Le devoir, 3 avril 1999, Cahier D
I.K I) K V 0 I H , L K S S A M K I) I A E T l> I M A N (' Il K I A V K I I.1 !) !» !) «Ça va être extraordinaire!» — Philippe Sauvageau, directeur général du Salon international du livre de Québec « I RÉMY CHAREST ly a deux mois, je n’aurais pas été aussi optimiste», lance en souriant Philippe Sauvageau, directeur général du Salon __du livre de Québec, à quelques jours de l’ouverture de la première édition de cet événement littéraire renouvelé.C’est qu’il y a deux ' iois, le Salon du livre n’avait pas encore vendu l’ensemble des kiosques disponibles dans la grande salle du Centre des congrès de Québec.D n’avait pas encore attiré un nombre record d’auteurs (450) et d’éditeurs (700), pas encore obtenu la forte participation du public à une série de concours, pas encore pleinement senti l’enthousiasme avec lequel les consulats étrangers, les organismes publics, les libraires et même les médias de Québec allaient s’intéresser à l’événement Au cours dès derniers mois, le Salon est reparti à zéro.Il fallait refaire les lettres patentes de la corporation, trouver des locaux, du mobilier, créer les équipes de travail, reprendre contact avec les organismes subventionneurs, etc.Si les fondations étaient existantes — on reprend un événement qui avait une longue vie et des cjientèles établies —, toute la structure à poser sur ces fondations était à refaire.Records Maintenant que tout cela est chose faite, que le Salon a établi des records avant miême d’avoir ouvert ses portes, le directeur général peut attendre la venue du public, test primordial pour l’événement, avec passablement d’optimisme.«Les indicateurs de performance sont très bons.Si on fait une extrapolation, si la présence du public est à la hauteur dé l’augmentation de participation qu’on a vue ailleurs, ça va être extraordinaire!» En chiffres, les attentes de l’organisation visent les 40 000 entrées, soit les chiffres atteints, grosso modo, par les deux précédentes éditions de l’événement, ancienne formule.Pour attirer tout ce beau monde, l’équipe qui a obtenu le mandat de remettre l’événement en route compte sur une formule résumée par son slogan: «Lire sans frontières».Le Salon se veut ouvert à tous les publics, à tous les pays, à toutes les communautés de la francophonie canadienne et internationale, à tous les âges.Rien de nouveau sous le soleil, se dira-t-on peut-être, avec en mémoire l'ancien Salon, qui avait développé un important volet jeunesse et travaillait fort au niveau inter national VOIR PAGE D 2: SALON I LES BONS LIVRES EN FORMAT DE POCHE BQ Yolande C>nsè Kan-***»'*?! François uèbètoise ,t NiA'iS31' Manca-W' Ville-Dieu Claire Martin H«u( 1°“** de h»ln* Obotusawin 1 I.K I) K V 0 I II .I.K S S A M K I) I K T I) I M A X (' Il E I A V It I I.I !) Il II SALON Satisfaire la clientèle des éditeurs Livres SUITK DE LA PAGE D 1 Toutefois, on sent bien, en suivant d’un peu plus près l’approche choisie par le Salon, que l’orientation vise plus directement le grand public.Le fait, par exemple, d’avoir créé une présidence d’honneur et de l’avoir confiée à Marie Laberge, auteure chérie des lectrices et lecteurs de Québec, marque l’intention d’être visible auprès de tous.La tenue de concours, par l’intermédiaire des médias grand public, montre aussi l’intention de créer des liens avec la population, de l’impliquer un peu plus dans l’événement.Et puisqu'on n’attire pas les mouches avec du vinaigre, on s’est assuré également d’avoir beaucoup d’animation: des conférences, des exix)sitions, des soirées de théâtre, de poésie et de contes pour adultes, toutes sortes d’activités ixuir les tout-petits, et même du cinéma.le curriculum vitæ de Philippe Sau-vageau correspond également à ces visées grand public.Directeur général de l'Institut canadien de 1975 à 1989, il préside alors à la construction du réseau de bibliothèques publiques de la ville de Québec et en particulier à la construction de la bibliothèque Gabrielle-Roy: au ARCHIVES LE DEVOIR Philippe Sauvageau cours de la période, le nombre d’entrées annuelles dans les bibliothèques de l'Institut serait passé, selon Sauvageau, de 80 000 à 1,3 million et les emprunts de livres auraient suivi une courbe similaire.«Au cours de ma carrière, j’ai ouvert 325 bibliothèques publiques», souligne-t-il avec fierté.Recentrer sur le Salon S’il doit satisfaire le grand public, le Salon du livre se doit aussi de satisfaire une autre clientèle fort exigeante, celle Renaud-Bray Livres - Musique - Jeux - Vidéo - Papeterie Côte-des-Neiges .Brossard .Ste-Catherine NOTRE PALMARES Ventes du 22 au 28 mars 1999 Livres en grand format LIBRAIRIES 1 23 ROMAN Q 90 La petite fille qui aimait trop les allumettes G.Soucy j Boréal 2 44 ROMAN Q 90 Maître Eckart J.Bedard Stock 3 24 CUISINE 90 Recettes et menus santé M.Montignac Trustar 4 3 B.D The XIII Mystery : L’enquête Van Hamme Dargaud 4 ROMAN Q Opération Rimbaud J.Godbout Seuil 6 3 THRILLER Le complot des Matarèse R.Ludlum Grasset 7 7 ROMAN 90 Manuel chasse & pèche à l'usage des J.R M.Bank | Rivages 3 7 PSYCHO La force du désir W.Pasini Odile Jacob 9 6 ROMAN Q Taxi pour la liberté G.Gougeon Libre Expr.10 3 ESSAI Q Capsules linguistiques |G.Bertrand Lanctôt 11 7 ROMAN Geisha A.Golden Lattes l 2 8 ROMAN Aux fruits de la Dassion D.Pennac Gallimard 13 4 THRILLER Combustion P.Cornwell Caïman Lév.14 3 ROMANQ Toute la vie C.Martin Inst, même 15 99 SPIRITU 90 Conversations avec Dieu T.01 N.Walsch Ariane 16 32 ROMAN 90 Sous le soleil de Toscane F.Mayes Quai Vol.17 99 CUISINE 90 Pinardises : recettes & propos D.Pinard Boréal 18 7 THRILLER Créance de sang M.Connely Seuil 19 8 ROMAN 90 L'équilibre du monde R.Mistry A.Michel 20 2 PSYCHO L'intelligence émotionelle T.2 D.Goleman Laffont 21 3 SPIRIT L’art du bonheur Dalaï Lama Laffont 22 28 ROMAN Les particules élémentaires Houellebecq Flammarion 23 3 ROMAN Si ce livre pouvait me rapprocher de toi J.P.Dubois Olivier 24 15 ESSAI Les identités meurtrières A.Maalouf Grasset 25 19 ROMAN Q 90 La cérémonie des anges M.Laberge Boréal 26 99 ROMAN 90 Soie A.Baricco A.Michel 27 ~8~ B.D.90 Tintin au pays des soviets Hergé Casterman 28 3 B.D.Le glaive de justice - Lune noire # 08 F.Pontet Dargaud 29 8 SPIRIT Conversations avec Dieu T.03 N.Walsch | Ariane 30 32 ROMAN Q 90 Marie-Hélène au mois de mars M.Moutier Triptyque 31 7 ROMAN Q 90 Le pari D.Demers Qc.Amér.32 7 HUMOUR Lettre à un franç.qui veut émigrer au Qc C.Dubuc Boréal 33 56 ROMAN 90 L’homme qui voulait vivre sa vie D.Kennedy Belfond 34 4 ROMAN Q Les neufs vies d’Edward [c.Brouillet Denoël 35 99 PSYCHO Adieu, apprenez à rompre H-M Halpern Jour 36 44 PSYCHO Ne vous noyez pas dans un verre d'eau R.Carlson Stanké 37 56 ROMAN 90 Océan mer A.Baricco A.Michel 1 38 24 PSYCHO L’art de ne pas travailler E.Zellnski Stanké 39 3 B.D Dieu seul le sait # 10 T.Gazzotti Dupuis 40 3 THRILLER Net force T.Clancy i A.Michel r Poche & grand format en alternance chaque semaine : La Presse / Le Devoir ) I Musique i Pop francophone 90 Jérôme Minière La nuit éclaire le jour qui suit Jazz vocal 90 Cassandra Wilson Traveling Miles Guinée-Bissau 90 Lilison di Kinara Bambatulu Renaissance 90 Jordi Savall La folia 1490-1701 Tango Gidon Kremer Tango Ballet (musique de Piazzolla) *•Ambient" 90 ! Kruder/Dorfmeister K & D Sessions 1 Nouvelle Bossa nova 90 Vinicius Cantuâria Tucuma Afrique du sud.Femi Kuti___ Shoki shoki Musique Tzigane 90 Sezen Aksu Musiques de Goran Bregovic a surveiller le 6 avril David Sylvian Dead bees on a cake 1 ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ^ De beaux lendemains Atom Egoyan 90 La belle verte Coline Serreau L'insoumise Documentaire sur Marie-Claire Blais 90 Le patient anglais A.Minghella : Coups de coeur Renaud-Bray : vient de paraître 99 : plus de 2 ans POUR COMMANDER www.renaud-bray.com Nous expédions rapidement par poste ou messagerie Montréal Extérieur (514) 342-2815 1-888-746-2283 Ouvert 7 jours jusqu’à minuit des éditeurs.On avait certes régulière ment entendu parler des tensions entre l’ancienne administration du Salon et les éditeurs, tensions qui devaient culminer en véritable guerre entre l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) et le Salon du livre, autour de la date du Salon et de la formule de la Foire internationale du livre de sciences humaines et sociales.«Il n'y avait pas que les dates qui faisaient problème, soutient Philippe Sauvageau.Im formule de la Foire aussi.Il y avait des gros éditeurs qui avaient décidé de ne plus revenir.Pour certains, il y avait beaucoup de gens ata conférences, mais trop peu ata stands.» Or, poursuit-il, «qu’on le veuille ou non, c’est une activité à saveur commerciale.Si les éditeurs n’y sont pas, il n’y a pas d’argent pour faire un Salon.Il finit travailler pour que les éditeurs soient le plus contents possible, tout en donnant les meilleures qualités intellectuelles et culturelles à l’événement».Pour satisfaire les éditeurs, Philippe Sauvageau explique entre autres avoir repensé l’aménagement de la salle, afin de forcer la circulation au milieu des kiosques.Les aires d’animation sont aux quatre coins de la grande salle plutôt qu’au bout d’une grande allée centrale, comme c’était le cas auparavant.Résultat, le public qui entre voit d’abord et avant tout les stands et se disperse un peu partout dans la salle plutôt que de filer en ligne droite vers des aires d'animation qu’il voit de loin.«Pour aller vers les animations, on doit passer par le Salon.» Autre résultat, la répartition des kiosques des grands éditeurs s’est faite sans heurts, puisque l’aménagement multiplie les bons endroits où se placer.Le nombre record d’éditeurs présents témoigne certainement d’une réussite de Sauvageau et de son équipe.«Il y avait des insécurités, il fallait convaincre les éditeurs de venir», précise le directeur général.Les éditeurs se seraient-ils sentis obligés de se présenter, après que l’insistance de l’ANEL pour le retour de l’événement au printemps eut amené l’ancien Salon à se saborder?Philippe Sauvageau croit que la forte réponse des éditeurs va au delà de cette question: «L’ANEL regroupe une centaine d’éditeurs.Nous en avons 700 d’inscrits au Salon.Il y en a beaucoup d’autres qui sont revenus.» Double direction Cette reconstruction de l’événement, l'énergique Philippe Sauvageau l’aura accomplie tout en demeurant directeur général de la Bibliothèque nationale du Québec.Visiblement habitué à mener plus d'un dossier à la fois, le directeur général du Salon ne voit pas de problème à se partager entre les deux fonctions.«À long terme, je vais être obligé de choisir», reconnaît-il.Mais à ce point-ci, il croit que les choses vont rondement.«Dès la fin mai, le Salon de l’an 2000 va être pas mal préparé.Cette année, on a mis beaucoup de temps à négocier, à mettre des choses en place.» Selon le double DG, la question ne s’est aucunement posée au sein de l’administration du Salon ou de la BN: «Mes administrateurs sont des gens d’affaires, ils regardent les résultats.» C’est ce qu’ils feront certainement, et tout le monde avec eux, le 12 avril prochain.ÉDITION Le Salon du livre de Québec repart du bon pied L’équipe du Salon est particulièrement fière de la venue d’un contingent de 19 auteurs étrangers VINCENT DESAUTELS CORRESPQNDANT du DEVOIR A QUEBEC Avec quelque 450 auteurs annoncés, le Salon international du livre de Québec est en mesure de repartir du bon pied.Sa programmation en fait foi, avec une pléthore d’activités diverses qui couvrent toutes les facettes de la littérature.Poésie, théâtre, contes et, bien sûr, littérature en général seront au rendez-vous sur les quatre scènes du Salon et ailleurs pour captiver les lecteurs de tous âges.ÿlCl Salon ji nier national du livre Les entrevues avec des écrivains constituent encore le gros morceau de la programmation: près de 150 entrevues sont prévues cette année.Elles seront animées par Danielle Bombardier, Jean Fugère, Renée Hu-don, Catherine Lachaussée, Laurent Laplante, Marie Vallerand et Marie-Ginette Guay tout au long des cinq jours de l’événement.L’équipe du Salon est particulièrement fière de la venue d’un contingent de 19 auteurs étrangers, dont les récipiendaires du prix Goncourt 1998, Paule Constant, et du prix Femina 1998, François Cheng.Les auteurs français sont les plus nombreux, mais le Salon reçoit aussi une délégation belge qui comprend deux bédéistes, Edouard Ai-dans et Bedu, ainsi qu’un essayiste, Vincent Engel, et un poète, Werner Lambersy.Tables rondes Près d’une dizaine 4e tables rondes sont au programme: les animateurs Jean Fugère, Laurent Laplante, Michel Desautels et Martin Pouïiôt dirigeront ces discussions autour de sujets d’actualité.Le premier de ces débats s’intéresse de savoir si les médecines parallèles soignent vraiment, avec comme participants le psychanalyste Marcel Gaumond, les auteurs du Grand Dictionnaire des malaises et maladies, Jacques Martel et des psys, thérapeutes et autres sorciers, Pierre-Yves Boily et la présidente de l’Ordre des pharmaciens, Janine Matte.Autre débat, autre sujet: que sont devenus les jeunes de la «Beat Generation»?Victor-Lévy Beaulieu, l’éditeur Jacques Lanctôt et Kenneth Mc-Googan, journaliste de Calgary, se JACQUES GRENIER LE DEVOIR Micheline Lachance, auteure du Roman de Julie Papineau% participera à un débat sur le roman historique.pencheront sur la contre-culture, de Jack Kérouac au Refus global.La politique ne sera pas en reste puisque seront réunis autour d’une de ces tables rondes Jacques Parizeau, qui a récemment publié Une bouteille à la mer (VLB), et les auteurs Michel Seymour (La Nation en question, publié à l'Hexagone) et Gérard Bouchard (Im Nation québécoise au futur et au passé, chez VLB).De retour à la littérature avec quelques débats prometteurs: le premier sera consacré au roman historique, qui connaît actuellement un certain engouement et qui se trouve à être le fait d’auteures plus que d’auteurs.Pauline Gill (La Cordonnière, VLB), Micheline Lachance (Le Roman de Julie Papineau, Québec Amérique) et Louise Simard (Im Route de Parramatta, Libre Expression) en discuteront.Quant à Michel Desautels (Smiley, VLB), Rober Racine (Dictionnaire de la