Le devoir, 17 avril 1999, Cahier D
L K 1) E V O 1 It .1.K S S A M EDI 17 E T D 1 M A X ŸA .M\\i de* ,, * ¦M, SUITE DE LA PAGE D 1 L’important, c’est de cheminer Le bon lecteur préfère la lenteur d’avancer dans des descriptions, comme pour mieux frayer à travers la broussaille, au matraquage des images filmées.Disponible, il parcourt en rêve une topographie affective, capricieuse, dont les mariages de couleurs sublimes ne s’opéreront jamais que sur un fond d’encre noire.Il jouit des dénivelés du style: déployant ses cartes (qu’il lui arrive de nommer scénario ou de quelque autre nom de structure), il domine à hauteur égale les accidents du terrain.Il lit en contre-plongée, à distance constante, en regardant ses pieds.Ce lecteur, arpenteur d’univers mentaux, a l’air d’un somnambule.Son livre en main, il n’entend ni ne voit rien de ce qui l’entoure, tout occupé, pour connaître le monde, à s’en extraire.Voyageur assis, explorateur couché, il tremble au gré des aventures qu’il se contente d’accompagner du mouvement des yeux.Pourtant, voyez ce sédentaire hibernant s’extirper de ses coussins: le corps engourdi, l’esprit confus, mais le regard illuminé, il revient d’un lointain voyage, chargé des trouvailles dégotées en chemin.Quel crédit accorder à une vie si apparemment futile, si baladeuse?Mathieu lin-don, dans ses Récits critiques, y a joliment répondu: «De même que Vhomme arrive novice à chaque âge de la vie, l’écrivain, perpétuellement, écrit le livre qui S rend compte de cet enseignement infini.» f Lesté de sa connaissance imaginaire, le lecteur initié se sent d’attaque pour affronter le monde dangereux dans lequel il inscrit à son tour sa propre histoire de vie.La chambre de verre Lire est une activité intimiste.Ce sentiment d’appareiller que procurent les grands thèmes moteurs précipite le lecteur vers des formes obsédantes de rêverie.Soudain aux prises avec une sensation intense, il se sent vivre.Jacques Godbout, côté crayon, appelle cela «vécrire».Fernand Ouellette, dans son bel essai Depuis Novalis (plusieurs fois récrit), récemment paru aux Editions du Noroît, écrit «Quiconque s'isole, se retourne vers lui-même, parce qu’il croit de cette façon pouvoir trouver.n’aura pas le choc de l’inattendu ou de la grâce de l'intuition, le vrai don qui n'est fait qu’à celui qui devient semblable à l’enfant.Dans toute quête véritable, il faut soutenir une longue et difficile attention aux moindres signes, une vie intérieure de poète, des sens exacerbés, rompus aux contacts, et une âme pieuse.» Lire, un restant d’enfance naive?Un instinct du risque, pris sans la gravité du risque?Une vie par procuration?Ces arguments de faiblesse, qui consistent à rabattre l’imagination sur l’hallucination délirante, portent l’amateur de romans à rire devant tant de défiance.Celui qui craint le plus d’entrer dans un monde inconnu est-il celui qui délimite le monde des autres ou celui qui se bagarre avec son oreiller?Dans une émission radiophonique au titre inspiré de «Dormeurs éveillés», le grand lecteur et romancier Julien Gracq expliquait: «Je crois que les grands thèmes imaginatijs [.] sont des mouvements simples, presque des gestes d’accepta- tion, de refus, de possession, d’évasion — les mêmes mouvements instinctif au fond qui ordonnent la ligne de notre vie.» Ces mots du corps en acte, ces gestes de relation aux autres surgissent des livres comme si des revenants, des êtres absents, avaient le pouvoir d’entrer par les mots dans votre intimité tranquille., „ > • Aussi le lecteur, d’autant plus susceptible que 1 auteurilui paraît incandescent, vit la certitude que ce qui l’entoure Lui.devient accessible: «Mon corps semblait enfermé dans um merveilleuse chambre de verre où nul bruit ne pouvait pénétrer, et mon esprit, délivré de tout contact avec les faits, libre m s’arrêter à telle ou telle méditation, était en harmonie avec fins,-, tant.» Virginia Woolf, qui décrit son état entre deux biblkfj thèques d’Oxford, exprime le bonheur protégé et béât dé, tout lecteur.L’écho de la lecture se répand comme la mh^jij-, licence d’un orgue.Attention à la marche.,, La compagnie des livres "U Le lecteur n’est un bâtisseur de pyra- ; mides qu’au sens second: sa cathédnüè ! vide, il la peuple en songe de trésors! étrangers.Ce qui ne lui a pas été offej-f, ’ il le pille, il le fait sien.S’emparant dps ' /es d’autrui, çê souvenirs et des rêves i prolonge et s’étire sur les chemin^ jm lui font signe.En cela, le livre est excellence le culte de l’instincL ! .' ’ ; Chez le littéraire, ce qui l’interpellé, ' qui passe pour du sens, est affecté'd'iin! gros indice de coefficient émotif: il vôjt' des phrases qui électrisent son esprit et ' qui vivifient son mal de l’autre: «Unf écriture intimiste requiert une lecture intimiste.Il faut avoir mal à l’autre, physiquement, par le transfert d'un langage décanté, qui n'a d'existence que s'il chancelle dans un corps qu’il rend malade.On entre à son tour dans la salle d’attente» (Jacques Brault).Les livres se font désirer, j Qui n’a jamais frémi de plaisir aux accents des voix silencieuses, vécu les passions des figures de papier?Telle la mouette de Tchékhov; telle la Bovary de Flaubert.Vu du sentiment qu’au fond du quotidien gît le merveilleux, les choses paraissent dures, les gens inamovibles, les lieux fermés.Tandis que «le livre est souple, il est dégagé.Il n’est pas une croûte.Il émane.Le plus sale, le plus épais émane.Il est pur.Il est d’âme.Il est divin.De plus, il s’abandonne» (Michaux).Le livre est une ligne de départ pour les grands élans.Ensuite, tout s’embrouille, et chacun se débrouille.L’équilibre d’un texte n’imposera jamais au lecteur attentif davantage que ses appétits complexes, ses intentions triomphales et la fausse logique de ses pensées confluentes.Face à cette matière hasardeuse, chaque auteur fait valoir que sa liberté se défend toute seule.Encore un mot.Comme Virginia Woolf l’écrivait triste;, ment, personne ne demande aux auteurs d’écrire des poèmes ou des romans.L’auteur fixe-t-il l’espace vide, sur votre rayonnage, qu’il est atteint de toutes les formes de découragement et de déséquilibre qu’il versera dans sps pages.Vous les retrouverez, soyez sûrs.Mais la majesté d’une œuvre littéraire dépend de la qualité de votre perception: on dit que comme les icebergs, elle tient à leur énorme part immergée.Alain Finkielkraut avec Antoine Robitaille L’Ingratitude Conversation sur notre temps Alain Finkielkraut ¦9 • i Æ.f ] L’Ingratitude 2 Conversion »ur notre icinp» 234 pages - 22,95 S GUY LALANCETTE Alain Finkielkraut Attentive, empathique, la dissertation que devient cet ouvrage sur le thème de la défense des " petites nations " est un puissant antidote aux clichés cosmopolites de l’heure.Lise Bissonnette (extrait de la préface) Lingratitude est de la lignée des livres grands, profonds, troublants.Louis Cornellier, Le Devoir C'est un livre important d’Alain Finkielkraut.C’est magnifiquement écrit.Bernard Pivot, Bouillon de culture / Il ne faudra y \ pas tuer # Madeleine X encore ¦V une fois Antoine Robitaille Si Finkielkraut n'écrivait pas, êtes-vous sûr qu'il ne faudrait pas l'inventer ?Élisabeth de Fontenay, Le Monde roman 21,95 $ Alain Finkielkraut au Québec 19 avril, 19 h Causerie avec Alain Finkielkraut et Antoine Robitaille Librairie Olivieri 5219, ch.de la Côte-des-Neiges Conférence et séance de dédicace 22 avril, 19 h 30 Musée de la civilisation de Québec 85, Dalhousie 20 avril, 19 h Centre communautaire juif 5480, Westbury QUÉBEC AMERIQUE www.quebec-amerique.com La vérité ne serait-elle que le plus vraisemblable des mensonges ?IP vlb éditeur Mill XAILKI.J www.edvlb.com ” O-w-CL yficlAACCrfX etc ti\ testai CltulC I 4 J L E I) E V 0 I K .LES S A M EDI 17 E T I) I M A X C HE IS A V III I.I H II II Henriette Walter Une femme de paroles La géographe de la langue française récrit l’histoire d’une langue imm mm MARCHAND lxpivssv H'V Autour exocet C i Ç» PUBLIEZ VOTRE LIVRE! FRÉDÉRIC DEMERS À propos de nous, elle relève notre tendance à l’assibilation: petit se prononce «ptsi» et dur, «dzur» «ts».«Mais on entend la même chose à la Réunion, cette île de l’océan Indien, proche de Madagascar!», assure-t-elle.Quant à nos «moé» et «toé» — qui s’écrivaient jadis «toy», «moy» —, «il s’agit en fait de la vieille prononciation aristocratique que vous avez conservée», ce qui n’est pas si honteux.Locutions et émotions Henriette Walter dresse également une liste de certaines de nos expressions, destinées aux étrangers qui veulent éviter les malentendus.Par ailleurs, elle a été particulièrement frappée par la richesse de nos locutions qui expriment les émotions: être «en beau joualvert», en «beau maudit», en.objets du culte.La liste qu’elle en donne est révélatrice, même si elle n’est pas exhaustive! On ne peut s’empêcher de demander à cette femme qui connaît si bien «les» français d’hier et d’aujourd’hui, d’ici et de là, comment se porte le français parlé, de nos jours.«Il faut distinguer l’état du français et sa situation.Pour le premier, c’est-à-dire la qualité de la langue qui se parle, je suis tout à fait sereine.On a souvent dit qu’elle se détériorait, qu'elle s’avilissait il y a cent, deux cents ans.Or la langue change — c'est d’ailleurs le symptôme de sa santé —, aujourd’hui comme auparavant, pour répondre aux besoins et aux circonstances.Et ce n’est pas forcément pour le moins bon.Le plus grave, c'est une langue comme le latin de Cicéron, qu’on a cessé de parler assez rapidement et qui est restée figée dans sa perfection.» La situation, elle, préoccupe davantage Henriette Walter.«Le français recule, on le sait, dans plusieurs pays.Il me semble qu'on pourrait y remédier en mettant à profit le capital de sympathie dont jouit le français un peu partout dans le monde, notamment comme langue de culture.Il n'est que de lire Le Testament français d’Andreï Makine pour s’en convaincre.Ce qu’il écrit sur la beauté de la langue française, c’est superbe, non?» Mais le français est relativement JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le français est relativement difficile, reconnaît Henriette Walter, même s’il ne s’agit que de le baragouiner.«Parler mal l’anglais, ça va très vite; mais parler mal le français, c’est plus ardu!» difficile, Henriette Walter le reconnaît, même s’il ne s’agit que de le baragouiner.«Parler mal l’anglais, ça va très vite; mais parler mal le français, c’est plus ardu! Nos conjugaisons de verbes sont compliquées de même que les accords, et notre graphie est souvent capricieuse.» Pourquoi, alors, ne pas réformer l’orthographe?«Ce serait sûrement souhaitable.Cela, d’ailleurs, s'est déjà fait; ce n’est que depuis le siècle dernier qu’on a eu ce braquage contre les changements.» Il est vrai que ces complications nous permettent de bien belles dictées.«En effet, mais j'aimerais qu'on fasse un championnat en n’utilisant que les mots les plus usuels, où il y a déjà de jolis pièges.» Quoi qu’il en soit, Henriette Walter sait nous rendre aimable notre langue, écrite ou parlée.Sans doute faut-il être savant comme elle pour la connaître aussi intimement, mais il suffit de se laisser aller au plaisir de lire Le français d’ici, de là, de là-bas pour en apprendre beaucoup.LE FRANÇAIS D’ICI, DE LÀ, DE LÀ-BAS Henriette Walter J C Lattès, Paris, 1998,416 pages Les éditions CARTE BLANCHE vous offrent un service complet d’édition PETITS ET GROS TIRAGES, PROMOTION, DISTRIBUTION Rédaction, révision, correction, traduction, typographie, graphisme Pour recevoir notre dépliant : Tél.: (514) 276-1298 Fax: (514) 276-1349 carteblanche@vl.videotron.ca Tous des provinciaux C’est précisément ce que l’on ressent en lisant Le français d’ici, d’ailleurs, de là-bas, qui s’adresse à Ull.UI' 1)1 MU essai 19,95 S En conquérant le mondej « notre » Céline a-t-elle renoncé à son identité ?