Le devoir, 20 mars 1999, Cahier D
.Jules Richard François «e\ Poltcjum ViUe-0'®u Obomsawin Neul Jour* de h»'ne n vente chez votre libraire ( !îU îlloj^lK' WWW rom - «ccntie, m s» * était à *.£*> Lettres québécoises Page D 3 Le feuilleton Page D 5 La chronique de Robert Lalonde Page D 6 Essais québécois Page D 7 Formes Page D 12 LE DEVOIR Lm Salon du Livre de l’Outaouais / Ecrire et diffuser en Outaouais Jacques Gauthier a préféré Hull à Paris Pour la première fois en 20 ans, le Salon du livre de l'Outaouais a choisi un auteur de la région comme président d'honneur.Une façon d'amorcer une réflexion sur la difficulté de publier et de se faire connaître hors des grands centres.HÉLÈNE BUZZETI Pour son vingtième anniversaire, le Salon du livre de l’Outaouais a fait le choix de la reconnaissance.Vingt ans que l’événement s’organise, et jamais encore un écrivain de la région n’avait obtenu la présidence d’honneur, la fonction ayant plutôt échu aux Victor-Lévy Beaulieu, Gilles Vigneault et autres Arlette Cousture dont le pouvoir d’attraction n’est plus à prouver.Mais le Salon a rompu avec le passé en décernant cette année le titre au poète et essayiste Jacques Gauthier.Lui qui était du nombre des heureux élus pour représenter le Québec au Salon du livre de Paris, salon qui doit se terminer pendant que celui de l’Outaouais battra son plein du 24 au 28 mars, Jacques Gauthier a tout abandonné et a accepté le poste sans hésitation.Ainsi se troque l’Hexagone pour l’Outaouais.«La reconnaissance est tellement grande.Je me sentais une responsabilité.Si je refusais, c’était un auteur de l’extérieur de la région qui serait venu, confie M.Gauthier en entrevue.Et puis, Paris, c’est pas le Pérou.Ils peuvent attendre!» Lire: ils peuvent m’attendre.Ils, ce sont les médias français.Car l’auteur québécois aura quand même son printemps parisien, quoique un peu plus tard que tout le monde.Jacques Gauthier effectuera une tournée française et accordera une douzaine d’entrevues aux médias en avril.C’est que son intérêt pour l’auteur français Patrice de La tour du Pin (1911-1975), seul poète lai'c, dont les textes ont été retenus par l’Église pour constituer la littérature liturgique, l’a rendu nettement plus populaire en France qu’en terre québécoise.Il a rédigé sa thèse de doctorat en théologie sur l’homme, ainsi que trois importants ouvrages sur sa vie et son œuvre.«Patrice de La Tour du Pin est un auteur très important, qui a inspiré bien des artistes québécois, explique M.Gauthier.Gaston Miron lui doit son engagement politique.Les deux premiers vers du poème La Quête de joie, écrit en 1933, ont produit comme un déclic pour lui.Ça dit: “Tous les pays qui n'ont plus de légendes seront condamnés à mourir de froid.”» Ainsi, Jacques Gauthier se réclame de théopoésie.En plus d’enseigner la théologie à l’Université Saint-Paul d’Ottawa, il a signé jusqu’à présent 21 livres, dont certains à saveur franchement religieuse, comme Jean de la Croix et Saint Paul, commandés par Fides pour sa collection «L’expérience de Dieu», ainsi que la biographie de la carmélite bretonne Thérèse de la Sainte-Face, canonisée en 1925, intitulée Thérèse de Lisieux, et l’essai Thérèse de l'Enfant-Jésus, tous deux parus aux Éditions Anne Sigier.VOIR PAGE D 2: GAUTHIER emnieI, chez une same par sen r • ison, de I cuisine, Écrire sans MBBm a RÉMY CHAREST Jprivains existent hors du temps.Quand on cite un auteur iaru, meme depuis des siècles, ne dit-on pas «untel écrit.|g .Jmfsm : récits < laire Martin est loin d’être disparue, même si certains ont pu le quand elle a brusquement cessé d’écrire, au début des années 70,.Elle est bièn avec nous au présent, comme en témoigne son rect|r:1J""^^™B* vie, que L’Instant même a fait paraître e •e, au lendemain de la journée internationale is Claire Martin existe aussi un peu hors du temps, viv; ,tmrytiimë qui n’appartient qu’à elle, comme en témoigne la fâ« composé de quatre inédits et de neuf textes écrits entre 1 1997, semble avoir été écrit d’un même souffle.Revendicatrice on féminine à une époque où peu osaient aborder la question de front permis d’être une brillante jeune auteure à.44 ans, en devenant la prei fémnie à remporter le prix du Cercle du livre de France, en 1958, pour son premier recueil de nouvelles, Avec ou sans amour.Cette publication marquait le début de sa seconde carrière, elle qui avait été annonceur à la station CKCV de Québec, puis à Radio-Canada, à Montréal, jusqu’en 1945.Peu après avoir eu l’honneur d’annoncer officiellement la fin de la Deuxième Guerre mondiale sur les ondes nationales (un événement dont on trouve trace dans la nouvelle L’inattendu, toujours), cette carrière avait toutefois pris fin brusquement, pour cause de mariage.«Radio-Canada n’emploie pas de femmes mariées», lui avait répondu son patron de l’époque — une autre époque, espère-t-on.La deuxième carrière, entamée après quelques années passées «à faire la femme mariée», marquait un tournant important et aussi une véritable libération d’un milieu familial contraignant «Annonceur à la radio, c’était déjà le choc pour ma famille.Écrire, imaginez.Les femmes, chez nous, c’était à la maison, dans la cuisine, avec une sortie par semaine, le dimanche.