurité en Europe (OSCE) ont entamé hier les préparatifs de leur retrait de la province.Ils devraient avoir quitté le Kosovo aujourd'hui, avec une partie de leur matériel, pour la Macédoine.La KVM de l’OSCE «a pris fin, et si nous revenons, ce sera avec un autre mandat», a déclaré lui-même le numéro deux de la mission, Gabriel Keller.«Si nous revenons, a-t-il ajouté, ce sera après une acceptation de l’accord» de paix par la partie serbe.L’annonce de ce retrait a suscité l’inquiétude tant des Albanais que des Serbes à Pristina, le chef-lieu du Kosovo.Moscou a exprimé le souhait pour sa part que ce retrait soit «temporaire».Un signe supplémentaire de la rapide détérioration des événements a été fourni hier soir avec l’annonce par le département d’Etat que les représentants kosovars à la conférence de Paris renonçaient à une visite prévue ce week-end à Washington «en raison de la situation au Kosovo».Ces représentants albanais ont décidé de «rentrer directement chez eux», a indiqué un porte-parole du département d’État, James Foley.Le groupe de délégués kosovars devait initialement quitter Paris aujourd’hui pour Washington.Il devait inclure le responsable politique de l’Armée de Libération du Kosovo (UCK), HashimThaçi.Un attentat qui avait fait 270 morts Lockerbie, c’est fini Les deux suspects libyens seront livrés au plus tard le 6 avril Le fils de Pinochet se confie Il y a eu des «abus» sous la dictature Tunis (Reuters) — La Libye livrera au plus tard le 6 avril ses deux ressortissants soupçonnés d’implication dans l’attentat de Lockerbie en vue de leur procès aux Pays-Bas, a annoncé hier le président sud-africain Nelson Mandela.Le colonel Mouammar Kadhafi a déclaré qu’il acceptait les assurances données par Mandela et par le roi Fahd d’Arabie Saoudite concernant le procès des deux suspects.«Lorsque le roi Fahd d'Arabie Saoudite et le président Mandela me demandent de les laisser prendre les choses en main, il ne serait pas raisonnable de ma part de fixer des conditions», a dit Kadhafi dans un discours prononcé à Tripoli en présence de Mandela et du prince Bandar, émissaire saoudien.A ces mots, ces deux derniers se sont levés et ont donné l’accolade au dirigeant libyen.«La Libye a décidé (.) de fixer une date définitive pour la remise des deux suspects de Lockerbie en vue de leur procès aux Pays-Bas», a dit Mandela.11 a ajouté que Tripoli lui avait demandé de fixer une date et que cette date «pourrait être le 6 avril ou avant».Kadhafi a souligné qu’un accord avait été conclu sur les principaux points concernant la levée des sanctions contre la Libye, l’emprisonnement des deux suspects s’ils sont reconnus coupables et le jugement des deux hommes aux Pays-Bas par un tribunal écossais.«Les sanctions imposées à la Libye depuis 1992 seront suspendues dès que les deux suspects arriveront aux Pays-Bas et elles seront levées dans les 90 jours de la notification du secrétaire général de l'ONU au Conseil de sécurité», a dit Kadhafi, dont le discours était diffusé en direct par la télévision libyenne, captée àTunis.A Londres, le secrétaire au Foreign Office, Robin Cook, a rendu hommage à Nelson Mandela pour les assurances qu’il a obtenues de la Libye mais ajouté qu’il ne serait soulagé que lorsque les deux suspects, accusés d’avoir posé la bombe qui a fait exploser un avion de la Pan Am au-dessus de la ville écossaise de Lockerbie, en 1988, seraient aux Pays-Bas.L’attentat avait fait 270 morts.REUTERS Mouammar Kadhafi: flou.Santiago (AFP) — Antonio Pinochet Hiriart, le cadet des deux fils du général Augusto Pinochet, a reconnu qu’il y avait eu des «abus» et des violations des droits de l’homme sous le régime militaire dirigé par son père, dans une interview publiée hier.«Je ne vais pas dire qu’il n’y a pas eu d'abus.Celui qui dit qu'il n'y aurait pas eu d'abus, il ment», a déclaré le fils du général Pinochet dans cette interview publiée par le quotidien du soir La Hora.«Je pense qu'il y a eu des gens qui ont profité de la situation, qui ont pris le pouvoir entre leurs mains et ont fait des choses qu’ils ne devaient pas faire», a expliqué Antonio Pinochet, se référant aux crimes commis sous la dictature (1973-90) au Chili, pour lesquels un magistrat espagnol réclame l'extradition du général Pinochet pour le traduire en justice en Espagne.«S’il y a eu quelqu’un qui a torturé, qui a assassiné et qui l’a fait en violant la loi et les droits de l’homme, logiquement il doit être puni», a encore déclaré Antonio Pinochet Hiriart.Le général Pinochet, arrêté le 16 octobre en Grande-Bretagne, attend dans ce pays le verdict, le 24 mars, des sept lords-juges qui doivent statuer sur l’immunité dont il sq fait valoir en tant qu’ancien chef d’Etat et «sénateur à vie».Homme d’affaires resté dans les coulisses durant le régime militaire, le fils cadet du général avait rejoint son père à Londres quelques heures après son arrestation.Il passe depuis pour être un de ses plus proches conseillers et s’apprête à retourner à Londres pour l’assister lors du verdict Dans l’interview, il n’a pas caché son inquiétude quant au sort du général.«Imaginez-vous ce que c’est que d’avoir son père de 83 ans vivant dans un pays étranger dans les conditions dans lesquelles il se trouve.Bien entendu on vit toujours avec ce poids», a-t-il dit Son frère aîné, Augusto Pinochet Hiriart, avait quant à lui défendu son père de manière assez agressive dans divers interviews.Interrogé le 1" décembre par la télévision de Catalogne (Espagne) sur des assassinats d’opposants sous le régime militaire, il avait affirmé qu’il s’agissait d’actes «justes».Rebondissement explosif de F «affaire Dumas» Paris (AFP) — L’«affaire Dumas» est repartie en flèche après des déclarations à la justice française de l’ex-maîtresse du président du Conseil constitutionnel, qu’il a rejetées comme le «roman d’une mythomane».Dans un rebondissement explosif, qui fait la une hier de plusieurs quotidiens français, Christine Deviers-Jon-cour accuse Roland Dumas d’avoir été le grand bénéficiaire secret de fonds occultes du géant pétrolier Elf.Considéré jusqu’à présent comme mince, le dossier sur l’ancien ministre socialiste des Affaires étrangères s’est d’un coup étoffé d’accusations très graves, qui a conduit le Parquet de Paris à demander sa réouverture.Près de six Français sur dix, selon un sondage, estiment que M.Dumas, grande figure de l’ère Mitterrand, doit quitter son poste de gardien de la Constitution, qui, en fait le cinquième personnage de l’État Revenant sur sa version initiale, | Christine Deviers-Joncour, 50 ans, qui a déjà écrit une autobiographie au titre sulfureux, Im Putain de la République, a enfoncé celui qui fut dix ans son amant de 1987 à 1997.Aux juges Eva Joly et Isabelle Vich-nievsky, elle a affirmé mercredi, lors d’une confession de six heures, que M.Dumas, chef de la diplomatie de 1988 à 1993, avait orchestré la sortie et le blanchiment de fonds d’Elf.Selon elle, il aurait été le vrai bénéficiaire du luxueux appartement sur la rive gauche de Paris qu’elle a acheté, en 1992,17 millions de francs (plus de quatre millions de dollars) grâce à des commissions d'Elf.Elle prétend que M.Dumas avait, dans un premier temps, jeté son dévolu sur une demeure du quartier historique du Marais, l’hôtel de Beauvais, où vécurent Mozart et ses parents en 1763.C’est pour prix de son intervention en faveur de la nomination de Loïk IvC Floch-Prigent à la tête d’Elf, sur les instances d’Alfred Sirven, devenu après le numéro 2 du groupe, que M.Dumas aurait été récompensé.Cheville ouvrière de cette prétendue opération, Mme Deviers-Joncour affirme que M.Sirven, témoin capital aujourd’hui en fuite, lui aurait dit que M.Dumas aurait «sa clé en or», c’est-à-dire un appartement somptueux.Elle a révélé les «codes» et le nom du banquier suisse dépositaire des 22 millions de francs non encore repérés sur les 59 millions de francs qu’elle a touchés d’Elf, notamment par des pots-de-vin liés à la vente de frégates à Taïwan.Selon une source informée à Paris, la police suisse a retrouvé, hier à Genève, la trace de 22,5 millions de francs lors d’une perquisition chez le gestionnaire suisse, une découverte qui semble conforter les déclarations de Mme Deviers-Joncour.Toujours selon la presse, qui fourmille de détails, elle a aussi affirmé, dans sa confession-fleuve, que M.Dumas avait orchestré le blanchiment des fonds, en particulier par une asso- ciation pour l’art lyrique, Opéralia.Mme Deviers-Joncour en fut tréso-rière tandis que le président d’honneur était M.Dumas qui avait fait vice-présidente une vieille amie, une ex-te-nancière de maison close, Lucienne Goldfarb, dite «Katia la Rouquine».Face à cette avalanche de nouvelles accusations, M.Dumas, 76 ans, a immédiatement opposé hier sur la radio Europe 1 un démenti «tout en bloc», les qualifiant de «roman de mythomane».«J’ai les nerfs solides mais j'arrive quand même en bout de course (.) et ça me rappelle le supplice chinois de la goutte d’eau», a-t-il dit, disant «garder la tête froide» et «ne rien redouter» de Injustice.Mis en examen (inculpé) en avril 1998 pour «complicité et recel d’abus de biens sociaux», alors que son ex-maî-tresse l’était dès la fin 1997, M.Dumas a encore exclu toute idée de démission.Selon un sondage publié hier, la majorité des Français (57 %) ARCHIVES LE DEVOIR Roland Dumas se disent «scandalisés» par cette affaire et pensent que M.Dumas devrait quitter son poste. L E DE V 0 I R , L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A X C HE 2 1 M A R S I 9 9 !» A I I Le Burkina Faso enquête sur la mort d’un journaliste THOMAS SOTINEL LE MONDE Ouagadougou — Dans les salles de cours de l’université, dans les rédactions et dans les bureaux de la capitale du Burkina Faso, les tracts fleurissent.Certains paraissent régulièrement, comme liorry Bana, qui en est à son trentième numéro.D’àutres ne sont diffusés qu’une fois, comme le Tract des officiers.Tous sont anonymes, tous parlent du journaliste Norbert Zongo.Ouagadougou n’avait pas connu pareille floraison depuis douze ans.En 1987, la lutte pour le pouvoir qui aboutit à l’assassinat du président Thomas Sankara qt à l'avènement de l’actuel chef de l’État, Biaise Compaoré, avait été précédée d’une féroce bataille de tracts.Aujourd’hui, le malaise provoqué par la disparition de Norbert Zongo' s’exprime aussi dans ces feuilles photocopiées qui mélangent sans scru-pjîfle informations inédites et affabulations.' 