musique et des mots, l’Hexagone) et Gilbert Dupuis (Les Cendres de Correlieu, VLB), ils s’entretiendront des parentés littéraires à travers Qu’ont-ils dit de nous ?Luc Bureau Pays et Mensonges Le Québec sous la plume d'écrivains et de penseurs étrangers Trente-quatre textes de trente-quatre auteurs - dont Maurice Barrés, Henry James, Rudyard Kipling, Charles Dickens et André Breton - qui traduisent le rapport imaginaire qu’ils entretiennent avec le Québec, alias le Bas-Canada, alias le Canada français, alias la province de Québec.Luc Bureau est géographe, il enseigne à l’Université Laval, il a publié, entre autres titres, La Terre et Moi (Boréal, 1991) et Géographie de la nuit (Hexagone, 1997).Boréal lui m’aime me lise.404 PAGES *29,95 $ VENEZ RENCONTRER LUC BUREAU AU SALON DU LIVRE DE QUEBEC Samedi 10 avril de 15 h à 16 h au Stand Boréal • 207 l’évocation des auteurs qui les ont le plus influencés.1 ‘ M Séduire le lecteur Question autrement plus litigieuse1 que celle de la table ronde suivante: jusqu’où faut-il aller pour séduire le lecteur quand il s’agit de confessions?Révélations piquantes et détails croustillants, est-ce encore de la littérature ou'dii prêt-à-jeter?Pierre Maisonneuve, journaliste et directeur de la collection «Ijf?grandes entrevues», Pierre Maisonneh-ve chez Novalis, Alain Stanké, éditéiir, Claude Paquette, essayiste et biographe, auteur de Languirand (Librè Expression), et Sir Robert Gray, autèùr des Mémoires d’un homme de ménage en territoire ennemi (Triptyque), débattront de l’épineuse question.Luc Chartrand et Gilles Gougeôn, journalistes et auteurs, André-Philippe Côté, caricaturiste et bédéiste; et possiblement Denise Bombardièt discuteront des journalistes qui écrivent des romans.A quel besoin ré1 pond ce phénomène?Les journalistes qui deviennent romanciers béL néficient-ils d’une plus grande visibilité médiatique?Cinéma engagé et littérature engagée: s’agit-il du même combat?se demanderont pour leur part le cinéaste Pierre Falardeau, le professeur de cinéma Paul Warren et les auteurs Gilbert Dupuis et Jean-Jacques Pelletier.Internet et le livre Enfin, grande question de l’heure} Internet est-il une menace pour |é livre?Les auteurs Danny J.Sohiqr, Michel Brûlé et Elisabeth Vonarbufg ainsi que le journaliste scientifique Philippe Chartier se pencheront syr cette grande interrogation de i’ère des nouvelles technologies.D’autre part, le Salon international du livre entend faire une place au conte pour adultes avec la venue de conteurs en provenance des quatre coins du monde.Muriel Bloch (France), Obin Manféï (Côte-d’Ivoire), Tony Montagtie (Angleterre) ainsi que quelques auteurs franco-canadiens feront resurgir mythes et ljéy gendes de la mémoire collective.Le Salon fera aussi place au théâtre dans un spectacle voué aux grandes tirade?du répertoire théâtral international et québécois avec De Chimène à Géjri-maine, qu’interpréteront, le vendredi 9, une dizaine de comédiens dont Guy Nadon, Jacques Leblanc, Denisê Gagnon et quelques autres.Enfin, la poésie ne sera pas en reste puisqaé une soirée de poésie est prévue àù Café Bruyère, rue Saint-Jean, dans le cadre des activités du Salon.Douç£ poètes réciteront leurs plus beayx vers pendant deux heures, le jeudi 8.1 GUY GRENIER LES MONSTRES, LES FOUS ET LES AUTRES LA FOLIE CRIMINELLE AU QUÉBEC GUY GRENIER EDITIONS TRAIT D’UNION Entre la page et vous.ECRIVAINS CONTEMPORAINS NOUVEAUX ENTRETIENS JEAN ROYER ECRIVAINS CONTEMPORAINS N OU Vf MIX tNTKf TIENS *j.i in liùamùtiiyjfri wBJwSKiV!trfwl - •Vf p «8 v?JEAN ROYER * * * -ÿsi t 4 I.E I) E V (MR, I.K S S A M E I) 1 A E T I) I M A N C II E I A V IM I.I !» !> !l I) 3 *- Livres » ROBERT LALONDE Le furet ravi Il faut lire pour connaître le pouvoir soulageant de la fiction U peut bavarder tout tranquillement avec vous en donnant l’impression qu’il a tout son temps.On a alors peine à imaginer que Robert Lalonde est celui-là même qui peut jouer à la scène, à la télé et dans un film tout en écrivant un livre, traduire en passant celui d’un autre, enseigner l’art dramatique ou diriger des ateliers d’écriture, tout cela à la fois ou presque, ce qui ne l’empêche pas — mais comment fait-il, seul le diable le sait — d’observer la nature, de lire et d’être attentif à la rumeur du monde.ROBERT CHARTRAN I) Pour saisir Robert Lalonde, il faut sans doute remonter un peu dans le temps.Qu'à cela ne tienne.Oui, on l’aura deviné: il s’en est chargé lui-même, dans U Vaste Monde, où il relate des épisodes de son enfance à Oka.«Oui, ce jeune garçon, c'est un peu moi enfant.Beaucoup même, ne fût-ce que dans l’infinie curiosité qui m'habitait.Je fouinais partout.On disait de moi: où est-il fourré encore, il faut toujours qu'il essaie de tout savoir! On me surprenait dans toutes sortes d'endroits, parfois incongrus, si bien qu’on m’a soupçonné — à tort — de bien des vices.» 11 fut, très tôt, un incorrigible «sente ttx», mais aussi un senteur de premier ordre: son odorat paraît aussi développé que celui de Pierre Mo-rency, son cousin littéraire.«C’est vrai, j’étais littéralement mené par le bout du nez, par toutes les sensations et impressions que j’attrapais au passage, à un âge où on est encore incapable de rationaliser.Mais je suis convaincu que les enfants, si naïfs qu’on les croie, savent ce qui se passe autour d’eux, y compris ce qu’on appelle les histoires d’adultes.Je me disais, lorsque j'en découvrais une: comment se fait-il qu’on fasse comme s’il ne se passait rien?Pourtant, tout le monde doit bien voir ce que je vois!» , Cette curiosité viscérale lui a valu parfois des remarques désobligeantes.«Je me souviens d’une institutrice qui m'avait dit que je sentais mauvais parce qu ïl m’arrivait de jouer dans la terre avant d’entrer en classe.Elle avait dit à ma mère: il n’est pas soigneux.Mais moi, j’entendais autre cfipse de cette femme: sa peur de l’univers physique.» Tous sens dehors, l’enfant du Vaste Monde enregistre sensations et impressions.Mais c’est l’homme mûr qui se souvient.«C’est précisément ce qui m’a stimulé à écrire le livre: celui qui parle est un adulte, mais qui replonge dans les histoires qu’il a ressenties alors.» Ce ressouvenir n’est-il pas foncièrement proustien?«Oui, tout à fait.Mais vous devez penser comme moi qu’il est assez difficile à dépasser.Des Français m’ont déjà dit de lui: mais quel bavard, ce Proust! C’était un mondain infiniment narcissique qui essayait de faire l’intéressant.» Lalonde n’est pas du tout de cet avis.«Proust a été lui-même un magnifique fouineur, un véritable espion du quotidien.Et ce qu’il a dit des moments déclencheurs est fondamental: on ne les revit jamais, mais on ne peut les effacer; ils sont là, et un jour, parfois beaucoup plus tard, quand on est capable d’errer et de les retrouver, on leur découvre un sois.» Ahuri de la vie Un écrivain a reproché récemment à Lalonde d’enjoliver son enfance, de fabriquer de la magie là où il n’y eut sans doute que des moments agréables ou surprenants.«Je le comprends.Mais je n'y peux rien si je suis un ahuri de la vie.Il me semble qu’il se produit souvent des événements extraordinaires dans le cours normal du quotidien.J’entends quasi quotidiennement des propos qui m’éblouissent, des bribes de conveisation où il y a, en germe, des romans entiers.Ceux qui écrivent des téléromans n’écoutent pas, c’est certain, pour s’imaginer que leurs petites histoires, c’est tout ce qui arrive dans le monde.» L’enfance qu’il raconte est également mythique, Robert Lalonde le reconnaît.Traversée de moments de ferveur.Car aujourd’hui comme hier, l’auteur lui-même est tout, sauf «cool».«Pas cool du tout en effet.J’ai bien essayé de l’être, mais je devenais enragé en moins de deux.Et puis, il me semble que je ne comprends souvent pas les choses correctement, ou en tout cas de la même manière que les autres.Ou je m’en souviens autrement.» Fureteur ahuri, mais heureux d’être ainsi, Robert lalonde est également un lecteur éclectique, comme en témoigne Le Vacarmeur dont les textes avaient d’abord paru en chroniques dans Le Devoir et qui est la suite du Monde sur le flanc de la truite.«Je voulais parler de littérature sur le même ton.Or, j’avais une matière énorme: trop de textes, et que je trouvais trop longs.J’ai donc ramené au quart les quelque cinq cents pages de départ, en ne conservant que ce qui touche à la création et qui me préoccupe vraiment.» lalonde a notamment beaucoup raccourci ses citations d’auteurs.Mais il a aussi sabré dans son propre texte sans scrupules.Il lui arrive d’ailleurs souvent d’écrire des pages qui n’étaient que des réchauffements et qu’il va jeter par la suite.«Les écrivains débutants que je rencontre dans des ateliers ont bien de la difficulté à faire de même.Ils partent d’une idée qu’ils tentent de formuler.Puis, dès qu’ils ont écrit quelques lignes décevantes, où ils ne retrouvent pas l’idée de départ, c’est la panique.Je leur dis: écrivez, bon sang, laissez aller! Si ça erre, eh bien ça errera, voilà tout.» Lire en contexte D’ailleurs, Lalonde n’aime pas tenir constamment son lecteur par la main.«C’est un parti pris que j’ai: les gens qui lisent de la littérature ont déjà lu d’autres livres.Ils vont comprendre sans que tout soit expliqué bêtement.Ils savent ce que c’est qu’une ellipse, et ils sont parfaitement capables de lire une situation d’après le contexte, un geste, un regard.Certains craignent que la littérature ne signifie plus rien en cessant d’être linéaire.Or les gens qui lisent s’y retrouvent très bien.» Ce sont plutôt les détails superflus qui brouillent un texte, selon lui, de même qu’ils encombrent les émissions de télé.«Si je vois un escalier ou un couloir, je me dis qu'il doit y avoir une raison.Eh non, il ne s’agissait que de nous faire comprendre — au cas où nous serions trop bêtes pour le saisir — que le personnage est rentré chez lui.Devant la télé, on est pris en otage par des images insignifiantes.Et moi, naïf, je cherche ce qu'elles peuvent bien vouloir dire d'autre que “nous changeons de lieu!’’» Dans U Vacarmeur, Lalonde accorde la même importance aux sensations, aux menus incidents de la vie quotidienne ou à un paysage qu’à un livre.Celui-ci peut susciter une sensation, un souvenir.Ou l’inverse.«Au fond, mon idée, c'est que tous ces auteurs auxquels je me réfère ont dit les choses bien mieux que moi.D’où les nombreuses citations.Les gens qui ne lisent pas ne connaissent pas le pouvoir soulageant de la fiction, qui permet de se reconnaître, de perdre un peu de son esseulement, de se débarrasser d’une part de leur schizophrénie.» Il y aurait une véritable fraternité qui s’établit, du moins dans les meilleurs cas, entre le lecteur et l’auteur?«C’est ça, une complicité profonde.Et Dieu soit loué, j’ai lu.Il fut .ne époque de ma vie où c’était tout ce qui me restait: les livres étaient mes seuls complices.» Lalonde écrit où et quand il en a envie, c’est-à-dire souvent et un peu partout.«Il m’est arrivé, dans ma loge, avant un spectacle, d’écrire un passage où je devais être au bord de l’eau.Or, c’était peut-être meilleur que si j’y étais vraiment: j’ai tellement envie d’y être que cela passe dans l’écriture.J’ai la chance que cette discipline de travail me plaise.Je ne la pratique pas en forcené.En travaillant, il m’arrive souvent d’oublier tout le reste.C’est pour ça que j’écris.» Quant à la ferveur et à l’émerveillement, ils n’ont rien de fabriqué.«Je ne suis pour rien dans les grands moments dramatiques de mes livres.J’écoute, j’enregistre dans ma mémoire: la vie réelle est assez ahurissante à mon goût.» Et s’il lui vient des envies que les autres jugeht bizarres, comme de s'étendre nu sur une pierre au bord d’un cours d’eau, il n’a qu’à lire pour se rassurer.«Je relis Noces, de Camus, qui me dit que je ne suis pas fou, ni même impudique.Je me fiche bien, alors, d’être étiqueté sans-dessein.» Robert Lalonde sera au stand de Dimédia au Salon du livre de Québec le 8 avril de 19 à 20h et le 9 avril de 17 à 18h.LE VASTE MONDE Scènes d’enfance Robert Lalonde Le Seuil, Paris, 1999,167 pages LE VACARMEUR Robert Lalonde Boréal, Montréal, 1999,174 pages JACQUES GRENIER LE DEVOIR ' ’¦ î;ï- ' .: ; jfcu W&r- mm Robert Lalonde écrit où et quand il en a envie, c’est-à-dire souvent et un peu partout.«Il m’est arrivé, dans ma loge, avant un spectacle, d’écrire un passage où je devais être au bord de l’eau.Or, c’était peut-être meilleur que si j’y étais vraiment: j’ai tellement envie d’y être que cela passe dans l’écriture.» Venez à la rencontre de nos auteurs Mercredi f 7 avril de 19 h à 20 h Bernard Arcand/Serge Bouchard Des pompierâ, de l'accent français et autres lieux communs Jeudi 8 avril de 12 h à 14 h Marie Laberge La Cérémonie des anses de 19 h à 21 h Marie Laberge La Cérémonie des anses Serge Bouchard L'homme descend de l’ourse Vendredi 19 avril de 11 h 30 à 12 h 30 Marie Laberge La Cérémonie des anses de 12 h à 13 h Serge Bouchard L'homme descend de l'ourse de 19 h à 20 h Yves Frenette Brève histoire des Canadiens français Daniel Jacques Nationalité et Modernité de 20 h à 21 h Luc Bureau Pays et Mensonses Samedi 10 avril de 14 h à 15 h Bernard Arcand Abolissons l'hiver ! Elena Botchorichvili Le Tiroir au papillon de 15 h à 16 h Luc Bureau Pays et Mensonses de 16 h à 17 h Yan Muckle Le Bout de la terre Dimanche 11 avril de 12 h à 15 h Marie Laberge La Cérémonie des anses de 15 h à 16 h Bernard Arcand Abolissons l'hiver ! de 16 h à 17 h Neil Bissoondath Arracher les montasnes Signatures Jeunesse Jeudi 8 avril de 11 h à 12 h Jean Morin C'est de ta triche ! de 13 h à 15 h Rémy Simard La momie qui puait des pieds au Stand Jeunesse 212 I I.K l> K V 0 I I! , I.K S S A M H I) I K T I) I M A N (' Il K I A V II I I.I !l !l il ‘r>’ ;£>,, du livn M A R- Ç |f AN ü ny a 30 X SltlOA-J^ r ÉDmOVS TROIS PISTOUS IVmprcime d un vi»jge /uiimnmi (51-1) 495-844 JEAN-MARC DALPÉ, IL N'Y A QUE L'AMOUR Théâtre 22,00$ Edifions Prise de parole LIVRES ANCIENS ET MODERNES • Achat • Vente • Expertise 4 BOUQUINERIE SAINT-DEMIS 4075.rue St-Denis (angle Duluth', Achats à domicile (514) 288-5567 Hibernons ! VENEZ RENCONTRER BERNARD ARCAND AU SALON DU LIVRE DE QUÉBEC Mercredi 7 avril de IL) h à 20 h Samedi K) avril de I4 li à 15 h au Stand Boréal • 207 RENAUD LONGCHAMPS Jacques Gauthier L’empreinte cl’un visage 80 pages 15,95 S ŒUVRES COMPLÈTES Tonic 1 PASSIONS Préface df Hu&uc* C6frivc4u *' • " ÉDITIONS DU NOROIT C.P.156, Suce.De Lorimier, Montréal H2H 2N6 Mireille Cliche La pierre dorée des ruines 66 pages 15,95 5 LapkrreikxAr Jr* mints Nadine Ltaif Le livre des dunes 80 pages 15,95 5 Incontournable Saint-Denys Le parcours d'une vie SAINT-DENYS GARNEAU Le poète en sursis André Brochu XYZ éditeur, coll.