Ça ne fait rien.Quand on en sort, on est aguerrie.Il y avait une satisfaction défaire enfin ce que je voulais et d’horrifier toutes ces bonnes gens qui pensaient que mon mari allait me répudier.» Prise trois Aujourd’hui, octogénaire qui n’en a pas l’air, elle écrit avec une fraîcheur que lui envieraient bien de brillantes jeunes auteures et une maîtrise rare de l’expression juste, du mot brillant et, surtout de la chute impeccable, outil par excellence du nouvelliste.Pour le constater, il n’y a qu’à lire la nouvelle-titre de son nouveau recueil, une histoire de coup de foudre dont on ne dira rien de plus, pour ne pas brûler sa finale effrayante et merveilleuse.Il n’y a qu’à lire Les Oignons verts, autre histoire de coup de foudre — maraîcher—jolie, légère et plutôt savoureuse.De quoi la croire sans peine quand elle annonce en souriant discrètement* «fai retrouvé le plaisir d’écrire, sans les attaches.» «Parfois, ça va très vite, une nouvelle, quand on l’a en tête, poursuit-elle.Maintenant, j’ai le goût de continuer à écrire.Mais rien qui m’engage pour des années.» Claire Martin montre probablement là une prudence compréhensible, celle d’une auteure dont l’envie d’écrire s’était évanouie soudainement, il y a presque trente ans.Presque aussi soudainement que son travail d’écriture avait commencé, un peu sans crier gare, le 1CT avril 1957.«Dans les années précédentes, mon mari et moi nous étions construit une maison, puis une autre, avant de retourner en appartement.Une fois en appartement, il n’y avait plus de plates-bandes à sarcler.J’avais plus de temps et, tout à coup, on est mûr.Quand Roland, mon mari, est rentré ce soir-là, je lui ai annoncé que j’avais commencé à écrire.En notant la date, il m ’avait dit: Toi peur que ça n’aille pas très loin.”» La remarque était une boutade — «Je n’aurais jamais pu supporter un mari qui n’avait pas le sens de l’humour», précise-t-elle — mais le travail était tout ce qu’il y a de plus sérieux.Un an plus tard, jour pour jour, elle mettait le point final à un ensemble de vingt-six nouvelles, Avec ou sans amour.Au cours de la décennie suivante, le succès de librairie comme les prix littéraires s’accumulent régulièrement ‘ i Û VOIR PAGE D 2: MARTIN mm LES BONS LIVRES EN FORMAT DE POCHE CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE IMPRIMÉ SUR FOND GRIS DU DE COULEUR ¦ 1) 2 L E I) E V 0 I R , L E S S A M EDI 2 (I E T D I M A N C II E 21 M A R S 199 9 GAUTHIER «La théopoésie, c’est d’avoir l’audace de rendre visible l’invisible, de dire l’indicible» SUITE DE LA PAGE DI ' «Il y a vingt ans, mon éditeur me disait: “Ne parle pas trop de Dieu, sinon tu seras foutu." Mais j’ai toujours pensé qu'une œuvre finissait par trouver son lectorat.Et aujourd’hui, je ne me sens plus le besoin de le nommer dans mon livre, ça transcende.(.) La théopoésie, c’est d’avoir l’audace de rendre visible l’invisible, de dire l’indicible.Tous les poètes qui ont traversé le temps ont réussi à suggérer l’invisible.» Jacques Gauthier a même été moine trappiste à Oka jfe 1973 à 1977 avant de réaliser, 20 livres en moins -cjjue maintenant, que la vie de silence et de calme ¦n'était pas faite pour lui.Aujourd’hui, marié et père de jjuatre enfants, il écrit à un rythme surprenant, enfermé pour ce faire dans sa remise, même en hiver.«Le froid nous fouette les neurones et nous stimule.Je peux lire un roman de 300 pages en deux heures!» > ; Les livres de Jacques Gauthier ont été édités dans pas moins de huit maisons d’édition et Les Défis du jeune couple, paru en 1991 chez Le Sarment/Fayard, a été traduit en espagnol, en portu-]gais, en italien et en néerlandais.Pas mal tout de thème pour quelqu’un qui manipule des genres '(poésie et essai) peu accessibles.«La poésie, c’est la lucidité d’une conscience, tandis que le romancier est le narrateur du rêve, répond l’auteur.La poésie, c’est un coup de poing.Elle peut faire vivre et elle petit faire mourir.Vous avez vu le film La vie est belle?A aimer tellement, le père arrive à faire de la poésie avec la pire des horreurs.La poésie rend lucide.» Parmi ses récentes publications, Le Voyage d’une absente, lancé en février, raconte le périple en Italie d’un homme pour qui chaque ville visitée devient une ^femme lui révélant sa propre épouse, qui n’a pu raccompagner.«L’absence pour moi est une forme supé-'jrieure de présence.Les être humains sont faits pour rê-fùer, pour désirer des choses ou des états qui ne sont pas 'Atteignables immédiatement.» Au Salon de l’Ou-'taouais, ce sont pas moins de trois autres livres por-tànt la griffe de Gauthier qui seront lancés officielle-ipent! «C’est drôle comme les éditeurs travaillent vite "quand ils réalisent la visibilité qui découlera d’une présidence d'honneur!» Salon saturé L’année dernière, deuxième salon du livre en importance au Québec derrière celui de Montréal, le Salon de l’Outaouais attire environ 33 000 visiteurs par année.L’achalandage augmentait édition après édition, mais voilà que la croissance du happening livresque a été stoppée il y a quelques années par un manque d’espace.Le nombre d’éditeurs stagne désormais à 650, et trente maisons ont même été refusées cette année.Le Palais des congrès de Hull est bourré comme un œuf, et le Salon du livre de l’Ou-taouais ne pourra voir plus grand que s’il obtient ce nouveau Centre des foires dont la construction se discute présentement.C’est que les éditeurs apprécient grandement le Salon de l’Outaouais parce que les bouquineurs sont réputés pour y acheter beaucoup.De l’avis des organisateurs, cela s’expliquerait par le fait que les librairies sont peu nombreuses dans la région et moins bien garnies, et que les adeptes n’arrivent pas à se procurer certains livres pendant l’année.Et puis, dans une région très anglophone comme la capitale nationale, le Salon du livre incarne le symbole d’une vitalité culturelle et, à la limite, l’arme de la survie.