«Un francophone révèle d’abord le pays ou la région d’où il vient, bien plus que son âge ou son appartenance» ROBERT CHARTRAND Bien avant d’écrire des livres fort savants sur la phonologie du français, Henriette Walter avait eu l’intuition que la linguistique, c’est l’affaire de tout le monde: chacun de nous en fait dès lors qu’il parle, comme le bourgeois gentilhomme de Molière faisait de la prose.sans le savoir! Henriette Walter a donc été une linguiste spontanée dès son plus jeune âge avant de le devenir de façon plus réfléchie.Née en Tunisie d’un père italien et d’une mère française, elle a aussi entendu parler le grec et l’arabe autour d’elle.«Ç'a été un cadeau du ciel de naître dans un pays multilingue; je n’avais pas peur d’une langue que je ne connaissais pas.Cela m’a donné une confiance et une ouverture aux autres dès l’enfance.Très tôt, j’ai eu l’intuition de la relativité de la langue par rapport au monde.J’ai su qu’il y avait différentes façons, également valables, de dire les choses.» Henriette Walter a d’abord été professeur d’anglais, puis, à 34 ans, elle fait une rencontre capitale.Un phonéticien, ayant remarqué qu’elle a une excellente «oreille», la recommande auprès du grand linguiste André Martinet.Elle devient son élève, et très vite sa collaboratrice: la carrière de linguiste d’Henriette Walter est lancée.«Il m’a appris qu’être linguiste, c’est d’abord essayer de comprendre dans quelle mesure une langue est différente de toutes les autres.» Le français-étalon En 1973, elle publia, en collaboration avec Martinet, un Dictionnaire de la prononciation française dans son usage réel, qui devait servir de référence pour l’enseignement du français aux étrangers.«Il fallait trouver un étalon de prononciation, un parler français dynamique que tout le monde aurait envie d'imiter, dont on pourrait dire en l'entendant: voilà du français cultivé.» Or elle découvre à sa grande surprise que ce français standard est celui que parlent les Parisiens.d’adoption! «Ils sont nés ailleurs et, vivant dans la capitale, ils ont supprimé certaines caractéristiques trop nettes de Içur accent, ils ont effacé certains angles, en quelque sorte.» Quant aux Parisiens de souche, Henriette Walter a’eu bien de la peine à en trouver; et de toute manière, ils parlent, selon la phonéticienne, un français régional © aussi typé que les autres.; Le Paris de ceux-ci est donc un «terroir» linguistique au même titre due les autres.Mais il y a aussi un «Paris-creuset», celui où se mêlent et Raffinent les accents de gens venus 4’ailleurs, attirés par l’effervescence de la Ville lumière.Cette distinction surprenante, on la trouve, parmi mille autres aperçus, dans le dernier ouvrage que vient de publier Henriette Walter, Le français d’ici, d’ailleurs, de la-bas, un gros livre à lire d’une traite du en musardant, et qui s’adresse à tpus ceux que le français intéresse.C’est, en effet, un ouvrage destiné au grand public, le quatrième d’Henriette Walter depuis Le français dans tous les sens, qui avait remporté en 1988 le Grand Prix de l’Académie française, qui fut surtout un best-seller, un petit chef-d’œuvre de vulgarisation intelligente dans lequel l’au-tfeure retraçait notamment l’histoire de certains mots et diverses curiosités de notre langue.Henriette Walter venait de trouver le moyen de rendre accessible à tous lp résultat de ses recherches, de partager son savoir et sa passion avec le plus grand nombre.«Comme la linguistique fait peur aux gens — ils pensent que c'est très difficile et très abstrait—,j'ai voulu montrer qu'elle peut être amusante et qu'elle nous touche tous, puisque nous parlons.» tous les francophones, d’où qu’ils soient.«On m'a posé la question suivante: mais ici, où est-ce, d’après vous?J'ai répondu sans hésiter: c’est où je suis maintenant, quel que soit le coin du monde où je me trouve.Tout est relatif, en matière de langue et de prononciation.» Ainsi, tous les francophones sont des provinciaux aux yeux ou à l’oreille des autres, ce qui ne devrait chagriner que les pète-sec.Et si l’histoire du français est passionnante, sa géographie ne l’est pas moins: c’est sur elle qu’Henriette Walter s’attarde dans ce livre.«Je me suis rendu compte qu’un francophone révèle d’abord le pays ou la région d’où il vient, bien plus que son âge ou son appartenance à un milieu social, à un métier.En revanche, on peut deviner, à écouter parler un anglophone, son pays d'origine, mais également, très vite, s'il a fait ou non des études, par exemple.Chez un francophone, on saura d'abord s’il est du Midi de la France ou du Nord, Belge ou Québécois; mais ce n'est qu'après, à certaines nuances, qu’on pourra se rendre compte s’il est instruit ou pas.» Bref, le français parlé est, de prime abord, plutôt égalitaire, n’en déplaise à ceux qui parlent pointu.Peut-être n’est-ce que justice: après tout, le snobisme est un mot d’origine anglaise.Si Paris est souvent évoqué dans le livre d’Henriette Walter, il y est aussi abondamment question des particularités lexicales et phonologiques des régions de France, qui sont autant de «pays».«Le pays recouvre une notion et une réalité très anciennes: celles du “pa-vus" latin, ce territoire tout petit qui est le plus proche de nous.D’où la liste, que je me suis amusée à dresser, des noms de pays qu’on retrouve dans les divers toponymes français.» Et, bien sûr, Henriette Walter ne s’en tient pas à la France; elle passe en revue le français qu’on parle en Belgique, dans les Antilles, en Louisiane, en Acadie, au Québec, qui sont autant de «pays» francophones.P! vlb éditeur www.edvlb.com Virgin : de Boy George aux Mégastores.u’il soit sur le terrain des affaires, sur les mers en train de traverser l’Atlantique en voilier, ou à bord d’une montgolfière essayant de faire le tour du monde, le parcours du créateur de Virgin, Richard Branson, est fait d’aventures, de coups de foudre et d’audace.L\S Virginités Traduction de Losing My Virginity de Richard Branson Préface de Pierre Marchand 486 pages - 24,95 $ ** L’aventure Virgin est devenue un style de vie.** Pierre Marchand, directeur général de MusiquePlus et Musimax.Comment cet enfant terrible des ' années soixante a mis au monde Virgin Music, la ligne aérienne Virgin Atlantic, le Virgin Cola ou les impressionnants Virgin Mégastores, entre autres, voilà ce que confie le milliardaire britannique dans son autobiographie intitulée Mes Virginités.Un récit décontracté qui fait le tour d’une personnalité provocatrice et inspirante.Éditions Libre Expression 2016, rue Saint-Hubert Montréal H2L3Z5 I.K I) E V OIK, L K S S A M K DI 17 E T D I M A X C HE I K A V KM.I !» !l !l I) A -•- Livres -»- LETTRES QUÉBÉCOISES Etincelles de vie, épisodes d’amour L’AMOUR RECONNU Naïm Kattan L’Hexagone, 1999,188 pages LE SILENCE DES ADIEUX Naïm Kattan Hurtubise/HMH, coU.«L'Arbre» ,1999,176 pages Le roman Cela saute aux yeux à la lecture de L'Amour reconnu, un roman qui aurait pu être ramené aux dimensions d'une nouvelle et dont l’histoire est une réponse parmi d’autres à cette question: est-il possible de ¦< naître» à l’amour sur le tard?ou plus précisément: un homme et une femme peuvent-ils s'aimer après s’être d'abord reconnus, comme le dit le titre, c’est-à-dire avoir tout raconté à l'autre de leur passé familial et amoureux?C’est ce que tentent de faire à Montréal, à Paris et à Londres une anthropologue et un professeur de théâtre qui a révé d’être dramaturge.Lui est né en Tunisie.Elle, à Alexandrie.Ils ont fait connaissance dix ans plus tôt, se sont perdus de vue puis retrouvés il y a un an.Ils se parlent, se racontent; elle d'abord, lui ensuite.Ils se désirent, bien sûr, mais leur sensualité même paraît intellectualisée de même qu’il y a quelque chose d’apprêté dans cet apprivoisement réciproque, parsemé de considérations parfois fort solennelles, surtout de sa part à lui.Vont-ils se rejoindre enfin par-delà leurs différences de cultures et de coordonnées?Sans doute, car les villes n’existent pas: seuls comptent les individus, d’où qu’ils viennent, pourvu qu’ils sachent se re-connaître.L'Amour reconnu est une jolie histoire, mais ce n’est que l’illustration trop appliquée d’une relation transculturelle réussie.Les nouvelles Le Silence des adieux est nettement plus intéressant.Ces quatorze nouvelles, comme celles des recueils précédents, relatent des instantanés de vie ou parfois des existences entières en condensé, fruits, sans doute, des observations de l’auteur et de son imagination.Elles sont personnelles, mais moins étroitement liées à ses préoccupations que ne l’est son roman.Comme souvent chez Kattan, le titre de l’ensemble n’est pas celui de l’un des textes.Le Silence des adieux, sans doute choisi après coup, englobe plutôt les nouvelles et en indique la cohérence.Il y a en effet des silences dans chacune d’elles, du non-dit commandé par le respect humain ou une certaine pusillanimité, plus rarement par la peur ou la lâcheté.Et des adieux, qui sont parfois constatés après coup, des années même après le fait.Kattan saisit la plupart de ses personnages au rnitan de leur vie ou un peu après.Ils seraient donc vieux ou «toujours jeunes» — ce qui est bien pire — comme cela se dit aujourd’hui.Eux, plus simplement, se sentent vieillir, moins en raison de leur âge que du poids des ans.Ils ont eu une enfance et une jeunesse diversement déterminantes; mais c’est leur passé amoureux — ou à tout le moins leur expérience de couples — qui importe: ce fut pour certains un épisode éblouissant, un moment de bien-être qu'ils n’ont plus connu par la suite, ou encore un vieux démon qui continue de les visiter, vilain souvenir qu'ils tentent d’exorciser en se le remémorant.Le partenaire actuel ne sera qu’un faire-valoir pour ceux qui veulent raviver une flamme ancienne, ou un pâle succédané pour les nostalgiques.Le moment Pour d’autres, le moment n'est jamais favorable, comme pour cet historien qui n’aura jamais été que le traducteur de ses propres émotions, ou pour cette infirmière qui materne un homme douillet de naissance quelle rêve, la pauvre, de changer.De fait, chacun n’a droit qu’à une expérience amoureuse privilégiée qu’il sait ou non saisir.Pour certains, elle a déjà eu lieu na- aïm Kattan est un homme remarquable.Irakien d’origine, juif de naissance et par conviction mais également Arabe par la culture, il a étudié la littérature à Paris à la fin des années 40 — il y a notamment fréquenté André Breton —.puis a choisi de s’installer au Québec en 1954.Très actif, attentif à tout ce qui se faisait et se pensait ici.il a collaboré à plusieurs revues et journaux d’ici et d’ailleurs, et notamment au Devoir depuis plus de trente ans, où il a contribué à faire connaître la littérature américaine.11 a également fondé et dirigé Le Bulletin du Cercle juif de langue française, occupé pendant de nombreuses années des fonctions importantes au Conseil des arts du Canada et, plus récemment, à celui de la Communauté urbaine de Montréal.Bref, Naïm Kattan a été depuis son arrivée chez nous une présence rayonnante, un infatigable passeur culturel entre les groupes et les communautés.Doté lui-même d’une immense culture, c’est un honnête homme dans tous les sens du terme, qui suscite d’emblée l’amitié et l’estime.Dans un numéro spécial de La Tribune juive oïi on lui rendait hommage, Gaston Miron écrivait que lui et Kattan avaient en commun ce souci, dans leurs œuvres, «d'atteindre dans la modernité le classicisme de cette modernité: la seule voie difficile et exigeante, donc qui vaille la peine, à chaque époque.» Car Naïm Kattan, qui aime se définir lui-même comme un écrivain francophone du Québec, est aussi l’auteur d’une œuvre.Il a publié des essais, une demi-douzaine de romans et autant de recueils de nouvelles, classiques de facture et modernes de contenu, où s’expriment ses préoccupations de citoyen et d’intellectuel.Il y a en effet une pensée, parfois des convictions qui affleurent, même dans ses textes de fiction: on n’est pas si curieux, on ne possède pas une telle culture sans qu'il en demeure des traces dans la création.Robert C 11 a r t r a n d Roman et nouvelles d’un infatigable passeur culturel des adieux mMc HMH guère ou jadis: leur capital