«Les grandes figures», Montréal, 1999,208 pages MARIE CLAUDE MI RAN DETTE Après Chomedey de Maisonneuve, Laure Conan, Félix Leclerc et Ozias Leduc, entre autres, c’est au tour de Saint-Denys Carneau, Hector de son prénom, d’être l’objet d’un récit biographique publié dans la collection «Les grandes figures».Ce poète maudit au destin brisé, mort dans la force de l’âge, demeure l’une des figures de proue de la poésie québécoise de la première moitié du XX’ siècle.Le livre évoque, en une succession de tableaux, les principaux épisodes de sa vie.Après quelques poèmes et articles sur l’art publié dans 1m Revue scientifique et artistique à la fin des années 20, Saint-Denys Carneau abandonne ses études et se réfugie dans sa famille, à Sainte-Catherine-de-Fossambault.Il continue néanmoins à créer et se joint à La Relève, revue d’idées, de critique et de création fondée par Paul Beaulieu et Robert Char-bonneau.Il y tient la chronique des beaux-arts, en plus d’écrire des cri- tiques littéraires et des textes poétiques.Sensible et introverti, aux prises avec des périodes de dépression de plus en plus fréquentes, il est profondément blessé par la réception critique mitigée que reçoit son recueil de poçsie, Regards et jeux dans l’espace.A un point tel que non seulement il reniera cet ouvrage, mais encore il tentera de retirer, un à un, les exemplaires qui se trouvent en librairie.Déprimé, il quitte le Québec pour l’Europe quelques mois plus tard, en compagnie de Jean LeMoy-ne.Parti pour un séjour d’une année, il rentre au pays au bout de trois semaines, meurtri et déçu, et se réfugie à Sainte-Catherine où il s’éteint en octobre 1944.Issu d’une famille au passé artistique et littéraire — son grand-père, Alfred Carneau, était poète tout comme son arrière-grand-père, l’historien François-Xavier Carneau —, beau, intelligent, doué pour les arts et la poésie, Saint-Denys Carneau avait tout pour réussir et était considéré par plusieurs comme l’un des poètes les plus prometteurs de sa génération.Ce récit biographique évoque le destin tragique d’un poète maudit dont le talent ne sera véritablement célébré qu’après sa mort.Récit romantique à souhait pour un poète dont l’œuvre, bien que restreinte, demeure puissante.Hélène Dorion L'issue, la résonance du désordre suivi de L’empreinte du bleu réédition 104 pages 16,95 S JANINE ID RAC FANNY MA VERTE AIÉMOIRE Un passé douloureux unit Fanny Saral et une mystérieuse visiteuse.Qui est cette autre femme?Et quel est ce sentiment qui les déchire?128 pages, 17,95 $ Paroles initiatiques Deux œuvres majeures de la littérature québécoise Bernard Arcand ABOLISSONS L'HIVER! * Bernard Arcand ABOLISSONS L’HIVER! Boréal « Un livre à méditer, bien au chaud derrière la fenêtre, quand la prochaine bourrasque ensevelira la ville.» VINCENT DESAUTELS, Le Devoir « Chiffres à l’appui, Bernard Arcand, avec esprit et humour, nous démontre le gaspillage d’argent, d’énergie, de vies, même, que cause l’hiver.» PASCALE NAVARRO, Voir Serge Mongrain Drouillard 80 pages 15,95 5 Depuis Novell is ¦ essai 168 pages 19,95 5 s p e c i Public le samedi 17 Journ mondial Boréal Qui m’aime me lise.Fernand Ouellette DAVID CANTIN Les œuvres cruciales ne se relisent jamais de la même façon.Elles s’imbibent d’une fécondité qui enracine la connaissance mystérieuse du langage poétique.Elles transforment l’écriture du temps dans l’appel d’un autre regard.Ainsi, on découvre le poids de ce silence que la parole habite.C’est pourquoi les livres de Renaud Longchamps et d’Hélène Dorion n’ont plus tout à fait le même sens.Ils répondent désormais au fondement d’un lieu précaire.ŒUVRES COMPLÈTES Passions Tome 1 Renaud Longchamps Editions Trois-Pistoles Trois-Pistoles, 1999,314 pages Depuis le début des années 70, Renaud Longchamps s’investit dans l’un des projets les plus ambitieux de la poésie québécoise moderne.Certains parlent d’une «perspective anthropoétique» afin de découvrir cette archéologie du savoir humain et du commencement planétaire.Après trois décennies, l’amplitude de cette quête est devenue une sorte d’obsession où l’on cherche à comprendre la préhistoire constante d’une humanité en devenir.Pour rendre compte à nouveau de ce parcours, les Editions Trois-Pistoles s’investissent dans la publication définitive des Œuvres complètes de Longchamps.Réunit sous le titre de Passions, le premier tome condense quatre recueils revus et corrigés par l’auteur (dont deux inédits: Somme de colères et Peaux).Ce cycle inaugural nous ramène à l’agitation intense de l’année 1968, avec ses émeutes raciales, la guerre du Vietnam, la contre-culture et son mouvement de contestation.C’est donc dans un climat semblable de transformations qu’il faut comprendre la naissance de ce projet individuel et collectif.Loin d’une poésie espacée ou abstraite, le lyrisme foisonnant du Beauceron cherche à tout dire dans une forme de chaos sensible de l’image à l’énumération.En tant qu’émergence fondatrice, la révolte perturbe l’être à même son corps et sa conscience afin de définir sa vision tragique du monde: «1m terre oblige l'homme aux abois / Elle sera toujours en attente de tes os / Désormais moite de quatre éléments / Muette en ses colères / Quand je te prends / Ton corps se mêle à ma fatigue / Je suis alors ordinaire / Et prêt à la disparition / Lorsque ma folie cherche ta douceur / Chaque instant signifie quatre saisons / Lorsque la violence convertit ma force en lâcheté / Dans ton corps / Des trous béants s’ouvrent à tous les temps.» À partir de Paroles d’ici et L’Homme imminent, on ressent ce besoin de sentir 1’«Origine convoitée» dans l’émergence d’une recherche d’un pays en éclosion.Sans doute, cette voix excessive n’hésite pas à transmettre une provocation parfois naïve.Curieusement, c’est une telle hargne envers les phénomènes sociaux de l’époque qui s’éloigne de son horizon premier.Mais on retrouve également dans cette somme poétique un jeune écrivain aux prises avec les dualités nécessaires pour entreprendre les risques d’un projet insurmontable.J'ai jamais pensé que ça finirait comme ça (Trick or treat) L’ISSUE, LA RÉSONANCE DU DÉSORDRE Suivi de L’EMPREINTE : DU BLEU jîi Hélène Dorion Éditions du Noroît Montréal, 1999,101 pages • / L • Mit» Originaire de Québec, Hélène Dorion a atteint un sommet dans : son,œuvre avec Les Murs de la grotte (Éditions de La Différence, 1998): Pourtant, ce cheminement initiatique et philosophique commence déjà dans L’Issue, la résonance du désordre (L’Arbre à Paroles, 1993/ Le Noroît, 1994).Grâce à une nouvelle édition de ce recueil suivi de' L’Empreinte du bleu (un livre d'artis-c te à faible tirage paru en 1995), on, redécouvre l’importance de cettei suite des plus dépouillées.• iiq: Avec au centre Sans bord, sans bout du monde (Éditions de La DJlvi férence, 1995), ces livres forment en quelque sorte un triptyque sur l’ontogenèse du passage.Dès le preti mier vers, l’image d '«une pièce blanche» symbolise cet état de tran»-: parence où un mouvement de pen« sée émotionnelle s’avère possible.-IL y a certes le doute et la remise’en; question, mais aussi une profonde aspiration à ce lieu où s’installe: «[Y]Équilibre, [la] sérénité, [lel-rac pos».Le poème interroge le son», dont il est fait; la fragilité des trapes qu’il l.aisse derrière l’écho de son vide.A travers cette réflexion sur :1a durée, ce lien du blanc au no,ir montre les tensions paradoxales qui.séparent les extrêmes d’une vie.!A ce titre, on doit ainsi reprendre la question fondamentale du poète-«Pourquoi rien et pourquoi quelque chose».Dans un deuxième temjJs, L’Empreinte du bleu se construit auJi tour d’une fascination pour la coud leur et les gravures du Québécois/ Marc Garneau.Ce dialogue prend-la forme d’un intervalle ouvert qui! trace les contours invisibles d'une; vérité intérieure: «Pas un souffleii Juste la couleur / du monde sur tu* feuille légère./ Le bleu qu’on étire/' jusqu'à l’épuisement, jusqu’à /¦ hé-pouvoir aller plus loin / dans ce blàw.qui ramène tout: / la mer, l’horizon,,', le regard./ Qui sait encore ce que 1 j’ai oublié.» Quelque part entre le di*> cible et l’indicible, L’Issue, la résov nance du désordre suivi de L'Empreinte du bleu nous entraîne dans! ces «espaces sans espaces» d’une voix: arrivée à elle-même.•" ' : •: JACQUES GRENIER LE Hélène Dorion Regroupement des éditeurs canadiens-français ¦ ¦un: ,i -,i ; ’1‘Jlli e-h nia; neU ;do, ¦ 'nui air I.E I) K V (t I U .I.K S S A M E I) V A K T I) I M A X l II K I A V It I I.I !) il II i) r> -Livres -»- LETTRES QUÉBÉCOISES Dérives et excès en tout genre PETIT PAS DE DANSE Pierre André Les Intouchables Montréal, 1999,207 pages Ils sont trois garçons, sans doute dans la vingtaine.Ils ont des prénoms courts, familiers, «virils», anglais: Dan, Pat et Jack sont pourtant bien Montréalais francophones.Ils sont copains.Ils rêvent de partir vers les mers du Sud à bord du vieux chalutier de quinze mètres que l’un d’eux, Dan, a hérité de son père et qu’il a un peu remis en état.En attendant de partir, c’est-à-dire d’en avoir les moyens, ils font ce qu’ils peuvent, c’est-à-dire peu de choses Dan est conseiller en placements; Pat, qui est l’intellectuel du trio, est plus ou moins journaliste — moins que plus, récemment: il est au chômage; Jack, lui, essaie depuis un an de se remettre du gâchis de sa vie de couple qui l’a laissé amer et sans le sou.Ils aiment les filles, mais aucune en particulier, sauf Pat qui a une petite amie, Fanny, employée dans une banque.Elle l’aime bien, mais le trouve «inconséquent».En clair, elle a hâte qu’il trouve du travail.Puis, s’amène Sola, coquette, naïve mais point sotte, qui va faire couple avec Dan.¦L’hiver passe, puis c’est le printemps.Ils vont préparer leur grand départ, prévu pour l’automne, si tout va>bien.C’est leur projet, leur rêve, celui des garçons surtout, même si ce sont les filles — réalisme oblige — qui voient plus sérieusement à trouver la somme d’argent qu’il faut., Ces jeunes gens qui se débrouillent tant bien que mal en cette fin de millénaire se réunissent souvent.Ils parlent.Ils s’essaient à penser.Aucun n’a de théories bien arrêtées; ce sont plutôt des points de vue, parfois circonstanciels, sur un peli tout, auxquels ils ne tiennent pas tellement sauf Pat, plus discoureur que les autres et plus cynique.Il lit, tout au long du récit, un livre d’histoire sur l’empire de Gengis Khan, qui l’inspire parfois.Selon Pat, le monde, dans son état actuel, est un enfer pavé des bonnes intentions de chacun: «Im seule chose dont nous sommes capables, c'est d'être prétentieux.» Il se demande qui pourrait être déclaré le «Christ du vingtième siècle»: le chef du FBI, sans doute, davantage que Che Guevara.Il s’empresse de rassurer Fanny, qui est troublée par ses propos: «Demain, tu n’y penseras plus.» Il fait également de curieux rapprochements: ses rapports avec Fanny sont comparés à ceux des Québécois et des Canadiens, mais ce n’est qu’une dérobade dont il espère qu’elle lui évitera de répondre à certaines questions gênantes.Actualités À cinq ou à six, ils commentent parfois l’actualité, parlant de la guerre du Golfe, de Damas en même temps que de Dallas et de l’assassi- nat de Kennedy.Quel rapport?demande l’un d’eux.«Pourquoi faudrait-il qu’il y ait toujours un rapport?» réplique Sola.Plus près d'eux, ils évoquent le canular où un manuscrit d’Anne Hébert, envoyé chez son propre éditeur, avait été refusé.Et ils soupçonnent les éditeurs québécois d’être responsables de la tempête de pluie verglaçante; en tout cas, «le groupe qui décide ce qui doit ou ne doit pas être publié est si restreint que la littérature étouffe».Tout ceci est lancé en passant, pour meubler la conversation.On passe du coq à l’âne, on lance des paradoxes; il y a de la facilité, mais peu de sottises.C’est que ces jeunes gens ne cherchent pas à paraître intelligents ou profonds, ou drôles.Leur désinvolture laisse deviner leur désarroi, un à-quoi-bon qui a quelque chose de touchant: ils glissent sur des questions graves, comme s’il était trop désespérant de s’y arrêter.Ces garçons un peu flemmards qui ont plus d’envies que de projets, plus de fantasmes que de rêves, vers quoi s'en vont-ils?Partiront-ils, alors que le nom même de leur bateau, 1m Marie captive, semble faire obstacle?Pierre André a su rendre sensible cette dérive, une dérive en mode mineur — plus contrôlée chez les filles — qu’ils vivent tout à la fois ensemble, par couples et chacun pour soi, comme s’ils ne pouvaient s’offrir le luxe d’être conséquents et organisés, et qu’il ne leur restait que la lucidité et la dérision.Leur vie, qu’ils jouent au coup par coup, est décousue comme leurs conversations, dont on a un excellent échantillon vers la fin du livre.Mais ils en sont tout à fait conscients: «Ce n'est pas un peu éclaté tout ça?Si, mais faut vivre avec son temps.Et puis, tout finit parse valoir.» Menés par le hasard et certaines nécessités, ces personnages ne vont nulle part, peut-être.Ils naviguent à l’estime dans un monde sans repères.On a envie de les accompagner.LES SEINS D’UNE FEMME JALOUSE Jean-Guy Noël Québec Amérique Montréal, 1999,293 pages «Toute oeuvre vise à dévoiler la face cachée des choses, et derrière toute chose, comme on le sait depuis Freud, il y a le cul.Le vrai, pas l’évocation théorique dont on se contente trop souvent dans la littérature.Quiconque soutient le contraire est un obsédé sexuel au sens où l’entendait le bon docteur Freud!» C’est avec cet art poétique musclé et un peu court que Jean-Guy Noël lui-même présente son recueil de nouvelles dans le communiqué qui en signale la parution.On le voit, le cinéaste qui a réalisé notamment