«Ici, c’est un peu comme dans Astérix, explique de faon imagée Jacques Gauthier.On doit toujours se attre [pour vivre dans notre langue).Le Salon est très important, c’est une question de survie, de vie ou de mort.Pour nous, le Salon du livre est une affirmation du français.» Pour les auteurs aussi, le Salon de l’Ou-taouais devient la vitrine qui leur manque le reste de l’année pour se faire connaître.Comme le rappelle M.Gauthier, les maisons d’édition en région sont peu nombreuses (il n’y en a que deux en Outaouais, les Ecrits des Hautes-Terres et Vent d’ouest) et ne vivent pas grassement.Elles disposent par ailleurs de moins de ces féroces attachés de presse — que les journalistes craignent mais qui font souvent la popularité des auteurs.«On a un événement qui nous donne la possibilité de se donner de la visibilité, il faut en profiter, dit M.Gauthier, sous-entendant qu’il faudrait que la présidence d’honneur du Salon soit plus souvent confiée à des plumes de la région.Si nous, en région, on ne se prend pas en main, personne ne le fera.» MARTIN «Il y a beaucoup de gens qui ont dit que j'avais cessé d'écrire à cause de conflits liés aux évolutions du milieu littéraire, à cause de l'émergence du jouai, par exemple» SUITE DE LA PAGE D 1 Installée à Ottawa, l’auteure écrivit intensément de 1957 à 1972, date de son départ vers la France avec son mari, pour un séjour de duc ans près de Grasse, en Provence, des années qu’elle évoque dans Combien j'ai douce souvenance, avant-dernier texte de Toute la vie.Quand elle abandonne l’écriture et quitte pour la France, l’étonnement donne lieu à toutes sortes d’explications: «Il y a beaucoup de gens qui ont dit que j’avais cessé d’écrire à cause de conflits liés aux évolutions du milieu littéraire, à cause de l’émergence du jouai, par exemple.Et c’est vrai que j’ai reçu des lettres anonymes qui m’accusaient d'être traître à ma langue et à mon pays, sous prétexte que j’écrivais à la française.» Les raisons de son départ, maintient-elle, sont plus simples.Il y avait l’envie de bouger, ressentie à l’unisson par elle et son mari.Et il y avait une douleur d’écrire qu’elle ne voulait plus ressentir: «L’écriture de mon dernier roman, Les Morts, j’en garde surtout un souvenir de souffrance, explique l’auteure.D’abord, c’est beaucoup du dialogue et, quand on écrit du dialogue, on est tenté de tomber dans le bla bla.On finit par garder la moitié de ce qu’on a écrit — ça fait mal au cœur.Non, je n’ai pas gardé un bon souvenir de ça.» Si elle arrête à toutes fins pratiques d’écrire de 1972 à 1982, elle reste tout de même en littérature et réalise (en hiver, précise-t-elle, quand le soleil de Provence se fait plus discret) des traductions de grands auteurs canadiens: deux volumes de la trilogie de Deptford de Robertson Davies, des œuvres de Margaret Laurence et de Clark Biaise.«C'est plaisant, les traductions.On écrit sans l’angoisse du devenir.La fin est là, n’est-ce pas?» Pendant les années 80, toujours pas d’écriture.11 y a surtout la mort de son mari, quatre ans après le retour de France.«On a bien fait de revenir, dit-elle.C'est encore plus difficile de mourir ailleurs.» La solitude, le temps qui change ne suscitent pas alors l’envie de créer: «Il faut d’abord se cotisoler.Le fait d’avoir de très jolis souvenirs, on ne perd pas ça.C’est comme quelqu’un qui est parti en voyage.On ne cesse pas de l’aimer pour autant.» C’est comme un voyage, en effet: ces années-là, Claire Martin marche beaucoup dans Québec, des voyages entre le souvenir et le présent dont elle rend compte par un très beau texte, Que reste-t-il de nos amours?, publié dans l’ouvrage Québec.Des écrivains dans la ville, en 1995.Ce texte était le premier d’un retour à l'écriture rendu possible par l’amical harcèlement de confrères en littérature: Jean-Guy Pilon, André Ricard («Il m’appelait trois fois par semaine pour me demander si j'avais écrit quelque chose.») et surtout Gilles Dorion, qui avait recensé toutes les publications de l’auteure et lui demandait des inédits pour donner le jour à un recueil, celui qui voit le jour aujourd’hui.Que ces gens, comme les éditeurs de L’instant même, soient remerciés de nous avoir rendu cette écriture teintée d’une forte expérience de vie, et aussi par de grands sourires, des moments de bonheur: «Ça veut dire qu’on n'est pas devenu quelqu’un de triste, lance Claire Martin.Il y a bien des raisons d’être pessimiste.Mais il faut avoir le désespoir gai.Prendre ça avec humour, même avec moquerie.» Cet après-midi, 15h30, Claire Martin participe à une rencontre littéraire avec Edgar Fruitier à la salle Saint-Sul-pice de la Bibliothèque nationale du Québec, au 1700, rue Saint-Denis.L’entrée est libre.TOUTE U VIE Claire Martin L’instant même, Québec, 1999,113 pages Claire M; t»U SANG SUR IA CHAIR MME POMME X Quand un livre x est vraiment EXCEPTIONNEL, il faut le crier v sur tous les toits ! y la chair janq >uï d une pomme UCHABLES .?ntT*h|Ç Lettres québécoises la revue de l’actualité littéraire HO*** CO'*'*40 Parc univers Lettres Recevez en prime Parc univers de Hugues Corriveau (valeur 21 $) avec un abonnement d’un an à Lettres québécoises RETOURNER A LETTRES QUEBECOISES.1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Tel.: (S14) 525.95.18 • Télec.: (514) 525.75.37 Courriel : 'xyzed@ifilink.net ______________ Abonnement 1 AN / 4 NUMÉROS 20 $ (T.T.C.) en prime: Parc univers NOM_________________________________________ ADRESSE ____________________________________ VILLE ______________________________________ CODE POSTAL_______________ TÉL- CI-JOINT: ?CHÈQUE ?MASTERCARD ?VISA NO________________________________ EXP.