de bien-être est déjà épuisé.D’autres, moins chanceux jusque-là, espèrent d’une rencontre récente qu’elle soit enfin la bonne.Ne peut-on aimer qu’une seule fois?Rares sont les personnages qui le disent ou semblent le penser.C’est pourtant ce qui leur arrive: la vie, celle qui circule dans Le Silence des adieux, semble ainsi faite.Voilà sans doute pourquoi c'est le temps qui est au centre de ces histoires.Non pas la durée, associée ici à la morne routine, aux manies, ou encore au respect des traditions comme dans le récit de cette grand-mère à son petit-fils, mariée à un patriarche et qui, au soir de sa vie, se dit incapable de définir ce que sont un mari, une épouse; ceux et celles qui s’y sont installés sont des victimes ou des pantins.Le temps intéressant, celui qui permet à la vie de s’épanouir, est plutôt fait de moments d’intensités variables qui se suivent sans logique reconnaissable, et dont les meilleurs sont courts.C’est, ici, la règle tacite de l’existence.On peut revenir sur le passé pour en prendre acte, sans plus.Il est inutile de le regretter, et illusoire de prétendre le corriger.Ces divorcés, ces veufs qui vivent seuls ou se sont mis de nouveau en ménage, se sentent vieillir et le constatent • l’HEXAGONE Naïm Kattan L’amour reconnu Roman chez les autres, sans toutefois en être désespérés, li-des-sus, ils sont lucides, simplement.Le difficile pour eux, c’est de savoir mesurer s’il est ou non trop tard pour se sentir «vivants» et, de là, le parti qu’il leur reste à tirer.Intéressantes à cet égard, les fins de plusieurs nouvelles, suspendues, apparemment ouvertes: ironie du narrateur, qui abandonne ses personnages à leurs projets ou à leurs résolutions comme s’il ne voyait pas l’utilité de raconter les déconvenues qui les attendent.On remarquera çà et là un flottement dans l’enchaînement de certains épisodes et, un peu partout, une ponctuation anémique qui peut donner des effets inattendus: «Tu engraisses maman!» ne dit tout de même pas la même chose que «Tu engraisses, maman!».Mais on lira avec plaisir le récit sans apprêts de ces pans de vie.Ils sont attachants, ces personnages qui n’ont pas de prétention au bonheur, ce grand mot, qui vieillissent sans états d’âme.Ils ont été, pour la plupart, «vivants» brièvement, ou ils s’efforcent de l’être une bonne fois, c’est-à-dire, tout modestement, d’être bien avec une autre personne.r chart rand@videotron.ca La littérature se fabrique d'abord à partir de la pensée et de la réflexion des écrivaines et des écrivains.Elle naît de la richesse de leur imaginaire et de la maîtrise de la langue dans laquelle ils s'expriment.A travers le travail de l'écriture cent fois recommencé, ils nous invitent à partager leur amour des mots.La Journée mondiale du livre permet de rendre hommaae à tous ceux qui constituent un maillon essentiel de la grande chaîne du livre et de la lecture.Je les salue tous, qu'ils soient romanciers, dramaturges, poètes, historiens, ou éditeurs, distributeurs, libraires.J'invite les Québécoises et les Québécois à célébrer cette Journée en s'inspirant de la tradition catalane.Offrez à quelqu'un qui vous est cher un livre et une rose ! Agnès Maltais Ministre de la Culture et des Communications Québec n v, ï t t l t r I.K I) K V (III!.I.K S S A M K DI 17 K T I) I NI A X < Il K I S A V II I I.I !l !l I) .“> L I V R E s » LE FEUILLETON Le livre de l’enfance \m\ LA VIE NOUVELLE Orhan Pamuk Traduction du turc iff* * élit» S«îîparMunewerAndac Ballihiard, coll.«Du monde entier», Paris, 1998,312 pages fi** é à Istanbul en 1952, Orhan Pamuk — qui fut architecte, journaliste, c ûi cbnnut aussi l’Amérique pour ; voir enseigné dans plusieurs de ses i niversités — est un pur produit de 1 rTpj'quie moderne, c’est-à-dire de i e pays partagé entre les valeurs de 1 Onént et celles de l’Occident, où lfîdèhtité est encore in-4tablé.Toujours prête à traitor ses traditions, à se défaire de ses vieux vête-in^ts pour aller de l’avant, lji)or rentrer dans la danse (lés nations dites civilisées, la Turquie n’en est pas iKoins hantée par une mémoire qui ne cesse de venir troubler son assurance gt sa détermination «(moderniste».; On l’avait déjà vu avec Son roman.Le Livre voir, dont je vous avais parlé dans ces mêmes pages (Le Devoir, 18 janvier 1997), où l’un des personnages commentait ainsi la perte de mémoire qui commençait à affecter le peuple turc: «Quand le jardin de la mémoire commence à se désertifier [.] on en chérit les derniers arbres et les dernières roses, on tremble pour eux.Pour éviter qu'ils se dessèchent et disparaissent, je les caresse, je les arrose du matin jusqu'au soir! Je ne fais que me souvenir et me souvenir encore, de peur d’oublier.» Fait à noter, ce même personnage, pour se souvenir, avait besoin de prendre des drogues «modernes», les Mné-rtionics, pour maintenir en vie ce que cette même modernité occidentale avait précisément détruit dans son pays: les traditions, les coutumes, la mémoire ancestrale, et jusqu’aux gestes.Je vous y révélais aussi que la quête essentielle Jean- Pierre Denis ?S’introduire dans un univers magique qui hypnotise et rend le monde réel caduc, insignifiant de ce roman conduisait à un meurtre qui avait en vérité pour objet l’identité turque.Dans ce roman que nous livre aujourd’hui Orhan Pamuk, La Vie nouvelle, nous voilà de nouveau dans les eaux troubles de l’identité, avec cette différence qu’elle concerne cette fois davantage l’individu que la collectivité.Mais la finalité n’est guère différente.Tout comme la victime du Livre noir consentait en fait à mourir pour mieux être un «autre», le personnage central de 1m Vie nouvelle, un jeune étudiant de 22 ans, s’arrache-t-il à sa vie de routine pour entreprendre une vie nouvelle (cette vie nouvelle, c’est aussi, dans le roman, la marque d’un «caramel».), partant sur les routes de la Turquie à la recherche de l’Ange qui s’est présenté à lui sous la forme d’un livre (mais aussi d’une femme).Afin de se refaire, d’être un homme nouveau.«Un jour, j’ai lu un livre, et toute ma vie en a été changée.Dès les premières pages, j’éprouvai si fortement la puissance du livre que je sentis mon corps écarté de ma chaise et de la table devant laquelle j’étais assis [,.| je crus que la lumière qui se dégageait des pages me sautait au visage [.) Je crus que, grâce à cette lumière, je me referais moi-même, que je quitterais les chemins battus.» Qui n’a en effet rêvé qu’un livre ait cette puissance de métamorphose, ce pouvoir initiatique, cette lumière enivrante dont seule est capable la vérité révélée! Les religions se sont constituées sur cette promesse d’un Verbe qui dévoile, montre la Voie, introduit dans un univers de Sens où il n’y a plus de doute.«En vérité je vous le dis».Ainsi commence toujours le Verbe divin.Si vous doutez, c’est que vous n’êtes |ias encore entré dans la Vérité dont Je vous montre la Voie.$ % g .: h,/ La mort, l’amour, la terreur De quel livre s’agit-il dans ce roman?Nul ne le saura (et bien des lecteurs turques ont approché l’éditeur pour le savoir!).Cela n’a d’ailleurs guère d’importance.Disons simplement qu’il est le livre de nos rêves et qu’il se rapproche sans doute davantage des contes de notre enfance — alors que nous croyions littéralement participer aux aventures de nos héros —, que d’un livre sacré (la Bible, le Coran).Mais il a un effet similaire chez l’émule: celui d’arrêter le temps, de le suspendre.Celui, aussi, d’introduire dans un univers magique qui hypnotise et détache du monde réel, le rend soudainement caduc, insignifiant.Dans le roman de Pamuk, cette quête se dédouble pour se porter aussi vers une femme, Djanan, celle-là même qui a fait connaître au héros le livre en question.On en revient toujours au même dilemme, à savoir ce qui est le plus propre à transformer l’homme: la quête métaphysique ou l’appel des sirènes, l’appel de la chair.Car, hormis le livre, qu’est-ce qui est assez puissant pour changer en profondeur l’homme, sinon l’amour qui est toujours un commencement, du moins la promesse d’une vie nouvelle!?«L'amour vous montre le chemin, il vous débarrasse de tout le bric-à-brac de la vie quotidienne et, je le comprends à présent, il finit par vous mener au secret de la création.» Mais cela, le héros ne le comprend pas tout de suite.Il en est encore au rêve de la terre promise.On le retrouve donc sur les routes de Turquie, passant d’un bus à un autre (avec toujours cet écran vidéo tout juste à côté du conducteur et sur lequel passent soit des films d’amour, soit des films de violence), affrontant orages, pluies, accidents (nombreux en ce pays si l’on en croit ce roman), pillant parfois les morts afin de poursuivre son voyage, retrouvant après des mois d’errance la femme qu’il aime et qu’il avait perdue de vue au début du roman.Elle aussi cherche cette contrée où tout est différent, oii la vie est nouvelle.Mais cette vie est-elle vraiment une nouvelle vie ou est-ce la mort qui ne se nomme pas?C’est l’ambiguïté de toute quête d’absolu, de toute entreprise mystique.On ne sait jamais où elle nous entraîne et ce que nous découvrirons au bout de la route.En attendant, notre héros découvre l’existence d’une conspiration à l’échelle de la Turquie et qui oppose les tenants de la tradition aux — disons — modernistes occidentalisés.C’est d’ailleurs le plus souvent, entre ces deux clans, une guerre d’images.: «[.] quand mon voisin [.] sortit de sa poche un paquet de cartes et me montra fièrement le cheik qu’il avait dessiné à la place du roi, et le “disciple” à la place du valet, et m’expliqua longuement qu’il était temps de distribuer ces nouvelles cartes sur les deux millions et demi de tables où l’on joue aux cartes dans les cent soixante-dix mille cafés de notre pays, je l'approuvai avec une telle chaleur que nous en filmes stupéfaits lui et moi.» La bombe à images Il y a aussi cette curieuse inven- .1.SASSIKK.OAU.IMARI) Orhan Ramuk tion du chef des conspirateurs, le docteur Lefin, celle d’une bombe à images qui est censée exploser au moment oii «l’éclat éblouissant de l’Ange apparaîtrait sur l'écran», puis cette autre et non moins curieuse invention d’une montre qui s’arrête quand vous êtes heureux (suspendant donc le temps), accélère quand vous êtes malheureux, et soustrait le temps passé à dormir du temps de votre vie, ce qui fait qu’il vous en reste plus à vivre.Roman initiatique, mais moqueur (nous sommes loin de la Vita nova de Dante!), allégorie métaphysique, mais qui confine parfois à la bande dessinée, roman d’amour déguisé sous les traits d’un roman policier qui emprunte lui-même au conte, ce récit, s’il a de grands mérites, a toutefois le défaut d’être trop long, pas assez resserré.Ce qui, à la longue, en émousse l’effet et, du même coup, notre plaisir de lecteur.Reste que Orhan Pamuk est un auteur qui compte.Et si, parfois, son imagination l’emporte un peu trop loin, trop «excessivement», elle n’est jamais dépourvue de profondeur.Après tout, la question de l’identité n’est pas une mince affaire, et celle du temps et de la mort, qui est au fond de cette œuvre, mérite certainement le détour.denisjpCa ml in h.net L rencontre inoubliable./héroïne mise en scène par GILLES GOUGEON dans Taxi pour la liberté nous invite à plonger dans l’aventure partagée par des millions d’hommes et de femmes à qui le XXe siècle avait promis un nom, une maison, une terre.& On se captive pour cette histoire.on ne quitte qu’à regret cet univers qui, on le voit d’autant mieux, est un peu celui qui se joue là, dehors, sous nos fenêtres.