les films Tinamer et Ti-Cul Totigas ne passe pas par quatre chemins pour Pierre André De Danse © Us Intouchables entrer en littérature.D’ailleurs, l’agressivité du titre et de la couverture nous annoncent que nous n’avons qu’à bien nous tenir.Or, si la quinzaine de récits du recueil sont écrits dans une veine plutôt crue, on sera soulagé — ou déçu, peut-être — de ne pas y trouver de quoi frémir ou se scandaliser.Les Seins d’une femme jalouse, ce sont en fait deux livres réunis en un seul tant est frappante la différence de ton et de climat entre les six premières nouvelles et les suivantes.Dans celles-là, qui sont écrites à la première personne, un garçon mi-naïf, mi-déluré raconte divers inci- dents qu’il a vécus entre 1965 et 1995.Ce sont des saynètes d’époque, des tranches de vie où le narrateur et sa famille ont les préoccupations qu’on devine puisqu’ils ne sont pas, eux, des obsédés sexuels.C’est parfois drôle ou à tout le moins amusant, et gentiment truculent, mais sans grande méchanceté.Ces gens sont du «bon monde», au fond; ils s’aiment bien, et leurs désirs ou leurs instincts se manifestent plutôt joyeusement, sans provoquer de grands drames entre eux.Les autres nouvelles du recueil de Noël sont tout à fait différentes des premières.Ces histoires «d’adultes», apparemment glanées au fil des années — de 1960 à 1994 —, sont autant d’exemples des bizarreries ou des excès auxquels peuvent mener la jalousie, un fantasme, voire un phénomène de société comme celui des mères porteuses.Voici, disent ces nouvelles, ce qu’on va découvrir si on observe le monde par le petit bout de la lorgnette et si, dans le cours normal de la vie, les humains d’ici et d’ailleurs avaient moins de retenue.Le ton n’est pas amusé comme dans les nouvelles du début: c’est plutôt celui du documentaire, comme si chacune servait à illustrer les présupposés de l’auteur, cités plus haut.Il faut donc acquiescer à ceux-ci pour suivre Noël avec quelque plaisir dans ses nouvelles.C’est à prendre ou à laisser.Jean-Guy Noël a écrit là une œuvre véritable, au sens où lui, hélas, l’entend.Dans le cadre du SALON DU LIVRE de Québec au kiosque de GUÉRIN éditeur, il y aura te samedi, le 10 avril 1909 par : LE FOU DU PARADIS ROMAN Ct >(U Mme Nilma Saint-Gelais Le fou du paradis 14 hà 15 h êw# ^ V •• Robert C h a r t r a n v\\w.guerin cdilcur.qc.ca (’onrrier électronique: lr;UKcl(','gticrin-ctliteur.qc.ca Marie I.OofftT 344 PAGES * 25,95 $ Venez rencontrer a ! dfe MARIE au Salon du livre de-Québec // jff ’ V ’ // • ' Séances de signature au Salon du livre dp Québec jeudi S avril tic 12 h à 14 h et de it) h à 20 h vendredi 9 avril de 11 h 30 à 12 h 30 dimanche n avril de 12 h à 15 h au Slanil Boréal • 207 ROMAN/ / / y y y «La Cérémome des angés nous /mue.Aymelà de la mort, le roman parle de la force sauvage ch la vie, de la pérennité du/m-heur, de l’essence de l’ampfir.» Lise Lachanjôe, Le Soleil «Le cinquième roman de Marie Labetge résonne comme un éloge de la passion.La passion d aimer, de vivre intensément, sans demi-mesures.» Marie Labrecque, Voir « Intense.U11 mot, un seul, pour résumer la femme, l’œuvre, les personnages aussi [.], la tempête psychologique qui l’apaise elle-même une fois couchée sur papier, en laquelle il semble que des milliers de lecteurs se rëtrouvént.» \ larie-Andrée Chouinard Le Devoir Boréal Qui m'aime me lise. L E I) E V 0 I It .LES S A M E I) I A E T I) I M A X ( Il E I A V I! I I.I II II II iJjClEf SOW**#** Mots U« nôi‘l,v UCHABLES 3* ' /V Roussy la chair Ou *anq *ur d'une pomme Jfc.1524-1760 Robert lahaise • Noèt VÜkrjnd La Nouvelle-France K, t w b Jean-René Roy Les heritiers de Prométhée > Louise Saint-Laurent L'expérience de la solitude Le cas des personnes séparées ou divorcees enseigné ?Claude Poirier Dictionnaire historique du français québécois SSt eR°^ f ERNAND DUMOtU pieu* Lucler ,ESC0HGBÉGKtl0H5 RtUG1 SVusfo»1 Dt 1901-190* Guy Ut*"'4'8 roman Confession ou œuvre de fiction?L’auteure nous conduit d’étonnement en étonnement, d’une main sûre.156 14,955 OPÉRATION RIMBAUD Jacques Godbout Seuil Paris, 1999,154 pages DAVID H1NCK L> homme semble être de toutes les ' batailles, bien que de mauvaises langues pourraient dire qu’il est aussi de toutes les désertions.Lorsqu’il est question d’adhésion à une cause ou une idée, vivement, Jacques Godbout s’arme de son scepticisme (devenu prudence aujourd’hui?) et revêt le dossard sans numéro des coureurs de fond, anonymes et épris de liberté.Mais peut-on s’éprendre de cette même liberté sans se retrouver pris à nouveau?, nous répondrait-il sans doute, facétieux comme un singe zen.On l’aura compris: sous des revers parfois insaisissables, le créateur des têtes à Papineau n’a eu de cesse de mettre le doigt sur nos déchirures, sur nos écartèlements de modernes cernés par les lubies de la foi ou les marchandages de la raison.Au bout d’une œuvre s’étendant sur presque quatre décennies, l’étoile Godbout persiste dans sa course solitaire à ne pas vouloir nous indiquer le chemin, à brouiller les pistes, et c’est bien ainsi.Ses romans reflètent bien la diversité de ses préoccupations.On a ample- ment pavoisé autour de Salut Galar-neau! (1967), lequel nous avait même valu une suite, Le Temps des Galarneaq, parue il y a déjà plus de cinq ans.A mi-chemin entre la satire populaire et la critique sociale, cette saga s’était jouée avec humour de nos frilosités identitaires en dépeignant un Québec de petits rois déchus, d’aspirations à cheval entre le rêve américain et le projet d’une culture nationale cana-dienne-française.L’institution littéraire d’ici, alors tout à son objectif de fonder un corpus purement québécois, avait retenu du premier Galameau les lectures sociohistoriques en occultant au passage le caractère cosmopolite des autres romans de Godbout, dont L’Aquarium et Une histoire américaine constituent, à notre humble avis, des exemples marquants.Cosmopolitisme 11 faut dire que le cosmopolitisme a longtemps été perçu comme une démission par les tenants du projet national et qu’il aura fallu attendre les premières rumeurs de mondialisation pour qu’enfin l’ouverture sur le monde et l’intérêt pour les autres cultures ne soit plus taxée de démobilisation, voire de snobisme.Çn situant son Opération Rimbaud en Ethiopie et en Europe, Godbout récidive dans cette veine internationale et, prenant congé de nos querelles nombrilistes, nous livre un LA NOUVELLE-FRANCE, 1524-1760 Robert Lahaise et Noël Vallerand Lanctôt, Montréal, 1999,334 pages Cette étude sur la Nouvelle-France n’est pas à proprement parler une nouveauté.11 s’agit en fait d’une nouvelle édition, revue, corrigée et mise à jour, d’un ouvrage originellement publié en 1967 par Robert Lahaise, docteur en histoire et littérature et professeur honoraire à l’UQAM, et Noël Vallerand.Facile à consulter, largement illustré et enrichi de nombreux tableaux synthétiques, ce livre résume bien le développement de la colonie française, depuis ses précurseurs — un court chapitre d’introduction est consacré aux Amérindiens et aux premiers visiteurs du continent — jusqu’à la défaite des plaines d’Abraham.On y suit l’histoire de ces braves colons qui quittèrent un royaume puissant et une société somme toute évoluée et organisée pou,r vivre la grande aventure de la colonisation, dans un monde lointain et inhospitalier, et pour peupler ces «quelques qr-pents de neige», comme disait dédaigneusement Voltaire.Un classique pour tous les enseU gnants, étudiants et lecteurs soucieux de mieux connaître l’histoire de leurs ancêtres.T .I DES FEMMES AU PARLEMENT 1.11 Une stratégie féministe ?Manon Tremblay Editions du remue-ménage, coll.«Itinéraires féministes» Montréal, 1999,313 pages Manon Tremblay est professeurç agrégée en science politique à l’Université d’Ottawa.Depuis plusieurs minées, elle s’intéresse à la place des femmes en politique de même qu’aux débats sur la présence de ces deç-j nières au sein des institutions démocratiques.üi question qu’elle posé içi est fort simple: vaut-il la peine d’éjirè plus de femmes en politique?Oui, ré-, pond-elle, «si on considère que leur entrée au Parlement fait partie d’une stratégie plus globale de l'accès des femmes ata sphères de pouvoir».Mais la mise en pratique de cette constatation ne semble pas si facile a appliquer.Pourtant, les politiciennes qui siègent au Parlement disposent, selon l’auteure, d’une marge de manœuvre suffisante pour faire avancer les causes qui leur tiennent véritablement à cœur et pour défendre les revendications féministes.C’est donc la capacité d’action des députées qu’elle examine ici avec comme point de départ des témoignages de politiciennes présentement en poste à la Chambre des communes.Dans cet ouvrage, Tremblay prend position en faveur de la venue massive de femmes au sein des instances politiques, tant au niveau fédéral que provincial ou municipal, mais à condition quelles soient féministes! Elle se demande, toutefois, dans quelle mesure leur présence permettrait de transformer «ce monde mas-culin qu’est la politique».Marie Claude Mirandette Simone Bussières La pyramide des morts Pierre-Esprit Radisson VOYAGE CHEZ LES ONNONTAGUÉS Ce texte peu connu, même des historiens, est traduit ici pour la première fois et commenté par Aurélien Boisvert.Avec sa vivacité coutumière.Radisson y raconte son second séjour en Iroquoisie où il va pour aider les missionnaires jésuites en 1657.Cinq cartes géographiques ont été ajoutées au texte afin de permettre aux lecteurs de mieux situer les épisodes.167 pages Prix total: 18,00$ James Bond en goguette.Pervertissant allègrement l’intrigue, Godbout donne libre cours à cette idylle, et plutôt qu’un roman d’aventures, le séjour du jésuite dans la capitale éthiopienne bifurquera peu à peu vers le récit d’une aventure! Le héros n’a lias encore subtilisé les Tables de la Loi que déjà sa mission et, aussi, sa vocation se voient fortement compromises.Ah! Combien de pères défroqués l’Afrique n’a-t-elle lias engendrés sur son territoire! L’étau de la révolution se resserrant plus vite que prévu, la relation (qui n’a rien de jésuite, si l’on me passe le jeu de mots) tourne court et la cavale de Laro-chelle avec les pierres le mènera dans un pèlerinage à bout de souffle au Ha-rar, dernier pays de Rimbaud.Iœ face-à-face avec une prétendue descendante du poète lui fera perdre ses dernières illusions: «Qu’était le monde devenu?Celui qui transfigurait la vie avec des mots et des couleurs, qui avait nourri mes années de bonheur, n ’avait laissé sur terre que ces cellules infimnes, cette vieille femme infirme l.|, à ses pieds une assiette ébréchée et un carton sur lequel je pouvais lire: “Deux sous pour les poètes, A.R.”» C’est tout le passage du temps, l’échec des colonisations civilisatrices et les bouleversements à venir dans le monde qui se retrouveront incarnés dans cette brève rencontre.Désenchanté, parce qu’humain avant tout, Larochelle connaîtra dès lors la solitude du mercenaire, individualiste et à la recherche de vaines occasions pour lui-même.Une question cruciale demeure: comment disposer de ces encombrantes Tables de la Ia>i une fois leur sortie du pays?Avec une construction qu’on dirait calquée sur celle A’Une histoire américaine — le narrateur témoignant des événements par la rétrospective jusqu’à ce que le présent de l’histoire le rattrape et le conduise vers une finale en queue de poisson, frappante mais presque prévisible —, Godbout désamorce le suspense auquel on s’attendrait d’un roman d’espionnage et s’attarde plutôt, en bon agnostique, à nous montrer la déroute d’un homme, plongé dans le cynisme et les duplicités du pouvoir terrestre.Prétexte à d’érudites évocations sur l'Ethiopie et la fin des années 60, Opération Rimbaud constitue surtout une lecture agréable et sans prétentions, un peu facile par moments.Godbout a clairement décidé de 11e pas bouder son plaisir, quitte, pour cette fois, à ne pas être absolument moderne.Simon Belkin Le mouvement ouvrier juif au Canada Traduit de yiddish par Pierre Anctil Cet ouvrage déjà publié en yiddish en 1956, retrace la montée au Canada du mouvement révolutionnaire juif Poale-Zlon qui va infiltrer rapidement toute la classe ouvrière juive canadienne.396 p., 29,95$ Denise Riendeau L’abandon récit autobiographique Tout ça a bel et bien existé au temps de l'orphelinat.246 p.19,955 t>D SAMG sur la cwm D IME POMME Léo-Paul Desrosiers Iroquoisie Ouvrage monumental, Iroquoisie retrace l’histoire mouvementée des relations entre les Iroquois, les autres Amérindiens et les Européens.Les Iroquois pratiquaient déjà la démocratie et ont marqué l’histoire de l'Amérique jusqu'à nos jours.En4tomes.Tomel:356p., tome 2:344 p., tome 3:352 p., tome 4:368 p.27.95$ chacun roman d’aventures léger et divertissant, truffé de mercenaires et d’intrigues politiques avec, en plus, ce ton irrévérencieux dont l’auteur a fait sa marque de commerce.Ce n’est d’ailleurs pas la preipière fois qu'il aborde les thèmes de l’Ethiopie et du complot politique.Ironiquement, si Une histoire américaine avait pour narrateur un professeur québécois qui se retrouvait mêlé, malgré lui, à une affaire d’activisme politique et d’immigration illégale (dont celle d’une belle Ethiopienne!), le protagoniste principal d’Opération Rimbaud, Michel Larochelle, un jeune père jésuite, sait très bien, au contraire, comment tirer les ficelles du pouvoir et opérer des missions délicates à l’étranger.La Compagnie des Jésuites, sous le couvert de la foi évangélisatrice, s’avère être ici une vaste organisation tentaculaire qui se met à la disposition des grands de ce monde en faisant montre d’un goût du secret «comme on le ctdtive dans les services du même nom».Dans cette Société de Jésus dépeinte par Godbout, le mensonge, les entorses à la chasteté et les spéculations frauduleuses sont monnaie courante.Le roman lui-même semble endosser le principe de la fausse représentation: sous des allures de thriller politico-religieux se profile en fait une charge cynique et sans retenue contre le pouvoir de l’Église, du moins celui qu’elle avait encore à l’époque de la décolonisation.Nous sommes en 1967 et le grand empereur éthiopien, Hailé Sélassié, voyant arriver la fin de son règne, a mandé notre jésuite «mercenaire» pour qu’il mette à l’abri les fameuses Tables de la Loi de Moïse, préservées jalousement par les descendants de la reine de Saba.Les missionnaires canadiens dispensent la formation universitaire depuis l’instauration du régime autonome et le négus entend bien se prévaloir des ressources cachées d’une telle communauté, si puissante sur le plan politique.C’est dans ce contexte que le «père» Larochelle débarquera à Addis- Abeba, escorté sans le savoir d’un agent de la CIA, chargé d’assister le jeune Canadien mais ignorant tout du but véritable de sa mission.