____L SIGNATURE- DATE- POÉSIE Autres voix La poésie canadienne de langue anglaise JACQUES GRENIER I.E DEVOIR Margaret Atwood % PASSEPORT La poésie moderne de langue anglaise au Canada Choix et présentation d’Endre parkas Traduction d’Emile Martel Écrits des Forges / J.Gordon Shil-lingford Publishing Trois-Rivières/Winnipeg 1998,216 pages DAVID CANTIN Depuis la parution de l’anthologie bilingue Contre-taille (Triptyque, 1996) de Pierre DesRuisseaux, la poésie canadienne-anglaise trouve de plus en plus de résonances au Qué' bec.On n’a qu’à penser aux différentes traductions de certains recueils de Margaret Atwood (Hexagone), D.G.Jones, Myriam Waddington (Noroît) et Louis Dudek (Triptyque).Toutefois, l’imaginaire poétique canadien demeure encore bien abstrait, ou tout simplement inconnu, pour plusieurs.Afin de mieux saisir ,ce paysage littéraire complexe, Les Écrits des Forges, en coédition avec J.Gordon Shillingford Publishing, proposent donc une seconde anthologie que coordonne le poète Endre Farkas.Voilà, en quelque sorte, une autre tentative pour le moins essentielle.le Parchemin QUARTIER LATIN «Dans le soir triomphal la froidure agonise et les frissons divins du printemps ont surgi.» Émile NeUigan, Sonnet d’or g À l’intérieur du ® Métro Berri-UQAM f Téléphone : (514) 845-5243 S’inspirant de l’approche méthodologique de DesRuisseaux, ce Passeport ne représente pas un éventail exhaustif de la poésie canadienne-anglaise moderne.D’ailleurs, on parle précisément à’«une topographie intéressante de l'imaginaire poétique canadien».A ce titre, ces deux livres se complètent et se croisent mutuellement.Assez différente de la tradition québécoise, la poésie canadienne-anglaise trouve ses fondements dans la confluence du romantisme anglais et du réalisme poétique américain.D’Ir-ving Layton à Michael Holmes, on ressent une esthétique commune, aussi directe que familière, qui cherche à traverser l’expérience d’un monde concret à découvrir.Parfois sarcastiques, ces regards se confrontent afin d’atteindre la narration immédiate d’une présence sensible et nouvelle.Allant des espaces les plus vastes de la nature jusqu’aux limites intérieures du drame privé, la quête singulière du poète canadien-anglais prend ainsi l’ampleur de ce que Ken Norris nomme à juste titre «un exercice de patience».Layton, Purdy et Dudek Cette anthologie s’ouvre sur les voix de trois bâtisseurs de la modernité canadienne: Irving Layton, Al Purdy et Louis Dudek.Déjà, chez ces poètes, on découvre un ton qui annonce la grande clarté d’urt souffle en contact avec le mouvement horizontal d’un réel tangible et distinct.Tout se passe dans l’inquiétude anxieuse d’une mémoire capable de dire son identité, à travers les reflets d’un pays toujours en surface.On ne recherche pas une certaine grandiloquente poétique mais plutôt un charme malhabile qui enracine le rythme vulnérable du créateur dans sa condition temporelle au jour le jour.Par exemple, il semble y avoir un besoin instinctif nécessaire dans ce murmure saisissant d’Al Purdy: «[.) Si la mort doit écorcher de nos os tout sauf les os, / alors voici la peau et la peau, qui est ivre-douce / comme des verres de vin sous la trompeuse lumière de la / lune / avance ta main et éteins la lumière de la lune, / et peut-être qu’elle n’y avait jamais été, / alors ne me promets jamais rien; / mais traverse l'obscurité avec ta main, / traverse la distance de ce soir, / et touche le moment ému encore une fois / avant de t’endormir.» Par la suite, en abordant certains thèmes délicats, de nouvelles générations entraînent cette poésie vers l’étendue de sa perspective «cosmopolite et globale».À partir des années 60, l’environnement urbain stimule des tensions imprévisibles dans la pluralité des lyrismes.Qu’on pense à l’engagement multiple d’une Margaret Atwood, au rire désabusé d’un David MacFadden ou encore à la passion violente d’une Lorna Crozier.Chacun trouve ainsi son dénouement lucide dans ce repaire affectif qu’entraîne l’expérience quotidienne.Qu’elle exalte la révolte ou la joie intense, cette tradition narrative laisse pourtant derrière elle un mystère inattendu, comme en témoignent ces strophes de Ruth Taylor: «L'homme n’est-il pas un poisson dans l’air?/ Car les rêves, dans son œil, ne sont que / lune qui chevauche de grandes ailes, de grandes étendues, / ou alors de quelle autre manière bouger son orbite / humide?/ Et l’homme n’est-il pas argile, de l'argile / dans le soleil, et la terre sa roue de potier et rien d’autre/que la splendeur transformée à l’usage?/ De quelle autre manière le contenir?» Malgré une traduction honnête d’Émile Martel, le choix d’Endre Farkas demeure assez prudent.Dans l’ensemble, cette optique condense la poésie canadienne-anglaise à un panorama plutôt restreint.Toutefois, ce Passeport demeure une anthologie intéressante afin de s’initier à des univers poétiques si peu connus au Québec.