& Jean Fugère, Le Journal de Montréal Taxi pour la liberté de Gilles Gougeon 281 pages-24,95 $ » Gilles Gougeon RENCONTRE SES LECTEURS 23 AVRIL de 12 h à 13 h 30 Librairie Chapters 1171, rue Sainte-Catherine Ouest et de 14 h 30 à 16 h 30 Librairie Renaud»Bray 5252, Côte-des-Neiges 7 MAI de 12 h à 14 h Librairie Archambault 500, rue Sainte-Catherine Est et de 18 h 30 à 20 h 30 Librairie Archambault 545, boni.Le Corbusier (Laval) 8 MAI de 13 h 30 à 15 h 30 Librairie Archambault 2151, rue Lapinière (Brassard) Marc Fisher Marie Laberge J.F.Bérubé photographe COMMENT STRUCTURER VOTRE HISTOIRE Un atelier avec Marie Laberge et Marc Fisher avec la participation spéciale de Normand de Bellefeuille des éditions Québec Amérique • Structurez efficacement votre histoire! • Nouez des intrigues palpitantes! • Créez des personnages inoubliables! • Maniez l’art du conflit et des complications! • Découvrez les secrets d’un suspense irrésistible! •Ecrivez pour être publié et lu! • Les secrets de l’édition et des grands auteurs.roman - nouvelle - autobiographie - scénario Invitée spéciale, la grande romancière Marie Laberge vous parlera de son art romanesque.De plus Normand de Bellefeuille, de Québec Amérique, vous expliquera ce que recherchent les éditeurs! "Un séminaire fort couru sur l'art d'écrire!" -Elisabeth Benoît, La Presse Date: Samedi le 24 avril, de 9.00 à 17.00 hres Lieu: Hôtel Omni, 1050 Sherbrooke ouest, Mtl Coût: Tarif régulier : 135$ (taxes incluses) Tarif étudiant : 1 10$ (taxes incluses) les éditions ?merlin i Informations et inscription : (514) 425-4710 24 heures par jour, même le dimanche Mirions Libre Expression 2016, rue Saint-Hubert Montréal 121.1Z5 CLICHÉ RÉPÉTÉ A ECLAIRAGE DIFFERENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIMÉ L K 1) E V OIK, L E S S A M EDI 17 E T I) I M A X ( Il E IS AVRIL I !) !) !) —«* Livres ¦*— LA CHRONIQUE Le char allégorique Tout à l’heure, le soleil se posera tout en haut du peuplier, comme une flamme qu’un coup de vent ramène sur sa mèche.Il est dix heures du matin et le ciel est du bleu pur de la Chevrolet de mon oncle Léopold, son auto de commis voyageur qui était, pour moi, un char allégorique.Le coffre et le siège arrière débordaient de tasses de fantaisie, d’abat-jour fleuris, de grosses balles de laine multicolores, et surtout d’arcs d’indiens, de fusils à plomb et de revolvers à pétards.A peine le char s’arrêtait-il au bord du trottoir, que j’en faisais le tour au ralenti, l’encerclant comme on assiège le bon Dieu accroché dans son reposoir.N’ayant jamais aperçu de mçs yeux les pyramides d’Egypte, ni les jardins suspendus de Babylone, le char de mon oncle Léopold incarnait à mes yeux les Sept Merveilles du monde.Il symbolisait aussi, tant qu’à y être, .les dix plaies de la même Égypte, puisque les prodiges qu’il recelait n’étaient pas pour moi.— Que je te voye pas fouiner dans ma marchandise, mon p’tit v’iimeux! Sais-tu combien ça vaut, un arc de même, en vrai bois de chevreuil, avec sa corde en vrai nerf d’ours?Pis ce pistolet-là, avec sa crosse en ivoire d’éléphant, même que Roy Rodgers a pas les moyens de s’en acheter un pareil?De l’or, la peau des fesses, la prunelle de mes yeux, je m’en doute bien, mon oncle.C’est bien pourquoi je fais le tour de ton char, pour m’emplir les yeux de ces splendeurs interdites.La grosse poche du père Noël ne contient pas la moitié des étrennes affalées sur les sièges de la Chevrolet.Qui diable peut bien être cet enfant pourvu d’une âme de saint, à qui est destiné ce butin magnifique?D’une âme de saint ou bien d’une jambe plus courte que l’autre, ou encore d’une grosse tache de vin qui lui mange toute la face: c’est bien connu, les petits infirmes, les arriérés, les Dominique Savio malgré eux appâtent les cadeaux, comme le miel attire les mouches.Que ne suis-je affublé d’une bosse sur l’omoplate, d'un grand pied bot, d’un œil abrié d’une paupière de cochon, de scrofules, de verrues, ou encore d’un grouin de goret à trois narines, comme Quasimodo?Un jouet à la fois Ma perfection, bien involontaire, ne me rendait admissible qu’à un jouet à la fois, et encore me fallait-il le mériter, à grandes dépenses d’actions vertueuses, si difficiles à entreprendre.Et puis je n’étais pas le seul à déplorer l’injustice, la malveillance du sort: maman, elle aussi, ouvrait de grands yeux devant l’assortiment de miroirs ouvragés et de bibelots de porcelaine qui rutilaient de tous leurs feux, illuminaient l'intérieur de l’auto, comme cette lueur qui auréolait, sur la couverture de mon livre le coffre de l'ile au trésor.Sans doute cherchait-elle aussi à se représenter la ménagère glorieuse à qui étaient promises ces chinoiseries élégantes et minutieuses, travaillées comme des accessoires de basilique.— On doit bien être obligé de marcher sur la pointe des pieds, dans la cuisine où sont exposées ces fanfreluches-là?Et mon oncle de répondre, le Robert L a I o il il e ?A beau mentir qui prend la route pour aller voir tout le beau monde Lire pour faire durer l’instant Claire Martin Toute la vie présentation de Gilles Dorion 120 pages .16.95 S Unifiant mime NOUVELLES • ROMANS • ESSAIS Claire Mai Toute 1î T.mïLn: mfmr « La petite fille lit.Elle comprend que l'avenir lui promet des livres pleins de choses qu'elle ne soupçonne même pas.» MARGUERITE MAILLET, LES TROIS POMMES D'OR Conte traditionnel acadien, à partir de 6 ans 6,95$ Bouton d'or Acadie.pommes d’or les trots MïdUt Chaque année ce pommier produisait trois pommes d'or.une fois qu'elles étaient mûres, ces pommes étaient volées.*.« %, i’iv'f’:, • .m % VL-p * %%, 4 • Regroupement des éditeurs canadiens-français ¦fr-rrr! sssrâw ï fçssafes^ i i i "éiaj v_,-/ Giasson.à léquilll Une REFLEXION LUCIDE TENDRE AjUUrtU» IKOOC L’histoire du Québec sous foutes ses facette Léo-Paul Desrosiers Iroquoisie 1524-1701 u US es yj IME Ouvrage monumental, Iroquoisie retrace l’histoire mouvementée des relations entre les Iroquois, les autres Amérindiens et les Européens.Les Iroquois pratiquaient déjà la démocratie t l’histoire de l’Amérique jusqu’à nos jours.Enfin disponible en 4 tomes.! Tome 1: 356 p., tome 2:344 p., tome 3: 352 p., tome 4:368 p., J 27,95$ chacun •') I O o » i d ’ h is to ire Jp au Septentrion www.soptontrlon.qc.ca sourire en coin et les sourcils philosophes: — Y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses! Phrase énigmatique du camelot à la petite semaine, du détaillant appelé aussi bien dans les humbles chaumières qu’entre les murs des beaux châteaux.Et nous imaginions aussitôt mon oncle Léopold, déchargeant sa bibeloterie brillante et sonnante sur des vérandas déjà avitaillées du plus que nécessaire: divans larges comme des lits, cages remplies de serins chanteurs, tables de presbytère chargées de somptueuses assiettes déferlantes de fruits exotiques, potiches distinguées débordantes de roses qui nei-geaient joliment sur la nappe de dentelle.Il existait donc du monde chanceux sur la terre! Les goûts et les bourses, disparates et multiformes, comme toutes ces traces qui peuplaient l’univers! Nous étions ébahis, légèrement épouvantés par cette dissemblance imméritée qui faisait boire certains dans des tasses ébréchées et d’autres dans des ciboires étincelants.1 T;'- > ¦-.zJà C’est le refus de soi qui éloigne les autres, qui les tient à distance.Sylvie Giasson, auteure Voici le récit captivant d’une femme lucide et brillante à la recherche de son identité et de son équilibre émotif Marc Laurendeau, journaliste Voix de prédicateur Mon oncle nous laissait admirer à notre guise sa panoplie d’ustensiles fabuleux, puis, brusquement embarrassé par nos œillades envieuses, il entonnait, d’une grosse voix de prédicateur visité par le Saint-Esprit, les chagrins et les cruautés des bien-nantis, à qui le bonheur n’était pas dispensé en même temps que l’opulence.— La bourgeoise qui va m’acheter le cadre que vous voyez-là, celui avec la gribiche en robe espagnole, a perdu son mari le mois passé.Pis le petit garçon qui va recevoir pour sa fête le beau panache de sauvage qui ferait bien ton affaire est tellement maigrichon que le docteur y donne pas deux ans à vivre encore.C’est ben pour dire, hein?.Pour dire quoi, mon oncle?Que l’abondance entraîne la tragédie?Que l’aisance va de pair avec le gros malheur?Qu’avec nos modestes possessions, nous frôlions la béatitude?A beau mentir qui prend la route pour aller voir tout ce beau monde, prétendument affligé.roulant, sifflotant, sur des routes inconnues.NOVALIS yeux dépris de magie, et nous en retournions, chacun à ses affaires à ras de terre.J’ai perdu, depuis longtemps, mon appétit d'extravagante prospérité et j’ai fini par comprendre, bien sûr, que mon oncle avait bien raison de déprécier les enchantements équivoques du bien-être matériel.Aujourd’hui, si je rêve encore du paradis, ce n’est pas en regrettant de ne pas avoir les moyens de me l’offrir, mais en déplorant de ne pas disposer du temps qu’il faudrait pour ne rien faire avec passion, enfin, rien d’obligé, ce qui serait vraiment le paradis sur terre.Le tour du char Et pourtant, je revois souvent, en songe, la Chevrolet bleu ciel, le char allégorique de mon oncle.Brillante de tous ses feux, sous le peuplier couronné de soleil, la voiture légendaire attend, immobile et dans le plus parfait silence, que je veuille bien y monter.Mais je ne monte jamais.Comme autrefois, je fais lentement le tour du char, fasciné, étrangement ému.L’attelage patiente, le soleil fait reluire ses vitres, ses chromes, il n’y a personne au volant, le temps passe, pas un oiseau ne chante et je n’arrive tou- Nous restions là, en cercle autour de la Chevrolet bleu ciel, à prononcer des bêlements jaloux, à nous dire que le chaudron rapiécé, que la vieille canne à pêche au moulinet rouillé, que l’arc grossièrement sculpté dans une branche de saule, que nos accoutrements du dimanche élimés, s’ils attestaient de notre probité incorruptible, se portaient aussi garants d’une vie étriquée qui avait partie liée, peut-être, avec les songes sans envergure.Fatigué par nos exclamations dévotes et nos soupirs de gros désir, mon oncle montait dans la Chevrolet, faisait ronronner le moteur et décollait dans un nuage de poussière qui nous cachait aussi bien la maison et les arbres que son beau char allégorique.Nous nous dévisagions alors, dans la nuée, avec des jours pas à me décider à monter.Et puis le gros soleil dévore le char, le rêve n’est plus que nuée éblouissante et un peu triste.Et alors une voix, que je ne reconnais jamais, murmure, au fond de moi: — De toute façon, il est trop tard.Ainsi continue-t-on d’éluder les convois glorieux qui nous ont dédaignés, une fois, et une bonne fois pour toutes.Mon oncle est mort, il n’y a pas si longtemps, d’une courte maladie foudroyante.Désemparé, un peu perdu, j’ai fait trois pas avec ma tante, en rentrant du cimetière.Pour dire quelque chose, si possible quelque chose de doux et d’apaisant, j’évoque à haute voix le char allégorique de mon oncle.Aussitôt, le bras de ma tante se crispe sur le mien.— Ah, la Chevrolet bleu ciel! Savais-tu que j’étais jamais montée dans cette auto-là?— Toi non plus?— Personne! Jamais personne d’autre que lui! Mon oncle, seul avec sa brocante, le sourire en coin, roulant, sifflotant, sur des routes inconnues.A chacun son paradis, avant la fin de ses jours.A AVTIUK H LlCILE LITTÉRAIRE K J 1595*1905 RECITAL */. ¦ ce plan, Demers a raison: la chanteuse fait partie, que cela nous réjouisse • ! ou non, du panthéon québécois.Peut-on aller jusqu’à prétendre, cela dit, ¦ que cet état de fait justifie son éléva-• ' tion au rang de héraut de la nouvelle identité québécoise?Demers franchit allègrement le pas j : et défend sans retenue la thèse selon laquelle, dans le contexte actuel de ‘ ! mondialisation qui entraîne une muta-.