¦ *f' r-v .rl'f |r.Fleming et Bond Notre jésuite obtiendra l'assistance de deux jeunes Éthiopiens, recrutés à même lp progéniture nombreuse du négus.Éduqués en Europe — comme c’était le cas pour une bonne partie de la jeune élite abyssinienne d’alors —, Véronik et Tafari se révéleront des alliés précieux.U jeune femme, belle et racée comme les héroïnes de Ian Fleming, aura tôt fait de charmer l’homme derrière la soutane, et celui-ci, impétueux mais sentimental, de jouer les Quand un livre est vraiment EXCEPTIONNEL, il faut le crier sur tous les toits ! QUAND ARRETERONS-NOUS DE MASSACRER NOTRE LANGUE?Les Éditions des amitiés franco-québécoises vous présentent leurs nouveautés printanières.As-tu ton déclencheur d’idées?Cédérom pour ceux qui veulent écrire, parler et composer correctement la langue française.1 250 000 mots, 40 000 phrases, 1600 thèmes, 8000 citations.39.95 $ Avez-vous lu La Parlure québécoise de Lorenzo Proteau?Notre bestseller au Québec.Plus de 140 000 copies vendues.16.95 $ La Manjure québécoise : un siècle de gastronomie.1000 recettes compilées par Lorenzo Proteau.Conseils divers, mesures, termes de cuisine, 2000 fromages énumérés.400 pages, édition de luxe : 34,95 $ La Parlure ancienne par Lorenzo Proteau.line partie de l’histoire des Acadiens, leur langage, leurs coutumes.Édition de luxe : 24,95 î Contes et légendes.Un siècle d'histoire.500 pages.Édition de luxe révisée par Lorenzo Proteau.34.95 $ Noms géographiques.Noms de nos villes et villages traduits de l'amérindien au français.Auteur : Lorenzo Proteau.14.95 $ Une Lisière du temps.Poèmes écrits par Raymond Godard sur les régions nordiques.90 pages, 6,95 $ Pour commander : Les Éditions des amitiés franco-québécoises 263, de la Jemmerais, Boucherville, Qc J4I1 1112 Tél.: (450) 655-8553 Fax : (450) 655-8235 Courriel : info@proteau.com En vente chez votre libraire Le Manifeste (ÿgkilM^g.r , Petrella erre Chawrand CODE WïMAN 0£s PERCE- .Mari Dauphin Ufftw'vv wnpnèju ni» ha' tUl.peur FEUILLETON Une orgueilleuse humilité LES REDACTIONS DE FRITZ ROCHER Suivi de Histoires et Petits Essais Robert Walser Traduction de l’allemand par Jean Launay ¦1 Gallimard, collection «Du monde entier» " Paris, 1999,342 pages On peut lire Robert Walser (1878-1956) en ne sachant pas qu’il a passé une grande partie de sa vie, de 1929 à 1956, année de sa mort, dans un établissement psychiatrique où il n’a plus écrit utVmot.Cette «folie» n’est pas du tout évidente dans son œuvre, sauf, bien entendu, pour une oreille exercée à cé‘genre de lecture.Et encore.Elle përcevra surtout une résistance à passer dans le mon-dé'adulte, un attachement tôtit'à fait singulier au mon-dp'de l’enfance.Mais n’est-ctM pas là le propre des pb’ètes, des écrivains?' Je me rappelle encore l’effet que m’avait fait Le Ihigand (Gallimard, 1994), rôôian écrit en quelques se- jt> a n tfidines pendant l’été 1925 et qu’on avait retrouvé beaucoup plys tard dans ses manuscrits, les «micro-grammes» (des manuscrits quasi indéchiffrables).Son personnage central, le brigand, un marginal inoffensif qui n’était autre que la représentation que se faisait l’auteur de lui-même à travers les yeux des autres, avait quelque chose de terriblement touchant.«Quand on rit de lui, il rit aussi.Rien que ce trait pourrait déjà paraître iEàüiétant chez lui.Il n’a pas même un dthi [.).On le regarde de travers, et lid, ça l'amuse.» On retrouvait là tout Walser, c’est-à-dire ce doux et triste soupire, cette ironie légère, mélancolique, qui le fait se moquer aussi bien dé lui-même que du monde, mais gèritiment, comme s’il croyait pouvoir s’én soustraire grâce à ce subterfuge ét échapper à son universelle bêtise.' Walser — qui s’en étonnerait?— rt’è^t pas un être social.On ne peut polirtant dire qu’il soit un être asocial, au sens où il s’opposerait violemment tïlà société.Plutôt un marginal fée- rique, un enfant démesuré, un observateur introverti, un rêveur triste et gai à la fois.Et puis une «voix», inimitable, dont on ne se lasse pas tant elle est singulière et nous touche.Tout se décline chez Walser sous le mode de l’opposition, des contrastes que son écriture tente de réconcilier, d’harmo-niser.Cela pourrait conduire à cette bouillie pour les chats qu’on observe si souvent chez ceux qui, à force de mettre des bons sentiments partout et d'arrondir les angles pour ne pas qu’ils blessent, finissent par produire auteur d’eux — et heureusement! — une saine fureur devant tant d’ineptie et de faiblesse de pensée, tant de sentimentalisme béat.Mais ce n’est pas ce ciue Walser sécrète.Plutôt un sentiment de malaise, une inquiétante ironie qui vous conduit à arpenter les abords des fractures, qui vous fait rêver à l’enfance comme une réalité engloutie, à la bonté du monde comme une illusion nécessaire mais toujours menacée.La noble enfance La première série de textes qui se présentent sous le titre Us Rédactions de Fritz Kocher (qui datent de 1913) sont de courts textes que l’auteur aurait découverts après la mort d’un de ses camarades d’école.Ce sont des compositions naïves destinées à un professeur par un enfant qu’on peut imaginer âgé de 10 ou 12 ans.Iœs sujets de rédaction portent sur divers sujets: l’homme, l’automne, l’incendie, l’amitié, la pauvreté, l’école, etc.Ce qui frappe, outre le ton nécessairement enfantin de ces textes et le manque de rigueur «rédactionnelle» propre à cet âge, c’est la présence constante du destinataire, le professeur.«L’homme est un être sensible.Il n'a que deux jambes mais il a un cœur dans lequel une foule de pensées et de sentiments se plaît bien.On pourrait comparer l’homme avec un jardin d’agrément bien planté, si notre professeur permettait ce genre d’allusions.» Iœ jeune garçon va même parfois jusqu’à anticiper ou prévenir les notes qu’on lui accordera.«Pour ce style, j’ai mérité un zéro.Mais je déclare: ceci est pourtant la meilleure rédaction que Den is ?j’aie jamais écrite.Tous les mots viennent du cœur.» Maître-mot chez Walser que ce cœur qu'il nous offre toujours nu, quasi sans défense, mais non sans orgueil.«Qu’est-ce qu’une correction?Un épouvantail qui fait peur aux esclaves et aux chiens.Moi.il n'y a qu'un fantôme qui puisse me faire peur: la bassesse.» Quelque sujet qu’il entreprenne de traiter, et sous quelque forme qu’il le fasse, on retrouve toujours les préoccupations de l’auteur, ses obsessions.Ses observations ont beau se présenter sous les traits de la plus grande naïveté, de la candeur la plus désarmante, elles sonnent toujours juste et sont même parfois terribles en ce qu’elles révèlent toute la cruauté sociale que nous intégrons dès l’enfance.«Pourquoi la pauvreté est-elle si honteuse?[.] Je vois souvent dans la rue des femmes pauvres en haillons, et elles me font de la peine.Les hommes pauvres, en revanche, suscitent en moi une certaine indignation.Pauvreté et saleté ne siéent pas à des hommes, et je n’éprouve aucune pitié pour un homme pauvre.Pour les femmes pauvres, j’ai un faible [.].Toute forme de mendicité témoigne d’un caractère faible, sans fierté, je dirais même malhonnête.» On peut trouver surprenant de retrouver une telle phrase chez cet auteur qui a toujours pratiqué l’humilité et s’est toujours refusé au mépris du plus faible.C’est qu’il ne faut jamais oublier le couple orgueil-dignité qui est à la base de son éthique et compense sa maladive et vulnérable humilité.Comme dans un récit (.Le Peintre) où un peintre, pour être fidèle à son art et à son choix d’une vie «plus sauvage, plus froide» d’où est exclu le bonheur, fuit la femme qui l’a accueilli et qui est devenue amoureuse de lui, mais de façon telle qu’elle puisse se reconstituer après cette perte.«Je n 'essayerai pas non plus de la consoler [.].Elle retrouvera alors sa fierté native que seul l’amour a pu briser, et elle me congédiera froidement.La fierté et le sentiment de l’honneur blessé consolent! L’indignation redresse l’homme.Sachant cela, je veux mentir et passer pour insensible en m'en allant.C’est le dernier service que je puis rendre à la très-chère.» Le théâtre de la sensibilité Difficile de résumer un tel livre, qui va des rédactions d’un enfant à de courts essais qui ressemblent davantage à des allégories, en passant par les carnets d’un peintre, la description d’une forêt, des fantaisies autobiographiques ou encore des contes.Ce qui est certain, c’est qu’on prend un réel plaisir à lire cet auteur dont Robert Musil, dès 1914, avait reconnu la singularité et, aussi, la marginalité dans le paysage littéraire de son époque.Au jeu littéraire, écrivait-il, Walser substitue un «jeu humain, plein de sou-Walser est plesse, de rêverie, de liberté, , .et qui offre toute la richesse lin marginal morale de ces journées d'oi- f, .siveté, inutiles en apparen- ieenque, ce 0/t nos convictions les un onf-mt #«s fermes se défont en une un enidni agréable indifférence.» démesuré, Peut-°n Pf,er d}nd}!rié; rence dans le cas de Wal-un ser?Oui, à la condition d’en- tendre ce mot comme cet observateur état de «neutralité» qui permet de s’absenter du mon-introvertl de pour mieux vagabonder dans ses marges, pour mieux sentir la singularité de son existence, pour mieux entendre sa propre voix, en retrait, à distance.Dans une sorte de froid-doux, de douce froidure qui n’est pas sans souffrances et sans risques.«Nous autres — fait-il dire à l’actrice —, c'est constamment que nous avons affaire aux sentiments et aux sensations, au purement humain à l’état virtuel, nous devons le mesurer, le découper, l’analyser, le calculer et l’essayer en vue des effets qu’il est censé produire.Nous [.] taillons dans des choses qui, chez les autres, reposent dans leur cœur, en bonne santé, avec tout leur mystère, intactes, pareilles à des sources sacrées, dangereuses, qu’on ne peut impunément solliciter à chaque instant.Et après cela, on se retrouve si froid et si vide qu'on voudrait s’espn aller à la recherche d'un homme serein, paisible, brave et tout simple pour se jeter sur sa bonne et large poitrine.» Comment résister à une telle voix?denisjp@,mlink.net Sr88888 LE MONDE DE MARCEL DUBÉ J’écris pour être parlé Fl /mur vl.videotron.ca Finkielk L’Ingratitude Conversation sur notre temps ivrr An torn* KoLtmlir 234 pages.22,95 S Préparé en collaboration avec le journaliste québécois Antoine Robitaille et considéré par la critique française comme un « événement », ce livre constitue une réflexion éclairante et novatrice sur le sort de la culture « à l’âge ingrat de la démocratie radicale ».Attentive, empathique, la dissertation que devient cet ouvrage sur le thème de la défense des « petites nations » est un puissant antidote aux clichés cosmopolites de l'heure.Lise Bissonnette (extrait de la préface) C'est un livre important d'Alain Finkielkraut.C'est magnifiquement écrit.Bernard Pivot, Bouillon de culture Antoine Robitaille * Seize nouvelles « résolument nord-américaines », seize situations limites où il n’y a place ni pour la mièvrerie, ni pour la sentimentalité.Première publication du cinéaste Jean-Guy Noël, voici un livre à l’écriture moderne qui ne sera pas sans évoquer les univers de Raymond Carver ou de Russell Banks.Attachez vos ceintures! Femme moderne, médecin, épouse, aux prises avec un présent qu'elle juge insatisfaisant de même qu’avec quelques fantômes du passé, Max n’échappera pas, cette fois, aux tremblements du cœur et de l'esprit.[.] ce roman est un exemple rare de l’ambiguïté émotionnelle d’une jeune femme de quarante ans, sans enfants, au mitan de sa vie et assoiffée de réconciliation.Le résultat est éloquent, le pari d’au-teure superbement relevé.Jean Fugère, Le Journal de Montréal QUEBEC AMERIQUE www.quebec-amerique.com L’Ingratitude Alain Finkielkraut Les Seins # N d’une femme jalouse Jean-Guy Noël les seui§/^ d’une fwme jalousjl AMfftlQMl Le Pari Dominique Demers mers &MW • ¦ '-JTt ~ -* 3S 'f I) K) I.K I) !¦: VOIR.I.K S S A M K I) I K I I) I M A X Il K I A V II I I.I !l !l II ntmoH FRANCOIS CHENG TOX F EMIN A lu nnnliattnnt AlB>N MICHEI L’auteur sera présent au Salon du livre de Québee.skancks divsk;n vrt m-; : \ cmlrcdi 9 avril de 17 lia l!îii Samedi K) avril de I I II à là h el de 10 li à 20 li Ilimanelie II avril de I I li a Iâ li ALBIN MICHEL DE GAULLE L’Appel du destin: 1890-1940 La Solitude du combattant: 1940-1946 Le Premier des Français: 1946-1962 La Statue du Commandeur: 1962-1970 Max Gallo Robert Laffont Pains, 1998 FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR Après Napoléon, qui a connu un immense succès, voici que l’historien et romancier Max Gallo nous propose De Gaulle.Tout comme dans le cas de Napoléon, la vie du général de Gaulle nous est racontée dans ses moindres détails, un récit parsemé de dialogues et de réflexions sur lui-même et la France.Des quatre tomes composant De Gaulle, le deuxième, La Solitude du combattant (1940-1946), est sans nul doute le plus intéressant et le plus captivant On y découvre un Charles de Gaulle déterminé, voire entêté, à poursuivre le combat contre l’Allemagne nazie malgré l’effondrement de la France en 1940.Le 18 juin, lorsqu’il lance de Londres son premier appel à la résistance, c’est un homme seul qui s’adres-se'aux Français.Pour eux, il est d’ailleurs un parfait inconnu, hormis bien sûr ceux qui l’ont côtoyé dans l’armée française.Quand le régime de Vichy, dirigé par le maréchal Pétain, prend les rênes de la France occupée, on le traînera dans la boue, l’accusant d’être un traître à la France.occupée.Le régime va même aller jusqu’à le condamner à mort.Ce qui n’ébranlera pas Charles de Gaulle qui, à partir de Londres, prépare déjà l’après-guerre.Car même au début des hostilités, le général de Gaulle sait que l’Allemagne va perdre la guerre, d’autant plus que les Etats-Unis s’impliquent davantage, jour après jour, dans le conflit.Mais le général n’est pas au bout de ses peines.Roosevelt et Churchill lui mettent à maintes reprises des bâtons dans les roues, les Américains se méfiant de MAX CAIXO son autoritarisme, les Britanniques voulant profiter de la guerre pour mettre la main sur une partie de l’empire français.