'Le directeur de l’hebdomadaire L’Indépendant est mort le 13 décembre 1998, à Sapouy, à 100 kilomètres au sud de la capitale.Son corps et ceux de trois compagnons de voyage ont été retrouvés dans sa voiture incendiée.Cette mort, d’abord présentée par les autorités comme un accident, a déclenché un processus de contestation, de répression et de négociations comme le Burkina Faso n’en avait pas connu depuis la mort de Thomas Sankara.Après que des dizaines de milliers de Burkinabés eurent suivi les obsèques dé Norbert Zongo, après de violentes manifestations qui ont abouti à la mise en détention, pour quelques heures, des dirigeants de l’opposition, le pouvoir a fini par accéder aux revendications des associations de défense des droits de l’homme et des syndicats, regroupés au sein d’un collectif.Fin janvier, une commission d’enquête était créée.Composée de onze membres, elle pe compte que trois représentants de l’Etat, les autres sièges étant occupés par les associations, dont l’organisation non gouvernementale française Reporters sans frontières.Elle est présidée par un magistrat membre du Mouvement burkinabé de défense des droits des jieuples et de l’homme.De plus, la commission dispose de pouvoirs qui feraient envie à bien des magistrats instructeurs de par le monde.Elle peut contraindre les personnes qu’elle souhaite entendre à comparaître et leur in- terdire le recours au «secret défense».Déjà ont comparu devant la commission des personnalités que l’on croyait intouchables au Burkina, comme le richissime entrepreneur Oumarou Kanazoé ou des responsables de la sécurité présidentielle.C’est que, au fil des révélations et des recoupements, la mort de Norbert Zongo apparaît comme la conséquence des perversions d’un régime qui, s’il jouit encore d’une bonne réputation internationale en matière de gouvernance et de droits de l’homme, ne s’est jamais départi tout à fait de la brutalité et de l’arbitraire qui présidèrent à sa naissance.11 semble désormais acquis que Norbert Zongo est mort parce qu’il enquêtait et publiait depuis presque un an sur la disparition de David Oue-draogo, le chauffeur de François Compaoré, frère cadet du chef de l’État.Au fil de son enquête, le directeur de L’Indépendant avait affirmé que le chauffeur était mort sous la torture, dans les locaux de la sécurité présidentielle, après avoir été accusé de vol par son employeur.Les amis de Norbert Zongo affirment que celui-ci a fait l’objet de toutes sortes de pressions, l’encourageant à abandonner ses investigations.Oumarou Kanazoé aurait été l’un des messagers qui auraient mis en garde le journaliste.Deux semaines avant sa mort, ce dernier publiait d’ailleurs un article dans lequel il envisageait son assassinat.Une fois publiées les conclusions de la commission, les procédures judiciaires relatives aux morts de David Ouedraogo et de Norbert Zongo devraient suivre leur cours.Ce sera le moment de l’épreuve de vérité pour le régime du président Compaoré.Réélu avec plus de 80 % des suffrages en novembre 1998, le président semble avoir été pris de court par la violence des réactions populaires à la mort du journaliste.L’alternance entre répression et conciliation reflète les divisions du camp présidentiel.Certains proches du chef de l’État envisagent sereinement une réforme des forces de sécurité et la condamnation des exécutants, tout en affirmant que François Compaoré sera rapidement mis hors de cause.D’autres préféreraient la manière dure.L’opposition et la presse ont accusé un dirigeant du parti présidentiel d’avoir distribué des armes à certains de ses militants.Le Burkina Faso n’est pas sorti de sa zone de turbulences.Le corps carbonisé de Norbert Zongo avait été retrouvé dans sa voiture calcinée Mondial de 1 a communication Du 29 mars au 9 avril 1999 à Montréal, Trois-Rivières, Québec, Jonquière, Moncton et Saint-Boniface i m Conférences, échanges et séminaires sur le rôle et l’influence de la communication Supporters INVITÉS Philippe Breton, docteur en psychologie du langage Normand Baillargeon, philosophe et chroniqueur au journal Le Devoir Jean-Claude Guédon, historien des sciences Serge Proulx, docteur en sociologie Henri Bergeron, praticien de la communication Lundi, 29 mars, 19h30 Conférence d'ouverture au Musée de la civilisation à Québec, Thème: Démocratie et parole manipulée avec Philippe Breton Musée de la civilisation, 85, rue Dalhousie, Québec Admission: 3 $ ou laisser-passer pour les Amis du Musée et les étudiants Jeudi, 1g' avril, 10 h Séminaire sur la communication Médias, parole manipulée et pouvoir des usagers avec Philippe Breton et Serge Proulx à l’UQAM UQAM, Pavillon Hubert-Aquin Admission : à partir de 165$ Mardi, 6 avril, 12 h 15 Mondialisation, médias et actions citoyennes Échange entre Normand Baillargeon, Serge Proulx et Jean-Claude Guédon au Collège de Maisonneuve Auditorium du Collège de Maisonneuve, 3800, Sherbrooke Est, (Métro Pie-IX) Admission gratuite Renseignements et obtention du programme officiel : 1 888 868.1422 www.mondialcom.com ¦ Patrimolno Canadian 1^1 canadion Heritage Relations internationales Québoc Éducation Québoc GOUVERNEUR HÔTELS Henri Bergeron CONSULAT GENERAL DEimANCEAQUEBEÇ | R |)RV0|R Serge Proulx Philippe Breton Normand Baillargeon Jean-Claude Guédon •LE MONDE* Spectacle horrible au marché Un attentat dans le Caucase russe fait 60 morts Vladikavkaz (AFP) — Un des attentats les plus meurtriers de la Russie postsoviétique a fait au moins 60 morts et 101 blessés hier, à une heure de grande affluence, sur le marché central de Vladikavkaz, la capitale d’Ossétie du Nord (Caucase).Le Caucase russe est une région très agitée, minée par les conflits ethniques et les conséquences de la guerre de Tchétchénie, mais aucune piste n’était privilégiée hier soir par les enquêteurs.«J’ai vu une vingtaine de morts et une centaine de blessés.C'était un spectacle horrible.Les criminels qui ont posé la bombe ont choisi le moment où le marché était plein», a indiqué à l’AFP un témoin de la scène.Le ministère des situations d’urgence, cité par Interfax, a donné un bilan de 60 morts.«La bombe a fait un cratère d’un mètre de large» lors de l’explosion, a ajouté ce témoin selon lequel les abords du marché ont été aussitôt bouclés par les forces de l’ordre.Selon le responsable du FSB (Service fédéral de sécurité, ex-KGB) dans la région Vladimir Be-zouglov, la bombe de fabrication artisanale avait une puissance équivalente à dix kilos de TNT.Elle était posée à l’entrée de la partie couverte du marché, près des étals de pommes de terre.Deux hommes de 18 et 33 ans sont recherchés par la police, ont indiqué des sources du ministère russe de l’Intérieur, citées par Itar-Tass.Les secouristes ont travaillé tout l’après midi pour transporter les blessés vers les hôpitaux de la ville.Beaucoup de victimes sont mortes au cours des opérations chirurgicales.La population traumatisée s’est précipitée sur le centre de don du sang ouvert par les autorités.«Il s'agit d’un acte terroriste sans précédent», a déclaré à F AFP le porte-parole du représentant de Boris Eltsine en Ossétie du Nord, Lev Dzougaïev.FSB a confirmé cette version.C’est «sans le moindre doute un acte terroriste destiné à provoquer un choc dans la population», a expliqué Alexandre Zdanovitch, porte-parole du FSB, cité par l’agence Itar-Tass.M.Eltsine a immédiatement ordonné au ministre de l’Intérieur Sergueï Stépachine et au chef du FSB Vladimir Poutine de se rendre sur place.M.Stépachine est arrivé sur place en fin de journée, selon les ipiages de la télévision russe ORT.Le chef de l’Etat a présenté ses condoléances aux familles des victimes et demandé au premier ministre Evgueni Primakov «de prendre toutes les mesures pour enquêter» sur cet attentat.La Douma russe (Chambre basse) a observé une minute de silence.Les autorités locales sont restées très prudentes hier sur les responsables possibles de cet attentat.Le président de la petite république de 8000 km2, Alexandre Dzassokhov, a estimé que «cet acte criminel visait à ébranler la situation dans le Caucase du Nord», sans donner d’autre précision.L’Ossétie du Nord fait partie des républiques du Caucase russe, région très instable, considérée comme la plus dangereuse du pays depuis la fin de la guerre entre Moscou et la Tchétchénie indépendantiste en août 1996.Comme ses voisines tchétchène, ingouche et da-guestanaise, elle est tiraillée par les luttes de pouvoir, les mafias et la criminalité.Les enlèvements crapuleux y sont également fréquents, dont celui du Français Vincent Cochetel, fin janvier 1998 (libéré en Tchétchénie après 317 jours de captivité).La république de quelque 660 000 habitants, en majorité orthodoxes, garde par ailleurs des rela- - Attentat en Ossétie du Nord ME ,.100 km RUSSIE OSSETU DUNORI TCHETCHENO-, f INGOUCHIEY H I Explosion sur le marché •U central Vladikavk; GEORGIE jiTBILISSI Ç fions tendues avec l’Ingouchie (dont la population est musulmane et très proche des Tchétchènes) depuis une guerre en 1992 qui a fait plus de 500 morts.Les deux républiques se disputent le territoire de Prigorodny, ingouche jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, puis attribué par Staline à l’Ossétie du Nord.Jeudi, au moins 10 000 Ingouches s’étaient rassemblés à Nazran, leur capitale, pour réclamer la restitution du territoire que Moscou (traditionnellement proche de Vladikavkaz) envisage sérieuse?ment d’accorder définitivement à l’Ossétie.Les accrochages à la frontière entre les deux républiques sont fréquents, mais selon les observateurs locaux, les relations entre Nazran et Vladikavkaz ne s’étaient pas particulièrement envenimées ces derniers temps.Eltsine prend sa revanche Il limoge le chef de Vadministration présidentielle qui Vavait humilié politiquement Moscou (AFP) — Le Kremlin a annoncé hier soir le limogeage du chef de l’administration présidentielle Nikolai Bordiouja, trois jours après une humiliante défaite politique infligée à Boris Eltsine par la Chambre haute du Parlement, dont M.Bordiouja était considéré comme largement responsable.