( 11 tion des identités nationales, Céline Dion porte en elle les aspirations du < ‘ Québec: «Pour la société québécoise, elle est tout à la fois un lieu de mémoire, c'est-à-dire un symbole qui renvoie à la tradition et auquel la communauté est attachée parce qu’elle voit en lui une facette de son identité, et un horizon d'attentes, soit un avenir idéalisé vers lequel les figures identitaires doivent accompagner la collectivité.» Double discours Faisant retour sur notre histoire nationale afin d’en dégager les lignes directrices, l’historien en propose une interprétation binaire qui me semble valable.Depuis cent cinquante ans environ, écrit-il, «deux discours constituants» auraient «influencé le travail de construction d’une représentation collective génératrice de sens».Le premier de ces discours, qu’il attribue aux élites socioculturelles, serait celui de la survivance culturelle, celui de l’union sacrée visant à la préservation de notre projet national unique, celui que l’auteur résume ici par cette for-’ ihule: «nos forces viennent de nos traditions», et qui aurait engendré ses héros à l’avenant, c’est-à-dire des personnalités religieuses, politiques et sociales entièrement dévouées à la perpétuation de la tradition.Le deuxième discours, qu’il dit être surtout le fait des masses populaires, s’avère plus sensible aux influences : extérieures, à une de celles-ci en particulier puisque Demers le résume en ces mots: «Américains par nos mœurs».Mieux accordés avec le présent, les héros modelés par ce discours constituant (Louis Cyr, Jos « Montferrand, Maurice Richard, etc.) évoquent plus un horizon d’attentes à atteindre qu’une mémoire à vénérer.* Aujourd’hui, écrit Demers, ces deux discours sont amalgamés, même si le second est devenu dominant, et «Céline Dion est, en définitive, l’un des plus beaux symboles de ce que les Québécois veulent rester et de ce qu’ils aspirent à devenir».Être québécois Pour en arriver à une telle conclusion, Demers s’inspire d’un «portrait du nouvel Être québécois en émergence» tracé par le professeur Jocelyn Létourneau au début des années 1990 et qui contiendrait trois dimensions dont la configuration émanerait des tensions inhérentes à notre histoire nationale telle que schématisée précédemment: «soit l'Homme performant, par opposition au “loser" déphasé, l’Homme dans le marché, actif et créateur plutôt que subissant sa propre histoire, et l’Homme interculturel, c’est-à-dire tourné vers l’avenir, l’Autre et l’Ailleurs.» Que Céline Dion soit la plus signifi-j ; j çative incarnation de ce «nouvel Être ; • ' québécois», Demers en veut pour preuve le discours médiatique tenu à son sujet.Tantôt présentée comme Lo u is Cor tiellier ?II est permis de douter que Céline Dion soit l’incarnation du «nouvel Être québécois» Céline Dion et ses trophées aux derniers Grammy Awards, «notre Céline nationale», celle qui parle comme nous, le bébé d’une famille nombreuse et unie ainsi que nous les aimons, porteuse de notre «lieu de mémoire», la chanteuse reçoit aussi les louanges de tout un chacun qui voit dans son ambition, dans sa réussite mondiale, dans son succès en France, la concrétisation de cet «affir-mationnisme marchand» qui désormais nous tient lieu de fierté nationale.Elle serait notre ambassadrice chérie parce qu’elle part à l’assaut de la planète sans jamais renier ses racines.Demers analyse ce discours médiatique et, subjugué par son objet d’étude, en remet: «L'Autre n’a qu'à bien se tenir: avec Céline Dion aux commandes, majestueuse et tout auréolée d’une gloire qui n’a de cesse de s’accroître, le Québec se sent prêt à relever les défis du 21' siècle.» Serais-je pisse-vinaigre si je disais qu’un tel enthousiasme me semble pour le moins débridé et plutôt pompeux?Serait-ce mon élitisme qui m’interdirait de reconnaître en Céline Dion un Capitaine Québec convenable?«Bien sûr, écrit un Demers momentanément dégrisé, il y aurait toujours moyen de rétorquer qu’il s’agit, dans toute cette opération, de séduire le public, de le flatter dans le sens du poil et de ne lui dire au fond que ce qu’il veut entendre», mais c’est pour mieux rejeter tout de suite la possibilité d’un tel crime de lèse-majesté.Un brin locale, un brin globale, Céline est ultra-populaire, c’est donc qu’elle est une digne représentante de l’identité québécoise, semble-t-on vouloir nous dire.Identité et internationalisme Mais cette identité dont on nous parle ici, celle du «nouvel Être québécois en émergence» tout entier investi dans «l’affirmationnisme marchand», de qui est-elle la création, de qui joue-t-elle le jeu?Doit-on y voir l’aboutissement temporaire d’un processus identitaire autonome issu de notre expérience nationale?Ne serait-ce pas plutôt le lieu même de notre aliénation profonde, voulue et recherchée par les haut-parleurs d’un murmure marchand, drapés dans les paillettes d’un internationalisme new style qui n’en demeure pas moins débilitant?11 est facile de discréditer ceux qui résistent à un tel détournement iden- titaire en les traitant d’élitistes mesquins.Pourtant, n’est-ce pas sombrer dans une démagogie dangereuse que d’admettre sans discussion les idéaux de la société du spectacle et d’en faire dès horizons d’attentes valables sous prétexte qu’ils contiendraient les désirs du peuple?Les qualités personnelles de la chanteuse ne comptent pour rien dans ce débat.Il s’agit de penser un phénomène dont elle n’est que l’une des pointes avancées.En 1994, Sylvain Cormier résumait le problème avec justesse: «Une Québécoise comme Céline, qui a du talent, une voix fabuleuse [.], sert parfaitement les intérêts d’une culture qui n’espère rien d’autre que les doubles de ses modèles.Une Whitney Houston québécoise, comme c’est chaînant! Avant que Céline n’accède au premier rang, elle ne portait que le désir de l’Amérique.Dorénavant, elle en porte aussi l’odieux.» Je serai provocateur: et si Suzanne Tremblay avait raison: ni canadienne, ni québécoise, mais américaine ou universelle au sens le plus désagréable du terme?Comme le dirait Yvon Deschamps, c’est-tu vraiment ça qu’on veut?Praticien d’une nouvelle tendance en histoire québécoise, je dirais postmoderne au sens où elle se propose de relativiser l’horizon national par le recours au paradigme global/local qu’elle tente d’articuler sereinement, Frédéric Demers reconduit l’erreur classique de cette mouvance qui consiste à faire trop souvent de nécessité vertu.Que plusieurs se reconnaissent en Céline Dion est une chose (encore que je ne voie pas très bien comment on peut en arriver à dire d’un insignifiant éditorial de Claude Masson, parce qu’il va béatement en ce sens, qu’il s’agit d’un texte «tellement riche»).Qu’ils aient raison de le faire et nous de les suivre, voilà qui en est une autre et qui aurait mérité un regard autrement plus critique que ce portrait social complaisant intitulé Céline Dion et l’identité québécoise.«Ne pas aimer Céline Dion, écrit finalement Demers, ne fait évidemment pas de soi un “traître" à la nation, et il va sans dire qu’apprécier cette artiste n'est pas une condition pour pouvoir se dire québécois.» Au moins, me voilà rassuré.louis.coniellier@collanaii(l.qc.ca le livre le 23 avril 1999 Journée mondiale du livre % de rabais sur tous nos livres 9 auteurs à rencontrer dans nos librairies m Inauguration de l'exposition «Imagine» sur le métier d’éditeur djb L’émission Midi-Culture en direct de la librairie rue St-Denis à midi dîb Xx> Recevez une rose Qagnez un souper au resto Tout un bouquet d’événements Oampigny Renseignements pour nos trois librairies 514-844-2587 1-800-817-2587 PASCAL BRISSE1 TE mythe PI national -;-TT-1-— ( M>«* i Ca«MmI»T fuafur »**»' jon-CUuiic DÙbt LE CHEVALIER DE MONTMAGNY IJMlMifto'rt, nrm Maitre Eckhart MON IRKAL 1999 Le Chevalier de Montmagny (1601-1657) Jean-Claude Dubé Le destin tout à fait extraordinaire du premier gouverneur de la Nouvelle-France.41)2 pages.29.95 s Enfance André Alexis lin mystère réjouissant qui se dévoile pudiquement, dans la dernière page.Pascale Navarro, Voir Le roman d'André Alexis est à la fois une histoire naturelle et un chapelet d'énigmes dont l'écriture dépouillée, presque blanche, est tout à fait réussie.Robert Chartrand, Le Devoir 2ftfl rAGES.21.95 S K».«A*.Y I!f i*',.$ s?»! V BES LIVRES ET DES IDÉES ¦KHBgWj BrHWJBF JEAN-MARC PlOTTE Les grands penseurs du monde L Stfoqvf tf k pohlupt «Y PîjMt - «v» / !) -«- Livres - BIOGRAPHIE Humanité et modernité James Knowlson livre le portrait foisonnant d’un écrivain humaniste f i i il James Knowlson n rr-l/Tl m /O biographie traduite ilf (anglais pat Oristrllc Bonis ACTES SUD ¦ I ACQ U F S M ARC 11 A N I) • mrxAGt effiüiY de?cioiieurt BECKETT Janies Knowlson Traduction d’Oristelle Bonis Solin/Actes Sud Arles, 1999,1118 pages RÉMY CHAREST Cet immense Beckett, biographie autorisée et gigantesque du Britannique James Knowlson, c’est avant tout l’histoire d’une vie.La première phrase de ces quelque 883 pages de récit (plus 235 pages de notes, de bibliographie et d’index) présente la naissance de l’auteur d’En attendant Godot, le 13 avril 1906, journée qui était à la fois un vendredi 13 et un Vendredi saint — la substance du mythe, déjà.La dernière page se consacre simplement à sa mort (le 22 décembre 1989) et à ses funérailles (le lendemain de Noël), et conclut simplement en disant; «L’écrivain du-blinois est parti comme il a vécu, avec une extrême discrétion.Le monde peut maintenant lui rendre hommage.» S’il y a hommage, chez Knowlson, il n’y a pas de grande conclusion où le biographe cerhe son personnage et nous le décrit en quelques paragraphes, résumant comme on le fait trop souvent une vie à trois ou quatre grands traits.Outre une préface brève (sept pages à peine, soit autant que pour les remerciements) qui situe le projet du biographe et donne quelques orientations à la lecture, voilà une biographie qui répond bien à son sens étymologique: l’écriture de la vie.Mais là où Beckett distillait la vie pour en tirer l’essence la plus pure possible, Knowlson utilise le foisonnement et des éléments presque potiniers pour livrer tout le sens, l’épaisseur et la portée d’une existence remarquable.Le projet Dans ce pavé biographique dont l’auteur aurait tout de même retiré quelques centaines de pages avant de livrer le manuscrit final, on trouve de tout.De la critique, de l’analyse, de l’argumentation, mais surtout des personnes, des personnages, des anecdotes et des événements.Il y a SOURCE SOLIN/ACTES SUD Samuel Beckett défendait jalousement sa vie privée et refusait à peu près toutes les demandes d’apparitions publiques et d’entrevues.un sens de l’humour tranchant, omni- irlandais dont l’amitié joue un rôle déprésent dans la vie et l’œuvre de l’au- cisif dans le début de la carrière teur.Il y a l’influence de Joyce, maître d’écrivain de Beckett.Il y a une agres- Le symbole Comme le soulignait le metteur en scène Peter Brook lors de son passage à Québec, il y a trois ans, alors qu’il y présentait sa version d'Oh les beaux jours!, Beckett n’écrivait surtout pas au delà ou à l’écart de la vie, mais sine une obsession, celle de la liberté d’expression et de la liberté tout court.Préoccupation politique, elle est aussi une préoccupation artistique, démontrée par cette insistance féroce de Beckett à voir ses textes publiés sans la moindre coupure ou censure et ses pièces montées dans le respect des dialogues, des personnages et même des didascaliesM Dans les deux cas, il ne s’agissait pps pour lui de défendre une liberté paresseuse et indolente, mais bien une I liberté de combat: un combat env-, preint de modernité (une modernité | elle-même gagnée de haute lutte, ail i cœur d’une relation complexe avec > la littérature ancienne et moderne, ainsi que la peinture et la musique) > et surtout, d’humanisme, d’une prér.occupation profonde pour le sort du ) genre humain et les forces de vie qui, nous animent.