«Vive le Québec.» Le quatrième tome, La Statue du Commandeur, est lui aussi intéressant, en particulier (à nos yeux québécois) lorsque Max Gallo relate le voyage du général au Canada, en 1967, au cours duquel il a lancé le fameux «Vive le Québec libre!» du balcon de l'hôtel de ville de Montréal.Max Gallo nous décrit un Charles de Gaulle qui estime être investi d’une mission, avoir le devoir de faire quelque chose pour ces Français d’Amérique.«C’est la dernière occasion de réparer la lâcheté de la France, déclare le .général sous la plume de Max Gallo.A mon âge, je ne retournerai par sur le continent américain.Il vaut mieux que ce soit moi qui vienne là poser le problème comme il doit être posé.» Décrié par beaucoup d’historiens dits sérieux, le roman historique n’en demeure pas moins un merveilleux outil pour enrichir et parfaire ses connaissances historiques.On n’a qu’à penser aux Rois maudits de Maurice Druon, un grand classique de ce genre littéraire.Pour écrire De Gaulle, Max Gallo a bénéficié d’une vaste historiographie ainsi que des mémoires du général lui-même.Toutefois, le principal reproche qu’on pourrait faire à l’auteur, c’est d’avoir négligé quelque peu le contexte historique, la toile de fond sur laquelle de Gaulle a fait l’histoire.Détails historiques De Gaulle mis en scène par Gallo -m m L I V R E S » LA CHRONIQUE Tuyau fêlé, tuyau percé Quatorze jours sans écrire et, bien sûr, la tourmente m’emporte.Je veux dire que j’existe en éclats, que tout me chamboule sans vraiment me concerner.C’est ça, pour moi, la vie sans écrire: un grand désordre à la fois trop émouvant et lointain.Une grande confusion, souvent plaisante et vive, où tout me fait signe et où rien ne m’arrête.Tout au plus mon cœur saute-t-il un battement, de temps à autre.Je marche sous des arbres qui ont gardé leur pouvoir alors que moi, j’ai perdu le mien, mon pouvoir d’écoute, d’attention, de lenteur, mon pouvoir tranquille de regarder obliquement la trop intense vie.Je lis Philippe Jaccottet, qui m’émeut doucement et m’apaise: «J’ai toujours eu dans l'esprit, sans bien m’en rendre compte, une sorte de balance.Sur un plateau, il y avait la douleur, la mort, sur l’autre, la beauté de la vie.Le premier portait toujours un poids beaucoup plus lourd, le second, presque rien que d’impondérable.Mais il m’arrivait de croire que l'impondérable pût l’emporter, par moments.» Ces dernières semaines, où me furent octroyés un peu de gloire et beaucoup de points de vue et d’émotions se rapportant à mes quelques écrits, m’ont considérablement étourdi, à Paris, où le printemps joli pleuvait trois jours sur quatre.Tous les soirs, les grands malheurs du Kosovo me rattrapaient, à la télévision, et alors, brusquement, je tournais le dos aux autres, à l’extravagance de notre grande fête bruissante et, sans pouvoir m’endormir, je subissais, enfermé dans mon attention forcenée, une grosse douleur d’incompréhension et de dégoût.«Il n’y a pas de magie qui tienne quand le corps est attaqué.» Tous ces corps attaqués, tous ces regards fermés, alors que je tente d’avancer, mot à mot, sur un fil de beauté, fil de fer, mince fil de soie.Dieu sait que je ne vis pas chaque heure de ma vie à hauteur de rêve! Sans cesse, la réalité est en suspens, autour de moi, comme pour me rappeler que m’éloigner du monde ne me permettra pas de mieux m’étonner de lui.Survolant l’océan Vingt-cinq mille pieds au-dessus de la Terre, survolant l’océan, qui est un ciel sans fond sous moi, j’ai peur et je m’efforce de nier mon effroi: «Le corps serait comme quelqu'un qui tient II R o b c r I L a l o il (I e ?Le ciel d’aquarelle gris bleu de Paris, à cinq heures de l’après-midi une lampe.Il ne faut pas que la lampe refuse de brûler parce que son porteur se fatigue.» Je suis fatigué, bien sûr, étourdi encore, et déjà un petit [jeu effondré.Je paierai cher mes pirouettes de derviche tourneur, nia fausse éloquence de grand gêné qui jase plus fort que son inquiétude, mon énervement d’endolori serein.Et puis, que je le veuille ou non, tous ces compliments qu’on m’a faits, de même que les rares absences de gentillesse — délibérées ou non —, m’ont, au bout du compte, désappris momentanément la petite tranquillité et l’humilité menue que patience et longueur du temps avaient abandonnées dans mon âme.Reviendra-t-elle, ma douce certitude de faire partie de ceux qui cherchent, questionnent, tremblent, ceux qui «s'aventurent au risque de ne plus savoir comment vivre»?J’imagine que oui: tout finit toujours par retomber, poussière d’or comme poussière de cendre.Jaccottet écrit: «Je ne veux rien affirmer, ici, en ce moment.Je risque un mot, une image, une pensée, et puis je m'en vais.» Je ne suis capable que de ça, risquer une phrase qui raconte le désordre d’un mouvement, l’agitation de ces quatorze journées tourbillonnantes, l’épouvante à la télévision, à trois heures du matin, quand un visage grimaçant au delà de la douleur m’empêchait de dormir, le forsythia en fleurs, les cerisiers neigeant sur les pelouses déjà vertes, l’amitié naissant entre Rober Racine et moi, comme une retrou-vaillc trop longtemps différée, le sourire grave de Suzanne Jacob, celui, si émouvant, de François Charron, la tendresse contenue de Jean-Paul Dubois, le ciel d’aquarelle gris bleu de Paris, à cinq heures de l’après-midi, quand un léger vertige vous laisse croire une seconde que tous vos détours ne vous mèneront à rien.Ah! Ce rêve de l’effacement magique de tout obstacle — ce que maman nomme mon «erre d'aller d’immortel non coupable» —, comme il a la peau dure! Nous ne sommes pourtant que des «instruments imparfaits dont le plus haut usage est de faire circuler de la lumière».Oui, je sais, il faudrait que je renonce à mes illusions de paradis, de paix universelle, de pique-nique éminent au bord de l’eau.J’accepte pourtant le combat, le défi — je suis à tout moment dans le travail, l’effort! —, et, souvent, je préfère «le proche, où le GROUPE 5CABRIN1 IMPRIMEUR PRÉSENTE LES .r\r~ rv SELLERS [I ACMV MARQUIS i m p r i m e ti r LapCISSion du livre.R O M ANS Qü'E B ÉCO I S 1- LA PETITE FILLE QUI AIMAIT TROP LES ALLUMETTES, Gaétan Soucy, Boréal 2- TAXI POUR LA LIBERTÉ, (tilles Gougcon, Libre Expression 3- ET MATHILDE CHANTAIT, Denis Mouette, Logiques Essais Q u é b é c o i s 1- 400 CAPSULES LINGUISTIQUES, Guy Bertrand, Lanctôt éditeur 2- L’INGRATITUDE, Finkielkraut/Robitaille, Québec Amérique 3- MAURICE DUPLESSIS, Conrad Black, Éditions de l'Homme x .Livres i e u n e s s e Québécois 1- CHARLOTTE PORTE-BONHEUR, Macha Grenon, Alexandre Stanké 2- IJES PIÈGES DE CLÉMENTINE, Chrystine Brouillet, la courte échelle 3- SIMON FÊTE LE PRINTEMPS.Gilles Tilio, Toundra "N, Poésie Québécoise 1- L’ARMOIRE DES JOURS, Gilles Vigneault, Nouvelles éditions de l’Arc Livres pratiques 1- RECETTES ET MENUS SANTÉ, Michel Montignac, Trustar 2- JARDINS D’OMBRE ET DE LUMIÈRE, Albert Mondor, Éditions de l'Homme "V.Romans Étranger s 1- AUX FRUITS DE LA PASSION, Daniel Pcnnac, Gallimard 2- CRÉANCE I)E SANG, Michael Connelly, Seuil 3- GEISHA, Arthur Golden,/C.Ldlés ^ L S S AIS É t rua n g e r s 1- LA FORCE DU DÉSIR, Willy Pasini, Odile Jacob 2- RIVALES OU AMIES, Sherc Me, Albin Michel 3- MONICA SON HISTOIRE, Andrew Morton, Presses de la cité ^ _ Le coup de coeur Québécois _______________________________^ 1- ENFANCE, André Alexis, Tides librairie du Square Au carré Snlm-Loiiis Art Sam barrit Musique et livre», M 9-6201 • Librairie Champlgny; 844-2587 • Librairie Clément Murin, (819) 379-4153 Librairie du Soleil, (613) 241-6999 ' librairie du Square, 845-7817 • Librairie Gallimard, 499-2012 Librairie Garneau Inc., 384-8760 • librairie GG Corn, (819) 566-0344 * Librairie Hennés Inc., 274-3669 Librairie Le Fureteur Inc., (450) 465-5597 • Librairie Le Parchemin, 845-5243 • Ubralrit Olivieri, 739-3639 Librairie Pantoute, (418) 69-4-9748 • Librairie Renaud-Bray Inc., 342-1516 • Librairie Vaugeitls, (418) 681-0254 I J «a p » » “ -U., i Canada LE DEVOIR I I ) t I.K I) K V 0 I It , L H S S A M K I) I 3 K T I) I M A X ( Il K I A V KM.I !» !» !» 1) 13 -*• Livres »- LE LIVRE DE POCHE Quelle époque formidable.Le Kosovo?Tiens, ça rappelle quelque chose.KOSOVO - LA GUERRE CACHÉE Myriam Gaume Éditions Mille et une nuits Paris, 1999,95 pages En 1389, les seigneurs serbes et les princes albanais ont connu une défaite militaire et spirituelle face aux Ottomans à la bataille de Kosovo Polje, celle du champ des Merles.Joli nom pour une triste réalité dont les Albanais peuplant ces reliefs montagneux font encore les frais aujourd’hui: les Kosovars ont le malheur d’habiter un territoire que les idéologues de la «Grande Serbie» revendiquent encore et toujours pour eux seuls.La journaliste Myriam Gaume a accompagné dans ce recoin de l’Europe des ténèbres une mission de Médecins sans frontières, pendant trois semaines, en septembre et octobre derniers.Dans son petit bouquin, elle témoigne du calvaire imposé aux populations civiles par des troupes régulières et des milices paramilitaires d'ôrigine serbe.11 s’agit en fait d’un assez long reportage, découpé au jour le jour, tfuffé de témoignages insupportables, saisis sur le vif.Celui de Seli-niâ, par exemple, qui était dans sa rnhison d ANNE GILBERT, MOI EVE SOPHIE MARIE Récit 18,00$ Editions du.Nordir ., : .•è.'iU ' • iî’jVi ÉyBWiw Voldeng , UOI hve Sophie i„ Moi, Eve, Sophie, Marie, un bolide de métal m'a arraché à l'humus des ancêtres./v Regroupement des éditeurs canadiens-français filmé tous les grands événements des cent dernières années.La Gaumont-Actualités a même lancé un journal cinématographique hebdomadaire en 1910 et a alors mis en place un véritable réseau mondial d’information, fonctionnant jour et nuit, pour offrir les courts métrages projetés en première partie des programmes principaux dans les salles de cinéma du monde.Aucun aspect de la vie de la planète n’était négligé, la grande politique, les.réunions mondaines, les arts et la culture, les catastrophes naturelles, les découvertes scientifiques ou les activités sportives, et c’est donc autour de cette mémoire irremplaçable que s’organisent les volumes allant, comme le résume bien le sous-titre programmatique, «de l’actualité à l’histoire».Le premier livre consacre par exemple une page à la mutinerie des marins du Potemkine, une autre aux usines Ford, une autre encore à la naissance du scoutisme.Dans le second, il est bien sûr question des guerres balkaniques de 1903 à 1908 et de l’attentat qui a coûté la vie à l’archiduc François-Ferdinand et à sa femme Sophie, à Sarajevo, le 28 juin 1914.Une image a été croquée par un des caméramans de la Gaumont quelques minutes après l’événement déclencheur de la Première Guerre mondiale.«Personne ne peut alors concevoir qu’ils sont les premiers morts d’un conflit qui va faire plus de neuf millions de victimes», souligne laconiquement le commentaire.LE MAL Michel Lacroix Flammarion, collection «Dominos» Paris, 1998,127 pages Vaste sujet, tout à fait de ce siècle et tout à fait d’actualité.Pourtant, même si les médias font de nous les témoins permanents et plus ou moins volontaires de l’horreur, rien ne paraît plus flou que la notion du mal.Comme le rappelle d’entrée de jeu le philosophe Michel Lacroix, cette notion peut aussi bien désigner la maladie que la douleur, la mort, la haine, le viol d’un enfant, l’accident de voiture, la corruption, le terrorisme, le trafic de drogue, l’injustice ou la guerre.L’empire du mal est large comme le monde.Le petit essai tente donc de démêler un peu les enjeux théo- riques.Il commence par passer en revue les grandes spéculations théologiques ou philosophiques qui ont tenté d’appréhender le mal, non pas comme un état irréductible mais comme un état transitoire vers le bien.«Im providence, la sagesse divine, le sens de l’histoire fonctionnaient comme des machines mentales à métaboliser le mal», note alors Lacroix.Seulement, voilà.Ces conceptions systématiques ne parviennent pas à endiguer le pessimisme qui gagne tout esprit lucide devant la une d’un journal.«Tous nos cauchemars passent à six heures à la télévision», comme dit la chanson.Pire, selon Lacroix, une sorte de mystique du mal est en train de s’infiltrer à nouveau dans l’imaginaire collectif.Le pouvoir de la pensée semble ainsi épuisé.Le mal retrouve sa liberté infinie.Même l’idée du diable reprend du service depuis quelque temps, parfois au sein d’univers théoriques par ailleurs non religieux.Alors, que faire?Comment repenser le mal?Au bout du compte, il ne reste plus au philosophe qu’à prendre acte de cette nouvelle donne en rétablissant toutefois deux principes éthiques fondamentaux: celui de l’essence du mal comme nature à combattre par tous et chacun: celui aussi de la solidarité humaine comme seule arme de combat éthiquement valable.C’est beau.En théorie.Pratiquement, on peut se demander ce que Mme Seli-ma en penserait.NEUF JOURS DE HAINE Jean-Jules Richard Bibliothèque québécoise Montréal, 1999,400 pages Le mal incarné, Jean-Jules Richard (1911-1975) l’a senti dans sa chair et son âme, comme soldat, en Europe, pendant la Deuxième Guerre mondiale.Il s’est servi de ses souvenirs pour élaborer cette fiction qui se déroule entre juin 1944 et juin 1945, mais surtout pendant ces neuf journées sur les champs de bataille.Le style est simple et franc, plus près du journal que du roman.Le registre est grave et colle à la situation inhumaine.L’histoire met en scène Frisé et Noiraud, deux pauvres bougres, serviles exécutants d’ordres donnés par des gradés aussi inhumains qu’incapables.L’ouvrage est décrit comme le meilleur de cet écrivain québécois inclassable, assez méconnu.Stéphane Baillargeon Le VZVstêu printemps S°uffle aux Éditions Trois-Pistoles J ! CL C ¦Û \ [ffe.' ¦ )gï au Canada Sous la direction de Philippe Faucher Le barrage de la Manie, les réacteurs CANDU, le chasseur Arrow, le satellite de communication Hermès.Autant de grands projets, parmi d'autres encore, dont ce livre conte l'histoire des réussites ou des échecs, depuis leur conception jusqu'à leur réalisation.340 PAGES.34.95 $ 1 c DISTRIBUTION FIDES — québécois un modèle en transformation Sous la direction de Clermont Bégin, Pierre Bergeron, Pierre-Gerlier Forest et Vincent Lemieux Comment le système de santé québécois se compare-t-il à celui des autres pays de l'OCDE?Plus de vingt-cinq spécialistes abordent cette question sous ses multiples aspects.Cet ouvrage intéressera aussi bien les gestionnaires que les bénéficiaires du système de santé.444 PAGES, 34.95 $ Grands projets et innovations technologiques Les langues du roman Sous la direction de Lise Gauvin Des spécialistes traitent ici d'auteurs dont la langue d'écriture diffère de leur langue maternelle, comme Joyce, Derrida ou Semprun, et de ces littératures francophones — belge, sénégalaise, québécoise, acadienne et guadeloupéenne — qui entretiennent un rapport variable avec leur particularisme langagier.180 PAGES, 24,95 $ Franc iv Empire hsasa in^ti lv.