«M.Bordiouja a été relevé de ses fonctions de chef de l’administration présidentielle et de celles de secrétaire du Conseil de sécurité en liaison avec sa mutation à un autre emploi», non précisé, a annoncé le Kremlin dans un communiqué.Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Iakouchkine, qui a annoncé la nouvelle aux agences russes, n’a pas fourni d’explications à ce départ auquel s’attendait une bonne partie de la presse, le président Eltsine ayant l’habitude de régler les crises politiques par des limogeages.Il aime également marquer ses sorties de l’hôpital, fréquentes depuis plusieurs mois, par des gestes forts afin de réaffirmer son autorité.Le chef de l’État avait quitté l’hôpital jeudi.M.Bordiouja était considéré com- me largement responsable du grave revers essuyé par Boris Eltsine au Conseil de la Fédération, qui a refusé mercredi d’entériner le limogeage du procureur général Iouri Skouratov, contre l’avis du Kremlin.Cette rébellion de la Chambre haute, habituellement fidèle au président et que l’administration présidentielle n’avait pas anticipée, avait ouvert une crise politique.M.Eltsine était sorti jeudi de l’hôpital du Kremlin, où il était soigné pour son ulcère, au lendemain de ce «vote-camouflet».M.Bordiouja, qui avait été hospitalisé dans le même établisse* ment pour un malaise cardiaque, était également sorti jeudi.Selon le porte-parole du Kremlin, cité par les agences, Boris Eltsine .a d’ailleurs téléphoné hier à M.Bon-diouja pour le remercier de son travail et lui souhaiter une convalescence rapide.- ;i M.Bordiouja aura exercé ses fonctions au Kremlin pendant moins de quatre mois.Il avait été nommé au début décembre en remplacement de Valentin Ioumachev, lui-même déjà limogé par le président russe., - àll» rez-vous la voiture de l'année.« Voiture canadienne de l'année 1999 » Association des Journalistes Automobile du Canada ’P.D.8.F.de la 8.2TL 199*).IVun*port el préparation (850$).taxe*, immatriculation et aenurance en mi*.I.e prix tie vente de* ronceMaionnairm peut être inférieur, Garantir Arura limitée de 5 amt/100 OOO km.Voyez votre conremilonnaire pour pliait de détail*.® llo*e cmI une marque déposée de Houe Corporation.jf V6 de 225 chevaux avec VTEC afSportShift ^Sièges chauffants en cuir tj Toit ouvrant électrique jf Chaîne Boue® avec lecteur CI) /Antipatinage des roues if 2 premiers services d’entretien compris ^Assistance routière 24 heures Acura A Phares haute intensité Une vision qui inspire un élan de passion, acura 35000$p d s f La nouvelle IL 1939 ACURA Arura Ipq nnnrpççinnnairpç fiahlpç (TT) ACURA PLUS GALERIES ACURA ACURA DH LAVAL ACURA GABRIEL LUCIANI ACURA ACURA BROSSARD 255, boul.de la Seigneurie 7100, boul.Métropolitain Est 2500, boul.Chomedey 4648, boul.Saint-Jean 4040, rue Jean-Talon Ouest 9100, boul.Taschereau Blainville Anjou Laval Dollard-des-Ormeaux Montréal Brossard A I‘2 L K I) E V OIK.1, E S S A M EDI 2 O E T D I M A X € Il E 21 M A R S I » !) !» ÉDITORIAL Retour à une assurance LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur et rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE CAYOUETTE, PIERRE BEAULIEU, NORMAND THÉRIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ Jean-Robert Sansfaçon O ?Un rapport remis au ministre du Développement des ressources humaines, Pierre Pettigrew, nous apprend que ce sont surtout les femmes et les jeunes qui ont été touchés par les changements récents au régime d’assurance-emploi.Faut-il revenir à l’ancien régime ou corriger certaines failles du nouveau système?endant cinq ans, la loi oblige la Commission de l’as-surance-emploi à remettre un rapport annuel de contrôle et d’évaluation du nouveau régime.D’entrée de jeu, voilà une mesure qui tranche avec les habitudes de nos gouvernements.On pourra reprocher au ministre Pettigrew de ne pas avoir rendu public son rapport plus tôt, mais au moins les résultats sont là, même peu plaisants pour le gouvernement.Lui qui avait vendu sa réforme en soutenant que es futures normes d’admissibilité seraient mieux adaptées au travail à temps partiel, voilà qu’Ottawa est contredit par l’analyse, du moins en partie.Car si les travailleurs saisonniers du secteur primaire (pêches, forêts, mines), qui font plusieurs heures en peu de semaines, profitent de la formule de calcul en fonction des heures accumulées, celle-ci empêche un grand nombre de femmes et de jeunes nouvellement arrivés sur le marché du travail de présenter leur demande.De même en est-il de ceux et celles qui reviennent au travail après une absence prolongée (les nouvelles mamans, par exemple) et qui doivent accumuler plus d’heures avant d’avoir droit aux prestations.Ces constatations méritent qu’on s’y arrête.Après tout, il n’est pas normal qu’un régime conçu pour répondre aux besoins de la nouvelles économie exclue d’emblée les gens qui sont les principales victimes de cette même économie.Le cas des femmes est particulièrement troublant, notamment lorsqu’il s’agit de mères qui reviennent sur le marché du travail et à qui on demande d’accumuler autant d’heures pour devenir admissibles à des prestations que si elles n’avaient jamais travaillé de leur vie (910 heures au lieu de 420 à 700, selon le taux de chômage régional).Cela est carrément discriminatoire.Le régime accorde des prestations de maternité d’à peine 55 % du revenu et pousse le ridicule jusqu’à les récupérer en tout ou en partie quand la mère gagne plus que 48 700 $.Vivement un régime de congés parentaux digne de ce nom! En contrepartie, il faut reconnaître l’intérêt du «supplément familial» qui fournit aux ménages à revenus modestes des prestations de chômage pouvant atteindre 75 % du revenu assurable (80 % l’an prochain) et dont les deux tiers des bénéficiaires sont des femmes.Quant aux jeunes, des corrections doivent sans doute être apportées, notamment dans le but de reconnaître le phénomène du travail autonome, mais ce serait une erreur de revenir à une formule du type 10/42 (42 semaines de prestations après 10 semaines de travail).Un tel système était non seulement coûteux, mais il constituait une barrière structurelle à l’emploi en encourageant des entreprises et leurs employés à limiter la durée des emplois saisonniers au nombre de semaines nécessaire pour devenir admissible aux prestations.Finalement, la réforme ayant aussi pour objectif d’aider les chômeurs à réintégrer un emploi grâce à des mesures dites actives, on aurait tort d’oublier les deux milliards qui ne figurent plus au régime régulier, mais qui sont bel et bien dépensés sous forme de subventions salariales, de suppléments de rémunération, d’aide au travail indépendant, etc., par l’entremise de programmes administrés par les provinces.Sur cela aussi, il faudra se pencher à mesure que ces programmes seront mieux connus.Que le nouveau régime d’assurance-emploi coûte moins cher parce qu’il incite employés et employeurs à maintenir le lien d’emploi plus longtemps, il ne faut pas s’en surprendre, au contraire, puisque c’était là un des buts de la réforme.Sous plusieurs aspects, nous voilà revenus à un vrai régime «d’assurance» contre le risque de la perte d’un emploi après un certain temps d’occupation, au lieu d’un programme de revenu minimum garanti.Cela n’a rien de scandaleux.Dans l’ensemble, la réforme répondait à une nécessité, mais certaines lacunes manifestes doivent aujourd’hui être corrigées, notamment à l’égard des femmes.En revanche, on ne rappellera jamais assez au gouvernement Chrétien qu’il n’avait pas le droit d’utiliser les surplus de la caisse à d’autres fins que le financement du régime.jrsansfacon@ledevoir.ca Le bad trip de Pascal 0rf======! n voudrait que le Mexique mette autant de zèle à défendre les droits de la personne, à lutter contre la corruption et le trafic de drogue, à se battre contre les inégalités sociales, qu’il en met à protéger son patrimoine culturel.La très sévère loi mexicaine sur les monuments et zones archéologiques a rai- ¦ - .son d’exister.Le trafic d’art maya, à petite et grande échelle, est florissant, il doit être sanctionné.Mais il y a quelque chose de très ironique à voir Pascal Hudon enfermé depuis plus de deux mois pour possession de statuettes et de fragments de statuettes mayas dans une prison du Chiapas, un État qui est par ailleurs le terrain d’injustices économiques et politiques fondamentales commises contre la population indienne.On y verrait plus clair dans cette affaire si la justice mexicaine était plus limpide.Si Pascal Hudon est tombé sur ces pièces par hasard — quelle étonnante découverte! —, s’il les a mises dans son sac sans se poser trop de questions et si, prenant conscience qu’elles avaient une certaine valeur, il a eu l’intention de les rendre à des soldats, alors la peine de prison et les amendes qui lui ont été imposées pour les avoir endommagées