• > Ce ne sont d’ailleurs là quet quelques-uns des nombreux thèmes t et sujets dont traite Knowlson dans, cette biographie impossible à résumer en moins de.883 pages, i Quoique.Peu après la création d’En attendant Godot, interrogé à propos du «vrai sujet de la pièce» par Peter Woodthorpe, l’acteur qui avait créé Je rôle d’Estragon à Londres, Samuel ; Beckett aurait répondu: «Il n’y est, question que de symbiose, Peter.Que de i symbiose.» Voilà vraisemblablement’ aussi, de façon très appropriée, un bonne façon de présenter en un mot la biographie de James Knowlson.La musique de l'univers est éternelle.DANIEL PARADIS, LE FEU SUR LA LUNE (ET AUTRES HISTOIRES) Nouvelles 18,00$ Éditions du Nordir Daniel Parailè LE JEU SUR LA ' UNI sion au couteau dont l’auteur de Fin de partie est, victime en 1938 à Paris, le jour de l’Epiphanie (décidément), et qui passe près de lui coûter la vie.Il y a les rapports avec de fidèles compagnons comme le metteur en scène Roger Blin et Jérôme Lindon, son éditeur.Et il y a une foule de petites choses, comme cette succulente anecdote survenue au moment où Beckett reçoit le prix Nobel, en 1969: «Il a un jour la curieuse surprise de recevoir un mot d’un “M.Georges Godot" en chair et en os, qui vit à Paris et s’excuse en plaisantant de l’avoir si longtemps fait attendre; Beckett proteste avec effusion qu’il le remercie au contraire de s’être si vite découvert.» Au cœur de tout ce foisonnement, l’un des axes fondamentaux de la biographie de Knowlson consiste en sa démonstration des liens profonds et réguliers entre la vie et l’œuvre de Beckett, liens qui ont pourtant été niés par beaucoup d’exégètes beckettiens appliqués à démontrer que son œuvre sortait d’un genre de vide existentiel.Or, selon Knowlson: «L’une des clejs de l’esthétique de Beckett est ce “regard froid” dont il me parlait un jour, à poser selon lui sur toute expérience personnelle avant de pouvoir intégrer celle-ci à l’œuvre d’art.» Il ne s’agit donc pas d’absence d’éléments personnels, dans l’écriture de Beckett, mais plutôt d’une distanciation, d’un éloignement de soi qui permet de reporter l’expérience plus fortement sur le terrain de l’esthétique.S’il n’est pas le seul à agir de la sorte, Beckett le fit toutefois avec un raffinement et une détermination exceptionnels.cherchait plutôt l’image, le symbole le plus pur possible d’un aspect de l’existence humaine.Sa modernité était certes une profonde rupture de forme avec le passé, mais elle n’était aucunement en rupture avec les préoccupations durables de l’humanité.D’ailleurs, même si Beckett défendait jalousement sa vie privée et refusait à peu près toutes les demandes d’apparitions publiques et d’entrevues (il vécut en ce sens son prix Nobel de 1969 comme une véritable catastrophe), il jouait aussi pleinement son rôle de citoyen.Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Beckett fut résistant, ce qui lui valut même une décoration de l’État français.En 1982, il écrivait, à la demande de l’Association internationale pour la défense des artistes, la pièce Catastrophe, dédiée à Vàclav Havel, alors emprisonné par le régime communiste tchécoslovaque.Pendant toute sa vie, il donna généreusement son argent à diverses causes, aidant individus et organisations charitables, telle la cession de ses droits d’auteur en langue polonaise pour la défense des écrivains polonais emprisonnés.Derrière ces interventions se des- De la critique, de l’analyse, de l’argumentation, mais surtout des personnes, des personnages, des anecdotes et des événements JACQUES MARCHAND Les vents 1 dominai roman 17.95 $ Un roman d’une infinie douceur.« Une écriture soignée et efficace.» Pascale Navarro, Voir //À ¦ ^ lljlil .ü| !r hexagone www.edhexagone.com /¦ -ta * / l CROUPE SCABRINI IMPRIMEUR PRÉSENTE LES f"I ACMV MARQUIS i m p r i m e u La passion du livre.v Romans Québécois 1- LA PETITE FILLE QUI AIMAIT TROP LES ALLUMETTES, Gaétan Soucy, Boréal 2- TAXI POUR LA LIBERTÉ, Gilles Gougeon, Libre Expression 3- ET MATHILDE CHANTAIT, Denis Monelte, Logiques 1- LES BŒUFS SONT LENTS MAIS LA TERRE EST PATIENTE, Pierre Falardeau, VLB éd.2- PASSAGE OBLIGÉ, Charles Sirois, Éd.de l'Homme 3- L'INGRATITUDE.Finkielkraut / Robilaille, Québec Amérique ^ _ Livres jeunesse Québécois 1- CHARLOTTE PORTE-BONHEUR, Madia Grenon, Alexandre Stanké 2- GOFRETTE, Brasse! / Michot, Québec Amérique 3- NOÉMI T.7, Gilles Tibo, Québec Amérique 1- MUSÉE DE L'OS ET DE L'EAU, Nicole Brossard, Noroît Livres pratiques 1- 400 CAPSULES LINGUISTIQUES, Guy Bertrand, Lanctôt éditeur 2- JARDINS D'OMBRE ET DE LUMIÈRE, Albert Mondor, Éditions de l'Homme Romans Étrangers 1- LE KLONE ET MOI, Danielle Steel, Presses de la cité 2- GEISHA, Arthur Golden,/C.Lattès 3- LA MALADIE DE SACHS, Martin Winkler, P.O.L.Essais Étrangers 1- L’OGRE INTÉRIEUR, Christiane Olivier, Fayard 2- LA FORCE DU DÉSIR, Willy Pasini, Odile Jacob 3- L'INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE, Daniel Goleman, llobert Laffont Le coup de coeur Québécois 1-LES BONHEURS DÉROBÉS, ^ Librairie Marthe Gagnon-Thibaudeau,/.C.Z.Librairie #arneau nouveau C'EST PAS MOI, JE LE JURE, Bruno Hébert, Boréal ~ Vans son premier roman, C’est pas moi, je le jure, Bruno Hébert a réussi magistralement à nous faire entrer dans le monde d’un />etlt espiègle dont j’ai aimé me trouver complice.Naïf et innocent, un brin tragique.J’y ai cru jusqu'à la fin et au-delà.Une révélation.Vilement une récidive ! » Louise Beaudoin, Ministre des Relations internationales du gouvernement du Québec Archambault Musique « iirfes, $49-6201 • Ubralrie Cbamplgny, $44-2587 • librairie Clément Morin, (819) 379-4153 Librairie du Soleil.f6l3) 241-6999 • librairie du Square, $45-7617 • librairie (Wilmard, 499-2012 Ubralrie Carneau Ine., 384-8760 • Librairie GG Caza, (819) 566-9344 • Librairie Ilcrmbi Inc., 274-3669 librairie Le Fureteur Inc., (450) 465-5597 • librairie le Parcheirfo, 315-5243 » Librairie flcnet, 337-4083 Ubralrie Olliieri.739-3639 • Ubralrl: Pantoute.(413! 694-974”, - libre'.-*-: Vtagxh, (418) 631-0251 ukS ÉbiYfciüxS se lîvres UN COLLABORATION AVEC ASSOCIATION NATIONALE L E I) K V OIK.1.K S S A M EDI 17 E T I) I M A N (' HE IK A V KM.I 9 !) !» WP Livres ESSAIS ETRANGERS Canal D comme dans «démocratie» i i LA DEMOCRATIE ÉLECTRONIQUE De nouveaux concepts et expériences politiques Stefano Rodotà Traduction de l’italien par Jacques Guyot et Franco Calafuri Éditions Apogée Paris, 1999,200 pages Tout le monde a le mot «démocratie» à la bouche.Mais les vrais débats sur la question ne sont-ils pas bien rares dahs nos sociétés?Comme si notre forme particulière de démocratie n’avait pas besoin d’être évaluée, réévaluée.Les seules occasions de provoquer la réflexion, me disait, lors d’une récente en-trévue, le politologue Vincent Lemieux, sur un sujet comme la réforme du mode de scrutin, surviennent lorsqu’un parti se sent profondément lésé par le résultat d’élections.Ce fut le cas du Parti québécois à partir de 1970, qui a réclamé la proportionnelle.revendication qui a tenu jusqu’à l’arrivée au pouvoir du même parti grâce, justement, au mode de scrutin majoritaire à un tour, jadis taxé «d’inique».Aujourd’hui, c’est l’Action démocratique du Québec, pénalisé aux dernières élections québécoises, qui reprend le même discours.Jusqu’à ce qu’il forme le gouvernement?Oui, le cynisme, le désabusement sont légitimes en ces matières.Dommage que ce soient les frustrations partisanes qui nourrissent les seules réflexions collectives sur la façon dont le souverain — le peuple — s’exprime et, en définitive, dirige.Évidemment, il n’y a pas dans ce monde que du cynisme et, n’en déplaise à Pierre Bourdieu, que des rapports de force.C’est, animés d’un idéal authentique, que les René Lévesque et André Larocque (prof à l’ENAP, ce dernier participe actuellement à la réflexion à l’ADQ), entre autres, ont fait progresser la démocratie québécoise: financement des partis, loi sur les consultations populaires, etc.Ne serait-il pas temps de faire renaître ces débats?Et d’autres, devenus urgents?Antoine Robi taille ?L’Internet donnerait une liberté sans précédent aux citoyens 1995 Pourquoi ce long préambule?La lecture de l’essai, touffu, du juriste italien Stefano Rodotà, La Démocratie électronique, m’a replongé dans ce que je nommerai l’atmosphère unique de 1995.Je ne parle pas du débat sur la souveraineté (quoique tous les chemins, chez nous, y mènent).Non.Plutôt, en vrac: émergence fulgurante de l’Internet; cinq années d’après-guerre froide; succès électoraux d’un populisme coalisé avec la technique (Sylvio Berlusconi, Ross Perot, Preston Manning).Quelques essais recensés dans le temps, que Rodotà rappelle: ¦ Créer une nouvelle civilisation, par Alvin Toffler, qui se permettait — l’ingrat.— d’écrire une lettre fictive à Jefferson et Madison pour leur dire que leur «démocratie représentative» avait fait son temps et que l’avenir appartenait à la démocratie semi-directe électronique.¦ Principe du gouvernement représentatif, de Bernard Manin, une somme sur l’histoire de l’élection et sur l’éviction de l’antique mode de sélection des responsables et dirigeants politiques: le tirage au sort.¦ The Voice of the People de Jim Fishkin, qui commençait à l’époque ses expériences de «sondage délibératif».Etc.Ouf! Où veux-je en venir?En 1995, le débat sur la démocratie a connu un avant-goût de ce qui nous attend au prochain siècle.La fin de la guerre froide avait libéré certaines critiques de la démocratie occidentale qui, dans le passé, avaient été plus ou moins étouffées «pour ne pas faire le jeu de l’ennemi communiste».Dans ce nouveau contexte, la découverte des réseaux électroniques déclencha un engouement utopique.jusqu’à la caricature, comme toujours très révélatrice.Un parti politique britannique du nom éloquent de Demo-cratech affirmait sur son site Web (maintenant disparu) que les nouvelles technologies permettraient au peuple de mettre la clé dans les parlements et de se gouverner lui-même grâce à des cyber-référendums.Quand The Economist évoqua l’idée de façon sympathique, plusieurs prirent la chose un peu plus au sérieux.Alors que dans l’Ouest canadien, les réformistes organisaient des assemblées de comté Un livre I une rose JOURNÉE MONDIALE DU LIVRE DÉCOUVREZ-LES AVANT TOUT LE MONDE ! Découvrez en primeur les romans, nouvelles, théâtre et poésie qui seront publiés ces prochains mois.Le 23 avril à partir de 17 h, venez entendre : * Les nouveaux poèmes de Paul Chamberland * Le premier roman de Wajdi Mouawad * Un inédit de Gaétan Soucy Le roman d’Émile Ollivier à paraître dans quelques semaines Le prochain roman d’Élise Turcotte Un texte inédit sur la lecture de Robertson Davies Au bistro de la librairie Olivieri (5219 Côte-des-Neiges) Métro Côte-des-Neiges Olivieri Tél.: 514.739.3639 librairie «bistro DEGRE ZERO de Kristjana Gunnars traduction de Aune Malena « [.] on s attache à ce récit troué par l'absence, à cette écriture profondément honnête qui se voile, dans le désarroi, à la conservation de signes les plus ténus du réel.( lilies Marcotte, L'Actualité électroniques, Ross Perot, au sud, finança plusieurs expériences de vote électronique par téléphone et télévision.Ted Becker, le chantre de la télédémocratie sur l’Internet, s’inquiétait: Perot cherchait-il ainsi à devenir le premier «César électronique»?Becker affirmait par ailleurs que «si les gens vont maintenant en masse au guichet automatique, pourquoi ne s’y rendraient-ils pas pour voter?» Dans le magazine Time, Robert Wright s’inquiétait à l’époque de l’hyper-démocratie rêvée et défendait l’idée que la démocratie américaine était déjà trop électronique.Le Congrès virtuel Ami de Toffler, le président de la Çhambre des représentants des Etats-Unis, Newt Gingrich, «proposa de transformer le Congrès des Etats-Unis en un congrès virtuel».Il n’hésitait pas aussi, en confondant accès à l’information et connaissance, à brandir un «droit au “laptop"», prétendant que l’accès direct à l’information gouvernementale, sur Internet, donnerait une liberté sans précédent aux citoyens.Oui, 1995, c’était délirant.Rodotà a le mérite de nous le rappeler.La poussière est maintenant retombée.Ces questions semblent avoir disparu de la sphère publique aussi rapidement qu’elles y ont pénétré.Et les participants à ce débat, quand ils n’ont pas quitté la scène publique, n’évoquent plus tellement leurs utopies technopolitiques.Cela ne signifie pas, comme nous le fait comprendre Rodotà, que penser les interactions entre démocratie et technique soit devenu inutile.Car qu’on le veuille ou non, les utopies ont laissé des traces.Et parions sur leur retour en force, au fameux «XXI'' siècle», avec la croissance globale du branchement total.Comment continuer d’éviter la question que pose Rodotà: «Peut-être l’idéal, mille fois caressé, de la démocratie directe est-il à por,tée de main?» Mais à quel prix?L’État de-viendra-t-il «big brother» ou sont-ce les citoyens qui se mueront en «big brothers»?Au reste, la politique saisie par la technique, c’est aussi, comme l’affirme Rodotà, la marchandisation inéluctable de la sphère publique, où «les programmes télévisés d’informations politiques sont de plus en plus calqués sur le modèle des émissions de divertissement».Que faire de cette mascarade?Organiser des expériences politiques parallèles, comme les sondages délibératifs de James Fishkin?Ce serait déjà, face au fantasme de la démocratie directe électronique, rappeler que la démocratie, c’est d’abord et avant tout un espace de délibération.Apprendre à délibérer Au fait, peut-on réapprendre à délibérer?Hors des logiques parlementaires, donc partisanes.