*¦: L’AMANTDE NEFERTITl reniai iaiJ jmMunnl ini lEirmr WILLIAM kl.lilA Presses de Id (.‘il Homan «iTni oo po ftMho-Ctnwb T^-jjon 1*1 asiag* sacr- NA*flO*AU i /,.v- i ' aSe&m Salon international du livre -W&éri< ti|MÉ .vi.-.y v -JTaphJfa Jl :C :A'-r www.silq.org lÉÜ! ügneurs Les i7n>r Iruro I,// .^ •* II - ^7 11999 V ^ ier ^ *-£ sa* |* >- cu?rrbo“- (Æ PKVOIH Tombée publicitaire le vendredi 9 avril 1999 Journée mondiale du livre Affaires de stèles Lz /ê>//^ d’Akhénaton et de Champollion L’AMANT DE NEFERTITI William Klein Traduction de l’anglais par Régina Langer Presses de la Cité Paris, 1999,526 pages MICHEL B É LA I R LE DEVOIR Le pharaon Akhénaton était un hérétique.Dès qu’il monte sur le trône à la mort de son père Améno-phis III, il s’empresse de bousculer l’ordre hiérarchique en place et d’élever sa divinité protectrice, Aton le dieu solaire, au titre de dieu unique, au désespoir du tout-puissant clergé d’Amon-Rê.De ce côté-ci de la réalité, 3500 ans plus tard, c’est comme si on décidait du jour au lendemain de remplacer Jésus par saint Thomas ou par Barabbas.L’histoire lui a bien rendu cette «audace profanatrice»: les cités qu’il a fait ériger ont été laissées à l’abandon après sa mort, on a effacé au burin son image sur toutes les stèles des Deux Terres et les temples qu’il a fait construire ont servi de remblais pour les gigantesques piliers du temple de Karnak.C’est d’ailleurs à partir des frag- ments de tuile trouvés là qu’on a pu reconstituer son règne en détail, le •roman de William Klein en est, bien sûr, une adaptation toute fictive s’inspirant des quelques fragments d’histoire que l’on a pu reconstituer.Le personnage d’Akhénaton que nous propose Klein est un homme complexe, tourmenté.Illuminé de l’intérieur par sa foi en Aton, il s’opposera rapidement au clergé de Thèbes en tirant parti de son immunité pour contester ses prérogatives comme ses croyances.Il se fera beaucoup d’ennemis et il aura tendance à s’entourer d’un noyau d’amis sûrs pour déjouer le£complots de toutes sortes tramés contre lui.Paranoïaque, autoritaire, colérique, suprêmement orgueilleux, il fera surtout confiance à un homme, Kenofer, dont l’histoire n’a pas gardé de trace puisqu’il est inventé de toutes pièces par le romancier.Ce Kenofer, fils d’esclave artisan, est le véritable pivot autour duquel s’articule le roman.Bien avant de devenir l’amant de la Néfertiti du titre, Kenofer devra s’initier aux intrigues de la cour et se livrer à des missions délicates au nom du pharaon, et ses origines permettent à Klein de tracer à larges traits un saisissant pprtrait des classes sociales dans l’Égypte pharaonique, 1600 ans avant Jésus-Christ.On sortira de cette vaste fresque où l’amitié et la fidélité jouent un rôle de premier plan en se souvenant de la fervente folie d’Akhénaton et de l’indéfectible lien qui l’unit à Kenofer.GRAMMAIRE EGYPTIENNE Champollion Préface de Christian Jacq Solin-Actes Sud Arles, 1841 et 1997,555 pages Jean-François Champollion avait 32 ans lorsqu’il perça le mystère des hiéroglyphes en 1822.11 y aura consacré beaucoup d’énergie, apprenant le syriaque, le copte, l’éthiopien, l’araméen et le persan après avoir lu tout ce qui s’était publié sur le sujet, rappelle Christian Jacq dans sa précieuse préface.Et il dut faire *in! C 0 >7* “H .•T» T («•») h 7* ¦M PM H 7* Vv * Jr -•» II fi '7* î’Tï ï oo» • • t> * fré-’c’- *T 77 < ,4.Æi -ÆB- (• •> 7* ï (»»¦) « * * (¦¦> é «t » *8 2f or?3C x.« ÇT 6.1 VV -t+4 71 a Je H .*• X ¦ *—> Or* • M V •A) EU.¦â a *! M **'•fi 4i jus-m-M m •M (¦•! •U 1 £t Irnv >»* H r 7* à- (•¦«> -i •U 'T (SrV (¦ ¦) m 4* &• ram- P TTTPTSTT Détail d’une planche de la grammaire égyptienne de Champollion face à une véritable coalition d’adversaires avant de faire admettre sa découverte.En travaillant sur une mauvaise copie de la pierre de Rosette — l’original reposait au British Museum — durant de longues années puis sur une lithographie d’une petite obélisque du temple de Philae, c’est le 14 septembre 1822 que Champollion a l’intuition que les hiéroglyphes sont à la fois des sons et des pictogrammes et qu’il parvient à déchiffrer le nom de Ramsès puis celui de Touthmosis.On nous raconte tout cela avec force détails en soulignant l’importance de la contribution de Champollion, qui mourut dix ans plus tard avant même de voir publiée sa Grammaire à laquelle il a consacré ses dernières années.On trouvera aussi des extraits de lettres et de journal et des citations de Champollion tirées de son Précis du système hiéroglyphique.Mais pour l’amateur d’«égyptienneries», le véritable choc viendra en tournant les pages du texte de l’édition de 1841 qu’on nous offre ici.Au delà des hiéroglyphes Deux romans, deux auteurs différents; la même époque et pas tout à fait la même histoire.SEIGNEUR DES DEUX TERRES Première partie: Les Chevaux du fleuve Pauline Gedge Traduction de l’anglais par Claude Seban Stock, Paris 1998,305 pages PHARAON Francis Fèvre France-Empire Paris, 1999,335 pages MICHEL B É LAIR I.E DEVOIR Il y a quelques semaines, le réseau américain Fox présentait en direct — et en «prime time» — l’ouverture d’un sarcophage égyptien vieux de plus de 3500 ans et situé tout juste entre les deux pattes du Sphinx.Caméras, projecteurs, émotion non contenue de l’archéologue et de la jolie présentatrice: la télé campe chez Ramsès.après la pause commerciale.Les éditeurs, eux, avaient déjà compris.Cet engouement pour la patrie .des pyramides ne date pas d’hier et 1’Égypte occupe l’avant-scène dans la grande vitrine du roman historique.Centre du monde pendant quelques dizaines de siècles (!), il n’y a rien détonnant à ce que «l’empire des Deux Terres» ait fasciné toutes les époques depuis 4 ou 5000 ans.Tout le monde connaît Cléopâtre, Néfertiti, Néfertari et Ramsès, sans parler de Toutânkha-mon.Les noms de Pythagore, d’Alexandre le Grand, de César et de Napoléon sont associés aux pyramides tout autant que ceux des grands pharaons.Le Moyen Age utilisait la poudre de momie dans ses philtres de longévité.Et Champollion a sacrifié sa vie au décryptage des hiéroglyphes, un mystère qui obsédait les homme,s depuis presque 2000 ans.Toujours, l’Égypte, ses pyramides et sa grandeur ont fait partie de l’imaginaire des humains.Comme une sorte de référence.De point de comparaison.De jauge et de juge.Dans la fournée des livres sur l’Égypte arrivés sur les tablettes au PAULINE GEDGE des Deux l'erres Francis cours des derniers mois, une curiosité: deux romans viennent raconter la même époque en se basant sur les mêmes personnages historiques.L’occasion est belle d’aller voir ce qui peut attirer deux romanciers sur la même dépouille.Femmes fortes Sans vouloir jouer au spécialiste, il faut souligner à quel point l’époque choisie par Francis Fèvre et Pauline Gedge est fascinante.C’est une sorte d’hiatus.De pause.Ceux que nos livres d’histoire appellent Hittites (ou Hyk-sos) régnent sur le delta du Nil.D’autres, comme Pauline Gedge, les nomment plutôt Sétiou.Menfin!, ils gouvernent.Ils sont venus de l’Est avec leurs guerriers terrifiants, ils ont traversé les montagnes et le désert, renversé les armées du Pharaqn, pris le contrôle du delta et coupé l’Égypte en deux, laissant, au Sud, la noblesse administrer les terres, divisant pour mieux régner.Il y a presque une centaine d’années que cela dure.Avec le temps, les occupants deviennent de plus en plus arrogants, s’arrogent le titre de pharaon, imposent leurs dieux en les «égyptianisant».Et la résistance se cristallise autour de la ville de Thèbes et du personnage historique de Séqénenrê, le père d’Ahmosis (Kamo-sé) qui va réunir les Deux Terres et fonderie Nouvel Empire.C’est dans cet élan de transformation de l’Histoire que se situent nos deux romans et c’est, bien sûr, dans la «.le mot geisha a beaucoup perdu de sa grandeur et de ses vertus originelles.Dans un premier roman somptueux, Arthur Golden lui redonne son essence d’artiste et ses lettres de noblesse.» Jean Fugère j Arthur Golden FGeisha www.hachette.qc.ca façon dont les auteurs transposeront la réalité historique à partir de leur perception que se situeront leurs différences.Pauline Gedge amorce, elle, une trilogie avec Les Chevaux du fleuve et son récit s’arrête au moment où la reconquête n’apparaît encore que comme une inévitable rencontre avec le destin.Le Pharaon de Francis pèvre, un livre plus «nerveux», plus «Égypte traditionnelle», raconte tout l’épisode: la révolte de Séqénenrê, sa défaite, la vengeance de ses fils, la reprise du pouvoir et la fondation du Nouvel Empire.Dans les deux livres, Séqénenrê a\> paraît comme un personnage fascinant, royal, orgueilleux.Il est plus conciliant, plus mûr, plus «humain» chez Pauline Gedge, qui prend le temps d’en faire autre chose qu’un héros monolithique.On peut dire la même chose de ses deux fils, un peu figés dans la définition historique de leur personnage chez Francis Fèvre.Mais c’est ailleurs que l’on sentira une différence d’approche fondamentale: dans la conception des personnages féminins.Pharaon décrit un monde pétri d’intrigues et de manœuvres politiques de toutes sortes dominées, toujours, par l’entourage féminin de Séqénenrê et de ses fils.Pendant que les hommes font la guerre et jouent à l’homme en défiant î’usurpateur, les femmes complotent en se regroupant par clan.Te-tishery, Meule, est une froide calculatrice qui joue ses pions sur tous les fronts comme si elle était à la tête d’une sorte.de vaste conspiration pour dominer l’Égypte par gènes interposés autant que par ses propres intérêts politiques.La cour comme la jeune reine Néfertari ne sont que des pièces de l’échiquier entre ses mains, qui contrôlent tout jusqu’à ce que Ahmo-sis prévale enfin.Partout domine une volonté de puissance, comme si déjà les femmes aspiraient à l’égalité en souhaitant s’approprier le pouvoir réservé au pharaon.Chez Pauline* Gedge, l’approche est complètement différente, du moins dans ce premier tome de la série des Seigneurs des Deux Terres.Les personnages féminins y sont des complices plutôt que des adversaires.C’est par elles et pour elles que les héros masculins atteignent à la grandeur historique de leur rôle.L’épouse de Séqénenrê, Ah-hotep, et sa mère, Tetishery, s’imposent plutôt comme de véritables catalyseurs attisant parfois le feu de la vengeance çt à d’autres moments préconisant toute une série de valeurs comme la compassion, la tendresse et la patience.Au bout du compte, on arrive presque au même résultat les envahisseurs seront re|X)ussés hors du delta et l’Egypte connaîtra quelques décennies plus tard son apogée avec le règne de Ramsès IL On en retiendra que, malgré la rigueur des faits historiques, la fiction permet à deux romanciers s’inspirant des mêmes personnages et des mêmes événements une marge de manœuvre mettant d’abord en relief leur propre subjectivité. SOURCE ÉDITIONS TROIS-PISTOLES LA VIE LITTÉRAIRE La grande noirceur québécoise (détail), 1999, une œuvre de Yves Harrison qui illustre la couverture du Manuel de la petite littérature du Québec, de Victor-Lévy Beaulieu.Pour le plaisir La petite littérature québécoise toujours vivante Dans le calme bucolique de ses Trois-Pistoles, l’auteur Victor-Lévy Beaulieu travaille toujours à la réédition complète de l’ensemble de ses œuvres.Vaillant personnage, à l’ambition littéraire un peu folle, diront certains, compte tenu de l’ampleur de la tâche, l’écrivain fait reparaître ces jours derniers son Manuel de la petite littérature du Québec.Pur délice.A H I E - A N I) R É E Vj CHOUINARD LE DEVOIR tiÉ g ous les avez sans doute vus, ces volumes, tous de W même facture: couverture à'l’ancienne, avec, en caractères volumineux, bien en vue en haut de la page, l’insigne de l’auteur, VLB.Œuvres complètes, tome.22, dans le qui nous occupe.Grande qualité d'impression, beau papier, odeur de livre neuf neuf neuf.Avec derrière lui ces autres volumes qu’il s’est donné è’ômme mission de republier sous la meme étiquette, où les tomes appariassent selon le hasard éditorial ( le n ’ 26, 1m Tête de Monsieur Ferron, fut ainsi mis en circulation l’année dernière), Victor-Lévy Beaulieu livre le n1^ 22 de cette œuvre sous la forme de ççt eisai d’abord paru au cours des ajipées 70, Manuel de la petite littéra-tiire du Québec.'¦ En’quatrième de couverture, l’entreprise est définie ainsi: «véritable panorama de la souffrance, de la dérision et du désespoir collectif»-, «voyage dans le délire» fait à travers une série de documents sur lesquels l’auteur a mis la ntain à force de recherches; «exploration de la grande noirceur», d’un «p’tit monde rétréci, replié sur lui-même et sur ses phantasmes».En l’espace de 500 pages, VLB brosse effectivement le portrait de cette littérature dite «petite» mais non moins passionnante.