• DU SEL SUR LA PEAU CLAUDETTE GAGNON SÉANCES DE SIGNATURE MANON TREMBLAY LOUISE CARTIER Jeudi 25 mars 18 h 30 à 19 h 30 Samedi 27 mars 15 h 30 à 17 h 00 el 19 h à 20 h Dimanche 28 mars 15 h h 16 h les editions du remue-menage no.rue Sainte Th ur.501.Montrëci ç) H2V 1E6 • Tel: (514) 876-0097"* îèlèa.(514) 876-7951 Pourquoi les filles réussissent-elles mieux que les garçons?176 p.-19,95$ MANON 7RCM61AV Des femmes au Parlement : Une stratégie féministe?jt-il la peine d’élire plus de femmes en tique ?314 p.• 25,95 $ QULVOWm OAOITON Les rapports tumultueux entre une femme, son mari et leur amant.162 p.*18,95$ Pour réussir dès le primaire Filles et garçons face à l’école > y V jL mar 9 ?T ^ % TAXI pour U, liberté k >m «in «INS**! ¦'fine fiai vin Vit r 9 256 PAGES • 19,95 $ Finaliste au prix Trillium ms La Éditions du Boréal remerciait le Ministère des erviqua, de la culture et des loisirs de l'Ontario pour son soutien.« C est dense, foisonnant et passionnant.» Marie-France Baz/o, Indicatif présent, SR( ' « l!n livre réjouissant, plein de truculence, plein de paillardise.Un vent de liberté, de folie souffle à travers ee livre qui fait vraiment du bien dans la littérature québécoise, (’ est tout à fait savoureux ! » |can Fngère, De bouche à oreille, © Ontario ¦ Oui m'aime me lise.NOUVEAUTÉ aux Éditions TROIS Il a donné une voix à notre âme collective.- Bousille et les (ustes UK» LES NUITS DE LA JOCONDE Anne Claire roman Un livre fascinant, qui vous entraînera dans les méandres fantasmagoriques de l'univers des personnalités multiples.250 pages - 22,00 $ En ven'e chez votre libraire ;im.île.Ih a 171) Sur les pas des maîtres PASSÉ COMPOSÉ Michel Bricault 372, rue Sainte-Catherine Ouest local 410, Jusqu’au 27 mars BERNARD LAMARCHE Les toiles que Michel Bricault a accrochées aux murs de l’espace 410 de l’édifice Belgo n’avaient jamais été montrées à Montréal auparavant.Elles avaient circulé dans certains centres en périphérie, mais là, elles arrivent tout d’un coup.Forcément, cette manière de jeter, en quelques toiles, un regard sur presque dix années de production modifie le regard porté sur elle.En effet, plutôt que d’être diffusées au compte-gouttes, au cycle normatif de deux ans d’écart, ses œuvres arrivent d’un coup et deviennent plus aptes à montrer la persévérance — on pourrait dire l’acharnement — d’un peintre à négocier ce qui est approprié de nommer, dans ce cas plus particulièrement, la figure humaine.Tout est posé là et affiche avec éloquence l’engagement spécifique de cette production envers son sujet, auquel elle retourne constamment.Ces toiles ne nous apprennent rien, ou si peu, sur cette vénérée icône qu’est le corps dans l’art contemporain.Plutôt, Bricault s’attaque à l’apparence que peut prendre ce corps rongé par la peinture accumulée.Ces toiles supportent un certain degré de narration.Elles mettent en situation de sombres figures humaines, toujours indécidables, qui évoluent dans un espace seulement nommable en peinture.En cela, les toiles de Bricault tiennent d’une manière inaugurée et raffinée par Bacon de triturer la figure.De fait, Bricault se tient dans cette ligne et la revendique clairement Le peintre toutefois fait ce que Bacon n’aurait jamais produit, en laissant les fonds envahir l’espace vital des figures énigmatiques de la composition.La manière qu’a le peintre de toujours dire sans réellement se répéter — ce que démontre ce regard rétrospectif—fait de cette exposition, qui se termine le 27 mars, un des arrêts de choix de la prochaine semaine.Ceci dit si la plupart des toiles de cet accrochage retiennent l’attention dans leur manière de repenser les apparences de la figure dans le corps du tableau, certaines nous semblent moins parvenir à bien brouiller nos repères.Un motif revient à quelques reprises dans ces œuvres jamais totalement coupées du réel, celui de la co- archives le devoir Lieu de passage, une œuvre de Michel Bricault lonne et du buste, qui pour nous rabattent dans ces espaces de peinture des référents trop clairement définis.Vues de cette façon, ces structures rigides, en contraste avec la facture générale de ce travail, deviennent le trop bien nommé de cette production.Ailleurs, une plage de blanc demeure indéterminée: impossible de dire si elle a fonction de butoir sur lequel se repose un des personnages ou s’il s’agit d’une excroissance du fond de la toile.Ce n’est qu’un des exemples de ces ambiguités picturales que cultive Bricault Une autre stratégie du peintre, outre de mettre en relation des silhouettes le plus souvent masculines, consiste à démultiplier les ombres portées des personnages.Cela a pour effet de déstabiliser notre perception en resituant toujours ce sur quoi se porte l’ombre, en plus d’instaurer un doute, semblable à celui qu’introduit l’image hors foyer (encore que Bricault affirme ne pas travailler avec la photographie).Ainsi, la production de Bricault parvient, comme plusieurs avant elle, à bousculer en peinture notre maladive nécessité de nommer les choses.Certains diront que c’est le propre de l’art.A tort Tenons-en pour preuve beaucoup de la production actuelle, qui se base sur des acquis qu’il ne s’agit pas de remettre en question.Dans le cas de Bricault, il s’agit de remettre en question à nouveau ce que les autres ont