en les lavant sont démesurées.Le Mexique n’a pas voulu faire de Pascal Hudon une cause exemplaire.Le consul mexicain à Montréal, Jaime Garcia Amaral, a raison de le dire.Le sysr tème judiciaire mexicain semble lui avoir appliqué la loi avec la même rectitude juridique qu’en toute autre situation, sans égard aux circonstances ni à sa méconnaissance de l’espagnol.Difficile, dans ces conditions, d’attendre de cette justice qu’elle prenne en considération les hésitations de Pascal Hudon, qui ne semble avoir en fait péché que par naïveté et ignorance face à la valeur de ce qu’il tenait entre les mains et à une loi de protection du patri-moire qui ne veut pas faire de quartiers.Heureusement pour lui, et pour lui seul, le tapage médiatique, les pressions diplomatiques du Canada et du Québec, l’embarras que crée pour Mexico cette affaire à la veille de la visite officielle du premier ministre Jean Chrétien, assurent que ce jeune homme de vingt ans ne sera pas maltraité en prison et améliorent les chances qu’il pourra rentrer au pays pour y purger sa peine, si peine il y a à purger.Que son bad trip, en un mot, ne s’éternisera pas.Tant mieux pour lui.Car selon le Comité des Nations unies contre la torture, dont l’évaluation est signalée dans le dernier rapport annuel d’Amnistie internationale, «la torture demeurait [en 1997] une pratique systématique» au Mexique.Pascal Hudon devrait s’en tirer avec une gigantesque frousse.Mais aussi — au contact des prisonniers d’opinion qu’il a dit côtoyer — une conscience sociale plus aiguisée.Et, au demeurant, une meilleure connaissance de l’espagnol.Guy Taillefer ?ASSL>«URANCÉ-F*Pi.oi M A(3£ I « Per*A»0£ l L: f mç tfwl QCCup£ VoTR£ DtlNlEk ÊMPLoi avB P£wPA/VT K ANS!?.et Pige.ms l'Ave?AüiTtl VE VÔtfLt PRoPflE >.CHEt!?.Mette \ loi» 'O .*) » ,.r * • ¦»** ‘.VI A ni Une offre honteuse aux «orphelins de Duplessis» Sauf le respect, bon nombre de Québécois auront senti un malaise, sinon une certaine honte, devant l’offre du premier ministre Lucien Bouchard aux «orphelins de Duplessis».En fait, en dollars de l’époque et tous calculs faits, il offre moins de 10 C par journée passée en institution par chacun de ces malheureux orphelins.Insultant ainsi les victimes et leurs héritiers, M.Bouchard mérite une place peu enviable dans le souvenir collectif de cette province, à côté de celle de son illustre prédécesseur—que Dieu ait pitié de son âme! Mettre de l’ordre dans les finances publiques est important; mais il faut quand même éviter de le faire à n’importe quel prix — nous ne sommes pas tous insensibles à ce genre de choses! Charles C.Moussette Saint-Lambert, 5 mars 1999 Des noms de rue plus visibles, s’il vous plaît Il y a des années que le sujet me tracasse et, sans doute, beaucoup d’autres personnes aussi.Le nom des rues pourrait-il être visible?Je ne suis pas aveugle, ni menacé de cécité, mais c’est un tour de force de réussir à lire le nom des rues le soir à Montréal.On ne sait jamais sur quel coin il faut regarder, et le panneau est souvent dans l’ombre, sinon caché par une branche d’arbre.Avec notre technologie moderne, ne ]X)urrait-on pas utiliser une peinture phosphorescente et placer LETTRES -4- les panneaux dans un endroit visible comme au-dessus des rues?Bien que ce ne soit pas parfait, Toronto peut nous donner la leçon sur ce sujet; le nom des rues importantes est clairement indiqué une centaine de mètres avant d’y arriver.Les gouvernements impliqués pourraient me répondre que nous n’avons pas d’argent pour faire cette amélioration.Je répondrais: qu’on le fasse petit à petit, quelques rues chaque année.De plus, je ne serais pas surpris qu’une souscription à cet effet soit populaire.Laurent Lecavalier Saint-Laurent, mars 1999 Opération SalAMI Lors de leur manifestation du 25 mai 1998 devant l’hôtel Sheraton, les participants de l’opération SalAMI ont dénoncé les dangers de l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI) par une activité de désobéissance civile qualifiée de «nécessaire».Pour ces manifestants, toutes les autres mesures «ordinaires» avaient été utilisées sans avoir pu alerter la population sur les dangers de la signature de cet accord.Ces courageuses personnes méritent notre appui et notre compréhension.Le Comité justice et paix des spiritains a suivi le dossier de l’AMI avec régularité et souvent avec consternation devant ses orientations, porteuses de conséquences désastreuses pour les citoyens «ordinaires» des pays d’ici et d’ailleurs.On ne semble pas réaliser que les grandes multinationales sont en train de ronger toutes les fibres démocratiques de nos sociétés.Même les gouver- nements des pays développés souffrent d’un déficit d’autonomie effarant: l’argent, le profit, le monopô- ' le, la suprématie de l’économique supplantent les valeurs humaines, à la base de toute société digne' de ce nom.La désobéissance civile pose naturellement plusieurs questions dans une société de droit.Cepen-1 dant, que penser de l’agression sournoise et plani- J fiée d’un accord du type de l’AMI?N’est-il pas destiné, à long terme, à assujettir des millions d’êtres humains aux diktats économiques, profitables unique- ; ment à une riche minorité?Aujourd’hui, nous demandons à l’honorable juge Denis Boisvert de se souvenir de cette parole de sagesse: «N’ont-ils pas compris, ces gens qui font le mal?Quand ils mangent leur pain, c’est mon peuple qu’ils mangent» (ft, 1,34).Jean-Guy Gagnon Président du Comité justice et paix Montréal, 11 mars 1999 Intolérance Ton Christ est juif.Ta pizza est italienne.Ton couscous est algérien.Ta démocratie est grecque.Ton café est brésilien.Ta montre est suisse.Ta chemise est indienne.Tes vacances sont turques, tunisiennes ou marocaines.> > * Tes chiffres sont arabes.Ton écriture est latine.EL., tu reproches à ton voisin d’être un étranger?André Legrand France, mars 1999 REVUE DE PRESSE -?- Le génie canadien des petites nations ANTOINE ROBITAILLE Unité, diversité, nationalismes.Ces thèmes obsèdent le Canada et le Québec et la majorité des sujets abordés par les commentateurs et éditorialistes du ROC (Rest of Canada), cette semaine, l’illustre une fois de plus.«Il devient de plus en plus difficile, à notre époque, de trouver une région sur la planète où ne figurent pas, parmi les préoccupations dominantes, les questions de souveraineté, d’autonomie, d’identité etc.— des problèmes que nous [Canadiens] avons eu à gérer depuis longtemps», écrivait Richard Gwyn, du Toronto Star, à l’occasion de la visite de Incien Bouchard en Catalogne.Selon le Globe and Mail, forts de cette expérience, les Canadiens peuvent «présenter leur pays comme un modèle» au monde entier, sur cette question.«Si [le président catalan] Jordi Pujol parle depuis 20 ans des droits des nations non souveraines, les Canadiens, eux, n’ont cessé d’en parler depuis 200 ans.» Il y a même un «génie canadien», poursuit le Globe, qui traverse l’histoire du pays et qui se résume à «son acceptation, voire sa célébration, de la nationalité non souveraine, iqui se trouve inscrite au fondement même de l’État du Canada.L’acte de Québec de 1774 a inspiré philosophiquement le partage des juridictions de 1867, qui a inspiré la reconnaissance des traités autochtones dans l’acte constitutionnel de 1982, et la création prochaine du Nunavut.De nos jours, les Britanniques s’inspirent du Canada.On le voit dans l'organisation, prévue pour le mois de mai, de la première élection, depuis des siècles, d’un Parlement écossais.» Le Canada: modèle pour le monde.La Catalogne, estime le Globe, devrait en revanche être un modèle pour le premier ministre du Québec.Comment?Oui, car «le président Pujol, lui, ne voit pas de contradiction entre une Catalogne dynamique et son existence dans le grand tout espagnol.En fait, M.Pujol a compris beaucoup mieux que M.Bouchard que les deux entités peuvent s'appuyer, s’épauler mutuellement.» ?Reste, comme le rappelle Richard Gwyn dans le Toronto Star, que «le président de la Catalogne a affirmé qu’il comprendrait totalement que les Québécois optent un jour pour la souveraineté».Faut-il s’offusquer?, s’interroge Gwyn.Nul «Vive le Québec libre!» ici, «nulle interférence», répond-il.Il y a, sousjacent à ces déclarations du présidenL un double calcul politique.D’abord, «Pujol tentait probablement de réparer une gaffe qu’il avait commise il y a trois ans en visite au Québec; il avait fait alors remarquer qu'à comparer aux batailles livrées par la Catalogne pour sa survie culturelle, les luttes du Québec ressemblent à des pecadilles».«Ce qui était très juste», s’empresse d’ajouter Gwyn.D’autre part, le président, voyant une campagne électorale à l’horizon, «aurait saisi l’opportunité de se draper dans le nationalisme catalan».D’autre part, selon Gwyn, la résurgence des nationalismes, qui «exercent indéniablement une lourde influence sur Tordre mondial», a une cause bien simple: celle des plus «petites différences».Le chroniqueur, auteur d’un livre sur le sujet, explique que «plus on utilisera les mêmes ordinateurs, plus on mangera le même fast-food, plus on portera les mêmes vêtements, plus l'anglais s'imposera comme la langue universelle, plus les gens, partout dans le monde, chercheront désespérément à s'identifier aux quelques mœurs et qultures qui les distinguent».L’exemple de l’Écosse lui sert alors d’exemple.