Én dehors aussi des logiques télévisuelles, autrement dit des cotes d’écoute.De nouvelles institutions?La technique peut-elle vraiment nous aider à en créer?Il faudrait au moins explorer ces idées.Chose certaine, en guise de débat sur les processus démocratiques, peut-on en rester aux sempiternels questionnements sur les modes de scrutin alors que toutes les interactions politiques dans nos sociétés se trouvent à évoluer dans une nouvelle configuration médiatique?De même, pouvons-nous nous limiter, en guise de philosophie politique, aux obsessionnels débats sur la «citoyenneté et l’identité» alors que s’impose de façon urgente une réflexion sur le type de régime politique que façonnera à terme le système politique «innervé par les technologies de l’information et de la communication»?arobitaille@sympatico.ca Le Souffle Côu printemps aux Éditions Trois-Pistoles.! (D VA CD ~0 ns -C U rç Q.Manuel de la petite LITTÉRATURE DU QUÉBEC de Victor-Lëvy Beaulieu Notre grande noirceur en textes, en photos et en illustrations! Une nouvelle édition revue, corrigée et augmentée.L'épopée de tous nos misérables ! Décapant! Hilarant! Toujours actuel! ŒUVRES COMPLÈTES TOME 22 MANUEL DE LA PETITE LITrÉRATURE DU QUÉBEC |v,\! im 03 _C ü LO 3 0 1 N ur une fois,’ de remonter la fermeture à glissière* de leur vareuse ou de leur blouson, cette nouvelle édition du dictionnaire des anglicismes tombe à point.Mise à jour et corrigée, cette édition est enrichie de nombreux termes puisés dans la langue courante ainsi que dans divers domaines peu touchés par les éditions antérieures, notamment Internet, les assurances et la finance.Les 5000 entrées qui y figurent ont été classées par ordre alphabétique afin de faciliter la tâche au lecteur.Simple, aéré et de consultation agréable, cet ouvrage de référencé est un allié précieux.Marie Claude Mirandette SUZANNE GAGNE « Une verve peu commune [.] di émouvant.» Reginald Maktet « Touffu, coloré, peuplé de personnages exotiques et drôles, l’univers de Léna séduit d’emblée.» Marie-Claude Fortin, Voir «.un beau clan d’hurluberlus dont la folie douce nous emporte totalement.» Ji an Fugére, Le Journal de Montréal «.une belle réussite.» David I-Iinçl.I.e Devoir « C’est délirant, c’est fou braque, les personnages ne touchent pas à terre.|.| Un beau roman.» Laurent Tapi ante, Indicatif Présent SOCIETE .V' DES " PETITS HOMMES roman 21,95 $ rlb éditeur www.edvlb.com S+>i2~t'X' (sts+Zs I) K) I.K I) K V tl I II .I.K S S A M !¦: DI 17 K T l> I M A X (' Il K IS A V II I I I il II II -«" L I V R E S -»- Guy Gavriel Kay L’iconoclaste héritier de Tolkien Un des auteurs de fantasy les plus lus est en train de réinventer le genre.MICHEL BELAIR LE DEVOIR Guy Gavriel Kay a toutes les allures d'un jeune universitaire anglophone.Il peut vous citer Yeats en sirotant son déca, vous parler de sa fascination pour les mythes de Platon ou encore de la déshumanisation qui nous tombe dessus à travers les images du conflit au Kosovo.Mais il écrit plutôt de la science-fiction.Mieux, de la fantasy.«En Amérique, on a tendance à penser que la fantasy est un genre mineur, explique-t-il en vous regardant droit dans les yeux.Je crois qu’on a tort.» Il faut préciser tout de suite qu’il sait de quoi il parle, le Guy Gavriel Kay.Les Lions d'Al-Kassan, qui sort en librairie ces jours-ci, est son septième livre traduit en français après la trilogie de Im Tapisserie de Fionavar, La Chanson d'Arbonne et les deux livres de Tigane.Kay est traduit dans une douzaine de langues, et la vente de ses livres a dépassé depuis longtemps le cap du million.Il travaille présentement aux derniers chapitres d’un diptyque sur l’époque byzantine dont le premier tome, Sailing to Sarantium, est déjà paru en anglais.C’est un homme simple, vif d’esprit, attachant.Tolkien et la physique quantique Guy Gavriel Kay est entre dans le monde de la fantasy en passant par la grande porte puisqu'il faisait partie de l’équipe d’édition de Silma-rillon, le premier manuscrit posthume du maître du genre, J.R.R.Tolkien.En publiant La Tapisserie de Fionavar a partir de 1984, il tenait absolument à s'inscrire dans la lignée de Tolkien, oui, mais aussi à «ouvrir» la fantasy.«Pour la majorité des gens, explique-t-il.la fantasy se définit en deux mots: épée et magie.Ils pensent tout de suite à des sorciers, des dragons ou des chevaliers, à la lutte du Bien contre le Mal, au combat contre les forces des ténèbres.Je crois, moi, que c'est d'abord une littérature d’introspection qui s'appuie sur le passé [inward and backward looking\ et qui permet d'aborder des thèmes très actuels.» «Ouvrir» la littérature fantastique l'a rapidement mené à développer un univers tout à fait original, construit sur une des théories les plus flyées de la physique quantique, celle des mondes parallèles de la théorie des cordes (ou «string theory»)', la physique des particules laisse croire à certains chercheurs qu'il y aurait neuf dimensions, neuf mondes parallèles à celui dans lequel nous vivons.Fionavar s'amorce ainsi dans un campus universitaire en plein centre-ville de Toronto et les quatre héros sont propulsés dans un monde «autre» où se joue le sort de l’univers.Mais depuis, Kay a pris ses distances par rapport à cette approche.«Je ne renie pas vraiment cette démarche, au contraire, c'est une idée forte.Disons plutôt que je ne veux pas en faire une entreprise systématique et m'acharner à rattacher tous mes livres à une théorie ou à un tronc commun, comme Ta fait par exemple Asimov à la fin de sa vie.» Par contre, on peut certainement parler d'un parti pris pour la distorsion.Guy Gavriel Kay a pris l’habitude de s’inspirer de l'histoire — surtout du Moyen Age — et de construire des mondes légèrement décalés de la réalité; on y reconnaît des points de repère géographiques ou historiques plausibles, mais jamais plus.Plus loin du mythe et plus près de l'histoire que Fionavar, Ar-bonne était planté dans l'univers des troubadours et de l’amour courtois, mais on y trouvait aussi des sorciers particulièrement maléfiques travaillant à la destruction du monde.K Les Lions i d'Al-Rassan jfe * * Tigane explorait la puissance des mots, de la poésie élevée jusqu’à l'incantation devant la tyrannie des deux princes sorciers d’une péninsule très évidemment méditerranéenne.C’est un livre à dimension humaine qui souligne l’importance primordiale de la culture, de la langue et de l’identité.Les Lions d'Al-Rassan s’incarne dans la réalité historique de la reconquête de l’Espagne.Mais elle se passe ici sur une génération alors qu’on a mis plus de 400 ans à reprendre le territoire de la péninsule des mains des Sarrasins.Poésie et magie «Ce qui m'intéresse, c’est ce qui “résonne" dans une époque donnée, reprend notre auteur.Im reconquête de l’Espagne que raconte Les Lions s'est faite sur une très longue période, mais j’ai voulu la condenser en mettant en scène deux personnages très forts, de dimension symbolique, deux hommes exceptionnels qui incarnent le summum du raffinement et de la culture, deux égaux, deux amis.Et ils viennent illustrer le fait que même les symboles les plus forts ne résistent pas à la dure réalité de l’histoire.» Pas de magie, ici, ou alors très peu: un des personnages secondaires est clairvoyant.Pas d'incantations ou d’envoûtements, sinon dans des vers qu’on offre à la cour pour marquer les événements importants: Les Lions d'Al-Rassan n’a plus beaucoup de points communs avec la fantasy traditionnelle.«A travers les livres, la magie est devenue pour moi une sorte d’outil, précise Kay.Si elle peut servir à illustrer l’histoire que je raconte, tant mieux.Si ce n’est pas le cas, elle n’a rien à voir dans le roman.Ce n'est plus, pour moi, un facteur essentiel.Je pense que la fantasy peut raconter des histoires importantes sans dragon, sans jeteur de sorts et sans bague magique.Elle n 'a pas à extrapoler, comme la science-fiction: elle fait réfléchir en s'appuyant sur un passé que nous avons trop tendance à oublier.» On ne trouvera donc pas, dans Ims Lions, de technologie apprivoisée comme chez Orson Scott Card.Mais on rencontrera des personnages, des intensités de tout type et des lieux qui créent un climat de démesure à travers l'affrontement de deux cultures (l’espagnole et la mauresque) et même d’une troisième, celle des fils de l’errance, qui font beaucoup penser au peuple juif.Les Lions d'Al-Rassan se termine sur une note un peu sombre.«Je suis plutôt optimiste sur le plan des individus, conclut Guy Gavriel Kay.La compassion, les comportements héroïques, l’honneur, la beauté, l'intelligence, tout cela prend racine sur le plan individuel.C'est quand on arrive au plan des communautés, des sociétés et des systèmes politiques qu'elles mettent en place que les choses se gâtent.U est temps que les hommes apprennent de leur passé et cessent de répéter les mêmes erreurs.» LES LIONS D’AL-RASSAN Guy Gavriel Kay Traduit par Elisabçth Vonarburg Editions À lire Québec, 1999, 653 pages La physique des parricides laisse croire qu’il y aurait neuf dimensions, neuf mondes parallèles m; ni GWiNN Guy Gavriel Kay: «Je pense que la fantasy peut raconter des histoires importantes sans dragon, sans jeteur de sorts et sans bague magique.» METROPOLIS BLEU du 21 au 25 avril 1999 Billets d'entrée l es billets sont en prévente chez Chapters ( lin rue Sainte-Catherine Ouest) puis pendant le festival a I Hôtel Europa Evénements individuels 5 % Admission quotidienne 12 S Laissez-passer pour la durée du festival 45 S Billets pour le gala d'ouverture (incluant l'hommage a Brian Moore) 25 S ôites Hôtel Europa 12 M.rue Drummond, Montréal d Salle Mont-Blai (mezzanine) 0 Salle Zermatt mezzanine) B Cercle des journalistes de Montréal (rez-de-chaussée) Musée McCord.f>90, rue Sherbro ke Ouest, Montréal Q Musée Met inl Atrium 19 h Au-delà des limites de la langue 0 19 h Les mots comme des armes : la nouvelle intelligentsia indigène Q rée sera présentée par le grand chefde Kahnawake |oe Norton et animée par (,ail Valaskakis Admission gratuite 20 h Une Nation en herbe : l'écriture dénaturée de l'Amérique autochtone Q Une table ronde sur I identité autochtone fallacieuse dans les ét r.ts d hier et d aujourd hui Faiaiake Alfred, Bernard Assiniwi, Wayne Haimila et Peter MUarlanc Animateur lohn Ciaccia Admission gratuite 20 h A vrai dire ?.••••¦ iathalii Petrowski Alan llustak et Nairn Kattan Animateur Michel Désautels 21 h Entrevue sur scène B Lhnstiane C.harette rencontre lovette Marchessault sur scene Vendredi 2 3 avril Mercredi 2 avril 18 h Gala d ouverture 0 .sert.*- :• ’ A1 intréal Animatnce I ouise ^traverse 19 h Hommage a Brian Stoore E3 Latraverse 20 h Dire la vérité 0 21 h Entre écrivains ?v” Jeudi 22 H!.-u le premier festival littéraire international de inda Leith, Sean Moore.Animatnce louise Mc-:!vr.dmonds .Animatrice Louise latraverse dien expatrié Amitav a v r i Ghosh, sur scene 14h Écrits communautaires B Admission gratuite 17 h U pièce avant tout 0 Animatrice Louise latraverse 18 h Raconter des histoires I Q Russell Banks Vil B Celanese Canada Inc Animateur Michel Désautels 19 h Les masse médias contre la littérature O Animateur Michel Désautels 20 h Soirée de poésie 0 Chase Twichell et Mark Abies Animateur Michel Desaut* is r»(/>AU 17 h Raconter des mensonges I d David Homel Animateur lean Lugere 18 h Lancements de livre ?