laissé avant lui.Il ne s’agit pas de se mesurer au maître (Bacon), mais d'explorer les contrées que ce dernier n’a pu fouler.MARTIN BOURDEAU1 Galerie Eric Devlin 460, rue Sainte-Catherine Ouest local 403 Jusqu’au 27 mars Forte du succès d’estime que l’artiste a connu lor§ de l’événement Peinture peinture l’été dernier, la galerie Éric Devlin présente les travaux récents du jeune peintre Martin Bourdeau.Rapidement, on reconnaît la signature que le peintre a instaurée lors de ses quelques apparitions.Le peintre revisite des tableaux figuratifs anciens, dont il évince l’imagerie pour ne garder que les zones où se profilent les visages.En lieu et place de ces faces, il trace des formes ovales, sortes de camées anonymes qui masquent les traits des personnages.Ainsi, ces tableaux se positionnent tels des graphiques servant d'illustrations.Du moins, le dispositif de présentation mène à le penser, par la facture vieillote des toiles.On se souviendra que, lors de Peinture peinture, le peintre avait choisi des toiles qui induisaient dans le rendu des ovales, des ruptures d’échelle aptes à générer des perspectives fabuleuses.Pour ces nouvelles toiles, une différence notoire entre en jeu (ce qui est déjà beaucoup, vu cette approche).L’artiste semble avoir voulu explorer les possibilités de la frise et de la latéralité du tableau, ainsi que de la grille.Parmi les tableaux cités, on compte La Ronde de nuit (Rembrandt), Un enterrement à Omans et L Atelier du peintre (Courbet) ainsi que des Marilyn de Warhol, avec leur géométrie régulière.Il est toujours intéressant de voir réduites ces compositions célèbres à leur expression schématique, dans la mesure où cela met en relief certains des réseaux de regards qu’une toile peut induire (bien que ce phénomène ne se limite pas aux seules toiles figuratives).Le jeu de l’énigme, de la devinette est encore captivant et rejoint l’histoire de l’art, qui a joué plus d’une fois du tableau comme d’une matière à enquête.En ce qui a trait à l’identité, à sa perte à travers la reproduction tronquée de ses éléments constitutifs, cela ne semble pas pour nous un des filons forts de cette production.Toutefois, à jouer davantage en latéralité ce qu’il a déjà plutôt joué dans la profondeur, une dimension importante semble partiellement s’effacer.Quelques petits bijoux subsistent, comme cet emprunt à Gérard David.Les passages par Warhol sont moins heureux.Il faut dire combien cette méthode qu’emploie Bourdeau est risquée, dans la mesure où d’emblée elle pose clairement des limites, là où elle ne deviendra que simple application.Vrai que la formule sera dure à renouveler.Reste à voir si le peintre parviendra à éviter cet écueil.À voir au Centre d’exposition de Baie-Saint-Paul Prolongation jusqu’au 19 avril 1999 Samedi 20 mars, 15 h Conference de Monique- Brunei-Weinrnanii; spocialistê de Rippeliç, sur te thème À voir aussi .Hommages à Maurice Perron Centre d'art Baie St-Pnul, 23.Ambroise Fnfard Baie St-Paul Tel.(418) 435-3681 ræ Groupe La Mutuelle BANQUE NATIONALE Il bIVuii; I v Soleil [Tele Quebec) EXPOSITION GIORGIO, CELIBERTI TÉMOIN DU TEMPS JUSQU'AU 31 MARS 1999 WADDINGTON & GORCE 1446, rue Sherbrooke Ouest Montréal H3G 1K4 Tél.: 847-1112 Fax:847-1113 Du mercredi au samedi de 10 lu) 17 h E-mail : wadgorce@total.net Web : http://mvw.total.net/~wadgorce WWW JEFF WALL Oeuvres 1990 -1998 » imuiiiiM*' 18r>, tue Sainte-Catherine Ouest Rerisèignernenls : (514) 847-G226 25 avril 1999 MUSÉE D ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL l’OMI VMAIt Jusqu’au IVul.mm SI i I 1.E I) K V OIK, I, E S S A M E I) I 2 O E T I) IMAN C II E 2 I M A II S I !) !» !) t:;.D 12 jk ?LE DEVOIR ?.CLAUDINE DÉOM CJ est le moins que l’on puisse dire, Denise Caron et Louis-Georges L’Ecuyer aiment les vieilles maisons.Au fil des années, ils ont acquis trois bâtiments anciens dans la municipalité de Saint-Placide, dont la maison natale du célèbrç Adolphe-Basile Routhier, auteur du 0 Canada.En 1996, le couple d’artisans a acheté l’ancien magasin général du village afin de le restaurer.Ainsi commence cette histoire d’amour du patrimoine au quotidien, qui aura permis à une petite communauté de redécouvrir une partie de son passé qu’elle avait un peu oublié.L’ancien magasin étant abandonné et en mauvais état—vous n’avez qu’à en juger vous-même — plusieurs au village l’avaient condamné au pic des démolisseurs.Toiture, fenêtres, revêtement extérieur, structure, bref, tout nécessitait une intervention sérieuse.Etape par étape, au fil des saisons, Denise et Louis-Georges, aidés de leurs trois jeunes (c’est la PME familiale Caron-L’Ecuyer - «Père-Mère-En-fants» !!), ont réalisé ces grands travaux sous le regard ébahi de leurs voisins.Après un peu plus de deux ans de durs labeurs, une quincaillerie aménagera sous peu dans une partie du bâtiment Un magasin plein d’histoire Dans le passé, de tous les bâtiments du village, exception faite de l’église, le magasin général s’est toujours retrouvé au cœur de la vie quotidienne.Souvent stratégiquement situé au carrefour des voies de circulation les plus achalandées, il servait non seulement de lieu d’approvisionnement, mais aussi de lieu de rencontres informelles ou formelles, se substituant même parfois à l’hôtel de ville.Celui de Saint-Placide ne fait pas exception à la règle.Denise Caron, fascinée depuis toujours par l’histoire en général (et par celle de Saint-Placide en particulier), s’est documentée sur sa nouvelle acquisition avant d’entreprendre les travaux.Une récolte fertile d’images anciennes, d’actes notariés, sans compter les nombreux témoignages d'habitants du village, ont contribué à faire revivre le passé du bâtiment dont la construction des parties les plus anciennes remonte à 1850.Depuis ses débuts, le bâtiment a conservé sa double fonction: abriter le magasin et loger le propriétaire du commerce.La petite enquête a rappelé à plusieurs ce qui avait été oublié pendant de nombreuses années: le magasin général a vu grandir Saint-Placide en plus de participer à son développement Son histoire est intimement liée à celle du village.