«Tony Blair s'est trouvé à accréditer le sentiment d'aliénation et de désaffection en accommodant le particularisme écossais.» D’ailleurs, c’est cette me1 sure qui a, explique Gwyn sur un ton inquiet,’ conduit «le Parti national écossais à dépasser le Parti travailliste écossais dans les intentions de vote», 11 poursuit en rappelant que c’est sous ce type d’impulsion que la Belgique est devenue avec le temps «une simple coquille autour des nations wallonne et flamande».Gwyn cite ensuite les cas des Balkans, «où le iià-tionalisme a été meurtrier»-, de l’Afrique, où les revendications identitaires, voire indépendantistes; sont légion: de l’Indonésie, qui s’est montrée, de façon surprenante, prête à envisager l’indépendance du Timor oriental.Le chroniqueur laisse enfin tomber cette phrase: «De façon frustrante, la démocratie, une fois atteinte, se mue souvent en un catalyseur du nationalisme et du tribalisme.» Si ce type de conflit existe partout, il faut en’ conclure, selon Gwyn, que le Canada n’est pas anormal.«Cela signifie que l’existence de telles tensions au Canada n’est pas — nécessairement — un symptôme de nos erreurs nationales, mais plutôt qu’elles sont' simplement caractéristiques de l'état des choses, dans notre petit carré de sable de l’économie globale.» ?Et les Irlandais, enfin?C’était leur fête la semaitîê dernière et Ian Macdonald, du Globe and Mail, louait mardi «le plus ancien défilé de la Saint-Patrick en Amérique du Nord», celui de Montréal, qui en était au 175r et auquel un demi-million de personnes ont assisté.«C’est le seul défilé annuel à Montréal qui est une pure joie, qui est dénué de toutè signification politique», écrit-il (ironiquement?) après avoir rappelé que «le défilé avait repris tout son intérêt avec l’arrivée du Parti québécois au pou« voir en 1976.Depuis, il a été une occasion pour Id communauté anglophone de Montréal de démontrer, son poids et de dire, d'une façon très gentil: nous sommes d’ici, nous aussi.» La presse du Canada L K I) K V OIK, 1.K S S A M K I) I 2 O K T I) I M A N C 11 K 21 M A K S I il il il A IA IDEES J’accuse la religion de mon père «Avant les gouvernants nationaleux et ces faux-culs de médecins, la vraie coupable du sort des orphelins de Duplessis fut cette religion infamante» ARCHIVES I.E DEVOIR Le clergé , avec sa religion «faite d’une puritanisme pathétique» a encouragé les filles-mères à abandonner leur enfant dans les crèches.CLAUDE JASMIN Écrivain 1 y a eu, tout récemment, réunion des évêques à Cap-de-la-Madeleine.Ces messieurs, comme le cardinal 1 urcolte, déclarent qu’ils ne sont pas responsables du sort funeste advenu aux orphelins de Duplessis.Un comble! Un scandale à mon avis! On a fait, disent ces clercs à la courte mémoire, de notre mieux avec les bonnes sœurs dévouées alors que les parents de ces mères célibataires n’ont rien fait pour leurs filles enceintes! Quelle effroyable tromperie! De qui se moque-t-on?C’est le monde à l’envers, messieurs du clergé! Questionnez vos aînés.Auront-ils le courage, la franchise d'avouer leurs torts?Les prédicateurs tonnaient: ces filles-mères étaient des salopes, des vicieuses, des chiennes, de grandes pécheresses, et soudain — volte-face?—, ils disent: «Mais une chance que nous avions les crèches et nos vaillantes nonnes car ces jeunes filles ne gardaient pas les petits bâtards.» Non mais! Il faut instruire les jeunes: on nous prêchait la peur de l’amour.La peur du sexe.Ix- mal.Du berceau jusqu’au tombeau! Jeunes de 1999, vous devez savoir l’arrogance, la peur: on comptait nos fautes, les vénielles et les mortelles, on se cherchait laborieusement des péchés, chaque vendredi du mois.On craignait de toucher l’hostie avec les dents! Mais oui, une religion faite non seulement de piéticailleries et de dévotionnettes, ce qui est infantilisant, mais aussi une religion faite d’un puritanisme pathétique.Ma mère, mon père aussi, ont succombé sous ces traitements imbéciles.Tout près de moi, un être cher a écopé.Secret de famille.Ces messieurs du clergé actuel jouent les amné- siques, mais on va les sortir de cette fausse torpeur, ces vilains sépulcres blanchis.Les premiers coupables, les vrais coupables, avant les gouvernants nationaleux et calculateurs du temps ainsi que ces faux-culs de médecins complaisants qui signaient des attestations de débilité, il y a eu cette religion infamante et stupide.Les enfants nés hors mariage, c’était Linear,nation du mal, du péché horresco referens de la chair! A cette époque, la haine, la peur du corps était tort.Voici le tableau réel: le curé, ou l’évêque, dit à la jeune Lettre ouverte au clergé du Québec fille: «Si tu fais l’amour hors mariage, tu es une vile pécheresse.Tu iras brûler dans les flammes éternelles de l’enfer.» Alors, peur panique des parents de la fille! Frayeur horrible chez ladite jeune fille.Elle est donc tombée (!) enceinte.Se cache.Accouche et puis va vite, vite, porter le bébé chez les nonnes.Le même curé, ou évêque, dit maintenant: «Vous n’avez pas honte, parents irresponsables?Et toi, jeune pécheresse?Tu n’as pas gardé l'enfant?» Ils font mine, ces «monseigneurs» hypocrites à la mémoire courte, d’ignorer .qu’ils ont tout fait pour terroriser ces ouailles crédules et fragilisées.Cela a un nom, messieurs les évêques à la mémoire fêlée: vous êtes des Ponce Pilate.Votre lavage de mains d’aujourd’hui est une imposture.Et qu’est-ce qu’ils ont fait de mal, tous ces garçons, toutes ces fillettes, pour avoir été jetés ainsi dans ces locaux malsains pour se faire étiqueter «débiles mentaux»?Rien! Ils sont nés sous le prêche infâme de ces grands torturés du vœu de chasteté.Ils ont payé très cher.Un prix exorbitant.Et les seuls vrais coupables, fondamentalement, ce sont ces prédicateurs-terroristes- intégristes qui faisaient trembler les fidèles naïfs.Comme ma mère, comme mon père.C’est impardonnable.Je ne pardonne pas.J’accuse ces gens en soutane et leurs suiveurs actuels en col romain de vouloir se laver les mains d’une injustice dégradante pour tous ces petits innocents du temps passé.Ils doivent payer.Je ne peux pas croire que toutes les fortunes cléricales ont été englouties au Marché central! Gratien Gélinas a eu de fameuses paroles pour fustiger ces mentalités dans sa célèbre pièce Ti-Coq sur les conséquences aberrantes de cette religion puritaine d’ici.Sur le règne du «qu’en dira-t-on», capable de décapiter des vies.Gouvernants du temps, ce qui en reste, sinistres vieillards souvent, et autres complices en psychiatrie, doivent aussi s’excuser profondément et payer.Les orphelins grandis sont leurs victimes.Parents abusés, terrorisés, filles-mères terrorisées et abusées, n’acceptez aucune culpabilisation, qu’elle vienne d’un cardinal ou d’un bedeau dévot, d’un rongeur de balustre de jadis ou d’une grenouille de bénitier d’antan.Et bon courage! La marque de la mauvaise foi GINETTE GIRARD LÉVIS II- ¦ ~j] ors du discours inaugural, où le premier ministre L Bouchard a présenté des excuses aux «orphelins de Duplessis», nous le sentions mal à l’aise.Nous savons maintenant pourquoi.Il refuse en effet de les indemniser, préférant piger dans un fonds i!=J déjà existant de trois millions, consacré aux vie-, times d’actes criminels.L’examen du récent budget du gou: vernement du Québec nous révèle de quelle façon, grosso modo, a été répartie l'indemnisation qui aurait normalement ; dû être accordée aux orphelins: 12 millions pour la relancé d’un nouvel hippodrome, 2,5 millions pour les courses à cht» .vaux, deux millions pour les emplois dans le même domai- ; ne, 18 millions pour les cyclistes, et, tenez-vous bien, 20 mil: lions pour le patrimoine religieux, ceux-là mêmes que les orphelins jugent responsables des sévices qu’ils ont subis en institution! Total: 54,5 millions, soit l’indemnité minimale recommandée par le Protecteur du dtoyen.Dans le dossier des orphelins, nous avons fait pire que les provinces anglophones: en échange d’une poignée de dollars, n’avons-nous pas lâchement étiqueté des orphelins «malades mentaux» alors qu’il s’agissait d’enfants normaux?Même les provinces anglophones les plus pauvres n’ont pas hésité à indemniser généreusement leurs orphelins.Depuis des lustres, nous sommes à la remorque des provinces anglophones.Ix> droit de vote des femmes, les unités sanitaires, les régimes de retraite, les allocations familiales, la scolarité obligatoire, la protection des animaux et le droit d’exercice des sages-femmes sont toutes des mesures issues des provinces anglophones que nous avons adoptées tardivement, et, dans certains cas, c’est le gouvernement fédéral qui nous a forcés à le faire! Il n’y a pas de quoi être fier.Grâce au New York Times, les profitions d'indemnisation du gouvernement du Québec, aussi tardives que minables, font présentement le tour du globe avec la même rapidité que les chansons de Céline Dion.Avec tout le respect que je dois à Mme Dion, entre la réputation d’avoir mis au monde une chanteuse talentueuse et celle d’être un peuple généreux et tolérant, je préférerais la deuxième option.Le dossier des orphelins de Duplessis est marqué, depuis le début, par le mensonge, l'hypocrisie et la plus totale mauvaise foi, avec un arrière-plan de honte que l’on s’efforce d’escamoter.La réaction de Québec se situe dans la même • veine car il s’agit d’individus appartenant au même groupe' que les oppresseurs des orphelins composé de politiciens, de médecins et de communautés religieuses.Je demande» • rai ceci au premier ministre, qui nous suggère de tourner la page sur le passé: devant les abus récemment dévoilés à l’endroit des patients de l’hôpital psychiatrique Rivière-des-Prairies, se pourrait-il que le passé soit parfois garant de l’avenir?S’il désire à ce point que nous nous tournions vers l’avenir, pourquoi prône-t-il la souveraineté, une option construite à partir d’une défaite militaire subie en 1759, que nous n’avons pas encore digérée?Enlevons nos lunettes roses et regardons-nous franche» , ment dans le miroir en formulant les postulats suivants: ¦ nous sommes mesquins et intolérants, donc un peuplç potentiellement dangereux; ¦.nous avons opprimé des enfants innocents dans un difficile contexte économique et nous avons maintenant le .devoir de les indemniser; il y va de notre honneur et de .notre réputation.A nous de choisir.