%% Imasco Seogrom Canota %CONS[ l SThfcHritûhCounc.Dcvfirr.21 h Entre écrivains C3 David Homel rencontre le grand romancier iméncain - ¦ 17 h Atelier de poésie 0 j*: CAl tel à Q £ ru J» Xfc .Vy .«ii/v.j'm 14 h Ces hommes qui écrivent (ZI Animatnce Sherry Simon 15 h Ces femmes qui écrivent 0 16 h Ces personnes qui écrivent E • • ronde avec Lionel Tiger '• Animatrice Mireille Goulet.17 h Ecrire une vie 0 18 h Raconter l’histoire n Animateur Guy Rodgers 19 h k dire autrement : traduction en direct B Howard Vott Animatrice Agnes Whitfield 19 h Ecrire d ailleurs 0 20 h Soirée de poésie II £3 l«ma Crozier, Patrick lane, Roger Des Roches Muyra Donaldson.John Br >wn et Animateur Émile Martel I) i m a n c h e '¦ 13 h Visions et divisions I ^ H i NOUVLAlIXacrenU et la St Patrick s Society of Mon ¦ 14 h Raconter des mensonges II J* d se B-.:: hardier.:.f - tr v.r • p.v •.15 h la vérité 0 16 h et rien que la vérité O Robir Magi’,;* ' lan et Imiis Hamelin t Annie («oldmann.iherrv Simon tbimere Harwood et Nairn Kattan irnatem Émile Martel iteur Guy Rodgers et Paul March Pour de plus amples renseignements : tel.(514) 487-9856 d h Atelier de poésie MMblue-mct-bleu.com C'est le printemps.Prenez quelques livres! MIDI-CULTURE souligne la Journée mondiale du livre.librairie cm*°C^a,n’ en djrecf H le P„ plient tri !» ?n nouvel ,e ^estival littérale invendu: deMomSernati°nal Vene^ rencontrer toute]', • lS2ag«S"* chaîne culturelle 'jfi> Radio-Canada Champigny 4380, rue Saint-Denis, Montréal ü HNH (rn f ration / I.K l> ¥¦ Y (III:.I.I S S \ M I II I 17 K T II I M A \ ( Il I I K A V H I I I II II il I) I I Richard Millet L I V R E S Le versant noir de l’écriture Une voix majeure de la littérature française contemporaine soi; Kc h i*oi ,i l|# DAVID CANTIN ut • • A Th e passage à Québec a l’occasion Xl' de la 2T Rencontre internationa-1?‘Tes écrivains, rencontre dont le jthî'ine était l’enfance, Richard Millet ^découvre une ville qui lui est Mijjche,.Comme dans sa prose, il est fttfentif aux moindres détails cpii ja-[1 Minent les rues, les maisons et les Ijtdrcs.A la fois calme et discret lors !dd notre entretien, il préféré parlera joartir de ses livres plutôt que de s’exprimer sur eux.{Auteur d’une quinzaine de romans Itjçpuis 1983, sa voix s'impose de plus prt plus dans le paysage complexe de iÛlüilléralure française contemporaine.!Wr l’entremise de sa passion pour la jijùisique, Richard Millet entrevoit son parcours à l’image de celui d’un compositeur: «Il nie semble que mou itinéraire de romancier passe par de grandes étapes, l/i première, qui va de [.'Invention du corps de saint Marc en 19S.'t à I .'écrivain Sirleix en 1992, correspond à ma période musique de chambre, bille se distingue par de courts récits, aux accents autobiographiques, imprégnés de violence et de noirceur.La deuxième s’amorce avec l.a Gloire des Pythi e et se poursuit dans L’Amour des trois sœurs Piale.Ce cycle entre en contraste avec mes livres précédents grâce à l'ampleur symphonique de ces histoires familiales dans la grande nuit corréziennc, sur le plateau de Mille vaches." On peut dire que cette deuxième période marque le début d'un apogée artistique cpii révèle des tensions grandioses.Projet rêvé au cours de l’adolescence, La Gloire des Pytlire met en scène l’histoire d’une famille qui va de la lin du siècle dernier à nos jours.Dans cet univers corrézien brutal et primitif, André Pytlire s’engage dans un affrontement avec l'obstacle de vivre, la misère et l’odeur insoutenable (le la mort et du destin.Mélancolique et taciturne, ce personnage Richard Millet tente de vaincre la «maudissure», d'exorciser sa peur afin de parvenir à une certaine forme d’apaisement spirituel.11 y a dans ce drame bien des solutions contradictoires, mais aussi une écriture somptueuse qui s’imbibe de la mémoire d’un monde disparu.Hommage L'auteur avoue qu’il a longuement imaginé ce projet en lui: «Depuis l'âge de 15 ans, je souhaitais rendre un hommage aux gens de mon village natal à travers l'espace romanesque.Je savais que Faulkner avait mis en scène des bâtards et des idiots dans plusieurs de ses livres.Comme beaucoup d’autres personnes, j’ai été témoin de la fin d'une civilisation rurale, de ce monde sans Dieu où règne un sentiment de dé-réliction vers la mort lente de chaque individu.Avec toute sa noirceur, je devais décrire cette région de la Corrèze qui est devenue le symbole de nulle part ou, mieux, le bout de la terre." A travers sa conception de l’art romanesque, Richard Millet tente de «s’approcher des choses qui restent sans réponses définitives, ouvertes sur le mystère du temps".Il ne veut pas juger mais plutôt se maintenir dans le secret.Avant tout, ce qui l’intéresse demeure dans l’entrecroisement des discours que l’on peut avoir sur quelqu’un.Comme il l’affirme lui-même, «le versant noir est le territoire du romancier.Ce qui m ’intrigue se situe autour de la question de la venté intime, de ce qu’on peut savoir d'un destin".Malgré son succès retentissant, Ixi Gloire des fythre a fait scandale dans plusieurs régions de la France: «Les gens des milieux ruraux ne voulaient pas être confrontés à ce que j’appelle la “maudissure", la puanteur des corps pourrissants.Ils préfèrent cacher ou tout simplement ignorer cette grande honte de l'odeur.Plusieurs ont été incapables de franchir l'odorat sournois et révoltant des 50 premières pages du livre.» Dans L'Amour des trois sueurs Piale, on reste toujours dans cet univers sombre au fond des bois du plateau de Millevaches.Trois vies de femmes qui sont les grandes détentrices des secrets de ce monde: Yvonne, l’institutrice, incarne le respect et la dévotion; la simplicité et l’innocence de Lucie: l’orgueilleuse et sauvage Amélie, qui ne pense qu’à s'enfuir.Ses liens montrent la complexité du déchirement des émotions humaines dans une élégie aussi subtile qu’évocatrice de l'être et de ses amours.Sous un regard désespéré, Millet repeint avec lenteur et attention la promesse déchue du milieu rural.Solitude de l’écrivain Basculant du côté de l'état de la littérature française actuelle, il insiste (tour souligner la richesse de son foisonnement: «Contrairement aux idées reçues, la littérature française est plus vivante que jamais.Par contre, il ne faut pas penser en fonction de tendances mais plutôt à l’individualité propre de chacun.Il y a une grande solitude de l’écrivain français en ce mo- EDlTIONS DU ^ NOROIT C.P.156 Suce.De Lorimier Montréal H2H 2N6 À l’occasion de La Journée Mondiale du Livre Lecture de poésie du Noroît La lecture aura lieu à LA MAISON DES ÉCRIVAINS Le 23 avril à 20 heures 3492, Avenue Laval, Montréal H2X 3C8 Tél.514-849-8540 Pierre Barrette Claudine Bertrand Paul Chamberland Germaine Mornard Odelin Salmeron abonjieittÇflï M En vente I çhezléd MH ou chez S'.^éb02'pr'NTEMPS ' ' PoUTIÛ^*>C'“',,"W” isffSI mssg&s-.des textes éditorial contre d°yer P°.u; pop de Guy LAW Daniel JACQUï prophète - Ma plsme légal”' é libraire Comité d'honneur! Lise Bissonnette Alain Finkielkraut | Guy Lafbrest Charles Taylor Comité de rédaction Francis Dupuis-Déri Daniel Jacques Stéphane Kelly Antoine Robitaille Daniel Tanguay .1 » au canada TIQUE, SES pR?*htques et selonW' is perspectives é A , emy RIFKIN lUES: Serge CANtw v québEC.et MEAU sur VAMBWUlTÉ aMÊR1CAN1TE ^ ,r réplique à ^l-dlsant « pa«d‘® LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ LAVAL Pavillon Maurlce-Pollack, bureau 3103, Sainte-Foy (Québec) Q1K.7P4 Tél.(418) 656-7381 - Téléc.(418) 656-3305 Courriel : pressesé>pul.ulaval.ca ,*ï ÏÏÉMfi LE DEVOIE pikIpz-voiis gourmands chaque inu/ivdi dm)s !r cahier /)/(/isi Joon-Ffooçoi* Plant* vs.L Le vendredi 23 avril 1999 de 16 h à 18 h, une rose sera offerte à l’achat d’un livre.le Parchemin 505, rue Sainte-Ciilherine Est, mezzanine métro Berri-UQAM Téléphone : (514) 845-5243 Ouvert le dimanche JOURNEE MONDIALE DU LIVRE \ A cette occasion, Le Parchemin reçoit Denise Desautels Denise Dcsoutcls Ce fauve, le Bonheur Jean-François Plante André Noël TSUBAKI de Aki Shimazaki «Dans un style sobre et évocateur, ce court roman entremêle horreur planétaire et drame intime ; le parfum des camélias (tsiibnki) s’y confond avec le nuage du champignon atomique.» Monique Roy, Cll/ltclainc «Envoûtant.Le récit, sublime, déjà force tranquille, de l’héroïsme triste, de l’intervention, dans un monde dévoré par les passions destructrices.À lire d’urgence, sous un cerisier en Heurs!» Roger Chénier, libraire « [.] un roman court, dense, dérangeant, qui se joue au passé de Nagasaki (.) C’est beau, la voix est là.» Hélène Le Beau, Hile Québec «Vie et mort se tiennent complices lace à ce qui nous échoit.C’est là où réside la grande beauté déroutante de Tsubitki, dans cette réflexion sur le sort des humains et sur la manière de s’en délivrer.» Yvon Montoya, Ici LEMÉAC/ACTES SUD WÊÊÊm ment.Dieu que j’admire ers auteurs, je ne comprends toujours pas pourquoi on cherche â m'associer systématiquement â Pierre G ergo union x et Pierre Michon.Spontanément.une écrivaine comme Christine Angot me fascine davantage.» A propos du Québec, il considère ce lieu comme «l'une des clés de la survie du français dans l'enjeu mondial des langues-.I! s'intéresse également de près à notre littérature ainsi qu’à nos enjeux politiques.11 faut d’ailleurs se rappeler que Richard Millet a beaucoup écrit à partir de ce qu’il nomme U Sentiment de la langue.Pour lui, ce travail se résume dans les quelques phrases d'un court texte qu’il publiait en 1994 clans la revue Liberté autour de la langue des écrivains: «J'ai foi en ma langue, en son histoire, en sa rectitude, et point d'autre morale que celle de son usage et de mes paradoxes.Ce qui.de moi, s'offre dans ce que j'écris, c’est cela même qui m’échappe: la figure si singulière que me donne la langue; impalpable, immarcescible, l’au-delà tous les masques." Après la rencontre des écrivains, ainsi qu’un court passage au Salon du livre de Québec, Richard Millet retourne chez lui afin de terminer un autre roman à paraître cet automne chez FOI , de même qu’une piece de théâtre.A plus long terme, il envisage l’écriture d'un essai très personnel sur sa vision de la musique française et contemporaine.Aussitôt, on voit derrière le regard timide et inquiet du romancier la pas sion vive du musicien.LA GLOIRE DES l’YTIIRE Richard Millet POL/Gallimard-Folio MOIS Paris, 1995-97,377 pages L’AMOUR DES TROIS SŒURS PIALE Richard Millet POL Paris.1997,917 pages A paraître cet automne chez Gallimard-Folio «J’ai foi en ma langue, en son histoire, en sa rectitude» ontréa iothèques à plus d’un titre ! S\u- “'"SC Vtc-à^" >\o ’ iVU'" -m- üw- , at""""- \u""" Clio" vtc ' ,\"'è 1.0 .l\\V“ lin4’- \\UC Votre bibliothécaire et son équipe vous souhaitent une bonne Journée mondiale du livre et vous proposent, gratuitement, les Grands Prix du livre de Montréal, les Goncourt, Fémina, Renaudot, Pulitzer.Suivez lo rose des vents ! "NN""'l'" YK"'6' Jo""c it"\uC c L.4>T""C c\Y.""V lin1'- .v.; nU'Q P.KI1» .N t"tc j Q", le I'"'1 A" l.llO (I ' "" V.oo tim fit- .Ve A j'lS,C V n\v\ .on (ono Actnc'1 c\vn V;V\S< c\oO"C III»1 A’ clvo" cojol http://www.ville.montreal.qc.ca/biblio une 0"'cut’c ', .' so" CO"'®"0’ de chez vous.votre bibliothèque monde à explorer MONtreaL 2.o o o Stefan Psenak Potw/UNonlii STEFAN PSENAK, DU CHAOS ET DE L'ORDRE DES CHOSES Récit poétique 12,00$ Editions du Nordir Regroupement des éditeurs canadiens-français PRIX TRILLIUM 1998 Les Éditions du Nordir remercient le ministère des Affaires civiques de la Culture et des Loisirs de l'Ontario.CLICHÉ RÉPÉTÉ A ECLAIRAGE DIFFÈRENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIMÉ I) 12 I.E 1) E V II I II .L E S S A M EDI 17 E T I) 1 M A N C II E I 8 A V K I I.I !» I) !» mr Livres LITTÉRATURE ARABE Le Caire et l’amour LETTRES FRANCOPHONES Destins de femmes NAGUIB MAH FC) U Z Le Cortège des vivants Khan al-Khalili mnMn u.niait de )
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.