~hlJn dialogue avec le bâtiment Pour nos amoureux de vieux bâtiments, il ne pouvait être question d’ignorer la valeur patrimoniale de l’ancien magasin au moment d’effectuer les travaux.Dans un premier temps, les propriétaires ont opté pour la conservation de tout ce qui était en bon état tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.Denise Caron attribue en partie cqtte attitude à leur état d’artisan: «Nous sommes sensibles au travail bien fait.Pourquoi enlever ce qui est encore utilisable?dit-elle.De plus, les méthodes de fabrication anciennes nous ont toujours beaucoup fascinés.» C’est toutefois dans les rapports que tous deux (pardon, tous les cinq) entretiennent avec le bâtiment que l’on ressent l’attachement pour le patrimoine: «Nous avons décidé d’effectuer les travaux sans plans d’architecte, poursuit-elle.Nous voulions que le bâtiment nous raconte son histoire et son évolution, ce qu’il a fait par l’entremise des différentes couches de matériaux que nous avons trouvées.» Si on se fie aux Caron-L’Ecuyer, le bâtiment en avait long à dire.En effet, la démolition de certaines parties en mauvais état a révélé les traces de certains états d’an-tan ayant disparu au fil des années et des transformations successives.Ce sont de telles traces qui auront permis, par exemple, la reconstitution des boiseries ornementales de l’escalier du logement La galerie de bois à l’extérieure, quant à elle, aura été entièrement reconstituée à l’aide de photographies anciennes.La conservation de l’esprit du lieu Pour Louis-Georges, il est important de distinguer le travail de rénova tion de celui réalisé au magasin général, qu’il associe davantage à une restauration.«En rénovant, on donne au bâtiment une forme nouvelle.La restauration, quant à elle, vise plutôt à redonner un état ancien», explique-t-il.Rénover ou restaurer, que faire?Dans •T»ir I i ¦IHHIHHIHI lUHHUini III Lu bâtiment une foi cst.mrc Les traces laissées par le temps sur l'escalier'axant sa restauration L’ancien ,magasin général de Saint-Placide avant sa restauration l’esprit de plusieurs, ne nous le cachons pas, les coûts liés à la conservation sont supérieurs.Louis-Georges n’est pas de cet avis: «On peut choisir de rénover en choisissant des matériaux très chers et le coût final sera de loin supérieur à la restauration.On peut aussi restaurer selon n’importe quel budget.Quand on décide de respecter le patrimoine, ce qui est en cause, c’est le temps qu’on y met: le temps de réfléchir, de comprendre et de rechercher la solution idéale.» Par ailleurs, la restauration n’exclut pas des considérations purement pratiques: s’ils ont tenté de respecter l’architecture d’origine du magasin, les propriétaires n’ont pas essayé de reconstituer entièrement son allure.«Le magasin général ne se voulait ni un musée ni un décor de théâtre, insiste Denise.Nous souhaitions le transformer pour lui redonner son âme mais aussi pour le réutiliser.» D est intéressant de constater que l’approche des Caron-L’Ecuyer est compatible avec le contenu des grandes chartes internationales pour la conservation du patrimoine, bien qu’ils n’en aient jamais pris connaissance.Si ces documents officiels — auxquels souscrivent de nombreux pays — ne se montrent pas vraiment en faveur de la reconstitution d’un bâtiment ou d’un site, tous par contre soulignent l’importance de conserver ce qu’ils appellent l’esprit du lieu.Au magasin général, l’esprit du lieu se traduirait, par exemple, par la continuité de la fonction commerciale du bâtiment et aussi par le souci des propriétaires de conserver les éléments de l’architecture d’origine.Épilogue Notre histoire tire à sa fin.Maintenant que les travaux achèvent — du moins les plus difficiles sont choses dq passé —, Denise Caron et Louis-Georges L’Ecuyer ne regrettent pas l’aventure entreprise il y a plus de deux ans.Pour eux, il n’y a rien coçnme la satisfaction d’un travail bien accompli.A ce chapitre, le village semble partager cet avis: «Nous n’avons reçu que des commentaires positifs de la part des citoyens, note Stéphane Giguère, urbaniste de Saint-Placide.Tout le monde s’entend pour dire que le village n’est plus le même maintenant que le magasin a pris cette allure.» Finalement, on dirait que la conservation du patrimoine n’est pas incompatible à la revitalisation d’un village.Tout laisse croire que l’exemple du magasin général fera l’éloquente démonstration du contraire.La maison Smith revit Voilà, c’est fait, le mont Royal dispose enfin d’un lieu qui lui est entièrement consacré.La maison Smith, cette ancienne résidence de pierre datant de 1858, située dans le parc du Mont-Royal et qui fat tour à tour la résidence du gardien du parc, un poste