«On parle ici de Ludivine Ijachance, l’infirme des infirmes, sourde-muette et aveugle; de nos stigmatisés et de nos martyrs en devenir, de la tuberculose et de l’alcoolis-nie, des monographies des paroisses et des écrivains obscurs; des poètes naïfs et des pamphlétaires», affirme-t-on, brossant ici un tableau du contenu du livre que l’auteur construit autour d’un exposé sur chacun des thèmes appuyés par de multiples documents d’époque, parmi lesquels quelques petites perles.C’est en travaillant lui-même à la préparation d’un roman que VLB a par hasard mis la main sur quelque dôcurhent rare, peu connu, mais d’une1 richesse qu’il a perçue peu cpinihune.«Je suis donc devenu ce (fit'on appelle un bouquineur, relate-t-il en introduction.Je savais ce que je cherchais: en fait, tout ce qui pouvait apoir un rapport, même lointain, avec lès Trois-Pistoles du XIX siècle.En réalité, c’est tout le Québec qui devint bientôt, dans la fantaisie de mes recherches et de mes trouvailles, un vaste Trois-Pistoles dont la banlieue, Saint-Jean-de-Dieu, ne manqua pas d’être pour moi comme l’ambiguïté fondamentale de ce pays», raconte l’écrivain.Perles d’écriture 'Mais il faut surtout fureter dans cet imposant volume pour trouver des perles d’écriture, pas tant dans le Idyle que dans le contenu et surtout l’époque qu’elles reflètent.Dans le chapitre troisième, voué à l’ivrogne-riè, tiré du Petit Manuel antialcoolique dédié à la jeunesse canadienne (R.-P.Sylvain, chanoine, Rimouski, 1905): «Comment peut-on distinguer un alcoolique d’un ivrogne?», demande-t-on à la «jeunesse».«L’alcoolique est celui qui prend habituellement de la boisson, plusieurs verres par jour, ¦•(\ns faire d'excès graves, tandis que Prorogue est celui qui tombe de temps d'autre dans de grands excès.[.] I.’ivrogne se signale souvent à l’attention et au mépris de tous, en étalant en public le spectacle de sa dégradation; il se rend volontairement l’objet des risées de tous par les grimaces et les sottises qu’il affecte de faire pendant ses crises d’ivresse tout au moins, car aussitôt revenu à son bon sens, il a souvent honte de lui-même, il éprouve du dégoût pour l’état d’abjection où il est tombé et il maudit sa passion jusqu’au moment où il recommence à la satisfaire.» Dans le Petit Catéchisme de tempérance et de tuberculose (Edmond Rousseau, Québec, 1915), le candidat potentiel à la maladie lira avec une attention soutenue toutes les règles à suivre pour augmenter les chances de ne pas contracter la tuberculose: «1.Ne jamais cracher sur le plancher, sur le mur; 2, Ne jamais mettre ses doigts dans la bouche, le nez, ni s’essuyer avec la main ou sur sa manche; 3.Ne jamais humecter son doigt dans la bouche pour tourner les feuillets d’un livre, ni mettre ses crayons dans la bouche ou les humecter avec ses lèvres; [.] 6.Ne jamais tousser ou éternuer dans le visage d’une autre personne, mais tenir un mouchoir devant sa bouche; 7.Ne pas embrasser une personne qui tousse; [.] et.10.Autant que possible vivre au grand air sept à huit heures par jour.» Dans le Manuel des parents chrétiens (abbé Alexis Mailloux, L’Action sociale, Québec, 1909), quelques conseils à l’intention des parents ayant une jeune fille à couver sous leur toit: «Ne laissez jamais votre fille seule avec le jeune homme qui la fréquente, pas même un instant, s’il est possible.Que ses visites ne se prolongent jamais à une heure avancée de la nuit: c’est un désordre.Ne permettez pas à votre fille d’aller seule conduire à la porte celui qui la fréquente: c’est contraire à la bienséance.» Et enfin, pour terminer sur une note humoristique, tout droit tiré de l'Almanach du fou rire (Damase Du-buc, Québec, 1917), une ou deux strophes de L’Ménage de Bram, qu’on peut réciter en ode ou fredonner en chanson: «Tout d’in coup, al l’prend dans ses bras, Tdorlote en gui parlant pus bas: Non, non, non, brail’ point, mon beau marie, mon gros trésor d'amour d’arzent! Fais bell’ risett’, cer tit n’enfant!.Fais minouche a sa m’man, ma parle!.Salis des cotiss’, mon beau tit tou! Fais gros pupis, cacas étou, d’in continu, c’est ton affére!.T’es pas meulad’, c’est l’principal!.En ouèye! En ouèye! C’est ben égal, j’vas êfair' laver par ton péri.» Salon du livre de l’Outaouais Le Salon du livre de l’Outaouais, qui a accueilli ses derniers visiteurs dimanche dernier, termine l’aventure 1999 avec un bilan positif.Sans livrer encore les statistiques officielles — on parle pour l’instant de «plus de 30 000 visiteurs» alors que, l’an dernier, on en avait accueilli 32 000 —, les organisateurs estiment avoir passé par-dessus les possibles freins à la vingtième édition: temps splendide n’incitant pas les gens à s’enfermer dans une méga-librairie, grève des techniciens de Radio-Canada qui a donné lieu à l’annulation de plusieurs activités du Salon, tenue quasi simultanée du Salon du livre de Paris où le tout-Québec littéraire semblait s’être donné rendez-vous.Les amateurs de bouquins semblent avoir fait fi de tout ceci, tentant l’aventure du Salon coûte que coûte.On compte repenser la formule espace: une trentaine d’éditeurs ont été refusés cette année, faute d’espace au Palais des congrès de Hull: «Il faut réfléchir à l’avenir du Salon qui étouffe dans ses locaux actuels», prévient ainsi l’équipe.En attendant, on prépare l’entrée du prochain salon dans le.XXL siècle! ï Rencontres avec René Major René Major, médecin, psychiatre et psychanalyste, d'origine canadienne, a été directeur de l'Institut de psychanalyse à Paris et directeur de programme au Collège International de philosophie.Il a fondé la revue Confrontation et la revue Contretemps.Il est l'initiateur des États Généraux de la psychanalyse qui se tiendront à la Sorbonne en l'an 2000.'.Vf” CAUSERIE OLIVIERI Les enjeux de la psychanalyse en l'an 2000 Du conservatisme institutionnel à la subversion permanente avec Simon HAREL (UQAM) et Ginette MICMAUD (Université de Montréal) Mardi 6 avril à 19 h 30 Frais d’inscription: général 10$ étudiants 5$ ami(e)s gratuit Au bistro de la librairie Olivieri (5219 Côte-des-Neiges) Métro Côte-des-Neiges Olivieri .librairie-bistro RSVP: 514.739.3639 % • ,• CONFÉRENCE Résistances à la psychanalyse et résistances de la psychanalyse De Freud à Lacan et au-delà Vendredi 9 avril à 19h30 Frais d'inscription (taxes incluses): non-membres 20$ membres, professionnel(le)s du CHUM 15$ étudiants (avec carte) 10$ Amphithéâtre Rousselot du CHUM (1560 rue Sherbrooke est) Campus Notre-Dame Information: Diane Latendresse - 381.4887 TRÉSORS SOCIÉTÉ 2 Le* collections W ^ Musée J Marguerite Hogue-Cbiiricbots • R^-roûrtdPjrÊ Les nouveaux retraités m a * c r l BROUILLARD Sur la route de Fl O t » ’ *£>*'*¦ n1 tbahvànut SOCIALE Kl DES riots jean-Claude Dub# LE CHEVALIER DE MONTMAGNY outx Initiation à l'éthique sociale Louis O'Neill Un instrument devaluation morale pour ceux qui croient à la construction d'un monde plus humain.La chorégraphie divine Jean Proulx « Un chant à l'univers qui est aussi un hommage au Dieu qui s'y cache et s'y révèle à la fois.» Benoit Lacroix Salon du livre de Québec Stand 250 Riccardo Le chevalier de Montmagny Jean-Claude Dubé Le destin tout à fait extraordinaire du premier gouverneur en titre de la Nouvelle-France.Trésors de société Richard Dubé Un itinéraire exceptionnel au cœur des collections du Musée de la civilisation.Sur la route de Vaudreuil Marcel Brouillard Une chronique de la petite et de la grande histoire de Vaudreuil et du Québec.Écueils de la mondialisation Riccardo Petrella Un cri d'alarme pour redéfinir un nouveau contrat social.Petrella Écueils de la mondialisation i rfrfcr J ut » omnii i*W ?Ix» rr^odrs tMifmmn Marguerite Hogue-Charlebois et Raymond Paré Comment favoriser une attitude d'ouverture aux autres pour lutter contre les dangers de l'exclusion ou de l'isolement.Les nouveaux retraités jean-Marc Piotte Les grands penseurs du inonde occidental Les grands penseurs du monde occidental Jean-Marc Piotte Un ouvrage de référence pour tous ceux qui s'intéressent aux idées morales et politiques.1 { I) U) I.E I) E V I) I II .L E S S A M K I) I 3 E T I) I M A N C II E 1 A V R I L I !» !» !» Illusion baroque La vie entre le compte-rendu et le roman La vie a-t-elle un sens ?C’est la fonction des biographies d’y répondre.Éperdument épris de son sujet ou simplement curieux des dessous d’une vie, le biographe épouse une cause.Il croit dans la vocation de son sujet, forme moderne des avatars du destin.GUYLAINE M A S S O U T R E En février dernier, le premier Salon de la biographie s’est tenu à Nîmes.Cette foire du livre spécialisé attire l’attention sur un phénomène culturel de plus en plus significatif: la parution d'un nombre exponentiel de biographies.En moins d'un an, voilà cinq Jean Moulin, trois Gide, trois Cléopâtre, deux Comtesse de Ségur.et une pléthore de De Gaulle ou de Napoléon.dans un éventail de plumes de plus en plus affûtées.D'un coup d’œil, balayons ce genre florissant et attrayant — sans équivalent en volume dans l’édition québécoise —, pour mieux comprendre l’engouement du public.On peut répartir les biographies littéraires récentes en trois catégories: celles qui racontent une vie plus ou moins romancée, celles qui l’analysent en détail et celles qui la pistent sous un angle net.Du chercheur qui couronne sa vie par un monument de documentation, en passant par le journaliste qui enquête parmi les vivants en suivant un fil, les biographes ont un point commun: ils transforment leur intuition en preuve par neuf.L’invention d’un genre Plus que le scandale, le biographe aime l'ordre.S’il s’empare des secrets d’alcôve ou de couloir, c’est pour mieux gommer les ruptures de sens, les bizarreries d’une personnalité, les perspectives en cul-de-sac.Sous sa plume, les incohérences d’une vie se fondent dans les ornières du chemin.Or, la vie n’est-elle qu’un long fleuve tranquille?La thèse biographique, qui forge les mythes, fait tout pour nous en convaincre.Sans toujours y parvenir.Aujourd’hui, les biographies, qui rivalisent d’intelligence, se lisent comme des romans.Rares sont les fins limiers qui avoueront leur perplexité en bout de piste.Leur savoir n’en est pas moins provisoire: la conscience litté-f-raire d’écrire autorise maintes relectures des documents.De plus, de grandes plumes, comme celle de Stephan Zweig, ont donné au genre cette impulsion littéraire que l’anecdotique, soudain revisité par la psychanalyse, notait pas investir.A cet égard, on comparera la biographie de Beckett par Deirdre Bair (1978) et les mille pages de James Knowlson, simplement intitulées Beckett (1999).Toutes deux autorisées par l'écrivain, elles s’engloutissent l’une dans l’autre.Beckett s’est lui-même piqué au jeu, contribuant à ce phénomène comme un document neuf.Quant au poids du volume, il n’effacera jamais ce que de minces plaquettes apportent à la connaissance d'un homme: L’Amitié de Beckett (Hermann, 1992), de André Bernold, en est un exemple.James Knowlson a fait un travail incomparable et passionnant.Mais, face au divorce entre la vie et l’œuvre de Beckett, il préfère refuser les ruptures.C’est pourquoi il trouve des images simples, vécues au plus profond de l’œuvre.Un lien entre l’écriture et le quotidien est ainsi proposé.Les détails acquièrent alors une cohérence que Knowlson authentifie avec élégance, grâce aux conversations avec Beckett où se confirment ses conjectures.Illusion de vérité.Quand l’art demeure mineur Les biographes n’en demeurent pas moins polymorphes.Entre l’hagiographie d’un Joachim Bouflet, avec la mystique Edith Stein, philosophe crucifiée (1998), et le singulier Martin et Hannah de Catherine Clément (1999) — un scénario exaspérant des amours présumées entre Heidegger et Hannah Arendt —, nulle commune mesure.Le territoire traditionnel de la biographie continue de s’étendre du panégyrique au projet ringard.A l’opposé du travail d’historien sourcilleux, il existe des écritures plus carnavalesques.Quand Michel Pey-ramaure commence le parcours singulier de Suzanne Valadon, dans Les Escaliers de Montmartre et Le Temps des ivresses (1998), il pense à sa grand-mère, qui vécut au temps des Impressionnistes.Suzanne réussit à être leur femme ou leur modèle: elle fréquente Renoir, Lautrec, Degas, Utrillo, Modi- Balises d’un genre Chaque biographe polit son projet selon son tempérament et les aléas — qu’il s’acharne à réduire — de son information.L’empirisme anglais qui a conduit aux 1492 pages de James Boswell sur Johnson demeure l’exemple limite de l’art de ne pas savoir s’arrêter.Cioran déclarait que les biographes finiraient par vous dégoûter d’avoir une vie.A ces partis pris s’ajoute la question légale.La liberté d’expression cesse devant les droits de la vie privée.En France, on entend par là l’identité (patronyme et adresse), la vie sentimentale, conjugale et sexuelle, ainsi que les convictions religieuses et politiques.Le biographe navigue donc entre des écueils: l’indiscrétion et la mise à nu des zones grises.Quand Alain Delon, au vu d’un scénario, interdit au journaliste Bernard Violet d’écrire sa biographie, évite-t-il de livrer en pâture des détails scabreux de sa vie?Laure Adler, à propos de Marguerite Duras, Pierre As- souline, avec Simenon (Folio, 1996) et Hergé (Folio, 1998), ou Didier Eri-bon, le biographe de Michel Foucault, se défendent d’écrire des hagiographies, tout en respectant l'accord de la personne ou des ayants droit Entre la «biographie autorisée» et la «biographie-démolition», copime cela se pratique aux Etats-Unis, les barrières cèdent à condition que la personnalité publique en soit irradiée.Le plus simple est encore d’écrire lorsque cessent les droits.D’où la multiplication des biographies consacrées aux auteurs du XIX" siècle.Dans cette mer se noie à nouveau Pierre Loti, le pèlerin de la planète, ce superbe isolé, par Alain Quella-Villéger, un lotivore patenté.Heureusement, les plus piquantes énigmes ne seront jamais levées.Comme l’homosexualité de Proust.Pourtant, si nous lisons des biographies, n'est-ce pas pour éclairer ce qui en nous relève des grands mystères de la vie et de la mort?G.M.LOT I I loiiri Miiierand lomr I.y / ,l‘
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