«Les membres du clergé actuel jouent les amnésiques, mais on va les sortir de cette fausse torpeur, ces vilains sépulcres blanchis» Réforme électorale Le mode de scrutin actuel est un obstacle à la souveraineté ANDRÉ LAROCQUE Professeur invité à l’École nationale d'administration publique et ancien sous-ministre de la réforme électorale dans le gouvernement de René Lévesque — omme l’a dit mieux que quiconque Louis Ber- Cnard: «[.] une des contributions majeures de René IJvesque — sinon la plus importante de toutes —, c'est d'avoir été le principal artisan de l’instauration, chez nous, d'une société démocra-i1 Il * *- tique.» Rien n’offensait plus René Irévesque que l’attitude de ceux qui disaient: il faut faire l’indépendance au plus vite.la démocratie, on s’en occupera après! Mais cette attitude était justement centrale à ceux, dans l'organisation électorale du PQ et au caucus des députés, qui se sont opposés au projet de M.Lévesque de changer le mode de scrutin.Le député de Saint-Jean, Jérôme Proulx, présent à la réunion du caucus des députés péquistes qui a porté le coup de grâce au projet, l’exprime clairement: «Sa plus grande déconvenue au caucus lui vint de l’avortement de son projet concernant la représentation proportionnelle.(.) Il croyait réellement en l'absolue nécessité de ce mode de représentation électorale.(.) Ce fut là pour René IJvesque, démocrate, une déception amère.» Les opposants péquistes au projet de réforme de M.Lévesque s’appuyaient sur une argumentation en trois temps: 1- le scrutin uninominal à un tour, ou scrutin anglais, rend la victoire électorale plus facile; 2- la victoire électorale est nécessaire pour entraîner un référendum; 2-le référendum est le passage obligatoire vers l’indépendance.Mais un quart de siècle plus tard, quatre premiers ministres péquistes et quatre gouvernements péquistes plus loin, seul le premier étage de la stratégie a fonctionné.Pourquoi le premier étage de la fusée n’a-t-il pas entraîné les autres?Je voudrais tenter de démontrer ici que le premier étage de la fusée constituait justement le prin-cipal obstacle à la réussite des deux autres.Vote à la proportionnelle C’est que la souveraineté du Québec est une question de proportionnelle.50,5 % contre 49,4 %, c est une question de proportionnelle.Le scrutin anglais est la pue pie- paration possible pour affronter une décision à la proportionnelle.Il y a bien des systèmes de représentation proportionnelle dans le monde.Mais au cœur de la proportionnelle, les règles de base sont le respect de la volonté populaire, la nécessaire victoire de la majorité des électeurs et le fait que tous les votes comptent.Or le scrutin anglais, à l’inverse, distorsionne la volonté populaire, permet de ne pas se plier à la majorité exprimée et fait de la quête des votes une opération stratégique très largement discrétionnaire.En écartant la proposition de René Lévesque en 1985, le PQ s’est emprisonné dans une démarche qui a grandement contribué au fait qu’il n’est pas arrivé à son objectif premier.Les barreaux de cet emprisonnement apparaissent clairement au niveau du premier ministre, du gouvernement, des députés et de l’organisation du parti.Le premier ministre est le chef du camp souverainiste.Mais comment faire passer le message d’un véritable chef d’une importante majorité québécoise quand le premier ministre l’a été sans mandat populaire pendant trois ans et s’apprête à continuer de l’être, basé sur un mandat qui a moins de soutien populaire que celui du chef de l’opposition?La souveraineté, comme la proportionnelle, exige une claire majorité populaire.Le scrutin anglais n’exige pas du premier ministre une majorité; pire que cela, le scrutin anglais, comme on l’a vu le 30 novembre 1998, n’exige même pas du premier ministre une simple pluralité! Cela n’a d’ailleurs échappé à personne le soir des élections: un chef de parti victorieux mais ébranlé par la nature de sa victoire! Le gouvernement lui-même n’est pas en meilleure posture.Si le Parti québécois a formé le gouvernement avec un soutien populaire de 42 %, c’est que 58 % des électeurs (ou plus précisément des votants) ont refusé de lui confier ce mandat.La souveraineté, comme la proportionnelle, oblige à la majorité populaire claire, quitte à la constituer à partir d’une coalition.Le scrutin anglais fausse la réalité politique en convertissant une minorité de votes (42 %) en une large majorité de sièges à l’Assemblée nationale (60,8 %).Comment se préparer à décrocher une majorité décisive dans un référendum quand on s’est enfermé dans une dynamique sérieusement moins exigeante pour soi-même et une dyna- mique où la nécessité d’une coalition est définie comme un handicap plutôt que comme une possibilité de rassemblement?La perversion du scrutin anglais La distribution des députés sur le territoire reproduit les mêmes anomalies.Le camp du OUI a remporté 80 circonscriptions en 1995 contre 45 pour celui du NON; c’est une proportion de 64 % contre 36 %.Mais personne n’est dupe de cette proportion-là.Il n’y a pas de députés libéraux au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en Mauricie, dans Lanaudière, en Abitibi, comme il n’y a pas de députés du PQ dans l’Outaouais.Croit-on vraiment qu’il y a des gions unipartistes?Personne ne croirait que la volonté des électeurs soit fidèlement traduite à travers ces caricatures de représentation.La souveraineté, comme la proportionnelle, exige que l’on traduise l’expression de la volonté populaire en réalité politique.Le scrutin anglais produit des députés sans mandat majoritaire, laisse des régions complètes sans représentation politique complète et, de façon générale, fausse, autant sur le territoire régional et local que sur le plan national, la décision exprimée par les électeurs.La «perversion» du scrutin anglais (c’est le mot qu’utilise le rapport Jenkins au Royaume-Uni) atteint son comble au niveau des organisations électorales des partis.Quand la campagne électorale s’annonce, les partis procèdent à diviser les circonscriptions en quatre catégories: A (comté sûr), B (bon comté mais à surveiller), C (comté à aller chercher) et Z (comté où la chance de gagner est nulle ou très mince).Quand on examine les majorités remportées d’élection en élection, il est facile d’établir qu’il y a trente circonscriptions libérales impossibles à remporter pour le PQ, et quelque 39 circonscriptions péquistes très difficiles à remporter pour les libéraux.Total: 69 circonscriptions Z au Québec.Cela signifie que la vraie campagne électorale ne se déroule pas dans tout le Québec mais plutôt dans moins de 60 circonscriptions.Mais bien plus éloquent encore, c’est le fait que, si on compte les électeurs dans les 69 circonscriptions que les deux partis rayent de leur véritable effort électoral, cela donne le total incroyable de 3 022 499 électeurs (soit 1 310 699 électeurs Z pour le PQ' et 1 711 800 électeurs Z pour le PLQ).Or il y avait, le 30 novembre 1998, 5 254 482 électeurs inscrits.C’est dire que 57,6 % des électeurs québécois, avant même que la campagne électorale ne s’enclenche, sont classés par le PQ et le PLQ comme des électeurs ou bien acquis d’avance ou bien sans intérêt.La souveraineté, comme la proportionnelle, est basée sur le principe selon lequel les électeurs sont égaux et que tous comptent.Le scrutin anglais fait des électeurs des enjeux de stratégies partisanes, les confrontent «gagnants» contre «perdants» et amènent les partis à définir des millions d’électeurs comme des électeurs Z.Le projet de loi visant à instaurer un mode de représentation proportionnelle, préparé pour le premier ministre René Lévesque en 1985 et laissé sans suite, aurait imposé le respect de la volonté populaire telle qu’exprimée, aurait assuré l’application de la règle de la majorité et aurait contribuer à faire «compter» chaque vote (une copie des notes explicatives de ce projet de loi est disponible électroniquement à l’adresse andre.larocque@enap.uquebec.ca).Ces trois exigences démocratiques fondamentales sont incontournables dans un référendum sur la souveraineté.Le PQ a écarté la réforme Lévesque, annoncée pourtant formellement par lui dans le discours inaugural du 9 novembre 1981.Ce faisant, le PQ s’est enfermé dans une dynamique faussée, une démarche antidémocratique qui, si elle a l'avantage de rendre la victoire électorale plus facile, fait de la victoire référendaire un exercice tout à fait étranger à l’expertise douteuse qu’impose le scrutin anglais.Il n’est évidemment pas possible de savoir comment les électeurs québécois se seraient comportés dans le cadre du mode de scrutin que voulait René Lévesque.Mais il est certain que le PQ aurait été dans l’obligation de recentrer sa démarche électorale sur des valeurs de respect de l’électorat, soit celles qu’imposent la proportionnelle et l’accession démocratique à la souveraineté.Continuer à maintenir le scrutin anglais, c’est continuer à maintenir la pierre d’achoppement que trente ans n’ont pas encore réussi à éliminer.Que l’on soit pour ou contre la souveraineté, la démocratie n’en est pas une conséquence mais un préalable.Le scrutin anglais est la pire préparation possible pour affronter une décision à la proportionnelle Si le PQ a formé le gouvernement avec un soutien populaire de 42 %, c’est que 58 % des électeurs ont refusé de lui confier ce mandat L’ÉQUIPE DU DEVOIR •AKf'DAmnN i Hull A l’information «énérole et métropolitaine : Louis Lapierre (adjoint au directeur de l’in/ormation).Sylvain Blanchard, Jean Chartier (vie urbaine).Yves d'Avignon (sports): Faute des Rivières (éducation), Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement).Judith Lachapelle, Louise Leduc KallilM.nl /.