de police et un musée, a été inaugurée le 10 mars dernier.A l’origine de cette initiative, on retrouve les Amis de la montagne, qui ont mené pendant plus de deux ans une importante campagne de financement visant à payer les travaux de restauration et de rénovation qui ont été réalisés à partir de l’été dernier.En plus d’héberger le quartier général des Amis et celui du Centre de la montagne, la maison Smith offre au public une exposition permanente sur l’histoire, l’écologie et les enjeux du développement de la montagne.C’est un rendez-vous à ne pas manquer pour connaître davantage le mont Royal, l’emblème par excellence de Montréal.Saint-Placide: un village en pleine mutation Situé non loin d’Oka, sur le bord du lac des Deux-Montagnes, le village de Saint-Placide compte une population d’environ 300 habitants.D fat un temps où Saint-Placide était un lieu de villégiature fort prisé par les vacanciers venant à bord de bateaux à vapeur en provenance de Montréal et d’ailleurs.Encore aujourd’hui, la vue de l’église, dans son écrin de verdure surplombant l’eau, charme le visiteur qui s’y rend aujourd’hui en voiture.Devenu plutôt anonyme depuis la construction de la route 344 dont le tracé le contourne, le village déploie depuis peu d’énormes efforts afin de retrouver un peu de sa gloire du tournant du siècle.Des événements organisés par la Ville et l’association touristique — tel le festival des cerfs-volants qui s’y est récemment déroulé: Festivent — ont pour but dq faire de Saint-Placide une destination touristique locale et régionale.Tout indique que le village fait peau neuve.A ce sujet, le maire de la municipalité, Denis Lavigne, est optimiste: «On sent un vent de changement.Depuis environ cinq ans, le village se refait progressivement une beauté.On sent une volonté d’embellissement de la part des gens qui y habitent.» Quant à la conservation du patrimoine bâti, la municipalité en est à l’étude d’une réglementation visant à créer un site du patrimoine pour le cœur du village.Dans un futur plus rapproché, la municipalité souhaite inciter l’initiative des propriétaires pour le respect du patrimoine par l’émission de certificat de mérite.«Il est important que les gens se sentent appuyés dans leurs actions.Nous espérons ainsi changer progressivement les mentalités en faveur de la conservation du patrimoine», confie Stéphane Giguère, urbaniste a l’emploi de la municipalité.La maison Smith est ouverte de 9h à 17h tous les jours au 1260, chemin Remembrance.On se renseigne au (514) 843-8240.IDÉ Institut de Design Montréal 390.rue Saint-Paul Est Marché Bonsecours (niveau 3) Montréal (Québec) Canada H2Y 1H2 Téléphone: (514) 886-2436 Télécopieur: 1514) 866 - 0881 E-mail : idm@idm.qc.ca Site web : http://www.idm.qc.ca Le Groupe Laçasse et son En 1956, Guy, Réal et Réjean Laçasse inaugurèrent, à Saint-Pie de Bagot, leur première manufacture.Entreprise familiale à ses débuts, le Groupe Laçasse est aujourd'hui un des plus importants fabricants de mobilier de bureau en mélamine au Canada.Leader dans son créneau, le groupe est constitué d'un réseau englobant une vingtaine d'entreprises qui emploient actuellement lus de 1 000 personnes.ntreprise dynamique et innovatrice par son design, souvent même avant-gardiste, c'est aussi une des entreprises les plus performantes au Canada.Ainsi, depuis plus de 15 ans, lé Groupe Laçasse exporte 65 % de sa production vers les États-Unis.Il est également actif au Mexique, à Hong- Kong et en France et travaille actuellement à développer le marché européen.design salués par l’IDM Les succès commerciaux du Groupe ne sont pas dus au hasard.Sa grande force est d'avoir su notamment créer toute une gamme de produits pour tous les besoins et les budgets sans pour autant sacrifier la qualité de la finition et encore moins le design.En effet, le Groupe Laçasse a su très tôt découvrir et reconnaître le potentiel et l'apport du design dans la conception de ses nouveaux produits.Si "entreprise aujourd'hui se démarque de ses concurrents, c'est en particulier grâce au talent de ses designers industriels (dont plusieurs sont issus de l’UDM).Constamment à la recherche de nouvelles formes, couleurs ou agencements, ils permettent ainsi à l’entreprise, année apres année, de proposer à sa clientèle du mobilier encore plus élégant, plus pratique ou plus fonctionnel, bref plus design.Son Système Avenue en est un parfait exemple.Conçu par l'équipe design du Groupe Laçasse, le Système Avenue est une formule innovatrice, un lien entre le design des collections Avenue et le «pratique architectural» du système.Il permet ainsi d'agencer harmonieusement ensemble les trois styles CLIO, OPTIONS et NOTES avec les composantes autoportantes, les panneaux AVENUE et, selon les besoins de l'entreprise, de modifier rapidement l'espace et les postes de travail tout en conservant une homogénéité esthétique, de bureau en bureau, sans rupture de ton et sans rien sacrifier en efficacité.Une astucieuse solution, alliant compatibilité totale et flexibilité extrême, pour les compagnies en perpétuelle expansion ou évolution soucieuses du bien-Stre et de la performance de leurs employés.GalfïiSl IDS OBJETS DESIGN.POUR VOUS! Heures d'ouverture de la Galerie de l'IDM : samedi 20 et dimanche 21 mars, de 10 h à 17 h du lundi 22 au vendredi 26 mars, de 11 h à 16 h « i
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