«mie bolitiaues municipales).Caroline Montpetit, Isabelle Rare (santé), Jean Pichette (justice).Serge Truffaut (questions urbaines): Odile Tremblay (Horizons): Michel C.arneau (caricaturiste) : Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Martin Dudos et Christine ¦hmazet Irrl ,,VTiK; Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (théâtre, danse).Paul Cauchon (médias).Marie-Andrée Chouinard (livres et politiques culturelles).Brian Myles (cinéma).Jean-Pierre Legault, Clément Trudel (musique) ,i Pinf H „ 2.mominue • Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’infiirmation), Robert Dutrisac, Benoit Munger, François Normand.Claude Turcotte ; A l’information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l’information), Guy Taillefer (éditorialiste), Claude Lévesque ; A l’information polit!,,.!» V:,iTn„„ rnrnellier (correspondante parlementaire à Ottawa), Mario Cloutier et Gilles lesage (correspondants parlementaires à Québec).Michel Venue (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec): MarieHélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Julie Tremblay, Marie-Claude Petit (con|- nis) G, .' ,! n.i iw (directeur) : Brigitte Arsenault, Manon Deronte, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Qltawa).IA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint), Jacqueline Avril, Jean de Billy.Gyslaine Côté, Marlène Côté, Louane la v,|ies parents de Ty-rell Dueck ont en effet déposé une requête à la cour d’appel de Saskatchewan, hier, afin de renverser la décision d’un tribunal en vertu de laquelle la province peut exercer un contrôle sur les choix médicaux du garçon.Une telle requête sus-pend le jugement initial jusqu’aux audiences de la cour d'appel, ce qui crée un imbroglio quant à savoir si le traitement prescrit doit être administré ou non au jeune Dueck.Le garçon est au centre d’un litige dont le règlement peut faire la différence entre Ut vie et la mort.Il désire suivre un traitement alternatif, à base de vitamines et de minéraux, prodigué dans une clinique de Tijuana, au Mexique, alors que les spécialistes affirment qu’il mourra sans l’amputation partielle d’une jambe et l’administration d’un traitement de chimiothérapie.Négociations rompues à la CBC Toronto (PC) — Les négociations entre la Société Radio-Canada (hors Québec et Moncton) et le syndicat représentant ses techniciens en grève depuis un mois ont été rompues, hier, tandis qu’était évité de justesse le débrayage de ses journalistes et annonceurs.Le Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP),a mis un terme aux discussions après que la société d’État lui eut soumis sa dernière offre.«C’est insultant, et notre comité a plié bagages et rentre à la maison, a lancé Gail Leni, vice-présidente nationale de l’organisation.Tout le monde est amer, en colère et frustré.» Quelques heures plus tôt, la SRC était parvenue à une entente de principe avec la Guilde canadienne des médias, évitant du même coup le déclenchement, à midi, de la grève des journalistes et annonceurs à l'extérieur du Québec et de Moncton, au Nouveau-Brunswick.La Guilde, qui représente plus de 3000 employés de la société, s’est vu offrir une hausse salariale globale de 9 % sur trois ans.Un tour du monde réussi Genève (AP) — Bertrand Piccard et Brian Jones boucleront leur tour du monde en ballon plus tôt que prévu grâce à la vitesse du courant-jet et devraient'franchir «la ligne» aujourd'hui vers midi en temps universel (llh à Paris, 5h à Montréal ce matin) après avoir atteint la côte africaine quelque deux heures plus tôt.Les heures gagnées rendent un atterrissage en Egypte, but rêvé des deux aventuriers, encore possible.Ôrbiter3 a filé jeudi à une vitesse variant de 140 à 160 km/h au-dessus de l’Atlantique.Les pilotes ont ainsi plusieurs heures d’avance sur le passage du degré 9 de longitude Ouest, qui doit marquer la réussite de ce tour du monde en ballon sans escale.NOMINATIONS SUITE DE LA PAGE 1 du journal communautaire Liaison Saint-Louis et du journal S'en sortir, publié par l’ACEF-Centre.Il est l’auteur de Ces fascinantes inforoutes et de Vie privée et démocratie à l’èrç de l'informatique.A titre de rédacteur en chef, Jean-Robert Sansfaçon sera responsable de la gestion de la salle de rédaction du Devoir et de la définition des politiques d’information qu’il aura à mettre en œuvre en collaboration avec le directeur de l’information.Claude Beauregard continue d'être, à ce poste, le premier responsable de la réalisation quotidienne du journal.Michel Venne aura, a titre de rédacteur en chef adjoint, à seconder le rédacteur en chef.Il aura notamment sous sa responsabilité la page Idées.Par ailleurs, il appuiera le directeur de l'information en assurant la coordination du secteur politique.Bernard Descôteaux S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 fü Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique Pour l’agenda culturel La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction ©ledevoir.com (514) 985-3551 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone Par télécopieur (514) 985-3344 (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h a 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) I> Devoir est publié du lundi au samedi par !>• Devoir Inc dont le siège social est situé au 2050, rue de Bleury, (r étage, Montreal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle.7743.ru** de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., *>12.rue Saint-Jaapies Quest Montréal L'agence Presse Canadienne est autorisée a employer et a diffuser les informations publiées dans Le Devoir 1je Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Croupe Québécor Inc., 9(XJ, boulevard Saint-Martin Ouest.Dival.Knvoi de publication — Enregistrement n” 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.DESJARDINS KAZAN SUITE DE LA PAGE 1 des emplois.Il est prévisible qu’il y aura des abolitions de postes, a reconnu M.Béland, qui se dit cependant incapable en ce moment de chiffrer le nombre de postes qui seront éliminés, n pourrait y avoir des variantes selon le scénario qui sera retenu.Quoi qu’il en soit, les programmes en place chez Desjardins pour la préretraite s’appliqueront.La base de Desjardins mise de toute évidence beaucoup sur ce comité puisque 87 % des délégués (le vote le plus fort de la journée) ont appuyé sa création, espérant que, par cette démarche, on trouvera les formules de compromis les plus acceptables au plus grand nombre dans les caisses d’économie et dans un certain nombre de caisses populaires, dont les dirigeants ont exprimé, ouvertement ou pas, des réserves à l’endroit de ce virage.D’ailleurs, dans les derniers jours qui ont précédé ce congrès, il semble qu’une certaine nervosité se soit manifestée en haut lieu dans l’attente de la publication de certains sondages et reportages.Il était entendu que le congrès se déroulerait à huis clos, mais avant-hier, le conseil d’administration a décidé que même le discours du président ne serait pas entendu par les journalistes dans la salle de presse adjacente à celle des congressistes.Quoi qu’il en soit, toutes les mesures proposées par les dirigeants ont été adoptées avec une forte majorité: 85 % pour que des travaux soient entrepris à brève échéance pour améliorer la productivité, 77 % en faveur d’une application plus large du concept de l’utilisateur-payeur et 84 % en accord avec l’établissement d’une norme de tarification minimale pour les particuliers et les entreprises.Sans vraiment savoir comment allaient voter les délégués, M.Béland a beaucoup insisté, dans le discours (les journalistes ont eu le texte) qu’il leur a servi à l’ouverture du congrès, sur l’urgence d’agir, après avoir rappelé que le virage proposé n’arrive pas comme un cheveu sur la soupe puisque deux importants comités ont tiré des conclusions semblables.Claude Béland a insisté sur l’urgence d’agir et rappelé que le virage proposé n’arrive pas comme un cheveu sur la soupe Ces rapports contiennent, a-t-il dit, des recommandations qui méritent d’être appliquées dès maintenant, à la condition qu’elles soient acceptées par une majorité de délégués.M.Béland a d’abord donné l'exemple du processus décisionnel.Son commentaire illustre bien le sentiment d’urgence qui habite les dirigeants de Desjardins: «Même si le conseil d'administration de la confédération privilégie la mise en place d’une fédération unique, il sait qu 'il faudra y mettre quelques années pour y arriver.Mais le conseil est d’avis que, d'ici là, si vous le décidez ainsi, il est nécessaire, à l'intérieur de la structure actuelle à trois paliers, d'améliorer le plus rapidement possible le processus décisionnel.Une amélioration sur ce plan, selon le conseil, ne peut attendre trois ou cinq ans.» La même urgence s’applique, selon M.Béland, à trois recommandations du comité Simard, soit celles relatives à la productivité, à la notion d’utilisateur-payeur et à la tarification minimale.«Sur ces questions, il faut connaître votre opinion dès aujourd’hui et, si vous y accordez votre appui, agir dès que possible.» En troisième lieu, il faut dès maintenant obtenir des orientations de la part des délégués quant à la reconfiguration des organismes de soutien, c’est-à-dire la confédération et les fédérations.M.Béland a reconnu que plusieurs dirigeants des caisses locales auraient préféré en connaître davantage sur le sujet avant de se prononcer.Toutefois, le conseil d’administration a quand même préféré consulter dès maintenant, même si les études exhaustives ne sont pas encore faites, bien que plusieurs études aient été poursuivies depuis 1975.M.Béland a expliqué qu’avant d'aller plus avant, il valait mieux vérifier si toutes les caisses étaient d’accord avec les orientations proposées.«Les études qui seront faites au cours des six prochains mois devront confirmer que nous atteindrons effectivement nos objectifs de réduction des coûts et d'amélioration de l’efficacité de fonctionnement du Mouvement.En ce sens, le feu vert que vous êtes appelés à donner est conditionnel», a précisé le président.JACQUES GRENIER I.E DEVOIR STADE SUITE DE LA PAGE 1 la firme Rousseau Sauvé Warren.Depuis la déchirure de la toile, survenue le 18 janvier, Birdair a remplacé ou réparé les panneaux qui ont cédé et réparé les fissures observées après les opérations de déneigement et de déglaçage de la toiture souple.Pendant cette période, le Salon de l’auto a dû être annulé, et celui du nautisme a été déplacé à la Place Bonaventure.En conférence de presse hier, Ronald Dubeau, chef de division du SPIM, a précisé qu’il conservait le droit de fermer le stade advenant tout nouvel événement ou toute nouvelle information qui lui ferait craindre pour la sécurité des visiteurs.Par voie de communiqué, le président et directeur général André Tétrault s’est dit «heureux de pouvoir de nouveau utiliser l'aire de jeu du stade.Nous serons prêts à accueillir les Expos le H avril».Cependant, n’est-il pas étonnant qu'il revienne à la firme d’ingénieurs retenue par Birdair de garantir la solidi- té du toit?«La lettre de garantie porte le sceau d’ingénieurs et leur responsabilité, en ce sens, pourrait devenir personnelle», a ajouté Brigitte Tremblay, porte-parole de la RIO.«U SPIM et la Régie du bâtiment ont aussi obtenu les rapports demandés.» Depuis la Floride, où se tient le camp d’entraînement des Expos, la relationniste de l’équipe, Johanne Héroux, s’est aussi montrée soulagée de ce feu vert.Cette étape franchie, elle a expliqué que les efforts de marketing pour la vente de billets pourraient s’intensifier.A ce jour, seuls 10 (XX) billets ont trouvé preneurs pour le match du 8 avril, alors que 31 220 spectateurs avaient assisté à la partie d’ouverture des Expos en 1998.De son côté, l’Ordre des ingénieurs disait hier continuer son enquête.Il cherche à savoir s’il y a eu manquement en matière d’intégrité et de compétence professionnelle des ingénieurs impliqués et veut s’assurer qu'il n'y a lias eu exercice illégal dans l’ingénierie des travaux par des personnes non membres de l’ordre.SUITE DE LA PAGE 1 À 89 ans, Elia Kazan est un monument.Dans les années 30 et 40, à Broadway, il a mis en scène les premières productions des grands classiques d’Arthur Miller et de Tennessee Williams, en plus de cofonder le célèbre Actor’s Studio.Plus tard, à Hollywood, il a réalisé une vingtaine de films, dont plusieurs sont considérés comme des chefs-d’œuvre.Un tramway nommé Désir, Sur les quais, A Test d’Eden, te Mur invisible, La Eièvre dans le sang ont gagné d'innombrables prix, notamment plusieurs Oscar.Connu pour sa remarquable direction d’acteurs, Elia Kazan a découvert des stars qui sont devenues des symboles du cinéma américain et même de l’Amérique: Marion Brando et James Dean.Alors pourquoi, au moment où il est déjà célèbre dans le monde entier, ne serait-ce que grâce à l’Oscar du meilleur réalisateur pour Gentleman's Agreement (te Mur invisible), obtenu en 1947, pourquoi, donc, Kazan accepte-t-il de dénoncer ses amis et collègues?«C’est simple.Au moment où il a été convoqué pour témoigner devant le Comité de la Chambre, il était sur le point de signer un contrat d’un demi-million de dollars pour la production du film Sur les quais.Il aurait pu continuera travailler à New York, au théâtre, mais pour travailler à Hollywood, il fallait dénoncer.Il l’a fait pour avoir ce contrat.» Après toutes ces années, Norma Barzman est toujours en colère.Elle-même et son mari, le scénariste d’origine canadienne Ben Barzman, ont été mis sur la liste noire en 1951, dénoncés par un autre réalisateur et collègue, Edward Dimytryk.«Kazan n'a pas été le seul à dénoncer mais il était déjà tellement bien placé que, contrairement à d’autres, il aurait très bien pu vivre sans Hollyivood.Aussi, je ne lui pardonne pas, entre autres parce qu’il n’a jamais exprimé de regrets.» Sur la liste noire Déclarés pratiquement persona non grata aux Etats-Unis, les Barzman, en voyage professionnel en Europe au début des années 50, ont préféré rester en France, où ils ont finalement passé 30 ans en exil plus ou moins forcé.Les autorités américaines sont allées jusqu’à saisir le passeport de Norma après l’avoir fait venir, sous un faux prétexte, au consulat parisien.Elle a dû se battre jusqu’en Cour suprême pour le récupérer, sept ans plus tard.Bien qu’ils aient pu continuer à travailler comme scénaristes, avec, notamment, des réalisateurs aussi célèbres qu’Yves Allégret ou Joseph I/isey, les Barzman ont dû renoncer à voir leur nom sur les génériques des films distribués aux États-Unis.Il y a dix jours, la Writers Guild a présenté ses excuses à Norma Barzman et, de façon posthume, à son mari Ben.Aussi, on leur a redonné les crédits pour la scénarisation de deux films qui, à l’époque, avaient été attribués à d’autres.Dorénavant, c’est le nom de Ben Barzman, et non un pseudonyme, qui figurera aux côtés de ceux de Sophia Loren et Charlton Heston dans le générique du film A7 Cid.«A notre avis, Kazan doit être applaudi pour ce qu’il a fait», déclare l’écrivain et homme d’affaires Peter Schwartz, fondateur du Ad Hoc Committee for Naming Facts, une émanation du très conservateur Ayn Rand Institute de Californie.Formé à la suite des protestations anti-Kazan, le comité appelle à la manifestation d’appui au cinéaste pendant la cérémonie des Oscar et conseille aux participants d’apporter leurs drapeaux américains.«Ils croient que c’était incorrect d’identifier des gens qui étaient membres du Parti communiste alors que le parti avait pour but de détruire la liberté?Ils se couvrent du manteau des droits civils alors qu’ils appuyaient une organisation qui était pour la dictature, pour Staline, et qui était financée et dirigée par l’Union soviétique.Selon moi, ajoute Schwartz, Elia Kazan est un héros pour avoir osé s'opposer à la philosophie gauchiste qui était très populaire, à l’époque, à Hollyivood.» «Ce sont des gens comme Kazan qui nous ont fait perdre nos libertés, rétorque Norma Barzman.Ce qu'il a fait était immoral et destructeur.Jusqu'à aujourd'hui, à Hollyivood, on n'ose même pas dire qu’on est socialiste.» Et elle ajoute qu’au moment où elle était en train de chercher des appuis à la manifestation contre Kazan, plusieurs personnes, tout en contribuant financièrement, ont refusé d’être* identifiées parce qu’elles étaient en pleine négociation de contrat Une page douloureuse Norma Barzman ne cache pas son passé communiste.«Oui, j'ai été membre du parti de 1943 à 1949, mais c'était un parti légal! Il faut aussi comprendre ce que ça voulait dire, être communiste au sein de la communauté progressiste d'Hollyivood dans ce temps-là.Nous nous battions pour les droits des immigrés, pour la sécurité sociale, pour les meilleurs de raisins, comme dans le livre de Steinbeck.Et pujs c'était la guerre, et l'Union soviétique était l'alliée des Etats-Unis.» C’étaient les années 40.Mais au début des années 50 éclate la guerre de Corée; la guerre froide bat son plein; c’est le procès et l’exécution (les époux Rosenberg.Une page douloureuse de l’histoire des États-Unis.C’est dans cette histoire que s’inscrit celle d’Elia Kazan, immigrant, fils d’un marchand de tapis grec venu d’Anatolie.Lui-même avait été, pendant plus d’un an, membre du Parti communiste au milieu des années 30.Est-ce le fait, comme le prétend Peter Conrad, du journal The Guardian, que le maccarthysme cherchait précisément à débusquer les activités antiaméricaines qui a incité Kazan à trahir ses collègues, lui qui, comme beaucoup d’immigrants, voulait à tout prix être un bon Américain?Est-ce l’insécurité financière propre aux immigrants de première génération?Dans une longue entrevue, à paraître en juin prochain aux éditions Faber sous le titre Kazan On Kazan, le cinéaste donne pourtant une réponse bien simple à ceux qui se demandent pourquoi il a fait ça.«Quiconque rapporte sur les autres fait quelque chose de dérangeant et même de dégoûtant, avoue-t-il.Ça ne fait pas du bien à la conscience.Mais il faut se rappeler que la guerre de Corée battait son plein.Ça m’estomaquait de voir qu ’aucun de ces gauchistes n ’avait jamais dit un mot contre l’Union soviétique, peu importe ce qu’elle faisait.C’était une sorte d’esclavage de l'esprit.» Plus loin dans l'entrevue, il réitère que, selon lui, l’Union soviétique représentait une menace sérieuse pour l’Amérique.«Ils ont dit qu’il n’y avait pas de conspiration.Il y en avait une.Je le sais.J'en faisais partie.Je pensais que ce serait terrible de prétendre l'ignorer.» Au delà de toutes les justifications, la question se pose: est-il approprié de juger l’homme au moment où on juge l’artiste?Elia Kazan mérite-t-il l’Oscar même s’il a trahi ses collègues?Certains observateurs se sont demandé si cette même communauté d’Hollywood, prompte à pardonner à Bill Clinton ses frasques sexuelles et ses mensonges sous prétexte qu’on doit distinguer l’homme du politicien, si cette même communauté, donc, va condamner Kazan, incontestablement un grand artiste.Norma Barzman s’indigne: «Comment peut-on faire une analogie pareille?L’affaire Clinton ne concerne que sa petite vie personnelle, alors que dans le cas de Kazan, il s’est agi d’une affaire politique qui a eu un terrible impact, qui a détruit des vies, qui a complètement changé le climat de travail à Hollywood.» I lemain, à la cérémonie des Oscar, c’est par le niveau d’applaudissements qu’on pourra voir si, pour la communauté cinématographique, l’artiste a éclipsé l’homme.
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.